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Le texte ci-dessous a été publié dans la revue Les Carnets du Cediscor.

Il peut être cité avec


les références suivantes :
KRIEG-PLANQUE Alice (2009), « A propos des “noms propres d’événement”.
Evénementialité et discursivité », dans Les Carnets du Cediscor, Paris, Presses de la Sorbonne
nouvelle, n°11, pp. 77-90.

Seule la mise en page (sauts de page) diffère légèrement de l’article originellement publié sur papier. Ce texte
sera mis en ligne sur le portail Revues.org en mars 2011 (http://cediscor.revues.org/729), ainsi que l’ensemble
des articles de ce numéro des Carnets du Cediscor qui était consacré à « Le nom propre en discours »
(coordonné par Michelle Lecolle, Marie-Anne Paveau et Sandrine Reboul).
Résumé de l’article :
D’abord, on dresse une rapide synthèse des modes sous lesquels ont été abordés les rapports entre événement et
faits langagiers (« événement de discours », « événement de parole », « événement linguistique »…). Ensuite, on
s’attache à saisir certaines des questions posées par l’idée de « nom propre d’événement ». Sans épuiser le sujet,
on appréhende la portée et l’utilité d’une telle notion, en particulier pour l’étude de corpus médiatiques. Dans le
cadre d’une mise en discours du monde par les médias d’information où la notion d’« événement » est toujours
centrale et où sont à l’œuvre l’élaboration de séries et la recherche de prototypicités, la possibilité de construire
des classes d’événements apparaît comme une ressource digne d’être analysée. À la croisée de la linguistique, de
l’analyse du discours et de l’étude des pratiques d’écriture journalistique, nous nous intéressons ainsi à des
discours ayant recours par exemple à l’antonomase (comme dans « un Tchernobyl chimique » à propos d’une
pollution en Chine), à des énoncés sortaux (comme dans « une sorte de purification ethnique » au sujet du sort
réservé aux Toucouleurs en Mauritanie), ou encore à ce que nous appelons des énoncés déclinants (tels que
« “opération mains propres” à la sauce indienne » ou « “nettoyage ethnique” façon Belfast »).
Mots-clés :
nom propre d’événement, catégorie dénominative, discours médiatique, pratiques journalistiques,
événementialité, analyse du discours

À propos des “noms propres d’événement”


Événementialité et discursivité

Alice Krieg-Planque
Université Paris 12 - Paris-Est Créteil
Céditec (EA 3119)

Nous nous intéressons ici à la notion de nom propre d’événement, en particulier telle qu’elle
s’illustre dans les discours médiatiques. Le minimum que l’on puisse dire du nom propre
d’événement est qu’il constitue une dénomination, au sens de G. Kleiber. En effet, suivant la
réflexion proposée par celui-ci (1981 et 1984, également 1995 et 1996), le nom propre
d’événement suppose l’institution d’une association référentielle durable entre un objet et un
signe, par opposition à la désignation, qui repose sur une association occasionnelle entre une
séquence linguistique et un élément de la réalité. Ceci étant posé, il importera encore de
spécifier ce que la notion d’événement apporte à la notion de nom propre d’événement, ce que
nous ferons dans un second temps de cet article. Une troisième partie sera consacrée à l’étude
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de certains des enjeux de la notion dans les discours médiatiques. Dans le cadre d’une mise en
discours du monde par les médias d’information où la notion d’événement est toujours
centrale, et où sont à l’œuvre l’élaboration de séries et la recherche de prototypicités, la
possibilité de construire des classes d’événements apparaît en effet comme une ressource
digne d’être analysée.

1. « Faits langagiers » et « événement » : des rencontres notionnelles productives

Cette première partie s’attache à souligner combien la notion d’événement et différentes


notions renvoyant à des faits langagiers (langage, langue, discours, parole…) ont créé des
rencontres productives. En effet, les propositions foisonnent, et une même expression peut
recouvrir des notions distinctes selon les auteurs. Cette rapide synthèse des modes sous
lesquels ont été abordés les rapports entre événement et faits langagiers vaut préambule et
n’entend nullement constituer un exposé exhaustif.
L’événement est couramment mis en rapport avec la notion d’énonciation : É. Benveniste
([1967] 1974) a ainsi souligné que toute parole est un événement parce qu’elle ne se reproduit
jamais deux fois à l’identique. Il est suivi sur cette voie par des linguistes et chercheurs aussi
divers par ailleurs que A. Compagnon (1979 : 89), O. Ducrot (1982 : 68 ; 1984 :179), ou J.-C.
Anscombre (1995 : 186), mais aussi à l’extérieur de la discipline par M. Foucault (1969 :134)
ou A. Farge (1997 : 36), qui, tous, soulignent que toute énonciation est unique du fait de la
singularité des conditions d’énonciation d’un énoncé.

Toujours dans le domaine de l’énonciation mais sur des faits plus circonscrits, I. Fenoglio
(1997 ; 1999 ; 2001 ; 2004) envisage à travers la notion d’événement d’énonciation « des
phénomènes de parole tels lapsus, constructions de malentendu, silences, ruptures diverses du
trajet énonciatif » (Fenoglio 1997 : 39).

En pragmatique et en études conversationnelles, événement conversationnel peut désigner à


peu près ce qui est par ailleurs plus couramment appelé acte de langage. C’est ainsi que le
compliment (Marandin 1987) ou l’invitation (Quéré 1987) ont pu être appréhendés comme
des événements conversationnels.
Dans le domaine métalinguistique, F. Mazière désigne par événement linguistique un
événement survenant dans le savoir scientifique sur la langue, comme l’est la publication du
79

Dictionnaire de l’Académie en 1694, ou encore la définition du nom abstrait dans ce même


dictionnaire (Mazière 1996 ; Collinot et Mazière 1997).
Travaillant conjointement l’événement linguistique et l’événement discursif, J. Guilhaumou
propose que ces notions soient l’objet d’un protocole d’accord entre historiens du discours et
historiens de la linguistique, sur la base d’un modèle empiriste des sciences du langage
(Guilhaumou 2006 ; 1996 ; Guilhaumou et Maldidier 1986a ; 1986b ; 1994 ; cf. également les
propositions conjointes de Branca-Rosoff, Collinot, Guilhaumou, Mazière 1995).
Dans le cadre d’une recherche sur la notion de formule, nous avons pour notre part proposé la
notion d’événement de discours, entendant qu’« une séquence est constituée en événement de
1
discours lorsqu’elle est réflexivement notoire, temporellement marquée, et dotée d’une
pertinence dans le cadre de son surgissement et, partant, provoque des réactions (en pensée,
en parole, en action…) » (Krieg-Planque 2003 : 309). La formule « purification ethnique »,
par exemple, à laquelle nous avons consacré une étude, a ainsi pu être caractérisée comme un
événement de discours (Krieg-Planque 2003 : 309-325).

Les usages de la notion d’événement en rapport avec des notions qui relèvent des sciences du
langage s’avèrent ainsi extrêmement riches (si l’on veut envisager la situation positivement),
ou particulièrement hétéroclites (si l’on regarde plus négativement le paysage). À l’intérieur
de ce vaste univers, nous proposons de restreindre à présent notre étude à la seule notion de
nom propre d’événement.

2. Le « nom propre d’événement » : une notion à circonscrire

Après avoir défini ce que nous entendons par événement, nous insisterons sur le fait qu’un
nom propre d’événement est avant tout à identifier comme tel – c’est-à-dire à interpréter – en
contexte.

2.1. Une définition de l’« événement »

Selon une définition déjà proposée dans un travail antérieur (Krieg 1996 : 114-115 ; Krieg-
Planque 2003 : 409-410), nous estimons qu’un événement est une occurrence (c’est-à-dire ce

1
Le caractère réflexif, dans ce contexte, suppose un commentaire métadiscursif.
80

qui advient dans le monde phénoménal) perçue comme signifiante dans un certain cadre.
Expliquons-nous. L’occurrence implique une inscription dans une temporalité qui détermine
un « avant » et un « après » cette occurrence. Le cadre, ou système d’attentes donné,
détermine le fait que l’occurrence acquiert (ou non) ce que nous avons proposé d’appeler sa
remarquabilité, aux deux sens de visibilité (l’occurrence est perçue) et d’exemplarité
(l’occurrence est perçue comme signifiante), et, par conséquent, est promue (ou non) au rang
d’événement.
De surcroît, comme l’écrit par exemple M. Fishman (1980 : 54), l’événement ne peut l’être
que pour quelqu’un. Si l’on s’intéresse à l’événement médiatique, comme c’est le cas ici,
cette personne ou instance est le journaliste. Or celui-ci suppose que son rôle est de rendre
compte auprès d’un certain public de ce qui se passe dans l’espace public. Le journaliste va
donc promouvoir en événement une occurrence (critère de temporalité) qu’il perçoit (critère
de visibilité) et qui lui semble symptomatique (critère d’exemplarité) de ce qui se passe dans
l’espace public.
Enfin, comme nous le soulignons dans un travail récent (Krieg-Planque 2006b), la mise en
discours de l’événement converge à un moment donné vers une certaine description : il existe
une mise sous une description de l’événement. La notion de description est ici empruntée en
particulier à L. Quéré (1994 et 1999 ; cf. aussi Cefaï 1996), pour qui un événement n’existe
que s’il est « individualisé » (on pourrait dire également identifié) « sous une description »,
c’est-à-dire s’il lui est affecté une dénomination qui rattache cet événement à une catégorie
d’événements « d’une certaine sorte » (Quéré 1994 : 14 ; cf. aussi Krieg-Planque 2003 : 415).
La description sous laquelle l’événement est saisi – autrement dit la dénomination qu’il
reçoit – donne à l’événement sa naturalité (son caractère d’évidence) et induit des
représentations de nature stéréotypique. Dans un texte ultérieur qu’il présente avec E. Neveu,
L. Quéré insiste sur le fait que la description sous laquelle l’événement est saisi détermine son
analysabilité : « Dès lors qu’un événement a été identifié sous une description (un attentat
politique, une grève, une émeute, un krach boursier, etc.), son explication et son interprétation
sont orientées et délimitées par la teneur sémantique des termes utilisés par cette
description. » (Neveu et Quéré 1996 : 15). L’événement est ainsi individualisé sous une
description – « la profanation de Carpentras », « le génocide au Rwanda »… – qui lui confère
une intelligibilité, considération dont l’importance sera rappelée dans la suite de notre exposé.

2.2. Le nom propre d’événement : un emploi à identifier


81

Tous les travaux sur le nom propre en général insistent sur la difficulté à stabiliser une
définition simple et claire du nom propre (Gary-Prieur 1991 ; 1994 ; 2001 ; Leroy 2004 ;
Leroy (dir.) 2005 ; Noailly (dir.) 1995). La marginalisation de la tradition logique et de la
notion de désignateur rigide au bénéfice de travaux sur le nom propre modifié, bien qu’elle se
fasse certainement au profit de conceptions plus profitables à l’étude du nom propre en
discours (et à l’analyse du discours en général), n’en laisse pas moins entière la difficulté à
identifier ce que serait un nom propre et à dresser une liste des critères qui permettraient en
contexte d’étiqueter les constituants identifiables comme des noms propres. Les
comportements indécis des dictionnaires à l’égard des noms communs et des noms propres
(Vaxelaire 2005) sont un indice (parmi bien d’autres, mais symptomatique) des flottements de
frontière entre les deux catégories.
L’identification de l’emploi événementiel d’un syntagme ne pose pas moins de difficultés, et,
puisqu’il n’est de nom propre d’événement qu’en contexte, il n’y aurait pas plus de sens à
dresser ici une liste de noms propres d’événement qu’il n’y aurait ailleurs de sens à faire un
inventaire de noms propres en général.
Faute de nous livrer à une étude systématique de la question, nous rappellerons qu’il est
possible de repérer quelques facteurs favorisant (mais non pas contraignant) l’interprétation
événementielle d’un syntagme : il peut être sujet de locutions verbales telles que se produire,
avoir lieu, arriver, se passer, se tenir, etc. (sur les verbes événementiels cf. Gaatone 2004) ; il
peut être complément de prépositions temporelles (avant, après, au lendemain de, jusqu’à,
depuis) ; il prend aisément place dans un complément du nom ayant pour tête anniversaire,
commémoration, centenaire ou est complément d’objet de verbes tels que fêter, commémorer,
célébrer… (Pour différents tests linguistiques rattachés aux syntagme nominaux à emplois
événementiels, cf. notamment Godard et Jayez 1996. Spécifiquement sur l’emploi
événementiel des toponymes, cf. Lecolle à paraître.)
On pourra ainsi trouver parmi les noms propres d’événement des noms de dates, ou
chrononymes (mai 68, 11 septembre 2001, 21 avril 2002) ; des noms de lieux, ou toponymes,
sélectionnés pour des événements qui ont pu s’y produire, tels qu’accidents industriels
(Bhopal, Seveso, Tchernobyl), catastrophes naturelles (San Francisco, Kobé, Nouvelle
Orléans), événements politiques (Budapest, Tiananmen), batailles (Marignan, Austerlitz, Bir
Hakeim – cf. M.-A. Paveau dans le présent volume), bombardements (Dresde, Hiroshima,
Pearl Harbor), sommets ou traités internationaux (Rio, Rome, Kyoto), accords, ententes et
traités de paix (Yalta, Munich), procès (Nuremberg, Tokyo, Outreau – cf. M. Lecolle dans le
présent volume)… ; des noms de guerres (Guerre de Cent Ans, conflit en ex-Yougoslavie,
82

guerre au Liban – cf. M. Veniard dans le présent volume); des noms d’ouragans ou de
cyclones (Monica, Mitch, Katrina) ; des emprunts (glasnost, perestroïka, tsunami) ; des noms
dits communs, avec une prédilection pour les nominalisations actives ou résultatives du verbe
(restauration, exode, épuration, cohabitation)… Il ne s’agit bien sûr pas là d’une liste de
noms propres d’événement (et, par ailleurs, notre propos n’est pas de reprendre la typologie
référentielle proposée par Leroy 2004 : 33-35), mais d’unités que la mémoire discursive
supposée partagée collectivement a enregistrées comme fonctionnant souvent comme noms
propres d’événement. Car, pour le reste, c’est bien l’emploi qui fait le nom propre
d’événement, et il n’existe de noms propres d’événement qu’en contexte. M. Lecolle a bien
souligné la « grande sensibilité au contexte de l’interprétation des toponymes » (Lecolle
2004 : 10 ; cf. aussi 2006 et à paraître). Si la pluralité d’interprétations assignables à un nom
propre est certes sans doute particulièrement forte dans le cas des toponymes, elle existe pour
toute séquence verbale, dont un emploi événementiel est toujours susceptible de se produire
en discours.

3. Nom propre d’événement et médias : enjeux et usages

Nous avons annoncé que nous nous intéressions aux noms propres d’événement précisément
dans l’étude de corpus médiatiques. Il est donc logique que nous nous demandions ce que les
noms propres d’événement soulèvent comme questions spécifiques pour les discours
médiatiques et pour les médias. C’est ce que nous ferons dans un premier temps, après quoi
nous développerons deux séries d’usages qui nous semblent particulièrement remarquables.

3.1. Les médias et l’événement

Dans les salles de rédaction et dans les discours ordinaires des journalistes au travail, il est
courant d’entendre l’emploi de noms propres d’événement : « l’Irak », « le Liban », « AZF »,
« le 21 avril 2002 », « la chute du mur »… 2 Ces événements forment des individualités que
les journalistes peuvent et doivent nommer, non pas seulement pour communiquer auprès des

2
Ces conclusions proviennent d’observations directes des pratiques professionnelles en situation et d’entretiens
auprès de journalistes et professionnels des médias. Sur ces éléments, on pourra également lire, par exemple :
Hubé (2008), Krieg-Planque (2008), Siracusa (2001).
83

lecteurs, mais, d’ores et déjà, pour accomplir leurs routines de travail, qui impliquent des
catégorisations rapides.

En effet, en disant qu’il est courant d’entendre de tels emplois dans les salles des rédactions,
et non pas en nous contentant de dire qu’il est habituel d’entendre ces emplois sur les ondes
des radio-télévisions ou de les lire dans les journaux, nous voulons insister sur le fait qu’il
existe une importance particulière du nom propre d’événement dans le domaine du
journalisme. Les noms propres d’événement sont importants non seulement dans le discours
médiatique comme produit (ce que l’on peut constater en étudiant le discours diffusé ou
publié), mais aussi dans le discours tenu par les journalistes en situation de travail.

Des éléments d’analyse concernant le fonctionnement des médias nous permettent de


comprendre le sens et l’utilité des noms propres d’événement pour les productions discursives
des journalistes. Dans les paragraphes qui suivent, nous faisons en ce sens quelques
propositions rapides.

Tout d’abord, on rappellera l’importance de l’événement pour les médias : les médias
« fonctionnent » à l’événement, en ce sens qu’il faut qu’il se produise du nouveau (mis en
discours comme tel) pour justifier la prise de parole auprès du public.

Ensuite, les noms propres d’événement permettent de répondre à un besoin médiatique de


catégorisation. Il s’agit là pour l’instance médiatique de classer, de catégoriser. La mise en
discours du monde sous l’angle du classement s’opère par exemple à travers les mots-clés
utilisés dans les dépêches d’agences de presse, les constituants thématiques de certains titres
(Mouillaud 1982), ou encore le repérage d’occurrences phénoménales et leur organisation
sous forme d’ensembles cohérents (« la pédophilie », « l’insécurité »…). Dans le fait de la
catégorisation, s’observe la nécessité pour les médias de constituer des séries d’événements
d’une certaine classe.

En troisième lieu, les noms propres d’événement permettent de répondre à un besoin


médiatique d’analogie et de comparaison. Il s’agit là pour l’instance médiatique de mettre
différents événements en parallèle, par des procédés d’analogie et de comparaison que les
journalistes vont souvent envisager comme des « mises en perspectives », selon un terme
valorisé dans la profession, et qui renvoient notamment à un imaginaire professionnel du
pédagogue ou du passeur.

Enfin, les noms propres d’événement permettent de répondre à un besoin médiatique de


prototypicité. Il s’agit là pour l’instance médiatique de hiérarchiser, de construire des
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occurrences comme étant prototypiques. La mise en discours de la prototypicité s’effectue


sous des modes divers (qui ne sont bien sûr en eux-mêmes nullement exclusifs des médias),
tels que ceux ayant recours notamment à des procédés métonymiques et antonomastiques.
Quelques structures peuvent être ainsi dégagées, à titre d’exemple :

dét. + N + adj. à valeur classifiante :

Exemple 1
Un Tchernobyl chimique prive d’eau des millions de personnes — Catastrophe
écologique en Chine du Nord (…) Pourtant, ce Tchernobyl chimique n’est ni anodin ni
une surprise.
(sur-titre – titre et extrait à propos d’une pollution chimique en Chine, Le Monde,
25/11/2005)

dét. + (adj.) + N + syntagme prépositionnel complément du nom :

Exemple 2

Un petit Mai-68 des banlieues


(titre d’une chronique politique à propos des violences urbaines de l’automne 2005, Le
Monde, 5/11/2005)

dét. + autre + N :

Exemple 3
« Après avoir perdu la bataille de l’opinion, le Premier ministre perd celle de la rue.
S’il ne suspend pas le projet, nous serons obligés de poursuivre la mobilisation » a
prévenu François Chérèque (CFDT). « Il y aura d’autres 7 mars. », a menacé le
premier secrétaire du PS François Hollande.
(après les manifestations contre le Contrat Première Embauche du mardi 7 mars 2006
qui avaient rassemblé entre 400 000 et un million de personnes dans toute la France ; 20
Minutes, 8/03/2006)

dét. + nouveau + N :

Exemple 4
Si l’on en croit les sondages, un nouveau 21 avril n’est pas impossible : les intentions
de vote pour Jean-Marie Le Pen ne cessent de monter.
(journaliste radio, 18/09/2006, France Inter, 7h15)

dét. + N + bis :
85

Exemple 5
Le ministre de la Justice s’est engagé mardi à mettre en œuvre dès 2005 59 des mesures
du rapport destiné à prévenir un Outreau bis.
(site de la chaîne TF1, article en ligne titré « Perben dévoile son plan anti-Outreau »,
8/02/2005 ; exemple communiqué par Michelle Lecolle)

3.2. Un exemple de tension sémantico-référentielle : un syntagme entre nom propre


d’événement et nouvelle catégorie dénominative

De façon à donner un aperçu de l’intérêt qui existe à étudier les noms propres d’événement,
nous présentons à présent un exemple de fonctionnement d’une expression (ici une unité
lexicale complexe) dont nous allons voir qu’elle est prise dans une tension sémantico-
référentielle, en ce sens qu’elle est alternativement :
- un nom propre d’événement, réservé à la désignation d’une événementialité yougoslave
géographiquement et temporellement située,

- et une nouvelle catégorie dénominative, c’est-à-dire une dénomination susceptible de


renvoyer à un ensemble ouvert d’événements appartenant à une certaine catégorie
d’événements (la « nouveauté » dont nous parlons tient au caractère néologique du
3
syntagme ).

Cette expression est purification ethnique et ses voisinages (nettoyage ethnique, épuration
ethnique…), l’ensemble des expressions constituant la formule « purification ethnique », dont
nous avons mené ailleurs une étude approfondie (Krieg 2000 ; Krieg-Planque 2003 ; Krieg-
Planque 2006a).

Certains énoncés indiquent que la formule fonctionne comme nom propre d’événement. On
trouve parmi ces énoncés, par exemple, des formulations qui inscrivent « purification
ethnique » dans une liste d’événements historiques, ce qui contribue à promouvoir cette
formule comme un nom propre d’événement. Outre l’effet de liste en lui-même que produit
l’empilement dans un paradigme, l’article défini singulier et la cohabitation éventuelle avec
des noms propres et/ou certains signaux typographiques (majuscule) contribuent à la
construction, en dicours, d’un individu :

3
Purification ethnique, nettoyage ethnique et épuration ethnique sont en effet des néologismes apparus en
langue française en 1992, ainsi que nous l’avons montré dans Krieg (2000).
86

Exemple 6
Il [Voltaire] verra ceux qu’il appelle « les Arlequins Anthropophages » faire régner la
terreur et l’imbécillité. Ces Arlequins-là n’ont pas désarmé, de la « solution finale » à
la « purification ethnique ».
(article de Claude Roy titré « Pour ne pas en finir avec l’année Voltaire », Le Nouvel
Observateur, 29/12/1994)

Exemple 7
Quant à Jean Gillibert, il nous invite à relire aujourd’hui le Malaise dans la civilisation
(1929) de Freud en ayant constamment à l’esprit Auschwitz, le goulag, la purification
ethnique et ce fait incalculable – mais prophétisé par Dostoïevski : deux petits garçons
de dix ans exterminant sauvagement un autre petit garçon de deux ans.
(article de Roland Jaccard titré « Désespérer de la psychanalyse ? », Le Monde,
4/02/1994, supplément Le Monde des livres)

D’autres énoncés indiquent que la formule fonctionne au contraire comme catégorie


dénominative, susceptible de renvoyer à un ensemble non-fini d’objets. Pour reprendre des
termes chers à un modèle praxéologique de l’espace public que défend L. Quéré (1991 ; cf.
aussi Cefaï 1996), la formule « purification ethnique » est alors une catégorie, ou une
description, sous laquelle différents événements peuvent être individualisés : il peut se
produire de par le monde des événements qu’il sera possible d’appeler chacun « purification
ethnique ». Le phénomène de propagation de la formule à des cadres non-yougoslaves
témoigne de cette capacité de la formule à désigner des référents autres que le référent
yougoslave initial. La formule « purification ethnique » renvoie ainsi, dans le corpus que nous
avions constitué pour un travail antérieur (Krieg 2000), à l’expulsion des Morisques
d’Espagne en 1609, à la répression de l’insurrection contre-révolutionnaire vendéenne de
1793-94, au génocide des Arméniens par les Jeunes-Turcs en 1915, à l’extermination des juifs
par les nazis entre 1938 et 1945, aux déplacements de populations consécutifs à la création de
l’Inde et du Pakistan en 1947, à des actes racistes en France, à l’expulsion de la minorité
népalaise du Bhoutan…
Les dictionnaires de langue témoignent à leur niveau de cette oscillation dans les aptitudes
sémantico-référentielles de la formule. Certains privilégient le nom propre d’événement,
d’autres la catégorie dénominative. La position de certains dictionnaires change avec le
temps. C’est ainsi que Le Nouveau Petit Robert fait tout d’abord de purification ethnique un
nom propre d’événement, en 1993, dans la première apparition de la formule en dictionnaire :

Exemple 8
87

(1992) Nettoyage, purification ethnique, motif donné par le gouvernement serbe


dans le conflit avec la Bosnie et la Croatie (déplacement de populations).
(Le Nouveau Petit Robert, édition 1993)

pour ensuite faire de purification ethnique une catégorie dénominative (dont par ailleurs il est
précisé qu’elle est apparue en 1992 dans le contexte de la guerre en Bosnie) :

Exemple 9
(1992, à propos du conflit bosniaque) Nettoyage, purification ethnique : revendication
violente d’un territoire par un groupe humain au détriment du ou des autres
groupes qui l’occupent (exactions, déplacements de populations).
(Le Nouveau Petit Robert, édition 2004)

Par ailleurs, certains énoncés mettent en évidence la tension dans laquelle la formule est prise,
en témoignant à la fois de sa capacité à désigner autre chose et de son ancrage initial dans une
référentiation idéale, à la fois originaire et plus pleinement adéquate. À travers ces énoncés,
« purification ethnique » se présente comme une dénomination apte à désigner une classe
ouverte d’événements, dont la guerre yougoslave porterait l’événement prototypique, à la fois
comme modèle originaire et comme meilleur représentant de sa catégorie (autrement dit, ici,
la formule sort de son cadre, mais l’énoncé porte les traces de cette sortie). Nous présentons
ci-après deux séries d’énoncés de ce type, à titre d’exemple.

Certains énoncés ont recours à des spécificateurs de nom, employés dans ce que nous
proposons d’appeler des énoncés sortaux (sur les questions sortales, cf. Riegel 1991 : 151-
152), qui se manifestent par l’usage d’expressions telles que une sorte de, une espèce de, un
type de, une manière de, un genre de, ou encore dans certains cas une forme de ou un cas de :

Exemple 10
« Ce ne sont pas des réfugiés économiques, explique Gérard Morlier, membre du Mrap
et du DAL d’Etampes. Ce sont des déportés. La France n’a pas pris la mesure de ce qui
se passe en Mauritanie. Ceux qui sont ici ont fui l’apartheid et une sorte de
purification ethnique. » Abou Niang, qui n’est lui pas clandestin, est là pour en
témoigner : il a le torse couvert de brûlures de cigarettes, dûment reconnues comme
tortures par un médecin des Nations unies.
(article de Franck Johannes titré « À Étampes, Mgr Gaillot en apôtre de la
désobéissance civile », Libération, 29/05/1995)

D’autres énoncés relèvent de ce que nous appelons des énoncés déclinants (autrement dit
« qui déclinent un NPE », où NPE signifie « nom propre d’événement »), c’est-à-dire ayant
recours à des formulations telles que « à la + adj ≠ NPE », « à la mode + adj ≠ NPE », « façon
88

+ N ≠ NPE », « version + N ≠ NPE », « à la sauce + adj ≠ NPE », « à la sauce + N ≠ NPE »,


« made in + N ≠ NPE »… (où ≠ NPE signifie « renvoyant à un objet différent de celui que
dénomme le nom propre d’événement ») :

Exemple 11
Nettoyage ethnique à la française.
(titre d’un article de Siné, Charlie Hebdo, 30/06/1993, supplément au n°53 titré Pour
aller à gauche, c’est par où ? L’énoncé renvoie à la politique de la droite française en
matière d’immigration.)

Exemple 12
La « purification », version Idriss Déby. (…) Fin mars et début avril, dans le sud du
Tchad, la garde présidentielle s’est livrée à des massacres ayant fait plus de 120 morts.
Une sanglante « purification » à la tchadienne.
(titre et chapeau d’un article non signé, Ouest-France, 19/04/1993)

Exemple 13
« Nettoyage ethnique » façon Belfast.
(titre d’un reportage de François Sergent à Belfast, Libération, 18/07/1996)

Ce type d’énoncés peut concerner d’autres termes réservés à la dénomination d’événements


historiquement et géographiquement situés. En témoignent des formulations attestées telles
que mains propres à l’espagnole (Paris-Match, 19/05/1994), “opération mains propres” à la
sauce indienne (Libération, 9/07/1996), “Watergate” à l’israélienne (Libération, 21/03/1997)
ou cohabitation à la polonaise (L’Express, 25/09/1997).

Cette subdivision montre – en même temps qu’elle met en évidence l’importance de la


prototypicité pour les discours médiatiques – qu’un même syntagme peut connaître, selon les
usages et les contextes, des ancrages référentiels fluctuants qui l’orientent plus ou moins vers
le nom propre d’événement ou vers la catégorie dénominative.

3.3. Prototypicité et (in)intelligibilité : questions soulevées par les chrononymes et par les
toponymes

Parmi les différents types de noms propres d’événement imaginables, les chrononymes et les
toponymes nous semblent soulever des questions particulièrement intéressantes ; c’est
pourquoi nous leur consacrerons la dernière subdivision de cet article.
89

Rappelons tout d’abord que la dénomination confère à l’événement une certaine intelligibilité,
ou encore, pour reprendre les termes de L. Quéré mentionnés au début de cet article, que la
compréhension de l’événement s’opère selon la description sous laquelle il est individualisé,
saisi, identifié.

Or certains noms propres d’événement apparaissent comme déjà orientés, fût-ce très
sommairement, du point de vue de l’intelligibilité qu’ils rendent possible. Ainsi en est-il, avec
ou sans majuscule, de noms d’événements – interprétables comme tels – comme l’exode, le
génocide (concurremment avec la shoah et l’holocauste), l’épuration, la reconstruction, ou
encore, pour d’autres périodes historiques, la restauration ou la révolution de velours. À
l’inverse, d’autres noms propres d’événement apparaissent comme désinvestis, indéterminés,
inhabités. On pourra se demander si l’événement n’apparaît pas alors de ce fait, dans sa mise
en discours et par une forme de carence dénominative, comme un événement inintelligible.
Nous pensons ici, au-delà de dénominations déjà bien repérées à cet égard (comme les
événements pour désigner la guerre d’Algérie), aux noms propres d’événement formés soit sur
une date (chrononyme) soit sur un nom propre de lieu (toponyme).
Peuvent relever de la première catégorie des dénominations telles que mai 68, le 21 avril (ou
le 21 avril 2002), le 11 septembre (ou le 11 septembre 2001, le 11 Septembre, le 11-
Septembre, ou encore 9/11 aux États-unis). Peuvent appartenir à la seconde des
dénominations telles que Tchernobyl, Tiananmen ou Furiani. Dans les deux types de séries,
des éléments d’intelligibilité tels que par exemple la causalité et l’intentionnalité éventuelle
qui ont présidé à l’événement apparaissent comme insaisissables. Notons bien que ce n’est
pas en soi l’usage métonymique du chrononyme ou du toponyme qui produit
l’indétermination, mais le fait que le nom de l’événement se réduise à ce nom de date ou de
lieu employé métonymiquement. On comparera ainsi la crise de mai 68, les attentats du 11
septembre 2001, l’accident de Tchernobyl, le scandale de Furiani, déjà orientés – fût-ce
minimalement – du point de vue de l’intelligibilité qu’ils donnent aux événements ; à : mai
68, le 11 septembre, Tchernobyl, Furiani, totalement inhabités. Il en est de même du couple
contrasté le génocide au Rwanda et le Rwanda (dans une phrase telle que c’était après le
Rwanda, par exemple, pour laquelle on peut raisonnablement imaginer des contextes
favorisant une interprétation événementielle).
Les événements ont un nom, au sens d’un « nom-name » (par différence avec le « nom-
noun »). Mais nous voyons ici que le fait que l’événement ait un nom n’implique pas
obligatoirement que cet événement soit mis sous une description : Tchernobyl peut bien être
90

le nom d’un événement, mais, conformément aux modes de sémantisation spécifiques qui
caractérisent les noms propres, ce « nom-name » n’en indique par lui-même en rien la nature.
Dans la mesure où la description de l’événement assure pour partie son intelligibilité, on peut
se demander si de telles dénominations ne conduisent pas à mettre en discours des
événements inintelligibles.
La situation se complique encore quand le toponyme ou le chrononyme connaît une
propagation à d’autres cadres. En effet, que « doit-on comprendre » dans une antonomase
construite sur un nom de lieu ? comme dans :

Exemple 14
Les Nations unies ne peuvent pas se permettre un autre Rwanda.
(journaliste radio, France Inter, 12/10/2004, 7h20)

Ou encore, que peut-on comprendre à travers une antonomase construite sur un nom de date ?
comme dans :

Exemple 15
Car Poutine a déjà eu l’occasion de le dire, et le drame de Beslan ne pourra que le
renforcer dans sa conviction, la Russie vit, elle aussi, son 11 septembre.
(article de Christian Troubé titré « La poudrière du Caucase », La Vie, 9/09/2004)

Conclusion

M. Lecolle souligne bien que les antonomases construites sur des toponymes « se basent sur
la typicité d’un lieu à certains égards » (Lecolle 2004). Elle souligne bien également que,
prenant appui sur cette typicité du lieu, les antonomases créent une classe. Elle rejoint en cela
différentes études portant sur l’antonomase, à la fois figure de rhétorique et emploi modifié du
nom propre, particulièrement productive dans le discours médiatique (cf. Flaux 1991 ; Leroy
2004 ; Leroy (dir.) 2005 ; Siblot et Leroy 2000). Dans ce même cadre d’une sémantique
référentielle adossée à une version étendue de la sémantique du prototype, G. Kleiber (1990 :
169) propose que « Platini » soit envisagé comme le meilleur représentant de sa catégorie
dans un énoncé tel que C’est un autre Platini. La question, avec un autre Rwanda ou une
autre Bosnie (et avec son 11 septembre, les Tchernobyl, le 21 avril des États-unis, le Vietnam
de Bush…), va être de savoir – ou plutôt d’ignorer, étant donné le mur entièrement constitué
91

de trous auquel l’interprétant en quelque sorte se heurte – à quels égards le lieu ou la date est
typique, et quelle classe d’événements l’antonomase construit. Dit autrement, l’antonomase
du toponyme ou du chrononyme consiste à former une classe d’événements dont par ailleurs
la mise sous une description n’est nullement assurée. La porte de l’interprétation, qui par
nature reste toujours ouverte, l’est ici toute grande.
92

Références bibliographiques de l’ensemble du numéro “Le nom propre en discours”, coordonné par Michelle
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