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Chers

membres du forum de la Jeune Chambre des Entrepreneurs Chrétiens,


bonjour !

Aujourd’hui, nous ferons la lecture de la première partie du chapitre 2 du livre


du mois intitulé Créer et Gérer une Entreprise, écrit par Jacques-Daniel
ROCHAT. Nous vous souhaitons une bonne écoute.

CHAPITRE 2 : L’ESPRIT D’ENTREPRISE

Une situation déterminante

Les océans sont bien capricieux et le bateau de croisière qui transportait de


joyeux passagers était maintenant pris dans une redoutable tempête. Tout le
monde était sidéré par la violence des vagues qui se jetaient sur le pont.

Soudain un long bruit sourd de métal plié monta de la cale. Aussitôt une grimace
se dessina sur le visage du capitaine. La coque avait dû toucher un rocher. Cette
pensée fut aussitôt confirmée par l’apparition d’un matelot au visage livide. De
l’eau rentrait dans la cale. Le bateau al ait progressivement sombrer dans la mer.
Le capitaine évalua rapidement la situation, il allait perdre son bateau, mais pire
encore, le naufrage allait aussi prendre la vie de ses passagers. Alors que la
vision du navire sombrant dans les abîmes troublait son esprit, une bande sombre
apparut au-dessus des vagues mugissantes. Une île... cette zone inhospitalière ne
contenait pas seulement de redoutables récifs. Cela n’allait pas sauver le bateau
pensa le capitaine en poussant les moteurs pour atteindre la plage qui se dessinait
à l’horizon.

Quelques heures plus tard, le bateau avait sombré mais tous les passagers étaient
réunis en sécurité sur une bande de sable. L’île avec ses montagnes et ses arbres
trônait, majestueuse, au milieu de l’océan. Cette question fut rapidement l’objet
de discussions aussi houleuses que la mer. Pour certains, il était inadmissible que
ce naufrage ait eu lieu. Poussant de grands cris contre le capitaine, un groupe se
sépara des autres, s’ils étaient dans cette terrible situation, c’était à cause de
l’équipage, des défauts du bateau, de la compagnie, de l’agence de voyages.
Animés d’une grande colère, ils allaient réunir toutes les preuves nécessaires
pour se battre et pour obtenir une substantielle réparation financière.

L’ambiance n’était pas très agréable et sur la plage, on entendait aussi les
sanglots d’un groupe qui se lamentait de la situation. « C’est terrible, pourquoi
cela est-il arrivé », « Quel manque de chance, nous allons tous mourir dans ce
coin perdu ». « C’est notre terrible destin », ajouta doucement un homme
prostré.

Quelques personnes qui étaient à côté d’eux cherchaient à les encourager. «

Mais non, nous n’allons pas mourir, on va venir nous chercher ». L’un d’eux qui
pointaient des jumelles sur l’étendue liquide ajouta «il y a bien un navire qui va
passer pour venir nous sauver. Il faut absolument rester sur la plage et

attendre... Peut-être que nous pourrons même tenter d’atteindre un navire en


construisant un radeau. »

Pendant ce temps, un petit groupe d’hommes et de femmes commençait à


s’enfoncer dans les terres. « Quelle chance » lança l’un d’eux, « nous sommes
tombés sur une grande île, il y a une source, des arbres et des fruits et le sol est
très fertile ». Une femme enthousiaste ajouta, « c’est excellent, car vers les
rochers là-bas c’est l’endroit idéal pour nous faire une maison ».

Un grand sourire illumina le visage d’un jeune homme « avec ce qu’il y a ici
nous pourrons vivre des années ».

Une question d’attitudes

Comme le montre cette histoire, tant que tout va bien il est difficile de discerner
ce qui habite les hommes, mais lorsqu’une situation se détériore, ce qui est caché
se dévoile dans des comportements bien différents.

Comportement 1 : C’est la faute à..

Derrière l’attitude de contestation du premier groupe se cache le désir de trouver


un responsable à blâmer. Beaucoup de personnes sont habitées par ce type de
ressentiments et considèrent que si elles sont pauvres, c’est à cause des autres; «
c’est parce que notre pays a été colonisé », « c’est à cause des grands patrons »,
« c’est parce que le gouvernement ne fait rien »,

« c’est la faute aux entreprises qui ne veulent pas nous embaucher », etc.

Ces parts de responsabilité dans leurs malheurs peuvent être vraies, mais se
focaliser dessus ne va pas améliorer la situation et l’amertume qui va naître peut
même conduire à détruire le peu de bonnes choses qui restent.

Comportement 2 : On n’a pas de chance..

Dans le deuxième exemple, le groupe est saisi par la tristesse de la situation.

Avec fatalisme, les naufragés se considèrent comme défavorisés par le destin et


ne peuvent rien faire. Cette attitude paralyse malheureusement de nombreuses
personnes. Pour elles, la misère et la pauvreté ne peuvent être vaincues, il faut
donc subir et accepter ce douloureux destin. Cette passivité peut être encore
renforcée par des superstitions et des dogmes religieux : «

je suis dans la difficulté parce que je suis maudit ou je n’ai pas de chance».

Cette focalisation sur les malheurs conduit les populations à ne voir que les
choses négatives. Nous n’avons rien, nous sommes pauvres, cet endroit n’offre
aucune possibilité, c’est impossible que nous puissions nous en sortir...

Ce qui est tragique dans ce comportement, c’est que ces personnes ne réalisent
pas qu’elles sont prisonnières d’un mensonge qui déforme la réalité.

Alors que le monde qui les entoure offre de réelles possibilités d’améliorer

leur vie, elles ne les voient pas, car leur manière de penser amplifie les
problèmes en leur chuchotant qu’elles seront incapables de les résoudre.

Comportement 3 : Ils vont venir nous aider. .

Avec le troisième exemple, nous voyons combien il peut être dangereux


d’attendre une aide extérieur. Quitter l’abri d’une île pour trouver du secours sur
un frêle radeau dans l’océan serait suicidaire.

C’est malheureusement avec ce type d’espoir que de nombreuses personnes


rêvent de partir ou attendent désespérément de l’aide des autres : « un jour je
pourrai partir

en Europe pour vivre une vie d’abondance. », « je vais trouver une personne
riche qui me donnera de l’argent. », « une ONG va forcément m’apporter de
l’aide. ». Tous ces rêves conduisent des millions de personnes à rester
misérablement sur leur plage de sable. Pourquoi restent-elles là à attendre et à
espérer ?

Cet espoir d’une aide providentielle se nourrit jour après jour en prêtant une
oreille attentive aux témoignages de ceux qui ont obtenu des assistances
externes. Telle personne, qui est partie dans un pays riche, mène la belle vie1,
telle autre a reçu de grands soutiens de la part d’une ONG. Grâce à cette aide, il
est maintenant le mieux loti du village.

Si ces personnes ont trouvé leur salut grâce à des aides venues de l’extérieur
c’est que cela peut aussi m’arriver !

Mais cette déduction, qui conduit à attendre le miracle, est là encore une tragique
illusion et il est malheureux que les aides (pas toujours avisées) des ONG
entretiennent le mythe que le salut va venir d’une générosité extérieure.

Les trois demandes ci-dessous sont extraites du courrier abondant que reçoit
l’association Entraid. Leurs auteurs sont persuadés que nous avons les moyens
de venir répondre à leurs besoins financiers !

Monsieur le président de l’association Entraid, nous sollicitons votre soutien et


votre coopération pour la réalisation d’un projet de construction. Les besoins
pour le début des travaux sont estimés à mille euros...

Cher frère, ce qui me pousse à vous écrire, c’est que j’ai besoin d’un appui
financier de quinze mille dollars, pour la réalisation de mes projets...

Bonsoir, cher président, dans notre région nous sommes à l’arrêt faute de
financements, bref nous vous prions de financer nos activités de formation et de
couture...etc.

Dans la réalité, c’est évidemment illusoire de penser que de généreux donateurs


vont prendre en charge des populations entières. Non seulement cette utopie est
irréalisable mais elle conduit aussi progressivement à détruire

la dignité et les capacités humaines. Si je pense que je dois tendre la main pour
assumer mes besoins, c’est que je suis habité par la mentalité d’un mendiant.

C’est pourtant avec cette attitude avilissante que de nombreuses personnes vont
quémander l’aide de leur entourage. Dès lors, lorsqu’un membre de la famille
réussi, il est aussitôt assailli par un cortège de frères, de parents et d’amis. Cette
soudaine affection dissimule plutôt mal la tentative de profiter sans effort d’une
manne providentielle. Ces pressantes demandes conduisent le plus souvent à
casser les relations et finissent aussi par étouffer les initiatives de ceux qui
travaillent dur pour créer des richesses.

Alors, oui, l’assistance est l’une des très belles expressions de la foi chrétienne,
toutefois elle doit s’adresser exclusivement à des personnes qui ne sont plus à
même de pouvoir se prendre en charge, tels que les veuves, les orphelins, les
handicapés et les personnes touchées par des cas d’urgences (accidents, guerres,
famines, cataclysmes, etc.).

Protester avec colère, se lamenter sur son sort, attendre du secours ou tenter de
partir. Toutes ces attitudes n’améliorent pas la situation, mais conduisent à se
focaliser sur des attentes qui n’apportent pas de solution. Conséquence, la
pauvreté et les problèmes augmentent.

Comportement 4 : La bonne vision

Dans l’histoire de l’île, c’est évidemment le quatrième groupe qui a l’attitude la


plus prometteuse. Après avoir subi le même malheur que les autres, ces
naufragés ne perdent pas leur temps à désigner d’abstraits responsables ni ne
cèdent au fatalisme. Plutôt que de regarder l’horizon en quête d’illusions, ils se
concentrent sur ce qu’ils ont à disposition afin d’évaluer comment ils pourront
l’exploiter pour améliorer leur condition.

Avec un tel dynamisme, on peut sans peine imaginer que ce groupe va


progressivement sortir de sa condition difficile. Au fil du temps et avec le travail,
l’île va devenir un lieu capable de répondre à tous leurs besoins.

Avec l’attitude des quatre groupes, nous observons l’influence déterminante dans
notre façon d’évaluer une situation.

Dans l’exemple du naufrage, l’île et les événements sont identiques, mais


l’orientation prise par les uns ou les autres va définir des horizons radicalement
différents. Cette diversité de destins s’observe aussi dans la société et à l’échelle
des nations. Car, si des régions fertiles sont dans la pauvreté alors que d’autres
aux climats hostiles sont dans l’abondance, c’est que le secret d’une exploitation
avisée se situe à l’intérieur de l’homme.

Faute de vision, le peuple périt. Proverbes 29 verset 18


Cette règle peut se vérifier en observant la manière dont certains groupes
arrivent à prospérer. Par exemple, dans de nombreux pays, une part non

négligeable de l’économie est tenue par des entrepreneurs d’origine libanaise ou


chinoise.

Alors que ces immigrés sont arrivés, comme des naufragés sans richesses, ils
sont, quelques années plus tard, propriétaires de magasins, de restaurants de
petites fabriques et vivent dans l’abondance.

Ce n’est évidemment pas le pays qui a favorisé ces personnes, au contraire, lors
de leur arrivée, elles ne connaissaient pas la langue et n’avaient pas de relations
qui puissent les aider à réaliser leurs projets. Pourtant, malgré ces handicaps, ces
nouveaux venus arrivent à prospérer alors que les populations locales restent
engluées dans la misère. Pourquoi ceux qui vivent là depuis toujours ne
connaissent-ils pas la même réussite ?

À l’opposé, il est aussi intéressant d’étudier la situation inverse ou des personnes


ont pu profiter de conditions exceptionnelles. Par exemple dans plusieurs pays
du monde, les patrons d’entreprises ou les propriétaires de plantations ont été
chassés de leurs postes à cause d’une révolution ou parce qu’un pays ne tolérait
plus que des profits soient réalisés par des étrangers. C’est par exemple ce qui
est arrivé en 1971 au Zaïre lorsque le président Mobutu a voulu extirper toute
influence occidentale dans son pays.

Ce projet politique appelé, la «zaïrianisation» conduira à et confisquer et


nationaliser les entreprises étrangères. C’est avec un processus d’expropriation
similaire que le président Mugabe chasse les fermiers étrangers du Zimbabwe en
l’an 2000. Depuis, ce pays qui était alors le grenier de l’Afrique, a basculé dans
la misère et connaît de meurtrières famines.

Lors de ces passations de pouvoir, des milliers d’entrepreneurs ont dû


abandonner sans contrepartie leurs fermes, leurs usines, leurs commerces...

Ceux-ci étaient alors aussitôt confiés à de nouveaux gestionnaires. Ces nouveaux


venus, placés à la tête de compagnies riches et fonctionnelles, profitaient de
conditions idéales, comme s’ils pouvaient prendre possession d’une île
parfaitement organisée et prospère. Pourtant, après quelques mois déjà, les
richesses étaient consumées et les entreprises détruites sombraient dans la
faillite.
Fin de la première partie du chapitre 2.

Merci pour votre attention !