Vous êtes sur la page 1sur 6

http://fahmibouhjar.cd.

st

Chapitre 2
L’organisation scientifique du travail : méthodes et
applications
I. Historique
Depuis toujours l’homme a essayé de diminuer sa peine en procédant par simplifier le
travail. Les fondateurs de l’OST sont apparus au 19ième siècle, mais on peut affirmer que
René Descartes (17ième siècle) était le grand penseur dans ce domaine. En effet, il a énoncé
dans son livre « le discours de la méthode » les règles fondamentales de l’OST :
 Règle de l’évidence : « ne pas accepter pour vrai un fait, si on ne le connaît pas
comme tel »
 Règle de l’analyse : « diviser chacune des difficultés, en autant des parcelles
qu’il se peut, pour mieux le résoudre »
 Règle de synthèse : « ordonner ses pensées en commençant par les objets les
plus simples et monter peu à peu jusqu’aux connaissances les plus composées ».
 Règle de la division d’ensemble : « tout réviser sans rien omettre ».
Frédéric Taylor (ingénieur américain 1856-1915)
Les principes de Taylor étaient les suivantes :
- pour tout travail étudier une technique rationnelle remplaçant les méthodes routinières.
- Transmettre systématiquement cette technique à l’exécutant pour qu’il puisse
l’appliquer intégralement.
- Séparer les fonctions de préparation de travail à celles d’exécution.
- Spécialiser chacune des fonctions.
- Etablir équitablement entre la direction et le personnel, les bénéfices résultant de
l’augmentation du rendement.
Franck Gilbreth (citoyen américain 1868-1924)
Ses travaux et ceux de sa femme sont orientés vers l’étude des mouvements des
travailleurs : remplaçant par des mouvements courts et moins fatigants les mouvements longs
et épuisants.
Henri Fayol (Ingénieur des mines français 1841-1925)
Parallèlement à Taylor qui s’est spécialisé dans les problèmes de fabrication, Fayol a
étudié les problèmes de gestion. Il a défini les six fonctions de l’entreprise : Administrative –
financière – comptable – technique – sécurité – sociale – commerciale. Et il a défini les cinq
impératifs de Fayol (prévoir – organiser – commander – coordonner – contrôler).
http://fahmibouhjar.cd.st

Stakhanov (ancien mineur russe)


Le stakhanovisme est une méthode de travail crée vers 1935 en URSS se rapprochant du
taylorisme, avec en plus la notion du « rendement maximum élevée à la hauteur d’un devoir
patriotique ».
II. Organisation rationnelle du travail
Les principes de base d’une organisation rationnelle de travail sont :
 La division
 La spécialisation
 La modernisation
 La préparation
II.1 La division
C’est la fragmentation du travail en plusieurs tâches exécutées, chacune par un
exécutant. La division de travail a pour conséquences directes l’acquisition d’une plus grande
habilité de l’exécutant et un gain de temps important.
La division de travail permet d’avoir une structure de travail appelée travail à la chaîne.
Cette structure consiste à diviser le travail en tâches parcellaires confiées à des exécutants
placés les uns à la suite des autres comme les maillons d’une chaîne. L’exécutant est attribué à
une tâche bien définit qu’il exécute sur toutes les pièces. Le travail à la chaîne est
généralement remplacé par travail en ligne.
La confection d’un grand nombre d’objets semblables dans des conditions identiques
est appelée travail en série. Dans ce cas on distingue : la petite série et la grande série.
Pour la petite série, on ne fabrique pas une grande quantité de vêtements et on exécute
souvent plusieurs opérations sur la même machine ce qui aboutit à un réglage pour chaque
opération. Le travail en grande série consiste à fabriquer une grande quantité de vêtements, on
exécute donc une opération par machine.
II.2 La spécialisation
Elle est inséparable de la division du travail puisqu’elle en est la conséquence directe.
Chaque tâche parcellaire est confiée à un exécutant choisi en raison de ses capacités, de
ses aptitudes et de ses goûts. Cet exécutant fait toujours la même partie d’un travail, il le fait
vite et bien.
Les conséquences de la spécialisation sont :
- la rapidité d’exécution
- qualité supérieure
- d’où un prix compétitifs
- salaires meilleurs
http://fahmibouhjar.cd.st

II.3 La modernisation
La modernisation concerne surtout les conditions de travail. On distingue
principalement :
- le machinisme : diminution de la peine des hommes ; la rapidité ; précision et
efficacité.
- L’ambiance : locaux aérés, climatisés et dépoussiérés.
- La sécurité : protection, repos ; etc.
La modernisation contribue à améliorer les relations humaines ainsi que la production.
II.4 La préparation
On peut diviser la préparation en cinq étapes :
 La fixation des tâches : définir le début et la fin du travail avec des instructions
précises.
 La préparation du travail : c’est prévoir la quantité de travail que peut faire l’exécutant
dans une journée normalement sans fatigue excessive
 Le contrôle du temps : afin de déterminer la durée exacte d’une tâche donnée.
 La formation de l’exécutant : il doit être préparé au travail pour lequel il est destiné
mode opératoire, utilisation de l’outil, temps de l’opération
 La prospective : c’est prévoir ce que l’entreprise pourrait fabriquer dans l’avenir, par
conséquent préparer à l’avance l’élaboration de nouveaux vêtements.
III. L’organisation et les méthodes d’applications

III.1. Définition

L’organisation est l’ensemble des règles permettant d’obtenir des produits de qualité
bien définie dans le délai le plus court au prix le plus bas et dans les meilleures conditions de
travail. On dit que l’organisation est la science de la production optimale basée sur la
méthode, la précision et la mesure. Qui dit organisation dit simplification du travail et pour
simplifier un travail on applique 4 principes fondamentaux cherchant à trouver :
- la manière la plus simple de travailler.
- La manière la plus rapide.
- La manière la plus facile.
- La manière présentant le plus de sécurité.
Pour simplifier un travail, on suit une méthode qui mène à parcourir cinq étapes :
1- Choisir C
2- Observer O
http://fahmibouhjar.cd.st

3- Critiquer C
4- Construire C
5- Appliquer A
CHOISIR
On choisit le travail à étudier, les moyens de fabrications, le personnel etc…
OBSERVER
On observe le travail sur place, noter tous les évènements même accidentels. On note ce
qui a été vu et non ce qui devrait être.
L’observation des faits est très importante car tous les travaux d’analyse et d’étude sont
basés sur cet enregistrement.
CRITIQUER
C’est examiner chacun des détails enregistrés lors de l’observation et distinguer les
qualités ou les défauts d’un travail. On répond aux questions doit – on le faire ? Le faire
ainsi ? Et pourquoi ?
CONSTRUIRE
Les réponses non satisfaisantes aux questions de la critique vont dicter la construction
de la nouvelle méthode de travail soit en éliminant, soit en combinant, soit en simplifiant ou
en permutant.
APPLIQUER
C’est construire un dossier complet du nouveau procédé comprenant la description du
nouveau mode opératoire et les dépenses à engager ainsi que les gains relevés.
Pour appliquer une méthode on doit la faire accepter par la direction, établir les fiches
d’instructions pour les ouvriers et vérifier que la nouvelle méthode est bien la seule
employée.
 Faire l’essai de la méthode proposée et prouver son efficacité.
III.2 L’enregistrement : symboles analytiques
Les faits à observer ou à critiquer peuvent toujours être associés à l’un des évènements
suivants : opération- transport- contrôle- stockage- attente ou délai.
- L’opération il y a opération lorsque la matière ou l’objet est modifié dans
ses caractéristiques physiques ou chimiques (assemblages, préparation,…).
L’opération peut être décomposée en trois types :
 L’opération efficace qui correspond à la réalisation utile du travail (cercle
noir).
http://fahmibouhjar.cd.st

 L’opération pré opération qui correspond aux gestes de l’opérateur permettant


l’exécution de l’opération efficace (cercle blanc).
 L’opération post-opératoire : qui correspond aux gestes postérieurs à
l’opération efficaces.
- Le transport : un transport intervient quand l’objet change de place
sauf lorsque de tels mouvements font partie de l’opération, on distingue le transport à vide
(flèche blanche) et le transport à charge (flèches noir)
- L’attente : il y a attente lorsque l’objet ne subit pas immédiatement l’activité
qu’il occupe. Il y a attente lorsque l’ouvrier est en arrêt dans son travail pour une raison
quelconque. Elle s’exprime aussi par « temps mort » ou « délai ».
- Le contrôle : c'est-à-dire la vérification. Il y a contrôle lorsque l’objet est
examiné pour l’identification ou la vérification en qualité ou en quantité.
- Le stockage : il y a stockage lorsque l’objet est immobilisé en un lieu bien
déterminé et que son enlèvement résulte d’un ordre écrit ou verbal.
III.3 Critique de la méthode actuelle
Tout travail doit être attaqué par la question pourquoi ?
Pour chacun des éléments de l’analyse, il faut systématiquement se poser les cinq
questions fondamentales :
 QUOI ?  que fait-on ?
 QUI ?  qui le fait ?
OÙ ?  Où le fait- on ?
 QUAND ?  quand le fait-on ?
 COMMENT ?  comment le fait – on ?
En choisissant parmi les idées d’améliorations résultant des 5 questions clés, on
concrétisera la nouvelle méthode de travail en appliquant les quatre idées suivantes :
- Eliminer : supprimer ce qui est inutile.
- Combiner : réunir deux ou plusieurs opérations, grouper des transports.
- Permuter : changer, inverser deux opérations etc.
- Améliorer : définir une nouvelle méthode.

A chacune des questions citées si dessus correspond une action à mener :


 A la question Quoi ? Correspond une recherche d’élimination.
 A la question Qui ? Correspond une recherche de permutation.
 A la question OU ? Correspond une recherche de changement de lieu.
http://fahmibouhjar.cd.st

 A la question Quand ? Correspond une recherche de changement de séquence.


 A la question comment ? Correspond une recherche d’amélioration se traduisant
généralement par une simplification.
 Aux questions Qui ? OÙ ? Et Quand ? Peuvent correspondre une recherche de
combinaison.