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Bretagne, Pays de la Loire, Basse Normandie

Fonctionnement
de l’équipe municipale

Le guide de l’élu local


Conseils aux nouveaux élus, témoignages, documentation

Intercommunalité

Finances, urbanisme

Citoyenneté

Avec la participation de

En partenariat avec
l’Association Régionale
d’Information des
Collectivités territoriales
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immatriculée au Registre du commerce et des sociétés de Caen sous le numéro 478 834 930. Société de courtage d’assurance immatriculée au registre des
intermédiaires en assurance sous le n° 07 022 868.
* accès gratuit hors coût d’utilisation internet - FAI + coût facturé par l’opérateur télécom
GUIDE DE L’éLU LOCAL

Des conseils pour agir et construire


Tels des grimpeurs néophytes qui pro- lisé par Ouest-France avec le précieux
jettent de gravir différents sommets, les concours de l’Aric, Association de
nouveaux élus rêvent leur programme formation et d’information des élus. Pour se procurer le guide
et l’exercice du mandat qui débute. Cette association intervient en Bre- en version numérique
Pour faire face aux obstacles et aux im- tagne, c’est pourquoi, bien que diffusé
prévus, mais surtout, afin de découvrir gratuitement aux élus municipaux et Pour télécharger une version pdf de ce guide,
les satisfactions de ce parcours, nous communautaires dans les trois régions rendez-vous sur le site internet d’Ouest-France.
les invitons à lire et relire ce guide. de l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Accès direct par le lien suivant :
Il a été imaginé comme un passage Basse-Normandie), ce guide s’appuie www.ouest-france.fr/guide-des-elus-2014
de témoin entre élus expérimentés et essentiellement sur des exemples et
ceux de 2014. C’est pourquoi il repose des témoignages d’élus bretons. Auprès de l’Aric : www.aric.asso.fr
essentiellement sur des récits d’expé-
riences et des conseils. Une version numérique est égale-
Ce guide n'a pas la prétention d’être ment disponible sur les sites inter-
exhaustif. Il se veut une boîte à outils net de Ouest-France et de l'Aric (voir
pour vous aider à préciser votre feuille ci-contre).
de route et être source d'échanges Nous vous souhaitons beaucoup de Remerciements
entre élus. Son contenu pourra aussi réussite et d’épanouissement dans
susciter et enrichir des débats. l’exercice de votre mandat. Aux élus locaux qui ont accepté de témoigner et de transmettre
Comme pour sa première édition leur expérience.
en 2008, ce guide de l’élu été réa- L’équipe de rédaction
à l'Association régionale d'information des collectivités territoriales (Aric)
qui organise, en Bretagne, depuis plus de 40 ans, des formations
adaptées aux élus. Elle a mobilisé son réseau de maires, adjoints et
Editeur : société Ouest-France S.A. au capital de 300 000 euros. conseillers municipaux pour travailler sur ce guide.
Siège social : 10, rue du Breil, 35051 Rennes Cedex 9. www.aric.asso.fr - Tél 02 99 41 50 07
Tél. 02 99 32 60 00. Site : www.ouest-france.fr
Président directeur général, directeur de la publication : François Régis Hutin.
Directeur des suppléments et hors-séries : Stéphane Baranger.
Aux étudiants de l'Institut Politique de Rennes qui ont participé
Rédacteur en chef des suppléments et hors-séries : Philippe Cochereau. à la rédaction de ce guide.
Impression : SIGL – La Chevrolière (44)
Date de parution : avril 2014, tous droits réservés. Dépôt légal à parution. Dessins : éric Appéré
Publicité : Précom, 16, av. Henri-Fréville, 35081 Rennes Cedex 9 – 02 99 26 43 33 Photos de Une : Hugues Panon, Jean-Yves Desfoux,
Jérôme Fouquet, Fotolia

Sommaire
pages pages
LE FONCTIONNEMENT DE L’éQUIPE MUNICIPALE ACTIVITéS éCONOMIQUES ET SERVICES AU PUBLIC
6 à 13 30 à 34
Au lendemain des élections un état des lieux s’impose ! Les acteurs du développement économique
Se former est une priorité Réguler les implantations commerciales
Qui fait quoi entre élus et services ? La création de services en milieu rural est l’affaire de tous
Exercer son autorité ce n’est pas être autoritaire L’agriculture au cœur de l’économie locale
Action touristique : suivez le guide
pages
INTERCOMMUNALITéS
14 à 18 pages
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - éCOLE
L’intercommunalité, une vieille histoire 35 à 40
Les compétences intercommunales L’action sociale locale : qui fait quoi ?
L’intercommunalité est en évolution permanente Les communes agissent aussi pour l’insertion et l’emploi
La mutualisation, c’est quoi ? Faire confiance à la jeunesse ! … et accompagner le vieillissement
Qui peut aider les projets culturels ?
pages Les modes de gestion des équipements sportifs
FINANCES - MARCHéS PUBLICS
20 à 23
Les missions du personnel périscolaire
Les grands principes budgétaires
Budget : qui fait quoi et quand ?
Les marchés publics : principes et acteurs de la commande publique pages
ASSOCIATIONS - CITOYENNETé - COMMUNICATION
41 à 45

pages Bien vivre ensemble est une question de patience et de volonté


URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS
24 à 29 La concertation avec la population ça s’organise
PLU et PLUi : des outils au service du développement Attention à la gestion de fait !
Les outils de la maîtrise foncière Monter un plan de communication pour la commune
Qu’est-ce que le Programme local de l’habitat ? Travail collaboratif avec les outils numériques
Que peut faire une collectivité pour le développement durable ?
Conserver, adapter et valoriser son patrimoine page
GLOSSAIRE
Transports : qui tient le volant ? 46

3
GUIDE DE L’éLU LOCAL

Un mandat c’est long !


La dynamique de la victoire aux élec- quer réellement une décision. Heu-
tions peut entraîner une volonté de reusement, sur six ans, il est possible
changement immédiat et de prises de présenter un bilan de mandature
de décisions trop hâtives. Il appar- proche de ses ambitions.
tient aux nouveaux élus de prendre la
mesure des enjeux et d’accepter « de Pour l'élu en exercice, certains
perdre du temps » pour en gagner temps sont incompressibles :
deux fois plus ensuite.
Impliquer les citoyens
Du temps pour la décision collective - Celui de la participation des citoyens
Le partage de l’information, la concer- à l’élaboration des projets. La démo-
tation au sein du conseil sont des cratie participative est une demande
étapes nécessaires à la bonne mise forte exprimée lors de cette cam-
en œuvre du programme municipal pagne. Elle a été promise par la plu-
et communautaire. Avec le nouveau part des candidats. Il ne s’agit pas

Marc Ollivier
mode de scrutin, pour la plupart des de décevoir par rapport à cette pro-
communes au-dessus de 1 000 habi- messe, d’autant plus que les élec-
tants, la notion d’équipe a pris une teurs ont de la mémoire et utilisent
envergure supplémentaire. désormais de plus en plus les outils
numériques pour interpeller surtout tionnement doit conditionner la nature communautaire, en y associant les res-
La parité entraîne aussi de nouveaux la mairie. Autant les inviter au débat des investissements qui doivent durer. sources communales.
modes de gouvernance et il appar- plutôt qu’ils ne viennent le perturber. - La prospective comprend aussi des Déjà, dans les communautés de
tient à tous d'accepter le partage arbitrages et l'échelonnement des communes et d’agglomération, les
des décisions et aux femmes d'être La prospective avant d'agir projets au cours du mandat. Il doit conseillers devront faire preuve de
candidates à des missions occupées - L'analyse prospective sur les consé- y avoir une relative prudence sur les patience et de pédagogie pour faire
jusqu'alors par les hommes. D’ailleurs, quences financières de la mise en recettes des budgets locaux avec l’hy- coïncider les attentes communales
les femmes élues ont l’habitude de se œuvre des idées est essentielle. Il ne pothèse probable d’une accentuation avec le projet intercommunal. Source
former et les nouvelles détentrices de s’agit pas seulement de construire de des baisses des dotations d’état dans d’avancées dans le développement
délégations du maire ne manqueront nouveaux équipements, il faut aussi, les prochaines années. La participa- de ces espaces, la recherche du
pas d’utiliser ce droit pour prendre le en amont, prévoir les moyens de tion des collectivités à la réduction consensus a pour l’instant été la règle
temps de la réflexion et contribuer effi- les exploiter pour rendre un service du déficit public se traduit par des de gouvernance des communautés.
cacement aux débats locaux. public de qualité. Il s’agit donc de sources de financements extérieurs Il faut savoir, là aussi, « perdre du
réfléchir sur les plannings d’utilisation, plus rares et plus sélectifs. temps » pour convaincre.
Au cours du mandat il peut y avoir sur les coûts de maintenance, sur la D’ailleurs, après l’étape de la révision
un sentiment de lenteur du système gestion raisonnée des énergies pour Les négociations de la carte intercommunale, les élus
administratif du fait de la multiplicité déterminer les besoins en ressources avec l'intercommunalité doivent à nouveau se mettre autour
des acteurs et de l’importance des humaines, nécessaires à la réalisation Face à ces contraintes, les élus com- de la table pour faire le point sur le
accords réglementaires pour appli- des objectifs. De plus en plus, le fonc- munaux vont se retourner de plus partage de moyens déjà existants et
en plus vers leur communauté. La sur un schéma de mutualisation qui
nouvelle légitimité démocratique de fera l’objet d’un débat annuel au mo-
l’intercommunalité change la donne. ment des orientations budgétaires.
Dans les communautés de communes
Dans les nouvelles métropoles, issues Six années ne sont donc pas de trop
et d’agglomération, les conseillers devront de la loi du 27 janvier 2014, la question dans ces mécanismes de décisions
de la place de l’élu communal devient importantes qui engagent l’avenir.
faire preuve de patience et de pédagogie essentielle tant le niveau d’intégration C’est une durée nécessaire pour
communautaire sera accentué. Le défi construire le « vivre ensemble », pour
pour faire coïncider les attentes communales majeur de la réussite du « bloc com- expérimenter avant d’inscrire dans
avec le projet intercommunal. munal » (communes plus commu- le granit les destinées d’une popula-
nauté) sera de convenir des modalités tion. Il faut savoir donner du temps au
de codécision, de cogestion au niveau temps : un mandat, c’est long !

4
GUIDE DE L’ÉLU LOCAL

Un mandat : c’est court !


« Dès demain, on se met au tra-
vail ! » Tel est le leitmotiv des nou-
velles équipes issues de ce scrutin.
En effet, même s’il s’agit de ne pas
confondre vitesse et précipitation,
l’apprentissage du monde territorial
demande des démarches immé-
diates des nouveaux élus vis-à-vis :

Des agents dont il faut gagner la


confiance, au-delà de la légitimité dé-
mocratique et juridique. Le temps de
la campagne est parfois source d’in-
terrogations qu’il faut vite dissiper. Les
élus sont souvent désarmés face aux

Béatrice Le Grand
conflits avec leur administration. La
qualité de la gestion des ressources
humaines sera encore plus essen-
tielle pour la réussite de ce mandat et
il ne faut pas traîner en chemin dans
ce domaine. Les modalités de travail conseil. Parfois perçus comme des sidu lors des négociations intercom-
en commun avec le responsable des « censeurs », le préfet et le comptable munales. La prise en charge pro-
services (secrétaire de mairie, direc- public notamment, sont avant tout gressive de l’instruction des permis Une prise de contact
teur général) doivent être clairement des alliés pour préserver les élus des de construire, puis, probablement,
établies. risques contentieux et pour expliquer de l’élaboration directe ou associée permettra de faire
les marges de manœuvre. des documents prévisionnels d’ur- le point sur
Des organismes agréés pour la for- Une prise de contact permettra de banisme au niveau intercommunal
mation des élus. Il s’agit d’élaborer faire le point sur les dossiers en cours imposent un investissement des élus les dossiers en cours
un plan de formation par étapes, par et sur les projets, et d’établir des rela- communaux dans ce domaine.
spécialités, adapté à la demande et tions respectueuses. - Le bilan à mi-mandat pour faire le et sur les projets,
aux territoires, pour que tout au long point sur les avancées du programme, et d’établir des relations
du mandat les élus soient en veille au Vous pensiez prendre des vacances les réussites et les difficultés. Il s’agira
regard des évolutions permanentes. bien méritées après ces semaines aussi d’infléchir certaines priorités respectueuses.
de campagne électorale, vous allez pour faire face aux nouveaux enjeux
Des communes voisines pour parta- devoir programmer votre atterrissage qui auront émergé d’ici là.
ger les expériences et les réflexions. dans ce maquis local. Sinon, vous méthodes qui portent leurs fruits.
En cohérence avec le cadre commu- pourriez vous y perdre … Après l’enthousiasme de l’élection, … et puis, il faut accepter que certains
nautaire, des projets peuvent être me- il y a des risques de décrochage de grands choix sur les infrastructures,
nés avec des territoires voisins. Leur Il s’agira aussi de ne pas manquer certains élus municipaux. C’est un sur la maîtrise du foncier, dans le
proximité peut nécessiter des colla- certains rendez-vous : phénomène constaté lors des der- cadre du développement durable, dé-
borations à deux, trois ou plusieurs niers mandats avec parfois des dis- passent le cycle électoral de six ans.
communes dans des domaines de - La contractualisation avec les sensions amenant des démissions L’endurance est souvent une qualité
compétences qui n’ont pas été trans- conseils généraux et régionaux pour ou des retraits de délégation dans recherchée chez les élus !
férés à la communauté. Il s’agit donc défendre le cofinancement de cer- certaines équipes. D’autres n’arrivent
pour les équipes exécutives des com- tains projets communaux, éventuel- pas à trouver leur place où n’arrivent S’il ne faut pas s’essouffler trop vite,
munes voisines de se rencontrer afin lement dans le cadre de clause de plus à conjuguer vie privée-vie profes- maintenir la bonne cadence est un im-
de débattre des opportunités de mu- revoyure dans les contrats en cours. sionnelle et vie d’élu-e. pératif pour bien vivre ces six années
tualisation et de complémentarité. - La participation aux commissions Heureusement, la plupart des élus et espérer assumer ou faire assumer
de la communauté où s’élaborent les ressortent grandis de cette fonction. le bilan. Pour apprécier à nouveau le
Des services de l’état pour com- propositions concrètes. Les absents Partir du bon pied, éventuellement bonheur d’une élection, un mandat...
prendre leur rôle de contrôle et de ont toujours tort et il faudra être as- se rééquilibrer à mi-mandat sont des C’est court !

5
LE FONCTIONNEMENT DE L’ÉQUIPE MUNICIPALE Mise en route

Au lendemain des élections PAROLE D’ÉLU

un état des lieux s’impose !


Finances et budget tenir les engagements pris lors de la aider à faire le point sur l’organisation
Les nouvelles équipes doivent campagne électorale. Il doit être très des services et dégager des proposi-
connaître les marges de manœuvre fi- pratique, avec un rôle véritablement tions pour améliorer leur fonctionne-
nancières dont elles disposeront pour opérationnel. ment.
les six années à venir. Cela consiste,
en particulier, à comprendre l’évo- Le personnel Le patrimoine
lution prévisionnelle des dépenses Sur le plan des ressources humaines, Il est aussi pertinent de réaliser un état
et recettes ainsi que de l’état de la il est utile de consulter le bilan social des lieux de la voirie et des réseaux,
dette. L’audit de début de mandat, de la collectivité. Une réflexion sur la des bâtiments communaux, un bilan
non obligatoire, permet de dresser situation du personnel communal en énergétique et un point sur les opéra- Grégoire Le Blond,
un état des lieux de la situation, de interne ou en externe (avec l’aide du tions d’entretiens réalisées sur les six maire de Chantepie (35).
ses possibilités et de sa capacité à Centre de gestion par exemple) peut dernières années, etc.
Venant du privé, comment
vous êtes vous adapté au
monde des collectivités ?
Il faut identifier les bons inter-
locuteurs, afin de savoir sur
qui s’appuyer pour trouver les
réponses aux questions très
diverses qui se posent en dé-
but de mandat. Il faut d’abord
viser, à mon avis, le bon fonc-
tionnement de l’équipe muni-
cipale. Ensuite, j’ai découvert
le circuit de décision dans le
secteur public, et appris à res-
pecter le temps administratif,
celui de la préparation tech-
nique des dossiers et celui
du débat politique. Il faut faire
preuve de patience et adapter
son envie très forte de faire
avancer les choses à la réa-
lité. Mon autre découverte a
été de devenir le patron de
120 personnes. Nous avons
trouvé le bon fonctionnement
en retravaillant l’organisation
des services municipaux.

Les conseils de l’Aric

>> Démarrer ses nouvelles fonctions du bon pied > POUR ALLER PLUS
Passage de témoin entre anciens d’assurer la continuité du déroule- sur la conduite stratégique de l’action LOIN...
et nouveaux élus ment des missions. municipale et à formuler des proposi-
Chaque nouvelle élection apporte - Lors d’une alternance : faire primer tions concrètes.  Formations Aric
des changements dans l’équipe mu- l’intérêt général sur les différences po- - Formuler clairement les attentes : le - Être élu local
nicipale. Il est important de favoriser litiques pour permettre la continuité personnel possède des compétences - Pour démarrer efficacement son
l’intégration des nouveaux élus. du service public. techniques et relationnelles, mais il ne mandat (sur site) www.aric.asso.fr
- Un nouvel élu arrive dans une équipe peut deviner les attentes des élus si
déjà constituée : l’équipe a déjà ses Prise de contact avec les services : elles ne sont pas exprimées. ‡Les collectivités territoriales en
repères, sait où elle souhaite aller et Dès son élection, le maire devra - Définir les types de relations : elles France, éditions Gualino, 2013.
comment travailler. Ce n’est pas le cas s’adresser au personnel communal. seront formalisées par différents sup-
du nouvel élu qui découvre l’organisa- De cette démarche initiale dépend les ports écrits ou oraux (usage à faire
tion de la mairie, de nouveaux collè- bonnes relations élus/services, pour des mails, des notes administratives, ‡Vademecum des collectivités
gues et de nouvelles missions. la durée du mandat. les différents types de réunions orga- locales et territoriales, éditions Sefi/
- Favoriser l’intégration et la prise de nisées avec le personnel et les entre- Arnaud Franel 12° édition, 2013.
fonction : un échange d’au moins Quelques conseils pour préparer tiens individuels).
quelques heures entre l’ancien titu- cette intervention : Les délégations des adjoints seront ‡Le Mémento du maire
laire du mandat et son remplaçant est Fédérer l’équipe du personnel autour précisées ainsi que leurs relations nouvellement élu, édition
essentiel pour favoriser l’intégration et du projet municipal (rappeler les avec les services (adopter des lignes La documentation française,
la compréhension des missions et les objectifs essentiels du mandat - le de commandement claires). collection Guides pratiques
enjeux qui y sont associés. projet - les plans d’actions - la relation Une préparation de l’intervention téléchargeable sur :
- Pour les sortants : laisser un numéro avec la population et les usagers…) avec le directeur général des services www.collectivites-locales.gouv.fr/
de téléphone ou un mail quand on le maire peut aller jusqu’à inviter le ou le secrétaire de mairie s’avère files/memento_maire53b4.pdf
quitte une équipe municipale, permet personnel à contribuer à la réflexion indispensable.

6
Mise en route LE FONCTIONNEMENT DE L’éQUIPE MUNICIPALE

échanger sur le programme avec les services


La prise de fonction des élus consti- lectivité doivent bâtir, structurer et faire
tue une première étape importante partager les grandes orientations du
dans la présentation du programme programme à tous les agents.
du mandat et dans sa mise en œuvre
future. Pour cette raison, il est essentiel de
réfléchir, à ce stade, aux méthodes à
Alors que les fonctionnaires sont sou- utiliser. Il pourra s’agir par exemple de
vent des agents d’expérience, l’élu formaliser un mode d’organisation et
prend son poste, pour la première de relation entre les élus et les agents.
fois, dans un secteur d’intervention Il est conseillé de demander aux ser-
qu’il ne maîtrise pas nécessairement. vices de présenter l’organigramme et
le bilan d’activités du dernier mandat.
La prise de poste est donc importante
car elle marque le début de sa rela-
tion avec l’équipe administrative du
secteur, dont il a délégation. Les élus
et les cadres administratifs de la col-

La prise de poste est importante car elle marque le début

Fotolia
Les conseils de l’Aric de la relation entre l’élu et l’équipe administrative.

>> Se créer des réseaux


Dans le « maquis territorial », le nou- voisines : leur collaboration est indis-
vel élu aura à se repérer et établir pensable au bon déroulement des
des contacts auprès de nombreux projets. > POUR ALLER PLUS LOIN...
partenaires durant le mandat :
Différents établissements ‡L’élu municipal, éditeur Puits Fleuri,
Les représentants de l’État Les directeurs des écoles primaires collection « Le conseiller juridique pour tous », 2014.
Préfet, sous-préfet, représentants de et maternelles, les responsables des
l’État au niveau local, le comptable services d’incendie et de secours, les ‡Les discours de l’élu local,
public des comptes de la com- responsables des différents services Territorial éditions, 2013.
mune ; le commissaire de police ou implantés dans le département.
le commandant de gendarmerie, le ‡Les 101 questions que vous allez vous poser…
procureur de la République… Les organismes conseil et leurs réponses,
Ils sont légion : l’association dépar- éditeur Mairie-conseils Caisse des Dépôts, 2008.
Les élus des autres collectivités tementale des maires, le centre de
Les parlementaires, les élus du dé- gestion, l’Aric etc. autant de lieux de
partement et de la Région et les élus ressources, d’échanges à mobiliser. ‡50 réalisations de communes de moins
intercommunaux et des communes de 3500 habitants, éditeur Mairie-conseils Caisse
des Dépôts, 2008.

PAROLES D’ÉLUES

et une équipe d’élus soudée et J’avais aussi suivi plusieurs forma-


disponible. J’ai sollicité l’ancien tions avec l’Aric, ce qui m’a bien
maire sur certains dossiers. préparée. Nous avions bâti notre
Le niveau communautaire m’a programme politique en fonction
beaucoup appris : je notais ce de nos objectifs : refaire le PLU,
que je ne comprenais pas lors du développer l’offre culturelle, se
bureau des maires, puis posais doter d’un office de tourisme. Mais
des questions. Les services de à ma prise de fonction, la priorité
l’État, comme la Direction dépar- a changé car il fallait rapidement
tementale des territoires et de la construire un jardin d’enfants.
mer, ont aussi été de bons inter-
Valérie Poilâne-Tabart, locuteurs. Quand on réfléchit son pro-
maire de Laurenan (22). En début de mandat, on a craint Dominique Vanard, gramme, il faut veiller à avoir des
la suppression d’un poste à ancienne maire projets budgétairement rigoureux.
Comment assumer une fonc- l’école. La mobilisation qui a suivi de Saint-Gildas-de-Rhuys (56). Il ne faut pas vouloir tout transfor-
tion de maire quand on a été a été un moyen de gagner en cré- mer ou se lancer dans des projets
peu préparé ? dibilité et de communiquer rapi- Comment avez-vous élaboré pharaoniques.
Les responsabilités associatives dement aux habitants ma vision votre programme et préparé vos L’avis des habitants, que l’on a
que j’ai eues par le passé m’ont politique. nouvelles fonctions ? recueilli lors de réunions de quar-
aidée. J’ai pallié mon manque de Le fait d’avoir d’abord été conseil- tiers, nous a permis d’améliorer
connaissance de la commune lère municipale m’a aidée à notre programme.
grâce à une secrétaire de mairie connaître les dossiers.

7
LE FONCTIONNEMENT DE L’éQUIPE MUNICIPALE Comment s’informer ?

Se former est une priorité PAROLES D’ÉLUS

La formation est un droit individuel


de l’élu. C’est alors une dépense
obligatoire pour la commune ou la
communauté. Elle permet de donner
aux élus les moyens de mieux rem-
plir leurs fonctions. Le montant des
dépenses de formation des élus peut
aller jusqu’à 20 % du montant total
des crédits, ouverts au titre de leurs
indemnités de fonction. Sébastien Miossec,
maire de Riec-sur-Bélon (29).
Durée : chaque élu a droit à 18 jours
de formation par mandat. Comment réussir ses comptes-
rendus de réunion ?
Organismes : la formation doit être Les comptes-rendus permettent
dispensée par des organismes aux élus plus jeunes, par ailleurs
agréés par le ministre de l’Intérieur, très pris, d’obtenir des infor-
comme l’Aric. mations sans venir à toutes les
réunions. Leur rédaction prend
Contenu : l’élu détermine librement le Le congé de formation autorise l’élu salarié
du temps. Nous avons institué
thème et le lieu de la formation, l’orga- à s’absenter de son travail. un tour de rôle afin que l’écri-
nisme qui la dispense. Elle doit être ture ne pèse pas toujours sur
en lien avec les fonctions exercées. le même élu. Ceux qui sont à
l’aise en informatique l’écrivent
Procédure : chaque assemblée doit directement pendant la réunion.
délibérer sur l’exercice du droit à la Il ne s’agit pas de noter tous les
Les conseils de l’Aric
formation, dans les trois mois de son débats, mais les grands axes
renouvellement. Le congé de forma- de réflexion. Nous avons aussi
tion autorise l’élu salarié à s’absenter >> La circulation de l’information optimisé l’organisation des com-
de son travail. Les pertes de revenus missions, en les rendant moins
éventuelles peuvent donner lieu à une Elle conditionne le bon fonctionne- locale, courriers administratifs, nombreuses, mais plus régu-
compensation par la commune. ment de l’organisation municipale. notes, circulaires…) ? lières. Et mis en place un temps
Comment en effet motiver les élus - Existe-t-il un point de centralisation d’échanges en fin de conseil
Frais : la commune prend en charge ou les services s’ils ne disposent de l’information et de la documen- municipal, car c’est l’un des rares
les frais de formation (enseignement, pas des connaissances nécessaires tation ? moments où tous les élus sont
déplacement etc.). à l’accomplissement de leur man- - L’information est-elle classée ? réunis autour de la table.
dat pour les uns, ou à la gestion de - Un circuit de l’information a-t-il
leurs dossiers, pour les autres ? été établi (circuits des documents
papiers et dématérialisés, gestion
La circulation de l’information des courriels) ?
doit être organisée. Quelques - Une hiérarchisation est-elle effec-
>POUR ALLER PLUS questions importantes pourront tuée (trop d’informations tue l’infor-
LOIN... être posées : mation) ?
- La communication informelle est-
‡www.aric.asso.fr - A-t-on réalisé un inventaire des t-elle prise en compte (échanges
Association régionale d’information différentes sources d’information entretiens…) ?
des collectivités territoriales. (revues professionnelles, presse
Yves André,
maire de Bannalec (29).
‡Statut de l’élu(e) local(e), éditeur
AMF, 2014, téléchargeable sur Est-il important de se former
www.amf.asso.fr tout au long du mandat ?
Oui, surtout en début de mandat.
Une formation générale est né-
‡www.collectivites-locales.gouv.fr/ cessaire pour bien comprendre
conseil-national-formation-des- tous les mécanismes. Ensuite,
elus-locaux-cnfel. Conseil national on apprend sur le tas. Un budget
de la formation des élus locaux communal est disponible pour la
(CNFEL).
formation des élus. Parfois, les
fonds sont mutualisés au sein
‡www.wikiterritorial.cnfpt.fr/Centre d’une communauté de com-
national de la fonction publique munes, permettant ainsi d’orga-
territoriale niser des formations collectives.

L’Aric propose des formations


‡Les bonnes pratiques de gestion de base. Quelques heures de
des mails en collectivité formation peuvent suffire, le soir
wwwcdg35.fr par exemple. C’est en effet com-
(rubrique actualité). pliqué de se mobiliser une jour-
née entière. Nous pouvons aussi
nous organiser entre nous en
interne : par exemple, le comp-
table peut proposer une forma-
tion à la gestion des finances
communales.
Des élus en formation.
DR

8
Organisation de l’équipe LE FONCTIONNEMENT DE L’éQUIPE MUNICIPALE

>POUR ALLER PLUS


LOIN...

 Formations Aric


- Optimiser les relations élus-services.
- Communiquer en interne :
un impératif.

‡Conseil municipal : mode d’emploi,


Territorial éditions, Dossier
d’experts, 2013.

‡Ressources : Centres de gestion


(cellules conseil et développement
départementales).

Hugues Panon
‡Vie publique : rubrique découverte
des institutions -
www.vie-publique.fr

‡www.collectivites-locales.gouv.fr/
regles-fonctionnement-conseil-mu-

Qui fait quoi entre élus nicipal

et services ?
élus et agents territoriaux n’ont pas Le conseil municipal : il définit, à
les mêmes prérogatives. Clarifier les partir du projet politique de man- PAROLES D’ÉLUS
attributions et la répartition des com- dat, les priorités par secteur d’acti-
pétences permet d’assurer un fonc- vité. Il règle par ses délibérations les
tionnement plus efficace de la com- affaires de la commune.
mune.
Les services municipaux : à partir
Le maire : il est le chef de l’adminis- des notes de cadrage, le directeur
tration communale. général ou le secrétaire de mairie
Il doit entretenir une relation privilé- définit les missions des services,
giée avec le directeur général des en concertation avec le personnel
services, ou le secrétaire de mairie, communal.
basée sur la confiance et la loyauté.
Conseil : organiser des réu-
Les adjoints : titulaires d’une compé- nions pour qu’élus et services se Marie-Laurence Le Ray, Michel Raoult,
tence déléguée par le maire, ils sont rencontrent contribue à l’efficacité du ancienne adjointe au maire en maire de Plourivo (22).
en relation directe avec les chefs des fonctionnement municipal. La coopé- charge des finances et de la vie
services pour mener les projets de ration est essentielle. économique. Saint-Nolff (56). Comment mettre en place un
leur ressort, en cohérence avec les tandem élus-agents efficace ?
orientations générales. Comment gérer l’emploi Avant, dans les petites communes,
du temps de l’équipe municipale ? les adjoints avaient tendance à se
L’implication d’un élu vient en plus positionner comme chefs des ser-
d’une vie personnelle, profession- vices.
>> Zoom nelle et parfois associative. Pour
que tout cela s’organise bien, il faut
Or si l’élu définit la politique de
la commune, ses priorités et son
planifier les réunions, idéalement budget, il n’est pas responsable
Sur la commune de Breteil commissions et la désignation de deux à trois semaines à l’avance. de service.
(Ille-et-Vilaine). (1) leurs représentants. On les organise en fin de journée, C’est compliqué, mais chacun doit
et toujours le même jour de la se- rester dans son rôle. Il faut que le
Afin de démarrer le mandat dans de Un schéma d’organisation qui cla- maine pour les réunions régulières. lien soit très fort entre le maire et
bonnes conditions, il est nécessaire rifie les compétences et les champs le directeur général des services.
de préciser le cadre d’intervention d’intervention du conseil municipal, Pourquoi organiser Leur confiance mutuelle doit être
de l’équipe municipale pour définir de l’exécutif et des commissions. des « réunions de majorité » ? totale.
quelques axes : En réunions de commission, on Le personnel n’a pas à aller voir le
Les attributions des commissions : n’est qu’en sous-groupe. Nous maire en cas de problème : c’est
Les principaux fondements de l’en- présentation de chacune des com- organisons donc une réunion au directeur général qu’il doit
gagement municipal : valeurs par- missions spécialisées, en lien avec le de majorité chaque mois pour s’adresser. Bien sûr, le maire peut
tagées sur le projet de mandat et le projet municipal, selon l’organisation que tout le monde soit au même être facilitateur. De même, il n’a
développement local, vision de l’ave- suivante : les veilles et les réflexions niveau d’information. C’est aussi pas à court-circuiter l’autorité du
nir, informations sur les commissions, prospectives, l’état des lieux et les important de se référer aux valeurs directeur général, sinon, cela crée
choix des commissions par élu. suivis, l’élaboration des projets et les communes qui nous ont réunis. des conflits.
nouvelles actions. Cela ressoude le groupe. On invite
Le document de présentation de les non-éligibles à ces réunions,
l’intercommunalité, il contient les pour qu’ils restent au courant.
fondements à partager, l’administra- (1) Document téléchargeable sur le
tion générale, l’information sur les site de l’Aric : www.asso.aric.fr

9
LE FONCTIONNEMENT DE L’éQUIPE MUNICIPALE Organisation de l’équipe

Instances où doivent siéger les élus PAROLES D’ÉLUES

Béatrice Ercksen,
ancienne adjointe à la mairie
de Hédé-Bazouges (35).

Nouvel élue : comment ne pas


être débordée ?
Les élus ont tendance à se char-
ger et à participer à beaucoup de
commissions en début de man-
dat. Les délégations communau-

Jérôme Fouquet
taires prennent du temps aussi.
Dans les petites communes,
Le conseil municipal est l’assemblée délibérante
élue de la commune.
seuls le maire et les adjoints per-
çoivent une indemnité : on fait en
sorte de se charger soi-même,
plutôt que les simples élus. Mon
Des élus communaux devront être dé- géré par un conseil d’administration désormais élus au suffrage universel mandat me prend 20 à 25 heures
signés dans de nombreuses instances présidé par le maire. Il est composé direct. hebdomadaires. Je me suis fixée
pour représenter leur commune. de membres élus en son sein par le Les élus sont aussi amenés à être re- une limite : pas plus de deux réu-
conseil municipal et de personnes dé- présentés dans les conseils d’écoles, nions en soirée par semaine. Il
Commissions municipales : compo- signées par le maire et qualifiées dans commissions consultatives des ser- faut accepter parfois d’en man-
sées de conseillers municipaux dési- le domaine de l’action sociale. vices publics locaux, société d’écono- quer une, de continuer à travailler
gnés par l’assemblée communale, mie mixte, syndicat d'énergie, centre le dossier et de reprendre le fil
elles étudient les affaires et préparent Intercommunalités : un nombre dé- de gestion de communes, associa- la fois suivante. Dans notre com-
des dossiers qui seront soumis au terminé d’élus communaux siège au tions locales (membres de droit), syn- mune, un conseiller délégué sera
conseil municipal. Elles n’ont pas de conseil communautaire. Le nouveau dicats des énergies centre de gestion, attribué à chaque adjoint, pour
pouvoir de décision. mode d’élection des conseillers com- association des maires, etc. alléger la charge et travailler en
munautaires a modifié, dans les com- binôme : ce sera très intéressant.
Le Centre communal ou intercom- munes de plus de 1 000 habitants,
munal d’action sociale : le CCAS est la désignation des délégués. Ils sont

Les conseils de l’Aric

L'indemnité de fonction n'est pas un salaire


Il s’agit bien d’une indemnité ! Ce maires et les adjoints. La répartition Attention, elle peut apparaître à cer-
n’est ni un salaire, ni un traitement des indemnités est ensuite effectuée tains élus comme un complément
ou une rémunération. Elle permet de au sein du conseil. Il peut décider de salaire : dans la grande majo- Evelyne Simon-Glory,
couvrir les frais engagés pendant le d’une répartition différente entre les rité des cas elle ne peut pas couvrir maire de Plesder (35).
mandat : frais de déplacement qui maires, les adjoints et les conseillers, cette perte. Si l’indemnité est perçue
peuvent être importants en cas de dans la limite de l’enveloppe indem- comme une compensation salariale, Faut-il que tout passe
délégation, de repas, frais de garde nitaire globale prévue par la loi. la situation de retour à l’emploi de par le maire ?
éventuellement... Si l’équité, entre les tailles de collectivi- l’élu risque d’être difficile en fin du Notre commune est petite (821
Cette somme est plafonnée en tés, peut poser question, il est surtout mandat. habitants) et il est important que
fonction de la population totale de important de débattre des critères de le maire soit informé de tout. En
la commune et encadrée pour les sa répartition au sein de l’équipe. milieu rural, tout le monde se
connaît – d’autant que je suis
originaire de la commune ! Ré-
Montant maximum des indemnités de fonction brutes mensuelles gulièrement, on se croise. Imagi-
des maires et adjoints depuis le 1er juillet 2010 nez que quelqu’un me pose une
> POUR ALLER PLUS LOIN... question et que je lui dise que
Indemnité brute (montant en euros) je ne suis pas informée ! Être
Population totale Maires Adjoints informée, c’est montrer que l’on
 Formations Aric respecte les habitants et que
- Comment améliorer la cohésion < 500 habitants 646,25 250,90
l’on est attentif à leurs préoccu-
de l’équipe municipale ? de 500 à 999 1 178,46 313,62 pations.
- Comment optimiser l’efficacité de vos réunions ?
de 1 000 à 3 499 1 634,63 627,24
N’est-ce pas chronophage ?
de 3 500 à 9 999 2 090,81 836,32
‡L’administration et les institutions administratives, Il faut savoir déléguer. Les assis-
édition La Documentation française, 2013. de 10 000 à 19 999 2 470,95 1 045,40 tantes assurent en amont un
de 20 000 à 49 999 3 421,32 1 254,48 premier tri de l’information pour
déceler celle qui est utile. Par ail-
‡Les compétences du conseil municipal, du maire et des de 50 000 à 99 999 4 181,62 1 672,65 leurs, je fais confiance à mes ad-
adjoints, Territorial éditions, collection l’essentiel sur… 2011. joints et chacun gère ses dossiers
de 100 000 à 200 000 5 512,13 2 508,97
selon ses compétences. Réguliè-
> à 200 000 5 512,13 2 756,07
‡Le maire président de séance du conseil municipal, rement, ils m’informent du suivi.
Territorial éditions, collection l’essentiel sur… 2011. Conseillers municipaux des communes de plus de 100 000 habitants : 228,09 €
Source AMF, Statut de l’élu(e) local(e). http://www.amf.asso.fr

10
Vu du maire LE FONCTIONNEMENT DE L’ÉQUIPE MUNICIPALE

Toutes les casquettes du maire


Le maire a de multiples responsabilités, il est :

Agent de l’État
Sous l’autorité du préfet, le maire remplit des fonc-
tions administratives : publication des lois et règle-
ments, organisation des élections.

Sous l’autorité du procureur de la République, il est


officier d’état civil et officier de police judiciaire.
Le maire est chargé de l’état civil et des différents re-
censements.

Agent exécutif de la commune


Il agit sous le contrôle du conseil municipal. Il prépare
les réunions de l’assemblée communale et en exécute
les décisions.
Il représente la commune en justice, signe des contrats
par délégation du conseil municipal, prépare le budget,
gère le patrimoine communal.
Il exerce des compétences déléguées par le conseil
municipal et doit alors lui rendre compte de ses actes.
Le maire est le chef de l’administration communale.

Pouvoirs de police du maire


Il est responsable de la sécurité publique de la com-
mune et de la prévention de la délinquance. Il en
anime et en coordonne la mise en œuvre.
Que ce soit sur terre, sur mer... et même dans les airs,
le maire est responsable de l’occupation du domaine Les conseils de l’Aric
public. Il doit souvent en gérer les conflits d’usage.

>> Entretenir la motivation


L’essoufflement d’une équipe muni- en matière d’acquisitions foncières,
cipale peut être réel dans un certain nécessaires à la mise en place d’équi-
nombre de cas, et notamment pour pements ou de logements.
ceux qui n’envisagent pas de repartir. - Encourager la participation aux com-
PAROLES D’ÉLUS Six ans, c’est à la fois long et en même missions, et aux différents groupes
temps, c’est une période relativement de travail, afin de « faire exister la vie
courte au regard des projets à mettre municipale. »
en place. - Proposer de manière continue des
Entre l’idée d’un projet et sa réalisa- formations (en salle et sur le terrain)
tion, il peut se passer de nombreuses pour développer le travail en équipe,
années, notamment en ces temps de et cette vision d’un futur commun.
difficultés budgétaires. Le maire a certes un rôle particulier à
jouer, en tant que chef d’équipe, mais
Trois idées sont à suggérer la motivation et la solidarité doivent
pour ne pas se décourager : être partagées par l’ensemble du bu-
reau municipal. Tout au long du man-
- Participer en permanence à l’action dat, iI faut qu’il y ait des discussions,
Alain Launay, Michel Bessonneau, prospective, c’est-à-dire, toujours qui se traduisent en permanence par
maire de Pleurtuit (35). ancien maire de Gourhel (56). chercher à anticiper, notamment des documents écrits.

Comment doit fonctionner le bi- Comment concilier vie profes-


nôme maire directeur général des sionnelle et mandat ?
services ? Dans mon agenda hebdomadaire,
Le directeur général des services je dédie quatre jours à mon acti- > POUR ALLER PLUS LOIN...
(ou le secrétaire général) est le pro- vité professionnelle, deux à ma vie
fessionnel, garant de ce que peut d’élu, et le dimanche, plus trois se-
faire le maire selon la loi. L’élu fixe maines de vacances à ma famille. Je  Formations Aric
- L’élu employeur et le personnel territorial
le cap et le directeur général les m’adapte quand il y a des urgences,
- Mieux gérer son temps et s’organiser
met en pratique. Parfois, le maire mais j’essaie de conserver ce cloi-
doit persuader le directeur général, sonnement. La vie d’élu est éphé-
mais ce dernier doit respecter le mère. Il ne pas faut mettre tout le ‡www.amf.asso.fr
maire et sa politique. En tout cas, reste entre parenthèses, car il y aura Site de l’Association des maires de France
tous les dossiers doivent être parta- sûrement un « après ». Pour ne pas
gés : l’expertise des deux membres être débordé, quand on est jeune
‡Guide du maire 2014 - AMF
du binôme est importante. Le direc- élu, il faut apprendre à dire non.
‡Mémento du maire nouvellement élu
teur général ne doit pas prendre de Notamment aux gens qui viennent
www.collectivites-locales.gouv.fr/files/memento_maire53b4.pdf
décision sans l’accord du maire. vous demander ce que le maire
Inversement, le maire n’a pas à précédent leur a refusé. Même si on
court-circuiter l’autorité du directeur craint de déplaire, il ne faut pas non ‡www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/collecti-
général. plus accepter toutes les réunions, vites-territoriales/democratie-locale/quelles-sont-fonctions-maire.
car un maire est aussi très pris par html
les dossiers communautaires. ‡www.collectivites-locales.gouv.fr/pouvoirs-police-maire
Les pouvoirs de police du maire

11
LE FONCTIONNEMENT DE L’ÉQUIPE MUNICIPALE Vu de l’adjoint-e

Exercer son autorité ce n’est pas PAROLES D’ÉLUES

être autoritaire
On s’impose de façon presque natu-
relle lorsqu’on maîtrise ses dossiers.
La régularité, le travail et l’écoute sont
vraiment essentiels.

Anne Gallo,
En conseil, en commission maire à Saint-Avé (56).
ou en public
Est-il compliqué d’assumer
- S’informer par avance de l’ordre du des fonctions habituellement
jour du conseil et lire les documents. confiées aux hommes ?
- Connaître ses dossiers et préparer la Non, du moment qu’on a le
séance publique avec les autres élus tempérament pour s’engager et
et les services. une souplesse familiale pour pal-
- Ne pas être dans l’approximatif : lier les absences de la maison
préparer son intervention, un support le soir. C’est vrai que les élues
écrit, développer une argumentation, femmes gèrent rarement des
vérifier les chiffres et ses sources. dossiers comme l’urbanisme ou
- Ne pas être agressif dans ses ré- l’assainissement, mais c’est très
ponses, être à l’écoute, tout en défen- intéressant et les services sont
dant le projet présenté. toujours compétents et présents
- Ne pas hésiter à suivre des pour nous épauler. Les équipes
formations notamment sur la prise de sont ouvertes d’esprit. Le plus
parole en public. difficile, quand on est une
- Répéter avec des proches si on femme et qu’on est jeune, c’est
manque d’assurance. de prouver qu’on est crédible.
Il faut connaître ses dossiers et
Avec le personnel communal savoir être à l’écoute : ne pas
hésiter à acheter des vestes et
- Ne pas arriver en terrain conquis. Le des bottes de chantier pour se
personnel en place connaît la collecti- rendre sur le terrain. La proximité
vité. Il faut s’appuyer sur ses connais- et la connaissance des dossiers
sances et savoir valoriser son travail. créent la confiance.
- Être à l’écoute, demander conseil ne
veut pas dire pour autant que ce sont
les agents communaux qui « mènent
la barque » : les conseillers ont été
élus pour mener une politique, c’est à
Jean-Yves Defoux

eux de prendre les décisions.

Excercer son autorité s’apprend. C’est l’un des


challenges de la fonction.

Catherine Roussillat,
>POUR ALLER PLUS ancienne adjointe
LOIN... à Servon-sur-Vilaine (35).
Les conseils de l’Aric
 Formations Aric
Comment faire lorsqu’on
découvre une spécialité ?
Responsabilités des élu-es
>> Travailler en binôme Je travaille dans la mode, je
n’étais donc pas spécialiste de
‡Guide de l’élu délégué :
avec un adjoint la communication et de la vie
citoyenne. J’ai récupéré des
- À l’enfance et à la jeunesse,
Pourquoi ? temps de réunions, mais aussi les informations sur ma fonction
2013.
idées. Pour que le niveau d’informa- et observé mes homologues
- Aux sports, 2013.
- À l’économie et à l’emploi, 2013.
- Disponibilité : l’action communale tion soit le même pour tous, il est sou- pour m’en inspirer et en tirer le
- Aux affaires scolaires se doublant d’une action communau- haitable de faire participer les conseil- meilleur. J’ai tout de suite suivi
et à l’action éducative, 2013. taire, il devient de plus en plus diffi- lers délégués aux réunions du maire plusieurs formations qui m’ont
- Aux travaux, 2013. cile au maire et aux adjoints d’assister et des adjoints. été très utiles pour acquérir des
- À l’action sociale à toutes les réunions. Donner une connaissances et créer des
et à la solidarité, 2013. délégation à un conseiller permet de Comment ? réseaux parmi les élus. Il est
- À la culture, 2013. répartir la charge de travail. important de garder des liens
- À l’urbanisme, 2012. - Veiller à composer des binômes sui- avec les élus des communes voi-
- Au budget, 2012. - Formation : un nouvel élu peut hési- vant les affinités. sines tout au long du mandat. Et
- …. ter à accepter une charge d’adjoint - Attribuer une indemnité au conseil- de garder un état d’esprit ouvert
Territorial éditions. Collection s’il n’a pas l’expérience de la vie com- ler délégué : afin de rester dans l’enve- pour poser des questions de no-
Essentiels. munale. La proximité avec un adjoint loppe budgétaire maire-adjoints, on vice, quitte à remettre en cause
sera par nature formatrice. Elle pourra peut remplacer un poste d’adjoint par des fonctionnements existants
permettre de prendre d’éventuelles deux conseillers délégués. Le maire inadaptés. Quand on identifie
responsabilités ultérieures. et les adjoints peuvent également un problème dans un fonction-
renoncer à un pourcentage de leurs nement d’équipe, mieux vaut le
- Travail en commun : travailler en indemnités pour régler celle(s) de régler tout de suite.
binôme est stimulant. On partage les leurs colistiers délégués.

12
Vu du conseiller LE FONCTIONNEMENT DE L’ÉQUIPE MUNICIPALE

PAROLES D’ÉLUS

Sandrine Legrain,
ancienne conseillère municipale
à Pancé (35).

À quoi sert le conseiller


municipal ?
Il a le rôle important de partici-
per au débat. Même s’il a parfois
le sentiment de ne pas servir à
grand-chose, car il ne travaille pas
forcément sur un projet concret.
Le conseiller pose des questions
et contrôle l’action de l’exécutif.
Droits et devoirs des élus Pourquoi n’est-ce pas toujours
facile de trouver sa place ?
Les dossiers sont de plus en plus
Droits d’information et d’expression techniques et complexes. Quand
Tout conseiller municipal, doit être on est conseiller bénévole et
informé des affaires de la commune actif par ailleurs, certains sujets
faisant l’objet d’une délibération et a peuvent paraître lointains. On
le droit de s’exprimer, au cours des peut se former, même si l’on n’est
débats et de proposer des amende- pas acteur principal d’un dossier.
ments. Il doit être présent aux réu- Dès le départ il faut être lucide sur
nions, respecter la confidentialité des les forces politiques. À ce propos,
dossiers et faire primer l’intérêt géné- l’Aric propose une formation sur
ral par rapport à tout intérêt particulier. les droits des élus minoritaires.

Droits de la minorité
- Communes de plus de 3 500 habi-
tants : les conseillers minoritaires
peuvent disposer du prêt d’un local
commun.
- Un espace est réservé à l’opposition
dans les bulletins d’information géné-
rale.
Jérôme Fouquet

Responsabilités
Dans le cadre de leur fonction, les
La responsabilité de l’élu est engagée dans les « gros » et « petits »
élus peuvent engager leur respon- dossiers qui concernent la commune. Michel Couturier,
sabilité ou celle de leur collectivité : ancien conseiller municipal
responsabilité civile ou administrative, délégué à Pluneret (56).
pénale, comptable et financière, poli-
tique… Comment avez-vous trouvé
Une fiche plus complète est dispo- votre place au sein du conseil
nible sur le site de l’Aric concernant municipal ?
Les conseils de l’Aric
l’aménagement des temps, les garan- La mise en place de l’agenda
ties professionnelles notamment. 21. Ce dossier est très riche et
>> Être élu de la minorité transversal : on touche au social,
à l’environnemental, à l’écono-
mique. On a d’abord sensibilisé
À l’issue des élections municipales, Demander un droit de réponse ou la population, via des ateliers
un candidat peut se retrouver dans la une tribune sur le bulletin municipal d’information. Grâce à Internet,
« minorité ». Se pose alors la question pour faire connaître son point de vue on les a ensuite mobilisés pour
>POUR ALLER PLUS
de son rôle d’élu face à la « majorité » et et se faire reconnaître de la popula- qu’ils intègrent des ateliers par-
LOIN... aux attentes de la population. tion. ticipatifs. Grâce à un question-
naire, on a établi un diagnostic
‡w w w.v i e - p u b l i q u e .fr/d e c o u - Élu au suffrage universel, au même Se former : les rouages de l’action de terrain, puis un plan d’une
ver te -institutions/institutions/ titre que ses collègues, il est légitime municipale sont parfois très com- centaine d’actions concrètes et
collectivites-territoriales/demo- qu’il accède aux dossiers de la com- plexes, surtout lors d’un premier man- très satisfaisantes : pour le déve-
cratie -locale/quel- est-role - du- mune pour pouvoir en rendre compte dat. Le devoir de formation devient loppement des filières courtes,
conseil-municipal.html auprès de la population. donc un impératif lorsqu’on est mino- on a organisé un marché heb-
ritaire. domadaire. Les prestataires de
‡www.collectivites-locales.gouv.fr/ Participer le plus largement pos- la cantine de l’école fournissent
democratie-locale rubrique démo- sible aux commissions municipales. Être minoritaire ne veut pas dire désormais deux repas bio et
cratie locale Elles permettent de prendre connais- être un opposant systématique, locaux par mois. On a organisé
‡Voir les règles de fonctionnement sance progressivement de l’élabora- bien au contraire c’est par la connais- des sorties de sensibilisation à
du conseil municipal et le statut tion et du cheminement des dossiers, sance des dossiers et par une large l’environnement, et développé
de l’élu local bien avant que ceux-ci n’arrivent à la ouverture d’esprit que l’élu minoritaire les chantiers de jeunes sur le
séance du conseil municipal, pour est apprécié et respecté. territoire.
délibération.

13
INTERCOMMUNALITÉS

L’intercommunalité, PAROLES D’ÉLUS

une vieille histoire


L’intérêt d’une action intercommunale est reconnu, dès 1890,
avec la création du syndicat intercommunal à vocation unique L’intercommunalité à fiscalité
(Sivu). Ce processus s’intensifie avec la création des districts et propre au 1er janvier 2014
des syndicats intercommunaux à vocation multiple (Sivom) en
1959 et des communautés urbaines en 1966. Ces groupements
intercommunaux n’engendrent, le plus souvent, qu’une intercom- Paul Pabœuf,
munalité d’équipement. ancien président de
Il faut attendre les années 1990 pour que l’intercommunalité la communauté de communes
prenne une plus grande ampleur et soit le support à un réel pro- du pays de Questembert (56).
jet de territoire. Le mouvement intercommunal prend un tournant
décisif avec la loi de décentralisation du 6 février 1992, qui crée Quelle est l’histoire de votre
les communautés de communes. Ces structures ont la particula- communauté de communes ?
rité d’avoir des compétences obligatoires, une fiscalité propre et Lorsque la communauté de
Nature juridique des EPCI à fiscalité propre :
donc un accès aux dotations de l’État, comme les communautés communes a été créée en 1997,

Ministère de l’Intérieur
urbaines. métropole
communauté urbaine elle rassemblait six communes.
Le 12 juillet 1999, avec la loi dite « Chevènement », les pays et communauté d'agglomération
syndicat d'agglomération nouvelle
Aujourd’hui elle en compte
les communautés d’agglomération sont créées, complétant les communauté de communes à fiscalité professionnelle treize. La difficulté est de les
communauté de communes à fiscalité additionnelle
formes de groupements intercommunaux à disposition des ter- commune hors EPCI à fiscalité propre faire marcher ensemble, alors
ritoires. La récente loi du 27 janvier 2014 va affirmer le rôle des que certaines ont écrit le projet
métropoles. de territoire et que d’autres l’ont
seulement amendé. Les actions
concrètes de ce projet «écono-
mie/écologie» rassemblent et
construisent une culture com-
mune : on a réalisé une nouvelle
piscine, elle a une chaudière
à bois, approvisionnée locale-
ment. Concernant les déchets,
on a mis en place une redevance
incitative : les gens paient selon
la quantité de déchets qu’ils pro-
duisent. Cela a fortement réduit
le volume d’ordures ménagères.

Michelle Clouet,
ancienne présidente de la com-
>POUR ALLER PLUS Les conseils de l’Aric
munauté de communes du pays
LOIN... de La Roche-aux-Fées (35).
>> Les relations entre Comment impliquer les élus
 Formations Aric
Intercommunalité : enjeux, cadres, communes et communauté des communes au projet com-
munautaire ?
place de l’élu.
Les obligations réglementaires sont rées, mais comme la « commune des Nous avons mis en place des
‡L’intercommunalité 2014 : peu nombreuses et de portée réduite. communes », partenaire à part entière comités consultatifs et des réu-
3 minutes pour comprendre. Le président de la communauté doit des élus et des agents communaux nions d’information où tous les
Éditions AdCF, 2014. adresser annuellement un rapport de l’ensemble du territoire. élus sont associés, qu’ils soient
d’activité et le compte administratif, En tant qu’animatrice du développe- conseillers communautaires ou
qui doivent être communiqués aux ment, la communauté se doit : non. Les élus communautaires
‡Intercommunalité : mode d’emploi.
conseils municipaux. - d’informer et d’échanger réguliè- se sont déplacés dans chaque
Éditions AdCF, 2014
Par ailleurs, le président de la com- rement (assemblées des élus, des commune, lors d’un déjeuner,
munauté peut être entendu par le secrétaires généraux…) ; pour que celle-ci se présente.
‡www.adcf.org conseil ; consulte les maires à la de- - de co-construire avec les communes Pour ces élus, nous avons organi-
Assemblée des communautés de mande du conseil communautaire ou les 3 socles du développement local : sé des formations décentralisées
France (AdCF) du tiers des maires des communes • La détermination progressive des sur notre secteur. J’ai proposé
‡www.vie-publique.fr/decouverte- membres. Ces dispositions ne sont compétences et de l’intérêt inter- d’assister à un conseil munici-
institutions/institutions/collectivites-
qu’informatives et ponctuelles. Or la communal, laquelle peut amener pal dans chaque commune, sur
territoriales/intercommunalite-
réussite du « bloc communal » (com- à réfléchir aux moyens humains du invitation. Il est important que les
cooperation-locale/
munauté-communes) nécessite une bloc communal. nouveaux élus comprennent que
co-construction permanente. • Le projet de territoire. l’intérêt communautaire n’est pas
L’intercommunalité ne doit pas • Le pacte financier. la somme de tous les intérêts
apparaître et fonctionner comme une communaux, mais sa synthèse.
« commune supplémentaire », ges- Et enfin elle doit assurer le suivi et
tionnaire des compétences transfé- l’évaluation de la démarche.

14
INTERCOMMUNALITéS

Les compétences intercommunales


Les communautés de communes intercommunale).
ont des compétences obligatoires, L’intérêt communautaire est la ligne
optionnelles et facultatives qu’elles de partage, au sein d’une compé-
peuvent faire évoluer. Deux com- tence, entre les domaines d’action
pétences sont obligatoires pour les transférés à la communauté et ceux
communautés de communes : les qui demeurent au niveau des com-
actions de développement écono- munes. Cet intérêt communautaire
mique et l’aménagement de l’espace. doit être voté à la majorité des deux
Elles doivent aussi exercer au moins tiers des membres du conseil com-
trois compétences optionnelles parmi munautaire. Un lien peut être établi
six domaines prédéfinis par la loi. La entre le niveau d’intégration de la
communauté peut également choisir communauté, en matière de compé-
des compétences facultatives qu’elle tences exercées, et le niveau des do-

Vincent Mouchel
définit elle-même, en accord avec les tations versées par l’État. Avec la prise
communes membres. D’autres règles en compte du coefficient de mutuali-
s’appliquent pour les autres EPCI sation, instauré par la loi Mapam en Le transport collectif peut-être de la compétence
des communautés.
(Établissement public de coopération 2014, ce lien sera encore plus fort.

Les champs d’intervention des communautés


Communautés des communes nautaire : schéma de cohérence territo- Compétences optionnelles (3 à choi- Compétences facultatives définies
riale, zones d’aménagement concerté, sir parmi les 6 suivantes) : par les communes membres.
Compétences obligatoires organisation des transports urbains. - Voirie et parcs de stationnement ;
- Développement économique : zones - Équilibre social de l’habitat : pro- Assainissement. Eau. Environne- Compétences pouvant être
d’activité économique et actions de gramme local de l’habitat, politique ment : déchets, lutte contre la pollu- déléguées par le département :
développement économique. du logement. tion de l’air et les nuisances sonores, À la demande de la communauté d’ag-
- Aménagement de l’espace. - Politique de la ville : dispositifs de maîtrise de la demande d’énergie. glomération, celle-ci peut exercer pour le
développement urbain, de dévelop- Équipements culturels et sportifs ; compte du département, différentes com-
Compétences optionnelles (1 à choi- pement local et d’insertion écono- Action sociale d’intérêt communau- pétences en matière d’action sociale.
sir parmi les 6 suivantes) : mique et sociale, dispositifs locaux de taire.
- Protection et mise en valeur de l’envi- prévention de la délinquance. Source : ADCF.
ronnement ; Politique du logement et
du cadre de vie ; Voirie ; Équipements
culturels et sportifs, équipements de
l’enseignement préélémentaire et élé-
mentaire ; Action sociale ; Assainisse- PAROLES D’ÉLUS
ment.

Compétences facultatives définies


par les communes membres.

Communauté d’agglomération
Compétences obligatoires
- Développement économique : zones
d’activité économique et actions de
développement économique.
- Aménagement de l’espace commu-
Françoise Gatel, Pierre Changeur, Franck Pichon,
présidente de la communauté adjoint dans la communauté ancien maire de Plomelin et vice-
de communes de Châteaugiron de communes de Mauron (56) président de Quimper communauté
(35) à la date de parution. à la date de parution. (29) à la date de parution.
> POUR ALLER PLUS
LOIN... Comment s’est construit le projet Comment choisir les compétences Pourquoi transférer la compétence
de communauté de communes ? communautaires ? « urbanisme » au niveau
‡Élus communautaires (tome 1) Le contexte de frugalité budgétaire Il s’agit de donner la garantie d’une communautaire ?
Premiers repères sur nous oblige à mutualiser : le projet réponse satisfaisante et durable Nous avons choisi de développer
l’intercommunalité. de territoire devient important. Pour pour les préoccupations majeures l’urbanisme communautaire : l’as-
‡Élus communautaires (tome 2) le construire, nous avons organisé de la population sur de larges do- sistance à maîtrise d’ouvrage, mais
Exercer son mandat. des réunions thématiques réunis- maines comme l’emploi, la santé, aussi la construction d’un PLU inter-
Éditions AdCF, 2014. sant au même moment tous les l’enseignement ou la mobilité. On communautaire. Cela nous permet
élus de toutes les communes. Nous s’interroge sur les besoins des habi- de poser vraiment la question : que
avons associé les habitants via des tants, puis on fait l’inventaire des veut-on faire ensemble à l’échelle
‡www.collectivites-locales.gouv.fr/
questionnaires et des réunions. réponses dans la communauté de d’un bassin de vie ? Ce PLU génère
intercommunalite-1
Puis, de la même manière, les asso- communes. des craintes : certaines communes
ciations et les entreprises. Cela nous ont peur d’être dessaisies. Des réu-
‡www.insee.fr/fr/methodes/default. a pris un an. Parallèlement, un orga- Comment s’articulent-elles entre nions et des retours d’expérience
asp?page=zonages/ nisme extérieur a fait un diagnostic communes et intercommunalité ? d’autres communautés les rassurent.
intercommunalite.htm du territoire, soulignant nos forces L’articulation se fait par le biais des Et cela nous permet de remettre
et nos faiblesses, ainsi qu’une étude élus communautaires. Le piège l’administré et ce qu’il vit au centre
‡www.collectivites-locales.gouv.fr/ prospective financière. Nous avons serait de favoriser sa propre com- du débat : un citoyen dort dans une
etudes-et-statistiques-locales abouti à 53 actions et mesures que mune : il faut plutôt élever le niveau commune, mais souvent, il travaille
nous évaluons : qu’a-t-on fait ? Pas des discussions pour une meilleure et a des loisirs dans d’autres. Main-
‡Banatic.interieur.gouv.fr fait ? Pourquoi ? prise en compte des besoins. tenant, tous les grands dossiers se
Base nationale sur l’intercommunalité. placent à l’échelle intercommunale.

15
INTERCOMMUNALITéS

L’intercommunalité est PAROLE D’ÉLU

en évolution permanente
Il existe différents types d’Établis-
sements publics de coopération
intercommunale (EPCI). Un tableau
exhaustif des stuctures existantes ne
peut se résumer en quelques lignes. Il
faut repérer les plus importantes : les
communautés de communes pour le
milieu rural et les villes moyennes ;
les communautés d’agglomération
pour les espaces urbains de plus Jean-Luc Bléher,
de 50 000 habitants qui ont plus de maire de Guer (56).
compétences obligatoires et notam-
ment celle du transport ; les com- Quelle taille pour une

Vincent Mouchel
munautés urbaines, pour certains intercommunalité efficace ?
espaces urbains plus peuplés ou plus Je suis partisan d’une intercom-
intégrés… Et demain les métropoles Désormais toutes les communes sont en voie de munalité élargie, en agrégeant
dont Nantes, Brest, Rennes, Rouen, rattachement à une intercommunalité. plusieurs communautés de com-
qui vont modifier les relations avec munes. En milieu rural, il faut être
l’État, le département, la région et les nombreux pour exister : l’union
espaces périphériques. Nombre de groupements - France (hors Mayotte) fait la force. L’intérêt est notam-
ment de mutualiser les moyens,
Situation au 1er janvier 2012 2014 par exemple en matière de trans-
Nombre d’EPCI à fiscalité propre au 1er janvier 2014 EPCI à fiscalité propre ports ou d’équipement public.
Une seule communauté de
Métropole 1 1
communes ne pourra plus assu-
Communauté urbaine 15 15 mer toute seule ce genre de dé-
Communauté d’agglomération 202 222 penses. Les intercommunalités
élargies bénéficient par ailleurs
Communauté de communes 2 358 1 903 d’une force d’ingénierie plus
Syndicat d’agglomération nouvelle 5 4 importante, qui sera par exemple
appréciable quand, bientôt, ce
Total des EPCI à fiscalité propre 2 581 2 145
sera aux collectivités et non plus
Nombre total de communes 35 305 36 614 à l’État d’attribuer les permis de
Population totale regroupée en 59,3 62,6 construire. Il me semble enfin
millions d’habitants que les grandes intercommuna-
lités sont plus lisibles pour les
Syndicats
citoyens.
SIVU / SIVOM 11 529 10 212
Syndicat mixte 3 257 3 187
Pôle métropolitain 1 9
Total des syndicats 14 787 13 408
Source : DGCL
> POUR ALLER PLUS Effectifs régionaux d’ECPI à fiscalité propre
LOIN...
Région Total 2012 dont CC dont CA Total 2014 dont CC dont CA 2014/2012
‡www.collectivites-locales.gouv.fr Bretagne 118 107 10 102 91 10 -14%
Études-et-statistiques-locales.
Basse-Normandie 128 123 3 93 88 3 -27%
‡www.bretagne.pref.gouv.fr
‡www.seine-maritime.gouv.fr Haute-Normandie 71 65 6 69 63 6 -3%
Actualites/La-prefecture-de-region- Pays de la Loire 131 122 7 124 115 7 -5%
Haute-Normandie
‡www.basse-normandie.pref.gouv. Effectif total 2 581 2 358 202 2 145 1 903 222 -17%
fr/ (en rénovation) Source : DGCL
‡www.pays-de-la-loire.pref.gouv.fr

‡Les évolutions institutionnelles : Les conseils de l’Aric


conséquences juridiques,
patrimoniales, budgétaires,
comptables et fiscales
‡www.collectivites-locales.gouv.fr/
>>Changer d’intercommunalité
Onglets structures territoriales -
intercommunalité Les commissions départementales aussi, entre les agents transférés. On conseillers communautaires peuvent
de coopération intercommunale pourra, par exemple, organiser une être membres de commissions de la
‡Études AdCF (CDCI) ont rendu leur verdict. Cer- cérémonie d’accueil, remettre des do- communauté.
www.adcf.org (Onglets Publica- taines communes, en changeant d’in- cuments pédagogiques et organiser
tions - Etudes). tercommunalité, vont devoir abandon- des visites sur le nouveau territoire. Il est parfois difficile de faire le deuil
ner un projet communautaire pour en Il s’agit, pour les communes qui d’un ancien pacte mais il est stimulant
épouser un autre. arrivent, de s’impliquer dans les ins- de se projeter dans un nouveau projet
‡Études AMF Il s’agit, pour les communautés d’ac- tances communautaires, notamment communautaire. Cette évolution doit
www.amf.asso.fr (Onglets cueil, d’instaurer, avec les nouveaux les commissions où le travail d’élabo- être intégrée, d’autant plus que les
Dossiers- Coopération membres, un climat de confiance et ration des projets s’effectue. D’ailleurs, périmètres pertinents seront réguliè-
intercommunale). de transparence entre les élus, mais des élus municipaux qui ne sont pas rement réétudiés au sein des CDCI.

16
INTERCOMMUNALITéS

Les conseils de l’Aric

Partager l’information avec les élus municipaux


Faire redescendre des informations ou des déci-
sions prises en conseil communautaire à la com-
mune adhérente est souvent difficile. Cette trans-
mission n’est pas toujours efficace et peut paraître
frustrante pour certains élus municipaux.
Pour y remédier, il convient de mettre en place une
méthode de compte-rendu ou de partage de l’infor-
mation, systématique et organisée à l’avance. En
clair, à chaque conseil municipal, prévoir un temps
de 10 ou 15 minutes, réservé aux questions com-
munautaires. Dans l’idéal, il faudrait permettre au
conseiller communautaire présent de faire un point
sur les informations importantes. Il ne s’agit pas de
l’inscrire à l’ordre du jour, mais de l’ajouter en ques-
tions diverses, ou de créer une rubrique finale qui
pourrait s’appeler «informations communautaires ».
Si cet effort n’est pas fait, on peut assister, au fil du
mandat, à une coupure entre les élus municipaux
et les élus communautaires.
Ce manque d’information peut être une cause de
décrochage pour certains élus communaux ne se
sentant pas, ou peu, concernés par les questions
communautaires et, par conséquent d’un « repli »
communal et des réticences à l’égard de l’intercom-
munalité.
L’idéal est de choisir un élu qui centralise les infor-
mations pour les restituer au conseil municipal.

PAROLES D’ÉLUS

> POUR ALLER PLUS


LOIN...

‡Représenter
l’intercommunalité, Enjeux et
pratiques de la communication
des communautés. éditions
Marc Dalberto, Jean-Pascal Guillouët, Marc Cozilis,
AdCF. Septembre 2013.
ancien vice-président de Vannes ancien président de la communauté ancien maire de Queven et ancien
‡www.adcf.org/files/ADCF-
agglo (56). de communes du Mené (22). vice-président de Lorient EtudeComm-130913-WEB.pdf.
agglomération (56). ‡Guide du président de
Quel est le rôle du délégué Quelle place peut prendre l’intercommunalité 2014 - AMF
communautaire ? l’intercommunalité au sein Quelles relations entre élus et
Il est double. Celui-ci doit à la fois du conseil municipal ? techniciens de l’intercommunalité ?
‡Les relations entre communes
représenter sa commune au sein de Dans notre petite intercommunalité La difficulté, c’est que le personnel
et communautés, entre
la communauté, mais aussi incarner d’environ 6 000 habitants, les liens intercommunal est géographique-
continuités et ruptures.
l’ensemble de la collectivité. Pour entre communes et communauté ment éloigné des élus. Les techni- Décembre 2013. éditions
ne pas devenir schizophrène, il faut sont forts, car proportionnellement, ciens sont pourtant indispensables AdCF.
bien intégrer les valeurs communes beaucoup de délégués des conseils aux élus, car ils les aident à prendre
qui ont conduit à la création de la municipaux siègent à l’intercommu- connaissance de toutes les dimen-
communauté. Ces valeurs doivent nalité. Ils participent quasiment tous sions des dossiers intercommunaux, ‡Ressources humaines. Le point
être clairement explicitées. Le délé- au travail des commissions de l’inter- qui sont souvent complexes. Les de vue des agents sur
l’évolution de leur cadre
gué communautaire doit par ailleurs communalité. Par ailleurs, les bul- élus doivent s’appuyer sur les tech-
professionnel en communauté.
informer la commune de ce qui se letins municipaux rendent compte niciens, chargés de mission et bu-
Juillet 2012. Éditions AdCF.
passe dans l’agglomération, car les de ce qui s’est passé en conseil reaux d’études, pour mieux prendre www.adcf.org/files/ADCF-
conseils municipaux ont toujours communautaire. Ces « essentiels », en compte les aspects financiers ou EtudeRHintegration-120705-
tendance à prioriser un dossier rédigés par l’intercommunalité, per- environnementaux d’un dossier par HD.pdf
local. À Vannes agglomération, des mettent d’informer habitants et élus. exemple. Attention à bien ajuster les
délégués suppléants permettent Et une fois par an, l’intercommuna- calendriers des uns et des autres :
d’alléger la tâche des élus commu- lité a obligation de soumettre son les techniciens ne travaillent pas
nautaires en participant à des com- rapport d’activité à l’approbation de le week-end. Il est par ailleurs bon
missions, car ceux-ci risquent vrai- chaque conseil municipal des com- qu’un élu s’entoure d’autres élus
ment la surcharge de travail. munautés de l’intercommunalité. d’expérience.

17
INTERCOMMUNALITÉS

La mutualisation, c’est quoi ? PAROLES D’ÉLUS

Elle consiste à mettre en commun


des ressources, des moyens humains
et/ou matériels entre collectivités.
L’objectif est que l’usager bénéficie
d’un meilleur service pour un coût
optimisé. Elle prend différentes
formes, du partage de services au
transfert d’une nouvelle compétence
à la communauté. Bernadette Abiven,
Une mutualisation réussie repose adjointe au maire de Brest,
nécessairement sur l’engagement vice-présidente de Brest
des élus dans la démarche. Il s’agit métropole (29)
d’associer les agents à la mise en à la date de parution.
place des nouveaux services, en al-
lant à leur rencontre afin de lever les Jusqu’où peut aller la mutua-
doutes sur leur situation personnelle, lisation entre une ville et une
à propos de laquelle la loi prévoit plu- intercommunalité ?
sieurs garanties. Les CDG (Centre de Depuis 2001, nous avons une
gestion) et le CNFPT (Centre national gestion mutualisée entre la ville
de la fonction publique territoriale) de Brest et Brest métropole
peuvent apporter des réponses et océane. Nous disposons de plu-
des conseils, sous formes de mis- sieurs pôles qui comprennent,
sions temporaires ou de services plus chacun, un service communau-
spécialisés. Les conseils de l’Aric taire, un service ville et un service
La loi du 16 décembre 2010 fixe un commun aux deux entités. En
rendez-vous obligatoire en 2015, date
à laquelle un schéma de mutualisa- >> Les réalités de terrain : 2008, a été instituée une gestion
unifiée du personnel : tous les
tion des services entre la communau-
té et ses communes membres devra
des syndicats de proximité agents de Brest sont employés
par Brest métropole océane.
être élaboré. Il est déjà possible de Plus de doublon de cabinet ou
s’engager dans cette démarche. L’an- Si une compétence n’est pas exercée ments ? Prendre en charge tous les de DRH. Les communes de la
ticipation et le respect des différentes par la communauté et dépasse le jeunes ? Choisir la forme juridique la communauté urbaine n’ont pas
étapes sont des gages de réussite. cadre communal, créer un syndicat mieux adaptée au projet : syndicat ? fait ce choix, craignant peut-être
avec les communes voisines peut Centre social ? CIAS (Centre inter- d’être dépossédées de la gestion
être la solution. Que faut-il pour me- communal d’action sociale) ? du personnel. Mais on avance en-
ner une politique, par exemple celle - Pour que l’intérêt général prédo- semble sur des thématiques qui
de l’enfance-jeunesse, au sein d’un mine, il est préférable de répartir les font consensus : la formation ou
syndicat intercommunal ? participations des collectivités au syn- la prévention des risques psycho-
- Avoir une volonté forte de travailler dicat non pas au nombre d’enfants ou sociaux, par exemple.
ensemble. de jeunes aidés, mais selon la popu-
> POUR ALLER PLUS - Favoriser une logique de territoire, lation des communes
de déplacement de la population - Travailler sur des projets fédérateurs.
LOIN... et écrire un projet politique sur les Garder le lien avec les associations
valeurs communes, les objectifs à locales, mettre en œuvre une logique
‡Atelier - 24e convention de atteindre, les moyens humains, tech- d’équité en termes d’animations sur
l’AdCF : Les schémas de niques. l’ensemble des communes.
mutualisation en mode - Réaliser un diagnostic. - Informer, expliquer les actions du
pratique. 04/10/2013. - Réfléchir aux compétences qu’on syndicat au sein des conseils muni-
www.adcf.org/files/Conv2013_ exercera : faut-il financer les équipe- cipaux.
atelier_mutualisation.pdf Nicolas Morvan,
ancien président
‡Ressources humaines de la communauté
- Repères, références et
tendances statistiques. Juin
>> Des professionnels des ressources de communes du pays
de Quimperlé (Cocopaq) (29).
2013. AdCF / CNFPT.
www.adcf.org/files/adcf-cnfpt-
humaines pour vous aider Quelles mutualisations ont été
etude-RHeffectifs-juin-2013.pdf effectuées au sein de
Les Centres de gestion (CDG) et le les collectivités dans : Cocopaq ?
‡Ressources humaines - La Centre national de la fonction pu- - La mise en place d’une méthodolo- La formation des fonctionnaires
mutualisation des services : un blique territoriale (CNFPT) sont des gie de travail. territoriaux, d’abord. C’est Coco-
enjeu d’intégration outils au service de l’intercommuna- - La réalisation d’état des lieux et de paq qui s’occupe de lancer tous
intercommunale, études de lité et de la mutualisation. diagnostics organisationnels. les marchés. Résultat : des agents
cas Mai 2011. AdCF / INET. Lors de la mise en œuvre des opé- - L’examen des situations statutaires de nombreuses communes ont
www.adcf.org/files/ADCF- rations de mutualisation, considérer et des modalités de mutualisation. été en formation, y compris en
EtudeRH-110422-Vdef.pdf que le dispositif statutaire réglera - L’élaboration de conseils dans le local, alors qu’ils n’y allaient pas
tous les problèmes est un raisonne- management, les relations sociales, avant. Nous avons aussi mutua-
‡Sites départementaux des ment un peu court qui peut causer la circulation de l’information. lisé la formation des élus. Ponc-
CDG : retrouvez les missions bien des désagréments. Il faut au tuellement, on a mutualisé des
d’accompagnement à contraire, très en amont, associer les La formation constitue également commandes publiques ou le
l’intercommunalité. personnels à leur propre projet. Sans une démarche incontournable et le renouvellement du parc informa-
leur participation active, c’est toute la CNFPT est le partenaire naturel à tique dans les médiathèques.
dynamique de l’intercommunalité qui ce niveau. Cet établissement met Mais il faut ensuite trouver des
peut être remise en cause. à disposition des collectivités son lieux de débat démocratique
Dans cette démarche délicate, une expérience et son expertise. Ainsi il pour faire vivre la mutualisation. Il
assistance extérieure peut apporter propose des actions de formation manque des conseillers commu-
un précieux concours. thématiques. nautaires délégués rémunérés.
Ainsi les CDG pourront accompagner N’hésitez pas à les contacter !

18
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19
FINANCES - MArChéS publICS

les grands principes PAROLES D’ÉLUS

budgétaires
Le vote du budget permet de traduire
financièrement des choix politiques. Il
est régi par des principes essentiels
à sa bonne compréhension et doit
obéir aux règles traditionnelles de
finances publiques.
Michèle Moisan,
Équilibre. Les budgets locaux doivent maire de Fréhel (22).
obligatoirement être votés en équi-
libre. Un emprunt ne peut pas être Comment reprendre une
remboursé par un autre emprunt. commune qui a des problèmes
financiers ?
Unité budgétaire. Toutes les recettes En début de mandat, avec une
et dépenses doivent être retracées adjointe aux finances très com-
dans un document unique. pétente, on a décortiqué tous les
budgets pour comprendre d’où
Universalité. L’ensemble des dé- venaient les problèmes. On s’est
penses et des recettes de la collec- rendu compte que tous les lotis-
tivité sont totalisées, sans affectation sements étaient en déficit. Un
des unes aux autres. Dépenses Recettes terrain avait pu être acheté à 21 €
Charges : fluides, entretien... Recettes des services le m2, alors que nous en avons
Annualité. L’exercice budgétaire doit ensuite acheté à 2,50 € le m2. On
Fonctionnement

correspondre à une année civile. Ressources humaines a fait des basculements d’opé-
Recettes fiscales rations pour éponger le déficit.
Spécialité. Les dépenses et les re-
Participations et Aucune dépense n’a été enga-
subventions
cettes ne sont autorisées que pour un gée sans un bon de commande
objet particulier. Frais financiers du maire. On n’a effectué aucun
Autres dépenses de Dotations (DGF) et investissement avant l’année
Sincérité. L’ensemble des charges et fonctionnement participations dernière et on a réécrit toutes les
des produits prévus doivent être éva- fiches de poste, pour que la ges-
lués de façon sincère. épargne brute Autres recettes tion du personnel soit optimisée.
Au cours du mandat, on a ainsi
Séparation de l’ordonnateur et réduit l’endettement de près de
du comptable. Le maire, en tant 2 millions d’euros.
qu’ordonnateur, ne peut pas manier
directement des fonds publics. Cette Dépenses Recettes
fonction revient au comptable public, Remboursement de la dette épargne brute
qui vérifie la régularité et la possibilité
Investissement

budgétaire de l’opération.
Dotations
Acquisitions et travaux
Cessions
Subventions d'équipement
Subventions
d'investissement Emprunt

> POUR ALLER PLUS épargne nette


Philippe Caffin,
LOIN... ancien maire de Bruz (35).

Les conseils de l’Aric Comment faire un état des lieux


 Formations Aric pour connaître ses marges de
- S’initier aux finances locales. manœuvre financières et pré-
>> le budget doit exprimer voir les investissements ?
Parti sur la base de la confiance,
‡Finances locales. Éditeur :
LexisNexis, Collection une vision stratégique je n’ai pas commandé d’audit
«Les Fondamentaux». financier à mon arrivée. Mon
À la technicité des débats vient s’ajou- nancière d’une commune doit surtout équipe et moi-même connais-
ter un nouvel impératif : le contexte être perçue par les élus comme un sions bien les marges de ma-
‡Le budget communal.
Édition Pédagofiche.
actuel de restriction budgétaire. outil de management, déclenchant nœuvre serrées de la commune.
une dynamique collective : Cependant nous avons très vite
Des choix à faire. Il conduit aussi à constaté que la dette était plus
‡Guide de l’élu délégué au chercher avec les services commu- - De réflexion sur la structuration des importante qu’elle n’y paraissait.
budget. Territorial éditions, naux les économies à réaliser. Les coûts. Nous nous sommes appuyés sur
Dossier d’experts. élections municipales permettent à - D’élaboration d’outils de gestion effi- les services financiers de la com-
‡Budget des communes et des de nouveaux projets d’émerger. Ils caces. mune qui nous ont alertés sur
EPCI 2013. Éditions Berger- peuvent déclencher de nouvelles - Et d’outils d’évaluation afin de garan- le volume des investissements
Levrault. dynamiques, mais leur coût et le mon- tir l’efficience des dépenses locales. prévus. Nous avons dû revoir ce
tage du projet doivent être bien éva- Il convient donc de faire preuve d’une prévisionnel à la baisse. La réa-
‡www.collectivites-locales. lués, avec un souci d’économie. capacité d’adaptation et de détermi- lité de la situation financière s’est
gouv.fr (rubrique finances ner une stratégie financière qui soit en révélée plus complexe qu’elle n’y
locales). Du contrôle budgétaire au contrôle adéquation avec le projet politique et paraissait.
de gestion. L’analyse de la santé fi- les contraintes budgétaires exogènes.

20
FINANCES - MArChéS publICS

budget : qui fait quoi et quand ?


Les acteurs. Avec l’aide des maires- Les différents documents budgé-
adjoints et des services commu- taires et leur calendrier. Le budget
naux, le maire prépare le budget. primitif rassemble l’ensemble des dé-
Dans les deux mois précédents, un penses et recettes prévisionnelles de
débat d’orientation budgétaire (Dob) la commune. Il doit être voté au plus
doit avoir lieu dans les communes tard le 15 avril (et avant le 30 avril pour
de plus de 3500 habitants. Pour les les années électorales).
autres communes, ce dernier n’est Les documents d’ajustement. Les
pas obligatoire mais souhaitable. Ce décisions modificatives autorisent
projet est ensuite proposé au vote du de nouvelles dépenses et recettes
conseil municipal qui est libre de le jusqu’au terme de l’exercice auquel
modifier. elles s’appliquent.
Les comptes de résultat. Le compte
En matière de contrôle, le budget pri- de gestion du trésorier et le compte
mitif de la commune est transmis au administratif du maire sont établis
préfet, au plus tard quinze jours après après la clôture de l’exercice et doivent
le délai limite fixé pour son adoption. être conformes. Il sont votés par
À défaut de transmission, le pré- le conseil municipal au plus tard le Le budget primitif doit être voté au plus tard
fet saisit la Chambre régionale des 30 juin de l’année suivante.

Fotolia
le 15 avril, ou avant le 30 les années électorales.
comptes.

Calendrier des documents budgétaires


Mars Vote du budget primitif et des budgets annexes de l’année
Année
N Vote du compte administratif et du compte de gestion de l’année
Juin
précédente
Année
N+1
Janvier Vote de la dernière décision modificative de l’année PAROLES D’ÉLUS

Les conseils de l’Aric

>> le budget, outil de pilotage


politique
Au lendemain des élections, il est Traduire le programme municipal
nécessaire de prendre connaissance dans le budget. Intégrer des règles
des marges de manœuvre et d’éva- de prudence sur l’évolution des dota-
luer les conséquences budgétaires tions et des subventions perçues ;
de la réalisation du programme réaliser une prospective globale en
électoral. fonctionnement et investissement Christine Souef, Stéphane Birault,
pour fixer des priorités ; mettre en directrice des services, ancien maire de Meucon (56).
Apprécier les marges de ma- place ou actualiser une comptabilité Argentré-du-Plessis (35).
nœuvre. Analyser les finances des analytique pour ajuster au fil de l’eau Entre projets et ressources
années précédentes pour connaître les coûts de revient et les tarifs. Quel est le rôle des DGS par financières disponibles, quels
les tendances ; calculer l’évolution de Les élus doivent se former aux enjeux rapport à la préparation du ajustements les élus doivent-ils
la capacité de désendettement pour de l’analyse financière pluriannuelle budget ? faire ?
prévoir les emprunts possibles, ainsi de leur collectivité. Ils peuvent s’ap- Le directeur général des ser- La phase préliminaire d’étude
que la capacité d’autofinancement ; puyer sur le responsable administra- vices a un rôle de manager dans approfondie d’un projet et de son
connaître le produit des recettes fis- tif des finances et le trésorier, et, si la préparation du budget. En cahier des charges, me semble
cales directes et indirectes et celui nécessaire, se faire assister par un commission, les élus examinent primordiale. Il est essentiel de
des tarifs. expert. les projets, les demandes des bien cadrer le projet, son objec-
associations et réalisent des arbi- tif au regard de l’intérêt collectif,
trages selon les priorités du man- connaître sa durée par rapport à
dat et les capacités financières celle du mandat et les sources
> POUR ALLER PLUS LOIN... de la commune. Sur la base de de financement disponibles.
ce travail en commission, nous Une fois le cadre bien posé,
 Formations Aric
réalisons en interne une pre- l’analyse financière prospective
- Programmer vos projets au regard des finances de la commune. mière ébauche du budget, en permet de cerner les capacités
- Analyse financière : outils et enjeux étroite collaboration avec le ser- d’autofinancement de la collec-
vice comptable. Le document tivité. On peut aussi s’interroger
est ensuite soumis à l’ensemble sur les outils dont on dispose
‡Gestion des collectivités locales et financement des projets territoriaux. des élus, qui l’examinent à huis pour optimiser les subventions
Éditions Lavoisier, 2013.
clos. Après les réajustements qui et travailler sur une analyse des
La prospective financière : élaborer et piloter sa stratégie de moyen terme.
peuvent s’avérer nécessaires, dépenses. Il s’agit de trouver un
Territorial éditions, 2013.
le projet de budget est soumis juste équilibre entre la recherche
au vote du conseil municipal. de ressources en termes de fi-
‡Guide du budget. Guy Boudau, avec le concours des Associations des maires En synthèse, on peut dire que nancement et les marges d’éco-
de la région des Pays de la Loire et d’Ille-et-Vilaine, de Mairie 2000 le DGS est le chef d’orchestre nomies potentielles à trouver.
et de la Caisse d’Épargne. chargé de mettre en musique les
orientations et les décisions des
‡www.economie.gouv.fr/cedef/chiffres-cles-budgets-collectivites-locales -Le élus.
portail de l’économie et des finances.

21
FINANCES - MARCHÉS PUBLICS

Les impôts locaux et PAROLE D’ÉLU

la réforme de la fiscalité locale


Cette réforme se traduit par une - Remplacement de la taxe pro- - Transfert de la part départemen-
modification du pouvoir fiscal des fessionnelle par la Contribution tale de la taxe d'habitation au profit
communes en faveur de la fiscalité économique territoriale (CET), qui de l'intercommunalité.
sur les ménages et au détriment revient principalement aux dépar-
de celle sur l’activité économique. tements.

Grégoire Super,
Exemple : la taxe d’habitation d’un contribuable breton maire de Locminé (56).

Quels financements croisés pour faire


aboutir un projet original tel que Liger ?
Le projet Liger (Locminé innovation ges-
tion des énergies renouvelables) a été initié
par la commune de Locminé et est porté
par une société d’économie mixte au sein
de laquelle la commune est majoritaire.
Son objectif est de produire de l’électricité
et de la chaleur « vertes », du biocarburant
et des biofertilisants. En termes de finance-
ments, nous avons donc sollicité en priorité
l’Ademe (Agence de l’environnement et de
la maîtrise de l’énergie) via le fonds chaleur
et le fonds déchets, qui a attribué 3,4 M€
au projet, sur un coût total de 14 M€. Un
financement moteur derrière lequel a
suivi celui du département du Morbihan
(1,2 M€), de l’agence régionale de l’Eau, de
l’Europe via le pays de Pontivy et le fonds
Les conseils de l’Aric européen Feder. Ce fut également un levier
pour s’assurer une part du financement
par des emprunts bancaires.
>> Approche pluriannuelle
Nous tendons à passer d’une politique fiscalité) dans un cadre global d’équi- la fiscalité locale
« à la demande » (ou de « guichet ») libre budgétaire intercommunal sur
à une stratégie de contrat pluriannuel plusieurs années Communes EPCI à fiscalité Département Région
Principales taxes
(ou de projet). Les contrats avec le département et propre
Les accords financiers pluriannuels la Région : Taxe d’habitation ✗ ✗
au sein de la communauté et avec - Le contrat de territoire : répartition des
les communes : enveloppes attribuées par le conseil Taxe foncière sur
✗ ✗ ✗
- Besoin de lisibilité et d’un enga- général, entre les actions de fonction- les propriétés bâties
gement des finances sur plusieurs nement et les projets structurants. Taxe foncière sur
années pour des investissements - Le contrat de pays : une négociation ✗ ✗
les propriétés non bâties
importants en ayant une approche entre les communautés sur les aides
Cotisation
pluriannuelle des dépenses et des attribuées. Les élus communaux foncière des ✗ (1) ✗
recettes. doivent participer aux débats sur ces entreprises
- Définir le niveau de la redistribution attributions en ayant une double vi- Contribution
financière aux communes (subven- sion : intercommunale et communale. économique Cotisation
territoriale sur la valeur
tions d’équipements, reversement de
(CET) ajoutée des ✗ (1) ✗ ✗ ✗
entreprises
>> Quelles ressources (1) Une
CVAE
partie de cette cotisation est reversée aux communes.
pour l’intercommunalité ?
Le pacte financier du bloc local. Les élus devront adapter la fiscalité
Les relations financières entre la com- communale en fonction des compé- > POUR ALLER PLUS LOIN...
mune et la communauté sont de plus tences exercées par la communauté.
en plus importantes. Le pacte financier Peu de leviers existent pour les com-
 Formations Aric
entre les deux niveaux est essentiel. munes sur la fiscalité d’entreprise qui
- S’initier aux finances et à la fiscalité intercommunales.
Les élus vont débattre du niveau des est quasiment « communautarisée » et - Comprendre les finances et la fiscalité intercommunales.
dotations communautaires : relativement figée, excepté sur le fon-
- Les modalités de calcul et l’évolution cier.
de l’attribution de compensation (AC) Un débat important sera mené sur la ‡Gestion financière des collectivités locales.Éditions Le Moniteur.
liée au partage de fiscalité locale et fiscalité communautaire, à partager en
aux charges transférées seront étu- fonction des services assumés par la
‡Coopération Intercommunale Partie 1 : Bilan et droit. Partie 2 : Les différents
diées. commune et ceux par la communauté.
régimes fiscaux. Partie 3 : Les dotations de l’État : DGF et DETR.
- Le niveau de la dotation facultative de Il s’agit de faire des choix entre la com- Fiches pédagogiques de Mairie-Conseils, 2013,
solidarité communautaire (DSC) et ses mune et l’intercommunalité pour priori- www.mairieconseils.net
critères de répartition sera évalué. ser, redimensionner, abandonner par-
La possibilité de fonds de concours fois certains projets afin de permettre
pour des projets structurants devient l’aboutissement d’autres et maîtriser la ‡www.impots.gouv.fr (rubrique collectivités locales).
un enjeu. pression fiscale.

22
FINANCES - MArChéS pubLICS

Les marchés publics : principes et acteurs


de la commande publique
Le choix des prestataires d’un mar- - La commission d’appel d’offres
ché public n’est pas laissé totale- (CAO) contrôle les candidatures des
ment au bon vouloir des collectivités. entreprises.
Il est soumis aux règles de mise en - Le maître d’œuvre (architecte ou bu-
concurrence, définies par le code reau d’études) est chargé de l’étude
des marchés publics. La procédure du projet et de la coordination du
doit respecter trois grands principes : chantier. Il est à l’interface entre le
la liberté d’accès à la commande client et les entreprises qui exécutent
publique, l’égalité de traitement des les travaux.
candidats et la transparence des pro-
cédures. Les besoins que la commune veut
satisfaire doivent nécessairement être
Les procédures à respecter diffèrent définis à l’avance, en mettant dans
en fonction des montants hors taxe la balance les objectifs à atteindre et
engagés pour l’achat public et de les moyens d’y parvenir. L’assistance
l’objet du marché (fourniture, service, à maîtrise d’ouvrage permet de défi-
travaux). Elles sont plus ou moins nir les implications financières, tech-
contraignantes en termes de trans- niques et managériales du projet.
parence et de négociation, selon les
seuils de prix. Une mauvaise définition des besoins
en amont de la procédure est source
Rôle de chacun des acteurs de surcoûts bien souvent très élevés.
- La commune est maître d’ouvrage
d’un projet. Les conseils de l’Aric

PAROLES D’ÉLUS
>> Comment choisir les meilleurs
prestataires ?
Les marchés publics font peur par les À ne pas respecter ces principes,
risques encourus et la lourdeur des on risque :
procédures. Et pourtant, leurs prin-
cipes fondamentaux sont au service - Une annulation du marché.
des acheteurs. - Des condamnations pénales et
L’établissement d’un cahier des civiles des élus.
charges clair et précis permet de pro- - Un discrédit sur la probité des élus
céder à des choix justes. et une source d’inéligibilité.
La concurrence entre les prestataires
permet de choisir le « mieux-disant » Il est préférable d’adopter un règle-
et pas le « moins-disant ». ment intérieur de l’achat public, qui
Louis Dubreil, David Le Solliec, L’égalité de traitement des candidats s’appuie sur les règles du code, pour
maire de Saint-Brice- maire de Gourin (56). nécessite des règles du jeu claires et se sécuriser et bien acheter. Il déter-
en-Coglès (35). une réalisation de la prestation dans mine le rôle des élus et des agents
Contraintes des marchés pu- un climat serein. durant toutes les étapes, de l’analyse
La méconnaissance des procé- blics et marges de manœuvre La transparence des procédures doit du besoin d’achat jusqu’à la réalisa-
dures peut coûter cher à des élus ? justifier la dépense et le choix du ga- tion de la prestation.
un élu : sur quoi faut-il être Les nouvelles directives euro- gnant de la consultation.
vigilant ? péennes vont répondre, espé-
En commission d’appel d’offres, rons-le, aux inquiétudes des élus
il est important de rester ferme face aux procédures d’attribu-
sur la méthodologie et intransi- tion des marchés publics. Car
geant sur le cahier des charges, aujourd’hui les élus doivent faire > POUR ALLER PLUS LOIN...
selon les termes prévus par face à une évolution constante
le code des marchés publics. des textes.
 Formations Aric
Le cahier des charges définit Autrefois, des représentants de
- La mise en œuvre et la conduite d’une opération communale dans le
des critères précis auxquels les la DGCCRF (Direction géné-
respect du code des marchés publics.
entreprises postulantes doivent rale de la consommation, de la - Comprendre le code des marchés publics pour en faire un outil d’achat
répondre le mieux possible. Les concurrence et de la répression public efficace.
dossiers des postulants sont des fraudes) étaient présents
étudiés, notés et classés en lors des commissions d’appels
groupe de travail, dans la plus d’offres. Ce n’est plus le cas. ‡Vade-mecum des marchés publics. Édition La documentation française.
‡Abécédaire des marchés publics. Territorial éditions, Dossier d’experts.
grande transparence possible. De plus, les entreprises non
‡Comprendre simplement les marchés publics, Le Moniteur, Collectif
Les entreprises retenues doivent retenues exigent, la plupart du
Groupe Moniteur.
être celles qui répondent le plus temps, des argumentaires précis
précisément aux différents cri- sur l’attribution du marché. Cet
tères, définis par le cahier des ensemble d’éléments les place ‡www.economie.gouv.fr/daj/marches-publics
charges. Le choix de la commis- dans une insécurité juridique im- Ministère de l’Économie et des Finances.
sion doit être incontestable car portante. Les élus ont donc as- ‡www.boamp.fr - Bulletin officiel des annonces des marchés
aujourd’hui, dans une grande sez peu de marge de manœuvre. publics.
majorité des cas, les entreprises Le mieux-disant se transforme
non retenues demandent un bien souvent en moins-disant.
argumentaire de choix.

23
URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS

PLU et PLUi : des outils au service


du développement
L’aménagement du territoire d’une commune
et son développement sont organisés à tra-
vers le Plan local d’urbanisme (PLU). Il est en-
core possible, mais pas souhaitable, pour les
petites communes de réglementer leur urba-
nisme par une carte communale ou de rester
sous l’égide du Règlement national d’urba-
nisme. Le PLU est réalisé dans une démarche
prospective pour assurer un développement
cohérent du territoire.
Depuis Grenelle II, en 2010, l’élaboration du
PLU doit davantage s’inscrire dans un objectif
de développement durable. Ainsi, il nécessite
d’être compatible avec le Schéma de cohé-
rence territoriale (Scot) et le Programme local
de l’habitat (PLH) et de prendre en compte,
entre autres, les trames vertes et bleues.
Depuis 2011, les PLU intercommunaux sont
expérimentés. Ce transfert de compétences a
été prévu par le législateur pour mettre en co-
hérence des politiques d’urbanisme à l’échelle
intercommunale.
La loi Alur du 24 mars 2014 continue à appor-
ter de nouvelles précisions dans le domaine
de l’urbanisme et du logement.

PAROLES D’ÉLUS
Les conseils de l’Aric

>> Les autorisations d’urbanisme


En ce domaine les règles évoluent très - Analyser la demande sous forme de
rapidement. Il faut donc toujours s’assu- questions/réponses : cette discussion
rer auprès des services de la collecti- peut permettre d’attirer l’attention du
vité de la dernière réglementation en demandeur sur les enjeux fonciers et
vigueur (les déclarations de travaux, les architecturaux de son projet (optimisa-
permis de construire ou les certificats tion des surfaces, adaptation du loge-
d’urbanisme, les permis d’aménager). ment à la vieillesse, au handicap, éco-
Chrystèle Bertrand, Christian Urvoy, Lors des changements de municipa- nomies d’énergie…).
adjointe à l’urbanisme maire de Binic (22). lité, certains administrés peuvent avoir - Anticiper les questions du deman-
et aux sports. Iffendic (35). tendance à profiter de l’alternance pour deur (connaître les démarches et l’ordre
Comment articuler le PLU représenter des demandes refusées. de grandeur des différentes taxes).
Quel est le rôle de l’adjoint à l’ur- et le Schéma de cohérence Quand un habitant se présente pour un
banisme dans une commune de territoriale (Scot)? document d’urbanisme, l’élu, aidé des À noter que l’État n’assure aujourd’hui
plus de 4 000 habitants? services, doit être attentif à : qu’un contrôle de légalité. Se pose la
Le Plan local d’urbanisme (PLU) - Vérifier la constructibilité. question des moyens de l’instruction.
En lien avec la population, les et le Schéma de cohérence ter-
aménageurs publics et privés, ritoriale (Scot) sont deux docu-
l’adjoint à l’urbanisme a pour ments de nature différente. Les
mission d’étudier les projets de PLU locaux sont des documents
construction et de rénovation opérationnels, prescriptifs et op- > POUR ALLER PLUS LOIN...
sur la commune, au regard du posables aux tiers. Ils définissent
Plan local d’urbanisme (PLU). le projet global des communes  Formations Aric
Son rôle consiste aussi à enga- en matière de développement - Initiation à l’urbanisme
ger des études de projet afin de urbanistique. - Comment réaliser une Zac
mener des opérations d’aména- Le Scot est un document d’orien-
gement et de construction, en tation, élaboré et approuvé par ‡L’essentiel du droit de l’urbanisme. Éditions Gualino, collection carré rouge,
cohésion avec les attentes et les les élus du territoire. Il condi- 2013.
besoins du territoire. Il est égale- tionne néanmoins le contenu du ‡Guide de l’élu délégué à l’urbanisme. Novembre 2012. Territorial éditions.
ment chargé de suivre l’évolution PLU, qui lui, a une force régle- ‡Dossier d’experts. Schéma de cohérence territoriale : contenu, méthode et
des documents d’urbanisme. Au mentaire. Ainsi, lorsqu’une com- intérêt. Mairie-Conseils 2012.
cours d’un mandat, le plan local mune du pays de Saint-Brieuc ‡Plans locaux d’urbanisme intercommunaux. Retours d’expériences - Des pistes
d’urbanisme peut être révisé ou comme Binic révise son PLU, pour demain. Editeur(s) : Certu, Collection : dossiers Certu.
modifié, en fonction de l’évolu- elle va faire en sorte de suivre ‡Plans locaux d’urbanisme intercommunaux. Témoignages, enquête et analyse
tion des contextes. À mon sens, les préconisations du Scot, en des pratiques communautaires. AdCF 2013.
ce travail est nécessaire durant matière d’économie de foncier et
un mandat pour revoir le déve- va trouver des terrains construc- ‡Étude de l’Acdf sur les PLU intercommunaux :
loppement urbain de la com- tibles pour limiter l’étalement www.adcf.org/files/Etude-PLUi-web-2013.pdf
mune. urbain, tout en favorisant la den- ‡Guide pour l’élaboration d’un PLU :
sification urbaine. www.arpe-mip.com/files/GUIDE_PLUI_Octobre2007.pdf

24
URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS

Les outils de la maîtrise foncière


De nombreux outils existent mais le
premier d’entre eux est un PLU bien
élaboré.

Les principaux outils :

- Déclaration d’utilité publique.


- Zone d’aménagement concerté
(Zac).
- Zone d’aménagement différé (Zad).
- Droit de préemption urbain (DPU).
- Expropriation.
- Convention avec la Safer et relation
aux domaines.

Les situations particulières :

- Zone littorale.
- Périmètres Bâtiment de France.
- Zone de Protection du Patrimoine

Hugues Panon
Architectural, Urbain et Paysager
(ZPPAUP).
- Natura 2000. Des élues en discussion devant la carte de la commune.
- Zone humide.

Autant d’outils difficiles à résumer plus adaptés à leur territoire et leurs conscience de la complexité et de la La prise de distance par rapport aux
en quelques lignes, mais qui doivent projets. nécessité d’inscrire ces actions dans intérêts particuliers et immédiats
être compris par les élus. À eux d’ap- Formations et échanges d’expé- la durée au-delà du mandat, pour être est essentielle pour réussir dans ce
prendre à utiliser ceux qui seront les riences sont indispensables pour avoir efficace. domaine.

PAROLES D’ÉLUS

> POUR ALLER PLUS


LOIN...

 Formations Aric


- Pour agir sur les questions
foncières et agricoles.
Daniel Cueff, Daniel Grignon, Joseph Le Lez, - Formations en collaboration avec
maire de Langouët (35), ancien premier adjoint en charge maire de Breteil (35). L’EPF.
président de Foncier de l’urbanisme, Josselin (56).
de Bretagne. Quelle est la politique foncière
Comment Josselin travaille-t-il de la commune ? ‡Outils de l’action foncière
Quelles sont les missions de avec l’Établissement public fon- Conserver l’espace agricole et Centre d’études et d’expertise sur
l’établissement public foncier ? cier pour la densification démo- répondre aux besoins de loge- les risques, l’environnement, la
L’EPF de Bretagne a été créé graphique de son centre bourg ? ments sont deux logiques qui mobilité et l’aménagement.
en 2009 et est opérationnel La densification urbaine est un réel entrent en concurrence. Pour www.cerema.fr/ (rubrique
aménagement et urbanisme)
depuis 2010. Il est administré par défi pour une commune comme limiter l’étalement urbain sur les
un conseil d’administration de la nôtre qui possède un vaste terrains agricoles, les collectivi-
47 membres (représentants des patrimoine ancien classé et qui tés essaient d’utiliser les terrains ‡Le foncier et l’agriculture,
collectivités territoriales, chambres est entourée d’un tissu important et bâtiments non affectés dans développements récents.
consulaires, État). L’une de ses de petites communes attractives. les centres bourgs. C’est la den- Insee, revue Économie
principales missions consiste à Nous avons lancé une première sification urbaine. À Breteil, nous et Statistique n°444-445, 2012.
lutter contre l’artificialisation des opération avec l’Établissement pu- avons engagé un programme
terres agricoles. L’EPF travaille blic foncier de Bretagne, qui porte avec l’Établissement public fon-
avec les communes sur l’acquisi- sur le centre bourg. Nous avons cier de Bretagne (EPF), afin d’ac- ‡www.foncierdebretagne.fr/
tion de foncier disponible en cœur identifié un potentiel important de quérir 8 000 m2 de terrains en Établissement public foncier
de ville et de bourg et ce, afin de 200 à 250 parcelles à construire centre bourg. de Bretagne.
lutter contre l’étalement urbain en pour favoriser la densification, plu- Par ailleurs, nous menons depuis ‡www.safer.fr/
périphérie et favoriser le renouvel- tôt que l’étalement urbain sur des 25 ans une politique de réserve Sociétés d’aménagement
lement de la ville sur elle-même. terrains en périphérie. Cependant, foncière en extension urbaine. foncier et d’établissement rural.
L’autre mission de l’EPF consiste il est important que les communes Les 15 ha acquis permettent ‡www.chambres-agriculture.fr
à lutter contre l’augmentation du alentours mènent le même type de répondre à la demande de (thématiques/territoires/foncier-
urbanisme/Chambre d’agricul-
prix du foncier. L’EPF aide ainsi d’opérations. Josselin Commu- logements neufs pendant huit à
ture).
les communes à acquérir du fon- nauté a mis en place depuis 2006, dix ans. L’urbanisation peut ainsi
‡http://bretagne.developpement-
cier afin de faciliter notamment un Plan local de l’habitat, avec la se faire de façon régulière, 30 à durble.gouv.fr
les opérations dédiées aux loge- volonté de favoriser la rénovation 35 logements par an, pour un Charte pour une gestion
ments sociaux. du bâti ancien et l’acquisition de développement maîtrisé. économe du foncier en
terrains en cœur de ville. Bretagne.

25
URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS

Qu’est-ce que le Programme local de l’habitat ?


Le Programme local de l’habitat ou de l’EPCI, de manière qualitative
(PLH) permet de définir les priorités et quantitative, sur tous les types de
dans ce domaine et de programmer logement. De plus, les questions de
des actions et des investissements en la maîtrise de l’habitat et de la mixité
matière de logement. Il est établi pour sociale traversent la majorité des PLH.
six ans, généralement à l’initiative d’un - Le programme d’actions, qui est
EPCI, en association avec l’État et les établi en fonction des besoins de la
acteurs locaux. Il doit comporter : commune ou de l’EPCI. Les actions
peuvent être très variées, allant d’opé-
- Le diagnostic, qui est un état des rations de renouvellement urbain au
lieux du parc de logements privés et soutien aux copropriétés dégradées.
publics existant sur le territoire. Le PLH doit s’inscrire en cohérence
- Les objectifs du PLH. Ils sont d’as- avec les autres documents d’urba-
surer une offre de logement qui ré- nisme fondamentaux : Scot et PLU.
ponde aux besoins de la commune

Thierry Creux.

Les conseils de l’Aric

>> La densité de l’habitat PAROLES D’ÉLUS

en débat
L’urbanisation consomme de plus pour laquelle les élus ont un rôle à
en plus d’espace. Pour limiter ce jouer :
« grignotage », la question de la den- - Favoriser la mise en place de trans-
sité de l’habitat est devenue cruciale. port, d’équipement et de services
Il s’agit d’abord de s’occuper des de proximité. Combiner différentes
logements existants : lutter contre la formes urbaines pour satisfaire toutes
vacance par la rénovation (Opah), les demandes.
réhabilitation de friches. Occuper les - Favoriser la mixité sociale et entre les
espaces constructibles disponibles générations.
et adopter des formes urbaines adap- - Proposer une offre adaptée aux ca- Annie Pivette, Joseph Aulnette,
tées (maisons individuelles groupées pacités financières de la population et ancienne maire ancien maire de Rannée, était
ou petits collectifs). Il faut gérer les aux besoins du marché. d’Ercé-près-Liffré (35). en charge du Programme local
conséquences du développement Faut-il rappeler que ces choix néces- de l’habitat à la communauté
de la mobilité et de la décohabitation sitent une bonne maîtrise du foncier Quelle mixité sociale et de communes de La Roche-
pour que les constructions soient mo- et une pédagogie efficace auprès des générationnelle en milieu rural aux-Fées (35).
dulables et adaptables dans le temps. habitants qui voient leur voisinage et quelle politique de logement
C’est une vraie « révolution culturelle » évoluer ? social dans une petite Quel contenu pour le PLH ?
commune ? Notre programme local de l’ha-
Une révision du plan local de bitat (PLH) couvre la période
l’urbanisme (PLU) a été enga- 2010-2015. Des axes prioritaires
gée en 2007 afin d’introduire la ont été définis : la réduction du
notion de mixité dans l’habitat. nombre de logements vacants,
Une parcelle de 4 000 m2 a été l’amélioration du volet énergé-
> POUR ALLER PLUS LOIN... réservée en cœur de bourg pour tique, une augmentation de
un programme associant 50 % l’offre locative sociale, l’antici-
 Formations Aric de logements sociaux, en acces- pation du vieillissement de la
- Définir une politique d’habitat : 6 questions essentielles. sion aidée et en locatif avec un population. Notre outil majeur :
- Réussir son programme local de l’habitat. objectif de mixité intergénération- l’Opération programmée de
- Quelle offre sociale dans une politique d’habitat ? nelle. Cependant les problèmes l’amélioration de l’habitat (Opah)
du financement et de l’accom- dès juillet 2010. Ce dispositif
pagnement ont freiné le projet. a permis de réaliser 7 M€ de
‡Construire une ville participative en 10 questions.
Territorial éditions Dossier expert, janvier 2013.
Dans les bourgs éloignés des travaux dont 2,21 M€ de sub-
‡Habitat groupé participatif. Éditions Ouest-France. centres urbains, il faut convaincre ventions, allouées aux proprié-
www.editionsouestfrance.fr les promoteurs sociaux de la via- taires et locataires éligibles. La
bilité des opérations. Pour cela, réalisation du PLH a été rendue
la demande quantitative et quali- possible par la mobilisation de
‡www.anil.org/ Agence nationale pour l’information sur le
tative de logements doit être cer- la commission intercommunale
logement.
née, tout comme l’offre privée. Et de l’habitat et au dialogue étroit
‡www.anah.fr (rubrique l’action territoriale).
‡Agence nationale de l’habitat.
ce, afin d’argumenter auprès des avec les entreprises du secteur
www.collectivites-locales.gouv.fr/programme-local- acteurs de la promotion sociale du logement social et les maires
lhabitat et de coller au plus près des des communes concernées.
‡www.outil2amenagement.certu.developpement-durable. besoins présents et futurs des
gouv.fr populations.

26
URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS

Que peut faire une collectivité pour


le développement durable ?
Adopter une démarche de dévelop- « doux » (pédibus, vélo… ) et covoitu-
pement durable ce n’est pas seu- rage.
lement préserver l’existant pour les - Favoriser la biodiversité : exemple du
générations futures mais c’est aussi fauchage tardif.
agir localement dès à présent. Des ini-
tiatives sont prises aujourd’hui en ce Le conseil municipal, peut choisir
sens. Les élus peuvent s’en inspirer. d’élaborer un diagnostic et mettre en
place un Agenda 21 qui s’appuie sur
- Choix de construction en fonction de les 3 piliers du développement du-
normes environnementales. rable : économique, environnemental
- Initiatives concernant le tri des dé- et social. Cette démarche peut s’ins-
chets ménagers. crire dans un projet intercommunal.
- Campagnes de sensibilisation contre Des organismes de conseils spécia-
le gaspillage en eau par exemple. lisés peuvent être sollicités. La parti-
- Développement d’énergies renouve- cipation citoyenne est nécessaire à la
lables. réussite de cette ambition.
- Nouveaux modes de déplacements

Philippe Renault
> POUR ALLER PLUS LOIN...

 Formations Aric


- Construire un projet global de développement durable

‡Le maire et son écoquartier. Éditions Victoire.


‡Ecoquartiers en milieu rural ? Aménager durablement les petites communes. PAROLES D’ÉLUS
Éditions du Certu .

‡Portail des conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement :


www.fncaue.fr
‡Portail des Agendas 21 en France. www.agenda21france.org/
‡Observatoire national des Agendas 21 et pratiques territoriales du développe-
ment durable. http://observatoire-territoires-durables.org/
‡www.developpement-durable.gouv.fr/ (rubrique ville durable, aménagement et
construction durable).
‡Volet social des Agendas 21 et compétences des collectivités. www.projetdeter-
ritoire.com/index.php/content/download/18937/305192/file/note-Etd-Volet-So-
cial-Agendas-21.pdf
‡Le baromètre du développement durable.
www.barometredudeveloppementdurable.org/ Léon Quilleré, Joël Labbé,
‡Exemples d’initiatives de communes rurales et rurbaines. maire de Bieuzy (56). sénateur et ancien maire
www.bruded.org/ de Saint-Nolff (56).
Comment s’est créé l’éco-quar-
tier Le Méchennec ? Comment avez-vous élaboré un
En 2006, alors que nous venions Agenda 21 ?
d’adhérer au réseau Bruded, Dès 1997, Saint-Nolff a été décla-
Les conseils de l’Aric le besoin de créer un nouveau rée « commune du monde, liée
lotissement a émergé avec une à la communauté mondiale ». Ce
orientation vers le développe- fut la première ville en Bretagne
>> Évaluer : indispensable ment durable. L’objectif étant à s’engager dans une démarche
de loger les jeunes couples, d’Agenda 21 en 2005, déclinai-
pour progresser d’accueillir une nouvelle popu- son locale du sommet de Rio
lation. En 2009, la commune a de 1992. Dès lors, un diagnostic
Bien souvent l’action politique com- ger une démarche d’amélioration consulté l’atelier d’architecture en termes de développement
munale ne laisse pas beaucoup de continue. Cela permet également de Aya à Caudan, qui a proposé durable a été engagé, puis un
temps pour prendre du recul. rendre compte du travail accompli une organisation des lots et de la programme de 81 actions, défini
Pourtant, dans une réelle démarche aux usagers, aux habitants, sans avoir voirie. Les travaux de viabilisation lors d’ateliers participatifs (2005-
de développement durable, l’évalua- peur de dire la vérité, être transparent ont été réalisés fin 2010. Le pro- 2006). En 2007, l’Agenda 21 de
tion est une étape incontournable. et humble. C’est souvent un gage jet comprend 20 logements de la commune a été reconnu par
Les méthodes d’évaluation peuvent d’une meilleure démocratie ! niveau BBC dont 4 logements le ministère du Développement
souvent aussi être une opportunité Vouloir s’engager dans une démarche sociaux qui seront livrés fin avril durable. Le programme d’ac-
pour faire participer des acteurs : les globale de développement durable par Bretagne Sud-Habitat. Face tions a été confié à un comité de
habitants, les agents, les élus, le co- sans penser à évaluer, revient au final aux difficultés à commercialiser pilotage. En 2008, lors des muni-
mité de suivi, etc. à ne faire qu’une partie du chemin. les lots, le règlement de lotisse- cipales, notre projet politique a
Les outils peuvent aussi être mul- Réussir à mettre en place cette ment va probablement être revu. complètement intégré celui de
tiples : la grille d’analyse, l’enquête, culture d’évaluation reste un pari qui, Sans dénaturer toutefois l’esprit l’Agenda 21, que ce soit en ma-
l’interview, le groupe de travail, la en tant qu’élu, nous permettra d’être initial du projet. tière d’urbanisme, de gestion de
communication dans la presse ou sans aucun doute plus efficaces, plus la biodiversité, d’éducation...
dans un bulletin communal, etc. transparents et plus en lien avec nos
L’évaluation peut aussi faire émer- concitoyens.

27
URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS

Conserver, adapter et valoriser son patrimoine


Les collectivités locales détiennent un patri-
moine immobilier important. Il s’est accru au fil
du temps, notamment dans le cadre des trans-
ferts de compétences. Il se caractérise par sa
diversité (mairie, cimetière, édifices cultuels,
écoles, complexes sportifs, voiries, réseaux,
réserves foncières…). Il représente une charge
récurrente : en dehors des investissements
(achat, rénovation…), il faut prendre en compte
les charges induites, générées par tel ou tel
immeuble (chauffage, électricité, nettoyage…).
À côté du vivier d’économies possibles, l’émer-
gence de multiples normes sectorielles (loge-
ment, énergie, environnement…), conduit natu-
rellement à placer le patrimoine au cœur de
nouvelles exigences de performance.
De nouvelles contraintes législatives et régle-
mentaires s’imposent aux collectivités : régle-
mentation relative aux établissements recevant
du public ; efficacité énergétique ou encore
accessibilité des bâtiments.
En un mot, il faut professionnaliser la mainte-
nance.

Les conseils de l’Aric


PAROLES D’ÉLUS
>> Mise en valeur du patrimoine
historique
- Dès votre élection, créez une com- France de chaque département
mission Patrimoine, ouverte aux asso- peuvent vous conseiller, ce sont eux
ciations locales. qui, au final, donneront un avis favo-
- Faites l’inventaire du patrimoine de rable à votre projet.
votre commune : église, monument - Soumettez votre dossier au conseil
aux morts, chapelles, fours, puits, fon- général pour connaître le montant
taines, moulins, croix, calvaires… réali- des subventions.
sez une fiche par site. - Si le projet est d’envergure, consul-
Ellie Geffray, Henri Ribouchon, - Indiquez l’état de chaque monu- tez le conseil régional. Il est égale-
ancien maire d’Éréac maire de Cruguel (56). ment, bon état, restauration à prévoir. ment possible d’obtenir des aides de
et prêtre (22). - Demandez des devis auprès de pro- l’Europe.
Doit-on restaurer ou détruire fessionnels de la restauration, consul- - Contactez la fondation du Patrimoine
La commune doit-elle racheter le petit patrimoine ? Comment tez des artisans ou des entreprises ex- qui organisera une souscription visant
tout le patrimoine ? impliquer les habitants ? périmentés dans ce genre de travaux. à collecter des fonds en vue de la res-
La modularité me parait être une La communauté de communes - À cette étape, vous jugerez qu’il est tauration envisagée, cette animation
solution pragmatique et durable de Josselin compte de nom- peut-être utile de vous faire aider par citoyenne sensibilise la population.
pour conserver les édifices breux éléments de petit patri- un architecte du patrimoine.
religieux au bénéfice de tous. Il moine que nous nous attachons - Les architectes des Bâtiments de
devient nécessaire d’associer à conserver. Il s’agit principa-
les usages culturels et cultuels lement de croix, de calvaires,
pour pouvoir les conserver et les de lavoirs, de fours, des traces
entretenir. du passé rural qui, à mon sens,
Nos églises et chapelles sont doivent continuer à vivre. Cer- > POUR ALLER PLUS LOIN...
des bâtiments surdimension- taines communes ont confié leur
nés. Les travaux de sécurité et gestion à des associations cultu-
‡Direction régionale des affaires culturelles (rubrique région).
d’entretien coûtent chers à la relles qui se chargent de leur ré-
www.culturecommunication.gouv.fr/Regions
collectivité. Pourquoi ne pas novation. Ces projets portés par ‡Portail Les architectes du Patrimoine. www.architectes-du-patrimoine.org
les rénover pour qu’ils puissent des bénévoles se révèlent très ‡Base Mérimée du ministère de la Culture. Recensement du patrimoine
accueillir le culte mais aussi des fédérateurs, créent une dyna- monumental et architectural français.
événements : veillées, théâtre, mique citoyenne et contribuent à www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/
concerts... revitaliser les petits bourgs. Cela ‡Base de données du conseil régional de Bretagne. Inventaire général du patri-
Pour les petits travaux de réno- dit, il est important de garder une moine culturel. http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp
vation de certains bâtiments, la vision de territoire à l’échelle de ‡Sauvegarder et de valoriser le patrimoine rural non protégé.
commune s’appuie aussi sur les la communauté de communes www.fondation-patrimoine.org
associations de conservation de pour animer ce petit patrimoine
patrimoine, moyennant une mise lorsqu’il a été restauré. Afin qu’il
à disposition des lieux. Cela crée reste vivant et accessible à tous. ‡La maintenance du patrimoine bâti : optimiser la gestion des bâtiments publics.
une dynamique autour d’un par- Février 2014. Territorial éditions. Dossier d’expert.
tenariat où tout le monde est ‡Le domaine public des collectivités territoriales. Avril 2014. Territorial éditions.
gagnant ! Dossier d’expert.
‡Le domaine privé des collectivités territoriales. Novembre 2010.Territorial
éditions. Dossier d’expert.

28
URBANISME - HABITAT - TRANSPORTS

Transports : PAROLES D’ÉLUS

qui tient le volant ?

Yvon Mellet, Franck Guillouzouic,


maire de Teillay, président de ancien adjoint au
la communauté de communes développement durable et solidaire
du pays de Moyenne Vilaine et du à Questembert (56).
Semnon (35) à la date de parution.
Pourquoi la commune a-t-elle mis
La communauté a mis en place un en place un système d’autostop
transport collectif à la demande : participatif et de covoiturage ?
comment est-il organisé ? L’autostop participatif « Quest’ en
Notre territoire rassemble 16 com- pouce » a été mis en place en 2012

Thomas Brégardis
munes. Nous avons mis en place pour faciliter les échanges entre le
six lignes dites de rabattement qui centre-ville, le quartier Bel-Air et la
transportent les usagers depuis les gare SNCF, éloignée de quatre kilo-
différentes communes, vers la gare mètres. En 2009, la mise en service
SNCF la plus proche ou un arrêt des de navettes reliant Bel-Air et ses
lignes interurbaines. Ce système de 1 000 habitants à la gare, s’était
navettes vers le train ou le car per- avérée peu concluante avec un
Les transports collectifs sont sous L’organisation des transports sco- met de rejoindre notamment l’axe coût trop élevé. « Quest’ en pouce »
la responsabilité d’Autorités organi- laires est débattue au sein du conseil interurbain Rennes-Nantes. En com- propose une alternative avec un
satrices de transports (AOT). Actuel- général en lien avec le schéma dépar- plément, le transport à la demande autostop sécurisé. Les arrêts sont
lement, et bien souvent, les trains temental routier. fonctionne les mercredi, jeudi, same- signalisés. Les automobilistes et
relèvent de la Région, les liaisons di et relie les petites communes au les piétons participants doivent
interurbaines des départements et les On peut aussi, par exemple, déve- bourg centre. Le coût de l’ensemble s’inscrire en mairie. Pour l’heure,
bus des communautés. Cependant lopper le transport en milieu rural ou s’élève à 35 000 € par an. Pour l’usa- « Quest’ en pouce » rassemble une
la répartition des compétences, les à la demande, en complément des ger, le prix du voyage avec les lignes soixantaine d’usagers. Ce n’est pas
périmètres de transport, les modes bus urbains. Favoriser le covoiturage de rabattement s’élève à 2 €. Le dé- une réponse unique à la question
de financement et les responsabili- permet de diminuer la charge sur les marrage s’est fait en douceur. Nous des déplacements. Un système
tés, procèdent également d’accords transports collectifs et réduire l’écart avons encore une marge de ma- de prêt de véhicules pour faciliter
locaux. entre les territoires. nœuvre financière pour poursuivre le l’accès à l’emploi est en cours de
déploiement. réflexion.
Par exemple, les communautés ou les Il s’agit donc de se repérer parmi
syndicats peuvent devenir les interlo- tous les acteurs du transport avant de
cuteurs privilégiés à la place des com- prendre des initiatives nouvelles pour son coût trop élevé pour la collecti-
munes. qu’elles soient complémentaires. vité. De plus, il fallait un moyen de
connexion plus direct avec la gare.
Emmanuel Rousseau

Pour le transport ferroviaire la com- Nous avons donc mis en place,


mune doit négocier avec la Région et en complément, des navettes ur-
Réseau ferré de France. baines, à partir de la gare de Lam-
balle. Baptisé Distribus, ce service
à double détente fonctionne toute
l’année, avec des lignes urbaines
Loïc Cauret, régulières, du lundi au samedi. Dis-
Les conseils de l’Aric maire de Lamballe (22). tribus irrigue ainsi l’ensemble du ter-
ritoire de la communauté urbaine.
Comment établir une continuité La gare est devenue le pôle central
>> Du bon usage de la voirie des modes de déplacement ? des échanges. Aujourd’hui, le sys-
En 2006-2007, le transport à la tème s’est étoffé avec plus de lignes
demande, mis en place en 2001, et des arrêts plus nombreux. Nous
Ce domaine communal ou intercom- lisant par exemple les achats à plu- a explosé. Le système s’avérait sommes passés de 22 000 voyages
munal est très consommateur de cré- sieurs communes inadapté à la taille du territoire, annuels en 2010 à 31 000 en 2013.
dits. L’élu responsable de la voirie et
des travaux ne peut satisfaire toutes les - Le défaut d’entretien des voiries en-
demandes des administrés. gage la responsabilité de la commune.
Il faut en permanence surveiller et > POUR ALLER PLUS LOIN...
En matière de voirie : entretenir la voirie, notamment en cas
d’intempéries (salage en hiver et signa-
- Hiérarchiser les besoins et les plani- lisation temporaire).  Formations Aric
fier : il ne faut pas confondre sécurité - Organiser et gérer les travaux de voirie.
et confort sur la route. Certaines voies - Prévoir un plan de prévention et
principales et les abords du bourg de- d’action avec les équipes d’entretien : ‡Guide juridique de la voirie des collectivités territoriales. Janvier 2014. Territoriale
vront être fauchés 3 fois par an tandis astreinte du personnel d’intervention, éditions Dossier expert.
que les routes de campagne une seule moyens techniques à mobiliser.
‡Le Maire et les Transports. www.agir-transport.org/actus.php?id=44
fois.
‡Compétence voirie: un nouveau guide juridique réalisé par le GART et l'AdCF
- Gérer le Plan d’accessibilité voirie et http://www.gart.org/ (rubrique publications). Groupement des autorités respon-
- Valider la planification par l’ensemble équipements (Pave). sables de transport
des élus, ils seront aux premières ‡Concevoir une voirie accessible pour tous.
loges pour l’expliquer aux administrés. La voirie n’est pas seulement une www.developpement-durable.gouv.fr/Textes-de-reference-Prescriptions.html
infrastructure de transport mais aussi ‡Petits aménagements de sécurité, toutes les fiches de la collection. www.certu.fr
- Améliorer la sécurité en utilisant des un outil vital pour l’économie et le lien (rubrique voirie espaces publics).
outils (comptages routiers) en mutua- social.

29
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES ET SERVICES AU PUBLIC

Les acteurs du développement économique


Depuis les lois de décentralisation, l’innovation et de l’aide à l’export.
la compétence de développement Les EPCI (établissement public de
économique est essentiellement attri- coopération intercommunale) s’im-
buée à la Région, chef de file. pliquent dans l’aménagement des
Le développement économique fait zones d’activités, dans l’animation
partie des compétences obliga- économique et les communes conti-
toires des EPCI à fiscalité propre, nuent à soutenir le commerce de
dont le rôle a été reconnu en matière proximité.
d’aménagement, de gestion et de Les aides aux entreprises peuvent
commercialisation des zones d’acti- prendre la forme d’exonérations, de
vités. subventions, de soutien à l’immobilier
d’entreprises, de maintien à la créa-
D’autres acteurs interviennent tion d’emplois... Ce qui représente un
également : enjeu majeur pour la vitalité des ter-
- Les départements. ritoires.
- Les agences de développement
économique. Par ailleurs, les départements, les
- Les chambres consulaires communes et leurs groupements
peuvent participer au financement
En pratique : les régions prennent de ces aides dans le cadre d’une
en charge les dépenses en faveur de convention passée avec la région.

Thierry Creux
Les conseils de l’Aric

>> Outils à disposition des élus PAROLES D’ÉLUS


communaux et communautaires
Le bloc communes/communauté des entreprises et les équipements
dispose d’une panoplie d’aides indi- nécessaires.
rectes encadrées par la loi. - Prévoir les voiries et réseaux divers
liés à ces parcs d’activités.
Quelques actions possibles : - Accorder des garanties d’emprunt
- Faciliter l’accès des porteurs de pro- aux entreprises qui les sollicitent.
jets aux locaux d’activités (pépinières - étudier les possibilités d’exonération
d’entreprises). fiscale.
- Construire des ateliers relais avec, - Conduire des actions de marketing
par exemple, un crédit-bail permet- territorial.
tant aux créateurs d’acquérir progres- - Contribuer au développement Yves Josse, Michel Morvant,
sivement des locaux d’activités et à la des formations adaptées au tissu maire de Beignon (56). maire de Plouray (56),
commune de réaliser une « opération économique. président de la communauté
blanche » tout en soutenant l’activité. Comment intégrer le dévelop- de communes du pays du Roi
- Réhabiliter et densifier les parcs Les élus doivent faire des efforts pement durable dans un parc Morvan à la date de parution.
d’activités (comme par exemple le de communication et d’information d’activités ?
dispositif Qualiparc en Bretagne). auprès des entreprises sur les aides Le parc du Chênot, 20 ha situés Comment rendre son territoire
- Assurer la disponibilité foncière par et les dispositifs disponibles. dans la continuité du bourg, se attractif aux porteurs de
des acquisitions destinées à l’accueil positionne différemment des projets ?
zones d’activités (ZA) tradition- La communauté de communes
nelles. Cette ZA a été créée sur a développé un ensemble de
la base d’un cahier des charges dispositifs dédiés aux porteurs
> POUR ALLER PLUS LOIN... drastique qui allie le développe- de projets. Tout d’abord, deux
ment économique et le respect personnes du service éco-
de l’environnement. Pour cela, nomique sont chargées de
‡Piloter un contrat de partenariat dans une collectivité territoriale. éditions le projet répond à des objectifs l’accueil des personnes et des
Eyrolles, 2013. précis qui intègrent la notion de entreprises. Cela facilite leur
‡Favoriser le lien entre production et consommation : de nouvelles voies pour développement durable : une ar- démarche d’installation sur le
dynamiser l’entrepreneuriat local. www.projetdeterritoire.com chitecture cohérente avec le bâti territoire et permet de les orien-
(rubrique : nos publications, Notes d’Etd). existant, une mise en valeur du ter vers les bons interlocuteurs
‡Le guide permanent du développeur économique. Octobre 2013. patrimoine végétal, l’effacement (chambres consulaires, départe-
Territorial éditions Dossier expert. des réseaux, une signalétique ment, Région, ...) De plus, nous
‡Jean Ollivro - La Nouvelle économie des territoires. éditions Apogée, 2011. adaptée, des liaisons douces… avons créé une zone d’activités
Les entreprises sont sensibles à intercommunale afin d’accueillir
ce choix durable. Une quinzaine les entreprises dans des condi-
‡www.cci.fr/ Chambre de commerce et d’industrie de France. s’est déjà installée à Beignon. tions économiques favorables.
‡www.datar.gouv.fr/ Délégation interministérielle à l’aménagement Cela représente 700 emplois Un atelier-relais abrite de façon
du territoire et à l’attractivité régionale. dans des domaines d’activités temporaire une entreprise de
‡www.artisanat-commerce-tourisme.gouv.fr/ Le portail de l’artisanat, diversifiés. La dynamique est torréfaction. La communauté de
du commerce et du tourisme. lancée. communes intègre dans ses lo-
‡www.projetdeterritoire.com/ ETD – centre de ressources du développement caux une pépinière d’entreprises
territorial. (mise à disposition gratuite de
‡www.reseaurural.fr/ Centre de ressources, portail du développement rural. bureaux) et soutient le club des
Productions du groupe de travail entreprenariat rural. chefs entreprises.
‡www.adcf.org/developpement-economique.html

30
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES ET SERVICES AU PUBLIC

Réguler les implantations commerciales


Le commerce est un élément très Trois étapes sont nécessaires
structurant dans la vie des bourgs, des à sa construction :
villes petites ou grandes. Il est indisso- - Le diagnostic porte sur l’analyse de
ciable de la notion de centralité. l’offre marchande du territoire concer-
né (zone de chalandise).
Deux documents - La prospective/stratégie : identifie
de référence existent : les éléments d’évolution du territoire à
- Le document d’aménagement com- court et moyen termes.
mercial du Scot ou la charte d’urba- - Le plan d’actions propose les
nisme commerciale fixent un cadre moyens de mise en œuvre de la straté-
général. gie retenue (surfaces autorisées, typo-
- Le Schéma d’urbanisme commer- logies des commerces, localisation…).
cial document d’orientation et de straté-
gie en application de la charte. Son but Ces outils sont destinés à éviter le
est de favoriser l’équilibre entre l’activité développement anarchique du tissu
commerciale et artisanale, entre les commercial et régulent son activité.
structures de distribution, entre l’espace
urbain central et ses franges.

Les conseils de l’Aric

>> Revalorisation des centres bourgs et maintien des commerces de proximité


De nombreuses communes sont commerciales) et organismes de ma d’urbanisme commercial, Scot, nomique relative au(x) commerce(s)
concernées par la dévitalisation des conseil (agence de développement,…). PLU…). considéré(s).
centres bourgs/villes du fait notamment - Faire le point sur les sources de fi- Quelque soit le cadre de la démarche, Elle est également un partenaire incon-
du recul du commerce de proximité. nancement mobilisables, sur le cadre la CCI aura à fournir aux financeurs po- tournable en matière d’information et
Or, celui-ci occupe une place impor- légal et les outils réglementaires (sché- tentiels, une étude d’opportunité éco- de réflexion.
tante dans les économies locales en
matière d’animation sociale et d’attrac-
tivité des territoires.
L’enjeu mérite une réflexion approfon- PAROLES D’ÉLUS
die préalablement à la mise en place
éventuelle d’une politique locale s’ap-
puyant sur les divers fonds de l’état
(Fisac, Oparca) et aides des collectivités
territoriales.

Pour ce faire, il est opportun de :


- Conduire cette réflexion à l’échelle
de la communauté et de la zone de
chalandise.
- Y associer les acteurs locaux : institu-
tionnels (état et Collectivité), profession- Jean-Luc Couellan, André Fraval, Daniel Cueff,
nels (CCI, Chambre de métiers, unions maire de Rouillac (22). maire de Le Trévoux (29). maire de Langouët, président
de la communauté de communes
Comment maintenir un Comment mobiliser les du Val-d’Ille (35) à la date de
commerce de proximité ? habitants pour faire vivre parution.
Lorsque les propriétaires du der- les commerces ?
> POUR ALLER PLUS nier commerce ont annoncé leur Pour notre commune de 1 600 ha- Comment les maires discutent-
départ à la retraite, la commune bitants, il est essentiel de mainte- ils avec les enseignes pour pré-
LOIN... s’est porté acquéreuse des murs nir une surface alimentaire et une server les commerces de centre
du commerce tout en recher- boulangerie, notamment pour bourg tout en répondant aux
‡« Urbanisme commercial - une chant un repreneur potentiel. les personnes qui n’ont pas de nouvelles demandes des habi-
implication croissante des commu- Des travaux de rénovation ont été moyens de locomotion. Cepen- tants (drive) ?
nautés mais un cadre juridique à financés par la collectivité. Une dant, il faut que ces commerces Pour l’heure, aucun « drive » n’est
repenser ». Juillet 2012. www.adcf. étude de faisabilité a été conduite. puissent tenir dans la durée. Les installé sur la communauté de
org-etude Un commerçant ambulant qui associations locales y font donc communes du Val d’Ille. Pour agir,
‡www.cci.fr - Chambre de com- vendait déjà sur la commune, leurs achats tout comme la mai- les élus ont deux voies possibles :
merce et d’industrie de France. a repris le fonds de commerce rie, les écoles, etc. De leur côté, encadrer le développement des
‡www.artisanat-commerce-tourisme.
de cette épicerie-bar-tabac. Tout les commerçants jouent le jeu. La « drives » et autres enseignes de
gouv.fr/ Le portail de l’artisanat, du
s’est déroulé assez vite. Le com- qualité du service est là. De plus, ce type tout en favorisant le com-
commerce et du tourisme. Projets
merce n’a fermé qu’une quin- ils contribuent à animer la vie merce de centre bourg. Pour cela,
de loi « artisanat, commerce et TPE
». Avril 2014.
zaine de jours seulement. Cela locale. L’épicerie café est un lieu les élus doivent travailler sur un
‡www.insee.fr (thème commerce). aurait été plus compliqué si la de convivialité. Le commerçant Schéma de cohérence territoriale
‡www.reseaurural.fr collectivité n’avait pas anticipé la est investi en tant que secrétaire qui limite la part de foncier dédié
‡Fisac - Direction générale de la reprise. L’investissement reste im- du club de foot... Maintenir cet aux grandes surfaces. En restrei-
compétitivité, de l’industrie et portant (environ 90 000 €) malgré équilibre, c’est aussi empêcher gnant le périmètre, on peut ainsi
des services. www.dgcis.gouv.fr/ les aides du conseil général du le développement anarchique limiter les ambitions que sont les
secteurs-professionnels/artisanat/ Morbihan, de la région Bretagne de surfaces commerciales qui « drives ». Non considérés comme
le-fisac et du Fisac (Fonds d’intervention mettent à mal ces commerces de des surfaces commerciales de
pour les services, l’artisanat et le centre bourg. l’alimentaire, ils échappent à la fis-
commerce). calité propre appliquée aux com-
merces classiques.

31
ACTIVITéS éCONOMIQUES ET SERVICES AU PUBLIC

la création de services en milieu rural:


un défi collectif
La vie d’une commune, voire sa sur- En matière de services publics, on se
vie, tient le plus souvent à l’existence souviendra que la «mairie» est le pre-
de services publics ou de commerces mier d’entre eux et que par le biais de
sur son territoire. Il conviendra de conventionnements avec les services
mesurer les besoins de la population de l’État ou autres structures, des re-
en la consultant. La faisabilité devra lais peuvent être mis en place (ex : La
ensuite être étudiée. Pour le candidat Poste).
à l’implantation la même démarche Pour le candidat à l’implantation d’un
devra être entreprise. commerce, d’une activité artisanale
Une expertise externe sera le plus ou commerciale le projet devra être
souvent nécessaire. Pour les petites attentivement examiné avec la colla-
communes le soutien de la structure boration des établissements consu-
intercommunale sera le bienvenu, laires. La population devra aussi
d’autant que la réflexion engagée « jouer le jeu », en consommant loca-
pourra bénéficier à l’ensemble du ter- lement, dans son propre intérêt.
ritoire communautaire.

David Adémas
Les conseils de l’Aric Le maintien de services dans les petites communes est l'affaire
de tous. La population et les élus ont chacun leur rôle à jouer.
>> L’accès aux soins : un enjeu
pour tous PAROLES D’ÉLUS
La démographie des professions de professionnels de santé en exercice,
santé, la modification des aspirations favorise l’accueil et le maintien de
des jeunes praticiens entraînent des nouveaux professionnels de santé
évolutions significatives de l’organi- sur le territoire et permet de dévelop-
sation et de la répartition des profes- per de nouvelles modalités de prises
sionnels de santé sur le territoire. en charge de la population.
Ces évolutions posent des difficultés Il s’agit de projets structurants qui
d’accès aux soins pour les popula- demandent une énergie partagée
tions et poussent les communes et entre les élus et les professionnels de
les intercommunalités à être de plus santé libéraux.
en plus actives dans le champ de la Excepté la médecine de prévention,
santé. L’enjeu est de pérenniser un « en jachère », ces projets peuvent
accès aux soins de proximité et de s’intégrer à des plans locaux de san- Daniel Lorcy, Maurice Offret,
qualité pour tous. té qui s’intéressent à tous les autres ancien maire de l’île d’Arz (56). maire de Cavan, président
Les pôles et maisons de santé plu- domaines du secteur de la santé et de la communauté de
ridisciplinaires sont une réponse à peuvent aboutir à une contractuali- Comment avez-vous réussi communes du Centre Trégor
cette problématique. Ce mode d’or- sation entre l’Agence régionale de à maintenir l’école sur l’île ? (22) à la date de parution.
ganisation répond aux difficultés des santé et la collectivité. Maintenir une école passe par
l’accueil de jeunes couples et Qu’est-ce qu’une maison
donc la création de logements de service public ?
adaptés à des ménages à reve- En 2007, la communauté de
nus moyens voire modestes. Sur communes du Centre Trégor a
l’île d’Arz, le prix du foncier est créé une Maison du développe-
très élevé, il faut pouvoir propo- ment située à Cavan, le bourg le
> POUR ALLER PLUS LOIN... ser une alternative à ces jeunes. plus important de l’intercommu-
Il y a deux ans, nous avons ac- nalité qui regroupe 9 communes.
 Formations Aric cueilli un couple d’éleveurs, puis Il s’agissait au départ de regrou-
- Organisation de la santé : quel rôle pour les collectivités ? un couple de maraîchers. Nous per l’ensemble des services à
voudrions également favoriser la personne. Le besoin d’élargir
l’installation d’un paludier. Ces à d’autres partenaires s’est fait
‡Services au public. Quel diagnostic territorial pour quelle stratégie locale ?
Novembre 2013, Source ETD. www.projetdeterritoire.com (publications/guide).
familles, qui se sont agrandies, sentir en 2009, et grâce à des
souhaitent aujourd’hui vivre en aides publiques de la région Bre-
maison. Nous avons donc enga- tagne et de l’Europe, un poste a
‡Portail de l’Agence régionale de la Santé. www.ars.sante.fr gé une démarche pour leur faci- été créé. Ce relais d’informations
‡Réseau santé et territoire. www.sante-territoire.fr liter l’accès à des parcelles à un et d’orientation regroupe désor-
‡Pacte Territoire Santé du Ministère de la Santé.
prix accessible. En contrepartie, mais l’ensemble des services
www.sante.gouv.fr/pacte-territoire-sante.html
ces familles s’engagent à vivre publics dans le domaine de la
‡www.reseaurural.fr - Centre de ressources portail du développement rural.
Productions du groupe de travail Services en milieu rural.
sur l’île durant plusieurs années. jeunesse, de l’aménagement,
‡www.senat.fr - Questions orales sans débat Numéro 12685 publié au JO Sénat Notre école compte actuelle- du développement économique,
du 24/03/2011 : « Avenir des services publics en milieu rural ». ment 12 élèves. Dix-sept sont des services à la personne, de
‡www.datar.gouv.fr/charte-pour-lesservices-oublics-enmilieurrural (2006). attendus à la rentrée prochaine. l’emploi, etc. Cette initiative a per-
‡www.installation-campagne.fr mis de proposer de nouveaux
‡www.senat.fr - « Difficulté de recrutement des médecins de prévention », services comme le transport à
numéro 14505 publiée au JO du Sénat du 03/11/2011. la demande ou le portage de
repas.

32
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES ET SERVICES AU PUBLIC

L’agriculture au cœur de l’économie PAROLES D’ÉLUS

locale
Pour le Grand-Ouest, l’agriculture est un
secteur prédominant et un vrai défi pour
les collectivités en matière de gestion des
sols, de coexistence des activités et de
conflit d’usage.
Mickaëlle Piel,
Des chiffres qui peuvent vous inciter à adjointe à Guer (56).
prendre connaissance des données rela-
tives à votre territoire. Comment approvisionner les
Consultez votre Chambre d’agriculture cantines avec les circuits courts ?
départementale. Au moment du renouvellement
du marché, une attention particu-
lière est portée à la rédaction du
cahier des charges. Nous avons
Surface totale Part de la superficie mis l’accent sur la qualité des ali-
Nombre total Exploitations Exploitations agricoles
de la région agricole utilisée des ments, l’introduction d’aliments et
d'exploitations agricoles de moins de moins de 100 ha
en milliers d'ha exploitations en % de l’éducation au goût et aux saveurs.
agricoles en 2010 de 20 ha en 2010 ou plus en 2010
en 2012 la surface totale Des délais courts sont demandés
Bretagne 2 751 60% 34 447 33 % 11 % entre la cueillette et la livraison
pour garantir un maximum de fraî-
Basse-Normandie 1 774 68% 23 885 46 % 18 % cheur. Nous avons mis en place
une commission menus, consti-
Pays de la Loire 3 240 65% 34 344 32 % 21 % tuée d’élus, de la responsable
Source : Insee. des affaires scolaires, du repré-
sentant la société de restauration,
Les conseils de l’Aric de parents d’élèves et d’institu-
teurs. Une fois par trimestre, nous
faisons le point et apportons des
>> La gestion des échanges parcellaires suggestions pour améliorer le
déroulement des repas en res-
En raison d’un étalement urbain gran- départementales, cet échange volon- - pour les agriculteurs : en rapprochant pectant l’incontournable équilibre
dissant, les exploitants agricoles ont taire de terres peut être réalisé, entre des terres de leur siège d’exploitation, alimentaire.
perdu des terres proches du siège deux ou plusieurs agriculteurs, qu’ils ils vont accentuer leur efficacité éco-
d’exploitation et ont dû en racheter soient propriétaires ou locataires. nomique : baisse du temps de tra-
ou en louer d’autres afin de récu- vail, diminution de la consommation
pérer leur surface ou de s’agrandir. L’intérêt est : de carburant. De plus, ils pourront
Ils sont alors contraints de traverser emmener plus souvent leurs vaches
les bourgs pour aller cultiver leurs - pour la commune : regrouper le par- à pâturer, et donc avoir moins besoin
champs. L’échange parcellaire, per- cellaire améliore les conditions de sé- de cultiver du maïs pour les nourrir.
met d’améliorer la structuration des curité routière et réduit la détérioration
exploitations. de la voirie. En encourageant sa mise
en œuvre sur leur territoire, les élus fa-
Encadrés techniquement et juridique- vorisent un partage plus harmonieux Joseph Ménard,
ment par les Chambres d’agricultures de l’espace rural. maire d’Ossé (35).
> POUR ALLER PLUS
Quels outils sont à la
LOIN... disposition des élus pour
maintenir les parcelles

Bio et marchés publics  Formations Aric


agricoles ?
Des produits bio et locaux en restau-
La ligne LGV traversant la com-
ration scolaire c’est possible ! mune, les exploitations agricoles
allaient se trouver couper en
Depuis le Grenelle de l’environne- duits : calibrage, poids, fraîcheur, deux. Un constat partagé par
ment lancé en 2007, les collectivités goût, etc. ‡www.chambres-agriculture.fr toute commune située le long
locales sont devenues actrices du dé- – des lots pour des produits exclusi- ‡www.safer.fr - Sociétés du tracé. En lien avec la chambre
veloppement des produits bio dans la vement biologiques d’aménagement foncier et d’agriculture, nous avons mis
restauration collective. d’établissement rural. en place des mesures de réa-
Au moment de la sélection des offres, ‡www.projetdeterritoire.com - ménagement foncier afin que
Tout en respectant les principes les acheteurs peuvent : ETD – Centre de ressources du cet ouvrage structurant impacte
fondamentaux de la commande pu- – réaliser des tests de goût développement territorial. le moins possible le territoire et
blique, en ne favorisant pas abusive- – noter plus fortement les critères ‡www.unadel.asso.fr - Réseau les activités agricoles. En amont
ment la proximité, le code prend en environnementaux que celui du prix associatif des acteurs et des et avec la Safer, des réserves
compte de nouvelles notions : structures du développement local, foncières ont été constituées.
– le développement durable Les collectivités ont désormais des dans sa dimension participative et Des échanges parcellaires ont
– des critères de performance envi- moyens juridiques de participer à partenariale. été réalisés dès 2007 par les
ronnementale l’objectif national de 20 % de produits ‡www.reseaurural.fr - Centre communes volontaires, afin de
– les circuits courts bio dans la restauration collective. de ressources portail du maintenir l’équilibre dans une
Proche de 2 %, il y a encore du che- développement rural. zone d’élevage complexe et évi-
‡www.agriculture.gouv.fr/
Les acheteurs peuvent rédiger dans min à faire ! ter que les entreprises agricoles
lagriculture-biologique
le cahier des charges : ne soient morcelées. Ce dispo-
‡www.interbiobretagne.asso.fr
– des capacités techniques (écolabel Le programme « Ambition bio 2017 » Association interprofessionnelle de
sitif très novateur a permis de
ou équivalent) dans le domaine en- favorisera des mesures d’accompa- la filière agrobiologique bretonne consolider les exploitations pour
vironnemental gnement et la formation des ache- l’avenir.
– des normes spécifiques sur les pro- teurs sur ce sujet est fondamental.

33
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES ET SERVICES AU PUBLIC

Action touristique : suivez le guide


Le tourisme s’intègre de plus en plus dans un projet
de territoire. Chaque commune doit avoir à cœur de
s’inscrire dans cette globalité pour valoriser ses atouts
et répondre à la demande des visiteurs d’un jour, d’un
week-end ou plus.
Elle doit s’entourer de professionnels compétents.
Dans cette optique, des rapprochements de structures
deviennent indispensables.
Le pays touristique a un rôle de réflexion et d’appui
au développement, nécessaire à un accueil de qualité
pour les institutions et les professionnels.
Les offices de tourisme doivent faire connaître et valori-
ser les nombreux atouts que possèdent nos territoires.
Leur travail est de donner l’envie de venir et de revenir.
En mettant en commun des moyens, les compétences
devraient augmenter et répondre plus largement à la
demande. Sachant que les touristes utilisent de plus
en plus le numérique et cherchent le meilleur rapport
qualité/prix.
En tant qu’élu, chacun aura la volonté de collaborer à
une mise en synergie des acteurs. Que ce soit au ni-
veau communal ou interacommunal, voire à l’échelle
d’un pays ou d’une destination. Le tout autour d’une
ville centre, en lien avec les départements ou la Région.

PAROLES D’ÉLUS
Les conseils de l’Aric

>> Identité, petite cité de


caractère, village étape, labels
Villes d’art et d’histoire, petites cités bourg remarquable, situation géogra-
de caractère, villes et villages fleuris, phique avantageuse, espaces natu-
villages étapes… de nombreux labels rels protégés…
touristiques classent les communes
de France en fonction de critères bien Les labels sont alors un moyen effi-
spécifiques. Mais quel est l’impact cace pour valoriser le territoire, boos-
réel d’un label sur l’attractivité d’une ter l’attractivité de la cité, accroître Patricia Cousin, maire Raymond Peres,
commune ? une notoriété. Une commune labelli- de Pleumeleuc (35). ancien maire de
sée verra automatiquement sa visibi- La Forêt-Fouesnant (29).
Avant de penser à l’obtention d’un lité s’accentuer : parution dans des Vos actions en faveur
label pour leur commune et d’éven- guides touristiques, sur des sites inter- du tourisme et des nouvelles Comment gérer l’afflux
tuelles retombées économiques, net spécialisés. Ils permettront égale- technologies ? de population en saison ?
les élus doivent avoir pour projet de ment d’attirer un plus grand nombre Les deux sont indispensables Notre commune est depuis
mettre en avant ses atouts. Chercher de visiteurs, grâce à la pose de pan- pour rendre visible un territoire et 2012 une station « classée de
à « obtenir un label pour un label », n’a neaux indicateurs sur les routes à faciliter les réservations en ligne : tourisme ». Elle a obtenu trois
pas de sens en soi. L’enjeu est donc grande circulation, ou à l’entrée de 40 % des touristes préparent fleurs. Elle compte 3 430 habi-
de savoir mettre en avant ses points l’agglomération. leur séjour par internet en utili- tants mais on passe à près de
forts : patrimoine historique, cœur de sant smartphones et tablettes. 20 000 habitants durant l’été !
L’accueil physique est complé- Nous avons dû adapter les in-
mentaire. frastructures. Pour la sécurité,
Nous avons donc mis en place un poste de secours est installé
des bornes tactiles à Bédée et en complément de la brigade
> POUR ALLER PLUS LOIN... près du lac de Trémelin. On y nautique. Des pompiers du Sdis
trouve toute l’information touris- (Service départemental d’incen-
tique du pays. On peut décou- die et de secours) assurent une
‡Guide de l’élu délégué au tourisme. Mai 2014. vrir, grâce à un GPS disponible à permanence sur la plage. Des
Éditions Territorial. l’office, un circuit de visite guidée apports d’eau potable com-
de l’ancienne cité médiévale de plémentaires peuvent se faire
Montfort et un circuit de décou- grâce aux communes voisines.
‡www.artisanat-commerce-tourisme.gouv.fr verte du site de Boutavent. L’ap- La station d’épuration a été redi-
Le portail de l’artisanat, du commerce et du tourisme. plication est téléchargeable sur mensionnée. Un nettoyage régu-
‡www.dgcis.gouv.fr/tourisme/tourisme-et-usage-des-tic. un smartphone. lier de la plage est assuré et le
Tourisme et usage des TIC. Nous développons aussi le géo- sable tamisé plusieurs fois par
‡www.collectivites-locales.gouv.fr/communes-touristiques-et-sta- catching (course au trésor nu- semaine. Le service technique
tions-classees-0 - Le portail de l’Etat au service des collectivités.
mérique) et une visite en canoë est à pied d’œuvre, nous avons
‡www.frpatb.net
kayak. des astreintes et… je ne prends
Fédération régionale des pays touristiques de Bretagne
pas de vacances !

34
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - ÉCOLE

L’action sociale locale : qui fait quoi ?


À côté du département, qui a une compétence géné-
rale en matière sociale (Allocation personnalisée d’au-
tonomie ; Revenu de solidarité active…), la commune
exerce les compétences obligatoires dévolues au
CCAS. Elle peut aussi développer une action sociale
facultative, sous forme d’équipements ou de services.
Cette aide peut donc prendre des formes très diffé-
rentes selon les communes.

- Centre communal d’action sociale. Le CCAS est


l’outil principal de l’action sociale communale. Il s’agit
d’un établissement public administratif qui possède
son propre conseil d’administration, composé à parité
d’élus et de membres de la société civile.

- Une commune peut aussi décider de transférer,


totalement ou partiellement la compétence « action
sociale » à l’intercommunalité. Est créé alors un Centre
intercommunal d’action sociale (CIAS).

Les associations locales jouent également un rôle


fondamental dans l’action sociale. C’est le cas par
exemple des associations de service aux personnes
ou d’aide d’urgence.

Fotolia
Le rôle de l’action sociale est de prévenir les exclusions.

Une politique sociale


de proximité PAROLES D’ÉLUS
Le rôle de l’action sociale n’est pas Ils doivent :
d’entretenir une logique d’assistance
mais de garantir la cohésion sociale. 1. Déterminer l’échelon territorial :
Elle vise à prévenir les exclusions cau- communal ou/et intercommunal
sées par les difficultés de l’existence (CIAS)
et en ne laissant personne à l’écart. 2. Décloisonner l’action sociale
de proximité en organisant, par
Les CCAS sont parfois dotés de exemple, un guichet unique
moyens limités alors que les sollici- 3. Réaliser une Analyse des besoins
tations vont croissantes. Un véritable sociaux (ABS) obligatoire par dé-
portage politique de l’action sociale cret depuis 1995
participe néanmoins à son efficacité 4. Adapter les services au territoire et
et à sa cohérence. aux nouveaux enjeux sociaux dont Bernard Le Gall, Pierre Daucé,
le vieillissement, la dépendance et maire de Mahalon (29). ancien maire de Romillé (35).
Le maire et les élus en charge des le chômage
affaires sociales doivent donc pilo- 5. Agir en partenariat Comment faire vivre CIAS Pourquoi mener une Analyse
ter cette réflexion, en lien avec l’en- 6. Évaluer les effets de l’action sociale et CCAS ? des besoins sociaux (ABS) ?
semble des acteurs. sur les publics visés Le Cap Sizun est un territoire Nous voulions renforcer l’action
7. Rechercher des sources de finan- rural emblématique de l’extrême du CCAS. Un comité de pilotage
cement complémentaires périphérie dont 38 % des habi- a été défini pour établir un règle-
tants ont plus de 60 ans. La com- ment intérieur ; puis nous avons
munauté de communes avait fait proposé une formation aux
de la solidarité une de ses prio- membres du CCAS. Les règles
> POUR ALLER PLUS LOIN...
rités. Elle a créé, en 2005, un d’attribution des logements so-
centre intercommunal d’action ciaux ont été redéfinies.
 Formations Aric sociale. Il gère des établisse- En 2010-2011, nous avons établi
- Le fonctionnement et les actions des CCAS/CIAS. ments, un service de portage de un diagnostic et repéré les be-
- Réaliser une Analyse des besoins sociaux. repas à domicile et bientôt, une soins réels. En 2012, nous avons
- Des projets d’action sociale à construire : méthodes et outils unité Alzheimer. engagé une deuxième ABS sur
Le CIAS met en œuvre un projet la question de la précarité et
social à l’échelle du territoire, en avons ainsi proposé une aide aux
‡Guide de l’action sociale. www.education.gouv.fr/cid2510/le-guide-de-l-ac-
lien étroit avec les CCAS qui ont vacances. En 2013, nous avons
tion-sociale.html
une mission sociale de proximité. engagé une troisième ABS sur
‡www.unccas.org - Union nationale des centres communaux d’action sociale.
‡www.drees.sante.gouv.fr - Ministère des Affaires sociales et de la santé.
Il est géré par 11 délégués com- l’isolement des personnes âgées
‡www.adcf.org/social.html munautaires et 11 représentants et avons créé les « cafés discute »
‡www.unccas.org/thematiques/abs.asp - Méthodologie sur l’analyse des des acteurs sociaux du secteur. pour favoriser les rencontres.
besoins sociaux. Ces délégués communautaires Pour les jeunes, nous avons mis
‡Centres d’étude et d’action sociale de la Mayenne www.ceas53.org ; sont les adjoints aux affaires so- en place un dispositif « argent de
de la Sarthe ceas72@club-internet.fr ; de la Vendée www.ceas-vendee.fr ; ciales des communes et font le poche ».
des Côtes d’Armor ceas22.com; du Morbihan www.ceas56.com lien entre elles.

35
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - éCOLE

Les communes agissent aussi


pour l’insertion et l’emploi
La loi du 18 janvier 2005 a modifié le service public de l’emploi
afin d’éviter une dispersion des dispositifs et donner un rôle plus
important aux structures de proximité.
Les communes ou les intercommunalités sont notamment res-
ponsables de l’accompagnement des publics les plus fragilisés.

Avec quels outils ?

- Ateliers de recherche d’emploi, dispositifs d’insertion des


jeunes, accompagnement à la création de sa propre activité
sont autant d’actions que peuvent mener les CCAS/CIAS.
- Les Missions locales sont en charge de l’accueil des jeunes de
16 à 25 ans en difficulté d’insertion sociale ou professionnelle.
- La mise en place de guichet unique, par exemple le Point
accueil emploi, permet aux usagers de trouver l’information faci-
lement.
- Les Maisons de l’emploi visent à regrouper les différentes
structures du service public à l’échelle des bassins d’emploi.
Elles exercent, notamment, des actions en matière de prévision
des besoins de main-d’œuvre et de reconversion.

> POUR ALLER PLUS


LOIN...
Les conseils de l’Aric
‡www.emploi.gouv.fr

>> Que peuvent faire les communes pour venir


Le portail des politiques publiques
de l’emploi et de la formation
professionnelle.
en aide aux demandeurs d’emploi ?
‡travail-emploi.gouv.fr
Ministère du Travail, de l’Emploi, de Les communes sont en lien avec le d’emploi. Différents outils sont mis à service public de l’emploi. Il est aussi
la Formation professionnelle et du service public de l’emploi. Pôle Em- disposition : consultations informa- utile de favoriser la rencontre entre
dialogue social. ploi communique des informations à tiques, entretiens personnalisés d’ac- demandeurs et offreurs d’emploi au
caractère confidentiel sur les deman- compagnement, liste des emplois à plan local.
‡www.mission-locale.fr deurs d’emploi de chaque commune. pourvoir fournis par Pôle emploi et Les communes soutiennent égale-
La mission locale est un espace La Mission locale pour l’emploi des par les réseaux locaux. ment les associations locales d’inser-
d’intervention au service des jeunes vient compléter ces informa- Les Points accueil emploi (PAE) se tion sociale et professionnelle qui pro-
jeunes. tions. sont développés depuis une ving- posent des parcours personnalisés
C’est ainsi que de nombreuses com- taine d’années, ils se sont étoffés et facilitant ainsi l’entrée ou le retour à
munes (seules ou en intercommuna- ont fait la preuve de leur efficacité. Ils l’emploi.
‡www.seformerenbretagne.fr
lité) mettent en place des services assurent aujourd’hui un service de
Se former tout au long de la vie –
Conseil régional de Bretagne.
d’accueil du public en recherche proximité qui vient compléter celui du

PAROLES D’ÉLUES

tuation d’emploi. Ils leur donnent un ensemble, étape par étape, qui
des repères, les placent en situa- permet de construire le réseau,
tion réelle, leur apprennent à inventer des solutions adaptées.
respecter des consignes, des ho- Un forum de recrutement pour
raires, le travail en équipe, la hié- les services à la personne a mis
rarchie. C’est un apprentissage en relation directe employeurs et
du monde du travail qui donne personnes en recherche d’em-
envie de se former pour acqué- ploi. À la suite, s’est constitué un
Emmanuel Pain

rir de nouvelles compétences. comité de pilotage pour construire


Une collectivité peut proposer d’autres actions vers d’autres sec-
des parcours intéressants dans teurs d’activités. Nous avons mis
le cadre de ces emplois d’avenir. en place des parcours « emploi-
Georgette Bréard, Au besoin, elle peut solliciter le Odile Monnet, entreprise », travaillé sur la ques-
ancienne adjointe à Hénon Centre national de la fonction pu- adjointe à Vannes (56) à la date tion du temps partiel, proposé des
et conseillère régionale blique territoriale qui propose des de parution. formations complémentaires et
en charge de l’emploi modules de formation aux tuteurs intégré des clauses d’insertion. À
et de la formation (22). ou aux agents qui accompagnent Comment intervenir en matière chaque étape, nous renforçons le
ces jeunes. Il propose aussi des d’emploi ? réseau.
Les emplois d’avenir favorisent- formations aux jeunes. Beaucoup d’opérateurs, d’entre-
ils l’emploi ? prises et de partenaires agissent
Oui, ils mettent les jeunes en autour de l’emploi. L’élu peut inter-
insertion professionnelle et en si- venir comme facilitateur : c’est tout

36
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - éCOLE

Faire confiance à la jeunesse !


La jeunesse est plurielle : les préa- locales sont des acteurs majeurs.
dos, les ados, les « adulescents », Elles jouent notamment un rôle de
avec des perceptions diverses. Sou- relais entre les jeunes et les déci-
vent présentée comme « victime » ou deurs politiques. Pour mutualiser
« menace », elle est insuffisamment les moyens, il est par exemple pos-
perçue comme une richesse. sible de développer des réseaux
Les communes peuvent développer d’association de jeunes.
des activités culturelles et sportives Principaux bénéficiaires, les jeunes
et élaborer des dispositifs d’aide à peuvent alimenter la réflexion sur
la réalisation de projets individuels les politiques jeunesse par leur
ou collectifs. Certaines mettent en connaissance des besoins. Faire
place des points information jeu- avec eux permet de s’appuyer sur
nesse ou des conseils municipaux leurs idées et leur imagination.
des jeunes, participant ainsi à leur N’oublions pas que les jeunes
éducation citoyenne. seront les électeurs et les élus de
Au côté des élus, les associations demain !

… et accompagner
le vieillissement

Hugues Panon
En réponse à l’allongement de la un projet, lui-même expression d’une
durée de vie, les collectivités déve- ambition politique et d’une demande
loppent leurs propres services pour sociale.
contribuer au maintien à domicile et Ce projet, s’il fait l’objet d’une dé-
à la création de structures d’accueil marche pilotée par les élus, avec
pour personnes âgées. leurs partenaires associatifs et ins-
titutionnels, permet d’échanger sur PAROLES D’ÉLUS
Un nouvel enjeu : les politiques locales de la vieillesse
sortir des politiques sectorielles et de proposer des interventions
concertées.
- Le vieillissement concerne tous - L’échelle intercommunale, un éche-
les champs de la vie. Le considérer lon pertinent. Les contraintes finan-
dans sa globalité permet de prendre cières de plus en plus pressantes, la
en compte toutes les politiques com- nécessaire professionnalisation du
munales concernées (mobilité, loge- personnel, des situations à domicile
ment, citoyenneté, médico-social…). de plus en plus lourdes… nécessitent
- Cette politique sous-entend en fait de mutualiser les moyens.

Alain Billon, Yvon Presse,


conseiller municipal adjoint à Pleslin-Trigavou (22).
à Québriac (35).
Comment favoriser le mieux
> POUR ALLER PLUS LOIN... Pourquoi un syndicat vivre ensemble ?
intercommunal Le Pot’Agé est un jardin partagé
 Formations Aric à vocation unique (Sivu) ? pour tous les âges. Avec l’Ehpad
- Mener une politique jeunesse. La Sivu Anim’6 regroupe 6 com- et différents partenaires, nous
- Construire un projet pour mieux vieillir sur son territoire. munes de la Communauté de avons créé un espace intergé-
- Bilan à mi-mandat des politiques liées au vieillissement. communes de la Bretagne roma- nérationnel. On peut y jardiner
- Bilan à mi-parcours des politiques enfance-jeunesse. tique. Nous souhaitions mettre ses légumes, au sol ou dans
en place une politique enfance des bacs surélevés, on peut
et jeunesse en mutualisant nos y pique-niquer ou prendre un
‡Du contrat enfance au contrat enfance et jeunesse : et après ? moyens pour offrir à la popula- goûter. Les ouvriers de l’Esat
Territorial éditions, dossier d’experts. tion davantage de services. En (Établissement et service d’aide
‡Prévenir les conflits avec les jeunes. Territorial éditions, dossier
2007, nous avons créé un Sivu, par le travail) viennent aider les
d’experts.
embauché des professionnels, anciens. Des chemins ont été
‡Politiques gérontologiques locales. Novembre 2010.
Territorial éditions, Dossier expert.
mis en place des navettes, dé- aménagés en parcours de réé-
‡http://ressourcesjeunesse.fr/ veloppé des micro-crèches. Il y ducation fonctionnelle. Des ani-
Le site des acteurs locaux d’éducation et de jeunesse. avait entre nous une habitude maux gambadent dans la prairie.
‡www.crij-bretagne.com - Un lieu ressources pour les jeunes. de travailler en commun autour L’équipe commence à mesurer
‡www.social-sante.gouv.fr (rubrique personnes âgées). d’un centre de loisirs. Les ser- les bienfaits du projet auprès des
Ministère des affaires sociales et de la santé. vices proposés dans le cadre personnes âgées qui sont plus
de l’enfance et la jeunesse sont actives, heureuses de partager
‡Accompagner les jeunes et les personnes âgées CELAVAR,
refacturés aux communes. Il y a ce moment et de transmettre
inter-génération en territoires ruraux : relevons le défi !, 2013.
quelques années, la tendance un savoir-faire. Situé en centre-
était de faire disparaître les syn- bourg, le lieu de vie est fréquenté
dicats. On les voit revenir car ils par les habitants. Nous souhai-
peuvent répondre à des besoins tons y associer les enfants.
de grande proximité et fédérer
autour d’un intérêt commun.

37
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - éCOLE

Qui peut aider les projets culturels ?


Aujourd’hui les porteurs de projets ment. Dans le cadre des réformes, il
culturels (collectivités, acteurs asso- est question que les régions intègrent
ciatifs et institutionnels) peuvent obte- les services culturels de l’État.
nir une aide et un soutien à différents Du département : qui peut proposer
niveaux : un service culturel, financer des asso-
De l’État représenté en région par les ciations dont celles gérant le dévelop-
directions régionales de la Culture, pement du spectacle vivant.
outils déconcentrés dépendants du En complément des communes, ac-
préfet. teurs majeurs, les intercommunalités
De la Région : en fonction de leur pro- deviennent de plus en plus les inter-
jet politique, qui ont des directions de locuteurs privilégiés pour les équipe-
la culture, des agences de développe- ments culturels structurants.

Les conseils de l’Aric

>> Si la culture n’a pas de prix,


elle a un coût
La création artistique : spectacle précis et l’usage le plus efficient des

Fotolia
vivant, musique, peinture, livre, patri- moyens consentis pour les atteindre.
moine… rien de cela n’est gratuit. Les La culture n’est pas gratuite, elle doit
créateurs, les acteurs culturels, les être accessible. N’oublions pas qu’au-
artistes sont payés et les matériaux delà des coûts, la culture crée du lien
de la création ont un coût. L’accès social, et qu’elle est facteur de cohé-
à la culture pour tous, fondement de sion.
l’égalité, ne peut être garanti sans
quelques dispositions. Donner à
tous la possibilité d’emprunter des
livres, d’assister à des spectacles, de PAROLES D’ÉLUS
connaître le patrimoine, de pratiquer
une activité créative exige de mettre
en adéquation les ressources des
ménages et l’ambition de l’offre cultu-
relle. Pour cela, le projet culturel pré-
voit l’apport de moyens appropriés
tels que les subventions, la mise à
disposition d’équipements…. Tout ré-
side dans l’établissement d’objectifs

Monique Danion, Charles-Édouard Fichet, Luc Foucault,


maire de La Vraie-Croix et vice- ancien maire de Saint-Brieuc-de- maire de Séné (56).
présidente de la communauté de Mauron (56) et directeur
communes du pays de Questem- du Triangle à Rennes (35). Comment avez-vous co-construit
bert (56) à la date de parution. le centre culturel Grain de Sel ?
> POUR ALLER PLUS Comment faire valoir la culture Dès le départ, nous avons réuni
LOIN... Comment harmoniser les équi- au sein des conseils ? tous les habitants puis nous
pements entre les communes ? La culture mérite d’être expliquée. avons désigné un programma-
 Formations Aric Au sein d’une intercommunalité, Elle n’est pas limitée au spectacle teur. Il a reçu en entretiens indi-
- Quel rôle et place toutes les communes souhaite- ou à une manifestation : c’est fon- viduels près de cinquante per-
de l’élu à la culture ? raient bénéficier des mêmes équi- damentalement un acte citoyen, sonnes, dont des responsables
- Quels moyens pour la culture ? pements de qualité. Il faut trouver une dynamique qui traverse de d’associations du champ culturel
- Quels équipements pour l’équilibre entre la ville-centre, qui nombreuses actions menées et bien au-delà. Le projet archi-
la culture ? doit offrir suffisamment de ser- par un conseil municipal. Car il tectural a été discuté avec les
vices, attirer, apporter une lisibilité intéresse autant la vie associative habitants pour qu’il corresponde
‡Guide du mécénat culturel territo- du territoire, et les équipements de que la valorisation du patrimoine, aux attentes.
rial - diversifier les ressources pour proximité qui doivent se trouver l’aménagement urbain, l’implica- Aujourd’hui, l’heure du prêt à
l’art et la culture. EPCC : création et dans les communes. Il y a des tion de la population dans des consommer culturel est passée :
fonctionnement. Mars 2012. Territo- choix à faire : certains équipe- actions événementielles, dans notre ambition est d’associer
rial éditions. Dossier d’experts. ments sont du registre communal, l’image et la communication de la les citoyens à l’animation de cet
d’autres du registre intercommu- commune. C’est aussi des propo- établissement. Un comité a été
‡Mécénat et fondations, quelles nal. Réfléchir à dix est plus riche sitions de rencontres, d’échanges constitué pour définir la program-
options pour les associations cultu- que de penser tout seul. Mais c’est d’expériences, l’intégration des mation. L’ambition de départ était
relles ? 2012. Mise à jour juin 2013. une révolution que de penser en- nouveaux habitants… C’est une que Grain de Sel soit à la fois un
www.culture-proximite.org/article. semble, sans vouloir tout avoir sur ambition pour tout ce qui fédère, lieu de spectacles et de création,
php3?id_article=36 sa propre commune. Travailler en crée du lien, avec derrière, une un espace ouvert aux initiatives
‡www.culturecommunication.gouv.
réseau développe la complémen- traduction économique. des habitants, une sorte de fa-
fr/
tarité et permet de proposer une brique du « vivre ensemble ».
‡http://collectivites.observatoire-
offre variée aux habitants.
culture.net/ Observatoire des
politiques culturelles.

38
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - éCOLE

Les modes de gestion des équipements sportifs


Les modes de gestion sont nombreux et encadrés. Les services publics lo- vités exercées au nom de l’état. Quel que soit le mode de gestion, la collec-
caux peuvent être gérés directement ou indirectement (gestion confiée à un tivité doit en assurer un contrôle direct ou indirect pour s'assurer de l'atteinte
tiers). Certaines compétences ne peuvent être déléguées, notamment les acti- des objectifs.

Gestion par une personne publique Gestion par une personne privée

Type Régie simple Régie autonome Régie Délégation de Les Sociétés Les sociétés
personnalisée service public d’économie mixte publiques locales
(depuis 2009)

Structure Service communal Régie avec Dotée de Une DSP est un La Sem est une Les SPL sont des
sans personnalité autonomie l’autonomie contrat par lequel société dont une sociétés anonymes,
juridique ni capital financière sans financière et de la une personne partie du capital régies par le code
pour autant personnalité publique confie la appartient à une du commerce. Leur
disposer de la morale. Elle gestion d’un personne morale capital est détenu à
personnalité morale possède une service, à un de droit public et 100% par au moins
compétence délégataire public l’autre partie à une deux collectivités
d’attribution et ne ou privé, dont la personne privée. territoriales. De ce
peut donc agir que rémunération est Elle reste une fait, elles n’auront
dans un domaine liée aux résultats de société anonyme pas à être mises en
spécifique l’exploitation privée concurrence
Sources CNFPT Wikiterritorial Les modes de gestion des services publics

Les conseils de l’Aric

>> La nécessaire mutualisation PAROLES D’ÉLUS


des équipement sportifs
La diversité des pratiques sportives foot synthétique, dans telle autre un
et le nécessaire respect des normes, dojo et ailleurs un mur d’escalade
tant de sécurité que celles des fédéra- équipé, sans oublier la piscine proche
tions, amènent les élus à mutualiser des bassins de population. La charge
leur réflexion sur les équipements. de construction et d’exploitation de
Thomas Crabot

Un recensement à l’échelle commu- ces sites, généralement trop coûteux


nale et intercommunale, d’une part pour les petites communes, peut être
des lieux d’activités sportives, d‘autre partagée car ils se doivent d’être per-
part de leur état de vétusté au regard formants en terme de fréquentation et
des règles de sécurité est une pre- de sécurité.
mière étape importante. Dans un Il est possible de développer des sites Bernard Serrand, Michel Ruaud,
cadre budgétaire contraint, il s’agit sportifs permettant d’allier l’entraîne- adjoint à Saint-Brice-en-Coglès ancien maire d’Augan (56).
de prioriser les rénovations d’équipe- ment, le loisir et le parcours santé au et vice-président de Coglais
ments ainsi que les nouveaux projets, niveau communal et de gérer avec les communauté Marches Faut-il des animateurs profes-
et d’encourager à la mutualisation des communes voisines des complexes de Bretagne (35) à la date sionnels pour assurer les activi-
usages par les associations. spécialisés capables d’accueillir des de parution. tés sportives sur la commune ?
Dans telle commune un terrain de compétitions d’un certain niveau. Pour un projet de qualité, il faut
Régie directe ou délégation... des professionnels qualifiés,
Comment choisir ? ayant une bonne connaissance
Le centre aquatique Coglé’O a du territoire. La commune peut
ouvert en mai 2011, un an après en assurer le financement grâce
le vote de la loi sur les Sociétés aux aides de la Caf (Caisse d’al-
> POUR ALLER PLUS publiques locales (SPL). Cette loi locations familiales) mais une
LOIN... permet aux collectivités de délé- coordination intercommunale
guer la gestion de leurs établisse- doit se mettre en place pour faci-
ments, tout en restant acteur prin- liter le déblocage de ces finance-
‡Le sport et les collectivités cipal. Nous ne voulions pas lâcher ments. C’est vrai qu’il est difficile
territoriales. éditions Puf, notre projet : nous avons donc de mutualiser les postes entre
P. Bayeaux Que sais-je ? opté pour cette nouvelle forme plusieurs communes puisque
‡Les conventions des collectivités de gestion. Elle est constituée tout le monde a les mêmes be-
territoriales en matière sportive. a minima de deux actionnaires : soins en même temps. De plus,
Septembre 2013. éditions Presses dans notre cas, la communauté on ne trouve pas facilement de
universitaires du sport.
de communes et la commune. jeunes, formés pour n’intervenir
‡www.sports.gouv.fr - Ministère des
La gouvernance se fait par un que quelques heures. Les béné-
Sports.
‡www.cnds.info/web - Centre
conseil d’administration avec voles sont une ressource com-
national pour le développement neuf administrateurs, une direc- plémentaire nécessaire. Il est
du sport. tion générale (mandataire social) toujours possible de passer une
‡www.res.sports.gouv.fr - et une direction technique. C’est convention avec une association
Recensement des équipements une société anonyme et le per- à qui la commune verse une
sportifs et sites de pratiques. sonnel est donc embauché sous subvention.
le statut de droit privé.
Fotolia

39
ACTION SOCIALE - CULTURE - SPORT - éCOLE

Les missions du personnel périscolaire


La commune, seule ou regroupée, a la L’isolement des agents. Ils sont sous
charge des écoles publiques établies l’autorité du directeur pendant les
sur son territoire (entretien, gestion du temps scolaires mais relèvent admi-
bâti...). Elle peut aussi organiser des nistrativement des services commu-
activités périscolaires. La commune naux. Cette double hiérarchie peut
gère donc les personnels non ensei- être complexe.
gnants travaillant dans les écoles. La question de la responsabilité. La
La réforme des rythmes scolaires présence de ces deux employeurs
renforce le rôle éducatif de la com- pose parfois des problèmes de répar-
mune et oblige à revoir l’organisation, tition des responsabilités entre l’État
notamment le « management » des et les communes.
équipes d’agents intervenant dans La gestion intercommunale : une
les écoles. solution ? Les communes souhaitent
La gestion des horaires. Une des généralement conserver la compé-
spécificités est la prédominance de tence scolaire mais cherchent de
planning spécifique et la gestion des plus en plus à mutualiser à l’échelle
vacances scolaires. La mise en place intercommunale les activités péri ou
d’outils de suivi est donc nécessaire. extrascolaires.

PAROLES D’ÉLUS

La réforme des rythmes scolaires


Elle vise à améliorer la qualité des - La nouvelle organisation du temps
temps d’apprentissage à l’école. Sa scolaire doit être fixée par le directeur
mise en place induit de nombreux académique des services de l’Éduca-
changements : tion nationale (Dasen), après consul-
- Le décret prévoit de retourner à la tation du maire (ou du président d’EP-
Anne Phelippo-Nicolas, Jean-François Bohuon, semaine de 4,5 jours tout en conser- CI) et/ou du conseil de l’école.
adjointe à Séné (56). maire à La Chapelle-Thouarault vant les 24 heures hebdomadaires. Il Un fonds spécifique a été créé pour
(35). ne modifie par le temps scolaire jour- permettre aux communes d’accueil-
Quel est votre rôle en nalier mais permet de transférer sur le lir les enfants sur les trois heures par
tant qu’élue coordinatrice Comment s’est mise en place mercredi matin trois heures et donc semaine, dégagées par les nouveaux
périscolaire ? la réforme des rythmes de créer trois heures hebdomadaires rythmes scolaires. Sa pérennité pose
La petite enfance était gérée scolaires ? d’activités pédagogiques. question.
par le CCAS, les autres services Une réflexion s’est engagée au - Elle offre des activités éducatives Par convention avec la CAF, les com-
étaient éclatés entre plusieurs sein du conseil après concer- supplémentaires en réduisant la munes peuvent bénéficier d’une aide
responsables. Nous souhaitions tation avec les enseignants, les concentration des temps d’ensei- financière pour la mise en place d’ac-
une cohérence entre tous les parents, les associations, l’école gnement. L’application de la réforme tivités périscolaires.
services : nous avons donc créé de musique. Puis, nous avons repose sur une politique éducative
une délégation petite enfance, consulté les élus des communes communale.
enfance jeunesse, vie scolaire et voisines avec qui nous avons l’ha-
une direction au sein de l’organi- bitude de travailler. Nous avons
sation de la collectivité. Je fais le organisé trois réunions publiques
lien et construis des passerelles et avons décidé de nous lancer
entre les services, les acteurs et en septembre, estimant que nous
les projets, dans le respect des participons ainsi à l’éducation Les conseils de l’Aric
rôles et des fonctions de chacun, des enfants. Un groupe de pilo-
nous pouvons ainsi impulser des tage s’est constitué avec des élus, >> Quel partenariat
projets transversaux, construire des parents, des enseignants et
de manière sereine la réforme des professionnels. Il se réunit avec les écoles ?
des rythmes de vie de l’enfant. régulièrement pour faire le point.
L’éducation d’un enfant est une mis- peuvent instituer un comité consul-
sion partagée entre la famille, les par- tatif, qui s’intéressera au fonctionne-
tenaires éducatifs… Et, désormais les ment de la restauration scolaire, des
> POUR ALLER PLUS LOIN... élus. L’engagement des municipalités centres de loisirs et des circuits de
en faveur des enfants ne se limite déplacements.
‡La commune et l’école - Guide pratique de A à Z. donc pas au secteur scolaire mais La démarche participative peut se
‡Atsem - Les outils pour bien appréhender un statut particulier. s’étend aussi aux domaines de la concrétiser par la définition et la mise
Territorial éditions. construction des équipements spor- en œuvre du Projet éducatif territoriale
‡Les nouveaux rythmes scolaires à l’école primaire. Guide pratique tifs et culturels, de l’urbanisme, des (PEDT) afin de rendre cohérentes des
nouvelle édition 2014 et vidéos pédagogique. www.education. plans de déplacement en ville... actions auparavant isolées, voire
gouv.fr/pid29074/rythmes-scolaires.html La commune a un rôle majeur à jouer inexistantes.
par sa participation aux conseils La mise en place des instances de
‡Financement et gestion des écoles. d’écoles et autres instances. Elle est dialogue et de concertation permet-
http://eduscol.education.fr/cid48590/financement-et-gestion-des- aidée en cela par divers dispositifs tront aux projets d’être admis, parta-
ecoles.html contractuels avec l’Éducation natio- gés et portés par tous les partenaires
‡www.cdg35.fr/lamenagement des rythmes scolaires nale et la Caisse d’allocations fami- afin d’instaurer une politique éduca-
Les textes, les guides pratiques. liales (Contrat éducatif local, Contrats tive solidaire et équitable.
temps libre et enfance). Les élus

40
ASSOCIATIONS - CITOYENNETÉ - COMMUNICATION

Bien vivre ensemble


Tout territoire se construit sur des équi-
libres. Il revient aux élus de ne pas laisser
se creuser les fossés, ni entre les géné-
rations, ni entre les différentes compo-
santes sociales d’une commune.
Le « vivre ensemble » ne se décrète pas :
c’est à la fois une question de patience
et de volonté. Bien sûr, un tissu associatif
dense sur un territoire est un bon indica-
teur de la qualité des liens sociaux, mais
quelquefois, ce dynamisme ne suffit pas.
L’Analyse des besoins sociaux (ABS) sur
une commune peut mettre en évidence la
nécessité de mieux organiser la mobilité
des habitants pour leur permettre un meil-
leur accès aux services. L’ABS constitue
un outil de diagnostic intéressant pour
éclairer les élus sur les écarts de richesse
et l’isolement de certains habitants. Elle
permet d’enclencher ensuite des poli-
tiques adaptées.
Le « vivre ensemble » impose donc une
autre façon de penser… puis d’aménager
l’espace public. Il faut prendre le temps
de s’interroger : dans ma commune, les
gens ont-ils des lieux pour se rencontrer,
pour parler, créer, se divertir ensemble ?
Les projets immobiliers envisagés et
les types d’habitat favoriseront-ils les
contacts entre les habitants ou leur iso-
lement ?

Les conseils de l’Aric PAROLES D’ÉLUS

>> L’accueil des nouveaux


habitants tisse du lien social
Chaque année, un samedi matin en arrivants expliquant pourquoi ils ont
général, le maire invite les nouveaux choisi de s’installer dans la commune.
arrivants à la mairie. Un diaporama La mairie leur remet ensuite un dos-
Thomas Bregardis

d’une dizaine de minutes sur la com- sier présentant la liste des conseillers
mune, ses équipements, mais égale- municipaux, des associations, des
ment sur le personnel municipal et artisans, des équipements publics,
les élus peut être diffusé. Ce moment des médecins, des pharmacies… En
convivial est aussi l’occasion de pré- un mot, tout ce qui fait la vie locale !
senter l’offre culturelle et sportive du Un verre de l’amitié est échangé en Marc Derval, Olivier Dulucq,
territoire. clôture de cette matinée dans la salle maire de Bains-sur-Oust (35). adjoint à Tréglonou (29) à la date
Des informations complémentaires, du conseil, les nouveaux arrivants de parution.
notamment sur les projets en cours, peuvent ainsi continuer à échanger. Quelle attitude adopter face
peuvent être détaillées par les ad- Cette initiative est un très bon moyen aux incivilités ? Comment rester à l’écoute des
joints si besoin. de tisser du lien social. Pour les pro- Devant une incivilité le maire, habitants ?
Chacun est ensuite invité à se pré- chaines années, pourquoi ne pas officier de police judiciaire, est Pour qu’un territoire fasse envie, il
senter. Cette démarche permet aux organiser une visite des équipements en première ligne. D’abord, nous faut qu’il soit en vie. L’élu doit être
gens de se connaître, les nouveaux collectifs l’après-midi ? essayons de mener des actions à l’écoute et avoir une « grande
préventives. Trois animateurs oreille » ! Au bureau, on entend
interviennent auprès des enfants que les plaintes. Il doit saisir tous
et des jeunes. Régulièrement, les moments privilégiés qui font
nous faisons le point. Nous ren- la vie de la commune : matchs
> POUR ALLER PLUS LOIN... controns les responsables de de foot, fêtes, commerces, enter-
nos 40 associations pour faire rements... Mais c’est souvent au-
en sorte qu’il y ait une offre tour d’un verre que les échanges
‡Villes, mer, campagne : comment les nouveaux habitants dyna- suffisante d’activités : c’est du sont les plus conviviaux et que
misent les différents territoires bretons. www.insee.fr/fr/themes/ dialogue au quotidien et on se sont évoqués les sujets les plus
document.asp?reg_id=2&ref_id=15446 connaît. Nous entretenons des sérieux. Ce peut être un café, un
‡«Bien Vivre Ensemble». Quelles perspectives et leviers d’actions relations régulières avec la gen- verre d’eau ou un jus de fruits !
pour les villes ? www.conferencedesvillesdebretagne.fr/actualites. darmerie et le tribunal. Pour évi- J’ai pu aborder, dans ces mo-
html ter un casier judiciaire, nous de- ments, des sujets plus sérieux
‡Le centre d’information civique. www.cidem.org/ mandons réparation sur place : que lors de rendez-vous à mon
‡www.metropoles.revues.org/2202 - Les nouvelles formes de com- une tâche sur la commune, avec bureau en mairie. Dans un lieu
munication autour des projets urbains. l’encadrement d’un animateur. de vie, on est en phase avec les
Un dialogue s’instaure autour du vraies préoccupations.
respect, de la citoyenneté.

41
ASSOCIATIONS - CITOYENNETé - COMMUNICATION

Organiser la concertation avec la population


Dans de nombreux domaines, la D’autres outils participatifs per-
concertation au préalable de projets mettent de faire des citoyens des
communaux est aujourd’hui obliga- codécideurs dans de véritables ins-
toire et encadrée. tances délibératives :
Les budgets participatifs permettent
d’impliquer les citoyens dans la prépa-
Principaux dispositifs : ration des budgets.
Enquêtes publiques. Elles visent à re- Le référendum décisionnel local : les
cueillir les appréciations, suggestions électeurs se prononcent sur un texte
ou contre-propositions des citoyens soumis par le conseil municipal.
avant que les projets d’aménagement Des groupes de travail sont ouverts
ne soient définitivement arrêtés. aux citoyens sur les grands projets ou
Conseils de quartiers. Ils existent obli- les services.
gatoirement dans les communes de Ces outils nécessitent néanmoins au
plus de 80 000 habitants et peuvent préalable l’instauration d’une culture
utilement être institués en dessous de participative et ce, autant de la part des
ce seuil. élus et des agents que des citoyens.

> POUR ALLER PLUS LOIN...

 Formations Aric


- Renforcer la citoyenneté.

‡La gouvernance territoriale. Pratiques, discours et théories,


Romain Pasquier - Paris, LGDJ, 2nd édition, 2013 (avec V. Simou-
lin et J. Weisbein).
‡Christian Le Bart - L’égo-politique ; essai sur l’individualisation
du champ politique, collection Individu et Société, Armand Colin.
2013.
PAROLES D’ÉLUS

‡Participation des citoyens - www.collectivites-locales.gouv.fr/parti-


cipation-des-citoyens
‡www.participation-locale.fr - Expériences, ressources, méthodolo-
gie.
‡www.wilkiterritoriale.cnfpt.fr - « Démocratie participative : probléma-
tique, enjeux et ingénierie » 2012.
‡MRJC, kit élections : la démocratie se joue du local au global !,
2014.
‡www.culture-et-promotion.org

Éric Bréhin, Paul Kervarec,


ancien maire de Trémargat (22). ancien maire adjoint
Les conseils de l’Aric de Plouagat (22).
Comment animer des
commissions et éviter Comment organiser un
>> Faire vivre le conseil l’essoufflement ? referendum local ?
Nous avons lancé des comités Dans les années 1980, première
municipal des jeunes consultatifs autour de thèmes. consultation : fallait-il construire
Chaque comité est constitué un gymnase ou une salle des
On distingue les conseils des enfants Faire vivre un conseil pour moitié d’élus et pour moitié fêtes ? Dans les années 1990,
(de 7 à 11 ans) et les conseils de Visiter les bâtiments communaux et de représentants des habitants. deuxième consultation : fallait-il
jeunes (collégiens, lycées, étudiants). expliquer le fonctionnement d’une Trois ont ainsi vu le jour : favori- engager le remembrement ? En
Leur création doit être portée politi- mairie. ser l’installation d’agriculteurs, 2013, fallait-il rénover l’église ? Le
quement par les élus locaux. Proposer éventuellement un séjour de aménager le bourg, entretenir préfet a demandé l’organisation
2/3 jours en début de mandat : idéal les équipements publics, notam- d’un referendum. Dans ce cas, le
Créer un conseil pour la cohésion du groupe. ment l’église. Au besoin, nous conseil doit suivre la majorité qui
Définir un projet : un conseil pour quoi Composer des groupes de réflexion sollicitons les compétences des s’exprime : 80 % ont dit « oui »aux
faire ? Avec quels moyens humains, en fonction des projets. Les adjoints habitants pour des réalisations. travaux. C’est une procédure un
matériels et financiers ? Se documen- peuvent assister aux réunions lorsque Pour que cela fonctionne, il faut peu lourde à mettre en place : il
ter. L’adhésion à l’Anacej (association le sujet concerne leur délégation. laisser le temps à la réflexion faut veiller à la forme. La formu-
nationale des conseils d’enfants et Travailler en commissions régulière- pour que les habitants s’appro- lation de la question, l’annonce
de jeunes) permet de bénéficier de ment, (les réunions ne doivent pas prient le projet mais il faut vite des dates, les bulletins. Il faut
retours d’expériences et d’outils péda- durer plus d’une heure et demie), passer à l’action pour que les ensuite organiser le vote : tout
gogiques. se réunir en séance plénière, avec le choses se concrétisent. Il n’y a se déroule comme pour une
Travailler en binôme est indispen- maire, les adjoints ou/et tous les élus pas d’essoufflement puisque les élection municipale. L’esprit est
sable : un élu référent pilote le pro- 2 ou 3 fois dans l’année. gens s’emparent du projet dont celui de la démocratie directe :
jet, un professionnel de l’animation Faire en sorte que les projets se ils se sentent responsables et ils les électeurs interviennent direc-
accompagne les jeunes. concrétisent assez rapidement. vont jusqu’au bout. tement dans la conduite de la
Organiser des élections : les candi- politique communale.
dats doivent présenter un programme,
réaliser une affiche…

42
ASSOCIATIONS - CITOYENNETÉ - COMMUNICATION

Attention à la gestion de fait !


Une gestion de fait résulte du non-respect
du principe de séparation entre élus ordon-
nateurs et comptables publics. Elle se carac-
térise donc par la manipulation de deniers
publics par une personne non habilitée.

La gestion de fait peut se révéler :


- Lorsqu’une commune verse une subvention
à un organisme dépourvu de personnalité
juridique ou fictif.
- Lorsque l’association se confond en pra-
tique avec la collectivité locale qui l’a créée.
Cette association est dite « transparente »
(ou para-communale) et se caractérise par
l’absence d’autonomie financière et organi-
sationnelle vis-à-vis de la commune.
Les conséquences pour la relation élus/
associations :
- Ces situations de gestion de fait découlent
souvent de l’investissement associatif des
élus. Il est fortement déconseillé au maire
et à ses conseillers de figurer dans l’exécutif
d’une association financée par des subven-
tions communales.
- Ces restrictions visent aussi à limiter l’utili-
sation du mode de gestion associatif dans
le but d’échapper aux règles de la gestion
publique.
PAROLES D’ÉLUS
Les conseils de l’Aric

>> Préparer une convention


avec une association
Le partenariat avec les associations pour assurer à l’association une visi-
nécessite des objectifs lisibles et pré- bilité à moyen terme. Enfin, elle doit
cis, dans le respect de l’autonomie prévoir des modalités d’évaluation,
des associations. afin d’envisager ou non son renouvel-
La question des conventions peut se lement, ou d’éventuels ajustements
poser. Elle permet de contractualiser par avenant avant son terme.
cette relation sur des objets précis : Ses différents articles auront été réflé- Christiane Guervilly, Patrick Le Villoux,
contribution à des actions munici- chis en amont par les deux parties maire d’Erquy (22). ancien maire de Rieux (56).
pales, mise à disposition de locaux, et rédigés d’un commun accord. Il
de mobilier, de matériel, soutien finan- faut bien définir quel objectif on vise Comment mobiliser les asso- Quel type de contractualisation
cier à l’emploi associatif… etc. et quels moyens on se donne pour y ciations et des bénévoles au- pour conventionner avec les
Une convention repose sur une volon- arriver. Afin qu’elle conserve toute sa tour d’un événement ? associations ?
té réciproque de partenariat. Elle fixe valeur, il faut éviter les tacites recon- Notre Fête de la coquille ras- Nous avons passé des conven-
par écrit les engagements de chaque ductions qui risquent de la faire per- semble quelque 300 bénévoles, tions avec des associations,
partie et a obligatoirement un terme durer au-delà des objectifs de départ la grande course Landes et notamment pour l’utilisation
précis. Elle peut être de courte durée et sans qu’une réelle évaluation en bruyères, 400. Il faut commu- des locaux. Il s’agissait souvent
sur un objet ponctuel ou pluriannuel soit faite. niquer, inviter dès le départ à d’occupation de fait. Nous sou-
mobiliser toutes les forces vives, haitions que tous les usagers
associations, entreprises… Pour aient le sentiment d’avoir leur
cela il faut reconnaître les talents local, même s’il reste municipal.
et les compétences, associer Par ailleurs, un certain nombre
> POUR ALLER PLUS LOIN... chacun à la construction collec- de salles restent disponibles à
tive pour générer de la fierté au la demande, selon les besoins.
 Formations Aric final. Ensuite, il faut savoir remer- Nous avons fait une convention
- Les relations collectivité-associations. cier et c’est la raison du repas de particulière avec la Maison d’ani-
bénévoles que nous organisons mation culturelle et d’éducation
chaque année. Sans doute faut- populaire concernant la prise
‡Associations : le guide pratique. 2014, aux éditions Prat Europa.
il apprendre au départ à répartir en charge des équipes de béné-
‡www.associations.gouv.fr les tâches entre ce qui est de voles participants à la remise
Ministère des sports, de la jeunesse, de l’éducation l’ordre du bénévolat et ce qui en état du site du château. La
populaire et de la vie associative. requiert une compétence et une responsabilité de l’association
‡www.associationmodeemploi.fr responsabilité professionnelle. couvre leur activité et gère la
Bénévoles et salariés du secteur associatif. Mais le vrai secret reste la convi- partie restauration. En contre-
‡www.courrierdesmaires.fr/2070/les-relations-descollectivites-locales-aveclesas- vialité et la chaleur humaine. partie, la commune attribue une
sociations-50questions somme qui couvre l’opération,
‡www.lagazettedescommunes.com/dossiers/collectivites-territoriales-et-associa- avec une possibilité de réajus-
tions tement. Cette modalité évite de
‡http://lemouvementassociatif.org/ passer par complications admi-
‡cpca.asso.fr - Site de la conférence permanente des coordinations associatives. nistratives.

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ASSOCIATIONS - CITOYENNETÉ - COMMUNICATION

Elaborer un plan de communication


pour la commune
Bien communiquer est essentiel, de communication. Plusieurs outils
pour créer du lien entre les adminis- sont à leur disposition :
trés et relayer les projets communaux.
- Le site internet : De plus en plus
Pour construire un plan de commu- incontournable, il permet de rendre
nication efficace, il convient de se immédiatement accessible des infor-
poser certaines questions : mations et relayer des évènements.
Plus le site sera simple d’utilisation et
- Quelles informations diffuser ? régulièrement mis à jour, plus il sera
Quelle image de la commune pro- consulté.
mouvoir ? - Le bulletin municipal : il peut être
- Quels sont les objectifs à atteindre : mensuel ou trimestriel. Il est préfé-
se faire connaître, mettre en avant un rable qu’il soit publié moins fréquem-
événement ? ment, mais qu’il propose un contenu
- Quelle est la cible visée: habitants, intéressant, avec des articles pédago-
médias, partenaires institutionnels ? giques.
- Quelle est la période la plus propice - La presse locale : créer et entrete-
pour diffuser ces informations ? nir des relations avec la presse per-
met à la commune d’exister dans le
Il s’agit donc pour les élus de paysage médiatique local. Les élus
construire une véritable stratégie doivent être force de proposition.

Fotolia
Presse locale mode d’emploi
L’Ouest a une presse locale, quoti- elle peut avoir besoin. Susciter des
dienne et hebdomadaire, très vivante rencontres régulières avec les corres- Les conseils de l’Aric
et très bien implantée. Ouest-France pondants répondre à leurs questions
est ainsi le quotidien de France qui a et établir une relation de confiance en
le plus fort tirage. Ces journaux dis- respectant l’indépendance dont ils >> Journal municipal,
posent également de sites internet ont besoin pour travailler.
très consultés. comment le faire vivre ?
La correspondance locale est une
La presse locale crée du lien social, activité complémentaire qui s’exerce à Il doit être attrayant et donner envie - Offrir une tribune citoyenne à l’oppo-
aide les habitants d’une commune temps partiel. Le correspondant n’est aux lecteurs de le lire. Il faut garder sition. C’est un gage d’ouverture.
à mieux se connaître. Répondre aux donc pas un professionnel de l’infor- en tête qu’il va être feuilleté avant - Le rétroplanning permet une bonne
sollicitations des journalistes ou des mation toujours disponible. Il faut par d’être lu. La qualité du graphisme et organisation au sein du comité de
correspondants locaux fait donc aussi exemple veiller à ne pas le prévenir au la mise en place de titres, phrases rédaction.
partie du travail de l’élu. dernier moment pour le convier à un d’accroche, intertitres, sont autant de - Rythmer les parutions est impor-
rendez-vous ou à une manifestation. moyens pour améliorer la lecture. tant. Compléter le journal municipal
Il faut savoir mettre à disposition de avec un blog ou une présence sur les
la presse toutes les informations dont Voici quelques conseils : réseaux sociaux permet d’être plus
- Mettre en place un comité de rédac- réactif aux événements.
tion et définir une ligne éditoriale. -La publicité n’est pas forcément à
- Privilégier l’actualité communale. proscrire. Elle peut notamment per-
- Humaniser les articles avec des por- mettre de mettre en valeur des ini-
traits d’acteurs du territoire. tiatives locales et les entreprises du
PAROLE D’ÉLUE - Utiliser un style journalistique. territoire.

différents services les sujets qui


paraissent importants, nous sollici-
tons l’ensemble des élus et nous
établissons le sommaire. Chacun > POUR ALLER PLUS LOIN...
peut proposer un sujet. Le chef
de service, la directrice de cabinet  Formations Aric
et moi-même relisons les articles. - Améliorer le bulletin municipal.
C’est un trimestriel, avec quatre - Elaborer le plan de formation de sa collectivité
numéros par an. Aujourd’hui, une
personne du service communica-
tion est spécifiquement dédiée à ‡Le nouveau guide de la communication interne - Analyse,
France Le Bohec, sa réalisation. Nous proposons un méthode et nouveaux outils pour les collectivités territoriales,
ancienne adjointe à Paimpol (22). format magazine, agréable à lire, Territorial éditions
avec beaucoup d’entrées de lec-
Comment réaliser et animer un ture et d’images. Tout est impor-
journal municipal ? tant : la forme graphique, le format,
‡TVA et bulletin municipal
Nous avons été primés au niveau le traitement de l’information, l’as-
www.collectivites-locales.gouv.fr/files/files/docs_som/bulletins_
national, lors des Trophées de la pect visuel, la diversité des sujets info.pdf
communication pour notre bulle- traités. ‡www.journaldesmaires.com/communication
tin. Nous répertorions auprès des

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ASSOCIATIONS - CITOYENNETÉ - COMMUNICATION

Travail collaboratif avec les outils numériques


De plus en plus les modes de vie (déplacements profes-
sionnels, obligations familiales etc.) obligent les élus à tra-
vailler à distance, en décalé. En début de mandat, il faudra
insister sur la formation et l’accompagnement sur les nou-
veaux outils. Il est nécessaire qu’ils se les approprient pour
gagner en efficacité.

Améliorer l’information
entre les élus
Dans un premier temps, il faut s’accorder sur les modes
de communication entre élus (mails etc.) et établir si pos-
sible une «charte de bonne utilisation» de ces outils. Par
exemple, il peut être rapidement mis en place des listes de
diffusion par thème, un agenda et des dossiers partagés.

Suivre les dossiers


Le temps des élus n’est pas le même que celui des ser-
vices, un site intranet sécurisé avec les dossiers en cours,
permettra aux élus référents de se tenir au courant.

Entretenir le lien avec les habitants


Les réseaux sociaux sont devenus des lieux d’expression
et d’échanges incontournables au niveau mondial mais
aussi local. Il s’agit d’un nouvel espace de communication
qu’il faut apprivoiser et organiser.

Favoriser les relations avec les citoyens du monde


Ces outils peuvent aussi bonifier les coopérations décen-
tralisées des collectivités au niveau international. Les conseils de l’Aric

>> Points de vigilance


PAROLES D’ÉLUS sur les réseaux sociaux
Outils peu coûteux, les réseaux so- alable un travail d’équipe entre élus et
ciaux sont incontournables, notam- agents, en cohérence avec le projet
ment vis-à-vis des jeunes citoyens. Il de la mairie.
convient, comme pour tout moyen de - Seul le personnel autorisé à diffuser
communication, de définir clairement des informations aura le droit de les
les objectifs et les contenus. Moins publier via les médias sociaux, pour
« contrôlables », ils doivent reposer éviter notamment un risque de diffu-
sur une recherche de dialogue. sion d’informations inappropriées.
L’usage des médias sociaux doit être - Tout contenu offensant ou diffama-
clairement défini en interne. Les per- toire est à proscrire. Il est donc conseil-
sonnes qui en sont chargés doivent lé de mettre en place des procédures
savoir quel est leur rôle, être conscient pour faire face à ces situations.
Jean Laouenan, Olivier Le Maur, des responsabilités. - Pour utiliser ces réseaux, il ne faut
adjoint à Loctudy (29) à la date adjoint à Lanester (56) à la date - Comme pour les médias tradition- pas avoir peur de s’exposer à la
de parution. de parution. nels, il convient de réfléchir à la cible contradiction et répondre rapidement.
et au contenu. Ceci nécessite au pré-
Comment faire vivre un site Pourquoi utiliser les réseaux
internet et le faire évoluer ? sociaux ?
Nous avons d’abord défini le C’est un moyen supplémentaire
sens de notre communication d’information et de concertation.
> POUR ALLER PLUS LOIN...
au sein d’un groupe de travail Avec Facebook, l’information
constitué d’élus et de salariés. arrive directement vers l’inter-  Formations Aric
Notre proposition a été adop- naute dès qu’il est connecté. - Réseaux sociaux n’ayons pas peur !
tée par le conseil, un cahier Nous souhaitions communiquer - Comment mieux animer et faire vivre son site internet ?
des charges a été défini. Nous vers les jeunes et toute une par- - Quels sujets aborder sur les réseaux sociaux ?
voulions un outil qui informe les tie de la population qui n’est - La rédaction d’un article de blog.
citoyens, qui valorise les atouts pas forcément disponible pour - Évaluer l’efficacité de sa communication sur les réseaux sociaux.
de notre territoire et soit interactif une réunion en soirée. Nous
dans le sens d’une démocratie avons proposé une formation ‡« Réseaux sociaux et collectivités locales » : synthèse de rencontre sur l’Inet (Insti-
participative. Nous enregistrons aux élus, menée par l’Aric. Il y a tut national des études territoriales) de Paris. 2012.
quelque 200 000 connexions énormément de peurs et il faut
dans l’année mais nous avons savoir aller au-delà. Nous avons ‡Portail de la CNIL : www.cnil.fr/
développé en parallèle une com- conçu une charte pour définir le
munication sur Facebook pour contenu et créer notre page en ‡www.cnfpt.fr
toucher les plus jeunes. C’est fonction de règles communes. ‡www.e-megalisbretagne.org - Toute l’actualité sur l’administration électronique
une présence complémentaire. Un webjournaliste a été embau- ‡www.afccre.org - site de l’Association française du conseil des communes et
Nos informations sont désormais ché. Nous nous engageons tou- régions d’Europe
lues 10 000 fois par semaine. jours à répondre : une veille est ‡www.maisons-europe.eu - site de la Fédération française des Maisons de
Nous avons développé deux assurée par les services, même l’Europe
lignes éditoriales différentes. durant le week-end. ‡www.bretagne-solidarite-internationale.org - site des acteurs bretons de la coo-
pération internationale

45
GUIDE DE L’ÉLU LOCAL

Glossaire
ABF : architecte des bâtiments CNFEL : conseil national de la forma- FCTVA : fonds de compen- de la voirie et des aménagements des
A de France tion des élus locaux F sation de la taxe sur la valeur espaces publics
ABS : analyse des besoins CNFPT : centre national de la fonc- ajoutée PCS : plan communal de sauvegarde
sociaux tion publique territoriale Feader : fonds européen agricole PDR : programme de développement
AC : attribution de compensation CNRACL : caisse nationale de retraite pour le développement rural rural
Ademe : agence de l'environnement des agents des collectivités locales Feaga : fonds européen agricole de PEDT : projet éducatif territorial
et de la maîtrise de l'énergie Codem : comité d’observation de la garantie PLH : programme local de l'habitat
ADS : application du droit des sols dépendance et de la médiation Feamp : Fonds européen pour les PDU : plans de déplacements urbains
AMF : association des maires de Cos : coefficient d'occupation des affaires maritimes et la pêche Plie : plans locaux pluriannuels pour
France sols FEP : fonds européen pour la pêche l’insertion et l’emploi
Anacej : association nationale des CPER : contrats de projets état-région Fisac : fonds d'intervention pour les Plu : plan local d'urbanisme
conseils d’enfants et de jeunes CRDS : contribution pour le rembour- services, l'artisanat et le commerce PNR : parcs naturels régionaux
Anah : agence nationale pour l'amé- sement de la dette sociale Psu : prestation de service unique
lioration de l'habitat Cress : chambre régionale de l'éco- Gab : groupement des agricul- PTU : périmètre de transport urbain
Anru : agence nationale pour la réno- nomie sociale et solidaire G teurs biologiques
vation urbaine CSG : contribution sociale générali- Gip : groupement d'intérêt Ram : relais assistants mater-
AOT : autorité organisatrice des trans- sée public R nels
ports CU : certificat d'urbanisme ou code GVT : glissement vieillissement tech- RMA : revenu minimum d'acti-
Apa : allocation personnalisée d'auto- de l'urbanisme nicité vité
nomie CUCS : contrat urbain de cohésion Gpec : gestion prévisionnelle des RSA : revenu de solidarité active
APL : aide personnalisée au logement sociale emplois et des compétences
ARS : agence régionale de santé
Assad : association de soins et ser- HLM : habitation à loyer modéré Safer : société d’aménagement
vices à domicile Dasen : direction des services H HQE : haute qualité environne- S foncier et d’établissement rural
Atsem : agent territorial spécialisé D départementaux de l'éducation mentale Scot : schéma de cohérence
des écoles maternelles nationale Insee : institut national de la statis- territoriale
DCE : dossier de consultation des tique et des études économiques Sem : société d’économie mixte
entreprises SGAR : secrétariats généraux pour
Bafa : brevet d’aptitude DDTME : directions départementales les affaires régionales
B aux fonctions d’animateur des territoires et de la mer Ircantec : institution de retraite Sivom : syndicat à vocation multiple
Bafd : brevet d’aptitude aux DGCCRF : direction générale de la I complémentaire des agents Sivu : syndicat intercommunal à voca-
fonctions de directeur concurrence, de la consommation et non titulaires de l'état et des tion unique
BBC : bâtiment de basse consomma- de la répression des fraudes collectivités publiques SPL : sociétés publiques locales
tion DGF : dotation globale de fonctionne-
BOAMP : Bulletin officiel des an- ment
nonces des marchés publics DGS : directeur général des services Jal : journal d’annonces légales Ter : transport express régional
Dif : droit individuel à la formation J JO : journal officiel T Tic : technologies de l'informa-
Dob : débat d’orientation budgétaire tion et de la communication
Caf : caisses d'allocations fami- DPU : droit de préemption urbain
C liales Drac : direction régionale des affaires M14 : cadre juridique qui régle-
Car : comité de l'administration culturelles M mente la comptabilité des com- Za : zone artisanale
régionale DRH : directeur des ressources hu- munes françaises, des syndi- Z Zac : zone d’aménagement
CAO : commission d’appel d’offres maines cats de communes et des concerté
Carsat : caisse d'assurance retraite et DRTEFP : direction régionale du tra- établissements publics de coopéra- Zad : zone d'aménagement différé
de la santé au travail vail, de l'emploi et de la formation pro- tion intercommunale Zppaup : zone de protection du patri-
CCAS : centre communal d'action fessionnelle Mapam : loi de modernisation de moine architectural, urbain et paysa-
sociale DSC : dotation de solidarité commu- l'action publique territoriale et d'affir- ger
CCI : chambre de commerce et d’in- nautaire mation des métropoles du 27 janvier
dustrie Duerp : document unique d’évalua- 2014
CCPD : conseil communal de préven- tion des risques professionnels - dit MDPH : maison départementale des
tion de la délinquance DU personnes handicapées
CDC : caisse des dépôts et consigna- Dup : déclaration d'utilité publique MJC : maisons des jeunes et de la
tions culture
CDAC : commission départementale MSA : mutualité sociale agricole
d'aménagement commercial EPCI : établissements publics
CDCI : commission départementale E de coopération intercommu-
de coopération intercommunale nale Opah : opération programmée
CDG : centre de gestion de la fonc- EPF : établissement public foncier O d'amélioration de l'habitat
tion publique territoriale Ehpad : établissement d’héberge- Oparca : opérations program- Nous tenons à remercier plus par-
Cet : contribution économique terri- ment pour les personnes âgées dé- mées d'amélioration et de rénovation ticulièrement :
toriale pendantes pour le commerce et l'artisanat
Ceser : conseil économique, social et Epic : établissement public à carac- OPH : offices publics de l'habitat - Les membres du comité de pilo-
environnemental régional tère industriel et commercial OPHLM : office public de l'habitat à tage : Christian Urvoy, Joseph Le
CLSPD : conseil local de sécurité et EPN : espace public numérique loyer modéré Lez, Michel Morin, Pierre Le Floc’h,
de prévention de la délinquance ERP : équipement recevant du public OTSI : office de tourisme-syndicat Jean Michel Paviot, Béatrice Erck-
CRC : chambre régionale des Esat : établissement et services d'initiative sen, les permanents et les élus du
comptes d'aide par le travail conseil d’administration de l’Aric
CIAS : centre intercommunal d’action ESS : économie sociale et solidaire - Marie Osmont, Alenka Doulain et
sociale Padd : projet d'aménagement Elodie Le Paih, étudiantes de l’IEP
Cif : coefficient d’intégration fiscale P et de développement durable de Rennes
Clic : centre local d’information et de Pass : permanences d’accès - Les nombreux contributeurs et
coordination aux soins de santé relecteurs qui ont grandement par-
CLSH : centre de loisirs sans héber- PAE : point accueil emploi ticipé à la réussite de ce projet.
gement Pave : plan de mise en accessibilité

46
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Un Pays n’est pas un nouvel échelon de collectivité territoriale.
Il ne dessaisit aucun organisme de ses compétences et n’a
Depuis près de 15 ans, la Bretagne groupements de communes, acteurs pas de fiscalité propre. Le Pays s’organise dans une logique
a choisi le Pays comme l’échelle socioprofessionnels, économiques, de mission de développement, à travers des tâches de
la plus pertinente pour mettre en associatifs et culturels autour d’un coordination, d’animation, de mobilisation, de négociation
œuvre sa politique régionale en projet commun de développement. avec l’Europe, l’État, la Région, le Département, les différents
faveur de la cohésion territoriale. Pour 2014-2020, la Région souhaite acteurs publics et privés du territoire.
Reconnus pour animer et coor- poursuivre son action de soutien Il prend des formes diverses : informelles / juridiques, pôle
métropolitain/pôle d’équilibre territorial et rural, Syndicat
donner le développement des aux stratégies de développement
mixte/groupement d’intérêt public/association. Au-delà de
territoires, les Pays contribuent portées par les Pays en signant un sa forme, le pays est un espace de rencontre, d’échange pour
à renforcer les solidarités entre Contrat de partenariat mobilisant penser l’avenir, capitaliser, mutualiser…
la ville et l’espace rural. des crédits régionaux et européens.
À la fois lieux d’action collective et La Bretagne est riche de ses 21 Pays !
espaces de démocratie participative,
les Pays fédèrent les communes,

�.bretagne.�
EDF SA au capital de 930 004 234 € – 552 081 317 RCS PARIS – Siège social : 22-30, avenue de Wagram, 75008 Paris – Photo : Rob Payne

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Nous déployons des réseaux de bornes de recharge et nous concevons des batteries
plus performantes pour circuler autrement. D’ici 2015, 5000 bornes de recharge
électrique seront installées partout en France. En partenariat avec les constructeurs
automobiles, nous faisons entrer le véhicule électrique dans la ville.
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