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CHAPITRE UN

1 PROLOGUE

2 METTRE LES CHOSES AU CLAIR

3 UN LIVRE SANS PAREIL


CHAPITRE UN ❖ 5

1 PROLOGUE
Vers l’an 33 apr. J.-C.
Le soleil de midi émet une chaleur accablante. C’est le silence
total. Même les oiseaux refusent de chanter. Cléopas frappe une
motte de terre sur le chemin poussiéreux et pousse un soupir
d’épuisement. À travers les brumes de chaleur, il distingue à
peine la colline à l’horizon. Quelques kilomètres plus loin se
trouve Emmaüs – son village. Le coucher du soleil surprendra
les deux hommes avant leur arrivée. Normalement, ils auraient
quitté Jérusalem plus tôt. Onze kilomètres, c’est quand même
une bonne marche! Mais, à cause des événements survenus
dans la matinée, ils étaient restés à Jérusalem en espérant
recevoir des nouvelles plus précises. D’habitude, Emmaüs
passe presque inaperçu, mais aujourd’hui, il présente un attrait
tout particulier : il vaut mieux se trouver n’importe où sauf à
Jérusalem, avec sa populace tumultueuse, ses cohortes romaines
et son gouverneur, Ponce Pilate.
Cléopas est perdu dans ses sombres pensées. La voix irritée
de son compagnon, qui lui pose une question pour la seconde
fois, ramène Cléopas à la réalité. Les deux hommes ont discuté
des événements de la journée et des dernières années jusqu’à
ce qu’il n’y ait plus rien à dire. Cléopas est fatigué, mais il est
surtout perplexe en pensant à ce qui s’est passé à Jérusalem.
Ces temps-ci, la vie semble apporter plus de questions que de
réponses.
Le pied pesant, les deux compagnons descendent la colline et
prennent le tournant. C’est alors qu’ils rencontrent l’homme.
Quelques heures plus tard, le même jour – la même nuit
plutôt – lorsque les deux hommes, trempés de sueur, se tiennent
au milieu de leurs amis à Jérusalem, où ils se sont empressés
de retourner, ils ne parviennent pas à leur expliquer comment
l’homme s’est joint à eux sur la route. Cléopas déclare que
l’inconnu est sorti de l’ombre d’un rocher, mais cette explication
ne coïncide pas avec celle de son ami. En fait, ni l’un ni l’autre
n’est certain d’où venait l’homme. Hésitant, Cléopas dit qu’il est
tout simplement apparu. Cette déclaration provoque la risée.
Malgré tout, les deux hommes sont certains d’une chose :
commençant au début d’un recueil de livres anciens (la Bible),
6 ❖ CHAPITRE UN

l’homme en a longuement expliqué le contenu d’une manière


incroyablement logique. Son message a chassé tout découragement
et tout doute de leur esprit. Ravis de leur nouvelle compréhension
des Écritures, ils se sont empressés de retourner à Jérusalem pour
raconter à leurs amis leur rencontre avec l’HOMME. Il fallait à tout
prix qu’eux aussi entendent ce message – celui que Cléopas et son
compagnon avaient entendu SUR LE CHEMIN D’EMMAÜS.
Qu’a dit l’HOMME de si logique au sujet de la Bible, ce livre
qui intrigue tant de gens? Le présent livre répond précisément
à cette question. Pour que ce soit clair, nous ferons comme
l’HOMME : nous commencerons au tout début.

2 METTRE LES CHOSES AU CLAIR


À bien y penser, il est tout à fait raisonnable, voire même
absolument logique, de consacrer quelques heures de sa vie à
acquérir une meilleure compréhension des Écritures.
Après tout, la Bible a des choses profondes à dire au sujet de
la vie et de la mort.
Depuis des siècles, ce livre est un best-seller. Quiconque prétend
être tant soit peu instruit se doit de connaître son contenu de
base. Malheureusement, la Bible est tombée dans le discrédit,
non pas en raison de ce qu’elle dit, mais à cause de quelques
hommes et femmes bien en vue qui prétendent suivre les
enseignements de la Bible tout en faisant de très mauvais choix
dans leur vie personnelle.
Le message même de la Bible a parfois été attaqué par des
gens sincères qui n’ont jamais pris le temps de comprendre ce
qu’elle disait réellement.
Cependant, la Bible n’a pas changé et, en dépit de ce qu’affirment
les hypocrites et les critiques, il est tout à fait logique que
vous appreniez vous-même à connaître le message de ce livre
… pour votre propre tranquillité d’esprit
… pour votre propre bien-être.
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ASSEMBLER CORRECTEMENT LES MORCEAUX DU PUZZLE

La Bible est en quelque sorte semblable à un puzzle. Non pas


que son message soit obscur, mais plutôt parce que pour bien le
comprendre, il faut assembler correctement les pièces bibliques.
Respecter quelques principes fondamentaux de l’apprentissage
vous aidera à y parvenir.

ÉLÉMENTS DE BASE

Le premier principe en est un que nous connaissons bien : quel


que soit le concept à maîtriser, il faut poser un bon fondement,
c’est-à-dire commencer par des connaissances déjà acquises, puis
progresser vers celles qui sont inconnues. On n’enseigne pas
l’algèbre aux enfants de la maternelle. Il faut commencer avec les
chiffres simples et ensuite passer aux concepts plus complexes. Si
l’on ignore les principes mathématiques fondamentaux, même
l’algèbre rudimentaire sera hors de portée.
Il en va de même pour la Bible : il faut d’abord en assimiler
les principes élémentaires. Sinon, le lecteur risque d’introduire
des concepts insolites dans sa compréhension du texte et ainsi
de modifier ou de mal comprendre le message principal. Mal
assemblé, le puzzle représenterait une image fausse.
L’approche adoptée dans le présent livre consiste à commencer
par les éléments de base de la Bible. Chaque chapitre subséquent
est basé sur la connaissance acquise précédemment.

SUIVRE UNE SUITE LOGIQUE

Le deuxième principe de l’apprentissage est surtout important


lorsqu’on étudie l’histoire ou qu’on lit un récit : il faut commencer
au début et progresser chronologiquement jusqu’à la fin. Cela peut
vous sembler évident, mais lorsqu’il s’agit de la Bible, les gens
ont tendance à lire un peu ici et là, sans jamais prendre le temps
de rassembler les idées convenablement.
Loin d’être exhaustif, le présent livre couvre néanmoins les
principaux événements de la Bible. Ceux-ci sont alignés selon
une suite logique – un peu comme lorsque l’on étend des
vêtements sur une corde à linge en laissant un espace entre
chaque morceau. Lorsque vous aurez une vue d’ensemble du
message, vous pourrez, si vous le désirez, combler les espaces.
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Même si le livre ne traite pas de tous les récits bibliques, ceux qui
seront relatés ont tous un fil conducteur qui porte sur un seul
et même message. Si vous êtes un lecteur typique, une fois que
vous aurez terminé de lire ce livre, vous trouverez que la Bible
contient un message tout à fait logique. Ce sera alors à vous de
décider si vous allez y croire. Le choix vous revient. Le présent
livre vise simplement à vous aider à comprendre.

S’EN TENIR AU SUJET

Voici le troisième principe de l’apprentissage : étudier un seul


sujet à la fois.
La Bible traite de plusieurs sujets. On pourrait la comparer à un
livre de recettes. On a tendance à vouloir la diviser en thèmes,
tels que la personne de Dieu, les anges, l’homme, les prophéties.
On pense ainsi pouvoir mieux comprendre la Bible. Mais il
faut faire attention! Certaines personnes, voyant des similarités
entre des thèmes, essaient d’en combiner les idées, ce qui en
tord le sens premier.
C’est tout comme si une personne sautait d’une recette de bœuf
bourguignon à une recette de biscuits simplement parce que
toutes deux commencent par la lettre « b ». Si on commence avec
la recette de bœuf bourguignon pour terminer avec la recette
de biscuits, on fera cuire le bœuf bourguignon jusqu’à ce que
la viande soit bien dorée. Ces deux recettes commencent par
la même lettre, mais les mélanger produirait un mets quelque
peu bizarre!
Si on étudie la Bible en sautant d’un sujet à l’autre, on risque de
mal comprendre son message – le puzzle serait mal assemblé.
Afin d’éviter une telle situation, le présent livre s’en tient à
un seul thème.

SE CONCENTRER SUR CE QUI EST IMPORTANT

Ce dernier principe s’applique à tout contexte d’apprentissage


où l’on se propose d’étudier une nouvelle matière. L’objectif
est d’apprendre premièrement les éléments fondamentaux. La
Bible couvre un assortiment de sujets, mais tous n’ont pas la
même importance. Le présent livre se concentrera sur le thème
principal de la Bible. Lorsque vous l’aurez saisi, la Bible aura
pour vous une signification profonde tout en étant simple.
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La tendance des hommes à sauter d’un sujet à l’autre


lorsqu’ils étudient la Bible est l’une des raisons principales de
l’existence de tant d’églises, de religions et de sectes déclarant
que la Bible est leur livre. On a mélangé le bœuf bourguignon
et les biscuits; les pièces du puzzle ont été mal assemblées!
Dans certains cas, le manque de compréhension qui s’ensuit
est sans conséquences graves, mais parfois, le résultat s’avère
catastrophique.

3 UN LIVRE SANS PAREIL


Nul doute que la Bible est un livre sans pareil. En fait, il s’agit
d’un ensemble de livres, soixante-six en tout. Voici comment
un auteur décrit le caractère unique de la Bible :
« Ce livre a été :
1. écrit sur une période de 1 500 ans;
2. écrit pendant 40 générations;
3. écrit par plus de 40 auteurs venant de toutes les couches de
la société – rois, paysans, philosophes, pêcheurs, poètes,
hommes d’État, savants, etc. :
Moïse, un chef d’État instruit dans les universités
d’Égypte
Pierre, un pêcheur
Amos, un berger
Josué, un général
Néhémie, un échanson
Daniel, un premier ministre
Luc, un médecin
Salomon, un roi
Matthieu, un percepteur d’impôt
Paul, un rabbin;
4. écrit à différents endroits :
Moïse dans le désert
Jérémie dans un cachot
Daniel sur une colline et dans un palais
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Paul en prison
Luc en voyage
Jean sur l’île de Patmos
d’autres sur les lieux de campagnes militaires;
5. écrit dans des circonstances différentes :
David en temps de guerre
Salomon en temps de paix;
6. écrit dans des états d’esprit différents :
quelques-uns en débordant de joie;
d’autres au milieu d’une tristesse et d’un désespoir
profonds;
7. écrit sur trois continents :
l’Asie, l’Afrique et l’Europe;
8. écrit en trois langues :
en hébreu, en araméen et en grec.
9. Enfin, la Bible traite de centaines de sujets controversés
et, malgré cela, les écrits forment un tout harmonieux
et continu de la Genèse à l’Apocalypse. Il ne s’agit que
d’un seul récit1 … »
C’est ce récit que nous voulons considérer : avec simplicité et
sans jargon théologique. Ce qui distingue la Bible de tous les
autres livres, c’est qu’elle déclare être la parole même de Dieu.

SOUFFLÉE HORS DE DIEU


La Bible, appelée aussi les Saintes Écritures, déclare que :
Toute Écriture est inspirée de Dieu … 2 Timothée 3.16a

« littéralement : … soufflée hors de Dieu … produite par le souffle


créateur de Dieu, donnée de Lui, parlée par Lui2 . »
Le concept de l’Écriture « soufflée hors de Dieu » peut faire
l’objet d’une étude en soi. Tout comme on expire l’air et que
cet air vient du plus profond de l’être, toute Écriture doit être
considérée comme étant le produit de Dieu lui-même. Dieu et
sa parole sont inséparables. Voilà pourquoi la Bible est souvent
appelée la Parole de Dieu.
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LES PROPHÈTES

Pour simplifier, on peut dire que Dieu a soufflé à certains hommes


ce qu’il voulait qu’ils écrivent et ils l’ont écrit. La plupart de ces
écrivains étaient appelés des prophètes.
Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs
manières, parlé à nos pères par les prophètes … Hébreux 1.1
Aujourd’hui, quand on parle de prophètes, on pense aux
personnes qui prédisent l’avenir; mais à l’époque de la Bible,
un prophète était celui qui rapportait au peuple les paroles de
Dieu. Il pouvait s’agir d’événements futurs, mais très souvent le
message concernait la vie de tous les jours.
Dieu a guidé les prophètes afin qu’ils écrivent exactement ce
qu’Il voulait. Il leur a néanmoins permis de se servir de leur
propre style littéraire tout en communiquant, sans erreur, Sa
parole – la parole de Dieu. Ces hommes n’avaient pas la liberté
d’ajouter leurs propres idées au message. Ce n’était pas non
plus le fruit de leur imagination.
… sachez tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie de
l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière,
car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie
a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit
que des hommes ont parlé de la part de Dieu. 2 Pierre 1.20,21
Dieu n’a pas simplement approuvé un quelconque effort littéraire
de l’homme. Le mot traduit par « poussés » est employé ailleurs
dans la Bible dans le contexte du transport d’un homme
paralysé3 . Tout comme le paralytique ne pouvait marcher par
lui-même, les prophètes ne pouvaient rédiger les Écritures de
leur propre initiative. La Bible est catégorique sur ce point : c’est
le message de Dieu, du commencement jusqu’à la fin.

GRANDE EXACTITUDE

Les prophètes ont inscrit les paroles de Dieu sur des rouleaux
généralement faits de peau d’animal ou de papier en fibre
végétale. Les manuscrits originaux sont appelés des autographes.
Comme ces derniers s’usaient avec le temps, on en faisait des
copies. Mais quelles copies! Elles étaient toutes écrites à la
main. Parce que les copistes étaient conscients du fait qu’ils
transcrivaient la parole même de Dieu, ils ont effectué un des
travaux de photocopie les plus remarquables de tous les temps.
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Pour transcrire le texte hébreu : « Les copistes prenaient toutes


les précautions imaginables, aussi contraignantes et laborieuses
soient-elles, afin de s’assurer de la transmission exacte du texte.
Toutes les lettres du texte étaient comptées et l’on déterminait
celle qui était au milieu du livre. Il en allait de même pour
chaque mot du texte4 . » C’est ainsi que l’on s’assurait que la copie
était identique à l’autographe.
Nous avons une preuve que les scribes étaient méticuleux
dans leur tâche. Lorsqu’on a examiné les manuscrits de la mer
Morte – écrits vers l’an 100 av. J.-C. – ils ne présentaient que de
minimes variantes par rapport à ceux qui résultaient de mille
ans de transcription 5 .

Manuscrits de la Manuscrits les plus anciens


mer Morte avant qu’on ne découvre
ceux de la mer Morte

presque aucun
changement durant mille
ans de transcription

100 av. J.-C. 900 apr. J.-C.

Parlant au nom de son peuple, Flavius Josèphe, un historien juif


du premier siècle, déclare : « … le niveau de confiance que nous
avons placé dans ces livres de notre propre nation se reconnaît
par nos actions; car nul n’a osé, depuis toutes ces années, ni
rajouter ni retrancher quoi que ce soit à ces écrits, ni leur apporter
aucune modification; tout Juif … considère ces livres … comme
étant divins6 . »
Les scribes étaient persuadés que s’ils modifiaient le texte, ils
porteraient atteinte à Dieu lui-même. Il existe donc de bonnes
raisons de croire que ce que nous avons entre les mains
aujourd’hui est essentiellement ce que les prophètes ont écrit.
Quels que soient les critères utilisés, la Bible constitue bel et bien
un livre sans pareil. Dès lors, il n’est pas surprenant qu’il s’agisse
du livre « … le plus cité, le plus publié, le plus traduit, et ayant eu
la plus grande influence dans l’histoire de l’humanité7 ».
CHAPITRE UN ❖ 13

L’ANCIEN TESTAMENT ET LE NOUVEAU TESTAMENT


Avant de commencer à étudier la Bible, il est utile de savoir
que les Écritures sont divisées en deux grandes parties : l’Ancien
Testament et le Nouveau Testament.
Historiquement, l’Ancien Testament était subdivisé en deux8
sections :
1. la Loi de Moïse (parfois appelée la « Torah », les « Livres
de Moïse » ou la « Loi »).
2. les Prophètes (cette section a plus tard été subdivisée en
une troisième, appelée les « Écrits »).
Dans les Écritures, l’expression « la loi et les prophètes » désigne
l’Ancien Testament dans son ensemble. Cette partie représente
environ les deux tiers de la Bible. L’autre tiers est appelé le
Nouveau Testament.

LA PAROLE DE DIEU
Il n’est pas essentiel de se souvenir de ces catégories. Ce qui
importe, c’est de se rappeler que la Bible déclare être la parole de
Dieu – son message à l’humanité. En la lisant, il nous est possible
de faire connaissance avec Dieu. Une telle déclaration devrait
convaincre même la personne la plus insouciante d’écouter ce
que la Bible a à dire.
À toujours, ô Éternel! Ta parole subsiste dans les cieux.
Psaume 119.89