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CHAPITRE 16 : Transferts d’énergie (entre systèmes macroscopiques)

Notions et contenus Compétences exigibles


Notions de système et d’énergie Savoir que l’énergie interne d’un système macroscopique résulte de
interne. Interprétation microscopique. contributions microscopiques.
Capacité thermique. Connaître et exploiter la relation entre la variation d’énergie interne
et la variation de température pour un corps dans un état condensé.
Transferts thermiques : conduction, Interpréter les transferts thermiques dans la matière à l’échelle
convection, rayonnement. microscopique.
Flux thermique. Résistance thermique. Exploiter la relation entre le flux thermique à travers une paroi plane
Notion d’irréversibilité. et l’écart de température entre ses deux faces.

Bilans d’énergie. Établir un bilan énergétique faisant intervenir transfert thermique et


travail.

I. Du macroscopique au microscopique 
 
1. Constante d’Avogrado

La matière est constituée d'un nombre d'entités (atomes, ions ou molécules) trop important pour
permettre l'application simple des lois de la mécanique à l'échelle microscopique.
Si le comportement individuel de chaque entité est inaccessible, leur comportement collectif peut
cependant être décrit grâce à des grandeurs physiques macroscopiques mesurables à l'échelle
humaine, comme la température, le volume ou la pression.
Pour passer du macroscopique au microscopique, au début du XXe siècle, des scientifiques cherchent
à relier les échelles humaine et atomique. Ils déterminent expérimentalement la constante d'Avogadro
NA qui correspond à une mole d’entités élémentaires.
Définition : Une mole d'entités contient autant d'entités qu'il y a d'atomes de carbone dans 0,012 kg
de carbone  126C  soit 𝑁𝐴=6,02×1023 entités.
 
2. Système macroscopique

Définition : Un système macroscopique est une portion d'espace limitée par une surface contenant la
matière étudiée. Il est constitué d'un grand nombre d'atomes ou de molécules, assimilés à des points
matériels.
Remarque : tout ce qui n'appartient pas au système macroscopique est dit extérieur au système.
 
II. Energie d’un système
 
1. Energie interne

Définition : On appelle énergie interne l'ensemble des formes d'énergie présentes au sein d'un
système. On la note U. L'énergie interne est due en particulier:
-   Aux interactions existant entre les particules qui constituent le système (énergie potentielle
microscopique).
-  A l'énergie cinétique des particules qui constituent le système.
Remarque : La température est due à l'agitation thermique, c'est à dire à l'énergie cinétique
microscopique des particules qui constituent le système. Si la température T augmente, alors Ec mic
augmente et l'énergie interne U augmente.
Remarque : L'énergie potentielle microscopique est due aux interactions gravitationnelle,
électromagnétique, forte et faible entre les particules qui constituent le système. On distingue les
énergies potentielles microscopiques chimique, électrique, magnétique et nucléaire. ( Voir 1 S )
 
2. Energie mécanique

Définition : L'énergie mécanique Em d'un système macroscopique résulte de contributions


macroscopiques: l'énergie cinétique macroscopique EC et l'énergie potentielle macroscopique EP.
Définition : On appelle énergie totale d'un système, la somme de son énergie interne et de son énergie
mécanique:
   𝐸𝑡𝑜𝑡=𝐸𝑚+𝑈   
 
3. Variation d'énergie d'un système

La variation d'énergie totale du système est la somme de la variation de son énergie interne et de la
variation de son énergie mécanique.

𝛥 𝐸𝑡𝑜𝑡=𝛥𝐸𝑚+𝛥𝑈   
Lorsque l'énergie mécanique du système est constante, la variation
d'énergie totale est uniquement due à la variation d'énergie interne.
Si 𝛥𝐸𝑚=0,     𝛥 𝐸𝑡𝑜𝑡=𝛥𝑈
 
4. Modes de transfert d’énergie

Le travail W et le transfert thermique Q sont des modes de transfert d'énergie; leur signe dépend du
sens du transfert entre le système et l'extérieur.
La variation d'énergie interne 𝛥𝑈 d'un système est la conséquence d'échanges d'énergie avec
l'extérieur par travail W par transfert thermique Q. Si l'énergie mécanique du système est constante :

   𝛥𝑈=𝑊+𝑄   
Remarques :
- Si 𝛥𝑈>0, le système reçoit de l’énergie du milieu extérieur.
- Si 𝛥𝑈<0, le système fournit de l’énergie au milieu extérieur.
  

III. Transferts thermiques


1. Variation d’énergie interne

Lorsqu’un système condensé (solide ou liquide) évolue d’un état initial vers un état final, la
variation 𝛥𝑈 de son énergie interne est proportionnelle à sa variation de température 𝛥𝑇.

      𝛥𝑈=𝐶×𝛥𝑇=𝐶×(𝑇𝑓−𝑇𝑖) 

 Avec  C : capacité thermique du système (J.K-1)
𝛥T: variation de température (K)
𝛥U: variation d'énergie interne (J)

 
2. Mécanisme du transfert thermique

Lors d’un transfert thermique, la température du corps chaud diminue et la température du corps froid
augmente.
Lorsque Tcorps chaud = Tcorps froid, les deux objets sont à l'équilibre thermique.
Remarque: Le transfert d'énergie par chaleur s'effectue toujours du corps chaud vers le corps froid.
Remarque : Les transferts thermiques sont une cause d'irréversibilité : il arrive qu'un système évolue
par transfert thermique vers un état final sans pouvoir spontanément revenir à son état initial.
 
3. Modes de transferts thermiques

On peut interpréter les transferts thermiques dans la matière à l'échelle microscopique suivant trois
modes principaux : la conduction, la convection et le rayonnement.
a. La conduction

Définition : Le transfert thermique par conduction est généré au niveau microscopique par des
interactions entre des entités en contact direct. C'est le seul mode de transfert thermique dans les
solides

b. La convection

Ce mode de transfert thermique est spécifique aux systèmes fluides (gaz ou liquides).

Définition : Le transfert thermique par convection est généré par un mouvement


global des entités microscopiques à l'intérieur d'un système.

Exemple : Dans une pièce où le sol est plus chaud que le plafond, l'air chaud, moins dense
que l'air froid, tend à monter alors que l'air froid descend, ce qui
permet de réchauffer l'ensemble de la pièce
 
c. Le rayonnement thermique

Le transfert thermique par rayonnement est généré par l’absorption


ou l’émission d’un rayonnement électromagnétique. 
 
IV. Flux thermique
1. Définition
Le flux thermique 𝛷 caractérise la vitesse du transfert thermique Q, pendant une durée 𝛥𝑡, au sein
d'un système ou entre différents systèmes.

 𝛷 =𝑄/𝛥𝑡   

 avec  Q en Joules (J)
t en secondes (s)
𝛷 en Watts (J/s)
 
2. Cas d'une paroi plane
A travers une paroi plane 𝛴 d'aire S et d'épaisseur e, constituée d'un matériau de conductivité
thermique , le flux thermique est proportionnel à l'écart de température entre les deux faces A et B
de la paroi.

avec Φ : fl S ux thermique (W)


  𝛷=𝜆 . (𝑇𝐴−𝑇𝐵)     S : surface de la paroi (m2)
e
e : épaisseur de la paroi (m)
TA et TB: températures de chaque côté de la paroi (K)
𝜆: conductivité thermique de la paroi (W.m-1.𝐾−1)
 
3. Résistance thermique
S
On a 𝑇𝐴−𝑇𝐵= 𝛷/ ( 𝜆. )
e
 

e
En posant 𝑅𝑇ℎ= on obtient  
λ.S

 𝑇𝐴−𝑇𝐵= 𝛷 x 𝑅𝑇ℎ

Définition : On appelle résistance thermique de la paroi la grandeur :


𝑅𝑇ℎ=
e
   avec Rth: résistance thermique (K.W-1)
λ.S
S: surface de la paroi (m2)
e: épaisseur de la paroi (m)
𝜆: conductivité thermique de la paroi (W.m-1.𝐾−1)

Remarque : La résistance thermique de plusieurs parois accolées (en série) est égale à la somme
des résistances thermique de chaque paroi.