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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

1. Procédé industriel
Un procédé industriel est un procédé de nature mécanique ou chimique destiné à produire des
objets ou à synthétiser des produits chimiques, en grande quantité et dans des conditions
techniquement et économiquement acceptables.
Ils sont notamment essentiels aux industries dites lourdes (par exemple, fabrication
d'automobiles ou synthèse de l'essence).
Les procédés industriels permettent d'obtenir en grande quantité des produits qui autrement
seraient relativement difficiles ou coûteux à obtenir.
Ces produits peuvent alors être considérés comme des « commodités », c'est-à-dire des produits
d'usage banal et disponibles en très grandes quantités.
En rendant les produits fabriqués nettement moins chers, les procédés industriels permettent en
effet de les consommer à grande échelle, par exemple l'acier, issu d'un procédé industriel, est
lui-même utilisé pour la fabrication de machines.
La fabrication d'un produit peut nécessiter l'utilisation de plusieurs procédés.
Il est fréquent que la mise en place d'un procédé industriel ait un coût élevé. La rentabilité de cet
investissement est alors liée à la production en grande quantité.
En plus des produits désirés, l'utilisation des procédés industriels engendrent souvent des sous-
produits qui peuvent parfois être néfastes pour l'environnement, voire la santé des êtres vivants.
Liquide A Vanne Liquide B Vanne
A B

Réservoir A Réservoir B

Capteur Niveau Capteur Niveau


Liquide A Liquide B

Mixeur

Vanne C
Vanne D Vanne
F
Processeur Vanne A Réservoir C
Capteur Niveau Vanne B
Liquide A Vanne C
Capteur Niveau Vanne D
Liquide B
Vanne F

Figure 1 : Exemple de procédé


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1. Ouvrir la vanne A pour remplir le réservoir A


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2. Quand le réservoir A est plein un signal de retour à partir du capteur de niveau informe
le séquenceur qui ferme la vanne A.
3. Ouvre la vanne B pour remplir le réservoir B.
4. Quand le réservoir B est plein un signal de retour à partir du capteur de niveau informe
le séquenceur qui ferme la vanne B.
5. Quand les vannes A et B sont fermées, les vannes Cet D sont ouvertes pour laisser une
quantité mesuré de liquide du réservoir A et du réservoir B à être mélangé dans le
réservoir C.
6. Quand les réservoirs A et B sont vides les vannes Cet D sont fermées.
7. Après que les vannes Cet D sont fermées, le moteur de mélange est activé pour une
période prédéfinie.
8. On arrête le moteur de mélange.
9. Ouvrir la vanne F pour l’utilisation du mélange.
10. Quand le réservoir F est vide et la vanne F fermée, la séquence est répété une nouvelle
fois.

2. Symbolisation
La norme NF E 04-203 définit la représentation symbolique des régulations, mesures et
automatisme des processus industriels. Les instruments utilises sont représentés par des cercles
entourant des lettres définissant la grandeur physique réglée et leur (s) fonction (s).
La première lettre définie la grandeur physique réglée, les suivantes la fonction des instruments
(tableau 1).
Un exemple de schéma complet est fourni sur la figure 2.
Tableau 1 – Lettres pour le schéma TI
Première lettre Les suivantes
Grandeur réglée Lettre Fonction Lettre
Pression P Indicateur I
Température T Transmetteur T
Niveau L Enregistreur R
Débit F Régulateur C
Analyse A Capteur E

Figure 2 – Schéma TI - Représentions de l’instrumentation


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3. Capteur :
Lorsque l’on souhaite traduire une grandeur physique en une autre grandeur, on fait appel à un
capteur. Son rôle est de donner une image interprétable d’un phénomène physique afin de
l’intégrer dans un processus plus vaste.
Un capteur transforme une grandeur physique en une grandeur normée, généralement électrique,
qui peut être interprétée par un dispositif de contrôle commande.
Energie
Électrique

Grandeur physique Capteur idéal Signal électrique


Loi physique
T,P,m, Analogique
…………… Logique(TOR)
Numérique
Figure 3 : Principe d’un capteur
Définitions :
 Mesurande (stimulus) : C’est la grandeur physique que l’on souhaite connaitre.
 Capteur : Un capteur est un organe de prélèvement d'information qui élabore à partir d'une
grandeur physique(le mesurande), une autre grandeur physique de nature différente (très souvent
électrique). Cette grandeur représentative de la grandeur prélevée est utilisable à des fins de
mesure ou de commande.
 Instrument de mesure : ce n’est autre qu’un capteur auquel on a associé un dispositif
d’affichage pour affiche la valeur de la mesure.
Généralement, on obtient une grandeur de sortie de type électrique.
Elle peut être :
- Une charge,
- Une tension,
- Un courant,
- Une impédance(R, L, C).

4. Fonction de transfert (caractéristique entrée sortie)


Notre analyse consiste à considérer un capteur comme une boite noir, pour s’intéresser
seulement à la relation entre le signal électrique de sortie et le stimulus d’entrée.
Si un capteur est idéalement conçu, c'est-à-dire fabriqué avec un matériel idéal, dans un
environnement idéal, utilisant des outils idéaux, alors la mesure à l’aide de ce capteur fournira
la vraie valeur du stimulus.
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La relation entrée sortie d’un tel capteur peut être exprimée : sous la forme d’un tableau de
valeurs, un graphe, une formule mathématique, solution d’une équation différentielle,
Si la relation entré sortie est invariante dans le temps celle ci est appelé fonction de transfert.
La fonction de transfert représente la relation entre le stimulus (mesurande) m et la réponse
électrique (mesure) s produit par le capteur.

Cette relation peut s’écrire : s=f ( m )


Pour obtenir le (mesurande) stimulus il faut inverser la fonction de transfert, c'est-à-dire
connaissant le s en déduire le mesurande m .
Mathématiquement ceci est obtenu en inversant la fonction de transfert donné par l’expression
−1
de m=f (S ) .
La valeur de s qui est connue pendant la mesure n’est qu’un nombre (tension, courant, un
comptage binaire, etc …).
Une tache importante est d’obtenir le code du capteur pour déduire la valeur du mesurande
m à partir de la valeur de la mesure de s .
s=f(m) m=f-1(s)
1 1.6

0.9
1.4

0.8
1.2
0.7

1
0.6
Tem perature
Tension

0.5 0.8

0.4
0.6

0.3
0.4
0.2

0.2
0.1

0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Temperature Tension

Figure 4 : Fonction de transfert et son inverse


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4.1 Modèle mathématique:


Pour obtenir le modèle mathématique d’un capteur il faut faire appel aux lois de la physique.
De telles lois permettent de modéliser le capteur par une formule mathématique permettant
ainsi d’obtenir l’inverse de la fonction de transfert du capteur.
Exemple : Mesure de déplacement à l’aide d’un potentiomètre
E  : est une tension de référence
D  : est le déplacement maximum
R max  : est la résistance maximal

On suppose que la résistance suit une loi linéaire :


R= a⋅d +b

R max
a=
Avec : b=0 et D
E
R= ⋅d
Puisque pour d=D on a : D
R max
R= ⋅d
Donc : D
On appliquant la loi du diviseur de tension on obtient :
R max
⋅d
D
v= ⋅E
R max
E
v = ⋅d
On simplifiant on obtient : D
Puis on inversant on aura :
v
d= ⋅D
E (1)

Figure 5 : Potentiomètre comme capteur de position


A partir de cette fonction on peut déduire le déplacement d à partir de la mesure de tension
v .
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En pratique une formule aussi simple (relation linéaire) n’existe pas, spécialement pour les
capteurs complexes, ainsi nous avons besoin de procéder à des approximations pour la fonction
de transfert direct et inverse.
4.2 Approximation fonctionnelles :
Une approximation fonctionnelle est une méthode de détermination et d’ajustement d’une
fonction à partir de valeurs observées.
Elle doit être aussi simple que possible pour la facilité de calcul et d’inversion.
Considérons les plus célèbres fonctions utilisées pour l’approximation des fonctions de transfert.
 Fonction de transfert linéaire:
s= A+ B⋅m (2)
Correspondant à une ligne droite d’ordonnée à l’origine A et de pente B , souvent appelée
sensibilité.
La sortie s du capteur étant un signal électrique pouvant avoir plusieurs formes :
Une amplitude, une phase, une fréquence, un signal PWM ou un code binaire, dépendant des
propriétés du capteur, du signal de conditionnement, du circuit d’interface.
Notant que la fonction de transfert passe par la valeur zéro du stimulus (le point de la courbe
correspondant à un stimulus s=0 ).
Dans la plupart des cas il n’est pas possible d’avoir une fonction de transfert passant par ce

point, il est donc nécessaire de référencer le capteur à une valeur


m0 .

Si la réponse du capteur
s 0 est connue pour cette entrée de référence m0 (après étalonnage
par exemple) alors la fonction de transfert s’écrit :
s=s 0 + B⋅( m−m 0 )
(2.a)
Très peu de capteurs possèdent une fonction de transfert linéaire. Pour une utilisation de capteur
pour une grande plage de variation du stimulus la fonction de transfert n’est plus linéaire.
 Fonction logarithmique et sa fonction inverse:

s= A+B⋅Ln ( m ) (3)
S− A
B
m=e
 Fonction exponentiel et son inverse:
km
s= Ae (4)
1 s
m= ⋅Ln
k A ( )
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 Fonction puissance et son inverse:


k
s= A+ B⋅m (5)

s− A
m=

k
B
Ou A, B sont des paramètres et k le facteur de puissance.
Exemple :

1 1
Sonde de température type thermistance :
R ( T )=R 0⋅exp B
( T − T ))
( 0

4.3 Approximations polynomial


Un capteur peut avoir une fonction de transfert qui ne correspond à aucun cas cité
précédemment.
Une technique largement utilise pour la modélisation est l’approximation polynomial.
La fonction est approximé par une série de puissance.
Par exemple:

s= A⋅e km
k2 2 k3 3
(
s≈ A⋅ 1+ km+
2!
⋅m + ⋅m
3! ) (6)
Dans la plupart des cas il suffisant d’utiliser une approximation polynomiale du 2eme ou 3eme
dégrée qui s’exprime comme:
2
s=a2⋅m + b2⋅m+ c 2
3 2
s=a3⋅m +b3⋅m +c 3⋅m+d 3 (7)
L’approximation polynomial quadratique (2eme ordre) est un cas spécial du 3eme ordre tout
comme l’approximation polynomial du 1er ordre (linéaire) est un cas spécial du 2eme ordre

pour :
a2,3 =b 3=0 .
Fonction de transfert inverse.
2
m= A2⋅s + B2⋅s +C 2
3 2
m= A3⋅s + B3⋅s + C 3⋅s + D 3 (8)
Les coefficients A, B, et C peuvent être obtenues à partir des coefficients a, b, et c, mais la
conversion analytique est très complexe.
Si une précision est exigée alors il est nécessaire d’approximer avec un polynôme d’ordre le
1

plus élevé possible.


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Exemple :

Sonde de température type PT100: R ( T )=100⋅( 1+3 . 9083T +5 .775×10−2 T 2 )

5. Caractéristiques métrologiques des capteurs:


Les caractéristiques métrologiques du capteur peuvent être obtenues on donnant la fonction de
transfert du capteur (caractéristique entré sortie) ; pratiquement cette caractéristique présente
quelque variation due à des paramètres externes aux capteurs.
Cette courbe ne donne aucune information concernant les caractéristiques dynamiques du
capteur
5.1 Etendu de mesure
C’est la différence entre le plus petit signal détecté et le plus grand perceptible sans risque de
destruction pour le capteur.
Elle définit la zone dans laquelle les caractéristiques du capteur sont assurées par rapport aux
spécifications données. On peut classer cette zone en trois familles.
Zone nominale d’emploi :
Zone dans laquelle le mesurande peut évoluer sans modification des caractéristiques du capteur.
Zone de non détérioration :
Valeurs limites des grandeurs influençant le capteur (Mesurande, température environnante,
etc…)
Zone de non destruction :
Elle définit les limites garantissant la non destruction du capteur, mais dans laquelle il peut y
avoir modification permanentés
5.2 Sensibilité
Dans le modèle linéaire de la fonction de transfert le coefficient B est appelé sensibilité.
Pour une fonction de transfert non linéaire la courbe de la fonction de transfert fait apparaitre
différentes sensibilité en différent points de la courbe (donc du stimulus)
Dans ce cas la sensibilité est définit par :
ds Δs
bi ( m )= ( ) = i
dm ( m=mi ) Δmi (9)

Ou
Δmi est un petit incrément du stimulus d’entrée et Δsi est le changement
correspondant du signal de sortie.
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5.3 Précision:
La précision est la capacité du capteur (de l’instrument) à donner un résultat proche de la
valeur vraie de la quantité à mesurer.
L’incertitude sur chaque résultat de mesure M doit être quantifiée par une estimation
de l’erreur possible
La précision est déterminée en comparant une lecture (valeur lue) à une valeur standard connue
(étalon par exemple).
Donc la précision d’un instrument ou d’un dispositif est la différence entre une valeur indiquée
et la valeur réelle.
Définitions :
La mesure de la précision est donnée par deux paramètres :
L’erreur absolue :
e A=|x mesuré −x vraie| (10)
L’erreur relative :
eA
e R=
x vraie (11)
Remarque : la précision dépend de la fonction de transfert du capteur (Linéarité, décalage
(offset), hystérésis, sensibilité) (Erreurs système).
Les erreurs systématiques peuvent être corrigées par des méthodes de compensation (système à
retour, filtrage)
Exemple1 :
Un capteur de pression a une précision de ±2. 2 % de la lecture et une fonction de transfert de
sensibilité S=27 mV / kPa . Si le signal de sortie du capteur est de 231 mV  , dans quel plage
de valeurs sera la lecture de la pression ?
v v
S= p=
On détermine d’abord la valeur vraie de la pression : On a : p donc : S
231
p= kPa=8 .5 kPa
La valeur réelle de la pression est : 27
La pente de la droite caractéristique de la fonction de transfert est donc altérée :
231
p= kPa±2 %
La plage de pression est : 27
p=8. 5kPa±2 %
p=8. 5kPa±0.17 kPa
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p=8.33kPa à 8.67kPa
Plage de valeurs

Figure 6 : Plage de valeurs de la pression


Exemple 2 :
Dans un système de mesure de température, la sensibilité du capteur est de 3 .2 mV / k±2 . 1%
et celle du transmetteur est de ±1. 7 %   , quelle est la précision du système ?

Pr ecision du système=±√ ( 0. 021 )2+ ( 0 . 017 )2 =±2 .7 %


5.4 Linéarité :
Pour déterminer la linéarité il faut délimiter une zone dans la quelle la sensibilité du capteur est
indépendante de la valeur du mesurande.
Cette zone peut être définit à partir d’une droite obtenue comme approchant au mieux la
caractéristique réelle du capteur (méthode des moindres carré).
On définit à partir de cette droite l’écart de linéarité qui exprime l’écart maximal entre la
courbe réelle et la droite approchant la courbe.
La figure 7 montre la courbe de linéarité d’un capteur de débit, qui est le signal de sortie en volt
en fonction du débit. La courbe est comparée à une ligne droite.
La déviation idéale est de 4 cm/min, ce qui donne ainsi une linéarité de ±4% du FSD (valeur
maximale).
Le résultat de calcul de précision est exprimé comme une déviation par rapport à une valeur
intermédiaire, et donc spécifié par un pourcentage de la lecture, de la pleine échelle (span) ou
de la valeur maximale (FSD).
ecart max (entré )
NonLinearité ( % )= ×100
pleine echelle(entré ) (12)
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Figure 7 : Courbe de linéarité d’un capteur comparé à une droite


Analyse mathématique de la linéarité :
Pour introduire mathématiquement la notion de non linéarité considérons la fonction de transfert
2 3
d’un capteur s= Am+b2 m +b 3 m +¿⋅¿⋅¿⋅¿ ¿

On a pris un offset nulle juste pour s’intéresser qu’à la courbure de la fonction de transfert

Donc : s= Am+g ( m )

Ou la fonction   g ( m) décrit de combien la réponse du capteur dépend de sa forme linéaire.


La non linéarité est couramment exprimé comme une unité relative, c’est-à-dire un pourcentage
de la pleine échelle de lecture.

Comme la fonction   g ( m) est une quantité variable la non linéarité est proportionnelle à

|g ( m )|
Ainsi on peut définir la non linéarité local comme étant la quantité :
|g ( m )|
δ ( m )= m∈ [ mmin , mmax ]
Am avec

Il est plus commode de comparer le maximum de |g ( m )| à la plage du capteur :


max [|g ( m )|]
δ=
A⋅( m max −m min ) m∈ [ mmin , mmax ]
avec
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5.5 Hystérésis :
La réversibilité caractérise l’aptitude d’un capteur à fournir la même indication lorsqu’on atteint
une même valeur de la grandeur mesurée par variation croissante et continue ou par variation
décroissante et continue de la grandeur. En cas de différences, on parle d’erreur d’hystérésis,
qu’on exprime aussi en pourcentage de l’étendue de mesure.
5.6 Résolution :
Elle correspond à la plus petite variation du mesurande que le capteur est susceptible de déceler.
Ou bien plus petite valeur que le capteur est en mesure d’identifier ; la résolution est dépendante
du niveau de bruit.

6. Caractéristiques dynamiques :
C'est l'aptitude d'un instrument à suivre les variations de la grandeur à mesurer.
La chaine d’acquisition est rapide quand elle est à même de suivre les évolutions de la grandeur
d’entrée, pour tenir compte de cette propriété on utilise la notion de système d’ordre n.

Capteur

Figure 8: Relation entrée sortie


6.1 Système du premier ordre.
On appelle système du premier ordre un système régit par l’équation différentielle :
ds (t )
τ⋅ + s ( t )=K⋅m ( t )
dt (13)
Avec K le gain statique et τ la constante de temps.
Une équation différentielle du premier ordre décrit un capteur incorporant un composant de stockage
d’énergie.
La constante de temps est une mesure du temps de réponse d’un instrument (capteur).
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Par exemple la température d’un instrument de mesure ne peut pas changer instantanément due
à la masse thermique du capteur ;
La loi de réponse du capteur due à un échelon est une loi exponentielle :
t

[
A ( t ) =K⋅ Ai + ( A f −A i )⋅ 1−e( −
τ )] (14)

Ou A (t ) est l’amplitude à l’instant t ,


A i est l’amplitude initiale, A f est l’amplitude,
et τ la constante de temps du capteur.

Figure 9 : Réponse indicielle d’un système du 1er ordre


Dans la pratique, il est important de connaître le temps nécessaire pour que la grandeur de sortie
soit à x% près de la valeur d'équilibre, qui est celle de la valeur correcte du mesurande.

Ce temps est qualifié de temps de réponse à x% près. Il est une caractéristique qui s’applique à
tous les instruments, indépendamment de toute correspondance avec une équation.

Par exemple le temps de réponse à 2% est  t R=4 τ .

6.2 Système du deuxième ordre


On appelle système du premier ordre un système régit par l’équation différentielle :
d2 s (t ) ds ( t )
2
+2 ξω 0⋅ + ω 2 s ( t ) =K⋅m ( t )
dt dt 0
(15)

ξ  : Le rapport d’amortissement
ω0  : Fréquence propre
K : Gain statique
Un système de second ordre est spécifique à un capteur dont la réponse est un signal périodique, ce
signal périodique peut durer un bref instant et on dira que la réponse est amortie.

Pour : 0≤ξ≤1  (pôles conjugués complexes à partie réelle négative)

La réponse indicielle (signal d’entré en échelon) est donné par :


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ωn
s d ( t ) =K⋅ 1−
[ ωd
⋅exp (−α⋅t )⋅sin ( ω d⋅t + φ )
] (16)
Avec :

α=ξ⋅ω 0 : Coefficient d’amortissement 

1
2
ω d =ω 0⋅√( 1−ξ ) : Pulsation propre amortie, τ=
α  : la constante de temps

π⋅ξ
et D  : le dépassement avec :
D=exp −
(√ )1−ξ 2

Step Response
1.4

1.2

1
A m p lit u d e

0.8

0.6

0.4

0.2

0
0 1 2 3 4 5 6
Time (sec)

Figure 10 : Réponse indicielle d’un système du 2eme ordre

7. Chaine de mesure :
Pour obtenir une image d’une grandeur physique, on fait appel à une chaine de mesure qui
fait intervenir plusieurs phénomènes différents. Par exemple la mesure d’un débit peut se
faire en plusieurs étapes :
 Transformation d’un débit en une pression différentielle.
 Transformation de la pression différentielle en la déformation mécanique d’une
membrane,
 Transformation de la déformation mécanique en une grandeur électrique (à l’aide
d’un piézo-électrique) via un circuit électronique associé.
L’ensemble de ces étapes constitue la chaine de mesure.
Mesurande Mesurande Grandeur Signal
primaire Secondaire électrique électrique
1

Corps d’épreuve Capteur Conditionneur


1 /3

Intermédiaire
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Figure 13 : Constitution d’une chaine de mesure

Exemple  :

Figure 14 : Principe d’une jauge de contrainte

ΔL ΔR
Une traction F occasionne un allongement L qui est mesurable par la variation R
de résistance de la jauge.
ΔL 1 F
= ⋅
L’équation du corps d’épreuve qui lie la traction à la déformation : L E A ou E est le
module de Young (exprimé en Pa ).
ΔR ΔL
=K⋅
L’équation du capteur qui lie la déformation à la variation de la résistance est  : R L
Ou K est le facteur de jauge.
ΔR K ΔF
= ⋅
On en déduit la relation qui lie la traction à la variation de résistance : R E F
En générale la sortie d’une chaine de mesure est une grandeur électrique, si la chaine de mesure
fait intervenir plusieurs transducteurs, on appelle corps d’épreuve celui qui est en contact direct
avec le mesurande.
Le dernier transducteur est associé à un conditionneur qui fournit la grandeur électrique de
sortie de manière exploitable, le conditionneur est un élément important de la chaine de mesure
car il détermine la nature finale du signal électrique et va influencer les performances de la
mesure.
Chaine de mesure industrielle (capteur analogique)
C’est l’ensemble des traitements du signal issu du capteur qui va permettre l’interprétation
ou l’affichage correct du mesurande.

Procédé Affichage
Et Capteur Conditionneur Amplificateur Transmetteur
variable de signal Instrumentation 4-20mA
1

à Traitement
1 /3

mesurer
2

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Figure 15 : Chaine de mesure

Transmetteur
Le transmetteur est un dispositif qui convertit le signal de sortie du capteur en un signal de
mesure standardisé. Il fait le lien entre le capteur et le système de contrôle et de commande.
Ces principales fonctions sont :
- l ‘alimentation du capteur
- linéarisation du signal
- décalage du zéro
- mise à l’échelle (amplification)
Le transmetteur prend un signal du capteur, et l’adapte en sortie sur une échelle bien précise.
La sortie d’un transmetteur est habituellement linéaire et à plage finie.
Exemple : permets de prendre une lecture de 0 C à 100 C et de l’exprimer en un
courant 4-20mA.
Signaux standards (Capteurs transmetteurs)
Tension Courant Pression
▫ 0 à 5 V; ▫ 0 à 20 mA; ▫ 3 à 15 psig;
▫ 0 à 10 V; ▫ 4 à 20 mA; ▫ 20 à 100 kPa.
▫ ±10 V; ▫ -20 à + 20 mA;

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8. Les erreurs de mesure

La réalisation d’un mesurage consiste à comparer la grandeur à mesurer avec une grandeur de
référence. Dans le cas des capteurs, cette comparaison est effectuée par le capteur et
éventuellement le conditionneur qui permet de le mettre en œuvre.

Cette comparaison comporte des incertitudes dues aux grandeurs d’influence, à un mauvais
étalonnage de la référence, en somme un ensemble de dégradation de l’information par le
capteur et la chaîne de mesure. Il n’est donc pas possible d’accéder à la valeur vraie d’un
mesurande à part ceux des étalons puisqu’ils sont considérés comme parfaitement connus par
convention.

La différence entre la vraie valeur et la valeur délivrée par la chaîne de mesure constitue une
erreur. Par nature cette erreur est une inconnue, sa grandeur ne peut être estimée. Ainsi un
mesurande n’est connu que dans un intervalle d’incertitude.

8. Les erreurs systématiques : Ce sont des erreurs reproductibles reliées à leur cause par
une loi physique, donc susceptible d'être éliminées par des corrections convenables.
9. Les erreurs aléatoires : Ce sont des erreurs, non reproductibles, qui obéissent à des
lois statistiques.
10. Les erreurs accidentelles : Elles résultent d'une fausse manœuvre, d'un mauvais emploi
ou de dysfonctionnement de l'appareil. Elles ne sont généralement pas prises en
compte dans la détermination de la mesure.
8.1 Les types d'erreurs classiques

Dans la pratique, les capteurs ne sont pas idéaux et des écarts existent qui conduisent à des
erreurs systématiques. Parmi ces erreurs, qui sont généralement analysées sur l’ensemble de
la chaîne de mesure mais qui peuvent également être analysées au niveau du capteur ou du
transducteur lui-même, les quatre principales sont :

1. l’erreur d’offset :

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C'est une erreur qui ne dépend pas de la valeur de la grandeur mesurée

Dans ce cas, l’offset est décalé et vaut


s 0 ' au lieu de s 0 .

La valeur théorique attendue s pour une valeur m du mesurande est remplacée par une

valeur s 1 ' telle que la différence s 1 '−s 1 constante sur l’étendue de mesure et égale à

l’erreur d’offset ;

Erreur d’offset Réponse mesuré (dérive)

Réponse vraie

Décalage d’offset

Figure 11: Erreur de décalage

2. L'erreur de sensibilité (gain)

C'est une erreur qui dépend de façon linéaire de la valeur de la grandeur mesurée.

Dans ce cas, la sensibilité (ou pente) S E est incorrecte et vaut S M au lieu de S E .

La valeur théorique attendue s 1 pour une valeur du mesurande m1 du mesurande est

s1'
remplacée par une valeur s 1 ' telle que le rapport s1 est égal au rapport des pentes
(gain)

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SM
SE .

Réponse mesuré (dérive)

Erreur de sensibilité

Réponse vraie

Figure 12 : Erreur de sensibilité (ou de gain)

8.2 Propagation de l’erreur

L’erreur limite (Limiting Error (LE)) est un paramètre important utilisé pour spécifier la
précision d’un instrument de mesure.

C’est un paramètre permettant d’estimer la limite du cas le plus défavorable. 

Par exemple certains voltmètre spécifient que la précision de l’appareil est de 2% de la


pleine échelle.

Si l’échelle 100 est utilisée et si la mesure est 75V alors l’erreur limite de cette lecture

2
×100=2.67 %
est 75 .

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Dans la plupart des cas comme par exemple la détermination de la valeur de la résistance par
un pont de Wheatstone pour lequel la quantité à mesurer est donné par une formule ou
interviennent plusieurs paramètres du système chacun ayant une précision spécifique.

Dans ce cas on doit trouver une formule pour la détermination de l’erreur limite.

Si la quantité à mesurer est une fonction de N variables c'est-à-dire :

Q=f ( X 1 , X 2 ,. . .. . , X N , )
(17)

Et supposant que chaque variable


Xi introduit une erreur
ΔX i alors l’erreur sur
la quantité à mesurer devient bruité et est donné par :

^ ( X ±ΔX , X ±ΔX ,. .. . . , X ±ΔX )


Q=f 1 1 2 2 N N
(18)

Q^ peut être développé en série de Taylor pour N variables et pour une variable on a:

2 n−1
df ΔX d 2 f ( ΔX ) d n−1 f ( ΔX )
f ( X ±ΔX )=f ( X )+ ⋅ + 2⋅ +. .. . .. .. . .. .++ n−1⋅ + Rn
dX 1 ! dX 2! dX ( n−1 ) !
(19)

Et ainsi pour N variables on a :

∂f ∂f ∂f
^
Q=f
{
( X 1 , X 2 ,. . .. . , X N ) + ∂ X ⋅ΔX 1 + ∂ X ⋅ΔX 2 +.. .. . .. .. .+ ∂ X ⋅ΔX N
1 2 N
}
1 ∂2 f 2
2 ∂ f ∂2 f
{ ⋅ ΔX +
2 ! ∂ X 2 ( 1) ∂ X 2 ( 2)
+ ⋅
1
2
⋅ ΔX +. .. .. . .. ..+
2
∂X
N
2 }
⋅( ΔX N )2 +

1 ∂3 f ∂3 f ∂3 f
+ ⋅
{
3! ∂ X 3
⋅( ΔX 1 )3 +
1
∂X 3
⋅( ΔX 2 )3 +.. .. . .. .. .+
2
∂ X 3 ( N)
N
}
⋅ ΔX 3 +. . .. .. . .. .. . .. .
(20)

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Les termes de dérivées de second et de plus haut dégrée peuvent être négligée.

Ainsi l’erreur maximum est donnée par :

N
^ ∑ | ∂ f ⋅ΔX |
ΔQ MAX =|Q−Q|= j
j=1 ∂ X j (21)

Par exemple on veut calculer l’erreur maximum pour la mesure de puissance dissipé par une
2
résistance: P=R⋅I

2
Ainsi: ΔP MAX =2 IR ΔI + I ΔR

ΔP MAX ΔI ΔR
=2⋅| |+| |
Et: P I R

Donc si le LE en R est 0.1%, pour 0–10 A Ampèremètre avec une précision de 1% de la


pleine échelle ,pour une résistance de 100 Ω avec une mesure de 8A et une puissance
nominale dissipé de 6,400 W alors l’erreur limite dans la mesure de la puissance est :

ΔP MAX 0. 1
=2⋅ + 0. 001=0. 026 ou 6%
P 8
9. Classification des capteurs :

On classe les capteurs en deux catégories en fonction de la caractéristique électrique de la


grandeur de sortie.
9.1 Capteurs passifs :

Le capteur se comporte comme un dipôle passif qui peut être résistif inductive ou capacitif.

Le tableau ci-dessous résume, en fonction du mesurande les effets physiques utilisés pour
réaliser la mesure.

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Mesurande Effet utilisé Matériaux


Température Résistivité Platine, nickel, cuivre, semi-conducteurs
Très basse température Constante diélectrique Verre
Flux optique Résistivité Alliage nickel
Déformation Perméabilité Alliages ferromagnétiques
Position Résistivité Magnétorésistances,
Bismuth, antimoine d’indium
Humidité Résistivité Chlorure de lithium
9.2 Capteurs actifs:

Dans ce cas la sortie du capteur est équivalente à un générateur, c’est un dipôle actif qui peut
être de type source de courant, source de tension ou générateur de charges.

Les principes physiques mise en jeu sont présentés ci-dessous.


Mesurande Effet utilisé Grandeur de sortie
Température Thermoélectricité Tension
(thermocouple)
Flux optique Photoémission Courant
Pyroélectricité Charge
Force, pression, Piézoélectricité Charge
accélération.
Position Effet Hall Tension
Vitesse Induction Tension

Effets utilisées :

Thermoélectricité :

C’est le principe de tout thermocouple, c’est un dispositif constitué de deux conducteurs de

nature chimique différentes et si les jonctions sont à des températures différentes


T 1 et T 2 .

Alors il apparait aux bornes de ce circuit une tension (force électromotrice) liée à la

différence de température ( T 1−T 2 )  .

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Jonction de reference

CJ
Metal A
+
+6.32
0.00
100.00 mV
Jonction de mesure f-e-m
-
Metal B

Figure 15 : Principe d’un thermocouple

Pyroélectricité:

Les cristaux pyroélectrique ont une polarisation électrique spontanée qui dépend de leur
température.

Ainsi en absorbant un flux de rayonnement, le cristal pyroélectrique s’échauffe ce qui entraine


une modification de sa polarisation entrainant une variation de la tension détectable.

Figure 16 : Utilisation de la pyroélectricité

Piézo-électrique :

L'application d'une contrainte mécanique à certains matériaux dits piézo-électriques (le quartz
par exemple) entraîne l'apparition d'une déformation et d'une même charge électrique de signe
sur les faces opposées.

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Figure 17 : Mesure d’une force

Effet d'induction électromagnétique :

La variation du flux d'induction magnétique dans un circuit électrique induit une tension
électrique (détection de passage d'un objet métallique).

Figure 18 : Mesure de vitesse de rotation

Effet photo-électrique :

La libération de charges électriques dans la matière sous l'influence d'un rayonnement


lumineux ou plus généralement d'une onde électromagnétique.

Figure 19 : Mesure de vitesse de rotation

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Effet Hall :

Un champ magnétique B et un courant électrique I créent dans le matériau une différence

de potentiel
UH .

Figure 20 : Mesure d’induction magnétique

Effet photovoltaïque :

Des électrons et des trous sont libérés au voisinage d'une jonction PN illuminée, leur
déplacement modifie la tension à ses bornes.

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

10. Conditionnement  des capteurs:

Le conditionnement de la mesure consiste à rendre exploitable la mesure issue du capteur.

L’association capteur conditionneur détermine le signal électrique et ses caractéristiques.

20 mA

Courant de sortie
Sortie capteur(s)

s Circuit de I
conditionnement

4mA

Min Mesurande Max Min Mesurande Max

Figure 21 : Conditionnement des capteurs

Exemple :

La sortie d’un capteur varie de façon linéaire de 0.3V à 0.8 V quand la variable du process
change à travers la plage de mesure

L’équipement dont le capteur doit être connecté exige une tension variant dans la plage 0 V à
5 V.

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

On peut effectuer le conditionnement du signal à travers deux étapes :

 Ajustement de l’offset (décalage)

Premièrement on doit procéder à un réglage de zéros on faisant une soustraction avec une
référence de tension de 0.3 V.

Capteur

+

Source -
0.3 V

Figure 17 : Etape 1

Ceci permet d’obtenir une tension variant dans la plage 0V à 0.5 V

 Ajustement de niveau (amplitude du signal) (réglage de l’échelle)

Pour arriver à une tension variant dans la plage 0 V à 5 V on procède à un changement

5−0
A=
d’échelle ceci par multiplication par un facteur 0 . 5−0 donc A=10 cette
opération s’appelle amplification et le facteur A=10 s’appelle le gain de l’amplificateur.
A

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Figure 18 : Etape 2


10.1 Conditionnement des capteurs actifs :

Le capteur se comporte comme une source

Capteur source de tension

Le capteur est modélisé par un générateur de Thevenin (une source de tension en série avec
une résistance), à la sortie du capteur on vient connecter une impédance correspondant à
l’impédance d’entrée du conditionneur.

Zs

Ze
Vth

Capteur Conditionneur

Figure 19 : Source de tension

On utilise des dispositifs à forte impédance d’entrée afin d’obtenir une tension de sortie du
conditionneur aussi proche que la tension de sortie capteur.

Capteur source de courant

Le capteur est modélisé par une source de courant en parallèle avec une résistance, à la sortie
du capteur on vient connecter une impédance correspondant.

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Ze
It Zs

Capteur Conditionneur

Figure 20 : Source de courant

10.2 Conditionnement des capteurs passifs :

Le capteur donne une image du mesurande par l’intermédiaire d’une impédance, on doit donc
associer au capteur une source de tension ou de courant et une résistance pour protéger le
capteur. 
10.2.1 Montage potentiométrique :

On utilise un simple diviseur de tension résistive alimenté par une source de tension continue,

l’impédance interne de la source


RS et l’impédance de l’appareil de mesure R E doivent
être prise en compte.

R1
RS

Apareil de mesure
V RE
RC

Figure 21 : Diviseur de tension

RC RC
V AB = ⋅V V m= ⋅V
RC +R1 Donc : RC +R1

La relation qui lie


V m à RC n’est pas linéaire, la sensibilité du montage n’est pas
constante ;

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Pour les petites variations de


RC autour de RC 0 (on fixe un point de repos RC =RC 0 ) on
a :

dV m R1 R1
=
dRC ( R C 0 + R1 )2
⋅V
Ou bien :
dV m=
(( RC 0 + R 1 )2 )
⋅V ⋅dRC
.

dV m V
=
Pour
R1 =RC 0 la sensibilité est maximum et on a : dRC 4 R1

10.2.2 Montage en pont (pont de Wheatstone):

L’inconvénient d’un montage potentiométrique (diviseur de tension) est que la tension de


sortie du conditionneur présente un décalage (offset ou encore une composante continue).

En effet considérons un capteur résistive


RC variant de façon linéaire par rapport à la

résistance de repos
R0 c'est-à-dire RC =R0⋅( 1+kx ) ou x est la grandeur à mesurer

RC
V m= ⋅V
avec x variant de [ 0→ x MAX ] on a: RC + R 1

R 0⋅(1+ kx )
V m= ⋅V
Donc : R0⋅( 1+ kx ) + R1

L’expression de V m=f ( x ) n’est pas linéaire.

De plus pour x=0 on a:


V m=V 0

R0
V 0= ⋅V
Avec : R 0 + R1 V 0 est la tension d’offset du diviseur résistive

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Le montage en pont permet d’obtenir une tension de sortie proportionnelle au mesurande


(linéaire) et sans composante continu.

R1 R2

E Vab
a b

RC R3

Figure 22 : Montage en pont de Wheatstone

Le signal de sortie est la différence de potentiel entre les points a et b

 Calcul de la tension
V m=U ab  :

RC
U ad = ⋅E
On a : R C+ R 1 diviseur de tension ;

R3
U bd = ⋅E
Et R 3 + R2 diviseur de tension

Avec :
U ab=U ad −U bd loi des mailles

RC R3

Donc :
U ab =E⋅
( −
R C + R1 R3 + R 2 )
RC R 2−R 3 R1
U ab =E⋅
(( R C + R 1 )⋅( R 3 + R2 ) )
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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

Si on veut une tension nulle en l’absence d’évolution du mesurande on doit imposer la

condition d’équilibre :
RC R 2=R3 R 1

RC R2 −R3 R 1

On a :
V m=E⋅
(( RC + R1 )⋅( R3 + R2 ) )
La relation qui lie
V m à RC n’est pas linéaire, la sensibilité du montage n’est pas

constante ; pour les petites variations de


RC atour de RC 0 (on fixe un point de repos

RC =RC 0 ) on a :

dV m R1
= ⋅E
dRC ( R C 0 + R1 )2

dV m E
=
Pour
R3 =R2 =R1 =RC 0 la sensibilité est maximum et on a : dRC 4 R1

Calcul de la tension variable : (régime dynamique)

R3 =R2 =R1 =RC 0 et RC =RC 0 + R ( x )


Pour

Ou x est le mesurande :

( RC 0 + R ( x ) ) RC 0

On a :
V m ( x )= E⋅
( −
( R C 0 + R ( x ) ) + R1 RC 0 + R C 0 )
( RC 0 + R ( x ) ) RC 0

On a :
V m ( x ) =E⋅
( −
( R C 0 + R ( x ) ) + R C 0 RC 0 + R C 0 )

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

( RC 0 + R ( x ) )
Et:
V m ( x )=E⋅
(( 2 RC 0 + R ( x ) )

1
2 )
2 ( RC 0 + R ( x ) ) − ( 2 R C 0 + R ( x ) )

Et:
V m ( x )= E⋅
( 2 ( 2 RC 0 + R ( x ) ) )
R(x)

Et:
V m ( x )=E⋅
( 2 ( 2 RC 0 + R ( x ) ) )
R(x)
Donc :
V m ( x )=E⋅
( 4 RC 0 +2 R ( x ) )
1 E

Enfin :
V m ( x )=
( ) ⋅
RC 0 1 4
+
R(x) 2

La tension est donc une fonction de la variable x qui est la grandeur à mesurer.

11. Etalonnage des capteurs :

Dans le cadre d’une bonne pratique métrologique, compte tenu des erreurs instrumentales, il
n’est pas envisageable d’utiliser un capteur sans avoir procédé au préalable à son étalonnage.

a. Etalonnage d’instruments de mesure (capteur industriel)

Il s’agi de vérifier que le capteur ne présente ni erreur d’offset ni erreur de sensibilité, ou


tout au moins que ces erreurs sont inférieures à des valeurs limites spécifiées par l’utilisateur ;
par la suite procéder au réglage du capteur pour ramener les erreurs initialement constatées à
des valeurs inférieures aux valeurs limites spécifiées par l’utilisateur.

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

b. Etalonnage de correction

Il s’agit d’établir une courbe ou une relation d’étalonnage permettant de corriger les valeurs
fournies par le capteur afin de déterminer les valeurs du mesurande avec une incertitude
connue inférieure à une valeur limite spécifiée par l’utilisateur.

Pour l’étalonnage de l’appareil on doit d’abord mesurer des quantités connues (étalon et
mesure) par la suite on doit établir un modèle d’erreur ; c’est-à-dire établir une équation
permettant de passer de la valeur mesuré à la valeur vraie.

Une courbe d’´etalonnage est propre à chaque appareil, elle permet de transformer la mesure
brute en mesure corrigée. Elle est obtenue en soumettant l’instrument à une valeur vraie de la
grandeur à mesurer, fournie par un appareil étalon, et en lisant avec précision la mesure brute
qu’il donne.

Exemple :

Soit un indicateur de pression ayant une étendue de mesure de 0 bars à 3 bars .

Pour une pression vraie de 930 mbar l'appareil indique 1 bar et pour une pression

vraie de 3070 mbar l'appareil indique 3 bar .

Si on ne considère que les erreurs de zéro et d'échelle (la relation entre s et m est
linéaire) c'est-à-dire la fonction de transfert de mesure et de l’étalon est linéaire;

a) représenter graphiquement la relation entre la mesure (signal) s et le mesurande m .

En déduire le rapport entre la sensibilité de mesure


S m et de l’étalon S e  ; c'est-à-

Sm
dire : S e

b) Donner la valeur de la pression vraie si la mesure est de 1.5 bar .

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Solution :

ea
e R=
Erreur absolue :
e A=|x mesur −x vraie| Erreur relatif : x vraie

a) La sensibilité peut être calculé pour les valeurs vraies (étalon) ainsi que pour les
valeurs réelles (mesuré : indiqué par l’appareil)

Figure 23 : Courbe d’étalonnage du capteur


Pour l’étalonnage de l’appareil on doit d’abord mesurer des quantités connues (étalon et mesure) par la
suite on doit établir un modelé d’erreur ; c’est-à-dire établir une équation permettant de passer de la
valeur mesuré à la valeur vraie
s2 −s1 s −s
S E= S M= 2 1
On a : p 2 E − p1 E Et p 2 M − p1 M

SM p 2 E − p1 E S M 3070−930
= = =1 . 07
Ainsi on a : SE p 2 M − p1 M qui donne : S E 3000−1000

b)
p3 M =1500 bar donner
p3 E=?
S M 3070−p 3 E
= =1 . 07
S E 3000−1500 donc :
p3 E=1465mbar

Le modèle d’erreur dans ce cas est donné par le rapport de sensibilité étalon et de mesure

c. Étalonnage de modèle (Détermination des paramètres de la fonction de transfert) :

Pratiquement il suffit d’avoir quelques échantillons du stimulus généré par une source de
référence (étalon).

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Métrologie et instrumentation Chapitre 1 : Métrologie industrielle

L’objectif de cet étalonnage est de trouver les paramètres inconnus de la fonction de transfert
de telle sorte qu’on puisse les utiliser durant le processus de mesure pour calculer la valeur du
stimulus dans la plage de mesure indiqué.

12. Régression linéaire par la méthode des moindres carrés ;


y=m . x +b
Cas:

Si la mesure du stimulus pendant l’étalonnage ne peut être effectué avec une grande précision,

Et le nombre minimum de mesures effectué ne peut offrir une précision suffisante alors on
utilise la méthode des moindres carrées ; pour la quelle plusieurs mesures sont effectuées

( mi , s i ) sur une large plage du stimulus.

Description de la méthode :

Soit un ensemble de N couples de données expérimentales ( xi , yi) pour


i=1,2,..........,N .

Un tracé des
yi en fonction des
xi indique une relation linéaire de la forme
y=m . x +b

Il existe plusieurs façons d'obtenir les valeurs de la pente m et de l'extrapolation à l’origine


b .

Une méthode à la fois reproductible et indépendante de l'observateur est la méthode des


moindres carrés, qui conduit à l'équation de la droite la plus proche de tous les points.

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Numériquement, on cherche m et b tels que la somme des carrés de la distance entre

chaque point expérimental


y i et la valeur de y calculée par l'équation de la droite

( m . x i +b ) :

∑ ( y i−m . x i−b )2
i est minimum.

Les inconnus sont ici m et b .

La somme des carrés est donc une fonction de deux variables.

Trouver le minimum de cette fonction, c'est déterminer les valeurs de m et b tels que:

∂ ∑ ( y i−m. xi −b ) 2 ∂ ∑ ( y i−m. xi −b ) 2
( ) =0 ( ) =0
( i
∂m ) et
( i
∂b )
La résolution simultanée des deux équations donne:

N . ∑ x i . y i −∑ x i . ∑ y i
i i i
m= 2
N . ∑ x 2−
i i (∑ x )
i
i

∑ y i −m. ∑ x i
i i
b=
et N

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13. Capteur intelligent


Avec le développement de la technologie LSI (large scale integration) et VLSI (very large
scale integration), les capteurs peuvent être intégrés aux circuits de traitement du signal sur la
même puce, pour réaliser l’ensemble des fonctions. On les appelle « capteurs intelligents ».
Il intègre :
- le capteur
- une conversion analogique numérique
- la chaîne de mesure et de traitement numérique du signal pilotée par un
microprocesseur
- une mémoire
- une interface de communication numérique standardisée avec un calculateur ou
ordinateur via un bus partagé entre plusieurs capteurs intelligents.
Ces capteurs intelligents peuvent ainsi, outre la prise du signal, assurer des fonctions
multiples :
 amélioration du rapport signal/bruit par adaptation d’impédance et amplification ;

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 prétraitement du signal, tel que compensation en température et en variation


d’alimentation, remise à zéro automatique, filtrage de signaux parasites, corrections de
non_linéarité ;
 traitement du signal, tel que codage et modulation des signaux de sortie, moyennage
redondance pour acquérir le même signal avec plusieurs capteurs, alarmes intégrées
pour signaler des défauts de fonctionnement des capteurs ;
 logique et décision ;

 réduction de consommation, par exemple en faisant travailler les capteurs en temps


partagé ;

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