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- Didacticiel d’entraînement en Volley-Ball -

DIDACTICIEL POUR ENTRAINEUR

DE VOLLEY-BALL

ALLEC, Stéphane

Professeur Agrégé d’Education Physique et Sportive,


Formateur et conseiller en Volley et Beach-Volley,
Educateur Sportif en Volley-Ball

(Carte Professionnelle d’Entraîneur n°00608ED0283, délivrée par la D.D.J.S. des Alpes-Maritimes)

stephallec@hotmail.fr

Juin, 2009

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INTRODUCTION

Comme son nom l’indique, ce document est avant tout un « didacticiel », c’est-à-dire un
support d’informations utiles, pratiques et rapides, qui doivent orienter et guider la pratique de
l’entraîneur pour lui permettre d’aller « à l’essentiel » et obtenir rapidement des résultats efficaces
et signifiants avec son équipe en adoptant une conception fonctionnelle de l’entraînement.
L’objectif de ce didacticiel n’est pas de (re)faire un condensé des diverses théories et pratiques liées
à la préparation physique, à la préparation mentale, à la technique et à la tactique du jeu. Des livres
et des manuels bien plus précis et complets répondent déjà à ces exigences. De fait, il s’agit avant
tout de proposer une démarche d’analyse basée sur l’observation de l’action située et de
proposer une activité fonctionnelle, pour l’entraîneur et les joueurs(euses), mettant prioritairement
en relation les systèmes de formation basés sur les rapports « cause-conséquence » et « effets
recherchés-effets produits ».

L’enjeu de ce document n’est pas de conformer le joueur à un modèle technique extérieur


pré-défini, mais au contraire, de partir des ressources perceptives, physiques et mentales du joueur
pour accentuer et valoriser ses « points forts », ses propensions d’action, sans pour autant omettre la
correction de ses « points faibles », afin de lui offrir un épanouissement sportif qui soit ludique et
raisonné, et le placer rapidement en situation de réussite, ou tout au moins tendre excessivement
vers celle-ci. Loin de l’idée de présenter des solutions toutes faites (contraire aux principes définis
ci-dessus !), ce didacticiel propose des pistes d’observations, des orientations pratiques, une
démarche d’analyse et de formation, où chacun pourra adapter ses choix en fonction des besoins et
des critères retenus pour l’amélioration des performances de ses joueurs(euses).

Un(e) joueur(euse) confiant dans ses possibilités, qui prend du plaisir à agir et à s’investir
seul et en groupe, sera un joueur qui progressera sans difficultés dans les domaines physique,
technique et tactique. Aussi, toute l’importance de la tâche qui incombe à l’entraîneur, est de
proposer des situations qui répondent à un besoin constaté (ou ressenti), qui se rapprochent aussi
« près » que possible de la situation réelle de jeu, et qui permettent au joueur de comprendre
aisément ce qu’il y a à faire et comment le faire afin de parvenir à un résultat. Donc, il s’agit
avant tout de permettre à l’entraîneur de « donner du sens » aux situations proposées en répondant
aux principes fondamentaux de crédibilité, faisabilité et efficacité de son intervention.

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CONCEPTION DE LA DEMARCHE DE FORMATION

Se dégager totalement d’une démarche purement techniciste, dans laquelle seul le modèle
technique et prescriptif est placé au centre de la relation entraîneur-joueur, est prioritairement ma
conception de la formation. Parce que la technique de chacun est unique, car elle repose sur une
construction personnelle de la compréhension du monde environnant et des moyens qui lui
permettent d’agir dessus, il est une ineptie pédagogique de vouloir « formater gestuellement » un
joueur. En revanche, des principes d’efficacité sont à retenir afin d’organiser significativement son
action motrice en réponse au but qui oriente celle-ci. La technique ne peut être ignorée, bien au
contraire, mais elle doit apparaître comme une réponse à un problème rencontré et elle doit laisser
la totale liberté d’exploration perceptive au joueur. Les informations visuelles, auditives,
proprioceptives et kinesthésiques, mais aussi les traces mnésiques (mémoires des expériences
vécues) associées aux intentions retenues lors du déclenchement de l’action, sont autant de
paramètres qui vont influer, simultanément ou non, peu ou prou, régulièrement ou ponctuellement,
sur la réalisation gestuelle du joueur. Parce qu’un joueur, quel qu’il soit, ne reproduira jamais à
l’identique un même geste, il est donc prioritaire de développer et d’entraîner les capacités
« d’anticipation / adaptation » en regard d’intentions de jeu assorties au contexte de l’action. Là est
la véritable technique, que pour ma part je préfère nommer « activité fonctionnelle du joueur ».

Organiser l’activité fonctionnelle du joueur repose prioritairement sur la mise en place de


quatre principes fondamentaux qui caractérisent le dire, le faire et l’être de l’entraîneur, lors de son
intervention. Ces principes sont les suivants :
• Rendre le joueur acteur de sa formation. (P1)
• Donner du sens aux situations d’apprentissage. (P2)
• Intervenir sur la corrélation d’action « cause/conséquence ». (P3)
• Attirer l’attention sur le rapport « effets recherchés / effets produits ». (P4)

C’est par le biais de ces quatre principes que ce document est construit. Tous les domaines
récurrents à l’entraînement (préparation physique, préparation mentale, technique et tactique) sont
traités dans un ou plusieurs de ces principes. Attention, il s’agit seulement de « rappels », de points
de réflexion, de paramètres sur lesquels porter son attention, et en aucun cas la présentation dans le
détail de chacun de ces domaines. D’autres manuels sont dédiés principalement à cela.

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LES FONDEMENTS NECESSAIRES

Les fondements nécessaires sont les différents acquis que doit posséder obligatoirement tout
entraîneur, digne de ce nom, pour parvenir à utiliser correctement ce didacticiel tels que sont :
- la maîtrise du règlement du jeu,
- la maîtrise des différents domaines techniques,
- la maîtrise de l’organisation tactique,
- la maîtrise de la préparation physique,
- la maîtrise de la préparation mentale,
- la maîtrise de l’observation et de l’analyse,
- la maîtrise des régulations émotionnelles, affectives et sociales,
- la maîtrise du coaching.

Si dans un ou plusieurs de ces huit fondements l’entraîneur se reconnaît en difficulté, il lui


est vivement conseillé de se rapprocher des formations offertes par la Fédération Française de
Volley et/ou celles du Comité Départemental de Volley (faible niveau scolaire), ou mieux, par la
formation offerte au sein de l’UFR STAPS (niveau scolaire exigent), afin de palier rapidement à ses
« faiblesses ».

• Des questions associées aux « fausses » idées reçues :


- Faut-il avoir jouer à haut niveau pour pouvoir entraîner ?
Non, si le niveau concerné se situe entre celui Départemental et Nationale II,
Oui, si le niveau concerné est du haut niveau : Nationale I à Pro A

- Faut-il avoir été un très bon joueur pour être un « bon » entraîneur ?
Non, pas nécessairement, et parfois c’est même le contraire !

- Mais au fait, c’est quoi un « bon » entraîneur ?


Ce n’est pas tant celui qui sait faire en tant que joueur,… mais c’est surtout et avant
tout celui qui sait « faire faire aux autres » pour leur permettre de progresser, de
prendre du plaisir et de comprendre le jeu !

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ENTRER DANS LA DEMARCHE DE FONCTIONNEMENT

Comme le soulignait à juste titre l’écrivain et philosophe anglais G.K. Chesterton, : « Pour
apprendre le latin à John, bien qu’il soit nécessaire de connaître le latin, il est cependant bien plus
important de connaître John que le latin ! » Cette maxime s’applique également au Volley.
Connaître le Volley est une nécessité évidente pour l’entraîneur, mais connaître ses joueurs(euses)
est une priorité plus important encore. C’est donc dans cette démarche de pensée que je propose de
concevoir la relation entraîneur / joueur(euse).

Son mental Son physique

Son intelligence Sa motivation


LE JOUEUR

Son adaptabilité Sa technique

Sa formation doit pouvoir…

REPONDRE AUX BESOINS ET ATTENTES

Par la valorisation de :

Ses points « forts » Ses propensions et appétences Son plaisir

Sans oublier de corriger aussi ses points faibles…

Pour..

ORGANISER LA PRATIQUE

Par :

La mise en place des quatre Un échéancier individuel et


principes de formation. collectif d’objectifs à atteindre.

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Principe n°1

« RENDRE LE JOUEUR ACTEUR DE SA FORMATION »

Rendre le joueur acteur de sa formation c’est d’une part le considérer en tant que personne
agissante conditionnée par des émotions, des connaissances, des préférences, des qualités
physiques, une technique personnelle, un vécu dans l’activité, et d’autre part c’est aussi lui offrir la
possibilité de « décider » de son devenir de volleyeur en lui apportant les moyens d’orienter sa
formation par le développement de nouvelles capacités et l’amélioration de sa performance.
Rendre l’élève acteur de sa formation passe nécessairement par la mise en place de trois impératifs
pédagogiques :

1) C’est lui permettre d’éprouver du PLAISIR et d’avoir CONFIANCE EN LUI.

2) C’est lui permettre de définir un PROJET PERSONNEL et d’atteindre divers


OBJECTIFS INDIVIDUELS à court, moyen et long terme.

3) C’est lui permettre d’INTERROGER / ANALYSER sa pratique personnelle au moyen de


CONNAISSANCES précises et de CRITERES D’EVALUATION fiables.

• Eprouver du plaisir et avoir confiance en soi •

Tout joueur qui vient à l’entraînement sans « se faire plaisir » et ressentir du plaisir à travailler, à
jouer, à communiquer, à partager, est un joueur qui tôt ou tard verra son niveau de performance
baisser, voire pire, envisagera l’arrêt définitif de la pratique.

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- faire un maximum de situations « jouées »,
- ne pas laisser un joueur dans l’échec d’une situation trop longtemps,
- proposer des exercices qui sont en décalage optimal avec le niveau de pratique du joueur :
trop facile il s’en lassera vite (ou ne le fera pas…) ; trop difficile il n’y arrivera pas et aura
une estime de soi négative,

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- entrecouper les répétitions par des pauses de courte durée et bannir le nombre interminable
de répétitions en continue (maxi 15 à 20 pour une même situation),
- valoriser la réussite par quelques répétitions (4 à 5) et encourager verbalement le joueur,
- varier les situations de travail pour l’atteinte d’un même objectif,
- limiter l’attente dans un même atelier en répartissant correctement les joueurs, éviter les
temps morts et les « longs moments » de prise de parole de l’entraîneur durant la séance,
- placer dans les ateliers des joueurs de même niveau (ou proche…),
- alterner les séquences d’humour, de plaisanterie, avec des séquences plus strictes et
directives,
- donner la possibilité au joueur « d’exprimer sa technique », de le laisser faire « comme il le
sent » avant d’intervenir systématiquement,
- relâcher la pression exercée sur le joueur lorsque celle-ci n’est pas nécessaire. Et elle n’est
pas nécessaire durant toute une séance d’entraînement ou sur chaque exercice !
- ne pas crier sans cesse, mais au contraire proposer un discours calme, précis et court,
- ne donner qu’une seule (ou maxi 2) informations à la fois pour un même joueur,
- laisser du temps au joueur avant de commencer à corriger le mouvement, ou
systématiquement après chaque essai,
- enfin savoir rassurer le joueur, le conseiller, le stimuler, l’aider à obtenir le résultat souhaité
et l’écouter, sont des qualités fondamentales que l’entraîneur doit posséder.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


REGULIEREMENT SOUVENT PARFOIS JAMAIS

• Définir un projet personnel et atteindre des objectifs individuels •

Le joueur doit être placé dans une situation de formation où il va être en mesure de « décider » (en
partie, et autant que faire ce peu…) ce qu’il veut obtenir de lui-même à l’issue de cette formation. Il doit
se projeter dans un avenir proche, ou lointain, en se demandant : quel type de joueur je désire
être dans …….. an(s) ? (Il est évident que cela est plus délicat avec de jeunes joueurs !)
Définir un projet de formation c’est implicitement associer des objectifs individuels, observables
par des tests de capacité d’action à diverses périodes prédéfinies dans la saison, ainsi que des
moyens matériels, humains et temporels, pour y parvenir. Généralement, le projet de formation est
orienté vers un poste de jeu : passe, réception-attaque, centre, etc…

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 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- observer les aptitudes du joueur dans tel ou tel domaine,
- interroger régulièrement le joueur pour connaître ses besoins, ses souhaits, etc…,
- demander au joueur quel type de projet il envisage, et le faire mettre par écrit,
- établir un échéancier d’objectifs à atteindre à des périodes définies et arrêtées,
- utiliser des moyens adaptés : matériel, vidéo, co-observation, temps, etc…,
- placer le joueur en situation de « moniteur » sur un thème de son choix,
- définir des domaines d’objectifs : techniques, physiques, tactiques, mentaux, etc…,
- mettre en place des tests types de capacité d’action à réaliser,
- faire correspondre les exercices aux objectifs visés,
- faire des matchs amicaux qui serviront de « référentiel d’apprentissage » pour le joueur,
- dire au joueur d’aller observer et discuter avec un autre joueur ayant réalisé un projet
identique au sien dans une autre équipe afin de partager le vécu,
- vérifier la lucidité des choix du joueur en fonction de son niveau et de sa motivation,
- conseiller, aider, orienter, le plus souvent possible le joueur lorsqu’il le souhaite ou bien
lorsque l’entraîneur le perçoit en difficulté.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


REGULIEREMENT SOUVENT PARFOIS JAMAIS

• Interroger et analyser personnellement sa pratique •

Le joueur doit régulièrement chercher à comprendre sa pratique en l’analysant précisément. Cela


afin de lui permettre de mieux se connaître et surtout de connaître les domaines dans lesquels il doit
progresser à court, moyen et long terme. Qu’il s’agisse des composantes physiques, techniques ou
émotionnelles, le joueur doit être capable de nommer ses « points forts » et ses « points faibles ».

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- permettre au joueur de connaître ses résultats et ses performances de manière précise et
chiffrée au moyen de statistiques,
- faire régulièrement verbaliser le joueur sur sa technique en lui demandant ce qu’il a ressenti,
ce qu’il perçoit de son attitude, de son mouvement,
- mettre en comparaison le ressenti du joueur et l’analyse vidéo,

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- obliger le joueur à essayer de nouvelles « choses » : placement, amplitude, vitesse, position


des mains, course d’élan, repères visuels, etc…
- aborder l’imagerie mentale,
- donner la responsabilité d’un groupe au joueur pour leur faire améliorer tel ou tel geste (cela
l’obligera à puiser dans sa mémoire, ses sensations, et vérifier ce qu’il a vraiment compris),
- utiliser des fiches d’auto-évaluation (1 fois par mois) pour que le joueur se situe
personnellement dans des niveaux,
- dès que cela est possible, placer les joueurs en binôme (un observateur / un exécutant) pour
qu’ils se corrigent mutuellement,
- lorsque le joueur est satisfait de son action, lui demander quelles en sont les raisons (et
inversement),
- lorsqu’un joueur dit avoir fait un « bon match » (ou un mauvais), lui demander de préciser
ce qui lui permet de penser cela, et est-ce la même vision de l’entraîneur,
- faire du « renforcement positif » : par exemple, un joueur effectue une très bonne réception,
rappeler verbalement les raisons (techniques, informationnelles,…) pour lesquelles cette
action a été réussie et lui demander de fixer son attention dessus pour la suivante,
- demander au joueur de se donner une consigne personnelle avant chaque action sur laquelle
il va se concentrer essentiellement pour tenter de la réussir (elle peut être répétée ou
différente),
- enfin, s’assurer que le joueur connaît les bases techniques de chaque action.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


REGULIEREMENT SOUVENT PARFOIS JAMAIS

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Principe n°2

« DONNER DU SENS AUX SITUATIONS ET A SON INTERVENTION »

Le constat fréquemment observé dans la pratique de nombreux entraîneurs, est que la grande
majorité d’entre eux, soit par manque de connaissances ou de formations, soit par manque de
volonté ou de rigueur, proposent des éducatifs, des exercices et des tâches, qui ne « collent » pas de
manière adaptée et pertinente aux besoins rencontrés chez les joueurs(euses). Il ne suffit pas de
mettre en place des plots, de donner quelques consignes et de distribuer des ballons, pour que
l’apprentissage se fasse de lui-même, sans quoi n’importe qui, n’importe quand, pourrait se
prévaloir du titre d’entraîneur !
Afin de faciliter la clarté du discours et éviter la confusion sémantique, j’emploierai
volontairement le terme générique de « situations » au lieu de ceux décrits ci-dessus.
Pour qu’une situation soit fonctionnelle et efficace, il faut avant tout qu’elle réponde à
un besoin, ou selon le contexte, qu’elle en crée un. Il en va du bon sens et de l’intelligence de
l’entraîneur de veiller à assurer ces deux fonctions aux situations proposées pour qu’elles véhiculent
du sens auprès des joueurs(euses).

• Deux principales erreurs sont régulièrement commises ou tout du moins « pensées » :


1) Je sais le faire, donc je saurai le faire apprendre…
2) Je refais ce que l’on m’a fait faire, il en restera forcément quelque chose…

Ces deux présupposés peuvent effectivement servir au bon déroulement d’une séance, car à un
moment donné de l’apprentissage, ils seront nécessaires. Mais là où le problème fondamental se
pose, c’est lorsque ces derniers guident prioritairement l’approche pédagogique de l’entraîneur.
Se dire : « je sais faire un service flottant, donc je saurai le faire apprendre à mes cadets », ou tout
encore, « quand j’étais junior, mon entraîneur me faisait faire…donc je vais le faire avec mon
équipe », ne sont pas des éléments d’analyse qui doivent orienter principalement la pratique de
l’entraîneur. C’est une ineptie, voire une hérésie, pédagogique qui reflète la pratique non
professionnelle de tous ceux et celles qui se prétendent entraîneur ou qui croient savoir entraîner.
Ma démarche est ici toute autre, et c’est en partie l’objet de ce didacticiel que de permettre à chacun
d’entre vous de penser autrement sa pratique et de la rendre signifiante.

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Aussi, donner du sens aux situations proposées et à son intervention en tant qu’entraîneur, c’est
prioritairement, et autant que faire ce peu, répondre aux trois exigences suivantes :

1) Etre CREDIBLE et PERTINENT dans son discours et dans ses choix.

2) Proposer des situations FAISABLES et ADAPTEES.

3) Viser l’EFFICACITE immédiate (ou peu différée) de l’action, qui soit PROCHE DE
CELLE REELLE ou de celle recherchée.

• Etre crédible et pertinent •

Tout entraîneur qui passe auprès de ses joueurs(euses) pour un « pingouin » (pardonnez-moi cette
expression mais elle a le mérite d’entre entendue et comprise par tous !) en témoignant une méconnaissance de
l’activité, ou une connaissance insuffisante de celle-ci, par les situations ou consignes qu’il
demande de faire, sera très vite un entraîneur peu écouté, débordé, et non respecté. Cela se saura !
Etre crédible c’est proposer des consignes et des situations qui vont dans le sens de la « vérité »
attendue par les joueurs(euses) et de leur(s) besoin(s). Etre crédible c’est être vrai dans ce que l’on
demande de faire, c’est être cohérent par rapport à la logique de l’activité et par rapport au contexte
d’exécution. Etre pertinent c’est faire des choix qui apportent des éléments de réponses tangibles,
précis, rapides et efficaces. Etre pertinent c’est apporter le « petit plus » qui fera la différence, et
c’est aussi être rigoureux dans sa démarche de fonctionnement pour offrir le plus régulièrement
possible des moyens de corrections et de « remédiations » à son groupe.

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- toujours signifier les consignes de manière « positive » et non « négative ». Par exemple : au
lieu de dire « ne fléchis pas tes bras en manchette ! », dire « garde tes bras tendus en
manchette ! »,
- attirer l’attention du joueur sur ce qu’il y a à faire et non sur ce qu’il y a à ne pas faire,
- définir un objectif de séance et des observables (quantitatif ou qualitatif) qui permettront de
vérifier l’atteinte de l’objectif,
- partir d’un problème rencontré en jeu (et le rappeler si besoin…) pour ensuite proposer la
situation qui soit la plus proche possible du contexte réel pour être efficace,

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- prendre appui sur les statistiques du joueur pour lui signifier le besoin de travailler tel ou tel
domaine du jeu,
- pour chaque situation définir clairement le but , les consignes et les critères de réussite. (Par
exemple : but = viser la zone délimitée par les plots ; consignes = sur 15 attaques, alterner
les ballons frappés en puissance de ceux enroulés et de ceux placés ; critères de réussite =
réussir tous les ballons placés, réussir 2 ballons sur 3 enroulés et réussir 1 ballon sur 2 en
puissance.),
- lors des corrections n’apporter qu’un à deux éléments au maximum par joueur,
- s’assurer que si le joueur est en échec, cela ne vient pas d’un autre élément en prendre en
considération, (exemple : une attaque ratée lors d’une mauvaise passe)
- supprimer les « renforcements négatifs » lors d’erreurs. Par exemple : pour un joueur qui
effectue un service dehors (trop long), il est inutile de dire : « c’est pas bien ton service est
trop long ! ». Cela ne sert à rien, le joueur le constate de lui-même !
- attirer l’attention du joueur sur la différence (sémantique et arbitrale) qu’il existe entre une
« erreur » et une « faute »,
- préparer soigneusement son plan de séance : présentation de l’objectif de séance (et rappels
antérieurs si nécessaire), échauffement, situations de travail, situation de vérification (jeu)
de ce qui a été travaillé, récupération, bilan de séance et perspective(s) pour la prochaine
séance,
- travailler avec un chronomètre ou une montre pour respecter les temps impartis à chaque
séquence,
- lors de son discours, ou de ses corrections, toujours commencer par les points positifs
observés (et il y en a toujours !) et ensuite aborder ceux négatifs qui seront le support d’un
travail ultérieur,
- déterminer le besoin réel : est-ce du à la technique, au physique, au collectif, au mental, etc.,
- ne pas hésiter à arrêter une situation si ce qui est fait ne correspond pas à ce qui est attendu,
- toujours avoir un discours clair, courtois et calme envers le joueur. Ne jamais humilier ou se
moquer d’un joueur ou d’une attitude de ce dernier,
- enfin, être capable de distinguer les moments où il faut savoir renoncer à ce qui été prévu
pour mieux le « ré-aborder » ultérieurement, des moments où il faut forcer les joueurs à se
faire « violence » .

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


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• Faisabilité et adaptation •

Bien que cela paraisse évident, il est tout de même nécessaire de le rappeler : toute situation
proposée, quelle qu’elle soit, doit être faisable et adaptée au niveau des joueurs(euses).
Demander à des benjamins de travailler leur service smashé, n’a aucun sens et pose des problèmes
évidents de faisabilité, ne serait-ce que par le manque de puissance physique. Cet exemple, comme
tant d’autres, illustre le décalage qui s’opère (trop) souvent entre ce que peuvent faire les joueurs et
ce que propose l’entraîneur. Pour qu’il soit efficace, le décalage doit être « optimal », c’est-à-dire
être à peine au-dessus de ce que savent déjà faire les joueurs, tout en restant assez proche pour
pouvoir être compris et réussi assez rapidement. Il est donc impératif que l’entraîneur identifie
précisément les différentes variables et composantes qui vont influer sur le bon déroulement de la
situation. De même, il est impératif que l’entraîneur ait pris la peine de « visualiser » la situation
qu’il envisage, au regard de son groupe, avant de la proposer. Il doit se projeter dans celle-ci avant
la mettre en place. Rendre une situation faisable et adaptée, c’est jouer explicitement sur les facteurs
qui organisent la pratique de celle-ci, et c’est sur ses points (7) que l’entraîneur peut (et doit !) faire
varier le « curseur » pour la rendre fonctionnelle. Ces facteurs sont ceux directement :
- liés à sa structure interne (complexe / simple),
- liés à son niveau de maîtrise d’exécution (difficile / facile),
- liés à son déroulement (compliqué / aisé),
- liés à son coût énergétique et physique (forte intensité / faible intensité),
- liés à sa représentation (motivante / démotivante),
- liés à ses conditions matérielles et humaines (gênantes / favorisantes),
- liés aux connaissances requises et vécues qui y sont nécessaires (expérience / nouveauté).

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- le joueur possède-t-il les capacités physiques nécessaires pour faire ce qui est demandé,
- mon dispositif matériel et humain est-il compatible avec ce que je veux faire faire,
- s’assurer que le joueur ait bien compris ce qui est demandé,
- comment se situe cette situation par rapport à celle travaillée précédemment et par rapport à
celle qui suivra,
- est-ce que les temps de récupération sont suffisants,
- les joueurs prennent-ils le temps de s’hydrater, de s’étirer, régulièrement,
- les joueurs ont-ils le niveau technique permettant de le faire,
- la préparation physique est-elle suffisante, (il est inutile de demander à un joueur de taper
plus fort s’il est déjà à sa force maximale ; tout comme il est inutile de dire à un joueur de

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sauter plus haut s’il ne maîtrise pas la coordination de l’élan-impulsion ou s’il est au
maximum de sa détente, etc…)
- ai-je apporter suffisamment de connaissances et de pratiques antérieures pour pouvoir
envisager cette situation,
- les consignes sont-elles claires pour être appliquées,
- n’ai-je pas surestimé (ou sous-estimé) la motivation de mes joueurs,
- est-ce que je prends bien en compte tous les facteurs (les 7 cités plus hauts) sur lesquels je
peux intervenir pour modifier la réalisation de la situation,
- est-ce que c’est vraiment de cela dont les joueurs ont besoin, ai-je suffisamment pris le
temps de bien identifier l’origine du problème et ce qu’il y a à faire pour y remédier.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


REGULIEREMENT SOUVENT PARFOIS JAMAIS

• Efficacité du résultat produit et réalité de la situation •

Question : pourquoi systématiquement, de nombreux joueurs qui sont régulièrement « bons » durant
les situations d’entraînement se retrouvent moyens durant les situations de match ?
Réponses : à cause de la pression, de l’émotion, de la volonté de faire « trop bien », du niveau
adverse supérieur à celui envisagé, d’un manque de forme physique ce jour-là, d’une perte
momentanée de repères, certes, mais de mon point de vue une autre raison prioritaire est à évoquer :
celle liée au décalage trop important qui existe entre les situations d’entraînement et celles de
match. Les situations d’entraînement ne sont pas suffisamment proches de la réalité, du
contexte vrai, du problème majeur auquel il faut faire face, pour pouvoir placer le joueur
dans un véritable contexte d’efficacité ultérieure. La situation de match devient alors trop
« différente », trop éloignée, de ce qui a été travaillé et préparé en club.
Un ancien entraîneur Yougoslave ne faisait faire que des matchs à chacun de ses entraînements. Il
partait du principe que c’est uniquement dans l’action de jeu réel que tout l’apport technique et
tactique prend réellement son sens, sa pertinence, et surtout son efficacité. Il régulait au fur et à
mesure tels ou tels points dès qu’ils apparaissaient. C’est d’ailleurs, fort de son expérience, que la
plupart des entraîneurs actuels ont compris l’intérêt qui réside dans les matchs amicaux, souvent
plus « formateurs et préparateurs » que l’entraînement dit « classique ». Sans aller dans cet extrême,
qui est seulement envisageable avec des joueurs possédant déjà toutes les bases du jeu et évoluant à
(très) bon niveau, nous devons cependant nous en inspirer !

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 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- effectuer régulièrement des statistiques des joueurs, et si possible, des statistiques dites
« contextuelles », c’est-à-dire rapportées à un contexte d’apparition. Par exemple, dire qu’un
joueur a 40% d’échec en réception n’est pas suffisant ! En revanche, dire que sur 40%
d’échec il y en a 35% sur service flottant, est déjà une indication plus efficace à la fois pour
le joueur et pour l’entraîneur…
- obtenir l’efficacité de l’action et non la sanction de l’action. Au lieu de dire : si tu loupes ton
attaque tu fais 10 pompes, dire plutôt, tant que tu ne réussis pas ton attaque tu recommences.
- mettre en place des situations qui sont les plus proches de la réalité de jeu. Par exemple,
faire travailler le service en fin de séance sur des répétitions de séries n’a que peu d’intérêt
pour un match,
- privilégier l’efficacité absolue au détriment de la « beauté gestuelle » comme le font certains
entraîneurs, car c’est le résultat de l’action qui compte et seulement cela,
- éviter les répétitions en séries d’un même geste, mais sensibiliser le joueur sur la réussite
immédiate, et faire varier les conditions, (hormis les moments d’apprentissage de la
coordination et de la prise de repères)
- utiliser les techniques de concentration, de visualisation mentale, avant de faire une action
pour forcer la réussite immédiate,
- faire en fin de séance, lors d’un match, une « évaluation » de ce qui a été travaillé,
- en fin d’échauffement, faire un match sur lequel l’entraîneur prendra appui pour organiser
les situations de travail à partir de ce qu’il aura observé,
- placer les joueurs dans des situations où ils peuvent connaître immédiatement le résultat de
leur action, et la performance produite, sans devoir attendre l’avis de l’entraîneur,
- enfin, toujours bâtir son discours et ses situations sur un problème rencontré en match, et sur
des objectifs collectifs (ou individuels) à atteindre dès la fin de séance.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


REGULIEREMENT SOUVENT PARFOIS JAMAIS

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Principe n°3

« AGIR SUR LA RELATION CAUSE(S) / CONSEQUENCE(S) »

Principe fondamental et incontournable, car c’est par celui-ci en priorité que l’entraîneur
peut intervenir de manière directe, efficace et rapide, sur le groupe pour apporter des
modifications. Que ce soit durant l’entraînement à proprement parler (phase de préparation et de
correction) ou que ce soit durant le match par le coaching (phase de régulation et de décision),
ce principe est commun à chaque domaine du jeu et doit être réellement maîtrisé par
l’entraîneur. De quoi s’agit-il vraiment ? Il s’agit de partir d’un fait (une observation, un
constat) et d’en déduire les origines possibles (causes, raisons) afin d’agir sur ces dernières et
uniquement sur ces dernières. Ce principe est à appréhender de manière individuelle par le
rapport qu’entretien le joueur avec le ballon, et de manière collective par le rapport qu’entretien
le joueur avec le reste de l’équipe. La difficulté essentielle pour l’entraîneur réside dans sa
capacité à « voir la bonne chose » et surtout à agir sur la « bonne variable » permettant de
réguler immédiatement l’action. Pour cela il convient d’appliquer les points suivants :

1) Connaître les (diverses) CAUSES du constat pour agir directement sur elles.

2) Formuler la consigne de manière positive pour CORRIGER immédiatement.

3) Tenir compte de l’aspect INDIVIDUEL et COLLECTIF de l’action observée.

• Causes du constat et correction(s) à apporter •

Ces deux domaines, présentés séparément ci-dessus, seront traités volontairement ensemble ci-
après, étant donné que leur zones d’existences sont concomitantes. Sont présentés ci-après un
ensemble d’exemples permettant à l’entraîneur de mieux cerner la démarche d’intervention à
effectuer pour l’ensemble du jeu.

Partir de ce qui est observé … POUR POUVOIR … agir sur la(es) cause(s)

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Il est important de bien comprendre cette démarche, car elle implique une attitude sine qua none
pour l’entraîneur qui consiste à attendre que le problème apparaisse pour (avoir le droit… )
intervenir sur la correction à apporter. Tant que l’efficacité reste effective, alors il n’est absolument
pas pertinent de la part de l’entraîneur de modifier l’attitude du joueur ! Un exemple très significatif
(parmi tant d’autres !), illustrant cette règle, est celui de John MacEnroe au service (ex n°1 mondial
de Tennis, s’il vous plaît !). Archétype total de « ce qu’il ne faut pas faire » en termes de placement,
attitude, position, bref de la gestuelle théoriquement recherchée…, mais avec une véritable
efficacité avérée, qui de ce fait, ne justifiait pas un changement de coordination ! Mais comme tout
exemple ponctuel et symbolique, il reste une exception qui confirme la règle, à savoir que,
l’entraîneur doit tout de même attirer l’attention de son joueur sur les risques éventuels qui peuvent
apparaître en maintenant une coordination, une motricité, une organisation spatio-temporelle,
« peu » adaptée(s) au bon fonctionnement de l’action visée. Chaque entraîneur, en fonction de ses
compétences et du contexte, devra choisir entre « anticiper un éventuel problème », ou au contraire,
« laisser apparaître le problème »…

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


Voici quelques exemples illustratifs : Quelle(s) cause(s) pour un même observable ?
Thèmes Observables Causes / Corrections
Déplacement(s) en Le joueur met trop de temps à atteindre - position raide au niveau des jambes,
direction du ballon. le ballon, ou à se replacer. - se déplace mains jointes,
- position redressée du buste,
- pas croisés / chassés non adaptés au
déplacement,
- manque de tonicité, de mobilité,
- fait de grands pas là où des petits,
d’ajustement rapide, sont nécessaires,
- mauvais choix de déplacement
(marche arrière, quand un ½ tour et
course vers l’avant doivent se
faire…),
- cherche à atteindre « pédestrement »
le point de chute du ballon quand un
plongeon (ou une « corse ») peut être
plus efficace,
- absence de communication entre les
joueurs.
- etc…

Placement(s) défensif(s), Le joueur n’est pas là où il devrait être. - mauvaise lecture du jeu adverse,
soutien d’attaque. - mauvais ajustement par rapport à
l’annonce du contre,
- position trop statique, manque de
disponibilité,
- absence de consigne(s) précise(s),
- manque d’anticipation, le joueur reste
que sur de la « réaction »
- etc…

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Service. 1) Le ballon est mal frappé ou ne - lancer le ballon devant soi (en avant)
franchit pas le filet. et assez haut (sauf pour un flottant),
- placer le ballon dans l’axe de son
épaule de frappe et non devant son
corps,
- tonifier la charnière abdominale,
dorsale et scapulaire au moment de la
frappe (souffler avec le ventre),
- frapper le ballon en avançant dedans,
- jouer le ballon légèrement dessous,
- terminer son mouvement vers l’avant,
- ne pas quitter le ballon des yeux.

2) Le ballon sort derrière le terrain - se reculer davantage sans changer la


adverse. force de frappe,
- faire tourner le ballon en le lançant,
- maintenir la rotation en « coiffant » le
ballon,
- viser la grande diagonale pour avoir
plus de longueur,
- rechercher la vitesse de bras et non la
crispation lors de la frappe.

3) Sur un service flottant, le ballon - garder le ballon près de soi lors du


tourne. lancer,
- accompagner (présenter) le ballon
sans le faire tourner,
- placer le ballon dans l’axe de son
épaule de frappe,
- viser l’arrière centre du ballon au
moment de la frappe,
- taper avec l’intérieur (paume) de la
main ouverte,
- durcir la main au moment de la
frappe,
- effectuer un geste « sec et rapide »
avec peu d’amplitude,
- garder le corps tonique, notamment
au niveau abdominal.

Réception. 1) Le ballon n’avance pas, il reste - garder le bassin reculé par rapport
dans les bras du joueur. aux bras,
- rentrer la tête dans les épaules et
« projeter » ces dernières et les bras
en avant,
- attaquer le ballon,
- pousser sur les jambes (sans sauter !)
au moment du contact,
- tirer les doigts vers le bas, pour tendre
les coude et avoir les bras tendus,
- penser à rentrer les coudes vers
l’intérieur de la manchette pour
rapprocher les surfaces de contact,
- sur des ballon peu puissants,
accompagner le ballon avec les bras.

2) Le ballon n’est pas orienté vers - vérifier l’orientation des appuis (pas
le passeur. de contre appui),
- vérifier l’orientation du bassin et des
épaules avant et au moment du
contact,
- vérifier le placement (compatibilité)
entre le serveur, le réceptionneur et le

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passeur,
- lors du contact jouer le ballon sur les
deux bras tendus et orientés (plateau),
- dans certains cas, compenser par
l’orientation des poignets et des
avant-bras,
- ne pas quitter le ballon des yeux et
être disponible (mobile et prêt),
- être équilibré au moment du contact ;
pieds au sol.

3) Le ballon n’est pas joué ou est - entre deux joueurs, définir le


incontrôlé. réceptionneur prioritaire si la ballon
arrive dans la zone de conflit,
- regarder le lancer et l’orientation de
l’épaule et du bras du serveur,
- ne pas quitter le ballon des yeux pour
évaluer sa trajectoire,
- être mobile et faire un sursaut
d’allègement au moment de la frappe
adverse,
- ne pas joindre ses mains trop
rapidement mais d’abord se placer
dans l’axe de la trajectoire,
- sur ballon (très) puissant chercher à
garder le ballon près de soi, (les bras
se fléchissent légèrement au contact
pour garder le ballon),
- aller sur la ballon (genou au sol,
plongeon, glissade,…) et compenser
si besoin.

Passe. 1) Le ballon n’est pas assez poussé - placer les mains derrière le ballon,
à l’aile. coude écartés, fléchis, et
accompagner le ballon en
« soufflant »,
- contracter les abdominaux au moment
de la passe,
- tout le corps doit aller dans le sens de
la passe (pas de fesses en arrière),
- sur des passes en difficultés, durcir
les doigts au moment du contact pour
mieux le « percuter ».

2) Le ballon part dans le camp - fermée davantage la main proche du


adverse après la passe. filet,
- pousser de la même manière avec les
deux mains,
- jouer le ballon avec les doigts bien
ouverts,
- rester orienté vers le point à atteindre.

3) Le ballon est tenu, porté. - jouer le ballon au dessus du visage,


- travailler avec la flexion des poignets
et non avec les bras,
- effectuer un contact, rapide et propre
pour vite lâcher le ballon,
- travailler avec les doigts.

4) Le ballon glisse entre les mains. - vérifier qu’il ne soit pas humide,
- sécher ses mains,

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- garder les mains plus rapprochées


pour faire le « triangle de passe »,
- chercher à « englober » le ballon avec
tous les doigts (même si ce ne sont
que certains qui participent
réellement à la passe…)

5) Sur une passe en extension, le - la passe doit se faire au point mort


ballon n’est pas contrôlé. haut du saut, voire juste un peu avant
celui-ci, (pas en descendant !)
- rechercher de bons appuis au sol
(pieds légèrement en convergence),
- garder les bras proches du corps pour
lancer le saut sans les tirer derrière,
- rester très gainé (tonique) durant le
saut au niveau abdominaux et
lombaires,
- lors du contact, ne chercher à faire
« qu’un » avec le ballon.

6) Sur une passe à une main, le - garder l’avant bras souple et relâché
ballon ne vas pas assez haut et avant le contact, et le tonifier (durcir)
loin. au moment de celui-ci,
- jouer le ballon au centre arrière et
légèrement dessous,
- durcir les doigts au contact et
« projeter » l’épaule vers le haut et
l’avant.

7) Sur la fixe (courte), le ballon est - oublier le joueur et regarder sa main


mal placé. gauche (pour un droitier), main de
« montée », pour lancer le ballon
dessus,
- en temps « 1 », le joueur doit monter
en même temps que le ballon,
- sur un décalage, se réorienter pour
« forcer la passe » en plaçant le
ballon devant l’attaquant.

Attaque. 1) Le joueur manque de puissance. - augmenter la zone d’élan, et vérifier


le bon rythme de l’élan-impulsion,
(volontairement, tous les - le joueur doit « transpercer » le ballon
types d’attaque ne sont et non se contenter de monter « à
pas traités…) côté » de lui,
- rechercher l’ouverture des épaules
(amplitude) à la manière d’un tireur à
l’arc (d’autres techniques sont aussi
possibles…),
- être relâché avant la frappe, et se
tonifier (abdo-lombaires-épaule) au
moment de celle-ci,
- terminer complètement le mouvement
après la frappe.

2) Le joueur est sous le ballon. - prendre son appel bien en arrière de


la zone de chute du ballon,
- tirer l’épaule d’attaque bien en
arrière,
- au moment de la frappe, le ballon doit

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être devant l’axe de l’épaule et non


au-dessus du corps,
- chercher à jouer le ballon « au-
dessus », (grand bras)
- vérifier que son rythme d’élan
correspond avec le tempo de passe.

3) Le joueur manque de hauteur. - vérifier sa puissance musculaire des


membres inférieurs, (préparation
physique)
- l’élan doit être conséquent (assez
long) et l’appel dynamique,
- le dernier pied d’appel (gauche pour
un droitier), doit être placé presque
parallèle au filet pour limiter la
« fuite du saut » vers l’avant,
- lors de l’impulsion, les bras doivent
aller chercher loin derrière pour être
lancés forts vers le haut,
- observer le rythme de l’élan et la
position des segments inférieurs lors
des trois derniers appuis,
- monter l’épaule d’attaque le plus haut
possible pour aller chercher le ballon
haut, (grand bras)
- rester tonique et gainé durant toute
l’action.

4) Le ballon est souvent dehors - jouer le ballon au-dessus pour le faire


(trop long) ou au contraire dans descendre et chercher à le « coiffer »
le filet. pour le faire tourner,
- utiliser la flexion du poignet pour
faciliter la chute du ballon,
- rester derrière le ballon,
- ne pas chercher à « planter » dans les
3m (ce qui d’ailleurs ne rapporte pas
plus de points !) mais viser la zone
arrière,
- garder le bras bien ouvert et « grand »
sans chercher à tirer le coude vers le
bas,
- aller chercher le ballon haut sans
attendre qu’il vienne à soi.

Contre. 1) Le joueur a un mauvais timing. - sur attaque en « 4 » (adverse), sauter


après que le joueur est pris son
impulsion,
- regarder la course d’élan de
l’attaquant pour s’ajuster à elle,
- contrer le bras d’attaque et non le
joueur.

2) Le joueur se fait jouer les - ne pas rechercher la hauteur de


« mains ». contre, mais le franchissement,
- si le joueur est en difficulté, enlever
les mains au dernier moment
(attention à la défense arrière !)
- la main extérieure au terrain (proche
de la ligne) doit être davantage
tournée vers l’intérieur du terrain.

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3) Le joueur « flotte » ou manque - bloquer son appel lors du saut,


de hauteur. - rester tonique et gainé,
- ne pas quitter le ballon des yeux et
chercher à poser les mains dessus,
(améliorer la lecture de balle)
- observer l’élan utilisé, (en latéral, en
rotation, en « jambes »)
- le central doit s’ajuster avec son
ailier, (être « collé »)
- améliorer les qualités physiques de
gainage, de détente et de poussée.

Défense arrière. 1) Mauvais placement. - se mettre d’accord avec les contreurs


(ligne ou intérieur) pour savoir où se
placer,
- opter pour un « 6 » reculé (ballon
touché) ou un « 6 » avancé
(bidouille).

2) Les ballons ne sont pas ramenés - chercher à anticiper le point de chute


vers l’avant. du ballon,
- sur des ballons difficiles se contenter
de le « pousser » vers le haut et
l’avant,
- sur des ballons de relance, facilement
interceptés, laisser faire le libéro,
- tous les ballons qui peuvent être pris
en passe (quitte à se fléchir un peu)
doivent l’être,
- rester solide sur ses appuis, position
basse, fléchie, près à pousser,
- chercher à couvrir une zone
maximale, un maximum d’amplitude
défensive.

Bien évidemment et volontairement, toutes les actions ne sont pas traitées. Il s’agit là, de
proposer quelques illustrations permettant de montrer que pour une même conséquence
(observation) plusieurs causes sont possibles. A l’entraîneur de déterminer celle(s) concernée(s)…
Pour cela, je renvoie l’entraîneur à ses connaissances techniques, et si tel n’est pas le cas, je l’invite
fortement à aller s’informer, voire se former. D’une manière générale, un retour régulier aux
fondamentaux est nécessaire. Il n’y a pas de pire cas, que celui qui croit tout savoir et qui prétend ne
pas avoir besoin d’entretenir ses connaissances ou de se remettre à niveau. Et j’en connais beaucoup
comme cela… à commencer par moi-même lorsque j’étais un jeune entraîneur tout fier d’officier !

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


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• Tenir compte de l’aspect individuel et collectif •

Comme nous l’avons évoqué lors du principe précédent, trop souvent les situations proposées à
l’entraînement ne placent pas (suffisamment) le joueur en réelle condition d’apprentissage et de
progression. L’aspect individuel de l’action (la performance personnelle) est toujours à
considérer au regard de l’action globale (performance collective) du jeu, de la séquence. Ainsi,
faire répéter des attaques en poste 4 suivant le « grand classique » suivant : l’attaquant envoi le
ballon en passe (et certains font même un lancer ascendant à deux mains !) au passeur, pour que
celui-ci effectue la passe d’attaque, afin que l’attaquant smash dans le terrain adverse, n’a aucune
pertinence si ce n’est celle liée à la préparation lors de l’échauffement pour (re)prendre ses repères
et ses sensations. Aussi, quelle que soit l’action de jeu à améliorer, il faut que l’entraîneur garde
constamment à l’esprit la mise en application systématique du protocole suivant :

Ce qu’il se passe avant => ce que fait (ou doit faire) le joueur => ce que produit l’action.

Qu’est-ce que cela signifie ?


Que toute action de l’entraîneur visant à améliorer un geste technique du joueur doit être insérée
dans un contexte de jeu. Par exemple, une attaque (smash) survient après une passe, qui elle-même
survient après une réception ou une défense/relance, et cette même attaque doit produire un effet
positif face au contre adverse, et à la défense adverse. Ce n’est qu’en tenant compte de ces
paramètres, antérieurs et postérieurs à l’attaque elle-même, que l’efficacité doit être recherchée.
Combien de joueur(s) semblent « forts » à l’échauffement d’avant match, en mettant des « chiches »
dans les 3m (les conditions sont faciles… mais erronées !), puis ont d’énormes difficultés à faire
leur(s) point(s) en match, c’est-à-dire en situation réelle, en situation vraie ?

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- veiller à maintenir, autant que faire ce peu et le plus souvent possible, ce que j’appelle la
condition « triangulaire de la performance », pour chaque action technique. C’est garder
à l’esprit que pour améliorer un geste technique de manière efficace, il faut impérativement
que ce geste survienne après une action type, et avant une intention/contrainte recherchée.
Cela se traduit de la façon suivante : (celui qui travaille réellement est souligné et est en gras)
/ Pour améliorer l’efficacité de la réception, il faut répondre à un service et amener le
ballon sur le passeur, (S-R-P)

S. ALLEC 23
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/ Pour améliorer l’efficacité d’une passe, il faut une réception/relance et une attaque,
(R-P-A)
/ Pour améliorer l’efficacité d’une attaque, il faut une passe et un contre, (P-A-C)
/ Pour améliorer l’efficacité d’un contre, il faut une attaque et une défense arrière,
(A-C-D)
/ Pour améliorer l’efficacité de la défense, il faut un contre et une passe, (C-D-P)
/ Pour améliorer un service (cas particulier !), il faut placer le joueur dans un
contexte de service (équipe en retard au score, équipe à égalité, équipe en avance)
afin de développer trois types de service : fort, placé/flottant, assuré, et rechercher
l’obtention du résultat en fonction du service choisi. (Contexte-S-R)
- le comportement d’un joueur et ses conséquences sur le reste du groupe,
- connaître les préférences de jeu des joueurs, afin d’organiser le jeu en fonction des besoins
recherchés, (par exemple, face à de bons bloqueurs, passer par un jeu très accéléré aux ailes
peut s’avérer nécessaire et pertinent… à condition d’avoir des joueurs qui « aiment »
attaquer sur ce type de passe)
- lors du coaching (action de décisions/régulations en phase de match), l’entraîneur doit
mesurer les conséquences de ses choix avant de les faire et évaluer leur pertinence.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


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S. ALLEC 24
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Principe n°4

« DEVELOPPER DES INTENTIONS DE JEU PAR LE RAPPORT ENTRE


EFFETS RECHERCHES / EFFETS PRODUITS »

Comme tous les sports collectifs, le Volley-ball place les joueurs en situations d’incertitudes
face auxquelles l’adaptation (intelligence de jeu) et la mise en place de schémas tactiques (plan de
jeu) permettent de répondre du mieux possible à ces contraintes pour obtenir un rapport de force en
sa faveur. A l’exception du service, seul geste du jeu où le joueur n’est pas placé dans la
coïncidence d’une trajectoire externe, toutes les actions techniques doivent répondre à la complexité
duelle adaptation/reproduction. S’adapter à un service adverse, s’adapter à une réception
« moyenne », s’adapter à une passe un peu basse, etc… d’une manière récurrente, l’adaptation est la
première qualité perceptivo-motrice du volleyeur. En même temps, succède dans l’immédiateté de
la perception la décision de (re)produire une action, un mouvement, un geste, « connu » et
mémorisé à l’issue des pratiques antérieures (matchs et entraînements), sur lesquelles le joueur
s’appuie pour répondre à la contrainte. L’adaptation est inévitable, mais en contrepartie, toute la
richesse de l’entraînement (et des matchs amicaux) est de tendre à réduire cette dernière par le
développement d’une activité anticipatoire adaptative, qui justement par l’apprentissage qu’elle
suscite, crée des « automatismes » chez le joueur, qui ont pour but de diminuer (ou tout au moins en
donne la sensation…) l’incertitude du jeu : c’est ce que l’on appelle la planification.
En match chaque équipe va chercher à opérer sa planification afin d’être placée dans un jeu
« connu », maîtrisé, où l’incertitude sera reléguée à sa plus faible expression. L’équipe, qui d’une
part possède les modalités d’une planification efficace, d’autre part parvient à « l’imposer » à
l’équipe adverse, et enfin, maintient cette planification (avec des ajustements possibles en cours de
jeu…) durant la totalité du match, est tout simplement l’équipe qui remportera la victoire !
Mesdames et messieurs les entraîneurs, il vous appartient à présent de montrer vos capacités de
« grand stratège » et d’opérer des choix tactiques qui seront à la hauteur de vos attentes et exigences
envers les joueurs(euses). Si tel est le cas, la reconnaissance vous sera alors assurée…

 Ce sur quoi l’entraîneur doit porter son attention :


- constituer une équipe en partant des points capitaux : 1) le passeur, 2) le pointu, 3) les
réceptionneurs/attaquants. Il faut savoir qu’une équipe avec un bon passeur et des attaquants
moyens, sera plus performante qu’une équipe avec un passeur moyen et de bons attaquants.
L’entraîneur doit donc très rapidement identifier celui qui a, entre autres, le sens du jeu, un

S. ALLEC 25
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bon touché de balle, un mental solide (le passeur), puis celui qui a un « potentiel » d’attaque
important de par sa puissance, sa régularité, ses qualités athlétiques (le pointu), et enfin ceux
qui permettent de construire le jeu et de placer « sa planification » lors des phases de
réception/défense/relance (les réceptionneurs/attaquants).
- développer des schémas de jeu (sur tel service on fait cela, sur tel réception on fait cela,
etc…) tout en sachant qu’il faudra s’en dégager si une fois en match l’équipe est trop en
difficulté,
- garder à l’esprit que le meilleur schéma de jeu est aussi celui de la simplicité (surtout avec
des équipes de petits niveaux),
- donner le moins d’informations possibles à l’équipe adverse,
- varier les combinaisons, surtout sur les « side out »,
- veiller à ce que le passeur (re)donne confiance à ses équipiers (redoubler une passe si
l’attaquant s’est fait bâcher),
- s’assurer que le joueur le plus efficace en attaque le jour du match a un maximum de ballons
(attention, car à force il peut aussi se faire contrer…)
- multiplier les matchs à « thèmes » à l’entraînement en variant les contraintes, les consignes,
et les exigences,
- veiller à ce que chaque joueur, lorsqu’il fait une action technique quelle qu’elle soit, soit
dans une logique intentionnelle d’un effet recherché : « qu’est-ce que je cherche à faire, et
quel résultat j’en obtiens »,
- chaque fois que cela est possible, sensibiliser le joueur sur le résultat qu’il vise et non sur la
sensation d’un geste bien fait. Exemple : je veux mettre en difficulté la réception adverse,
pour cela je dois viser un autre joueur que le libéro (placé en P1) en servant fort, donc je
vais faire un service smashé en zone P5-P6,
- à l’entraînement, placer les joueurs dans la condition « triangulaire de la performance » pour
optimiser le lien entre ce que le joueur veut faire, peut faire, et fait,
- obliger les joueurs à se poser des questions par rapport à leur jeu, leur niveau de
performance, pour qu’ils soient attentifs à ce qu’ils doivent faire,
- enfin, ne pas hésiter à se remettre en cause, à modifier ses choix, à opérer différemment, si
le résultat observé et produit n’est pas celui attendu, ou celui qui aurait du l’être.

En tant qu’entraîneur, suis-je capable de faire cela ?


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S. ALLEC 26
- Didacticiel d’entraînement en Volley-Ball -

ENTRAINER, C’EST PAS SI FACILE !

Entraîner est difficile. Entraîner oblige à se remettre en question, à passer par des phases de
doutes et d’échecs. Entraîner oblige à devoir être parfois « autoritaire » envers ses joueurs(euses) et
à faire fi de ses convenances personnelles. Entraîner prend du temps et en demande aux autres,
aussi il est important de ne pas le perdre. Entraîner est parfois frustrant, voire rébarbatif. Entraîner
impose d’avoir de solides connaissances associées à un « bon sens » avéré, afin d’être à la fois
pragmatique et à la fois « visionnaire » dans ses choix. Entraîner engendre explicitement l’obtention
de résultats, et si possible régulièrement positifs. Entraîner contraint à rendre des comptes, à se
justifier et à argumenter ses choix. Bref, vous l’aurez compris, entraîner n’est pas une sinécure !
Mais entraîner, c’est aussi avoir des émotions fortes, durables et uniques qui font de cette
fonction son plaisir et sa caractéristique. Comme le disait S. Freud, l’acte de gouverner des
hommes (au sens de diriger, d’organiser) fait partie des trois types de métiers dits « impossibles » à
effectuer, sans qu’une partie de soi-même soit atteinte, voire dans certains cas détruite, car la
particularité des relations praxiques est que ces dernières conditionnent le fonctionnement et le
devenir d’un groupe humain, par l’action et les seuls agissement d’un individu, qui est
officiellement investi de l’autorité nécessaire pour le faire.
Dés lors, pour préserver les rapports sociaux et que chacun, entraîneur comme joueur(euse),
éprouvent du plaisir à faire ce qu’il a à faire, à se retrouver, à partager du temps et des efforts
ensemble, le discours de l’entraîneur ainsi que sa « posture générale » envers le groupe, doivent se
situer dans la réalisation de l’efficacité, de la compétence, et tout simplement dans la relation de
confiance. Confiance de l’entraîneur dans le potentiel de ses joueurs(euses), et confiance de ces
derniers(ères) dans les choix et le « faire » de l’entraîneur.
Créer cette confiance n’est pas si simple. Mais il est entraînant de s’entraîner à entraîner !
Aussi, en se donnant les moyens qui permettent potentiellement d’y parvenir, par l’écoute, le
dialogue, la formation, la discussion avec d’autres entraîneurs, l’acceptation de ses erreurs et leur
reconnaissance auprès du groupe, l’application des principes évoqués ici, l’entraîneur aura déjà
franchit un pas, voire une foulée, vers cette quête pédagogique qui est la base de toute activité
humaine où une personne a en charge la formation, le développement, l’accompagnement des
autres, à savoir : la motivation.
Là où il y a motivation de l’entraîneur à entraîner, et motivation des joueurs(euses) à
s’entraîner, il ne peut, tôt ou tard, qu’apparaître des résultats positifs, appréciés… et motivants !

S. ALLEC 27
- Didacticiel d’entraînement en Volley-Ball -

CONCLUSION

Arrivé au terme de ce didacticiel, j’aimerais de nouveau en préciser son intérêt et son utilité
pour tous. En aucun cas construit dans l’idée de se substituer aux excellents ouvrages, vidéos, et
formations, qui existent déjà et qui sont faits par des personnes de qualité, ce document a pour seule
finalité d’attirer l’attention de l’entraîneur sur les modalités de son intervention pédagogique à
travers les informations techniques, tactiques, ou autres, qu’il livre à ses joueurs, mais aussi lors des
situations d’apprentissage qu’il propose et organise durant sa séance. Je laisse le soin à chacun
d’entre vous d’acquérir les connaissances nécessaires en matière de techniques, d’arbitrage, de
préparation physique et de coaching, pour savoir ce qu’il y a à faire avec son groupe, car là n’est
pas l’objet de cet outil. Je considère par le terme « entraîneur » la personne diplômée et qualifiée.
En revanche, acquérir un minimum de savoir-faire basés sur l’analyse du jeu, sur
l’observation des comportements, et sur une réflexion fonctionnelle permettant de mieux « donner
du sens » à son action et surtout de parvenir à une efficacité réelle, avérée, est le véritable enjeu de
ce fascicule. Beaucoup d’entraîneurs optent pour une démarche d’apprentissage dite
« béhavioriste » basée sur le couple stimulus-réponse (S-R), dans laquelle l’utilisation principale de
la démonstration et d’un découpage analytique du mouvement associé à des renforcements externes
(sanctions positives ou négatives), sont les moyens « pensés » pour transmettre le savoir et faire
apprendre. Intéressante à certains moments et de manière limitée, cette démarche, la plus facile et la
plus commune pour des personnes n’ayant aucune formation universitaire dans le domaine des
apprentissages sportifs, est prioritairement celle développée par le milieu fédéral où tout un chacun,
quelles que soient ses origines sociales, ses capacités intellectuelles ou son niveau d’études, doit
pouvoir être en mesure de « faire », avec un minimum de réussite, une fois placé face au groupe.
C’est en cela que se différencie ce didacticiel, et sans entrer dans une réflexion « trop
pointue », car il veut rester intellectuellement accessible au plus grand nombre, il permettra à
l’entraîneur de penser (peut être…) sa pratique autrement, ou tout au moins, d’être en mesure de
pouvoir le faire s’il le désire vraiment. La balle est dans votre camp !
Parce qu’il ne suffit pas seulement de disposer de tous les ingrédients utiles à la réalisation
d’un grand plat, pour être en capacité de le faire, il ne suffit pas non plus de disposer de tous les
gestes techniques du Volley pour pouvoir les faire acquérir aux autres et obtenir un résultat efficace.
Les connaissances sont bien évidemment nécessaires et prioritaires à toutes relations
praxiques, mais au final, étant donné qu’elles sont les mêmes pour tous, c’est davantage les
qualités humaines, l’expérience, le bon sens et l’intuition de la personne qui feront la différence,
la compétence et la renommée d’un entraîneur digne de ce nom !

S. ALLEC 28
- Didacticiel d’entraînement en Volley-Ball -

Retenez…

« Que chaque entraîneur soit rassuré, il n’existe pas en soi de bonne ou de


mauvaise méthode. Chaque méthode produit des résultats qui sont à
apprécier au regard du contexte dans lequel ils ont été obtenus et envers
les objectifs qu’ils visaient. Dès lors, si les résultats obtenus sont positifs,
alors il convient de considérer que la méthode est efficace et adaptée, et en
contrepartie, si les résultats obtenus sont négatifs, alors il convient de
considérer que la méthode est inefficace et inadaptée, il faut en changer. »

********

« Entraîner c’est faire des choix, c’est prendre des décisions, qui peuvent
s’avérer discutables, voire discutés, mais qui doivent toujours faire l’objet
d’une argumentation et d’une justification. Ces dernières reposent à la fois
sur les connaissances, l’expérience et les convictions de l’entraîneur, qui,
associées aux résultats obtenus et à leur régularité en font, entre autres,
sa compétence. Refuser les certitudes, se remettre en question, continuer
à se former et partager son expérience, même une fois diplômé et surtout
à partir de ce moment, est la meilleure des démarches pour construire et
entretenir ses compétences afin d’enrichir son expertise. »

Stéphane ALLEC

S. ALLEC 29
- Didacticiel d’entraînement en Volley-Ball -

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ALLEC, Stéphane
Juin 2009

S. ALLEC 30