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UNIVERSITÉ HASSAN II DE CASABLANCA 

FACULTÉ DES SCIENCES BEN M’SIK 


Département de Physique 
CASABLANCA 
Session de printemps 2020 
 
Filière SMP S4 
TD de Mécanique Quantique 
 
Série N° 2

Exercice 1: Atome de Bohr 

Dans  le  modèle  de  Bohr,  l’atome  d’hydrogène  est  un  système  à  deux  corps 
ponctuels  constitué  d’un  noyau,  le  proton  de  masse  m​p  et  charge  électrique  +e,  et 
d’un électron M, de masse m​e​ et de charge −e. 
La  masse du proton étant près de 2 000 fois celle de l’électron, le proton est considéré 
comme fixe dans le référentiel d’étude supposé galiléen où l’origine O correspond au 
noyau  de  l’atome.  Bohr  postule  que  l’électron  se  déplace  uniquement  sur  certaines 
orbites circulaires appelées « états stationnaires ». 
Données  :  h  =  6,  626.10​−34 J.s ; ​ε​0 = 8
​  8, 84.10−12 SI ; c = 3.10​  m.s−1 ; m​e = 9, 1.10−31 kg 
; e = 1, 6.10−19 C. 
 
1)  Montrer  que  le  mouvement  circulaire  de  l’électron  autour  du  noyau  est uniforme 
et exprimer v​2​ en fonction de r, e, m​e​ et ​ε0​​ . 
2)  Exprimer  l'énergie  cinétique  E​c​(r),  l’énergie  potentielle  d’interaction 
électrostatique E​p​(r) et l’énergie mécanique E(r) de l’électron. 
3)  En  utilisant  la  quantification  du  moment  cinétique  orbital,  déterminer la vitesse v 
de l'électron en fonction de r, m​e​, h et du nombre quantique principal n (n entier ≥ 1). 
4)  Montrer  alors  que  les  trajectoires  stables  de  l’électron  sont  des  cercles  de rayons r 
quantifié par n tel que : r​n​ = n​2​r​1​. Calculer (en pm) le rayon de Bohr noté r​1​. 
2​
5) En déduire l'énergie totale de l'électron quantifiée sous la forme : E​n = ​ − E​1​ n​ . 
6)  En  supposant  l'électron  dans  son  état  fondamental  (n  =  1), calculer sa vitesse v​1 et 
l'énergie  d’ionisation  de  l’atome  (l’exprimer  en  eV  :  1  eV  =  1,  6.10​−19  J).  L'électron 
est-il relativiste ? 
7)  Déterminer  l’expression  de  la  constante  de  Rydberg  R​H  relative  à  l’atome 
d’hydrogène et calculer sa valeur sachant que : λ nm = λ1nm = νcnm = RH ( m12 − n12 )  

(avec n > m et c la vitesse de la lumière dans le vide).

Partie II

1) Soit r le rayon vecteur de l’électron (de masse m), R celui du proton (de masse M)
et ρ = r − R le vecteur joignant celui-ci à l'électron. Ils interagissent à travers la force
coulombienne. Montrer que du fait que ces deux particules, formant un système isolé,
tournent autour de leur centre de masse, il convient de remplacer la masse de
l’électron utilisée dans les résultats de la théorie de Bohr, par la masse réduite
μ = MmM
+m
2) Un électron et un positron, particules de même masse m, mais de charge opposées,
peuvent se présenter comme un hydrogénoïde appelé “positronium” (formé d’un
électron et un positron). Donner alors les énergies permises pour un tel système (en
utilisant le modèle de Bohr).
3) Exprimer les énergies permises pour un hydrogénoïde monoélectronique dont le
noyau est formé de Z protons. Comparer les radiations émises dans le cas de l’atome
d’hydrogène(Z=1) et l’atome de cuivre(Z=29).

Partie III

Exercice 2 : Paquet d’ondes à une dimension

Un paquet d’ondes, associé à une particule se déplaçant sur l’axe x’Ox, est formé par la
superposition des ondes monochromatiques : Aei(ωt−kx) où la pulsation ​ω dépend du
vecteur d’onde k : ​ω = ω (k) (relation de dispersion). A est une constante et les ondes
monochromatiques sont limitées dans un intervalle de largeur ​Δ​k, autour de k​0​, c’est-à-dire
k ∈ [k​0​ - ​Δ​k/2 , k​0​+​ Δ​k/2]

1. Ecrire l’expression du paquet d’onde ​ψ​(x,t) associé à la particule


2. Développer = ω (k) au premier ordre, au voisinage de sa valeur ​ω​0 correspondant
à k​0​.
3. Calculer l’expression du paquet d’ondes, en utilisant ce développement au premier
ordre. On posera u=k-k​0​ et v g = ( ∂ω )
∂k k=k0
+∞ 2
4. Calculer la constante de normalisation A (on utilisera ∫ ( siny
y
) dy = π) .
−∞
Représenter, à un instant t donné, l’allure du paquet d’ondes ​ψ​(x, t) et de la densité
de probabilité de présence |​ψ​(x,t)|​2​ . Quelle est la signification physique de v g ?
5. Calculer la largeur ​Δ​x du maximum central du carré de l’amplitude du paquet
d’ondes |​ψ​(x,t)|​2​. En déduire la relation entre ​Δ​x et la largeur ​Δ​k du paquet
d’ondes dans l’espace des vecteurs d’onde k.
Exercice 3 : Probabilité de présence & relation d’incertitude de Heisenberg
|x|
On considère une particule quantique dont la fonction d’onde s’écrit ​ψ​(x)= N e− a avec α
>0.
1) Calculer la valeur de la constante N pour que ​ψ​ (x) soit normée.
2) Tracer la densité de probabilité de présence |​ ψ​ (x) |​2​ en fonction de x.
3) Calculer la probabilité de trouver la particule dans l’intervalle [0, ∞[
4) En choisissant par convention la largeur ​Δ​x de la fonction ​ψ​ (x) comme la largeur de
l’intervalle [-x​0​, x​0​], où x​0​ correspond à la valeur maximale de ​ψ​ divisée par le nombre e,
donner la valeur de ​Δ​x. La transformation de Fourier (TF) de ​ψ​ (x) est définie par
+∞ xp
φ (p) = 1
√2πħ
∫ Ψ(x)e−i dx
ħ

−∞

Calculer la TF ​ϕ​(p) de la fonction d’onde ​ψ​ (x) et évaluer sa largeur ​Δ​p en adoptant une
convention similaire à celle utilisée pour ​ψ​ (x). Vérifier que la relation d’incertitude de
Heisenberg est bien satisfaite.
Corrigé de l’Exercice 1
Ici r​0​=r​1

Ici v​0​=v​1​.
Partie II
2
4) Les deux équations fondamentales de la dynamique sont : m ddt 2r = F pour l’électron
2 2 2
et M d R
2 = − F pour le proton, avec la condition m d r
2 +M d R
=0, d’où
dt dt dt 2
d 2r d 2ρ 2 2 d 2ρ 2 d 2ρ
m dt 2 =M(
dt 2
- ddt 2r ) ou encore (m+M) ddt 2r = M dt 2
, ce qui donne ddt 2r = m+M
M
dt 2
et
2 2
d ρ
en multipliant par m on trouve : m d r mM
= m+M =F
dt 2 dt 2
2
mM d ρ
Cette dernière équation m+M dt 2
=F montre bien la nécessité de la modification
2
d ρ
proposée μ =F avec μ = MmM .
dt 2 +m

2 μ R
5) Ici μ = m2m = m2 Donc R’= R H m = 2H et E n =− nR2′ soit E n (eV ) =− 6.8
n2
(n=1, 2,
3,....)
2
Ze 2
6) La force coulombienne en 4πεe r 2 est maintenant remplacée par 4πε ( de même, le
0 r2 0
e2 Ze 2
potentiel en - est remplacé par - ) , c’est à dire qu’on doit remplacer e2 par
4πε 0 r 4πε 0 r
RH
Ze2 . L'énergie sur une orbite n est donc donnée par E n =− Z 2
n2
Pour l’atome H : E nm = E m − E n = RH ( n12 − 1n ) de l’ordre de 10 eV (domaine
visible)
2
Pour l’atome Cu : E nm = E m − E n = (29) RH ( n12 − 1n ) de l’ordre de 104 eV
(domaine RX). C'est pour cela que les RX peuvent être produits par excitation de
l’atome de cuivre (raie K du cuivre)

Partie III
Corrigé de l’Exercice 2 : Paquet d’ondes
Le paquet d’onde s’écrit comme une superposition (intégrale) des ondes planes
k 0 +Δk/2
monochromatiques Ae i(ωt−kx)
: ψ (x, t) = A ∫ ei(ωt−kx) dk (3)
k 0 −Δk/2

Le développement limité au premier ordre de la pulsation ω est


ω = ω 0 + ( dω )
dk k=k 0
(k − k 0 ) + .. (4)

Si l’on pose v g = ( dω )
dk k=k 0
et u = k − k 0 , (5)
on aura ω t − k x = (ω 0 t − k 0 x) + (v g t − x)u (6)

L’expression du paquet d’onde s'écrit alors


+Δk/2
ψ (x, t) = [A ∫ e−iu(v t−x) du] e−i(ω
g 0 t−k 0 x)
(7)
−Δk/2

Le calcul de l’intégrale est simple, il conduit à


sin( Δk (v g t−x)
ψ (x, t) = AΔk 2
Δk
(v g t−x)
e−i(ω 0 t−k 0 x) (8)
2

+∞ +∞
4. La condition de normalisation s’écrit ∫ |Ψ(x)| 2 dx = ∫ Ψ * (x)Ψ(x) dx = 1 (9)
−∞ −∞

+∞
En remplaçant dans l’intégrale (9), on trouve ∫ |Ψ(x)| 2 dx =
−∞
+∞
sin( Δk
2 (v g t−x)
sin( Δk
2 (v g t−x)
|A| 2 Δk 2 ∫ Δk (v t−x) e−i(ω 0 t−k 0 x) * Δk (v t−x) ei(ω 0 t−k 0 x) dx= 2πA 2 Δk
2 g 2 g
−∞
+∞
Rappel : ∫ ( sinbx
bx
) 2 dx = π
b
(avec b= Δk/2 )
−∞

En posant 2πA 2 Δk =1, on en déduit que A = 1


√2πΔk
5. Le carré de l’amplitude du paquet d’onde (appelé aussi ​densité de probabilité de
2 sin( Δk
2 (v g t−x)
présence​) a pour expression : ψ * (x, t) * ψ (x, t) = |ψ(x, t)| = A 2 Δk 2 [ Δk (v t−x) ]2
2 g

(10)

La vitesse de groupe v​g​ représente la vitesse de propagation du “centre du paquet


d’onde” (elle est comparable à la vitesse de déplacement de la particule).
L’étendue (ou la largeur) Δ x du paquet d’onde est considérée comme étant
approximativement égale à la largeur du maximum central de |ψ(x, t)| 2 . On a :

Δx≈ Δk
, d’où Δ x* Δ k ≈ 4π .

D’autre part, on a : Δ x* Δk ≈ Δk
* Δk ≈ 4π et comme p= 2πh k donc Δ p= 2πh Δk ,

Δ x* 2πh Δ k= Δ x* Δ p= 4π * 2πh ce qui donne finalement :


h
Δx *Δp≥ 2π
(11) ; c’est à dire que la relation d’incertitude de Heisenberg est bien
satisfaite.

Corrigé de l’Exercice 3 : Probabilité de présence & relation d’incertitude de Heisenberg


|x|
Fonction d’onde ​ψ​(x)= N e− a avec α >0.

1) constante de normalisation N :
+∞ +∞
La condition de normalisation s’écrit ∫ |Ψ(x)| 2 dx = ∫ Ψ * (x)Ψ(x) dx = 1 , soit
−∞ −∞
+∞ 0 +∞
2x −2x
2
|N | ∫ e −2|x|/α dx = |N | 2 [ ∫ e +2x/α dx + ∫ e −2x/α dx ]= |N | 2 {[ αe2 ]0−∞ + [α e 2 ]0+∞ }=
−∞ −∞ 0
|x|
2 α α 1 1 −α
|N | {2 + 2
} = 1, donc N = √α
et Ψ(x) = √α
e
2|x|
2) Tracer la densité de probabilité de présence |​ ψ​ (x) |​2​ = 1α e− α
3) Calculer la probabilité de trouver la particule dans l’intervalle [0, ∞[
+∞
−2x/α
2
P x≥0 = |N | ∫ e −2x/α dx = |N | 2 [ − αe 2 ] 0+∞ = 12
0

Remarque​ :​Calculer la probabilité de trouver la particule dans l’intervalle ]-∞,0]


0
2x/α
2
P x≤0 = |N | ∫ e 2x/α dx = |N | 2 [ αe2 ] 0−∞ = 12 =1- P x≥0 . Les deux probabilités ont égale car
−∞
la densité de probabilité est symétrique (paire)

4) En choisissant par convention la largeur ​Δ​x de la fonction ​ψ​ (x) comme la largeur de
l’intervalle [-x​0​, x​0​], où x​0​ correspond à la valeur maximale de ​ψ​ divisée par le nombre e,
donner la valeur de ​Δ​x. La transformation de Fourier (TF) de ​ψ​ (x) est définie par
+∞ xp
φ (p) = 1
√2πħ
∫ Ψ(x)e−i dx ħ

−∞

Calculer la TF ​ϕ​(p) de la fonction d’onde ​ψ​ (x) et évaluer sa largeur ​Δ​p en adoptant une
convention similaire à celle utilisée pour ​ψ​ (x). Vérifier que la relation d’incertitude de
Heisenberg est bien satisfaite.

x0
1 − 1 1 1 −1
comme x 0 >0, on a Ψ(x 0 ) = √α
e α
= √α e
= √α
e donc x 0 = α et Δx = 2 x 0 = 2α
+∞ xp
0 x i xp
+∞ x i xp
φ (p) = 1
√2πħ
∫ Ψ(x)e−i dx = √1α √2πħ
ħ
1
∫ e+ α − h
dx+ √1α √2πħ
1
∫ e− α − h
dx =
−∞ −∞ 0
2 2
φ (p) = √1α √2πħ
1
[ ħ 22αħ ]= A
avec A= 2αħ 1
+(pα) 2 ħ 2 +(pα) 2 √α √2πħ

A
φ (p) = ħ 2 +(pα) 2 c’est une fonction “lorentzienne”
​ e la fonction φ (p) :
Ici on prend la largeur​ à mi-hauteur d
A A A φ max ħ
φ (0) = φ max = φ (p 0 ) = = = ce qui donne p0 = et
ħ2 ħ 2 +(p 0 α) 2 2ħ 2 2 α

Δp = 2p0 = α
2ħ ℏ
Δx.Δp = 2α α
= 4ℏ ≥ 2
Donc la relation d’incertitude de Heisenberg est bien satisfaite.