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DROIT PENAL DES AFFAIRES

Introduction

Le droit pénal des affaires (D.P.A) est une sous branche du droit pénal spécial qui lui-même
est une branche du droit pénal.

Le droit pénal comporte le droit pénal général qui règle les questions qui s’appliquent à
toutes les infractions (constitue une infraction, tout fait, action ou omission qui trouble ou
est susceptible de troubler l’ordre ou la paix publique en portant atteinte au droit légitime
soit des particuliers, soit des collectivités publiques ou privées et qui comme tel est
légalement sanctionné.)

Lorsque les règles de droit pénal général ne s’appliquent pas à certaines infractions, cela ne
peut être que par exception.

Il y a ensuite la procédure pénale qui est l’ensemble des règles d’organisation des
juridictions répressives et déroulement du procès pénal. Enfin, il y a le droit pénal spécial
qui traite de chaque infraction en particulier ; en définit les éléments constitutifs et en
détermine les modalités de répression.

Le droit pénal spécial est donc l’étude des qualifications concrètes.

Le droit pénal des affaires est une branche particulière du droit pénal spécial. Il peut être
présenté dans une 1ère approche considérée comme l’aspect concret sous lequel se
présentent légalement les infractions relatives aux affaires. Cette branche particulière du
droit pénal spécial pose en soi plusieurs problèmes. Il ya un problème de définition. Il est
difficile de définir ce que c’est que le droit pénal des affaires, parce que l’aspect auquel il se
réfère manque de précision.

Le terme affaire est lui-même ambigüe, néanmoins on peut s’accorder à définir le droit des
affaires comme l’ensemble des règles qui régit et organise les activités relatives au
maniement de l’argent.

Le droit des affaires transcende les divisions traditionnelles du droit. Il appelle les règles
fiscales, les règles sociales, les règles du droit commercial et certaines règles de droit
économique. Le droit pénal des affaires peut être considéré comme l’ensemble des règles
relatives aux infractions résultant des affaires irrégulières ou malhonnêtes.

Le 2ème problème que pose le droit pénal des affaires est celui de sa justification. Est-ce que
les affaires sont compatibles avec le droit pénal ? Cette question résulte du fait que dans
une économie libérale, la concurrence est la règle, et normalement on doit admettre la
concurrence quelque soit sa vigueur ou la rigueur de ses effets. Une telle idée de la
concurrence conduit normalement à exclure toute règlementation contraignante du
domaine des affaires ; et même en admettant la nécessité de la règlementation, certains
pensent que les problèmes posés peuvent être résolus avec les armes du droit civil et du
droit commercial. Il ne serait donc pas nécessaire de recourir aux rigueurs du droit pénal
pour résoudre les problèmes résultant des relations d’affaires. On a donc proposé la
dépénalisation du droit des affaires et cette proposition a été suivie par certaines législations
notamment celles des pays développés. Mais le législateur ivoirien a plutôt tendance à
multiplier les infractions relatives aux affaires. Le droit pénal des affaires apparaît comme
une nécessité incontournable si on se réfère à l’aspect criminologique du monde des
affaires. Dans ce domaine, la criminalité peut avoir des conséquences plus graves que la
criminalité normale. En effet, certaines infractions peuvent causer des préjudices à une
multitude de personnes. La criminalité des affaires peut parfois ébranler l’Etat lui-même.

Ces aspects criminologiques de la criminalité des affaires explique certains des traits
caractéristiques du droit pénal des affaires. Le droit pénal des affaires peut être considéré
comme le gendarme de toutes les autres branches du droit des affaires. Pour cette raison, le
droit pénal des affaires est forcement un droit pluridisciplinaire, sa connaissance implique
parfois une connaissance approfondie du droit commercial, du droit économique et parfois
de la gestion et de la comptabilité.

Le droit pénal des affaires est également un droit que l’on peut qualifier de flexible dans la
mesure où certains concepts juridiques sont utilisés en fonction de la finalité des institutions
auxquelles on les applique.

Le droit pénal des affaires a surtout la réputation d’être un droit rigoureux dans le sens de la
sévérité. En effet, si l’on s’en tient aux textes, le droit pénal des affaires apparaît à plusieurs
points de vue plus sévère et plus rigoureux que le droit pénal commun. Au niveau des
incriminations, les infractions sont réduites à l’élément matériel plus exactement leur
élément moral qui est souvent une simple faute contraventionnelle. Par ailleurs, le
législateur adopte parfois des définitions vagues des éléments constitutifs de l’infraction.
Enfin les infractions sont souvent des infractions d’omission.

Au niveau de la répression, les sanctions prévues par le législateur sont souvent plus
rigoureuses que dans le droit pénal commun. Et il existe souvent des peines
complémentaires obligatoires ou facultatives ou encore des peines accessoires. Il existe aussi
des présomptions de faute voire des présomptions de responsabilité pénale.

La rigueur de la répression se manifeste jusqu’au niveau de la procédure pénale. Les


moyens de recherche et d’investigation pour découvrir les infractions et leurs auteurs sont
parfois renforcés. On a même recours à des auxiliaires privés tels que les commissaires aux
comptes sur qui il pèse une obligation de dénonciation, les règles relatives à la prescription
sont parfois modifiées dans le but de retarder l’acquisition de droits. Mais cette rigueur doit
être atténuée car si dans les principes, le législateur et parfois la jurisprudence font preuve
de sévérité, il n’en est pas de même dans la mise en œuvre des règles. D’abord, les
infractions relatives au droit des affaires font rarement l’objet de poursuite pénale ; et
même lorsqu’il ya des poursuites, les sanctions prononcées ne sont pas toujours à la mesure
des sanctions prévues par le législateur. Le sursis est plus facilement accordé dans le droit
pénal des affaires que dans le droit pénal commun. Cette atténuation de la rigueur au
niveau de la mise en œuvre des règles permet de rapprocher le droit pénal des affaires du
droit pénal commun.

Au demeurant, il ne s’agit pas du seul point de rapprochement car le droit pénal des affaires
empiète parfois sur le domaine du droit pénal commun. Certaines infractions du droit pénal
commun s’applique dans le monde des affaires en s’adaptant à certains principes. Mais il y a
des infractions spécifiques au monde des affaires.
LE DROIT PENAL COMMUN
ère
1 PARTIE : APPLIQUE AUX AFFAIRES

Les particularités de la criminalité des affaires influencent l’application de


certaines règles de droit pénal et de la procédure pénale. Par ailleurs, certaines
infractions de droit commun sont souvent réalisées dans le cadre de relations
d’affaires.

CHAPITRE I : Les particularités du droit pénal général et de la procédure


pénale

SECTION I : Les particularités du droit pénal général (DPG)

Le DPG est l’ensemble des règles qui s’appliquent à toutes les infractions. Ces
règles sont en principe prévues quelque soit la nature et l’objet de l’infraction.
Cependant, le caractère particulier de certaines situations conduit le législateur
et le juge à adopter des solutions dérogatoires. Il en est ainsi en droit pénal des
affaires particulièrement pour deux principes, à savoir le principe de la légalité
et le principe de la personnalité des délits et des peines.

Paragraphe 1 : la question de la légalité en droit pénal des affaires

La 1ère règle, est qu’il appartient au législateur de définir les infractions et de


prévoir les peines qui leur sont applicables ; la 2ème règle est l’interprétation
stricte de la règle pénale ; la 3ème règle est la non rétroactivité de la règle
pénale.

A. La source des règles du DPA


Pour ce qui est de la source du DPA, normalement les crimes et délits sont
définis par la loi au sens strict.

En DPA, par l’intermédiaire du mécanisme de l’incrimination par renvoi, le


règlement participe souvent aux définitions des délits (règlements
administratifs et professionnels).

Le pouvoir d’incrimination suppose également l’obligation pour l’autorité de


déterminer avec précision les éléments constitutifs de l’infraction. En DPA,
cette obligation n’est pas souvent respectée, les incriminations sont souvent
mal définies, ce qui laisse la latitude au juge de préciser lui-même les éléments
constitutifs de l’infraction. Dans le DPA, le principe de l’interprétation stricte de
la loi n’est pas appliqué dans toute sa rigueur.

B. L’application de la loi (règle) pénale dans le temps

En ce qui concerne l’application de la règle pénale dans le


temps, le principe de la non rétroactivité de la loi pénale et
surtout son corollaire, celui de la loi pénale plus douce, n’est
pas toujours respecté. Ainsi, les lois dites de circonstance
s’appliquent aux situations qu’elles sont amenées à régir malgré
leur abrogation pourvu que les faits aient été commis pendant
qu’elles étaient en vigueur

P2 : le problème de la responsabilité pénale

Deux catégories de personnes interviennent dans les relations


d’affaires, les personnes morales et les personnes physiques,
mais c’est surtout les personnes morales qui interviennent le
plus.
A. Le problème de la responsabilité des personnes morales

Le droit pénal a été conçu pour les personnes physiques, mais les
personnes morales ont acquis une certaine puissance criminologique
et il existe de plus en plus d’infraction qui ne peuvent être commises
que dans le cadre des activités d’une personne morale.

Le nouveau code pénal ivoirien a adopté le principe de la


responsabilité pénale de la personne morale (article 96 du nouveau
code pénal). La responsabilité pénale de la personne morale est
admise pour les infractions commises pour son compte par ses
organes ou représentants.

Lorsque la responsabilité pénale de la personne morale est retenue,


seule la peine d’amende est prononcée au titre des peines
principales. Celle-ci peut être portée à un montant maximal cinq fois
supérieur à celui encouru pour la même infraction par une personne
physique.

B. Le problème de la responsabilité des personnes physiques

Le dernier alinéa de l’article 96 du nouveau code pénal de 2019,


indique que la responsabilité pénale des personnes morales n’exclut
pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes
faits.

Dans les relations d’affaires et surtout dans le cadre de l’activité


d’une entreprise, il est souvent difficile de déterminer, d’identifier la
personne physique qui a commis l’infraction. Jusqu’en 1986, le
problème de la responsabilité pénale des infractions dans le cadre
d’une entreprise a été résolu de la façon suivante, la responsabilité
pénale incombait en principe au chef de l’entreprise, celui-ci pouvait
s’exonérer de sa responsabilité en prouvant qu’il a délégué ses
pouvoirs à l’un de ses subordonnés. Mais la délégation n’est
exonératoire de la responsabilité pénale que dans des conditions
restreintes. La loi du 03 octobre 1996, qui avait modifiée l’article 98
de l’ancien code pénal, semblait avoir bouleversé ces règles. Cette loi
dispose que le chef d’entreprise ne peut être déclaré pénalement
responsable que s’il a personnellement commis l’infraction. Sa
responsabilité pénale ne peut être présumée. La véritable portée de
cette loi est incertaine, en effet elle semble fondée sur l’idée que
dans l’ancien système, la responsabilité pénale du chef d’entreprise
était présumée. Mais le fondement de cette responsabilité était la
fonction de chef d’entreprise et ce qui lui était reproché, c’était le
défaut de contrôle et une défaillance de sa part. Malgré cette
disposition, on peut retenir la responsabilité du chef d’entreprise
pour la plupart des infractions concernées par les principes
antérieurs. Par ailleurs, il y a encore des dispositions spéciales qui
prévoient la responsabilité pénale du chef d’entreprise. Ainsi la loi du
25 juillet 1996 relative à la répression des fraudes permet de punir
comme auteurs celui qui a laissé faire une fraude dans son
établissement. La loi du 25 décembre 1991 portant répression de la
publicité mensongère ou trompeuse est plus significative encore.
Cette loi dispose que la responsabilité pénale incombe à titre
principal à l’annonceur. Si la publicité est faite par une personne
morale, la responsabilité morale incombe aux dirigeants sauf s’ils
peuvent établir qu’ils ont donné une délégation écrite et acceptée
de leur pourvoir relatif au contrôle de la publicité.
SECTION II : Les particularités de la procédure pénale

Les règles de la procédure pénale sont faites pour favoriser la


manifestation de la vérité tout en garantissant le respect des libertés
individuelles.

En principe, la recherche de la vérité relève de la compétence des


magistrats qui ont à leur disposition certains auxiliaires de justice tels
que les officiers de police judiciaire et les experts. Le pouvoir de
poursuite appartient en principe au procureur de la république et aux
juridictions répressives.

P1 : Les acteurs de la procédure pénale

En principe dans la phase d’enquête, seuls les officiers de police


judiciaire ont des pouvoirs d’investigation et peuvent constater des
infractions. Mais pour ce qui est des infractions relatives aux affaires,
d’autres agents de l’administration peuvent intervenir avec parfois
plus de pouvoirs que les officiers de police judiciaire. Ainsi les
inspecteurs des lois sociales ou du travail sont habilités à constater
les infractions relatives à la loi du travail. Ils ont le pouvoir de faire
des visites domiciliaires et des perquisitions même de nuit, pourvu
que la perquisition ait lieu dans un local où s’effectue un travail de
nuit.

En matière de concurrence, les infractions peuvent être constatées


par des enquêteurs habilités et ceux-ci ont des pouvoirs très étendus
et on ne peut leur opposer le secret professionnel et même le secret
bancaire. Ils ont le pouvoir de faire des visites à domicile et des
saisies en se faisant assister par un officier de police judiciaire. ils
peuvent même procéder à l’ouverture des portes en cas d’opposition
du suspect.
Les mêmes pouvoirs sont reconnus aux agents de l’administration
des douanes qui ont des pouvoirs en matière de constatations des
infractions douanières. Si ces agents interviennent dans ces
constatations, c’est à cause de leur technicité. Aussi, on leur accorde
des pouvoirs particuliers. Mais les agents de l’administration ne sont
pas les seuls à intervenir dans la constatation des infractions
relatives aux affaires. La loi du 25 juillet 1996 relative aux droits
d’auteur, permet aux organisations agrées des artistes, interprètes et
des éditeurs de désigner des représentants assermentés pour
contrôler l’exécution des prescriptions en matière de droit d’auteur.
De même, en matière de société, les commissaires aux comptes ont
l’obligation de révéler au procureur de la république, les infractions
à la législation sur les sociétés qu’ils constatent pendant l’exercice de
leur fonction. Le défaut de révélation est constitutif d’un délit et il en
est de même de l’obstacle au contrôle et vérification du commissaire
aux comptes.

En ce qui concerne les parties au procès pénal, on peut noter le droit


des syndicats et associations des consommateurs de se constituer
partie civile pour centaines infractions.

P2 : Les pouvoirs de l’administration

En dehors des pouvoirs d’enquêtes, l’administration exerce sur le


cours du procès pénal deux (02) types de prérogatives qui lui
permettent soit de déclencher le procès pénal, soit de l’empêcher.
Dans certaines affaires et notamment en matière de concurrence,
l’administration a le pouvoir de saisir directement la juridiction
répressive et de déclencher ainsi l’action publique. L’administration
peut aussi empêcher les poursuites en exerçant son pouvoir de
transaction. Ce pouvoir existe en matière de contrôle de change et en
matière de concurrence.

La transaction peut avoir lieu avant, pendant et après le procès


même si la décision de condamnation est devenue définitive.
Lorsque la transaction intervient avant une condamnation devenue
définitive, elle éteint l’action publique mais lorsqu’elle intervient
après la condamnation définitive, elle ne produit ses effets que sur
les condamnations futures.

P3 : les limites du pouvoir d’investigation du juge

La loi relative au secret bancaire limite les pouvoirs du juge et surtout


des officiers de police judiciaire dans le cadre des investigations de la
recherche de la vérité. En effet, les officiers de police judiciaire n’ont
pas le droit d’entendre même sur commission rogatoire (même
quand ils sont habilités) les personnes tenues au secret bancaire.
Celles-ci ne sont tenues que de faire des déclarations au juge. En
plus, tant qu’il n’ya pas d’inculpation, les banques et les
établissements financiers ne sont pas tenus de laisser examiner leurs
livres et documents comptables.

Après inculpation, ils doivent laisser les livres et documents


comptables, seulement lorsqu’ils concernent la personne qui fait
l’objet des poursuites. Enfin, l’entraide judiciaire n’est pas applicable
si les infractions poursuivies sont connexes à des infractions
politiques ou fiscales.
CHAPITRE II : Les infractions de droit commun appliquées aux
affaires

Il existe 3 séries d’infractions à savoir le vol, l’abus de confiance et


l’escroquerie.

SECTION I : Les vols

Il existe dans le code pénal plusieurs types de vols qui se distinguent


parfois par leurs éléments constitutifs. Les vols se distinguent
également par la répression. De ce point de vue, on distingue les vols
simples qui ne comportent aucune circonstance aggravante, les vols
aggravés qui sont commis avec une circonstance aggravante et les
vols qualifiés commis avec la réunion de 2 circonstances aggravantes
ou avec certaines circonstances aggravantes particulières.

Les vols simples sont punis d’une amende de 300 000 F CFA à 3.000.
000 FCFA et d’un emprisonnement de 5 à 10 ans.

Les vols aggravés sont punis d’un emprisonnement de 10 à 20 ans et


d’une amende de 500.000 FCFA à 5.000.000 FCFA.

Le vol qualifié est puni d’un emprisonnement de 20 ans au moins et


aller à la peine de mort.

Ces circonstances aggravantes sont prévues pour des cas de vol


ordinaire du point de vue de leurs éléments constitutifs. Mais pour
protéger certaines affaires, le législateur a créé certains cas de vols
particuliers.

P1 : Les vols ordinaires

Le vol ordinaire est régi par l’article 457 du nouveau code pénal qui
punit quiconque qui soustrait frauduleusement une chose qui ne lui
appartient pas.
Dans l’application, les éléments constitutifs de cette infraction font
l’objet d’une interprétation particulière tant du point de vue de
l’élément matériel que de l’élément moral.

A. L’élément matériel

Il suppose la soustraction d’une chose qui n’appartient pas à l’auteur


de la soustraction. Sur ces 3 points, les infractions relatives aux
affaires posent des problèmes particuliers.

En ce qui concerne la soustraction, on la définit normalement


comme l’usurpation de la possession de la chose.

Cela suppose une appréhension. L’auteur s’empare de la chose


contre le gré du propriétaire. On en déduit que lorsque la chose a
été remise par son propriétaire, il n’ya pas de vol mais dans certaines
situations d’affaires, il y a des dérogations à cette règle. Il en est ainsi
lorsque la chose a été remise à l’essai. La chose ne doit pas
appartenir à l’auteur du vol.

Sur la notion de chose, on considère qu’il doit s’agir d’une chose


mobilière et ou d’un bien corporel c'est-à-dire quelque chose qu’on
peut toucher. Sur ce plan également, la jurisprudence a dû admettre
quelques atténuations, par exemple le vol de l’électricité, le vol
d’information relèvent en principe du droit de la propriété
intellectuelle, mais ici on va considérer ces éléments comme étant
une chose matérielle.

En ce qui concerne la propriété de la chose, c’est surtout dans le


domaine de la vente que les problèmes particuliers se rencontrent

Ex : un vendeur non désintéressé peut –il reprendre son bien ? il ne


peut le faire qu’avec le consentement de l’acheteur sinon il y aurait
vol.
B. L’élément moral

Il suppose une faute d’intention, c'est-à-dire que l’auteur du vol doit


savoir qu’il n’était pas propriétaire de la chose. Lorsqu’il s’agit d’une
simple erreur matérielle sur la propriété, il est certain qu’il n’y a pas
vol.

Ex : confondre sa voiture avec celle de quelqu’un d’autre.

La question devient plus délicate lorsqu’il s’agit d’une erreur de droit.


Par exemple, le prêt d’une chose fongible entraîne une perte de la
propriété de la chose. Il s’agira dans ce cas de restituer l’équivalent.
L’erreur de droit n’est pas une cause d’irresponsabilité.

P2 : Les vols particuliers aux affaires (art 463 du nouveau code
pénal)

Dans certaines situations d’affaires, il est difficile d’admettre que les


éléments constitutifs d’un vol ordinaire sont réunis. Mais la
jurisprudence, dans un but répressif avait admis que le vol était
constitué en adoptant une interprétation contestable de l’un ou de
l’autre élément constitutif du vol et parfois les deux.

Le code pénal a clarifié la situation en créant des vols particuliers


punis moins sévèrement que les vols ordinaires. Ces vols particuliers
concernent les cas de remise volontaire, d’utilisation temporaire de
certains biens et la soustraction frauduleuse de certains biens.

A. Les cas de remise volontaire

Dans de nombreuses situations d’affaires, le vendeur remet et


n’encaisse le prix que postérieurement à la remise de la chose.
Les infractions sont constituée pars le fait de se faire servir en se
sachant dans l’impossibilité absolue de payer le prix. L’élément
intentionnel joue ici un très grand rôle.

Ainsi, celui qui se fait servir des boissons ou des aliments qu’il
consomme sur place dans un établissement destiné à cet effet, tout
en sachant qu’il ne peut en payer le prix, commet un vol qui est
spécial.

Il en est de même pour celui qui se fait attribuer une chambre ou


plusieurs dans un hôtel, une auberge, un motel, s’il ne veut pas
payer, c’est une affaire civile, mais s’il ne peut pas payer, il y a
infraction.

Celui qui se fait servir du carburant ou des lubrifiants dans une


station et refuse de payer commet une infraction.

Celui qui prend en location une voiture en sachant qu’il ne peut pas
payer commet également une infraction.

Ces infractions ne peuvent être poursuives que sur plainte de la


partie lésée.

Dans ces hypothèses énumérées, c’est le commerçant qu’on entend


protéger. Ces infractions(art 463 CP) sont punies d’un
emprisonnement de 3 mois à 1 an et d’une amende de 50.000 FCFA
à 500.000 FCFA.

B. Les cas d’utilisations temporaire(art 464 CP)

S’il y a remise de la chose pour une utilisation temporaire, il s’agit


d’un prêt, et dans ce cas, il ne peut y avoir de vol.

Le problème se pose différemment, lorsque la chose est utilisée


temporairement à l’insu du propriétaire. Dans un cas, il y a un vol qui
est puni d’un emprisonnement de 3 mois à un 1 an et d’une amende
de 100.000 FCFA à 1.000.000 FCFA à condition que la chose soit un
véhicule ou un bateau à moteur.

Ex : vous empruntez la voiture de quelqu’un sans son consentement,


il y a là un vol particulier qui est moins sévèrement puni.

Du point de vue de la répression, cette infraction comporte 2


circonstances aggravantes qui vont porter la peine au double.

La 1ère circonstance aggravante est constituée par le fait d’utiliser le


véhicule emprunté pour effectuer un transport rémunéré.

La 2ème circonstance aggravante est constituée par le fait de


provoquer des dommages aux véhicules ou à des tiers.

L’excuse atténuante est constituée par le fait de ramener le véhicule


à proximité de l’endroit d’emprunt. Dans ce cas, la peine est réduite
de moitié.

C. Les cas particuliers de soustraction frauduleuse(art 465 CP)

Il s’agit de la soustraction frauduleuse d’une énergie provenant d’une


force motrice et la soustraction frauduleuse d’une chose perdue. Ces
2 infractions sont punies d’une amende de 50.000 à 500.000 fcfa et
d’un emprisonnement de 3 mois à 1 an.

Paragraphe 3 : l’immunité familiale

Elle est prévue par l’article 103 du code pénal. Ce texte dispose que
les infractions contre la propriété ne peuvent donner lieu qu’à des
réparations civiles que lorsqu’elles sont commises entre membre de
la même famille. Mais les membres qui peuvent bénéficier de cette
immunité sont limitativement énumérés par l’article 103 du code
pénal.
Le problème est de savoir si les Coauteurs et les complices peuvent
bénéficier de l’immunité familiale, s’ils ne sont pas membre de la
famille au sens de l’article 103 du code pénal.

Il est certain que l’immunité familiale n’est pas un fait justificatif


parce qu’elle n’empêche pas la qualification pénale des faits.

Mais la jurisprudence avait considéré que le complice devrait


bénéficier de cette disposition avant le code pénal de 1981.

La solution pourrait s’expliquer par le principe de l’interprétation


stricte de la loi pénale. En effet, l’ancien article 380 du code pénal
prévoyait que nonobstant l’immunité familiale le receleur de la chose
volée pouvait être puni pour recel.

A contrario, les autres hypothèses ne sont pas punissables, mais cette


justification n’existe plus au regard de l’article 103 du code pénal qui
ne punit pas expressément le recel.

Par conséquent, le fondement qu’on pouvait trouver au fait qu’on ne


punit pas le complice n’existe plus et même le système de l’emprunt
de criminalité n’empêche pas de retenir la responsabilité du complice
et du Coauteur dès lors que l’infraction existe objectivement.

L’immunité familiale avait été prévue principalement pour le vol,


mais la jurisprudence l’appliquait à la plupart des infractions contre
la propriété. L’article 103 du code pénal permet de l’appliquer à
toutes les infractions contre la propriété.

SECTION 2 : L’abus de confiance et les infractions voisines

Les relations d’affaires exigent un minimum de confiance entre les


partenaires. Cette confiance peut être trahie de diverses façons que
le droit pénal aide à combattre. L’abus peut porter sur certaines
choses qui ont une valeur appréciable en argent. Dans ce cas, il peut
y avoir abus de confiance. Mais, le droit protège aussi la confiance
dans certains cas, même quand elle ne porte pas sur les choses ayant
une valeur monétaire.

Paragraphe 1 : l’abus de confiance (art 467 CP)

Il suppose des conditions préalables qui impliquent l’existence d’une


confiance. Lorsque la confiance a existé, l’abus de confiance nécessite
certains comportements qui en sont les éléments constitutifs.

A. Les conditions préalables

Ces conditions préalables sont relatives à la façon dont doit


s’exprimer la confiance et à l’objet de la remise. La confiance doit se
traduire par un contrat et elle doit porter sur certaines choses.

1) Les contrats

L’ancien code pénal prévoyait 6 contrats dont l’existence permettait


éventuellement de retenir l’abus de confiance.

Il s’agit d’abord du contrat de louage qui consiste pour l’une des


parties à remettre une chose à l’autre moyennant un prix qui est le
loyer, à charge de rendre cette chose au terme du contrat.

Le contrat de louage pose parfois des difficultés de qualification ; la


jurisprudence considère que dans le contrat de location vente, il y a
contrat de louange jusqu’à ce que le prix soit entièrement payé.

Il en est de même dans le contrat de crédit bail. Par conséquent en


cas de détournement de la chose avant le paiement du prix en
entier, il peut y avoir abus de confiance si les autres éléments
constitutifs sont réunis.
En revanche, en cas de vente par tempérament l’acquéreur devient
propriétaire dès l’accord de volonté et il ne peut y avoir abus de
confiance dans cette hypothèse.

Le contrat de mandat : le mandat est une convention par laquelle


l’un des Cocontractants qui est le mandant demande à l’autre qui est
le mandataire d’accomplir pour son compte et en son nom un acte
juridique.

La qualification de mandat pose parfois des difficultés en particulier


en ce qui concerne les acheteurs de produits. On s’est demandé si
l’exportateur qui avance de l’argent à un acheteur de produits à
charge pour celui-ci de lui acheter une quantité de produits conclu un
contrat de mandat.

La jurisprudence a longtemps hésité, les juges du fonds ont tendance


à retenir la qualification de mandat mais la cour suprême a à
plusieurs reprises rejeté cette qualification. Elle considère que
l’acheteur de produits n’est pas un mandataire de l’exportateur et
qu’il existe entre les deux Cocontractants un contrat de prêt. Elle a
adopté la même solution en ce qui concerne un contrat qui lie un
distributeur à un gérant libre de ses magasins. Dans cette hypothèse,
elle a considéré qu’il existe un contrat de crédit entre le distributeur
et le gérant lorsque le distributeur livre les marchandises à charge
pour le gérant de lui en payer le prix après la vente.

Le contrat de dépôt : Ce contrat consiste pour le déposant à remettre


une chose au dépositaire à charge pour celui-ci de la conserver et de
la restituer. Seul le dépôt régulier est concerné par l’abus de
confiance. C’est un dépôt qui porte sur un corps certain qu’on doit
restituer. Lorsque le dépôt porte sur une chose fongible, il est
irrégulier et la restitution doit porter sur une chose du genre.
Le contrat de gage ou nantissement : C’est le contrat par lequel un
débiteur remet une chose à son créancier pour garantir le paiement
de sa dette. Si le créancier détourne la chose gagée, il y a abus de
confiance.

Le prêt à usage : dans ce contrat, l’une des parties livre une chose à
l’autre à charge pour la 2nde de la rendre après s’en être servi.

Il faut distinguer le prêt à usage du prêt à consommation. Ce dernier


porte sur des choses fongibles.

La remise de la chose pour un travail : lorsqu’une personne remet


une chose à une autre pour que celle-ci fasse un travail sur cette
chose ou faire un travail avec cette chose, il y a abus de confiance si
celui qui a reçu la chose la détourne ou la dissipe.

La jurisprudence a posé 2 séries de règles concernant ces contrats. En


ce qui concerne la preuve, elle considère qu’elle doit se faire selon
les règles du droit civil. En ce qui concerne l’existence du contrat, le
juge pénal s’écarte des règles du droit civil. L’abus de confiance peut
être retenu même en cas de nullité ou de résolution du contrat.

2) La chose

L’objet du contrat est nécessairement une chose mobilière qui a une


valeur appréciable un argent. Il peut s’agir d’effets, de marchandises,
de billets, de deniers, quittances on tout autre écrit contenant ou
opérant obligation ou décharge.

Dans un but répressif, la jurisprudence a tendance à admettre l’abus


de confiance même si la chose n’a pas une valeur monétaire. Elle a
admis l’abus de confiance pour détournement dans un état liquidatif
de créances.
Le nouveau code pénal (art 467) ne donne pas toutes ces précisions
et note simplement que : « constitue un abus de confiance, le
détournement, la dissipation ou la destruction, par une personne, au
préjudice d’autrui, de fonds, de valeurs ou un bien quelconque qui lui
ont été remis et qu’elle a acceptée à charge de les rendre, de les
représenter, d’en faire un usage ou un emploi déterminé. »    

B. Les éléments constitutifs de l’abus de confiance

L’abus de confiance suppose comme la plupart des infractions


l’existence d’un élément matériel et d’un élément moral mais les
éléments constitutifs de l’abus de confiance se caractérisent surtout
par le régime de la preuve.

1) L’élément matériel de l’abus de confiance

L’élément matériel se traduit soit par la dissipation ou la destruction,


soit par un détournement.

La dissipation est l’acte qui fait disparaître la chose en la détruisant


par exemple.

Le détournement est plus difficile à percevoir, même à définir. Il


suppose que celui qui à reçu la chose se comporte comme s’il en était
le propriétaire. Il s’agit d’un usage abusif de la chose, c’est le cas par
exemple de celui qui refuse de restituer la chose.

2) L’élément moral

Cet élément suppose une faute intentionnelle c'est-à-dire que


l’auteur de l’abus de confiance doit avoir eu connaissance du fait qu’il
était détenteur précaire.

Par conséquent en cas de doute sur le titre de détention, il ne peut y


avoir d’abus de confiance. La simple négligence ne signifie pas qu’il y
a abus de confiance.
Exemple : celui qui reçoit une chose par le biais de l’un des contrats
énumérés et qui par négligence la laisse détruire ne peut être accusé
d’abus de confiance.

L’acte de détournement et de dissipation doit être volontaire. En


revanche, le mobile est indifférent

3) La preuve de l’abus

En principe, il appartient au ministère public de prouver que les


éléments constitutifs de l’infraction sont réunis. Dans le cas de l’abus
de confiance, la charge de la preuve est inversée parce qu’il
appartient à la personne qui a reçu la chose, en vertu de l’un des 6
contrats de prouver qu’elle en a fait l’usage prévu ou de la
représenter. Si elle ne peut pas justifier qu’elle ne pas utilisé comme
preuve, ni la représenter, elle est présumée l’avoir détournée ou
dissipée. Ainsi le détournement et la dissipation, qui constituent
l’élément matériel de l’abus de confiance, n’ont pas besoin d’être
prouvés, ils sont présumés dès longtemps la condition préalables de
l’abus de confiance sont établies l’élément moral est également
présumé. Cependant présomption par tout moyen ; elle peut prouver
sa bonne foi ; elle peut aussi prouver l’impossibilité de représenter la
chose ou de justifier l’utilisation ne lui est pas imputable.

C. La répression de l’abus de confiance

L’auteur de l’abus de confiance est passible d’un emprisonnement


de 1 à 5 ans et d’une amende de 300 000 à 3000 000 F .Cette
infraction comporte deux circonstances aggravantes le 1er est
personnelle. Elle s’applique aux officiers publics ou ministériels, au
syndic du failli, au liquidateur de société et d’une façon générale à
tous ceux dont la profession est de gérer les affaires d’autrui.
La 2ème circonstance aggravante est réelle. Elle tient au fait que
l’auteur de l’abus de confiance a fait appel au public pour se faire
remettre des fonds ou des valeurs à titre de dépôt, mandat ou de
nantissement. L’auteur de l’abus de confiance ne peut pas
bénéficier de sursis. La tentative de l’abus de confiance est
punissable.

P2 : les infractions voisines de l’abus de confiance

L’article 469 du code pénal prévoit 3 infractions punies des 5


peines que l’abus de confiance mais dont les éléments constitutifs
tout en tirant leur fondement de la confiance ou du détournement
ne sont pas tout à fait identique à ceux de l’abus de confiance. Il
s’agit d’abord du détournement d’objet saisis. Dans certains cas de
saisie, on peut confier la chose à la garde du saisi, on l’appelle le
débiteur saisi mais en 8 h l’objet saisi est confié à la garde d’un
tiers, l’auteur de l’infraction ne peut être que la personne saisie. La
2ème infraction est le détournement d’objets gagés.

La 3ème infraction est proche du détournement d’objets gagés

Il s’agit du détournement de biens faisant l’objet de nantissements. Il


s’agit généralement d’outillage de matériel d’équipement l’élément
constitutif du détournement est plus sévèrement défini car m ;
comporte le détournement proprement dit, la destruction, mais
aussi la simple altération. Enfin, cette dernière infraction comporte
un dol spécial le détournement, la destruction ou l’altération doivent
avoir pour but de faire échec au droit du créancier c’est à dire
empêcher le créancier de réaliser sa garantie.
SECTION 3 : L’escroquerie

C’est un délit tendant à l’appropriation frauduleuse de la fortune


d’autrui. C’est la tromperie qui détermine le consentement de la
victime qui retient l’attention. L’article 471 du code pénal
incrimine quiconque, soit en faisant usage de faux nom ou de
fausse qualité, soit en employant des manœuvres frauduleuses
pour persuader de l’existence de fausses entreprise d’un pouvoir
ou d’un crédit imaginaire ou pour faire naitre l’espérance ou la
crainte d’un succès ou d’un accident ou de tout autre évènement
chimérique, se sera fait remettre ou délivrer ou aura tenté de se
faire remettre ou délivrer de fonds, des meubles ou des
obligations, disposition, billets, promesse, quittances, ou décharge
et aura par un de ces moyens escroqué ou tenté d’escroquer la
totalité ou une partie de la fortune d’autrui.

P1 : les éléments constitutifs

A. La tromperie

Elle peut résulter soit de l’emploi d’un moyen faux, soit de


manœuvres frauduleuses.

1) L’emploi d’un moyen faux

Le mensonge est suffisant. Il peut porter sur l’utilisation d’un faux


nom, d’une fausse qualité. L’usage d’une fausse identifié par un
faux nom ou prénom suffit à caractériser l’escroquerie. Il suffit
qu’il y ait entre cet usage et la remise de la chose une relation de
cause à effet peu importe que le nom utilisé existe mais le faux
nom peut être purement imaginaire ou appartenir effectivement
à un tiers. Lorsqu’un faux nom a été pris par écrit, ce fait peut être
constitutif de délit de faux et usage de faux et le manœuvre peut
être retenu mais elle doit être antérieure et déterminante pour la
remise e la chose. Il en est ainsi en cas d’une présentation d’une
attestation de vol délivrée sur une fausse déclaration de vol pour
obtenir une indemnisation de la compagnie d’assurance à laquelle
ou déclare un vol en même temps que le délit de l’escroquerie la
qualité peut être une fonction ou une nationalité.

L’usage de la fausse qualité peut consister à prendre le faux titre


de mandataire ou du préposé d’un tiers ou à se parer du faux titre
de fonctionnaires publics, d’entrepreneurs, de gestionnaires,
d’avocats, de chômeur pour inspirer confiance peu importe que
l’auteur ait antérieurement possédé la qualité dont il fait état dès
l’instant où il ne la possède plus.

2) L’emploi de manœuvres frauduleuses

Le simple mensonge ne suffit plus à tromper la victime il faut


accréditer le mensonge par des justifications, des manœuvres ou
mises en scène et l’intervention d’un tiers est souvent utilisée pour
persuader de l’existence d’un fait allégué. Quelle est la nature des
manœuvres ? Aucune énumération n’est donnée et toute manœuvre
peut être retenue mais elle doit être antérieure et déterminante
pour la remise de la chose. Il en est ainsi en cas de présentation
d’une attestation de vol délivrée sur une fausse déclaration de vol
pour obtenir une indemnisation de la compagnie d’assurance à
laquelle on déclare un vol.

Quel est le but ou l’objet de la manœuvre ? Le législateur énumère


limitativement les buts qui doivent être poursuivis par l’auteur à
savoir :
- Persuader de l’existence d’une fausse entreprise il peut s’agir
d’une entreprise réelle qui ne poursuit ses opérations qui par
des moyens frauduleux. Par exemple, une entreprise peut être
en cessation de paiement, mais pour se procurer une trésorerie,
elle achète des marchandises à crédit qu’elle revend a
comptant en sachant que les fonds ne seront pas utilisés pour
payer les marchandises achetées.
- Persuader d’un pouvoir ou d’un crédit imaginaire. Il peut s’agir
d’une personne qui fait des annonces  permettant de gagner
des lots de grandes valeurs, alors que ceux-ci ne m’existent pas
ou dont le règlement est tel qu’il ne peut exister aucun gagnant.
Par contre celui qui persuade de l’existence d’un pouvoir
surnaturel ou qui se prétend envoyer de Dieu, n’est pas
coupable d’escroquerie faute de pouvoir vérifier l’affirmation,
--- la crainte d’un succès, d’un accident ou de tout autre
évènement chimérique. Il peut s’agir d’un concours paraissant
d’une facilité dérisoire mais dont la difficulté réelle est
dissimulée par les artifices d’un règlement volontairement
trompeur.

P2 : la remise de la chose

Le législateur donne la liste des biens qui peuvent être remis. Cette
énumération est limitative.

1) Les choses susceptibles d’être remise

3 sortes de choses sont susceptibles d’être remises à savoir :

- Des fonds c'est-à-dire des moyens financiers.

Il faut exclure les fonds immobiliers et les fonds de commerce bien


que la remise de la chose soit concevable à leur égard.
- Les meubles : ce qui exclut les immeubles. Le meuble s’entend
de toute chose mobilière susceptible d’appropriation
individuelle que sa valeur soit grande ou petite, matérielle ou
morale
- Les obligations, disposition, billets, promesse, quittances ou
décharge c'est-à-dire tout acte dont peut résulter un lien de
droit à l’aide duquel il peut être porté préjudice à la fortune
d’autrui. La quittance ou décharge est tout acte qui donne
forcément à un créancier l’illusion d’avoir reçu son dû peu
importe la valeur de la chose.

Une escroquerie peut aussi porter sur un jugement. Ainsi en se


prétendant faussement victime d’un accident et en utilisant des
manœuvres frauduleuses pour accréditer cette déclaration et obtenir
du juge des dommages et intérêts. On parle dans ce cas
d’escroquerie de jugement.

2) La remise proprement dite de la chose

Le délit se consomme par la remise de ladite chose, elle est implicite


mais la notion de décharge a donné lieu à une difficulté
d’interprétation. Par exemple, une personne en utilisant une rondelle
de cuivre qu’il introduit dans un parcmètre obtient le droit de
stationner sans bourse déliée. Il y a là aucune remise de ticket ni
décharge, mais il a été jugé que l’auteur a obtenu frauduleusement
une décharge du prix bien qu’il n’y ait pas eu une remise matérielle.
Les peines de l’escroquerie restent applicables à l’introduction d’une
rondelle de cuivre sans valeur dans un parcmètre. Le même principe
s’applique également pour l’escroquerie au taxis-phones et aux
appareils distributeurs de billets de banque
P3 : l’existence d’un préjudice

L’escroquerie suppose chez la victime un préjudice et chez le


coupable l’appropriation de la chose remise. Le législateur exige
l’existence d’un préjudice et le juge doit en faire état car il est stipulé
à l’article 471 du code pénal que l’auteur doit avoir par ce moyen
escroqué  ou tenté d’escroquer la totalité ou partie de la partie
d’autrui

P4 : l’intention frauduleuse

L’escroquerie est un délit intentionnel car l’auteur doit avoir


conscience des moyens frauduleux utilisés pour obtenir la remise de
la chose. Une simple négligence ne constitue pas la mauvaise foi. Il
faut distinguer l’intention et le mobile. Ainsi, un créancier ne peut se
faire remettre par son débiteur des fonds qu’il ne lui aurait pas
délivré sans manœuvres frauduleuses ; peu importe le mobile auquel
l’auteur a obéit, c’est au juge qu’il appartient souverainement
d’apprécier la mauvaise foi.

P5 : la répression

L’escroquerie n’est jamais un crime. Cependant certaines


circonstances aggravantes ont pour effet d’élever les peines au
dessus du taux ordinaire des sanctions correctionnelles.

A. Les peines de l’escroquerie simple

L’escroquerie simple est punit d’une peine d’emprisonnement de 1 à


5 ans et d’une amende de 300 000 à 3 000 000 FCFA. En outre les
coupables peuvent être frappés de l’interdiction de certains droits
pour 5 ans ainsi que de l’interdiction de séjour. La tentative est
punissable.
B. Les circonstances aggravantes

La peine d’emprisonnement encourue est de 5 à 10 ans, lorsque les


faits ont été commis par des personnes chargées de recueillir du
public des souscriptions d’action, d’obligation, des parts ou des titres
quelconques. Dans ce cas, l’amende peut être portée jusqu’à
10 000 000 FCFA. Il ne peut y avoir de sursis en matière
d’escroquerie.

SECTION 4 : les infractions relative au chèque

Le chèque est un instrument de paiement, mais l’incertitude sur le


paiement effectif est un grave inconvénient non seulement pour la
crédibilité du chèque mais également pour la survie de certaines
entreprises. La multiplication des incidents relatifs au paiement du
chèque peut donc présenter des inconvénients importants pour
l’économie. C’est la raison pour laquelle le législateur essaie par
divers moyens de garantir la fiabilité du chèque comme moyen de
paiement. Le non paiement du chèque peut être imputable au tireur
comme au tiré. Il est donc tout à fait logique que certaines infractions
puissent être commises par le tireur, d’autres par le tiré.

P1 : les infractions commises par le tireur

Au nombre de ces infractions, on peut citer le délit d’émission du


chèque sans provision, le délit de retrait ou du blocage de la
provision, l’opposition irrégulière au paiement du chèque et
l’émission irrégulière du chèque.
A. Le délit d’émission de chèque sans provision

Ce délit suppose l’émission d’un chèque sans provision préalable et


suffisante faite de mauvaise foi. Il en résulte que les éléments
matériels de ce délit sont constitués par l’émission du chèque et par
l’absence de provision. L’émission du chèque est constituée par la
mise en circulation du chèque, et cela suppose la signature du
chèque et sa remise au bénéficiaire. Mais on considère qu’il y a
émission dès lors que le chèque signé a été remis à une tierce
personne même lorsqu’il s’agit d’un mandataire même si le montant
du chèque n’est pas mentionné. Par ailleurs, la nullité du chèque
pour tout autre raison que le défaut de signature n’est pas un
obstacle à l’existence du délit. Par ailleurs, il n’est pas nécessaire que
l’émetteur du chèque soit le titulaire de compte. Le mandataire d’une
société qui émet des chèques sans provisions se rend coupable du
délit d’émission du chèque sans provision.

En particulier, il a été jugé qu’un gérant de société qui a émis des


chèques en blanc est coupable du délit d’émission de chèque sans
provision si le chèque remplit et remit à un créancier n’est pas payé
par la banque pour défaut de provision.

L’absence de provision doit être appréciée au moment de l’émission


du chèque. Cela signifie qu’au moment de l’émission du chèque, le
compte sur lequel le chèque est émis doit être créditeur d’une
somme suffisante pour assurer le paiement. Le problème s’est posé
de savoir si les facilités de caisse accordées par un banquier à son
client de façon habituelle pouvaient valoir existence de la provision.

La jurisprudence s’est montrée très exigeante, très rigoureuse en


acceptant l’existence de la provision que lorsque les facilités de
caisse résultent d’un engagement formel du banquier. La provision
doit également être disponible, cela signifie que la banque doit avoir
le pouvoir d’utiliser le solde créditeur du compte pour assurer le
paiement du chèque. Tel n’est pas le cas lorsque le compte fait
l’objet d’une saisie conservatoire ou lorsqu’à la suite d’une
contestation, le titulaire du compte a été averti que les chèques émis
ne seraient pas provisoirement payés.

En ce qui concerne l’élément moral il faut noter que le délit


d’émission du chèque sans provision est un délit intentionnel c'est-
à-dire qu’en principe au moment de l’émission du chèque, le tireur
doit être conscient de l’absence de provision. Mais les juges ont
tendance à en faire un délit d’imprudence, car ils admettent que le
délit est constitué dès lors que le titulaire du compte ne s’est pas
assuré de l’existence de la provision au moment de l’émission du
chèque.

B. Le retrait ou le blocage de la provision

Cette infraction suppose que la provision existait au moment de


l’émission du chèque, mais par le fait du tireur, le tiré est dans
l’impossibilité de payer le montant du chèque. Cette impossibilité
peut d’abord résulter du retrait de la provision. Le retrait de la
provision est constitué par tout acte par lequel le tireur dispose de
la provision après l’émission du chèque. Le délit est constitué
quelque soit le moyen utilisé. Il peut s’agir d’un virement sur un
autre compte, de la fermeture du compte, du paiement d’un
autre chèque émis par le tireur, on tout simplement d’un retrait
réalisé par le titulaire du compte après l’émission du chèque.

En cas d’ouverture de crédit, la renonciation à cette faveur


constitue également le retrait de la provision. Le blocage de la
provision résulte de tout acte interdisant au banquier de payer un
chèque émis en dehors des cas prévus par la loi. Le décret de 1935
relatif au chèque prévoit 2 hypothèses dans lesquelles le titulaire
d’un compte peut faire opposition au paiement d’un chèque.
L’opposition consiste à interdire au banquier de payer le chèque.

Ces 2 hypothèses sont constituées par les cas de vols ou de perte


du chèque ou de faillite du tireur. En dehors de ces 2 hypothèses,
toute opposition au paiement d’un chèque est constitutif du délit
de blocage de la provision. Ces 2 infractions sont constituées
même si le chèque est présenté après le délai légal de
présentation (8jrs). Cependant on admet la bonne foi du tireur
lorsque le chèque est présenté à une date trop éloignée de sa date
d’émission de sorte que le tireur a pu croire que ce chèque a déjà
été payé et qu’il peut disposer librement de la provision.

En revanche, les contestations qu’il peut y avoir sur l’existence de


la créance en paiement de laquelle le chèque a été émis n’ont
aucun effet sur l’existence de ces 2 infractions.

C. L’émission irrégulière du chèque

La nouvelle législation sur le chèque permet au banquier d’interdire


l’émission du chèque à certaines personnes. La personne qui fait
l’objet d’un chèque de guichet, si au moment de l’interdiction, elle
avait en sa possession des carnets de chèque, elle a l’obligation de les
rendre à son banquier. Si malgré l’interdiction, elle émet un chèque,
elle commet un délit qui est soumis aux mêmes peines que celui de
l’émission du chèque sans provision.

P2 : les infractions commises par le bénéficiaire

Celui qui reçoit un chèque sans provision ou un chèque falsifié ou


faux est normalement une victime. Mais la victime cache parfois un
coupable. Il en est ainsi toutes les fois que le bénéficiaire reçoit un
chèque sans provisions ou un chèque irrégulier de mauvaise foi. Pour
lutter contre la mauvaise foi du bénéficiaire du chèque, le législateur
a crée les délits d’acceptation de chèque sans provision, de chèques
contrefaits ou falsifiés. Les délits d’acceptation de chèque sans
provision et de chèque contrefaits ou falsifiés ont pour but de lutter
contre les manœuvres des usuriers et contre les chantages pouvant
résulter de l’existence d’un chèque irrégulier. Ces infractions ne
peuvent qu’être imputées aux bénéficiaires du chèque ou à un
endossataire, en dehors de ces personnes aucun autre débiteur du
chèque ne peut être puni. Ainsi, il a été jugé que le mandataire du
tireur qui a reçu en connaissance de cause le chèque sans provision
pour ensuite le remettre au bénéficiaire n’est pas coupable du délit
d’acceptation de chèque sans provision.

Toutes ces infractions sont possibles d’une peine d’emprisonnement


de 1 à 5 ans et d’une amende de 300 000 à 3 000 000 F. Mais
l’amende ne peut être inférieure au montant du chèque ou à celui
de l’insuffisance de la provision. La victime de l’émission du chèque
sans provision est autorisée à réclamer le montant du chèque au juge
pénal. L’émission du chèque sans provision ou d’une manière
générale les infractions relatives au chèque font partie des délits dont
la commission peut entraîner l’interdiction d’exercer une profession,
une activité commerciale.

Section 5 : Les atteintes à la foi publique

La valeur attachée à l’écrit qui de tout temps est le moyen de preuve


parfait, a conduit certaines personnes malhonnêtes à imaginer de
falsifier pour obtenir ce à quoi elles n’ont pas droit. Cette attitude
doit être incriminée sous peine de porter atteinte à la crédibilité de
l’écrit. Ainsi le législateur à travers les articles 307 et suivants et 479
du nouveau code pénal réprime deux types d’infractions :
- D’une part est sanctionné celui qui fabrique le faux
- D’autre part est sanctionné celui qui utilise le faux

Il s’agit d’une infraction distincte, le faussaire n’étant pas toujours


l’utilisateur.

Le faux peut porter sur des écritures publiques ou authentiques, sur


des écritures de commerce ou de banque et enfin sur des écritures
privées.

P 1 : Les faux en écritures

L’infraction de faux suppose l’existence d’un écrit dont la nature et la


teneur devront être appréciées par les juges.

Ne constituent pas un faux :

- L’altération verbale de la vérité, celle-ci étant réprimée par le


délit de faux témoignage et le délit de faux serment

A- Les éléments constitutifs


1) L’écrit protégé

Les articles 307 et suivants et 479 du code pénal réprime les faux en
écriture publique ou authentique, les faux en écriture privée de
commerce ou de banque.

a) Les écritures publiques authentiques

L’écriture publique est l’œuvre ou est réputé être l’œuvre qui émane
d’un officier public ou d’une personne préposée par la loi pour
dresser certains actes ou faire certaines constatations.

On distingue 4 catégories d’actes publiques ou authentiques à


savoir :
- Les actes politiques émanant des pouvoirs législatifs ou
exécutifs tels que les lois, décrets, ordonnances et traités
internationaux.
- Les actes judiciaires dressés par les magistrats ou leurs
auxiliaires tels que les jugements, les arrêts, les PV d’enquêtes
de gendarmes ou de police, les rapports d’experts désignés en
justice, les PV d’adjudication.
- Les actes administratifs ou extraits d’actes émanant de diverses
administrations tels que les arrêtés ministériels ou
préfectoraux, les expéditions d’actes de naissance ou de décès,
les diplômes universitaires, les listes électorales, les billets de
loterie, les reçus de poste etc...
- Les actes extra judiciaires établis par les officiers publics tels
que les actes notariés, les actes d’huissiers, de commissaires
priseurs, d’agents de change…

b) Les écritures de commerce ou de banque

L’écriture de commerce ou de banque est l’écriture qui a pour objet


de constater une opération constituant un acte de commerce.

On peut distinguer 4 types d’écritures de commerce ou de banque, à


savoir :

- Les instruments de crédit et de paiements ou effets de


commerce constitués par les lettres de change ou de billets à
ordre.
- Les écritures comptables que constituent les livres de
commerce susceptibles de faire preuve entre commerçants et
les bilans.
- Les écritures sociales constituées par les écrits émis par les
commerçants et relatifs à leur commerce et qui bénéficient de
la présomption de commercialité comme par exemple les
correspondances, les titres des sociétés commerciales, les PV de
délibération d’une assemblée générale des porteurs de parts ou
de conseil d’administration, les feuilles de présence d’une
assemblée, les rapports de commissaires aux comptes.
- Les divers écrits relatifs au commerce tels que le registre du
brocanteur, les feuilles de salaire, les factures, les bons de
livraison.

c) Les écritures privées

Les écritures privées sont toutes celles qui ne sont pas publiques ou
authentiques ni commerciales. On peut citer les reçus et les
quittances de règlement amiable entre commerçants, les
attestations, les constats amiables, les testaments olographes, les
calques de plans, les contrats…

d) La teneur de l’écrit

L’altération de la vérité doit être réalisée dans un document source


de droit ou d’une obligation et porter sur les mentions substantielles
de l’acte.

Ainsi le document doit constituer un titre ou être source d’obligation


ou avoir une valeur probatoire.

Un écrit peut devenir un titre selon l’usage que l’on en fait. La forme
prise par l’acte importe peu. Ainsi il peut s’agir d’un document sur
lequel est portée une écriture manuscrite, imprimé ou
dactylographiée. Cependant le document doit avoir une existence
certaine.
2) L’altération de l’écrit

Pour que l’écrit falsifié soit punissable trois éléments doivent être
réunis, à savoir : l’altération de la vérité causant un préjudice et une
intention criminelle.

a) L’altération de la vérité

Elle peut se réaliser soit par commission soit par omission. Mais il est
nécessaire que le fait énoncé dans le document soit inexact.

Le législateur distingue deux procédés que la doctrine et la


jurisprudence classe en 2 catégories. Ainsi l’altération de la vérité est
soit matérielle, soit intellectuelle.

- L’altération matérielle

Le faux est dit matériel lorsqu’il s’effectue par une altération


physique d’un écrit laissant des traces et pouvant être décelées par
expertise.

Elle peut consister pour une personne :

*soit à signer un acte d’un nom qui ne lui appartient pas ou de celui
d’une personne imaginaire.

*soit à imiter la signature d’une autre personne. Elle peut aussi


consister dans un changement matériel caractérisé par une addition
ou une suppression de clause, une surcharge, un grattage, un lavage
ou une dissimulation ou tout autre procédé fallacieux.

L’altération de la vérité consiste enfin dans la contrefaçon d’écriture


par l’imitation d’une écriture ou dans la fabrication de convention,
disposition, obligation ou décharge.

- L’altération intellectuelle
A la différence de l’altération matérielle, l’altération intellectuelle ne
laisse aucune trace physique.

Le faux intellectuel est l’altération de la vérité exprimé par l’auteur


d’un écrit soit par affirmation soit par omission.

En d’autres termes, c’est l’altération du sens ou de la portée des faits


que l’acte avait pour objet de constater.

Le faux intellectuel peut résulter de plusieurs procédés, à savoir :

 la supposition de personnes, l’auteur du délit énonce


faussement dans l’acte le nom d’une personne n’ayant
pas participé à la rédaction de l’acte.
 La dénaturation de la substance ou de des circonstances,
c’est par exemple l’écriture de convention ou disposition
autre que celles qui avaient été dictées par les parties ou
la constatation comme vrai de faits faux.
 La simulation, elle consiste à créer un acte apparent qui ne
correspond à aucune opération réelle ou à déguiser un
acte véritable sous l’apparence d’un autre acte pour
tromper les tiers.

La preuve de l’altération intellectuelle est souvent plus difficile à


rapporter.

b) Le préjudice

Le faux n’est punissable que s’il est de nature à occasionner à autrui


un préjudice. Il suffit qu’il ait été possible.

Le préjudice peut résulter de la nature de l’acte. Ainsi il peut être


matériel, moral ou social.
Le préjudice est matériel quand le faux atteint une personne dans
son patrimoine.

Il est moral, car le faux porte atteinte à l’honneur ou à la


considération d’autrui.

Il est social quand le faux porte atteinte à la société. A partir du


moment où il ya faux en écriture publique, le faux porte atteinte à la
société. Par exemple le faux sur les extraits de naissance.

Ainsi tout acte authentique faux porte atteinte à la foi publique


attachée à cet écrit.

c) L’intention coupable

C’est la conscience chez le faussaire d’altérer la vérité et que cette


altération est susceptible de porter préjudice.

Une présomption simple de mauvaise foi est établie lorsque le


document falsifié est un acte authentique ou public.

Il importe peu dans ce cas qu’il y ait eu ou non intention de nuire.

B- La répression du faux

1) Le faux en écriture publique ou authentique

Aux termes des articles 307 et suivants du code pénal, le faux en


écriture publique authentique est puni de 2 à 10 ans
d’emprisonnement et d’une amende de 200.000 FCFA à 2.000.000
FCFA si le coupable est un fonctionnaire ou un officier public agissant
dans le cadre de ses fonctions ; ou de 1 à 5 ans d’emprisonnement et
d’une amende de 100.000 FCFA à 1.000.000 FCFA si l’infraction a été
commise par des particuliers.
L’article 312 du code pénal prévoit une peine d’emprisonnement de 6
mois à 3 ans et d’une amende de 50.000 FCFA à 500.000 FCFA pour
celui qui se sera fait délivrer indûment ou aura tenté de se faire
délivrer indûment des documents authentiques ou publics soit en
faisant de fausses déclarations, soit en prenant un faux nom ou une
fausse qualité, soit en fournissant de faux renseignements, certificats
ou attestations.

2) Le faux en écriture privée de commerce ou de banque

Le coupable de l’infraction est puni d’un emprisonnement d’un(1) à 5


ans et d’une amende de 300.000 à 3.000.000 de francs.

Le coupable pourra en outre être privé des droits civiques,


professionnels et soumis à l’interdiction de signer pour une durée qui
ne peut excéder 5 ans.

P2: L’usage de faux

L’usage de faux est une infraction différente du faux car le faussaire


n’est pas toujours l’utilisateur du faux.

Prévu et réprimé par l’article 309 du code pénal, l’usage de faux sera
souvent plus facile à poursuivre, l’identité de l’usager étant plus facile
à connaître que celle de l’auteur.

A- Les éléments constitutifs

L’usage de faux suppose un acte d’usage portant sur une pièce fausse
et causant un préjudice.

Ainsi pour être punissable, l’usage de faux doit remplir 4 conditions :

 Il faut qu’il y ait un acte d’usage consistant à mettre en


circulation une pièce falsifiée. La pièce doit présenter
matériellement les caractères d’un faux punissable
indépendamment de toute considération relative à la
culpabilité de l’auteur du faux.
 Un préjudice doit résulter de cet usage ou susceptible
d’en résulter. Celui qui utilise le document faux doit au
moment de l’usage être de mauvaise foi ce qui signifie
qu’il doit avoir eu connaissance de la falsification de la
pièce par lui utilisée.
 Le délit d’usage de faux peut être poursuivi alors que le
faux est prescrit, car la prescription ne court pour l’usage
qu’à compter du dernier usage.

B- Les sanctions pénales

L’usage de faux est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une


amende de 200.000 FCFA à 2.000.000 FCFA

La juridiction saisie peut en outre prononcer contre les auteurs des


faits, l’interdiction d’exercer leurs droits civiques, professionnels et
l’interdiction de séjour pour une durée qui ne peut excéder 5 ans

SECTION 6 : Le recel

Selon l’article 477 du code pénal, le recel de chose est retenu contre
ceux qui, sciemment, auront recelé en tout ou partie, des choses
enlevées, détournées ou obtenues à l’aide d’un crime ou d’un délit
ou tout autre objet d’origine délictueuse.

P1 : Les éléments constitutifs

L’infraction préalable
Le recel a nécessairement pour objet une chose d’origine
délictueuse. L’infraction peut être un crime ou un délit mais non une
contravention. Peu importe que l’auteur de l’infraction première
soit déjà punis ou qu’il ne puisse l’être. L’importance des faits
délictueux commis par ceux qui profitent de vols ou qui les suscitent,
a conduit le législateur a donné son autonomie à cette infraction qui
avant 1995 était sanctionnée dans le cadre de la complicité. Il faut
noter qu’en France, la loi n°87-962 du 30 novembre 1987 relative à la
vente ou à l’échange d’objets mobiliers a aggravée la répression du
recel.

A. La chose recelée

Il s’agit de la chose obtenue au moyen de la 1 ère infraction peu


importe la façon dont la réception de l’objet s’est réalisée (achat,
dépôt, louage, dons).

Le recel peut porter sur l’objet matériel ou des sommes d’argent, sur
des choses fongibles ou non fongibles provenant de l’infraction
première.

En application de la subrogation réelle, le recel peut aussi porter sur


l’argent produit par la négociation de l’objet délictueux (le prix de
vente de la chose volée).

Le recel peut enfin porter sur la chose acquise avec le produit de la


négociation de la chose procurée par l’infraction.

B. La détention de la chose

Receler, c’est cacher mais la dissimulation n’est pas nécessaire. Il


suffit de détenir la chose même pour le compte d’autrui ou de la
recevoir tout en connaissant son origine délictueuse. Par extension,
la jurisprudence estime que celui qui tire profit de la chose sans la
détenir matériellement est un receleur.
C. L’intention coupable

Il suffit que le receleur ait reçu ou conservé à un titre quelconque la


chose en connaissant son origine délictueuse. En principe, c’est lors
de la réception de la chose que le receleur aura connaissance des
faits précis de la 1ère infraction. Qu’en est-il lorsque l’auteur
n’apprend que ultérieurement l’origine délictueuse de la chose ?

S’il conserve la chose postérieurement à la connaissance acquise de


l’origine douteuse, il devient receleur. Mais lorsqu’une personne
acquiert un bien mobilier régulièrement et de bonne foi, et qu’elle
apprend ultérieurement que le bien est d’origine délictueuse, devient
telle un receleur si elle le conserve ?

Le principe ci-dessus énoncé se heurte alors aux dispositions de


l’article 2279 du code civil qui stipule qu’en fait de meuble la
possession vaut titre. Sur ce point, les juridictions répressives étaient
opposées aux juridictions civiles. C’est par un arrêt du 24 novembre
1977 que la chambre criminelle de la cour de cassation française a
consacré un revirement de jurisprudence qui évite le conflit entre le
droit pénal et le droit civil. Ainsi, ne peut être déclaré coupable de
recel celui qui a acquis un bien mobilier régulièrement et de bonne
foi, même s’il apprend ultérieurement son origine délictueuse. Ex :
un créancier qui a été remboursé avec de l’argent volé.

La mauvaise foi est appréciée souverainement par le juge.

P2 : la répression du recel

A. Le recel simple
L’article 477 du code pénal punit d’une peine d’emprisonnement de
1 à 5 ans et d’une amende de 300.000 FCFA à 3.000.000 FCFA
quiconque recèle sciemment en tout ou partie une chose enlevée,
détournée ou obtenue à l’aide d’un délit ou d’un crime.

L’amende peut être portée au delà de 3 000 000 FCFA sans pouvoir


être supérieure à la moitié de la valeur des choses recelées, le tout
sans préjudice des peines plus fortes s’il y a lieu, en cas de complicité
de crime.

A titre facultatif, le coupable pourra en outre être frappé de


l’interdiction d’exercice des droits civiques et/ou de l’interdiction de
séjour pour une durée qui ne peut excéder 5 ans.

B. Le recel aggravé

Au terme de l’article 477 du code pénal, lorsque l’infraction 1 ère est


punie d’une peine privative de liberté supérieure à celle prévue pour
le recel, le receleur est puni de la peine prévue pour l’infraction dont
il a eu connaissance. De même si l’infraction 1 ère est aggravée par des
circonstances aggravantes, le receleur encourt la peine attachée à la
circonstance aggravante dont il a eu connaissance.

LE DROIT PENAL SPECIAL APPLIQUE


ème
2 PARTIE : AUX AFFAIRES
Les affaires se traduisent nécessairement par l’exercice d’une activité
commerciale. L’activité commerciale peut être l’occasion de
diverses infractions. Par ailleurs, lorsque l’activité commerciale est le
fait d’une personne morale et en particulier d’une société, la
création, l’organisation et le fonctionnement de cette société sont
susceptibles d’entrainer la commission de certaines infractions qui
sont propres aux sociétés.

LES INFRACTIONS RELATIVES A L’EXERCICE


DES ACTIVITES COMMERCIALES
CHAPITRE I   : :

L’un des principes qui régit l’activité commerciale est le principe de


la liberté de commerce et d’industrie. En vertu de ce principe,
l’exercice d’une activité commerciale ne devrait être soumis à aucune
réglementation, chacun pouvant exercer le commerce de son choix.
Mais ce principe n’est pas d’application absolue. Pour assurer la
crédibilité de certaines activités et protéger les consommateurs,
l’accès à certaines activités commerciales est parfois limité. Le non
respect de ces limites est souvent érigé en infraction pénale. Pour les
mêmes raisons, le commerçant est souvent tenu à certaines
obligations dont l’inexécution est sanctionnée pénalement.

SECTION I : Les infractions relatives à l’accès aux activités


commerciales

Certaines activités commerciales sont strictement réglementées et


seules les personnes remplissant certaines conditions peuvent les
exercer. Mais dans certains cas l’exercice de toute activité
commerciale peut être interdit à certaines personnes

P1 : L’exercice irrégulier des professions réglementées

Le 1er objectif de la réglementation des professions commerciales est


de sélectionner les personnes qui peuvent exercer ces professions.
La sélection se fait de 2 manières. D’une part les personnes
candidates pour exercer ces professions doivent remplir certaines
conditions, et d’autre part l’exercice de la profession est souvent
subordonné à une autorisation administrative.

A. Les qualités personnelles du commerçant

La loi réserve certaines activités à des personnes morales et parfois à


des personnes morales d’un type particulier.

Ex : seules les sociétés anonymes peuvent exercer des activités de


banque et d’établissement financier.

D’autres activités supposent une qualification professionnelle. Vous


ne pouvez être un commissaire aux comptes si vous n’êtes pas un
expert-comptable.

D’autres activités sont réservées aux nationaux. Exemple pour être


exploitant forestier, il faut être ivoirien.

B. Les autorisations et agréments

L’exercice de la plupart des professions réglementées est


subordonné à l’autorisation de l’administration.
Les banques et établissement financiers doivent être agrées
par le ministère de l’économie et des finances.
Les conseillers juridiques doivent être autorisés par le ministère
de la justice.
La violation de ces règles est soumise à des sanctions diverses
en fonction de la profession concernée.
Ainsi, celui qui se livre à l’exportation de produits agricoles, à
leur stockage ou à leur distribution sans en remplir les
conditions peut être punit d’une peine d’emprisonnement de 2
à 10 ans et d’une amende de 1 000 000 FCFA à 50 000 000
FCFA.

P2 : Les interdictions


L’interdiction d’exercer une activité commerciale peut résulter
de certaines condamnations pénales ou de faillite personnelle.
C’est une loi du 30 septembre 1947, qui a créé le régime des
interdictions attaché à certaines condamnations pénales.
Il s’agit de peines accessoires, car le juge n’a pas besoin de les
prononcer.
L’interdiction peut résulter soit d’une peine d’emprisonnement
ferme pour fait justifié crime, soit d’une condamnation pour
certains délits à 3 ans d’emprisonnement au moins.
La durée de l’interdiction est de 5 ans et elle commence à
courir après l’exécution de la peine d’emprisonnement. La
violation de cette interdiction est punie d’un emprisonnement
de 1 à 5 ans et d’une amende de 100.000 FCFA à 25.000.000 F
La durée de l’interdiction attachée à la faillite personnelle est
identique.

SECTION 2 : Les infractions relatives aux obligations du


commerçant
Le commerçant est tenu à plusieurs types d’obligations. Il doit
procéder à certaines déclarations auprès de l’administration ; il
doit tenir des livres de comptes. Il a une obligation de loyauté
envers ses concurrents et ses clients.

P1 : Les infractions relatives aux déclarations administratives


Avant toute chose, le commerçant doit s’inscrire au registre de
commerce et du crédit mobilier( RCCM), ensuite il doit faire des
déclarations sociales et fiscales

A. Les infractions relatives au registre de commerce

Le registre de commerce peut entrainer la commission de 2 types


d’infractions, à savoir les infractions d’omission et celles de
commission.

Les infractions d’omission résultent du défaut d’immatriculation ou


du défaut d’inscription modificative.

Le défaut d’immatriculation résulte du fait d’exercer une activité


commerciale sans se faire inscrire au registre de commerce.

Le défaut d’inscription modificative est le fait de ne pas faire modifier


les mentions du registre de commerce pour les adapter à une
situation nouvelle.

Les infractions d’omission obéissent à un régime particulier. En effet,


la simple omission ne suffit pas pour que l’infraction soit constituée
Le juge chargé de la surveillance du registre du commerce doit faire
injonction au commerçant de régulariser sa situation. L’infraction
n’est constituée que si le commerçant n’obéit pas à cette injonction.
Le registre du commerce peut entraîner également la commission
d’une infraction de commission, lorsque le commerçant fait des
déclarations inexactes ou incomplètes.
Mais dans ce cas, la déclaration doit être faite de mauvaise foi c'est-
à-dire que le commerçant doit avoir conscience de son mensonge.
Les infractions d’omissions sont punies d’une amende de 6.000F à
72.000F ; les déclarations inexactes ou incomplètes sont punies d’une
amende de 36.000 F à 72. 000 F et d’un emprisonnement d’un mois à
6 mois.

B. Les déclarations sociales et fiscales

Tout commerçant doit déclarer à l’inspection du travail et des lois


sociales la création de son entreprise dans un délai de 15 jours.

Il doit faire la même déclaration dans le même délai à la CNPS. En


plus, chaque fois qu’il embauche un salarié quelque soit la durée de
son contrat de travail, il doit faire la déclaration à la CNPS. Le défaut
de ces déclarations constitue des contraventions de 3ème classe.

Par ailleurs, le commerçant doit déclarer à la direction générale des


impôts(DGI), la création de son entreprise afin qu’il lui soit attribué
un numéro de compte contribuable. La non déclaration de
l’entreprise à l’administration fiscale constitue un délit et peut
donner lieu, par ailleurs, à des sanctions fiscales.

P2 : Les obligations comptables

Tout commerçant à l’obligation de tenir des livres comptables.

La non-tenue de ces livres est punie d’un emprisonnement de 2 mois


à 2 ans et d’une amende de 500.000 F à 24.000.000 F.

Le juge peut aussi prononcer l’interdiction d’exercer le commerce


pour une durée de 6 mois à 5 ans et la confiscation du fonds de
commerce.

Mais il ne suffit pas de tenir des livres de commerce, il faut en plus


que ces livres soient bien tenus.
Si ces livres sont incomplets ou irréguliers, le commerçant est
passible d’un emprisonnement de 1 mois à 6 mois et d’une amende
de 50.000 F à 1.000.000 F. Le juge doit par ailleurs prononcer la
fermeture de l’établissement pour une durée de 3 mois à 1 an.

La non-tenue des livres de comptabilité ou de commerce, des livres


incomplets ou irréguliers, constitue un cas de banqueroute simple.
Cette infraction est punie d’un emprisonnement de 1 mois à 2 ans.

P3 : Les infractions aux règles de la concurrence et la protection des


consommateurs

La liberté de commerce et d’industrie ne peut être préservée que si


certaines règles sont respectées. Ces règles ont pour l’objet
d’instaurer une certaine loyauté dans la concurrence et de protéger
le consommateur contre les situations de monopole. En principe, la
liberté de commerce et d’industrie implique celle de fixer les prix,
mais cette liberté de fixer les prix peut dans certains cas être
préjudiciable à la concurrence véritable ou nuire aux intérêts du
consommateur. C’est pour cette raison qu’il existe une
règlementation des prix dont la violation est assortie de sanction
pénale.

A. Les infractions aux règles de la concurrence

Ces infractions consistent soit dans une concurrence déloyale soit à


une entrave apportée à la liberté des enchères, soit à l’instauration
d’un monopole par l’intermédiaire d’une entente ou d’une position
dominante.

 La concurrence déloyale est punie par l’article 344 du code


pénal. Ce texte prévoit 3 hypothèses de concurrence déloyale :
- la 1ère hypothèse consiste à tromper les clients sur les qualités
et capacités du produit. Cette tromperie se réalise par
l’utilisation de titres, de signes distinctifs, de marque ou de
dénomination professionnelle inexacte ou fallacieuse.
- La 2ème hypothèse consiste à créer une confusion entre ses
produits et les produits concurrents.

Exemple : l’utilisation d’emballage identique de même que des


enseignes identiques.

- La 3ème hypothèse se réalise par un procédé qui consiste à


dénigrer les produits du concurrent, à donner des qualités qui
n’existent pas au produit pour attirer les clients c'est-à-dire
vanter excessivement ses produits.

La concurrence déloyale est passible d’un emprisonnement de 3


mois à 1 an et d’une amende de 100.000 F à 1.000. 000 F

Ces peines sont portées au double si le détournement de la clientèle


est réalisé par la divulgation de secret de fabrication, d’organisation,
d’exploitation ou par l’utilisation de tel secret.

Les peines sont également portées au double, lorsque par la


corruption on obtient les secrets de fabrication.

 Les ententes et les abus de position dominante

Ils sont interdits sont peine de sanction pénale. L’entente entre


commerçants est interdite lorsqu’elle a pour effet d’entraver la libre
concurrence.

Il en est ainsi notamment lorsque l’entente permet de faire obstacle


à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant
artificiellement leur hausse et leur baisse.

Il en est ainsi également lorsque l’entente a pour but de limiter


l’accès au marché pour le libre jeu de la concurrence par les
entreprises qui ne font pas partie de cette entente.
L’entente interdite peut également consister à limiter ou à contrôler
la production, les débouchés ou les investissements.

Enfin, on peut repartir le marché ou les sources


d’approvisionnement.

L’abus de position dominante peut consister, en un refus de vente,


en une vente jumelée, en condition de vente discriminatoire ou dans
la rupture de relations commerciales fondées sur le refus du
partenaire à se soumettre à des conditions commerciales
injustifiées.

Mais toute entente ou abus de position dominante n’est pas


constitutive d’une infraction.

Il existe ici un fait justificatif particulier qui est constitué lorsque


l’entente ou la position dominante a pour objet d’assurer le progrès
économique. Par exemple, l’entente permet d’accroître la
productivité ou de réduire les coûts.

Dans tous les cas, ces pratiques doivent être limitées à ce qui est
nécessaire au progrès économique. Ces infractions sont punies d’un
emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 300.000 F à
100. 000. 000 F.

Ces peines sont prononcées contre ceux qui ont personnellement et


de façon déterminante pris part à la conception, à l’organisation et à
la mise en œuvre de ces infractions.

 L’entrave à la liberté des enchères : cette infraction est prévue


par l’article 341 de code pénal, et elle porte sur des ventes par
adjudication. Les acquéreurs potentiels sont appelés à
proposer des prix pour acquérir l’objet de la vente. Ce procédé
a pour but de garantir au vendeur le meilleur prix possible.
L’infraction prévue par l’article 341 du code pénal est constituée par
le fait d’entraver, de troubler la liberté des acquéreurs par l’un des
moyens suivants : violence ou voie de fait, menaces, dons, promesses
ou entente frauduleuse.

L’infraction est punie d’un emprisonnement de 15 jours à 3 mois et


d’une amende de 100.000 à 1.000.000 F.

Ces peines sont également applicables si après adjudications, il est


procédé à une remise aux enchères sans le concours d’un officier
ministériel. La tentative de ce délit est punissable.

CHAP II : LES INFRACTIONS PROPRES AUX SOCIETES COMMERCIALES

Section 1 : Les infractions relatives à la constitution du capital social

Le crédit d’une société repose sur le capital social, qui demeure la


garantie minimale de ceux qui traitent avec les sociétés c'est-à-dire,
la Société Anonyme (S.A) ou la Société A Responsabilité
Limitée(SARL).

Des irrégularités plus ou moins graves peuvent s’insérer lors de la


formation de ce capital social, lors de l’émission ou de la négociation
des valeurs mobilières ou lors de la publication et de
l’immatriculation des sociétés.

P1 : Le mensonge dans les déclarations

La procédure d’immatriculation d’une société au registre de


commerce, comporte une déclaration dans laquelle doivent être
relatées toutes les opérations effectuées en vue de constituer
régulièrement la société, et une affirmation selon laquelle la
constitution a été réalisée en conformité des lois et règlements.

Mais il arrive souvent que les fondateurs affirment sciemment des


faits matériellement faux ou omettent de relater la totalité des
opérations effectuées pour la constitution de la société.

Ainsi aux termes de l’article 887 de l’acte uniforme portant droit des
sociétés commerciales, seront punis les fondateurs, les présidents,
les administrateurs, les directeurs généraux ou les gérants qui dans la
déclaration notariée déposée au greffe du tribunal en vue de
l’immatriculation de la société au registre de commerce ou de
l’inscription modificative des statuts au dit registre, auront affirmé
sciemment des faits matériellement faux ou omis de relater la
totalité des opérations effectuées pour la constitution de la société.

P2 : La simulation de souscription ou de versement et la publication


de faits faux ou de noms faux

En ce qui concerne les sociétés faisant public à l’épargne, la


souscription et les versements sont constatés par un certificat du
dépositaire établi au moment du dépôt des fonds sur présentation
des bulletins de souscription.

Pour les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne, la loi dispose
que les versements sont constitués par un certificat du dépositaire
établi au moment du dépôt des fonds sur présentation de la liste des
actionnaires mentionnant les sommes versées par chacun d’eux.

Les fonds provenant des souscriptions en numéraire et la liste des


souscripteurs avec indication des sommes versées par chacun d’eux
sont déposés pour le compte de la société en formation et par les
personnes qui les ont reçues, soit chez un notaire, soit dans une
banque selon les indications portées sur la notice.
Le dépôt doit être fait dans les 8 jours à compter de la réception des
fonds, à moins que ceux-ci ne soient reçus par les banques,
établissements financiers et agents de change.

- L’élément matériel du délit consiste donc dans le fait d’affirmer


sincère et véritable des souscriptions fictives, soit dans le fait de
déclarer être effectivement versés des fonds qui n’ont pas été
mis définitivement à la disposition de la société ;
- soit encore dans le fait de remettre au dépositaire une liste des
actionnaires mentionnant des souscriptions fictives ou le
versement de fonds qui n’ont pas été mis définitivement à la
disposition de la société.
- Le délit suppose en outre un élément d’ordre intentionnel. Ainsi pour
être pénalement sanctionnés, les auteurs de l’infraction doivent
connaître le caractère fictif des souscriptions, c'est-à-dire savoir que les
souscriptions ne sont pas sincères, véritables et réellement attachées à la
société en possédant ce que l’on résume dans l’expression affectio
societatis.

Le texte exige qu’ils aient agi en toute connaissance de cause et avec


l’intention de tromper.

Les personnes punissables sont celles qui ont pour mission de faire la
déclaration des souscriptions et des versements, à savoir les fondateurs lors de
la constitution de la société et les administrateurs en cas d’augmentation du
capital.

Les complices sont également punissables. Ainsi, pourront être retenus comme
complices, tous ceux qui auront aidés les fondateurs à constituer
irrégulièrement la société, à savoir les banquiers par exemple qui auront
délivrés des listes de fausses souscriptions ou des certificats de complaisance.

P3 : La fausse déclaration dans l’acte de société

Le délit de fausse déclaration relative à la répartition des parts sociales et leur


libération est prévu et puni par le code pénal.
En effet dans les SARL, les parts sociales doivent être souscrites en totalité par
les associés et intégralement libérées qu’elles représentent des apports en
nature ou en numéraire.

La loi prévoit donc des sanctions pénales contre les associés qui font dans l’acte
de société une fausse déclaration concernant la répartition des parts sociales
entre les associés, la libération des parts ou le dépôt des fonds, ou ont omis
cette déclaration.

La peine est un emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 300.000 F à


3.000.000 F ou l’une de ces deux peines seulement (art 471 CP).

Le délit est constitué même en cas de libération partielle des apports et en cas
d’apport d’une créance irrévocable par la société.

En ce qui concerne les sociétés par actions, la loi punit des mêmes peines le
président , les administrateurs ou les gérants qui n’auraient pas procédé aux
appels de fonds pour réaliser la libération intégrale de capital dans le délai
légal ou qui auront émis ou laissé émettre des obligations ou bons alors que le
capital social n’était pas intégralement libéré sauf si les obligations sont émises
en vue de leur attribution au salarié au titre de la participation de ceux-ci aux
fruits de l’expansion de l’entreprise.

P4 : Le délit de majoration frauduleuse des apports en nature

Les textes qui s’appliquent aux majorations frauduleuses réalisées à l’occasion


de la constitution des sociétés ainsi qu’à celles commises lors de
l’augmentation de capital. Les textes ont pour but de protéger les créanciers de
la société trompés sur la valeur des garanties qui pouvaient leur offrir le
patrimoine social.

Les éléments constitutifs du délit consistent dans la surévaluation d’un apport


en nature et l’emploi de manœuvres frauduleuses.

En ce qui concerne les SARL, les personnes punissables sont celles qui ont
frauduleusement attribuées à un apport en nature une valeur supérieure à sa
valeur réelle et dans les S.A les personnes punissables sont celles qui
sciemment dans la déclaration notariée constatant la souscription et les
versements ont affirmé sincère et véritable les souscriptions qu’elles savaient
fictives.

Les peines sont les mêmes que dans les autres infractions sus cités

Section 2 : Les abus des biens et du crédit de la société (art 891 AUSCM/GIE)

L’abus de biens sociaux est une infraction qui a été créée pour rendre plus
facile la poursuite, qui autre fois ne pouvait être exercée que sur la base de
l’abus de confiance. Il vise un certain nombre d’opérations financières portant
pratiquement sur le maniement des fonds

P 1 : Les éléments constitutifs

Le délit d’abus de biens sociaux comporte 4 éléments constitutifs :

- Il faut qu’il y ait un usage des biens ou du crédit de la société


- Cet usage doit être contraire à l’intérêt de la société
- L’usage doit être effectue dans un but personnel
- Il faut la preuve de la mauvaise foi

Les biens de la société doivent s’entendre de tous les éléments constituant son
patrimoine mobilier ou immobilier.

Faire usage de biens sociaux, c’est accomplir sur eux non seulement des actes
de disposition comportant aliénation ou cession au profit d’un tiers, mais aussi
peut-être de simples actes d’administration tels que les prêts, avances, les
baux.

Faire usage du crédit social, c’est engager la signature sociale ou exposer la


société à des paiements ou des décaissements éventuels, lui faire courir des
risques qui normalement ne lui incombent pas. Par exemple en faisant payer
par la société la facture afférente à l’installation d’un poste de radio sur une
voiture personnelle.

Ce sont des dépenses somptuaires aux frais de la société. La mauvaise foi doit
s’apprécier au moment ou les actes incriminés ont été commis sans que
l’aboutissement heureux des opérations pour la société puisse effacer le
caractère délictueux des faits.

P2 : imputation de la responsabilité pénale


La responsabilité du délit incombe à titre d’auteur principal aux dirigeants de la
société, aux gérants pour les SARL et dans les SA aux présidents,
administrateurs ou DG ou DGA, aux membres du directoire ou du conseil de
surveillance, aux liquidateurs, aux dirigeants de fait, aux complices, aux
receleurs.

Le délai de prescription de l’action publique court à compter du jour où le délit


a pu être constaté.

La peine est un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 300.000 F à


3.000.000 F ou l’une de ces 2 peines seulement (article 467 CP).

P3 : Présentation ou publication d’un bilan inexact ou faux ( Art 890


AUSCM/GIE)

La multiplication des infractions relatives aux comptes sociaux témoigne du


soucis du législateur d’accroître l’information des actionnaires, des tiers et des
salariés.

Dans le domaine des diverses obligations relatives aux comptes sociaux, il


existe de nombreuses infractions d’omission et un délit d’action.

1 ) Les omissions sanctionnées

Les délits d’omission sanctionnées sont au nombre de 4 :

a) Le délit d’omission d’établissement de documents


comptables

Le législateur énumère les documents comptables à établir suivants :

- L’inventaire, comportant les comptes annuels et le rapport de gestion


dressé pour chaque exercice
- Le tableau comportant les renseignements sur la situation des filiales et
des participations
- L’inventaire des valeurs mobilières détenues par la société
- Le tableau relatif à la répartition et à l’affectation des sommes
distribuables proposées à l’assemblée générale.
b) Le défaut de présentation de comptes annuels à
l’assemblée

Ce délit consiste non seulement dans le défaut de convocation de l’assemblée


générale ordinaire dans le délai légal, mais aussi dans le défaut de présentation
des comptes à la dite assemblée.

Dans quel délai doit-on convoquer l’assemblée générale ?

C’est dans les 6 mois à compter de la clôture de l’exercice sous réserve de la


prorogation de délai par décision de justice.

c) Omission d’informer les actionnaires sur les comptes


consolidés

La loi impose aux dirigeants des sociétés commerciales l’obligation d’établir et


de publier chaque année à la diligence du conseil d’administration, du
directoire ou des gérants selon les cas, des comptes consolidés ainsi qu’un
rapport sur la gestion du groupe dès lors qu’elle contrôle de manière exclusive
ou conjointe une ou plusieurs autres entreprises ou qu’elle exerce une
influence notable sur celle-ci.

d) L’omission de communiquer les documents financiers


au comité d’entreprise

Le chef d’entreprise est tenu de communiquer au comité d’entreprise, avant


leur présentation à l’assemblée générale des actionnaires ou à l’assemblée des
associés, l’ensemble des documents obligatoirement transmis annuellement à
ces assemblées, ainsi que le rapport des commissaires aux comptes.

Le non-respect de ces obligations est sanctionné pénalement selon les cas d’un
emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 300.000 F à 3.000.000 F

2) Le délit d’action

C’est l’action dissimulatrice. Elle concerne les comptes annuels et la publication


des résultats.
Les comptes annuels qui ne donnent pas pour chaque exercice une image
fidèle du résultat des opérations de l’exercice, de la situation financière et du
patrimoine, constituent une action dissimulatrice.

La publication ou présentation, est tout procédé ayant pour but et pour effet
de faire connaître aux tiers, dans le cadre de l’administration de la société et
pour les besoins de celle-ci, la situation exacte des fonds sociaux.

Ce délit est sanctionné des mêmes peines que ci-dessus.