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UNIVERSITE DE Dr MOUALY TAHAR, SAIDA, FACULTE DE TECHNOLOGIE,

DEPARTEMENT ELECTROTECHNIQUE, MASTER 1 : RE,


12 avril 2020 au 18 avril 2020 MODULE: MORE, Chapitre 3 (partie 2)

Calcul de l’écoulement de puissance


(Suite-partie 2)

3.4 Résumé de résolution du problème de l’écoulement de puissance:


Pour résoudre le problème de la répartition des charges, il est naturel de songer à la méthode :
1/ la loi des mailles

2/ la loi des nœuds
Cette dernière est plus fréquente, car la matrice des admittances [Y] aux nœuds est plus facile à éta-
blir, dans un réseau à « n » nœuds.
Les équation reliant les tensions [ V ] et le courants [ I ] injectées aux différents nœuds forment un système
linéaire d’ordre n.
En pratique, on associe à chaque nœud, quatre grandeurs : la puissance active, la puissance réactive,
le module et l’argument de tension.
Il existe cependant dans chaque réseau trois types de nœuds :
1-Nœuds producteurs : Ces nœuds sont associés aux centrales où la puissance active ̎ PG ̎ et le mo-
dule de tension ̎ E ̎ sont connus, on doit donc trouver la puissance réactive ̎ QG ̎ et la phase de la tension ̎ θ
qui sont inconnues.
2-Nœuds consommateurs : ces nœuds associes directement aux charges où ̎ Pch et ̎ Qch ̎ sont con-
nus, donc reste à déterminée ̎ V ̎ et ̎ θ
3-Nœuds bilan : généralement associé à la centrale la plus puissante du réseau et elle est caracté-
rises par le module de la tension ̎ V ̎ et sa phase ̎ θ ̎ de celle- ci. Elle est souvent prise comme origine des
phases est posée égale à zéro, donc reste à trouver les puissances actives ̎ PG ̎ et réactives ̎ QG ̎.
On est obligé de laissé varie la production de puissance active de l’une des centrales (généralement la cen-
trale la plus puissance) ceci pour satisfaire l’égalité qui définit que :
Production = Consommation + Pertes
En résume le problème se pose alors sous la forme suivante :

Grandeur p Q V θ
Type de nœud
Bilan inconnue inconnue connue connue

Producteur connue inconnue connue inconnue

Consommateur connue connue inconnue inconnue

Tableau (3-2) : Résolution de charge.

1 Mme KENNICHE FATIHA


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Après avoir classifié les 6N variables (PG, QG ,Pch ,Qch, V, θ) la solution du système d’équations
formé , peut être obtenue en suivant les étapes ci-dessous :

Étape 1. A partir de la connaissance de la demande de la clientèle, on possède toutes les informations re-
quises sur les 2 n variables incontrôlables.

Étape 2. On spécifie alors 2 n variables de contrôle ; par exemple les puissances générées.

Étape 3. Les 2 n variables qui restent constituent les inconnues. A l'aide de 2 n équations, on peut résoudre
ce système d'équations par une des méthodes numériques itératives.

A. Contraintes pratiques sur les variables :

Pour satisfaire les conditions pratiques, les 4 n variables d'état et de contrôle de la solution de l’écoulement
de puissance doivent être à l'intérieur de certaines limites :

• Les variables d'état Vi doivent satisfaire la relation d'inégalité

Vi min  Vi  Vi max i=1 :n (3 .27)

Cette contrainte signifie qu'aucune tension nodale ne sera acceptée lorsque son module ne se situe pas a
l'intérieur d’une tolérance spécifiée ; par exemple ±10% de la valeur nominale.

• Certaines variables θi doivent satisfaire la contrainte d'inégalité :

ij min  ij  ij max (3.28)

Cette relation (2.14) spécifie l’angle maximum de transport de puissance de la ligne joignant les barres i et
j à ne pas dépasser.

• De par la limitation physique des sources de puissances actives et réactives, les relations d'inégalité
suivantes doivent être satisfaites par les variables de contrôle PGi et QGi.

PGi min  PGi  PGi max (3.29)

QGi min  QGi  QGi max (3.30)

3.4.1 Exemple de démonstration pour deux jeux de barres :


Nous pouvons démontrer d'une façon simple les propriétés fondamentales de l'étude de l'écoulement
de puissance par la discussion d'un système à deux jeux de barres qui est montré à la figure (3-2). Un ré-
seau électrique réel ne peut pas être de cette simplicité, mais cela va seulement servir comme objet de dé-
monstration.
Chaque jeu de barres est alimenté d'un générateur. Les générateurs fournissent les énergies S G1 et

S G 2 aux jeux de barres. Les charges demandées sont prises de chaque jeu de barres à des quantités S D1

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et S D 2 , les deux jeux de barres sont liés par une ligne de transmission caractérisée par une admittance série

YS et une admittance parallèle Y p .

Les tensions des jeux de barres sont symbolisées par V1 et V2 respectivement. Pour ce réseau les
puissances des deux jeux de barres sont :
P1 + jQ1 = PG1 − PD1 + j (QG1 − QD1 )
 (3-31)
P2 + jQ2 = PG 2 − PD 2 + j (QG 2 − QD 2 )

Figure (3-2): Exemple d'un réseau électrique à deux jeux de barres

3.4.2 Les équations de l'écoulement de puissance :


La construction du modèle mathématique duquel nous pouvons prédire la forme (aspect) de l'écou-
lement de puissance, est essentielle pour la compréhension du mécanisme de l'écoulement de puissance.
Dans la formulation des équations de l'écoulement de puissance l'une des deux matrices (admittance
ou impédance est nécessaire).
La puissance apparente S1 injectée au jeu de barres 1 est donnée par l'équation S1 = V1 I 1* où I 1 est
le courant qui entre dans le jeu de barres 1. Ce courant est composé de deux composantes, une composante
Y pV1 qui s'écoule à travers l'admittance shunt, et une composante (V1 − V2 )YS qui s'écoule à travers l'ad-

mittance série de la ligne équivalente du réseau. D'après la loi de Kirchhoff appliquée à un jeu de barres
nous avons:
S1*
I 1 = * = V1Y p + (V1 − V2 )YS (3-32)
V1

S 2*
I2 = = V2Y p + (V2 − V1 )YS (3-33)
V2*
NB : Les équations (3-32) et (3-33) sont données pour une seule phase.
On peut écrire ces deux dernières équations d'une manière plus simple :

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 S1*
 1
I = = Y11V1 + Y12V2
 V1*
 *
(3-34)
I = S 2 = Y V + Y V
 2 V* 21 1 22 2
 2

Avec :
Y11 = Y22 = Y p + YS
(3-35)
Y12 = Y21 = −YS
Maintenant nous allons introduire les matrices et les vecteurs suivants :
 I1 
I BUS =   Vecteur de courants des jeux de barres (3-36)
I 2 

V1 
VBUS =   Vecteur de tensions des jeux de barres (3-37)
V2 

Y Y 
YBUS =  11 12  La matrice admittance du réseau (3-38)
Y21 Y22 

Z Z12 
Z BUS =  11  La matrice impédance du réseau (3-39)
Z 21 Z 22 
Nous pouvons écrire les équations (3-34) d'une manière plus simple
I BUS = YBUSVBUS (3-40)

VBUS = Z BUS I BUS (3-41)

Ces équations sont complexes, linéaires. La caractéristique de linéarité assure une simple solution
des inconnues. Les courants aux jeux de barres seront calculés par la substitution directe dans (3-34), et
vice versa. Si les courants sont des inconnus, les tensions aux jeux de barres seront calculées d'après (3-
40). Naturellement nous avons besoin d'inverser la matrice YBUS .

En réalité, ce sont les puissances qui seront connues et pas les courants, ce qui change la forme des
équations (3-34) à :

S1 = P1 − jQ1 = (Y11V1 + Y12V2 )V1
* *

 * (3-42)

S 2 = P2 − jQ2 = (Y21V1 + Y22V2 )V2
*

Ces équations sont les équations de "l'écoulement de puissance" ou "l'écoulement de charge" re-
cherchées.
La solution de ces équations est plus difficile que la solution du system d'équations linéaires (3-40)
et (3-41), car elles ne sont pas linéaires.

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3.4.3 Equations de l'écoulement de puissances dans les lignes :


Quand la solution itérative des tensions est achevée, nous pouvons calculer l'écoulement de puis-
sance dans les lignes.
Le courant de la branche entre les deux jeux de barres i et j, qui a le sens positif de i vers j est :
I ij = (Vi − V j )Yij + ViY p (3-43)

Avec Yij : l'admittance de la ligne

Y p : L'admittance phase -terre (ou la mise à la terre ou admittance shunt).

Vi Y p : La contribution du courant au jeu de barres due de la mise à la terre.

Pij − jQi j = Vi* I ij (3-44)

Pij = jQij = Vi (Vi − V j )Yij + Vi ViYp


* *
(3-45)

Pij − jQij = V j (V j − Vi )Yij + V j V jY p


* *
(3-46)

La perte de puissance dans la ligne entre les deux jeux de barres i et j est la somme algébrique de la
répartition des puissances déterminées à partir des relations (3-45) et (3-46).

3.4.4. Classification des variables de l'écoulement de puissance :


La dernière observation nous permet de remarquer une des plus importantes spécifications du pro-
blème. Donc il est impératif d'introduire un certain ordre sur les variables pour cette raison on les partage
en groupe naturelle suivant :
3.4.4.1 Les variables de perturbation ou non contrôlables:
Parmi les douze variables des équations de l'écoulement de puissance, les variables de la demande
(charge) Pch1 , Pch 2 , Qch1 , Qch 2 ne sont pas contrôlables car elles dépendent seulement des utilisateurs de la

puissance. Les variables de perturbation avec cette définition constituent les composantes du vecteur de
perturbation P.
 P1   Pch1 
P  P 
P=  2 
=  ch 2  (3-47)
Q1  Qch1 
   
Q2  Qch 2 

3.4.4.2 Les variables de contrôle et d’état :


Les huit variables V1 , V2 ,1 , 2 , PG1 , PG 2 , QG1 , QG 2 peuvent facilement être groupées en deux

groupes, les variables de "contrôles" et variables"d'état".

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✓ Les variables V1 , V2 ,1 , 2 sont définit comme variables d'état. Pour utiliser la notation connue

dans la théorie de contrôle ces variables doivent être représentées par les variables X 1 ,.....X 4

✓ Les variables PG1 , PG 2 , QG1 , QG 2 sont des variables de contrôle, et que nous préférons les symboli-

sées par U1 ,.....U 4 , donc nous aurons:

 X 1   1 
 X   
X=   =  
2 2
X : vecteur d'état (3-48)
X 3  V1
   
 X 4   V2 

U 1   PG1 
U   P 
U=  2  =  G 2  U : vecteur de contrôle (3-49)
U 3  QG1 
   
U 4  QG 2 

3.5 Méthode de solution des équations de l’écoulement de puissance :


Il existe plusieurs façons de résoudre le système.
En exprimant les équations relatives aux Pi et Qi connus (Pi pour les nœuds ‘PV’ des générateur ; Pi
et Qi pour les nœuds ‘PQ’ des charges et aucune pour le nœud PV), nous obtenons un système d’équation
dont la résolution est généralement plus complexe au fur et à mesure que le nombre de nœuds croît. La
résolution manuelle d’un tel problème n’est envisageable que pour un nombre de nœuds très réduit. Les
systèmes plus complexes nécessiteront un soutien numérique à la résolution.

La solution la plus simple consiste à résoudre le système constitué par les équations non linéaires Pi
et Qi à l’aide d’un logiciel informatique adapté tel que Mathématica, ou, encore plus directement, par un
logiciel spécialisé dans le calcul de load flow tel que Power World, Neplan ….

D’autres solutions, basées sur les méthodes numériques itératives de Gauss-Seidel , Newton-
Raphson et Méthode découplée rapide sont envisageables.

3.5.1 Méthode Itérative de Gauss-Seidel

Cette méthode consiste à enlever séquentiellement chaque nœud et actualiser sa tension en fonction
des valeurs disponibles de toutes les tensions.

1  Pi − jQi n 
Vi = 
Yii  Vi *
−  Yij .V j  (3.50)
j i 

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 
1  Pi − jQi i −1 n
Vi k +1 = −  Y .
V k +1
 Y .
V  (3.51)

( ) 
* ij j ij j
Yii V k
j =1 jI
 i 

Le processus itératif est obtenu quand l’expression suivante est satisfaite :

max Vi k +1 − Vi k   (3.52)

Le processus peut être accéléré, en diminuant le nombre d’itérations, par l’introduction d’un facteur
d’accélération α : (α donné)

Vi ,accl k +1 = Vi k +  (Vi k +1 − Vi k ) (3.53)

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Formulation de la matrice d’admittance

Initiation des tensions Vi0 i≠S ,i=1 :N,K=0

max V k

I =S

Calcul des tensions Formule (3.51) pour N nœuds

Vi k = Vi k +1 − Vi k

Vi k  max V k Vi k  max V k


k +1 → k

Vik + 1 → Vik i = 1: N.i  S

i +1 → i

iN

V k  

Évaluation de la puissance à la barre de référence, P1 et Q1


(3.42)
Calcul de l’écoulement dans les lignes et les pertes

FIN

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