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CHAPITRE 15 : Temps et relativité restreinte

Notions et contenus Compétences exigibles


Invariance de la vitesse de la lumière
et caractère relatif du temps.
Postulat d’Einstein. Savoir que la vitesse de la lumière dans le vide est la même dans tous
Tests expérimentaux de l’invariance les référentiels galiléens.
de la vitesse de la lumière.

Notion d’événement.
Temps propre. Définir la notion de temps propre.
Dilatation des durées. Exploiter la relation entre durée propre et durée mesurée.
Preuves expérimentales.. Extraire et exploiter des informations relatives à une situation concrète
où le caractère relatif du temps est à prendre en compte.

I. Invariance de la vitesse de la lumière


1. Composition des vitesses selon Galilée

Sachant que le train se déplace à la vitesse ⃗v edans le référentiel R terrestre, si ⃗


v' est la vitesse de la
balle dans le référentiel R’ du train, pour l’observateur A, la balle se déplace à ⃗v = ⃗ v' + ⃗
v e  dans le
référentiel R (terrestre).

Cette loi de composition des vitesses de Galilée a été utilisée jusqu'au début du XXème siècle.

Remarque : Nous allons voir que cette loi de composition des vitesses n'est pas suivie par la
lumière, qui conserve la même célérité dans le vide quel que soit le référentiel galiléen.

2. Expérience de Morley Michelson

Les expériences des physiciens américains Michelson (1852-1931) et Morley (1838-1923) réalisée
dans les années 1880, sont entreprises pour mesurer la vitesse de déplacement de la Terre par
rapport à l'éther.

Dans l’interféromètre qu’ils ont conçu, une onde lumineuse monochromatique est séparée en deux
faisceaux qui se propagent dans deux directions perpendiculaires et sont réfléchis par des miroirs.
Les deux faisceaux parcourent des longueurs légèrement différentes entre le moment où ils sont
séparés et celui où ils se superposent à nouveau. Cette différence de longueur, et donc de temps de
parcours, engendre au niveau du détecteur des franges d'interférences.

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Interféromètre de Michelson immobile

Si la Terre avait un mouvement par rapport au référentiel de l'éther, la vitesse de la


lumière serait différente dans les deux directions perpendiculaires. Cela devrait affecter la figure
d'interférence, d'une manière variable selon l'orientation de l'interféromètre par rapport au sens de
déplacement de la Terre. Bien que l'expérience fût répétée à de nombreuses reprises, aucune variation
significative ne fut jamais détectée. L'éther semblait immobile par rapport à la Terre.

Interféromètre de Michelson en mouvement

Pour visualiser cette expérience consulter :


http://galileoandeinstein.physics.virginia.edu/more_stuff/flashlets/mmexpt6.swf

 Le réfractomètre peut être mis en rotation et on constate un écart entre l’arrivée des 2 parties du faisceau.

3. Postulat d’Einstein

La théorie de la relativité restreinte d'Albert Einstein (1905) est Postuler, c’est admettre un
fondée sur l'invariance de la célérité de la lumière, qui possède principe et s’en servir de base
donc un statut particulier par rapport à d'autres phénomènes pour un raisonnement.
physiques.
8 −1
La lumière se propage avec la même célérité c=3,00× 10  m. s  dans le vide, quel que soit le
référentiel d'étude.

Remarque : Aucune particule ne peut acquérir une vitesse supérieure à la célérité de la lumière dans
le vide.

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II. La théorie de la relativité restreinte d’Albert Einstein
1. Théorie de la relativité restreinte Un évènement est un fait se
produisant à un endroit
La théorie de la relativité restreinte est la conséquence du postulat donné. Ses coordonnées
d’Einstein. (x,y,z,t) dépendent du
référentiel.
Remarque : le mot « restreinte » signifie que la théorie s’applique
uniquement à des référentiels dont le mouvement est rectiligne
uniforme.

Soit un rayon lumineux émis par un laser se réfléchissant sur un miroir. On se propose de
déterminer la durée de son parcours aller-retour.

1er cas : le laser est immobile par rapport à l’observateur

Le faisceau tracé est celui vu par l’observateur

Dans le référentiel du wagon, le rayon lumineux parcourt une distance


2L
d=2 L  et la durée du parcours est Δt= .
c

2ème cas : le laser est en mouvement par rapport à l’observateur.

Le faisceau tracé est celui vu par l’observateur

Dans le référentiel terrestre, le rayon lumineux parcourt une distance d'=2  L' . La célérité c de la
2L'
lumière étant la même dans les deux référentiels, la durée du parcours est Δt'= . On remarque
c
que Δt'≠Δt  puisque L≠L' .

Selon la théorie de la relativité restreinte, l’écoulement du temps dépend du référentiel. La durée


séparant deux évènements dépend donc du référentiel utilisé.

2. Relativité du temps

a. Temps propre

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Définition  : Le temps propre (ou durée propre) Δ t 0 est la durée séparant deux événements ayant
lieu au même endroit dans un référentiel galiléen (R). Cette durée est mesurée par une horloge fixe
dans ce référentiel galiléen et proche des deux événements.

b. Temps mesuré

Définition  : Le temps mesuré ou durée mesurée Δt' est la durée séparant deux événements mesurée
par une horloge fixe dans un référentiel galiléen (R') en mouvement par rapport au référentiel
galiléen (R) dans lequel on mesure le temps propre.

3. Dilatation des durées

Reprenons l’exemple du wagon en considérant qu’il se déplace à la vitesse ⃗v .

Comme nous l’avons vu précédemment :

Δ t 0 =  dans le référentiel (R) lié au


2L
c
wagon.

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2L'
Δt'=  dans le référentiel (R’) lié au quai.
c

Pendant la durée Δt' , le train a parcouru pour l’observateur au sol, une distance donnée par v×Δt'  '
comme le montre la figure. En utilisant le théorème de Pythagore:

v × Δt ' 2
L'2=L2+( ) .
2

c × Δt 0 c × Δt' c × Δt' 2 c × Δt 0 2 v × Δt ' 2


or { L= et L'= . On en déduit ( .) =( ) +( ) ,
2 2 2 2 2
d’où :

c 2 ×Δt ' 2 = c 2 ×Δ t 0 2 + v 2 ×Δt ' 2

Δt ' 2 ×( c 2 − v 2 )= c 2 ×Δ t 0 2

1
c 2 × Δ t 02
2
Δt ' = = v 2 ×Δ t 0
2
c −v
2 1− 2
c
2

Deux horloges en mouvement relatif ne mesurent pas la même durée entre les deux mêmes
événements: Δt'>Δ t 0 . Ce phénomène se nomme de dilatation des durées.

Une horloge qui se déplace par rapport à un observateur bat plus lentement qu'une horloge
immobile par rapport à cet observateur.

III. Preuve expérimentale


La création et la désintégration d'une particule instable constituent deux événements qui ont lieu au
même endroit dans le référentiel R où cette particule est fixe. R est le référentiel propre et
l'intervalle de temps mesuré par l'horloge associée à R est l'intervalle de temps propre.

Mais l'intervalle de temps qui correspond à la durée de vie de cette même particule, mesuré dans le
référentiel terrestre R', est plus grand que l'intervalle de temps propre, du fait de la dilatation des
durées.

La courte durée de vie d'un muon (associé à R) produit par collision entre les rayons cosmiques et les
molécules de l'atmosphère ne devrait pas lui permettre d'atteindre le sol. Pourtant, les détecteurs présents
au sol (associé à R') indiquent la présence de muons, ce qui constitue une preuve de la dilatation des durées
dans le référentiel terrestre.

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La mesure très précise du temps que


nécessite le système GPS est assurée
par des horloges atomiques.

Si le caractère relatif du temps n'était


pas pris en compte, l'erreur de
positionnement du GPS serait
importante.

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