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Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.

ci

COURS DE DROIT DES SOCIETES

LE DROIT DES PROCEDURES COLLECTIVES OU LE DROIT DES


ENTREPRISE EN DIFFICULTES

INTRODUCTION

Le droit des procédures collectives a pour finalité de régler les conséquences de


la défaillance financière d’une entreprise, on parlait autrefois de faillite et ce
terme rendait compte de l’esprit de la procédure de faillite en vigueur : elle
visait un commerçant qui avait failli à ses engagements donc indigne de
confiance. Le mot faillite est utilisé aujourd’hui dans un autre sens : il désigne
une sanction professionnelle susceptible d’être prononcé à l’encontre du
dirigeant d’une entreprise en redressement ou liquidation judiciaire ou
liquidation des biens en droit OHADA lorsqu’on peut reprocher à se dirigeant
un comportement fautif ou malhonnête.

Les procédures collectives peuvent être définit comme des procédures


judiciaires ouvertes lorsque le débiteur professionnel (et pas seulement le
commerçant) ou la personne morale de droit privé n’est plus en mesure de payer
ses dettes, on dit d’un tel débiteur qu’il est en état de cessation des paiements
ou à tout le moins connait de sérieuses difficultés financières, en vue d’assurer
le paiement des créanciers et dans la mesure du possible le sauvetage de
l’entreprise et par voie de conséquences de l’activité et des emplois.

Le droit des procédures collectives est une branche spécialisée du droit des
affaires, en effet les règles ou solutions particulières qu’il contient sont justifiées
par les nécessités de la vie des affaires.

Le droit des procédures collectives s’applique à tous professionnels (Médecin,


expert, commerçant…), aux personnes morales.
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Le droit des procédures collectives est conçu pour se substituer aux voies
d’exécution individuelles du droit civil et assurer un règlement collectif des
créanciers.

LES SOURCES DU DROIT DES PROCEDURES COLLECTIVES

Le droit Français a connu trois importantes réformes du droit des procédures


collectives :

- 1ère réforme : La loi du 13 Juillet 1967, organise les procédures de


règlement judicaire et de liquidation des biens ;
- 2ème réforme : La loi du 25 JANVIER 1985 relatives au redressement et à
la liquidation judiciaire des entreprises ;
- 3ème réforme : La loi du 26 Juillet 2005, dite loi de sauvegarde de
l’entreprise.

Dans l’espace OHADA la principale source du droit des procédures collectives


est l’acte uniforme du 10 Septembre 2015 (AUPC) portant organisation des
procédures collectives d’apurement du passif. Il est rentré en vigueur le 24
Décembre 2015 et il a été publié dans le journal officiel du 25 Septembre 2015.

Le droit des procédures collectives comportent des règles tant pour les débiteurs
que pour les créanciers.

L’article 1er de l’AUPC, précise que l’objet de l’acte uniforme est :

- d’organiser les procédures préventives de conciliation et de règlement


préventif ainsi que les procédures curatives de redressement judiciaire et
de liquidation des biens ;
- de définir la réglementation applicable aux mandataires judiciaires,
- de définir les sanctions patrimoniales et professionnelles ainsi que les
incriminations pénales relatives à la défaillance du débiteur, applicables
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aux dirigeants de toute entreprise débitrice et aux personnes intervenant


dans la gestion de la procédure.

Dans le cadre de l’organisation des procédures collectives d’apurement du


passif, la loi prévoit deux catégories de procédures :

- les procédures préventives destinés à éviter la cessation des


paiements de l’entreprise débitrice (1ere partie),
- et les procédures curatives dont l’une est destiné au sauvetage des
entreprises en cessation des paiements mais dont la situation n’est pas
irrémédiablement compromise (redressement judiciaire) et l’autre destiné
à la réalisation de l’actif du débiteur afin d’apurer son passif parce qu’il
est non seulement en cessation des paiements mais sa situation est
irrémédiablement compromise il s’agit de la liquidation des biens. Nous
examinerons dans cette 2ème partie les sanctions susceptibles d’être
prononcées à l’encontre du débiteur et des dirigeants fautifs.
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1ère PARTIE : LES PROCEDURES PREVENTIVES

Les procédures collectives préventives sont des mécanismes de prévention de la


cessation des paiements. Ces procédures permettent de traiter de manière
anticipée, amiable et confidentielle les difficultés d’une entreprise.
Les entreprise peuvent connaitre des difficultés dont les causes sont soit
endogènes (problèmes structurels de gestion paternaliste, ou de personnel
pléthorique) soit exogènes (perte de marché ou de chantier, fluctuation des
cours des produits, de crise économique) ou même accidentelles (décès du chef
d’entreprise ou sinistre non couvert par une assurance).
La prévention de toutes ses difficultés consiste à intervenir avant que ne se
produise la cessation des paiements. Il s’agit d’éviter à tout prix que les
entreprises ne se retrouvent dans une situation de défaillance, il faut donc agir
au plus tôt pour apurer le passif sans attendre la cessation des paiements.

La prévention des difficultés consiste à prendre des mesures destinés à éviter


que les difficultés des entreprises deviennent si graves qu’elles ne permettent
plus d’échapper à l’ouverture d’une procédure collective judiciaire.

Le législateur de l’OHADA comme son homologue Français a renforcé les


méthodes préventives. L’AUPC, apporte des modifications substantielles à la
procédure de règlement préventif institué par l’ancien acte uniforme de
l’OHADA. Le nouvel acte uniforme institue une nouvelle procédure
préventive : la procédure de conciliation pour favoriser la sauvegarde des
entreprises en difficulté. La procédure de conciliation par ses conditions souples
d’accès demeure alors un outil d’anticipation indéniable.

Quant au législateur Français, il prévoit dans le titre 1 er du livre 6ème du code de


commerce deux catégories de dispositions relatives à la prévention des
difficultés des entreprises. Certaines dispositions du code de commerce français
visent à prévenir les difficultés en organisant l’information du chef d’entreprise
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afin de l’inciter à réagir à temps (la comptabilité prévisionnel, le droit d’alerte


du CAC, des associés et actionnaires, du président du tribunal). D’autres
dispositions organisent les procédures destinés à faciliter la conclusion d’un
accord amiable entre le débiteur en difficulté et ses principaux partenaires il
s’agit du mandat adhoc et de la conciliation.
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CHAPITRE I : LA PROCEDURE DE CONCILIATION

La conciliation est la procédure ouverte au débiteur qui connait des difficultés


avérés ou prévisibles mais qui n’est pas encore en cessation des paiements voir
l’article 5-1 alinéa 1er de l’acte uniforme.

En droit Français, toute entreprise peut bénéficier d’une procédure de


conciliation si elle remplit deux conditions :

- l’entreprise doit éprouver une difficulté économique, juridique ou


financière avéré ou prévisible ;
- l’entreprise ne doit pas être en cessation de paiement ou du moins ne doit
pas depuis plus de 45 jours (car après 45 jours le débiteur est tenue à
l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation
des biens). (l’acte uniforme OHADA quant à lui exige que l’entreprise ne
soit pas en cessation de paiement).

La conciliation a pour objectif de trouver un accord amiable avec les principaux


créanciers et cocontractants du débiteur en vue de mettre fin à ses difficultés.

SESCTION 1 : LES CONDITIONS D’OUVERTURE

Dans l’espace OHADA l’instauration de la procédure de conciliation constitue


une innovation majeure en tant que méthode supplémentaire offerte au débiteur
afin de motiver les dirigeants et les créanciers à recourir à une telle méthode.
Cette méthode est dotée d’une série d’atout et de mesure incitative la rendant
attrayante notamment au niveau de sa mise en œuvre. La souplesse des
conditions d’ouverture de la procédure de conciliation reste l’atout indéniable.
En effet, le législateur français comme celui de l’OHADA ont prévu des
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mesures incitatives en laissant le débiteur au cœur même du traitement de ses


problèmes en faisant du juge un simple spectateur.

PARAGRAPHE 1 : LES CONDITIONS DE FOND

Elles sont relatives aux personnes pouvant demander l’ouverture d’une


procédure de conciliation et à leurs conditions financières.

A- LA QUALITE DE DEBITEUR

Afin de faciliter l’ouverture de la procédure de conciliation le législateur


OHADA et le législateur Français ont tenue à assouplir les modalités d’accès en
faisant d’une part du débiteur l’initiateur exclusif de la demande, d’autre part
l’impliquant dans le choix du conciliateur. Au terme de l’AUPC, le monopole
de la demande d’ouverture de la procédure est dévolu au débiteur c’est-à-dire au
chef d’entreprise ou au dirigeant social. L’intérêt de la conciliation étant de
permettre un sauvetage rapide et confidentiel de l’entreprise en dehors de toute
solution imposer par le juge, le législateur OHADA place le débiteur au cœur de
la gestion de ses problèmes. Il est toutefois possible en droit OHADA d’avoir
une demande conjointe formuler par le débiteur et un ou plusieurs de ses
créanciers.
Par ailleurs, l’auteur de la demande diffère suivant le type de société ainsi dans
les SA par exemple la réaction appartient au PCA ou aux directoires, dans les
autres forme de société, association ou GIE il s’agit du gérant ou du président
de l’organe d’administration de la société.
S’agissant de la personne même du débiteur, l’acte uniforme vise d’une part les
personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante, civil,
commerciale agricole ou artisanale, l’acte uniforme vise d’autre part les
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personnes morales de droit privé et les entreprises publiques ayant la forme


d’une personne morale de droit privé.
Concernant les entreprises morales de droit privé, l’acte uniforme est également
applicable aux personnes morales de droit privé qui exerce une activité soumise
à un régime particulier lorsqu’il n’en est pas disposer autrement dans la
réglementation spécifique régissant ladite activité. Les activités soumises à un
régime particuliers sont notamment les établissements de crédit, les
microfinances et des acteurs des marchés financiers, les sociétés d’assurance et
de réassurance.
Pour l’essentiel les réglementations spécifiques exigent que l’ouverture d’une
procédure collective se fasse respectivement sur demande d’une autorité
bancaire ou de la commission régionale de contrôle des assurances.

B- LA SITUATION FINANCIERE DU DEBITEUR

Au terme de l’acte uniforme, la conciliation est ouverte aux entreprises qui


connaissent des difficultés avérées ou prévisibles mais qui ne sont pas encore en
état de cessation des paiements. Pour bénéficier d’une procédure de conciliation
l’entreprise doit remplir un certain nombre de condition :
- connaitre des difficultés avérées ou prévisible et ne pas être en cessation de
paiement.
L’acte uniforme ne précise pas le type même de difficulté, toutefois on peut
déduire qu’il s’agit de toute sorte de difficulté suffisamment grave née ou
susceptible de naître pouvant conduire à la cessation des paiements. La
prévisibilité des difficultés est d’un atout indéniable puisque le législateur prend
désormais en compte les réalités de l’entreprise en favorisant l’anticipation des
évènements.
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En droit OHADA la procédure de conciliation exclues la cessation des paiements


critères de démarcations entre les procédures préventives et les procédures
curatives.
En droit français au contraire la procédure de conciliation peut être sollicitée par
un débiteur qui ne se trouve pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours
car à défaut une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire
devrait obligatoirement être ouverte.

La notion de cessation des paiements est défini de manière classique en droit


français comme en droit OHADA comme la situation dans laquelle le débiteur est
dans l’incapacité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

La cessation des paiements est aujourd’hui défini comme l’état ou le débiteur se


trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif
disponible à l’exclusion des situations ou les réserves de crédit ou les délais de
paiement dont le débiteur bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent de
faire face à son passif exigible.

PARAGRAPHE 2 : LES CONDITIONS DE FORME

A/ LA DETERMINATION DU JUGE COMPETENT ET LES MODALITES


DE SA SAISINE

La question d’identification de la juridiction compétente renvoi à la


détermination de la compétence matérielle et la compétence territoriale.
- la compétence matérielle (confié au président de la juridiction en charge
des affaires commerciales dans les différents états membre de l’OHADA, en
CI la juridiction compétente est le tribunal de commerce. Toutefois jusqu’à
la mise en place des tribunaux de commerce, les tribunaux de droit commun
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(tribunal de 1ère instance) conserve la compétence c’est-à-dire pour les


localités n’ayant pas de tribunal de commerce alors la juridiction
compétente est le tribunal de droit commun) ;
- la juridiction territorialement compétente pour la personne physique est le
tribunal de commerce ou le tribunal de 1 ère instance du lieu du principal
établissement de la personne physique, pour la personne morale la
juridiction territorialement compétente est le tribunal de commerce ou le
tribunal de 1ère instance du lieu du siège social. Si le principal
établissement ou le siège social est à l’étranger, la juridiction compétente est
la juridiction du lieu du principal centre d’exploitation du débiteur.
En droit OHADA le président du tribunal compétent, peut être saisi soit par une
requête du débiteur soit par une requête conjointe du débiteur avec un ou
plusieurs créanciers.
La requête est accompagnée d’un certain nombre de pièce datant de moins de
30 jours.
S’agissant du droit Français seulement le débiteur a le droit de faire la requête.
La requête des personnes physiques exerçant une activité libérale, les personnes
morales de droit privé doivent être adressé au tribunal de grande instance ; tous
les autres débiteurs ayant la qualité de commerçant, les artisans doivent adresser
leur requête au président du tribunal de commerce.

La durée de la procédure de conciliation en droit OHADA est donnée par son


article 5 qui dit que la durée de la procédure de conciliation ne doit pas excéder
trois mois mais ce délai peut être prorogé par décision motivé d’un mois au plus
à la demande du débiteur après un avis écrit du conciliateur. A l’expiration de
ces délais la conciliation prend fin de plein droit, et il ne peut être ouvert une
nouvelle procédure de conciliation avant l’expiration d’un délai de trois mois.

Le droit français quant à lui a propos de la durée de la procédure , dit que si le


président de la juridiction compétente décide de faire droit à la demande du
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dirigeant de l’entreprise, le président du tribunal nomme un conciliateur pour


une durée qui n’excède pas quatre mois et peut être prolongé sans pouvoir
excéder cinq mois.

B/ LA DESIGNATION DU CONCILIATEUR

L’acte uniforme de l’OHADA précise que le président de la juridiction


compétente désigne un conciliateur. L’acte précise que le conciliateur est
nommé par le juge pour accompagner les parties dans la résolution de leur
conflits afin d’assurer l’indépendance des intervenants et la moralisation de la
procédure, il a le devoir de rendre compte régulièrement au président de l’état
d’avancement de sa mission et de formuler toutes observations utiles. En cas de
survenance de la cessation des paiements le conciliateur en informe le président,
si ce dernier constate la cessation des paiements il met fin à la mission après
avoir entendu le conciliateur et le débiteur.

SECTION 2: LE DEROULEMENT ET L’ISSUE DE LA CONCILIATION

PARAGRAPHE 1 : LE DEROULEMENT DE LA CONCILIATION

A/ LE ROLE OU LA MISSION DU CONCILIATEUR

La mission du conciliateur en droit français est presque similaire à celui du


conciliateur en droit OHADA, il a pour mission de favoriser la conclusion d’un
accord amiable entre le débiteur et ses principaux créancier destinés à mettre fin
aux difficultés de l’entreprise.

Depuis la loi du 12 Mars 2014 le conciliateur joue en France un rôle beaucoup


plus large parce que le débiteur peut lui confier une mission ayant pour objectif
d’organiser une cession total ou partiel de l’entreprise cela revient à dire que le
conciliateur en droit français pourra négocier durant la conciliation une cession
d’actifs du débiteur puis finaliser l’opération en redressement judiciaire ou en
liquidation des biens.
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B/LES POUVOIRS DU DEBITEUR

Durant le déroulement de la procédure le débiteur n’est pas dessaisi de la


gestion de son entreprise. Les éventuelles poursuites dont le débiteur peut faire
l’objet par ses créanciers ne sont pas automatiquement arrêtées si le débiteur est
mis en demeure ou poursuivi par un créancier appeler à la conciliation pendant
la période de recherche de l’accord. Le président du tribunal compétent peut à la
demande du débiteur et après avoir entendu le conciliateur reporté le paiement
des sommes dues et ordonner la suspension des poursuites engagées par les
créanciers. Ses mesures prennent fin de plein droit au terme de la conciliation
ou à l’expiration des délais prévus pour la procédure. L’ordonnance du
président prononçant ses mesures est déposé au greffe et ne fait l’objet d’aucune
publicité seulement elle est communiqué au créancier concerné.

Le droit français comporte une disposition similaire à l’article L611-7 alinéa 5


du code de commerce. Cette disposition précise que l’obstruction éventuelle de
certains créanciers peut être surmontée sur décision du président du tribunal par
l’octroi de délai de grâce qui suspendra les poursuites engagées contre le
débiteur.

PARAGRAPHE 2 : LE DENOUEMENT OU L’ISSUE DE LA


CONCILIATION

A/ EN L’ABSENCE D’ACCORD

Si la conciliation n’aboutit pas à un accord le conciliateur adresse un rapport


écrit au président qui après avoir entendue le débiteur met fin à sa mission et à
la conciliation. La décision du président est notifiée au conciliateur, au débiteur
ainsi qu’au créancier et contractant appelé à la conciliation. La décision reste
confidentielle, elle ne fait l’objet d’aucune publicité.
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En droit français, comme en OHADA, si certains des créanciers solliciter en vue


d’un accord amiable refuse de consentir à celui-ci la conciliation est un échec,
seule une procédure collective peut permettre de forcer la main des créanciers
récalcitrants.

B/ EN CAS D’ACCORD

En droit OHADA, si un accord intervient entre les parties cet accord est déposé
au rang des minutes d’un notaire ou bien homologué ou exéquaturé par la
juridiction compétente statuant à huit clos. La décision d’homologation ou
d’exéquatur n’est susceptible d’aucun recours. L’homologation ou l’exéquatur
est de droit et ne peut être refusé que si l’accord est contraire à l’ordre public et
aux bonnes mœurs. Le greffier lorsqu’il est saisi appose la formule exécutoire et
des copie valant titre exécutoire….La décision d’homologation ou d’exéquatur
ne fait l’objet d’aucune publicité et le contenu du rapport reste confidentiel.
Pendant la durée de son exécution, l’accord conclue interrompt ou interdit toute
action en justice et arrête ou interdit toute poursuite individuelle tant sur les
meubles que les immeubles du débiteur, dans le but d’obtenir le paiement des
créances qui en font l’objet. En outre, les personnes ayant consenti une sûreté
personnel ou ayant affecté ou cédé un bien en garanti et les coobligés peuvent se
prévaloir des dispositions de l’accord (ils ne pourront pas être poursuivi).

Le président de la juridiction compétente peut prononcer la résolution de


l’accord en cas d’inexécution, et dans ce cas les créanciers retrouvent
l’intégralité de leur droit (de leur créance).

En droit Français si la mission du conciliateur est couronnée de succès un


contrat est conclu entre le débiteur et ses principaux partenaires. Ce contrat
prévoit généralement une restructuration financière (rééchelonnement de la
dette, remise de dette…) et une restructuration de l’entreprise (aliénation d’actif
ou recomposition de l’actionnariat). S’agissant d’un contrat, l’accord s’impose à
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ceux qui l’on accepté, les créanciers signataires sont tenues par les remises de
dettes ou les délais de paiement octroyé, toute poursuite du débiteur ou de ses
coobligé est interdite.

En droit Français la valeur juridique de l’accord amiable diffère selon qu’il est
soumis à homologation.

Les règles qui s’appliquent à la constatation de l’accord

Le débiteur soucieux de ne pas ébruiter ses difficultés peut opter pour une
simple constatation de l’accord (voir art L611-8-1). Celle-ci résulte d’une
décision du président du tribunal rendu sur requête conjointe des parties et non
susceptible de recours, elle donne force exécutoire à l’accord amiable ce qui
permet au créancier signataire d’obtenir un titre en vue d’une éventuelle
exécution forcé. Le président statut au vue d’une déclaration du débiteur
attestant qu’il n’est pas ou n’est plus en cessation des paiements, la
confidentialité de la procédure est alors maintenu ce qui est généralement une
condition de son succès. Cette confidentialité se paie au prix d’une relative
insécurité car une telle décision n’a aucune autorité de chose jugé à l’égard des
tiers, elle ne met donc pas le débiteur et les créanciers signataires à l’abri des
contestations en cas de procédures collectives ultérieurs.

Les règles qui s’appliquent en cas d’homologation

Le débiteur peut soumettre l’accord à l’homologation du tribunal, la procédure


cesse alors d’être confidentielle ainsi le comité d’entreprise ou à défaut les
délégués du personnel doivent être consultés en contreparties elle offre plus de
sécurité aux signataires.

Le tribunal vérifie que le débiteur n’est pas ou n’est plus en cessation des
paiements que l’accord est de nature à assurer la pérennité de l’activité de
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l’entreprise et que l’accord ne porte pas atteinte aux intérêts des créanciers non
signataires.

Ce jugement d’homologation est déposé au greffe du tribunal, soumis à


publicité et susceptible de tierce opposition dans les 10 jours de cette publicité.
Une fois purgé cette voie de recours ouverte aux tiers, le jugement
d’homologation est doté de ce qu’il est convenue d’appeler » une autorité
absolue de chose jugée » puisque son opposabilité au tiers ne peut plus être
contesté en cas d’ouverture ultérieure d’une procédure collective.
La date de cessation des paiements après l’homologation ne pourra être donc
remonté à une période antérieur à l’homologation, ainsi les paiements reçus et
les suretés constituées avant l’accord amiable ou lors de sa conclusion
deviennent inattaquables sur le fondement des nullités de la période suspecte.
En outre, l’homologation est une condition nécessaire pour que soit octroyé le
privilège de la conciliation aux créanciers susceptibles d’en bénéficier. Un tel
privilège ne saurait être accordé en présence d’un accord purement confidentiel
puisqu’il serait alors occulte. (Article 5-11 de l’AUPC)

C / LA FIN DE LA CONCILIATION

La conciliation prend fin avec la décision homologuant ou exéquaturant


l’accord qui n’est pas susceptible de recours en droit OHADA, le cas échéant la
conciliation prend fin par la signature de l’accord. En tout état de cause la
conciliation prend fin dans un délai de trois mois à l’expiration du délai de trois
ou 4 mois en cas de prorogation en droit OHADA et de 4 ou 5 mois en cas de
prolongation en droit français.
Dans les deux systèmes le débiteur conserve le droit de demander une nouvelle
procédure de conciliation trois mois après la fin de la procédure.
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CHAPITRE 2 : LE REGLEMENT PREVENTIF

L’article 2 de l’acte uniforme définit le règlement préventif comme une


procédure destinée à éviter la cessation des paiements de l’entreprise débitrice
et à permettre l’apurement de son passif au moyen d’un concordant préventif.
La procédure de règlement préventif a subit de grande modification suite à la
modification de l’acte uniforme en 2015. Les dites modifications sont venu
accroitre la position déjà confortable du débiteur. Les modifications apportées
concernent l’interdiction des paiements imposés au débiteur, l’élargissement du
domaine de la suspension des poursuites individuelles à l’encontre du débiteur
ainsi que des effets de cette suspension sur le caractère contractuel du règlement
préventif. Ces modifications ont pour but de permettre à l’entreprise de
surmonter les difficultés rencontrées, corrélativement elles ont eu pour effet de
mettre en péril le recouvrement des créances bancaires notamment à travers
l’interdiction des paiements imposés au débiteur, l’élargissement du domaine de
la suspension des poursuites individuelles et les effets de cette suspension sur le
caractère contractuel du règlement préventif.
Nous analyserons dans chapitre l’ouverture du règlement préventif dans une
1ere section ainsi que la formation et les effets du concordat préventif dans une
deuxième partie.

SECTION 1 : LES CONDITIONS D’OUVERTURE DU REGLEMENT


PREVENTIF
Au terme de l’article 6 al 1er de l’AUPC, le règlement préventif est ouvert au
débiteur qui sans être en état de cessation des paiements justifie de difficultés
financière ou économiques sérieuses.
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PARAGRAPHE 1 : LES CONDITIONS DE FOND

Elles sont relatives à la qualité du débiteur qui peut initier une procédure de
règlement préventif et à sa condition financière et économique.

A /LA QUALITE DU DEBITEUR

Les personnes visées dans la procédure de conciliation sont les mêmes que les
personnes visées dans la procédure de règlement préventif.

B / LA SITUATION FINANCIERE ET ECONOMIQUE DU DEBITEUR

Il ressort de l’article 6 al 1 précité que le débiteur qui veut bénéficier du


règlement préventif ne doit pas être en cessation des paiements au moment de
l’ouverture de la procédure mais il doit justifier de l’existence de difficultés
financière ou économiques sérieuses, ces éléments n’ont pas été définis par
l’acte uniforme de l’OHADA. En l’absence de définition légale, il convient de
retenir que ses difficultés financières ou économiques doivent être plausibles et
non éventuel ou incertaine.

PARAGRAPHE 2 : LES CONDITIONS DE FORME


A/ LA DETERMINATION DE LA JURIDICTION COMPETENTE

La juridiction auprès de laquelle la requête en règlement préventif doit être


formulée est la juridiction compétente en matière commerciale dans lequel le
débiteur a son principal établissement (débiteur personne physique) ou son siège
social (débiteur personne morale) qu’il soit ou non commerçant.
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B/ LA SAISINE DE LA JURIDICTION COMPETENTE

Sous l’acte uniforme de 1998, la requête en règlement préventive émanait du


débiteur seul. Dans le nouvel acte, la procédure de règlement préventif peut être
initier par le débiteur seul ou conjointement avec un ou plusieurs créancier et
déposer au greffe de la juridiction compétente contre récépissé.

C / LA REQUETE EN REGLEMENT PREVENTIF

La demande d’une procédure de règlement préventif doit nécessairement être


établit par requête et non par assignation. Pour se placer sous le régime de
règlement préventif le débiteur doit adresser une requête au président de la
juridiction compétente dans laquelle il expose non seulement les difficultés
économiques ou financières sérieuses qu’il traverse mais également propose les
perceptives de redressement de l’entreprise et des procédures de règlement
préventif et d’apurement du passif.
La requête est accompagnée d’un certain nombre de document sous peine de
sanction, on demande 14 pièces (art 6-1 donne la pièce N°5) qui doivent être
daté de moins de 30 jours. Toutes ses 14 pièces doivent être daté et signé et
certifiés conforme par le requérant.

D/ LA DECISION D’OUVERTURE DU REGLEMENT PREVENTIF

Le règlement préventif s’ouvre avec la décision de suspension des poursuites


individuelles et de la désignation de l’expert de règlement préventif. Mais la
prise de cette décision par le président de la juridiction compétente est
subordonnée à la production par le débiteur d’une offre de concordat préventif.
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1/ LE PROJET DE CONCORDAT PREVENTIF

Sous l’acte uniforme de 1998, le débiteur devait dans les 30 jours suivant la date
de dépôt de sa requête déposer une offre de concordat préventif à défaut de
dépôt de ce document dans les délais prévus sa requête en règlement préventif
était déclaré irrecevable, désormais le projet de concordat préventif doit être
joint à la demande à peine d’irrecevabilité.
L’article 7 de l’acte uniforme précise le contenu de l’acte de concordant.
Le projet de concordat préventif doit notamment préciser les mesures
envisagées pour permettre le redressement de la situation financière de
l’entreprise. Ses mesures peuvent prendre la forme de délai de paiement ou de
remise de dette ou d’une cession d’un actif ou d’une branche d’activité de
l’entreprise ou la location gérance d’une branche d’activité.
Toutes ses mesures ne doivent pas être limitatives et exclusives les unes des
autres. L’offre devra également précisée le nom des personnes chargées
d’exécuter le concordat préventif et l’ensemble des engagements souscris par
elle qui s’avèrent nécessaire au redressement de l’entreprise, et les modalités du
maintien et du financement de l’entreprise y compris les moyens suggérer pour
le paiement du passif exigible et les licenciements pour motif économique ou le
remplacement de dirigeant envisagé dans le cadre de ce projet. (Article 7)

2/ LA DECISION DE SUSPENSION DES POURSUITES


INDIVIDUELLES ET DE DESIGNATION DE L’EXPERT

L’article 8 de l’acte uniforme dispose que si le projet de concordat préventif est


sérieux le président de la juridiction compétente ouvre une procédure de
règlement préventif et désigne un expert au règlement préventif qui satisfait au
critère du conciliateur dans la procédure de conciliation lequel est chargé de
faire un rapport sur la situation financière du débiteur et les perceptives de
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redressement.(article 5-4 donne les critère de désignation du conciliateur et de


l’expert au règlement préventif doivent remplir).
La décision du président de la juridiction compétente comprend deux volets :
- Il désigne un expert au règlement préventif,
Ce expert doit satisfaire au condition exigé des mandataires judiciaire(rendre
compte de l’état d’avancement de sa mission et formuler des observations utiles,
s’il a connaissance de la survenance de la cessation des paiements il en
informe sans délai le président de la juridiction dans ce cas il est mis fin à la
mission de l’expert et à la procédure de règlement préventif, le débiteur
entendu), l’expert informe également le président s’il lui apparait que l’accord
ou l‘établissement d’un concordat préventif est impossible, le président peut
après avoir entendu le débiteur et les créanciers décider de poursuivre la
procédure de règlement préventif ou d’y mettre fin.
L’expert en règlement préventif designer à l’ouverture de la procédure n’a que
pour mission de faire un rapport sur la situation financière et économique de
l’entreprise débitrice.

- La suspension des poursuites individuelle


La décision d’ouverture du règlement préventif suspens ou interdit… tendant au
recouvrement des créances née antérieurement à la dite décision pour une durée
de quatre mois maximum.
La suspension des poursuites s’applique tant au vois d’exécution qu’au mesure
conservatoire y compris toutes les mesures d’exécution extra judiciaire point
n’est besoin de faire une distinction entre les créanciers de sorte que la
suspension s’applique à toutes les créances chirographaires et à celle garantie
par une sureté (privilège générale, gage ou hypothèque…). Toutefois la
suspension ne s’applique pas au créance de salaire et d’aliments elle ne
s’applique pas non plus au action tendant à la reconnaissance des droit ou des
créances contestés ni des actions cambiaires dirigé contre les signataires d’effet
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

de commerce autre que le bénéficiaire de la suspension des poursuites


individuelle.
Pendant la durée de la procédure les délais impartis aux créanciers à peine de
déchéance ou de résolution de leur droit sont aussi suspendu.
A peine de nullité de droit, la décision de suspension des poursuites
individuelles au débiteur entre autre de payer en tout ou en partie les créances
née antérieurement à ladite décision, de faire tout acte de disposition étranger à
l’exploitation normale de la société ou de consentir un sûreté. Il est également
interdit au débiteur, de désintéressé les coobligés et les personnes ayant
consentis une sûreté personnel ou ayant affecté ou céder un bien en garanti
lorsqu’elles ont acquitté des créances née avant la décision d’ouverture. Cette
décision est susceptible d’appel des créanciers et du ministère public dans un
délai de 15 jours à partir de la première publicité prévu l’article 37 de l’acte
uniforme s’ils estiment que le débiteur est en cessation des paiements.

SECTION 2 LA FORMATION ET LES EFFETS DU CONCORDAT


PREVENTIF
PARAGRAPHE 1 : LA FORMATION DU CONCORDAT PREVENTIF
A/ LE RAPPORT DE L’EXPERT
L’expert au règlement préventif remplis sa mission dans les mêmes conditions
que le conciliateur dans la procédure de conciliation. Il rend régulièrement
compte au président de sa mission et le tient informer de la situation financière
du débiteur. Au terme de l’article 13 de l’acte uniforme l’expert établit un
rapport contenant l’accord conclu entre le débiteur et ses créanciers ainsi que le
projet de concordat préventif. Ce rapport doit être établit dans les 3 mois de la
décision d’ouverture du règlement préventif, ce délai pouvant être prorogé à
titre exceptionnel une seule fois pour une durée d’un mois sur décision
spécialement motivé du président de la juridiction compétente à la demande de
l’expert ou du débiteur. Dans le délai précité, l’expert remet un exemplaire de
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

son rapport au débiteur et en dépose deux au greffe de la juridiction compétente,


un des deux exemplaires déposé est transmis au ministère public par le greffe.
Dès le dépôt du rapport de l’expert, le président de la juridiction saisi convoque
sans délai les parties prenante c’est à dire le débiteur, l’expert et tous créancier
pouvant être entendu, il doit se prononcer sur ce rapport dans les 30 jours qui
suivent sa saisine. Si le rapport n’est pas déposé dans le délai imparti ou si la
juridiction n’est pas saisie ou ne se prononce pas dans le délai de 30 jours à
compter de sa saisine le règlement préventif prend fin de plein droit et les
créanciers et le débiteur recouvrent chacun leur liberté d’action. Cette
innovation est très importante en ce qu’on ne peut plus assister à des
suspensions de poursuites interminables comme par le passé, suspension qui
n’était devenu que des moyens juridique habile pour torpiller les créanciers et
ne pas les payer.

B/ LA DECISION DU TRIBUNAL
Le président de la juridiction qui constate que des créanciers ont refusés de
consentir des délais de paiement ou des remises de dettes aux débiteurs s’investi
et provoque de nouvelle négociation. Si malgré cette implication, un accord
n’est pas trouvé et si le concordat préventif comporte une demande de délai
n’excédant pas 2ans la juridiction peut rendre ce délai opposable à tous les
créanciers qui ont refusé tous délai ou toute remise, à condition que cela ne
mette pas péril l’entreprise des créanciers voir l’article 15 de l’acte uniforme.
La juridiction saisie a trois possibilités :
- 1ère issue
La juridiction compétente constate la cessation des paiements et rend une
décision d’ouverture de redressement judiciaire ou de liquidation des biens.
- 2ème issue
La juridiction compétente estime que la situation du débiteur ne relève
d’aucune procédure collective (la procédure de règlement préventif n’est pas
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

justifié à elle peut aussi refuser le concordat préventif proposer et prononcer la


décision d’annulation des poursuites individuelles dans ce cas le règlement
préventif prend fin immédiatement et les parties reprennent leur liberté de
mouvement, la décision donné est susceptible d’appel dans un délai de 15 jours
à compter de son prononcé;
- 3ème issue
La juridiction compétente homologue le concordat préventif si les conditions
sont réunies par une décision qui met fin aux missions de l’expert. Les délais
consentis ne doivent pas excéder 3 ans pour l’ensemble des créanciers et 1an
pour les salariés. La décision homologuant le concordat préventif peut designer
d’office ou à la demande du débiteur ou d’un créancier un syndic (l’expert au
règlement préventif peut être désigné syndic) et/ou un ou des contrôleurs chargé
de surveiller l’exécution du concordat homologué. Elle désigne également un
juge commissaire qui contrôle les activités du syndic ou du contrôleur, ce juge
commissaire rédige un rapport adressé à la juridiction tous les 3 mois. La
décision d’homologation est susceptible d’appel des créanciers du ministère
public dans le délai de 15 jours à compter de son prononcé par le ministère
public, et à compter de la première mesure de publicité des pour les créanciers.
Le concordat préventif homologué s’applique à toutes les parties prenantes. Les
syndics designer contrôle l’exécution du concordat et signale tout manquement
au juge commissaire, il lui rende compte tous les 3 mois du déroulement de leur
mission. La rémunération du syndic en qualité de syndic est désormais encadrée
par un barème et une reforme dans l’article 4-19.

PARAGRAPHE 2 LES EFFETS DU CONCORDAT PREVENTIF

A/ LES EFFETS A L’EAGARD DES PERSONNES AUTRE QUE LE


DEBITEUR
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

L’homologation du concordat préventif rend celui-ci obligatoire à l’égard de


tous les créanciers antérieure à la décision d’ouverture peut important leur
qualité. L’homologation rend également l’accord obligatoire pour les coobligés
ou les personnes ayant consentis une sureté personnelle lorsqu’elles ont acquitté
les dettes du débiteur née avant la décision d’ouverture. Il convient de rappeler
que les créanciers munis d’un privilège général, d’un privilège immobilier
spéciale, d’un gage ou d’un nantissement ne perdent pas leur garantie ils ne
peuvent les réalisé qu’en cas d’annulation ou de résolution du concordat
préventif. La prescription demeure suspendue à l’égard de tous les créanciers
qui ne peuvent exercer leur droit ou action. Les délais impartis au créancier
parties au concordant sont suspendus sous peine de déchéance ou de résolution
des droits afférant aux créances mentionnées dans le concordat. Quant à l’expert
qui a été désigné il rend compte par écrit de sa mission au président de la
juridiction dans le délai d’1 mois à compter de la décision d’homologation ou
celle mettant fin au règlement préventif et le président vise le compte rendu.

B/LES EFFETS A L’EGARD DU DEBITEUR

Le débiteur est tenu d’exécuter avec bonne fois le contenu du concordat


homologué mais lorsque la décision d’homologation est passée en force de
chose jugée (lorsque toutes les voies de recours (d’appel) sont épuisées), le
débiteur recouvre la liberté d’administration et de disposition de ses biens.
A défaut de retrait par le débiteur des papiers et effets remis par lui à l’expert
celui-ci en est dépositaire pendant 2 ans à partir de son compte rendu.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

PARTIE 2 : LES PROCEDURES CURATIVES


Les procédures collectives curatives sont des procédures judiciaires de
traitement des difficultés des entreprises ouverte à compter de la cessation des
paiements de l’entreprise débitrice comme le souligne l’éminent professeur
phligane Michel SAVADOGO de nationalité Burkinabé, il y a lieu d’appliquer
un traitement de choc lorsque le mal est profond ou que la prévention a échouée
en d’autres termes lorsque l’entreprise est en état de cessation des paiements.
L’acte uniforme de l’OHADA organise à cet effet deux types de procédures
curatives, le redressement judiciaire et la liquidation.
Les dispositifs du droit français permettant de traiter judiciairement les
difficultés d’une entreprise sont diverses, on peut citer notamment la procédure
de sauvegarde qui est une procédure collective anticipée c’est-à-dire conçue
pour les débiteurs qui ne sont pas encore en cessation des paiements, on peut
citer aussi la procédure de sauvegarde accélérer qui est un nouvel outil
permettant l’adoption d’un plan de continuation ayant l’accord de la majorité
des créanciers, la procédure de redressement judiciaire, la procédure de
liquidation judiciaire et la nouvelle procédure de rétablissement professionnel
des personnes physiques introduite en 2014 permettant l’effacement des dettes
des entrepreneurs impécunieux et surendettés, cette procédure est destinés à
simplifier les liquidations judiciaire impécunieuses ( qui manque d’argent).
Au-delà des nouveaux outils institués par le droit français, le cœur du droit des
entreprises en difficultés reste le redressement judiciaire et la liquidation des
biens (ou liquidation judiciaire), seul ses deux procédures curatives seront
étudier dans cette seconde partie.
L’acte uniforme de l’OHADA définit le redressement judicaire comme une
procédure collective destiné au sauvetage de l’entreprises débitrice en cessation
des paiements mais dont la situation n’est pas irrémédiablement compromise et
l’apurement de son passif au moyen d’un concordat de redressement voire
l’article 2 alinéa 3 de l’acte uniforme. Cette définition se rapproche de l’article
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

L631-1 du code de commerce qui définit la procédure de redressement


judicaire. Cependant à la différence du droit Français, l’acte uniforme ne fait
pas mention du maintien de l’emploi.

La liquidation des biens quant à elle est défini par l’article 2 alinéa 4 de l’acte
uniforme comme une procédure collective destinés à la réalisation de l’actif de
l’entreprise débitrice en cessation des paiements dont la situation est
irrémédiablement compromise pour apurer son passif. Une définition similaire
apparait à l’article L640-1 du code de commerce Français.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

CHAPITRE 1 : LES CONDITIONS D’OUVERTURE DE LA PROCEDURE


DE REDRESSEMENT OU DE LIQUIDATION JUDICIAIRE
L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens est subordonnée à certaines conditions.
SECTION 1 : LES CONDITIONS DE FOND
Les deux conditions de fonds exigé pour l’ouverture de la procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire sont classiques. Elles tiennent d’une
part à la qualité du débiteur (à savoir les entreprises visés) et d’autre part à la
situation financière et économique du débiteur (à savoir la cessation des
paiements).
PARAGRAPHE 1 LA QUALITE DU DEBITEUR
A l’instar du droit français l’acte uniforme de l’OHADA a aussi étendu le
domaine d’application des procédures collectives. L’innovation apportée par le
nouvel acte uniforme de l’OHADA se caractérise par une extension générale et
l’adoption d’une disposition spécifique pour les établissements de crédit et les
entreprises assimilés.
A/ L’EXTENSION GENERALE
Cette extension découle de l’art 1-1 de l’acte uniforme. L’exigence de la qualité
de commerçant pour la soumission aux procédures collectives est classique.
Le nouvel acte uniforme qui étend le domaine des procédures collectives,
innove en disposant dans l’art 1-1, que les procédures collectives s’applique à
toutes personnes physiques exerçant une activité professionnel indépendante,
civil, artisanal ou agricole. Il ressort de cette disposition que l’extension ne
concerne que les personnes physiques.
Pour être justiciable des procédures collectives il faut que l’activité soit non
seulement professionnelle mais également indépendante. La nature de l’activité
exercée est en principe différente. La doctrine considère que l’entreprenant
prévu par l’acte uniforme relative au droit commercial générale, bien que non
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expressément visé par l’article 1-1 est également assujetti aux procédures
collectives.
Il faut noter que l’activité professionnelle indépendante est celle où l’on agit en
son nom et pour son compte personnel ce qui exclut les salariés et les
mandataires.
Le fait de viser spécialement les activités agricole a pour but de s’assurer que
les professionnels exerçant dans ce secteur d’activité sont visés ou concernés
par les procédures collectives, bien sûr il ne s’agira pas des cultivateurs qui
mènent une agriculture de subsistance.
La formule de l’article 1-1 de l’acte uniforme embrasse les professions libérales
qui auraient dû être visés explicitement parce que sur le plan pratique ça sera le
principal domaine de l’extension. L’art L620-2 du code de commerce français
vise expressément les professions libérales.
B/ LE CAS DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT ET DES ENTREPRISES
ASSIMILES
Ce cas est traité par l’article 1-1 alinéa 2 de l’acte uniforme selon lequel le droit
commun des procédures collectives s’applique aux entreprises visées sous
réserve de l’application de leur règlementation spécifique. Cela n’implique que
la réglementation spécifique sur le droit commun que constitue l’acte uniforme
AUPC. Pour l’essentiel il faut noter que les réglementations spécifiques visées
(sont la loi bancaire, le code CIMA…), exigent que l’ouverture de la procédure
se fasse sur demande des autorités bancaires ou de la CIMA ou avec leur
accord. Sur un plan général les dérogations au droit commun ne sont pas
anormales puisque le règlement UE ° 1346-2000 du 29 Mai 2000 relatif aux
procédures d’insolvabilités en son article 1 er exclu carrément de son champ
d’application les établissements de crédit et les compagnies d’assurance.

La condition juridique (la qualité du débiteur) doit être accompagnée de la


condition financière et économique.
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PARAGRAPHE 2 LA CONDITION FINANCIERE DU DEBITEUR : LA


CESSION DES PAIEMENTS

La cessation des paiements est la condition principale pour l’ouverture d’une


procédure de redressement ou de liquidation des biens.

A/ LA NOTION DE CESSATION DES PAIEMENTS

La cessation des paiements est définit par l’acte uniforme de l’OHADA comme
l’état dans lequel le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face à son
passif exigible avec son actif disponible, à l’exclusion des situations ou les
réserves de crédit ou les délais des paiements dont le débiteur bénéficie de la
part de ses créancier lui permettent de faire face à son passif exigible.(Voir
l’article 25-2).

Devant le silence du législateur, il faut entendre par passif exigible les dettes qui
sont arrivées à échéances et qui doivent être payé. Les dettes prises en
considération pour apprécier l’état de cessation des paiements sont plus
précisément les dettes certaines, liquides et exigibles. Le débiteur est fondé à ne
pas payer les dettes qui ne présente pas ses trois caractères et son attitude ne
révèle pas une défaillance justifiant une procédure collective.

Il faut noter que l’actif disponible comprend les éléments d’actif figurant au
bilan qui sont suffisamment liquide pour permettre de faire face aux dettes
exigibles, il s’agit de la trésorerie disponible ainsi que des valeurs
immédiatement réalisables tel que des effets de commerce échus ou susceptible
d’être escomptés ou encore des titres de placements facilement négociable. Au
contraire, ne sont pris en considération ni les stocks de marchandises ni les
immobilisations. Il faut noter que l’actif disponible au sens du droit des
procédures collectives est une notion spécifique dont le bilan du débiteur ne
rend pas nécessairement compte. L’actif disponible comprend également la
réserve de crédit dont dispose le débiteur : si un bailleur de fond accepte de
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consentir au débiteur un crédit immédiat pour faire face à ses échéances, la


trésorerie disponible est en mesure de s’accroitre sans création d’un passif
exigible corrélatif. Cette solution d’origine jurisprudentielle a été consacrée par
la loi par le code de commerce Français à l’article L631-1 et reprise par l’acte
uniforme de l’OHADA en son article 25 alinéa 2, cette solution comporte des
limites car la réserve de crédit invoqué ne doit pas être prise en considération si
elle ne constitue qu’un soutien artificiel de nature à retarder la procédure
collective sans espoir de retour à meilleur fortune.

La cessation des paiements doit être distinguée de l’insolvabilité. Une personne


solvable peut être en cessation des paiements si ses actifs ne sont pas
suffisamment liquides pour lui permettre de faire face aux échéances de ses
dettes, on rencontre souvent cette situation dans le monde agricole.
Réciproquement un insolvable n’est pas en cessation des paiements si ses dettes
ne sont pas exigibles ou s’il dispose pour y faire face d’une réserve de crédit
n’ayant pas de caractère artificielle en raison des perspectives d’évolution de sa
situation, on rencontre souvent cette situation dans le monde des startups.

Pour autant, la cessation des paiements n’est pas constituer du seul fait du
défaut de paiement d’une ou plusieurs dettes. L’état de cessation des paiements
révèle une défaillance qui cause un trouble à l’environnement économique du
débiteur, cette situation est établit au moyen d’une comparaison du passif
exigible avec l’actif disponible.

B/ LA PREUVE DE LA CESSATION DES PAIEMENTS

Il est vrai que l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire et de


liquidation des biens exige que le débiteur soit en cessation des paiements, mais
encore faut-il qu’il fasse la preuve de cette cessation des paiements. La charge
de la preuve incombe au demandeur, il en résulte que, qu’il est plus facile
pour le débiteur lorsqu’il est le demandeur de la procédure d’apporter la
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

preuve eu égard aux documents exigés (bilan, état de la trésorerie, état chiffré
des créances et des dettes). Il est en revanche plus difficile pour les
créanciers qui sont demandeur de fournir les mêmes éléments de preuve.
Toutefois, les créanciers peuvent se prononcer sur des protes pour défaut de
paiement ou sur des voies d’exécution vainement engagées. Quant à la
juridiction compétente (peut être demandeur aussi), elle peut analyser les
moyens ruineux des effets de complaisance des ventes à perte qui ont retardés la
cessation des paiements.

SECTION 2 LES CONDITIONS DE FORMES : LE JUGEMENT


D’OUVERTURE

PARAGRAPHE 1 LA JURIDICTION COMPETENTE ET LES MODALITES


DE SA SAISINE

A/ LA DETERMINATION DE LA JURIDICTION COMPETENTE

La juridiction matériellement compétente est le tribunal en charge des affaires


commerciales, en CI c’est le tribunal de commerce et pour les localités n’ayant
pas de tribunal de commerce c’est le tribunal de 1ère instance. En droit Français
c’est le tribunal de commerce qui a la compétence matérielle, pour les
procédures ouvertes ou demandées par les personnes morales de droit privée ou
les personnes physiques qui exercent une activité commerciale ou artisanale,
pour les autres c’est le tribunal de grande instance.

La juridiction territorialement compétente pour la personne physique est le


tribunal de commerce ou le tribunal de 1ère instance du lieu du principal
établissement de la personne physique, pour la personne morale la juridiction
territorialement compétente est le tribunal de commerce ou le tribunal de 1ère
instance du lieu du siège social. Si le principal établissement ou le siège social
est à l’étranger, la juridiction compétente est la juridiction du lieu du principal
centre d’exploitation du débiteur.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

En droit Français, c’est la même chose lorsqu’il s’agit d’une personne physique
c’est le lieu du principal centre d’exploitation de l’activité, et pour la personne
morale c’est le lieu du siège social. Le tribunal compétent à défaut est celui ou
le débiteur personne physique ou morale à son centre d’exploitation en France.

B/ LES MODALITES DE LA SAISINE

En cas de cessation des paiements le tribunal peut être saisi aux fins d’ouverture
d’une procédure collective de liquidation ou de redressement. L’acte uniforme
de l’OHADA et le droit français offre plusieurs modalités de saisine.

1/ LA SAISINE A L’INITIATVE DU DEBITEUR (LE DEPOT DE BILAN)

Lorsque le débiteur est en état de cessation des paiements, il a l’obligation de


saisir le tribunal compétent en vue de l’ouverture d’une procédure collective de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens dans les 30 jours qui suivent
la cessation des paiements voire l’article 25 de l’acte uniforme ou dans les 45
jours qui suivent sauf à solliciter l’ouverture d’une procédure de conciliation
voir le code de commerce Français à l’article L631-4 et l’article L640-4. L’acte
par lequel le débiteur saisi le tribunal d’une telle demande s’appelle la
déclaration de cessation des paiements.

En droit Français cette déclaration est déposée au greffe du tribunal


accompagnée de divers documents dont les comptes annuels du derniers
exercice, voire le code de commerce Français en son article R631-1, c’est la
raison pour laquelle on parle couramment de dépôt de bilan. En droit OHADA
la déclaration de cessation des paiements du débiteur doit également être
accompagné d’un certains nombres de documents, (onze au total voire l’article
26 de l’acte uniforme) dont les états financiers de la société et un projet de
concordat judiciaire et déposé au greffe de la juridiction compétente contre
récépissé voire les articles 25 et 26 de l’acte uniforme de l’OHADA, tous ses
documents doivent être certifiés conformes.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

L’article 27 de l’acte uniforme de l’OHADA précise que le débiteur doit en


même temps que la déclaration ou dans les 60 jours qui suivent la décision
d’ouverture du redressement judiciaire, déposé un projet de concordat, ce projet
doit présenter les perceptives de redressement de l’entreprise débitrice en
fonction des possibilités et des modalités d’activités, de l’état du marché, et des
moyens de financement disponible (voire l’acte uniforme en son article 27). Le
projet de concordat de redressement judiciaire peut établir un traitement
différencié entre les créanciers dans l’apurement du passif si les différences de
situation le justifient.

En droit Français, le projet de concordat de redressement peut être déposé


ultérieurement.

2/ LES AUTRES INITIATIVES

Si le débiteur en cessation des paiements ne prend pas lui-même l’initiative de


saisir le tribunal compétent d’autres personnes peuvent le faire.

a) La saisine par un créancier


Un créancier impayé peut assigner le débiteur devant le tribunal en vue de
l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou d’une procédure de
liquidation des biens. Il doit alors se prévaloir d’une créance certaine, liquide et
exigible et démontrer l’état de cessation des paiements de son débiteur.
b) La saisine par des autorités judiciaire
L’initiative de la saisine peut en outre émaner du ministère de la république
c’est à dire par le procureur de la république. La juridiction compétente peut
aussi se saisir d’office mais attention cette solution est rejetée par le droit
Français (car il estime que cela est contraire à la constitution Française).
c) La saisine en cas de décès du débiteur
Lorsque le débiteur est décédé en état de cessation des paiements, la juridiction
compétente est saisi aux fin d’obtenir une procédure de redressement judiciaire
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

ou de liquidation des biens dans les délais d’un an à compter de la date du décès
soit sur déclaration d’un héritier soit sur assignation d’un créancier ou à la
requête du ministère public. La juridiction compétente peut également se saisir
d’office dans le même délai.
d) La saisine en cas de radiation du débiteur du registre de commerce
L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens peut être demandé dans le délai d’un an à compter de la radiation du
débiteur du RCCM de sa cessation d’activité voire l’article 31 de l’acte
uniforme de l’OHODA. Mais il faut relever que la cessation des paiements doit
être antérieure à la radiation ou résulté en tout ou partie de l’activité
antérieurement exercée. De même il est possible de demander l’ouverture des
mêmes procédures contre un associé d’une personne morale de droit privé
indéfiniment et solidairement responsable du passif de celle-ci dans le délai
d’un an à compter de la mention de son retrait au RCCM. (art 31 de l’acte
uniforme de l’OHADA). Dans ces deux hypothèses, la juridiction peut se saisir
d’office, elle peut aussi être saisi sur assignation d’un créancier ou à la requête
du ministère public.

PARAGRAPHE 2 LE PRONONCE ET LE CONTENU DU JUGEMENT


D’OUVERTURE
A/ LE PRONONCE DU JUGEMENT D’OUVERTURE
L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens ne peut résulter que d’une décision de la juridiction compétente.
1/ L’INFORMATION PREABLABLE DU TRIBUNAL
- les auditions préalables
En droit OHADA la juridiction compétente rend sa décision de manière
diligente (à la première audience utile) après avoir entendu le débiteur, les
délégués du personnel, le ministère public, le cas échéant le créancier
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

demandeur voir l’article 32 de l’acte uniforme. Une disposition similaire figure


dans le code de commerce Français en son article L621-1.
Dans les deux systèmes, lorsque le débiteur exerce une fonction libérale
soumise à un statut règlementé le tribunal doit également entendre l’ordre
professionnel ou l’autorité compétente dont il relève. Le tribunal peut en outre
entendre toute personne dont l’audition lui paraît utile. Les auditions
préalables peuvent éventuellement être compléter par une enquête préalable
ordonnée par le tribunal. A cette occasion il peut désigner un juge ou une
personne qu’il estime qualifiée afin de lui produire un rapport sur la situation
économique et social du débiteur dans un délai qu’il détermine et qui ne peut
excéder 1mois voire l’acte uniforme en son article 32, une solution similaire
existe en droit Français.
2/ LE CONTENU DU JUGEMENT D’OUVERTURE
a) Le critère de choix de la procédure par le tribunal
Le changement le plus important touchant le redressement judiciaire et la
liquidation des biens apporté par le nouvel acte uniforme de 2015, est le critère
de choix entre les deux procédures. Une amélioration notable de la procédure
est fournie par l’article 25 alinéa 5 de l’acte uniforme qui offre au débiteur au
moment du dépôt de sa déclaration de choisir entre le redressement judiciaire et
la liquidation des biens. Mais, l’article 33 de l’acte uniforme précise que lorsque
la juridiction compétente constate la cessation des paiements elle prononce soit
l’ouverture du redressement judiciaire soit la liquidation des biens. Elle ne
prononce le redressement judiciaire que si le débiteur à proposer un concordat
sérieux qu’un tel concordat a des chances sérieuses d’être obtenu ou encore si
une cession globale est envisageable voire l’article 33 de l’acte uniforme, dans
le cas contraire elle prononce l’ouverture de la liquidation des biens.
A toutes époques de la procédure le redressement judiciaire peut être converti
en liquidation des biens si les conditions exigées pour le concordat ne sont pas
réuni.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

b) Le dispositif du jugement d’ouverture


Le jugement d’ouverture rendue par le tribunal constate la cessation des
paiements et fixe provisoirement sa date, à défaut la cessation des paiements est
réputée avoir lieu à la date du jugement d’ouverture. La date de cessation des
paiements ne peut être antérieure de plus de 18 mois à la décision d’ouverture
sauf cas de fraude. En droit OHADA elle ne peut être reportée à une date
antérieure à la décision définitive ayant homologué le concordat préventif (le
concordat préventif est un accord conclu entre le débiteur et son créancier dans
le cadre d’une procédure de règlement préventif).
La détermination de la date de la cessation des paiements joue un rôle dans la
mise en œuvre de certaines règles du droit des procédures collectives. D’abord,
le débiteur peut prendre l’initiative en droit Français de solliciter soit une
procédure de conciliation soit une procédure de redressement ou de liquidation
judicaire dans les 45 jours qui suivent cette date.
En droit OHADA, le débiteur peut demander l’ouverture d’une procédure de
redressement judiciaire dans les 30 jours qui suivent la cessation des paiements.
La date de cessation des paiements fixe ensuite le point de départ de la période
suspecte, période pendant laquelle on peut craindre que le débiteur aux abois
(en difficulté) soit livré aux opérations frauduleuses pour mettre des actifs à
l’abri des poursuites ou pour favoriser certains créanciers. En raison de cette
probabilité de fraude, certains actes accomplis par le débiteur en période
suspecte pourront être annulés (droit Français) ou déclarés inopposables à la
masse des créanciers (droit OHADA).
La juridiction compétente peut modifier dans les limites des 18 mois antérieurs
au jugement d’ouverture la date de cessation des paiements par une décision
postérieure à la décision d’ouverture voire l’article 34 de l’acte uniforme.
La juridiction qui modifie la date de cessation des paiements par une décision
postérieure à la décision d’ouverture, statut par une décision spécialement
motivée. Toutefois, toutes demandes tendant à faire fixer la date de cessation
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

des paiements à une autre date que celle fixée par la décision d’ouverture n’est
pas recevable après la convocation de l’assemblé concordataire (redressement
judiciaire) ou après expiration d’un délai d’un an à compter de la décision
prononçant la liquidation des biens.
En droit Français, l’action en report de la date de la cessation des paiements doit
être exercée dans le délai d’un an à compter du jugement d’ouverture.
Le jugement d’ouverture prononce l’ouverture d’une procédure de redressement
judiciaire ou de liquidation des biens. En droit Français si le tribunal ouvre une
procédure de redressement judiciaire il détermine la durée de la période
d’observation nécessaire en vue d’élaborer un projet de plan.
Le tribunal désigne enfin dans le jugement d’ouverture les organes de la
procédure (ex : le juge commissaire ou le mandataire). Le tribunal décide s’il y
a lieu l’apposition de sceller sur les biens du débiteur. Le jugement d’ouverture
est susceptible d’appel ou d’opposition. Le jugement d’ouverture est publié
conformément aux dispositions du droit OHADA et du droit Français.
B/ LA PUBLICITE DU JUGEMENT D’OUVERTURE
Le droit Français et le droit OHADA prévoit plusieurs modalités de publicité.
1. En droit OHADA
Le greffier adresse sans délai une copie de la décision d’ouverture au ministère
public, ensuite il porte également sans délai mention de la décision d’ouverture
de la procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens au RCCM
voire article 36. Si le débiteur est une personne morale de droit privé non
commerçante la mention est portée au registre chronologique, en outre une fiche
est établie au nom du débiteur au fichier alphabétique avec mention de la
décision indiquant l’identité des dirigeants sociaux ainsi que le siège de la
personne morale.
En revanche, si le débiteur est une personne physique exerçant une profession
ou une activité libérale soumise à un statut règlementé la décision est notifiée au
représentant légal de son ordre professionnel ou à son autorité à la diligence du
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

greffier. Des extraits de la décision d’ouverture devront également être publiés


dans un journal d’annonce légale et dans le journal officiel de l’OHADA
comprenant tous les renseignements sur la procédure et invitant les créanciers à
déclarer leur créance voire les 36 et 37 de l’acte uniforme de l’OHADA. Une
deuxième insertion doit être faite dans les mêmes conditions au plus tôt dans les
15 jours et au plus tard dans les 30 jours à compter de la date de la première
publicité. Le syndic est tenu de vérifier que ses formalités ont été effectivement
respectée voire article 38 de l’acte uniforme.

2/ EN DROIT FRANCAIS
Une triple publicité du jugement d’ouverture est assurée par le greffier du
tribunal ayant ouvert la procédure :
- Ce jugement est mentionné selon la qualité du débiteur au registre du
commerce et des sociétés (RCS) au répertoire des métiers ou sur un
registre spécial tenu au greffe du tribunal de grande instance ;
- Un avis du jugement est publié au bulletin officiel des annonces civiles et
commerciales (BODACC) ;
- Le même avis est publié dans un journal d’annonce légale du département
du siège social ou de l’adresse professionnelle du débiteur et le cas
échéant des départements où se trouve les établissements secondaires.
Le juge d’ouverture produits immédiatement certains effets.
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CHAPITRE 2 LES EFFETS DU JUGEMENT D’OUVERTURE DU


REDRESSEMENT JUDICIAIRE OU DE LA LIQUIDATION DES BIENS

Le jugement qui prononce le redressement judiciaire ou la liquidation des biens


produit ses effets à compter de sa date, en droit OHADA comme en droit
Français le jugement d’ouverture prend effet dès la première heure où il est
rendu c’est la règle dit « du zéro heure ».

SECTION 1 : LES ORGANES CHARGE DE LA PROCEDURE DE


REDRESSEMENT JUDICIAIRE OU DE LA LIQUIDATION DES BIENS 

Les procédures de redressement judiciaire et de liquidation des biens ne peuvent


réaliser les finalités poursuivies qu’avec le concours des organes mises en place
par le jugement d’ouverture il s’agit du juge commissaire, du syndic, du
ministère public, des contrôleurs, et de l’assemblé des créanciers.

PARAGRAPHE 1 LE JUGE COMMISSAIRE

Le juge commissaire est un juge du tribunal compétent chargé de veiller au


déroulement rapide de la procédure et à la protection des intérêts en présence (il
est différent du président de la juridiction compétente).

Pour bien remplir sa mission, le juge commissaire recueille tous les éléments
d’informations qu’il juge utile. Pour se faire il peut entendre le débiteur ou tout
autre personne y compris le conjoint ou l’héritier du débiteur prédécédé, le
secret professionnel lui est inopposable, aussi peut-il obtenir communication par
les commissaires aux comptes, comptables, établissements bancaires, autorités
fiscales, organes de prévoyance social, de tout renseignement de nature à lui
donner une information exacte sur la situation financière, économique, fiscale et
social de l’entreprise. Le syndic doit dans le mois de son entrée en fonction lui
faire rapport de la situation du débiteur, par la suite le juge commissaire est tenu
informé par le syndic du déroulement des opérations selon une périodicité qu’il
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

fixe lui-même. Les attributions du juge commissaire sont nombreuses, tout


comme en France on peut dire du juge commissaire qu’il est le chef d’orchestre
de la procédure.

D’une manière générale, le juge commissaire contrôle ou surveille l’action du


syndic, il autorise les opérations ou prend les décisions qui excède la
compétence du syndic sans requérir l’intervention du tribunal (exemple la
nomination des contrôleurs, le choix du mode et la fixation des conditions de
vente des immeubles, la cession des biens du débiteur, l’admission des créances
etc.). Le juge commissaire bénéficie de nombreux chef de compétence en
matière contentieuse et gracieuse, il en est ainsi pour les réclamations
concernant les opérations du syndic et de toutes difficultés survenant dans le
déroulement de la procédure du moment que la loi n’a pas attribué compétence
à un autre organe. Le juge commissaire statut sur les demandes contestations et
revendications « relevant de sa compétence dans le délai de 8 jours à partir de sa
saisine. S’il n’a pas statué dans ce délai il est réputé avoir rendu une décision de
rejet. Les décisions du juge commissaire peuvent être frappées d’opposition
formée par simple déclaration au greffe dans les 8 jours de leur dépôt ou de leur
notification. Pendant le même délai la juridiction compétente peut se saisir
d’office et reformer ou annuler les décisions du juge commissaire.

PARAGRAPHE 2 LE SYNDIC

Le syndic joue un rôle de premier dans le déroulement et dans le dénouement


des procédures de redressement judiciaire et de liquidation des biens.

1/ LE STATUT DU SYNDIC

Le jugement d’ouverture désigne un à trois syndics que la juridiction


compétente peut révoquer sur proposition du juge commissaire. En droit
OHADA, les syndics sont désignés sur la liste nationale des mandataires
judiciaires. (Voir l4article 4-1 de l’AUPC). Il est interdit de désigner des parents
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

ou des alliés du débiteur jusqu’au 4ème degré inclusivement. Lorsque la


procédure fait suite à un règlement préventif, il est interdit de désigner l’expert
comme syndic. Le syndic est un mandataire de justice rémunérer pour son
travail, les modalités de sa rémunération figure aux articles 4-19 et 4-20 de
l’AUPC.

En droit Français, les syndics sont séparés en deux corps distincts, les
administrateurs et les liquidateurs d’entreprise. En cas de redressement ou de
liquidation judiciaire, le tribunal désigne un administrateur judiciaire ou un
liquidateur pour assister ou représenter dans certains cas le débiteur ainsi qu’un
représentant des créanciers. En droit Français, l’administrateur ou le liquidateur
n’est pas le représentant des créanciers comme en droit OHADA. Le tribunal
désigne un mandataire judiciaire qui représente les créanciers et défend leur
intérêt lorsqu’une entreprise est en difficulté.

2/ LES ATTRIBUTIONS DU SYNDIC

En droit OHADA, le syndic a un rôle ambivalent. En tant que mandataire


judiciaire sa fonction consiste à assister le débiteur dans le redressement
judiciaire et à le représenter dans la liquidation des biens. Mais le syndic
représente également la masse des créanciers si bien qu’il peut y avoir un conflit
de fonction. En cas de redressement judiciaire, le syndic conduit la procédure de
vérification des créances et prépare le vote du concordat de redressement en
essayant de rapprocher les positions du débiteur et des créanciers. En cas
d’adoption du concordat, le syndic peut être maintenu en fonction pour en
surveiller l’exécution. Dans la liquidation des biens, outre la vérification des
créances, le syndic accomplis les opérations liquidatives, exemple le
recouvrement des créances, la vente des biens meubles ou immeubles
séparément ou en bloc, le paiement des créanciers selon leur rang…etc. Mais il
a souvent besoin de l’autorisation du juge commissaire. Dans les deux
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procédures, le syndic initie ou prend avec ou sans le débiteur toutes les


décisions relatives à l’administration et aux solutions de la procédure, à charge
pour les décisions importantes d’obtenir l’autorisation du juge commissaire ou
du tribunal. En fin, quel que soit la procédure, il revient au syndic d’engager les
actions en justice : action en paiement des créances du débiteur, action en
responsabilité civile, action en comblement du passif, ou action en expansion de
la procédure collective etc.

3/ LA RESPONSABILITE DU SYNDIC

Le syndic doit agir dans le strict respect de ses attributions, dans le cas contraire
il engage sa responsabilité civile ou pénale. Il engage sa responsabilité civile
vis-à-vis du débiteur, de la masse des créanciers, d’un créancier pris
individuellement pour un préjudice qui lui est propre ou d’un tiers. Les faits
susceptibles d’engager sa responsabilité sont nombreux, exemple il doit vendre
les biens du débiteur sujet à dépérissement ou à dépréciation rapide, il doit
recouvrer les créances du débiteur et verser les sommes recueilli sur un compte
ouvert par lui au nom de la procédure, il répond de l’accomplissement régulier
de l’ensemble des opérations que la loi lui confi. Au plan pénal deux infractions
visent principalement le syndic, l’infraction prévue à l’article 243 de l’acte
uniforme et l’abus de confiance. Ses infractions sont punies des peines prévues
par le droit pénal en vigueur par chaque état parti au traité OHADA.

PARAGRAPHE 3 LE MINISTERE PUBLIC

Le ministère public qu’on appelle encore le parquet, représenté par le procureur


de la république, prend une importance croissante dans les procédures
collectives du fait du caractère d’ordre public de celles-ci. L’acte uniforme
prévoit un droit de communication réciproque entre le ministère public et le
juge commissaire, il doit ainsi être informé du déroulement de la procédure de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens par le juge commissaire. A
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toute époque de la procédure il peut requérir communication de tous actes,


livres, documents relatifs à la procédure. Il communique au juge commissaire
sur sa demande ou d’office tout renseignement utile à l’administration de la
procédure y compris toutes informations prévenant d’une procédure pénale
provenant du débiteur nonobstant le secret de l’instruction.

PARAGRAPHE 4 LES CONTROLEURS

La désignation des créanciers contrôleurs dans une procédure collective est


facultative sauf lorsqu’elle est demandée par la majorité des créanciers. En cas
de pluralité de demande, le juge commissaire veille à ce qu’au moins un
créancier contrôleur soit choisi parmi les créanciers munis de sûreté et un autre
parmi les créanciers chirographaires. En outre, lorsque le nombre de salarié est
supérieur à 10 au cours des 6 mois précédent la saisine de la juridiction
compétente, le syndic incite ou invite le comité d’entreprise ou à défaut les
délégués de personnel à désigner un salarié en qualité de contrôleur dans le
délai de 20 jours à compter de la décision d’ouverture voire l’article 48 de l’acte
uniforme. Pour les entreprises qui n’atteignent pas le seuil de 10 salariés le juge
commissaire désigne d’office un salarié en qualité de contrôleur pour les
représenter. Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un
statut règlementé, l’ordre professionnel ou l’autorité compétente est de droit
contrôleur sans préjudice de la désignation des 5 contrôleurs et d’un contrôleur
représentant du personnel voir l’article 48 de l’acte uniforme in fine.

En droit Français, un ou deux contrôleurs choisis parmi les créanciers peuvent


être désignés par ordonnance du juge commissaire pour assister le représentant
des créanciers dans ses fonctions et le juge commissaire dans sa mission de
surveillance de l’administration de l’entreprise.

En droit OHADA, les contrôleurs assistent le ou les syndics dans leurs fonctions
et le juge commissaire dans sa mission de surveillance du bon déroulement de la
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

procédure, il veille aussi aux intérêts des créanciers, à ce titre ils peuvent
demander des comptes au syndic, vérifier la comptabilité, les recettes faites y
compris les versements effectués. Les contrôleurs sont obligatoirement
consultés pour la continuation de l’entreprise, au cours de la vérification de la
créance et à l’occasion de la réalisation des biens du débiteur. En cas de carence
du syndic, ils sont habilités à agir dans l’intérêt collectif, ils peuvent saisir le
juge commissaire de toutes contestations. Les fonctions de contrôleur sont
gratuites et doivent être exercé personnellement. Les contrôleurs ne répondent
que de leur faute lourde.

PARAGRAPHE 5 L’ASSEMBLE DES CREANCIERS

Dans l’acte uniforme, il ne reste plus qu’une assemblée des créanciers chargé de
voter le concordat en cas de redressement judiciaire. Mais cette unique
assemblée n’est pas de rigueur si le concordat ne contient pas de demande de
remise de dette mais seulement des demandes de délai de paiement n’excédant
pas deux ans. Mais ce rôle réduit pourrait être considérer comme exorbitant en
ce qu’il confère aux créanciers un droit de vie ou de mort sur l’entreprise qui
pourrait ne pas être exercé à bon escient et aboutir à sa suppression comme cela
est le cas en France depuis 1985.

SECTION 2 LES EFFETS DE LA PROCEDURE DU JUGEMENT


D’OUVERTURE SUR LE DEBITEUR

L’ouverture de la procédure a d’importante conséquence sur le débiteur, ses


conséquences touchent particulièrement le patrimoine du débiteur, l’acte
uniforme prévoit des mesures conservatoires, des mesures tendant à connaitre
l’actif du débiteur, et des mesures tendant à l’administration ou à la gestion des
biens du débiteur.

PARAGPRAHE 1 LES MESURES CONSERVATOIRES


Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

Il s’agit d’une part de l’apposition des sceller et d’autres part des actes
conservatoire que le syndic ou le débiteur va accomplir.

A/ L’APPOSITION DES SCELLER

Pour éviter la diminution du patrimoine du débiteur, la juridiction compétente


peut ordonner dans la décision d’ouverture du redressement judiciaire ou de la
liquidation des biens ou par une décision ultérieure l’apposition des sceller sur
les biens du débiteur (caisses, coffres forts, documents, meubles…) et sur ceux
des dirigeants des personnes morales et des associés tenus indéfiniment et
solidairement du passif social. Sur proposition du syndic le juge commissaire
peut le dispenser de faire placer certains biens sous sceller ou l’autoriser à en
extraire par exemple les effets indispensables au débiteur et à sa famille. Dans
les trois de leur apposition les syndics requiert la lever des sceller en vue des
opérations d’inventaires. La mise sous sceller des biens du débiteur a un
caractère très provisoire puisqu’elle prend fin dès que commence l’inventaire,
c’est donc une mesure conservatoire.

B/ LES ACTES CONSERVATOIRES

Les actes conservatoires sont ceux qui tendent à préserver les droits du débiteur
et d’une manière générale à conserver la consistance du patrimoine du débiteur.

Lorsque le syndic est nommé il est tenu d’accomplir tous les actes nécessaires à
la conservation des droits du débiteur. A ce titre, il requiert au nom de la masse
l’inscription d’hypothèque sur les immeubles des débiteurs du débiteur et d’une
manière générale l’inscription ou le renouvellement des suretés dont bénéficie le
débiteur. Exemple d’acte conservatoire L’exercice de l’action oblique par le
syndic, la vente des biens sujets à dépérissement ou dépréciation.

PARAGRAPHE 2 LES MESURES PERMETTANT DE CONAITRE L’ACTIF


DU DEBITEUR : L’INVENTAIRE
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

L’inventaire doit commencer dans les 3 jours qui suivent l’apposition des
scellés. Dès l’ouverture du redressement judiciaire ou de la liquidation des biens
le syndic procède à l’inventaire des biens du débiteur en sa présence. Lorsque le
débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut réglementé,
l’inventaire est effectué en présence d’un représentant de l’ordre professionnel
ou de l’autorité dont il relève. En cas de décès du débiteur l’inventaire est
dresser en présence de ses héritiers connu ou dûment appeler. Le ministère
public peut assister à l’inventaire, le syndic peut se faire aider par toutes
personnes qu’il juge utile pour la rédaction de l’inventaire comme pour
l’estimation des biens. L’inventaire est établi en double exemplaire, une copie
est immédiatement déposée au greffe de la juridiction compétente, l’autre reste
entre les mains du syndic. En cas de liquidation des biens et en raison de la
finalité de celle-ci, une fois l’inventaire terminé tout le patrimoine du débiteur
est remis au syndic qui en prend charge au bas de l’inventaire afin de
commencer les opérations liquidatives. Le débiteur peut seulement obtenir des
secours fixer par le juge commissaire sur son actif pour lui et sa famille voir
l’article 64 de l’acte uniforme, le juge commissaire ne peut prendre la décision
que si le syndic est entendu.

PARAGRAPHE 3 LES MESURES VISANT L’ADMINISTRATION DES


BIENS DU DEBITEUR: L’ASSISTANCE OU LE DESSAISISSEMENT

L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des


biens entraine une réduction des pouvoirs du débiteur, le degré de réduction de
ses pouvoirs varie en fonction de la nature de la procédure ouverte. En cas
d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire il y’a assistance
obligatoire du débiteur par le syndic. Lorsque c’est une procédure de liquidation
des biens qui est ouverte le débiteur est dessaisi de l’administration et de la
disposition de ses biens. Précisions ici que lorsque le débiteur en liquidation est
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une personne morale la décision qui prononce la liquidation des biens de ce


débiteur emporte de plein droit dissolution de la personne morale.

A/ LA SIGNIFICATION DE L’ASSISTANCE ET DU DESSAISISSEMENT

1. L’ASSISTANCE
Dans le cadre du redressement judiciaire l’assistance signifie que tous les actes
important concernant la gestion du patrimoine du débiteur requièrent le
concours du débiteur et du syndic. Mais le débiteur peut accomplir seul les
actes conservatoires et même les actes de gestion courante entrant dans
l’activité habituelle de l’entreprise. La procédure de redressement judiciaire
laisse donc au débiteur des pouvoirs contrôlés.
2. LE DESSAISISSEMENT
Le dessaisissement du débiteur à l’ouverture de la procédure de liquidation
judiciaire signifie que les différents acte ou action du débiteur se rapportant à
son patrimoine sont accompli ou exercer par le syndic qui agit seul en
représentation du débiteur. Le dessaisissement entraîne l’indisponibilité des
biens du patrimoine du débiteur et les actes accomplis par ce dernier en
violation de ses règles sont déclarés inopposables à l’ensemble des créanciers
constitués en union. Toutefois, dans le cadre de la liquidation des biens le
débiteur peut accomplir des actes conservatoires.
B/ LE DOMAINE DE L’ASSISTANCE ET DU DESSAISISSEMENT
L’assistance et le dessaisissement qui suivent la décision d’ouverture ont un
domaine étendu.
- Dans le temps l’assistance et le dessaisissement vont du jugement
d’ouverture de la procédure à sa clôture. Les actes passés avant le
jugement d’ouverture ne peuvent être atteint que par les inopposabilités
de la période suspecte voir l’article 65 de l’acte uniforme. Après la
clôture le débiteur retrouve la libre administration et disposition de ses
biens.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

- S’agissant des biens du débiteur l’assistance et dessaisissement


concernent aussi bien les biens présents que ceux à venir. Toutefois, ils ne
doivent pas aboutir à affamer le débiteur et sa famille c’est pourquoi le
débiteur peut obtenir pour lui et sa famille des secours subsistes ou
matériels fixés par le juge commissaire qui prend sa décision après avoir
entendu le syndic voire l’article 64 de l’acte uniforme.
- Pour ce qui est de l’activité juridique du débiteur, en principe celle-ci est
inopposable à la masse qu’il s’agisse d’acte juridique (acte passé est
inopposable) et le débiteur peut être frappé des peines de la banqueroute
ou des conséquences de fait juridique (exemple une action en
responsabilité civile exercer par le débiteur.

C/ LES LIMITES DE L’ASSISTANCE ET LE DESSAISISSEMENT


L’assistance et le dessaisissement comportent des limites relatives aux biens, à
la procédure et aux actes juridiques.
S’agissant des biens, l’assistance et le dessaisissement ne concernent pas les
biens insaisissables ou alimentaires comme les biens mobiliers nécessaires à la
vie et au travail du débiteur et de sa famille.
Sur le plan procédurale l’assistance et le dessaisissement n’embrasse pas les
actions extrapatrimoniales et les actions patrimoniales faisant intervenir de
manière prépondérante des considérations personnel ou familiales.
En ce qui concerne les actes juridiques, l’assistance et le dessaisissement ne
concernent ni les actes conservatoires qui consistent à préserver la consistance
du patrimoine du débiteur ni aux compensations. L’acte uniforme vise en effet
la compensation dans certaines de ses dispositions voire les articles 68, 103 et
109 de l’acte uniforme.
D/ LES EFFETS DE L’ASSISTANCE ET DU DESSAISISSEMENT
1. LES EFFETS NEGATIFS
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

Les actes accomplis par le débiteur seul sont inopposables à la masse des
créanciers. Cette inopposabilité a un caractère plus général que celle de la période
suspecte puisqu’elle s’applique à tous les actes quel que soit la bonne ou
mauvaise foi du cocontractant du débiteur. Concrètement l’inopposabilité
implique que celui qui a payé au débiteur doit payer une nouvelle foi entre les
mains du syndic, celui qui a acheté un bien au débiteur et en a pris livraison doit
le rendre au syndic, celui qui a été payé par le débiteur doit restituer la somme
perçue au syndic. L’inopposabilité a un caractère définitif à l’égard de la masse :
le créancier qui a méconnu les règles de l’assistance ou du dessaisissement est un
créancier or de la masse. Ainsi, le créancier qui a acheté un bien au débiteur non
seulement doit le rendre au syndic représentant la masse mais en plus il ne
produire sa créance pour obtenir le remboursement du prix payé au débiteur.
2. LES EFFETS POSITIFS
Les effets positifs varient selon qu’il s’agit du redressement judiciaire ou de
la liquidation des biens, dans le premier cas il y’a assistance du débiteur
tandis que dans le second cas il y’a représentation.
a) L’assistance du débiteur dans le redressement judiciaire
Au terme de l’article 52 de l’acte uniforme, la décision qui prononce le
redressement judicaire emporte de plein droit à partir de sa date jusqu’à
l’homologation du concordat de redressement assistance obligatoire du débiteur
pour tous les actes concernant l’administration et la disposition de ses biens.
Lorsque le débiteur n’a pas observé cette règle les actes accomplis pourront être
déclaré inopposables à la masse des créanciers, de plus le syndic peut se faire
autoriser par le juge commissaire à agir seul si le débiteur ou les dirigeants
refusent de faire un acte nécessaire à la sauvegarde du patrimoine du débiteur. A
ce titre, ils peuvent prendre des mesures conservatoires, il peut même procéder
aux recouvrements des effets de commerce et des créances exigibles. En sens
inverse, le débiteur ou les contrôleurs peuvent contraindre le syndic à accorder
son assistance pour accomplir des actes d’administrations ou de disposition par
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

décision du juge commissaire. En fin même en cas d’accord du syndic et du


débiteur, une autorisation du juge commissaire est nécessaire pour les actes
susceptibles de compromettre la survie de l’entreprise telle que la vente des
immeubles ou de certaines immobilisations par exemple les machines.
Si le concordat est voté la procédure de redressement judiciaire prend fin dans
le cas contraire elle est convertie en liquidation des biens.
b) La représentation du débiteur en cas de liquidation des biens
La procédure de liquidation des biens exclues le sauvetage ou le redressement
de l’entreprise et par voie de conséquence le concordat. La procédure de
liquidation organise minussi avec les opérations de ventes et dessaisie le
débiteur lui-même, ceux-ci pour permettre au syndic de prendre en mains toutes
les opérations de réalisation de l’actif et d’apurement du passif afin de
désintéresser un maximum de créancier. L‘article 53 de l’acte uniforme précise
que le jugement qui prononce la liquidation des biens entraine corrélativement
le dessaisissement des pouvoirs du débiteur au profit du syndic qui sera chargé
de le représenter dans ses droits et action de son patrimoine. Les différents actes
ou actions sont accomplis par le syndic qui agit seul en représentation du
débiteur, toutefois le débiteur peut accomplir des actes conservatoires. Mais
lorsque le syndic refuse d’accomplir un acte d’exercer une action concernant le
patrimoine du débiteur il peut être contrait par une décision du juge
commissaire à la demande du dirigeant, ou des contrôleurs.
c) La poursuite de l’activité du débiteur
c-1) La gestion de l’entreprise par le débiteur
- En cas de redressement judicaire
Le redressement judiciaire tant au sauvetage de l’entreprise, c’est pourquoi
d’une part la continuation d’activité est automatique et ne nécessite aucune
autorisation, d’autre part le débiteur continue d’agir avec l’assistance obligatoire
du syndic ce dernier est tenu d’établir un rapport présentant le résultat de
l’exploitation. Ledit rapport est communiqué au juge commissaire et au
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

ministère public. Le débiteur ou les dirigeants de l’entreprise participent à la


continuation de l’exploitation sauf décision contraire de la juridiction
compétente qui statut à la requête du syndic par une décision motivée et après
avis du ministère public. Lorsqu’il participe à la continuation de l’activité le
juge commissaire fixe les conditions dans lesquelles ils seront rémunérés.
- En cas de liquidation
En principe le prononcé de la liquidation met fin à l’activité de l’entreprise
débitrice. Toutefois, à titre exceptionnel la juridiction compétente peut autoriser
une poursuite provisoire de l’activité pour une durée maximale de 60 jours si
l’intérêt public ou celui des créanciers l’exige. Ce délai peut être renouveler à la
même durée à la demande du syndic et après avis du ministère public.
Dans cette poursuite provisoire le débiteur ou les dirigeants sociaux ne peuvent
être employés pour faciliter la gestion qu’avec l’autorisation de la juridiction
compétente.
c-2) Le sort des contrats en cours
Le contrat est en cours lorsqu’il a été conclu mais il n’est pas entièrement
exécuter en général il s’agit des contrats à exécution successif.
Il se dégage de l’article 105 de l’acte uniforme un principe général : « …aucune
résiliation ou résolution d’un contrat en cours ne peut résulter du seul fait de
l’ouverture du redressement judiciaire ou de la liquidation des biens ».
Mais il faut noter que tous les contrats en cours ne sont pas avantageux pour le
débiteur. Aussi, la loi accorde au syndic la faculté d’opérer un choix c’est-à-dire
d’exiger ou de refuser la continuation du contrat : « le syndic seul à la faculté
d’exiger l’exécution des contrats en cours voir l’article 108 de l’acte
uniforme ».
 Première hypothèse : la continuation exigée par le syndic
Lorsque le syndic exige la poursuite d’un contrat en cours il doit fournir la
prestation promise aux cocontractants qui remplissent les obligations malgré le
défaut d’exécution par le débiteur des engagements antérieurs à la décision
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

d’ouverture. Lorsque la continuation est décidée le contrat est exécuté


conformément aux conditions envisagées au jour de l’ouverture de la procédure
nonobstant toute clause contraire. Mais le syndic qui a la faculté d’exiger
l’exécution du contrat peut ne pas régir dans ce cas il peut être mis en demeure
par tout moyen laissant trace écrites de la poursuite des contrats en cours. Cette
mise en demeure fait courir un délai de 30 jours à compter de la réception de la
mise en demeure par le syndic.
 La deuxième hypothèse : La résiliation ou la résolution du contrat en
cours
La résiliation ou résolution du contrat peut être de plein de droit ou
facultative :
- La résiliation ou résolution de plein droit
Le juge commissaire
1ère hypothèse : le syndic ne répond pas à la mise en demeure dans le délai
imparti, étant précisé que la fourniture de la prestation promise aux
cocontractants avant expiration de ce délai vaut décision de poursuivre de ce
contrat article 109 de l’acte uniforme ;
2eme hypothèse ; le syndic a exigé la poursuite du contrat mais ne fournit pas la
prestation promise au cocontractant ou ne paie pas une échéance s’il s’agit d’un
contrat à exécution successif.
- La résiliation ou résolution facultative
Il est prononcé par le juge commissaire à la demande du syndic dans deux
hypothèses :
Hypothèse 1 : lorsque le syndic prend la décision de ne pas poursuivre le contrat
en l’absence de toute mise en demeure ou lorsqu’après avoir exigé l’exécution
du contrat il lui parait que ce contrat n’est plus utile à la poursuite de l’activité
ou à la sauvegarde de l’entreprise, à la seule condition que la résiliation ne porte
pas atteinte excessif au seul intérêt du cocontractant.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

Hypothèse 2 : si après avoir exigé l’exécution d’un contrat en cours dans lequel
la prestation du débiteur porte sur le paiement d’une somme d’argent le syndic
ne sens plus en mesure de fournir la prestation promise ou s’il lui apparait qu’il
ne disposera pas des fonds nécessaires pour remplir les obligations du terme
suivant qu’il s’agit d’un contrat à exécution successif. En état de cause lorsque
la résolution ou la résiliation a été prononcée elle peut donner lieu à des
dommages et intérêts au profit du cocontractant dont le montant est déclaré au
passif de la procédure. Ces dommages et intérêts peuvent se compenser avec les
créances résultant de l’inexécution du contrat antérieur à la décision d’ouverture
de la procédure collective.
Pour la production des dommages et intérêts au passif, le cocontractant dispose
d’un délai de 30 jours à compter de la résolution ou de la résiliation du contrat.
Le principe du maintien des contrats en cours ne s’applique pas de façon
automatique au contrat de travail qui bénéficie de règles spécifiques.
c-3 ) La spécificité du contrat de travail
Lorsque le débiteur est assujetti à une procédure de redressement judiciaire ou
de liquidation des biens ses salariés à l’instar de ses créanciers éprouvent des
difficultés de recouvrement de leur créance de salaire mais en raison du
caractère alimentaire du salaire les rédacteurs de l’acte uniforme ont accordé
des privilèges aux salariés. Toutefois, il n’est pas exclu qu’en cas de nécessité
ses salariés soient licenciés.
 Les privilèges des salariés
Le code du travail offre deux privilèges aux salariés : le privilège général des
salaires et le super privilège des salariés.
- le privilège général
La créance du salaire est privilégiée sur les biens meubles et immeubles du
débiteur pour les 12 derniers mois de travail. En cas de liquidation des biens le
créancier privilégier est placé sur la vente des immeubles en 5ème positions et sur
la vente des meubles en 8ème position dans les mêmes conditions.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

- Le super privilège
D’après le code du travail en cas de redressement ou de liquidation des biens, la
rémunération de toute nature du salaire au salarié et apprenti pour les 60
derniers jours de travail ou d’apprentissage doivent déduction faite des
acomptes déjà perçus doit être payer dans les 10 jours suivant le jugement
déclaratif nonobstant l’existence de toute autre créance privilégier jusqu’à
concurrence d’un plafond mensuel identique pour toutes les catégories de
bénéficiaire. Les salariés de l’entreprise débitrice bénéficient ainsi d’un super
privilège pour les 60 derniers jours de salaire échus avant l’ouverture…
Comme son nom l’indique le super privilège est mieux classé que le privilège
dans l’ordre de classement des créanciers, il est classé en seconde position sur le
prix de réalisation des immeubles, et en 3 ème position sur le prix de vente des
meubles lorsque le débiteur est en situation normal.
Si le débiteur est soumis à une procédure de redressement judiciaire ou de
liquidation des biens il est classé en seconde position sur le prix de vente des
immeubles et en 3ème position sur le prix de vente des meubles.
Mais chaque immeuble ou meuble ne supporte qu’une portion de la créance de
salaire en proportion de ce qu’il représente par rapport à l’ensemble de l’actif du
débiteur.
En plus, l’article 96 de l’acte uniforme a prévu le paiement prioritaire des
créances super privilégié de salaire par le syndic ou les tiers avec possibilité de
subrogation dans les droits des travailleurs.
LA RUPTURE DES CONTRATS DE TRAVAIL
Lorsqu’il est devenu indispensable ou urgent de réduire la masse salariale, il est
possible que soit prononcé des licenciements pour motif économique. C’est au
syndic qu’il appartient de procédé au licenciement avec accord du juge
commissaire. Il lui revient d’établir l’ordre de licenciement conforment au code
du travail. En droit ivoirien son proposer en premier lieu le licenciement des
travailleurs présentant les moindres aptitudes pour les postes concernés et en cas
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

d’égalité d’aptitude professionnel les travailleurs les moins anciens. Pour ce


faire le syndic doit recueillir l’avis et les suggestions des délégués du personnel
ainsi que l’avis du contrôleur représentant du personnel, ceux-ci sont tenu de
répondre sous 8 jours à compter de la demande adresser par le syndic. Le syndic
communique à l’inspecteur du travail ses lettres de consultations des délégués
du personnel et leur réponse écrite.
Tous les documents (ordre des licenciements, lettre de communication…) sont
transmis au juge commissaire et il autorise en tout ou partie les licenciements
envisagés s’ils sont nécessaires au redressement de l’entreprise dans le cas
contraire il refuse. La décision du juge commissaire autorisant ou non les
licenciements est susceptible d’opposition dans les 15 jours de son prononcé
devant la juridiction compétente laquelle statut sous quinzaine.

SECTION 3 LES EFFETS DU JUGEMENT D’OUVERTURE SUR LES


CREANCIERS
PARAGRAPHE 1 : LA MASSE
A/ LA COMPOSITION DE LA MASSE
La masse est constitué par tous les créanciers dont la créance est antérieure à la
décision d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de
liquidation des biens même si l’exigibilité de cette créance était fixée à une date
postérieure à condition que cette créance ne soit pas inopposable en vertu des
articles 68 et 69. Il n’existe aucune distinction entre les créanciers, ainsi peuvent
être membre de la masse les créanciers chirographaires, ainsi que les créanciers
munis d’une sûreté, il n’existe pas non plus de distinction au niveau de la nature
de la dette.
B/ LES EFFETS DE LA DECISION D’OUVERTURE SUR LA MASSE
La situation des créanciers antérieur au jugement d’ouverture se caractérise par
les restrictions affectant leur droit.
1/ LES EFFETS SUR LE CONTENU DES DROITS DES CREANCIERS
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

Sur le contenu des droits des créanciers on peut remarquer que la décision
d’ouverture arrête le cours des inscriptions de toutes sûreté immobilière ou
mobilière. En outre, l’ouverture de la procédure collective agit sur l’exigibilité
des dettes voire article 75. La décision ne rend exigible les dettes non échues
qu’en cas de liquidation des biens et à l’égard du débiteur seulement voir
l’article 76. Lorsque les dettes sont exprimées en monnaies étrangères elles sont
converties en monnaie du lieu ou la décision d’ouverture du redressement
judiciaire ou de la liquidation des biens a été prononcé selon le court du change
à la date de cette décision voire l’article 76-1. Par ailleurs, la décision
d’ouverture arrête à l’égard de la masse seulement le cours des intérêts légaux et
conventionnelle ainsi que tous intérêts et majorations de retard de toutes les
créances qu’elles soient ou non garanties par une sûreté. Toutefois, s’agissant
d’intérêts résultant de contrat de prêt conclu pour une durée égale ou supérieur à
1 an ou de contrat assorti d’un paiement différé d’un an au plus, le cours des
intérêts se poursuit durant la procédure de redressement judiciaire, cette règle
bénéficie également aux personnes physiques coobligés ayant consenti une
sûreté personnelle ou ayant affecté ou cédé un bien en garanti.
2/ LES EFFETS SUR L’EXERCICE DES DROITS DES CREANCIERS
Ses effets sont déterminés par les articles 75 et 75-1, selon ses dispositions la
décision d’ouverture :
- Interrompt ou interdit toutes les actions en justice de la part de tous les
créanciers composant la masse. Ses actions doivent avoir pour objet la
condamnation du débiteur au paiement d’une somme d’argent ou la
résolution d’un contrat pour défaut de paiement ;
- Interdit toutes les procédures d’exécution de la part des créanciers tant sur
les meubles que sur les immeubles ainsi que toute procédure de
distribution n’ayant pas produit un effet attributif avant la décision
d’ouverture ;
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- Entraine la suspension des délaies d’échéance, de prescription ou de


résolution de leur droit accordé au créancier ;
- Interrompt les instances en cours : au jour de la décision d’ouverture sont
interrompu jusqu’à ce que le créancier poursuivant ait produit sa créance.
Ses instances sont reprises de plein droit en présence du syndic ou à tout
le moins ce dernier dûment appelé si elles tendent uniquement à la
constatation des créances et à la fixation de leur montant. Les actions en
justice et les procédures d’exécution autre que celle visé ci-dessus ne
peuvent plus être exercer ou poursuivi au cours de la procédure de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens qu’à l’encontre du
débiteur assisté du syndic en cas de redressement judiciaire ou représenté
par le syndic en cas de liquidation des biens.
Enfin l’article 75-1, prévoit l’extension de la suspension des poursuites aux
personnes physiques coobligés et aux cotions personnelles ou réelles pendant le
redressement judiciaire mais également pendant l’exécution du concordat de
redressement. Toutefois les créanciers bénéficiant de ses garanties peuvent
prendre des mesures conservatoires (sauvegarde des biens).
Il pèse sur la masse une obligation de production et de vérification des créances.

PARAGRAPHE 2 : LA PRODUCTION ET LA VERIFICATION DES


CREANCES
A/ LA PROCEDURE DE VERIFICATION DES CREANCES
1/ LA PRODUCTION DES CREANCES
Les créanciers antérieurs au jugement d’ouverture doivent déclarer ou produire
leur créance à la procédure collective du débiteur.
a/ Les créanciers assujetti à l’obligation de produire
Ils sont déterminés par l’article 78 de l’acte uniforme, selon cette disposition il
s’agit de tous les créanciers composant la masse peu importe qu’il s’agisse d’un
créancier chirographaire ou d’un créancier bénéficiant d’une sûreté.
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L’obligation de produire pèse aussi sur les créanciers qui introduis avant la
décision d’ouverture une procédure en condamnation du débiteur en vertu d’un
titre ou défaut de titre pour faire reconnaître leur droit.
Toutefois, ne sont pas assujetti à l’obligation de production des créances les
créanciers d’aliments ils sont totalement exonérés de cette obligation.

b) les modalités d’exécution de la production


Au terme de l’article 78, à partir la décision d’ouverture et jusqu’à l’expiration
d’un délai de 60 jours suivant la 2 ème insertion dans un journal d’annonce légale,
tous les créanciers constituant la masse sont tenus de produire leurs créances au
près du syndic. Lorsque les créanciers sont domiciliés hors du territoire de l’Etat
parti au traité de l’OHADA il bénéficie d’un délai de 90 jours suivant la 2 ème
insertion.
La production interrompt la prescription extinctive de la créance. Le délai
de production des créances ne commence à courir à l’égard des créanciers
bénéficiant d’une sûreté ayant fait l’objet d’une publicité qu’à compter de la
notification de l’avertissement qui doit leur être personnellement donné par le
syndic à travers tous les moyens laissant trace écrite voir l’article 79 de l’acte
uniforme. Dans tous les cas, les créanciers connus notamment ceux inscrit au
bilan doivent être avertis sans délai par le syndic s’ils n’ont pas produit leur
créance dans les 15 jours de la 1ère insertion de la décision d’ouverture dans un
journal d’annonce légale. Cet avertissement prend la forme de tous moyens
laissant trace écrite. Le même est adressé dans les plus brefs délai au contrôleur
représentant du personnel s’il en a été nommé un. Les créanciers tenus à
l’obligation de produire remettent au syndic une déclaration indiquant le
montant de la créance due au jour de la décision d’ouverture, les sommes à
échoir et les dates de leur échéance par lettre au porteur contre récépissé ou par
tout moyen laissant trace écrite (article 80). La déclaration doit préciser la
nature de la sûreté dont la créance est éventuellement assortie. Le créancier à
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l’obligation de produire tous les éléments de nature à prouver l’existence et le


montant de sa créance. Si la créance n’est pas liquide il doit faire l’évaluation
ou en cas de créance litigieuse désigner la juridiction saisie. Les documents
justificatifs sont joints en copie à la déclaration soit par le créancier soit par un
mandataire de son choix. Concernant les créances du trésor, de l’administration
des douanes, des organismes de sécurité et de prévoyance sociale leur
production sont toujours faites sous réserve des créances non encore établit et
des redressements ou rappel individuel.
c)la sanction en cas d’inexécution de l’obligation de produire
Lorsque les créanciers composant la masse n’ont pas produit leur créance dans
les délais impartis ils sont forclos dans ce cas ils ne sont pas admis dans la
répartition des dividendes. Leurs créances sont inopposables à la masse et au
débiteur pendant la période de redressement ou de liquidation des biens y
compris pendant la période d’exécution du concordat. Mais ils peuvent être
relevés de forclusion par décision motivé du juge commissaire tant que l’état
des créances n’a pas été arrêté et déposé encore qu’ils démontrent que la
défaillance n’est pas de leur fait. La demande en levé de forclusion est levée par
voie de requête et adressée au juge commissaire. Si le juge commissaire relève
de la forclusion les créanciers défaillants mention en ai porté par le greffier sur
l’état des créances. Les frais de cette instance en levé de forclusion sont
entièrement supportés par les créanciers défaillants, ses derniers ne peuvent
concourir pour les répartition et dividende postérieur à la levée de forclusion.

2/ LA VERIFICATION DES CREANCES


La vérification des créances est obligatoire quelque soit l’importance du
patrimoine du débiteur, mais le principe selon lequel la consistance du
patrimoine est indifférente dans l’obligation de vérification connaît des
assouplissements. Au terme de l’article 146-1, il n’est pas procédé à la
vérification des créances chirographaires s’il apparaît que le produit de la
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

réalisation de l’actif sera entièrement absorbé par les créances privilégiées ainsi
que par les frais de justice et les créances super privilégiées à moins que
s‘agissant d’une personne morale il y ait lieu de mettre à la charge des
dirigeants sociaux de droit ou de fait tout ou parti des actifs dans les conditions
des articles 183 et suivant.
La vérification des créances est faite par le syndic au fur et à mesure des
productions en présence de débiteur et des contrôleurs s’il en a été nommé ou en
leur absence s’ils ont été dûment appelés. Elle a lieu dans les 4 mois suivant la
2ème insertion de la décision d’ouverture dans un journal d’annonce légale . Si la
créance ou la sûreté est contestée ou discutée en tout ou en partie, le syndic en
avise le juge commissaire et les créanciers concernés. Cet avis du syndic doit
préciser l’objet et le motif de la contestation ou de la discussion, le montant de
la créance dont l’admission est proposée est contesté et contenir la reproduction
intégrale de l’article 85 de l’acte uniforme. Le créancier dispose d’un délai de
30 jours à compter de la réception de l’avis pour fournir ses explications écrites
et verbales au juge commissaire, passée ce délai il ne peut plus contester la
proposition du syndic, ce

3/ LA DECISION D’ADMISSION OU DE REJET DES CREANCES


A l’expiration du délai ci indiqué le syndic adresse au juge commissaire un état
des créances contenant ses propositions d’admission définitive ou provisoire ou
de rejet avec indication de leur nature chirographaire ou garantie par une sûreté
en précisant laquelle. Le créancier dont seule la créance est contestée est admis
à titre chirographaire. L’état des créances est déposé au greffe après vérification
et signature par le juge commissaire qui mentionne pour chaque créance le
montant, la nature, le caractère définitif ou provisoire de l’admission,
l’existence d’une instance en cours ou si la contestation ne relève pas de sa
compétence. Le juge commissaire ne peut rejeter en tout ou partie une créance
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

ou se déclaré incompétent qu’après avoir entendu ou dûment appelé le créancier


ou le revendiqué, le débiteur ou le syndic par tout moyen laissant trace écrite.

B/ LA REVISION DES DROITS DES CREANCIERS


1/ LES INOPOSABILITES DE LA PERIODE SUSPECTE
Lorsque le débiteur fait l’objet d’une procédure de redressement judiciaire ou de
liquidation des biens il arrive fréquemment que sentant venir la fin de son
entreprise il tente de soustraire certains biens à l’actif qui sera saisi. Lorsque les
actes accomplis par le débiteur en difficulté n’ont été en faveur de la masse des
créanciers ses actes peuvent être remises en cause, l’action paulienne est certes
ouverte à ses créanciers mais allons plus loin la loi leur facilite la tâche en
présumant le caractère frauduleux de certains actes passés pendant la période
suspecte. La période suspectes est définie par l’article 67 de l’acte uniforme
comme celle qui commence à compter de la date de cessation des paiements et
qui prend fin à la date d’ouverture de la procédure de redressement judiciaire ou
de liquidation des biens. L’intérêt principale de cette notion de période suspecte
est de rendre certains actes passés par le débiteur pendant cette période
inopposable à la masse (en OHADA) ou nuls (en droit Français). Contrairement
au législateur Français qui sanctionne les actes accomplis pendant cette période
par la nullité, les rédacteurs de l’acte uniformes ont choisi l’inopposabilité.
L’inopposabilité entretien des liens avec l’action paulienne mais il est différent
de la nullité.
-l’inopposabilité et l’action paulienne
Depuis le droit romain, le droit civil avait organisé au profit des créanciers une
action dite action paulienne destiné à rendre inefficace à leur égard les actes du
débiteur destiné à l’expolier. Par l’action paulienne le créancier peut agir en son
nom personnel pour faire déclarer inopposable à son égard les actes fait par son
débiteur en fraude de ses droits. L’inopposabilité se dit d’un acte juridique dont
la validité en tant que tel n’est pas contesté mais dont les tiers peuvent écarter
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

les effets. Appliqué aux procédures collectives, l’inopposabilité permet à la


masse d’ignorer certains actes faits par le débiteur.

-la nullité

Jusqu’à la loi du 25 janvier 1985, les actes visés étaient déclarés inopposables à
la masse des créanciers selon le schéma de l’action paulienne. L’inopposabilité
est toutefois une technique souvent complexe car elle impose de considérer le
même acte existent ou non selon les personnes en cause. Aussi, le législateur
Français a-t-il simplifié les choses depuis 1985 en déclarant que ses actes sont
annulés à la demande des organes à la procédure collective mais comme seul
ses organes peuvent agir en nullité il reste permis à un créancier d’exercer
isolément en action paulienne dont il tire profit. Cela conduit à reconstituer
l’actif du débiteur en y réintégrant les biens donnés ou vendus à bas prix et les
sommes payées à tord que les bénéficiaires de ses paiements doivent restituer.
La période suspecte à pour but de déterminer les différents qui seraient
inopposables à la masse ou nuls.
a) Les inopposabilités de droit
Au terme de l’article 68 (et L632-1 pour le cc français), sont inopposables de
droits les actes suivants :
- Tous les actes à titre gratuit translatifs de propriété mobilière ou
immobilière ;
- Tout contrat commutatif dans lequel les obligations du débiteur excèdent
notablement celles de l’autre partie ;
- Tout paiement quel qu’en soit le mode, de dettes non échues sauf s’il
s’agit du paiement d’un effet de commerce ;
b) Les inopposabilités facultatives
Selon l’article 69 de l’acte uniforme le juge peut juger inopposables les actes
suivants : voire article 65 et articles L632-2 du cc français.
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

2/ LE DROIT DE PROPRIETE
a) Les revendications
L’action en revendication est un droit qui permet au propriétaire d’une chose
détenu par tiers ici le débiteur de reprendre cette chose en établissant son droit
de propriété. En matière immobilière, les propriétaires d’immeuble détenu par le
débiteur ont la faculté de réclamer leurs biens c’est à dire de faire reconnaitre
leur droit de propriété sans restriction particulière si ce droit leur est contesté.
Au contraire les propriétaires de meuble, détenu par le débiteur ont toujours été
soumis à une discipline rigoureuse dans le cadre des procédures collectives.
(Car en matière de meuble possession vaut titre). Ils ont l’obligation de
revendiquer leur bien dans les conditions de formes et de délai déterminé
(article 101 et 101-1 de l’acte uniforme), faute de quoi leur droit sera
inopposable à la procédure de sorte que leur sera compris dans l’actif de celle-
ci. Les opérations de la procédure se poursuivent alors comme si les biens non
revendiquer appartiennent au débiteur, le droit du véritable propriétaire étant
inopposable à la procédure.
b) Les droits du conjoint du débiteur

Les droits du conjoint du débiteur ont connu une évolution notable, le code de
commerce de 1807 était sévère pour la femme du failli car on la soupçonnait
d’être responsable dans une certaine mesure de la faillite de son mari
notamment par son train de vie. Le code de commerce établissait donc une
certaine solidarité dans le malheur. La loi du 28 mai 1838, transposer dans les
colonies était sensiblement plus favorable à la femme du débiteur, car le
législateur a considéré que de nombreuses femmes était plutôt victime que
complice des agissements de leur mari. Par la suite le décret du 20 mai 1955,
tenant compte de l’accès des femmes au commerce a réduit la sévérité du
traitement du conjoint qui peut désormais être indistinctement l’homme ou la
femme. Les lois françaises du 13 juillet 1967, et du 25 Janvier 1985 ont apporté
Mme Bégnara M’bra, begnara.mbra@inphb.ci

beaucoup de modification à ce régime. Elle facilite les revendications du


conjoint du débiteur sauf en ce qui concerne les libertés et les avantages
matrimoniaux consenti par le contrat de mariage. L’acte uniforme s’inspire de
ses solutions dans es articles 99 et suivant.

La reprise des biens personnel

Au terme de l’article 99, lorsqu’un débiteur est soumis au redressement


judiciaire ou à la liquidation des biens sont conjoint peut reprendre ses biens
personnels mais la consistance des biens personnels du conjoint est établie par
lui conformément au régime matrimonial. La masse des créanciers peut en
prouvant par tous moyens que les biens acquis par le conjoint du débiteur l’ont
été en tout ou partie avec des valeurs fournies par celui-ci, demandé que les
acquisitions faites soient réunies à l’actif à proportion de la contribution du
débiteur le cas échéant en valeur.

Le sort des avantages matrimoniaux

D’après l’article 100 de l’acte uniforme, le conjoint du débiteur qui à l’occasion


de la célébration du mariage ou dans l’année de cette célébration ou encore dans
l’année suivante exerçait une activité professionnelle indépendante, civile,
commerciales, artisanale ou agricole ne peut exercer dans la procédure
collective aucune action à raison des avantages fait par l’un des époux fait à
l’autre dans le contrat de mariage ou pendant le mariage.il en résulte que tous
ses avantages restent acquis. De leur coté les créanciers ne peuvent se prévaloir
des avantages faits par l’un des époux à l’autre pendant la période sus indiqué,
tous ses avantages consentis pendant cette période restent les biens personnels.

PARAGRAPHE 3 LES DIFFERENTES CATEGORIES DE CREANCIER ET


LEUR DROIT