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La fiscalité camerounaise épouse dans ses grandes lignes le modèle français.

1 L'IRPP :  L'impôt sur le revenu des personnes physiques

La loi de finances pour l'exercice 2003 a consacré la réforme de l'Impôt sur le


Revenu des Personnes Physiques (IRPP) et posé le principe de son
application à compter du 1er janvier 2004. 
 
Cette loi établit un impôt annuel unique sur le revenu des personnes
physiques.
 
L'innovation majeure qu'elle introduit tient d'une part au remplacement du
système de taxation antérieur caractérisé à la fois par l'imposition cédulaire
du revenu et l'application de la surtaxe progressive à l'ensemble des revenus
nets catégoriels, et d'autre part, à la suppression de la règle de l'imposition par
foyer.

Le revenu imposable : 

Le revenu imposable s'entend comme tous les produits susceptibles d'être renouvelés y
compris les bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles se livre un assujetti. 

L'Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques est dû chaque année, à raison des bénéfices
que le contribuable réalise ou dont il a disposé au cours de la même année. 

L'IRPP est assis sur la somme des revenus nets catégoriels ci-après : 

- les traitements, salaires, pensions, et rentes viagères ; 


- les revenus de capitaux mobiliers ; 
- les revenus fonciers ; 
- les bénéfices des activités artisanales, industrielles et commerciales ; 
- les bénéfices des professions non commerciales et assimilées

Les personnes imposables : 

L'IRPP s'applique essentiellement aux catégories des personnes : 

- qui ont un domicile fiscal au Cameroun ; 


- qui reçoivent des revenus de source camerounaise ; 
- dont la compétence d'imposition est attribuée à la République du Cameroun par une
convention fiscale internationale ; 
- qui sont soumises à l'IRPP camerounais du fait de leur statut

Conventions fiscales internationales : 

Sous réserve des conventions fiscales internationales, les personnes physiques qui ont leur
domicile fiscal hors du Cameroun sont passibles de l'IRPP à raison de leurs seuls revenus de
source camerounaise. 

Les personnes ressortissantes des pays liés au Cameroun par une convention fiscale
régulièrement ratifiée sont soumises à l'IRPP sur les revenus dont la compétence d'imposition
est attribuée au Cameroun par lesdites conventions

Calcul de l'impôt : 

L'impôt est liquidé par application du barème ci-après, après abattement de 500 000 F CFA
sur la somme des revenus nets catégoriels, tel que défini à l'article 69 du Code général des
impôts (CGI) : 

- De 0 à 2 000 000……………………………………….10 % 
- De 2 000 001 à 3 000 000……………………………15 % 
- De 3 000 001 à 5 000 000…………………………….25 % 
- Plus de 5 000 000…………………………………………35 % 

Les impôts ainsi obtenus sont majorés de 10% au titre des centimes additionnels communaux. 

Pour le calcul de l'impôt, en ce qui concerne les Revenus des Capitaux Mobiliers, il est
appliqué un taux libératoire de 15 % sur le revenu imposable. 

Ce taux est fixé à 10 % pour les plus-values sur cessions des titres d'un montant net global
supérieur à 10%. 

Les contribuables qui réalisent les bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices non
commerciaux et les bénéfices agricoles sont soumis à un minimum de perception de 1,1% du
chiffre d'affaires réalisé au cours de l'exercice. 

A cet égard, quels que soient le montant et la nature du bénéfice déclaré, ces contribuables ne
peuvent acquitter un impôt inférieur à 1,1% de leur chiffre d'affaires. 

Par conséquent, il est nécessaire de toujours calculer d'abord ce minimum de perception dès
réception de la déclaration. 

Bien entendu les acomptes versés en cours d'exercice doivent être pris en compte.

2 L'IS : L'impôt sur les sociétés

Le taux de l'Impôt sur les sociétés est de 35%, majoré de 10% au titre des
centimes additionnels communaux, soit un taux global de 38,5%. 
 
Le montant de l'impôt sur les sociétés ne peut être inférieur à un plancher qui
s'exprime en pourcentage du chiffre d'affaires. 
 
En dehors de la France, les cotisations sociales de retraite versées à l'étranger,
pour être déductibles, ne doivent pas excéder 15% du salaire de base, et
doivent également présenter un caractère obligatoire.

Il est établi un impôt sur l'ensemble des bénéfices ou revenus réalisés par les sociétés et autres
personnes morales.

Sont notamment assujetties à l'IS : 

- les sociétés par actions et SARL, sociétés coopératives, établissements ou organismes


publics ; 
- les sociétés civiles se livrant à des opérations commerciales, industrielles, artisanales et
agricoles ou qui comprennent parmi leurs membres une ou plusieurs sociétés de capitaux ou
qui ont opté pour ce mode d'imposition ;
 - les sociétés de personnes (SNC, sociétés en commandite simple, associations en
participation) ayant opté pour l'impôt sur les sociétés ; 
- les établissements stables des sociétés étrangères (succursales). Sous réserves de dispositions
contraires des conventions fiscales internationales, les bénéfices tirés des opérations réalisées
ou des entreprises exploitées sur le territoire national (y compris eaux territoriales), sont
imposables au Cameroun. 

Il s'agit : 

- des ventes ou recettes, de la variation des stocks, évalués au prix de revient ; 


- des revenus de capitaux mobiliers (produits des actions et parts sociales, revenus des
obligations, revenus de créances, dépôts, cautionnements et comptes courants, intérêts de bons
de caisse) ; 
- des plus-values sur cession d'éléments de l'actif immobilisé.

Nonobstant les clauses limitatives à chacun des cas, les charges déductibles sont :

- les amortissements linéaires (seule technique autorisée par le Code général des impôts) ;
- les provisions pour clients douteux et pour dépréciation des stocks ;
- les rémunérations versées aux salariés (y compris avantages en nature) ; 
- les cotisations sociales de retraite versées en France pour des expatriés français (régime
général CFE, et caisses complémentaires obligatoires) ; 
- les primes d'assurance maladie souscrites au profit du personnel camerounais et étranger ; 
- les locations mobilières consenties à une société par un associé dirigeant possédant une
fraction de capital inférieure à 10% ; 
- les intérêts des comptes courants d'associés ou d'actionnaires, sous réserve que leurs taux ne
dépassent pas le taux du TIAO majoré de 2 points ; 
- les frais de siège ainsi que les frais d'étude, d'assistance technique, financière ou comptable,
versés à des sociétés françaises, dans certaines limites.

Les impôts non déductibles sont les suivants : 

- impôt sur les sociétés, 


- impôt sur le revenu (taxe proportionnelle et surtaxe progressive), 
- la taxe spéciale sur les revenus supportée en final par la société camerounaise, 
- taxe proportionnelle sur les revenus des capitaux mobiliers ; 
ainsi que les pénalités et amendes de toute nature. 
A contrario, tous les autres impôts et taxes sont déductibles des résultats passibles de l'impôt
sur les sociétés.

3 LA TVA : Taxe sur la valeur ajoutée

Sont soumises à la TVA les opérations réalisées au Cameroun, même lorsque


le domicile de la personne physique ou le siège social du redevable réel est
situé hors du pays 
 
Les personnes physiques ou morales sont soumises à la TVA 
 
Sont imposables selon le régime du réel : les personnes morales, les membres
des professions libérales, les personnes physiques assujetties réalisant un CA
annuel supérieur ou égal à 100 millions de FCFA, les exploitants forestiers
individuels. 
 
Sont imposables selon le régime du réel simplifié : les personnes physiques
assujetties dont le CA annuel hors taxes est compris entre 60 et 100 millions
de FCFA, sauf option pour le régime du réel.

Le taux général de TVA est de 17% (18,7%, centimes additionnels inclus).

Il est important de noter que les centimes additionnels sont dus sur la TVA à l'importation.

L'assiette de la TVA à l'importation est réduite pour les biens provenant des pays membres de
la CEMAC.

Le taux zéro est applicable aux opérations réalisées par les zones franches et points francs
industriels.

Sont assujetties à la TVA les personnes physiques ou morales y compris les collectivités
publiques et les organismes de droit public, qui réalisent à titre onéreux, habituel ou
occasionnel et d'une manière indépendante, des opérations imposables : 

- livraisons de biens, prestations de services et travaux immobiliers, 


- importations, cessions d'éléments d'actifs (sauf biens exonérés), 
- ventes d'articles et matériels d'occasion par les professionnels, 
- locations de terrains non aménagés et de locaux nus effectuées par des professionnels
institutionnels de l'immobilier, 
- les ventes de produits pétroliers importés ou produits au Cameroun, 
- les primes d'assurance, exception faite des régimes de retraite, maladie, vie et décès.

Certaines opérations sont exonérées : 

- les opérations liées au trafic international (navires utilisés pour une activité industrielle ou
commerciale en haute mer, aéronefs et navires pour leurs opérations d'entretien et
d'avitaillement,...) ; 
- les opérations concernant les intrants des produits d'élevage et de pêche utilisés par les
producteurs, à condition que les produits eux-mêmes soient exonérés ; 
- les opérations de composition, d'importation et de ventes des journaux et périodiques à
l'exclusion des recettes de publicité ; certains produits de première nécessité, produits
pharmaceutiques " essentiels ", livres scolaires ; 
- les frais de scolarité et de pension (dans certaines conditions); 
- les consommations dites " sociales " au profit des ménages et relatives à l'eau (dans la limite
de 10m3 par mois) et à l'électricité (dans la limite de 110 kW/h par mois) ; 
- les ventes de produits des activités extractives ; 
- les intérêts rémunérant les emprunts extérieurs et le matériel informatique selon une liste
fixée par Arrêté.

4 AUTRES IMPÔTS : Impôts liés à une activité


professionnelle :
Contribution des patentes :

La contribution des patentes est un impôt communal annuel.

Elle s'applique à toute personne physique ou morale, quelle que soit sa nationalité, qui exerce
au Cameroun un commerce, une industrie ou une profession non comprise dans les
exemptions limitativement prévues par le Code général des impôts.

Son montant est établi en fonction du chiffre d'affaires prévisionnel (cas d'une activité
nouvelle) ou du chiffre d'affaires réalisé au cours de l'exercice précédent.

Il existe sept classes de patente, et son taux varie entre 0,4% (CA annuel au moins égal à 5
millions et inférieur à 15 millions FCFA) et 0,075% (CA annuel égal ou supérieur à 2
milliards FCFA).

Contribution des licences :

La contribution des licences est due par les fabricants et les marchands de boissons
alcooliques, non alcooliques et de vin.

Les entreprises sont réparties en trois classes en fonction de la nature des produits vendus.

Le montant de la contribution des licences dépend du chiffre d'affaires réalisé annuellement,


par application d'un coefficient à la contribution des patentes ou, le cas échéant, à l'impôt
libératoire.

Taxes assises sur les salaires : 

Contribution nationale au Crédit foncier : acquittée mensuellement sur les salaires du mois
précédent, taux de 1% pour les salariés et 1,5% pour les employeurs,

Contribution au Fonds national pour l'emploi : acquittée mensuellement par les


employeurs au taux de 1% sur une assiette identique à celle de la contribution au crédit
foncier.

Droits perçus par le service de l'enregistrement :

Les droits d'enregistrements sont proportionnels, dégressifs, et fixes (50 000, 20 000, 12 000,
10 000 ou 4 000 FCFA).

Les droits proportionnels s'appliquent : 


- aux ventes d'immeubles ou de fonds de commerce (15%) ; 
- baux, sous-baux d'immeubles à usage professionnel, industriel ou commercial 
- baux consentis aux sociétés en vue de loger leurs personnels et cadres (10%) ; 
- autres baux d'habitation (5%) ; 
- locations de meubles (5%), 
- cessions d'actions ou de parts et d'obligations de sociétés ayant leur siège social dans un État
de la Cemac (2%) ; 
- marchés administratifs signés avec l'État et les Établissements publics administratifs (2%) ;
- prêts sur nantissement et sur hypothèque, obligations, délégations de loyers, cessions de
créance (2%).

Les droits dégressifs portent sur la constitution de sociétés, la prorogation et l'augmentation de


capital, et sur la fusion de sociétés.

L'apport partiel d'actifs est aussi soumis aux droits dégressifs.

Droit d'accise :

Un droit d'accises spécifique ou ad valorem au taux de 25% est applicable aux cigarettes,
boissons, cosmétiques, ou produits dits de luxe : bijoux, pierres précieuses.

La base imposable est établie en ajoutant le montant du droit de douane à la valeur imposable;
pour les livraisons de biens, elle est constituée par toutes sommes ou valeurs, par tous
avantages, biens ou services reçus ou à recevoir en contrepartie de la livraison.

  

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conseils personnalisés qui supposent l'étude et l'analyse de cas particuliers.
Cette fiche a été réalisée par la Mission Économique de
Yaoundé
Rédigée par : Annie BIRO
Revue par : Marc DEBELS

Adresse : 
B.P. 102 Plateau Atemengue Yaoundé CAMEROUN

Date de parution : Rosine MOKO, Correspondante IZF, Camerou

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