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Espace de dimension fini

Théorème de la base incomplète


Sous espace en dimension finie.
Applications linéaires en dimension finie

CH.3 : Espaces vectoriels de dimension finie


(3 séances)

Mouanis Hakima

Faculté des sciences Dhar Mahraz Fès

hmouanis@yahoo.fr
www.mouanis.wordpress.com

23 mars 2019

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Espace de dimension fini
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Plan

1. Espace de dimension fini 3. Sous espace en dimension finie.


2. Théorème de la base 3.1 La dimension de la somme des sous espaces
incomplète vectoriels
2.1 Théorème de la base 3.2 La dimension des espaces vectoriels quotients
incomplète 4. Applications linéaires en dimension finie
2.2 rang d’un système 4.1 Rang d’une application linéaire,d’une famille
de vecteurs
4.2 Théorème du rang
4.3 Dimension de L (E, F)

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Définition 1.1
On dit qu’un espace vectoriel E est de dimension finie s’il possède un
système générateur fini ; c’est à dire qu’il existe n vecteurs x1 , x2 , ..., xn
de E tels que :
E = Vect(x1 , .., xn )
Autrement dit, si l’application

Kn −→ E
n
X
(α1 , α2 , ..., αn ) −→ αi xi
i=1

soit surjective.
Dans le cas contraire, E est dit de dimension infinie.

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Exemples 1.1
1 Pour tout n ∈ N? , Kn est de dimension finie sur K.
2 Pour tout n ∈ N, E = Kn [X] l’ensemble des polynômes de degré
inférieur ou égal à n, est de dimension finie.
3 L’espace
 vectoriel K [X] est de dimension infinie, le système
1, X, X 2 , ...., X n , .... en est un système générateur infini.

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Théorème de la base incomplète

Théorème 2.1
Soient E un K− espace vectoriel tel que E 6= {0} ayant un système
générateur fini S
Alors toute famille libre de E peut être compléter en une base de E.

Preuve. 1ere étape :Montrons tout d’abord qu’on peut extraire


du système S un sous-système qui soit une base de E.
En effet :
Si S = {x1 , x2 , ..., xn } ; soit L (S) = {A ⊂ S/ A est libre } . Alors L (S)
n’est pas vide car E 6= {0} et S en est un système générateur
entrainent qu’il existe i ∈ {1, 2, ..., n} tel que xi 6= 0, d’où {xi } est un
sysème libre de E.
On suppose par exemple que L (S) = {A1 , A2 , ..., Ap } ,
(L (S) ⊂ P (S) et S est fini ) .

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Soit N (L (S)) = {card (Ai ) : 1 ≤ i ≤ p} ; alors N (L (S)) est une partie


non vide de N qui est majorée (par n) , elle admet donc un plus grand
élément ; soit k cet élément et soit Ak l’ensemble associé. Ak est donc
un sous-système de S comportant le plus grand nombre de vecteurs
linéairements indépendants.
Montrons que Ak est une base de E. Comme Ak est libre, il suffit de
montrer qu’elle est génératrice ; et puisque S est un système
générateur de E il suffit de montrer que tout élément de S est
combinaison linéaire de ceux de Ak .
Soit Ak = {xi1 , xi2 , ..., xik } , alors :
1er cas : Si Ak = S, c’est terminé.

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2eme cas : Si Ak 6= S, alors pour tout x ∈ S \ Ak , l’ensemble Ak ∪ {x} est


un sous-système de S qui contient k + 1 éléments, elle est donc lié, et
puisue Ak est libre alors, d’aprés la proposition 4.2(3), x est une
combinaison linéairefini des’éléments de Ak , c’est à dire,il existe alors
k
X
(, λ1 , λ2 , ..., λk ) dans Kk non tous nuls tels que :x = λj xij . Ce qui
j=1
montre que E = vect(S) = vect(Ak )
2eme étape :
0 0
Soit S une famille libre de E, alors si S” = S ∪ S , S” est un système
générateur de E; on peut donc en extraire une base de E. Cette base
doit être précisément le plus grand système extrait et comportant des
0
vecteurs linéairement indépendants, donc contient le système S .

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Conséquence 2.1
Tout espace vectoriel de dimension finie admet une base fini.

Proposition 2.1
Soit E un espace vectoriel engendré par un système de n vecteurs,
alors tout système libre de E a au plus n éléments.

Preuve. Soit S = {x1 , x2 , ..., xn } un système générateur de E.


0
Soit S = {y1 , y2 , ..., ym } un système libre de E. Il s’agit de montrer que
m ≤ n.
Par l’absurde :
Supposons que m > n; on a y1 = α1 x1 + ... + αn xn , il existe au moins
0
un αi non nul, car sinon y1 serait nul et par suite le système S ne
serait pas libre. On suppose par exemple que α1 6= 0, alors :
1
x1 = (y1 − α2 x2 − ... − αn xn )
α1

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Suite de preuve

Le système S1 = {y1 , x2 , ..., xn } engendre donc E.


y2 = β1 y1 + β2 x2 + ... + βn xn , les coefficients βi pour i ∈ {2, ..., n} ne
sont pas tous nuls car sinon : y2 = β1 y1 ce qui est absurde. On peut
supposer que β2 6= 0, alors :
1
x2 = (y2 − β1 y1 − β3 x3 − ... − βn xn )
β2

Le système S2 = {y1 , y2 , x3 , ..., xn } engendre donc E.


En continuant ce processus, on aura donc le système {y1 , y2 , .., yn }
générateur de E, en particulier yn+1 = α1 y1 + α2 y2 + ... + αn yn ce qui
contredit le fait que la famille {y1 , y2 , ..., ym } est libre . Donc m ≤ n.

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Définition et proposition 2.1


Dans un espace vectoriel E de dimension finie, toutes les bases ont
même nombre d’éléments, appelé dimension de E et est noté
dim (E) .
Un espace vectoriel qui ne possède pas de base finie est dit de
dimension infinie.
0
Preuve.  Si  B et B sont deux bases de E et n = card (B) et
0 0 0
m = card B , alors n ≤ m ( B libre et B génératrice) et m ≤ n (B
libre et B génératrice), donc m = n.

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Exemples 2.1
1 dim ({0}) = 0.
2 Pour tout n ∈ N, Kn [X] est de dimension n + 1.
3 Pour tout n ∈ N∗ , Kn est de dimension n.

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Rang d’un système

Définition 2.1
Etant donné un système S = {a1 , . . . , an }, non vide, d’éléments d’un
espace vectoriel E. On appelle rang de S la dimension du
sous-espace vectoriel Vect(S), engendré par le système S.
C’est aussi le nombre maximale des vecteurs libres qu’on peut
extraire de ce système.

Exercice
Déterminer les rangs des systèmes de vecteurs suivants
1 {(2, 3, 5), (−1, 2, −3), (4, −3, 8)}.
2 {(2, 3, 5), (−1, 2, −3), (1, 5, 2)}.
3 {(1, 1, 1, 1), (1, 2, 0, 0), (3, 4, 2, 2), (1, 2, 1, −1), (2, 4, 1, −1)}.

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Théorème 2.2
Soient E un espace vectoriel de dimension fini n et B un système de
vecteurs de E.
B engendre E si, et seulement si rg(B) = n.
En particulier,
B est une base de E si, et seulement si B est libre et rg(B) = n.

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Preuve.
On a B est un système générateur de E alors E = vect(B)
donc n = dim(E) = dim(vect(B)) = rgB.
Inversement, si dim(E) = rg(B) = n.
0 0
On a rg(B) = n donc il existe B ⊆ B tel que B est libre et
0 0 0
card(B ) = rg(B) = n et ∀u ∈ B\B on a B ∪ {u} est lié c’est à dire
0 0
u ∈ Vect(B ) ce qui montre que Vect(B) = Vect(B ).
0
Donc, il suffit de montrer que Vect(B ) = E : Supposons que
0 0
Vect(B ) 6= E, c’est à dire, il existe x ∈ E tel que x 6∈ Vect(B ) alors,
0 0
puisque B est libre, {x} ∪ B est libre et
0
card(B ∪ {x}) = n + 1 > dim(E) absurd( car tout famille libre dans E
son cardinal doit être inférieur ou égale à dim(E) .

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Théorème 3.1
1 Soient E un espace vectoriel de dimension finie n, n ∈ N∗ et F un
sous-espace vectoriel de E, alors F est un espace de dimension
finie et on a : dim (F) ≤ dim (E)
2 dim (F) = dim (E) si et seulement si E = F.

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Preuve du théorème

Preuve.
1 Soit B une base de F, elle est libre dans F donc libre dans E,d‘où
dim F = card(B) = rgB ≤ dim E (d’après proposition 2.1).
2 Si E = F alors dim E = dim F. inverement, si dim E = dim F. Soit B
une base de F, pour monter que E = F il suffit de montrer que
E = vect(B). On a B est libre et rgB = dim F = dim E ce qui
implique que B est un système générateur de E (d’après
Théorème 2.2).

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Corollaire 3.1
Soit E est un espace vectoriel de dimension finie n. Alors :
1 tout système générateur de E contient au moins n vecteurs.
2 un système générateur de E contenant n vecteurs est une base
de E.
3 un système libre de E contenant n vecteurs est une base de E.

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Preuve.
1 Soit B un système générateur de E, alors
dim E = rg(B) ≤ card(B). Donc B a au moins n éléments.
2 Soit B = {x1 , ..., xn } un système générateur de E tel que
card (B) = n, alors card(B) = n = dim E = rg(B) ce qui montre que
B est libre, donc une base de E.
3 Soit B = {x1 , ..., xn } un système libre de E tel que card (B) = n,
alors rg(B) = card(B) = dim E, d‘où B est un système générateur
de E, et par suite une base de E.

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Théorème 3.2
Soit E un K−espace vectoriel de dimension finie n et soit B une partie
de E. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1 B est une base de E.
2 B est une partie libre de E et |B| = n .
3 B est une partie génératrice de E et |B| = n .

Preuve. 1. ⇒ 2. évident.
2. ⇒ 3. B est une base de E d’après 3. du corollaire précédente, donc
c’est une partie génératrice de E ayant n éléments.
3. ⇒ 1. D’après 2. du corollaire précédent.

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Exercice
Montrer que {1, X − 1, (X − 1)2 , (X − 1)3 } est base de R3 [X].

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Théorème 3.3
Soient F et G deux sous espace vectoriels d’un espace vectoriel de
dimension finie E, B une base de F et C une base de G. Alors,

La somme de F et G est directe

si, et seulement, si

B ∩ C = ∅ et {B ∪ C} est une base de F + G.

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Preuve.Si la somme de F et G est directe alors F ∩ G = {0} donc


B ∩ C = ∅ et on a F + G = vect(B ∪ C). Donc, il reste à monter que le
système {B ∪ C} est libre : d’abord il est fini car
card(B) = dim F ≤ dim E et card(C) = dim G ≤ dim E et
card(B ∪ C) = card(B) + card(C) donc fini. posons B ∪ C = {x1 , .., xr },
r
X
soient α1 , ...αr ∈ K tels que αi xi = 0 alors
i=1

r
X X X
αi xi = αi xi + αi xi
i=1 {1≤i≤r/ xi ∈F} {1≤i≤r/ xi ∈G}
=0
L
et puisue F G alors
X X
αi xi = αi xi = 0
{1≤i≤r/ xi ∈F} {1≤i≤r/ xi ∈G}

or B et C sont libres donc ∀i ∈ [[1, r]], αi = 0 ce qui montre que B ∪ C


est libre.
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Inversement, suposons que B ∪ C est libre avec B = {a1 , .., ap } et


C = {ap+1 , .., ap+s } . Soit x ∈ F ∩ G alors il existe (αi ){1≤i≤p+s} ∈ Kp+s
p s+p
X X
et tels que x = αi ai = αi ai donc
i=1 i=p+1

p s+p
X X
αi ai − αi ai = 0
i=1 i=p+1

et puisue B ∪ C est libre, alors for all 1 ≤ i ≤ p + s, αi = 0 , ce qui


montre que F ∩ G ={0}.

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Proposition 3.1
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. Si F et G sont deux
sous espaces vectoriels de E et si la somme de F et G est directe
alors :
dim(F ⊕ G) = dim(F) + dim(G)

Preuve. Soient B une base de F et S une base de G. Puisque la


somme de F et G est directe, alors B ∩ S = ∅ et B ∪ S est une base de
F ⊕ G.
Ainsi dim(F ⊕ G) = |B ∪ S| = |B| + |S| = dim(F) + dim(G).

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Théorème 3.4
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et F un sous-espace
vectoriel de E. Alors F admet au moins un supplémentaire dans E; et
dim (E/F) = dim (E) − dim (F), appelé la codimension de F dans E et
est notée codim (F) .

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Preuve.
Soit (e1 , e2 , ..., em ) une base de F. D’après le théorème de la base
incomplète ils existent des vecteurs (u1 , u2 , ..., up ) de E tel que
(e1 , e2 , ..., em , u1 , u2 , ..., up ) soit une base E.
Tout vecteur x de E s’écrit d’une façon unique :

x = λ1 e1 + λ2 e2 + ... + λm em + α1 u1 + ... + αp up

où λi , αi ∈ K.
D’où
x+F = λ1 e1 +λ2 e2 +...+λm em +α1 u1 +...+αp up +F = α1 u1 +...+αp up +F
Donc u1 + F, u2 + F, ..., up + F engendrent E/F.

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Montrons que les vecteurs u1 + F, u2 + F, ..., up + F sont linéairement


indépendants.
Soient β1 , β2 , ..., βp ∈ K tel que :

β1 (u1 + F) + β2 (u2 + F) + ... + βp (up + F) = 0 + F

Ce qui implique que β1 (u1 ) + β2 (u2 ) + ... + βp (up ) ∈ F


Donc : ∃µ1 , µ2 , ..., µm ∈ K tel que :

β1 (u1 ) + β2 (u2 ) + ... + βp (up ) = µ1 e1 + µ2 e2 + ... + µm em

Comme e1 , e2 , ..., em , u1 ; ..., up sont linéairement indépendants, on en


déduit que β1 = ... = βp = µ1 = ... = µm = 0.
Alors E/F admet pour base u1 + F, u2 + F, ..., up + F et :
dim(E/F) = p = m + p − m = dim(E) − dim(F)

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Exercice
On considére le sous espace vectoriel de R3 ,
F = {(x, y, z) ∈ R3 / x + 2y − 3z = 0}.
1 Donner une base de F ainsi que sa dimension.
2 Trouver un supplémentaire de F.

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Proposition 3.2
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et E1 , E2 , ... et Ep sont
des sous- espaces vectoriels de E de dimensions n1 , n2 , ... et np ,
alors :
dim (E1 ⊕ E2 ⊕ ... ⊕ Ep ) = n1 + n2 + ... + np .
En particulier si E1 , E2 , ..., Ep sont supplémentaires, alors
p
X
dim (E) = dim (Ei ) .
i=1

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Lemme 3.1
Soit E un K-espace vectoriel. Si F et G sont deux sous espaces
vectoriels de E et si H est un supplémentaire de F ∩ G dans G alors H
est un supplémentaire de F dans F + G.

Preuve. Soit x ∈ F ∩ H donc x ∈ F ∩ H ∩ G car H ⊂ G


Ainsi x ∈ (F ∩ G) ∩ H = {0E }. Ce qui montre que la somme de F et H
est directe.
On a F ⊕ H = F + H ⊂ F + G car H ⊂ G.
∀x ∈ F + G, ∃a ∈ F, ∃b ∈ G tel que x = a + b.
b ∈ G = F ∩ G ⊕ H donc ∃u ∈ F ∩ G, ∃v ∈ H tel que b = u + v.
Alors x = a + b = a + (u + v) = (a + u) + v ∈ F + G ⊂ F ⊕ H.
Par suite F ⊕ H = F + G.

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Proposition 3.3
Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Pour tout F, G sous
espaces de E : dim (F + G) = dim (F) + dim (G) − dim (F ∩ G)

Preuve.
Puisque G est un sous-espace vectoriel de E de dimension finie alors
F ∩ G admet un supplémentaire H dans G .
Donc :
(F ∩ G) ⊕ H = G =⇒ dim((F ∩ G) + H) = dim((F ∩ G) ⊕ H) = dim(G).
Alors : dim(H) = dim(G) − dim(F ∩ G).
Puisque H est un supplémentaire de F ∩ G dans G alors H est un
supplémentaire de F dans F + G.
Ainsi : F + G = F ⊕ H.
Par suite on a :

dim(F+G) = dim(F⊕H) = dim(F)+dim(H) = dim(F)+dim(G)−dim(F∩G)

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Corollaire 3.2
Soient E un K−espace vectoriel de dimension finie et F et G deux
sous-espaces de E. Alors F et G sont supplémentaires si, et
seulement si, F ∩ G = {0} et dim (F) + dim (G) = dim (E) .

Preuve.
F et G sont supplémentaires si, et seulement si, F ∩ G = {0} et
F + G = E, si, et seulement si, F ∩ G = {0} et dim (F + G) = dim (E) ,
si, et seulement si, F ∩ G = {0} et
dim (F) + dim (G) − dim (F ∩ G) = dim (E) , si, et seulement si,
F ∩ G = {0} et dim (F) + dim (G) = dim (E) .

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Résumé
Soient E un K−espace vectoriel de dimension finie , et F et G deux
sous-espaces de E. avec B une base de F et C une base de G.
Alors
F et G sont supplémentaires

⇐⇒

F ∩ G = {0} et dim F + dim G = dim E

⇐⇒

B ∪ C est une base de E.

⇐⇒

B ∩ C = ∅ , |B| + |C| = dim E et {B ∪ C} est libre.

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Théorème 3.5
Soient E1 , E2 , ..., Ep des K−espaces vectoriels de dimension finie
n1 , n2 , ..., np respectivement. Alors l’espace vectoriel E1 × E2 × ... × Ep
a pour dimension n1 + n2 + ... + np .

Le théorème est une conséquence immédiate de la définition de la


somme directe interne d’une famille quelconque d’espaces vectoriels.

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Rang d’une application linéaire,d’une famille de vecteurs
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Théorème du rang
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Dimension de L (E, F)
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Lemme 4.1
Soient E et F deux espaces vectoriels et f une application lineaire de
E dans F et (e1 , ..., en ) une famille de vecteurs de E. Alors

f (vect(e1 , .., en )) = vect(f (e1 ), .., f (en ))

Proposition 4.1
Soient E un K− espace vectoriel de dimension finie n, n ∈ N∗ , F un
autre K− espace vectoriel, f ∈ L (E, F) et B = (e1 , ..., en ) une base de
E,
Alors Im (f ) = vect (f (e1 ) , ..., f (en )) est de dimension finie

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Théorème de la base incomplète
Théorème du rang
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Dimension de L (E, F)
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Définition 4.1
Soient E un K− espace vectoriel de dimension finie, F un K− espace
vectoriel quelconque et f ∈ L (E, F) . On appelle rang de f , et on note
rg (f ) , la dimension sur K de Im (f ) .

rg(f ) = dim(Im(f ))

Proposition 4.2
Le rang de f est le nombre maximum de vecteurs linéairement
indépendants extraits de la famille (f (e1 ) , ..., f (en )) .
Donc, rg (f ) 6 dim (E) .

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Théorème du rang
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Dimension de L (E, F)
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Théorème du rang

Théorème 4.1
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et F un espace
vectoriel de dimension quelconque sur le même corps K et
f ∈ L (E, F) , alors :

dim (E) = dim (f (E)) + dim (Ker (f )) = rg(f ) + dim(Ker(f )).

Preuve. D’après le premier théorème d’isomorphisme f (E) est


isomorphe à E/Ker (f ) , donc

dim (f (E)) = dim (E/Ker (f )) = dim(E) − dim(Ker(f ))

Donc dim (E) = dim (f (E)) + dim (Ker (f )) .

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Espace de dimension fini
Rang d’une application linéaire,d’une famille de vecteurs
Théorème de la base incomplète
Théorème du rang
Sous espace en dimension finie.
Dimension de L (E, F)
Applications linéaires en dimension finie

Corollaire 4.1
Soient E et F deux K−espaces vectoriels de dimension finie et soit
f ∈ L (E, F) . Alors :
1 rg (f ) 6 dim (E) ;
rg (f ) = dim (E) si, et seulement si, f est injective.
2 rg (f ) 6 dim (F) ;
rg (f ) = dim (F) si, et seulement si, f est surjective.

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Espace de dimension fini
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Théorème de la base incomplète
Théorème du rang
Sous espace en dimension finie.
Dimension de L (E, F)
Applications linéaires en dimension finie

Preuve.
1 D’après le théorème du rang rg (f ) = dim (E) − dim (Ker (f )) donc
rg (f ) 6 dim (E) (ou bien tous simplement d’aprés la proposition
4.2).
rg (f ) = dim (E) si et seulement si dim (Ker (f )) = 0 si et
seulement si Ker (f ) = {0} si et seulement si f est injective.
2 rg (f ) = dim (f (E)) ; et f (E) est un sous-espace de l’espace de
dimension finie F donc rg (f ) 6 dim (F) .
rg (f ) = dim (F) si et seulement si dim (f (E)) = dim (F) si et
seulement si f (E) = F si et seulement si f est surjective.

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Théorème du rang
Sous espace en dimension finie.
Dimension de L (E, F)
Applications linéaires en dimension finie

Corollaire 4.2
Soient E et F deux K− espace vectoriels de même dimension finie n
et f ∈ L (E, F) , alors les propriétés suivantes sont équivalentes :
1 f est un isomorphisme de E dans F.
2 f est injective .
3 f est surjective ;
4 f est de rang n.
5 Si B = (e1 , ..., en ) est une base de E alors f (B) est une base de F.

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Sous espace en dimension finie.
Dimension de L (E, F)
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Preuve. 1. ⇒ 2. est immédiat.


2. ⇒ 3. si f est injective, alors rg (f ) = dim (E) ce qui entraine que
dim (f (E)) = dim (F) et par suite f (E) = F (car f (E) est un sous
espace vectoriel de F) et donc f est surjective.
3. ⇒ 4. est immédiat.
4. ⇒ 5. Soit B = (e1 , ..., en ) une base de E, alors :

n = rg (f )
= dim (Im (f ))
= dim (f (E))
= dim (vect (f (e1 ) , ..., f (en )))

Donc vect (f (e1 ) , ..., f (en )) = F donc f (B) est un système générateur
de F de cardinal égale à la dimension de F, donc c’est une base de F.
5. ⇒ 1. B = (e1 , ..., en ) étant une base de E alors
f (E) = f (vect (B)) = vect(f (e1 ), .., f (en )) = F, donc f est surjective. Par
ailleurs par le théorème du rang rg (f ) = dim (E) − dim (Ker (f )) donc :
dim (Ker (f )) = 0 donc Ker (f ) = {0} c’est à dire que f est injective ; et
par suite elle est bijective.
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Théorème de la base incomplète
Théorème du rang
Sous espace en dimension finie.
Dimension de L (E, F)
Applications linéaires en dimension finie

Dans l’exemple suivant on montre que le résultat du corollaire


précedent n’est pas vrais si E et F sont de dimensions infinis.

D : K[X] −→ K[X]
0
P 7−→ D (P) = P

D est surjective
mais non injective : (Ker(D) = {K})

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Sous espace en dimension finie.
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Théorème 4.2
Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie sur un
même corps K. Alors L (E, F) est de dimension finie et on a :
dim (L (E, F)) = dim (E) .dim (F) .

Pour démontrer ce théorème nous allons utiliser le lemme suivant :


Lemme 4.2
Soient E et F deux K−espaces vectoriels tels que E est de dimension
n fois
z }| {
∗ n n
finie n ∈ N , alors L (E, F) est isomorphe à F , où F =F × F × ... × F
est l’espace vectoriel produit.

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Théorème du rang
Sous espace en dimension finie.
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Preuve. Soient I = {1, 2, ..., n} et B = (ei )16i6n une base de E.


Considérons l’application linéaire :
ϕ :L (E, F) −→ F n
u 7−→ ϕ (u) = (u (e1 ) , u (e2 ) , ..., u (en ))
Alors ϕ est un isomorphisme. En effet : Soit Y = (y1 , y2 , ..., yn ) un
élément de F n , on montre qu’il existe une unique application u de
L (E, F) tel que Y = ϕ(u)
n
X
Posons u l’apllication telle que : pour tout x = λi ei ∈ E
i=1
n
X
u (x) = λi yi , alors u ∈ L (E, F) et ∀i ∈ I, u (ei ) = yi ; donc ϕ(u) = Y
i=1
Soitv ∈ L (E, F) est telle que (∀i ∈ I) v (ei ) = yi , alors :
Xn
∀x = λi ei ∈ E on a
i=1
n
X n
X
v (x) = λi v (ei ) = λi yi = u (x) .
i=1 i=1
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Preuve du théorème

Preuve.(du théorème) L (E, F) étant isomorphe à F n , d’après le


lemme, où n est la dimension de E et comme F est de dimension
finie, il en est de même de F n donc aussi de L (E, F) et
dim (L (E, F)) = dim (F n ) ; or dim (F n ) = n.dim (F) donc
dim (L (E, F)) = dim (E) .dim (F) .

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Corollaire 4.3
Soit E un K−espace vectoriel de dimension finie n, n ∈ N∗ . Alors
l’espace vectoriel L (E) des endomorphismes de E est de dimension
finie n2 .
Preuve.
Il suffit de prendre E = F dans le théorème précédent.

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