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Quel changement entraîne la publication de ce « vade-mecum » ?

Ce document est d'abord un formidable instrument de travail au service des évêques et


responsables de congrégation. Le changement ne se situe pas dans le fond – puisqu’aucune
nouvelle norme, règle ou loi n’y est incluse – mais dans la forme. Nous avons maintenant
cet outil clair, précis et évolutif qui fait la synthèse, au même endroit, de toutes les
procédures. C'était une demande formulée en février 2019 par les présidents des
Conférences épiscopales et cette publication est donc la même pour tout le monde dans
l’Église : malgré les différences qui peuvent exister dans les pays, ce document s'applique
pour tous au même titre. Chaque Église locale a déjà ses propres documents – c'est le cas en
France – mais dans ce « vade-mecum », que le cardinal Ladaria, préfet pour la
Congrégation pour la doctrine de la foi, présente comme un « manuel d'instruction », on
peut suivre tout le déroulement de A à Z, du moment où un responsable ecclésial reçoit
l’information d’un éventuel délit, jusqu'à la conclusion de l'ensemble des procédures
judiciaires et autres dans l’Église.

Il faut noter que ce manuel est public : il est accessible à tous. Les personnes victimes, les
juristes ainsi que tout un chacun peut y avoir accès. Les directives pouvaient sembler
jusque là obscures, difficiles à trouver ou à comprendre… Aujourd’hui, il n’y a plus rien de
caché, de secret. Personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas quoi faire.

Comment allez-vous intégrer ou utiliser ce « manuel » à votre travail au sein de la


Cellule permanente de lutte contre la pédophilie de la CEF ?

Je dois souligner que nous n’avions pas attendu le Vatican pour nous atteler à ce devoir de
transparence et de clarté sur les procédures. Des documents existent en France pour
répondre aux besoins de mieux comprendre les normes de l’Église concernant ce sujet, et
les actions à entreprendre à plusieurs niveaux. Sans compter que beaucoup d’éléments de ce
manuel – l’obligation d’informer la justice de son pays si elle le stipule, celle de faire
connaître les faits à Rome, celle d’enquêter – sont déjà dans les pratiques ordinaires des
évêques et supérieurs religieux en France.

Mais il va être intéressant de relire ce manuel afin de compléter et d’améliorer la rédaction


de nos propres textes. Nous allons voir, au sein de la Cellule permanente de lutte contre la
pédophilie, comment les référents dans les diocèses pourront se l’approprier. Il pourra être
utile pour enrichir les formations que nous avons mises en place et que nous continuons à
actualiser régulièrement. Malgré un aspect juridique, les grandes lignes qu’il dégage
clarifient et ordonnent les idées sur ce sujet large.

Révélations sur la face cachée de Jean Vanier

Ces derniers mois ont vu la révélation d’abus spirituels et d’atteintes sexuelles


perpétrés par des fondateurs de communautés ou associations catholiques
importantes, sur mineurs et sur majeurs considérés en situation de vulnérabilité. Est-
ce que cette publication est un outil dans la recherche de vérité qui anime les
structures catholiques en France ?

Ce vade-mecum est bien un outil précis et pratique pour continuer à faire la vérité dans
l’Église. Il est un instrument de plus montrant que ce chemin de vérité n’est pas fait de
manière subjective, ni émotionnel mais selon le droit. Il rappelle aussi que même en cas de
dénonciations de faits sous forme anonyme, nous restons invités à faire la vérité
progressivement sur les éléments qui semblent crédibles. Grâce à lui, nous maintenons le
cap pour que les choses ne restent pas cachées, pour que l’on ne refuse pas l’écoute. En
cela, ce manuel détaille le traitement des personnes, la prise en compte de la victime et le
processus pour l’auteur présumé.

Ces derniers mois – voire années – c’est à un autre niveau que s'est jouée la reconnaissance
des abus, au sein des structures. C’est intéressant de voir une volonté claire de leur part de
soulever le voile sur leur histoire, leur réalité à travers des commissions. Celles-ci ont
permis des états des lieux, la compréhension de systèmes globaux, mais la suite se règle
dans le droit de l’Église qui est ainsi réaffirmé dans ce manuel.

Les Frères de Saint-Jean ont déci