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Chapitre 3 :

Transmission du bruit
Les différents types de bruit
Les équipements utilisés en climatisation, chauffage ou
ventilation génèrent de l’énergie acoustique sous trois formes :
• aérienne,
• solidienne,
• en conduit.
Les bruits solidiens et en conduit sont souvent perçus au niveau
du local récepteur comme des bruits aériens.
Bruit aérien C’est l’énergie acoustique transmise à l’air par
rayonnement de l’enveloppe extérieure de l’équipement et
notamment par les orifices laissés libres pour les passages :
tuyauteries, fils électriques.
Bruit solidien C’est l’énergie vibratoire qui est émise par les
composants tournants ou vibrants et transmise au support (massif,
plancher ...). Cette vibration chemine dans les structures du
bâtiment.
Bruit de conduit C’est l’énergie vibratoire émise par les composants
tournants ou vibrants, qui est transmise aux fluides qu’ils mettent en
mouvement (eau, air ...).
Cette vibration est acheminée par les tuyauteries et les gaines.
Les différents modes de transmission
Les divers bruits que nous venons de définir sont transmis :
· soit par voie aérienne,
· soit par voie solidienne,
· soit par les deux voies conjuguées.
Transmission aérienne
Le bruit est transmis par propagation dans l’air sous forme d’ondes sphériques.
Transmission directe
L’équipement est situé dans le même lieu que le récepteur et visible par
celui-ci.
• Le bruit se propage suivant une sphère ou une demi-sphère.
• La circulation de l’air (vents dominants) engendre une directivité
bien définie, dont il faut tenir compte.
Insuffisance d’isolement
La transmission aérienne peut passer à travers une
paroi. En effet, l’onde sphérique qui se propage et rencontre
une paroi se divise en trois :
· une onde réfléchie,
· une onde dissipée dans la paroi,
· une onde transmise de l’autre côté de la paroi.
L’onde transmise continue à se propager dans le local
adjacent. C’est la qualité d’isolement de la paroi qui sera
déterminante et permettra plus ou moins la transmission
aérienne.

Transmission parasite
Tous les orifices pouvant exister sur une paroi (orifice
de ventilation, passage de gaine, passage de tuyauterie,
conduits de fumée...) laissent libre le passage aux ondes
sonores et favorisent leur progression.
Transmission solidienne
Dans ce mode de transmission, la vibration liée au bruit
chemine jusqu’au local récepteur par voie solide.
Implantation extérieure
L’équipement, situé à l’extérieur, est indépendant du
bâtiment.
Les vibrations peuvent être transmises par le sol lui-
même. Ce cas, qui est peu fréquent, dépend de la nature du
sol (rocheux ou meuble).
Implantation intérieure
Un équipement générateur de bruit et de vibration (groupe
de production d’eau glacée par exemple) rendu solidaire de la
structure par un mauvais montage, transmet par voie
solidienne. Les vibrations se propagent vers la structure du
bâtiment. La nature du sol et des parois va jouer un rôle
considérable.
Comparaison
Illustration
Prenons deux exemples correspondant aux deux cas de
figure en matière d’émission du bruit :

Le bruit émis est aérien. La propagation est en majeure


partie aérienne mais les structures peuvent également se
révéler de bons agents de transmission solidienne.
Le bruit émis est solidien. Le marteau frappe directement la structure du local, qui peut
se révéler un agent efficace de transmission. La propagation aérienne persiste.
Remarque :
La composition des parois du local joue un grand rôle :
• nature et densité des parois sol et plafond,
• nature des revêtements.
Démonstration
Dans cet atelier, le récepteur perçoit à la fois :
• la transmission aérienne directe,
• les transmissions aériennes réfléchies donc indirectes,
• les transmissions solidiennes.
Dans cet immeuble, les sources de bruit et les
transmissions sont très diverses :
Méthodes et matériels de mesure
Définition
En matière d’acoustique, les problèmes de « contrôle et de mesure » sont
très diversifiés. Dans l’exercice de la profession, nous sommes confrontés à
différents cas de figure :
• Acoustique industrielle :
- établir le niveau de puissance sonore d’un matériel,
- déterminer le coefficient d’absorption ou d’isolation phonique d’un composant.
• Acoustique du bâtiment :
- vérification des qualités acoustiques d’un bâtiment,
- détermination d’un temps de réverbération.
• Acoustique appliquée (contrôle in situ) :
- vérification des caractéristiques d’une installation tel que le niveau de puissance,
le niveau de bruit de fond et le niveau de pression.
Méthodes de mesure
Les méthodes de mesure sont de plus en plus normalisées (normes françaises,
européennes ou internationales) ou font l’objet de « codes d’essai ».
Des méthodes de laboratoire et des mesures in situ sont définies par des
recommandations ou avis techniques.
Matériels de mesure
Les matériels de mesure de pression acoustique (sonomètres) doivent :
• être conformes aux exigences de l’arrêté du 27 octobre 1989,
• répondre aux exigences des normes en vigueur.
Le principe du sonomètre est relativement simple :
• Un micro capte les variations de pression et les transforme, après
amplification, en courant électrique.
• Les variations de tension ainsi créées sont lues sur un cadran gradué en
décibels (système galvanomètre).
Mesure et addition des bruits
Préambule
Lorsque nous cherchons à quantifier un bruit in situ, nous
constatons la présence d’un certain nombre d’éléments perturbateurs
qui viennent interférer dans notre mesure.

Ces éléments perturbateurs peuvent être :

• des sources incontrôlables, plus ou moins intermittentes et de


valeurs essentiellement fluctuantes (vent, circulation routière,
passage d’un train ou d’un avion, ...). Ces éléments constituent ce
qu’on appelle un « bruit de fond ».
• des sources contrôlables telles que des machines identiques ou
différentes, dont les niveaux sonores participent au niveau de bruit
de la salle étudiée.

Ces deux cas de figure demandent l’application d’un mode


opératoire bien défini car l’addition des bruits n’est pas
arithmétique.
Addition de bruits
Les puissances et les carrés des pressions acoustiques sont des
grandeurs directement additives. Par contre, les niveaux correspondants en
décibels le sont de façon logarithmique.
Nous allons étudier différents cas pour lesquels nous indiquerons le
calcul par les carrés des pressions acoustiques. Cependant, les courbes qui
sont jointes permettent un résultat plus rapide.
Niveaux de pression acoustique identiques
Courbe
Le diagramme ci-dessous permet de déterminer
rapidement le niveau sonore global en fonction du nombre de
sources identiques.
Niveaux de pression acoustique différents
Courbe
Ce calcul est fastidieux. La courbe qui suit permet un calcul plus
rapide.
En abcisse : différence de pression sonore entre les deux niveaux (en dB).
En ordonnée : la majoration à apporter à la plus grande valeur pour obtenir
le niveau global.
Exemple :
dans une salle des machines, nous avons :
· un groupe Ciatcooler RBB 100 de niveau 44 dBA,
· un groupe Ciatcooler RBB 65 de niveau 38 dBA,
Nous avons Dp = 44 - 38 = 6 dB
Lecture courbe = 1 dB
Niveau global = 44 + 1 = 45 dBA
Remarque :
Si la différence entre les deux sources est :
· supérieure à 7 dB, l’incidence devient de plus en plus faible,
· supérieure à 10 dB, l’incidence est négligeable.
Niveau sonore avec bruit de fond

Nous avons vu précédemment que lorsque l’on


veut contrôler le bruit d’un appareil, nous sommes
confrontés à l’existence de bruits parasites indésirables
et incontrôlables, que l’on appelle « bruits de fond ».
Dans ce cas, la mesure se réalise en deux étapes,
l’une avec l’appareil à l’arrêt, l’autre avec l’appareil en
fonctionnement. Le but est d’isoler le bruit de fond.
Il faut être prudent et chercher à faire les relevés en
période calme car le bruit de fond est très fluctuant. Par
exemple, le passage d’un avion durant l’une des deux
étapes fausse le relevé d’une façon importante.
Courbe
Pour simplifier, ces calculs ont été traduits sous forme d’une courbe :
Abcisse : DN(S) : différence entre bruit total et bruit de fond.
Ordonnée : DN(F) : diminution à apporter au bruit total pour obtenir le bruit de
l’appareil.
La démarche est la suivante :
Remarque : si la différence entre le bruit total et le bruit de fond est :
· supérieure à 7 dB, l’incidence devient de plus en plus faible,
· supérieur à 10 dB, l’incidence est négligeable.
Exemple d’utilisation :
Nous devons déterminer le niveau de pression sonore
d’un petit groupe d’eau glacée Ciatcooler à condenseur à air
(ventilateurs 750 tr/mn) type LS.
1ère étape : niveau de bruit de fond (LS à l’arrêt)
Npf = 50 dB
2ème étape : niveau de bruit total (LS en service)
Npt = 54,5 dB
Calcul : Npt-Npf = 54,5 - 50 = 4,5 dB = DN(S)
Lecture courbe : DN(F) (en fonction de DN(S))
DN(F) =1,8 dB
Niveau de pression sonore du Ciatcooler :
Npt - DN(F) = 54,5 - 1,8 = 52,7 dB
Note : il y a lieu de préciser les conditions de l’essai :
distance, directivité.
Incidence du mode de propagation
Nous avons vu précédemment qu’il existe une relation mathématique entre
puissance émise, distance et pression perçue.
La formule simplifiée qui a été donnée ne tenait pas compte de la directivité.
Elle n’intégrait pas la différence entre une propagation en champ libre et
une propagation en espace clos.
Si nous appelons :
Lp le niveau de pression perçu (dB),
Lw le niveau de puissance de la source (dB),
d la distance en mètres,
q la directivité avec q = 1 en champ libre,
A la surface totale d’absorption du local en m2 Sabine, nous pouvons écrire :