Vous êtes sur la page 1sur 13

LES DIAGRAPHIES PETROLIERES

INTRODUCTION

L’étude des caractéristiques des formations traversées par un sondage se fait grâce aux diagraphies. Les
diagraphies permettent d’avoir une vision continue, objective et quantitative des séries traversées par un forage
et de réaliser le lien entre les mesures géophysiques de surface et la géologie de subsurface.
Les ‘diagraphies’ ou encore ‘log’ désignent tout enregistrement continu en fonction de la profondeur des
variations d’une caractéristique donnée des formations traversées par un forage.
Cette technique est apparue en 1927 et a connu depuis un développement fulgurant pour devenir un outil
incontournable de l’industrie pétrolière.
Selon que les diagraphies sont enregistrées pendant ou après le forage, on distingue :
- les diagraphies instantanées : enregistrées au cours du forage, elles sont d’un accès direct (poussée sur l'outil,
vitesse d'avancement, débit des fluides de forage, examen des déblais, examen qualitatif et quantitatif de la boue,
indices de gaz ou d'huile, température, etc…) ; elles permettent de suivre l’évolution du forage (MWD,
mudlogging);
- les diagraphies différées : elles sont enregistrées en fin de forage en descendant les outils à l’extrémité d’un
câble (wireline).
L’essentiel de l’interprétation des diagraphies différées consiste à déterminer des paramètres tels que la porosité
des formations traversées, les fluides contenus et leur saturation, les limites des couches, les contacts entre les
différents fluides, la qualité de la cimentation, le diamètre, l’inclinaison du trou, le pendage des terrains ainsi que
la direction des discontinuités, l’effet de la boue sur les formations traversées, etc…
Toute variation des courbes de diagraphie doit avoir une signification géologique évidente et vice versa.

1 PARAMETRES ENREGISTRES ET EQUIPEMENTS

a- Paramètres enregistrés
Les paramètres physiques qui font l’objet de mesures diagraphiques sont regroupés en 2 catégories selon qu’ils
soient des phénomènes naturels spontanés ou des phénomènes obtenus par excitation.
Paramètres naturels engendrés spontanément: un dispositif comprenant un simple récepteur est
descendu dans le puits et enregistre des paramètres tels que :
- le potentiel spontané PS,
- la radioactivité naturelle : totale (Gamma ray GR) ou sélective (Gamma ray spectral),
- la température T,
- le diamètre du trou C,
- la déviation (inclinaison du trou)
- le pendage des terrains.
Paramètres physiques obtenus par excitation: un dispositif constitué d’un couple émetteur –
récepteur est descendu dans le trou ; un signal est envoyé dans la formation par un émetteur et on enregistre la
réponse à l’aide d’un récepteur. Ce sont :

1
- les mesures de résistivité : diagraphies électriques (émission d’un signal à partir d’électrodes) ; diagraphies
d’induction (émission d’un signal à partir de bobines d’induction),
- les mesures nucléaires : diagraphie gamma-gamma ou de densité (émission d’un rayonnement gamma),
diagraphies neutron (émission de neutrons dans la formation), etc…,
- les mesures acoustiques : diagraphie sonique (émission d’ondes dans la formation), diagraphies d’amplitude
et d’adhérence du ciment, etc….
La diagraphie de densité, la diagraphie neutron et la diagraphie sonique sont dites diagraphies de porosité car leur
principale application est la détermination de la porosité des formations.

b- Equipements
Les équipements pour l’enregistrement des diagraphies comprennent :
- Les outils à l’extrémité du câble qu’on descend dans le trou
- Un câble, enroulé autour d’un treuil assurant la connexion mécanique et électrique avec l’outil,
- Les circuits de contrôle et de commande des appareils de mesure et des équipements de traitement de
l’information,
- Un système d’enregistrement et d’édition.

2 Etude théorique de quelques diagraphies et applications

*Composition de la roche
L'interprétation des diagraphies devra permettre de connaître la composition de la roche traversée par le sondage
par la détermination du contenant et du contenu:
 Le contenant représente les éléments solides (matrice : grains et ciment) dont il faut déterminer la nature
minéralogique et le pourcentage. En diagraphies, on distingue deux types d'éléments solides: la matrice et l'argile.
La matrice est l'ensemble des éléments solides figurés (grains et liants) constituant la roche, à l'exception des
argiles. Cette matrice est dite simple lorsque les éléments sont constitués du même type de minéral (calcite,
quartz). Elle est dite complexe quand les éléments figurés sont minéralogiquement différents ou quand les grains
et le ciment sont composés de minéraux de types différents (grès à ciment calcaire). On dira qu'une matrice est
propre quand elle ne renferme pas d'argile.
L’argile est un dépôt sédimentaire composé de minéraux phylliteux, aluminosilicates, hydratés appartenant aux
groupes kaolinite, montmorillonite, chlorite. Selon le degré de compaction des argiles, les pores sont plus ou
moins nombreux. Ces pores sont généralement remplis d’eau mais souvent d’hydrocarbures liquides ou gazeux.
On distingue 3 types d’argiles :
- les argiles laminées disposées en fins lits entre 2 couches de réservoirs et n’affectant ni la porosité utile, ni a
saturation, ni la perméabilité. Ces lits sont généralement conducteurs en parallèle avec les autres couches.
On les identifie dans le microlog et la pendagemétrie.
- Les argiles dispersées adhèrent les grains ou les induisent et occupent partiellement les pores. Elles réduisent
la perméabilité des roches et augmentent leur salinité. Leur résistivité est difficile à déterminer.
- Les argiles structurales se présentent sous forme de grains ou de nodules jouant le même rôle que les autres
grains de la matrice. Les argiles laminées et structurales ont une origine détritique tandis que les argiles
dispersées proviennent d’altération (feldspath) ou de néoformation.

2
 Le contenu c'est à dire la nature et le pourcentage des fluides remplissant les vides entre les éléments
solides. Leur pourcentage dans la roche dépend de la porosité. Ces fluides sont de nature différente (eau, air,
huile, etc…). A l’exception de l’eau, ils sont généralement mauvais conducteurs de courant. L’eau conduit plus ou
moins bien le courant selon qu’elle soit chargée ou non en sels dissous. Or les roches contiennent toujours d l’eau
en quantité importante suivant d’une part la porosité et d’autre part la saturation.

1- Les logs de résistivité

a- Principe
Les diagraphies de résistivité sont des diagraphies où l’on envoie comme signal dans la formation du courant
électrique pour en déduire leur résistivité.
La résistivité1 d’une formation se définit comme étant son degré d’opposition au passage du courant électrique.
Elle se mesure en Ohm.m. C’est un paramètre important dans la détermination de la saturation en hydrocarbures.
La résistivité d’une roche dépend de la géométrie des pores, de la résistivité propre de l’eau contenue dans les
pores, de la quantité d’eau présente dans la roche et de sa concentration en sels (salinité), de la lithologie et du
pourcentage d’argile de la roche.
Le sel le plus commun dans les eaux de formation est le NaCl mais on peut rencontrer d’autres sels tels que le KCl,
le CaCl2, le NaSo4, etc…. et l’évaluation de la concentration en sels dissous se fait en équivalent NaCl.
Une source émettrice (électrodes, solénoïde) envoie un signal (courant électrique) dans la formation et un
dispositif de mesure (récepteur) enregistre la réponse de la formation. La distance entre la source et le récepteur
est l’espacement. Le rayon d’investigation est la distance que parcours le signal (rayon de la sphère équipotentielle
des lignes de courant). Plus la distance entre l’émetteur et le récepteur est grande, plus l’investigation est
profonde et corrélativement la définition verticale diminue.

b- Outils
Selon l’espacement et l’ordre de grandeur du rayon d’investigation, on distinguera :
 Les macrodispositifs : grande normale et latérale (fig 1 et 2), induction IL, latérologs 3, 7, 8, Dual, spherically
Focused Log (SFL). Ils donnent une lecture plus ou moins proche de la résistivité vraie de la formation.
 Les microdispositifs : petite normale, microinverse, microlog ML, microlatérolog (MLL), micro spherically
focused log (MSFL) ; ils donnent une lecture proche de la résistivité de la zone lavée. Les microdispositifs sont
montés sur patin et appliqués contre la paroi du trou.
Pour améliorer la définition verticale et diminuer les effets de trou, on a mis au point des dispositifs focalisés où
l’on envoie un faisceau de lignes de courant parallèles dans les formations perpendiculairement à l’axe du trou
(induction, latérologs, SFL, MSFL, MLL).
On dispose ainsi d’une grande variété d’outils de mesure de résistivité dont la combinaison permettra de
déterminer les paramètres recherchés.
c- Applications et intérêts pratiques des diagraphies de résistivité
1. Détermination de la saturation en eau et en hydrocarbures

3
L’objet principal des diagraphies de résistivité (diagraphies électriques) est la détermination de la saturation en
eau et en hydrocarbures dans la zone vierge et de la zone lavée des formations à partir de la résistivité.
Toute roche est caractérisée par un facteur de formation F: F=a.Ø-m .
La résistivité de la roche, la résistivité de l’électrolyte, la porosité et le mode de distribution de l’électrolyte sont
liés par la relation expérimentale d’Archie.
Pour une roche saturée, on a: Rt  Rw .a.  m ou Rt  F .Rw avec Rt : résistivité vraie de la roche ; Rw : résistivité
de l’eau d’imbibition ; Ø : porosité ; m : facteur de cémentation (entre 1,3 et 2,2).
L’Abaque 4 permet à partir des valeurs de porosité d’obtenir les valeurs de F et vice versa et ce, pour diverses
relations expérimentales.
NB : ces relations sont rigoureuses quand il s’agit de formations propres c'est-à-dire de formations dépourvues
d’argiles. En présence d’argile, il faudra faire des corrections.
Ro Ro
 Zone saturée en eau : S w  n  1 , en général n=2 et donc S w 
Rt Rt
Ro : résistivité de la formation saturée en eau (résistivité vraie de la formation).
 Zone sous saturée :
F .RW
- Zone vierge : S w  et SW  Shc  1 avec Rw : résistivité de l’eau d’imbibition ; Sw : saturation
Rt
en eau et Shc : saturation en hydrocarbures.
La résistivité de la zone vierge Rw est donnée par la Grande normale 64’’, la Latérale 18’64’’, le Latérolog 7 et 3.
F .Rmf
- Zone lavée : S xo  et S xo  S hr  1 avec Rmf : résistivité du filtrat ; Rxo : résistivité de la zone
Rxo
lavée ; Sxo : saturation en filtrat de la zone lavée ; Shr : saturation en hydrocarbures résiduels.
La résistivité de la zone lavée Rxo est donnée par la Petite normale 16’’, la Micronormale 2’’, le Microlatérolog.
Le tableau suivant donne les différentes résistivités lues par les outils électriques
Résistivités lues Logs électriques
Zone lavée : Rxo Petite normale 16", L.L.S. (latérolog shallow), micronormale
2", microlatérolog , I.L.S. (induction shallow)
Zone vierge : Rt Grande normale 64", latérale 18'8", L.L.D (latérolog deep),
latérolog 7 et 3, I.L.D. (induction deep),

Les logs électriques, sauf ceux par induction, ne peuvent être enregistrés que dans des trous remplis d'un fluide
conducteur.
La lecture se fait en Ohm.m de la gauche vers la droite. Les outils mesurent des résistivités sur plusieurs échelles
tracées simultanément (ex. de 0 à 20 ; 0-40; 0-200; 0-2000 Ohm.m) ce qui permet de lire aussi bien les faibles
résistivités (sables à eau salée) que les fortes résistivités (grès à hydrocarbures, calcaires, quartzites compacts).
2. Détection des couches poreuses et perméables (définition lithologique)
Les microdispositifs détectent le mud cake qui se forme en particulier et surtout en face des formations poreuses
et perméables (sables, grès) et permettent de définir l’épaisseur des niveaux productifs.

2- Diagraphies PS (Potentiel Spontané)

4
a- Principe
Le potentiel spontané est généré par la différence de potentiel électrique entre une électrode mobile qui se
déplace dans le puits et une électrode fixe à la surface. Ce potentiel électrique enregistré est le résultat de
l’interaction entre l’eau de formation, le fluide de forage et certains ions contenus dans les argiles provoquant
l’apparition de potentiels naturels qui sont :
- le potentiel de membrane (Em): il se développe lorsque 2 électrolytes de concentration différente en sels dissous
(eau de formation et boue de forage) sont séparés par l’argile. Les argiles étant constituées d’ions SI, Al et O avec
une concentration d’ions O2- aux bords des couches, il en résulte un déséquilibre de charge ionique quand l’argile
est en contact avec d’autres roches : les limites se chargent en ions positifs puisque le réseau étant chargé
négativement va attirer et laisser passer les ions positifs comme Na+ et repousser les ions négatifs tels que le Cl-.
Il se créée ainsi un force électromotrice (f.e.m) spontanée à travers l’argile. (fig 4)
- le potentiel de diffusion ou de jonction (Ej): il se développe au contact du filtrat et de l’eau de formation dans la
couche perméable du fait de la différence de vitesse de diffusion des ions Na+ et Cl- de la solution la plus
concentrée vers la solution la moins concentrée. (fig 4)
La somme de ces 2 potentiels est appelé potentiel électrochimique : Ec = Em + Ej.
Ainsi, on a un potentiel positif en face des formations argileuses et un potentiel négatif en face des formations
poreuses et perméables (sables). La PS est alors dite PS normale (la boue de forage est moins saline que l’eau de
formation : Rmf>Rw). Pour une PS inverse, les potentiels négatifs se déportent à gauche en face des argiles et les
potentiels positifs à droite en face des sables (la boue de forage est plus saline que l’eau de formation : Rmf<Rw).
On appelle Potentiel Spontané Statique (PSS), la déflexion observée sur la courbe PS et calculée de la manière
suivante : PSS   K log Rmfe Rwe (Rmfe est la résistivité équivalente du filtrat c'est-à-dire la résistivité qu’aurait le

filtrat s’il n’y avait que du NaCl en solution, Rwe est la résistivité équivalente de l’eau de formation, K est une
constante qui dépend de la température).

Fig 4 : Potentiel de membrane et Fig 5 : Distribution des courants PS et PS statique potentiel


de jonction liquide

b- Applications et intérêts pratiques des diagraphies PS


1. Détection des couches poreuses et perméables (définition lithologique) et estimation de la teneur en argile

5
En face des couches d’argiles (bancs imperméables), les potentiels se déportent vers la droite suivant une ligne
+/- droite (ligne de base des argiles : 100% argile) et en face des couches de sables (bancs imperméables), les
potentiels se déportent à gauche suivant une autre ligne droite (ligne de base des sables : 0% argile). On arrive
ainsi à détecter les bancs d’argile et de sables et établir une définition lithologique grossière.
PSS  PSàlacôteX
L’estimation du volume d’argile se fait de la façon suivante : Vsh (%) 
PSS
PSS : valeur (maximale) de la déflexion PS dans l’intervalle considéré,
PS à la côte X : déflexion PS à la côte X.
2. Détermination de la résistivité de l’eau de formation RW : Abaque 2
Le log PS permet de déterminer la résistivité de l’eau de formation et donc la salinité à partir d’un algorithme
utilisant plusieurs abaques.
Algorithme pour la détermination de la résistivité de l’eau de formation à partir du log PS
- Déterminer le potentiel statique, valeur de la déflexion PS à la côte choisie (ECHELLE 1) ;
Il y a lieu dans certains cas d’apporter une correction pour l’épaisseur du banc. L’Abaque 6 fournit alors un facteur
de correction par lequel il faut multiplier la valeur de la déflexion PS lue sur le log ;
- Déterminer la température de formation à la côte choisie (Abaque 3) ;
Rm fe
- L’intersection de la droite passant par ces 2 points avec l’ ECHELLE 2 donne le rapport , (e pour équivalent) ;
RWe
- Ramener Rmf à la température de formation (Abaque 2 ) : si la valeur trouvée est inférieure à 0,1 ohm.m, la
transformer en Rmfe à l’aide de l’Abaque 5, sinon garder Rmfe (Rmf) sur l’ ECHELLE 3 ;
- L’intersection de ces 2 derniers points avec l’ ECHELLE 4, donne Rwe : Si Rwe trouvé est inférieur à 0,1 ohm.m, la
transformer en Rw à l’aide de l’Abaque 5, sinon garder Rwe qui est le Rw recherché.
Rw permet le calcul de la salinité en équivalent NaCl de l’eau d’imbibition (Abaque 7).

3- Diagraphie Gamma Ray

a- Principe et outils
Le log Gamma ray est la mesure de la radioactivité naturelle des formations. La radioactivité naturelle est la
transformation spontanée d’un noyau atomique au cours de laquelle il y a émission de rayonnement. La
radioactivité des roches provient essentiellement du Potassium, de l’Uranium, du Thorium, du Radium. Dans les
formations sédimentaires, la concentration en éléments radioactifs est faible ; l’enrichissement provient des
lessivages des formations granitiques et / ou volcaniques à l’origine des ces formations. Les rayonnements gamma,
que mesure le log gamma ray sont mesurés à l’aide de détecteurs, dont le plus en usage est le scintillomètre. La
réponse de l’outil est fonction de la concentration en poids du minéral radioactif dans la formation et de la densité
de cette formation ; les formations à faible densité absorbant plus de rayons gamma que les formations à forte
densité.
Le log gamma ray s’enregistre en même temps que le log SP, il le remplace quand on a des formations très
résistantes, quand le forage est tubé ou quand le forage est réalisé avec des boues non conductrices : boues à air,
à huile. Unité : μg de radium/tonne ou API (1 μg= 16.5 API). Les argiles ont une activité variant entre 100 et 200
A.P.I., les sables 30 à 80, les carbonates 10 à 50.

6
b- Applications et intérêts pratiques des diagraphies Gamma Ray
La mesure de la radioactivité naturelle sert essentiellement à la reconnaissance lithologique : définition des bancs
d’argile en général très radioactifs où l’enregistrement est dévié à droite. Une faible réponse (enregistrement à
gauche) dénote de formations propres (sables sans argile ou sable propres, grès, calcaire, etc…). Le log gamma
ray peut être aussi utilisé pour la détection et l'évaluation de minerais radioactifs ainsi que pour l’évaluation du
pourcentage d’argile :
GRx  GRpropre
On définit : Indice d’argile : I X arg ile  .
GRarg ile  GRpropre
La série doit comprendre un véritable banc d’argile et une zone de sable propre (ou calcaire) qui serviront de
référence. Cet indice donne un volume en excès et pour une estimation plus précise, il faut corriger avec un
abaque.

7
4- Les diagraphies de porosité
Les logs de porosité comprennent le log sonique, le log densité et le log neutron. Ils sont dénommés ainsi puisque
leur principale application est la détermination de la porosité.

4-1- la diagraphie sonique

a- Principe et outils
Le principe du log sonique se fonde sur la propagation d’un train d’ondes qui est émis par une source et capté par
un couple de récepteurs. Le log sonique est un enregistrement des temps de transit (∆t) du son dans une formation
sur une distance de 1 pied ; l’unité étant le pied/sec ou micropied/sec. Ce temps de transit est une fonction
réciproque de la vitesse du son dans la formation qui dépends, elle de la lithologie et de la porosité.

Vitesse dans la matrice Temps de transit matrice


(ft/sec) (micro sec/ft)
Grès 18 000 -19 500 55,5 ou 51,0
Limon 21 000 – 23 000 47,5
Dolomites 23 000 43,5
Anhydrites 20 000 50,0
Sel 15 000 67,0
Fer (casing) 17 500 57,0
Vitesses et temps de transit du son dans certaines formations

b- Applications
t log  tma
Calcul de la porosité sonique: t log    tfl + 1   tma soit  
tfl  tma
∆tfl : ∆t du fluide de formation (abaque) ; ∆tma : ∆t de la matrice (abaque) ; ∆tlog : ∆t lu sur le log.

4-2- la diagraphie de densité ou Gamma Gamma

a- Principe et outils
Le log densité consiste à soumettre la formation à un rayonnement gamma émis par une source et à enregistrer
l’intensité du rayonnement gamma diffusé à une certaine distance de la source après collision de ces rayons
gamma avec les électrons. Les photons gamma émis entrent en collision avec les électrons de la matrice et les
éjectent quand ils les frappent de front ; on a une transmission de l’énergie cinétique des photons aux électrons
et une diffusion des photons gamma émis. C’est l’effet Compton. L’intensité du rayonnement gamma diffusé et
mesuré est d’autant plus faible c'est-à-dire que les photons gamma ont perdu beaucoup de leur énergie que le
nombre de collisions est plus grand donc que la densité de la formation est élevée puisque l’absorption des rayons
gamma est directement liée à la quantité d’électrons présents dans la formation (densité électronique) et par
conséquent à la densité totale de la roche (Bulk density).
L’outil utilisé est le FDC (Formation Density Compensated) qui mesure à une certaine distance de la source
l’intensité du rayonnement gamma émis/ Il comprend 2 récepteurs : un qui lie loin dans la formation et un autre

8
qui lit près dans la formation. Les 2 courbes sont enregistrées et traitées et on sort une courbe moyenne qui
élimine les effets de trou, l’épaisseur et la densité du mud cake. Les logs modernes sont directement enregistrés
en gr/cm3 et à cette échelle en densité on peut faire correspondre une échelle de porosité.

b- Applications
ma  b
Calcul de la porosité densité : b   fl  1   ma soit  
ma  fl
ρfl : ρ du fluide de formation (abaque) ; ρma : ρ de la matrice (abaque) ; ρb : ρ lu sur le log.

Densité de quelques composés

COMPOSES FORMULES DENSITES


Quartz SiO2 2,654

Calcite CaCO3 2,710


Dolomie CaCO3MgCO3 2,870
Anhydrite CaSO4 2,960
Sylvinite KCl 1,984
Sel NaCl 2,165
Gypse CaSO4, 2H2O 2,320
Eau douce H2O 1, 000
Eau salée 200 000 ppm 1,146
Huile 0,850

9
4-3- la diagraphie neutron

a- Principe et outil
Une source émettrice radioactive envoie des neutrons à une grande vitesse dans la formation. Ceux-ci entrent en
collision avec les nucléons (noyaux) de la formation et perdent une partie de leur énergie et sont ralentis. La
quantité d’énergie perdue au cours de la collision dépend de la masse des noyaux des formations. Une énergie
perdue élevé c'est-à-dire une grande perte de vitesse signifie que la masse des neutrons est pratiquement égale
à la masse du noyau c'est-à-dire à la masse d’un atome d’hydrogène. Par conséquent, le ralentissement des
neutrons dépend largement de la quantité d’hydrogène contenu dans la formation. C’est pourquoi les logs
neutrons servent également à déterminer les niveaux d’hydrocarbures dans la formation.
Comme outil, nous avons l’outil CNL (Compensated Neutron Log) qui enregistre les neutrons thermiques. Pour
diminuer les effets de trou, il comprend 2 détecteurs et le rapport des taux de comptage des détecteurs est traduit
en indice d’hydrogène – neutron (porosité neutron). Un abaque permet à partir de ce rapport (détecteur proche
/ détecteur éloigné) d’obtenir selon le type de formation les porosités. En choisissant comme référence 100 %
pour de l’eau douce et 0 % pour un calcaire compact (CaCO3 = 0 hydrogène) on va obtenir une échelle variant de
0 à 100 qui dans un milieu poreux calcaire va représenter la porosité et on parlera d’un neutron calibré calcaire.

b- Applications et intérêts pratiques des diagraphies de porosité


- porosité neutron : b  fl .S w  1   ma
Lorsque les milieux n’est pas saturé, l’inconnue de saturation Sw apparaît, empêchant une détermination
complète du milieu à l’aide des deux seules sondes neutron-neutron (porosité) et gamma-gamma (densité
globale). Dans ce cas il faudra faire au moins une hypothèse sur l.une des trois variables (ρ, φ, ρm). L’hypothèse
la plus couramment utilisée est celle sur la densité de matrice car elle dépend de la lithologie qui peut être
déterminé grâce aux autres diagraphies.

1. Détermination de la nature du fluide de formation (eau, huile gaz) par la diagraphie neutron

V.3. Facteurs influencent les mesures diagraphiques


Ces facteurs sont de plusieurs nature et sont liés à :
 L’existence du trou de sonde :
 Le volume du fluide de forage.
 La nature du fluide de forage : l’air transmet mal les ondes acoustiques, l’air et l’huile ne laissent
pas passer le courant électrique. Par contre, une boue salée très conductrice va induire un signal important. La

10
densité de la boue va influencer les mesures de résistivité, d’indice d’hydrogène et l’absorption des rayons
gammas.
 Les phénomènes d’invasion (voir plus bas).
 Le tubage et la cimentation : certains logs ne peuvent pas être exécutés en trou tubé (exemple du
PS) et le tubage peut provoquer des anomalies sur le log gamma gamma ; la qualité de la cimentation peut affecter
le log sonique.
 La géométrie de l’outil :
 Le diamètre de l’outil qui conditionne la possibilité de descente de l’outil dans le trou ;
 L’espacement, l’écartement, la profondeur d’investigation : d’une manière générale, plus on
augmente l’écartement l’espacement ; plus on accroît la profondeur d’investigation et corrélativement on
diminue la définition verticale.
 La vitesse d’enregistrement
 La température et la pression : la température et la pression augmentent normalement avec la
profondeur et du gradient géothermique. On indique généralement les conditions limites de températures et de
pression d’utilisation de chaque outil.
 La notion d’invasion
D'une manière générale, la présence du fluide de forage est génératrice de perturbations dans les formations.
Dans le cas le plus général, les formations forées contiennent des fluides (eau et pétrole) qu'il est important de
maintenir en place afin d'éviter leur venue en surface. Pour cela, la boue de forage, en phase liquide, exerce une
pression hydrostatique supérieure à la pression des formations et des fluides qu'elles contiennent. Dans ces
conditions, il se produit dans la formation, au voisinage du trou une filtration de la phase liquide et des substances
dissoutes : c'est le filtrat de boue. Les particules dispersées, elles, s'accumulent sur la paroi du trou, formant le
dépôt de boue encore appelé "gâteau de boue" ou "mud-cake". La composition, l'épaisseur et la perméabilité du
mud cake dépendent surtout de la nature de la boue. L'épaisseur du mud cake varie en général entre 1/8’’ et 1’’
(3 mm à 2,54 cm). Ce mud cake a une perméabilité faible et c'est lui qui conditionne en partie la filtration, petit à
petit la filtration va diminuer puis stopper.
Le filtrat, envahit la formation, perturbe la répartition des fluides en place, et ses caractéristiques physiques
contribuent à modifier celles des formations. Les figures suivantes montrent la représentation schématique de
l'invasion d'une formation par le filtrat de boue :
- La boue de résistivité Rm remplit le trou de forage ;
- La filtration a laissé un mud cake de résistivité Rmc ;
- Le filtrat de boue, phase aqueuse de résistivité Rmf, a sur une certaine distance refoulée toute l'eau de formation
créant la zone lavée. Cette zone a pour résistivité Rxo ;
- Puis la quantité de filtrat diminue jusqu'à ce que l'on retrouve dans la zone vierge la saturation complète des
pores par l'eau de formation dont la résistivité Rw contribue à donner à la formation sa résistivité Rt ;
- La zone s'étendant de la paroi du trou jusqu'à la limite atteinte par le filtrat est la zone envahie de résistivité Ri,
son extension est symbolisée par son diamètre di.
Lorsque la formation contient des hydrocarbures et de l'eau l'invasion prend une allure un peu différente. En
raison des phénomènes capillaires, le filtrat de boue n'est pas en mesure de repousser la quantité totale
d'hydrocarbures présente dans la formation. Dans la zone lavée, l'eau de formation et une partie seulement des
hydrocarbures seront remplacés par le filtrat. Puis, jusqu'à la limite de la zone envahie (Voir Figs. suivantes), la

11
quantité de filtrat diminue, l'eau et les hydrocarbures revenant progressivement à la saturation primitive que l'on
retrouve dans la zone vierge, dont la résistivité est Rt.
La profondeur d'invasion est très variable, elle dépend de l'eau libre de la boue, de la différence de pression entre
la colonne de boue et la formation, de la porosité etc. En général, plus la porosité est grande, plus la profondeur
d'invasion est faible. C'est en effet le mud-cake qui règle la quantité d'eau qui peut pénétrer. Pour la même
quantité d'eau, di sera plus petit si la porosité est forte. Si l'on exprime di en fonction du diamètre d du sondage,
on peut dire que pour les boues habituelles
di < 2d pour les sables très poreux.
di < 5 à 10d pour les formations à faible porosité comme les grès et les calcaires consolidés.

12
TERMES UTILISES
BHT Température du fond du trou en °C ou °F
Tf Température de la formation en °C ou °F
TD Profondeur totale en mètres ou pieds
d Diamètre du trou en inches ou cm
Di Diamètre moyen de la zone envahie en inches ou cm
Rm Résistivité de la boue en ohms.m
Rmc Résistivité du mud-cake en ohms.m
Rmf Résistivité du filtrat en ohms.m
Rw Résistivité de l'eau d'imbibition en ohms.m
Rt Résistivité vraie de la formation vierge en ohms.m
Ro Résistivité vraie d'une formation saturée en eau en
ohms.m
Rxo Résistivité de la zone lavée en ohms.m
F Facteur de formation sans unité
φ Porosité effective en %
Sw Saturation en eau dans la zone vierge en %
Sxo Saturation en filtrat dans la zone lavée en %
Shr Saturation en hydrocarbures résiduels en %
Shc Saturation en hydrocarbures en %
T Temps de transit en microsec/pied
ρb densité de la formation en g/cm3
ρma densité de la matrice en g/cm3
ρf densité du fluide en g/cm3
cps coups par seconde
cpm coups par minute

Représentation schématique de l'invasion

13

Vous aimerez peut-être aussi