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INSTITUT NATIONAL DE FORMATION SUPERIEURE PARAMEDICALE DE

CONSTANTINE

INTRODUCTION A L’IMMUNOLOGIE

Année pédagogique 2018-2019


Plan

I-Historique

II-Définitions

III-Le « soi » et le « non soi » ou l’identité biologique

IV-la réponse immunitaire

a) La réponse humorale
b) La réponse cellulaire
INTRODUCTION A L’IMMUNOLOGIE

I- Historique

Avant le XVIIIe SIÈCLE

Les premiers exemples d'immunisation (protection contre une maladie) concernent la variole.
Connue depuis l'Antiquité, les épidémies de cette maladie font à chaque fois des milliers de
victimes. Pour s'en prémunir, différentes techniques « variolisation » sont développées : dépôt
de pus ou squames varioliques sur la muqueuse nasale des enfants (en Chine notamment),
administration en sous-cutané d'un exsudat de plaie (liquide suintant ) prélevé chez un patient
présentant une forme bénigne de variole (en Perse et dans certaines régions d'Afrique),
inoculation intradermique de pus variolique desséché (dans l'Empire Ottoman puis en Europe)
surtout au XVIIe siècle quand la maladie a refait surface. La variolisation fut importée depuis
Constantinople en Grande Bretagne par Lady Mary Wortley Montagu en 1721.

*L'objectif poursuivi à l'époque est de provoquer le développement d'une infection


bénigne chez l'individu "inoculé", afin de lui procurer une protection à vie contre la
variole,

XVIIIe SIÈCLE

La découverte la plus importante est probablement celle d'un médecin de campagne anglais,
Edward Jenner. Il Constate que les fermières, en contact régulier avec le virus de la variole
bovine, la vaccine (du latin 'vacca', vache), ne contractent jamais la variole.

Edward Jenner observa ce phénomène et se livra à des expériences pour mettre en liaison
la contagion et l’immunité qui pouvaient en découler et prouve, en 1796, que le pus de la
vaccine introduit par scarification (incision superficielle de la peau) dans l'organisme humain
le protège de la variole. En effet, il préleva du pus sur une pustule de la main d’une trayeuse
contaminée et l’inocula à un jeune garçon. Afin de vérifier que le jeune garçon était
maintenant immunisé, il lui inocula de la matière infectée contenant de la variole.
L’expérience réussit : le jeune garçon ne tomba pas malade.

*Edward Jenner en conclut que l'inoculation de matière infectée provenant d'une


souche bénigne d'une maladie, protégeait la personne de cette même maladie.

XIXe SIÈCLE

En 1877, le Français Louis Pasteur. Docteur en Sciences, commence ses travaux sur le rôle
des microbes dans la survenue des maladies infectieuses et démontre que le choléra des
poules est bien une maladie contagieuse provoquée par une bactérie.

N'étant ni médecin ni vétérinaire, il devra se battre pour fa ire admettre aux membres de
l'Académie de Médecine de Paris, en 1878, sa théorie des germes et ses applications à la
médecine et à la chirurgie.
Pasteur isole le staphylocoque (1878) et le streptocoque (1879). Ses travaux bouleversent le
diagnostic et le pronostic des maladies contagieuses qui relèvent toutes désormais d'une cause
identifiable.
En 1879, il reprend ses études sur la bactérie du choléra des poules. Trouvant dans son
laboratoire de vieilles cultures de cette bactérie, il les inocule à des poules et constate qu'elles
tombent malades mais ne meurent pas, même après inoculation de germes 'frais'. Pasteur vient
de créer un vaccin « atténué », contrairement à celui de Jenner. En son honneur, il invente le
terme « vaccin ».

En 1881, Pasteur énonce le principe de l'atténuation des germes: « des virus affaiblis ayant
le caractère de ne jamais tuer, de donner une maladie bénigne qui préserve de la
maladie mortelle ». La vaccination fondée sur une pensée scientifique est née, pasteur peut
désormais débuter ses recherches sur la vaccination humaine.

En 1881, Pasteur parvient à isoler, purifier et inactiver la souche de l'agent contagieux de la


rage, à partir de cerveaux d'animaux morts de cette maladie, En 1885, il prépare avec succès
le premier vaccin humain à virulence atténuée contre la rage, Une commission d'enquête
internationale confirme l'efficacité du vaccin antirabique provoquant un afflux mondial de
candidats à la vaccination.
Louis Pasteur fonde autour de lui une véritable école, Il forme des chercheurs en infectiologie,
immunologie, parasitologie, génétique et dans de nombreuses autres spécialités biologiques.
L'Institut Pasteur est fondé en France en1888, avec une vingtaine d'implantations en Europe et
en Outre-Mer.

Fin du XXe SIÈCLE: L’immunologie, une science à part entière

Longtemps considérée comme une branche de l’hématologie (les cellules du système


immunitaire étant essentiellement des globules blancs du sang) et/ou de la microbiologie (la
fonction princeps du système immunitaire étant d’éliminer les microbes), l’immunologie n’a
été reconnue comme une discipline à part entière qu’à la fin du XXe siècle (années 70, voire
début des années 80).
II- Définitions :

Immunité : Le terme immunité provient du latin immunis qui désignait une exemption de charges,
telles que services, impôts, etc.
Immunologie : branche de la biologie qui s'occupe de l'étude du système immunitaire.
Immunologie : science étudiant la défense des organismes contre leurs pathogènes.

III- Le « soi » et le « non soi » ou l’identité biologique

La reconnaissance d'un agent infectieux comme étranger suppose que le système immunitaire :

 reconnaisse certaines structures qui lui sont spécifiques et qui constituent le soi,
 les distingue de structures qui ne lui appartiennent pas et qui constituent le non-soi.

Ainsi, Jan Klein a appelé l’immunologie « la science de la discrimination entre le soi et le non-
soi ».

a) Le soi

Le soi d'un individu est représenté par l'ensemble des molécules résultant de l'expression de
son génome.

b) Le non soi

Le non-soi est l’ensemble des molécules différentes du soi (c'est-à-dire qui ne sont pas codées
par le génome de l’organisme considéré) qui présentent dans l’organisme et dans certaines
conditions peuvent déclencher des réactions immunitaires.

L’origine du « non soi » est double :

- Non-soi-exogène (extérieur): il s’agit d’un élément étranger à l’organisme, pathogène


ou non (ex : bactéries).
- Non-soi-endogène : il s’agit d’une modification des structures moléculaires du soi =
soi modifié (ex : cellules cancéreuses)

L'immunité peut donc être définie comme l'ensemble des mécanismes biologiques
permettant à un organisme de reconnaître et de tolérer ce qui lui appartient en propre (le soi)
et de reconnaître et de rejeter ce qui lui est étranger (le non soi) : les substances étrangères ou
les agents infectieux auxquels il est exposé, mais aussi ses propres constituants altérés
(comme des cellules tumorales).

c) Identité biologique

L’identité biologique est surtout définie par le programme génétique (contenu dans le noyau
de chacune des cellules) caractérisant chaque individu.

Ce programme est inscrit dans ses gènes dont l’ensemble constitue le génotype. On estime
que, dans l’espèce humaine, le nombre de gènes est selon les estimations compris entre
15 000 et 30 000. Le génotype détermine l’identité biologique mais il n’est pas directement
accessible à l’observation. Toutefois, il contribue à la mise en place des caractéristiques
visibles (ou aisément détectables) des être vivants que l’on appelle le phénotype. Aussi,
caractériser l’identité biologique des cellules et des organismes consiste à identifier des
éléments du phénotype dont la présence est directement liée à l’expression du programme
génétique. Seuls les vrais jumeaux possèdent la même identité biologique.

NB : Jumeaux monozygotes ou « vrais » jumeaux :

Situation survenant lorsqu'un ovule est fécondé par un spermatozoïde, et que la cellule œuf qui en découle se
sépare en deux, formant ainsi deux embryons qui ont le même patrimoine génétique.

Jean Dausset dit ainsi à propos du système HLA : « Le système HLA est la meilleure
définition de l’être par rapport à un autre individu de la même espèce, puisque l’expérience de
la transplantation nous démontre que c’est la barrière maximale ».

Les molécules du CMH sont codées par des gènes et le nombre des combinaisons possibles
est très grand. La probabilité de retrouver la même combinaison chez deux individus pris au
hasard est extrêmement improbable.

IV- la réponse immunitaire

On appelle réponse immunitaire l'activation des mécanismes de défenses du système


immunitaire face à la reconnaissance de « non-soi »

Chez les vertébrés, la protection de l'organisme contre les agressions microbiennes est assurée
par le système immunitaire, constitué de deux composantes interconnectées. La première,
l'immunité innée, est capable de détecter une attaque microbienne très rapidement (réponse
immunitaire immédiate), mais est incapable de mémoriser les particularités de « l'agresseur
» après sa destruction. La seconde, l'immunité adaptative, nécessite plusieurs jours pour être
activée (réponse immunitaire tardive) et se distingue de l'immunité innée notamment par sa
capacité à garder en mémoire les caractéristiques de l'agent pathogène détruit.

1- La réponse immunitaire innée

L'immunité innée (encore appelée immunité naturelle, immunité naïve, ou encore non
adaptative), nommée ainsi parce qu’elle est présente dès la naissance, constitue la première
ligne de défense contre la majorité des agents infectieux. Cette immunité naturelle comporte
des barrières qui empêchent la pénétration des agents nocifs dans l'organisme. Elle correspond
à une réponse d'action immédiate qui repose sur la distinction globale du soi et du non-soi
grâce à des facteurs ou mécanismes tissulaires, humoraux et cellulaires.

Il est supposé que le système de l’immunité innée peut reconnaitre 103 structures
moléculaires différentes.
2- La réponse immunitaire adaptative

La réponse immunitaire adaptative est la seconde ligne de défense contre les agents infectieux
et existe uniquement chez les vertébrés. Elle se met en place au bout de quelques jours et est
caractérisé par la participation des lymphocytes qui ont un rôle majeur. Les lymphocytes sont
de deux types, les lymphocytes B (LB) et les lymphocytes T (LT).

Les lymphocytes T seront responsables de la réponse cellulaire et les lymphocytes B de la


réponse humorale.

a) La réponse humorale

Ses principaux moyens d'action sont les immunoglobulines, aussi appelées anticorps,
produites par les plasmocytes qui sont l'« évolution » des lymphocytes B après activation par
les lymphocytes T4.

L’immunité humorale est la principale réponse immune protectrice contre de nombreux


pathogènes extracellulaires.

b) La réponse cellulaire

C’est ici qu’interviennent les lymphocytes, un type de globules blancs dont on distingue deux
classes : les lymphocytes B et les lymphocytes T.

Les lymphocytes B

Chez l’homme, les lymphocytes B (LB) ou cellule B, sont produits et arrivent à maturité dans
la moelle osseuse hématopoïétique. Ils sont responsables de la réponse immunitaire
humorale spécifique.

Les lymphocytes B étant spécialisés :


 Dans la reconnaissance spécifique et à la destruction de l’agent pathogène. grâce aux
anticorps qu’ils produisent.
 A la présentation d’antigènes aux lymphocytes T.
 Dans le contrôle d’autres aspects de la réponse immunitaire.

Les lymphocytes T

Les lymphocytes T (LT) ou cellule T, dont la lettre « T » provient du « Thymus » (organe


humain dans lequel les LT arrivent à maturité), sont responsables de la réponse immunitaire
cellulaire spécifique,

Les lymphocytes T étant spécialisés :


 dans la lutte et la destruction directe des micro-organismes.
 L’identification et destruction des cellules infectées.
 dans la destruction des cellules tumorales,
 dans le contrôle d’autres aspects de la réponse immunitaire.
L’immunité à médiation cellulaire (IMC) est la principale réponse immune protectrice
contre de nombreux pathogènes intracellulaires.