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Rachilde ou la genèse (possible) de "Monsieur Vénus"

Author(s): NELLY SANCHEZ


Source: Nineteenth-Century French Studies , SPRING SUMMER 2010, Vol. 38, No. 3/4
(SPRING SUMMER 2010), pp. 252-263
Published by: University of Nebraska Press

Stable URL: http://www.jstor.com/stable/23538596

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Rachilde ou la genèse (possible) de Monsieur Vénus
NELLY SANCHEZ

Malgré son importante production littéraire, Rachilde est


sociée à une seule et même œuvre: Monsieur Vénus, roman m
ce roman, qui fit scandale lors de sa parution en 1884, qu'elle
de romancière sulfureuse. Si celle-ci semble avoir assumé ce
Vénus] œuvre qu'[elle] ne renie pas et qu'[elle] préfère à [
parce que les mères préfèrent généralement les fils bossus au
phiné 53), on peut s'étonner qu'elle ait, jusqu'à la fin de s
justifications pour en expliquer la genèse.
Rachilde a donné pas moins de quatre versions: notre
toutes en revue afin de dégager les éléments récurrents et l
cette comparaison ne prétend pas démêler la vérité des inven
elle entend fournir un début de réponse aux nombreuses
par l'écriture de Monsieur Vénus. Jetant un éclairage nouvea
parisienne, une période encore fort mal connue, notre réflex
également à la stratégie développée par Rachilde pour esc
genèse de cette œuvre. Nous ne manquerons pas, en dernier
sur les raisons qui ont poussé cette femme de lettres à garde
sa vie, secrètes les origines de son roman.

MONSIEUR VÉNUS SELON RACHILDE

Avant de s'appeler Rachilde, la romancière se nommait Marguerite Eymery


(1860-1953). Native du Périgord, elle est la fille unique de Joseph Eymery,
capitaine de cavalerie et de Gabrielle Feytaud, issue de la grande bourgeoi
sie provinciale. Elle commence à écrire vers douze ans; à dix-sept ans, une
première fiction, La Création de l'oiseau mouche (légende), paraît dans L'Écho
de la Dordogne du 23 juin 1877. Plusieurs textes suivront, recensés par Chris
tian Soulignac dans son article "Écrits de jeunesse de Mademoiselle de Vé

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nérande." Forte de ses succès locaux, mais également touchée par la ruine
(ses parents ont, en effet, dû vendre leur propriété), Rachilde s'installe à Paris
pour débuter dans les lettres. Elle est accompagnée, en cette année 1879, de sa
mère. Grâce aux nombreuses relations familiales et amicales de cette dernière,
Rachilde participe au lancement de L'École des femmes, un journal féminin di
rigé par une cousine, Marie de Saverny. Dès le premier numéro, daté du 5 juin
1879, la jeune fille assure le feuilleton hebdomadaire avec La Dame des Bois.
Elle y donne régulièrement des contes, des nouvelles: Un drame, dédié à M"e
E. Feytaud, Une histoire bretonne, L'Étoile filante'... Par l'entremise, une fois
encore, de sa mère et de sa cousine, Rachilde rencontre Sarah Bernhardt, puis
Arsène Houssaye. Celui-ci se charge de préfacer son premier roman, Monsieur
de la Nouveauté, publié chez Dentu en 1880. Si Rachilde considéra toujours
ce titre comme un échec, il "lui rapporta deux ans après son apparition 256
francs!" (Finn 169), une de ses consœurs et amies, Camille Delaville, parle au
contraire d'un "vrai succès" dans La Presse du 7 janvier 1885. Il faut attendre
1884 pour que la jeune femme signe un nouveau roman: il s'agit de Monsieur
Vénus, roman matérialiste. Édité à Bruxelles chez Auguste Brancart, spécialisé
dans la littérature érotique, cette œuvre connaît de nombreux avatars avant
de paraître sous sa forme définitive en 1889. C'est cette version, en effet, qui
sera republiée en 1977 par Flammarion. Dans sa préface qui accompagne la
traduction de Monsieur Vénus, Mélanie Hawthorne a exposé les caractéris
tiques des éditions successives; nous nous permettons ici de reprendre cer
tains éléments nécessaires à notre réflexion. La première édition est présen
tée comme la collaboration de Rachilde et de Francis Taiman, elle offre une
préface de quatre lignes signée des initiales des co-auteurs et sa couverture
porte une citation de Catulle Mendès: "Être presque une femme, bon moyen
de vaincre une femme" (Hawthorne xxvi). Le parquet de Bruxelles fit saisir
l'ouvrage, condamna Rachilde à deux ans de prison -qu'elle ne fit pas- et à
deux mille francs d'amende - qu'elle ne paya jamais. De son côté, le parquet
de Paris ordonna une perquisition à son domicile pour confisquer les exem
plaires qui subsisteraient. Suite à cet épisode judiciaire, Brancart donna une
version modifiée et entièrement recomposée. Même si celle-ci porte la date
de 1884, cette deuxième édition date de 1885. La préface et la dédicace ini
tiales ont été remplacées par un bref texte anonyme sous forme de lettre, dont
l'auteur est peut-être Arsène Houssaye. La dernière phrase de l'intrigue, qui
avait tant choqué le public de l'époque, a été supprimée. En 1889, Monsieur
Vénus est publié pour la première fois en France chez Brossier: le chapitre
deux est remanié et le septième chapitre "enlevé d'accord avec l'auteur et
l'éditeur" (Auriant 29). Il est préfacé par Maurice Barrés et sa couverture ne
comporte désormais plus que le nom de Rachilde. Les rares contributions de
Francis Taiman, dont l'écriture était trop mauvaise, ont été supprimées lors
des retouches successives du texte.

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Dès l'édition de 1884, Monsieur Vénus vaut à la romancière de connaître son
premier succès - "la plus étonnée était Rachilde, elle croyait qu'on ne la lirait
pas" (Finn 171) - et son premier scandale:

Le Gil Blas déclara que c'était là un livre obscène. Sully Prudhomme dit devant
quelques-uns "c'est un curieux ouvrage!" ... M. Henri Fouquier, . . . hurla que
l'auteur ... était un monstre dangereux. Cet homme [...] fit aller merveilleusement
la vente. (Finn 171-72)

La popularité de cette œuvre et surtout, l'indignation qu'elle a soulevée, tient


d'abord à son intrigue jugée obscène par le public de l'époque. Dans le compte
rendu qu'elle fit de L'Amour par principes de Pierre Valdague, dans Le Mercure
de France d'octobre 1898, Rachilde ironisait, disant qu'elle s'était "permis(e)
de prétendre qu'un garçon pouvait facilement se changer en grue" (203), au
trement dit, elle montrait comment Jacques Silvert renonce à sa virilité pour
devenir la maîtresse de Raoule de Vénérande, une aristocrate dominatrice.
Qu'une telle perversion ait pu être imaginée par une jeune fille de vingt-quatre
ans alimente également la polémique. La jeune fille en question commença par
satisfaire la curiosité du chef de cabinet Puybaraud, à qui elle était venue de
mander, peu de temps après la parution de Monsieur Vénus, l'autorisation de
porter le pantalon pour ses reportages. Au cours de cet entretien qui eut lieu en
décembre 1884, Rachilde lui révéla comment elle avait conçu Monsieur Vénus:

Mlle Rachilde fit des romans: romans moraux, pour les distributions de prix, pour le
premier de l'an. [...]
Elle ne gagnait rien à ce métier. Un jour, un belge, ami d'un éditeur de Bruxelles, lui
dit: "Vous mourez de faim. Écrivez donc des "cochonneries." Vous verrez c'est un
bon métier, on vous éditera à Bruxelles."
On chercha ensemble quelles saletés on pourrait bien trouver nouvelles, imprévues,
inédites. Bref, le belge aidant, on trouva M. Vénus. [. . .] Nous avons pensé à une
femme qui aimerait les hommes et qui, avec les moyens que vous devinez, [...] —
l'art mécanique imite tout - les enc ... (Auriant 61-62)

Dans un roman suivant, À Mort (1886), Rachilde revient sur la genèse de ce


titre, offrant à ses lecteurs une version romancée de ses premiers aveux. Exclu
sivement consacrée à Monsieur Vénus, la préface de ce nouveau titre retrace,
pour la première fois, son enfance périgourdine. Rachilde campe une figure
paternelle et maternelle peu amènes et révèle que, lorsque "l'heure de l'absolue
pauvreté" fut venue, elle eut le choix entre "se jeter dans le ruisseau ou . . .
écrire en deux semaines cette œuvre immonde: Monsieur Vénus" (Finn 171).
Les lecteurs n'auront pas d'autres précisions. Rares sont les allusions que Ra

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childe fera à l'écriture de ce titre, que ce soit dans ses oeuvres ultérieures ou ses
critiques littéraires. On aurait pu croire que le caractère confidentiel des deux
dernières versions serait synonyme de sincérité et ferait écho à son entretien
avec Puybaraud. Or, il n'en est rien. Il s'agit de lettres privées dont la première
a été adressée en 1896 à Robert de Souza, poète symboliste et collaborateur du
Mercure de France. Elle n'a été publiée qu'en 1994. Alors que se déroule, Outre
manche, le procès d'Oscar Wilde accusé d'homosexualité, Rachilde se prend
de sympathie pour Lord Alfred Douglas Queensberry, l'amant de l'homme de
lettres, qu'elle considère comme son "double" (Soulignac 194). Cette empathie
s'explique, selon elle, par le climat de violence familiale dans lequel ils ont tous
deux grandi. L'évocation de certains souvenirs l'amène à dévoiler, pour la pre
mière fois, le caractère autobiographique de Monsieur Vénus.

Lord Queenberry (sic), c'est mon père, absolument et sa femme, c'est le type de ma
mère, absolument.
[...] À douze ans, enfermée dans le cercle de la famille comme dans un antre de ti
gres, j'ai été témoin d'horreurs sans nom et je les ai crues ... naturelles ... j'ai jugé le
monde par le sadisme et la brutalité. [... ] Ma mère, pleurante, me prenait les mains
dans des transports de rage féminine, [...] me faisant jurer de faire le malheur de
tous les hommes pour la venger.... Un jour, me poussant à bout...[...] elle me fit
cravacher mon père ... Je vous jure, Monsieur, que je n'exagère rien. [...] Et... red
outant les mâles, ayant horreur des faiblesses intellectuelles des femmes ... je m'épris
... d'un garçon de vingt ans, le secrétaire de notre député, un paysan perverti devenu
mignon genre Henri m qui portait des bracelets d'or et à partir de ce jour le mythe
Monsieur Vénus fut mon histoire! (Soulignac 195-96)

La seconde lettre est adressée, en octobre 1938, à Auriant, un autre collabo


rateur du Mercure de France, désireux de connaître les détails de l'histoire de
Monsieur Vénus. Rachilde revient sur le rôle de Francis Taiman, "un assez joli
garçon séducteur pour jeunes filles du meilleur monde" (Auriant 29), qui
devait provoquer en duel quiconque l'offenserait après la parution de son ro
man. Rencontré dans une salle d'escrime, ce jeune journaliste prétendait,

que l'on ne peut pas bien lancer un livre sans un duel...[.. .¡.Alors, il devait colla
borer (le moins possible) au livre en question, mais se battre à la première polémique
contenant une injure à mon adresse. J'attendis sa collaboration de plume trois mois.
... Or, le roman était fini; mais comme je ne voulais pas qu'il se mît à me défendre
pour rien, j'ai laissé sa signature." (Auriant 29)

Ce sont là les seules confidences de Rachilde actuellement connues. La disper


sion de sa correspondance, suite à un vol que mentionne Auriant dans ses

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Souvenirs sur Madame Rachilde, n'a pas permis de recenser d'autres versions
concernant ce roman.

Si l'on prête attention à la manière dont elle se représente en femme de


il est évident qu'elle n'a élaboré ses versions successives qu'en fonction d
interlocuteur. Sur ce point nous rejoignons M. Hawthorne qui mon
Rachilde and French Women's Authorship, que c'est une romancière dés
de gagner de l'argent qui s'entretient avec Puybaraud alors qu'aux lecteu
Mort, elle donne l'image d'une jeune fille influençable, hystérique, plus
cord avec les attentes du public de l'époque (94). Quant aux confide
tolaires que reçut Robert de Souza, elles semblent être celles d'une fem
la sensibilité fut très tôt blessée par la brutalité de son environnement f
qui se réfugia dans une passion idéale. Le personnage qu'elle campe dans
sion recueillie par Auriant, est cependant le plus ambiguë: Rachilde est
une faible femme qui a besoin d'un chevalier servant - Francis Taiman
la défendre des opportuns et une véritable amazone lorsqu'il s'agit de re
ce dernier à sa place: "Il n'eut pas l'occasion de se battre ... sinon ave
j'en profitai pour lui faire tomber son épée d'un lié fort savant dont il s
et cela l'empêcha de me faire la cour" (Auriant 29-30). Excellente esc
la romancière n'avait donc pas besoin de celui-ci pour se battre en duel.
ses contemporaines, Mme Astié de Valsayre avait déjà initié la mode de
duellistes, "elle s'est battue en duel, [...] elle a, enfin, conférencié à la s
Capucines et ailleurs, en faveur de l'éducation physique et morale des f
et surtout des nourrices, par l'escrime..." (Delaville 54). De plus, en affr
elle-même ses éventuels adversaires, Rachilde se serait assurée une m
publicité pour lancer son roman. Est-ce pour rendre cette genèse plus "
siècle" qu'elle a présenté Francis Taiman en bretteur? Celui-ci n'étan
lame ni bon romancier, il est légitime de s'interroger sur son véritable r
l'écriture de Monsieur Vénus.

UNE VERSION NOUVELLE?

Si Rachilde pensait échapper aux interrogations soulevées p


tipliant ainsi les déclarations, leur manque de cohérenc
tretenu l'incertitude quant à ses véritables motivations. Qu
entre sa misère du moment et le fait qu'elle ait écrit ce
semaines? Pourquoi une telle précipitation, répondait-el
Dans sa "Chronique mondaine," datée du 7 janvier 188
semble confirmer cette hypothèse: elle évoque, en effet, l
et sa réticence à produire pareille oeuvre.

Trois ans après (Monsieur de la Nouveauté), alors que la fée Mi


de la toucher de son doigt décharné, elle ne trouvait plus un

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pour payer sa prose ... et, dans un de ces moments de désespoirs [sic] ... elle avait
consenti à écrire un livre odieux contre une petite poignée d'or.

Une question subsiste pourtant: si ce titre lui a vraiment été commandé,


pourquoi un éditeur belge aurait-il choisi une femme de lettres débutante et
parfaitement inconnue? Dans un courrier adressé à la romancière Georges de
Peyrebrune, Camille Delaville nous offre une version plus plausible des faits:
elle lui confie qu'elle "la [Rachilde] blâme fort lorsqu'elle fait des machines
comme Monsieur Vénus et surtout lorsqu'elle se complaît à en parler avec dé
lice chez [elle] à tous les hommes, [elle] la blâme aussi lorsqu'elle va au Chat
Noir, jadis aux Hirsutes, en lire des chapitres."2 "Dans sa prime jeunesse," Ra
childe participait, en effet, aux réunions des Hydropathes et la lecture publique
y était pratique courante, comme "dire des vers ou chanter quelque chose"
(Lévy 7). Tout en divertissant l'auditoire, celle-ci s'assurait non seulement une
excellente publicité mais aussi amendait son texte suivant les réactions du
public. Cela signifie qu'elle en était l'auteure à part entière et qu'elle n'ignorait
pas le scandale que déclencherait la publication de Monsieur Vénus. D'autre
part, en procédant ainsi, elle a dû mettre plus de deux semaines pour l'écrire:
le délai mentionné dans la préface d'À Mort concernerait alors la correction du
manuscrit et non son élaboration. Il reste à savoir comment elle s'est mise en
contact avec Brancart et comment elle l'a persuadé de la publier.
La bohème que Rachilde fréquente dans ces années 1880, "Léo Trezeniks
[sic], Jean Moréas, Laurent Tailhade, les Margueritte, Verlaine, Taboureux, de
Guaïta, Marsollo, Ycres, Jules Renard, Joseph Caraguel, Mélandri, Paul Mar
rot, Joseph Gayda, Haraucourt, Rameau, Darzens, etc . . ." (Finn 170), n'en
est encore qu'à ses débuts: personne n'a, par conséquent, une notoriété suf
fisante pour la parrainer et faire accepter son roman. Il faut se tourner vers les
écrivains reconnus que reçoit, à cette époque, Camille Delaville. Sans être aussi
réputé que celui de Juliette Adam ou de Mme de Cavaillet, son salon accueille
tous les vendredis des notoriétés telles que Georges de Peyrebrune, Anaïs Sé
galas, Joseph Reinach, Arsène Houssaye ou encore Catulle Mendès. Figure de
proue des Parnassiens, homme de lettres renommé et fondateur de La Revue
fantaisiste, il est une connaissance de longue date de Rachilde. Dans Quand
j'étais jeune (1947), on apprend que lorsqu'à "dix-sept ans" (19), elle est invitée
à rencontrer Victor Hugo, il l'escorte chez le maître avec Villiers de l'Isle-Adam
et J. de Briffault. Elle a eu de nouveau l'occasion de le fréquenter en 1882 quand
Camille Delaville les associe à sa première revue, Le Passant. Rachilde assure la
rubrique "L'Été en zig-zag," Catulle Mendès donne des articles et des critiques
artistiques. Évoluant dans la même société, on peut supposer que ce dernier a
entendu parler de Monsieur Vénus, voire a assisté à une de ses lectures. D'autre
part, il a signé un contrat avec Brancart: ce dernier republie sa Légende du
Parnasse contemporain l'année où il fait paraître Monsieur Vénus. Connaissant

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le texte de Rachilde et l'éditeur, Catulle Mendès a bien pu jouer les intermé
diaires et les cautions, être cet "ami d'un éditeur de Bruxelles" (Auriant 22)
dont Rachilde parle au chef de cabinet Puybaraud. La citation de la première
édition belge de ce roman, et dont l'auteur est Catulle Mendès, pourrait alors
s'interpréter comme un remerciement de la part de l'auteure. Les motivations
d'un tel geste restent à découvrir: pourquoi, en effet, cet homme de lettres
l'aurait-il aidée? Est-ce pour répondre à sa demande ou être agréable à l'une de
ses maîtresses? A-t-il trouvé là une manière élégante de l'écarter, de la distraire
de sa passion pour lui? Avant d'écrire Monsieur Vénus, elle s'était tant éprise
de Mendès que, suite à son refus, elle resta "deux mois paralysée des jambes"
(Finn 169). Cette dernière hypothèse expliquerait pourquoi, en 1885, ils par
ticipent ensemble au lancement du Progrès National, qui ne connaît qu'un seul
numéro. Elle devait assurer le feuilleton avec L'Homme au gant rouge, première
version d'À Mort, et Catulle Mendès la critique littéraire et dramatique. Jusqu'à
sa disparition, Rachilde demeurera en bons termes avec lui.
Si les lectures publiques, les conseils de l'éditeur, lui ont permis d'améliorer
son texte, ils n'expliquent pas comment Rachilde a pu bâtir un roman aussi
scandaleux. S'est-elle vraiment inspirée de son existence ainsi qu'elle l'écrit
à R. de Souza? Maurice Barrés, un intime de l'auteure, prétend, dans la pré
face qui accompagne l'édition de 1889, que Monsieur Vénus, "n'est pas une
polissonnerie" mais l'"autobiographie de la plus étrange des jeunes femmes"
(xxi). Cette aventure avec un secrétaire de député, indiquée comme origine
de cette œuvre, paraît cependant peu crédible. Dans les années 1870, le seul
secrétaire connu du député de la Dordogne, Pierre Magne, est un certain
Raynaud, avocat, conseiller général puis, à son tour, député. Nous sommes
donc loin de ce paysan efféminé décrit par Rachilde. Pourtant les relations
avec un homme au physique ambigu ne manquent pas dans ses intrigues.
Nono, roman de mœurs contemporaines (1885), retrace la passion de l'héroïne,
Renée Fayor pour Nono, le secrétaire de son père. Ce jeune paysan ressemble
à la Niobé du Louvre, "aux traits puissants, à la bouche épaisse et amère,
. . . depuis la paupière longue et penchée, jusqu'au modelé du cou d'une
rondeur ravissante" (75). Dans son recueil de souvenirs Quand j'étais jeune
(1947), Rachilde évoque Césarien, au " très étrange regard de femme, dans
des yeux d'homme" (117-18). Braconnier, il se prétend son demi-frère et c'est
à ce titre qu'il vient, une nuit, lui réclamer de l'argent pour quitter la région.
Celle-ci lui donnera une fine chaîne en or, comme Renée Fayor offrira un fil
de perles à Nono et Raoule de Vénérande "deux cercles d'or, constellés de
brillants" (139) à Jacques Silvert. On peut voir là plusieurs variations d'une
scène fondatrice dont le déroulement et l'identité du partenaire restent
cependant à déterminer. Rachilde a achevé de la déformer en l'adaptant au
goût du public habitué, avec le naturalisme, à la provocation et à la pornog
raphie. Chariot s'amuse (1883) de Bonnetain s'intéresse à la masturbation et

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à la sodomie et dans son accident de Monsieur Hébert (1884) Léon Hennique
décrit un avortement...
Les fondements autobiographiques de Monsieur Vénus ne justifient pas
ce monstre de sadisme et de perversité qu'est Raoule de Vénérande. Celle-ci
semble être un exutoire au violent climat familial qu'a connu Rachilde; elle n'a
d'ailleurs jamais caché la brutalité de son père. Avant d'en parler à R. de Souza,
elle s'était confiée au chef de cabinet Puybaraud qui notait dans son rapport:
"le père battait tout le monde" (Auriant 61). Plus vraisemblablement, cette
héroïne serait un dérivatif à cette violence dont la préface d'Â Mort fait briève
ment allusion. Abordant son adolescence, Rachilde mentionne un rêve récur
rent, un "immense cadavre blême les bras tendus en avant, la tête ballotant sur
les épaules" dont la voix "qui n'était pas humaine cri(ait) à travers la nuit: "Tu
ne parleras jamais, jamais" (Finn 165). M. Finn y voit un "demi-aveux d'enfants
violés ou sexuellement agressés que personne n'a su comprendre" (12). Un
écho de ce cauchemar se lit dans Nono, "Renée [Fayor] était allée s'étendre sur
son canapé. ... La jeune fille regardait avec une stupeur morne s'agiter une
ombre. . . . Cette ombre prenait des proportions géantes, allait, venait, avait
une grosse tête, les petits bras maigres, et des ballonnements confus" (68). À
l'origine de ce mauvais rêve, le meurtre de Victorien Barthelme, l'homme qui
a abusé d'elle. Une telle agression physique se retrouve dans La Marquise de
Sade (1887) ainsi que cette soif de vengeance: Mary Barbe violée par son oncle,
le poussera au suicide. Il s'agit sans doute, là encore, de variations d'une même
scène et les informations manquent pour découvrir l'identité de cet individu.
A-t-il servi de modèle à Monsieur Vénus? D'une certaine manière, en publiant
Monsieur Vénus, Rachilde a brisé le silence imposé par son agresseur et s'est
libérée de son emprise. Mais les nombreuses versions qu'elle a données de la
genèse de cet écrit révèlent cependant son incapacité à verbaliser cet épisode
traumatisant. La création d'héroïnes perverses et cruelles a dû également lui
permettre de se venger et d'exorciser sa peur des hommes. En 1889, elle épou
sait Alfred Vallette et abandonnait ses héroïnes sadiques3 au profit de Maurice
de Saulérian, héros du Mordu. Mœurs littéraires. Est-ce une coïncidence ou
s'est-elle, à cette époque, réconciliée avec la gente masculine?

MENSONGES DE FEMME DE LETTRES

On peut aisément comprendre que Rachilde n'ait jamai


ces relations masculines, qu'elles soient consenties ou non.
certes une large part dans ce silence et ce manque de s
aussi compter avec le tabou qui pèse, en cette fin de 19e siè
nin. Comme le rappelle Colette Cosnier, "les manuels d'édu
savoir-vivre, voient en lui (le corps de la femme) un objet
le dégoût et le mépris, et conseillent de le dissimuler, sin

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(Cosnier 183). Celui-ci doit être d'autant plus honteux qu'il est lié, chez Ra
childe, à la sexualité. Qu'elle ait été abusée comme La Marquise de Sade ou
séduite comme Renée Fayor qui avoue s'être "laissée prendre," "au moment où
elle désirait reposer sa tête sur la poitrine loyale d'un mari" (Nono 36, 38), la
jeune femme ne s'en sent pas moins coupable. Lorsque dans les années 1880,
elle explique l'écriture de Monsieur Vénus, elle occulte ce vécu et donne une
justification plus banale. Son œuvre se veut issue d'une réflexion sur la pro
duction naturaliste: "Nous étions très embarrassés pour trouver quelque chose
de neuf. Maizeroy, avec Les deux amies, avait dépeint l'amour des femmes l'une
pour l'autre - le g ... - Bonnetain, dans Chariot s'amuse, avait décrit la m .
. . et la sodomie. C'était donc fermé de ce côté" (Auriant 62). Autrement dit,
Monsieur Vénus n'aurait été imaginé que pour répondre au goût du public et
gagner de l'argent. Mais est-ce vraiment pour sauvegarder son honneur que
Rachilde n'a jamais avoué en être l'unique auteure? On est tenté de le croire
puisque, chaque évocation de ses débuts parisien est l'occasion de rappeler sa
qualité de jeune fille: ainsi se peint-elle "traînant ses jupes de pucelle dans les
rédactions, des bouges pour les femmes comme il faut" (Finn 166); malade
de sa passion pour Catulle Mendès, "le docteur Lassègue dut venir ... étudier
l'étonnant problème de l'hystérie arrivée au paroxysme de la chasteté dans un
milieu vicieux" (Finn 169). Son entretien avec le chef de cabinet Puybaraud
s'achève sur ces mots: " Vous devez avoir une bien mauvaise opinion de moi!
Eh bien, ne me méprisez pas ... ma personne est intacte et je n'ai pas à rougir
devant ma mère" (Auriant 62). Rachilde souligne, en effet, sa moralité mais
c'est pour l'opposer systématiquement à ce milieu littéraire corrompu dans
lequel elle évolue. Comment interpréter cette dichotomie sinon que celle-ci
refuse d'être assimilée aux autres littérateurs. Elle rejette l'étiquette "femme de
lettres," elle nie même écrire par goût.
Les différentes versions qu'elle a données abondent en ce sens: elle se pose
en victime, en jeune fille entraînée dans une entreprise littéraire qui la dé
passe. Ne crée-t-elle pas un double masculin à qui elle attribue l'initiative de
Monsieur Vénus? Cette invention est, au gré des versions, un certain Francis
Taiman qui n'a laissé aucune trace dans les annuaires de la Presse, ou bien un
ami de l'éditeur, sans nom ni visage. Il est intéressant de voir que par ce men
songe, Rachilde respecte la hiérarchie des sexes, telle que la conçoit alors la
société: à l'homme de choquer le public pour être reconnu, à la femme le statut
de subalterne, d'exécutante. Celle-ci a déjà eu recours à ce subterfuge si l'on
en croit son recueil de souvenirs Quand j'étais jeune. Adolescente, elle avait
convaincu ses parents et grands-parents, passionnés de spiritisme, qu'elle était
"sous la domination de ce Rachilde, dont le nom plus ou moins suédois, (lui)
fut imposé par les coups d'un pied de table" (150). Mais cette plaisanterie s'est
retournée contre elle car, au moment où paraissait Monsieur de la Nouveauté,
sa mère s'est mise en devoir d'avertir les éditeurs et les directeurs de journaux

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que ce n'était pas sa fille qui écrivait ses "œuvres, romans, nouvelles ou ar
ticles" (q/ 138). Rachilde passe également pour la victime d'un éditeur peu scru
puleux, quand elle prétend que, pour subsister, elle a dû prostituer sa plume.
Cette version est reprise par Camille Delaville dans sa "Chronique Mondaine"
du 7 janvier 1885, elle explique que c'est "dans un de ces moments de désespoirs
[sic] où les fronts d'enfants se sentent attirés par le noir suicide, [que Rachilde
a] consenti à écrire un livre odieux." Elle achève de dramatiser la situation en
dénonçant l'éditeur dont la cupidité l'a compromise; "Ce livre parut, eut plu
sieurs éditions, causa autant de scandale que pouvait le désirer l'éditeur, natif de
Bruxelles, en Brabant,... pendant que tous les amis de la pauvrette lui jetaient
l'anathème." Ce mensonge ne doit pas surprendre de la part d'une littératrice
qui a toujours prétendu n'écrire que pour gagner sa vie: dans Le Constitutionnel
du 30 avril 1887, elle expliquait qu'elle "essaya de peindre des éventails, on lui
donna un prix dérisoire; alors elle mit ses pinceaux de côté et prit une plume."
Sans doute est-ce elle qui conseilla à Rachilde de se présenter en victime pour
s'attirer sinon la sympathie du moins l'indulgence du public.
Il est difficile de concevoir que Rachilde, prête à scandaliser l'opinion pour
gagner sa vie, soit incapable d'assumer son statut d'auteure. Ce paradoxe
est une conséquence de l'ostracisme qui frappe la femme écrivain de cette
fin de dix-neuvième siècle. La lettre ouverte adressée par Camille Delaville
à l'hebdomadaire Le Zig Zag du 4 octobre 1885 pour motiver son refus de se
faire appeler "femme de lettres," résume parfaitement la situation:

Le titre de femme de lettres ne me blesse point. Il est ridicule, voilà tout,... ceux qui
s'en serve (sic) sont des extra-jeunes ou des provinciaux Du reste,... je vois que
vous ne vous doutez pas qu'une femme qui écrit est l'horreur du sexe fort, lequel est
notre maître indiscutable et même l'horreur de la société en général; loin de se parer
de ce métier, il faut autant que possible faire oublier que l'on exerce L'art de tenir
intelligemment une plume, les hommes ne le permettent pas aux femmes,... écrire
c'est parler, raisonner, discuter, nos maîtres détestent cela. De plus, c'est une rivalité
ou l'essai d'une rivalité, ce qui leur est odieux sous cette forme.... Je n'ai pas écrit
par goût, mais pour élever mes enfants et pendant dix ans j'ai exactement caché mon
sexe sous mon pseudonyme.4

Les femmes qui se mêlent de littérature sont, en effet, considérées comme des
monstres par une société qui voit dans toute velléité d'émancipation féminine
une menace contre ses institutions. Écrire par plaisir, par ambition, sont des as
pirations masculines et non féminines étant donné que "la femme, plus proche
de l'animal et de la nature, fait partie de ce qui doit être soumis, réglé, dominé"
(Planté 265-66). Si elle avouait être l'auteure d'un roman aussi scandaleux que
Monsieur Vénus, Rachilde ferait donc figure d'aberration. Pour échapper cette
marginalisation, elle a d'abord pris un pseudonyme puis a tâché de légitimer

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son désir d'écriture. Les diverses genèses racontées où l'homme, fût-il factice,
est l'initiateur de ce roman, sa moralité irréprochable, ainsi que l'évocation de
sa misère, participent de son alibi. De plus, elle a gommé le caractère subversif
de sa démarche littéraire en publiant, juste après Monsieur Vénus, Petites his
toires bêtes pour les enfants d'esprit, un recueil d'histoires dédicacé à sa mère,
"d'une pureté idéale" selon la chronique du 7 janvier 1885 de Camille Delaville.
Mais cette soumission aux préjugés de son époque dura peu: suite au succès
de Monsieur Vénus, Rachilde a pleinement assumé son statut de romancière en
même temps que celui de monstre. Elle a certainement compris qu'il lui per
mettait, mieux que n'importe quel rang social, de bousculer les conventions et
jouir de libertés interdites à son sexe car, "quand on amuse un certain Paris,
il vous pardonne tout" (Finn 173). Elle a donc cultivé cette image, "dépouilla
la bonne éducation complètement,... porta le costume d'homme tradition
nel, courut les bals publics en compagnie de décadents héroïques" (Finn 172),
ht imprimer "homme de lettres" sur ses cartes de visite. Et pour entretenir sa
réputation de romancière sulfureuse, elle épuisa, jusqu'à la veille de la Pre
mière Guerre mondiale,

les potentialités d'un procédé inauguré par Monsieur Vénus, à combiner les perver
sités qui chez elle gîtent dans l'imaginaire, plus riches en solutions que les combinai
sons d'ordre physique, à deux trois quatre ou n éléments, telles que les recensa, entre
autres, le Marquis de Sade. (Organigraphes 72)

Les plus remarquablement illustrées sont la nymphomanie avec L'Animale


(1893), l'inceste avec Les Hors Nature (1897), la nécrophilie avec La Tour
d'amour (1899)...
Monsieur Vénus est fréquemment présenté comme le premier roman de
Rachilde, alors que cette place revient à Monsieur de la Nouveauté. Cette er
reur chronologique s'explique par le fait que la publication de Monsieur Vénus
marque la naissance du personnage Rachilde, femme de lettres insolente et
provocatrice. En 1887, celle-ci n'hésite pas à souffleter en pleine conférence
Paul Devaux qui s'est montré indélicat avec l'actrice Léonide Leblanc. Ayant
compris, avec le succès de Monsieur Vénus, que le scandale permettait de se
libérer des normes et des conventions sociales, elle a entretenu son image de
romancière sulfureuse, en multipliant les provocations, pour conserver son
indépendance et se distinguer de ses consoeurs.
Mais avant de devenir cette figure atypique, Rachilde a longtemps hésité
avant d'accepter son statut d'écrivain. Avouer écrire par goût et non pas seule
ment par nécessité, lui faisait courir le risque d'être marginalisée. Les men
songes et les non-dits qui entourent la genèse de Monsieur Vénus sont autant
de précautions qu'elle a prises contre les préjugés de son époque. Elle a respec
té la bienséance en omettant le fondement autobiographique de l'intrigue et

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en inventant un double masculin. Toutes ces manœuvres révèlent une roman
cière parfaitement consciente des enjeux que représentait l'écriture féminine
dans une société redoutant l'émancipation du "sexe faible."

Nelly Sanchez
Michel de Montaigne Bordeaux 3
Domaine de la Roque
11150 Villasavary
FRANCE

NOTES

1 Respectivement parus dans le numéro du 16, 23 et 30 octobre


femmes.
2 Camille Delaville, lettre inédite adressée à Georges de Peyrebrune datée de juin 1885.
A paraître sur http://www.ccji.cnrs.fr dans Correspondance de Camille Delaville à Geor
ges de Peyrebrune (1884-88,).
3 A noter cependant en 1893 Laura Lordès, l'héroïne de L'Animale.
4 Elle fait allusion à son pseudonyme "Pierre de Chatillon," celui sous lequel elle a le
plus souvent écrit.

OUVRAGES CITES

Auriant. Souvenirs sur Madame Rachilde. Paris: Écart, 1989.


Cosnier, Colette. Le Silence des filles. Paris: Fayard, 2001.
Dauphiné, Claude. Rachilde. Paris: Mercure de France, 1991.
Delaville, Camille. Mes Contemporaines. Paris: Sévin, 1887.
. "Chronique Mondaine." La Presse 7 (janvier 1885): n.p.
Finn, Michael R. Rachilde-Maurice Barrés: Correspondance inéd
CNRS, 2002.

Flawthorne, Mélanie C. Monsieur Vénus a Materialist novel. New York: mía, 2004.
—. Rachilde and French Women's Authorship: From Decadence to Modernis
Lincoln: u of Nebraska p, 2001.
Lévy, Jules. Les Hydropathes. Paris: Delpeuch, 1928.
"Hommage à Rachilde." Organographes du Cymbalum Pataphysicum 19-20 (av
1983): 72.
Planté, Christine. La Petite sœur de Balzac, essai sur la femme auteur. Paris: Seuil, 1989.
Rachilde. Monsieur Vénus. Paris: Flammarion, 1926.
. Nono. Paris: Mercure de France, 1994.
. Quand j'étais jeunel Paris: Mercure de France, 1947.
Soulignac, Christian. "Écrits de jeunesse de Mademoiselle de Vénérande." La Revue
Frontenac 10-11(1993-94): 192-218.

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