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‫בעזרת ה׳ יתברך‬

L'étude au quotidien
n°93
12 Av 5780 - 14 Tishrei 5781

Mishna Yomit : Shabbat 18:2 - Eirouvin 3:4

© 2020 - H-M. Dahan


La reproduction partielle ou intégrale du livret est interdite
LA DIFFUSION DE CE LIVRE A ÉTÉ PARRAINNÉE PAR

Pour l'élévation de l'âme de


Hanna Sylvie Sitruk z"l

L'Association HAYÉ HANNA

• AIDE LES FAMILLES DANS LE BESOIN POUR LES FÊTES


• AIDE LES MARIÉES EN DIFFICULTÉ - HAKHNASSAT KALA
• AIDE ET VISITE LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES
• AIDE DANS L'ACCOMPAGNEMENT SUITE AU DÉCÈS
• DISTRIBUE DES TSITSIOT DANS LES PETITES CLASSES DES
ÉCOLES JUIVES
• DISTRIBUE DES TEHILIM PERSONNALISÉS DANS LES
ÉCOLES ET SYNAGOGUES
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SOMMAIRE
ETUDE
QUOTIDIENNE HALAKHA
Le Birkat Hamazon 14
Qui doit le réciter ? - Conduites en cas de doute - Dans quel laps de temps
réciter le Birkat ? - Où dire le Birkat ? - Comment le réciter ?

Rosh Hashana 42
Les Simanim - L'annulation des voeux - L'interdit de Mekhin - Les
ajouts dans la Amida - Le jeûne de Guedalia

Tsom Guedalia et 10 jours de Teshouva 61


Kippour 69
Kapparot - Seouda Mafseket - Les interdits de Kippour

la Soucca 72
La Soucca : définition - Comment la construire ?

ETUDE
HEBDOMADAIRE PARASHAT HASHAVOUA
Ekev 80
Un Birkat Hamazon spécial

Réeh 87
Egoïsme et avarice : attention !

Shoftim 92
Superstitieux, passez votre chemin !
Ki-Tetsé 97
La Mitsva de Hashavat Aveida

Ki-Tavo 102
L'alliance de Har Eival

Nitsavim-Vayélekh 113
L'alliance de Arvot Moav

Haazinou 116

ETUDE
MOUSSAR MENSUELLE

Signes et présages 120


L'interdit des recours aux augures - Les recours ésotériques pourtant
permis - Le Mazal selon la Torah - Le Ni'housh classique - Le verset épelé
par un enfant - Les Simanim de Rosh Hashana

Daniel, ch.10 142


Introduction - la 2e révélation de l’ange Gavriel

ETUDE
LA MISHNA DU JOUR QUOTIDIENNE

Etudiez chaque jour une mishna en live en vidéo,


au www.5mineternelles.com/mishnadujour.php
grâce aux textes dans cette rubrique

Shabbat 18:2 - Eirouvin 3:4 158


Traduction de la lettre de recommandation du Rosh
Yeshiva,
le Gaon Rav Shmouel Auerbach zatsal
Mon cher élève, le Rav Harry Méir Dahan, m’a présenté la série de
brochures dédiée aux francophones qu’il a l’intention d’éditer et
d’appeler «5 minutes éternelles».
Cette brochure mensuelle contient un programme d’étude
quotidien de Halakha (lois appliquées), Moussar (pensée
juive) et Parachat Hachavoua (section hebdomadaire).
Heureux celui qui se préoccupe d’éterniser ne fût-ce que
5 minutes par jour, mettant de côté pour le monde à venir des
mérites incommensurables pour chaque mot de Torah étudié !
Après s’être délecté de la douceur de la Torah, il démultipliera
certainement son étude et son accomplissement des Mitsvot.
Il serait fantastique que chaque bon juif n’ayant pas encore réussi
à se fixer de temps d’étude de Torah, étudie dans ces brochures
conviviales qui abordent des Halakhot importantes touchant à
des thèmes du quotidien, et des paroles de Moussar éveillant le
cœur à la Torah et à la crainte divine.
Je lui souhaite toute la réussite possible dans cette entreprise
sainte de diffusion de la Torah au plus grand nombre. Tous ceux
qui contribueront à ce projet seront bénis du Ciel, spirituellement
et matériellement, eux et leur descendance.
Au nom du respect et de la pérennité de la Torah et du judaïsme.
Joseph Haïm Sitruk zatsal
Grand Rabbin
Jérusalem, le 23 Octobre 2011
A l’intention du Rav Arié Dahan,

Tout le monde connaît l’importance de la mitsva de


» ‫« והגית בו יומם ולילה‬
qui consiste à étudier la Torah jour et nuit. Elle n’est
cependant pas facile à accomplir pour tout le monde.

Le concept développé par le Rav Dahan à travers la brochure


«5 minutes éternelles», permet à chacun de vivre
l’expérience du limoud au quotidien.

Je tiens à souligner la qualité du travail accompli et la


richesse des sujets évoqués. Je voudrais apporter ma
bénédiction à cette initiative et encourager ses auteurs à
poursuivre leurs efforts.

La réalisation d’un tel projet présente évidemment des


difficultés. C’est pourquoi soutenir «5 minutes éternelles»
apportera un grand mérite à ceux qui le pourront.
EDITO

C ’est l’histoire d’un père qui invite chez lui sa famille et amis à
une date précise pour célébrer la Bar Mitsva de son fils. Le jour
J arrive, et les premiers convives pointent déjà devant le portail.
A leur grand étonnement, tout est calme, silencieux, éteint. Ils
commencent par faire un tour de pâté de maison, cherchant une
éventuelle affiche qui annoncerait un changement de programme
ou de lieu. Mais non, aucune annonce. En attendant, de plus en
plus d’invités continuent à affluer. Quelqu’un décide alors d’ouvrir
le portail pour aller taper à la porte de la maison. Initiative peu
réfléchie, car que ferait un membre de la famille dans une maison
éteinte en un si grand jour… Quoi qu’il en soit, celui-ci atteint la
porte, tape et retape, pendant plus de 5 minutes. Et voilà qu’à un
moment, on entend 2 tours de clé dans la serrure. La poignée se
baisse, et la porte s’ouvre sur … l’hôte en pyjama !!!
Tous restent bouche-bée, les sourcils levés, les yeux ronds,
attendant qu’une quelconque déclaration brise ce silence. Et l’hôte
de répliquer entre 2 bâillements : « Ah, c’est vrai, la Bar Mitsva… Je
l’avais oubliée celle-là ! Bein, entrez ! Installez-vous ! Je me mets
tout de suite aux préparatifs… Un peu de patience, d’ici 3 heures,
tout sera prêt ! »

H onnêtement, si vous étiez l’invité, comment réagiriez-vous


devant ce dingo ?! Seriez-vous du style à repartir sur le champ
vexé et écœuré ? Ou plutôt, vous le saisiriez par les oreilles pour
le secouer, en le sermonnant de descendre de son nuage ?! Et
pourtant… Qui peut assurer ne pas être quelque part cet hôte !
Le Hafets Haïm illustre par cette parabole notre triste situation, dans
notre exil si long. Depuis bientôt 2.000 ans, nous prions Hashem à
maintes reprises de reconstruire le Beit haMikdash. Dans la Amida,
dans la Berakha de Teka, nous Le prions de sonner le grand Shofar
de la délivrance. Dans Hashiveinou, nous demandons le retour de
la prophétie et de la justice. Dans Tishkon, nous Le supplions de
résider à Jérusalem. Dans Et Tsema’h, on demande le retour de la
dynastie de David. On conclut alors Retseh en L’implorant d’agréer
nos prières, et de nous faire mériter prochainement de Le servir à
Tsion. Et ça, ce sont les requêtes d’une seule Amida parmi les 3 à 4
que nous prononçons chaque jour, chaque semaine, chaque mois,
chaque année. Ajoutez ensuite les prières réitérées lorsque l’on dit
le Birkat haMazon, la Berakha de Al haMi’hyia ou Al haEts après du
gâteau, des dattes, du vin… Par an, chaque juif demande plus de
2.000 fois à Hashem de daigner résider en nous ! Merveilleux, non ?
Mais –continue le Hafets Haïm– que fera-t-on lorsque Hashem
répondra positivement à l’invitation ? Comme le dit le verset [Malakhi
ִ ׁ ‫ – ו ִּפ ְתאֹם יָ בוֹ א ֶאל ֵהיכָ לוֹ ָה ָאדוֹ ן ֲא ׁ ֶשר ַא ֶּתם ְמ ַב ְק‬et soudainement,
3:1] : ‫שים‬
viendra à son palais le seigneur que vous réclamez tellement ! Après
tellement de prières et de demandes ardentes, Hashem apparaîtra
sans préavis ! Serons-nous alors prêts à le recevoir ?! Ou bien,
devrons-nous faire attendre notre invité de marque durant
plusieurs heures pour nous préparer matériellement, moralement,
spirituellement ?!

Certes, le Hafets Haïm stimulait par cette parabole les Talmidei


Hakhamim à étudier et connaître les lois des Korbanot, afin d’avoir
assez de main d’œuvre effective lorsque Hashem reconstruira le
3e Beit haMikdash. Mais chacun peut, à son niveau, en tirer sa leçon
pour redoubler d’entrain dans la Torah et les Mitsvot, surtout en ces
temps si tumultueux…
La fin du livre de Shmouel raconte en effet qu’une violente épidémie
a frappé le peuple d’Israël, vers la fin de la vie du roi David. Sur le
conseil du prophète Gad, David achète le terrain qui deviendra plus
tard la Beit haMikdash, y construit un autel et offre des sacrifices. Ce
mérite parvient à couper court à l’épidémie. Selon le Midrash [Sho’her
Tov §17 – Cf. Radak], cette épidémie s’est propagée parce que le peuple
d’Israël ne s’est pas soucié de construire la maison d’Hashem.
Et le Radak de déduire : si à leur époque, alors qu’il n’y avait encore
jamais eu de Beit haMikdash, Hashem leur reprocha tellement cette
absence d’intérêt, combien à plus forte raison nous est-il impératif
de prier nous aussi pour sa reconstruction ! Et d’ajouter qu’en cela
réside l’origine des prières si nombreuses et fréquentes portant sur
la reconstruction de Jérusalem que nos Maîtres ont instaurées en
maintes circonstances, afin d’attiser en nous l’attente et le désir de
voir bientôt le Beit haMikdash reconstruit.
Lorsque j’ai découvert ce texte il y a quelques semaines, j’ai
trouvé son message taillé sur mesure pour ouvrir ce n°93 du 5
minutes éternelles, couvrant la période d’après le 9 Av jusqu’à
Rosh Hashana, alors que l’on attend impatiemment qu’Hashem
mette fin à cette épidémie infernale… Mais je suis alors tombé sur
l’excellente parabole du Hafets Haïm, qui m’a rappelé qu’avant de
prononcer des prières émouvantes pour le 3e Beit haMikdash, il faut
d’abord vivre en cohérence avec nos requêtes, veiller à ce que notre
être témoigne de ce manque, de cette attente, que chacun de nous
fasse tout ce qu’il peut pour prouver au Maître du moment que l’on
attend Sa révélation avec impatience… Alors, l’on pourra recevoir
fièrement le Seigneur qui viendra soudainement à son palais !
A u programme de Halakha de ce numéro 93, nous avons
l’honneur de remettre sur table un projet bien cher mis un peu
de côté ces 6 derniers mois… l’étude systématique des lois des
Berakhot ! Durant un an et demi, nous avons mérité d’étudier ces lois
à partir du Choul’han Aroukh, et avons mérité de parcourir presque
20 chapitres – 50 pages de Mishna Beroura. Nous bouclions ainsi
toutes les lois du déroulement du repas, et débutions même en
Adar dernier les lois du Birkat haMazon, en découvrant la Mitsva de
le dire en saisissant un verre de vin. L’approche de Pessa’h puis les
misères du confinement ont ensuite chamboulé notre programme…
Le temps est venu de reprendre cette étude systématique, en
découvrant pour ce mois-ci 3 nouveaux chapitres sur la Mitsva du
Birkat haMazon –du ch.184 au 186–, portant essentiellement sur
les conditions requises pour réaliser pleinement cette Mitsva.
Quant au programme de Moussar, nous entrerons ce mois-ci dans
la dernière ligne droite du livre de Daniel, en abordant le 10e des 12
chapitres, qui introduit la dernière révélation de Daniel sur l’exil et
la rédemption. Puis nous étudierons un sujet de Emouna en rapport
avec les Simanim de Rosh Hashana, portant sur les croyances
ésotériques, la place du Mazal, des présages et augures dans la
Torah.
En vous souhaitant une agréable étude, et une nouvelle année
5781 pleine de Berakhot, sur le plan matériel comme spirituel…

Harry Méïr Dahan


Présentation
Au milieu du XIXe siècle, vivait en Europe centrale un juif très pauvre.
Ses conditions de vie étaient devenues si difficiles qu’il décida, d’un
commun accord avec sa femme, de partir pour 3 ans afin de tenter sa
fortune ailleurs. Qui sait ? Peut-être ferait-il fortune ?
Il embarqua à bord d’un bateau et vogua longtemps avant d’arriver dans
une terre lointaine. Là-bas, les valeurs étaient totalement inversées :
les pierres précieuses se ramassaient à la pelle, mais le sable était une
denrée rare ! Voyant cela, il se réjouit : « Ma fortune est faite ! Je me
remplis quelques sacs et je repars tout de suite ! » Mais il n’y avait pas
de bateau de retour avant un an. Il décida donc de prendre son mal en
patience. Pour pouvoir subvenir à ses besoins pendant ce temps, il se
lança dans les affaires et devint peu à peu un importateur de sable.
La chance lui sourit enfin et il fit fortune. L’année écoulée, il trouva
dommage de s’arrêter en si bon chemin alors qu’en s’attardant un peu
plus il pourrait amasser une richesse colossale, mettant à jamais sa
descendance à l’abri du besoin.
Passés les trois ans convenus, il se prépara à rentrer au bercail, en
pacha, avec 5 navires pleins… de sable ! Arrivé à quelques miles de
la côte, une terrible tempête se déchaîne et fait couler les bateaux. Il
parvient tant bien que mal à regagner la terre ferme.
Sa femme, ses enfants et tous ses proches, l’attendaient
impatiemment ; qu’allait-il ramener ?! A peine mit-il pied à terre
qu’il fondit en larmes dans les bras de sa femme, laissant échapper
entre deux sanglots quelques détails sur ses déboires. Sa femme
commença elle aussi à se lamenter sur leur sort, lui tâtant les
poches : « Toutes ces années, et il ne te reste plus rien ! » Soudain,
elle remarqua qu’une de ses poches était quelque peu renflée. Elle y
plongea sa main et en sortit 5 pierres précieuses. « Sacré comédien!
On commençait vraiment à y croire, à tes histoires de tempête! »
En une fraction de seconde, le malheureux se souvint des réelles valeurs
du pays : «Quel sot ! De telles pierres, j’en avais en abondance ! »
Le monde futur, c’est un des fondements de notre Emouna (croyance).
Nous ne savons pas vraiment à quoi il ressemblera, de quelle nature
sera l’éternel bien-être; c’est sûrement la raison pour laquelle nous nous
oublions, happés par l’appât d’un gain absurde, bien que nécessaire pour
survivre le temps de ce passage sur terre temporaire.
Et pourtant, n’importe quel juif a déjà vécu des moments de remise en
cause, se hissant pour quelques instants hors du tourbillon qui l’aspirait,
et entendu en lui une voix profonde qui appelait à la rescousse. Cette
voix, c’est la voix du Sinaï, celle qui ancra dans l’âme du Ben Israël le
« Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte ». Depuis ce
jour, le juif se métamorphosa. Aussi éloigné fut-il, voire même en
méditation au bord d’un fleuve d’Inde, Has Véchalom, cette voix hurle
tôt ou tard, parfois sous la forme d’un message flou, se traduisant
uniquement par un sentiment étouffant de mal-être ! Cette voix
c’est celle de l’âme qui a soif, soif de vraie spiritualité, soif de Torah.
Alors à vous tous qui souhaitez apaiser quelque peu cette voix, nous
proposons ce livre, qui vous permettra d’amasser quotidiennement
5 minutes d’éternité ! Ca ne parait peut être pas grand-chose, mais
lorsqu’on parle d’éternité, chaque minute représentera bien plus que les
5 pierres précieuses de notre parabole.
D’autant plus que depuis 5 ans de parution déjà, nous avons eu l’occasion
d’amasser jour après jour des connaissances vastes et précises de
maints sujets, de Halakha –lois appliquées– comme de Moussar –
pensée juive.
Nombre de lecteurs qui contemplaient avant une bibliothèque de Torah,
en regardant tous ces gros volumes de Talmud, Choul’han Aroukh ou
Mishna Beroura, ou qui lisaient machinalement tant de textes de prière
sans vraiment comprendre leur structure, éprouvent aujourd’hui une
grande familiarité avec leur Torah ancestrale.
Alors, à tous ceux qui découvrent ce mensuel, joignez-vous donc à
notre récolte d’au moins 5 petites pierres précieuses quotidiennes !
HALAKHA - Birkat haMazon
DIMANCHE
12 Av 5780
02 / 08 / 20

La Mitsva du Birkat haMazon - introduction


Dans la Parasha de Ekev [Devarim 8], Moshé fait l’éloge de la terre d’Israël
que les Bnei Israël s’apprêtent à conquérir. Il vante ses sources d’eau,
ses fruits et ses richesses, et prescrit la Mitsva du Birkat haMazon –
exprimer à Hashem notre reconnaissance pour Ses bontés :
‫יך ַעל ָה ָא ֶרץ ַה ּט ָֹבה ֲא ׁ ֶשר נָ ַתן לָ ְך‬
ָ ‫ל ֶֹק‬-‫ש ָב ְע ָּת ו ֵּב ַרכְ ָּת ֶאת ה’ ֱא‬
ׂ ָ ְ‫וְ ָאכַ לְ ָּת ו‬
Et tu mangeras et te rassasieras, et tu béniras Hashem Ton D-ieu pour
la bonne terre qu’Il t’a donnée
Outre la formulation exacte du Birkat Hamazon et des points sur lesquels
nous devons remercier Hashem, nos Maîtres déduisent de ces versets
plusieurs lois qui feront l’objet de notre étude mensuelle. Notamment :
- La quantité de pain à manger pour être imposé par la Torah du
Birkat haMazon – car le verset explicite qu’il faut nécessairement
se rassasier. Autrement, ce devoir ne sera que Dérabanan – d’ordre
rabbinique.
- Le devoir des femmes de dire le Birkat haMazon – est-ce que le fait
que les femmes n’aient pas hérité directement de la terre d’Israël
les exclut- du devoir de la Torah de dire le Birkat haMazon ? Notons
tout de même que, selon tous les avis, elles auront de toute façon un
devoir Dérabanan de le dire.
- A-t-on un devoir de la Torah de dire la Berakha A’harona de Meein
Shalosh [Al haMi’hya…] après consommation de tous les 7 fruits
d’Israël – blé, orge, olive, datte, raisin, figue et grenade ? Constatons
en effet que les versets qui précèdent la Mitsva du Birkat haMazon
vantent tous ces 7 fruits, et qu’au sens simple, la Torah conclut le
sujet en prescrivant de remercier Hashem après leur consommation !
Aussi, plusieurs pensent que cette Berakha d’après consommation
est elle-aussi imposée par la Torah. [Cf. MB ch.209 §10]
Une grande conséquence de ces débats sera la conduite à adopter
lorsque l’on ne se souvient pas si l’on a dit le Birkat haMazon ou Meein
Shalosh, comme nous l’apprendrons.

14 Leillouï nichmat Sigmund ben Moché z"l


HALAKHA - Birkat haMazon
L U N D I
13 Av 5780
03 / 08 / 20

Qui a le devoir de dire le Birkat haMazon ?


1. Toute personne qui mange une quantité de pain d’un volume d’un
Kazaït1 doit dire ensuite le Birkat haMazon.
2. Il faut néanmoins différencier des situations où l’on est imposé du
Birkat haMazon Déoraïta – par la Torah, des situations où l’on n’est
imposé que Dérabanan – par ordre rabbinique.
En effet, selon la Torah, l’on a le devoir de dire le Birkat haMazon que
lorsque l’on mange à satiété. Nos Maîtres ont toutefois imposé de
dire le Birkat haMazon à partir du moment où l’on mange un Kazaït de
pain. A condition de manger ces 27g de pain dans un laps de temps
inférieur à 3, voire 4 minutes. [Vézot haBerakha ch.15]
3. Définir si l’on est imposé de dire le Birkat haMazon par la Torah ou
par ordre rabbinique uniquement sera d’une importance capitale dans
plusieurs situations. A titre d’exemple, si l’on ne se souvient plus si
l’on a dit le Birkat : lorsque l’on remplit les conditions pour être imposé
par la Torah, il faudra le redire. Alors que si l’on n’est imposé que par
ordre rabbinique, on ne le redira pas dans le doute. [Chou-Ar ch.185 §4 et MB §15]
Aussi, précisons davantage les conditions requises pour que le Birkat
haMazon soit prescrit par la Torah.
4. Manger à satiété n’implique pas de se gaver ! Si l’on mange la
quantité de nourriture que l’on a l’usage de consommer d’un repas à
l’autre, l’on sera imposé du Birkat haMazon par la Torah, bien que l’on
ait la capacité de manger avec appétit une plus grande quantité. [MB
ch.185 §22 & Shaar haTsioun §25]

5. De même, il n’est pas requis de se rassasier de pain exclusivement.


Si l’on mange même 54g de pain2, mais qu’on l’agrémente avec du
poisson, viande et légumes, l’on sera imposé du Birkat haMazon par la
Torah si l’on se rassasie ainsi. [Kaf HaHaïm ch.184 §24]
1- Kazaït = volume d’une olive de l’époque, estimé à 27 cm3, que l’on traduit approximativement par 27g.
2- Quant à celui qui ne mange que 27g de pain [avec le poisson/viande…], ce cas est discuté – Cf. Kaf haHaïm
Ibid., tandis que que Yalkout Yossef ch.184 §4 qui impose de redire le Birkat haMazon. Cf. aussi Or Letsion ch.13 §6

Leillouï nichmat Sigmund ben Moché z"l


15
HALAKHA - Birkat haMazon
M A R D I
14 Av 5780
04 / 08 / 20

1. Si l’on a soif pendant le repas, certains pensent qu’il faut


nécessairement boire pour être imposé du Birkat haMazon par la
Torah. Autrement, ce Birkat n’est que d’ordre rabbinique. [Rama ch.197 §4 au
nom du Mordekhi] Bien que, selon la loi stricte, cet avis ne fasse pas loi, il sera

partiellement considéré dans les lois des doutes. [Kaf haHaïm ch.184 §26]
2. Le Birkat haMazon est composé de 4 Berakhot – Hazan Et haKol, Al
haArets véal haMazon, Boneh Yeroushalaïm, et haTov véhaMetiv. Il faut
savoir que les 3 premières Berakhot sont prescrites par la Torah, tandis
que la 4e a été instaurée par nos Maîtres, après la destruction du Beit
haMikdash. C’est au passage la raison pour laquelle on dit Amen après
la 3e Berakha, afin de distinguer les 3 premières Berakhot de la dernière.
Pour notre propos, cette distinction impliquera une loi originale pour les
cas de doute : si l’on ne se souvient pas si l’on a dit le Birkat haMazon et
qu’il faut le redire –selon les conditions précisées hier–, les séfarades
se contenteront de redire les 3 premières Berakhot uniquement –
car, en cas de doute, l’on ne dira pas la Berakha Dérabanan en vain. [Kaf
haHaim Ibid. §15 et Or LeTsion ch.13 §4] Tandis que les ashkénazes rediront toutes les

4 Berkahot. [Mishna Beroura §13]


3. De manière générale, celui qui n’est pas enjoint d’accomplir une Mitsva
ne peut pas dispenser une personne imposée de cette Mitsva. Par ex.,
une femme n’a pas d’obligation d’écouter le Shofar à Rosh haShana ; elle
ne pourra donc pas sonner du Shofar pour acquitter un homme de sa
Mitsva. Découvrons des applications de ce principe au Birkat haMazon.
4. Un enfant qui n’a pas atteint sa majorité religieuse n’est pas enjoint
de dire le Birkat haMazon par la Torah, mais par ordre rabbinique
uniquement. Aussi, si un adulte mange à satiété – et est donc imposé
du Birkat haMazon par la Torah –, un enfant ne pourra pas dire le Birkat
haMazon à haute voix pour l’en acquitter.
Par contre, si l’on ne mange qu’un Kazaït de pain et que l’on n’est pas
rassasié, un enfant [qui a quant à lui mangé à satiété – cf. MB ch.186 §7]
pourra acquitter l’adulte du Birkat haMazon.

16 Zivoug Hagoun à Hava Muriel Fleur bat Jeanne


HALAKHA - Birkat haMazon
MERCREDI
15 Av 5780
05 / 08 / 20

1. Le devoir des femmes de dire le Birkat haMazon est-il prescrit


par la Torah, ou par ordre rabbinique ? D’un côté, le Birkat haMazon
est considéré comme une Mitsva non ponctuelle [dont la réalisation
ne dépend pas d’un jour ou horaire précis], et devrait donc incomber
aux femmes comme aux hommes. Par ailleurs, la Torah précise de
remercier Hashem pour la terre d’Israël qu’Il nous a donnée ; or, les
femmes n’ont pas hérité de parcelle de terre. De plus, les femmes ne
peuvent pas louer Hashem ‘Al Beritekha Shé’hatamta biVesareinou’ – sur
le Brit [l’alliance, le Brit Mila] qu’Hashem a signé sur notre chair. Cette
controverse soulevée par la Guemara [Berakhot 20b] n’a pas été tranchée.
2. Or, nous apprenions qu’une personne qui n’est pas enjointe d’une
Mitsva ne peut pas acquitter celui qui en est imposé. Par conséquent,
le Choul’han Aroukh [ch.186] prescrit qu’une femme qui doit dire le Birkat
haMazon ne pourra pas acquitter son mari de sa Mitsva – si celui-ci
a mangé à satiété.
Par contre, si le mari n’est pas rassasié – et n’est donc imposé du Birkat
que par ordre rabbinique, sa femme pourra l’en acquitter.
3. Une femme qui a mangé à satiété, et ne se souvient pas si elle a dit
le Birkat haMazon, est dispensée de le redire dans le doute. [MB ch.186 §3]
Pour aller plus loin… Cette loi fait l’objet d’une grande discussion autour du
principe du Sefek Sefeka – le double-doute. Très succinctement, lorsque
l’on doute si l’on a accompli une Mitsva de la Torah, il faut la refaire ;
mais si l’on cumule 2 doutes quant au devoir de l’accomplir, l’éventualité
restreinte d’être imposé ne suffit plus pour requérir de la refaire.
D’où la question de la femme qui doute avoir déjà dit le Birkat. Du point
de vue de la Torah, son devoir de redire le Birkat présente un double-
doute : il se peut qu’elle ne soit pas du tout imposée, et il se peut
qu’elle ait de toute façon déjà rempli son devoir. Cependant, nombre
de décisionnaires prétendent qu’il n’y pas là de Sefek Sefeka, car dans
l’éventualité qu’elle n’ait pas encore dit le Birkat, elle sera de toute
façon imposée de le dire au moins miDérabanan – par ordre rabbinique.
Leillouï nichmat Haya Esther bat Myriam HABABOU z’’l
17
HALAKHA - Birkat haMazon
J E U D I
16 Av 5780
06 / 08 / 20

Rappel : la Guemara doute du devoir des femmes de la Torah de dire le


Birkat haMazon, du fait qu’elles n’ont pas hérité de parcelle de la terre
d’Israël. Nous rapportions 2 conséquences de cette loi :
- une femme qui ne se souvient pas si elle a dit le Birkat n’a pas
d’obligation de le redire.
- une femme ne pourra pas dire le Birkat haMazon pour acquitter un
homme qui a mangé à satiété.
1. Cet axiome suscite des questions pertinentes concernant les hommes
qui n’ont pas non plus eu le droit d’hériter des parcelles de terre. A
commencer par les tribus des Cohen et Lévy, qu’Hashem a vouées au
service du Beit haMikdash [cf. Bamidbar 18 :20, Devarim 12:12] : faudrait-il alors les
dispenser du Birkat haMazon de la Torah ? Les décisionnaires [Cf. MB ch.186 §2]
répondent que ces tribus ont tout de même hérité de 48 villes.
2. D’où la question concernant le devoir du Birkat haMazon d’un Guer
[converti] – qui n’a, quant à lui, reçu aucun héritage en Israël : est-il
enjoint par la Torah de dire le Birkat haMazon après avoir mangé ?
Les décisionnaires [Cf. Shaarei Teshouva ch.186 §1] prouvent que le Guer est
enjoint de cette Mitsva de la Torah, et pourra sans équivoque dire le
Birkat haMazon à voix haute pour dispenser un autre juif de sa Mitsva.
Le Baal haTanyia [Choul’han Aroukh haRav ch.186] explique que la dispense de la
Torah du Birkat haMazon pour ceux qui n’ont pas hérité de terre n’est
pas à appliquer au cas par cas, mais sur des ensembles – une tribu
entière, ou l’ensemble des femmes. Tandis que le Guer prend un statut
d’homme juif à part entière, et se fait enjoindre de toutes les Mitsvot
au même titre que tous les autres hommes.
3. Un enfant ne pourra pas dire le Birkat haMazon pour dispenser une
femme adulte du Birkat haMazon, si celle-ci a mangé à satiété. En effet,
dans l’éventualité que la femme soit enjointe du Birkat par la Torah,
l’enfant qui n’est enjoint que par ordre rabbinique ne peut l’acquitter
de son devoir.

18 Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Birkat haMazon
VENDREDI
17 Av 5780
07 / 08 / 20

Un petit point s’impose…


1. Hommes, femmes et enfants ont le devoir de dire le Birkat haMazon
après avoir mangé un volume d’un Kazaït – 27 cm3 ~ 27g.
2. Il faut néanmoins distinguer celui qui est enjoint de dire le Birkat par la
Torah, de celui qui ne doit le dire que miDérabanan – par ordre rabbinique.
3. 2 conséquences de cette distinction : si l’on ne se souvient pas avoir dit le
Birkat haMazon – il faut le redire lorsque l’on en est imposé par la Torah. Ou
encore, si l’on peut acquitter une tierce personne – car celui qui n’est pas
enjoint d’une Mitsva par la Torah ne peut dispenser celui qui en est imposé.
4. Selon la Torah, seul celui qui mange à satiété est enjoint de dire le Birkat
haMazon. Tandis que celui qui a encore faim après avoir mangé même
une grande quantité de pain, ne doit le dire que par ordre rabbinique.
5. Les enfants ne sont enjoints de dire le Birkat haMazon que
miDérabanan. Aussi, ils ne pourront pas dire le Birkat pour dispenser un
homme ou une femme adulte qui ont mangé à satiété.
6. Le Choul’han Aroukh met en doute le devoir des femmes du Birkat
selon la Torah. Aussi, elles ne le rediront pas en cas de doute. De même,
une femme s’abstiendra d’acquitter un homme qui a mangé à satiété.
Attention : l’homme qui n’a mangé qu’un Kazaït de pain peut à postériori
dire le Birkat haMazon pour acquitter d’autres hommes qui ont mangé à
satiété – si ces derniers ne savent pas le dire d’eux-mêmes. [Chou-Ar ch.197 §4]
De prime abord, cette loi –que nous approfondirons lorsque nous
étudierons les lois du Zimoun– semble contredire la règle citée [en n°3].
En fait, cette loi découle d’un autre principe : la Arvout – l’engagement
mutuel. Succinctement : tout juif a le devoir de veiller à ce que son frère
accomplisse ses Mitsvot, au point même de réaliser la Mitsva à sa place.
Aussi, il suffit d’être concerné par une Mitsva de la Torah –même si,
ponctuellement, l’on ne remplit pas les conditions pour en être imposé–
pour pouvoir acquitter l’autre. Seul celui qui est exclu d’une certaine
Mitsva n’a pas la capacité de dispenser une tierce personne enjointe.
Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !
19
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
18 Av 5780
08 / 08 / 20

Question : Un randonneur sort tous les quarts d’heure sa bouteille pour


en boire quelques gorgées, puis la range jusqu’à la prochaine halte. Faut-
il dire les Berakhot de Shekhakol et Boreh Nefashot avant et après chaque
consommation, ou suffit-il de de dire une seule fois ces Berakhot au
début et à la fin du parcours ?
Réponse : Il faut dire ces Berakhot à chaque fois. Si l’on a omis de dire Boreh
Nefashot après la dernière fois, et que l’on ressort sa bouteille lorsque l’on
a de nouveau soif, il faudra redire Shéhakol avant consommation.
Explication : Ces instructions découlent du thème que nous étudierons
cette semaine : les limites de temps pour la récitation des Berakhot
d’après consommation.
Succinctement : certes, un voyageur peut théoriquement dire une seule
Berakha sur un aliment, et dispenser tous les aliments de même Berkaha
qu’il consommera sur son chemin, puis dire à la fin une seule Berakha
d’après consommation sur ce qu’il a mangé même durant une journée.
Je ne vous cache avoir d’ailleurs vu explicitement cette instruction dans
un feuillet distribué l’année dernière à l’approche des grandes vacances.
Sauf que cette loi théorique est concrètement fausse sur le terrain, car elle
manque de considérer une donnée concrète essentielle : si le randonneur
recommence à avoir faim [ou soif] entre 2 consommations.
En effet, le fait d’avoir faim à nouveau le confronte à 2 problèmes : d’abord,
il perd la Berakha d’après consommation sur ce qu’il a déjà mangé. Même
si, concrètement, il dira la Berakha à la fin du parcours pour le dernier encas,
celle-ci ne dispensera toutefois pas ce qui a été déjà digéré.
Mais aussi, le fait d’avoir de nouveau faim ou soif dissipe totalement
l’effet de la 1ère Berakha d’avant-consommation. Même si, quand on est
encore attablé, le fait d’avoir de nouveau faim ne requiert pas de redire la
Berakha sur une nouvelle consommation [Cf. MB ch.184 §17 qui rapporte une discussion sur le
sujet], cette loi n’est donnée que pour celui qui reste à table, et continue ainsi

d’une certaine manière son repas. Mais si plus rien ne le rattache à sa 1ère
consommation, il perd alors tout l’effet de sa Berakha. [Cf. Biour Halakha ch.178 p.163]

20 Leillouï nichmat Michael Novikov z"l


HALAKHA - Birkat haMazon
DIMANCHE
19 Av 5780
09 / 08 / 20

Conduites en cas de doute


1. Nous avons précisé plusieurs situations de doute dans lesquelles
l’on est dispensé de redire le Birkat haMazon. De manière générale,
lorsque la Halakha dispense de le redire, l’on ne pourra pas témoigner
d’excès de zèle en le redisant, car il sera alors plus grave de risquer de
prononcer une Berakha en vain.
2. Ainsi, une femme séfarade qui doute avoir dit le Birkat haMazon ne
le redira pas – comme nous l’apprenions. Pour une femme ashkénaze,
le Mishna Beroura [ch.186 §3, Cf. Biour Halakha] tend à lui permettre de le redire si
elle le veut, en considérant plusieurs discussions sur le sujet.
3. Idem pour l’homme qui doute avoir dit le Birkat haMazon, mais
n’a pas bu durant le repas alors qu’il avait soif. Les décisionnaires lui
interdisent de le redire dans le doute. [Or LeTsion II p.112]
4. Quel que soit le doute, l’on fera toujours bien de contourner la
situation, de différentes manières. Tout d’abord, si un autre homme
doit de toute façon dire le Birkat haMazon, on lui demandera de le dire à
voix haute en pensant à nous en acquitter. L’on veillera alors à écouter
attentivement tous les mots de sa récitation.
De même, une femme pourra demander à une autre femme de l’en
acquitter – puisque leur niveau de devoir de Birkat haMazon est le
même. [Par contre, un homme ne pourra pas demander à une femme
de l’acquitter s’il a mangé à satiété – puisqu’un éventuel Dérabanan ne
peut pas acquitter un Déoraïta.]
5. Si l’on ne trouve personne d’autre pour nous acquitter, l’on pourra
remanger un Kazaït [27g] de pain, et dire ensuite le Birkat. L’on devra
auparavant refaire la Netilat Yadaïm en récitant la Berakha, et redire la
Berakha de haMotsi sur le pain. [MB ch.184 §15] En effet, le fait de douter avoir
déjà dit le Birkat haMazon est déjà considéré comme une interruption
du repas, qui requiert de redire toutes les Berakhot sur la Netilat et sur
le pain si l’on veut manger de nouveau.

Leillouï nichmat Hannah Sylvie Sitruk z"l


21
HALAKHA - Birkat haMazon
L U N D I
20 Av 5780
10 / 08 / 20

Jusqu’à quand peut-on dire le Birkat haMazon ?


Il faut veiller à dire le Birkat haMazon ‘avant de débuter la digestion du
repas’. Si l’on tarde ‘au point d’avoir de nouveau faim’, l’on ne pourra
plus dire le Birkat haMazon.
Ces expressions –issues du Choul’han Aroukh [ch.184 §5]– sont toutefois assez
ambigües. De quel degré de faim parle-t-on ? Et puis, si l’on est encore
rassasié, mais pas grâce au repas proprement dit mais plutôt parce qu’on
a mangé ensuite des fruits et desserts, peut-on encore dire le Birkat ?
Précisons que l’on est assez souvent confronté à ce problème.
Notamment, lors d’une réception ou d’un repas de Shabbat, où l’on traîne
à table avant dire le Birkat haMazon. Ou encore, lorsque l’on mange un
sandwich pendant que l’on étudie ou travaille, et qu’on plonge un peu trop
longtemps dans son travail jusqu’à ce que l’on se rappelle de dire le Birkat.
Avant d’aborder la phase réponse, je tiens à briser une rumeur qui
prescrit de dire le Birkat haMazon dans les 72 min. depuis la dernière
bouchée de pain. Cette rumeur est inexacte, car elle manque de
considérer plusieurs paramètres. Pour dire vrai, cette instruction a été
donnée dans une situation très précise : si l’on n’a pas mangé à satiété,
et que l’on s’est levé de table en oubliant le Birkat haMazon, tandis que
l’on a ensuite mangé des fruits ou dessert. Autrement, le paramètre
essentiel qui influera sera la sensation de satiété – et parfois, les 72
min. mais que l’on décomptera depuis la fin de consommation de tous
les composants du repas.
Si les paramètres à considérer peuvent paraître complexes, précisons qu’ils
tournent en fait tous autour d’un principe simple : le Birkat haMazon est
l’expression de notre reconnaissance à Hashem de nous avoir nourri par
le repas consommé. Quoi de plus logique alors que de requérir d’exprimer
ces Berakhot tant que l’on est encore sous l’effet de ce repas ?! A exclure,
si l’on commence à ravoir faim, ou si l’on est certes rassasié, mais à cause
d’un autre repas. À inclure en revanche, le fait d’être rassasié par tout
composant qui entre dans le cadre du repas, comme nous l’expliquerons.

22 Refoua Shelema à Ari Akiva ben Sha’har


HALAKHA - Birkat haMazon
M A R D I
21 Av 5780
11 / 08 / 20

1. La Mishna [Berakhot 51b] prescrit de dire le Birkat haMazon ‘tant que l’on
n’a pas digéré son repas’. La Guemara [53b] explique que cette mesure
théorique correspond au moment où l’on ‘recommence à avoir faim’.
Le Choul’han Aroukh [ch.184 §5] ajoute que ce principe est aussi en vigueur
lorsque l’on mange des fruits ou autre aliment. Et d’ajouter qu’à partir
du moment où se réveille le désir de manger de nouveau des fruits, il
n’est plus possible de dire la Berakha d’après consommation.
Nous déduisons donc qu’il n’est pas requis d’avoir très faim pour perdre
cette précieuse Mitsva ! Si l’on mange à satiété, et que l’on traîne à table
jusqu’à avoir de nouveau de l’appétit et envie de remanger, c’est le signe
que l’on a entamé la digestion, et l’on ne pourra plus dire le Birkat haMazon.
2. Constatons que cette mesure ne s’applique qu’à celui qui a mangé à
satiété. Quant à celui qui mange sans se rassasier –et a donc déjà faim
lorsqu’il mange la dernière bouchée !–, les décisionnaires [Cf. MB ch.184 §20]
rapportent de dire le Birkat dans les 72 min. qui suivent, car ce laps de
temps est le temps de digestion minimal.
3. Attention : après les 72 min., il est tout de même possible que la
digestion ne soit pas terminée, et que l’on ait donc encore le devoir de
dire Birkat haMazon. Aussi, l’on fera bien de veiller à s’acquitter de son
devoir, en remangeant un Kazaït [27g] de pain.
[De manière générale, le Kaf haHaïm [§28] estime que l’on ne sait jamais
vraiment évaluer si l’on a réellement faim, même lorsque l’on a mangé
à satiété, et conseille de ce fait de toujours manger un bout de pain
avant le Birkat haMazon – si l’on a tardé à le dire depuis la fin du repas.]
4. Si l’on n’est pas capable d’évaluer si l’on a digéré le repas, et que l’on
n’a pas la possibilité de remanger un peu, cette situation nous renvoie
aux cas des doutes étudiés précédemment. Soit, si l’on avait mangé à
satiété –et que l’on est donc imposé du Birkat haMazon par la Torah–,
on dira quand même le Birkat. Mais si l’on n’avait pas mangé à satiété,
ou encore, s’il s’agit de dire Boreh Nefashot sur des fruits, on ne dira pas
de Berakha dans le doute.
Refoua Shelema à Sarit Haya bat Rivka
23
HALAKHA - Birkat haMazon
MERCREDI
22 Av 5780
12 / 08 / 20

1. Comme nous l’apprenons, il faut dire le Birkat haMazon tant que l’on
est rassasié. Reste à expliquer si cette satiété doit provenir du pain ou
du plat de résistance.
Par ex.: si l’on s’attarde à table pour le dessert pendant 3 heures, de
manière à ce que l’on ait probablement digéré le pain, mais que l’on
n’éprouve toujours pas de faim parce que l’on a mangé toutes sortes de
desserts ou bu des boissons sucrées. Peut-on dire le Birkat haMazon ?
Selon la loi stricte, les desserts et boissons consommées à table entrent
tous dans le cadre du repas, et l’on pourra donc dire le Birkat haMazon
même après plusieurs heures sans consommation de pain. [MB ch.184 §18]
[Notons tout de même que le Kaf haHaïm [§31 – Cf. Vezoth haBerakha p.50] conseille
dans ce cas de remanger un bout de pain d’un Kazaït [27g] avant le Birkat.]
2. Ainsi, à un mariage où l’on marque de longues interruptions entre 2
plats pour danser, il faudra veiller à consommer de temps en temps un
petit encas ou une boisson sucrée, afin de ne pas ravoir faim. Mais il ne
sera pas requis de manger du pain spécifiquement.
[Nous apprendrons qu’a priori, cette instruction sera valable même
entre l’entrée et le plat de résistance.]
3. Par contre, si les encas que l’on consomme entre le plat et le Birkat
haMazon ne font pas partie intégrante du repas, l’on ne pourra pas
considérer l’état de satiété maintenu par ces aliments. Concrètement,
le cas se présente si l’on se lève de table en oubliant de dire le Birkat,
et que l’on consomme ensuite des amuse-gueules ou boissons.
Puisque ces éléments n’appartiennent pas au repas, l’on considèrera
2 situations :
- si lors du repas, l’on n’avait pas mangé à satiété, on ne dira le Birkat
que dans les 72 minutes qui suivent la fin des plats du repas.
- si l’on avait mangé à satiété, l’on dira à postériori le Birkat haMazon
même après 72 min., tant que l’on peut supposer que l’on n’a pas
encore digéré le repas. [Certains parlent même de 4 et 5 heures ! Cf. Vezot haBerakha p.51]

24 Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


HALAKHA - Birkat haMazon
J E U D I
23 Av 5780
13 / 08 / 20

1. Les limites de temps apprises pour le Birkat haMazon sont en vigueur


pour toutes les autres Berakhot d’après consommation. Par ex. si l’on
mange du raisin – sur lequel il faut dire ensuite Al haEts VéAl Peri haEts,
ou si l’on mange une pomme ou un flan – sur lesquels il faut dire
ensuite Boreh Nefashot. Il faudra dire ces Berakhot avant de digérer ces
aliments, c.-à-d. tant que l’on ne désire pas en remanger si l’on s’en est
rassasié, ou jusqu’à 72 minutes.
2. Appliqué à l’eau et autres boissons, ce principe requiert de dire Boreh
Nefashot avant de recommencer à avoir soif. Or, en été ou quand on fait
du sport, cette limite se réduit beaucoup, parfois même à moins d’un
quart d’heure. Aussi, les décisionnaires préconisent de dire rapidement
la Berakha de Boreh Nefashot sur la consommation, puis de redire de
nouveau la Berakha de Shéhakol lorsqu’on reboira. [Cf. Or Letsion II p.303, Vezot
haBerakha p.51]

Un petit point s’impose…


1. Il faut dire le Birkat haMazon tant que l’on est rassasié grâce au
repas consommé – du pain, des plats et même du dessert. Soit, si
l’on a mangé à satiété, tant que l’on ne recommence pas à avoir faim.
Et si l’on n’a pas mangé à satiété, l’on ne dira le Birkat que dans les 72
minutes qui suivent la dernière consommation.
2. Si après le repas, l’on mange des aliments qui n’entrent pas dans le
cadre du repas, l’effet de satiété provoqué par ces éléments ne peut
pas être considéré pour dire le Birkat haMazon sur le repas passé.
-Dans un repas à base de pain, le cas se présente uniquement si l’on
s’est levé de table en omettant de dire le Birkat haMazon, et que l’on
consomme ensuite des encas.
-En revanche, lorsque l’on mange des friandises et collations en dehors
des repas, ce type de situation se présente très fréquemment car
2 espèces d’aliments ne seront pas considérés comme une même
consommation, comme nous l’expliquerons demain.

Leillouï nishmat Marie Myriam Bat Julie leBeit Berdah z"l 


25
HALAKHA - Birkat haMazon
VENDREDI
24 Av 5780
14 / 08 / 20

Question : Alors que Méïr travaille concentré devant son ordinateur,


son estomac envoie à son cerveau des signaux de détresse… Il va se
préparer un bol de cornflakes, qu’il revient vite manger devant son
écran, en continuant à tapoter sur son clavier entre 2 cuillères. Son
travail est toutefois trop prenant pour dire immédiatement la Berakha
de Boreh Nefashot ; d’autant plus qu’il a trop peu mangé pour s’arrêter
là ! 25 minutes après, Méïr s’apporte devant son écran un croissant.
Mais là aussi, il ne se hâte pas de dire la Berakha d’Al haMi’hya. Lorsque
Méïr finit son travail, il veut dire les 2 Berakhot d’après consommation,
mais constate qu’une heure et demi s’est écoulée depuis qu’il finissait
les cornflakes. Certes, il est encore rassasié, mais c’est sans aucun
doute le croissant au beurre qui est la cause de sa satiété ! Peut-il
malgré tout dire Boreh Nefashot sur les cornflakes ?
Réponse : Méïr ne peut plus dire Boreh Nefashot sur les cornflakes.
Explication : Une situation similaire dans un repas à base de pain
n’aurait pas posé de problème. Soit, si Méïr avait mangé un sandwich,
puis trois quarts d’heure après, il avait mangé un dessert, il aurait pu
dire le Birkat haMazon même si, concrètement, s’est écoulé assez de
temps pour qu’il digère son sandwich. Comme nous l’apprenions, le
dessert entre dans le cadre du repas que le Birkat haMazon acquitte,
et l’effet de satiété provoqué par l’ensemble du repas suffit pour
l’imposer du Birkat. [Cf. Biour haLakha fin du ch.184]
En revanche, la consommation de 2 aliments de Berakhot différentes
n’entre pas dans le cadre d’une grande consommation générale. En
l’occurrence, il faut que chaque aliment continue de diffuser son effet
de satiété au moment où l’on dit la Berakha d’après consommation.
Notons toutefois que cette situation fait l’objet d’un débat, car certains
estiment que la digestion du 1er aliment ne s’achève pas tant que l’on
mange un autre aliment, même s’il est de nature différente [Cf. Shaar haTsioun
§19 au nom du Peri Megadim]. Aussi, Méïr fera bien de boire une boisson, afin de dire
ensuite Boreh Nefashot dessus et acquitter au passage les cornflakes.

26 Leillouï nishmat Itz’hak Perets ben Fortuna BEN YAAKOV z"l


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
25 Av 5780
15 / 08 / 20

Question : De quelle main et de quelle manière faut-il saisir le verre de


vin lorsque l’on dit le Kidoush ou la Havdala ?
Réponse :
a. Le verre de Kidoush ou de Havdala requiert les mêmes conditions
que le Kos Shel Berakha du Birkat haMazon que nous étudions il y a
quelques mois. À savoir, que le verre soit rincé et lavé –intérieurement
et extérieurement–, qu’il soit entier – non ébréché, que le vin soit
coupé avec un peu d’eau, rempli – qu’il contienne au moins 86mL et
même 150 mL si possible, et qu’on le remplisse jusqu’en haut, que
l’on s’enveloppe – c.-à-d. que l’on se vêtisse d’habit respectable.
Il faudra commencer par le saisir avec ses 2 mains – pour marquer notre
enthousiasme à recevoir en main quelque chose de précieux [Chou-Ar. ch.183
§4 & MB §12]. Toutefois, au moment de la Berakha, on le tiendra de la main
droite uniquement – sans que la main gauche n’aide en quoi que ce soit,
pas même en soutenant le verre au niveau du pied. [Ibid. §4 & MB §13]
Le Mishna Beroura [§14] rapporte au nom du Shla qu’il faut tenir le verre
dans la paume de la main, de manière à ce que les doigts soient
dressés vers le haut. Le Kaf haHaïm [§20] cite toutefois le Shemen
Sasson qui dit de ne pas poser le verre dans la paume, mais de le
saisir avec les doigts.
On soulèvera le verre à une hauteur d’un Tefa’h [poing] – soit, 12 cm
au-dessus de la table, et on le fixera des yeux durant toute la Berakha.
b. Certains pensent qu’un gaucher devra saisir le verre dans sa main
gauche. [Chou-Ar. §5 et MB §20] Mais le Kaf haHaïm [§29] apporte au nom du
Zohar qu’il faut toujours tenir le verre de la droite.
c. Attention : lors de la Havdala, on a l’usage de dire aussi la Berakha de
Bessamim sur une plante odorante, et Meorei haEsh sur une bougie ;
il faudra veiller à dire ces Berakhot en continuant de saisir le verre de
vin dans la main gauche.
d. Toutes ces conditions ne sont que souhaitables, a priori. Mais a
postériori, si aucune de ces conditions n’est remplie cela n’invalidera
pas la Mitsva.
Leillouï nichmat ‘Houati Victor Yoel ben Netzria Sarah BOUHNIK z"l
27
HALAKHA - Birkat haMazon
DIMANCHE
26 Av 5780
16 / 08 / 20

1. Comme appris, l’on ne peut plus dire une Berakha d’après


consommation à partir du moment où l’on recommence à avoir faim.
Si l’on s’attarde trop à table au point d’avoir faim, et que l’on rapporte
ensuite ce type d’aliment, l’on pourra malgré tout en remanger sans
dire de Berakha auparavant. [MB ch.184 §17] Après cette 2nde consommation,
l’on dira alors le Birkat haMazon [ou Boreh Nefashot].
2. Toutefois, cette Halakha fait l’objet d’une discussion à éviter a priori.
Aussi, lorsque l’on travaille ou étudie en buvant fréquemment de l’eau,
si l’on risque de patienter entre 2 consommations au point d’avoir de
nouveau soif, l’on fera mieux de dire Boreh Nefashot à chaque fois que
l’on finit de boire [et redira donc Shéhakol lorsqu’il voudra reboire].
3. Question : et une nouvelle aventure de Méïr qui mange en travaillant
devant son ordi… Méïr mange des fruits dont la Berakha d’après
consommation est Boreh Nefashot. Puis il boit de l’eau [dont la Berakha
d’après consommation est aussi Boreh Nefashot]. Sauf qu’il prévoit de boire fréquemment

des cafés et boissons durant son travail qui durera plus de 2 heures.
Concrètement, il n’attendra pas d’avoir de nouveau soif entre 2 boissons
– et peut donc acquitter toutes ses boissons avec un Shéhakol au début,
et un Boreh Nefashot à la fin. Le problème toutefois est que, d’ici 2 heures,
il aura surement digéré les fruits ! Comment doit-il procéder ?
Réponse : Il dira Boreh Nefashot sur les fruits, et acquittera ainsi l’eau
qu’il a bu. Il attendra alors d’avoir vraiment soif, et redira Shéhakol sur
sa nouvelle consommation.
Explication : Voilà un sacré dilemme… D’un côté, il faut impérativement
dire Boreh Nefashot avant de digérer les fruits. D’un autre côté, cette
Berakha interrompt malgré lui l’effet du Shéhakol sur la boisson.
Or, il est défendu de provoquer la prononciation d’une Berakha pour
rien – en disant par ex. après chaque gorgée les Berkahot d’avant et
d’après consommation. Aussi, Méïr dira Boreh Nefashot et attendra que
s’annule de toutes façons l’effet du Shéhakol malgré lui. [Cf. vezot haBerakha p.53
au nom du Or Letsion et Shevet haLevy]

28 Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l


HALAKHA - Birkat haMazon
L U N D I
27 Av 5780
17 / 08 / 20

Birkat haMazon à l’endroit du repas [ch.184]


Ce titre doit surement rappeler quelque chose à nos lecteurs assidus…
Et pour cause ! Nous traitions de ce sujet en Tamouz 5779, lorsque nous
étudions les lois d’interruptions pendant le repas [ch.178]. Nous apprenions
que ces 2 thèmes sont en rapport direct, car le devoir de dire le Birkat
haMazon à l’endroit du repas entraine que l’effet de la Berakha d’avant
consommation ne s’interrompt pas si l’on quitte sa table – en laissant ou
non des convives, selon le cas. Aussi, pour exposer ces lois d’interruption,
nous traitions exhaustivement du devoir de dire le Birkat dans le lieu du
repas. Dans le cadre de notre étude suivie du Choul’han Aroukh, reprenons
ces lois qui composent le ch.184 des lois du Birkat haMazon.
1. Après avoir consommé du pain, l’on a le devoir de dire le Birkat
haMazon à l’endroit où l’on a mangé.
Si l’on quitte cet endroit délibérément, la Halakha impose de revenir dire
le Birkat haMazon à sa place, même si l’on est très loin de cet endroit.
Si l’on a quitté ce lieu par inadvertance, la loi stricte n’impose pas
de revenir à sa place, mais il sera tout de même souhaitable d’agir
ainsi, au même titre que l’on n’aurait pas hésité à parcourir une longue
distance si l’on avait oublié un bijou précieux quelque part.
2. La Guemara [Berakhot 53b] raconte à ce propos : Rabba bar Bar-Hana
traversait le désert avec une caravane, qui fit une halte pour le repas. Et
voilà qu’en reprenant la route, Rabba bar Bar-Hana omit de dire le Birkat
haMazon, et ne réalisa son oubli qu’après plusieurs minutes. Craignant
que la caravane ne refuse de l’attendre pour un motif si ‘bénin’, Raba
bar Bar-Hana déclara avec peine avoir perdu une précieuse colombe
en or lors de l’escale. Bien sûr, les membres du convoi compatirent à
sa douleur, et acceptèrent pleinement de l’attendre. Le Rav parcourut
donc avec zèle les quelques kilomètres qui le séparaient de son
précieux Birkat haMazon. En se relevant pour partir, Rabba bar Bar-
Hana découvrit à ses pieds une somptueuse colombe en or !

Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l


29
HALAKHA - Birkat haMazon
M A R D I
28 Av 5780
18 / 08 / 20

1. A priori, il ne faut jamais quitter le lieu du repas sans dire auparavant


le Birkat haMazon, même si l’on ne veut sortir que quelques minutes
seulement, car l’on n’est jamais à l’abri d’un contretemps qui nous
fasse oublier de dire le Birkat haMazon. [Rama ch.178 §2 et M-B §34]
Sauf si l’on sort pour quelques secondes uniquement, de façon qu’il
soit totalement exclu que l’on s’oublie dans une discussion ou un
travail minutieux.
2. De même, l’on n’entamera pas une discussion téléphonique
importante même chez soi à la maison, si cette discussion risque de
durer longtemps et de nous faire oublier notre devoir.
3. Si l’on veut sortir pour accomplir une Mitsva urgente, telle qu’aller
prier en public alors qu’il sera plus compliqué de trouver un office
ensuite, la Halakha tolère de sortir puis de revenir dire son Birkat
haMazon à sa place.
[Notons toutefois que, pour les séfarades, il ne sera permis de
reprendre son repas ensuite sans Berakha que s’il a laissé des convives
à table, comme nous l’étudions dans le n°87. En revanche, un
ashkénaze pourra reprendre son repas qui était à base de pain sans
redire de Berakha.]
4. A postériori, si l’on quitte le lieu du repas même délibérément, et dit
le Birkat haMazon ailleurs, l’on s’acquitte quand même de sa Mitsva ; il
ne sera donc pas requis de revenir dire le Birkat haMazon à sa place une
seconde fois. [Chou-Ar ch.184 §1 et M-B §5]
5. Nous apprenions que l’on ne peut dire le Birkat haMazon que si l’on
est rassasié du repas passé – ou bien, jusqu’à 72 minutes après la fin
du repas, si l’on ne sait pas évaluer l’état de satiété.
Aussi, lorsque l’on doit revenir dire le Birkat haMazon à sa place, ce ne
sera qu’à la stricte condition que l’on regagnera sa place avant que l’on
recommence à avoir de nouveau faim [ou que ne s’écoule 72 minutes
depuis la dernière bouchée]. Autrement, l’on dira le Birkat à l’endroit où
l’on réalisera l’omission.

30 Refoua Shelema à ‘Hamchat Myriam bat Rozlana


HALAKHA - Birkat haMazon
MERCREDI
29 Av 5780
19 / 08 / 20

1. Nous avons jusque-là exposé les lois de celui qui quitte sa table
en omettant de dire le Birkat haMazon, qui a selon le cas le devoir de
revenir à sa place pour accomplir sa Mitsva. Définissons à présent ce
que l’on appelle exactement sa place : s’agit-il de sa chaise, de sa table,
ou peut-être, la même pièce, ou la même maison, le même immeuble ?
En fait, toutes les propositions peuvent être vraies… 2 paramètres
sont à considérer :
- le lieu du repas est-il délimité –par des murs ou barrières–, ou bien,
mange-t-on en plein air, dans un endroit ouvert ?
- A-t-on l’intention explicite d’étendre la zone du repas ? Soit: on
distingue une zone considérée naturellement comme celle du repas,
mais il sera possible d’élargir cet espace si l’on en a l’intention
explicite, selon certaines conditions.
Commençons par nous familiariser avec ces notions avec un ex.
concret.
2. Si je mange chez moi, dans mon salon, la loi stricte me permet de
manger à une place, puis de dire le Birkat haMazon dans un autre coin
de cette pièce, même s’il est très éloigné, et même si je ne parviens pas
à voir ma place initiale – parce que mon salon est immense, ou parce
qu’un obstacle ou paravent la cache. Tandis qu’il sera défendu d’aller
dire le Birkat haMazon dans une pièce adjacente, dans ma chambre par
ex. [ch.178 §1 et M-B §9]
Néanmoins, si au début du repas, je prévoyais d’aller manger dans ma
chambre, je pourrai alors dire le Birkat haMazon dans cette pièce. [Rama Ibid.]
En revanche, même si je prévois d’aller continuer mon repas dans une
maison située de l’autre côté de la rue, je ne pourrais pas dire le Birkat
dans cette maison, même si j’en suis le propriétaire. [Ibid.]
3. Lorsque je mange dans un endroit ouvert, qui n’est pas clos –dans
la rue, à la mer, etc.–, je dois a priori dire le Birkat haMazon dans les 4
Amot –coudées, soit 2x2m– du lieu de mon repas. A postériori, il me sera
permis de le dire dans tout endroit à partir duquel je vois ma place initiale.
Refoua Shelema à Benyamin ben ‘Habiba
31
HALAKHA - Birkat haMazon
J E U D I
30 Av 5780
20 / 08 / 20

1. Est-il permis de manger du pain dans un endroit, puis d’aller dire le


Birkat haMazon ailleurs ? Nous distinguions hier 3 zones :
1°- L’espace considéré naturellement comme le lieu du repas
2°- L’espace que l’on considère comme tel si l’on en a l’intention au
début du repas, lorsque l’on dit la Berakha de haMotsi.
3°- L’espace foncièrement distinct, qui ne sera jamais considéré comme
lieu du repas, même avec une intention explicite au début du repas.
2. Que considère-t-on comme le lieu naturel du repas ?
- Lorsque l’on mange dans une chambre ou dans tout endroit clos, ce
lieu est défini par les cloisons de cette pièce.
- Mais si l’on mange en plein air, l’on considèrera comme lieu naturel du
repas tout endroit à partir duquel on voit la place où l’on a consommé.
3. A priori, il faut dire le Birkat haMazon dans les 4 Amot [4m²] de la
place où l’on a mangé [ch.184 §1]. Mais attention :
- Pour les ashkénazes, cette instruction n’est en vigueur que lorsque l’on
mange dans un endroit ouvert, qui n’est pas délimité par des cloisons. [MB §2]
- Tandis que les séfarades devront a priori honorer cette injonction
même lorsqu’ils mangent en appartement. [Kaf haHaïm Ibid.]
4. Attention : le devoir de revenir à sa place pour dire le Birkat haMazon
ne concerne que celui qui ne mange pas à une nouvelle place. Mais s’il
mange du pain dans un nouveau lieu, et même moins d’un Kazaït – <27g
[cf.MB §9 et Baer Heitev §4], il n’aura plus besoin de retourner à sa place initiale.

A un niveau simple, cela implique par ex. que si l’on mange en plein air,
et que l’on est sorti des 4m² du repas, l’on pourra manger un bout de
pain à la nouvelle place, et dire là-bas le Birkat haMazon.
A un niveau plus complexe, cela implique que si je sors dehors au milieu
du repas, et que les lois d’interruption pendant le repas me permettent
de manger dehors, je pourrais alors manger un bout de pain à ma
nouvelle place, et dire alors le Birkat haMazon là-bas. Nous aurons
l’occasion de revenir sur ce cas.

32 Hatslakha à l'association Hayé Hanna !


HALAKHA - Birkat haMazon
VENDREDI
1 Eloul 5780
21 / 08 / 20

1. Ovrei Derakhim – les voyageurs. Le devoir de dire le Birkat haMazon


là où l’on a mangé ne s’applique qu’à celui qui s’installe manger à une
place fixe. Par contre, celui qui mange pendant qu’il marche dans la
rue3 ou à cheval, pourra dire le Birkat haMazon là où il voudra. [ch.178 §4
et MB §42]

2. Lorsque l’on commence à manger chez soi avec intention de


continuer son repas en déplacement, si l’on montre depuis le début
du repas que l’on s’apprête à sortir, en mettant son manteau par ex.,
l’on prendra le statut du voyageur même si l’on est encore chez soi. [Or
Letsion II ch.12 §15]

[Par contre, l’on ne prendra pas le statut de voyageur si l’on veut


s’installer à table pour le début du repas, en prévoyant de continuer
ensuite son repas en déplacement. Il faudra alors nécessairement dire
le Birkat haMazon avant de sortir, et recommencer à dire les Berakhot
lorsque l’on sera dehors.]
3. Manger en roulant en voiture est considéré comme un repas en
déplacement. [Cf. Shaar haTsioun ch.178 §38, Vezot haBerakha ch.6 p.62] L’on pourra donc
descendre de voiture pour dire le Birkat haMazon sur un banc de la rue,
ou attendre d’arriver chez soi à la maison pour le réciter à tête reposée.
Par contre, si l’on se gare pour manger posément, l’on considère alors
que l’on fixe une place pour le repas, et il faudra alors terminer le
repas sur place et dire le Birkat haMazon avant de reprendre la route.
Sauf si l’on prévoit depuis le début du repas de continuer le voyage en
mangeant. [Cf. Piskei Tshouvot ch.178 §17]

3- Notons au passage qu’il faut s’abstenir de manger en pleine rue, aux yeux d’une foule de passants, comme
l’écrit le Choulhan Aroukh [Hoshen Mishpat ch.34 §18] : ‘Les gens qui n’ont pas de respect d’eux-mêmes ne sont pas
aptes à témoigner… car ils se considèrent comme des chiens qui n’ont aucune honte, et sont aisément capables de
témoigner à faux. Notamment : les gens qui marchent en mangeant en pleine rue. Ou encore : ceux qui n’hésitent pas
à retirer leurs habits en public pour réaliser un travail salissant.’

Hatslakha à l'association Hayé Hanna !


33
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
2 Eloul 5780
22 / 08 / 20

Question : En cette période d’épidémie, un juif s’est retrouvé hospitalisé


en France sans pouvoir recevoir de repas Casher. Il n’eut d’autre choix
que de manger les plats de l’hôpital, qui, pour sa chance, étaient
purement végétariens… Dans sa peine, il nous a demandé comment
procéder le Shabbat pour dire au moins le Kidoush et la Havdala.
Réponse : Tout d’abord, concernant la Berakha sur des aliments non
Casher, lorsque l’on n’a strictement pas d’autre choix que de les
consommer pour vivre, la Halakha requiert alors de dire la Berakha sur
eux – Cf. Choul’han Aroukh ch.196 §2 et ch.204 §9.
Concernant le Kidoush du vendredi soir, il devra le dire sur le pain – et
même sur 2 tranches, ou au pire, sur une seule tranche si c’est tout
ce qu’il possède. [MB ch.274 §2, et note du Dirshou §5 au nom du Natsiv]
Il commencera par faire Netilat Yadaïm avec Berakha, puis, il s’assiéra,
saisira le pain, et dira Yom haShishi…. Il conclura cette 1ère séquence par
la Berakha de haMotsi au lieu de Boeh Peri haGuefen. Il dira alors la 2e
Berakha du Kidoush – Asher Kideshanou beMitsvotav véRatsa Banou… et
après Mekadesh haShabbat, il mangera son pain.
Pour le Kidoush du Shabbat matin, il ne pourra pas le dire sur du pain.
Par contre, s’il reçoit une boisson sucrée importante, que l’on a l’usage
de servir pour honorer un invité –telle que du Coca, du jus d’orange–,
il dira le Kidoush en concluant par la Berakha de Shéhakol [au lieu de
haGuefen].
Pour la Havdala, ça se complique. Un ashkénaze pourra à postériori la
réciter sur le jus d’orange ou le Coca. [Précisons au passage qu’il pourra
dire la Havdala même s’il n’a pas de bougie et de Bessamim.]
Par contre, un séfarade ne pourra pas procéder ainsi, et se contentera
de la Havdala que l’on dit dans la Amida [Ata ‘Honentanou…] pour
pouvoir manger à la sortie du Shabbat. [Yalkout Yossef 272 §19] S’il sort de
l’hôpital avant le coucher du soleil de mardi, il dira alors la Havdala sur
un verre de vin ou jus de raisin [sans bougie ni Bessamim].

34 Refoua Shelema à Ruth bat Orli


HALAKHA - Birkat haMazon
DIMANCHE
3 Eloul 5780
23 / 08 / 20

1. Nous avons jusque-là approfondi le devoir de dire le Birkat haMazon


là où l’on a mangé. Cette injonction est-elle en vigueur pour la Berakha
de Al haMi’hyia ou Boré Nefashot – après du gâteau ou des fruits ?
De manière générale, il n’y a pas d’obligation de dire Boré Nefashot
là où l’on a mangé toutes sortes de fruit ou légumes, œufs, poissons,
viande, lait. [Il faudra toutefois veiller a priori à la dire avant de sortir ou
vaquer à d’autres occupations de peur que l’on ne s’oublie.]
2. Par contre, lorsque l’on doit dire la Berakha de Meein Shalosh – litt. le
résumé des 3 Berakhot (du Birkat haMazon), il existe 3 avis :
- Certains pensent qu’après consommation d’un des 7 fruits d’Israël
–blé, orge (et par extension, les 3 autres céréales), olive, datte, raisin,
figue, grenade–, il faudra dire Al haMi’hyia ou Al haGuefen ou Al haEts
là où l’on a mangé, tout comme après la consommation du pain.
- A l’opposé, d’autres pensent que ce devoir ne concerne que le Birkat
haMazon, récité après la consommation de pain exclusivement.
- Un avis intermédiaire enjoint de dire uniquement Al haMi’hyia à sa place
– après gâteaux ou pâtes à base des 5 céréales [blé, orge, épeautre,
seigle, avoine]. Par contre, les Berakhot de Al haGuefen ou Al haEts après
les autres fruits d’Israël pourront être récitées là où l’on veut.
Concrètement, l’on fera bien de toujours dire Meein Shalosh là où l’on a
mangé. Mais en cas de grande incommodité, un séfarade pourra suivre
l’avis intermédiaire [5 céréales], et un ashkénaze pourra même suivre
l’avis permissif [qui prescrit de ne revenir à sa place que pour le pain].
Un petit point s’impose…
1. Il faut réciter le Birkat haMazon sur le lieu où l’on a consommé.
Si l’on quitte délibérément ce lieu, il faudra impérativement y revenir,
coûte que coûte. Sauf si regagner sa place demande trop de temps au
point de recommencer à avoir faim, et de facto, ne pourra de toutes
façons plus dire le Birkat haMazon sur son repas.
Si l’on quitte ce lieu par mégarde, la loi stricte n’impose plus de
revenir. Celui qui s’efforcera malgré tout de revenir dire le Birkat à sa
place sera digne de tous les éloges et bénédictions !
Refoua chelema à Ruth bat Traina
35
HALAKHA - Birkat haMazon
L U N D I
4 Eloul 5780
24 / 08 / 20

2. Qu’appelle-t-on le lieu du repas ?


a. Si cet endroit est délimité par des cloisons, toute la pièce est
considérée comme le lieu du repas. A priori, un séfarade veillera à dire
son Birkat haMazon dans les 4m² de la place où il était assis.
Par contre, l’on ne pourra pas dire le Birkat haMazon dans une pièce
adjacente. Sauf si l’on a l’intention explicite d’aller le dire là-bas au
moment où l’on récite la Berakha de haMotsi sur le pain.
A condition toutefois que ces 2 pièces soient sous un même toit.
Mais si ces pièces sont séparées par un lieu de passage public, il ne
sera pas possible d’aller dire son Birkat haMazon dans ce 2e lieu.
b. Si l’on mange dans un endroit ouvert, qui n’est délimité par aucune
barrière, l’on considèrera comme lieu du repas tout endroit à partir
duquel on parvient à voir la place où l’on a mangé.
Dans un tel cas, même un ashkénaze devra a priori dire le Birkat
haMazon dans les 4m² de la place où il a consommé.
4. Lorsque l’on mange en marchant dans la rue, puisque l’on n’a pas
de lieu fixe de repas, l’on pourra alors dire le Birkat haMazon partout.
5. Si l’on mange des aliments dont la Berakha d’après consommation
est Boréh Nefashot –fruits et légumes, poisson, viande, œuf ou pro-
duits laitiers– il n’est pas requis de dire cette Berakha sur le lieu de
consommation. [Il faudra juste veiller à ne pas sortir ou vaquer à une
occupation qui pourrait lui faire oublier son devoir.]
6. Quant aux 7 fruits d’Israël, sur lesquels on dit ensuite la Berakha
de Meein Shalosh [Al haMi’hyia, Al ha’Ets ou Al haGuefen], ce sujet fait
l’objet d’une discussion. A priori, l’on veillera à dire cette Berakha à sa
place. En cas d’incommodité, un ashkénaze pourra s’abstenir de reve-
nir à sa place, et un séfarade reviendra pour dire Al haMi’hyia – sur un
aliment à base de farine des 5 céréales, mais pas pour la Berakha de Al
ha’Ets ou Al haGuefen sur les olives, dattes, raisins, figues et grenades.

36 Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !


HALAKHA - Birkat haMazon
M A R D I
5 Eloul 5780
25 / 08 / 20

Question : Un soir de Shabbat, la lumière du salon programmée sur


minuterie s’éteint avant la fin du repas. Est-il permis d’aller dire le
Birkat haMazon [à partir d’un livre] à la cuisine ou dans toute autre pièce
de la maison restée allumée ?
Réponse :
a. Tout d’abord, si le salon se continue en un couloir qui arrive jusqu’à
la porte de la cuisine, on fera mieux de s’asseoir devant l’entrée de la
cuisine, car ce couloir est une partie intégrante du salon.
b. Lorsque le salon est fermé par une porte [et que l’on doit donc
de toutes façons sortir du salon], si l’on peut s’asseoir à une place
à partir de laquelle on parvient à voir la table où l’on a mangé, on
considère a postériori cet endroit comme le lieu du repas.
c. Lorsqu’il n’est pas possible de procéder ainsi, il sera permis de dire
le Birkat haMazon dans la cuisine. Surtout à notre époque où l’on a
toujours l’intention tacite de se lever au milieu du repas pour aller
chercher des plats à la cuisine, et même d’y goûter.
d. Puisque tacitement, notre intention inclut l’éventualité de manger
dans une autre pièce que le salon, l’on pourra alors aller dire le Birkat
haMazon dans n’importe quelle autre pièce de la maison, même
dans celle où l’on ne prévoyait pas vraiment de s’y rendre !
Explications :
a. Halakhiquement, une chambre est délimitée par ses murs, tant que
cet espace n’est pas coupé et fermé par une porte – ou même, un
cadre de porte [c.-à-d. 2 poteaux et un linteau en haut, comme pour
les lois de Mezouza]. Aussi, lorsque le salon se prolonge en un très
long couloir, qui tourne même au point de ne plus voir le salon, tout
ce périmètre prend le statut du lieu du repas !
À suivre…

Zivoug Hagoun à Miryam Elisheva bat Suzanne


37
HALAKHA - Birkat haMazon
MERCREDI
6 Eloul 5780
26 / 08 / 20

1. Manger au salon puis dire le Birkat haMazon à la cuisine. (Suite)


b. Autant que, dans un endroit ouvert, l’on considère comme lieu du
repas tout endroit à partir duquel on voit sa place, les décisionnaires
écrivent que ce paramètre est en vigueur dans une chambre. Soit,
tout endroit à partir duquel on voit la place où l’on a mangé prend
le statut du lieu du repas, et même lorsque l’on sort dehors !
c. En théorie, lorsque l’on mange dans une chambre, il devrait être
défendu d’aller dans une autre pièce pour dire le Birkat haMazon, ni
même de s’y rende pour manger quoi que ce soit, ou pour y faire quoi
que ce soit. Or, personne à notre époque ne veille à rester à sa place
du début à la fin du repas ! À tout bout de champ, on se lève de table
pour apporter les plats de la cuisine, pour sortir d’une armoire de la
chambre un vêtement ou serviette, changer une couche de bébé, etc.
Ce changement de mœurs est probablement dû au fait qu’à notre
époque, nous ne possédons plus de valets qui assurent le service…
[Hélas ! :-)]
Quoi qu’il en soit, cette réalité fait que l’on a toujours l’intention
tacite au début du repas d’aller dans d’autres pièces, et l’on pourra
par conséquent aller à la cuisine dire le Birkat haMazon.
d. Plus encore : lorsque je mange dans mon salon avec l’intention d’aller
finir mon repas dans une pièce précise, je parviens à élargir la zone
du repas à toute la maison, même aux chambres dans lesquelles je
ne pensais pas me rendre pendant le repas. [Rav H. Kaniewski shlita, Sheelat Rav II
ch.16 §37]

2. Question : Si l’on mange dans sa maison, est-il permis d’aller dire le


Birkat haMazon sur son balcon découvert ou dans son jardin – qui ne
sont pas ‘sous un même toit’ ?
Réponse : Cela fait l’objet d’une discussion. L’avis général tend à
permettre. [Or Letsion II ch.12 §16, rav S.Z. Auerbach (cf. Shevout Itzhak), et autres –Cf. Vezot haBerakha p.57–,
à l’exception de rav Elyashiv zatsal qui considère le balcon découvert comme un lieu distinct.]

38 Hatslakha à notre ami Stanley Chicheportiche et sa famille !


HALAKHA - Birkat haMazon
J E U D I
7 Eloul 5780
27 / 08 / 20

Comment dire le Birkat haMazon ? [ch.185]


1. A la Mitsva 430, le Sefer haHinoukh explique longuement le sens
des Berakhot en général, ainsi que la manière souhaitable de dire le
Birkat haMazon, puis conclue son texte en disant : Mes Maîtres m’ont
transmis que toute personne qui veillera à dire méticuleusement le Birkat
haMazon, obtiendra durant toute sa vie sa subsistance avec dignité !
2. A priori, il est souhaitable de dire le Birkat haMazon en hébreu, et
de comprendre la signification des mots. On veillera à dire ce texte
avec ferveur. Le Mishna Beroura [§1] conseille de toujours dire le Birkat
haMazon en le lisant à partir d’un livre, afin de lire avec concentration.
3. De manière générale, quelle que soit la Mitsva que l’on accomplit par la
parole, il faut veiller à élever la voix suffisamment pour que l’on s’entende.
Ainsi, l’on dira le Birkat haMazon à voix haute en articulant bien les
mots. [Chou-Ar. §2] D’autant plus que le dire à voix haute est propice pour
stimuler la concentration. [MB §3]
A postériori, l’on s’acquitte de sa Mitsva même si l’on ne s’entend pas,
à partir du moment où l’on prononce les mots. Par contre, celui qui lit
des yeux uniquement ne s’acquitte pas de sa Mitsva.
Notons tout de même qu’un malade qui ne parvient pas à prononcer
des mots, et qui ne peut pas se faire acquitter du Birkat haMazon par
une tierce personne, devra quand même réciter le Birkat par la pensée
au moins, car certains tolèrent a postériori une telle récitation.
4. Il est souhaitable de dire le Birkat haMazon en hébreu, même si l’on ne
comprend pas cette langue. Il faut néanmoins savoir que cette Mitsva peut
être réalisée dans toutes les langues, à partir du moment où l’on comprend
ce que l’on dit. Aussi, celui qui ne sait pas lire l’hébreu pourra rendre gloire à
Hashem en lisant uniquement la traduction du Birkat haMazon.
[Nous apprendrons plus tard que l’essentiel du Birkat haMazon sont les
4 Berakhot, tandis que les Hara’haMan sont facultatifs ; aussi, celui qui ne
parvient pas à lire un texte en hébreu trop long dira au moins les 4 Berakhot.]
Zivoug Hagoun à Zohara bat Levana
39
HALAKHA - Birkat haMazon
VENDREDI
8 Eloul 5780
28 / 08 / 20

1. Dans les lois de Tefila, le Choul’han Aroukh [ch.99] rapporte qu’il est
défendu de prier si l’on est un peu saoul, ou si l’on a bu même 86mL d’un
trait, au point d’avoir la tête qui tourne un peu. Bien que l’on contrôle
encore sa parole et pourrait théoriquement parler au roi, il est malgré
tout défendu de prier ainsi, jusqu’à ce que l’on évacue complètement
l’effet.
2. Pour les lois du Birkat haMazon, ce principe n’est pas en vigueur. La
Torah a en effet prescrit de dire ces Berakhot après le repas, sans nous
restreindre dans la manière de consommer ; la Torah a donc cautionné
la récitation du Birkat alors que l’on est un peu ‘rond’, et même si l’on ne
serait pas digne de se tenir devant un roi humain.
Toutefois, s’il est saoul au point de ne plus contrôler sa parole, il sera
dispensé en l’état, au même titre qu’un fou est dispensé des Mitsvot.
[Il devra bien sûr dire le Birkat haMazon lorsqu’il retrouvera ses esprits,
tant qu’il n’aura pas digéré son repas, comme nous l’apprenions.]
3. Dans la Parasha de Ki Testsé que nous lirons Shabbat, le verset dit:
ָ ‫יך ָקדוֹ ׁש וְ ל ֹא יִ ְר ֶאה ְב ָך ֶע ְרוַ ת דָּ ָבר וְ ׁ ָשב ֵמ ַא ֲח ֶר‬
‫יך‬ ָ ֶ‫ וְ ָהיָ ה ַמ ֲחנ‬- ta résidence doit
être sainte. Il ne faut pas que l’on voie chez toi une chose indécente, car Il se
retirerait d’avec toi.’ L’on déduit de ce passage 2 interdits :
- ‘Ton camp doit être saint’ – interdit de prononcer une Berakha à côté
de choses qui écœurent. Essentiellement, les matières fécales.
Situation fréquente si la couche d’un bébé est remplie. Ou encore,
lorsque l’on mange en plein air, à proximité de déjection canines [=
crottes de chiens, pour les intimes !]
- ‘Il ne faut pas que l’on voie une chose indécente’ – il est aussi interdit
de les prononcer devant des obscénités. Soit, des parties cachées du
corps qui se sont découvertes.
4. A postériori, si l’on a dit le Birkat haMazon alors qu’un pot de bébé
rempli d’excréments se trouvait à une distance de 2m, il faudra redire
le Birkat haMazon. [MB §7] Par contre, si ce pot était rempli d’urine
uniquement, l’on ne recommencera pas a postériori. [§8]

40 Refoua chelema à Moshé Refaël ben Guitel


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
9 Eloul 5780
29 / 08 / 20

Question : A Shabbat, est-il permis d’étendre un drap au-dessus d’un


lit de bébé pour cacher la lumière de la chambre qui est restée allumée ?
Réponse : c’est défendu, à cause de l’interdit Dérabanan de faire un Ohel
Araï – dresser une tente provisoire. L’on pourra toutefois contourner le
problème de 2 manières :
- Tout d’abord, si avant Shabbat, l’on sait que l’on aura à couvrir ce lit,
l’on pourra étendre partiellement ce drap, en couvrant une superficie
de 12cm de large ; à Shabbat, il sera alors permis de l’étendre
complètement.
- Et si l’on n’a pas prévu le coup avant Shabbat, l’on pourra l’étendre avec
Shinouï – de manière inhabituelle : 2 personnes commenceront par
tendre le drap en l’air [en le tenant en main]. Et ensuite, l’on poussera
le lit sous ce drap, et l’on posera alors le drap sur les barrières du lit.
Attention : autant qu’il est défendu d’étendre le drap, il est aussi
défendu de défaire complètement une tente. Aussi, quelle que soit
la solution choisie, l’on ne pourra plus retirer complètement le drap
pendant Shabbat ; l’on pourra néanmoins ouvrir partiellement ce drap,
en le réduisant à une étendue de 12cm de large. [Shmirat Shabat Kehilkheta ch.24 §9]
Explication : Un travail-dérivé de Bonéh –construire à Shabbat– est Ohel
[Keva] – tendre une tente de manière permanente. Afin de nous éloigner
de cette transgression, nos Maîtres ont défendu de dresser une tente
de manière provisoire. [Tandis qu’il est permis de tendre une paroi
provisoire ; aussi, il sera permis de cacher la lumière du lit inférieur d’un
lit superposé en couvrant l’ouverture par un drap.] [Chou-Ar ch.315 §1]
Néanmoins, cet interdit n’est pas en vigueur si la tente est déjà
existante, mais que l’on veut la rallonger provisoirement. [Ibid.§2] Par ex.
si une pergola à toile coulissante couvre déjà une surface de 12cm, il
sera permis de l’ouvrir davantage à Shabbat.
De même, il est permis de dresser une tente provisoire ‘à l’envers’,
c.-à-d. en construisant d’abord le toit et seulement après, en apportant
les murs. [Ibid.3, Cf. aussi SSK note 21, Or’hot Shabbat ch.9 §10 note 20]
Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l
41
HALAKHA - Rosh Hashana
DIMANCHE
10 Eloul 5780
30 / 08 / 20

Les Simanim de Rosh Hashana


Les 2 soirs de Rosh Hashana, nous avons l’usage de manger les
Simanim – les aliments dont le nom ou le goût symbolisent de bons
augures pour la nouvelle année. Selon une version de la Guemara, il
suffit de poser uniquement ces Simanim sur la table. Toutefois, l’usage
s’est répandu de réaliser un véritable rituel avec enthousiasme et
ferveur, durant lequel on consomme ces Simanim en priant auparavant
pour la réussite de la nouvelle année.
D’un point de vue halakhique, cette consommation nous confronte à des
problèmes relatifs aux lois des Berakhot. Puisque le sujet des Berakhot
a été le thème directeur du 5 minutes éternelles depuis plusieurs mois,
l’heure est propice pour aborder les instructions concrètes à la bonne
réalisation de cet usage. Nous commencerons par poser le déroulement
optimal du rituel à adopter, que nous justifierons ensuite.
1°. Après le Kidoush, on se lave les mains et on dit la Berakha sur le
pain, que l’on trempe d’abord dans le sel [pour les séfarades], puis dans du
sucre ou du miel.
2°. Après avoir mangé 27g de pain, on saisit la datte, et on récite la
Berakha de haEts, puis on en goûte un peu. Seulement après, on dit Yehi
Ratson… shéYitamou Oyeveinou… - Que Ta volonté, Hashem notre D-ieu,
D-ieu de nos pères, soit d’anéantir nos ennemis, ceux qui nous haïssent et
tous ceux qui veulent notre mal – et on mange le reste de la datte.
3°. On prend un fruit de la terre dont la Berakha est Adama, tel que la
banane, le melon, la pastèque, ou une cacahuète. On dit la Berakha, et
on goûte ce fruit.
4°. On saisit alors le Silka – les épinards / blettes, et l’on dit Yéhi Ratson…
shéYistalkou Oyeveinou… – Que Ta volonté soit … d’écarter nos ennemis…
5°. On prend le Karti – le poireau, et l’on dit Yéhi Ratson… shéYikartou
Oyeveinou… – Que Ta volonté… soit d’exterminer nos ennemis…
A suivre…

42 Leillouï nichmat Sol Wahnish lebeth Delmar z"l


HALAKHA - Rosh Hashana
L U N D I
11 Eloul 5780
31 / 08 / 20

Suite du déroulement optimal du rituel des Simanim


6°. Vient le tour du Kera – la courge. Ce nom peut être prononcé de 2
manières: ‫ קרע‬avec un ‘‫( ’ע‬Ayin), qui signifie déchirer, ou ‫ קרא‬avec un
‘‫( ’א‬Alef), qui signifie alors lire, énoncer. Aussi, nous prions doublement
Yéhi Ratson… shétiKra’ Roa Guezar Dineinou, véyiKareou Léfaneikha
Zakhioteinou – Que Ta volonté Hashem… soit d’annuler nos mauvais
décrets, et que nos mérites soient énoncés devant Toi.
7°. On prend le Roubia – le sésame, qui évoque la multiplication et
l’accroissement. Certains préfèrent le fenugrec, car son nom en arabe
–Loubia– ressemble à Roubia. Aussi, on prie: Yéhi Ratson… ShéYirbou
Zakhouioteinou outelabévénou – Que Ta volonté… soit d’augmenter nos
mérites et que nous gagnions Ton cœur.
8°. Vient ensuite le tour du Rimon – la grenade, sur laquelle on dit Yéhi
Ratson… shéNiyéh Méléïm Mitsvot ka-Rimon – Que Ta volonté soit… que
nous soyons pleins de Mitsvot comme la grenade.
9°. On mange aussi la pomme trempée dans du miel, ou cuite dans du
sucre, sur laquelle on dit Yéhi Ratson… Shétit’hadesh Aleinou Shana Tova
ouMetouka – Que Ta volonté… soit de nous donner une nouvelle année
bonne et douce.
10°. Rosh Kévess – la tête de mouton. Ce Siman est double : la tête –
sur laquelle on prie shéNiyhei léRosh véLo léZanav – Que Ta volonté soit…
de nous placer à la tête, et pas à la queue. Et le mouton, qui rappelle en
ce grand jour le sacrifice d’Itzhak, afin d’ajouter véTizkor Lanou Akeidato
véEilo Shel Itzhak ben Avraham Avinou – et de Te rappeler en notre faveur
du sacrifice et du bélier d’Itzhak, le fils d’Avraham Avinou.
Si l’on n’a que de la viande de mouton, l’on dira uniquement la 2e partie
du Yéhi Ratson. Et si l’on parvient à se procurer tout de même une tête
de poulet ou de poisson, on dira sur cette tête la 1ère partie du Yéhi
Ratson.

Leillouï nichmat Sol Wahnish lebeth Delmar z"l


43
HALAKHA - Rosh Hashana
M A R D I
12 Eloul 5780
01 / 09 / 20

Quelques explications…
1. L’ordre optimal à adopter pour la consommation des Simanim
fait l’objet de plusieurs discussions. Certains ont proposé un ordre
en ne considérant que l’ordre logique des symboles. D’autres ont
plutôt classé ces aliments en considérant en tout premier lieu les
nombreuses règles de priorité des Berakhot. Pour notre propos, nous
avons opté pour ce dernier avis, en nous fondant essentiellement sur
les décisions du Rav Ben-Tsion Aba Shaoul [Or Letsion IV ch.4]. Evoquons
quelques problèmes halakhiques contournés ainsi.
2. Tout aliment nécessite une Berakha avant et après consommation.
Cependant, lorsque l’on mange un repas à base de pain, la Berakha
de haMotsi sur le pain dispense la plupart des aliments du repas, à
quelques exceptions près. Notamment, un dessert, ainsi que tout
aliment qui ne fait pas partie intégrante du repas.
Aussi, parmi les Simanim consommés pendant le repas, les fruits
requièrent une Berakha – la datte, la grenade, la pomme, et même
le sésame si on le mange sous forme de barre sucrée. Tandis que les
épinards/ poireau/ courge/ blettes/ tête d’agneau, sont théoriquement
dispensés de Berakha, puisque ces espèces font partie intégrante du
repas. Toutefois, certains attribuent aux Simanim un statut particulier,
du fait qu’on les mange en guise de Mitsva. Ils n’accompagnent
alors plus le pain – tout comme le Maror à Pessa’h, que l’on dispense
de haAdama par le Karpass. Bien que cet avis ne fasse pas loi, on
s’efforcera de contourner cette discussion ; aussi, on dira auparavant
la Berakha de haAdama sur un fruit de la terre, telle qu’une banane ou
une cacahuète.
3. Certains proposent d’éviter ce problème en faisant le rituel des
Simanim avant de dire haMotsi sur le pain. Mais cette pratique nous
confronte à un problème bien plus embarrassant : si l’on mange plus
de 27g de ces Simanim, il est possible que l’on doive, selon le cas, dire
alors la Berakha A’harona d’après consommation !

44 Leillouï nichmat Sol Wahnish lebeth Delmar z"l


HALAKHA - Rosh Hashana
MERCREDI
13 Eloul 5780
02 / 09 / 20

Explications de l’ordre du rituel des Simanim


3. Selon les règles de priorité des Berakhot, il faut a priori dire la Berakha
de haEts avant celle de haAdama [ch.211 §3]. Quant aux différents fruits
de l’arbre [haEts], les 7 espèces sont prioritaires [Ibid. §1] – soit, la datte
avant la pomme. Il existe même une hiérarchie entre les 7 fruits d’Israël
[§4] – l’olive, la datte, la vigne, la figue, et la grenade. On dira donc la
Berakha sur la datte, et non sur la grenade.
4. Puisque l’on commence à manger la datte, on dira après l’avoir
goûtée le Yéhi Ratson relatif. On le fera suivre ensuite des prières sur
le poireau et des blettes, car ces requêtes se ressemblent – en disant
auparavant la Berakha de haAdama sur un fruit de la terre.
Le Kaf haHaïm [ch.583 §25] conteste néanmoins ce procédé, et suggère de
dire les Berakhot de haEts et de haAdama en ne disant pour l’instant
aucune prière. Et seulement après, on commence par manger les
blettes, puis le poireau, et enfin, on mangera de nouveau la datte.
Et d’expliquer que ces 3 prières portent toutes sur le déclin de nos
ennemis, qu’il est plus juste de demander d’abord de les écarter
[ShéYistalkou], puis de les tuer [ShéYikartou], et enfin, d’anéantir leurs
traces [shéYitamou].
Mais cette remarque ne dérange pas le Or Letsion, qui se fonde sur
le Ari za’l pour expliquer que ces 3 prières sont dites contre 3 types
d’ennemis distincts :
- Contre les ennemis physiques d’Israël, nous prions ShéYitamou –
qu’ils soient anéantis.
- Lorsqu’un homme faute, il crée des anges maléfiques qui rôdent autour
de lui et dérobent les bienfaits qu’Hashem lui prodigue ; contre eux, on prie
ShéYikartou – qu’ils soient retranchés, qu’ils disparaissent complètement.
- Et contre les anges accusateurs dans le ciel, nous prions ShéYistalkou
– qu’ils soient écartés uniquement, car il n’est pas question de
demander la fin d’un ange, Has Veshalom, mais uniquement de vouloir
faire taire ses accusations !

Leillouï nichmat Sol Wahnish lebeth Delmar z"l


45
HALAKHA - Rosh Hashana
J E U D I
14 Eloul 5780
03 / 09 / 20

1. Ajoutons quelques précisions et mises en garde à propos des


Simanim. Tout d’abord, pour le Selek -les blettes ou les épinards : il faut
savoir que l’épinard est une plante dans laquelle pullulent les vers !
On veillera de ce fait à ne consommer que des légumes cultivés dans le
sable (Goush Katif). Si l’on ne peut pas s’en procurer, on ne consommera
que le cœur, et pas les feuilles. Autrement, on se contentera de dire
le Yéhi Ratson en regardant uniquement ce Siman –comme l’indique
l’une version de la Guemara– plutôt que de risquer de transgresser le
grave interdit de manger un insecte, surtout en un si grand jour.
2. Précisons au passage que celui qui n’apprécie pas le goût d’un des
Simanim fera mieux lui-aussi de dire le Yéhi Ratson à la vue de l’espèce
uniquement, plutôt que de manger un aliment qui lui est désagréable
à Rosh Hashana.
3. On a l’usage à Rosh Hashana d’éviter de manger des aliments amers,
acides, ou piquants. De même, on s’abstient de manger des fruits qui
ne sont pas encore mûrs. Pour des raisons mystiques, on ne mangera
pas non plus de noix. Certains évitent aussi le raisin noir.
4. Selon le Zohar, on ne choisira pas une tête de bouc en guise de Rosh
Kevess. Si l’on ne parvient pas à s’en procurer, l’on pourra substituer la
tête de mouton par une tête de poulet ou de poisson, ainsi que de la
viande de mouton. Dans le Yehi Ratson, l’on dira alors Sheniyhé Lerosh…
– que l’on soit à la tête, et pas à la queue, mais l’on ne pourra plus ajouter
le rappel du sacrifice d’Itzhak [véTizkor Lanou Akeidato…]
5. Il n’est pas requis de manger les Simanim de Rosh Hashana dès le
début du repas. On pourra sans problème les manger au milieu du
repas, ou même à la fin. [Or Letsion IV ch.3 §3]
6. L’usage est de faire le rituel des Simanim les 2 soirs de fête. Certains
suggèrent de le réaliser même aux repas du midi. [Kaf haHaïm ch.483 §7]

46 Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


HALAKHA - Rosh Hashana
VENDREDI
15 Eloul 5780
04 / 09 / 20

7. Le Shlah haKadosh enseigne que le but des Simanim de Rosh Hashana


est d’éveiller en nous des sentiments singuliers, afin de prier avec
ferveur pour la réussite de la nouvelle année. Aussi, il est impératif de
rester serein et calme durant les 2 jours de fête, et même pendant les
10 jours de Teshouva.
8. On veillera à dresser la table de Rosh Hashana avant l’entrée de
la fête. Si la maîtresse de maison n’est pas parvenue à achever ses
préparatifs à temps, le mari veillera particulièrement à n’éveiller en lui
aucune colère. [Kaf haHaïm §1] On rapporte d’ailleurs qu’un Rosh Hashana,
d’effrayants présages vinrent troubler la solennité de la fête chez
Rav Yéhouda Fetaya zatsal – un grand kabbaliste de Bagdad puis de
Jérusalem. Mais ce Tsadik ne se laissa pas distraire par ce Satan, et
redoubla de vigilance pour préserver sa sérénité et sa confiance en
Hashem. Quelques années plus tard, le Rav raconta que cette année
fut vraisemblablement la plus fructueuse de sa vie, matériellement
comme spirituellement !
9. Durant les repas, il est bon de n’entretenir que des discussions sages,
de Moussar et de Torah, sans légèreté d’esprit. La Mishna de Rosh
Hashana est composée de 4 chapitres ; il est souhaitable d’étudier un
chapitre à chacun des 4 repas de fête. [Kaf haHaïm Ibid. §3]
10. Le Rama [ch.583 §2] rapporte au nom du Yeroushalmi de s’abstenir
de dormir depuis le lever du jour de Rosh Hashana, afin d’augurer un
Mazal vif pour la nouvelle année. Les décisionnaires recommandent
cette conduite afin d’étudier la Torah ou de lire des Tehilim. Ainsi, si
on ressent le besoin de s’assoupir pour étudier ensuite avec entrain,
on n’hésitera pas à poser sa tête quelques minutes. D’autant plus
que le Ari za’l écrit que cette directive s’applique essentiellement à la
première mi-journée de Rosh Hashana. Quoi qu’il en soit, on veillera à
ne pas gaspiller de temps durant ces jours.

Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


47
LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
16 Eloul 5780
05 / 09 / 20

1. Question : Est-il permis à Shabbat d’étendre sur un lit de bébé une


moustiquaire – un filet qui empêche les moustiques de pénétrer dans
l’espace du lit ?
Réponse : c’est permis !
Explication : Nous rapportions la semaine dernière l’interdit de Ohel
Araï – dresser une tente provisoire à Shabbat, qui impliquait aussi
de ne pas étendre un drap sur un lit de bébé pour cacher la lumière.
Théoriquement, il aurait tout autant fallu interdire de tendre une
moustiquaire. Le Shmirat Shabbat Kehilkheta [ch.24 §10] tolère pourtant, du
fait qu’il y a plus d’espaces vides que de fils. Ce tissu ne remplit donc
pas la condition élémentaire de Ohel – de couvrir un espace !
2. Apportons une précision essentielle sur ces lois. Nous rapportions
Shabbat dernier qu’il est défendu de dresser une tente provisoire,
tandis qu’il est permis de dresser une paroi provisoire – en tendant par
ex. un tissu à la verticale pour empêcher la lumière d’entrer.
D’où la question essentielle : où est la limite entre l’horizontale et la
verticale ? Autrement dit, comment considérer la diagonale ? Soit, si
pour couvrir le lit de bébé, plutôt que de tendre le drap d’un bout à
l’autre, on l’accroche d’un côté en haut, et on le laisse tomber de l’autre
côté en biais, ce drap est-il considéré comme une tente ou comme une
paroi ?
La Halakha donne à ce propos une limite très précise : 1 unité de large
sur 3 unités de haut ! Soit, si le drap tendu à la verticale est suspendu
sur une hauteur de 150 cm, et que sa projection verticale recouvre une
surface inférieure à 50 cm, on le considère comme une paroi verticale.
Aussi, l’on pourra selon le cas atténuer la lumière dans le lit de bébé en
accrochant un drap en diagonale depuis le milieu du lit, que l’on calera
sur le côté, en veillant par ex. à ne pas couvrir une surface de plus de 30
cm si le drap est suspendu à une hauteur de 90 cm du matelas.

48 Leillouï nichmat Michael Novikov z"l


HALAKHA - Rosh Hashana
DIMANCHE
17 Eloul 5780
06 / 09 / 20

A l’approche de Rosh Hashana


1. Hatarat Nedarim. Lorsque l’on exprime un Néder - un vœu, la Torah
impose de concrétiser sa parole. Par ex. s’il exprime le Néder de ne pas
consommer tel aliment, ou d’accomplir une Mitsva ou bonne conduite, de
donner de la Tsedaka, il est désormais obligé de réaliser son engagement.
Si après avoir prononcé son vœu, il réalise qu’il n’est pas capable
de l’assumer, la Torah a laissé la possibilité d’annuler son Néder, en
se concertant avec un Talmid ‘Hakham ou un Beit Din, qui juge si les
circonstances qui le poussent à se rétracter sont justifiées.
2. Ainsi, avant Rosh Hashana, on a l’usage de se tenir devant un Beit
Din –3 personnes au moins–, en déclarant que l’on regrette tous les
vœux prononcés qui n’ont pas été concrétisés. Puis le Beit Din dit 3 fois :
‘Moutar Lakh’ – [ton vœu] te deviens permis.
3. Attention : la Hatarat Nédarim d’avant Rosh Hashana ne délie qu’un
vœu tombé aux oubliettes. Par contre, si l’on se souvient du vœu et
réalise que l’on ne peut pas le concrétiser, il faudra impérativement
l’expliciter devant un Rav pour qu’il l’annule spécifiquement.
4. Toute bonne conduite accomplie 3 fois de suite sans avoir dit
auparavant qu’on la fait Bli Néder –sans être engagé par les lois des
vœux– engage à la continuer. On ne pourra l’interrompre qu’en procédant
à la Hatarat Nédarim. Certains pensent que la Hatarat Nédarim de la veille
de Rosh Hashana suffit pour l’annuler. Mais a priori, il sera préférable de
l’expliciter devant un Rav pour qu’il l’annule individuellement.
5. Une femme peut charger son mari d’annuler ses Nédarim, même si
elle ne se rend pas à la synagogue.
6. La Hatarat Nédarim a aussi un intérêt mystique. Le Zohar écrit qu’un
homme qui commet certaines fautes est mis en Nidouï –quarantaine– par
le Sanhédrin céleste, qui ferme la porte à ses prières. Ainsi, nous faisons la
Hatarat Nédarim pour annuler ce Nidouï. Selon cette interprétation, il faudra
nécessairement former un Beit Din de 10 personnes, composé si possible de
Talmidei Hakhamim. Tel est en général l’usage des communautés séfarades.
Leillouï nichmat Michael Novikov z"l
49
HALAKHA - Rosh Hashana
L U N D I
18 Eloul 5780
07 / 09 / 20

1. Rosh Hashana est un jour de rigueur. Comme nous le disons dans


Moussaf : ‘Véal haMedinot Bo Yéamer… - Dans ce jour, Tu décrètes
quel pays sera frappé qui par une guerre, qui par la famine...’ De prime
abord, il serait donc logique d’entrer apeuré dans cette fête. Pourtant,
nos Maîtres prescrivent d’avoir une allure soignée, en se coupant
notamment les cheveux. Et d’expliquer : le peuple d’Israël est confiant
qu’Hashem daignera voir sa bonne volonté à se rapprocher de Lui, et
le jugera avec patience et miséricorde, l’aidera à s’élever par Sa droite.
Ainsi, l’attitude à adopter durant Rosh Hashana est d’une solennité
singulière : il faut coordonner d’une part sérénité et confiance en
Hashem, mais d’autre part ne pas oublier que ce jour est celui du
Grand jugement. Nous consommerons des repas de fête composés de
mets raffinés, mais veillerons particulièrement à ne pas nous laisser
aller à des discussions futiles, ou ‘Has Veshalom à des sujets interdits.
2. L’habillement. On portera à Rosh Hashana des habits beaux et propres,
mais qui seront discrets, car le port d’habits prestigieux enorgueillit le
cœur de l’homme et lui fait oublier le côté solennel de ce jour. [MB ch.581 §25]
3. Mikveh. Les hommes ont l’usage de se tremper avant Rosh Hashana
au Mikveh pour entrer purs dans la fête.
4. Jeûne. Le Choulhan Aroukh [ch.581 §2] rapporte l’usage de jeûner la veille de
Rosh Hashana. À notre époque, s’est plutôt répandu l’usage de ne jeûner
qu’une demi-journée, du fait que l’on supporte difficilement les jeûnes.
5. Certains ont l’usage de pèleriner sur les tombes des Tsadikim à la
veille de Rosh Hashana, afin d’implorer la miséricorde d’Hashem en
ces lieux propices. [Rama ch.581 §.4] Attention ! Il faut prier Hashem par le
mérite du Tsadik, mais jamais implorer directement le Tsadik, car une
telle prière entre dans l’ordre de l’idolâtrie. [Mishna Beroura Ibid.]
6. Mitsva conjugale à Rosh Hashana. Il est préférable de s’en abstenir
[Ibid.]. Sauf un soir de Mikveh. Ou encore, si l’on craint d’avoir des mauvaises
pensées durant la nuit. Si la Mitsva a été accomplie, il sera souhaitable
que l’homme se rende au Mikveh le lendemain matin, avant la prière.

50 Leillouï nishmat Marie Myriam Bat Julie leBeit Berdah z"l 


HALAKHA - Rosh Hashana
M A R D I
19 Eloul 5780
08 / 09 / 20

Du 1er au 2e jour de Rosh Hashana


1. L’interdit de Mekhin. De manière générale, il est interdit de faire
pendant Shabbat ou Yom Tov les préparatifs pour un jour de ‘Hol –
profane, même si l’action est en elle-même permise Shabbat. Par
ex. celui qui voyage à la sortie du Shabbat n’a pas le droit de faire sa
valise pendant Shabbat, même si cette action ne requiert aucun des
39 travaux-types défendus à Shabbat. Cette restriction est appelée
l’interdit de Mekhin – préparer.
A Rosh Hashana, nous célébrons 2 jours de fête. Il faut néanmoins
savoir que seul le 1er jour est prescrit par la Torah, tandis que le 2e
n’est imposé que Dérabanan – par ordre rabbinique. Cette différence
implique de nombreuses conséquences quant aux lois de préparation
du 1er au 2e jour de fête, car, si du point de vue de la Torah, ce 2e jour
n’est pas un jour saint, il est défendu de faire les préparatifs du 2e jour
pendant le 1er.
Ces restrictions seront d’autant plus sévères cette année, car le 1er jour
de Rosh Hashana tombe à Shabbat.
2. Concrètement, il faut attendre la tombée de la nuit du 2e jour pour
débuter les préparatifs du repas du soir. Soit, on ne lavera la vaisselle
du midi, et ne dressera la table du 2e soir qu’après avoir attendu 18
min. [et si possible même, 24 min.] depuis le coucher du soleil. De
même, on ne cuisinera pas, ou ne réchauffera pas un plat qui contient
une sauce dans l’après-midi du 1er jour en vue du 2e. Les décisionnaires
rapportent encore qu’à la synagogue, il est défendu de rouler le Sefer
Torah d’un jour de Yom Tov pour le second. [Chou-Ar. ch.503 et 667]
3. Il faut néanmoins savoir que certaines actions sont permises, car
elles sont si bénignes qu’elles n’entrent pas dans la définition d’un
préparatif. Nous rapporterons demain une application fréquente.

Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l


51
HALAKHA - Rosh Hashana
MERCREDI
20 Eloul 5780
09 / 09 / 20

Question : Avant Rosh Hashana, Léa prépare la soupe du 2e soir et la


congèle. Durant l’après-midi du 1er jour, pourra-t-elle sortir cette soupe
du congélateur et la réchauffer pour le soir ?
Réponse : Léa a le droit de sortir la soupe du congélateur, si elle veille à
ce qu’elle décongèle au moins partiellement avant la tombée de la nuit.
Par contre, il lui sera défendu de la réchauffer jusqu’à la tombée de la
nuit – 24 min. après le coucher du soleil.
Explications :
a. L’interdit de Mevashel –cuire un aliment–, implique aussi de ne pas
réchauffer un liquide froid, même s’il est déjà cuit. Il est de ce fait
interdit de réchauffer la soupe durant un jour de Yom Tov si on ne
prévoit pas de le consommer dans la même journée.
b. L’interdit de Mekhin implique aussi de ne pas préparer le nécessaire
du 2e jour pendant le 1er, même lorsque l’action ne requiert pas de
faire un travail intrinsèquement interdit. Le Rama évoque notamment
l’interdit de dresser la table d’un jour de fête à l’autre [ch.667], ou
l’interdit de laver la vaisselle [ch.323 §6].
c. Toutefois, les décisionnaires permettent de sortir un plat du
congélateur pour le 2e soir, car l’action de déplacer un objet d’un
endroit à l’autre est bénigne, et n’entre pas dans le cadre de l’interdit
de Mekhin. On veillera juste à ce que la soupe puisse théoriquement
être consommable durant ce 1er jour.
d. Pour aller plus loin… Le ‘Hayé Adam explicite 4 conditions à remplir
pour tolérer une telle action :
1°) qu’elle ne soit pas dérivée d’un travail-type.
2°) qu’il soit potentiellement possible d’en profiter durant le 1er jour.
3°) Que l’intention ne soit pas de gagner du temps pour le soir
suivant, mais parce qu’il sera techniquement difficile de la faire plus
tard.
4°) Que l’on fasse cette action pour une Mitsva – telle que le repas
de fête.

52 Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z"l


HALAKHA - Rosh Hashana
J E U D I
21 Eloul 5780
10 / 09 / 20

1. Les veilleuses du 2e soir. Il est interdit de préparer les bougies du


2e soir de fête depuis le 1er jour. Il faudra attendre la tombée de la nuit
pour les préparer – soit 24 minutes après le coucher du soleil.
Selon la loi stricte, il n’est pas défendu à Yom Tov d’enfiler une mèche
dans un flotteur de liège. Néanmoins, il arrive que le trou du flotteur ne
soit que prédécoupé. Si c’est le cas, il sera alors interdit de le perforer
en y entrant la mèche. Il est donc vivement conseillé de préparer
toutes les mèches nécessaires avant Yom Tov.
Si on ne les a pas préparées et que l’on se retrouve devant un flotteur
non perforé, réutilisez les flotteurs du 1er jour. [Si l’on n’a pas d’autre
choix, on s’abstiendra d’allumer des bougies !!!]
2. Pour celles qui allument des bougies de cire, il est défendu de
chauffer le dessous de la bougie pour la fixer au bougeoir. En effet,
un des 39 travaux-type du Shabbat est Mémaréa’h – étaler, que l’on
transgresse quand on étale une pâte ou une crème en une pellicule
fine. Pour la bougie aussi, si on étale avec les doigts la cire chauffée
pour aplanir sa partie inférieure, on transgresse cet interdit. Et si
on la chauffe sans étaler avec les doigts, il y a aura alors un interdit
Dérabanan. [Cf. Mishna Beroura ch.514 §18]
On n’aplanira pas non plus la bougie en la coupant avec un couteau, à
cause de l’interdit de Méhatekh – couper à une mesure précise. Pour
fixer la bougie au bougeoir, on peut l’enfoncer fortement, ou encore,
la caler dans le bougeoir avec une allumette. [Attention: on ne pourra
couper l’allumette à la juste taille requise, pour la même raison.]
6. Si on a besoin de retirer la cire qui a coulé dans le bougeoir, on ne
pourra pas la fondre en trempant le bougeoir dans de l’eau chaude ;
on la grattera plutôt avec un couteau au-dessus de la poubelle.

Leillouï nichmat Michael Haïm ben Sultana z"l


53
HALAKHA - Rosh Hashana
VENDREDI
22 Eloul 5780
11 / 09 / 20

Quelques points de Teshouva


1. Les ‘Yamim Noraïm’ –les jours redoutables– approchent… Les
séfarades disent les Seli’hot depuis 3 semaines, tandis que les
ashkénazes commenceront ce rituel à la sortie de Shabbat. Outre la
préparation technique aux Mitsvot de Rosh Hashana, il est tout aussi
urgent de nous préparer spirituellement à ces grands jours, en méditant
sur nos actes et la manière de les réparer. Nous fonderons notre étude
sur un texte du Hayé Adam, qui passe en revue plusieurs transgressions,
que nombre d’entre nous enfreignent malheureusement fréquemment.
2. À commencer par le Lashon Hara – la médisance. Nos Maîtres
enseignent qu’une petite ‘vanne’ par allusion entre déjà dans le cadre
du Lashon Hara. La Guemara évoque l’exemple de celui qui cherche du
feu, à qui on dit: ‘rends-toi donc chez X!’ en sous-entendant: ‘Ce glouton
se fait cuire des petits plats à longueur de temps ! ’
Nos Maîtres enseignent que la faute du Lashon Hara est aussi grave
que l’idolâtrie, l’adultère et le meurtre. Lorsque le serpent fit fauter
Hava en goûtant le fruit interdit, il commença par dire du Lashon Hara
contre Hashem: ‘Il vous a interdit de goûter ce fruit parce qu’Il ne voulait
pas que vous deveniez comme Lui!’ La conséquence de cette faute fut
qu’il alla avec ‘Hava – à lier à l’adultère. A cause de lui, Adam et Hava
ont nié la Providence d’Hashem – dérivé de l’idolâtrie. Par sa faute, il a
été décrété la mortalité sur l’homme – à ramener à l’idée du meurtre.
Celui qui transgresse l’interdit du Lashon Hara devient partisan du
premier serpent, et s’ouvre lui aussi la porte à la chute dans les plus
graves interdits de la Torah.
3. Le 2e grave interdit fréquemment transgressé est le serment en vain.
Cet interdit est double : ne pas mentir en jurant, et ne pas jurer sur
une vérité évidente, même si on ne ment pas. Certains ont tellement
pris le mauvais pli de jurer constamment qu’ils ne parviennent pas à
raconter une histoire bénigne sans attester leur propos en jurant. Et
pour peu qu’ils changent de façon minime l’exactitude des faits…
À suivre… [après la question du Shabbat]

54 Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z"l


LA QUESTION DU SHABBAT
SHABBAT
23 Eloul 5780
12 / 09 / 20

Question : Restons sur le thème des Yamim Noraïm, avec une question
portant sur le choix de l’officiant des prières émouvantes de Rosh
haShana et Kippour : si l’on a le choix entre un officiant expert, qui
chante merveilleusement bien, mais qui a un niveau de pratique
religieuse assez simple, ou bien, un Talmid Hakham, humble, qui a
une grande crainte du ciel, mais qui n’a pas été gâté du ciel par un
sens musical juste et raffiné… Lequel de ces 2 officiants devra-t-on
désigner ?
Réponse : Si l’officiant expert a de la Yireat Shamaïm – crainte du Ciel,
il sera prioritaire. Notons toutefois que si le Talmid Hakham sait tout de
même chanter, on préfèrera alors le désigner pour officier les prières,
bien qu’il ne soit pas aussi expert que l’autre.
Explication : Le Rama [ch.581] énumère plusieurs qualités de Shalia’h
Tsibour requises a priori pour les prières de Rosh haShana et Kippour.
Tout d’abord, qu’il soit érudit en Torah, mais aussi, qu’il ait au moins
30 ans, qu’il soit marié. Le Mishna Beroura [§13] précise que l’avantage
d’être versé en Torah est amplement prioritaire sur les autres vertus.
Toutefois, comme le précisait Reb Haïm de Brisk, l’élément élémentaire
est tout d’abord d’être un officiant – capable de diriger une Tefila
convenablement en public ! Seulement après vérification de cet
élément, on s’intéressera à savoir lequel parmi les 2 officiants choisir.
Tel est encore l’avis de Rav B-T Aba Shaoul zatsal [Or Letsion IV p.22], qui
précise néanmoins que si l’expert n’a pas la crainte du ciel, il ne sera
alors plus du tout une option, et par défaut, tout bon juif pratiquant
sera alors prioritaire, même si personne ne sait chanter !
Rav Aba Shaoul précise encore une autre condition essentielle : être
apprécié par la majorité de l’assemblée. Aussi, dans une synagogue
où la majorité veut écouter la Tefila d’un grand Hazan [qui a la crainte
du ciel], plus que celle d’un Talmid Hakham qui chante pourtant
convenablement, la majorité l’emportera.

Leillouï nichmat Dov ben Yehoudit z"l


55
HALAKHA - Rosh Hashana
DIMANCHE
24 Eloul 5780
13 / 09 / 20

ָ ‫ל ֶֹה‬-‫שא ֶאת ׁ ֵשם ה’ ֱא‬


1. La 3e des Asseret haDiberot est ‫יך לַ ׁ ּ ָשוְא‬ ׂ ָ ּ ‫ – ל ֹא ִת‬Tu ne
prononceras pas le nom d’Hashem Ton D-ieu en vain. Outre l’interdit du faux
serment, ce commandement inclut de ne pas prononcer le nom d’Hashem
en vain. Nous prononçons tant de fois des Berakhot alors que nous n’en
sommes pas imposés ! Sans oublier les fois où nous récitons une Berakha
ou Tefila sans aucune intention, préoccupés par des sujets futiles…
2. La Torah interdit encore de maudire son prochain en prononçant le
nom de D-ieu. Quelle que soit la langue dans laquelle on s’exprime, à
partir du moment où l’on évoque le souhait que l’Être suprême venge
une peine et porte atteinte aux biens ou à la santé du prochain, on
transgresse ce grave interdit de la Torah. Précisons au passage que cet
interdit implique aussi de ne pas se maudire soi-même.
3. Le Hayé Adam continue sa revue des transgressions courantes en
abordant le thème du Bein Adam la’Haveiro – les règles de conduite
entre un homme et son prochain. Notamment, l’interdit explicite de ne
pas faire honte à son prochain [Cf. Rambam Sefer haMitsvot, Lav 303]. Nos Maîtres
enseignent: ‘Celui qui a l’habitude de faire rougir son prochain n’a pas droit
au monde futur’ [Cf. Rambam Teshouva 3:14].
4. Idem pour l’interdit de Mitkabed biklon Haveiro –celui qui tire un
honneur de la faiblesse de son prochain ; lorsque notre entourage
est déçu de la conduite d’un tiers, il est interdit de saisir l’occasion
de mettre en avant nos propres qualités dans l’intention de tirer un
honneur de cette comparaison [Ibid. 4:4].
5. L’interdit de Ribit – prêter avec intérêt. Tant de bonnes gens
transgressent fréquemment ce grave interdit, parfois même motivés
par un désir d’aider l’autre ! De manière générale, lorsque 2 personnes
s’associent, l’un apporte le capital, et l’autre gère le développement, ils
seront à coup sûr confrontés à l’interdit de Ribit. Il faut impérativement se
concerter avec un Rav compétent pour faire un Heiter Iska, en trouvant des
solutions halakhiques pour que chacun tire son profit de manière permise.

56 Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l


HALAKHA - Rosh Hashana
L U N D I
25 Eloul 5780
14 / 09 / 20

1. L’interdit de Onaa – faire de la peine à son prochain. La Torah répète


cet interdit à 2 reprises, que nos Maîtres interprètent de 2 manières :
- la Onaat Mamon – par l’argent, en vendant un produit plus cher que
son prix réel, parce que l’acheteur potentiel est simplet. Si le montant
de l’escroquerie atteint 1/6e du prix réel, la Halakha impose de rendre
cet argent. Cet interdit incombe aussi à l’acheteur qui incite un
vendeur naïf à baisser son prix.
- la Onaat Devarim –blesser par des mots. La Mishna [Baba Metsia 58B]
évoque notamment le fait de demander à un marchand le prix d’un
article en lui donnant l’espoir qu’il va réaliser une vente, alors que l’on
n’a aucune intention d’acheter. Ou encore : rappeler ses anciennes
fautes à un Baal Teshouva – une personne revenue sincèrement à
la Torah. Cet interdit est d’autant plus grave si l’on ose blesser un
converti en l’humiliant sur ses origines. Idem pour celui qui cause de
la peine à une veuve ou un orphelin, sur lesquels Hashem prescrit un
interdit explicite en promettant de venger leur peine [Shemot 22:22] !
2. L’interdit de haïr son prochain, comme il est écrit: ‫יך‬ ָ ‫שנָ א ֶאת ָא ִח‬
ׂ ְ ‫ל ֹא ִת‬
ָ‫ ִ ּבלְ ָב ֶבך‬- Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. La Mitsva générale d’aimer
son prochain implique de ne le haïr d’aucune manière. Toutefois, la Torah
a explicité un interdit particulier pour la haine gardée dans le cœur – c.-
à-d. qu’il se montre extérieurement amical alors que son cœur est empli
de haine [Rambam Déot ch.6 §5]. Le Rambam enseigne à ce propos : « Lorsqu’on
est blessé par une action de notre prochain, il est interdit de se taire et de
garder la haine dans le cœur comme le font les impies… La Torah ordonne
d’aller lui reprocher ‘Pourquoi m’as-tu offensé ainsi?’, comme il est dit: Tu ne
haïras pas ton frère dans ton cœur, reprends ton prochain ! »
Malheureusement, il arrive que l’on n’ose pas exprimer de reproche à
celui qui cause un tort, sans pour autant parvenir à lui pardonner l’écart.
Puis la blessure du cœur s’infecte et se transforme en haine profonde.
Cette politesse déplacée est tout simplement opposée à la conception
de la Torah, qui impose de crever l’abcès avant qu’il ne s’enflamme !

Leillouï nishmat Michou Michel Esther bat Arlette Maïssa z"l


57
HALAKHA - Rosh Hashana
M A R D I
26 Eloul 5780
15 / 09 / 20

1. L’interdit d’observer une femme qui n’est pas la sienne, comme il


est dit: ‫ – וְ ל ֹא ָת ֻתר ּו ַא ֲח ֵרי לְ ַב ְבכֶ ם וְ ַא ֲח ֵרי ֵעינֵ יכֶ ם‬ne vous égarez pas à la
suite de votre cœur et de vos yeux. Cet interdit s’applique même lorsqu’on
contemple une femme sans avoir de pensée obscène. La femme est
aussi concernée par cet interdit : elle doit en effet se vêtir de manière à
ne pas attirer l’œil sur elle. [Cf. Pélé Yoets – ‘Arayot]
2. Le Sefer HaHinoukh compare les pensées de l’homme à des graines
plantées dans son cœur, qui bourgeonnent et fleurissent naturellement
pour donner des actions. Si l’on veille à déraciner les mauvaises
pousses dès leur floraison, on évite pour la suite bien des peines et
déceptions ! C’est la raison pour laquelle la Torah enjoint tellement de
maîtriser nos pensées et pulsions.
3. La Torah prescrit encore de nous écarter des mauvaises Midot –les
défauts–, qui ont un potentiel d’entraîner l’homme aux plus graves fautes:
le Kaas – la colère, la ‘Hanoufa – flatterie, la Leitsanout – la moquerie.
4. Quant au respect du jour du Shabbat, il faut savoir qu’il ne se limite
pas uniquement à s’abstenir de réaliser l’un des 39 travaux-type! La
Halakha prescrit explicitement de ne pas entretenir de discussion
profane, telle que parler affaires pendant Shabbat.
5. L’interdit de Bitoul Torah – gaspiller son temps à des futilités alors
que l’on peut le sauver pour étudier la Torah. Il est certes permis de
se détendre de temps à autres, il ne faut cependant pas oublier de
donner à notre âme son oxygène quotidien ! D’autant plus que celui qui
s’investit à comprendre la Torah et à pénétrer ses profondeurs verra
son cœur se faire attirer de plus en plus vers le spirituel.
C’est la raison pour laquelle nous prions dans la Amida ‫יבנ ּו ֲא ִבינ ּו‬ ֵ ‫ֲה ׁ ִש‬
‫ וְ ָק ְר ֵבנ ּו ַמלְ ֵ ּכנ ּו לַ ֲעבוֹ ָד ֶת ָך וכו‬,‫ לְ תוֹ ָר ֶת ָך‬- Ramène nous, notre père, à Ta
Torah –et seulement après, par le mérite de l’étude de la Torah, nous
sommes aptes à invoquer:– Rapproche-nous, notre roi, de Ton service, et
aide-nous à faire une Teshouva sincère…

58 Leillouï nishmat Michou Michel Esther bat Arlette Maïssa z"l


HALAKHA - Rosh Hashana
MERCREDI
27 Eloul 5780
16 / 09 / 20

Le Shofar
1. Chaque jour de Rosh Hashana, on sonne 100 sons de Shofar. Avant
la prière de Moussaf, 30 sons – 3 fois 3 triplets de 10 sons [TaShRaT,
TaShaT et TaRaT où Ta/T=Tekia -sonnerie longue, Sh/Sha=Shevarim –
sonnerie coupée en 3, et R/Ra=téRoua – sonnerie brisée, saccadée].
Pendant Moussaf, les séfarades en sonnent 60, et les ashkénazes 30.
Et après Moussaf, les séfarades complètent les 10, et les ashkénazes
les 40.
La Mitsva de la Torah peut théoriquement être réalisée par 9 sons –
3 TaRaT. Mais suite à des discussions sur la définition du TaRaT, on
s’acquitte de tous les avis, soit 30 sons, 3 fois 3 triplets. De plus, nos
Maîtres ont instauré de sonner pendant le Moussaf, après chacune des
3 Berakhot – Malkhouyot, Zikhronot, Shofarot.
Aussi, lorsque l’on sonne le Shofar pour acquitter une femme ou tout
particulier, l’on se suffira a priori de sonner 30 sons.
2. Pour toute Mitsva sur laquelle on récite auparavant une Berakha, il
est interdit de parler tant qu’on ne l’a pas achevée. Pour le Shofar, on
n’achève la Mitsva qu’après avoir entendu tous les sons. Il est de ce
fait interdit de parler jusqu’après le Kadish qui clôt le Moussaf – sauf
pour ce qui est en rapport avec le Shofar [ch.592 §3]. A posteriori, on ne
redira pas la Berakha si on a déjà écouté un son entièrement. Pendant
que l’officiant sonne, on restera concentré, en ne faisant aucun bruit
ou signe.
3. Celui qui termine le Moussaf à voix basse et désire étudier en
attendant le début de la répétition de la Amida, veillera à lire des yeux
uniquement, sans sortir les mots de sa bouche.
4. Les femmes ont l’usage d’écouter le Shofar, bien qu’elles n’en soient
pas obligées. Une ashkénaze pourra dire la Berakha avant, mais pas
une séfarade.

Leillouï nishmat Michou Michel Esther bat Arlette Maïssa z"l


59
HALAKHA - Rosh Hashana
J E U D I
28 Eloul 5780
17 / 09 / 20

1. Lorsqu’on sonne du Shofar pour acquitter une personne spécifique,


aucun autre ne peut s’acquitter de sa Mitsva, car celui qui sonne ne
pense pas explicitement à acquitter ce dernier.
Ainsi, si un particulier entend depuis sa fenêtre que l’on sonne du
Shofar chez son voisin, il ne s’acquittera pas de sa Mitsva en prêtant
oreille. Par contre, s’il entend de sa fenêtre le Shofar que l’on sonne
à la synagogue, il accomplira sa Mitsva ainsi, car l’officiant pense
explicitement à acquitter toute personne.

Tashlikh
1. Après la prière de Min’ha du premier jour de Rosh Hashana, on dit
la prière de Tashlikh. La coutume est de dire cette prière à côté de la
mer, d’un fleuve, d’un puits ou d’un Mikveh, afin de rappeler le mérite
d’Avraham qui traversa à Rosh Hashana un fleuve avec zèle pour aller
sacrifier son fils Itzhak. Puisque la récitation près du point d’eau est
symbolique, on pourra réciter le texte devant un seau d’eau, s’il n’y a
pas de fleuve à proximité.
2. L’essentiel de cette prière est les 13 attributs de miséricorde: ‫ל‬-‫ִמי ֵא‬
ׂ ֵ ֹ‫כמוֹ ָך נ‬...
‫שא ָעוֹ ן‬ ּ ָ –Qui égale Ta puissance, Toi qui pardonnes les iniquités…–
que nous commentons longuement dans la section Moussar de ce
numéro.
Le Ari za’l écrit qu’en arrivant aux mots ‫ֹאותם‬ ְ ִ‫וְ ַת ׁ ְשל‬
ָ ‫יך ִ ּב ְמצֻ לוֹ ת יָ ם ָ ּכל ַח ּט‬
[véTashlikh biMetsoulot Yam] –Et Tu jettes dans les profondeurs de la mer
tous nos péchés–, il faut prier Hashem de faire disparaître nos fautes
ainsi que l’ange accusateur dans les profondeurs de la mer. Certains
symbolisent qu’ils se repentent de leurs fautes en remuant à ce
moment les pans de leur vêtement.
3. Il est interdit de jeter des pierres au fleuve, ni même de donner
à manger à un poisson qui ne nous appartient pas à Yom Tov ou
Shabbat.

60 Refoua Shelema à ‘Hamchat Myriam bat Rozlana


HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
VENDREDI
29 Eloul 5780
18 / 09 / 20

Les ajouts dans la Amida des 10 jours de Teshouva


1. Dans la Amida des 10 jours de Teshouva, nous ajoutons 4 phrases, et
modifions la conclusion de 2 Berakhot :
- les 4 phrases sont: ‘Zokhreinou Lé’haïm’ dans la 1ère Berakha, ‘Mi
Khamokha’ dans la 2e, ‘Oukhetov Le’haïm’ dans Modim, et ‘ouVesefer
‘Haïm’ dans Sim Shalom.
- les conclusions modifiées des Berakhot sont HaËl haKadosh par
haMelekh haKadosh, et Melekh Ohev Tsedaka ouMishpat par haMelekh
haMishpat.
De plus, dans la Amida de Rosh Hashana et de Kippour, on rallonge la
3e Berakha de Ata Kadosh par un long texte [Ledor Vador… Ouvekhen…].
Etudions l’attitude à adopter lorsque l’on omet ces ajouts.
2. Concernant les 4 phrases, celui qui omet de les dire ne se reprendra
pas à partir du moment où il a mentionné le nom d’Hashem de la
Berakha qui suit. Mais tant qu’il n’a pas dit le nom d’Hashem de la
Berakha d’après, il se reprendra.
3. Pour les longs ajouts de Ata Kadosh de la Amida de Rosh Hashana
et Kippour, celui qui omet ces ajouts et commence machinalement à
dire Baroukh Ata Hashem, conclura cette Berakha en disant haMelekh
haKadosh, sans se reprendre, car ces omissions n’invalident pas à
postériori la Amida.
Par contre, s’il a machinalement conclu haEl haKadosh, il devra se
reprendre, comme ci-après.
4. Durant les 10 jours de Teshouva, celui qui conclut la Berakha de Ata
Kadosh en disant haËl haKadosh plutôt que haMelekh haKadosh doit
reprendre la Amida à son début.
S’il réalise son erreur immédiatement [moins de 2 secondes], sans
avoir enchaîné la bénédiction suivante, il pourra se reprendre – c.-à-d.
ajouter les mots haMelekh haKadosh.
Refoua Shelema à Benyamin ben ‘Habiba
61
HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
SHABBAT
1 Tishrei 5781
19 / 09 / 20

5. En semaine, on conclut la 11e Berakha de Hashiva Shofteinou par


Hamelekh Hamishpat. Si l’on dit machinalement ‘Melekh Ohev…’ comme
d’habitude, et que l’on réalise l’erreur immédiatement, on s’empressera
de rectifier Hamelekh Hamishpat.
Si on a laissé passer quelques instants, ou bien, si on a continué
Lamalshinim, la loi varie selon les obédiences :
- un ashkénaze ne se reprendra pas – du fait que l’on évoque de toute
façon qu’Hashem est le Melekh – le roi.
- un séfarade reprendra depuis Hashiva Shofteinou. S’il réalise son erreur
plus loin, il reprendra depuis Hashiva et redira toutes les Berakhot qui
suivent4. Et s’il a fini sa Amida, même s’il n’a pas encore reculé les 3 pas
de Ossei Shalom, il devra reprendre la Amida depuis son début.
6. Celui qui doute après coup de ce qu’il a dit devra se reprendre, car
il est plus probable qu’il ait oublié le rajout. Sauf une exception: à Rosh
Hashana et Kippour, s’il a récité le long texte de Ata Kadosh [Ledor
Vador…], et doute de ce qu’il a conclu, il ne se reprendra pas. Le fait
d’avoir récité un texte différent de la Amida classique ôte le doute qu’il
ait conclu machinalement haËl Hakadosh.
7. L’officiant qui se trompe. Si à la répétition de la Amida, l’officiant
dit HaEl Hakadosh au lieu de Hamelekh Hakadosh, et ne se reprend
pas aussitôt, il devra redire toute la répétition depuis le début.
L’assemblée redira aussi la Kedousha.
8. Le vendredi soir, après la Amida, l’officiant dit Maguen Avoth
Bidevaro… HaMelekh Hakadosh Sheein Kamohou. S’il s’est trompé et n’a
pas dit la Berakha de conclusion, il se reprendra. S’il a déjà dit ‘Baroukh
Ata Hashem’, les avis divergent. Dans le doute, il ne se reprendra pas.

4- A la différence du Hamelekh Hakadosh, où il faudra toujours reprendre la Amida depuis le début, à partir du
moment où l’on est passé à la Berakha suivante.

62 Leillouï nishmat Michou Michel Esther bat Arlette Maïssa z"l


HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
DIMANCHE
2 Tishrei 5781
20 / 09 / 20

Le jeûne de Guedalia
1. Après la destruction du 1er Beit haMikdash, Nabuchodonosor laissa en
Israël une poignée de juifs, tandis qu’il exila la quasi-totalité du peuple.
Il nomma responsable de ces rescapés Guedalia Ben Ahikam. Mais
Yishmaël ben Nétanya, un descendant de la dynastie royale, le jalousa
et l’assassina. Puis, ce petit peuple menacé par les Kasdim se réfugia
en Égypte, nonobstant l’avertissement de Jérémie. Malheureusement,
ces rescapés ne revinrent jamais. On instaura de commémorer la mort
de Guedalia et de cet exil par un jour de jeûne. Bien que Guedalia ait
été assassiné à Rosh Hashana, on reporta ce jeûne au lendemain, le
3 Tishrei.
2. Le jeûne de Guédalia débute à l’aube –1h12 avant le lever du soleil–,
et se termine à la tombée de la nuit, 18 min. après le coucher du soleil.
3. Selon la loi stricte, les femmes enceintes de plus de 3 mois ou celles
qui allaitent sont exemptées du jeûne.
De même, un malade est exempté de jeûner, même s’il n’encourt aucun
risque. Il devra cependant veiller à manger discrètement. Idem pour
un vieillard. De même, si le malade a guéri, mais craint une rechute à
cause du jeûne, il pourra manger.
4. Celui qui n’a pas la capacité de jeûner 2 jeûnes trop rapprochés, ne
jeûnera pas le jeûne de Guédalia, afin de jeûner sans risque à Kippour.
Par ex. si une femme qui s’abstient de boire durant 2 jours en une
semaine risque une infection urinaire, elle boira à Tsom Guedalia afin de
ne pas rencontrer de complications lors du jeûne de Kippour.
5. Ceux qui ont une dérogation de jeûner s’abstiendront de consommer
des repas copieux et savoureux.

Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


63
HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
L U N D I
3 Tishrei 5781
21 / 09 / 20

1. Un homme en bonne santé qui doit avaler un médicament pendant


le jeûne pourra l’absorber sans eau. Dans la mesure du possible, on
évitera d’absorber un comprimé ou sirop qui a un goût agréable.
2. Il est permis de se laver ou de se parfumer. Par contre, il est interdit
de se brosser les dents. En cas de force majeure, on veillera à ne
pas faire entrer plus de 86 ml d’eau dans la bouche, et à la recracher
intégralement. Il est aussi interdit de mâcher un chewing-gum. En
revanche, il est permis de fumer.
3. Dans la prière du jeûne, on ajoute dans la Amida le texte de Aneinou.
Lors de la récitation de la Amida à voix basse, on l’intègre à Shoméa
Tefila. Et à la répétition de la Amida, l’officiant le dit entre la 7e et la
8e Berakha [entre Goël Israël et Réfaénou]. Le particulier ashkénaze
n’ajoute ce texte dans la Amida à voix basse qu’à Min’ha, mais pas à
Sha’hrit – la prière du matin. [ch.565-566]
4. Le particulier qui omet cette prière, et ne s’en rend compte qu’après
avoir dit Baroukh Ata Hashem, ne pourra plus se reprendre, même s’il
n’a pas encore conclu Shoméa Tefila.
5. Si l’officiant oublie Aneinou entre la 7e et 8e Berakha, et ne s’en aperçoit
qu’après avoir dit Baroukh Ata Hashem de la Berakha de Rofei Holei…, il
ne se reprendra pas. Il continuera la Amida jusqu’à Shema Koleinou, et
insèrera cette prière là-bas, comme l’usage du particulier. Il conclura
alors la Berakha en disant Shoméa Tefila uniquement [et non haOné
Léamo Israël…]. S’il omet de nouveau de dire ce texte et dit Baroukh Ata
Hashem de la Berakha suivante, il ne se reprendra plus, même s’il n’a
pas encore conclu Shoméa Tefila.
6. Celui qui est contraint de manger ou boire pendant le jeûne ne peut
plus dire Aneinou. Quant à celui qui casse son jeûne par mégarde, il
se doit de continuer malgré tout de jeûner, et pourra de ce fait dire
Aneinou dans sa prière [Cf. M-B ch.568 §3, et Shevet haLevy VIII ch.131].

64 Leillouï nishmat Moché ben Eliahou Wahnish z"l


HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
M A R D I
4 Tishrei 5781
22 / 09 / 20

Les 10 jours de Teshouva


1. Durant les 10 jours de Teshouva, chacun doit s’efforcer de parfaire
ses actions. En premier lieu, rectifier les écarts envers son prochain, car
Kippour n’expie pas les fautes commises envers autrui.
2. Le Ari za’l écrit que les 7 jours qui séparent Rosh Hashana de Yom
Kippour sont corrélés aux 7 jours de la semaine de l’année écoulée.
Durant chacun des 7 jours de Teshouva, nous avons l’opportunité de
réparer les fautes commises en ce jour durant toutes les semaines de
l’année écoulée. Le Rav rapporte ainsi l’usage de jeûner tous les jours
de cette semaine.
Nous n’avons malheureusement plus les forces de jeûner tellement à
notre époque. Cela ne nous dispense tout de même pas d’améliorer
davantage nos conduites durant ces jours, chacun selon son niveau.
On veillera notamment à consacrer plus de temps à l’étude de la
Torah et à la prière [Chou.-Ar. Ch.602], sans perdre ces instants précieux
à des futilités. Ou encore, l’on veillera à consommer des aliments
dotés d’une Casherout supra stricte [ch.603]. Une femme mariée qui n’a
malheureusement pas le courage de se couvrir la tête durant l’année,
s’efforcera de le faire autant que possible pendant cette semaine.
3. Un fondement de la Teshouva est de conclure ne plus jamais récidiver
dans une faute. D’où la question : à quoi bon être méticuleux durant
ces jours sur tant de Mitsvot, alors que nous envisageons de les arrêter
dès le lendemain de Kippour?
Mon maître, rav Shmouel Auerbach zatsal, répond que durant ces 10
jours, Hashem tend la main à chaque juif pour qu’il se rapproche de
Lui. Or, chaque bonne pensée et action contribue à attiser en nous
l’ardeur qui nous lie à Hashem. Ainsi, outre la Teshouva sur nos fautes
particulières, nous faisons durant ces jours le plein de ferveur pour le
Maître du monde, espérant que l’empreinte de ces efforts perdurera
pour le restant de l’année.

Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


65
HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
MERCREDI
5 Tishrei 5781
23 / 09 / 20

1. Celui qui a causé un tort à son prochain doit lui présenter des excuses
sincères avant Yom Kippour. S’il lui a volé –ou, comme on dit, s’il lui a
‘endormi’ (retenu)– un objet ou de l’argent, il devra le lui rendre.
2. Il arrive fréquemment que nous retenions ce qui appartient à notre
prochain sous prétexte qu’il a un certain tort à notre égard. Le Mishna
Beroura rapporte qu’il est interdit d’agir ainsi sans s’être concerté avec
un Rav qui connaît les lois du ‘Hoshen Mishpat – la section du Choulhan
Aroukh qui traite des différends d’argent. Même celui qui est persuadé
de connaître la loi doit obligatoirement se concerter, car son objectivité
est facilement faussée dès qu’il s’agit de son porte-monnaie.
3. Lorsqu’avant Kippour, nous souhaitons à nos proches ‘Hatima
Tova - une bonne signature, on a aussi l’habitude de se dire Mé’hila -
pardon. Cet usage initialement noble perd souvent son caractère,
dans la mesure où nous le disons machinalement, sans regret sincère.
Certains même considèrent ce mot comme une sorte de souhait pour
la nouvelle année, qu’ils présentent à ceux avec qui ils vivent en paix, et
négligent ceux à qui il fallait vraiment le dire sincèrement. Ainsi, il faut
arriver à Kippour en paix avec tous. Si on a eu un froid avec quelqu’un,
il faut s’entretenir avec lui, mettre les cartes sur table, reconnaître son
tort et l’amadouer.
Il arrive encore que l’autre ait été le détonateur de la discorde, mais que
notre réaction ait été d’un point de vue halakhique injustifiée. Même
dans ce cas, nous avons le devoir de lui présenter nos excuses.
4. Celui qui a causé un tort à une personne qui n’est plus de ce monde
doit réunir 10 personnes, se rendre sur sa tombe, et déclarer: ‘J’ai fauté
envers Hashem et envers telle personne, car je lui ai fait tel et tel tort’.
Et les présents répondront 3 fois: ‘Ma’houl Lékha – tu es pardonné’.

66 Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
J E U D I
6 Tishrei 5781
24 / 09 / 20

L’usage des Kapparot


1. Le matin qui précède Yom Kippour, beaucoup ont l’usage de faire
tourner un poulet vivant 3 fois au-dessus de leur tête, en exprimant
que ce poulet portera leurs fautes. Ensuite, ils lui font la Shé’hita
–l’abattage rituel– et le donnent aux pauvres.
Cette coutume est néanmoins contestée par le Choulhan Aroukh, qui
la compare à un rituel païen. Selon lui, il est préférable de prendre à la
place la valeur du poulet, que l’on donnera ensuite à la Tsedaka. Le Rama
rapporte toutefois que cet usage est en vigueur chez les ashkénazes.
D’ailleurs, certaines obédiences séfarades l’accomplissent aussi,
d’autant plus que le Ari za’l le mentionne dans le Shaar Hakavanot.
Aussi, chacun pourra maintenir la tradition de ses parents, à condition
de respecter les quelques mises en garde suivantes.
2. A l’instar des sacrifices expiatoires apportés au Beit haMikdash, celui
qui fait les Kapparot doit s’imaginer être à la place du poulet. Ce rituel
est donc un grand moment de Teshouva, qu’il faut réaliser avec sérieux.
3. La She’hita du poulet doit être réalisée scrupuleusement. On choisira
un Sho’het qui a la crainte du ciel, qui vérifie son couteau fréquemment.
Autrement, l’acte censé expier nos fautes aura l’effet contraire, car on
donnerait alors à manger au pauvre une Névéla – de la viande abattue
non conformément à la Halakha.
4. Quand ? Bien qu’il soit préférable de faire les Kapparot le 9 Tichri
au matin, le Sho’het est en général débordé et fatigué à ce moment,
et ne parvient pas à être méticuleux. Les décisionnaires préconisent
de réaliser les Kapparot pendant toute la semaine précédant Kippour.
Par contre, si on fait les Kapparot avec de l’argent, on le fera le matin
d’avant Kippour.

Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


67
VENDREDI
7 Tishrei 5781
25 / 09 / 20
HALAKHA - 10 Yemei Teshouva
1. Pour qui ? Un homme fera la Kappara avec un poulet mâle, une
femme avec une femelle. On fera aussi les Kapparot aux enfants,
comme pour les adultes.
Pour une femme enceinte, on fera la Kappara pour le fœtus, s’il a été
fécondé depuis plus de 40 jours. Dans le doute, on prendra un mâle et
une femelle, à part celui de la mère – soit 3 poulets. En cas de force
majeure, on pourra se contenter d’un mâle et d’une femelle. En effet, 2
personnes peuvent a posteriori faire la Kappara avec un même poulet.
2. Lorsqu’on fait tourner le poulet au-dessus de la tête, on récite:
‫ וַ ֲאנִ י ֵאלֵ ְך לְ ַחיִ ים טוֹ ִבים‬,‫יתה‬
ָ ‫ זֶ ה ַה ַת ְרנְ גוֹ ל יֵ לֵ ְך לְ ִמ‬.‫יפ ִתי ְתמו ָּר ִתי ַ ּכ ָּפ ָר ִתי‬
ָ ִ‫זֶ ה ֲחל‬
‫וּלְ ָשלוֹ ם‬
Ceci est mon remplacement, mon substitut, mon expiation. Ce poulet ira se
faire tuer, et moi j’entrerai dans une vie de bien et de paix.
Si on fait les Kapparot avec de l’argent, on récite ce texte:
‫ וַ ֲאנִ י ֵאלֵ ְך לְ ַחיִ ים טוֹ ִבים‬,‫ זֶ ה ַה ֶ ּכ ֶסף יֵ לֵ ְך לִ צְ ָד ָקה‬.‫יפ ִתי ְתמו ָּר ִתי ַ ּכ ָּפ ָר ִתי‬
ָ ִ‫זֶ ה ֲחל‬
.‫וּלְ ָשלוֹ ם‬
Ceci est mon remplacement … Cet argent ira à la Tsedaka, et moi j’entrerai
dans une vie de bien et de paix.
3. Celui qui fait les Kapparot à quelqu’un d’autre dira ‫יפ ִת ָך ְתמו ָּר ִת ָך‬
ָ ִ‫זֶ ה ֲחל‬
ָ‫ – ַ ּכ ָּפ ָר ִתך‬Ceci est ton remplacement …
Lorsque l’on fait les Kapparot pour quelqu’un d’autre, il faudra a priori
avoir déjà fait ses propres Kapparot auparavant, à l’instar du Cohen
Gadol à Kippour qui expiait d’abord ses propres fautes avant d’expier
celles des Bnei Israël.
4. Que faire après la Kappara? L’habitude est de donner le poulet
égorgé à un pauvre. Toutefois, il arrive que le pauvre ressente une gêne
à consommer les ‘péchés’ des riches. Si c’est le cas, on donnera la valeur
de ce poulet au pauvre, et on pourra le consommer soi-même ensuite.

68 Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


HALAKHA - Kippour
SHABBAT
8 Tishrei 5781
26 / 09 / 20

La veille de Kippour
1. Le Mikveh. A l’époque, nos Maîtres instaurèrent qu’un homme ayant
eu un épanchement devait se tremper au Mikveh, qu’il s’agît d’un
épanchement accidentel, ou dû à la Mitsva conjugale. Ce décret s’avéra
cependant trop incommodant pour beaucoup, et finit par être annulé. Il
reste néanmoins un bon usage de se tremper au Mikveh même à notre
époque, ou encore de verser sur soi une quantité d’eau de 9 Kabim,
soit 12,5L, à partir d’un ustensile. Plusieurs livres rapportent que les
prières des Bnei Israël sont mieux agréées ainsi.
Aussi, le Choulhan Aroukh rapporte que tous les hommes doivent a priori
se tremper au Mikveh l’après-midi avant Kippour. On ne prononcera
cependant pas de Berakha.
2. La Séouda Mafseket. Kippour étant un jour de Yom Tov –fête– durant
lequel il n’est pas possible de dresser de repas de fête, la Torah ordonne
de faire un repas de fête avant le jeûne, appelé la Séouda Mafseket – le
repas d’interruption.
3. On a l’habitude de prier Min’ha avant ce repas. Cette prière de Min’ha
a la particularité de se terminer par un long Vidouï – la confession des
fautes, et le texte du Al ‘Het. [Pensez donc à prendre votre livre de
Kippour à la synagogue dès Min’ha !]
4. L’on veillera particulièrement à ne pas consommer d’aliments lourds
avant Kippour, afin d’avoir le cœur humble et sensible pendant la prière
du soir. Mais surtout, afin de ne pas avoir ‘Has Veshalom d’épanchement
durant la nuit de ce jour si saint.
Ainsi, l’usage est de s’abstenir de consommer durant l’après-midi des
produits laitiers, de la viande rouge grasse, des œufs, ou des repas trop
épicés. On évitera aussi les dattes, le poisson, et le bon vin pendant la
Séouda Mafseket.

Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


69
HALAKHA - Kippour
DIMANCHE
9 Tishrei 5781
27 / 09 / 20

1. Manger après la Séouda. Selon la loi stricte, il est permis de continuer


à manger et boire après le Birkat Hamazon de la Séoudat Mafseket.
Toutefois, il est préférable d’expliciter avant de commencer le Birkat
Hamazon que l’on se réserve le droit de continuer ces actions après le
repas.
2. Tossefet Yom Tov. Il y a une Mitsva de recevoir la fête de Kippour
quelques minutes avant la tombée de la nuit.
A priori, un homme procédera ainsi : après avoir fini de manger, il ôtera
ses chaussures de cuir, et dira ‘Je reçois à présent la fête de Kippour
avec ses 5 interdits’. Dès lors, il ne pourra plus manger, boire, s’oindre
d’huile, se laver, et avoir un contact avec sa femme. De même, il ne
pourra plus réaliser l’un des 39 travaux du Shabbat.
Aussi, ceux qui doivent se rendre à la synagogue en voiture, s’y rendront
assez tôt et procéderont ainsi une fois arrivés à la synagogue, avant
le coucher du soleil.
Par contre, les femmes font entrer la fête lorsqu’elles allument les
bougies et disent la Berakha de Shehe’hyanou ; elles veilleront donc à
ôter leurs chaussures en cuir avant l’allumage.

Les 5 interdits de Kippour


1. Il est interdit de se laver à Kippour, ni même de tremper un doigt
dans l’eau pour le plaisir.
Pour la Netilat Yadaïm –l’ablution des mains– du matin, on ne se
lavera que les doigts [les 3 phalanges], et non la paume de la main.
On s’essuiera alors les doigts en les laissant un peu humide, et on les
passera sur les yeux pour les nettoyer. [Il va sans dire qu’il est défendu
de se brosser les dents ou de faire une toilette]
En sortant des toilettes, on ne se lavera que les doigts. Si on se salit
une partie du corps, il sera permis de laver cette partie.

70 Que tout le Am Israël soit inscrit dans le livre de la Vie !


HALAKHA - Kippour
L U N D I
10 Tishrei 5781
28 / 09 / 20

1. Il est interdit de porter des chaussures en cuir pendant Kippour.


Idem pour des chaussures en plastique recouvertes de cuir. Si elles
n’ont qu’une petite bande de cuir, les décisionnaires tendent à les
permettre.
Selon la loi stricte, il n’y a pas d’interdit de porter des chaussures
synthétiques très confortables, même si on a l’habitude de les chausser
durant le reste de l’année. Les décisionnaires préconisent toutefois de
s’en abstenir a priori.
2. Il est interdit de s’oindre d’huile. De même, il faut s’abstenir de se
vaporiser du déodorant, car l’action de déposer un liquide sur le corps
est incluse dans l’interdit de se laver.
3. Les rapports conjugaux sont formellement interdits pendant
Kippour. Il faut d’ailleurs appliquer les lois de Har’hakot –éloignement–
de la Nida – la femme menstruée. Soit, on ne dormira pas dans un
même lit. On évitera aussi tout contact physique.
4. Les lois définissant qui est exempté de jeûner sont nombreuses
et complexes. Concertez-vous avec un Rav compétent. Retenons
pour notre propos qu’il est formellement défendu de mettre sa vie en
danger, et qu’il n’est pas donné à chacun de trancher s’il est permis ou
pas de jeûner.
5. Bien qu’il soit interdit par la Torah de manger ou boire toute quantité
d’aliment durant le jeûne de Kippour, l’on n’est toutefois passible de
retranchement que si l’on consomme en un court laps de temps une
quantité d’aliment importante [le volume d’une datte].
Aussi, celui qui est contraint de manger à Kippour devra si possible
consommer ces aliments sans transgresser le grave interdit de la
Torah. Soit, il s’efforcera de manger des quantités d’aliment inférieures
à 30g, et boire des gorgées inférieures à 40ml, en marquant à chaque
fois des intervalles de 9 minutes [Ch.618].

Kippour : Que tout Israël soit scellé dans le livre de la Vie !


71
HALAKHA - la Soucca
M A R D I
11 Tishrei 5781
29 / 09 / 20

1. Dès la sortie de Kippour, on se hâtera de construire la Soucca. On a


l’usage d’entamer un geste symbolique à la sortie du jeûne, et de la
faire entièrement le lendemain.
2. Qu’est-ce qu’une Soucca ? Une Soucca est une cabane composée
d’au moins 3 murs –ou plutôt, 2,5–, recouverts d’un Skhakh – un toit
constitué de végétal, qui doit ombrager l’intérieur plus qu’il ne laisse
passer de rayons de soleil.
3. Les lois de la construction de la Soucca sont très vastes. Présentons
quelques règles à travers un exemple concret : la Soucca-Tubex. 
Depuis une vingtaine d’années, de plus en plus de gens construisent des
Soucca-Tubex, qui est un kit composé de tubes de fer qui s’emboîtent.
Une fois le cadre monté, on tend un beau rideau puis on pose sur le toit
un Skhakh qui est une paillasse de roseaux. Fini les planches de bois,
fini les clous et marteaux ! Ce système digne de notre ère propose une
jolie Soucca, construite proprement en un quart d’heure seulement !
Reste que les problèmes halakhiques de cette Soucca ne sont pas moins
grandioses… Les constructeurs ont tant bien que mal amélioré leur
produit depuis, mais il faut toutefois veiller à préserver de nombreuses
mises en garde pour que cette Soucca soit valide.
Le problème essentiel de cette Soucca provient de ses murs. En effet,
une Soucca n’est pas qu’un toit végétal suspendu en l’air; elle doit
impérativement avoir des murs. Plus encore, ces murs doivent
être montés avant la pose du Skhakh ; soit, si l’on fixe d’abord un
Skhakh sur des piliers, et que l’on monte ensuite les murs, la Soucca
est complètement invalide, même si en apparence, elle paraît être
la plus Casher des Soucca ! Or, un mur qui se fait agiter par la brise,
même dans un champ de quelques centimètres, n’est en général pas
valable. Le rideau de la Soucca-Tubex ne fait donc pas office de mur !
Découvrons donc quelques directives à suivre pour la construction
d’une telle Soucca.

72 Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


HALAKHA - la Soucca
MERCREDI
12 Tishrei 5781
30 / 09 / 20

Commençons par poser des solutions et instructions pour valider la


construction de la Soucca-Tubex :
1. Pour la construction des murs :
a. Si on construit cette Soucca dans une cour, l’idéal est de rapprocher
2 arrêtes en tube à moins de 24cm de 2 murs solides (au moins),
et d’ajouter sur un 3e côté une planche d’au moins 67,2cm de large5.
b. La hauteur minimale de chaque mur doit être de 98 cm.
c. On peut aussi tendre fortement la bâche, de manière à ce qu’ils ne
ballottent pas. Ce système est cependant difficilement réalisable.
d. On peut aussi tendre fortement 4 ou 5 cordes sur chacun des 3
côtés, en les espaçant de moins de 24cm, de manière à ce qu’elles
recouvrent une hauteur de 98cm. Il faudra s’assurer que les cordes
ne puissent pas bouger d’elles-mêmes, et l’on veillera aussi à ce
qu’aucun enfant ne les déplace pendant la fête.
2. Pour la pose du Skhakh – la paillasse de roseaux :
a. Tout d’abord, résoudre impérativement le problème des murs
avant la pose du Skhakh. Autrement, l’on devra soulever le Skhakh de
quelques centimètres et le reposer.
b. On disposera d’abord des linteaux de bois sur le cadre en fer, que
l’on pourra fixer aux barres avec tout type d’attache. Puis, on posera
le Skhakh sur ces linteaux, en le fixant avec des fils végétaux non
travaillés, tels que des chutes de lin ou de coton. Plusieurs tolèrent
aussi d’utiliser des ficelles tressées naturelles, et même des fils
de coton; si nécessaire, on s’appuiera sur ces avis. Par contre, les
attaches en fer ou en plastique sont controversées. [A posteriori, l’on
pourra quand même manger dans une telle Soucca.]
c. Si le Skhakh ainsi fixé est apte à tenir 7 jours tant qu’il n’y a pas
d’intempérie, il devient permis de renforcer sa fixation avec tout
type d’attache, même en fer ou en plastique.
5- Pour utiliser une planche plus fine, Cf. Choul’han Aroukh ch.630 §2.

Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


73
HALAKHA - la Soucca
J E U D I
13 Tishrei 5781
01 / 10 / 20

Expliquons à présent les règles qui motivent ces instructions.


1. Le Skhakh doit être très proche des murs. Si d’un côté de la Soucca, le
Skhakh est éloigné de 24cm du mur sur toute la longueur, ce mur ne
contribue pas à valider la Soucca. Par ex. les mesures d’une cour sont
2,5m x 2,5m. Si l’on a une natte de roseaux de 2m x 2m, on ne pourra
pas la suspendre sur un cadre équidistant des 4 côtés, car le Skhakh
sera alors considéré comme suspendu dans le vide.
2. Par contre, un mur de Soucca n’a pas besoin de monter jusqu’au toit
pour valider la Soucca. Il suffit qu’il soit haut de 98cm, pour que l’on puisse
suspendre ensuite un Skhakh très haut, jusqu’à même 9,4m de hauteur !
Il faudra juste veiller dans ce cas à ce que le Skhakh soit bien au-dessus
du mur. [Tandis que dans une Soucca habituelle, le Skhakh peut être
éloigné jusqu’à 24cm du mur, comme précédemment.]
3. Par contre, le bas du mur doit impérativement être à moins de 24cm
du sol. Si l’on suspend des planches hautes de plusieurs mètres à plus
de 24cm, ces planches n’auront aucun statut de mur !
4. Dans plusieurs domaines de la Torah, on considère 2 objets posés
l’un à côté de l’autre à moins de 3 Téfah6 –poings– comme collés. Pour
les murs de la Soucca aussi, si on tend des cordes à l’horizontale ou
à la verticale, que l’on espace de moins de 24cm, l’espace entre les
cordes est considéré comme plein. Et si ce ‘mur’ atteint 98cm de haut,
il pourra être associé pour valider la Soucca.
5. Il est donc possible de créer une Soucca de 4m² avec 4 tasseaux
de bois, 5 cordes de 6m et un Skhakh. Comment ? On commence par
dresser 4 piliers à une distance de 2m. Puis, on tend une 1ère corde
sur 3 des 4 côtés, à une hauteur du sol de 20cm. On prend alors une
2e corde, que l’on tend à 20 cm au-dessus de la 1ère. Idem pour la 3e,
la 4e et la 5e. Cette dernière corde dépassera alors les 98cm, et l’on
aura alors 3 murs, au-dessus desquels on pourra suspendre ensuite
un Skhakh, jusqu’à une hauteur de 9,4m !
6- 1 Téfah = 8cm à 9,8cm, selon les avis. On s’acquitte toujours de l’avis le plus restrictif

74 Refoua Shelema à Sarah bat Nehama


HALAKHA - la Soucca
VENDREDI
14 Tishrei 5781
02 / 10 / 20

1. Bien qu’un rideau ballotant ne puisse pas faire office de mur, il est
possible de valider ce tissu si on le fixe fortement, de manière à ce qu’il
ne se balance plus du tout.
Mais le Choul’han Aroukh déconseille de procéder ainsi, car les attaches
peuvent être défaites pendant la fête. On risque de ne pas s’en rendre
compte et de continuer à manger dans cette Soucca. Mais aussi…
Une Soucca doit nécessairement être assez solide pour rester construite
pendant 7 jours. Un mur qui tient en équilibre instable, qui finira par
tomber poussé par la brise, n’est pas valable, même au moment
où il réussit à tenir debout! Aussi, si les attaches de la bâche n’ont
concrètement aucune chance de tenir durant tout Souccot, la Soucca est
invalide même durant le 1er jour, lorsque le rideau est bien fixe!
2. La Torah ordonne de FAIRE –activement !– la Soucca. Soit, si on
fixe le Skhakh sur des poteaux, et que l’on monte les murs après, cette
Soucca n’est pas valide, selon beaucoup de décisionnaires.
De ce fait, pour la Soucca en cordes citée hier, il faudra parfaitement
fixer ces cordes avant Souccot, de manière à ce qu’elles ne risquent
pas de se détendre, ou de descendre légèrement et laisser un espace
entre 2 cordes supérieur à 24cm.
3. Lorsque l’on a par erreur posé le Skhakh avant de monter les murs,
il n’est pas nécessaire de retirer tout le Skhakh et de le reposer ensuite.
Il suffit de soulever une première branche de quelques centimètres et
de la reposer, puis de soulever sa voisine et de la reposer, et ainsi de
suite jusqu’à ce que tout le Skhakh ait été soulevé.
4. Où construire la Soucca ? Elle doit impérativement être sous la voûte
céleste. S’il y a au-dessus du Skhakh un balcon ou toute construction fixe,
même à des dizaines de mètres d’altitude, cette Soucca n’est pas Casher.
5. De même, une Soucca construite sous un arbre feuillu n’est pas
valable, même si ses branches sont à plusieurs mètres au-dessus. Par
ex. une Soucca construite sous un palmier très haut.

Bonnes fêtes de Souccot !


75
PARASHAT ETUDE
HASHAVOUA HEBDOMADAIRE

Ekev 80
Un Birkat Hamazon spécial

Réeh 87
Egoïsme et avarice : attention !

Shoftim 92
Superstitieux, passez votre chemin !

Ki-Tetsé 97
La Mitsva de Hashavat Aveida

Ki-Tavo 102
L'alliance de Har Eival

Nitsavim-Vayélekh 113
L'alliance d Arvot Moav

Haazinou 116
Remerciements

‫יה ְמ ֻא ּ ָשר‬ ִ ִ‫ֵעץ ַח ִ ּיים ִהיא לַ ּ ַמ ֲחז‬


ָ ֶ‫יקים ָ ּב ּה וְ ת ְֹמכ‬
La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s’y attachent.
Ceux qui la soutiennent seront bienheureux

Plusieurs personnes nécessitant une aide du ciel particulière


ont pris part à la diffusion de ce livre. Aidons-les à obtenir
la miséricorde d’Hashem, en priant avant notre étude :

Pour la Hatslakha

• Hatslakha à notre partenaire de l'association Hayé Hanna !


• Hatslakha à notre ami Stanley Chicheportiche et sa famille !
• Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !


Pour le Zivoug Hagoun

• Miryam Elisheva bat Suzanne


• Julia Déborah Eugénie bat Josiane
• Hava Muriel Fleur bat Jeanne
• Zohara bat Lévana
• Sarah Aurélie bat Avraham
Remerciements
Pour la guérison
• Benyamin ben ‘Habiba
• Avraham Ori ben Réout
• Ari Akiva ben Shahar
• Sarit Haya bat Rivka
• Sarah bat Nehama
• ‘Hamchat Myriam bat Rozlana
• Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther 

Pour l'élévation de l'âme


• Dov ben Yehoudit veShmouel z"l
• Sigmund ben Moshé z"l  - 13 Av
• Haya Esther bat Myriam HABABOU z’’l
• Sol Wahnish lebeth Delmar z"l - 13 Eloul
• Itz’hak Perets ben Fortuna BEN YAAKOV z"l
• ‘Houati Victor Yoel ben Netzria Sarah BOUHNIK z"l
• Marie Myriam Bat Julie leMishpahat Berdah z"l - 23 Tamouz 5780
• Michael Haim Ben sultana  z"l
• Michou Michel Esther bat Arlette Maïssa z"l - 1 Tishrei
• Moché ben Eliahou Wahnish z"l - 3 Tishrei
• Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l - 18 Tishrei
• Michaël Novikov z”l

Vous souhaitez, vous aussi, dédier une page d'étude :


appelez - nous au 01 77 38 46 78 ( France ) 058 322 68 43 ( Israël )
PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

EKEV
Semaine du 12 au 18 Av 5780 - 02/08/20 au 08/08/20

P our l’étude de cette Parasha, racontons une merveilleuse histoire,


rapportée par le rav Yéhiel Méïr Tsouker shlita, auteur du Léhaïr.
Il y a quelques décennies, vivait rue Malakhi à
Un Birkat Jérusalem un juif simple, que nous dénommerons
Hamazon à titre indicatif Yéhouda. Yéhouda était un vrai
‘monsieur tout le monde’, qui fixait certes des
spécial temps d’étude le matin et le soir après ses prières,
mais n’était pas connu pour être un érudit, ni
même une personne spécialement zélée dans l’accomplissement
des Mitsvot. Et voilà qu’à Souccot, lorsque chacun construit sa cabane
dans la cour mutuelle de l’immeuble, les voisins de notre Yéhouda
remarquèrent que ce bon juif accomplissait une Mitsva avec un entrain
extraordinaire : le Birkat haMazon – les bénédictions d’après le repas.
Certes, chacun essayait tant bien que mal de vivre dans sa Soucca le
plus discrètement et le plus pudiquement possible, mais la proximité
physique des cabanes imposait malgré tout de faire état des mœurs
et usages des foyers de chacun ! Aussi, les habitants de la rue Malakhi
remarquèrent que le Birkat haMazon de notre cher Yéhouda durait
systématiquement plus de 20 minutes, et était récité avec une ferveur
et une voix mélodieuse exceptionnelle.
Année après année, les voisins découvraient davantage à quel point
ce ‘monsieur tout le monde’ était très assidu dans son Birkat haMazon.
Etonnés, intrigués, les voisins commencèrent à en parler entre eux,

80 Leillouï nichmat Sarah bat Ita z"l


PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

jusqu’à ce que l’un d’eux décidât d’interroger directement Yéhouda. Et


notre bon juif lui raconta :
« Dans mon enfance, en Pologne, on annonça au Talmud Torah que
l’on allait prochainement passer un contrôle oral de Guemara chez l’un
des grands Maîtres de la génération : le Maharam miLublin – Rabbi
Méir Shapira de Lublin zatsa’l, le célèbre initiateur du Daf haYomi.
L’émotion était à son comble. Nous nous préparions comme des lions à
la rencontre avec ce Tsadik, révisant par cœur tous les commentateurs
de notre Guemara.
«  Le jour du contrôle arriva. Malgré l’émotion
Le Birkat débordante, nous parvinrent tous à répondre
Hamazon, brillamment à toutes les questions du grand Maître.
Reb Méïr zatsal lui-même fut impressionné par
le secret l’acuité de nos connaissances, et nous dit : « Mes
de la enfants ! Je suis si fier de vous, que je souhaite vous faire
un cadeau unique au monde. Probablement même, le
Parnassa plus beau cadeau du monde ! » Nous ne savions pas
à quoi nous attendre, tandis que Rabbi Méïr zatsal continuait de nous
faire mijoter en vantant le cadeau extraordinaire. Jusqu’à ce que le
Rav se lève, aille chercher le Sefer haHinoukh, qu’il ouvrit à la Mitsva
430, Parashat Ekev, à la Mitsva du Birkat haMazon. Le Hinoukh s’étend
beaucoup sur cette Mitsva, en expliquant le sens profond des Berakhot,
ainsi que de nombreuses lois du Birkat haMazon. Bien sûr, Reb Méïr
zatsal ne lut pas tout ce paragraphe ; il se rendit directement vers la fin
du paragraphe, et nous lut avec une voix mielleuse :
‫ יִ ׁ ְש ְמ ֵרם ֶאל‬,‫כ ְך ְמ ַק ֵ ּבל ֲאנִ י ֵמ ַרבּ וֹ ַתי‬,ּ ָ
‫ׁ ֶש ָ ּכל ַה ָּז ִהיר ְ ּב ִב ְר ַ ּכת ַה ּ ָמזוֹ ן ְמזוֹ נוֹ ָתיו ְמצֻ ִ ּין לוֹ ְ ּבכַ בוֹ ד ָ ּכל יָ ָמיו‬
Mes Maîtres –qu’Hashem les protège– m’ont transmis que toute personne
qui veillera à dire méticuleusement le Birkat haMazon, obtiendra durant
toute sa vie sa subsistance avec dignité !

Leillouï nichmat Sarah bat Ita z"l 81


PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

« Le Rav zatsal reprit cette phrase plusieurs fois, en lui donnant à
chaque fois plus de douceur, plus de vitalité : toute personne qui veillera
à dire méticuleusement le Birkat haMazon, obtiendra durant toute sa vie
sa subsistance avec dignité ! Il leva alors les yeux et nous dit : « Alors,
mes enfants ! Ce cadeau ne vaut-il pas des millions ?! Je vous promets, en
ce jour, que durant toute votre vie, Hashem vous donnera constamment
votre Parnassa avec abondance et fierté, en disant uniquement votre Birkat
haMazon avec zèle ! »
« Nous restâmes bouche bée ! Les mots du Rav résonnaient dans tout
notre être ! La plupart d’entre nous acceptâmes fièrement de dire le
Birkat haMazon avec ferveur pour la vie !
« Peu de temps après, les ténèbres commencèrent à s’abattre sur
l’Europe. Le monstre au pouvoir plongea le pays dans une guerre sans
précédent, et la rumeur des sélections terrifiantes couraient déjà les
rues. Jusqu’à ce que les barbares entrent dans notre quartier… Quelle
angoisse me saisit ! Ces chiens allemands attachèrent une barre
entre 2 poteaux, et nous firent approcher à tour de rôle. Celui qui par
malheur, ne parvenait pas à toucher la barre était directement envoyé
à gauche ! J’étais certes particulièrement petit, mais, Baroukh Hashem,
je parvins à me tenir sur la pointe des orteils et à toucher in-extrémis
la barre de la vie.
« Vint alors la 2e sélection, le rattrapage pour celui qui avait réussi
la première… Un officier passa devant chacun de nous, et demanda
à chacun ses aptitudes professionnelles. Celui qui tardait à répondre
était sur le champ envoyé à gauche ! Je tremblais, sans savoir quoi
dire ! Je n’avais encore jamais travaillé de ma vie ! Un bon juif qui se
tenait derrière moi me dit alors discrètement : « Regarde ! Dis que tu
es un cuisinier très expérimenté, et que je suis ton aide-cuisinier depuis
maintenant 3 ans ! »

82 Leillouï nichmat Sarah bat Ita z"l


PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

« Le Nazi arriva alors devant moi, et rougit de colère pour le simple fait
qu’un nimbus comme moi se trouvât dans la rangée de droite ! Il me
demanda alors mes aptitudes, et je lui répondis naturellement : « Je
suis cuisinier, et cet homme est mon second ! » Avec l’aide d’Hashem, je
fus alors envoyé en cuisine avec mon coéquipier !
« Ce travail s’avéra une véritable bouée de sauvetage
A manger, en ces temps de famine ! Alors que mes frères juifs
même devenaient plus maigres que les barbelés qui les
enfermaient, je méritais de manger quotidiennement
dans les à ma guise ! Bien sûr, je ne goûtais pas de tous les
camps... plats non cashers de cette cuisine. Même le pain,
je n’en mangeais presque pas, car il m’était difficile
de trouver ensuite 20 minutes pour dire mon Birkat haMazon ! Je me
nourrissais toutefois abondamment de légumes, de pommes de terre
et carottes à tous les repas !
« Je travaillai dans cette planque durant 2 ans. Jusqu’au jour où un
énorme colosse allemand entra dans ma cuisine, et s’emporta comme
une bête féroce à la simple vue d’un juif aussi petit et aussi bien
portant en ces temps de famine. Après m’avoir passé à tabac, il me fit
sortir dehors, sortit un tout petit marteau, et m’ordonna sévèrement
de creuser une fosse de 3 mètres sur 2, en me laissant quelques
heures devant moi. Je commençai à creuser la neige pendant 2 heures,
et j’arrivai à bout de force avant même de voir un semblant de terre !
« Je m’effondrai, épuisé, découragé. Passa alors devant moi un camion
de l’armée, rempli de militaires enragés d’avoir perdu un combat. Ils
voulurent descendre et me faire passer dans l’autre monde, mais,
par miracle, le chauffeur dur d’oreille continua sa route. Les chiens
allemands apaisèrent un tant soit peu leur colère en jetant sur moi
des légumes ! Ces crapules ne parvinrent pas à m’atteindre, et je
me retrouvai avec une véritable cargaison de pommes de terre et de

Leillouï nichmat Eliahou Wahnish z"l 83


PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

carottes ! Je me souvins alors de la Berakha rapportée par le Hinoukh


que nous avait lu le Maharam miLublin, et levai les yeux vers le Ciel en
priant : « Ribono Shel Olam ! – Maître de l’univers ! Je ne sais comment
te remercier de maintenir Ta promesse de me donner ma subsistance en
abondance ! Mais à cette heure-ci, ce n’est pas de la nourriture qu’il me faut,
mais des outils de travail !
« Je n’eus pas le temps d’achever ma prière, qu’une fourgonnette de
Polonais arriva devant moi. Ces pauvres travailleurs forcés étaient
épuisés de leur journée, et mourraient littéralement de faim. Je saisis
alors l’occasion : « Je vous donne tous ces légumes, si vous creusez pour
moi une fosse de 3 mètres sur 2 ! » Ces braves goys n’en crurent pas
leurs oreilles ! Un jeu d’enfant pour une denrée si chère ! Ni une ni deux,
ils sortirent tous leurs outils, et achevèrent cette fosse en une courte
demi-heure, et me remercièrent aux larmes de leur avoir donné si
généreusement ces légumes !
« Je rentrai alors à la cuisine et m’assis, jusqu’à ce que le forcené nazi
réapparaisse, et hurle ! Je lui répondis d’un ton poli que j’avais déjà
achevé ma tâche. Il ne me crut pas, et me traîna dehors. Lorsqu’il vit la
fosse, il me dit : « Je ne comprends rien à ce qu’il se passe, mais ton D-ieu
t’a doté de mains efficaces ! »
«  Et c’est ainsi que je traversai cette guerre atroce, alors que les hommes
mouraient par milliers de faim, moi je mangeai quotidiennement une
belle ration de légumes ! »

S i l’on savait à quel point la Mitsva du Birkat haMazon est immense !


Outre le mérite incommensurable pour le monde futur de chaque
Mitsva réalisée avec splendeur, de nombreux livres rapportent les
bienfaits promis dans ce monde présent pour celui qui dit le Birkat
haMazon avec zèle et minutie ! Tout d’abord, comme le rapporte le
Hinoukh, la Parnassa – la subsistance.

84 Leillouï nichmat Eliahou Wahnish z"l


PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

Mais encore : le Baer Heitev [ch.188] rapporte que cette Mitsva est encore
propice à écarter toute colère d’Hashem Has Veshalom, en constatant
que le Birkat haMazon ne contient pas de lettre ‫[ ף‬Fé finale], symbole de
‫ – ַאף וְ ֶקצֶ ף‬la colère, le courroux. Le Shakh rapporte aussi qu’après 120
ans, le corps de celui qui veille à prononcer méticuleusement toutes
les Berakhot d’avant et après consommation, ne sera pas rongé par la
vermine !
Comme il nous est malheureusement difficile de casser nos mauvaises
habitudes, de bâcler peu ou prou des Mitsvot si grandes que l’on a
l’occasion d’accomplir à tout bout de champ ! Mais combien d’heures
trimons-nous, chaque jour, pour obtenir notre pain ?! Si l’on nous
proposait de passer chaque jour un petit coup de fil de 5 minutes à un
grand philanthrope, qui se ferait un plaisir de nous donner en retour
tout ce dont a besoin, ne trouverions-nous pas le temps de l’appeler ?!
Alors, pourquoi ne pas passer ce ‘coup de fil’ au Maître du monde, en
veillant à dire le Birkat haMazon avec minutie, les yeux fermés ou fixés
dans le livre, en prononçant agréablement chacun des mots de cette
Berakha ?
Personnellement, je constate chez moi une difficulté à prendre
le temps, tout simplement. Nous passons notre vie à courir pour
atteindre la prochaine minute, en oubliant de la savourer lorsqu’on
l’atteint. Lorsqu’on prie, on pense à ce que l’on va étudier. Lorsqu’on
étudie, l’on pense à ce qu’on va manger. Lorsque l’on mange, on pense
à ce que l’on va travailler. Et rebelote! Notre cœur est constamment
en déphasage avec l’action présente, et c’est probablement une cause
essentielle pour laquelle nous voulons, inconsciemment, déjà finir
le Birkat haMazon avant même de ne l’avoir commencé ! Sans aucun
doute, l’on évoluera considérablement lorsque l’on parviendra à freiner
cette course folle avant de commencer le Birkat haMazon. Un conseil
donné est de se fixer que cette Berakha doive durer, par ex., 4 minutes

Leillouï nichmat Eliahou Wahnish z"l 85


PARASHAT EKEV
SEMAINE du
12 Av 5780
02 Août 2020

montre en main, au minimum, en décidant fermement de pas se lever


de sa chaise, même si l’on achève la récitation avant. Personnellement,
j’ai commencé récemment à expérimenter la méthode, et je suis
franchement satisfait du résultat. Du moins, pour le moment ! Et vous,
ça vous dirait d’essayer ?

86 Leillouï nichmat Lilly Rahel bat Asher z"l


PARASHAT RÉEH
SEMAINE du
19 Av 5780
09 Août 2020

RÉEH
Semaine du 19 au 25 Av 5780 - 09/08/20 au 15/08/20

U n thème essentiel de notre Parasha est les nombreuses Mitsvot


de ‘Hessed –de bonté– à réaliser envers notre prochain. La Torah
prescrit notamment de verser la dîme à la tribu des Lévy, car Hashem
l’a consacrée au service divin, et ne lui a de ce fait pas donné de parcelle
agricole en Israël. Notre Parasha prescrit encore les lois du Maasser
Sheni –la 2e dîme agricole– que l’on doit consommer à Jérusalem en
la partageant avec toutes sortes de nécessiteux. Elle prescrit aussi la
Mitsva de Shemitat Kessafim –l’annulation des dettes à la fin de la 7e
année de jachère–, sujet que nous développions amplement l’année
dernière à cette période.
Au milieu de la 6e montée [Devarim 15 :7-8-9], notre
La Tsedaka : Parasha explicite la Mitsva de Tsedaka – faire la
s’inculquer charité aux pauvres. Une lecture minutieuse de
cette séquence laisse apparaître que la Mitsva
le Hessed de Tsedaka ne se limite pas qu’au devoir social
de soutenir les démunis ; elle est plutôt une
occasion pour nous de travailler et acquérir la Mida [trait de caractère]
du ‘Hessed – la bonté, la générosité. Hashem a créé le monde par
Sa Mida de Hessed, Il comble quotidiennement nos besoins par Son
Hessed, et nous somme de nous identifier à Lui en acquérant à notre
tour la merveilleuse Mida du Hessed. D’ailleurs, la Guemara [Baba Batra 10A]
enseigne que Hashem nous ordonne de soutenir les pauvres plutôt
que de les nourrir Lui-même afin de nous rendre méritants !

Leillouï nichmat Hana bat Sultana z"l 87


PARASHAT RÉEH
SEMAINE du
19 Av 5780
09 Août 2020

De cet axiome vont découler plusieurs injonctions qui portent sur la


manière de donner. En effet, puisque le but du don n’est pas le manque
du receveur, mais plutôt, le besoin du donneur de se parfaire, la Torah
prescrit dans cette séquence plusieurs injonctions portant sur la pureté
de cœur à avoir lors du don. A commencer par le devoir de vaincre notre
instinct égoïste qui se sent de prime abord agressé par la sollicitation
du pauvre :
ָ ‫ ל ֹא ְת ַא ּ ֵמץ ֶאת לְ ָב ְב ָך וְ ל ֹא ִת ְק ּפֹץ ֶאת יָ ְד ָך ֵמ ָא ִח‬...‫ִּכי יִ ְהיֶ ה ְב ָך ֶא ְביוֹ ן‬
‫יך ָה ֶא ְביוֹ ן‬
Lorsqu’il y aura chez toi un indigent… tu n’endurciras pas ton cœur, et tu ne
fermeras pas ta main à ton frère l’indigent
Nos Maîtres commentent [Sifri rapporté par Rashi]: contre
Egoïsme les personnes qui tergiversent s’ils doivent donner
et avarice : ou ne pas donner, la Torah prescrit : Tu n’endurciras
pas ton cœur. Et pour ceux qui ont la main lourde
attention ! et avare1, la Torah prescrit : Tu ne fermeras pas ta
main. Le Malbim explique que le verset a tenu à mettre en garde contre
2 raisons pour lesquelles un homme ne donne pas : l’égoïsme, et
l’avarice. L’avarice est tout simplement un dysfonctionnement moteur ;
même lorsqu’il est convaincu de la nécessité de soutenir un misérable,
l’avare ne parvient pas à passer à l’acte. Pour lui, la Torah prescrit ‘tu ne
retiendras pas ta main’ [ou, comme dans la note ici-bas, ‘tu ne feras pas sauter ta main’]. L’égoïste
n’a quant à lui aucun problème à dépenser son argent à outrance, pour
peu qu’il en voie la nécessité. Le problème, c’est que son point de vue
égocentrique l’empêche de voir que l’autre est dans le besoin. Dès
qu’il va se faire solliciter, son réflexe primaire sera de trouver maints
prétextes pour douter de son devoir de ‘brûler’ son argent pour cette
cause. Pour lui, la Torah prescrit donc : Tu n’endurciras pas ton cœur.
1. Remarquons que le Sifri qualifie l’avarice avec une expression originale : Il y a des hommes qui tendent la main
mais la font aussitôt sauter pour la ramener vers eux. De là découle probablement l’expression d’avoir un crabe
dans la poche !

88 Leillouï nichmat Hana bat Sultana z"l


PARASHAT RÉEH
SEMAINE du
19 Av 5780
09 Août 2020

La Mitsva de Tsedaka ne se limite pas à donner lorsque le nécessiteux


nous sollicite expressément ; on a aussi le devoir de subvenir à ses
besoins même lorsque celui-ci n’ose pas demander, et même lorsqu’il
refuse par pudeur de recevoir ! La Torah prescrit explicitement
d’essayer de lui prêter, comme le prescrit le verset suivant :

ֶ ‫ִּכי ָפת ַֹח ִּת ְפ ַּתח ֶאת יָ ְד ָך לוֹ וְ ַה ֲע ֵבט ַּת ֲע ִב‬
ֹ‫יט ּנ ּו דֵּ י ַמ ְחסֹרוֹ ֲא ׁ ֶשר יֶ ְח ַסר לו‬
Tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras tout ce dont il manque
Nos Maîtres commentent : et tu lui prêteras - s’il ne veut pas recevoir
gratuitement, donne lui sous forme de prêt. Précisons au passage que
le devoir de Tsedaka implique de combler tout ce qui est vital pour
chaque nécessiteux, selon le rang social qu’il avait avant que la roue
ne tourne, même de son foie-gras [Cf. Rashi] !
Le verset nous avise particulièrement de prêter même lorsque l’on
craint ne plus récupérer son dû, comme par ex. à l’approche de la fin de
l’année de Shemita :

‫ִה ׁ ּ ָש ֶמר לְ ָך ֶּפן יִ ְהיֶ ה ָד ָבר ִעם לְ ָב ְב ָך ְבלִ ַ ּי ַעל לֵ אמֹר ָק ְר ָבה ׁ ְשנַ ת ַה ׁ ּ ֶש ַבע ׁ ְשנַ ת‬
‫יך ֶאל ה' וְ ָהיָ ה ְב ָך ֵחטְ א‬ ָ ֶ‫יך ָה ֶא ְביוֹ ן וְ ל ֹא ִת ֵּתן לוֹ וְ ָק ָרא ָעל‬
ָ ‫ַה ׁ ּ ְש ִמ ּ ָטה וְ ָר ָעה ֵעינְ ָך ְ ּב ָא ִח‬
Prends garde de nourrir une pensée perverse en ton cœur, en te disant : ‘la
7e année approche, l’année de la remise…’ et de regarder ton frère l’indigent
d’un œil mauvais et de ne pas lui donner ; il criera alors vers Hashem contre
toi, et tu seras un fauteur.

L a fin du dernier verset cité utilise une expression intrigante. Quelle


que soit la Mitsva que Hashem nous enjoint, il est évident que sa
non-réalisation est une faute ; pourquoi la Torah a-t-elle alors précisé
que celui qui s’abstient de soutenir l’indigent ‘sera un fauteur’ ?
Au sens simple, Rashi explique que ces mots rectifient une erreur que
l’on risque de faire à cause de la phrase précédente : ‘il criera alors vers

Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


89
PARASHAT RÉEH
SEMAINE du
19 Av 5780
09 Août 2020

Hashem contre toi’. L’on aurait pu croire que le châtiment céleste ne


s’abat que lorsque le pauvre prie Hashem dans sa douleur. Il a donc
fallu préciser que l’on sera réprimandé même si le pauvre ne se plaint
pas, mais que la correction sera d’autant plus sévère et rapide si celui-
ci se lamente devant Hashem.
Le Devash véHalav –au nom de Rav A. Frankel-Teomim zatsal–propose
encore un joli ‘Pilpoul2’ pour donner à cette phrase une toute autre
portée.
La Guemara [Baba Batra 10A] raconte : le gouverneur
Le juif, fils romain Tyrannus (ou Turnus) Rufus taquina un jour
ou serviteur Rabbi Akiva: ‘Si votre D-ieu aime tellement les pauvres,
pourquoi ne subvient-t-Il pas lui-même à leurs besoins ?!
d'Hashem? […] Votre entêtement à les entretenir semble une
grande faute ! Supposons qu’un roi se fâche tellement contre son esclave,
qu’il ordonne qu’on l’incarcère en ne lui donnant ni à manger, ni à boire ; si
un sujet va de sa propre initiative l’entretenir, le roi ne s’emportera-t-il pas
contre ce traître ?! Or, vous, Israël, êtes appelés les serviteurs d’Hashem… !
Rabbi Akiva lui rétorqua en rectifiant sa parabole : ‘Supposons qu’un roi
qui s’emporte contre son fils ordonne dans sa colère qu’on l’incarcère en ne
lui donnant ni à manger, ni à boire, et qu’un sujet va de sa propre initiative
l’entretenir. Lorsque le roi se calmera, et apprendra l’acte héroïque de son
fidèle sujet, soucieux de la continuité de son altesse, ne le couvrira-t-il pas
de cadeaux ?! Or, nous, Israël, sommes appelés les enfants d’Hashem… !
Soit, lorsqu’un pauvre juif nous sollicite, nous avons le devoir de le
soutenir en voyant en lui la souffrance du dauphin du Roi des rois
éprouvé.
2. Un Pilpoul est une démonstration talmudique par laquelle on répond à une question en mettant en corrélation
2 enseignements qui semblent de prime abord distincts. Cette approche a la particularité de préférer une
réponse belle et piquante, à une réponse cartésienne forcée. Les Rabbanim d’Europe de l’Est l’utilisaient
pendant des siècles pour aiguiser davantage leur esprit talmudique, et réjouir le cœur de leurs interlocuteurs.

90 Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


PARASHAT RÉEH
SEMAINE du
19 Av 5780
09 Août 2020

P assons à présent à un tout autre sujet : la Teshouva – d’actualité


à l’approche de Rosh Hodesh Eloul qui tombe Shabbat prochain.
Comment concevoir qu’un fauteur puisse se faire pardonner son
écart, par le simple fait qu’il reconnaisse son tort et se repente
devant Hashem ? Le mal et le sacrilège produits s’effacent-ils aussi
simplement ?! La Halakha prescrit expressément qu’un roi ne peut pas
pardonner un crime de lèse majesté, du fait que ses sujets doivent
impérativement le craindre [Cf.Kidoushin 32B] !
La réponse réside précisément dans le fait que nous sommes appelés
les enfants d’Hashem, et qu’un père est en droit de pardonner le
manque de respect de ses enfants !
Mais voilà… Lorsqu’un pauvre nous sollicite, et que l’on fait la sourde
oreille en se disant ‘après tout, chacun ses problèmes…’, l’on s’identifie à
la philosophie de Turnus Rufus?! Durant quelques instants, on se laisse
persuader que, si Hashem a décrété que ce serviteur sera misérable,
l’on n’a pas à s’interposer et essayer de modifier la donne. Et c’est
bien là le problème ! Puisque l’on considère qu’un juif est un simple
serviteur d’Hashem, pas un enfant, l’on perd alors le crédit de se faire
pardonner ses propres fautes … D’où le verset : Prends garde de nourrir
une pensée perverse en ton cœur… et de regarder ton frère l’indigent d’un
œil mauvais… car tu seras alors un fauteur !

Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


91
PARASHAT SHOFTIM
SEMAINE du
26 Av 5780
16 Août 2020

SHOFTIM
Semaine du 26 Av au 2 Eloul 5780 - 16/08/20 au 22/08/20

,‫ל ֹא יִ ּ ָמצֵ א ְב ָך ַמ ֲע ִביר ְ ּבנוֹ ו ִּב ּתוֹ ָ ּב ֵא ׁש ק ֵֹסם ְק ָס ִמים ְמעוֹ נֵ ן ו ְּמנַ ֵח ׁש ו ְּמכַ ׁ ּ ֵשף‬
‫וְ ח ֵֹבר ָח ֶבר וְ ׁש ֵֹאל אוֹ ב וְ יִ דְּ עֹנִ י וְ ד ֵֹר ׁש ֶאל ַה ּ ֵמ ִתים‬
[Assure-toi] qu’il ne se trouve pas chez toi de personne qui fasse
passer son fils au feu… qui s’adonne aux augures, à la divination,
à la magie…qui ait recours aux évocations ou aux sortilèges, ou qui
interroge les morts.

N otre Parasha interdit toutes sortes de procédés ésotériques,


consistant à dévoiler l’avenir. Notamment, les interdits de MéOnen
ouMéNa’hesh. La Guemara [Sanhédrin 65B] explique:
« Qu’est-ce qu’un MéOnen ?... Rabbi Akiva dit : c’est celui qui devine les
instants, et prédit que ce jour est propice pour voyager, demain est un
bon jour pour investir… » - Soit, Méonen trouve son étymologie dans
le mot Ona – la saison, période. Selon le Rambam [Avodat Kokhavim ch.11 §8],
cet interdit inclut l’astrologie. Autrement dit, il est défendu d’agir selon
son horoscope. Notons tout de même que cet avis est discuté, comme
nous l’expliquerons.
MéNa’hesh signifie quant à lui deviner – dans le sens mystique de
devin. Et la Guemara de continuer : « Qu’est-ce qu’un méNa’hesh ? C’est
celui qui –augure une journée ‘poisseuse’, en se fiant sur des incidents
tels que– son pain est tombé de sa bouche, sa canne est tombée, son
fils l’appelle par derrière, un corbeau l’a appelé, une gazelle lui a coupé le

92 Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


SEMAINE du
PARASHAT SHOFTIM 26
16
Av 5780
Août 2020

chemin, un serpent est apparu à sa droite, un renard sur sa gauche – qui


annonce qu’il va se faire duper. Ou encore, si un trésorier vient prélever
une taxe, il lui demande: ne commence pas par moi, ou bien on est
encore tôt le matin – c.-à-d. je ne veux pas commencer ma journée en
payant une taxe, car cela augure une journée de perte. Pas le premier
jour du mois. Pas le premier jour de la semaine. » La Guemara propose
encore : « méNa’hesh, c’est celui qui devine à partir d’un rat, d’un oiseau
ou d’un poisson [- ou d’une étoile]». Rashi explique qu’avant de sortir ou
d’agir, ce superstitieux devine à partir de la réaction de ces animaux si
son entreprise réussira.

P ourquoi la Torah a-t-elle interdit ces procédés ? Est-ce un souci de


nous écarter des fausses croyances ? Cela revient à débattre d’une
question fondamentale : l’astrologie et les pratiques des devins sont-
elles des sciences fondées, reconnues par la Torah ?
La Guemara [Shabbat 156A] débat longuement sur la question du Mazal –
litt. les astres, c.-à-d. l’influence des astres sur le cours de notre vie.
Certains pensent que Yesh Mazal léIsraël – même le peuple d’Israël est
soumis au Mazal. Selon leur position au moment de notre naissance, les
astres fixent tous nos budgets, par lesquels nous parviendrons chacun
à remplir notre mission sur terre. Cependant, la plupart de nos Maîtres
pensent que Ein Mazal léIsraël – litt. Israël n’est pas soumis au destin.
Mais attention ! Les Rishonim expliquent que le peuple d’Israël est
lui aussi soumis, initialement, aux influences des astres ; mais à la
différence des autres peuples, Israël a la capacité de modifier son
Mazal, grâce à ses actions et ses prières. Aussi, un grand nombre
d’enseignements de la Guemara, du Midrash et du Zohar se fondent
sur les propriétés des astres et de leur influence pour expliquer des
passages de la Torah.

Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


93
PARASHAT SHOFTIM
SEMAINE du
26 Av 5780
16 Août 2020

Presque personne n’ose contester cette évidence. A une exception


près… le Rambam. Ce grand Maître de tous les temps affirme [Avodat
Kokhavim ch.11] que ces croyances ésotériques ne sont pas fondées. Selon
lui, l’astrologie, la sorcellerie, le spiritisme et même les histoires de
Shédim [les monstres] ou les Kaméia [talismans] sont de la science-
fiction, un grand bluff monté de toutes pièces par les simplets, les
rêveurs et les farfelus !
Les Rishonim qui lui ont succédé ont cependant violement fustigé ce
rationalisme trop ardu. Particulièrement depuis le dévoilement de la
Kabbale, à l’époque du Ramban3 jusqu’au Ramak, au Ari za’l et au Gaon
de Vilna. Aussi, le Ramban explique dans un Responsa [Méyou’hassot ch.283],
qu’au même titre qu’un ciel chargé de nuages annonce un mauvais
temps imminent, l’astrologue a réellement la capacité de prédire
plus tôt la venue de toutes sortes d’évènements, bons comme
mauvais. Et d’expliciter la position exacte que doit avoir le juif face à
ces prédictions: craindre, mais sans s’affoler ! Soit, ces prédictions
sont certes fondées. Mais, comme cité, le juif peut changer ce ‘destin’
grâce à ses prières et bonnes actions. Aussi, la Torah défend d’avoir
recours aux devins et astrologues, car, plutôt que de fondre d’angoisse
devant une prédiction, le juif doit redoubler de ferveur dans la Torah et
les Mitsvot, et prendre ainsi son destin en mains. Néanmoins, modifier
ce cours ‘naturel’ est de l’ordre du miracle caché. Aussi, celui qui prend
malgré lui connaissance d’un mauvais présage, a la permission, et doit
même dans la mesure du possible, éviter de s’exposer à ce danger.
Le Ramban étaye sa thèse à partir de la célèbre histoire de Rabbi
Akiva [Shabbat 156B]. Un astrologue goy lui avait dévoilé une fois que sa fille
mourrait le jour de son mariage, mordue par un serpent. Rabbi Akiva ne
raconta ce présage à personne, mais se souciait profondément dans
son for intérieur. Arriva alors le grand jour mitigé de joie et d’angoisses,

3-Ramban –avec un N– Rabbi Moshé ben Nahman, à différencier de Rambam – Maïmonide.

94 Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


SEMAINE du
PARASHAT SHOFTIM 26
16
Av 5780
Août 2020

où la fille de Rabbi Akiva entra sous la Houppa. Le soir, cette Kala planta
les pics de son chignon dans un mur, et alla se coucher. Le lendemain
matin, lorsqu’elle ressortit ces pics, elle retira du trou un énorme
serpent. Elle alla trouver son père, qui lui demanda de lui raconter ses
bonnes actions. Sa fille raconta qu’un pauvre frappa à la porte durant
la réception, mais qu’aucun convive ne l’entendit. La Kala se leva alors
en personne, et lui donna sa part du repas. Rabbi Akiva se réjouit, et
alla immédiatement enseigner à ses disciples la force de la Tsedaka,
capable d’annuler un décret certain de mort !

D ans son commentaire sur la Parasha, le Ramban explique davantage


la raison pour laquelle la Torah nous a si sévèrement tenu à l’écart
de ces pratiques. Comme le continuent les versets, Hashem promet
de dévoiler aux Bnei Israël l’avenir par l’intermédiaire d’un prophète.
De plus, la Torah nous ordonne ‫יך‬ָ ‫ל ֶֹה‬-‫ – ָּת ִמים ִּת ְהיֶ ה ִעם ה' ֱא‬Sois intègre
avec Hashem ton Dieu.
Et le Ramban d’expliquer que l’ensemble de la création est composée
de 3 mondes, hiérarchisés de façon ascendante: la Terre, les
Zodiaques, et le monde des Anges. Chaque action ordonnée par
Hashem est transmise aux Anges, qui activent les Zodiaques. Ceux-ci
enclenchent à leur tour la Nature, la force qui dirige la Terre. La capacité
des sciences ésotériques est de percevoir l’ordre transmis dans les
mondes inférieurs quelques temps avant que la Nature ne le reçoive.
Ces sciences savent même comment modifier quelque peu ces ordres.
Par contre, le prophète prend directement connaissance de la volonté
du Souverain Suprême. Par sa purification et son élévation, Hashem lui
dévoile Ses intentions. Ce mode de révélation a un double avantage:
il est exact et complet. Et surtout, il offre la possibilité de remédier à
l’essence du décret, c.-à-d. de faire Teshouva – de revenir à Hashem

Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


95
PARASHAT SHOFTIM
SEMAINE du
26 Av 5780
16 Août 2020

pour qu’Il l’annule et ordonne un nouvel ordre positif aux mondes


inférieurs. Alors que pour les prédictions des augures et astrologues,
la Torah ordonne de ne pas les craindre, mais de rester intègre avec
Hashem, car ces prédictions ne sont que le fruit de Sa satisfaction de
nous. En être effrayé est aussi ridicule qu’un chien qui craint le bâton
qui le frappe et non son maître !

96 Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TETSÉ 3 Eloul 5780
23 Août 2020

KI TETSÉ
Semaine du 3 au 9 Eloul 5780 - 23/08/20 au 29/08/20

‫שיוֹ נִ דָּ ִחים וְ ִה ְת ַע ַ ּל ְמ ָּת ֵמ ֶהם ָה ׁ ֵשב‬


ׂ ֵ ‫יך אוֹ ֶאת‬ ָ ‫ל ֹא ִת ְר ֶאה ֶאת ׁשוֹ ר ָא ִח‬
‫את ּה‬
ָ ָ‫ֹאבד ִמ ּ ֶמ ּנ ּו ו ְּמצ‬ ָ
ַ ‫שה לְ כָ ל ֲא ֵב ַדת ָא ִחיך ֲא ׁ ֶשר ּת‬ ׂ ֶ ‫ וְ כֵ ן ַּת ֲע‬...‫יבם לְ ָא ִחיך‬
ֵ ‫ְּת ׁ ִש‬
‫ל ֹא תוּכַ ל לְ ִה ְת ַע ֵ ּלם‬
Tu ne dois pas voir le bœuf ou la brebis de ton frère égarés et te dérober
à eux: tu es tenu de les ramener à ton frère. […] Et tu agiras de même […]
à l’égard de toute chose perdue par ton frère et que tu aurais trouvée:
tu n’as pas le droit de t’abstenir.
[Devarim 22:1-3]

La Torah prescrit dans ces versets la Mitsva de de Hashavat Aveida –


restituer une perte à notre frère juif. Lorsque l’on trouve un objet dans
un lieu public, la Torah nous enjoint de le ramasser et
Hashavat de chercher son propriétaire pour le lui restituer. Cette
Mitsva n’incombe de restituer qu’un objet égaré dont
Aveida : le propriétaire n’a pas fait Yéoush – auquel il n’a pas
un devoir renoncé. C.-à-d. que le propriétaire espère retrouver
son objet – parce qu’il est fort probable qu’un juif l’ait
trouvé, et qu’il pourra prouver que cet objet est le sien en décrivant
des signes distinctifs. A exclure notamment le cas d’un objet égaré
qui n’a aucun signe distinctif. Ou encore, le cas où l’objet a été perdu
dans un lieu fréquenté par des Goyim ; puisque la statistique suppose
alors que l’objet a été trouvé par une personne non impliquée par la
Mitsva de restituer une perte, nous concluons que le propriétaire s’est

Leillouï nichmat Laure Léa bat Beila z"l


97
PARASHAT KI-TETSÉ
SEMAINE du
3 Eloul 5780
23 Août 2020

certainement désespéré, et l’objet perdu peut donc être acquis par la


personne qui le ramassera.
A titre d’exemple, la Guemara [Baba Metsia 24b] évoque le cas d’un tonneau de
vin scellé, trouvé dans un marché fréquenté par des goyim. Lorsqu’un
juif trouve ce tonneau, la Halakha lui permet de se l’approprier,
puisqu’il est statistiquement probable que ce tonneau ait été perdu
par un goy. Reste que, selon cette éventualité, ce vin est interdit à la
consommation – comme tout vin fabriqué par un goy. Et la Guemara
d’ajouter : si un juif affirme avoir perdu ce tonneau en explicitant un
signe distinctif, l’on ne sera pas enjoint de le lui restituer, tandis que
l’on pourra boire ce vin ! En effet, l’on croit pleinement l’affirmation
du juif qui dit avoir perdu le tonneau – d’où le statut casher du vin.
Cependant, le fait de l’avoir perdu dans un lieu fréquenté par des goyim
nous permet d’assurer que son propriétaire n’espère plus retrouver
son objet perdu4 !

O utre la Mitsva positive de Hashavat Aveida, la Torah explicite aussi


une Mitsva négative : ‫ – ל ֹא תוּכַ ל לְ ִה ְת ַע ֵ ּלם‬litt. Tu ne pourras esquiver.
Soit, un interdit de nous abstenir de ramasser l’objet égaré pour le
restituer.
Remarquons toutefois la tournure étrange utilisée pour prescrire ces 2
Mitsvot. Plutôt que d’ordonner au style direct ‘Lorsque tu verras l’âne de
ton prochain égaré, restitue-le lui…’ puis de prescrire ‘Tu ne fermeras pas
les yeux’, la Torah ordonne ‘Tu ne verras pas l’âne de ton prochain égaré
et l’éluderas… restitue-le lui… Tu ne pourras pas fermer les yeux…’ Nos
Maîtres jouent de ce fait avec la ponctuation de ce verset pour déduire :
‘dans certaines circonstances, tu seras en droit de fermer les yeux – par
4. Ceux qui souhaitent connaître davantage les grands traits de la Mitsva de Hashavat Aveida pourront consulter
les archives de notre programme de Mishna via notre site 5mineternelles.com, en remontant la playlist
jusqu’aux dates du 9 au 21 Iyar 5776.

98 Leillouï nichmat Shalom ben Habiba z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TETSÉ 3 Eloul 5780
23 Août 2020

ex. un sage, lorsque la restitution de l’objet entrave à son honneur’. Je


crains que certains n’aient pas compris l’ampleur de cette Halakha…
De manière générale, la Torah nous impose d’accomplir les Mitsvot
en toutes circonstances, même si l’on peut éprouver une gêne
ou dégradation à s’exposer en public en réalisant une Mitsva. La
Guemara [Berakhot 19b] évoque par ex. le cas d’une personne qui porte par
inadvertance une chemise tissée de lin et de laine ; si en pleine rue, il
réalise qu’il transgresse ainsi l’interdit de Kilaïm, il a le devoir de retirer
sur le champ sa chemise, et de continuer sa route en tricot ! Et de
justifier [Mishlei 21:30] : '‫ – ֵאין ָחכְ ָמה וְ ֵאין ְּתבוּנָ ה וְ ֵאין ֵעצָ ה לְ נֶ גֶ ד ה‬Il n’y a ni
sagesse, ni prudence, ni résolution qui vaillent contre Hashem.
La Torah enseigne que la Mitsva de Hashavat Aveida fait exception à
cette règle. Supposons par ex. qu’un Rav ou un magistrat veille à ne
jamais s’exposer en public en traînant un animal ou un chariot de
courses du marché, quitte à perdre son propre bien ; si ce notable
trouve dans la rue l’animal ou le chariot d’une tierce personne, il sera
alors dispensé de la Mitsva de Hashavat Aveida.
Pour information, la Guemara [Berakhot 19b] consacre une page pour préciser
les circonstances dans lesquelles on lève l’interdit devant une gêne
ou dégradation, et les cas où l’on doit au contraire ‘s’humilier’ pour
accomplir fièrement les Mitsvot de la Torah. Mais pour notre propos, je
suppose que nombre de lecteurs s’impatientent de découvrir la petite
perle de la semaine à raconter à la table du Shabbat…

C hacun a sans doute entendu parler du célèbre Rabbi Akiva Eiger


zatsal – Autriche, (1761-1837 de l’ère vulgaire). Le peuple d’Israël
n’a, Baroukh Hashem, jamais manqué d’éminents sages, à chaque
génération. Certains Rabbanim ont toutefois eu le mérite de laisser
une empreinte particulièrement forte sur les générations à venir. Reb

Leillouï nichmat Shalom ben Habiba z"l 99


PARASHAT KI-TETSÉ
SEMAINE du
3 Eloul 5780
23 Août 2020

Akiva Eiger est unanimement l’un de ces maîtres de tous les temps !
Jusqu’aujourd’hui encore, les Yeshivot de tous courants confondus,
mentionnent avec une révérence extrême les questions et explications
acérées de ce ‘virtuose du Talmud’ !
Dans l’un de ses déplacements, Reb Akiva Eiger eut
La 'perle' l’occasion de séjourner quelques jours à Vienne. Il se
de Reb souvint qu’un de ses petits-cousins vivait dans cette
ville, et voulut lui rendre visite. Les serviteurs du Rav
Akiva cherchèrent qui était ce ‘sang-bleu’ pourtant inconnu
Eiger parmi les sages et notables de la ville, et découvrirent
qu’il s’agissait en fait d’un petit cordonnier de quartier,
un juif d’une grande simplicité matérielle comme spirituelle. Aussi,
ces serviteurs conclurent qu’il n’était pas digne du grand Maître de la
génération d’aller rendre visite à ce juif si ‘petit’, et firent mine de ne pas
réussir à remonter les traces de cette personne.
Mais Reb Akiva Eiger ne cessa de les questionner sur ce parent, jusqu’à
ce qu’il déduise le complot de ses serviteurs trop soucieux de la fierté
de leur maître. Avec une finesse exceptionnelle, le Rav les réprimanda :
« Ecoutez donc un beau Vort5 ! La Torah a explicité dans 2 domaines un
interdit de fermer les yeux et de faire mine de ne pas voir la détresse
ou difficulté de l’autre. Vous connaissez sûrement le verset de la
Mitsva de Hashavat Aveida, qui enjoint : ‫– ל ֹא תוּכַ ל לְ ִה ְת ַע ֵ ּלם‬Tu ne pourras
esquiver. Mais savez-vous que cet interdit est aussi explicité à propos
de la Mitsva d’entretenir les liens avec ses proches parents ? Lorsque
la menace d’exil planait sur le peuple d’Israël, Hashem prescrivit par
l’intermédiaire du prophète Yeshayahou plusieurs attitudes de bonté
et de charité, en disant [58:7] : ‫ֲהלוֹ א ָפרֹס לָ ָר ֵעב לַ ְח ֶמ ָך וַ ֲענִ ִ ּיים ְמרו ִּדים ָּת ִביא‬
‫ש ְר ָך ל ֹא ִת ְת ַע ָ ּלם‬
ׂ ָ ‫ ָביִ ת ִּכי ִת ְר ֶאה ָערֹם וְ כִ ִּסיתוֹ ו ִּמ ְ ּב‬- Partage ton pain avec
5.Vort = ‘Hidoush –litt. innovation, en Yiddish– c.-à-d. une nouvelle perle de Torah découverte par une analyse
de texte approfondie.

100 Leillouï nichmat Shalom ben Habiba z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TETSÉ 3 Eloul 5780
23 Août 2020

l’affamé, recueille dans ta maison les malheureux sans asile; quand tu


vois un homme nu, couvre le, ne te dérobe jamais à ceux qui sont comme
ta propre chair! Figurez-vous que j’ai révisé tout le Talmud, et j’ai
constaté que la Guemara mentionne 3 fois l’exemption ‘du sage lorsque
la réalisation de la Mitsva entrave à son honneur’ à propos de la Mitsva
de Hashavat Aveida, mais ne l’explicite nulle part au sujet de la Mitsva
d’entretenir des liens fraternels avec ses proches ! »

Leillouï nichmat Shalom ben Habiba z"l


101
PARASHAT KI-TAVO
SEMAINE du
10 Eloul 5780
30 Août 2020

KI TAVO
Semaine du 10 au 16 Eloul 5780 - 30/08/20 au 05/09/20

L'alliance de Har Eival


Ezra a instauré de lire Ki Tavo avant Rosh Hashana, afin d’achever les
Kelalot –malédictions– avec la fin de l’année, en augure à
ָ ‫ִתכְ לֶ ה ׁ ָשנָ ה ו ְִקלְ לוֹ ֶת‬
‫יה‬
Que s’achève l’année écoulée, ainsi que ses malheurs
[Meguila 31B]

Notre Parasha, ainsi que celle de Behoukotaï –la dernière Sidra de


Vayikra –, comprennent les plus difficiles passages de la Torah, les
Kelalot – les malédictions. Hashem ne nous a pas donné la Torah en
nous montrant uniquement son aspect positif et bénéfique ; Il a aussi
tenu à expliciter amplement et longuement les effroyables châtiments
qui attendent ceux qui oseraient résilier le pacte, Has Veshalom. Aussi,
Ezra, qui a instauré le calendrier des Parashiot de la semaine, a prévu
que nous écoutions ces remontrances à l’approche de Rosh Hashana,
afin de nous secouer et nous réveiller, puis de lire Shabbat prochain –
Nitsavim– le grand antidote : la Mitsva de la Teshouva –le repentir– afin
de débuter la nouvelle année avec plein de Berakhot ! [Maharsha Ibid.]

L es Parashiot de Ki Tavo et de Nitsavim sont intrinsèquement


liées. Depuis la 4e montée de notre Parasha, jusqu’à la fin de
Nitsavim, la Torah évoque une alliance conclue. L’on peine cependant

102 Leillouï nichmat Amram ben Solika z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TAVO 10 Eloul 5780
30 Août 2020

à déceler exactement le fond, la forme et le contenu de cette alliance.


Commençons par évoquer les grands titres de ces séquences, avant de
mettre un peu d’ordre.
- Dans le chapitre 27, Moshé ordonne aux Bnei Israël de se rendre, dès
leur entrée en Israël, près de Shekhem [Naplouse], sur les montagnes
de Guerizim et de Eival, afin de réaliser le cérémonial des malédictions,
comme nous l’expliciterons ci-après.
- Dans le ch.28, Moshé commence à évoquer quelques bienfaits dont
jouiront les Bnei Israël, puis détaille 98 malédictions qui frapperont
celui osera résilier l’alliance avec Hashem.
- Dans le ch.29, Moshé amadoue les Bnei Israël terrifiés, puis débute
la Parasha de Nitsavim en mettant particulièrement en garde les Bnei
Israël de ne pas prendre ces malédictions à la légère.
- Le ch.30 [de Nitsavim, que nous lirons la semaine prochaine] détaille
la Mitsva de Téshouva –le repentir–, qui sera l’issue de secours pour
remonter la pente, même après la concrétisation Has Véshalom du
ch.28. Comme l’écrit le Maharsha, Ezra a prévu que cette séquence soit
lue juste avant Rosh Hashana, afin de nous rappeler la carte à jouer à
l’approche du grand jugement !
Pour notre propos, nous développerons 2 sujets essentiels. Pour
cette semaine, nous commencerons par raconter en détails la Mitsva
originale du cérémonial des Kelalot prescrit dans le ch.27, qui paraît
de prime abord relativement ambigu. Et la semaine prochaine, nous
mettrons en évidence le fil directeur qui rattache tous ces chapitres, en
expliquant aussi la nécessité de réaliser une nouvelle alliance, en plus
de celle déjà contractée au Sinaï quelque 40 auparavant.

Leillouï nichmat Amram ben Solika z"l


103
PARASHAT KI-TAVO
SEMAINE du
10 Eloul 5780
30 Août 2020

J e ne vous cache pas que plus j’avance dans l’étude de ces séquences,
plus je m’épate du nombre de fois où j’ai pu lire cette Parasha sans
déceler les perles fantastiques qu’elle dissimulait ! Après le jour du don
de la Torah au Sinaï, et, sans doute, le jour de l’inauguration du 1er Beit
haMikdash, le jour où les Bnei Israël ont contracté l’alliance prescrite
dans notre Parasha a été le plus beau jour de notre peuple !
A vrai dire, cette ‘inattention’ provient sûrement
Retour sur une de l’ambigüité et de l’apparent désordre des
versets qui prescrivent cette alliance. Puis, le
chronologie
livre de Yéhoshoua raconte certes comment
floue nos ancêtres réalisèrent cette Mitsva, mais n’y
consacre que 5 versets au 8e chapitre, après la
conquête spectaculaire de Jéricho et les péripéties de la guerre contre
Ha’aï, sans vraiment mettre en exergue les repères spatio-temporels
de cet évènement … Soit, le chaos chronologique total ! Jusqu’à
ce que je me sois posé sur la Guemara dans Sota qui s’étale sur 12
pages (!!!) [de 32a à 37b] pour raconter les nombreux miracles et l’ambiance
grandioses qui accompagnaient les Bnei Israël à cette occasion. Afin
d’alléger la présentation de ce sujet, nous raconterons directement la
manière dont les Bnei Israël ont contracté cette alliance sous l’égide
de Yéhoshoua.

M oshé Rabbeinou est décédé à Har Nevo le 7 Adar 2489. Les Bnei
Israël ont pris le deuil sur notre grand berger durant 30 jours, soit,
jusqu’au 7 Nissan. Pendant ces 30 jours, Yéhoshoua envoie à Jéricho
2 explorateurs –Pin’has et Kalev–, qui racontent à leur retour à quel
point les Cananéens tremblent des Bnei Israël. Le 7 Nissan, Hashem
annonce à Yéhoshoua qu’Il s’apprête d’ici 3 jours à réaliser un prodige
extraordinaire par son intermédiaire, afin que le peuple entier accepte
son égide.

104 Leillouï nichmat Amram ben Solika z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TAVO 10 Eloul 5780
30 Août 2020

Au terme de ces 3 jours, le 10 Nissan, les Bnei Israël s’apprêtent à


traverser à pied sec le fleuve du Jourdain, pourtant en grande crue à
cette période de l’année. Des Cohanim qui portent le Aron haBrit –l’Arche
des tables de l’Alliance– s’approchent de la rive du Jourdain. A peine
posent-ils leurs pieds dans le fleuve que les eaux interrompent leur
flux, comme si un mur invisible les retenait. Or, les fontes des neiges en
amont continuent à envoyer abondamment leur eau… Aussi, les flots
s’accumulent et s’empilent, sans toutefois déborder des limites du
lit du fleuve, et atteignent très rapidement une altitude vertigineuse,
tandis qu’en aval, c’est la sécheresse ! De tout le pays de Canaan, les
7 peuples observent avec effroi leurs ennemis qui jouissent d’une
providence divine si intense ! [Cf. Yéhoshoua ch.3-4]
Côté Bnei Israël, le peuple traverse jovialement le Jourdain asséché,
en se rappelant des miracles de leurs pères quelque 40 ans avant, lors
de la traversée de la mer Rouge. Lorsque les derniers juifs achèvent
de franchir le fleuve, Yéhoshoua accomplit la double-Mitsva prescrite
entre les lignes de notre Parasha [Ki Tavo 27:2]. D’abord, il ordonne à 12
délégués d’empiler 12 rochers à l’endroit des pieds des Cohanim qui
portent le Aron, et érige ainsi une stèle de souvenir de cette traversée
prodigieuse6. En parallèle, Yéhoshoua prescrit à 12 autres délégués de
prendre depuis le sol du Jourdain 12 autres rochers. Les Cohanim qui
portent le Aron sortent du Jourdain à reculons –sur la rive externe à
Israël–, le fleuve reprend alors son cours normal, puis le Aron HaBrit
s’élève avec les Cohanim et survole le Jourdain pour rejoindre les Bnei
Israël [Yéhoshoua 4 :18 et Rashi].
Le 4e chapitre de Yéhoshoua achève cet épisode en racontant que
les Bnei Israël ont ensuite érigé ces 12 pierres à Guilgal, l’une des
premières villes rencontrées par nos ancêtres après avoir franchi le

3. Avis aux randonneurs : le verset [Yéhoshoua 4:9] témoigne au passage que ces pierres sont encore présentes dans l e
Jourdain !

Leillouï nichmat Amram ben Solika z"l


105
PARASHAT KI-TAVO
SEMAINE du
10 Eloul 5780
30 Août 2020

Jourdain. Jusque-là, tout semble bien qui finit bien dans le meilleur des
mondes. Puis, bien plus tard, au 8e chapitre [vers.30-35], le livre raconte que
nos ancêtres ont accompli le cérémonial des Kelalot prescrit dans notre
Parasha sur les montagnes de Guerizim et Eival, situées à quelques
60 Parsa – soit, entre 57 et 72 km de Guilgal. Là aussi, rien à signaler.
Sauf que… Notre Parasha prescrit explicitement de contracter cette
alliance immédiatement après leur entrée en Israël ! Et nos Maîtres
d’expliquer que ce cérémonial a effectivement eu lieu dans cette même
journée féérique du 10 Nissan …
« Viens donc voir combien de miracles se produisirent le jour même où
nos ancêtres traversèrent le Jourdain ! Après cet épisode, ils se rendirent à
Har Guerizim et Har Eival, situés à plus de 60 Parsa [=57 à 72 km], sans
qu’aucun goy n’ose se dresser sur leur passage […] Ils apportèrent alors les
pierres extraites du Jourdain, et construisirent un autel qu’ils recouvrirent
de chaux. Ils écrivirent alors toute la Torah, ainsi que sa traduction en 70
langues […] Ils apportèrent alors des sacrifices –des holocaustes et des
Shlamim– dans une joie extrême. Ils accomplirent alors le cérémonial des
Berakhot et des Kelalot. Puis, ils démontèrent cet autel, rapportèrent ses
pierres à Guilgal –le lieu de leur première nuit sur la terre d’Israël– et
érigèrent une stèle de souvenir… » [Sota 36a] La Guemara raconte que les
peuples du monde entier ont ensuite envoyé des émissaires pour
recopier la Torah traduite à partir de ces pierres. [Sota 35b]

Le cérémonial
des Kelalot
R acontons à présent le cérémonial des
Kelalot proprement dit. Près de Shekhem
[Naplouse] se dressent 2 montagnes. L’une
située plus au sud porte le nom de Har
Guerizim ; étant verdoyante, elle représente le mont de la Berakha – la
bénédiction. L’autre plus au nord est semblable au désert du Shomron
[la Samarie], brûlée par le soleil ; elle représente de ce fait la Kelala – la
malédiction.

106 Leillouï nichmat David ben Rav Itzhak z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TAVO 10 Eloul 5780
30 Août 2020

Comme le prescrit notre Parasha [27:12], tout le peuple se sépare en


2, et chaque moitié monte sur l’une des 2 montagnes. Les tribus de
Shimon, Levy, Yéhouda, Issakhar, Yossef et Binyamin montent sur la
montagne de Guerizim –celle de la Berakha–, tandis que les tribus
de Réouven, Zevouloun, Dan, Naftali, Gad et Asher, montent sur la
montagne de Eival. Dans la vallée qui sépare ces 2 montagnes se
tiennent le Aron haBrit et les Cohanim qui le transportent, ainsi que les
Léviim en fonction –âgés de 20 à 50 ans–, les juges et policiers d’Israël.
Notre Parasha somme aux Léviim de dire à haute voix 12 malédictions,
qui ont pour but de fustiger celui qui oserait transgresser 12 interdits
spécifiques. En retour, les 12 tribus perchées en haut des 2 montagnes
attestent ces Kelalot en répondant Amen.
Nos Maîtres expliquent qu’en réalité, les Léviim doivent exprimer
44 déclarations. En effet, la Torah prescrit certes 12 ‘Arour haÏsh…’
– maudit soit l’homme qui… ; la Guemara précise qu’il s’agit en fait de
11 malédictions sur 11 interdits précis, et une malédiction générale
pour celui qui renierait Has Veshalom toute la Torah. Aussi, les Léviim
doublent chacune des 11 malédictions, en faisant précéder d’abord
la malédiction générale – ‘Maudit soit celui qui ne respecterait pas les
paroles de cette Torah….’ [27:26], puis explicitent la malédiction sur
l’interdit spécifique – ‘Maudit soit celui qui qui ferait une idole … [27:15]/
celui qui traite avec mépris son père ou sa mère [27 :16]…’ etc. Voilà donc
pour le moment 22 déclarations. Or, le verset raconte que les Léviim
doivent exprimer aussi des Berakhot –bénédictions–, bien que la
Torah ne détaille que les 11+1 Kelalot citées. Nos Maîtres déduisent
qu’avant d’exprimer chacune des malédictions –générale ou précise–,
les Léviim commencent d’abord par bénir celui qui se tient à l’écart de
ces interdits – général, ou précis.
Faisons le point du programme de cette journée fantastique, avant
d’illustrer comment concrètement ces 44 déclarations étaient prononcées.
Leillouï nichmat David ben Rav Itzhak z"l
107
PARASHAT KI-TAVO
SEMAINE du
10 Eloul 5780
30 Août 2020

Au matin du 10 Nissan 2489, le peuple d’Israël


En résumé traverse le Jourdain, qui interrompt son flux en
accumulant les eaux jusqu’au ciel, telle une muraille
d’eau gigantesque qui fait frémir les Cananéens. Lorsque le peuple
achève la traversée, Yéhoshoua dresse une stèle de souvenir de 12
pierres à l’endroit des pieds des Cohanim, et fait ramasser du sol du
Jourdain 12 autres rochers. Les Cohanim sortent alors du Jourdain en
revenant sur leurs pas, sur la rive moabite, puis, une fois que le fleuve
reprend son cours naturel, le Aron haBrit se surélève et fait traverser
aux Cohanim le Jourdain en le survolant.
Et en route pour Shekhem, à quelque 57 [ou 72] km du Jourdain !
Remarquons au passage que le peuple compte 601.730 hommes de
plus de 20 ans. En ajoutant à ce chiffre les Léviim, les femmes et les
enfants, le nombre total des membres du peuple atteint facilement
les 2 millions de membres, qui parcourent ces 60 Parsa en quelques
minutes, tandis qu’aucun des 7 peuples autochtones n’ose s’interposer
sur leur route !
En arrivant près de Shekhem, les Bnei Israël érigent à Har Eival un
Mizbéa’h –autel– avec les 12 rochers extraits du sol du Jourdain. Ils
recouvrent ces pierres de chaux, et écrivent dessus les 5 livres de la
Torah7, ainsi que leur traduction en 70 langues. Nos ancêtres offrent
alors de nombreux sacrifices, et célèbrent dans une joie extrême
l’évènement d’être enfin entrés en Israël.
Vient alors le moment de procéder au cérémonial des Kelalot8. Les 2
millions de membres se séparent en 3 groupes. 6 tribus montent sur la
7. Selon Rav Saadia Gaon, les Bnei Israël ont écrit dans les 70 langues les 613 Mitsvot de la Torah. Tous les autres
commentateurs réfutent toutefois cet avis.
8. A vrai dire, l’ordre chronologique exact de ces évènements est ambigu. La Mishna [Sota 32a] écrit que nos
ancêtres ont d’abord procédé au cérémonial des Kelalot, et seulement après, ils ont érigé l’autel et écrit la Torah.
Tandis que la Tossefta [Cf. Ibid. 36a] écrit qu’il s ont construit l ’autel etc. avant l es Kelalot.. [Cf. aussi Tiferet Israël sur
la Mishna Sota ch.7 Mishna 5]

108 Leillouï nichmat David ben Rav Itzhak z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TAVO 10 Eloul 5780
30 Août 2020

montagne de Guerizim, et 6 sur celle de Eival, tandis que les Cohanim


et Léviim de fonction, ainsi que les juges et policiers du peuple, restent
dans la vallée qui séparent ces 2 montagnes.
Lorsque les quelque 2 millions de Bnei Israël achèvent de monter,
chacun sur sa montagne respective, les Léviim se tournent vers Har
Guerizim, et commencent à crier de vive voix la Berakha générale : ‘Béni
soit celui qui accomplira toute cette Torah…’. Tous les Bnei Israël agréent
cette bénédiction en répondant tous en cœur ‘Amen !’ Les Léviim se
tournent alors vers Har Eival, et déclarent : ‘Maudit soit celui qui renierait
les paroles de cette Torah et négligerait de les mettre en pratique…’, et les
12 tribus de répondre de nouveau de vive voix Amen !
Une fois le calme revenu, les Léviim s’apprêtent à débuter la 1ère
Kelala spécifique. Ils commencent par se tourner vers Har Guerizim,
et explicitent d’abord la Berakha relative à cette 1ère malédiction, en
disant : ‘Béni soit celui qui ne fera pas d’idole…’ Lorsque les 12 tribus
achèvent de répondre ‘Amen’ , les Léviim s’orientent alors vers Har
Eival, et expriment à haute voix la Kelala : ‘Maudit soit l'homme qui ferait
une idole... et l'érigerait dans un lieu secret!, que les Bnei Israël attestent
en répondant Amen.
Et on réitère le procédé pour la 2e Kelala spécifique ‘Maudit soit celui qui
humilie son père et sa mère…’. Les Léviim commencent par l’introduire
par la Berakha générale citée, puis la Kelala générale, toujours en se
tournant respectivement vers Har Guerizim puis Har Eival. Et seulement
après, on explicite la malédiction spécifique, en l’introduisant bien sûr
par la Berakha relative. Et ainsi de suite pour les 9 Kelalot restantes.
Yéhoshoua lit ensuite devant tout le peuple la Parasha de Ki Tavo [Yéhoshoua
8:34, qui détaille les bienfaits dont jouira celui qui accomplira toute la
Torah, et surtout, les 98 malédictions terrifiantes que notre Parasha
prévoit pour celui qui résilierait Has Veshalom le pacte conclu avec le
Maître du monde.
Leillouï nichmat David ben Rav Itzhak z"l
109
PARASHAT KI-TAVO
SEMAINE du
10 Eloul 5780
30 Août 2020

Une fois ce cérémonial terminé, les Bnei Israël démontent le Mizbéa’h


érigé à Har Eival, en veillant particulièrement à préserver l’intégralité
des 12 rochers sur lesquels est écrite la Torah et ses 70 traductions.
Nos ancêtres rebroussent ensuite chemin, et parcourent de nouveau
les 57 ou 72 km vers l’est pour revenir à Guilgal, tout près de l’endroit
où ils traversaient le Jourdain en début ‘d’excursion’, quelques heures
plus tôt. Ils érigent alors ces 12 pierres en souvenir de la traversée
du Jourdain et du pacte conclu à Har Eival. Et nos chers ancêtres vont
enfin se coucher après cette journée certes féérique, mais sûrement
bien épuisante !
Nous avons jusque-là évoqué 2 stèles que nos
3 stèles de ancêtres ont érigé lors de leur entrée en Israël :
les 12 rochers dressés dans le Jourdain, et les 12
souvenir pierres qu’ils utilisèrent pour construire l’autel à Har
Eival qu’ils transportèrent et érigèrent ensuite à Guilgal, sur lesquelles
est écrite toute la Torah.
La Guemara [Sota 35b] évoque encore une 3e stèle érigée par Moshé
Rabeinou, sur lesquelles il écrivit lui-aussi toute la Torah traduite en
70 langues. Cette stèle est située à Arvot Moav –dans les plaines de
Moav–, la dernière station qui précéda la traversée du Jourdain, là où
Moshé répéta aux Bnei Israël toute la Torah avant de nous quitter. Nos
ancêtres ont d’ailleurs conclu un pacte supplémentaire en ce lieu –
mais nous raconterons cet évènement la semaine prochaine car nous
avons déjà bien trop rallongé sur notre Parasha ! Pour notre propos,
expliquons le symbole de ces 3 stèles de souvenir. Le Maharsha [Ibid.]
les met en corrélation avec les 3 Ikarim de la Torah mis en évidence par
Rabbi Yossef Elbo zatsal. Expliquons.
Tout juif connaît, sans aucun doute, les 13 Ikarim – les fondements de
la Torah, appelés encore les 13 articles de foi. Nos lecteurs de longue
date se souviennent sûrement de notre étude de Sivan 5771, dans

110 Leillouï nichmat David ben Rav Itzhak z"l


SEMAINE du
PARASHAT KI-TAVO 10 Eloul 5780
30 Août 2020

laquelle nous approfondissions ce thème. Succinctement, notre devoir


de Emouna –être convaincu de l’authenticité d’un principe– concerne
chaque lettre de la Torah, chaque promesse d’Hashem, via tous nos
prophètes. Toutefois, manquer de conviction par rapport à l’une des
promesses ne remet pas en cause l’essence même du judaïsme. En
revanche, un fondement est, comme son nom l’indique, un pilier de
la Torah ; le remettre en cause ébranlerait Has véShalom tout notre
devoir d’accomplir la Torah. Aussi, celui qui ose contester un seul des
13 Ikarei haTorah devient un hérétique, que nous devons haïr, et auquel
nous n’avons plus de devoir de porter secours.

Bien que le nombre de 13 fondements soit populaire, ce chiffre ne


trouve source dans aucun Midrash. C’est en fait le Rambam qui l’a posé
dans son commentaire sur la Mishna [Sanhédrin ch.10]. Aussi, nombre de
commentateurs ne dénombrent que 3 Ikarim, sur lesquels l’essence
de la Torah et de sa pratique reposent, tandis qu’ils refusent d’octroyer
le titre de ‘pilier du judaïsme’ aux 10 autres articles, nonobstant leur
importance certaine9.

Ces 3 Ikarim essentiels sont : la Metsiout Hashem – croire en l’existence


d’Hashem, l’Être suprême qui a tout créé. La Hashga’ha – croire
qu’Hashem connaît toutes nos pensées et actions, et les récompense
ou les punit. Et la Torah min haShamaïm – croire qu’Hashem s’est
dévoilé à Son peuple pour nous prescrire Sa Torah. Cette notion des
‘3 Ikarim’ représente un principe fondamental pour interpréter maints
thèmes et textes de la Torah où apparaît le chiffre 3, qu’il s’agisse des
3 Patriarches, des 3 Fêtes, ou encore, le fil directeur du long Moussaf
de Rosh Hashana10.
9. Cf. 5 minutes éternelles n°7 et n°42, disponibles sur notre site.
7. Le Sefer HaÏkarim explique que le Moussaf de Rosh Hashana comprend au milieu 3 Berakhot, appelées
Zikhronot, Malkhouyot et Shofarot. En ce jour du Grand jugement, nous évoquons les Malkhouyot –les versets
qui évoquent Sa royauté– pour nous inculquer qu’Hashem est l’Être suprême. Les Zikhronot –les souvenirs–
pour nous inculquer qu’Hashem connaît tous nos actes et les juge. Et les Shofarot – les versets qui évoquent

Leillouï nichmat David ben Rav Itzhak z"l


111
PARASHAT KI-TAVO
SEMAINE du
10 Eloul 5780
30 Août 2020

Le Maharsha explique que les 3 stèles érigées par nos ancêtres


rappellent que les millions de Bnei Israël qui ont franchi le Jourdain ont
été témoins de la véracité de ces 3 fondements :
1°. La stèle de Moshé rappelle la Torah min haShamaim, car elle
a été érigée par notre grand berger recommandé directement par
Hashem au Sinaï, aux yeux de tout le peuple, pour nous dicter la Torah
d’Hashem.
2°. La stèle érigée dans le Jourdain rappelle la Metsiout Hashem, car
elle témoigne du miracle extraordinaire de l’eau qui change ses lois
naturelles pour faire la volonté du Maître du monde.
3°. La stèle de Har Eival [transportée à Guilgal] rappelle la Hashga’ha
d’Hashem qui veille sur nos actes, gratifie les justes et châtie les impies,
car tous nos ancêtres ont maudit celui qui oserait résilier l’alliance
conclue avec Hashem, et béni celui qui veillera à perpétuer la Torah !

qu’Hashem s’est dévoilé au Sinaï pour nous donner Sa Torah en sonnant le Shofar, et se dévoilera de nouveau
bientôt pour nous sortir de cet exil.

112 Leillouï nichmat Sigmund ben Moshé z"l


SEMAINE du
PARASHAT NITSAVIM-VAYELEKH 17 Eloul 5780
6 Septembre 2020

NITSAVIM-VAYÉLEKH
Semaine du 17 au 23 Eloul 5780 - 06/09/20 au 12/09/2020

ָ ‫ל ֶֹק‬-‫ לְ ָע ְב ְר ָך ִ ּב ְב ִרית ה' ֱא‬...‫ל ֵֹקיכֶ ם‬-‫ַא ֶּתם נִ ָ ּצ ִבים ַהיּוֹ ם ֻּכ ְ ּלכֶ ם לִ ְפנֵ י ה' ֱא‬
‫יך‬
‫יך כּ ֵֹרת ִע ְּמ ָך ַהיּוֹ ם‬ָ ‫ל ֶֹק‬-‫ו ְּב ָאלָ תוֹ ֲא ׁ ֶשר ה' ֱא‬
Vous vous tenez tous aujourd’hui devant Hashem votre D-ieu… afin de
te faire passer dans l’alliance d’Hashem ton D-ieu et dans Son serment,
qu’Hashem ton D-ieu contracte avec toi aujourd’hui

M oshé Rabeinou vit ses dernières heures avec les Bnei Israël.
Notre berger si dévoué craint pour l’avenir de son troupeau.
Prochainement, le peuple va affronter les 7 nations de Canaan,
tellement adeptes des abominations. Il faut donc faire un dernier
pacte, en faisant jurer les Bnei Israël de ne jamais quitter Hashem
pour l’idolâtrie, ni eux ni leurs descendants. Aussi, Moshé réunit les
Bnei Israël pour contracter l’alliance de Arvot Moav – les plaines de
Moav. Dans la première moitié de la Parasha, Moshé nous avertit
longuement de ne pas prendre à la légère le pacte et le serment de
fidélité à Hashem que l’on s’apprête à réaliser, car la colère d’Hashem
réprimanderait sévèrement ce mépris. Puis dans la seconde séquence,
Moshé nous ‘rassure’ un tant soit peu, en nous dévoilant l’antidote
qui nous permettra toujours de nous relever, même après les plus
grandes afflictions : la grande Mitsva de Teshouva – le repentir, revenir
à Hashem.
C’est ainsi que Moshé ouvre notre Parasha en remontant le moral
aux Bnei Israël : « Vous voici tous debout devant Hashem votre Dieu ! »

Leillouï nichmat Sigmund ben Moshé z"l 113


PARASHAT NITSAVIM-VAYELEKH
SEMAINE du
17 Eloul 5780
6 Septembre 2020

Durant cette longue traversée du désert, combien de fois avez-vous


irrité le courroux d’Hashem ?! Et pourtant, vous êtes encore tous là,
devant Lui ! Constatez-donc qu’Hashem veut votre vie, votre vraie vie,
et ne prévoit par ces corrections que de vous garder à Sa proximité
pour l’éternité ! 

Et par quel mérite Hashem prévoit ‫ ַא ֶּתם נִ ָ ּצ ִבים ַהיּוֹ ם‬- de vous maintenir
debout devant Lui  - lorsque vous entrerez en Israël ? Par le ‫– ֻּכ ְ ּלכֶ ם‬
lorsque vous serez tous ensemble, unis et impliqués les uns avec les
autres pour la gloire d’Hashem !
Le Meam Loez  illustre : un vieillard mourant demanda à ses enfants de
lui apporter une botte de roseaux. Il se tourna alors vers son benjamin et
le somma : « Mon fils, prends donc cette gerbe et casse-la ! » L’enfant
saisit ces roseaux et essaya en vain de les briser. Le vieux père somma
alors ses cadets, puis son aîné, de faire de même, mais nul ne parvint
même à déformer un tant soit peu cette botte. Le vieillard récupéra
alors la gerbe, et déclara : « Je vais à présent vous montrer la force
extraordinaire dont j’ai été doté ! » Il ouvrit alors le nœud qui rattachait
ces roseaux, et les brisa un à un sans peine. Il leur dit alors : « Voyez,
mes enfants ! Tant que vous resterez liés, et continuerez après mon
départ à perpétuer mes enseignements, nul ne pourra contre votre
vigueur. Mais si vous songez à vous séparer, la moindre épreuve suffira
pour chacun de vous à perdre en un rien de temps son identité ! »

A vant de contracter le pacte en leur faisant prêter serment, Moshé


rappelle aux Bnei Israël qu’ils étaient eux-mêmes témoins de la
vanité des idoles d’Egypte et des peuples qu’ils rencontrèrent sur leur
chemin, comme le dit le verset:

114 Leillouï nichmat Sigmund ben Moshé z"l


SEMAINE du
PARASHAT NITSAVIM-VAYELEKH 17 Eloul 5780
6 Septembre 2020

ֶ ֵ‫יהם וְ ֵאת ִ ּג ֻ ּלל‬


‫יהם ֵעץ וָ ֶא ֶבן ֶ ּכ ֶסף וְ זָ ָהב ֲא ׁ ֶשר ִע ּ ָמ ֶהם‬ ֶ ֵ‫וַ ִּת ְרא ּו ֶאת ׁ ִש ּקוּצ‬
Vous avez vu leurs abominations et leurs immondes idoles, le bois et la
pierre; l’argent et l’or déifiés chez eux.
Rashi donne l’étymologie des qualificatifs employés pour désigner les
rituels païens: ‫יהם‬ ֶ ֵ‫ ׁ ִש ּקוּצ‬provient de ‫ – ׁ ֶש ֶקץ‬la vermine. Et ‫יהם‬
ֶ ֵ‫ ִ ּג ֻ ּלל‬du
mot ‫ – ָ ּגלָ ל‬la matière fécale. Soit, il incite les Bnei Israël à réaliser à quel
point l’idolâtrie est répugnante, méprisable.
D’où la question du Brisker Rov –Rav Itzhak Zeev Soloveitshik zatsal :
puisque les Bnei Israël ont conscience de l’abjection de ces rituels,
pourquoi faut-il les faire jurer de ne pas s’y laisser entraîner?
Et de répondre: parce que l’homme qui voit régulièrement des
abominations s’y habitue au point de perdre sa délicatesse, et finira
même par les désirer !!! En effet, l’homme a en lui 2 forces opposées,
le Yetser Hatov –le bon penchant, l’intellect– et le Yetser Hara – le
mauvais penchant, l’instinct. Ce dernier est naturellement happé par
la bassesse, la bestialité, l’immondice. Lorsqu’on est face à une scène
immorale, notre instinct saute sur l’occasion pour voler quelques
clichés qu’il garde précieusement en mémoire, et alimente ainsi son
désir de tomber, quelle que soit notre conviction du caractère horrible
de l’obscénité. Le Tsadik n’est pas celui qui n’a pas d’attirance pour
la bassesse – elle est humaine! – mais celui qui se met des barrières
devant elle, pour ne pas s’y confronter. Et s’il est contraint de la
côtoyer, il n’a pas d’autre choix que de se barricader fermement contre
elle –par ex. en jurant–, afin de ne pas la laisser influencer son cœur !

U
Leillouï nichmat Sigmund ben Moshé z"l
115
PARASHAT HAAZINOU
SEMAINE du
2 Tishrei 5780
20 Septembre 2020

HAAZINOU
Semaine du 2 au 8 Tishrei 5781 - 20/09/20 au 26/09/2020

ִ ‫ וַ ֲא ַד ֵ ּב ָרה וְ ִת ׁ ְש ַמע ָה ָא ֶרץ ִא ְמ ֵר‬,‫ַה ֲאזִ ינ ּו ַה ׁ ּ ָש ַמיִ ם‬


.‫פי‬-‫י‬
« Ecoutez les cieux, je vais parler et que la terre entende les paroles de ma
bouche » [Devarim 32, 1]
Le Midrash Raba pose la question « Qu’en est-il si un Ben Israël souffre
de l’oreille le Shabbat ? Lui est-il permis de se soigner ? »
Nos sages enseignent qu’un doute sur sa santé repousse le Shabbat.
Qu’y a-t-il de spécial dans la réponse de ce Midrash ? Il est évident que
tout doute sur la santé d’un juif repousse le Shabbat, et ceci, quel que
soit le membre de son corps.
Rav Cohen Rappaport explique qu’il est interdit d’enseigner des paroles
de Moussar – morale- le Shabbat car cela attriste la personne, or il est
interdit d’être triste le Shabbat.
Cette Halakha parait surprenante. Pourquoi, pour la guérison du corps,
il est permis de profaner le Shabbat alors que pour la guérison de
l’âme, cela est interdit ? La Neshama est la source de vie de l’homme.
En vérité, s’il est possible d’attendre la fin du Shabbat pour guérir son
corps, on agira ainsi. Et, il en est de même pour la guérison de l’âme.
Il n’existe qu’un seul Shabbat dans l’année où l’on ne peut attendre la
fin du Shabbat. Il s’agit de Shabbat Shouva.

116
SEMAINE du
SHABBAT SHOUVA 2 Tishrei 5780
20 Septembre 2020

Nous savons que dans les 10 jours de Téshouva (excepté Roch haShana
et Yom Kippour) chaque jour répare les jours de l’année. Dimanche
répare tous les dimanches de l’année, et il en est ainsi pour tous les
autres jours… Le Shabbat Shouva répare donc tous les Shabbatot de
l’année.
Et, il est permis d’étudier du Moussar, ce Shabbat en particulier.
Revenons à notre Midrash. Un homme qui souffre de son oreille pourra
se faire soigner le Shabbat.
Pourquoi parle-t-on spécialement de l’oreille ?
Si cet homme a fauté avec son oreille en entendant par exemple,
des propos médisants. Comment pourrait-il guérir de cette faute ?
En écoutant des paroles de morale le Shabbat. Et quel Shabbat ? Le
Shabbat Shouva, qui répare tous les Shabbat de l’année.
Notre Midrash parle de Shabbat Shouva parce que les autres Shabbat
de l’année, il peut attendre la fin du Shabbat. Bien entendu, le Midrash
ne parle pas ici d’une otite. Si le danger est avéré, il faut se soigner le
Shabbat.
l

-‫ וְ הוֹ ׁ ֵש ַע ִ ּבן‬,‫ הוּא‬ :‫ב ָאזְ נֵ י ָה ָעם‬--‫ֹאת‬


ְּ ‫ה ּז‬-‫ה‬ ּ ָ ‫ וַ יְ ַד ֵ ּבר ֶא‬,‫וַ ָ ּיבֹא מ ׁ ֶֹשה‬
ַ ‫דִּ ְב ֵרי ַה ׁ ּ ִש ָיר‬-‫כל‬-‫ת‬
.‫נוּן‬
« Moshé vint faire entendre aux oreilles du peuple toutes les Paroles de Ce
Cantique (la Torah) lui et Hoshéa bin Noun » [Devarim 32, 44]
Pourquoi Moshé l’a-t-il appelé Hoshéa ? C’est effectivement son nom,
mais Moshé l’avait changé en le nommant Yéhoshoua lors de l’histoire
des explorateurs ( ‫ יהושע‬Yéhoshoua signifie que « Hashem te protège

117
PARASHAT HAAZINOU
SEMAINE du
2 Tishrei 5780
20 Septembre 2020

du complot des explorateurs »). Et à présent, il reprend son nom


d’origine Hoshéa ‫( הושע‬sans le Youd ‫ י‬au début du nom) ?

Nos Sages expliquent que ‫ שרה‬Sarah s’appelait d’abord Saraï ‫שרי‬avec


un ‫ י‬-Youd. Hashem a enlevé ce ‫י‬-Youd et l’a remplacé par un ‫ה‬-hé.
Le Youd s’est alors plaint devant Hashem : « Pourquoi m’avoir ôté du
nom de Saraï ‫ » ?שרי‬Hashem lui répondit qu’il passerait de la fin du
nom de ‫שרי‬Saraï au début du nom de Yéhoshoua ‫יהושע‬.
Quand ces évènements se sont-ils produits ? Lorsque Sarah avait 89
ans. Saraï ne pouvait pas avoir d’enfant et a enfanté à 90 ans. Elle s’est
donc appelée Sarah jusqu’à sa mort à 127 ans, soit durant 38 ans.
Ce Youd s’est donc retiré de Saraï pendant 38 ans, et a donc trôné au
début du nom de Hoshéa ‫הושע‬, lorsqu’il se nomma Yéhoshoua ‫יהושע‬.
Ce changement de nom s’est opéré lors de l’épisode des explorateurs
qui s’est déroulé la deuxième année de la sortie d’Egypte.
La mort de Moshé Rabénou et la reprise du nom initial de Hoshéa fut au
bout de 40 ans après la sortie d’Egypte. Ainsi, Yéhoshoua a également
retrouvé son nom de naissance précisément au bout de 38 ans.
Combien la justice de Notre Créateur est précise et parfaite et ceci,
même avec les lettres !

U
Ce Dvar Torah a été extrait du livre Daat Yaacov Shlomo,
de notre ami Paul Raphaël Guedj, avec son aimable
autorisation.

118
MOUSSAR
ETUDE
MENSUELLE

Signes et présages 120


L'interdit des recours aux augures 121
Les recours ésotériques pourtant permis 124
Le Mazal selon la Torah 128
Le Ni'housh classique 132
Le verset épelé par un enfant 134
Les Simanim de Rosh Hashana 135

Daniel, ch.10 142


Introduction 142
la 2e révélation de l’ange Gavriel 144
MOUSSAR - Signes et présages

Signes et présages,
et Simanim de Rosh haShana
Les livres d’Ezra et de Néhémia, les avant-derniers des 24 livres du
Tanakh, racontent le retour d’Israël sur sa terre, après 70 ans d’exil en
Babylonie et en Perse. Le niveau spirituel du peuple était au plus bas.
Ce court exil –comparé à nos 1952 ans !– suffit pourtant pour que
la plupart du peuple oublie des notions évidentes de la Torah, telles
que l’interdit des mariages mixtes, du Shabbat, etc. D’ailleurs, Ezra
et Néhémia ne rentrent au pays qu’avec une poignée de juifs –moins
de 50.000 !–, tandis que le reste du peuple refuse d’abandonner sa
situation paisible en terre étrangère.
Le Rosh Hashana suivant la reconstruction du Beit haMikdash, nos
ancêtres se réunissent sur le parvis du Temple. Ezra saisit alors un
Sefer Torah, qu’il lit devant tous. Une grande émotion saisit l’ensemble
du peuple, secoué d’entendre toutes les Mitsvot qu’Hashem nous
ordonne. Des torrents de larmes d’amertume coulent de leurs yeux,
tant ils regrettent leurs égarements ! « Comment avons-nous pu
sombrer si rapidement dans les sables mouvants de l’assimilation ?! », se
lamentent-ils. C’est alors que Néhémia et Ezra disent au peuple : ‘Ce
jour présent –Rosh Hashana– est un jour saint ! Ne vous désolez pas, et
ne vous endeuillez pas ! Rentrez-donc chez vous, et mangez en ce grand
jour des plats raffinés, des boissons douces, envoyez aussi des parts aux
plus démunis…’ [Néhémia ch.8]

120 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Signes et présages
Au sens simple, cette injonction provient du fait que Rosh Hashana est
un Yom Tov – un jour de fête, dans lequel nous avons le devoir de nous
réjouir, et surtout pas de nous endeuiller. Mais le Mordekhi [début de Yoma]
lui donne une toute autre dimension : les Simanim de Rosh Hashana.
En ce début d’année, Ezra et Néhémia disent aux Bnei Israël de
rentrer joyeux et sereins chez eux, et de consommer des aliments qui
symbolisent la douceur, la prospérité, etc., afin d’augurer des bienfaits
pour l’année à venir.
C’est ainsi que la Guemara [Horayot 12a, Keritout 5b] rapporte qu’il est bon de
manger à Rosh Hashana de la courge, du poireau, des blettes, des
dattes et du sésame (ou fenugrec), parce que ces espèces augurent
différents bienfaits – par leur nom, par leur goût ou par leur manière
de pousser. Puis, au fil du temps, d’autres usages se sont peu à peu
instaurés, tels que la consommation de grenade, de pomme sucrée
(ou trempée dans le miel), la tête de mouton, etc. Certains ajoutent
encore à cette liste la consommation de poisson, tandis que d’autres
défendent d’en manger, car Dag [le poisson] rappelle le mot Daag – se
soucier. On s’abstient aussi de manger des noix, des plats acides ou
amers, certains préconisent même d’éviter les plats piquants.

L’interdit N
ous expliquerons bien sûr les symboles de
ces différents aliments plus tard. Mais pour le
des recours moment, abordons le thème des Simanim de Rosh
Hashana d’un tout autre aspect, en rapport avec
aux augures les interdits de Meonen et Ména’hesh – deviner et
faire des augures et présages. A savoir : l’augure
est-il un procédé permis par la Torah ? Expliquons.
Dans la Parasha de Shoftim, la Torah interdit toutes sortes de pratiques
de sorcellerie, divination et spiritisme [Devarim 18:10-11, Cf. aussi Vayikra 19:26]:

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
121
MOUSSAR - Signes et présages
‫ וְ ח ֵֹבר‬,‫ל ֹא יִ ּ ָמצֵ א ְב ָך ַמ ֲע ִביר ְ ּבנוֹ ו ִּב ּתוֹ ָ ּב ֵא ׁש ק ֵֹסם ְק ָס ִמים ְמעוֹ נֵ ן ו ְּמנַ ֵח ׁש ו ְּמכַ ׁ ּ ֵשף‬
‫ָח ֶבר וְ ׁש ֵֹאל אוֹ ב וְ יִ דְּ עֹנִ י וְ ד ֵֹר ׁש ֶאל ַה ּ ֵמ ִתים‬
[Assure-toi] qu’il ne se trouve pas chez toi de personne qui fasse passer
son fils au feu… qui s’adonne aux augures, à la divination, à la magie…qui
ait recours aux évocations ou aux sortilèges, ou qui interroge les morts.

Pour notre propos, attardons-nous sur 2 interdits: ‫ְמעוֹ נֵ ן ו ְּמנַ ֵח ׁש‬


[MéOnen ouMéNa’hesh]. La Guemara [Sanhédrin 65b] enseigne : « Qu’est-ce
qu’un MéOnen ?... Rabbi Akiva dit : c’est celui qui devine les instants, et
prédit que ce jour est propice pour voyager, demain est un bon jour pour
investir… » - Soit, Méonen trouve son étymologie dans le mot Ona – la
saison, période. Selon le Rambam [Avodat Kokhavim ch.11 §8], cet interdit inclut
l’astrologie. Soit, il est défendu d’agir selon son horoscope. Notons
tout de même que cet avis est discuté, comme nous l’expliquerons1.

MéNa’hesh quant à lui signifie deviner –dans le sens mystique de


devin. « Qu’est-ce qu’un méNa’hesh ? C’est celui qui –augure d’une
journée ‘poisseuse’, en se fiant sur des incidents, tels que– son pain est
tombé de sa bouche, sa canne est tombée, son fils l’appelle par derrière,
un corbeau l’a appelé, une gazelle lui a coupé le chemin, un serpent est
apparu à sa droite, un renard sur sa gauche – qui annonce qu’il va se faire
ruser. Ou encore, si un trésorier vient prélever une taxe, il lui demande :
ne commence pas par moi, ou bien on est encore tôt le matin – c.-à-d.
je ne veux pas commencer ma journée en payant une taxe, car cela
augure une journée de perte. Pas le premier jour du mois. Pas le premier
jour de la semaine. » La Guemara propose encore : « méNa’hesh, c’est
celui qui devine à partir d’un rat, d’un oiseau ou d’un poisson [- ou d’une

1- Rapportons au passage que l’interdit de méOnen inclut aussi la défense de ‘saisir les yeux’ – dérivé du mot ‘Ayin
– l’œil. Le Rambam [§9] explique ‘qu’il trompe son entourage et le laisse croire qu’il réalise des actions fantastiques’ –
par son agilité et ses techniques secrètes [Cf. Sefer haMitsvot, Lo Taasé 32]. Autrement dit, les bons ‘tours de magie’ sont
défendus ! Cf. Chou-Ar. Yoré Déa ch.179 §15 Shakh §17 et Pit’hei Teshouva §7, Yalkout Yossef Ibid., Yabia Omer V ch.14.

122 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Signes et présages
étoile]». Rashi explique qu’avant de sortir ou d’agir, ce superstitieux
devine à partir de la réaction de ces animaux si son entreprise réussira.

On peut sans équivoque rallonger la liste des fausses croyances en


ajoutant la vue du chat noir, l’abstention de marcher sous une échelle,
de balayer son magasin le soir, accrocher de l’ail à sa porte, se méfier du
sel qui se renverse sur la table, etc. Celui qui modifie son comportement
ou s’abstient d’agir à cause d’un tel augure transgresse l’interdit de Lo
téNa’hashou.

La Guemara de Shabbat [67b] évoque encore toutes sortes de mœurs


étranges, qui ont pour but, selon les croyances païennes, de guérir ou
d’éviter une perte, une catastrophe. Notamment, égorger un coq qui
crie le soir, après les autres [ou qui crie comme un corbeau]. Ou encore,
celui qui laisse un peu de vin dans son verre pour augurer l’abondance.
Ou bien, lorsque les œufs éclosent, il est défendu de ramasser les
coquilles pour en faire des ‘remèdes’ qui favoriseront la survie des
poussins. Idem pour une femme qui danse en préparant sa pâte, en
espérant que sa pratique favorisera la pousse de sa pâte. Ou encore,
celui qui compte ses œufs par groupes de 71, prétendant que ce chiffre
porte-bonheur le protègera ou l’aidera.

Notons tout de même que la Guemara tolère aussi quelques pratiques


qui ont une certaine logique, si leur utilité a plus ou moins été vérifiée.
Mais autrement, les pratiques ‘paramédicales’ bizarres frôlent la
sorcellerie et les usages païens. [Le Rashba a rédigé une long Responsa (I
ch.413) sur le sujet.] Aussi, si vous êtes adeptes des médecines asiatiques

de l’antarctique nord congolais, consultez un Rav compétent pour vous


assurer que ces pratiques sont tolérées par la Torah !

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
123
MOUSSAR - Signes et présages

Recours
ésotériques
D epuis mon ordinateur, je vois déjà le petit
sourire de côté de nos lecteurs cartésiens,
heureux d’avoir trouvé de quoi fustiger les
pourtant fausses croyances de nos bonnes grands-mères
nord-africaines… Il faut cependant savoir que ce
permis sujet est très complexe. Il y a énormément à
dire. Le Radbaz a notamment écrit un Responsa
[III ch.405] pour définir les actions que l’on peut réaliser pour faire fuir les
Shédim – les monstres, les célèbres J’noune de La Goulette… Le Ramban
déjà évoque l’usage des juifs d’Allemagne qui interrogeaient ces Shedim
pour retrouver des objets volés, et débat du cadre de permission de ces
procédés. [Shout haMéyou’hassot ch.283]
Nous ne pouvons toutefois pas aborder tous les aspects du thème.
Contentons-nous uniquement de traiter le cas du Ni’housh – l’augure,
qui implique aussi l’astrologie et les pratiques de marabout. Il nous
permettra de revenir sur le sujet des Simanim de Rosh Hashana.
Certes, il est défendu de deviner l’avenir à travers des signes. Pourtant,
la Torah relate dans maints endroits que des Tsadikim prenaient des
décisions à l’aide d’augures. À commencer par Eliezer, le fidèle serviteur
d’Avraham. Lorsque celui-ci arriva à Aram, il alla au puits, et implora
Hashem de lui présenter la femme destinée à Itzhak, en posant un
signe : il demandera aux jeunes filles qui viendront un peu d’eau pour
se désaltérer ; la première qui répondra positivement, et proposera en
plus d’abreuver ses chameaux, sera la femme désignée pour Itzhak. À
peine acheva-t-il sa prière, que Rivka arriva, et réagit comme prévu.
Sûr de son coup, Eliezer la couvrit de bijoux, et seulement après, lui
demanda son nom et son origine !
Le livre de Shmouel [I ch.14] raconte encore la victoire de Yonathan, le
fils du roi Shaoul, accompagné de son serviteur uniquement. Avant
de s’aventurer au combat, il gage d’apparaître devant les Philistins, et

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MOUSSAR - Signes et présages
de deviner sa réussite à partir de leur réaction. S’ils crient : « Attends
un peu, nous arrivons pour nous occuper de toi ! », cela signifiera qu’il
faudra fuir. Mais s’ils disent : « Viens donc te battre ! », cela augurera
qu’Hashem lui offre la victoire. Ainsi fut fait, et Yonathan gagna la
guerre. Cf. aussi l’augure de Guideon à partir duquel il vainquit Midian
[Shoftim 6 :36-40], ou celui de David qui affronta Goliat [Shmouel I 17:44].

La Guemara [Sanhédrin 95B] raconte encore que David se fit prendre en


captivité par Yishbi le Philistin, sans que personne ne remarque sa
disparition. Lorsqu’Avishaï –son général–, prit son bain, une colombe
s’écrasa devant lui, battit étrangement des ailes et perdit des plumes.
Avishaï déduisit que le roi d’Israël –le peuple comparé à la colombe–,
était en danger, et alla sur le champ chercher David, qu’il trouva et sauva.
Rav Ilish se fonda lui-aussi sur des cris d’oiseaux –d’un corbeau puis
d’une colombe–, pour déduire que le moment de se sauver de sa
captivité était propice [Gitin 45a]. N’apprenions-nous pourtant pas qu’il est
défendu d’agir à partir de signes d’oiseaux ?!
La Guemara de Houlin [95B] raconte encore que nos Maîtres usaient
chacun d’un Ni’housh [augure] singulier pour décider de la marche à
suivre. Rav prédisait l’avenir selon la barque qui se présentait à lui
pour traverser le fleuve ; s’il la trouvait facilement, il déduisait que son
entreprise allait être fructueuse, et s’engageait. Sinon, il rebroussait
chemin. Shmouel ouvrait un livre de Torah, et devinait à travers le
verset qui se présentait. Rabbi Yohanan quant à lui demandait à un
enfant de citer le verset qu’il avait appris le jour même. Un jour, Rabbi
Yohanan voulut rendre visite à Shmouel, à Babel. Il interrogea un enfant
qui cita le verset: ouShmouel Met… – et Shmouel (le prophète) décéda…
[28 :3]. Rabbi Yohanan déduisit que Shmouel [l’Amora] n’était plus de ce
monde, et resta chez lui, en Israël. Et la Guemara d’ajouter qu’en fait,
Shmouel était en vie, mais que, du ciel, on voulait épargner au Tsadik ce
voyage fatiguant !

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125
MOUSSAR - Signes et présages

N ous voilà donc devant une


problématique complexe ! d’un côté,
Qui peut user des versets explicites interdisent toutes
sortes de recours aux signes et présages.
des recours D’un autre, tant de Tsadikim usaient de
ésotériques ? méthodes irrationnelles, voire ésotériques.
Certains pensent peut-être résoudre
cette contradiction en expliquant que
ces Tsadikim agissaient en étant insufflés du Roua’h haKodesh – litt.
l’Esprit Saint, un semblant de prophétie. Soit, le Ni’housh est interdit
pour l’ensemble du peuple, mais pour les très grands rabbanim, qui
connaissent la Kabbale et les secrets de la Torah, certains procédés
peuvent être permis, car ils communiquent ainsi avec Hashem.
Intuition honorable, peut-être même partiellement vraie, comme nous
l’apprendrons. Mais commençons par réfuter ce distinguo à partir de
sources explicites qui permettent au commun du peuple certaines
pratiques d’augure et d’astrologie.
La Guemara dans Horayot [12A] enseigne qu’il faut oindre les rois près
d’une source ou d’un fleuve, car le cours d’eau abondant augure la
longévité du règne. Puis d’ajouter : « Celui qui veut savoir s’il méritera
de finir son année, suspendra une fiole d’huile dans sa maison, là où il n’y
a pas de vent, durant les 10 jours qui séparent Rosh Hashana de Yom
Kippour. Si la fiole éclaire bien, il vivra. Avant de conclure une affaire, s’il
veut savoir si elle réussira, qu’il élève une poule qu’il nommera au nom de
son affaire ; si cette poule grandit et grossit convenablement, cela signifie
qu’il réussira. S’il part en voyage, et veut savoir s’il reviendra, qu’il entre
dans une pièce sombre, et constate l’allure de son ombre… » [Le Maharsha
laisse entendre que ces 2 procédés doivent eux-aussi être réalisés
entre Rosh Hashana et Kippour.] La Guemara repousse toutefois cette
dernière pratique : « de peur que l’augure [de l’ombre] n’annonce un

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MOUSSAR - Signes et présages
malheur, et qu’il n’éprouve une grande peine, car son tourment deviendra
alors réellement la cause de son non-retour2 ».
Abayé déduit: « Puisque l’on apprend que les Simanim –litt. les signes
[= les augures, mais je reste fidèle au texte, car cette nuance est peut-
être un élément de réponse…]– sont significatifs, on s’efforcera à Rosh
Hashana de mettre sur sa table [ou ‘de manger’, selon une autre version]
de la courge, du sésame (ou fenugrec), du poireau, des blettes, et des
dattes ». Rashi explique que ces espèces ont la particularité de pousser
rapidement, ou d’être agréables au palais.
En se fondant sur ces enseignements, Rav Mesharshya conseilla à ses
enfants d’apprendre par cœur la Mishna près d’une source d’eau ou
d’un fleuve, afin que leur étude reste longtemps gravée dans leur cœur.
Voilà donc une Guemara qui cautionne explicitement les croyances et
procédés ésotériques, à tout le peuple ! [À entendre par ‘croyance’ le
fait de deviner l’avenir, et par ‘procédé’, le fait d’influencer le destin à
l’aide de rituels symboliques – comme les conseils d’Abayé et de Rav
Mesharshya.]
En réalité, même la Guemara de Houlin [95B] citée plus haut, qui raconte
les augures de Rav, Shmouel et Rabbi Yohannan, donne explicitement
au commun des juifs des instructions sur la fiabilité du Ni’housh. Rav
enseigne par ex. qu’un Ni’housh doit nécessairement être ‘comme celui
d’Eliezer et de Yonathan’ – c.-à-d. que l’on se fie totalement à l’augure.
La Guemara ajoute encore qu’un homme qui constate à 3 reprises
que ses affairent réussissent (ou régressent), après avoir acheté une
maison, s’être marié, ou avoir eu un enfant, pourra déduire que cette
2- Constatons au passage combien ce propos est étonnant ! L’augure négatif n’est en fait pas complètement
fiable. Mais lorsqu’il y croit au point de se chagriner, si ensuite, dans son voyage, cet homme s’expose à un
danger, ce manque de confiance deviendra la cause de son malheur ! En revanche, la Guemara ne déconseille
pas la pratique des autres augures, puisque l’on ne s’expose alors à aucun danger. Nous reviendrons sur ce détail
plus tard, à la lueur du commentaire du Maharsha.

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MOUSSAR - Signes et présages
maison, cette femme ou cet enfant lui ont apporté un bon (ou mauvais)
Mazal, et agir en redoublant (ou réduisant) ses investissements !

Le Mazal J e crains que certains commencent à perdre un


peu le fil des idées et enseignements rapportés
selon la jusque-là… Je vous propose d’aborder un dernier
sujet relativement annexe, puis de faire un point,
Torah et de commencer enfin à apporter des éléments
de réponse, pour revenir ensuite sur les fameux
Simanim de Rosh Hashana, Beezrat Hashem.
L’astrologie est-elle une science fondée, reconnue par la Torah ? La
Guemara de Shabbat [156A] débat longuement sur la question du Mazal
– litt. les astres, c.-à-d. l’influence des astres sur le cours de notre vie.
Certains pensent que Yesh Mazal léIsraël – même le peuple d’Israël est
soumis au Mazal. Selon leur position au moment de notre naissance,
les astres fixent tous nos budgets, par lesquels nous parviendrons
chacun à remplir notre mission sur terre. Cependant, la plupart de nos
Maîtres pensent que Ein Mazal léIsraël – litt. Israël n’est pas soumis au
destin. Mais attention ! Les Rishonim expliquent que le peuple d’Israël
est lui aussi soumis, initialement, aux influences des astres ; mais à
la différence des autres peuples, Israël a la capacité de modifier son
Mazal, grâce à ses actions et ses prières.
Aussi, un grand nombre d’enseignements de la Guemara, du Midrash et
du Zohar se fondent sur les propriétés des astres et de leur influence
pour expliquer des passages de la Torah. Presque personne n’ose
contester cette évidence. A une exception près… le Rambam. Ce grand
Maître de tous les temps affirme [Avodat Kokhavim ch.11] que ces croyances
ésotériques n’ont rien de fondé. Selon lui, l’astrologie, la sorcellerie, le
spiritisme et même les histoires de Shédim [les monstres] ou les Kaméia

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MOUSSAR - Signes et présages
[talismans] sont de la science-fiction, un grand bluff monté de toutes
pièces par les simplets, les rêveurs et les farfelus ! Les Rishonim qui
lui ont succédé ont cependant violement fustigé ce rationalisme trop
ardu. Particulièrement depuis le dévoilement de la Kabbale, à l’époque
du Ramban (avec un N – Rabbi Moshé ben Nahman, à différencier de
Rambam – Maïmonide) jusqu’au Ramak, au Ari za’l et au Gaon de Vilna.
Aussi, le Ramban explique dans un Responsa [Méyouhassot ch.283], qu’au même
titre qu’un ciel chargé de nuages annonce un mauvais temps imminent,
l’astrologue a la capacité de prédire plus tôt la venue de toutes sortes
d’évènements, bons comme mauvais. Et d’expliciter la position exacte
que doit avoir le juif face à ces prédictions : craindre, mais sans
s’affoler ! Soit, ces prédictions sont certes fondées. Mais, comme cité,
le juif peut changer ce ‘destin’ grâce à ses prières et bonnes actions.
Aussi, la Torah défend d’avoir recours aux devins et astrologues, car,
plutôt que de fondre d’angoisse devant une prédiction, le juif doit
redoubler de ferveur dans la Torah et les Mitsvot, et prendre ainsi son
destin en mains. Néanmoins, modifier ce cours ‘naturel’ est de l’ordre
du miracle caché. Aussi, celui qui prend malgré lui connaissance d’un
mauvais présage, a la permission, et, dans la mesure du possible,
doit même éviter de s’exposer à ce danger.
Le Ramban étaye sa thèse à partir de la célèbre histoire de Rabbi
Akiva [Shabbat 156B]. Un astrologue goy lui avait dévoilé une fois que sa fille
mourrait le jour de son mariage, mordue par un serpent. Rabbi Akiva ne
raconta ce présage à personne, mais se souciait profondément dans
son for intérieur. Arriva alors le grand jour mitigé de joie et d’angoisses,
où la fille de Rabbi Akiva entra sous la Houppa. Le soir, cette Kala planta
les pics de son chignon dans un mur, et alla se coucher. Le lendemain
matin, lorsqu’elle ressortit ces pics, elle retira du trou un énorme
serpent. Elle alla trouver son père, qui lui demanda de lui raconter ses
bonnes actions. Sa fille raconta qu’un pauvre frappa à la porte durant

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MOUSSAR - Signes et présages
la réception, mais qu’aucun convive ne l’entendit. La Kala se leva alors
en personne, et lui donna sa part du repas. Rabbi Akiva se réjouit, et
alla immédiatement enseigner à ses disciples la force de la Tsedaka,
capable d’annuler un décret certain de mort !

Un petit point s’impose…


Avant de répondre aux questions et contradictions soulevées,
commençons par faire un point des données rapportées jusque-là.
- La Torah interdit le recours aux devins, astrologues ou augures, bien
que certains procédés permettent réellement de prédire le futur, car
le peuple d’Israël a la capacité de ‘prendre son destin en mains’ et
de le modifier, en redoublant de ferveur dans la Torah, la Tefila et
les Mitsvot – et particulièrement, la Tsedaka [la charité]. La Torah
explicite à ce sujet 3 Mitsvot. Deux Mitsvot négatives: Lo Téna’hashou
véLo Téonénou – vous n’aurez pas recours aux augures, ni aux devins. Et
une Mitsva positive : Tamim Tihyé Im Hashem Elo-heikha – Tu vivras
intègre avec Hashem ton D-ieu.
- Toutefois, plusieurs Tsadikim utilisaient le Ni’housh –augure– pour
deviner si leurs entreprises allaient réussir ou échouer. La Guemara
prescrit d’ailleurs au commun du peuple des procédés qui permettent
de faire état du Mazal – l’influence des astres. Plus encore : nos
Maîtres ont même permis et explicité des procédés qui augurent de
bons évènements, tel que l’onction du roi ou l’étude de la Torah à
proximité d’une source d’eau ou d’un fleuve. Il est aussi permis de
demander à un enfant de citer un verset, et d’en déduire la marche à
suivre. De même, un homme peut constater que sa nouvelle maison,
femme ou enfant lui apportent un bon ou mauvais Mazal, et agir en
conséquent.

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MOUSSAR - Signes et présages
- C’est aussi sur ce principe que nous mangeons à Rosh Hashana les
Simanim –des aliments qui symbolisent la réussite, la prospérité, la
sérénité– car ces actions sont propices à améliorer notre situation.
- Dans le même ordre d’idées, le Choul’han Aroukh [Yoré Déa ch.179]
cautionne des usages fondés sur l’astrologie, tels que ne pas
débuter une affaire le lundi ou le mercredi, s’efforcer de se marier
dans la première quinzaine du mois, lorsque la lune est croissante.
Ou encore, le retour de vacances des Yeshivot à Rosh Hodesh. Dans
ses annotations sur le Choul’han Aroukh, le Gaon de Vilna précise que
ces usages sont tous fondés sur le Zohar. Pour la même raison, nous
évitons chaque année d’encourir des dangers dans les 3 semaines
qui séparent le 17 Tamouz du 9 Av.
- D’où la question : comment concilier tous ces enseignements ? Le juif
doit-il être rationnel cartésien, avançant dans ce monde obscur avec
pour seule torche la confiance en Hashem qui subviendra toujours
à ses besoins ? Ou bien, peut-il se laisser aller aux croyances
ésotériques, et se protéger de dangers ou pertes prédites par des
procédés mystiques ?

Un large A nnonçons-le d’entrée : à mon grand regret,


la réponse n’est pas claire et tranchée, car
éventail de elle fait l’objet de grandes discussions. Elle
oppose en fait 2 groupes de Rishonim, avec
réponses… aux 2 pôles le Rambam et le Raavad. Et entre
ces 2 extrémités, se positionneront des avis
intermédiaires –Rashi, les Tossafot, le Ramban,
le Ran…– qui interdisent dans le fond le Ni’housh – comme le Rambam,
mais tolèreront tout de même certaines pratiques.

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131
MOUSSAR - Signes et présages
Il va sans dire que chaque avis se charge d’expliquer à sa manière les
enseignements qui semblent le contredire. Mais pour alléger notre
étude, nous nous contenterons d’évoquer les conclusions de 2 avis
essentiels, sans entrer dans les nuances, ni même expliquer comment
chaque avis interprètera la Guemara3.
Commençons par poser le plan de notre réponse. La contradiction
entre les différents enseignements peut en fait être fractionnée en 3
sujets :
1°. Est-il permis de poser un Ni’housh – c.-à-d. avant d’agir, de deviner
l’avenir en posant la condition : ‘Si tel évènement se produit, j’agis,
sinon, je m’abstiens’ ?
2°. Est-il permis de demander à un enfant de citer un verset au hasard,
pour en déduire la marche à suivre ?
3°. Sur quel principe se fondent les Simanim de Rosh Hashana ?

Le Ni’housh classique
Est-il permis de poser un Ni’housh – deviner la volonté du ciel ou
l’influence du Mazal, en explicitant avant d’agir la condition que ‘si tel
évènement se produit, je passe à l’acte, autrement, je m’abstiens’ ? Il
existe à ce sujet une grande discussion.
1°. L’avis essentiel des Rishonim pense, comme le Rambam, qu’il
est interdit de faire un Ni’housh. Par ex. si j’hésite à partir faire une
course, il m’est défendu de prendre ma décision en cherchant un signe
du ciel en ayant recours à un procédé ésotérique, tel que : ‘si mon
téléphone sonne dans la prochaine minute, je reste, autrement, je pars’.
3- J’invite les plus méticuleux d’entre vous à approfondir ce thème à titre personnel. Cf. Tossefot Houlin 95B,
Ran Ibid., Mordekhi au début de Yoma, Rambam-Kessef Mishné Avodat Kokhavim ch.11, puis Tour-Beit Yossef
-Ba’h ch.179.

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MOUSSAR - Signes et présages
Toutefois, même si le Rambam est formel, plusieurs tolèrent quelques
cas de Ni’housh permis. Notamment, lorsqu’il y a une certaine logique
entre l’évènement et l’action que l’on veut réaliser. Pour rester sur
l’exemple cité, si le coup de téléphone témoigne d’un certain intérêt à
ce que je reste sur place, par ex. parce que je suis dans mon magasin
et veut savoir s’il vaut mieux attendre la venue de clients, ou conclure
que cette journée n’est de toutes façons pas productive, il m’est alors
permis de poser le Ni’housh du téléphone de clients potentiels. C’est sur
ce principe que le Ran explique les Ni’housh d’Eliezer et de Yonathan.
Eliezer cherchait une femme généreuse pour Itzhak ; aussi, il posa le
Ni’housh qu’après avoir demandé un peu d’eau, si celle-ci abreuvait
d’elle-même tous les chameaux, sa réaction témoignerait de son bon
cœur. Idem pour Yonathan : si après l’irruption devant les Philistins,
ceux-ci diraient : « Viens donc te battre’ plutôt que ‘attends j’arrive »,
cela signifierait qu’ils avaient peur d’aller à son encontre !

Pareillement, lorsque l’on est de toute façon décidé à agir, même si


l’augure sort négatif, mais que l’on veut tout de même se mettre en
confiance et s’appuyer sur un Ni’housh pour ressentir l’aide d’Hashem,
il est permis de poser cet augure4. Mais attention : si le Ni’housh prédit
l’échec, il sera défendu de rebrousser chemin ! En agissant ainsi, on
témoigne que l’on ne croit pas aveuglément au destin, mais que l’on
sait qu’Hashem dirige le monde, à chaque instant. Aussi, il faudra
redoubler de Teshouva, de prières avec ferveur, et de Mitsvot / Tsedaka…
et s’aventurer confiants en la Providence d’Hashem !

Autre dérogation spéciale : si l’on ne se fonde pas uniquement sur le


Ni’housh, mais que l’on a aussi d’autres considérations rationnelles
pour agir (ou non), il est permis de poser un Ni’housh pour donner un

4- Notons que ce principe est une autre réponse à l’augure de Yonathan, qui le posa plutôt pour convaincre son
serviteur, tandis que lui-même était décidé à aller se battre coûte que coûte – Cf. Tossefot Houlin 95B. Cet axiome
nous permettra aussi d’expliquer la permission des augures et Simanim de Rosh Hashana.

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MOUSSAR - Signes et présages
dernier petit coup de pouce à notre décision. Le Ran explique ainsi
l’augure de Rav qui décidait de partir ou de rester selon la barque qui
se présentait : en réalité, Rav hésitait déjà, pour d’autres raisons, et
pesait le pour et le contre en ajoutant à la balance la fréquence de la
barque qui venait à sa rencontre.
C’est encore sur ce principe que la Guemara tolère de déduire qu’une
femme, maison ou enfant apportent un bon Mazal. Non pas pour
décider ou non d’investir dans de nouvelles affaires, mais pour y aller
plus serein ou plus méfiant, en priant davantage à chaudes larmes
Hashem de nous donner notre Parnassa [subsistance] avec largesse.
2°. L’autre avis –essentiellement, le Raavad et le Radak [Shmouel
I 14:6]–
pensent qu’il est tout simplement permis de poser un augure
comme cité, dans lequel on demande à Hashem de nous éclairer en
nous montrant le bon chemin si tel ou tel évènement se réalise. Tandis
que l’interdit de la Torah n’implique que celui qui n’explicite pas de
condition avant l’évènement, et refuse, comme un superstitieux, d’agir
parce que tel ou tel incident s’est produit.
Concrètement, le Rama rapporte ces 2 avis, et conclut cette discussion
en conseillant d’éviter le recours au Ni’housh.

Le verset épelé par un enfant

Abordons le 2e type de Ni’housh : demander à un enfant de citer un


verset, afin d’en conclure le message d’Hashem. Là aussi, une grande
discussion oppose le Rambam au Raavad :

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MOUSSAR - Signes et présages
1°. Selon le Raavad, il n’y a dans ce procédé aucun interdit, autant
que ce décisionnaire permet tout simplement le Ni’housh classique !
2°. Le Rambam quant à lui interdit ce procédé si on le fait pour
deviner l’avenir. En revanche, il est toléré lorsque l’on ne veut que
connaître un état présent. Aussi, Rabbi Yohanan qui interrogea l’enfant
avant d’aller rendre visite à Shmouel à Babel, ne demanda pas à savoir
si son voyage serait fructueux, mais voulait savoir si Shmouel était
en état de le recevoir; lorsqu’il entendit le verset ‘ouShmouel Met…’ il
rebroussa chemin parce qu’il déduisit que Shmouel était déjà décédé.
3°. Attention : dans cette discussion, l’avantage est au Raavad ! En
effet, plusieurs Rishonim qui interdisent le Ni’housh classique, tolèrent
en revanche de faire usage du verset de l’enfant, car ce procédé est
de l’ordre de la Névouah – la prophétie, car la Torah, particulièrement
lorsqu’elle sort de la bouche pure des enfants, est le message divin,
que l’on peut interpréter pour décider de la marche à suivre dans une
situation présente. Aussi, le Shakh tolère le recours à cette méthode,
bien que le Rama cité hier exhorte d’éviter le Ni’housh classique.

Les Simanim de Rosh Hashana


On y arrive… Commençons par rappeler le texte de Horayot [12a]. La
Guemara enseigne 3 augures qui permettent de deviner si l’on réussira
dans la nouvelle année – la fiole d’huile pour la vie, l’élevage de la poule
pour les affaires, et l’ombre pour le retour de voyage. Puis, Abayé déduit
qu’il est bon de manger les Simanim à Rosh Hashana. Concentrons-
nous pour le moment sur les 3 premières pratiques, qui semblent être
de véritables Ni’housh interdits. Mais après toute notre longue étude,
nos lecteurs assidus sont sûrement capables de proposer 2 réponses
– qui sont en fait celles du Maharasha, et du Maharal !

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MOUSSAR - Signes et présages
Commençons par celle du Maharsha. Nous rapportions que le Ni’housh
n’est interdit que si l’on se fonde complètement dessus – c.-à-d.
que l’on fait dépendre notre action de la réponse à l’augure. Or, le
Maharsha constate que les augures de la Guemara ne mentionnent
que les éventualités positives – si la fiole reste allumée, il vivra ; si la
poule grossit, il réussira ; si l’ombre paraît double, il reviendra–, tandis
qu’elle esquive systématiquement l’éventualité de l’échec – si la fiole
s’éteint, si la poule ne grossit pas… Et d’expliquer : lorsque Hashem
décrète un bien, Il concrétisera son décret coûte que coûte, même si
ce receveur n’est plus méritant. Par contre, lorsqu’un mauvais décret
céleste est prononcé, l’homme a toujours la possibilité de l’annuler
s’il fait une Teshouva sincère, prie et redouble de ferveur dans la Torah
et les Mitsvot. Aussi, les augures que la Guemara propose n’ont pas
pour but de dissuader l’homme d’agir s’ils sortent négatifs, mais
uniquement, de le stimuler à redoubler de prières avec ferveur ! Soit,
ils ne sont pas de vrais Ni’housh, mais uniquement, des ‘Simanim’ – des
signes par lesquels il décèle s’il est accompagné de Siata diShemaya –
l’aide du ciel !
Expliquons à présent une phrase surprenante de ce passage de
Guemara: après avoir explicité le 3e augure –l’ombre qui augure le retour
de voyage– la Guemara exhorte de ne pas faire ce Ni’housh ‘de peur qu’il
n’annonce un malheur et ne se désole, et son tourment deviendra alors la
cause de son non-retour’. De prime abord, ces propos sont insensés !
Si l’augure sort négatif, c’est son mauvais destin qui sera la cause du
non-retour, pas sa peine ! Mais selon le Maharsha, cette affirmation
s’explique parfaitement : l’augure n’a jamais été proposé pour déceler
l’échec, mais plutôt, pour stimuler à la Teshouva et à la Tefila. Aussi, si
dans un moment de détresse, plutôt que de verser son cœur devant
Hashem, ce voyageur baisse les bras parce qu’il sait déjà que tout est
perdu, son découragement deviendra alors réellement la cause de son
non-retour ! Merveilleux, non ?!

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MOUSSAR - Signes et présages

A bordons l’explication du Maharal. Nous rapportions la permission


de faire un Ni’housh lorsqu’il y a un rapport logique entre l’augure
et l’action que l’on veut réaliser. [Nous expliquions ainsi le Ni’housh
d’Eliezer, par lequel il prit connaissance de la générosité de Rivka. Ou
le Ni’housh de Yonathan par lequel il fit état du moral des Philistins.]
Selon ce même principe, le Maharal explique que les augures de la
Guemara prédisent intrinsèquement l’action future. Soit, la Neshama
– l’âme, c.-à-d. l’emblème de la vie– est symbolisée dans les versets
par la veilleuse ; aussi, la veilleuse qui s’allume convenablement prédit
une nouvelle année de vie. Ou encore : la Providence d’Hashem qui
accompagne et protège l’homme à chaque instant, est imagée par
l’ombre [Hashem Tsilekha Al Yad Yéminekha…] ; l’ombre parfaite est
donc signe de protection d’Hashem. Idem pour la poule qui grossit, qui
témoigne que l’homme réussit dans ses entreprises matérielles.
En réalité, le Maharal donne une dimension bien plus profonde à ces
augures. Nous devons toutefois introduire 2 notions relativement
abstraites : les mondes supérieurs, et l’influence du monde supérieur
sur l’inférieur et vice-versa.
Dans ce monde matériel, l’homme paraît être une Nième espèce
d’animal, dépendante des lois de la nature et de ses intempéries. Nos
Maîtres dévoilent toutefois l’existence d’un monde spirituel, encore
appelé le monde supérieur. Ce monde supérieur ne se situe pas dans
une autre constellation – puisque, par définition, il est spirituel, donc
pas contenu dans un espace ! Ce monde spirituel est là, devant nous,
dissimulé par de nombreux voiles de mondes plus ou moins matériels.
A l’instar de la Neshama –l’âme– créature spirituelle, indépendante du
corps, qui se restreint pour se ‘vêtir’ du corps matériel et agir grâce à
lui dans ce monde physique, ainsi, Hashem, l’Être infini, dissimule Sa
présence par de nombreux voiles, qu’Il ‘vêt’ pour agir dans ce monde
matériel, de façon cachée.

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137
MOUSSAR - Signes et présages
Aussi, au-delà de la réalité apparente du corps humain physique,
l’homme doté d’âme céleste est en fait enraciné dans les mondes
supérieurs. Cela implique qu’au-delà des lois naturelles qui influencent
son évolution, un facteur bien plus décisif dirige ses pas : la Hashga’ha
– la Providence d’Hashem. Selon ses actions qui le rapprochent ou
l’éloignent du Créateur, l’homme jouit d’une protection céleste plus
ou moins intense, par laquelle il contourne ‘comme par hasard’ toutes
sortes d’embûches qui se dressent devant lui.
Ainsi, lorsque le ciel décrète un bien précis, cette Providence s’exprime
dans les mondes inférieurs par un Mazal –l’influence des Zodiacs–
propice, qui se traduit dans ce monde matériel par une réussite dans
un certain domaine. C’est sur ce principe que la Guemara propose de
réaliser des augures particuliers pour faire état du décret céleste sur la
vie, la réussite matérielle, et la protection spéciale d’Hashem lorsque
l’on s’expose malgré soi à un danger.
Et la réciproque est aussi vraie… Autant qu’un bon décret céleste
s’exprime par un Siman qui réussit, le Guemara dévoile que l’homme
peut influencer le décret céleste en réalisant des bons Simanim !
Succinctement, le Maharal explique à partir d’un texte du Ramban
[Bereshit 12:6] que le tribunal céleste prévoit parfois un certain bienfait à un
homme, sans toutefois le décréter. L’homme a alors la possibilité de
conclure et sceller ce bienfait en priant et en réalisant devant Hashem
un acte symbolique qui image la réception de cette bonté.
[Le Ramban rapporte comme ex. l’histoire du prophète Elisha, qui
prédit à Yoash une victoire contre Aram, et lui demanda de jeter des
flèches symboliques. Yoash se contenta de jeter 3 flèches, et Elisha lui
rétorqua que son geste trop faible lui permettrait certes de remporter
les 3 prochains combats, mais pas de gagner la guerre au final.]

138 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Signes et présages
Tel est, selon le Maharal, le sens des Simanim de Rosh haShana :
réaliser devant Hashem un acte symbolique qui image la réception
de cette bonté.

Concluons le sujet des augures et des Simanim


Pour de Rosh Hashana. Certes, le Ni’housh, c.-à-d.
conclure… l’augure, par lequel on devine le futur, et agit
en conséquence, est un procédé délicat, interdit
par la Torah selon plusieurs Rishonim. Non pas
parce que ces pratiques sont vides de sens.
Mais parce que le juif a toujours la capacité de changer son destin, en
priant et en redoublant d’efforts à servir Hashem.
Aussi, la Halakha tolère certaines pratiques. Le vecteur de toutes ces
dérogations consiste à voir en l’augure un moyen de se rapprocher
d’Hashem. Notamment, en ne se fiant pas à l’augure aveuglément,
mais en l’utilisant pour déceler les points sur lesquels on doit se
renforcer. C’est sur ce principe que le Maharsha explique les Simanim
de Rosh Hashana.
Même le Maharal nous amène à une conclusion similaire : les Simanim
de Rosh Hashana sont un moment de rapprochement vers Hashem,
où l’on prend conscience qu’en ce jour, Hashem nous juge et décide
de tous nos budgets annuels, matériels comme spirituels. Selon cette
interprétation, il faut impérativement prier avec ferveur lorsque
l’on mange ces Simanim, afin d’éveiller davantage notre confiance en
Hashem.
Cet axiome est d’autant plus explicite dans les écrits du Shlah haKadosh,
qui soulève une question pertinente. Nous mangeons à Rosh Hashana
des Simanim positifs, tels que le Roubia –sésame (ou fenugrec)–,
qui symbolise le Ribouï, l’abondance; ou la pomme trempée dans

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139
MOUSSAR - Signes et présages
le miel, qui symbolise la douceur. Mais nous mangeons aussi des
Simanim ‘négatifs’, qui rappellent des notions néfastes, tels que le
Karti –le poireau– au nom de Karet, le retranchement ; ou bien, Selek
–la blette– au nom de Istalkou – qu’ils soient supprimés ; ou encore,
Tamar –la datte– au nom de Itamou – qu’ils soient anéantis. Certes,
nous espérons que les bons Simanim se réaliseront pour le peuple
d’Israël, et les mauvais, pour nos ennemis. Mais ne faut-il pas craindre
que ces Simanim n’augurent le contraire, Has véShalom, au même titre
que certains s’abstiennent de manger un fruit acide, ou du piquant, ou
même du poisson – comme nous le rapportions en introduction [Dag
ressemble à Daag – le souci]?

Et de répondre : le fonctionnement essentiel des Simanim est


l’interprétation qu’on leur donne, par nos prières ! Aussi, celui qui
omet de prier avec ferveur avant de les consommer n’est pas à l’abri
d’inverser les destinations de l’abondance et du retranchement, Has
Veshalom !

Et d’ajouter à partir du même principe évoqué par le Maharal – qu’il étaye


toutefois à partir du Sefer haPardess– : l’homme est relié aux mondes
supérieurs par l’intermédiaire de sa Neshama. Il a ainsi la capacité
d’influencer les conduites d’Hashem, et d’éveiller Sa miséricorde ou Sa
rigueur, selon ses intentions et ses souhaits sincères. Les actions que
l’homme produit dans ce monde ici-bas favorisent davantage cet éveil.
C’est notamment la raison pour laquelle les Cohanim au Beit haMikdash
étaient vêtus de blanc, car le blanc inspire la paix et la sérénité, et aide
le Cohen à servir Hashem avec cette intention, afin de mieux éveiller la
miséricorde d’Hashem. C’est sur ce principe que nous mangeons des
Simanim qui peuvent parfois exprimer un bon ou mauvais augure, mais
que nous dirigeons, par nos prières : les éveils positifs pour la réussite
d’Israël, et les éveils néfastes vers nos ennemis.

140 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Signes et présages
Il ressort de ces textes que le plus important des Simanim de Rosh
Hashana et tout d’abord la bonne humeur et la sérénité ! On veillera
particulièrement à ne pas se mettre en colère durant ces jours. On
rapporte d’ailleurs qu’un Rosh Hashana, d’effrayants présages vinrent
troubler la solennité de la fête chez Rav Yéhouda Fetaya zatsal, un
grand kabbaliste de Bagdad. Mais ce Tsadik ne se laissa pas distraire
par ce Satan, et redoubla de vigilance pour préserver sa sérénité
et sa confiance en Hashem. Quelques années plus tard, il annonça
que cette année fut vraisemblablement la plus fructueuse de sa vie,
matériellement comme spirituellement !

ָ ‫ ָּת ֵחל ׁ ָשנָ ה ו ִּב ְרכוֹ ֶת‬,‫יה‬


‫יה‬ ָ ‫ִתכְ לֶ ה ׁ ָשנָ ה וְ ִקלְ לוֹ ֶת‬
Que s’achèvent l’année écoulée et ses malheurs,
! Que débutent la nouvelle année et ses bénédictions

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141
MOUSSAR - Daniel

Le livre de Daniel
Chapitre X

Introduction
Nous revoilà pour un nouveau tronçon du livre de Daniel, qui est
concrètement le début de la dernière ligne droite. Comme nous
l’expliquions en Nissan, Daniel est composé de 2 parties. Jusqu’à la
fin du 6e chapitre, ce livre raconte dans un style narratif la vie et les
aventures de Daniel au palais de Nabuchodonosor de Babylone, puis
sous l’empire de Mède et de Perse, devant les rois Darius et Koresh.
A partir du 7e chapitre, le livre de Daniel prend une allure de livre des
Prophètes, en relatant les rêves de Daniel et les révélations des anges,
portant sur les exils d’Israël. Depuis qu’il a interprété les rêves de
Nabuchodonosor portant sur les empires qui domineront le monde,
Daniel prend à cœur les exils et souffrances d’Israël, loin de sa terre
et du Beit haMikdash, loin de la Shekhina – la Providence d’Hashem.
Hashem apprécie ce Ish Hamoudot – cet homme de prédilection,
comme le qualifie fréquemment l’ange–, et lui dévoile amplement
l’avenir d’Israël, des 4 exils jusqu’à la grande Rédemption.
Le ch.7 [étudié en Adar] relate ainsi le rêve des 4 bêtes féroces, qui présente
les traits essentiels des 4 empires appelés à se succéder, jusqu’à
l’apparition de l’ancien – Hashem qui restitue la royauté à Israël.

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MOUSSAR - Daniel
Le ch.8 [étudié en Nissan] raconte le rêve du bélier et du bouc, qui précise
davantage les empires de Perse puis de Grèce, jusqu’à la poussée de la
‘corne effrontée’ – la Rome maudite.
Le ch.9 [étudié le mois dernier] s’ouvre quant à lui par une prière extraordinaire
que Daniel prononce à la 1ère année du roi Darius le Perse, suppliant
Hashem de reconstruire le Beit haMikdash éternel. Selon Daniel, cette
Tefila s’impose à ce moment précis car 70 ans se sont déjà écoulés
depuis le premier exil de Yékhonia – 18 ans avant la destruction du
Beit haMikdash, lors du règne de Yéhoyakim. L’ange Gavriel se dévoile
alors pour lui corriger sa double-erreur. D’abord, parce que le retour
d’Israël sur sa terre ne peut se produire qu’au terme de 70 ans depuis
le 2e exil à l’époque de Yéhoyakim. Mais aussi, parce que ce 2e Temple
ne sera pas éternel… Il est lui-aussi appelé à être détruit, au terme de
7O septennats… Jusqu’au jour où sera ruinée et abolie l’abomination – le
jour tant attendu, où Hashem fera luire Sa face sur terre, et d’un coup,
le mensonge et les hérésies [des idoles] disparaîtront !

A u total, nous avons donc découvert jusque-là 3 visions/révélations


de Daniel. Les 3 chapitres restant relatent la 4e et dernière
révélation de Daniel, qui va détailler bien plus amplement la succession
des empires de Grèce puis de Rome. Le ch.10 est une introduction à
cette révélation, racontant la manière dont l’ange Gavriel s’est dévoilé
à Daniel. Le ch.11 détaille ensuite les souffrances d’Israël durant les
exils de Grèce puis de Rome. Et le ch.12 conclut le livre en relatant
la fin de l’exil, la Rédemption et la résurrection des morts – puisse
Hashem nous faire assister prochainement à la concrétisation de ces
prophéties !
Pour notre programme du mois, nous n’étudierons que le 10e chapitre
– l’introduction à la révélation, les circonstances pour lesquelles Daniel
mérita cette nouvelle révélation, ainsi que la description de l’ange.

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143
MOUSSAR - Daniel
Je tiens à préciser d’entrée que cette étude sera assez abstraite, voire
ésotérique. J’aurais théoriquement préféré la présenter en la faisant
suivre du ch.11, afin de découvrir concrètement les révélations de
l’ange. Sauf que ce prochain 11e chapitre était bien trop long pour
me permettre d’achever sa rédaction à temps. Ce ne sera que partie
remise pour le prochain numéro, Beezrat Hashem !

La 2e révélation de l’ange Gavriel

ֹ‫א ִ ּב ׁ ְשנַ ת ׁ ָשלוֹ ׁש לְ כוֹ ֶר ׁש ֶמלֶ ְך ָּפ ַרס דָּ ָבר נִ גְ לָ ה לְ ָדנִ ֵ ּיאל ֲא ׁ ֶשר נִ ְק ָרא ׁ ְשמו‬
‫ ב‬:‫ב ּ ַמ ְר ֶאה‬ ּ ַ ֹ‫ֵ ּבלְ טְ ׁ ַשא ַ ּצר וֶ ֱא ֶמת ַהדָּ ָבר וְ צָ ָבא גָ דוֹ ל ו ִּבין ֶאת ַהדָּ ָבר ו ִּבינָ ה לו‬
‫ ג לֶ ֶחם‬:‫יתי ִמ ְת ַא ֵ ּבל ׁ ְשל ׁ ָֹשה ׁ ָש ֻב ִעים יָ ִמים‬ ִ ִ‫ַ ּב ָ ּי ִמים ָה ֵהם ֲאנִ י ָדנִ ֵ ּיאל ָהי‬
ְ
‫שר וָ יַ יִ ן ל ֹא ָבא ֶאל ִּפי וְ סוֹ ך ל ֹא ָסכְ ִּתי ַעד ְמל ֹאת‬ ׂ ָ ‫ֲח ֻמדוֹ ת ל ֹא ָאכַ לְ ִּתי ו ָּב‬
:‫ׁ ְשל ׁ ֶֹשת ׁ ָש ֻב ִעים יָ ִמים‬
1 Dans la troisième année de Koresh roi de Perse, une révélation fut
faite à Daniel, qui avait reçu le surnom de Beltshatsar. Véridique
était cette révélation et à longue portée. L’on s’appliqua à me la faire
comprendre, avec claire intelligence de la vision. 2 A cette période, moi
Daniel, j’étais plongé dans le deuil durant trois semaines complètes.
3 Je ne mangeai point de pain raffiné, ni viande ni vin n’entrèrent dans
ma bouche, et je ne m’oignis d’aucune huile [parfumée], jusqu’à ce
que fussent révolues trois semaines complètes.
Commençons par un rappel de faits historiques. L’empire de Babylone
décline après 70 ans, sous l’égide de Belshatsar, fils de Nabuchodonosor,
pour laisser la place à l’empire de Mède et de Perse. Après un an de
règne, Darius le Mède décède, et c’est son gendre Koresh (Cyrus) le

144 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
Perse qui hérite du trône. Dans sa 1ère année, ce roi favorable aux juifs
leur permet de revenir en Israël pour reconstruire le Beit haMikdash.
Mais les Shomronim (Samaritains) et autres peuples étrangers qui avaient
occupé le pays déserté durant les 52 ans d’exil voient d’un mauvais œil
le retour d’Israël. Ces crapules accusent les juifs d’insurrection contre
les Perses. Koresh ordonne alors l’interruption de la reconstruction du
Beit haMikdash, ordre qui restera en vigueur pendant 18 ans. Précisons
au passage que c’est durant cette interruption que se produit à Suse le
miracle de Pourim, qui s’achève par une heure de gloire pour le peuple
Juif. Ce sera Darius II le Perse, fils d’Ahashverosh, qui redonnera l’aval
aux juifs pour reprendre la construction du Beit haMikdash, permettant
aussi un nouveau rapatriement de quelque 40.000 juifs en Israël, sous
l’égide de Nehemia puis d’Ezra.

Dans la troisième année de Koresh roi de Perse – alors


Vers. 1
que Koresh avait donné l’ordre d’interrompre la
reconstruction Beit haMikdash, une révélation fut faite à Daniel, encore
nommé Beltshatsar. Véridique était cette révélation et à longue portée5
– elle avait pour but d’expliquer le sens des derniers épisodes, et de
prédire les évènements futurs, jusqu’à la venue du Mashia’h. L’on
s’appliqua à me faire comprendre le propos, et à me faire comprendre la
vision – cette nouvelle révélation vint en fait compléter et clore les
révélations antécédentes, qui se produisirent sous 2 formes : le propos
– les paroles de l’ange, et la vision – les rêves des 4 bêtes féroces et
du bélier et du bouc.

5- Notons que l’expression ‫ –[וֶ ֱא ֶמת ַהדָּ ָבר] וְ צָ ָבא גָ דוֹ ל‬que nous avons traduite par ‘longue portée’, peut aussi dire
‘grande armée/troupes’. Rav Saadia Gaon interprète qu’Hashem prononce Ses verdicts en se concertant avec la
cour céleste. Aussi, pour attester la future réalisation de ces prophéties, Daniel mérita de voir qu’elles ont été
prononcées et acceptées par toute la cour céleste.

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MOUSSAR - Daniel
Vers. 2-3 A cette période – de la 3e année de Koresh, moi Daniel,
j’étais plongé dans le deuil –à cause de l’arrêt des travaux
du Beit haMikdash– durant trois semaines complètes. Et même la nuit,
lorsque je mangeai, je ne mangeai point de pain raffiné, aucune viande
ni vin n’entrèrent dans ma bouche, et je ne m’oignis d’aucune huile
[parfumée], jusqu’à ce que fussent révolues trois semaines complètes – 3
semaines en parallèle avec les 3 exils d’Israël restants : la Perse, la
Grèce, et Rome. [Malbim]

‫יתי ַעל יַ ד ַה ָ ּנ ָהר ַה ָ ּגדוֹ ל‬


ִ ִ‫אשוֹ ן וַ ֲאנִ י ָהי‬
ׁ ‫ש ִרים וְ ַא ְר ָ ּב ָעה לַ ח ֶֹד ׁש ָה ִר‬
ׂ ְ ‫ד ו ְּביוֹ ם ֶע‬
:‫הוּא ִחדָּ ֶקל‬
4Le vingt-quatrième jour du premier mois, je me trouvais au bord du
grand fleuve Hidekel – le Tigre.

Vers. 4 Le vingt-quatrième jour du premier mois – soit, au terme


des 21 jours de jeûne et de deuil. Or, le 1er mois, c’est
Nissan… Cela signifie que Daniel était si peiné et endeuillé sur
Jérusalem, qu’il ne mangea pas de viande et ne but pas les 4 verres de
vin à Pessa’h ! [Rassag] – je me trouvais au bord du grand fleuve Hidekel –
le Tigre.
Nos Maîtres [Mekhilta Bo, Cf aussi Even Yé’hia] expliquent qu’en dehors d’Israël, les
fleuves et eaux vives sont propices à la vision prophétique, car ces
lieux sont symboles de la purification. Aussi, toutes les prophéties
de Yehezkel ou de Daniel qui vivaient en Babylone ou en Perse, se
produisirent à proximité d’une source d’eau.
l

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MOUSSAR - Daniel
‫שא ֶאת ֵעינַ י וָ ֵא ֶרא וְ ִה ֵ ּנה ִא ׁיש ֶא ָחד לָ בו ּׁש ַ ּבדִּ ים ו ָּמ ְתנָ יו ֲחגֻ ִרים‬ ׂ ָ ּ ‫ה וָ ֶא‬
‫ ו וּגְ וִ ָ ּיתוֹ כְ ַת ְר ׁ ִש ׁיש ו ָּפנָ יו ְּכ ַמ ְר ֵאה ָב ָרק וְ ֵעינָ יו ְּכלַ ִּפ ֵידי ֵא ׁש‬:‫ְ ּבכֶ ֶתם או ָּפז‬
:‫וּזְ רֹע ָֹתיו ו ַּמ ְר ְ ּגל ָֹתיו ְּכ ֵעין נְ ח ׁ ֶֹשת ָקלָ ל וְ קוֹ ל דְּ ָב ָריו ְּכקוֹ ל ָהמוֹ ן‬
5 Je levai les yeux et regardai, et je vis soudain un personnage, vêtu
de lin et ayant autour des reins une ceinture d’or pur. 6 Son corps
était pareil au Tarchich (une topaze bleu azur), sa face brillait comme
l’éclair et ses yeux comme des torches enflammées. Ses bras et ses
pieds ressemblaient à de l’airain poli, et le son de ses paroles éclatait
comme le bruit d’une multitude /d’une foule.

D ans cette séquence, Daniel décrit l’allure de l’ange Gavriel qui s’est
dévoilé à lui. Il va sans dire que ces descriptions physiques ne sont
pas à prendre au sens simple, car un ange –spirituel– n’a pas de forme
corporelle. Toutes ces descriptions ont en fait pour but de préciser les
conduites qu’Hashem ou les autres formes célestes adoptent envers
nous. Un peu comme dans la poésie où les notions et sentiments sont
véhiculées par des images et métaphores, la vision prophétique porte
un message qui ‘s’habille’ dans une image matérielle, que le prophète
perçoit et décode directement, selon des règles très rigoureuses.
[Ajoutons qu’à un niveau plus profond, il existe un rapport intrinsèque
entre l’attitude spirituelle et la représentation matérielle qui la
symbolise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Torah prescrit
longuement la confection des vêtements du Cohen Gadol et des
ustensiles du Mishkan, selon des compositions et alliages très précis,
car ces matières influent par leur symbole sur les mondes supérieurs
pour actionner des forces et conduites spirituelles – de bonté, de
rigueur, de miséricorde. C’est encore sur ce principe que se fondent
nombre de Ségoulot – augures ou rituels propices à améliorer des
situations.]

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147
MOUSSAR - Daniel

P osons donc d’entrée quelques principes de métaphore [fondés sur


les commentaires de Malbim, Ralbag ou Even Ye’hia], afin de proposer ensuite une

traduction commentée fluide :


- Les vêtements de lin symbolisent la simplicité, l’humilité. Ces
vêtements en général blancs évoquent le Hessed – la bonté.
- L’or symbolise la rigueur, par sa couleur semblable au feu.
- Le Tarshish –sorte de topaze de couleur bleu azur rappelle le ciel.
Aussi, le corps en Tarshish exprime l’être spirituel.
- L’éclair est une lumière éclatante qui surgit un court instant. Il
représente ainsi la perception humaine du spirituel. En effet,
l’homme foncièrement matériel ne parvient pas à méditer de manière
continue sur des notions spirituelles. Il les perçoit plutôt sous forme
de flashes qui l’élèvent et lui permettent de voir clair durant un
instant, pour retomber très vite dans sa perception sensorielle et
matérielle des choses.
- Les yeux semblables à des torches expriment le fait que l’ange
Gavriel éclaire les yeux de l’homme qui aspire à voir et comprendre
le spirituel.
- Les pieds et les mains représentent l’action et le mouvement.
- Selon Even Ye’hia, le cuivre est un métal qui s’use et s’érode ; il
représente donc ce monde matériel. Ralbag quant à lui met plutôt
l’accent sur le fait que le cuivre poli scintille, et servait à l’époque
de miroir. Aussi, il exprime plutôt le fait que l’homme parvient à
percevoir le spirituel grâce aux images que l’ange Gavriel illustre.
- une voix comme le bruit d’une foule exprime la forte intensité et la
transcendance du propos.

148 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
L’ange décrit dans cette séquence est Gavriel, dont la fonction est
en quelque sorte la synapse ou le point de contact entre le monde
spirituel et le monde matériel. Les Rishonim [Kozari, Rabeinou Behayé…] qualifient
l’ange Gavriel de Sekhel haPoel – l’esprit actif, car c’est lui qui traduit
les notions spirituelles purement abstraites en images et notions
perceptibles par l’homme, appelé par opposition Sekhel Nif’al – l’esprit
passif, qui reçoit de quelqu’un d’autre.

Je levai les yeux et regardai, et je vis soudain un personnage


Vers.5-6
singulier –l’ange Gavriel, vêtu de lin –blanc et simple,
symbole de pureté– ce blanc recouvrait sa partie
supérieure, tandis qu’autour des reins –dans sa partie inférieure, soit,
ce que les mondes inférieurs perçoivent de lui– une ceinture d’or pur –
symbole de la rigueur, car la fonction de l’ange Gavriel est l’exécution
des sentences du tribunal céleste.
Son corps était pareil au Tarchich – pierre précieuse de couleur bleu azur,
symbole de spiritualité, sa face brillait comme l’éclair –pour permettre
à l’homme de percevoir les messages d’Hashem– et ses yeux étaient
comme des torches enflammées – éclairent les yeux de ceux qui aspirent
à le voir. Ses bras et ses pieds ressemblaient à de l’airain poli – sa
fonction est de dévoiler dans ce monde inférieur la volonté d’Hashem,
et le son de ses paroles éclatait comme le bruit d’une foule – intense, car
ces propos transcendants ne prêtent pas à confusion.

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MOUSSAR - Daniel
‫יתי ֲאנִ י ָדנִ ֵ ּיאל לְ ַבדִּ י ֶאת ַה ּ ַמ ְר ָאה וְ ָה ֲאנָ ׁ ִשים ֲא ׁ ֶשר ָהי ּו ִע ִּמי ל ֹא ָרא ּו‬ ִ ‫ז וְ ָר ִא‬
‫ ח וַ ֲאנִ י‬:‫יהם וַ ִ ּי ְב ְרח ּו ְ ּב ֵה ָח ֵבא‬ ֶ ֵ‫ֶאת ַה ּ ַמ ְר ָאה ֲא ָבל ֲח ָר ָדה גְ דֹלָ ה נָ ְפלָ ה ֲעל‬
‫נִ ׁ ְש ַא ְר ִּתי לְ ַבדִּ י וָ ֶא ְר ֶאה ֶאת ַה ּ ַמ ְר ָאה ַה ְ ּגדֹלָ ה ַה ּזֹאת וְ ל ֹא נִ ׁ ְש ַאר ִ ּבי כּ ֹח וְ הוֹ ִדי‬
‫ ט וָ ֶא ׁ ְש ַמע ֶאת קוֹ ל דְּ ָב ָריו וּכְ ׁ ָש ְמ ִעי‬:‫נֶ ְה ַּפ ְך ָעלַ י לְ ַמ ׁ ְש ִחית וְ ל ֹא ָעצַ ְר ִּתי כּ ַֹח‬
‫ י וְ ִה ֵ ּנה יָ ד נָ גְ ָעה‬:‫יתי נִ ְרדָּ ם ַעל ָּפנַ י ו ָּפנַ י ָא ְרצָ ה‬ ִ ִ‫ֶאת קוֹ ל דְּ ָב ָריו וַ ֲאנִ י ָהי‬
:‫ִ ּבי וַ ְּתנִ ֵיענִ י ַעל ִ ּב ְר ַ ּכי וְ כַ ּפוֹ ת יָ ָדי‬
7 Moi Daniel, je fus seul à voir la vision, tandis que les hommes qui
étaient avec moi ne la voyaient point, bien qu’une grande frayeur
étrange s’empara d’eux, et durent s’enfuir pour se cacher. 8 Je
demeurai donc seul, et, à la vue de cette grande apparition, mes forces
m’abandonnèrent, mon visage s’altéra jusqu’à en devenir livide, et je
m’effondrai de faiblesse. 9 J’entendis le son de ses paroles. À l’écoute
du son de ses paroles, je m’évanouis, la face contre terre. 10 Mais
voilà qu’une main m’effleura et me secoua mes genoux et la paume
de mes mains.

Vers. 5-6 Moi Daniel, je fus seul à voir la vision, tandis que les
hommes qui étaient avec moi – les 3 camarades de
Daniel, Hananya Mishaël et Azaryia – ne la voyaient point, bien qu’une
grande frayeur étrange s’empara d’eux, et durent s’enfuir pour se cacher.
La Guemara [Meguila 3a] explique à ce propos qu’un homme est parfois
saisi d’une crainte profonde sans en comprendre la raison, parce que,
concrètement, sa Neshama [ou l’ange qui veille sur lui] voit un danger
que ses yeux matériels ne perçoivent pas.

Vers. 8-9 Je demeurai donc seul, et, à la vue de cette grande


apparition, mes forces m’abandonnèrent, mon visage
s’altéra jusqu’à en devenir livide, et je m’effondrai de faiblesse – le

150 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
contraste entre la perception pure du spirituel et la réalité matérielle
du corps est difficilement supportable6, jusqu’à ce que le prophète
s’habitue à se déconnecter et s’élever totalement au-dessus de la
matière. – J’entendis le son de ses paroles. À l’écoute du son de ses
paroles – outre la vision elle-même qui est déjà insupportable,
entendre sa voix était encore plus difficile, et je m’évanouis [terrifié], la
face contre terre.

Vers. 10 Mais voilà qu’une main m’effleura et me secoua mes


genoux et la paume de mes mains – pour me réveiller. Ou
encore, selon Even Ye’hia : la main l’a relevé pour le mettre à 4 pattes,
sur ses paumes et ses genoux.

ָ ֶ‫ֹאמר ֵאלַ י דָּ נִ ֵ ּיאל ִא ׁיש ֲח ֻמדוֹ ת ָה ֵבן ַ ּבדְּ ָב ִרים ֲא ׁ ֶשר ָאנֹכִ י ד ֵֹבר ֵאל‬
‫יך‬ ֶ ‫יא וַ ּי‬
‫יך ו ְּב ַד ְ ּברוֹ ִע ִּמי ֶאת ַהדָּ ָבר ַה ֶּזה‬ ָ ֶ‫וַ ֲעמֹד ַעל ָע ְמ ֶד ָך ִּכי ַע ָּתה ׁ ֻש ַ ּל ְח ִּתי ֵאל‬
‫אשוֹ ן‬ׁ ‫ֹאמר ֵאלַ י ַאל ִּת ָירא ָדנִ ֵ ּיאל ִּכי ִמן ַהיּוֹ ם ָה ִר‬ ֶ ‫ יב וַ ּי‬:‫ָע ַמ ְד ִּתי ַמ ְר ִעיד‬
‫ֲא ׁ ֶשר נָ ַת ָּת ֶאת לִ ְ ּב ָך לְ ָה ִבין וּלְ ִה ְת ַענ ת לִ ְפנֵ י ֱאל ֶֹהיך נִ ְש ְמע ּו ְד ָב ֶריך וַ ֲאנִ י‬
ָ ׁ ָ ֹ‫ּו‬
‫ש ִרים וְ ֶא ָחד יוֹ ם‬ ׂ ְ ‫שר ַמלְ כוּת ָּפ ַרס ע ֵֹמד לְ נֶ גְ דִּ י ֶע‬ ׂ ַ ְ‫ יג ו‬:‫יך‬ ָ ‫אתי ִ ּב ְד ָב ֶר‬
ִ ‫ָב‬
‫אשנִ ים ָ ּבא לְ ָעזְ ֵרנִ י וַ ֲאנִ י נוֹ ַת ְר ִּתי ׁ ָשם ֵאצֶ ל‬
ֹ ׁ ‫ש ִרים ָה ִר‬ ׂ ָ ּ ‫וְ ִה ֵ ּנה ִמיכָ ֵאל ַא ַחד ַה‬
:‫ַמלְ כֵ י ָפ ָרס‬
‫אתי לַ ֲה ִבינְ ָך ֵאת ֲא ׁ ֶשר יִ ְק ָרה לְ ַע ְּמ ָך ְ ּב ַא ֲח ִרית ַה ָ ּי ִמים ִּכי עוֹ ד ָחזוֹ ן‬ ִ ‫יד ו ָּב‬
:‫לַ ָ ּי ִמים‬
11Il me dit : « Daniel, homme de prédilection, saisis bien le sens des
paroles que je t’adresse et remets-toi d’aplomb, car présentement j’ai

6- Cette notion est encore explicite dans la Torah. Lorsque Hashem se dévoila au Sinaï pour donner la Torah, les Bnei
Israël ne purent supporter l’intensité de la révélation, et demandèrent à Moshé d’être leur intermédiaire devant
Hashem pour recevoir tout seul ces révélations. Le Midrash raconte que ce dévoilement était si intense que les Bnei
Israël moururent littéralement, et qu’Hashem dut les ressusciter en les aspergeant de la rosée de la résurrection !

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
151
MOUSSAR - Daniel
été dépêché vers toi. » Tandis qu’il me tenait ce discours, je me relevai
en tremblant. 12 Il ajouta : « N’aie de crainte, Daniel, car dès le premier
jour où tu as pris à cœur de méditer et de te mortifier devant ton
Dieu, tes paroles ont été agréées, et c’est grâce à tes paroles que je
suis venu. 13 Or, le prince de l’empire de Perse m’a tenu tête durant
vingt-et-un jours. Mais enfin Mikhaël, l’un des princes supérieurs, est
venu me prêter main-forte, de sorte que je pus me tenir face aux rois
de Perse.
14 Et je suis venu pour t’exposer clairement ce qui adviendra à ton
peuple à la fin des jours, car cette vision aussi se réfère aux temps
éloignés.

Il me dit : « Daniel, homme de prédilection – tant apprécié


Vers. 11-13
du ciel devant Hashem, les anges, et sur terre, en vertu
de ta droiture et ta sincérité [Tan’houma Vayéra 5], saisis bien le sens des paroles
que je t’adresse et remets-toi d’aplomb, car présentement j’ai été dépêché
vers toi. »
Tandis qu’il me tenait ce discours, je me relevai en tremblant. Il ajouta :
« N’aie de crainte, Daniel, car dès le premier jour où tu as pris à cœur de
méditer –de porter à cœur les exils d’Israël– et de te mortifier devant
ton Dieu, tes paroles ont été agréées, et c’est en vertu d’elles que je suis
venu – pour te dévoiler ce qu’il adviendra au peuple d’Israël jusqu’à la
grande Rédemption.
Or, si je m’attardai tellement depuis maintenant 3 semaines, alors que
dès le 1er jour, je reçus l’ordre de venir à toi, c’est parce que le prince
de l’empire de Perse m’a tenu tête durant vingt-et-un jours. – Chaque
nation a un ange protecteur dans le ciel. Or, l’heure de gloire de la Perse
incita son ange à accuser davantage Israël… Mais enfin Mikhaël, l’un

152 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
des princes supérieurs, est venu me prêter main-forte, de sorte que je pus
me tenir face aux rois de Perse – et épargner Israël de peiner et souffrir
sous le joug de cet empire7 !

Vers. 14 Et maintenant, je suis venu pour t’exposer clairement ce


qui adviendra à ton peuple à la fin des jours –lorsque je
n’aurai pas la capacité de tenir tête contre les anges des autres
empires–, car cette vision aussi que je m’apprête à te révéler porte sur
ce qu’il adviendra à Israël aux temps éloignés. Tu pourras ainsi prévenir
et avertir les Bnei Israël des épreuves qu’ils endureront, afin qu’ils les
surmontent en toute confiance et fidélité !

‫ טז וְ ִה ֵ ּנה‬:‫טו ו ְּב ַד ְ ּברוֹ ִע ִּמי ַ ּכדְּ ָב ִרים ָה ֵא ֶ ּלה נָ ַת ִּתי ָפנַ י ַא ְרצָ ה וְ נֶ ֱאלָ ְמ ִּתי‬
‫ש ָפ ָתי וָ ֶא ְפ ַּתח ִּפי וָ ֲא ַד ְ ּב ָרה וָ א ְֹמ ָרה ֶאל ָהע ֵֹמד‬ ׂ ְ ‫ִּכ ְדמוּת ְ ּבנֵ י ָא ָדם נֹגֵ ַע ַעל‬
‫יך יוּכַ ל‬ ְ ‫ יז וְ ֵה‬:‫לְ נֶ גְ דִּ י ֲאדֹנִ י ַ ּב ּ ַמ ְר ָאה נֶ ֶה ְפכ ּו צִ ַירי ָעלַ י וְ ל ֹא ָעצַ ְר ִּתי כּ ַֹח‬
‫ֶע ֶבד ֲאדֹנִ י זֶ ה לְ ַד ֵ ּבר ִעם ֲאדֹנִ י זֶ ה וַ ֲאנִ י ֵמ ַע ָּתה ל ֹא יַ ֲע ָמד ִ ּבי כ ַֹח וּנְ ׁ ָש ָמה ל ֹא‬
:‫נִ ׁ ְש ֲא ָרה ִבי‬
‫ֹאמר ַאל ִּת ָירא ִא ׁיש‬ ֶ ‫ יט וַ ּי‬:‫יח וַ ּי ֶֹסף וַ ִ ּי ַ ּגע ִ ּבי ְּכ ַמ ְר ֵאה ָא ָדם וַ יְ ַח ְּז ֵקנִ י‬
‫ֲח ֻמדוֹ ת ׁ ָשלוֹ ם לָ ְך ֲחזַ ק וַ ֲחזָ ק ו ְּב ַד ְ ּברוֹ ִע ִּמי ִה ְת ַח ַּז ְק ִּתי וָ א ְֹמ ָרה יְ ַד ֵ ּבר ֲאדֹנִ י‬
:‫ִּכי ִח ַּז ְק ָּתנִ י‬
15Tandis qu’il s’adressait à moi en ces termes, j’abaissai mes regards
vers la terre et demeurai muet. 16 Mais alors un personnage qui
avait une forme humaine toucha mes lèvres. J’ouvris la bouche et
m’exprimai, et demandai à celui qui se tenait face à moi : « Seigneur,
par suite de ma vision, de poignantes angoisses m’ont saisi, et mes

7- Constatons que, sans les prières de Daniel, l’ange Gavriel n’aurait pas été envoyé en mission,
n’aurait donc pas eu la possibilité de lutter contre lui, et la Perse aurait durci davantage les
souffrances d’Israël… Comme la prière sincère d’un seul juif peut épargner tout un peuple de misères !

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
153
MOUSSAR - Daniel
forces m’ont abandonné. 17 Comment le serviteur de ce seigneur
pourrait s’adresser à ce seigneur, alors que nulle force ne subsistait
en moi et qu’il ne me restait plus de souffle ? »
18 De nouveau une forme humaine me toucha et me renforça, 19 en
me disant : « N’aie pas peur, homme de prédilection ! Que la paix soit
avec toi ! Sois fort ! Sois fort ! » Comme il me parlait, je repris courage
et je dis : « Que mon seigneur parle, car tu m’as réconforté ! »

Vers. 15 Tandis qu’il me parlait en ces termes – m’annonçait les


futures souffrances d’Israël, j’abaissai mes regards vers
la terre et demeurai muet.

Vers. 16-17 Mais alors, un personnage qui avait une forme humaine
toucha mes lèvres – constatant ma faiblesse et mon
incapacité à percevoir ces visions, l’ange ne voulut m’effrayer
davantage, et épousa une forme d’homme [Rassag]. [Even Ye’hia ajoute que
l’ange a voilé et diminué l’intensité de la vision.]
J’ouvris alors la bouche et m’exprimai, demandant à celui qui se tenait
face à moi : « Seigneur, par suite de ma vision précédente, mes membres
se sont désarticulés, et mes forces m’ont abandonné. Comment alors,
le serviteur du seigneur pourrait-il s’adresser à ce seigneur – soit :
comment moi, qui me tiens devant toi qui te présente avec une forme
humaine, pourrais-je me tenir devant l’autre, qui m’apparut sous une
forme si terrifiante ! Je crains que nulle force ne subsisterait en moi et
qu’il ne me resterait plus de souffle ! » - Je crains de ne pas avoir les
capacités de recevoir une autre vision si intense !

De nouveau, cette forme d’homme me toucha et me


Vers. 18-19
renforça, en me disant : « N’aie pas peur, homme de

154 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
prédilection ! Que la paix soit avec toi ! Sois fort – dans tes forces
physiques! Sois fort – dans tes forces morales, car ton cœur sensible
aux souffrances d’Israël doit pourtant savoir l’avenir ! »
Comme il me parlait, je repris courage et je dis : « Que mon seigneur parle
car tu m’as réconforté ! » - je suis enfin prêt à recevoir cette vision dans
toute sa puissance !

ָ ֶ‫אתי ֵאל‬
ׂ ַ ‫יך וְ ַע ָּתה ָא ׁשוּב לְ ִה ָ ּל ֵחם ִעם‬
‫שר ָּפ ָרס‬ ֶ ‫כ וַ ּי‬
ִ ‫ֹאמר ֲהיָ ַד ְע ָּת לָ ּ ָמה ָ ּב‬
ָ ּ
‫ כא ֲא ָבל ַא ִגיד לְ ך ֶאת ָה ָרשוּם ִ ּבכְ ָתב ֱא ֶמת‬:‫וַ ֲאנִ י יוֹ צֵ א וְ ִה ֵ ּנה ַשר יָ וָ ן ָ ּבא‬
ׁ ׂ
ׂ ַ ‫וְ ֵאין ֶא ָחד ִמ ְת ַח ֵּזק ִע ִּמי ַעל ֵא ֶ ּלה ִּכי ִאם ִמיכָ ֵאל‬
:‫ש ְרכֶ ם‬
20 Il me répliqua : « Sais-tu pourquoi je suis venu à toi ? À présent,
je dois retourner lutter contre le prince de Perse, [mais] lorsque j’en
aurais fini avec lui, ce sera au tour du prince de la Grèce de venir.
21 Mais j’ai à te révéler d’abord ce qui est consigné dans un écrit
véridique: personne ne me soutient dans ma lutte contre ceux-ci, sauf
Mikhaël, votre prince à vous.»

Vers.20 Il me répliqua : « A présent, tu sais pourquoi je suis venu à


toi – pour t’annoncer ce qui se produira aux prochains
exils. Sache que, pour l’instant, je vais pouvoir retourner lutter contre le
prince de Perse – car 3 autres rois perses doivent se succéder, et je
peux encore contrer leur ange pour que la Perse n’alourdisse pas son
joug sur Israël. Mais lorsque j’en aurai fini avec lui, ce sera au tour du
prince de Grèce de monter. Contre lui, je ne pourrais plus intercéder pour
alléger les épreuves d’Israël…
Aussi, je ne peux que te révéler le décret consigné par le sceau de vérité
d’Hashem, qui a décrété cet exil. Par cela, Israël parviendra à tenir bon
devant ces prochaines souffrances. Sache donc qu’aucun ange du ciel

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155
MOUSSAR - Daniel
ne me soutient dans ma lutte contre ceux-ci, sauf Mikhaël, votre prince
[d’Israël]. » – Comme l’explique le Malbim, nous découvrirons au ch.12
que Mikhaël est l’ange qui intercède devant le tribunal céleste en
faveur d’Israël pour répondre aux accusations des autres nations. Si
après tellement de siècles de persécutions, Israël continue d’exister,
c’est grâce aux plaidoyers de notre prince Mikhaël qui parvient, de son
haut rang, à éveiller la miséricorde d’Hashem pour qu’Il daigne mettre
un terme à nos épreuves avant qu’il ne soit trop tard !
Ici s’achève le ch.10, alors que Gavriel a à peine commencé ses
révélations… Rendez-vous au prochain numéro pour la suite, Beezrat
Hashem ! Dans l’espoir que, d’ici là, nous mériterons enfin de voir
de nos propres yeux la concrétisation de toutes les promesses de
Rédemption !

156 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Daniel
LA MISHNA ÉTUDE
DU JOUR QUOTIDIENNE

Programme de Mishna
du 12 Av 5780 au 14 Tishrei 5781
02 / 08 / 20 au 02 / 10 / 20

Retrouvez nos cours


tous les jours en vidéo sur
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157
‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.18 Mishna 2‬‬ ‫‪12 Av 5780‬‬
‫‪02 / 08 / 20‬‬
‫ַל‬‫אכ‬
‫מֲ‬ ‫לַ‬‫ִינָן ְ‬
‫תק‬ ‫הְ‬
‫ִם ִ‬ ‫ִים‪ ,‬א‬ ‫רד‬‫ֵי זְָ‬ ‫ִיל‬
‫חב‬‫ִים וַ ֲ‬ ‫עצ‬‫ֵי ֵ‬‫ִיל‬‫חב‬ ‫ַׁש וַ ֲ‬‫ֵי ק‬‫ִיל‬ ‫חב‬ ‫ֲ‬ ‫אגֻּדֹות‪ְ :‬ז ָר ִדים‪ַ .‬ע ְנ ֵפי‬
‫אֹותם‬‫ָ‬ ‫ָר ִדין‬ ‫ׁש ְּמז ְ‬
‫ילי‪ֲ .‬‬
‫ילן ַל ִחים ֶ‬
‫ֲח ִב ֵ‬
‫ָה ִא ָ‬
‫ֶת‬‫ִין א‬‫אֹותן‪ּ .‬כֹופ‬
‫ָ‬ ‫ִין‬
‫טל‬‫לְ‬‫טְ‬‫מַ‬‫ֵין ְ‬‫ָאו‪ ,‬א‬ ‫ִם ל‬ ‫אֹותן‪ .‬וְא‬
‫ָ‬ ‫ִין‬
‫טל‬ ‫לְ‬ ‫טְ‬
‫מַ‬‫ָה‪ְ ,‬‬ ‫ְהמ‬ ‫ּב ֵ‬ ‫ּכֹופין ֶאת‬
‫רֹוחים‪.‬‬
‫ִ‬
‫ָה ֶא ְפ ִ‬
‫א ַכל ְּב ֵהמֹות‪:‬‬
‫ִל ְפנֵי‬
‫ְל ַמ ֲ‬
‫ַה ַּסל‬
‫ִין‬
‫ָה‪ּ ,‬דֹוח‬‫רח‬‫ּב ְ‬
‫ׁש ָ‬
‫ֶת ֶ‬
‫רנְגֹל‬
‫ּת ְ‬
‫ְדּו‪ַ .‬‬
‫ֲלּו וְיֵר‬
‫ׁשּיַע‬
‫ֵי ֶ‬‫ּכד‬‫ִים‪ְ ,‬‬
‫ְרֹוח‬‫אפ‬ ‫הֶ‬ ‫פנֵי ָ‬
‫לְ‬‫ַל ִ‬ ‫הּס‬‫ַ‬ ‫הוֵי‪,‬‬ ‫יכנוֹ ֹלא ֲ‬
‫עֹומ ִדים‬ ‫ְ‬
‫ּומ ַב ֵּטל ְּכ ִלי ֵמ ֵה ָ‬
‫רֹוחים‬‫ׁש ֵאין ָה ֶא ְפ ִ‬
‫ְ‬
‫ֶ‬
‫ִּׁשה‬
‫ִים‪ .‬א ָ‬ ‫רּב‬
‫הַ‬ ‫ְׁשּות ָ‬‫ּבר‬
‫ִין ִ‬‫סיָח‬‫ִין ּו ְ‬
‫עגָל‬‫ִין ֲ‬‫דּד‬‫מַ‬‫ּכנֵס‪ְ .‬‬
‫ּת ָ‬
‫ׁש ִ‬
‫ַד ֶ‬ ‫אֹותּה ע‬
‫ָ‬ ‫אֹומר ֵאין ְּכ ִלי ִנ ָּטל‬
‫מֹוקי‬
‫ָע ָליו‪ְ .‬ו ָה ֵ‬
‫ֶא ָּלא ְלצ ֶֹרךְ ָּד ָבר ַה ִּנ ָּטל‪ֵ ,‬‬
‫ַת‬‫אח‬‫ֵל ַ‬ ‫ׁשהּוא נֹוט‬‫ַן ֶ‬
‫ּבזְמ‬
‫ָתי‪ִ ,‬‬
‫ֵימ ַ‬‫ָה‪ ,‬א‬ ‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬
‫ַר ַ‬‫אמ‬‫ּבנָּה‪ָ .‬‬‫ֶת ְ‬ ‫ָה א‬ ‫דּד‬‫מַ‬‫ְ‬ ‫יתין ְּב ָצ ִריךְ ִל ְמקֹומֹו‬
‫ׁש ָּב ְר ָחה‪ִ .‬מן ַה ַּב ִית‪:‬‬
‫ְל ַמ ְת ִנ ִ‬
‫ׁשל ְּכ ִלי‪ֶ :‬‬ ‫ֶ‬
‫ָסּור‪:‬‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬‫היָה גֹור‬ ‫ִם ָ‬‫ָל א‬‫אב‬ ‫ַת‪ֲ ,‬‬ ‫אח‬ ‫חַ‬ ‫מנִי ַ‬
‫ּו ֵ‬ ‫ָד ִים‪ַ :‬עד‬
‫א ָבל‬
‫אֹותּה‪ַּ .‬בּי ַ‬
‫ּדֹוחין‪ֲ ,‬‬
‫ִ‬
‫ָ‬ ‫ּדֹוחין‬
‫ִ‬
‫ׁש ִּת ָּכנֵס‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא‬ ‫ֶ‬
‫ׁש ַה ַּת ְר ְנג ֶֹלת‬‫ֹלא ְמ ַד ִּדין‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ֵע לֹו‬
‫ַענ ַ‬
‫ּומנ ֲ‬‫ּומ ִּסיעֹו ְ‬‫גֹוררֹו ַ‬‫ּוב ְצ ָד ָדיו ְו ְ‬
‫אֹוחז ְּב ַצּוָארוֹ ִ‬‫ֵ‬ ‫ּוׁש ָאר עֹופֹות ְמ ַד ִּדין‪ְ :‬מ ַד ִּדין ֲע ָג ִלים‪.‬‬
‫ָזין ְ‬‫א ָבל ַאּו ִ‬
‫ׁשהּוא ְמ ַט ְל ְט ָלּה‪ֲ .‬‬ ‫ַמ ְג ַּב ַהת ַע ְצ ָמּה ִמן ָה ָא ֶרץ ְו ִנ ְמ ָצא ֶ‬
‫יח ַא ַחת‬‫יע ֶאת ַר ְג ָליו ֵמ ִנ ַ‬ ‫ׁש ַה ִּתינֹוק ֵמ ִנ ַ‬‫יח ַא ַחת‪ְּ .‬כ ֶ‬‫ּומ ִנ ַ‬
‫ּנֹוטל ַא ַחת ֵ‬‫ׁש ֵ‬ ‫הֹולְך‪ֶ :‬‬
‫יע ַר ְג ָליו ְו ֵ‬‫חֹוריו ְוהּוא ֵמ ִנ ַ‬
‫א ָ‬ ‫רֹועיו ֵמ ֲ‬ ‫ּׁשה ְמ ַד ָּדה ֶאת ְּבנָּה‪ַ .‬‬
‫אֹוח ְזּת ֹו ִּב ְז ָ‬ ‫ַר ְג ָליו‪ְ :‬ו ָה ִא ָ‬
‫ָתיהּ‪:‬‬
‫ימ ַתי ַּב ִּמ ְׁשנָה ֹלא ָּבא ַל ֲחֹלק ֶא ָּלא ְל ָפ ֵרׁש ִּד ְב ֵרי ֲח ָכ ִמים‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ִה ְל ְכ ָתא ְּכו ֵ‬‫הּודה ֵא ָ‬
‫ׁש ָא ַמר ַר ִּבי ְי ָ‬‫ּנֹוׂשאתוֹ‪ְ .‬ו ָכל ָמקֹום ֶ‬ ‫ׁש ָ‬‫ּגֹורר ָאסּור‪ֶ .‬‬ ‫א ָבל ֵ‬ ‫יּה ַא ַחת‪ֲ :‬‬ ‫ּומ ְג ִּב ַ‬
‫ַ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.18 Mishna 3‬‬ ‫‪13 Av 5780‬‬
‫‪03 / 08 / 20‬‬
‫ֶת‬
‫ִין א‬ ‫ּלד‬
‫מיְַ‬
‫ִין‪ּ .‬ו ְ‬‫עד‬‫סֲ‬‫מַ‬
‫ָל ְ‬ ‫אב‬‫ְיֹום טֹוב‪ֲ ,‬‬ ‫ָה ב‬‫ְהמ‬‫הּב ֵ‬
‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬‫ּלד‬
‫מיְַ‬‫ֵין ְ‬
‫א‬ ‫מֹוׁש ִכין‬
‫ְ‬ ‫ַּל ִדין‪ֵ .‬אין‬
‫ָלד ִמן ָה ֶר ֶחם ְּביֹום טֹוב‪,‬‬
‫ֵאין ְמי ְ‬
‫ַהּו ָ‬
‫ֶיה‬
‫על ָ‬ ‫ִין ָ‬‫ּלל‬
‫חְ‬‫מַ‬‫ָקֹום‪ּ ,‬ו ְ‬
‫למ‬‫ָקֹום ְ‬ ‫מּמ‬
‫ָה ִ‬‫כמ‬ ‫חָ‬‫ָּה ֲ‬
‫ִין ל‬‫ָת‪ ,‬וְקֹור‬‫ְׁשּב‬
‫ִּׁשה ּב ַ‬
‫הא ָ‬‫ָ‬ ‫א ָבל‬
‫ָלד‬
‫ירא‪ֲ :‬‬ ‫יּכא ִט ְר ָחא ְי ֵת ָ‬
‫אֹוחז ֶאת ַהּו ָ‬ ‫ֵ‬
‫ְּד ִא ָ‬
‫ְמ ַס ֲע ִדין‪.‬‬
‫ָל‬
‫ִין‪ .‬וְכ‬
‫חֹותכ‬
‫ַף ְ‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ֵי אֹומ‬
‫ִי יֹוס‬
‫רּב‬
‫ַּבּור‪ַ .‬‬
‫הּט‬
‫ֶת ַ‬‫ִין א‬ ‫ְקֹוׁשר‬
‫ָת‪ ,‬ו ְ‬ ‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬
‫א‬ ‫ׁשֹּלא ִיּפֹל ָל ָא ֶרץ‪ֲ :‬ח ָכ ָמה‪.‬‬
‫ִמ ָּמקֹום‬ ‫יאה‪:‬‬ ‫ְּב ִק ָ‬ ‫ַּל ֶדת‬‫ְמי ֶ‬
‫ֶ‬

‫ָת‪:‬‬‫ְׁשּב‬
‫עֹוׂשין ּב ַ‬
‫ָה ִ‬ ‫ִיל‬‫ֵי מ‬ ‫רכ‬
‫צְ‬‫ָ‬ ‫חֹוׁש ִׁשין ְל ִאּסּור‬
‫יה ֶאת‬
‫ְ‬ ‫ְל ָמקֹום‪ְ .‬ו ֵאין‬
‫ּומ ַח ְּל ִלין ָע ֶל ָ‬
‫חּומים‪ְ :‬‬ ‫ְּת ִ‬
‫יֹוׁש ֶבת‬
‫ׁש ִהיא ֶ‬ ‫ּׁש ָּבת‪ִ .‬מ ָּׁש ָעה ֶ‬ ‫ַה ַ‬
‫ֹלׁשה ְו ַעד‬‫א ִני ְמ ַח ְּל ִלין‪ִ .‬מ ְּׁש ָ‬
‫יכה ֲ‬‫א ִני ֵּבין ֹלא ָא ְמ ָרה ְצ ִר ָ‬ ‫יכה ֲ‬ ‫ָל ָדה‪ֵּ ,‬בין ָא ְמ ָרה ְצ ִר ָ‬ ‫ׁשּי ְ‬
‫ָמים ַא ַחר ֶ‬ ‫ֹלׁשה י ִ‬
‫ׁשֹותת ַעד ָּכל ְׁש ָ‬ ‫ֵ‬ ‫ּומ ְת ִחיל ַה ָּדם ִל ְהיֹות‬ ‫ַעל ַה ַּמ ְׁש ֵּבר ַ‬
‫יה‬
‫עֹוׂשים ְצ ָר ֶכ ָ‬
‫א ָבל ִ‬ ‫א ִני ֵאין ְמ ַח ְּל ִלין‪ֲ ,‬‬
‫יכה ֲ‬‫א ִפּלוּ ָא ְמ ָרה ְצ ִר ָ‬
‫ֹלׁשים‪ֲ ,‬‬ ‫א ִני ֵאין ְמ ַח ְּל ִלין‪ִ .‬מ ִּׁש ְב ָעה ְו ַעד ְׁש ִ‬ ‫יכה ֲ‬ ‫א ִני ְמ ַח ְּל ִלין‪ֹ ,‬לא ָא ְמ ָרה ְצ ִר ָ‬ ‫יכה ֲ‬ ‫ִׁש ְב ָעה‪ָ ,‬א ְמ ָרה ְצ ִר ָ‬
‫ׁשהּוא ָארְֹך‪ְ ,‬ו ִאם ֹלא ִי ְק ְׁשרּוהּו‬ ‫ָלד ֶ‬ ‫קֹוׁש ִרים ַה ַּטּבּור‪ֶ .‬‬
‫ׁשל ו ָ‬ ‫ָכ ִרי‪ְ :‬ו ְ‬ ‫עֹוׂשין ְצ ָר ָכיו ַעל ְי ֵדי נ ְ‬
‫ׁש ֵאין ּבֹו ַס ָּכנָה ִ‬ ‫ׁש ֵאין ּבֹו ַס ָּכנָה‪ְ ,‬ו ָד ָבר ֶ‬
‫חֹולה ֶ‬
‫ׁש ִהיא ְּכ ֶ‬ ‫ָכ ִרי ִמ ְּפנֵי ֶ‬‫ַעל ְי ֵדי נ ְ‬
‫נֹות ִנין‬
‫ַּקים אֹותֹו ְו ְ‬ ‫ּומנ ִ‬
‫חֹות ִכין אֹותֹו ְ‬ ‫ׁש ְ‬ ‫יֹוסי ֶ‬ ‫חֹות ִכין‪ .‬ו ֲ‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֵ‬ ‫אֹומר ַאף ְ‬ ‫יֹוסי ֵ‬ ‫ּכֹור ִתין אֹותֹו ְּב ַׁש ָּבת ְל ִד ְב ֵרי ָּתנָא ַק ָּמא‪ַ :‬ר ִּבי ֵ‬‫א ָבל ֵאין ְ‬ ‫ֵצאּו ֵמ ָעיו‪ֲ .‬‬ ‫ְו ִי ְכ ְרכּוהּו י ְ‬
‫ילה ַמאי ִניהוּ‪:‬‬ ‫ידךְ ִּפ ְר ָקא ְמ ָפ ֵרׁש ְל ָצ ְר ֵכי ִמ ָ‬ ‫ׁש ָּבת‪ְ .‬‬
‫ּול ַק ָּמן ְּב ִא ָ‬ ‫עֹוׂשין ְּב ַ‬
‫ילה ִ‬ ‫ּיֹוצא ּבֹו‪ְ :‬ו ָכל ָצ ְר ֵכי ִמ ָ‬
‫ה ַדס ְו ַכ ֵ‬ ‫א ַבק ֲ‬ ‫ָע ָליו ֲ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.19 Mishna 1‬‬ ‫‪14 Av 5780‬‬
‫‪04 / 08 / 20‬‬
‫ָת‬‫ְׁשּב‬
‫ִיאֹו ב ַ‬
‫מב‬‫ָת‪ְ ,‬‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬‫ער‬ ‫מֶ‬
‫ִי ֵ‬
‫כל‬‫ִיא ְ‬‫הב‬‫ִם ֹלא ֵ‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬‫עזֶר אֹומ‬ ‫ִי ֶ‬‫אל‬‫ִי ֱ‬‫רּב‬
‫ַ‬ ‫אֹומר ִאם ֹלא‬ ‫ֵ‬ ‫יעזֶר‬
‫ֵה ִביא ְכ ִלי‪ִ .‬א ְז ֵמל ָלמּול‬
‫א ִל ֶ‬‫ַר ִּבי ֱ‬

‫עזֶר‪,‬‬
‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ִים‪ .‬וְעֹוד ָ‬ ‫עד‬‫ִי ֵ‬‫ַל ּפ‬
‫ֵהּו ע‬ ‫כּס‬
‫מַ‬‫ּכנָה‪ְ ,‬‬
‫ּס ָ‬
‫בַ‬‫ֶה‪ּ .‬ו ַ‬‫מגֻּל‬
‫ְ‬ ‫ׁש ָּבת‬
‫יבה‬
‫ֶאת ַה ִּתינֹוק‪ְ :‬מ ִביאֹו ְב ַ‬
‫ׁש ֲח ִב ָ‬ ‫יע ֶ‬ ‫ֻּלה‪ְ .‬ל ִ‬
‫הֹוד ַ‬ ‫ְמג ֶ‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ָל ָ‬‫ּכל‬
‫רזֶל‪ְ .‬‬‫בְ‬
‫ִי ַ‬‫ּכל‬
‫ֲׂשֹות ְ‬
‫לע‬‫ִין וְַ‬
‫חמ‬‫ּפ ָ‬
‫ֲׂשֹות ֶ‬ ‫לע‬
‫ִים ַ‬ ‫עצ‬‫ְתין ֵ‬ ‫ּכֹור ִ‬ ‫יה‬‫ׁש ְּמ ַח ְּל ִלים ָע ֶל ָ‬
‫ּוב ַּס ָּכנָה‪ֶ .‬‬
‫ׁש ָּג ְזרּו‬
‫ִמ ְצוָה זֹו‪ֶ ,‬‬
‫ֶאת ַה ַּׁש ָּבת‪ַ :‬‬
‫ָה‬‫ֵינָּה ּדֹוח‬
‫ָת א‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬‫ֲׂשֹותּה ֵ‬
‫לע ָ‬ ‫ְׁשר ַ‬
‫אפ ָ‬‫ׁש ֶ‬
‫ָה ֶ‬ ‫ָאכ‬‫מל‬‫ָל ְ‬ ‫ָא‪ּ ,‬כ‬ ‫ִיב‬‫עק‬‫ֲ‬ ‫ילה‪ְ :‬מ ַכ ֵּסהּו ַעל‬
‫ׁש ִא ְז ֵמל‬ ‫ָעידּו ֶ‬
‫ֵרה ַעל ַה ִּמ ָ‬
‫ִּפי ֵע ִדים‪ֶ .‬‬
‫ׁשּי ִ‬
‫ְּגז ָ‬

‫ָת‪:‬‬‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬
‫ָה א‬ ‫ָת ּדֹוח‬‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬
‫מֶ‬‫ֲׂשֹותּה ֵ‬
‫לע ָ‬ ‫ְׁשר ַ‬‫אפ ָ‬‫ִי ֶ‬
‫ְׁשא‬
‫ָת‪ ,‬ו ֶ‬ ‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫א‬ ‫ׁשל ִמ ְצוָה הּוא ֵמ ִביא‪ְ ,‬וֹלא‬
‫נֹוׂשא ְׁש ָאר‬ ‫ׁשהּוא ֵ‬ ‫ַח ְׁשדּוהוּ ֶ‬
‫ֶ‬
‫יְ‬
‫ּדֹוחין‬
‫ׂשֹותן ֵמ ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ֵאין ִ‬
‫הֹואיל ְו ֶא ְפ ָׁשר ַל ֲע ָ‬ ‫ִ‬ ‫ילה‪,‬‬
‫ירי ִמ ָ‬ ‫ׂשֹותּה‪ְּ .‬כגֹון ַמ ְכ ִׁש ֵ‬
‫ׁשר ַל ֲע ָ‬ ‫ׁש ֶא ְפ ָ‬
‫אכה ֶ‬‫ילה‪ָּ :‬כל ְמ ָל ָ‬
‫ֲח ָפ ָציו‪ְ :‬ו ַל ֲעׂשֹות ַּב ְרזֶל‪ְּ .‬כ ֵדי ַל ֲעׂשֹות ִא ְז ֵמל ְל ִמ ָ‬
‫ַה ָל ָכה‬
‫ּדֹוחה ַׁש ָּבת‪ .‬ו ֲ‬
‫יני‪ָ ,‬‬‫ׁש ִאי ֶא ְפ ָׁשר ָלּה ֵל ָעׂשֹות‪ִּ ,‬ד ְז ַמ ָּנהּ ַּב ְּׁש ִמ ִ‬‫ילה ַע ְצ ָמּה ֶ‬‫ׁש ָּבת‪ְּ .‬כגֹון ִמ ָ‬‫ׂשֹותּה ֵמ ֶע ֶרב ַ‬
‫ׁשר ַל ֲע ָ‬ ‫ׁש ִאי ֶא ְפ ָ‬
‫יעזֶר‪ֶ :‬‬
‫א ִל ֶ‬‫ּופ ֵליג ַא ְּד ַר ִּבי ֱ‬
‫ֶאת ַה ַּׁש ָּבת‪ָ ,‬‬
‫יבא‪:‬‬ ‫ְּכ ַר ִּבי ֲע ִק ָ‬

‫‪158‬‬
‫‪MERCREDI‬‬
‫‪15 Av 5780‬‬
‫‪05 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.19 Mishna 2‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫חֹותְך ֶאת ָה ָע ְר ָלה‪:‬‬ ‫ֵ‬


‫ּופֹור ִעין‪ָ .‬העֹור ַה ְמ ַכ ֶּסה רֹאׁש‬
‫מֹוה ִלין‪.‬‬
‫ֲ‬
‫ְ‬
‫ְנֹותנִין‬
‫ִין‪ ,‬ו ְ‬ ‫צצ‬‫ִין‪ּ ,‬ומֹו ְ‬ ‫רע‬‫ִין‪ּ ,‬ופֹו ְ‬
‫מֹוהל‬
‫ָת‪ֲ ,‬‬ ‫ְׁשּב‬
‫ָה ב ַ‬ ‫ִיל‬
‫ֵי מ‬‫רכ‬‫צְ‬‫ָל ָ‬ ‫עֹוׂשין ּכ‬
‫ִ‬
‫ּומֹוצ ִצים‪ֶ .‬את ַה ָּדם‪ְ ,‬ו ַאף‬
‫ּבּורה‪,‬‬
‫עֹוׂשה ַח ָ‬ ‫ֶ‬ ‫ׁשהּוא‬
‫ְ‬ ‫ַה ִּגיד‪:‬‬
‫ַעל ִּפי ֶ‬
‫ְׁשּנָיו‬
‫ֵס ּב ִ‬‫ָת‪ ,‬לֹוע‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬ ‫מֶ‬‫ַק ֵ‬ ‫ׁשח‬
‫ִם ֹלא ָ‬ ‫ַּמֹון‪ .‬א‬ ‫לנִית וְכ‬
‫ּפ ָ‬
‫סְ‬ ‫אְ‬‫ֶיה ִ‬
‫על ָ‬‫ָ‬
‫ׁש ֵאין ַה ָּדם ִנ ָּתק ֵמ ִחּבּורוֹ ֶא ָּלא‬
‫יצה‪ִ :‬א ְס ְּפ ָל ִנית‪.‬‬ ‫ַעל ְי ֵדי ְמ ִצ ָ‬
‫ֶ‬ ‫ְמֹו וְזֶה‬‫עצ‬‫בַ‬‫ָתן זֶה ְ‬ ‫ָת‪ ,‬יִּנ ֵ‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬‫ֶן ֵ‬‫ְׁשמ‬
‫ַף יַיִן ו ֶ‬‫טר‬‫ִם ֹלא ָ‬ ‫ְנֹותן‪ .‬א‬
‫ו ֵ‬
‫לֹועס ְּב ִׁשּנָיו‪ְּ .‬ד ָכל‬ ‫ֵ‬ ‫ֹׁשת‪:‬‬
‫ַמה ְּד ֶא ְפ ָׁשר ְל ַׁשּנֹות ְמ ַׁשּנֶה‪:‬‬
‫ַּת ְחּב ֶ‬ ‫ְטּוט‪.‬‬ ‫מר‬‫סַ‬‫ֶיה ְ‬
‫על ָ‬ ‫ְֵך ָ‬
‫ָל ּכֹור‬ ‫אב‬‫ָה‪ֲ ,‬‬ ‫חּל‬
‫ַּת ִ‬
‫לכ ְ‬‫ָלּוק ְ‬‫ָּה ח‬ ‫עֹוׂשין ל‬
‫ֵין ִ‬ ‫ְמֹו‪ .‬וְא‬‫עצ‬
‫בַ‬‫ְ‬
‫ילים‬ ‫ׁש ֶמן‪ְ .‬ר ִג ִ‬
‫ַין ְו ֶ‬
‫טֹור ִפים ִּב ְק ָע ָרה‬ ‫ְ‬
‫ִאם ֹלא ָט ַרף י ִ‬
‫ׁש ָהיּו‬
‫ָהיּו ֶ‬
‫ֵר‬‫חצ‬ ‫מָ‬
‫ִּלּו ֵ‬
‫אפ‬‫ִיא‪ ,‬וַ ֲ‬
‫מב‬ ‫ָעֹו ּו ֵ‬‫צּב‬
‫אְ‬‫ַל ֶ‬ ‫ְֵך ע‬
‫ָת‪ּ ,‬כֹור‬‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬‫ִין ֵ‬
‫תק‬ ‫הְ‬‫ִם ֹלא ִ‬ ‫א‬
‫ַחד‬ ‫אֹותן י ַ‬
‫ָ‬
‫ילה‪ְּ ,‬כ ֶד ֶרְך‬
‫ּומ ָע ְר ִבין‬
‫ׁש ֶמן ְ‬
‫פּואה ַעל ַה ִּמ ָ‬
‫י ִַין ְו ֶ‬
‫ִל ְר ָ‬
‫ֶת‪:‬‬‫ַחר‬
‫אֶ‬
‫יכ ֶּסה ֶאת ַה ִּגיד‪ֹ :‬לא ִה ְת ִקין‪ֹ .‬לא ִה ְז ִמין‪:‬‬ ‫ַחזֹר ָהעֹור ִו ַ‬ ‫ׁשֹּלא י ְ‬ ‫ֶקב ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ילה ְּבאֹותֹו ַהּנ ֶ‬
‫יסין ַה ִּמ ָ‬
‫ּומ ְכ ִנ ִ‬
‫קּובה‪ַ ,‬‬‫ׁשל ֶּבגֶד ְנ ָ‬
‫יכה ֶ‬ ‫יצים ַּב ְּק ָע ָרה‪ָ :‬חלּוק‪ֲ .‬ח ִת ָ‬ ‫ּטֹור ִפים ֵּב ִ‬
‫ׁש ְ‬ ‫ֶ‬
‫א ִפּלוּ‬‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו‪ֶ ,‬א ָּלא ֲ‬ ‫א ִפּלוּ ֵמ ָח ֵצר ַא ֶח ֶרת‪ֹ .‬לא ִמ ָ‬
‫יּב ְעיָא ִמ ַּב ִית ְל ַב ִית ְּבאֹותֹו ָח ֵצר ַאף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫הֹוצ ָאה ַּבחֹל‪ֲ :‬‬
‫ּכֹורְך ַעל ֶא ְצ ָּבעֹו‪ֶּ .‬ד ֶרְך ַמ ְלּבּוׁש ְל ַׁשּנֹותֹו ִמ ֶּד ֶרְך ָ‬
‫ֵ‬
‫ׁש ֵאינָּה ְמע ֶֹר ֶבת ִע ָּמ ֶהם‪:‬‬ ‫ְל ָח ֵצר ַא ֶח ֶרת ֶ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪16 Av 5780‬‬
‫‪06 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.19 Mishna 3‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫יצין ֶאת ַה ָּק ָטן‪ַ .‬האי‬


‫יצין ָלאו ְּכ ַד ְרּכֹו הּוא‪,‬‬
‫ִין‬
‫ַמ ְר ִח ִ‬
‫ַמ ְר ִח ִ‬
‫ּלפ‬
‫מזְַ‬
‫ָה‪ּ ,‬ו ְ‬
‫ִיל‬‫הּמ‬‫ַר ַ‬ ‫אח‬‫לַ‬ ‫ֵין ְ‬
‫ָה ּוב‬ ‫ִיל‬‫הּמ‬‫פנֵי ַ‬
‫לְ‬ ‫ֵין ִ‬
‫ָן‪ּ ,‬ב‬‫ּקט‬
‫הָ‬ ‫ֶת ַ‬‫ִין א‬ ‫ִיצ‬‫רח‬‫מְ‬
‫ַ‬
‫יׁשא‬ ‫רֹוׁשי ֵר ָ‬
‫ַּלף ַּבּיָד‪,‬‬
‫יפא ְל ָפ ֵ‬
‫יצין ְּכגֹון ְלז ֵ‬
‫ְּד ָתנָא ֵס ָ‬
‫יצד ַמ ְר ִח ִ‬
‫ִין‬
‫ֵּכ ַ‬
‫ִיצ‬‫רח‬‫מְ‬ ‫ֵר‪ַ ,‬‬‫ריָה אֹומ‬ ‫עזְַ‬‫ֶן ֲ‬‫עזָר ּב‬‫לָ‬‫אְ‬‫ִי ֶ‬‫רּב‬
‫ִי‪ַ .‬‬ ‫כל‬‫בְ‬‫ָל ֹלא ִ‬ ‫אב‬‫ּבּיָד‪ֲ ,‬‬
‫ָיו ַ‬‫על‬
‫ָ‬
‫ַּלף ָאסּור‪,‬‬ ‫א ִפּלוּ ְלז ֵ‬ ‫א ָבל ִּב ְכ ִלי ֲ‬
‫ׁש ֵּכן ִל ְרחֹץ ְּכ ַד ְרּכֹו‪ַ :‬ר ִּבי‬ ‫ְו ָכל ֶ‬
‫ַר (בראשית‬
‫ֲ‬ ‫אמ‬ ‫ׁשּנֶ ֱ‬
‫ָת‪ֶ ,‬‬ ‫ְׁשּב‬
‫ִהיֹות ּב ַ‬‫ָל ל ְ‬‫ׁשח‬ ‫ִיׁשי ֶ‬
‫ּׁשל ִ‬‫הְ‬‫ַּיֹום ַ‬
‫ָן ּב‬
‫ּקט‬‫הָ‬‫ֶת ַ‬‫א‬
‫ַריָה כוּ'‪ָּ .‬פ ֵליג‬
‫יצין‬
‫ֶא ְל ָעזָר ֶּבן ֲעז ְ‬
‫ַא ַּתּנָא ַק ָּמא ְו ָס ַבר ַמ ְר ִח ִ‬
‫ֵין‬
‫ְרֹוגִינֹוס א‬‫אנְּד‬
‫ֵק וְ ַ‬ ‫ספ‬ ‫ִים‪ָ .‬‬ ‫אב‬‫יֹותם ּכֹ ֲ‬
‫ִה ָ‬‫ִיׁשי ּב ְ‬
‫ּׁשל ִ‬‫הְ‬‫ַּיֹום ַ‬
‫ְהי ב‬
‫לד) וַי ִ‬
‫ֶאת ַה ָּק ָטן ְּכ ַד ְרּכֹו ֵּבין ִל ְפנֵי‬
‫ילה‪,‬‬ ‫ילה ֵּבין ְל ַא ַחר ַה ִּמ ָ‬ ‫ַה ִּמ ָ‬
‫ְרֹוגִינֹוס‪:‬‬‫אנְּד‬‫ּב ַ‬
‫ַּתיר ְ‬‫ָה מ ִ‬ ‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬‫ָת‪ ,‬וְַ‬‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬‫ָיו א‬‫על‬‫ִין ָ‬‫ּלל‬
‫חְ‬‫מַ‬
‫ְ‬
‫ַּמי ֵּבין‬‫ילה נ ִ‬ ‫יׁשי ַל ִּמ ָ‬‫ּובּיֹום ַה ְּׁש ִל ִ‬
‫ַ‬
‫ַריָה‪ָ :‬ס ֵפק‪ֶּ .‬בן ְׁשמֹנָה ֳח ָד ִׁשים ָס ֵפק ֶּבן ִּת ְׁש ָעה‪.‬‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֶא ְל ָעזָר ֶּבן ֲעז ְ‬
‫הּוחמ ּו ְּב ַׁש ָּבת ַע ְצמֹו‪ְּ ,‬ד ַס ָּכנַת ְנ ָפׁשֹות ִהיא‪ ,‬ו ֲ‬
‫ׁש ְ‬ ‫הּוחמוּ ְּב ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ֵּבין ְּב ַח ִּמין ֶ‬
‫ׁש ְ‬ ‫ְּב ַח ִּמין ֶ‬
‫רֹוגינֹוס‪ְ .‬ו ַתּנָא ַק ָּמא‪,‬‬ ‫רֹוגינֹוס‪ִ .‬מ ִּד ְכ ִתיב ִהּמֹול ָל ֶכם ָּכל ז ָ‬
‫ָכר ְל ַרּבֹות ַא ְנ ְּד ִ‬ ‫הּודה ַמ ִּתיר ְּב ַא ְנ ְּד ִ‬
‫ּדֹוחה ַׁש ָּבת‪ְ :‬ו ַר ִּבי ְי ָ‬
‫ילתֹו ָ‬ ‫ְּד ִאי ֶּבן ְׁשמֹנָה ְּכ ֶא ֶבן ְּב ָע ְל ָמא הּוא ְו ֵאין ִמ ָ‬
‫הּודה‪:‬‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬
‫ׁש ֶח ְציֹו ְנ ֵק ָבה‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬
‫ָצא זֶה ֶ‬‫ׁשהּוא ֻּכּלֹו ָע ֵרל‪ ,‬י ָ‬ ‫ָע ְר ָלתֹו ְּכ ִתיב‪ִ ,‬מי ֶ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪17 Av 5780‬‬
‫‪07 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.19 Mishna 4‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ׁש ָהיּו לֹו ְׁש ֵּתי ִתינֹוקֹות‬


‫מֹור ֵאי ַּב ְּג ָמ ָרא‬
‫ִמי ֶ‬
‫ְוכוּ'‪ְּ .‬פ ִליגֵי ָא ָ‬
‫ָמּול‬‫ָד ל‬
‫אח‬‫ָת וְ ֶ‬‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ַר ַ‬‫אח‬ ‫ָמּול ַ‬‫ָד ל‬‫אח‬‫תינֹוקֹות‪ֶ ,‬‬‫ּתי ִ‬
‫ׁש ֵ‬
‫היּו לֹו ְ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִי ֶ‬ ‫מ‬
‫ְּב ִג ְר ַסת ִמ ְׁשנָה זֹו‪ְ ,‬ו ַה ִּג ְר ָסא‬
‫ּבֹותי ִע ָּקר ָּכְך ִהיא‪,‬‬ ‫ׁש ָּת ְפסּו ַר ַ‬
‫ֶ‬
‫ָמּול‬‫ָד ל‬
‫אח‬‫חּיָב‪ֶ .‬‬‫ָת‪ַ ,‬‬ ‫ְׁשּב‬
‫ָת ּב ַ‬
‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ַר ַ‬
‫אח‬‫ׁשל ַ‬ ‫ֶת ֶ‬ ‫ָל א‬‫ַח ּומ‬ ‫ְׁשכ‬
‫ָת‪ ,‬ו ָ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ּב ַ‬
‫ׁש ָהיּו לֹו ְׁש ֵּתי ִתינֹוקֹות‪,‬‬
‫ֶא ָחד ָלמּול ַא ַחר ַׁש ָּבת ְו ֶא ָחד‬
‫ִמי ֶ‬ ‫ָת‬‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬‫ער‬‫ׁשל ֶ‬ ‫ֶת ֶ‬ ‫ָל א‬ ‫ַח ּומ‬‫ְׁשכ‬
‫ָת‪ ,‬ו ָ‬
‫ְׁשּב‬
‫ָמּול ּב ַ‬‫ָד ל‬‫אח‬ ‫ָת וְ ֶ‬‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬ ‫ּב ֶ‬
‫ְ‬
‫ּומל ֶאת‬ ‫ָלמּול ְּב ַׁש ָּבת‪ְ ,‬ו ָׁש ַכח ָ‬
‫ׁשל ַא ַחר ַׁש ָּבת ְּב ַׁש ָּבת‪ַ ,‬חּיָב‪.‬‬ ‫ֶ‬
‫ֵר‪:‬‬
‫ע ּפֹוט‬‫ְהֹוׁש ַ‬
‫ִי י ֻ‬ ‫רּב‬‫ָאת‪ ,‬וְַ‬
‫חּט‬‫חּיֵב ַ‬
‫מַ‬‫עזֶר ְ‬
‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬
‫רּב‬‫ָת‪ַ ,‬‬ ‫ְׁשּב‬
‫ּב ַ‬
‫ֶא ָחד ָלמּול ְּב ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ְו ֶא ָחד‬
‫ׁשל ַא ַחר ַה ַּׁש ָּבת ְּב ַׁש ָּבת‬‫ּומל ֶאת ֶ‬ ‫רּוׁשּה‪ָׁ ,‬ש ַכח ָ‬
‫ּפֹוטר‪ְ .‬ו ָה ִכי ֵּפ ָ‬
‫הֹוׁש ַע ֵ‬ ‫יעזֶר ְמ ַחּיֵב ַח ָּטאת ְו ַר ִּבי ְי ֻ‬ ‫א ִל ֶ‬ ‫ׁשל ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ְּב ַׁש ָּבת‪ַ ,‬ר ִּבי ֱ‬‫ּומל ֶאת ֶ‬ ‫ָלמּול ְּב ַׁש ָּבת‪ְ ,‬ו ָׁש ַכח ָ‬
‫מֹודה‪ֶ :‬א ָחד ָלמּול ְּב ַׁש ָּבת‬ ‫הֹוׁש ַע ֶ‬
‫א ִפּלוּ ַר ִּבי ְי ֻ‬‫ּוב ָהא ֲ‬
‫ׁשל ַא ַחר ַה ַּׁש ָּבת ְּב ַׁש ָּבת‪ְ ,‬‬ ‫ּומל ֶאת ֶ‬ ‫ׁש ִה ְק ִּדים ָ‬‫ה ֵרי ָט ָעה ִּב ְד ַבר ִמ ְצוָה ְוֹלא ָע ָׂשה ִמ ְצוָה ְּכ ֶ‬ ‫ׁש ֲ‬‫ַחּיָב ְל ִד ְב ֵרי ַהּכֹל‪ֶ ,‬‬
‫ּדֹוחה ַׁש ָּבת‪ְ .‬ו ַאף ַעל ַּגב ְּד ָט ָעה ִּב ְד ַבר‬
‫ׁשֹּלא ִּב ְז ַמּנָּה ֵאינָּה ָ‬ ‫ילה ֶ‬ ‫יעזֶר ְמ ַחּיֵב ַח ָּטאת‪ְּ .‬ד ִמ ָ‬ ‫א ִל ֶ‬
‫ׁשל ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ְּב ַׁש ָּבת‪ַ ,‬ר ִּבי ֱ‬ ‫ּומל ֶאת ֶ‬ ‫ְו ֶא ָחד ָלמּול ְּב ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ְו ָׁש ַכח ָ‬
‫יעזֶר‬‫א ִל ֶ‬ ‫ירא ֵליּה ְל ַר ִּבי ֱ‬
‫ּדֹוחה ַׁש ָּבת‪ְ ,‬ס ִב ָ‬
‫ׁש ֵאינֹו ֶ‬ ‫ה ֵרי ָראּוי הּוא ָלמּול ֶא ָּלא ֶ‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ּומּתֹוְך ָּכְך ָט ָעה ָּבזֶה‪ְ ,‬ו ַאף ָּבזֶה ָע ָׂשה ִמ ְצוָה ֶ‬ ‫ׁשל ַׁש ָּבת ִ‬‫ׁש ָהיָה ָטרּוד ְּבאֹותֹו ֶ‬ ‫ִמ ְצוָה ֶ‬
‫ּדֹוחה ֶאת ַה ַּׁש ָּבת‬ ‫ׁש ֵאינָּה ָ‬ ‫ירא ֵליּה ָט ָעה ִּב ְד ַבר ִמ ְצוָה ְו ָע ָׂשה ִמ ְצוָה ֶ‬ ‫ּפֹוטר‪ִּ .‬ד ְס ִב ָ‬
‫הֹוׁש ַע ֵ‬
‫ּדֹוחה ֶאת ַה ַּׁש ָּבת ַחּיָב‪ְ :‬ו ַר ִּבי ְי ֻ‬ ‫ׁש ֵאינָּה ָ‬ ‫ָט ָעה ִּב ְד ַבר ִמ ְצוָה ְו ָע ָׂשה ִמ ְצוָה ֶ‬
‫הֹוׁש ַע‪:‬‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ֻ‬
‫עֹוׂשה‪ .‬ו ֲ‬
‫ׁש ִּב ְרׁשּות ֵּבית ִּדין הּוא ֶ‬ ‫ָּפטּור‪ֵּ ,‬כיוָן ְּד ָסבּור ָהיָה ֶ‬

‫‪159‬‬
‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.19 Mishna 5‬‬ ‫‪19 Av 5780‬‬
‫‪09 / 08 / 20‬‬
‫ִׁשנֵים‬
‫ָׂשר‪ ,‬וְל ְ‬
‫ַד ע ָ‬ ‫אח‬‫לַ‬ ‫ָה‪ּ ,‬ו ְ‬ ‫ֲׂשר‬
‫לע ָ‬ ‫ָה‪ ,‬וְַ‬ ‫ׁשע‬
‫ְת ְ‬
‫ִׁשמֹנָה‪ ,‬ל ִ‬
‫ָן נִּמֹול ל ְ‬‫קט‬‫ָ‬ ‫נֹולד ֵּבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות ִנּמֹול‬
‫יני‬
‫ה ֵרי יֹום ְׁש ִמ ִ‬ ‫ׁש ֲ‬‫ְל ִת ְׁש ָעה‪ֶ .‬‬
‫ַ‬

‫ֵין‬
‫לב‬‫ַד ְ‬ ‫ִׁשמֹנָה‪ .‬נֹול‬
‫ְּכֹו‪ ,‬ל ְ‬
‫דר‬‫ּכ ַ‬
‫ַד‪ְ .‬‬‫ֵיצ‬‫הא ּכ‬ ‫יֹותר‪ָ .‬‬
‫ָחֹות וְֹלא ֵ‬ ‫ָׂשר‪ֹ ,‬לא פ‬
‫עָ‬ ‫ׁש ָּמא‬‫ׁשל ָמ ָחר הּוא ִנּמֹול‪ְ ,‬ו ֶ‬
‫ֵּבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות יֹום הּוא ְו ִנּמֹול‬
‫ֶ‬

‫ָת‪ ,‬נִּמֹול‬‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫ׁשל ֶ‬‫ָׁשֹות ֶ‬ ‫ּׁשמ‬
‫הְ‬ ‫ֵין ַ‬‫ָה‪ּ .‬ב‬‫ׁשע‬‫ְת ְ‬
‫ָׁשֹות‪ ,‬נִּמֹול ל ִ‬
‫ּׁשמ‬
‫הְ‬ ‫ַ‬ ‫יעי‪ָ .‬היָה ַהּיֹום ֶע ֶרב ַׁש ָּבת‬ ‫ַל ְּת ִׁש ִ‬
‫ִאי ֶא ְפ ָׁשר ְלמּולוֹ ְּב ַׁש ָּבת ַה ָּבא‪,‬‬
‫ִים‬‫ׁשנֵי יָמ‬
‫ָׂשר‪ְ .‬‬‫ַד ע ָ‬‫אח‬ ‫לַ‬‫ָת‪ ,‬נִּמֹול ְ‬ ‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ַר ַ‬‫אח‬‫לַ‬‫ָה‪ .‬יֹום טֹוב ְ‬ ‫ֲׂשר‬
‫לע ָ‬‫ַ‬ ‫יעי הּוא ְו ַה ְויָא ַלּה‬
‫ּדֹוחה‬
‫ׁש ָּמא ְּת ִׁש ִ‬
‫ׁשֹּלא ִּב ְז ַמּנָּה ְו ֵאינָּה ָ‬ ‫ילה ֶ‬
‫ְּד ֶ‬
‫ִמ ָ‬
‫ֵין‬
‫ֶה‪ ,‬א‬ ‫החֹול‬ ‫ָן ַ‬‫קט‬‫ָׂשר‪ָ .‬‬‫ִׁשנֵים ע ָ‬
‫ּׁשנָה‪ ,‬נִּמֹול ל ְ‬‫הָ‬ ‫ׁשל רֹאׁש ַ‬‫ִים ֶ‬ ‫טֹוב‬ ‫ַׁש ָּבת‪ְ ,‬ו ָצ ִריְך ְל ַה ְמ ִּתין ַעד ְל ַא ַחר‬
‫ירי‪ָ :‬חל יֹום‬ ‫ׁשהּוא ֲע ִׂש ִ‬ ‫ַה ַּׁש ָּבת ֶ‬
‫ִיא‪:‬‬‫בר‬‫ׁשּיְַ‬
‫ַד ֶ‬
‫ִין אֹותֹו ע‬‫מֹוהל‬
‫ֲ‬ ‫ּׁש ָּבת‪ֵ .‬אין‬
‫ּדֹוחה אֹותֹו‪,‬‬
‫טֹוב ִל ְהיֹות ַא ַחר ַה ַ‬
‫ׁשֹּלא ִּב ְז ַמּנָּה ָ‬ ‫ילה ֶ‬ ‫ִמ ָ‬
‫ָמים‬ ‫ְו ִנּמֹול ְל ַא ַחד ָע ָׂשר‪ְׁ :‬שנֵי י ִ‬
‫ַב ִריא‪ְ .‬וי ַ‬
‫ַע ְברּו‬ ‫ׁשּי ְ‬
‫ׁשל רֹאׁש ַה ָּׁשנָה‪ִ ,‬נּמֹול ִל ְׁשנֵים ָע ָׂשר‪ַ :‬עד ֶ‬
‫ּׁש ִני ֶ‬
‫ּדֹוחה ֶאת יֹום טֹוב ַה ֵ‬
‫ׁשֹּלא ִּב ְז ַמּנָּה ָ‬
‫ילה ֶ‬ ‫ּׁשנָה‪ִּ .‬ד ְק ֻד ָּׁשה ַא ַחת ֵהן‪ְ ,‬ו ֵאין ִמ ָ‬
‫ׁשל רֹאׁש ַה ָ‬ ‫טֹובים ֶ‬‫ִ‬
‫ׁש ִה ְב ִריא‪ְ ,‬ו ַא ַחר ָּכְך ָמ ִלין אֹותֹו‪:‬‬
‫ָמים ְׁש ֵל ִמים ֵמ ֵעת ְל ֵעת ִמּיֹום ֶ‬ ‫ָע ָליו ִׁש ְב ָעה י ִ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.19 Mishna 6‬‬ ‫‪20 Av 5780‬‬
‫‪10 / 08 / 20‬‬
‫ֶת רֹב‬ ‫ֶה א‬ ‫החֹופ‬
‫ָׂשר ַ‬‫ָה‪ּ ,‬ב ָ‬‫ִיל‬
‫הּמ‬
‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬
‫ּכב‬
‫עְ‬‫מַ‬‫הְ‬‫ִין ַ‬‫ִיצ‬‫הן צ‬ ‫ֵּלּו ֵ‬
‫א‬ ‫ׁשל ָּב ָׂשר‬ ‫ימין ֶ‬ ‫יצין‪ְּ .‬כ ִמין ִנ ִ‬
‫ארּו ִמן ָה ָע ְר ָלה‪ֲ :‬ע ָט ָרה‪.‬‬
‫ִצ ִ‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ֲ‬
‫ֶ‬
‫ּפנֵי‬
‫מְ‬ ‫ְנֹו ִ‬
‫ְתּק‬
‫ָׂשר‪ ,‬מ ַ‬
‫ַל ּב ָ‬‫בע‬‫היָה ַ‬
‫ִם ָ‬‫ָה‪ .‬וְא‬
‫ַּתרּומ‬
‫ֵל ּב ְ‬
‫ֵינֹו אֹוכ‬
‫ָה‪ .‬וְא‬
‫טר‬‫עָ‬‫הֲ‬‫ָ‬ ‫בֹוהה ַה ַּמ ֶּק ֶפת ֶאת‬
‫יֹורד‬
‫ִהיא ָׂש ָפה ְּג ָ‬
‫ּומ ֶּמּנָה ְמ ַׁש ֵּפ ַע ְו ֵ‬
‫ַה ִּגיד ָס ִביב‪ִ ,‬‬
‫ָל‪:‬‬
‫ִּלּו ֹלא מ‬
‫ּכא‬
‫ָה‪ְ ,‬‬
‫ִיל‬
‫הּמ‬
‫ֶת ַ‬ ‫ַע א‬‫פר‬
‫ָל וְֹלא ָ‬‫עיִן‪ .‬מ‬
‫הָ‬‫ִית ָ‬‫רא‬‫מְ‬‫ַ‬ ‫חֹופה ֶאת רֹב‬
‫יתין‪ֹ ,‬לא‬
‫ּוב ָׂשר ַה ֶ‬ ‫ְלרֹאׁשֹו‪ָ .‬‬
‫ָה ֲע ָט ָרה ְּד ָק ָתנֵי ַמ ְת ִנ ִ‬
‫א ִפּלוּ רֹב‬ ‫ימא רֹב ֶה ֵּק ָפּה ֶא ָּלא ֲ‬ ‫ֵּת ָ‬
‫רּומה‬
‫ֶא ַמר ַּב ְּת ָ‬ ‫ֹאכל ּבֹו‪ְ ,‬ונ ֱ‬
‫ּתֹוׁשב ְו ָׂש ִכיר ֹלא י ַ‬ ‫ָ‬ ‫ֶא ַמר ְּב ֶפ ַסח‬‫רּומה‪ .‬נ ֱ‬
‫אכֹל ִּב ְת ָ‬ ‫רּומה‪ִ .‬אם ּכ ֵֹהן הּוא‪ְּ ,‬דכ ֵֹהן ָע ֵרל ָאסּור ֶל ֱ‬ ‫אֹוכל ַּב ְּת ָ‬ ‫ָּג ְב ָהה ְּב ָמקֹום ֶא ָחד‪ְ :‬ו ֵאינֹו ֵ‬
‫ׁש ְּל ַמ ְע ָלה ֵמ ָע ְר ָלתֹו ְל ַא ַחר‬ ‫ׂשר‪ֶ .‬‬
‫ׁש ָהיָה ָׁש ֵמן ְו ִנ ְר ֶאה ָּב ָׂשר ֶ‬ ‫סּורה ְל ָע ֵרל‪ְ :‬ו ִאם ָהיָה ַב ַעל ָּב ָ‬ ‫א ָ‬ ‫רּומה ֲ‬ ‫ֹאכל ּבֹו‪ַ ,‬מה ֶּפ ַסח ָאסּור ְל ָע ֵרל‪ַ ,‬אף ְּת ָ‬ ‫ּתֹוׁשב ּכ ֵֹהן ְו ָׂש ִכיר ֹלא י ַ‬‫ָ‬
‫ׁשֹּלא ְי ֵהא ִנ ְר ֶאה ְּכ ָע ֵרל‪ְ :‬וֹלא ָפ ַרע‪.‬‬ ‫ּומ ַׁש ֵּפ ַע ְּב ִא ְז ֵמל ֵמאֹותֹו ע ִֹבי‪ִ :‬מ ְּפנֵי ַמ ְר ִאית ָה ָע ִין‪ֶ .‬‬
‫חֹופה ֶאת ַה ִּגיד‪ְ :‬מ ַת ְּקנֹו‪ְ .‬‬‫ׁש ִּנ ְּט ָלה ָה ָע ְר ָלה ֻּכ ָּלּה ְּכ ִאּלּו אֹותֹו ָּב ָׂשר חֹוזֵר ְו ֶ‬ ‫ֶ‬
‫ׁש ֵאין ְמ ַע ְּכ ִבין‪.‬‬
‫יצין ֶ‬‫יצין ַה ְמ ַע ְּכ ִבין ֵּבין ִצ ִ‬‫חֹותְך ֵּבין ִצ ִ‬
‫ילה ְּב ַׁש ָּבת ֵ‬ ‫ׁשהּוא ִמ ְת ַע ֵּסק ַּב ִּמ ָ‬ ‫ֹלא ִּג ָּלה‪ְּ :‬כ ִאּלּו ֹלא ָמל‪ְ .‬ויָׁשּוב ְו ִי ְפ ַרע‪ ,‬ו ֲ‬
‫ַא ִפּלוּ ִס ֵּלק יָדֹו ִמ ֶּמּנָה‪ְ .‬ו ָכל ְז ַמן ֶ‬
‫ׁש ֵאינָן ְמ ַע ְּכ ִבין ֵאינֹו חֹוזֵר‪:‬‬
‫יצין ֶ‬
‫יצין ַה ְמ ַע ְּכ ִבין חֹוזֵר‪ַ ,‬על ִצ ִ‬ ‫ׁש ִּס ֵּלק יָדֹו‪ַ ,‬על ִצ ִ‬
‫ְל ַא ַחר ֶ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.20 Mishna 1‬‬ ‫‪21 Av 5780‬‬
‫‪11 / 08 / 20‬‬
‫ְנֹותנִין‬
‫ְיֹום טֹוב‪ ,‬ו ְ‬ ‫ֶת ּב‬ ‫ּמר‬
‫ְׁש ֶ‬
‫המ ַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬ ‫ֵר‪ּ ,‬תֹול‬
‫עזֶר אֹומ‬ ‫ִי ֶ‬
‫אל‬‫ִי ֱ‬‫רּב‬
‫ַ‬ ‫ּתֹולין ֶאת‬ ‫ִ‬ ‫אֹומר‬
‫ֵ‬ ‫יעזֶר‬
‫ׁש ְּמ ַס ְּנ ִנים ָּבּה ִׁש ְמ ֵרי‬
‫א ִל ֶ‬‫ַר ִּבי ֱ‬
‫ׁש ֶּמ ֶרת‪ֶ .‬‬
‫ַה ְּמ ַ‬
‫ְיֹום‬
‫ֶת ּב‬‫ּמר‬
‫ְׁש ֶ‬
‫המ ַ‬‫ֶת ַ‬‫ִין א‬‫ֵין ּתֹול‬
‫ִים‪ ,‬א‬‫מר‬‫ִים אֹו ְ‬ ‫כמ‬‫חָ‬
‫ָת‪ .‬וַ ֲ‬
‫ְׁשּב‬
‫ַּתלּויָה ב ַ‬
‫לְ‬ ‫יה ְל ָכל ַצד‬ ‫ּומֹות ַח ֶאת ִּפ ָ‬
‫ׂשה ְּכא ֶֹהל ַעל ֲח ַלל‬ ‫ַע ֶ‬
‫ֵ‬ ‫י ִַין‪,‬‬
‫ְּב ִעּגּול ְונ ֲ‬
‫ְיֹום טֹוב‪:‬‬
‫ַּתלּויָה ב‬
‫נֹותנִין ל ְ‬
‫ָל ְ‬ ‫אב‬‫ָת‪ֲ ,‬‬
‫ְׁשּב‬
‫ַּתלּויָה ב ַ‬
‫נֹותנִין ל ְ‬
‫ֵין ְ‬ ‫טֹוב‪ ,‬וְא‬ ‫ַה ְּכ ִלי‪ְ .‬ו ַאף ַעל ַּגב ְּד ָע ֵביד א ֶֹהל‪,‬‬
‫ירא ֵליּה‬ ‫ָׁש ֵרי ְּביֹום טֹוב‪ִּ ,‬ד ְס ִב ָ‬
‫ירי א ֶֹכל‬ ‫יעזֶר ַמ ְכ ִׁש ֵ‬ ‫א ִל ֶ‬‫ְל ַר ִּבי ֱ‬
‫ּומ ַס ְּנ ִנין‪,‬‬
‫תֹוכּה ְׁש ָמ ִרים ְ‬
‫נֹות ִנין ְל ָ‬
‫א ָבל ִאם ְּתלּויָה ִהיא ְ‬ ‫[ּתֹולה] ְל ַכ ְּת ִח ָּלה ֹלא‪ֲ ,‬‬
‫ֶ‬ ‫א ָבל ְּב ַׁש ָּבת‬
‫ׂשֹותן ְּביֹום טֹוב‪ֲ .‬‬
‫ׂשֹותן ֵמ ֶע ֶרב יֹום טֹוב ֻמ ָּתר ַל ֲע ָ‬ ‫ׁש ֶא ְפ ָׁשר ַל ֲע ָ‬ ‫ֶפׁש ֶ‬ ‫נֶ‬
‫ּבֹורר אֹו ְמ ַר ֵּקד‪.‬‬
‫ּתֹול ַדת ֵ‬‫הוָה ָ‬ ‫ׁש ָּבת‪ַּ .‬ד ֲ‬
‫נֹות ִנים ַל ְּתלּויָה ְב ַ‬
‫ׂשה חֹל‪ְ :‬ו ֵאין ְ‬ ‫ׁש ֶּמ ֶרת‪ְּ .‬ד ָע ֵביד א ֶֹהל ֲע ַראי ֵ‬
‫ּומ ֲחזֵי ְּכ ַמ ֲע ֵ‬ ‫ּתֹולין ֶאת ַה ְּמ ַ‬
‫ִ‬ ‫ּבֹורר ְּב ָכְך‪ֵ :‬אין‬ ‫ְּד ֵאין ֶּד ֶרְך ֵ‬
‫ַה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים‪:‬‬
‫וֲ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.20 Mishna 2‬‬ ‫‪22 Av 5780‬‬
‫‪12 / 08 / 20‬‬
‫ֶת‬‫סּנְנִין א‬
‫מַ‬‫ַּלּו‪ּ ,‬ו ְ‬
‫ׁשּיִּצ‬
‫ִיל ֶ‬‫ִׁשב‬
‫ִים ּב ְ‬‫מר‬‫ּׁש ָ‬
‫הְ‬ ‫ֵי ַ‬‫ַל ּגַּב‬ ‫מיִם ע‬ ‫נֹותנִין ַ‬
‫ְ‬ ‫נֹות ִנים ַמ ִים‪ְּ .‬ב ַׁש ָּבת ַעל ַּג ֵּבי ְׁש ָמ ִרים ַה ְּנ ִ‬
‫תּונים‬
‫ׁש ִּי ְהיּו‬
‫ׁש ִּי ַּצּלּו ֶ‬
‫ַּב ְמ ַׁש ֶּמ ֶרת ִמ ְּבעֹוד יֹום‪ְּ .‬כ ֵדי ֶ‬
‫ְ‬

‫ׁשל‬
‫סּנֶנֶת ֶ‬‫מַ‬
‫בְ‬ ‫ָה ִ‬ ‫ֵיצ‬ ‫ְנֹותנִין ּב‬
‫ִית‪ ,‬ו ְ‬ ‫צר‬‫מְ‬‫ָה ִ‬ ‫ִיפ‬
‫כפ‬ ‫בְ‬ ‫ִין ּו ִ‬
‫דר‬‫ְסּו ָ‬‫הּיַיִן ּב‬
‫ַ‬ ‫לּולים ְויָזֹוב ָּכל יֵינָם‪ֵּ .‬פרּוׁש ַא ֵחר‬
‫קֹול ִטין‬‫ארּו ֶּב ָח ִבית‪ְ ,‬ו ְ‬ ‫ׁש ִּנ ְׁש ֲ‬
‫ַה ְּׁש ָמ ִרים ְצ ִ‬
‫ַעל ַּג ֵּבי ְׁש ָמ ִרים ֶ‬
‫ָת‪,‬‬
‫ְׁשּב‬
‫ֵר‪ּ ,‬ב ַ‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬‫ָת‪ַ .‬‬‫ְׁשּב‬
‫ִין ּב ַ‬‫מל‬‫ֵנּו ְ‬‫ְעֹוׂשין א‬
‫ָל‪ ,‬ו ִ‬ ‫רּד‬ ‫חְ‬ ‫ַ‬ ‫אֹותן ְּב ַׁש ָּבת‬
‫ּבֹורר‪ֶ :‬את‬ ‫ֵ‬
‫ָ‬ ‫יאין‬‫ּומֹוצ ִ‬
‫ִ‬
‫אֹותן‪ְ ,‬ו ֵאין ָּבזֶה ִמּׁשּום‬
‫ַה ַּמ ִים ַט ַעם ַהּי ִַין‪,‬‬
‫ָ‬ ‫ׁשֹותים‬
‫ְו ִ‬
‫ֵר‪,‬‬
‫ָדֹוק אֹומ‬ ‫ִי צ‬ ‫רּב‬‫ִית‪ַ .‬‬ ‫חב‬
‫ּב ָ‬
‫ֵד‪ְ ,‬‬‫ַּמֹוע‬
‫לגִין‪ּ ,‬וב‬
‫ּב ָ‬
‫ְיֹום טֹוב‪ְ ,‬‬ ‫ְכֹוס‪ּ ,‬ב‬ ‫ּב‬ ‫ׁש ִּמ ְת ַה ִּוים ּבֹו‪:‬‬ ‫ַין‪ִ .‬מ ְּפנֵי ַה ְּק ָמ ִחים ְל ָב ִנים ֶ‬
‫יּכא ְל ִמ ְגזַר ִּד ְל ָמא‬ ‫ֻח ִדין ְל ָכְך‪ְ .‬ו ֵל ָ‬ ‫סּוד ִרין‪ַ .‬ה ְמי ָ‬
‫ַהּי ִ‬
‫ְּב ָ‬
‫ִין‪:‬‬‫רח‬ ‫האֹו ְ‬‫ִי ָ‬ ‫לפ‬‫הּכֹל ְ‬ ‫ַ‬ ‫אכה זֹו‪ְ .‬והּוא‬ ‫ׂשּויין ִל ְמ ָל ָ‬
‫ֻּמא ְּב ִפי ַה ְּכ ִלי‬
‫ַע ִ‬
‫ּסּודר ְּכ ִמין ּג ָ‬
‫הֹואיל ו ֲ‬
‫ׂשה ְּביָדֹו ַּב ָ‬
‫ָס ִחיט ְלהּו‪ִ ,‬‬
‫ַע ֶ‬
‫ׁשֹּלא י ֲ‬ ‫ֶ‬
‫בֹוהה ִמ ַּק ְר ָק ִעית‬
‫יפה ְּג ָ‬‫ׁשֹּלא ִּת ְהיֶה ַה ְּכ ִפ ָ‬ ‫יפה ִמ ְצ ִרית‪ַ .‬סל ֶה ָעׂשּוי ִמ ֵ‬
‫ּצּורי ַה ֶּד ֶקל‪ְ .‬והּוא ֶ‬ ‫ּוב ְכ ִפ ָ‬
‫עֹוׂשה ְּבחֹל‪ִ :‬‬
‫ׁשהּוא ֶ‬ ‫ׂשה ְּכ ֶד ֶרְך ֶ‬ ‫ַע ֶ‬
‫ׁשֹּלא י ֲ‬ ‫ֵרד ַהּי ִַין ַּב ִּמ ְדרֹון‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשּי ֵ‬
‫ְּכ ֵדי ֶ‬
‫כּורין ְו ֵהם‬
‫רּופה ַּב ְּד ָב ִרים ָה ֲע ִ‬
‫יצה ְט ָ‬ ‫ילין ִל ֵּתן ֵּב ָ‬
‫ׁש ְר ִג ִ‬
‫ָתנּו ָּבּה ַח ְר ָּדל ְל ִה ְס ַּתּנֵן‪ֶ ,‬‬ ‫יצה ִב ְמ ַס ֶּננֶת‪ֶ .‬‬
‫ׁשּנ ְ‬ ‫נֹות ִנים ֵּב ָ‬
‫ׂשה א ֶֹהל ֲע ַראי‪ְ :‬ו ְ‬ ‫ֵע ֶ‬
‫ׁשֹּלא י ָ‬ ‫ַה ְּכ ִלי ַה ַּת ְחּתֹון ֶט ַפח‪ֶ ,‬‬
‫עֹוׂשה ַה ְר ֵּבה‪ֵּ ,‬בין‬ ‫אֹור ִחים‪ִ .‬אם יֵׁש לֹו ְ‬
‫אֹור ִחין ְמ ֻר ִּבין ֶ‬ ‫ּופ ְל ְּפ ִלין‪ָ :‬ל ִגין‪ָּ .‬גדֹול ִמּכֹוס ְו ָק ָטן ֵמ ָח ִבית‪ַ :‬הּכֹל ְל ִפי ָה ְ‬ ‫נּומ ִלין‪ .‬י ִַין ְ‬
‫ּוד ַבׁש ִ‬ ‫ָדּה‪ֵ :‬א ְ‬ ‫ּומ ְז ַּד ְּכ ִכים ַעל י ָ‬ ‫ִמ ְת ַל ְּב ִנים ִ‬
‫רֹוצים‪:‬‬‫ּׁש ֵהן ִ‬ ‫ֵנּומּולין ְּב ַׁש ָּבת ְּכ ִפי ַמה ֶ‬
‫ִ‬ ‫עֹוׂשין י‬
‫ׁש ִ‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַתּנָא ַק ָּמא ֶ‬ ‫ּמֹועד‪ .‬ו ֲ‬
‫ְּב ַׁש ָּבת ֵּבין ְּביֹום טֹוב ֵּבין ַּב ֵ‬

‫‪160‬‬
‫‪J E U D I‬‬
‫‪23 Av 5780‬‬
‫‪13 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.20 Mishna 3‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬
‫ִח ְל ִּתית‪ָּ .‬כְך ְׁש ָמּה ַּב ֲע ָר ִבי‪,‬‬
‫נֹוה ִגין ְל ָא ְכ ָלּה‬ ‫ְו ִהיא ַח ָּמה ְו ֲ‬
‫ֵין‬
‫ֶץ‪ .‬וְא‬ ‫החֹמ‬‫ְתֹוְך ַ‬
‫נֹותן ל‬
‫ָל ֵ‬ ‫אב‬ ‫ִין‪ֲ ,‬‬
‫ְפֹוׁשר‬
‫ְּתית ּב ְ‬ ‫חל ִ‬
‫הִ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬ ‫ֵין ׁשֹור‬‫א‬
‫ׁשֹורין‬
‫ׂשה‬
‫ִ‬ ‫ַּב ְּמקֹומֹות ַה ָּק ִרים‪ְ ,‬ו ֵאין‬
‫אֹותּה ְּב ַׁש ָּבת‪ְּ ,‬ד ֵמ ֲחזֵי ְּכ ַמ ֲע ֵ‬
‫ָ‬
‫ָה‬‫בר‬‫ּכ ָ‬
‫הְ‬ ‫ְתֹוְך ַ‬‫נֹותן ל‬
‫ָל ֵ‬ ‫אב‬‫אֹותן‪ֲ ,‬‬
‫ָ‬ ‫ִין‬
‫ׁשפ‬
‫ְׁשינִין וְֹלא ָ‬
‫ּכר ִ‬‫הַ‬‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬ ‫ׁשֹור‬
‫ינין‪ֵ .‬מ ִציף‬ ‫חֹל‪ֶ :‬את ַה ַּכ ְר ִׁש ִ‬
‫יהם ַמ ִים ִּב ְכ ִלי ִל ְברֹר‬ ‫ֲע ֵל ֶ‬
‫ַל‬‫ִּתנֶּנּו ע‬
‫ָה‪ ,‬וְֹלא י ְ‬
‫בר‬‫כָ‬‫ּב ְ‬
‫ֶן ִ‬‫ּתב‬
‫הֶ‬ ‫ֶת ַ‬‫ִין א‬‫בר‬
‫ֵין ּכֹו ְ‬
‫ָה‪ .‬א‬ ‫ּכּל‬
‫לַ‬ ‫ּכ ְ‬
‫הַ‬ ‫ְתֹוְך ַ‬
‫אֹו ל‬
‫ׁש ַה ְּפס ֶֹלת ָצף ְל ַמ ְע ָלה‪:‬‬
‫אֹותן‪ַּ .‬בּיָד ְל ַה ִּׁשיר‬ ‫ָ‬
‫ְּפ ָס ְל ָּתן‪ֶ ,‬‬
‫ׁש ִפין‬ ‫ְוֹלא ָ‬
‫ְנֹותן‬
‫ָה ו ֵ‬ ‫בר‬‫כָ‬‫בְ‬‫ֵל הּוא ִ‬‫ָל נֹוט‬‫אב‬‫הּמֹץ‪ֲ ,‬‬
‫ֵד ַ‬‫ׁשּיֵר‬
‫ִיל ֶ‬ ‫ִׁשב‬
‫ָבֹוּה ּב ְ‬
‫ָקֹום ּג ַ‬ ‫ֵי מ‬‫ּגַּב‬
‫א ָבל‬ ‫ּבֹורר‪ֲ :‬‬‫הוָה ֵליּה ֵ‬ ‫ְּפ ָס ְל ָּתן‪ַּ ,‬ד ֲ‬
‫נֹותן ְּבתֹוְך ַה ְּכ ָב ָרה‪ְ .‬ו ַאף ַעל ִּפי‬ ‫ֵ‬
‫ֵבּוס‪:‬‬‫הא‬ ‫ְתֹוְך ָ‬‫ל‬
‫נֹופל ִל ְפ ָע ִמים ֶּד ֶרְך‬ ‫ׁש ְּפ ָס ְל ָּתן ֵ‬‫ֶ‬
‫ַע ָׂשה ָּכל ְזנַב ַה ִּׁש ָּב ִלין ֶּת ֶבן‪ :‬מֹץ‪ .‬הּוא ִמ ְּז ַקן ַה ִּׁשּב ֶֹלת‬‫יגים ְונ ֲ‬
‫ּמֹור ִ‬
‫אֹותן ַּב ִ‬ ‫ָ‬ ‫ׁש ְּמ ַח ְּת ִכין‬
‫עֹוׂשים ִמן ַה ַּקׁש ֶ‬
‫ִ‬ ‫ִנ ְק ֵבי ַה ְּכ ָב ָרה ְו ִנ ְמ ָצא ִמ ְת ָּב ֵרר ֵמ ֵא ָליו‪ַ :‬ה ֶּת ֶבן‪ֶ .‬‬
‫ׁש ָהיּו‬
‫נֹופל ֵמ ֵא ָליו‪ְּ ,‬ד ָד ָבר‬ ‫ׁש ַהּמֹץ ֵ‬ ‫נֹותן ְלתֹוְך ָה ֵאבּוס‪ְ .‬ו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫נֹוטל ִּב ְכ ָב ָרה ְו ֵ‬
‫א ָבל ֵ‬ ‫ׁש ִּיּפֹל ַהּמֹץ‪ֲ :‬‬‫כֹוב ִרים אֹותֹו ִּב ְכ ָב ָרה ֶ‬ ‫א ַכל ְּב ֵה ָמה‪ְ ,‬ו ְ‬ ‫ָה ֶע ְליֹון‪ְ ,‬ו ֵאינֹו ָראּוי ְל ַמ ֲ‬
‫ׁש ֵאינֹו ִמ ְת ַּכּוֵן ֻמ ָּתר ְּכ ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון‪:‬‬
‫ֶ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪24 Av 5780‬‬
‫‪14 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.20 Mishna 4‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ּגֹור ִפין‪ְּ .‬ב ַׁש ָּבת ֵאבּוס ֶ‬


‫ׁש ִּל ְפנֵי‬
‫ׁשֹּלא‬ ‫ׁש ְּמ ַפ ְּט ִמים אֹותֹו‪ֶ ,‬‬
‫ְ‬
‫ַהּׁשֹור ֶ‬
‫ִי‬‫רּב‬
‫ֵי ַ‬
‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ִי‪ִ ,‬‬‫רע‬
‫הְ‬‫ּפנֵי ָ‬
‫מְ‬ ‫ִין ִ‬‫דד‬
‫צָ‬‫לְ‬ ‫ִין ִ‬
‫ּלק‬
‫סְ‬‫מַ‬‫ָם‪ּ ,‬ו ְ‬
‫ּפט‬‫הְ‬
‫פנֵי ַ‬
‫ּל ְ‬
‫מִ‬ ‫ִין ִ‬‫רפ‬‫ּגֹו ְ‬
‫ׁש ָּב ֵאבּוס‬
‫ּנֹות ִנים‬
‫ׁש ְ‬
‫רּורית ֶ‬
‫עֹורים ֶ‬
‫ִי ְת ָע ֵרב ָה ַע ְפ ִ‬
‫ּוב ְּׂש ִ‬‫ַ‬ ‫ַּב ֶּת ֶבן‬
‫פנֵי‬‫לְ‬
‫ְנֹותנִין ִ‬
‫ָה זֹו ו ְ‬‫ְהמ‬ ‫פנֵי ב ֵ‬
‫ּל ְ‬
‫מִ‬ ‫ִין ִ‬
‫טל‬‫ִין‪ .‬נֹו ְ‬‫סר‬
‫ִים אֹו ְ‬‫כמ‬‫חָ‬ ‫ָא‪ .‬וַ ֲ‬
‫דֹוס‬
‫א ָכלֹו‪,‬‬ ‫ְּב ַמ ֲ‬ ‫ְויָקּוץ‬
‫ׁש ְּל ָפנָיו ִל ְצ ָד ִדים‬
‫ְל ָפנָיו‬
‫ּומ ַס ְּל ִקין ֶּת ֶבן ֶ‬
‫ְ‬
‫ָת‪:‬‬
‫ְׁשּב‬
‫ָה זֹו ּב ַ‬
‫ְהמ‬
‫בֵ‬
‫ׁשֹּלא ִי ְד ְר ֶסּנּו‬ ‫ׁשהּוא ַרב ְּכ ֵדי ֶ‬ ‫ְּכ ֶ‬
‫ַח ָכ ִמים‬ ‫ּדֹוסא ו ֲ‬‫ֶח ְלקּו ַר ִּבי ָ‬ ‫ׁש ְּל ָפנָיו ֹלא ְי ַס ְּל ֶקּנּו ִל ְצ ָד ִדים‪ְ .‬וֹלא נ ְ‬ ‫יפת ָה ֵאבּוס ְו ֶא ָחד ֶּת ֶבן ֶ‬ ‫אֹוס ִרים‪ַ .‬א ַּת ְרו ְַיהוּ ָק ֵאי‪ֶ ,‬א ָחד ְּג ִר ַ‬
‫ְ‬ ‫ַח ָכ ִמים‬ ‫ְּב ַר ְג ָליו ְו ִי ְת ַל ְכ ֵלְך ִּב ְר ִעי‪ :‬ו ֲ‬
‫ׁשל ַק ְר ַקע‪.‬‬ ‫ׁשל ְּכ ִלי ַאּטּו ֵאבּוס ֶ‬ ‫ּגֹור ִפים‪ִּ ,‬ד ְל ָמא ָא ֵתי ְל ַא ְׁשוֹויֵי ּגֻּמֹות‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן ָּג ְזרּו ֵאבּוס ֶ‬
‫ׁש ֵאין ְ‬ ‫מֹודים ֶ‬
‫ׁשל ַק ְר ַקע ַהּכֹל ִ‬ ‫א ָבל ְּב ֵאבּוס ֶ‬ ‫ׁשל ְּכ ִלי‪ֲ ,‬‬ ‫ֶא ָּלא ְּב ֵאבּוס ֶ‬
‫א ַכל ַה ִּנ ָּטל ִמ ִּל ְפנֵי‬‫ַּדאי ָחזֵי‪ְּ ,‬ד ֵאין ְּב ֵה ָמה ָק ָצה ְּב ַמ ֲ‬ ‫הוֵי‪ֶ ,‬א ָּלא ו ַ‬‫נֹות ִנים ִל ְפנֵי זֹו‪ְ .‬וֹלא ָא ְמ ִרינַן ִט ְלטּול ְּדֹלא ָחזֵי ֲ‬ ‫נֹוט ִלים ִמ ִּל ְפנֵי ְב ֵה ָמה זֹו ְו ְ‬ ‫ַה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים‪ְ :‬‬ ‫וֲ‬
‫ּיֹוצ ִאים ִמ ִּפיו‬ ‫ירין ַה ְ‬ ‫א ַכל ַהּׁשֹור ָמאּוס ָּב ִר ִ‬ ‫ׁש ַּמ ֲ‬‫נֹות ִנים ִל ְפנֵי ַה ֲחמֹור‪ֶ ,‬‬ ‫א ָבל ֹלא ִמ ִּל ְפנֵי ַהּׁשֹור ְו ְ‬ ‫ּיֹוצא ָּבזֶה‪ֲ ,‬‬
‫נֹות ִנין ִל ְפנֵי ַהּׁשֹור ְו ַכ ֵ‬
‫ֲח ֶב ְר ָתּה‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא ִמ ִּל ְפנֵי ַה ֲחמֹור ְו ְ‬
‫אֹוכל ִמ ֶּמּנּו‪:‬‬
‫ְו ֵאין ַה ֲחמֹור ֵ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪26 Av 5780‬‬
‫‪16 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.20 Mishna 5‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ׁש ַעל ַה ִּמ ָּטה‪ְ .‬ס ָת ָמא‬


‫ּובא‬‫ּומ ְק ֶצה הּוא‪ָ ,‬‬
‫ַה ַּקׁש ֶ‬
‫ְל ַה ָּס ָקה ֻ‬
‫ִם‬ ‫ְגּופֹו‪ .‬וְא‬
‫ענְעֹו ב‬‫מנַ ְ‬‫ָא ְ‬‫אּל‬
‫ביָדֹו‪ֶ ,‬‬
‫ענְעֹו ְ‬
‫ָה‪ֹ ,‬לא יְנַ ְ‬‫ּמּט‬
‫הִ‬ ‫ֵי ַ‬ ‫ַל ּגַּב‬
‫ׁשע‬
‫ַׁש ֶ‬ ‫הּק‬
‫ַ‬
‫ַע ְנעֹו ְּכ ֵדי‬ ‫ּומנ ְ‬
‫ִל ְׁש ַּכב ָע ָליו ְ‬
‫ׁש ְּי ֵהא ַרְך ְו ָצף ִל ְׁש ַּכב ָע ָליו‪ֹ :‬לא‬ ‫ֶ‬
‫ביָדֹו‪.‬‬
‫ענְעֹו ְ‬ ‫מנַ ְ‬
‫ִין‪ְ ,‬‬ ‫סד‬‫ַר אֹו ָ‬ ‫ָיו ּכ‬
‫על‬ ‫היָה ָ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ָה‪ ,‬אֹו ֶ‬ ‫ְהמ‬ ‫ַל ּב ֵ‬ ‫אכ‬‫מֲ‬‫היָה ַ‬ ‫ָ‬
‫ַע ְנעֹו ְביָדֹו‪ְּ .‬ד ֻמ ְק ֶצה הּוא‪,‬‬
‫ַע ְנעֹו ְּבגּופֹו ִּב ְכ ֵת ָפיו‪,‬‬ ‫א ָבל ְמנ ְ‬
‫ְינ ְ‬
‫ֲ‬
‫ִין‪,‬‬‫בס‬‫ְׁשל ּכֹו ְ‬
‫ְׁשין‪ .‬ו ֶ‬
‫ָל ֹלא כֹוב ִ‬ ‫אב‬‫ִין‪ֲ ,‬‬ ‫ַּתיר‬
‫ָּתים‪ ,‬מ ִ‬
‫ֵי ב ִ‬ ‫על‬ ‫ּב ֲ‬
‫ׁשל ַ‬ ‫ֵׁש ֶ‬ ‫כּב‬
‫מְ‬‫ַ‬
‫ְּד ִט ְלטּול ִמן ַה ַּצד הּוא ְו ָלאו‬
‫ׁש ָהיָה ָע ָליו‬ ‫ְׁש ֵמיּה ִט ְלטּול‪ :‬אֹו ֶ‬
‫ַּתיר‬
‫ָת‪ ,‬מ ִ‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬ ‫ֻּתר ֵ‬
‫היָה מ ָ‬ ‫ִם ָ‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬‫ֹלא יִּגַע ּבֹו‪ַ .‬‬
‫ַּכר אֹו ָס ִדין‪ְּ .‬ד ַג ֵּלי ַּד ְע ֵּתיהּ‬
‫יבה‪ֵ ,‬מ ַע ָּתה‬ ‫ְּד ַא ְק ְצ ֵיהּ ִל ְׁש ִכ ָ‬
‫ְטֹו‪:‬‬‫ֻּלֹו וְׁשֹומ‬
‫ֶת ּכ‬ ‫א‬
‫ּתֹורת ְּכ ִלי ָע ָליו‪ַ :‬מ ְכ ֵּבׁש‪ְׁ .‬שנֵי‬ ‫ַ‬
‫ירין‪ְּ .‬ד ַה ְינוּ ְלצ ֶֹרךְ‬
‫ָאה‪ַ :‬מ ִּת ִ‬‫ּפּולן נ ֶ‬
‫ׁש ְּי ֵהא ִק ָ‬
‫ּלּוח ַה ַּת ְחּתֹון ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ָחין ַּב ַ‬
‫ּלּוח ָה ֶע ְליֹון ַעל ַה ְּב ָג ִדים ַה ֻּמּנ ִ‬
‫ּומ ַה ְּד ִקין ַה ַ‬‫יס ָתן ְ‬ ‫ֵיהן ַה ְּב ָג ִדים ְל ַא ַחר ְּכ ִב ָ‬
‫ימין ֵּבינ ֶ‬ ‫ׁש ְּמ ִׂש ִ‬
‫לּוחֹות ֶ‬
‫ירה‪.‬‬ ‫ּדֹומה ִל ְס ִת ָ‬
‫ּומ ַה ַּדק ְט ֵפי‪ְ ,‬ו ַה ָּת ָרתֹו ָ‬
‫ׁשהּוא ָעׂשּוי ְל ַת ֵּקן ְּב ָג ִדים ִ‬‫ּכֹוב ִסים ֹלא ִי ַּגע ּבֹו‪ִ .‬מ ְּפנֵי ֶ‬‫ׁשל ְ‬ ‫ּכֹוב ִׁשים ְּד ַה ְינוּ צ ֶֹרְך חֹל‪ְ :‬ו ֶ‬
‫א ָבל ֹלא ְ‬ ‫ַׁש ָּבת ִלּטֹל ֶאת ַה ְּב ָג ִדים‪ֲ ,‬‬
‫הּודה‪:‬‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬ ‫ְו ֵאין ֲ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪27 Av 5780‬‬
‫‪17 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.21 Mishna 1‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫נֹוטל ָא ָדם ֶאת ְּבנֹו‪ֶּ .‬ב ָח ֵצר‬


‫ְו ָה ֶא ֶבן ְּביָדֹו ְוֹלא ָא ְמ ִרינַן‬
‫ֵ‬
‫ִין‬
‫טל‬‫לְ‬
‫טְ‬‫מַ‬
‫ָּה‪ּ .‬ו ְ‬
‫ְתֹוכ‬‫ֶן ּב‬
‫אב‬‫ְה ֶ‬
‫ָה ו ָ‬
‫ּכּל‬
‫לַ‬ ‫כְ‬
‫ּביָדֹו‪ ,‬וְַ‬
‫ֶן ְ‬
‫אב‬‫ְה ֶ‬
‫ְנֹו ו ָ‬
‫ֶת ּב‬‫ָם א‬
‫אד‬‫ֵל ָ‬
‫נֹוט‬
‫ִּד ְמ ַט ְל ֵטל ָל ֶא ֶבן‪ַּ :‬כ ְל ַּכ ָּלה‪ַ .‬סל‪:‬‬
‫תֹוכּה‪ְ .‬והּוא ֶ‬
‫ׁש ִּי ְהיּו‬ ‫ְו ָה ֶא ֶבן ְּב ָ‬
‫ַף‬‫ֵר‪ ,‬א‬‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬
‫ִין‪ַ .‬‬
‫חּל‬
‫הֻ‬‫ִם ַ‬ ‫ָה וְע‬ ‫ְהֹור‬
‫הּט‬
‫ִם ַ‬ ‫ָה ע‬ ‫מא‬‫טֵ‬
‫ָה ְ‬‫ּתרּומ‬
‫ְ‬
‫ׁש ִאם ֵאין ּבֹו ֵּפרֹות‬ ‫ֵּפרֹות ַּב ַּסל‪ֶ ,‬‬
‫ׂשה ָּב ִסיס ְל ָד ָבר ָה ָאסּור‬ ‫ַע ֶ‬‫נֲ‬
‫ָה‪:‬‬ ‫מא‬ ‫ָד ּו ֵ‬
‫אח‬‫ּב ֶ‬
‫ָע ְ‬ ‫דּמ‬‫מֻ‬‫הְ‬‫ֶת ַ‬
‫ִין א‬
‫על‬‫מֲ‬
‫ַ‬
‫ַּמי‬
‫ְו ָאסּור ְל ַט ְל ְטלֹו‪ְ .‬ו ָצ ִריְך נ ִ‬
‫ַער ֶאת ַה ֵּפרֹות‬ ‫ּוׁש ֵק ִדים‪ְ ,‬מנ ֵ‬
‫גֹוזים ְ‬ ‫א ִ‬ ‫א ָבל ִאם ָהיּו ּבֹו ֵּפרֹות ְּכגֹון ֱ‬ ‫ּיֹוצא ָּב ֶהם‪ֲ ,‬‬ ‫ָבים ְו ַכ ֵ‬ ‫ַענ ִ‬‫ּתּותים ו ֲ‬
‫ִ‬ ‫אסּו‪ְּ ,‬כגֹון‬ ‫יכם ָּב ָא ֶרץ ִי ָּמ ֲ‬ ‫ַׁש ִל ֵ‬ ‫ׁש ִאם י ְ‬ ‫ׁש ִּי ְהיּו ְּבתֹוכֹו ֵּפרֹות ֶ‬ ‫ֶ‬
‫יכּה‪ָ ,‬אסּור ְל ַט ְל ְט ָלּה ִעם ָה ֶא ֶבן‪.‬‬ ‫ּול ַה ְׁש ִל ָ‬
‫ַער ָה ֶא ֶבן ְל ַב ָּדּה ְ‬ ‫ּולנ ֵ‬
‫ָבים‪ִ ,‬אם ֶא ְפ ָׁשר ְל ַס ְּל ָקם ְל ִצ ֵּדי ַה ַּכ ְל ַּכ ָּלה ְ‬ ‫ַענ ִ‬
‫ּתּותים ו ֲ‬‫ִ‬ ‫ַּמי ְּכגֹון‬
‫ּופרֹות ַה ִּנ ְמ ָא ִסים נ ִ‬ ‫נֹופ ִלים‪ֵ .‬‬‫ְו ֵהם ְ‬
‫הֹורה ְו ִעם‬ ‫רּומה ְט ֵמ ָאה ִעם ַה ְּט ָ‬ ‫ׁש ִאי ֶא ְפ ָׁשר ְל ִה ְׁש ַּת ֵּמׁש ַּב ַּכ ְל ַּכ ָּלה ְּבֹלא ָה ֶא ֶבן‪ְּ :‬ת ָ‬ ‫יה ְו ָה ֶא ֶבן ּד ֶֹפן ָלּה‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשּול ָ‬‫ֶ‬ ‫ׁש ִּנ ְפ ַחת ִמ ִּצ ֵּדי ַה ַּכ ְל ַּכ ָּלה אֹו‬
‫יתין ָא ְי ֵרי ְּכגֹון ֶ‬‫ּומ ְת ִנ ִ‬
‫ַ‬
‫ָפ ָלה‬ ‫ׁשּנ ְ‬
‫רּומה ֶ‬
‫ׁשל ְּת ָ‬ ‫ּומ ָאה‪ְ .‬ס ָאה ֶ‬ ‫ַפ ַׁשּה ָלאו ַּבת ִט ְלטּול ִהיא‪ַ :‬אף ַמ ֲע ִלין ֶאת ַה ְמ ֻד ָּמע ְּב ֶא ָחד ֵ‬ ‫א ָבל ְט ֵמ ָאה ְּב ַא ְנ ֵּפי נ ְ‬ ‫הֹורה ְו ַא ַּגב ַה ֻח ִּלין‪ֲ .‬‬ ‫ַה ֻח ִּלין‪ַ .‬א ַּגב ַה ְּט ָ‬
‫ָפ ָלה ַּב ֻח ִּלין‬
‫ׁשּנ ְ‬‫רּומה ֶ‬
‫ָרים‪ְ ,‬וֹלא ָא ְמ ִרינַן ְמ ַת ֵּקן הּוא‪ִּ ,‬ד ְת ָ‬ ‫ּומ ָּת ִרין ְלז ִ‬
‫רּומה ֵמ ֶהן ְּב ַׁש ָּבת ְו ִי ְהיּו ֻּכ ָּלן ֻח ִּלין ֻ‬
‫ׁשל ְּת ָ‬ ‫לֹותּה ִל ְס ָאה ֶ‬ ‫ׁשל ֻח ִּלין‪ֻ ,‬מ ָּתר ְל ַה ֲע ָ‬ ‫ְּב ֵמ ָאה ְס ִאים ֶ‬
‫הּודה‪:‬‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬‫עֹולה‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ָלאו ְמ ַת ֵּקן הּוא‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬ ‫ָפ ָלה ָ‬ ‫ׁשּנ ְ‬
‫רּומה ַע ְצ ָמּה ֶ‬ ‫ּומ ָאה ַה ְּת ָ‬ ‫עֹולה ְּב ֶא ָחד ֵ‬ ‫ׁש ָ‬ ‫ּוכ ֶ‬
‫ַחת ְל ַב ָּדּה ְו ֵאינָּה ְמע ֶֹר ֶבת‪ְ ,‬‬ ‫ָח ְׁש ִבינַן ַלּה ְּכ ִאּלּו ֻמּנ ַ‬

‫‪161‬‬
‫‪M A R D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.21 Mishna 2‬‬ ‫‪28 Av 5780‬‬
‫‪18 / 08 / 20‬‬
‫ְתה‬
‫הי ָ‬
‫ֶת‪ָ .‬‬‫פל‬‫ְהיא נֹו ֶ‬
‫ָּה ו ִ‬
‫צּד‬
‫ַל ִ‬‫ָּה ע‬ ‫מּט‬‫ִית‪ַ ,‬‬ ‫חב‬‫הָ‬‫ִי ֶ‬
‫ַל ּפ‬‫ׁשע‬‫ֶן ֶ‬‫אב‬ ‫הֶ‬‫ָ‬ ‫ַמ ָּטּה ַעל ִצ ָּדּה‪ַ .‬מ ֶּטה ֶה ָח ִבית ַעל ִצ ָּדּה ִאם‬
‫נֹופ ֶלת‪ְ ,‬וֹלא‬ ‫ָצ ִריְך ִלּטֹל ִמן ַהּי ִַין‪ְ ,‬ו ָה ֶא ֶבן ֶ‬
‫ָעֹות‬‫ֶת‪ .‬מ‬ ‫פל‬
‫ְהיא נֹו ֶ‬‫ָּה ו ִ‬
‫צּד‬
‫ַל ִ‬‫ָּה ע‬ ‫מּט‬
‫ִיּה ּו ַ‬
‫מגְּב ַ‬
‫ִּיֹות‪ַ ,‬‬
‫חב‬ ‫הָ‬‫ֵין ֶ‬ ‫ב‬ ‫ָד ִים‪ָ :‬ה ְי ָתה ֵבין ֶה ָח ִבּיֹות‪.‬‬
‫ׁשֹּלא ִּתּפֹל ָה ֶא ֶבן ַעל ֶה ָח ִבּיֹות‬
‫אֹותּה ַּבּי ַ‬
‫ָ‬
‫ָרא ֶ‬
‫ִיּטֹל‬
‫ּומ ְתי ֵ‬
‫ִ‬
‫ֶׁשת‪,‬‬
‫ַׁשל ֶ‬
‫ָיו ל ְ‬
‫על‬ ‫ְתה ָ‬
‫הי ָ‬ ‫ְלֹות‪ָ .‬‬
‫ְהן נֹופ‬
‫ַר ו ֵ‬‫הּכ‬‫ֶת ַ‬‫ֵר א‬‫ַר‪ ,‬נֹוע‬‫הּכ‬
‫ַל ַ‬ ‫ׁשע‬‫ֶ‬ ‫ּומ ַס ְּל ָקּה‬
‫יהּה ְל ָח ִבית ֻּכ ָּלּה ְ‬
‫אֹותּה ַעל ִצ ָּדּה‪:‬‬ ‫ָ‬
‫ְו ִת ְׁש ְּב ֵרם‪ַ ,‬מ ְג ִּב ָ‬
‫ִמ ֵּבין ֶה ָח ִבּיֹות‪ְ ,‬ו ָׁשם ַמ ֶּטה‬
‫ַד‬
‫מיִם ע‬ ‫ֶיה ַ‬
‫על ָ‬ ‫נֹותנִין ָ‬
‫ׁשל עֹור‪ְ ,‬‬ ‫ְתה ֶ‬ ‫הי ָ‬‫ְטּוט‪ָ .‬‬‫מר‬‫סַ‬‫ּב ְ‬
‫ָּה ִ‬‫קּנְח‬‫מַ‬‫ְ‬ ‫ׁשהּוא ָצ ִריְך‬
‫א ָבל ִאם‬
‫נֹופלֹות‪ְּ .‬כ ֶ‬ ‫נֹוער ֶאת ַה ַּכר ְו ֵהן ְ‬
‫ַל ַּכר ְו ֵאינֹו ָצ ִריְך ִל ְמקֹום ַה ַּכר‪ֲ ,‬‬
‫ֵ‬

‫ֶה‪:‬‬‫כל‬‫ּת ְ‬
‫ׁש ִ‬
‫ֶ‬ ‫יּה ַה ַּכר ִעם ַה ָּמעֹות‬
‫ׁש ָּׁש ַכח ַה ָּמעֹות‬
‫ָצ ִריְך ִל ְמקֹומֹו ַמ ְג ִּב ַ‬
‫א ָמ ָרן ֶא ָּלא ְּכ ֶ‬ ‫ׁש ָע ָליו‪ְ .‬וֹלא ֲ‬ ‫ֶ‬
‫יחן ָׁשם‬ ‫א ָבל ֵה ִנ ָ‬ ‫ַעל ַה ַּכר ֵמ ֶע ֶרב ַׁש ָּבת‪ֲ ,‬‬
‫צֹואה‪ְ :‬מ ַק ְּנ ָחהּ ִּב ְס ַמ ְרטּוט‪.‬‬
‫ׁשל ִטּנּוף ְּכגֹון רֹק אֹו ְר ִעי אֹו ָ‬‫ׁשת‪ָּ .‬ד ָבר ֶ‬ ‫ׁש ָע ָליו‪ַ :‬ל ְׁש ֶל ֶ‬
‫ַער ַה ָּמעֹות ֶ‬‫ַע ָׂשה ַה ַּכר ָּב ִסיס ְל ָד ָבר ָה ָאסּור ְו ָאסּור ְל ַט ְל ְטלֹו ְוֹלא ְלנ ֵ‬ ‫ְּב ִמ ְת ַּכּוֵן נ ֲ‬
‫יה ַמ ִים‪ַ .‬עד ֶ‬
‫ׁש ִּת ְכ ֶלה‬ ‫נֹותן ָע ֶל ָ‬
‫ׁשל עֹור‪ְּ .‬ד ָלאו ַּבר ִּכּבּוס הּוא‪ֵ :‬‬ ‫ּובגֶד ְׁש ִרּיָתֹו ַּב ַּמ ִים זֶהּו ִּכּבּוסוֹ‪ָ :‬ה ְי ָתה‪ַ .‬על ַּכר‪ֶ :‬‬
‫ׁשל ֶּבגֶד הּוא‪ֶ ,‬‬ ‫יה ַמ ִים‪ִּ ,‬ד ְס ָתם ַּכר ֶ‬ ‫ְוֹלא ִי ֵּתן ָע ֶל ָ‬
‫ּבּוסן‪:‬‬
‫ָתן ֹלא זֶהּו ִּכ ָ‬ ‫ּומיהּו ְׁש ִרּי ָ‬
‫ינהוּ ַׁשָּיךְ ְּבהּו ִּכּבּוס ְּבעֹורֹות ַר ִּכים‪ִ ,‬‬‫ּוכ ָסתֹות ַר ִּכים ִנ ְ‬
‫ּוס ָתם ָּכ ִרים ְ‬‫הֹואיל ְ‬‫א ָבל ִּכּבּוס ַמ ָּמׁש ֹלא‪ְּ ,‬ד ִ‬ ‫ׁשת‪ֲ .‬‬ ‫ְו ֵת ֵלְך ַה ַּל ְׁש ֶל ֶ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.21 Mishna 3‬‬ ‫‪29 Av 5780‬‬
‫‪19 / 08 / 20‬‬
‫ִין‪.‬‬
‫לּפ‬
‫קִ‬‫ָמֹות ּו ְ‬ ‫עצ‬‫ָן ֲ‬ ‫לח‬‫ּׁש ְ‬
‫הֻ‬ ‫ִן ַ‬‫ִיהין מ‬
‫מגְּב ִ‬‫ִים‪ַ ,‬‬ ‫מר‬
‫ַאי אֹו ְ‬ ‫ׁשּמ‬
‫ֵית ַ‬ ‫ּב‬ ‫יהין ֵמ ַעל‬ ‫אֹומ ִרים ַמ ְג ִּב ִ‬
‫ּוק ִל ִּפין‪ַּ .‬ב ְּג ָמ ָרא ָק ָא ַמר‬
‫ְ‬ ‫ׁש ַּמאי‬
‫ּׁש ְל ָחן ֲע ָצמֹות ְ‬
‫ֵּבית ַ‬
‫ַה ֻ‬
‫ָּה‪.‬‬
‫ער‬‫מנַ ֲ‬
‫ָּה ּו ְ‬‫כּל‬
‫ָה ֻ‬ ‫בל‬
‫ּט ְ‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ֵל א‬ ‫ִים‪ ,‬נֹוט‬ ‫מר‬‫ֵל אֹו ְ‬ ‫הּל‬‫ֵית ִ‬ ‫ּוב‬ ‫ָתנּו ְּכמֹות‬
‫יטה‪,‬‬
‫סֹומ ִכים ַעל ִמ ְׁשנ ֵ‬
‫ׁש ִהיא ְׁשנּויָה‪ֶ ,‬א ָּלא ֻמ ְח ֶל ֶפת ַה ִּׁש ָ‬
‫ְ‬ ‫ׁש ֵאין ָאנּו‬ ‫ֶ‬
‫ֶ‬
‫ׁשל‬
‫ָר ֶ‬ ‫ְׂשע‬
‫ּכּזַיִת ו ֵ‬
‫מַ‬ ‫ָחֹות ִ‬ ‫ִין ּפ‬
‫ֵרּור‬‫ָן ּפ‬‫לח‬ ‫ּׁש ְ‬
‫הֻ‬ ‫פנֵי ַ‬‫ּל ְ‬
‫מִ‬‫ִין ִ‬ ‫ִיר‬‫עב‬ ‫מֲ‬‫ַ‬ ‫ּׁש ְל ָחן‬
‫אֹומ ִרים‬
‫יהין ֵמ ַעל ַה ֻ‬
‫ְ‬
‫אֹומ ִרין ַמ ְג ִּב ִ‬
‫ּובית ַׁש ַּמאי‬
‫ְ‬
‫ּוק ִל ִּפין‪ֵ ,‬‬
‫ׁש ֵּבית ִה ֵּלל‬
‫ֲע ָצמֹות ְ‬
‫ֶ‬

‫ָה‪.‬‬‫ְהמ‬
‫ַל ּב ֵ‬ ‫אכ‬ ‫מֲ‬‫ׁשהּוא ַ‬ ‫ּפנֵי ֶ‬ ‫מְ‬‫ָׁשים‪ִ ,‬‬‫עד ִ‬ ‫ׁשל ֲ‬ ‫ָר ֶ‬ ‫ְׂשע‬
‫ֲפּונִין ו ֵ‬ ‫א‬ ‫ּתֹורת ְּכ ִלי‬
‫ָד ִים‪,‬‬
‫יה ַ‬ ‫ׁשּיֵׁש ָע ֶל ָ‬ ‫ְמ ַס ֵּלק ֶאת ַה ַּט ְב ָלא ֶ‬
‫א ָבל ֹלא ְי ַט ְל ֵטל ָה ֲע ָצמֹות ְו ַה ְּק ִל ִּפין ַּבּי ַ‬ ‫ֲ‬
‫ֵין‬
‫ָאו‪ ,‬א‬ ‫ִם ל‬ ‫ִין ּבֹו‪ ,‬וְא‬
‫קּנְח‬
‫מַ‬ ‫ִיזָה‪ְ ,‬‬‫אח‬‫ֵית ֲ‬ ‫ִם יֶׁש לֹו עֹור ּב‬ ‫ְפֹוג‪ ,‬א‬ ‫ס‬ ‫ּובית ַׁש ַּמאי ְּכ ַר ִּבי‬ ‫ְּד ֵבית ִה ֵּלל ְּכ ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון ֵ‬
‫ּומיהּו ֹלא ָׁשרּו ֵּבית ִה ֵּלל ֶא ָּלא‬ ‫הּודה‪ִ .‬‬ ‫ְי ָ‬
‫ָת‪,‬‬‫ְׁשּב‬
‫ָל ּב ַ‬ ‫ְָך‪ ,‬נִּט‬
‫ֵין ּכ‬
‫ְָך ּוב‬ ‫ֵין ּכ‬
‫ִים ּב‬‫מר‬‫ִים אֹו ְ‬ ‫כמ‬‫חָ‬ ‫ִין ּבֹו‪ .‬וַ ֲ‬‫קּנְח‬
‫מַ‬‫ְ‬ ‫א ַכל ְּב ֵה ָמה ַאף‬
‫א ָבל ִאי‬ ‫א ַכל ָא ָדם‪ֲ ,‬‬
‫ּוק ִל ִּפין ְּד ָחזוּ ְל ַמ ֲ‬ ‫ַּב ֲע ָצמֹות ְ‬
‫ַעל ַּגב ְּדֹלא ָחזּו ְל ַמ ֲ‬
‫ָה‪:‬‬‫מא‬‫טְ‬ ‫ֵל ֻ‬ ‫קּב‬‫מַ‬ ‫ֵינֹו ְ‬
‫וְא‬ ‫א ַכל ְּב ֵה ָמה מֹודוּ ֵּבית ִה ֵּלל‬
‫א ִפּלוּ‬
‫ֹלא ָחזּו ַאף ְל ַמ ֲ‬
‫סּורים ְל ַט ְל ֵטל‪ְּ ,‬ד ִב ְכ ַהאי ַּג ְונָא ֲ‬ ‫א ִ‬ ‫ַּד ֲ‬
‫ּׁש ְל ָחן‬ ‫ירין ֵמ ַעל ַה ֻ‬ ‫מֹודה‪ַ :‬מ ֲע ִב ִ‬ ‫ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון ֶ‬
‫ׁש ַה ִּק ְט ִנית ָּג ֵדל ָּב ֶהן‪ :‬עֹור‬ ‫ּפֹולין‪ַׁ .‬ש ְר ִב ִ‬
‫יטים ֶ‬ ‫ׁשל ִ‬ ‫ׂש ָער ֶ‬‫א ַכל ְּב ֵה ָמה‪ְ :‬ו ֵ‬
‫אּויין ְל ַמ ֲ‬
‫ׁש ֵהן ְר ִ‬ ‫ש ְּב ָסמּוְך‪ֶ ,‬‬ ‫ַית‪ְ ,‬ו ַט ְע ָמא ְּכ ִד ְמ ָפ ֵרׁ‬ ‫א ִפּלוּ ָּפחֹות ִמ ַּכּז ִ‬ ‫ַית‪ֲ .‬‬ ‫רּורין ָּפחֹות ִמ ַּכּז ִ‬ ‫ֵּפ ִ‬
‫מֹודה ֵּביּה ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון‪ֵּ :‬בין‬
‫יׁשיהּ ְוֹלא יָמּות‪ְּ ,‬ד ֶ‬ ‫ַהוֵי ְּפ ִסיק ֵר ֵ‬
‫עֹותיו ו ֲ‬
‫אֹוחזֹו ִנ ְס ָחט ֵּבין ֶא ְצ ְּב ָ‬
‫ׁש ֲ‬ ‫ֹאחזֶּנּו ּבֹו‪ֵ :‬אין ְמ ַק ְּנ ִחין ּבֹו‪ֶ .‬‬
‫ׁש ְּכ ֶ‬ ‫ׁשּי ֲ‬ ‫ׁשל עֹור ֶ‬ ‫א ִחיזָה ֶ‬ ‫א ִחיזָה‪ֵּ .‬בית ֲ‬ ‫ֵּבית ֲ‬
‫ׁשהּוא נָגּוב‪ְ :‬ו ֵאינֹו ְמ ַק ֵּבל ֻט ְמ ָאה‪ְּ .‬ד ֵאינֹו ֹלא ְּכ ִלי ֵעץ ְוֹלא ֶּבגֶד ְוֹלא ַׂשק ְוֹלא ַמ ֶּת ֶכת‪:‬‬ ‫א ִחיזָה‪ִ ,‬נ ָּטל ְּב ַׁש ָּבת ְּכ ֶ‬‫א ִחיזָה ֵּבין ֵאין לֹו ֵּבית ֲ‬ ‫ּובין ָּכְך‪ֵּ .‬בין יֵׁש לֹו ֵּבית ֲ‬ ‫ָּכְך ֵ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.22 Mishna 1‬‬ ‫‪30 Av 5780‬‬
‫‪20 / 08 / 20‬‬
‫ֵר‬‫ֻּדֹות‪ ,‬וְאֹומ‬
‫סע‬‫ׁשֹלׁש ְ‬ ‫ְזֹון ָ‬
‫מּנָה מ‬‫הי ֶ‬ ‫ִין ֵ‬‫ִיל‬‫מּצ‬
‫ָה‪ַ ,‬‬ ‫ּבר‬
‫ִׁש ְ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ִית ֶ‬ ‫חב‬‫ָ‬ ‫ַא ִפּלוּ ְּב ֵכ ִלים‬ ‫ׁשֹלׁש ְס ֻעדֹות‪ .‬ו ֲ‬ ‫ילין ְמזֹון ָ‬
‫ַה ְר ֵּבה‪ְּ ,‬ד ִאּלוּ ִּב ְכ ִלי ֶא ָחד ָא ְמרּו ְּב ֶפ ֶרק ָּכל‬
‫ַמ ִּצ ִ‬

‫ִין‬
‫חט‬‫ֵין סֹו ֲ‬
‫סּפֹג‪ .‬א‬
‫ׁשֹּלא יְִ‬
‫ַד ֶ‬ ‫לב‬ ‫בְ‬
‫ֶם‪ּ ,‬ו ִ‬‫לכ‬‫ִילּו ָ‬‫ְהּצ‬
‫ִים‪ּ ,‬בֹאּו ו ַ‬ ‫חר‬‫אֵ‬‫לֲ‬‫ַ‬ ‫ִּכ ְת ֵבי ְּד ַכ ָּמה ְּד ָב ֵעי ַמ ִּציל‪ָ :‬ל ֶכם‪ָּ .‬כל ֶא ָחד‬
‫ׁשֹּלא ִי ְסּפֹג‪.‬‬ ‫ּוב ְל ַבד ֶ‬ ‫ְמזֹון ָׁשֹלׁש ְסעּודֹות‪ִ :‬‬
‫ִין‪.‬‬
‫ֲסּור‬‫ָן‪ ,‬א‬
‫צמ‬‫עְ‬‫מַ‬ ‫ְאּו ֵ‬‫ִם יָצ‬‫ִין‪ ,‬וְא‬
‫ַׁשק‬‫ֵהן מ ְ‬
‫ִיא מ ֶ‬ ‫ְהֹוצ‬ ‫ֵרֹות ל‬ ‫הּפ‬
‫ֶת ַ‬ ‫א‬ ‫ָׂשים ְספֹוג ִל ְׁשאֹב ַהּי ִַין ְו ַל ְחזֹר‬
‫ׁשּיֵׁש ַל ְּספֹוג ֵּבית‬
‫ׁשֹּלא י ִ‬
‫ּול ַה ִּטיף‪ְ ,‬ו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫ְ‬
‫ֶ‬

‫ִם‬‫ֻּתר‪ ,‬וְא‬
‫ֵהן מ ָ‬‫ֵא מ ֶ‬ ‫הּיֹוצ‬
‫ִין‪ַ ,‬‬ ‫כל‬‫אָ‬ ‫לֳ‬‫ִם ְ‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬
‫ַ‬ ‫ׂשה‬ ‫ַע ֶ‬‫ׁשֹּלא י ֲ‬ ‫יטה‪ֶ ,‬‬
‫ַא ִפּלוּ ִל ַּקח ְּביָדֹו‬
‫יּכא ֲח ַׁשׁש ְס ִח ָ‬
‫עֹוׂשה ַּבחֹל‪ .‬ו ֲ‬
‫א ִחיזָה‪ְּ ,‬ד ֵל ָ‬
‫ׁשהּוא ֶ‬
‫ֲ‬
‫ְּכ ֶד ֶרְך ֶ‬
‫ָת‬‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬‫ָן ֵ‬
‫ּסק‬‫רְ‬‫ׁש ִ‬
‫ַׁש ֶ‬ ‫ּדב‬
‫חּלֹות ְ‬‫ָסּור‪ַ .‬‬ ‫ֵהן א‬
‫ֵא מ ֶ‬ ‫הּיֹוצ‬
‫ִין‪ַ ,‬‬ ‫ַׁשק‬
‫למ ְ‬‫ְ‬ ‫ֵח יָדֹו‬
‫ׂשה‬
‫ּול ַקּנ ַ‬
‫ׁש ֵהן ָע ִבים ְו ִנ ְד ָּב ִקים ְ‬
‫ׂשה ְּכ ַמ ֲע ֵ‬ ‫ַע ֶ‬‫ׁשֹּלא י ֲ‬
‫ּוד ַבׁש ֶ‬ ‫ׁש ֶמן ְ‬
‫ִּב ְׂש ַפת ַה ְּכ ִלי ָאסּור‪ֶ ,‬‬
‫ֶ‬

‫ַּתיר‪:‬‬
‫עזֶר מ ִ‬ ‫ִי ֶ‬
‫אל‬‫ִי ֱ‬ ‫רּב‬
‫ִין‪ .‬וְַ‬
‫ֲסּור‬
‫ָן‪ ,‬א‬ ‫צמ‬ ‫עְ‬‫מַ‬ ‫ְאּו ֵ‬
‫וְיָצ‬ ‫הוָה ֵליּה‬
‫ׁש ָּמא‬ ‫ֵרה ֶ‬
‫סֹוח ִטין ֶאת ַה ֵּפרֹות‪ַּ .‬ד ֲ‬
‫סּורין‪ְּ .‬גז ָ‬ ‫א ִ‬ ‫ׁ‪ֲ :‬‬
‫חֹל‪ֵ :‬אין ֲ‬
‫ּתֹול ָדה ְּד ָדש‬‫ָ‬ ‫ְמ ָפ ֵרק‬
‫אֹומר ִאם‬ ‫ֵ‬ ‫הּודה‬‫ִי ְסחֹט ְל ַכ ְּת ִח ָּלה‪ַ :‬ר ִּבי ְי ָ‬
‫יחא ֵליּה‬ ‫ׁש ָּמא ִי ְסחֹט‪ְ :‬ו ִאם ְל ַמ ְׁש ִקין‪ָ .‬היּו ְמ ֻכּנ ִ‬
‫ָסין‪ְּ ,‬ד ִנ ָ‬ ‫יּכא ְל ִמ ְגזַר ְּבהּו ֶ‬‫ּׁשּזָבּו ְו ֵל ָ‬
‫יחא ֵליּה ְּב ַמה ֶ‬ ‫ּיֹוצא ֵמ ֶהן ֻמ ָּתר‪ְּ ,‬דֹלא ִנ ָ‬ ‫ָסים‪ַ ,‬ה ֵ‬ ‫אֹותן ֵּפרֹות ְמ ֻכּנ ִ‬‫א ָכ ִלין‪ָ .‬היּו ָ‬ ‫ָל ֳ‬
‫ּיֹוצא ֵמ ֶהן ָאסּור‪ֵּ ,‬כיוָן‬ ‫א ָכ ִלים ַה ֵ‬ ‫הּודה ַל ֲח ָכ ִמים ְּד ַאף ַעל ַּגב ְּד ִכ ְּנ ָסן ָל ֳ‬ ‫מֹודה ַר ִּבי ְי ָ‬‫ָבים ֶ‬ ‫ַענ ִ‬
‫ֵיתים ו ֲ‬‫ּובז ִ‬
‫ׁש ָּמא ִי ְסחֹט‪ְ .‬‬ ‫ֵרה ֶ‬ ‫ּיֹוצא ֵמ ֶהן ָאסּור‪ְּ ,‬גז ָ‬ ‫ַיהּו‪ַ ,‬ה ֵ‬ ‫ָפק ִמּנ ְ‬ ‫ְּב ַמאי ְּדנ ַ‬
‫ֶח ְלקּו ֶא ָּלא‬ ‫יטה‪ֹ .‬לא נ ְ‬ ‫הּודה‪ֵּ ,‬כיוָן ְּד ָלאו ַּד ְר ָּכן ִל ְס ִח ָ‬
‫מֹודים ֲח ָכ ִמים ְל ַר ִּבי ְי ָ‬ ‫ּוב ְׁש ָאר ִמינֵי ֵּפרֹות ִ‬ ‫ָהיב ַּד ְע ֵּתיהּ ְּב ָה ִכי‪ִ .‬‬
‫ידי ַמ ְׁש ֶקה י ֵ‬ ‫יטה ָק ְי ֵמי‪ִּ ,‬כי ָאתּו ִל ֵ‬ ‫ְּד ַד ְר ָּכן ִל ְס ִח ָ‬
‫ׁש ֵהן ְמ ֻר ָּס ִקים זָב ַה ְּד ַבׁש‬‫הּודה‪ַ :‬חּלֹות ְּד ַבׁש‪ְּ .‬כ ֶ‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬‫ָבים‪ .‬ו ֲ‬ ‫ַענ ִ‬
‫ֵיתים ו ֲ‬‫ַח ָכ ִמים ְמ ַדּמּו ְלהּו ְלז ִ‬ ‫הּודה ְמ ַד ֶּמה ְלהּו ִל ְׁש ָאר ֵּפרֹות ו ֲ‬ ‫ּמֹונים‪ְּ ,‬ד ַר ִּבי ְי ָ‬
‫תּותים ְו ִר ִ‬ ‫ְּב ִ‬
‫יעזֶר‪:‬‬
‫א ִל ֶ‬‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֱ‬ ‫ׁש ֵאין ְמ ֻר ָּס ִקין‪ .‬ו ֲ‬
‫אֹוס ִרים‪ָּ ,‬ג ְזרּו ַאּטּו ֶ‬
‫ַח ָכ ִמים ְ‬ ‫יעזֶר ַמ ִּתיר‪ ,‬ו ֲ‬‫א ִל ֶ‬
‫ֵמ ַע ְצמֹו ִמּתֹוְך ַה ַּׁש ֲעוָה ְו ֵאין ֶּד ֶרְך ְל ָס ְחטֹו‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ַר ִּבי ֱ‬

‫‪162‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪1 Eloul 5780‬‬
‫‪21 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.22 Mishna 2‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ה ָד ָחתוֹ‬
‫יח‬
‫יחין‪ַּ .‬ד ֲ‬
‫ּׁשל‪ְ :‬מ ִד ִ‬
‫ׁשֹורין‪ :‬חּוץ ִמן ַה ָּמ ִל ַ‬ ‫ִ‬
‫ׁש ָּבא ְּב ַח ִּמין‪ֶ .‬‬
‫ׁש ִּנ ְת ַּב ֵ‬
‫א ָבל ֹלא‬
‫ּכֹל ֶ‬
‫ֵאינָּה ִּבּׁשּולֹו‪ֲ .‬‬
‫ָת‪,‬‬‫ְׁשּב‬
‫ִין ּב ַ‬
‫חּמ‬
‫בַ‬‫ִין אֹותֹו ְ‬
‫ָת‪ׁ ,‬שֹור‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬‫ִין ֵ‬ ‫חּמ‬‫בַ‬
‫ָא ְ‬‫ׁשּב‬
‫ּכֹל ֶ‬
‫ּׁש ִּנ ְמ ַלח‪:‬‬
‫ַה ָד ָחתֹו‬
‫ׁש ָע ְב ָרה ָע ָליו ָׁשנָה ִמ ֶ‬ ‫ָׁשן‪ַּ .‬דג ָמ ִל ַ‬
‫יח ֶ‬
‫קּוליָס ָה ִא ְס ָּפ ִנין‪ָּ .‬דג ֶ‬
‫ׁש ְּק ִל ָּפתוֹ ַּד ָּקה‪ ,‬ו ֲ‬
‫ַהּי ָ‬
‫ְו ְ‬
‫ִין‬
‫חּמ‬‫בַ‬‫ִין אֹותֹו ְ‬
‫ִיח‬ ‫מד‬
‫ָת‪ְ ,‬‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶב ַ‬ ‫ער‬‫מֶ‬‫ִין ֵ‬‫חּמ‬‫בַ‬
‫ָא ְ‬ ‫ׁשֹּלא ב‬
‫וְכֹל ֶ‬
‫ְּב ַח ִּמין הּוא ְּג ַמר ִּבּׁשּולֹו‪:‬‬ ‫טּנִים‬
‫קַ‬‫ִים ְ‬ ‫ְלּוח‬
‫דגִים מ‬ ‫ָׁשן‪ ,‬וְָ‬
‫הּי ָ‬
‫ח ַ‬ ‫ִי ַ‬
‫ּמל‬
‫הָ‬‫ִן ַ‬‫ָת‪ ,‬חּוץ מ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ּב ַ‬
‫ְּתן‪:‬‬
‫ַאכ ָ‬‫מל‬ ‫ַר ְ‬
‫היא גְמ‬ ‫ָתן זֹו ִ‬
‫דח ָ‬ ‫הָ‬
‫ׁש ֲ‬
‫ּפנִין‪ֶ ,‬‬
‫סָ‬ ‫אְ‬
‫הִ‬‫ליָס ָ‬‫וְקּו ְ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪3 Eloul 5780‬‬
‫‪23 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.22 Mishna 3‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ׁשהּוא ְמ ַק ְל ֵקל‪:‬‬ ‫ׁשֹובר ָא ָדם ֶאת ֶה ָח ִבית‪ִ .‬מ ְּפנֵי ֶ‬


‫ׁשֹּלא ִי ְת ַּכּוֵן ַל ֲעׂשֹות ְּכ ִלי‪ַ .‬ל ֲעׂשֹות‬
‫ֵ‬
‫ּוב ְל ַבד ֶ‬ ‫ִ‬
‫ַד‬‫לב‬‫בְ‬‫מּנָה גְרֹוגָרֹות‪ּ ,‬ו ִ‬‫הי ֶ‬
‫אכֹל ֵ‬ ‫לֱ‬‫ִית ֶ‬ ‫חב‬ ‫הָ‬‫ֶת ֶ‬ ‫ָם א‬ ‫אד‬ ‫ֵר ָ‬ ‫ׁשֹוב‬
‫בּוקה‬
‫ָקיב‬
‫גּופה‪ַ .‬ה ְּד ָ‬ ‫נֹוק ִבים ְמ ָ‬
‫נֹוטל ֶאת ֻּכ ָּלּה‪ְּ ,‬ד ִכי נ ִ‬
‫ָאה‪ֵ :‬אין ְ‬ ‫ָלּה ֶּפה נ ֶ‬
‫ְּב ִפי ָח ִבית‪ֶ ,‬א ָּלא ֵ‬
‫ִית‪,‬‬‫חב‬ ‫ׁשל ָ‬ ‫ָה ֶ‬ ‫ְגּופ‬
‫ִים מ‬ ‫קב‬‫ֵין נֹו ְ‬
‫ִי‪ .‬וְא‬
‫ּכל‬
‫ֲׂשֹות ְ‬ ‫לע‬‫ּכּוֵן ַ‬
‫ִת ַ‬
‫ׁשֹּלא י ְ‬
‫ֶ‬
‫יֹוסי ַמ ִּתיר‪ְּ .‬ד ֵאין‬
‫יֹוסי‪:‬‬
‫ַלּה ְמ ַת ֵּקן ִּפ ְת ָחא הּוא‪ַ :‬ר ִּבי ֵ‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֵ‬ ‫ֶּד ֶרְך ֶּפ ַתח ָח ִבית ְּב ָכְך‪ .‬ו ֲ‬
‫ָּה‪.‬‬
‫ּצּד‬
‫מִ‬ ‫בּנָה ִ‬ ‫ּק ֶ‬
‫ִין‪ .‬וְֹלא יְִ‬‫ַּתיר‬
‫ִים מ ִ‬ ‫כמ‬‫חָ‬‫ָה‪ .‬וַ ֲ‬
‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬‫ֵי ַ‬‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ִ‬
‫לֹומר ָהא ְּד ָׁש ֵרי ַר ִּבי‬
‫גּופה‪ֹ ,‬לא ָׁש ֵרי‬
‫ְוֹלא ִי ְּק ֶבּנָה ִמ ִּצ ָּדּה‪ְּ .‬כ ַ‬
‫נֹוקב ֶאת ַה ְּמ ָ‬ ‫ֵ‬ ‫יֹוסי ִל ְהיֹות‬ ‫ֵ‬
‫ׁשהּוא‬ ‫ּפנֵי ֶ‬‫מְ‬‫עוָה‪ִ ,‬‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ֶיה ַ‬
‫על ָ‬ ‫ִּתן ָ‬
‫ָה‪ֹ ,‬לא י ֵ‬ ‫ְתה נְקּוב‬ ‫הי ָ‬‫ִם ָ‬ ‫וְא‬
‫אֹור ָחא‬
‫גּופה‪.‬‬
‫ְ‬ ‫גּופה‪ְּ ,‬ד ָלאו‬
‫נֹוטל ָּכל ַה ְּמ ָ‬
‫ֶא ָּלא ְל ַמ ְע ָלה ְּברֹאׁש ַה ְּמ ָ‬
‫ְל ֵמ ֲע ַבד ִּפ ְת ָחא ָה ָתם ֶא ָּלא ֵ‬
‫ֶן‬
‫חנָן ּב‬‫ָן יֹו ָ‬
‫רּב‬
‫פנֵי ַ‬‫לְ‬‫ָא ִ‬ ‫ֲׂשה ב‬ ‫מע ֶ‬
‫ָה‪ַ ,‬‬ ‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ַ‪ָ .‬‬‫רח‬ ‫מֵ‬
‫מָ‬ ‫ְ‬
‫ֶקב ְּב ַצד‬ ‫ימ ִנין ְּד ָע ֵביד ֵליּה ַלּנ ֶ‬
‫רֹוצה ְל ָפ ְת ָחּה‬ ‫ֶ‬
‫א ָבל ִמ ִּצ ָּדּה‪ִ ,‬ז ְ‬
‫גּופה ִמּׁשּום ִּפ ְת ָחא ְו ֵאינֹו‬ ‫ַה ְּמ ָ‬
‫ֲ‬ ‫ָאת‪:‬‬ ‫חּט‬
‫מַ‬ ‫ׁשנִי לֹו ֵ‬
‫חֹוׁש ָ‬
‫ַר‪ְ ,‬‬ ‫אמ‬ ‫ָב‪ ,‬וְ ָ‬
‫ער‬ ‫ּב ֲ‬
‫ַאי ַ‬‫זַּכ‬
‫ׁשֹּלא ִי ְּפלּו ְצרֹורֹות אֹו ָע ָפר ַּבּי ִַין‪:‬‬ ‫ְל ַמ ְע ָלה‪ֶ ,‬‬
‫ׁש ִני לֹו ֵמ ַח ָּטאת‪ִ .‬אם ֵמ ַרח ַה ַּׁש ֲעוָה ְל ַד ְּב ָקּה ְּב ָד ְפנֵי ַה ְּכ ִלי ְס ִביב ַהּנ ֶ‬
‫ֶקב‪:‬‬ ‫חֹוׁש ָ‬
‫ׁשם ָמקֹום‪ְ :‬‬
‫ְמ ָמ ֵר ַח‪ְ .‬ויֵׁש ָּכאן ִמּׁשּום ְמ ַמ ֵחק‪ַּ :‬ב ֲע ָרב‪ֵ .‬‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪4 Eloul 5780‬‬
‫‪24 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.22 Mishna 4‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ׁשמּור‪.‬‬ ‫ׁש ְּי ֵהא ָ‬‫ׁש ֵאין ּבֹו ַמ ִים‪ֶ :‬‬


‫יח ֵמ ֲח ַמת ַהחֹם‪ְ .‬ו ָהא ָקא ַמ ְׁש ַמע‬
‫ְלתֹוְך ַהּבֹור‪ֶ .‬‬
‫ַס ִר ַ‬‫ׁשֹּלא י ְ‬ ‫ֶ‬
‫ֶת‬‫ׁשמּור‪ ,‬וְא‬ ‫ְהא ָ‬‫ׁשּי ֵ‬
‫ִיל ֶ‬ ‫ִׁשב‬‫הּבֹור ּב ְ‬‫ְתֹוְך ַ‬ ‫ְׁשיל ל‬‫ּתב ִ‬‫נֹותנִין ַ‬
‫ְ‬
‫ָלן ְּדֹלא ָח ְי ִׁשינַן ִּד ְל ָמא ָא ֵתי ְל ַא ְׁשוֹויֵי ּגֻּמֹות‬
‫הֹוׁשיב‬
‫ׁש ְּי ֵהא ָׁשוֶה ְל ִ‬ ‫ׁש ְּב ַק ְר ָק ִעית ַהּבֹור ְּכ ֵדי ֶ‬ ‫ֶ‬
‫ָה‬‫חּמ‬
‫ּב ַ‬
‫הּצֹונֵן ַ‬
‫ֶת ַ‬‫ַּנּו‪ ,‬וְא‬
‫ׁשּיִּצ‬
‫ִיל ֶ‬ ‫ִׁשב‬
‫ִים ּב ְ‬ ‫רע‬‫ּב ָ‬‫ִים ָ‬‫הּיָפ‬
‫ּמיִם ַ‬
‫הַ‬‫ַ‬
‫ָפים‪ָ .‬ה ְר ִ‬
‫אּויים‬ ‫ָׁשם ַה ְּק ֵד ָרה‪ְ :‬ו ֶאת ַה ַּמ ִים ַהּי ִ‬
‫ִל ְׁש ִתּיָה‪ָּ :‬ב ָר ִעים‪ְּ .‬בתֹוְך ִמ ְקוֵה ַמ ִים ָר ִעים‬
‫ָהן‬
‫ְֵך ּב ֶ‬
‫ְהּל‬
‫מיִם‪ ,‬מ ַ‬‫ּב ַ‬
‫ְֶך ְ‬‫ּדר‬
‫ּב ֶ‬
‫ָיו ַ‬ ‫כל‬‫ָׁשרּו ֵ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ִי ֶ‬‫ַּמּו‪ .‬מ‬‫ׁשּיֵח‬
‫ִיל ֶ‬ ‫ִׁשב‬
‫ּב ְ‬
‫יטא ִהיא‪,‬‬
‫ּצֹונ ִנים‬
‫ּומ ְּל ָתא ִּד ְפ ִׁש ָ‬ ‫אּוין ִל ְׁש ִתּיָה‪ִ .‬‬
‫ָקט ַלּה‪ִּ ,‬ד ְתנַן ְו ֶאת ַה ְ‬ ‫יפא נ ַ‬
‫ׁש ֵאינָן ְר ִ‬
‫ּומּׁשּום ֵס ָ‬ ‫ִ‬
‫ֶ‬ ‫ָל‬
‫אב‬ ‫ָה‪ֲ ,‬‬ ‫חּמ‬
‫ּב ַ‬
‫ָן ַ‬
‫טח‬‫ִיצֹונָה‪ׁ ,‬שֹו ְ‬ ‫הח‬ ‫ֵר ַ‬‫חצ‬ ‫לָ‬‫עֶ‬ ‫הּגִי ַ‬
‫חֹוׁשׁש‪ִ .‬‬
‫ֵ‬ ‫ֵינֹו‬
‫וְא‬
‫ימא ִנ ְגזֹר‬ ‫ֵחמוּ‪ַ ,‬מהּו ְּד ֵת ָ‬ ‫ׁשּי ֲ‬
‫[ּב ַח ָּמה] ִּב ְׁש ִביל ֶ‬
‫ִּד ְל ָמא ָא ֵתי ְל ַא ְטמֹונֵי ָּב ֶר ֶמץ‪ָ ,‬קא ַמ ְׁש ַמע ָלן‪:‬‬
‫ַ‬ ‫ָם‪:‬‬
‫הע‬‫כנֶגֶד ָ‬
‫ֹלא ְ‬
‫ָפלּו ַּב ַּמ ִים ְּב ַׁש ָּבת‪ְ :‬מ ַה ֵּלְך‬ ‫ָׁשרּו ֵכ ָליו‪ֶ .‬‬
‫ׁשּנ ְ‬ ‫ׁשּנ ְ‬
‫ִמי ֶ‬
‫א ָבל ֹלא‬ ‫ַּב ָׁשן‪ֲ :‬‬‫ׁשֹוט ָחן ַּב ַח ָּמה‪ְ .‬לי ְ‬
‫ְ‬ ‫ׁשהּוא ָמקֹום ַה ִּמ ְׁש ַּת ֵּמר‪:‬‬‫מּוכה ִל ְמבֹוא ָה ִעיר‪ֶ ,‬‬ ‫יע ֶל ָח ֵצר ַה ִחיצֹונָה‪ַ .‬ה ְּס ָ‬‫ׁש ִּכ ְּב ָסן‪ִ :‬ה ִּג ַ‬
‫ַח ְׁשדּו אֹותֹו ֶ‬ ‫חֹוׁשׁש‪ֶ .‬‬
‫ׁש ָּמא י ְ‬ ‫ִע ָּמ ֶהן ְו ֵאינֹו ֵ‬
‫א ִפּלוּ ְּב ַח ְד ֵרי ֲח ָד ִרים ָאסּור‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך‬ ‫ׁש ָא ְסרּו ֲח ָכ ִמים ִמ ְּפנֵי ַמ ְר ִאית ָה ַע ִין ֲ‬
‫ָדינּו ָּכל ָּד ָבר ֶ‬
‫ה ָל ָכה ְּבי ֵ‬
‫ׁש ֲ‬
‫ּומ ְׁשנָה זֹו ְּדחּויָה ִהיא‪ֶ ,‬‬ ‫ׁש ִּכ ְּב ָסן‪ִ .‬‬
‫ַח ְׁשדּוהוּ ֶ‬ ‫ֶגד ָה ָעם‪ֶ .‬‬
‫ׁשּי ְ‬ ‫ְכנ ֶ‬
‫ׁשֹּלא ְּכ ֶנגֶד ָה ָעם‪:‬‬‫א ִפּלוּ ֶ‬‫ָאסּור ְל ָׁש ְט ָחן ֲ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪5 Eloul 5780‬‬
‫‪25 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.22 Mishna 5‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ׂשר‬ ‫א ִפּלוּ ְב ֶע ֶ‬
‫ׁש ְּמ ַק ְּנ ִחים‬
‫ֵח‪ֲ :‬‬
‫ינים ֶ‬
‫ְו ִנ ְס ַּת ֵּפג‪ְ .‬ו ִקּנ ַ‬
‫לּונ ִטּיֹות‪ְ .‬ס ִד ִ‬‫א ְ‬ ‫ֲ‬
‫ִיאֹות‪,‬‬
‫ֲלּונְט‬
‫ֶׂשר א‬
‫בע ֶ‬‫ִּלּו ְ‬
‫אפ‬‫ֵג‪ֲ ,‬‬
‫ְּתּפ‬
‫ריָא וְנִס ַ‬
‫בְ‬‫טֶ‬
‫ֵי ְ‬ ‫במ‬
‫ָה ּו ְ‬‫ער‬ ‫מָ‬‫ֵי ְ‬‫ּבמ‬
‫ֵץ ְ‬‫הרֹוח‬
‫ָ‬
‫ָּב ֶהן‪ְ ,‬ו ִנ ְס ַּת ֵּפג ָּב ֶהן זֶה ַא ַחר זֶה‪,‬‬
‫יׁשי ַמּיָא‬ ‫ַאף ַעל ַּגב ְּדֹלא ְנ ִפ ֵ‬
‫ַת‬‫אח‬‫ִית ַ‬‫ֲלּונְט‬
‫ּבא‬
‫ּפגִין ַ‬
‫ְּת ְ‬
‫מס ַ‬‫ָם ִ‬‫אד‬‫בנֵי ָ‬‫ָה ְ‬‫ֲׂשר‬
‫ָל ע ָ‬ ‫אב‬ ‫ּביָדֹו‪ֲ .‬‬
‫ֵם ְ‬‫ִיא‬‫ֹלא יְב‬
‫א ִפּלוּ ָה ִכי ֹלא‬
‫א ִפּלוּ‬
‫ָחד‪ֲ ,‬‬ ‫ְּב ָכל ַחד ו ַ‬
‫יאם ְּביָדֹו ְלתֹוְך ֵּביתֹו‪ֲ ,‬‬ ‫ְי ִב ֵ‬
‫ָן‪:‬‬
‫ּביָד‬
‫אֹותּה ְ‬
‫ִין ָ‬ ‫ִיא‬‫מב‬‫ֵיהם‪ּ ,‬ו ְ‬
‫רגְל ֶ‬ ‫ֵיהם וְַ‬
‫ֵיהם יְד ֶ‬
‫ּפנ ֶ‬
‫ְ‬
‫ׁש ֵאין ָּכאן ִאּסּור‬ ‫ַעל ְי ֵדי ֵערּוב‪ֶ ,‬‬
‫לּונ ִטית ַל ֲע ָׂש ָרה ְּבנֵי ָא ָדם‪,‬‬ ‫א ְ‬ ‫ַא ִפּלוּ ֲח ָדא ֲ‬ ‫ה ָד ֵדי‪ .‬ו ֲ‬‫ּומ ֻר ִּבין ֵהם ַמ ְד ְּכ ִרי ַא ֲ‬
‫הֹואיל ְ‬ ‫ִ‬ ‫ׂש ָרה ְּבנֵי ָא ָדם‪.‬‬ ‫א ָבל ֲע ָ‬
‫ׁש ָּמא ִי ְׁש ַּכח ְו ִי ְס ֲח ֵטם ְּבבֹאוֹ‪ֲ :‬‬
‫ֵרה ֶ‬ ‫הֹוצ ָאה ֶא ָּלא ְּגז ָ‬‫ָ‬
‫ָקט‪ְ ,‬והּוא‬ ‫יהם‪ְ .‬‬
‫אֹור ָחא ְּד ִמ ְּל ָתא נ ַ‬ ‫יהם ְו ַר ְג ֵל ֶ‬
‫ֵיהם ְי ֵד ֶ‬‫ּומ ֻר ִּבים ֵהן‪ְּ :‬פנ ֶ‬
‫הֹואיל ְ‬ ‫טּוה ִ‬ ‫ׁש ָּמא ִי ְס ֲח ָ‬ ‫ָדם ְוֹלא ָּג ְז ִרינַן ֶ‬
‫אֹותּה ְּבי ָ‬
‫יאין ָ‬ ‫א ִפּל ּו ָה ִכי ְמ ִב ִ‬ ‫יׁשי ָּבּה ַמּיָא‪ֲ ,‬‬
‫ְּד ַה ְׁש ָּתא ְנ ִפ ֵ‬
‫ׁש ָּמא ִי ְסחֹט‪:‬‬
‫ׁש ִּנ ְס ַּת ֵּפג ָּבּה‪ְ ,‬וֹלא ָח ְי ִׁשינַן ֶ‬
‫לּונ ִטית ֶ‬
‫א ְ‬ ‫א ִפּלוּ ֶא ָחד ֵמ ִביא ְּביָדֹו ֲ‬ ‫ה ָל ָכה ְּכ ִמ ְׁשנָה זֹו‪ֶ ,‬א ָּלא ֲ‬ ‫ּגּופן‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬
‫ַה ִּדין ְל ָכל ָ‬

‫‪163‬‬
‫‪MERCREDI‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.22 Mishna 6‬‬ ‫‪6 Eloul 5780‬‬
‫‪26 / 08 / 20‬‬
‫ִין וְֹלא‬ ‫ּמל‬‫עְ‬‫ִת ַ‬
‫ָל ֹלא מ ְ‬ ‫אב‬‫עיִם‪ֲ ,‬‬
‫מַ‬ ‫בנֵי ֵ‬‫ּב ְ‬
‫ְׁשין ִ‬ ‫ַׁשמ ִ‬
‫ממ ְ‬ ‫ִין ּו ְ‬‫סכ‬ ‫ָ‬ ‫ּומ ַמ ְׁש ְמ ִׁשין‪ַּ .‬בּיָד ַעל ָּכל‬
‫ׁשף‬
‫ׁש ֶמן ְּב ַׁש ָּבת‪ְ :‬‬
‫א ָבל ֹלא ִמ ְת ַע ְּמ ִלין‪ְ .‬ל ַׁש ְפ ֵ‬ ‫ָאה‪ֲ :‬‬ ‫הנ ָ‬
‫ָס ִכין‪ֶ .‬‬
‫ַהּגּוף ַל ֲ‬
‫טוִזִין‪,‬‬
‫קְ‬‫ּפ ְ‬
‫אִ‬ ‫עֹוׂשין ַ‬
‫ִ‬ ‫ֵין‬
‫ָה‪ ,‬וְא‬‫ִימ‬
‫רּד‬
‫ְקֹו ְ‬‫ִין ל‬ ‫רד‬‫ֵין יֹו ְ‬‫ִין‪ .‬א‬ ‫רד‬ ‫ִתּגְָ‬
‫מְ‬ ‫דֹומה לֹו‬
‫הוֵי‬
‫ְּבכ ַֹח‪ְ :‬וֹלא ִמ ְת ָּג ְר ִדין‪ְּ .‬ב ִמ ְג ֶר ֶדת‪ְ ,‬ו ֶ‬
‫ו ִַּי ַּקח לֹו ֶח ֶרׂש ְל ִה ְת ָּג ֵרד ּבֹו‪ִ ,‬מּׁשּום ַּד ֲ‬
‫ִי‬
‫ֶר‪ .‬מ‬ ‫ּׁשב‬
‫הֶ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬‫חזִיר‬‫מֲ‬‫ֵין ַ‬
‫ָן‪ ,‬וְא‬‫ּקט‬‫הָ‬‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬ ‫ּצב‬‫עְ‬‫מַ‬‫ֵין ְ‬ ‫וְא‬ ‫ימא‪ִּ .‬ב ְק ָעה‬ ‫פֹול ָ‬
‫יֹור ִדין ְל ִ‬
‫יה ִטיט ְּכמֹו ֶּד ֶבק‪ְ ,‬ויֵׁש ָּבּה‬
‫ְּכ ֻע ְב ָּדא ְּדחֹל‪ֵ :‬אין ְ‬
‫ְמ ֵל ָאה ַמ ִים ְו ַת ְח ֶּת ָ‬
‫ֵץ הּוא‬ ‫ָל רֹוח‬ ‫אב‬ ‫ְצֹונֵן‪ֲ ,‬‬
‫ֵם ּב‬
‫רפ‬‫טְ‬‫רגְלֹו‪ֹ ,‬לא יְִ‬ ‫ָה יָדֹו וְַ‬ ‫רק‬ ‫פְ‬‫ׁשּנְִ‬
‫ֶ‬ ‫רֹוחץ ָׁשם ְּבאֹותֹו ִטיט‬
‫ׁש ִּי ְת ַק ְּבצּו‬
‫ׁש ִּי ְט ַּבע ָה ֵ‬ ‫ְמקֹומֹות ֶ‬
‫ְו ִי ְד ַּבק ּבֹו‪ְ ,‬ו ֵאינֹו ָיכֹל ַל ֲעלֹות ַעד ֶ‬
‫ָא‪:‬‬ ‫רּפ‬
‫ִת ַ‬
‫ָא נ ְ‬ ‫רּפ‬
‫ִת ַ‬
‫ִם נ ְ‬ ‫ְּכֹו‪ ,‬וְא‬
‫דר‬‫כַ‬ ‫ְ‬ ‫ּובד ַֹחק‪ֵּ .‬פרּוׁש‬
‫רֹוחץ ָׁשם‬
‫ַעלּוהּו ְּבק ִֹׁשי ָּגדֹול ְ‬
‫ׁש ָּלּה ַמ ְח ִליק ְו ָה ֵ‬ ‫ׁש ִּטיט ֶ‬
‫ְּבנֵי ָא ָדם ְוי ֲ‬
‫ַא ֵחר‪ִּ ,‬ב ְק ָעה ֶ‬
‫טֹומ ָכה‪ַ .‬א ִּפיק‪,‬‬
‫ׁש ִהיא ָה ִא ְצ ְ‬ ‫הֹוציא ַה ָּמזֹון ִמ ְּמקֹום ִּבּׁשּולֹו ֶ‬
‫לֹומר ְל ִ‬ ‫ּופרּוׁשֹו ַא ִּפיק ְט ִוי ָזיֵן‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫יטה‪ַ :‬א ִּפ ְק ְט ִו ִזין‪ְ .‬ל ָה ִקיא‪ֵ .‬‬‫ידי ְס ִח ָ‬ ‫ּׁשֹורים ַּב ַּמ ִים‪ְ ,‬ו ָא ֵתי ִל ֵ‬
‫ּוב ָג ָדיו ִנ ִ‬ ‫נֹופל ְ‬
‫ֵ‬
‫א ָבל ְל ַה ְכ ִניס ֶא ְצ ָּבעֹו ְלתֹוְך‬ ‫ׁש ָאסּור ְּב ַׁש ָּבת‪ֲ ,‬‬ ‫ׁש ְּמ ִביאֹו ְל ָה ִקיא הּוא ֶ‬ ‫ּׁשל‪ְ ,‬צ ִלי ֵאׁש ְמ ַת ְר ְּג ִמינַן ְט ִוי נּור‪ָ .‬זיֵן‪ָ ,‬מזֹון‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא ִל ְׁשּתֹות ַמ ְׁש ֶקה ֶ‬ ‫מֹוציא‪ְ .‬ט ִוי‪ִ ,‬מ ְת ַּב ֵ‬‫ִ‬
‫חּוליֹות‬
‫מֹותיו ְו ְ‬‫ַּׁשב ַע ְצ ָ‬ ‫א ִפּלוּ ַעל ְי ֵדי ַמ ְׁש ֶקה‪ְ :‬ו ֵאין ְמ ַע ְּצ ִבין ֶאת ַה ָּק ָטן‪ְ .‬ל ַת ְּקנֹו ְ‬
‫ּולי ֵ‬ ‫ָקיא ִי ְת ַר ֵּפא‪ֻ ,‬מ ָּתר ֲ‬‫יכא ְּד ִאית ֵליּה ַצ ְע ָרא ְו ִאם י ִ‬ ‫ִּפיו ְּכ ֵדי ְל ָה ִקיא ֻמ ָּתר‪ְ .‬ו ֵה ָ‬
‫ּׁש ֶבר‪ֶ .‬ע ֶצם‬
‫ירין ֶאת ַה ֶ‬ ‫ׂשּוני‪ְ :‬ו ֵאין ַמ ֲח ִז ִ‬
‫ַע ִ‬ ‫בּוני ַוּי ֲ‬
‫ָדיָך ִע ְּצ ִ‬
‫ידה ָׁש ֵרי‪ְ .‬מ ַע ְּצ ִבין‪ְ ,‬לׁשֹון י ֶ‬ ‫א ָבל ְּביֹום ֵל ָ‬ ‫א ָמ ָרן ֶא ָּלא ְל ַא ַחר ְז ַמן‪ֲ ,‬‬ ‫ִׁש ְד ָרתֹו‪ִ ,‬מּׁשּום ְּד ֵמ ֲחזֵי ְּכבֹונֶה‪ְ .‬וֹלא ֲ‬
‫יצים ְטרּופֹות‬ ‫ׁשּלֹו‪ֹ :‬לא ִי ְט ְר ֵפם‪ְ .‬לׁשֹון ֵּב ִ‬ ‫ָצא ָה ֶע ֶצם ִמן ַה ֶּפ ֶרק ֶ‬ ‫ׁש ִּנ ְפ ְר ָקה יָדֹו‪ֶ .‬‬
‫ׁשּי ָ‬ ‫ּׁש ֶבר ְּב ַׁש ָּבת‪ֶ :‬‬
‫ירין ֶאת ַה ֶ‬ ‫ה ָל ָכה ַמ ֲח ִז ִ‬ ‫ה ָל ָכה ְּכ ִמ ְׁשנָה זֹו‪ֶ ,‬א ָּלא ֲ‬ ‫ׁש ִּנ ְׁש ַּבר‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬
‫ֶ‬
‫פּואה ָק ָע ֵביד‪:‬‬‫ּׁש ֶבר‪ְּ ,‬ד ֵמ ֲחזֵי ְּד ִל ְר ָ‬ ‫[ּבצֹונֵן] ַעל ְמקֹום ַה ֶ‬ ‫ׁש ִּמ ְׁש ַּת ֵּטף ְ‬‫ַּב ְּק ָע ָרה‪ֶ ,‬‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.23 Mishna 1‬‬ ‫‪7 Eloul 5780‬‬
‫‪27 / 08 / 20‬‬
‫ַר‬ ‫ׁשֹּלא יֹאמ‬ ‫ַד ֶ‬‫לב‬‫בְ‬‫ֶן‪ּ ,‬ו ִ‬
‫ׁשמ‬
‫ֵי ֶ‬ ‫כּד‬
‫ֵי יַיִן וְַ‬
‫ּכּד‬
‫ֵרֹו ַ‬‫חב‬ ‫מֲ‬
‫ָם ֵ‬ ‫אד‬ ‫ֵל ָ‬ ‫ׁשֹוא‬ ‫ָאה‬ ‫ֵני‪ְּ .‬ד ַה ְלו ָ‬ ‫ֹאמר ַה ְלו ִ‬
‫ׁשֹּלא י ַ‬ ‫ׁשֹואל‪ִ .‬‬
‫ּוב ְל ַבד ֶ‬ ‫ֵ‬
‫ִינֹו‪,‬‬
‫אמ‬‫מֲ‬ ‫ֵינֹו ַ‬‫ִם א‬‫ָרֹות‪ .‬וְא‬ ‫ּכּכ‬
‫ְּתּה ִ‬
‫בר ָ‬ ‫חֶ‬ ‫מֲ‬‫ִּׁשה ֵ‬
‫הא ָ‬ ‫ֵן ָ‬
‫לוֵנִי‪ ,‬וְכ‬
‫הְ‬‫לֹו ַ‬ ‫ָאה‬ ‫ִל ְז ַמן ְמ ֻר ֶּבה ַמ ְׁש ַמע‪ְ ,‬ו ַק ְי ָמא ָלן ְס ָתם ַה ְלו ָ‬
‫ֹלׁשים יֹום‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ָא ֵתי ַמ ְלוֶה ִל ְכּתֹב ַעל‬ ‫ְׁש ִ‬
‫ֵן‬‫ָת‪ .‬וְכ‬‫ׁשּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אח‬‫לַ‬
‫ֶׁשּבֹון ְ‬
‫ִּמֹו ח ְ‬ ‫ְעֹוׂשה ע‬‫ְלֹו ו ֶ‬ ‫אצ‬‫ִיתֹו ֶ‬‫טּל‬‫ח ַ‬ ‫מּנִי ַ‬
‫ַ‬ ‫ׁשֹּלא‬ ‫לֹוני‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬
‫א ִמינֹו‬
‫ֵיתי ִל ְפ ִ‬ ‫ִּפ ְנ ָקסֹו ָּכְך ְו ָכְך ִה ְלו ִ‬
‫יח ַט ִּליתֹו ֶא ְצלֹו‪ִ .‬אם ֵאינֹו ַמ ֲ‬ ‫ִי ְׁש ַּכח‪ַ :‬מ ִּנ ַ‬
‫ִיתֹו‬‫טּל‬
‫ח ַ‬ ‫מּנִי ַ‬
‫ָת‪ַ ,‬‬‫ְׁשּב‬
‫ִהיֹות ּב ַ‬‫ָל ל ְ‬ ‫ׁשח‬ ‫ליִם ֶ‬ ‫ִירּוׁש ַ‬
‫ַח ּב ָ‬ ‫ּפס‬‫ֶב ֶ‬ ‫ער‬ ‫ֶ‬ ‫ּומ ְק ִּדיׁשֹו ְּב ַׁש ָּבת‪ְּ ,‬דחֹובֹות‬
‫כֹולין ְל ַה ְק ִּדיׁש ְּב ַׁש ָּבת‪:‬‬
‫לֹוק ַח אֹותֹו ַ‬
‫בּוע ָל ֶהן ְז ַמן ְי ִ‬
‫ְו ֵ‬
‫ׁש ָּק ַ‬ ‫ֶ‬
‫ַר יֹום טֹוב‪:‬‬ ‫אח‬‫לַ‬
‫ֶׁשּבֹון ְ‬
‫ִּמֹו ח ְ‬
‫ְעֹוׂשה ע‬
‫ְחֹו‪ ,‬ו ֶ‬ ‫ּפס‬‫ֶת ִ‬‫ֵל א‬ ‫ְלֹו וְנֹוט‬
‫אצ‬ ‫ֶ‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.23 Mishna 2‬‬ ‫‪8 Eloul 5780‬‬
‫‪28 / 08 / 20‬‬
‫ִן‬
‫ָל ֹלא מ‬ ‫אב‬‫ִיו‪ֲ ,‬‬ ‫מּפ‬
‫ְרֹותיו ִ‬
‫רּפ ָ‬ ‫ּפ ְ‬
‫ֶת ַ‬ ‫ָיו וְא‬‫רח‬‫ֶת אֹו ְ‬‫ָם א‬ ‫אד‬ ‫מֹונֶה ָ‬ ‫א ָבל ֹלא ִמן ַה ְּכ ָתב‪.‬‬
‫אֹור ִחים ְּכ ֵדי‬‫ְ‬
‫רֹותיו‪ִ .‬מינֵי ַמ ֲע ַד ִּנים‪ֲ :‬‬
‫ַּפ ְר ְּפ ָ‬
‫ִאם ָּכ ַתב ֵמ ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ָּכְך ְו ָכְך‬
‫ַד‬‫לב‬‫בְ‬
‫ָן‪ּ ,‬ו ִ‬
‫לח‬‫ּׁש ְ‬
‫הֻ‬ ‫ַל ַ‬‫ֵיתֹו ע‬ ‫ּבנֵי ב‬
‫ִם ְ‬ ‫ּבנָיו וְע‬
‫ִם ָ‬ ‫ִיס ע‬‫מפ‬ ‫ְתב‪ּ .‬ו ֵ‬
‫הּכ ָ‬
‫ַ‬ ‫ׁשֹּלא ִי ְׁש ְּכ ֵחם‪ֹ ,‬לא ִי ְק ָרא ְּבאֹותֹו ְּכ ָתב ְּב ַׁש ָּבת‪,‬‬
‫ׁש ָּמא ִי ְק ָרא ְּב ִׁש ְט ֵרי‬ ‫ַּמי ֶ‬
‫ׁש ָּמא ִי ְמחֹק‪ִ .‬אי נ ִ‬ ‫ֵרה ֶ‬
‫ֶ‬
‫ְּגז ָ‬
‫ביָא‪.‬‬
‫קְ‬‫ִּׁשּום ֻ‬‫טּנָה‪ ,‬מ‬‫קַ‬‫ּכנֶגֶד ְ‬
‫ָה ְ‬ ‫מנָה גְדֹול‬‫ֲׂשֹות ָ‬ ‫לע‬
‫ּכּוֵן ַ‬
‫ִת ַ‬
‫ׁשֹּלא י ְ‬
‫ֶ‬ ‫ֶה ְדיֹוטֹות‪ְ ,‬ו ֵאין ֻמ ָּתר ִל ְקרֹות ְּב ַׁש ָּבת ֶא ָּלא‬
‫ׁש ְּב ַעל ֶּפה ְל ַא ַחר‬ ‫ּתֹורה ֶ‬‫ּוב ָ‬ ‫ׁש ִּב ְכ ָתב‪ַ ,‬‬‫ּתֹורה ֶ‬
‫ַּב ָ‬
‫ַל‬‫ָל ֹלא ע‬ ‫אב‬‫ְיֹום טֹוב‪ֲ ,‬‬ ‫ָׁשים ּב‬‫ּקד ִ‬
‫הָ‬ ‫ַל ַ‬ ‫ָׁשים ע‬‫חל ִ‬‫ִין ֲ‬ ‫ִיל‬
‫מּט‬‫ּו ַ‬ ‫א ָבל ִּב ְׁש ָאר ְּד ָב ִרים‬
‫בּואה‬‫ׁש ֵאינֹו ִמ ִּד ְב ֵרי ְנ ָ‬
‫יהן‪ֲ ,‬‬ ‫רּוׁש ֶ‬
‫ּוב ֵפ ֵ‬ ‫בּוה‪ְ ,‬‬‫ׁש ְּכ ָת ָ‬
‫אֹו ְּב ִס ְפ ֵרי ָח ְכמֹות ֶ‬
‫ֶ‬

‫ָנֹות‪:‬‬
‫הּמ‬‫ַ‬ ‫סּורים‪ֵ :‬מ ִפיס‪ֵ .‬מ ִטיל ָ‬
‫ּגֹורל‬
‫ּומנָה‪ִ :‬עם ָּבנָיו ְו ִעם‬
‫א ִ‬
‫יע ָּכל ָמנָה ָ‬
‫יהן‪ֲ ,‬‬ ‫רּוׁש ֶ‬
‫ַּג ַ‬
‫אֹו ִמ ֵּפ ֵ‬
‫ְל ַח ֵּלק ְל ִמי י ִ‬
‫עֹוב ִרים‬ ‫ַּת ִרים זֶה ָלזֶה ְ‬ ‫מֹוח ִלין ְו ֵאינָן ְמו ְ‬
‫ׁש ֵאינָן ֲ‬ ‫ידים זֶה ַעל זֶה ֶ‬ ‫בּורה ַה ַּמ ְק ִּפ ִ‬
‫א ָבל ִעם ַא ֵחר ֹלא‪ִּ ,‬ד ְבנֵי ֲח ָ‬ ‫ׁש ֵאין ָּכאן ְק ֵפ ָדא‪ֲ .‬‬ ‫ׁש ְל ָחנֹו‪ֶ ,‬‬‫מּוכים ַעל ֻ‬ ‫ׁש ֵהן ְס ִ‬ ‫ְּבנֵי ֵּביתֹו‪ֶ .‬‬
‫סּורי ִמ ַח ְּס ָרא ְו ָה ִכי ָק ָתנֵי‪,‬‬
‫יתין ֲח ֵ‬ ‫ׁשֹּלא ִי ְת ַּכּוֵן ְוכוּ'‪ַ .‬מ ְת ִנ ִ‬
‫ּוב ְל ַבד ֶ‬
‫ׁש ָּמא ִי ְכ ְּתבּו‪ִ :‬‬
‫ּופֹור ִעין ְּד ָג ְזרוּ ְּבהּו ַר ָּבנָן ֶ‬
‫ְ‬ ‫ֹלוין‬
‫ּומּׁשּום ִ‬ ‫ּומּׁשּום ִמ ְניָן ִ‬ ‫ּומּׁשּום ִמ ְׁש ָקל ִ‬ ‫ִמּׁשּום ִמ ָּדה ִ‬
‫ׁשֹּלא ִי ְת ַּכּוֵן‬
‫ּוב ְל ַבד ֶ‬
‫א ָבל ִעם ַא ֵחר ֹלא‪ִ ,‬‬ ‫דֹולה ְּכ ֶנגֶד ָמנָה ְק ַטּנָה‪ְ ,‬ו ַד ְו ָקא ִעם ָּבנָיו ְו ִעם ְּבנֵי ֵּביתֹו ֲ‬ ‫ַא ִפּלוּ ָמנָה ְּג ָ‬ ‫ּׁש ְל ָחן‪ ,‬ו ֲ‬
‫ֵמ ִפיס ָא ָדם ִעם ָּבנָיו ְו ִעם ְּבנֵי ֵּביתֹו ַעל ַה ֻ‬
‫א ִפּלוּ ְּבחֹל ָאסּור‪ִ ,‬מּׁשּום‬ ‫דֹולה ְּכ ֶנגֶד ָמנָה ְק ַטּנָה ֲ‬ ‫א ָבל ִאם ִנ ְת ַּכּוֵן ַל ֲעׂשֹות ָמנָה ְּג ָ‬ ‫ּובחֹל ָׁש ֵרי‪ֲ ,‬‬ ‫דֹולה ְּכ ֶנגֶד ָמנָה ְק ַטּנָה‪ְ ,‬ו ָאז הּוא ִּד ְביֹום טֹוב ָאסּור ְ‬ ‫ַל ֲעׂשֹות ָמנָה ְּג ָ‬
‫יכְך ָּת ָלה ַע ְצמֹו ַאף‬ ‫ּול ִפ ָ‬
‫דֹולה ִי ְז ֶּכה ָּבּה‪ְ ,‬‬
‫ּגֹורל ַעל ַה ָּמנָה ַה ְּג ָ‬ ‫ּגֹורל ִאם ִיּפֹל לֹו ַה ָ‬ ‫ֻק ְביָא‪ְּ ,‬ד ֶגזֶל הּוא ְו ַא ְס ַמ ְכ ָּתא ֹלא ַק ְניָא‪ְ ,‬ו ַהאי ַא ְס ַמ ְכ ָּתא ִהיא‪ְּ ,‬ד ָס ִמיךְ ַעל ַה ָ‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ֲחטּו ְּביֹום טֹוב‪,‬‬ ‫ּגֹוים‪ַ :‬על ַה ָּק ָד ִׁשים ְּביֹום טֹוב‪ֶ .‬‬ ‫חֹולׁש ַעל ִ‬
‫ּגֹורלֹות‪ְּ ,‬כמֹו ֵ‬ ‫ׁש ֵּכן‪ֹ ,‬לא ָהיָה ִמ ְת ַר ֶּצה‪ֲ :‬ח ָל ִׁשים‪ָ .‬‬ ‫ָדע ִמ ְּת ִח ָּלה ֶ‬ ‫גֹורל ַה ְּק ַטּנָה ַעל ַה ָּס ֵפק‪ְ ,‬ו ִאּלּו י ַ‬
‫ְל ַ‬
‫ׁשל ֶא ְתמֹול‪:‬‬ ‫ׁשל ָק ָד ִׁשים ֶ‬‫א ָבל ֹלא ַעל ַה ָּמנֹות‪ֶ .‬‬ ‫ֹה ִנים‪ֲ :‬‬‫אֹותם ֵּבין ַהּכ ֲ‬‫ְל ַח ֵּלק ָ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.23 Mishna 3‬‬ ‫‪10 Eloul 5780‬‬
‫‪30 / 08 / 20‬‬
‫ֵרֹו‬
‫חב‬ ‫לֲ‬‫ָם ַ‬ ‫אד‬ ‫ַר ָ‬‫ָת‪ ,‬וְֹלא יֹאמ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ִים ּב ַ‬‫על‬ ‫ָם ּפֹו ֲ‬‫אד‬ ‫ִׂשּכֹר ָ‬
‫ֹלא י ְ‬ ‫ּפֹוע ִלים‪ִּ .‬ד ְכ ִתיב ִמ ְמצֹא‬
‫ֹאמר ָא ָדם ַל ֲח ֵברֹו‬
‫ֲ‬ ‫ֹלא ִי ְׂשּכֹר ָא ָדם‬
‫ֶח ְפ ְצָך ְו ַד ֵּבר ָּד ָבר‪ְ :‬וֹלא י ַ‬
‫ִׂשּכֹר‬
‫ּתחּום ל ְ‬ ‫הְ‬
‫ַל ַ‬ ‫ִין ע‬ ‫ְׁשיכ‬
‫מח ִ‬‫ֵין ַ‬ ‫ִים‪ .‬א‬ ‫על‬‫ִׂשּכֹר לֹו פֹו ֲ‬
‫לְ‬ ‫ֹאמר ַל ֲח ֵברֹו ְׂשכֹר‬
‫ׁש ַּת ֲעמֹד‬ ‫ה ִנ ְר ֶאה ֶ‬
‫ָק ֵטיהּ‪ֹ ,‬לא י ַ‬
‫אֹומר לֹו ֲ‬
‫ֵ‬ ‫א ָבל‬
‫ּיּוקא נ ְ‬‫כוּ'‪ְ .‬ל ִד ָ‬
‫ּפֹוע ִלים‪ֲ ,‬‬‫ָלנּו ֲ‬
‫ִׁשמֹר‪,‬‬
‫ְׁשיְך הּוא ל ְ‬ ‫מח ִ‬‫ָל ַ‬ ‫אב‬ ‫ֵרֹות‪ֲ ,‬‬ ‫ִיא פ‬ ‫ְהב‬‫ִים ּול ָ‬ ‫על‬‫ּפֹו ֲ‬ ‫לֹומר ַע ְכ ָׁשיו ִנ ְר ֶאה ִאם ָּתבֹא‬
‫יֹוד ִעים‬
‫ֵיהם ְ‬ ‫ׁש ְּׁשנ ֶ‬
‫ִע ִּמי ָל ֶע ֶרב‪ְּ ,‬כ ַ‬
‫ׁש ֶּת ְח ַׁשְך‪ְ ,‬ו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫ֵא ַלי ִל ְכ ֶ‬
‫ַאי‬‫אנִי זַּכ‬
‫ׁש ֲ‬
‫ׁשאּול‪ּ ,‬כֹל ֶ‬
‫ָא ָ‬ ‫אּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ָל ָ‬‫ּכל‬
‫ּביָדֹו‪ְ .‬‬
‫ֵרֹות ְ‬ ‫ִיא פ‬‫מב‬ ‫ּו ֵ‬ ‫ׁש ַעל ְמנָת ְל ָׂש ְכרֹו ִל ְפ ֻע ָּלתוֹ הּוא ַמ ְז ִהירֹו‪,‬‬
‫ֵּכיוָן ְּדֹלא ְמ ָפ ֵרׁש ֵליּה ְׂש ִכירּות ְּב ֶה ְדיָא ָׁש ֵרי‪,‬‬
‫ֶ‬

‫ָיו‪:‬‬
‫על‬‫ְׁשיְך ָ‬
‫ְהח ִ‬
‫אנִי ל ַ‬
‫ַּׁשאי ֲ‬‫ָתֹו‪ ,‬ר ַ‬‫ִיר‬
‫אמ‬ ‫ּב ֲ‬
‫ַ‬ ‫ְּד ַק ְי ָמא ָלן ִּדּבּור ָאסּור ִה ְרהּור ֻמ ָּתר‪ֵ :‬אין‬
‫יכין ַעל ַה ְּתחּום‪ְ .‬ל ָק ֵרב ַע ְצמֹו ְּב ַׁש ָּבת‬ ‫ַמ ְח ִׁש ִ‬
‫א ָבל‬‫ׁש ָאסּור ַל ֲעׂשֹותֹו ְּב ַׁש ָּבת ָאסּור ְל ַה ְח ִׁשיְך ָע ָליו‪ֲ ,‬‬ ‫ּפֹוע ִלים אֹו ַל ַּפ ְר ֵּדס ְל ָה ִביא ֵּפרֹות‪ְּ ,‬ד ָכל ָּד ָבר ֶ‬
‫ׁש ְּי ֵהא ָקרֹוב ִל ְמקֹום ַה ֲ‬ ‫ּול ַה ְח ִׁשיְך ָׁשם ֶ‬
‫ַעד סֹוף ַה ְּתחּום ְ‬
‫הֹואיל ְו ִע ַּקר ַמ ְח ַׁש ְבּתֹו ֹלא ָה ְי ָתה ְל ָכְך‪ְּ :‬כ ָלל‬
‫ּומ ִביא ֵפרֹות ְּביָדֹו‪ִ .‬‬ ‫רֹותיו‪ֵ :‬‬
‫רֹותיו‪ְּ ,‬דזֶה ָּד ָבר ַה ֻּמ ָּתר ְּב ַׁש ָּבת ִל ְׁשמֹר ֵּפ ָ‬
‫ַמ ְח ִׁשיְך הּוא ִל ְהיֹות ָקרֹוב ָל ֵצאת ְו ִל ְׁשמֹר ֵּפ ָ‬
‫ׁשל ִמ ְצוָה‬ ‫ַא ָתא ִאיהוּ ְו ָא ַמר ְּד ַה ְח ָׁש ָכה ֶ‬ ‫ׁשל ְרׁשּות‪ ,‬ו ֲ‬‫ׁשל ִמ ְצוָה ְל ַה ְח ָׁש ָכה ֶ‬‫ׁשאּול‪ַ .‬א ַּתּנָא ַק ָּמא ָּפ ֵליג‪ְּ ,‬ד ָא ַסר ָּכל ַה ְח ָׁש ָכה ְוֹלא ַמ ְפ ִליג ֵּבין ַה ְח ָׁש ָכה ֶ‬ ‫ָא ַמר ַא ָּבא ָ‬
‫ׁש ִּי ְהיֶה‬
‫יכים ַל ֵּמת‪ָּ ,‬כְך ֻמ ָּתר ְל ַה ְח ִׁשיְך ַעל ַה ְּתחּום ְּכ ֵדי ֶ‬‫ׁש ָכה ְל ָה ִביא ָארֹון ְו ַת ְכ ִר ִ‬ ‫ילְך ְל ַא ַחר ֲח ֵ‬ ‫ֻּמן ֵל ֵ‬‫לֹומר ַל ֲח ֵברֹו ְּב ַׁש ָּבת ִּת ְהיֶה ְמז ָ‬‫ׁש ֻּמ ָּתר ַ‬ ‫ׁשם ֶ‬ ‫ׁש ְּכ ֵ‬
‫ַׁש ְריָא‪ֶ ,‬‬
‫ַה ָל ָכה ְּכמֹותֹו‪:‬‬ ‫[ל ַפ ֵּק ַח] ַעל ִע ְס ֵקי ַּכ ָּלה ְו ַעל ִע ְס ֵקי ַה ֵּמת‪ַ ,‬א ָּבא ָׁשאּול ִהיא‪ .‬ו ֲ‬
‫יכים ַעל ַה ְּתחּום ְ‬ ‫יפא ִּד ְתנַן ַמ ְח ִׁש ִ‬
‫יכים‪ְ .‬ו ֵס ָ‬ ‫ׁש ָכה ְל ָה ִביא ָארֹון ְו ַת ְכ ִר ִ‬‫ֻּמן ְל ַא ַחר ֲח ֵ‬ ‫ְמז ָ‬

‫‪164‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪11 Eloul 5780‬‬
‫‪31 / 08 / 20‬‬
‫‪Ch.23 Mishna 4‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ְל ַפ ֵּק ַח ַעל ִע ְס ֵקי ַכ ָּלה‪ְ .‬ל ַעּיֵן ְו ַל ְחקֹר ְּב ָצ ְר ֵכי‬
‫עֹורר‬
‫ּקֹולן ְמ ֵ‬ ‫ׁש ָ‬ ‫ילין‪ְּ .‬כ ֵלי ִנּגּון ֲח ִ‬
‫לּולין ֶ‬ ‫ַה ַּכ ָּלה‪ֲ :‬ח ִל ִ‬
‫ֵי‬
‫סק‬‫עְ‬‫ַל ִ‬‫ָה‪ ,‬וְע‬ ‫כּל‬
‫ֵי ַ‬
‫סק‬ ‫עְ‬‫ַל ִ‬ ‫חע‬ ‫ּק ַ‬
‫פֵ‬ ‫לַ‬
‫ּתחּום ְ‬ ‫הְ‬
‫ַל ַ‬ ‫ִין ע‬ ‫ְׁשיכ‬
‫מח ִ‬ ‫ַ‬
‫ָסא הּוא ִמּׁשּום‬
‫הּובאּו‪ֶ :‬א ָּלא‬
‫ַה ֶּב ִכי‪ֹ :‬לא ִי ְסּפֹד ָּב ֶהן ִי ְׂש ָר ֵאל‪ְ .‬קנ ָ‬
‫ׁש ִּב ְׁש ִביל ִי ְׂש ָר ֵאל ְ‬
‫מּוכ ָחא ִמ ְּל ָתא ֶ‬
‫ְּד ְ‬
‫ִין‬
‫ִיל‬‫חל‬‫ִיא ֲ‬ ‫הב‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ִין‪ּ .‬גֹוי ֶ‬‫ִיכ‬ ‫כר‬‫ְת ְ‬
‫ָרֹון ו ַ‬ ‫ִיא לֹו א‬ ‫ְהב‬‫ֵת ל ָ‬ ‫הּמ‬‫ַ‬
‫ִאם ֵּכן ָּבאּו ִמ ָּמקֹום ָקרֹוב‪ֶ .‬א ָּלא ִאם ֵּכן ַ‬
‫נֹודע‬
‫ׁש ְּבתֹוְך ַה ְּתחּום ְוֹלא‬ ‫ׁש ָּבאּו ִמ ָּמקֹום ֶ‬ ‫ָלנּו ְּב ֵברּור ֶ‬
‫ָקֹום‬‫מּמ‬
‫ָאּו ִ‬‫ֵן ּב‬
‫ִם ּכ‬‫ָא א‬ ‫אּל‬
‫ֵל‪ֶ ,‬‬ ‫רא‬ ‫ִׂש ָ‬
‫ָהן י ְ‬
‫סּפֹד ּב ֶ‬‫ָת‪ֹ ,‬לא יְִ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ּב ַ‬
‫יאם ִמחּוץ ַל ְּתחּום‪ָ :‬ארֹון‪ְ .‬ל ַע ְצמֹו ֶ‬
‫ׁש ִּי ְקּבֹר ּבֹו‬ ‫ה ִב ָ‬
‫ָכ ִרי‪ ,‬אֹו ִל ְמּכֹר‪:‬‬
‫ֱ‬
‫נְ‬
‫ִם‬‫ֵל‪ ,‬וְא‬
‫רא‬‫ִׂש ָ‬
‫ֵר ּבֹו י ְ‬
‫ּקב‬
‫ֶר‪ ,‬יִָ‬‫קב‬ ‫ְרּו לֹו ֶ‬‫חפ‬‫ָרֹון וְ ָ‬
‫ָׂשּו לֹו א‬‫ָרֹוב‪ .‬ע‬‫ק‬
‫ִית‪:‬‬‫למ‬ ‫ֵר ּבֹו עֹו ָ‬‫ּקב‬
‫ֵל‪ֹ ,‬לא יִָ‬ ‫רא‬ ‫ִׂש ָ‬
‫ִיל י ְ‬
‫ִׁשב‬
‫ּב ְ‬
‫‪M A R D I‬‬
‫‪12 Eloul 5780‬‬
‫‪01 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.23 Mishna 5‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ּופֹוק ִקין ְנ ָק ָביו‪,‬‬


‫ּתֹונים ְּב ֶבגֶד‬
‫ְ‬ ‫יחין‪ְּ .‬ב ַמ ִים‪.‬‬
‫יֹונים ְו ַה ַּת ְח ִ‬
‫ּומ ִד ִ‬‫ׁש ֶמן‪ְ :‬‬ ‫ַד‬
‫ָס ִכין‪ְּ .‬ב ֶ‬
‫סֹות ִמין ְנ ָק ָביו ָה ֶע ְל ִ‬ ‫ְ‬
‫לב‬‫בְ‬‫ִין אֹותֹו‪ּ ,‬ו ִ‬ ‫ִיח‬‫מד‬‫ִין ּו ְ‬‫סכ‬‫ֵת‪ָ ,‬‬ ‫הּמ‬
‫ֵי ַ‬ ‫רכ‬‫צְ‬‫ָל ָ‬ ‫עֹוׂשין ּכ‬
‫ִ‬
‫רּוח‬
‫ׁשֹּלא ִּת ָּכנֵס ָּב ֶהם ָה ַ‬
‫ׁשֹּלא‬ ‫ָזיז ּבֹו ֵא ֶבר‪ֶ .‬‬
‫אֹו ְּבׁשּום ָּד ָבר ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ׁשֹּלא י ִ‬ ‫ּוב ְל ַבד ֶ‬ ‫ְו ִי ְת ַּפח‪ִ :‬‬
‫ִין‬
‫ִיל‬‫מּט‬‫ְּתיו ּו ַ‬
‫ִּתח ָ‬‫ַר מ ַ‬ ‫הּכ‬
‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬‫מט‬ ‫ֶר‪ׁ .‬שֹו ְ‬ ‫אב‬‫ׁשֹּלא יָזִיזּו בֹו ֵ‬‫ֶ‬
‫יסי‬ ‫יּה ֹלא יָדֹו ְוֹלא ַר ְגלֹו ְוֹלא ִר ֵ‬
‫א ָב ָריו‪,‬‬ ‫ׁש ָאסּור ְל ַט ְל ֵטל ַה ֵּמת אֹו ֵא ֶבר ֵמ ֲ‬
‫ַג ִּב ַ‬ ‫ִי‪ֹ ,‬לא‬
‫ְי ַט ְל ֵטל ְוי ְ‬
‫ֵעינָיו‪ֶ ,‬‬
‫ּלח‬
‫הֶ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ִים א‬ ‫קֹוׁשר‬
‫ְּתין‪ְ .‬‬ ‫ׁשּיַמ ִ‬
‫ִיל ֶ‬ ‫ִׁשב‬
‫החֹל ּב ְ‬ ‫ַל ַ‬ ‫אֹותֹו ע‬
‫ׁש ֻּמ ָּתר ִל ַּגע ּבֹו‪ְ .‬ו ֵכן ָּכל ֻמ ְק ֶצה ֻמ ָּתר‬
‫ּנֹול ָדה ְּב ַׁש ָּבת‬
‫ׁש ְ‬ ‫יצה ֶ‬ ‫ּוב ָ‬
‫ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫יעה ְו ָאסּור ְּב ִט ְלטּול‪ֵ .‬‬
‫ִין‬
‫מכ‬‫ָה‪ ,‬סֹו ְ‬
‫ִּב ְנ ִג ָ‬
‫ּבר‬
‫ִׁש ְ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ָה ֶ‬ ‫ֵן קֹור‬ ‫ִיף‪ .‬וְכ‬‫ׁשֹּלא יֹוס‬ ‫ָא ֶ‬ ‫אּל‬
‫ֶה‪ֶ ,‬‬ ‫על‬‫ׁשּיֲַ‬
‫ֶ‬
‫ׁש ִּמ ְּפנֵי‬
‫יעה‪ֶ ,‬‬
‫ׁשֹומ ִטים ֶאת‬
‫א ִפּלוּ ִּב ְנ ִג ָ‬
‫טּולּה‪ְ :‬ו ְ‬
‫סּורה ֲ‬
‫א ָ‬ ‫אֹו ְּביֹום טֹוב ֲ‬
‫יע ָתּה זֶהּו ִט ְל ָ‬ ‫יתּה ְנ ִג ָ‬ ‫ּדּור ָ‬
‫ַּכ ִ‬
‫ָא‬‫אּל‬
‫ֶה‪ֶ ,‬‬ ‫על‬‫ּת ֲ‬
‫ׁש ַ‬
‫ָה‪ֹ ,‬לא ֶ‬ ‫ּמּט‬
‫הִ‬ ‫ֻּכֹות ַ‬ ‫אר‬‫ּב ֲ‬
‫ָל אֹו ַ‬ ‫פס‬ ‫סְ‬
‫ּב ַ‬
‫אֹותּה ְ‬‫ָ‬
‫א ָבל ֹלא‬
‫יׁשא‬
‫ַה ַּכר ִמ ַּת ְח ָּתיו‪ְ .‬ו ִנ ְמ ָצא ֻמ ָּטל ַעל ַהחֹל‪ֲ ,‬‬
‫ְמ ַט ְל ְט ִלין ְל ָה ִניחֹו ַעל ַהחֹל‪ְּ ,‬ד ָהא ָּתנָא ֵר ָ‬
‫בחֹל‬‫ָת‪ ,‬וְֹלא ְ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ֵת ּב ַ‬‫הּמ‬
‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬ ‫ּמצ‬
‫עְ‬ ‫מַ‬‫ֵין ְ‬ ‫ִיף‪ .‬א‬ ‫ׁשֹּלא תֹוס‬ ‫ֶ‬
‫ַמ ִּתין‪.‬‬ ‫ׁשּי ְ‬
‫ָזיז ּבֹו ֵא ֶבר‪ִּ :‬ב ְׁש ִביל ֶ‬
‫ינים ְו ַה ָּכ ִרים‪:‬‬ ‫יח ֵמ ֲח ַמת חֹם ַה ְּס ִד ִ‬
‫ׁשֹּלא י ִ‬
‫ַס ִר ַ‬
‫ּוב ְל ַבד ֶ‬
‫ׁשֹּלא י ְ‬
‫ְֵך‬
‫ִ‬‫ֵי זֶה ׁשֹופ‬
‫ֶ‬
‫הר‬‫ֶׁש‪ֲ ,‬‬ ‫ַת נֶפ‬‫ִיא‬ ‫ִם יְצ‬‫ֵץ ע‬ ‫עּמ‬‫מַ‬‫ְה ְ‬
‫ֶׁש‪ .‬ו ַ‬
‫ַת נֶפ‬‫ִיא‬ ‫ִם יְצ‬ ‫ע‬
‫הֹולְך‬
‫ֵ‬ ‫ׁש ָהיָה ִּפיו‬ ‫ׁשל ֵמת ֶ‬ ‫קֹוׁש ִרים ֶאת ַה ֶּל ִחי‪ֶ .‬‬
‫ַע ֶלה‪ְ .‬ל ִה ָּסגֵר ַמה ֶ‬
‫ּׁש ִּנ ְפ ַּתח‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ‬ ‫ׁשּי ֲ‬
‫ְ‬
‫ְו ִנ ְפ ַּתח‪ְ :‬וֹלא ֶ‬
‫ִים‪:‬‬‫ּדמ‬ ‫ָ‬
‫א ִפּלוּ‬ ‫הוָה ֵליּה ּבֹונֶה‪ֵ :‬אין ְמ ַע ְּמ ִצין‪ֶ .‬את ֵעינָיו ְּב ַׁש ָּבת ֲ‬ ‫ׁש ַּת ֲע ֶלה‪ַּ .‬ד ֲ‬
‫ּתֹורת ְּכ ִלי ָע ָליו‪ְ :‬וֹלא ֶ‬
‫ה ֵרי ַ‬ ‫אֹותּה ְּב ַס ְפ ָסל‪ֶ .‬‬
‫ׁש ֲ‬ ‫סֹומ ִכים ָ‬ ‫יֹוסיף ְל ִה ָּפ ַתח‪ְ :‬‬
‫ׁשֹּלא ִ‬ ‫ֵמ ִזיז ֵא ֶבר‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬
‫יתתֹו‪:‬‬ ‫ׁשֹופְך ָּד ִמים‪ֶ .‬‬
‫ׁש ְּב ָד ָבר ֻמ ָעט ְמ ָק ֵרב ִמ ָ‬ ‫הוָה ֵליּה ֵמ ִזיז ֵא ֶבר‪ֵ :‬‬‫ֶפׁש‪ַּ ,‬ד ֲ‬
‫יאת נ ֶ‬‫ְל ַא ַחר ְי ִצ ַ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪13 Eloul 5780‬‬
‫‪02 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.24 Mishna 1‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ָכ ִרי‪ִ .‬מ ְּבעֹוד יֹום‪ְ .‬ו ַאף‬ ‫ׁש ֶה ְח ִׁשיְך‪ֵ .‬‬
‫נֹותן ִּכיסֹו ְלנ ְ‬
‫ׁשל ִי ְׂש ָר ֵאל הּוא ִל ָּׂשא ֶאת ִּכיסֹו‬
‫ִמי ֶ‬
‫ַעל ַּגב ִּד ְׁשלּוחוֹ ֶ‬
‫ִּמֹו‬
‫ֵין ע‬‫ִם א‬ ‫ִי‪ ,‬וְא‬‫כר‬‫לנְָ‬‫ִיסֹו ְ‬ ‫נֹותן ּכ‬
‫ְֶך‪ֵ ,‬‬ ‫ּדר‬‫ּב ֶ‬
‫ְׁשיְך ַ‬
‫הח ִ‬‫ׁש ֶ‬
‫ִי ֶ‬‫מ‬
‫ְּב ַׁש ָּבת‪ִ ,‬קים ְלהּו ְל ַר ָּבנָן ְּד ֵאין ָא ָדם ַמ ֲע ִמיד ַע ְצמֹו‬
‫אתֹויֵי‬ ‫ַעל ָממֹונֹו‪ְ ,‬ו ִאי ֹלא ָׁש ֵרית ֵליּה ָא ֵתי ַל ֲ‬
‫ֵל‬ ‫ִיצֹונָה‪ ,‬נֹוט‬
‫הח‬ ‫ֵר ַ‬ ‫חצ‬ ‫לָ‬ ‫ע ֶ‬
‫הּגִי ַ‬
‫ֲמֹור‪ִ .‬‬ ‫הח‬‫ַל ַ‬ ‫מנִיחֹו ע‬‫ִי‪ְ ,‬‬‫כר‬
‫נְָ‬
‫ָכ ִרי‬
‫ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ִּב ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ְ :‬ו ִאם ֵאין ִעּמֹו נ ְ‬
‫ָהיב ֵליּה‪ַ ,‬מאי‬ ‫ָכ ִרי י ֵ‬
‫ָכ ִרי‪ַ ,‬לּנ ְ‬‫כוּ'‪ָ .‬הא יֵׁש ִעּמֹו נ ְ‬
‫ַּתיר‬
‫ָת‪ ,‬מ ִ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ִין ּב ַ‬
‫ּטל‬
‫ֵינָן נִ ָ‬
‫ְׁשא‬
‫ָת‪ ,‬ו ֶ‬‫ְׁשּב‬
‫ִין ּב ַ‬
‫ּטל‬‫הּנִ ָ‬
‫ִים ַ‬
‫ּכל‬
‫הֵ‬‫ֶת ַ‬‫א‬
‫ָכ ִרי‬
‫יתתֹו‪ ,‬נ ְ‬
‫יח ִּכיסֹו ַעל‬
‫ַט ְע ָמא‪ֲ ,‬חמֹור ַא ָּתה ְמ ֻצּוֶה ַעל ְׁש ִב ָ‬
‫ׁש ֵּמ ִנ ַ‬
‫ּוכ ֶ‬
‫יתתֹו‪ְ .‬‬ ‫ִאי ַא ָּתה ְמ ֻצּוֶה ַעל ְׁש ִב ָ‬
‫ֵיהם‪:‬‬‫אל ֶ‬ ‫מֲ‬‫ִין ֵ‬‫פל‬
‫ִין נֹו ְ‬
‫ּׂשּק‬
‫ְה ַ‬
‫ִים‪ ,‬ו ַ‬‫בל‬
‫חָ‬‫הֲ‬‫ֶת ַ‬‫א‬
‫יה‪,‬‬‫נֹוטלוֹ ֵמ ָע ֶל ָ‬
‫רֹוצה ַה ְּב ֵה ָמה ַל ֲעמֹד ְ‬ ‫ׁש ָ‬ ‫ּוכ ֶ‬
‫ירה‪ְ ,‬‬ ‫ילְך‪ְּ ,‬דֹלא ָע ְב ָדה ֲע ִק ָ‬ ‫יה ֵל ֵ‬ ‫ׁש ָע ְק ָרה ַר ְג ֶל ָ‬‫לֹומר ְל ַא ַחר ֶ‬
‫ׁש ִהיא ְמ ַה ֶּל ֶכת‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫יה ְּכ ֶ‬
‫ּׁש ֶּת ְח ַׁשְך ְמ ִניחֹו ָע ֶל ָ‬
‫ַה ֲחמֹור ִמ ֶ‬
‫ָחה ְוהּוא ְמ ַח ֵּמר‬ ‫ַהנ ָ‬
‫ירה ו ֲ‬ ‫ָחה‪ְּ ,‬ד ִאי ָׁש ֵביק ַלּה ְל ֶמ ְע ַּבד ֲע ִק ָ‬ ‫ַהנ ָ‬‫ירה ו ֲ‬‫יכי ְּדֹלא ַת ֲע ִביד ַה ְּב ֵה ָמה ֲע ִק ָ‬ ‫יה‪ִּ ,‬כי ֵה ִ‬‫יחּנָה ָע ֶל ָ‬‫ילְך ְי ִנ ֶ‬
‫יה ֵל ֵ‬‫ׁש ַּת ְחזֹר ְו ַת ֲעקֹר ַר ְג ֶל ָ‬
‫ּול ַא ַחר ֶ‬
‫ְ‬
‫ּוב ֶה ְמ ְּתָך‪,‬‬
‫אכה ַא ָּתה ְ‬ ‫[ּכל] ְמ ָל ָ‬ ‫ׂשה ָ‬ ‫ׁש ֵאינָּה ְטעּונָה ֶא ָּלא ָּכל ְּדהּו‪ִּ ,‬ד ְכ ִתיב ֹלא ַת ֲע ֶ‬ ‫יגּה ִנ ְמ ָצא ְמ ַח ֵּמר ַא ַחר ְּב ֶה ְמּתֹו ְּב ַׁש ָּבת ְו ָאסּור‪ַ ,‬אף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫ּומ ְנ ִה ָ‬
‫יה ַ‬
‫ַא ֲח ֶר ָ‬
‫ַפ ַׁשּה ִהיא ְוֹלא ְּב ִדין ִּכיסֹו ָקא ַמ ְי ֵרי‪ֶ :‬ל ָח ֵצר‬ ‫יע ֶל ָח ֵצר ַה ִחיצֹונָה‪ִ .‬מ ְּל ָתא ְּב ַא ְנ ֵּפי נ ְ‬ ‫אֹומר זֶה ְמ ַח ֵּמר‪ִ :‬ה ִּג ַ‬
‫הוֵי ֵ‬ ‫ׂשית ֵּבין ָה ָא ָדם ְו ַה ְּב ֵה ָמה‪ֱ ,‬‬ ‫ַע ֵ‬
‫ׁשּנ ֲ‬
‫אכה ֶ‬‫ֵאיזֹו ִהיא ְמ ָל ָ‬
‫ׁש ֵאינָם ִנ ָּט ִלים ַמ ִּתיר ֶאת ַה ֲח ָב ִלים‪.‬‬ ‫נֹוטל ְּביָדֹו ֵמ ָע ָליו ֵּכ ִלים ַה ִּנ ָּט ִלין ְּב ַׁש ָּבת‪ְ :‬ו ֶ‬
‫ׁשָּיבֹא ְל ָפ ֵרק ַה ֲחמֹור ֵ‬ ‫ׁשהּוא ָמקֹום ַה ִּמ ְׁש ַּת ֵּמר ִראׁשֹון‪ְּ ,‬כ ֶ‬ ‫ׁשל ִעיר‪ֶ ,‬‬ ‫ַה ִחיצֹונָה‪ֶ .‬‬
‫נֹופ ִלים‪:‬‬
‫ׁשּורים‪ְ ,‬ו ַה ַּׂש ִּקין ְ‬
‫ׁש ֵהן ְק ִ‬ ‫ׁשל ֻא ָּכף ֶ‬ ‫ֶ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪14 Eloul 5780‬‬
‫‪03 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.24 Mishna 2‬‬ ‫‪SHABBAT‬‬

‫ירין‬
‫א ָג ָדן‪ַ ,‬מ ִּת ִ‬
‫ינהוּ‪,‬‬
‫ׁש ֲ‬‫ֳלים ֶ‬‫ׁשל ִׁשּב ִ‬
‫ׁשּורין ָלאו א ְֹכ ָלא ִנ ְ‬
‫יעי ָע ִמיר‪ַ .‬ק ִּׁשין ֶ‬
‫ׁש ֵהן ְק ִ‬ ‫אֹותן‪ְּ ,‬ד ָכל ְז ַמן ֶ‬
‫ְּפ ִק ֵ‬
‫ָ‬
‫ִין‪,‬‬
‫ּכפ‬
‫הֵ‬‫ֶת ַ‬‫ִים א‬‫ּפס‬‫סְ‬ ‫פְ‬‫מַ‬‫ָה‪ּ ,‬ו ְ‬‫ְהמ‬
‫פנֵי ב ֵ‬
‫לְ‬‫ִיר ִ‬‫עמ‬ ‫ֵי ָ‬
‫ִיע‬‫ּפק‬
‫ִין ְ‬‫ַּתיר‬
‫מִ‬
‫א ָבל ִּפ ְסּפּוס‪,‬‬ ‫ינהוּ א ְֹכ ָלא‪ֲ ,‬‬ ‫יׁש ִּו ְ‬
‫ילין ְל ַפּזֵר ֲע ָׂש ִבים ִל ְפנֵי ְּב ֵה ָמה‬
‫אֹותן ִל ַ‬
‫ׁש ְר ִג ִ‬
‫ָ‬ ‫ירין‬
‫ּומ ִּת ִ‬‫ַ‬‫ֶת‬
‫ְל ַפ ְּז ָרן ְּכ ֶד ֶרְך ֶ‬
‫ַת וְֹלא א‬‫ּׁשח‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ִין ֹלא א‬ ‫ּסק‬‫רְ‬
‫מַ‬‫ֵין ְ‬
‫ִין‪ .‬א‬‫הּזֵר‬
‫ֶת ַ‬‫ָל ֹלא א‬‫אב‬‫ֲ‬
‫ָפין ָלּה ְל ָא ְכ ָלן‪ָ ,‬אסּור‬ ‫יחן ְו ִי ְהיּו י ִ‬‫יח ֵר ָ‬
‫יעי ָע ִמיר‪ְּ ,‬ד ֵמ ַא ַחר ְּד ִא ְת ֲע ִבידוּ א ְֹכ ָלא‬
‫ׁש ָּת ִר ַ‬
‫ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ִּב ְפ ִק ֵ‬
‫ָה‬‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ָה‪ַ .‬‬ ‫ֵין ּגַּס‬
‫ָה ּב‬ ‫ּדּק‬
‫ֵין ַ‬‫ָה‪ּ ,‬ב‬‫ְהמ‬
‫פנֵי ב ֵ‬ ‫לְ‬
‫ִין ִ‬‫ָרּוב‬
‫הח‬‫ֶ‬
‫יעין‪ְ ,‬ו ַה ִּפ ְסּפּוס ֵאינֹו ֶא ָּלא ְל ַת ֲענּוג‬
‫ׁשהּוא ְּכ ָבר א ֶֹכל ֹלא‬ ‫ּומ ְט ַרח ְּב ָד ָבר ֶ‬
‫ְּב ֶה ֵּתר ַה ְּפ ִק ִ‬
‫ְּב ָע ְל ָמא‪ִ ,‬‬
‫ָה‪:‬‬‫ּדּק‬
‫לַ‬ ‫ִין ַ‬
‫ָרּוב‬
‫ּבח‬‫ַּתיר ֶ‬
‫מִ‬
‫א ָבל ֹלא ֶאת‬ ‫יחן‪ִּ ,‬ד ְב ָלאו ִּפ ְסּפּוס ֹלא ָהוּו א ְֹכ ָלא‪ֲ :‬‬ ‫יח ֵר ָ‬
‫ׁש ָּת ִר ַ‬
‫אֹותן ִל ְפנֵי ַה ְּב ֵה ָמה ֶ‬
‫ׁשֹוט ִחים ָ‬ ‫ׁשל ֶא ֶרז‪ְ ,‬מ ַפ ְּז ִרים ְו ְ‬‫ָפים ַל ִחים ֶ‬ ‫ּומ ַפ ְס ְּפ ִסים ֶאת ַה ֵּכ ִפים‪ֲ .‬ענ ִ‬ ‫ָט ְר ִחינַן‪ְ :‬‬
‫ָתר ְּב ֶא ְמ ָצ ָען‪.‬‬‫ׁשר ֶא ָחד י ֵ‬ ‫ֹלׁשה ְק ָׁש ִרים‪ֶ ,‬ק ֶ‬ ‫ֵרין יֵׁש ָל ֶהן ְׁש ָ‬ ‫סֹופן‪ְ ,‬ו ַהּז ִ‬
‫ֹאׁשן ְו ֶא ָחד ְּב ָ‬ ‫יעין יֵׁש ָל ֶהן ְׁשנֵי ְק ָׁש ִרים‪ֶ ,‬א ָחד ְּבר ָ‬ ‫ׁש ַה ְּפ ִק ִ‬‫יעי ָע ִמיר‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬ ‫ֵרין‪ֵ .‬הן ֵהן ְּפ ִק ֵ‬ ‫ַהּז ִ‬
‫יהן ִּב ְל ַבד‪ְּ ,‬ד ַה ָּת ַרת‬
‫א ָג ֵד ֶ‬‫ֹלׁשה ֲ‬‫ּומ ְת ַח ְּמ ִמים ְו ַה ְּב ֵה ָמה ָק ָצה ָּב ֶהן‪ֶ ,‬א ָּלא ַמ ִּתיר ְׁש ָ‬ ‫חּוקים זֶה ָּבזֶה ִ‬ ‫ׁש ֵהן ְּד ִ‬ ‫ֵרין ְו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫ׁש ֵאין ְמ ַפ ְס ְּפ ִסים ֶאת ַהּז ִ‬ ‫יתין ֶ‬
‫ְו ָק ָא ְמ ָרה ַמ ְת ִנ ִ‬
‫הּודה‬
‫ׁשֹּלא ְלצ ֶֹרךְ הּוא‪ַ :‬ר ִּבי ְי ָ‬ ‫בּואה‪ְ ,‬ו ִהיא ַא ְס ַּפ ְס ָּתא‪ִ ,‬מּׁשּום ְּד ִט ְר ָחא ֶ‬ ‫ׁשל ְּת ָ‬ ‫ׂשב ֶ‬‫ּׁש ַחת‪ֵ .‬אין ְמ ַח ְּת ִכין ֵע ֶ‬‫יעין‪ֵ :‬אין ְמ ַר ְּס ִקין ֶאת ַה ַ‬ ‫יהן ְמ ַׁש ִּוי ַלּה א ְֹכ ָלא ִּכ ְפ ִק ִ‬
‫א ָג ֵד ֶ‬ ‫ֲ‬
‫הּודה‪:‬‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬ ‫רּובין ִל ְב ֵה ָמה ַד ָּקה‪ֶ .‬‬
‫ׁש ִּׁשּנֶיהָ ַּדּקֹות‪ְ ,‬ו ָק ִׁשין ָלּה‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬ ‫ַמ ִּתיר ֶּב ָח ִ‬

‫‪165‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.24 Mishna 3‬‬ ‫‪15 Eloul 5780‬‬
‫‪04 / 09 / 20‬‬
‫ֵין‬
‫ִין‪ .‬וְא‬‫ִיט‬‫לע‬‫מְ‬‫ָל ַ‬ ‫אב‬ ‫ִין‪ֲ ,‬‬‫רס‬ ‫ָל‪ ,‬וְֹלא דֹו ְ‬‫הּגָמ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬‫בס‬‫ֵין אֹו ְ‬‫א‬ ‫ילין אֹותֹו ַעל‬
‫אֹוב ִסין‪,‬‬
‫ְ‬ ‫ּופרּוׁש‬
‫א ִכ ִ‬‫[אין] ַמ ֲ‬ ‫אֹוב ִסין‪ֵ .‬‬
‫תֹוח ִבים לֹו ִּב ְגרֹונֹו‪ֵ ,‬‬
‫ְ‬
‫ָּכ ְרחוֹ ְו ֲ‬
‫ֵאין‬

‫ִין‪.‬‬
‫רנְגֹול‬
‫ַּת ְ‬
‫ִין ל ַ‬‫קט‬‫לְ‬‫ְה ְ‬
‫ִין‪ּ .‬ומ ַ‬‫ִיט‬ ‫לע‬‫מְ‬‫ָל ַ‬‫אב‬
‫ִים‪ֲ ,‬‬ ‫עגָל‬‫הֲ‬‫ֶת ָ‬‫ִים א‬ ‫מר‬‫מְ‬‫ַ‬ ‫דֹור ִסים‪.‬‬
‫יה‪ְ :‬וֹלא ְ‬
‫ּומיהּו ֹלא‬
‫עֹוׂשין ָלּה ֵאבּוס ְּבתֹוְך ֵמ ֶע ָ‬
‫א ָכל ְלתֹוְך ְּגרֹונָּה‪ִ .‬‬ ‫ּדֹורס ַה ַּמ ֲ‬
‫ִ‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ֶ‬
‫מיִם‬
‫נֹותנִין ַ‬
‫ֵין ְ‬ ‫ִים‪ .‬וְא‬‫בל‬ ‫ָל ֹלא גֹו ְ‬ ‫אב‬
‫ָן‪ֲ ,‬‬ ‫רס‬ ‫ּמ ְ‬
‫לֻ‬ ‫מיִם ַ‬‫ְנֹותנִין ַ‬
‫ו ְ‬ ‫ּתֹוחב‬
‫ׁש ֵ‬ ‫יטים‪ֶ .‬‬ ‫א ָבל ַמ ְל ִע ִ‬
‫ׁשּיָכֹול ְל ַה ְח ִזיר‪ֵ :‬אין‬
‫אֹוב ִסין‪ֲ :‬‬‫ְ‬
‫א ָכל ְל ָמקֹום ֶ‬
‫הוֵי ְּכמֹו‬
‫לֹו ַה ַּמ ֲ‬
‫ֲ‬

‫אוָזִים‬
‫פנֵי ֲ‬
‫לְ‬‫נֹותנִין ִ‬
‫ָל ְ‬ ‫אב‬‫ְָך‪ֲ ,‬‬ ‫ּבּׁשֹב‬
‫ׁש ַ‬
‫פנֵי יֹונִים ֶ‬
‫לְ‬‫ִים וְִ‬‫ְבֹור‬‫פנֵי ד‬
‫לְ‬‫ִ‬ ‫יאים‪.‬‬ ‫ְמ ָמ ְר ִאין‪ְ .‬מ ַפ ְּט ִמין‪ְ ,‬לׁשֹון ְו ֵח ֶלב ְמ ִר ִ‬
‫א ָכל ִל ְפ ִנים‬ ‫ּתֹוחב לֹו ַה ַּמ ֲ‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ּופרּוׁש ַה ְמ ָר ָאה‪ֶ ,‬‬ ‫ֵ‬
‫ִּיֹות‪:‬‬
‫ּדס‬
‫רְ‬‫הְ‬
‫פנֵי יֹונֵי ָ‬‫לְ‬‫ִים וְִ‬
‫רנְגֹול‬‫ְת ְ‬
‫וַ‬ ‫ׁש ֵאינֹו ָיכֹל ְל ַה ְח ִזיר‪:‬‬
‫א ָכל‬‫ּתֹוחב ַה ַּמ ֲ‬‫ׁש ֵ‬
‫יעה ְּב ָמקֹום ֶ‬
‫גֹולין‪ֶ .‬‬
‫ִמ ֵּבית ַה ְּב ִל ָ‬
‫ּומ ַה ְל ְק ִטין ַל ַּת ְר ְנ ִ‬ ‫ְ‬
‫אֹוכ ִלין ַּב ָּׂש ֶדה‬
‫ּיֹוצ ִאין ְו ְ‬
‫ׁש ְ‬ ‫יהן ָע ָליו‪ֶ ,‬‬ ‫זֹונֹות ֶ‬
‫ֵ‬ ‫בֹורים‪ֶ .‬‬
‫ׁש ֵאין ְמ‬ ‫נֹות ִנין ַמ ִים ִל ְפנֵי ְד ִ‬
‫גֹוב ִלין‪ֵ .‬אין ָל ִׁשין אֹותֹו ַּב ַּמ ִים‪ֵ :‬אין ְ‬ ‫א ָבל ֹלא ְ‬ ‫ׁשּיָכֹול ְל ַה ְח ִזיר‪ֲ :‬‬‫ְלתֹוְך ִּפיו ְּב ָמקֹום ֶ‬
‫ׁש ָהיָה ְמ ַג ֵּדל ֵמ ֶהן ְּב ַא ְרמֹונֹו‪:‬‬
‫הֹורּדּוס ַה ֶּמ ֶלְך ֶ‬
‫ׁשם ְ‬ ‫ּדֹור ִסיאֹות ַעל ֵ‬
‫ׁש ְּג ֵד ִלים ַּב ָּב ִּתים‪ְ .‬ו ִנ ְק ָר ִאים ְ‬ ‫ּדֹור ִסיאֹות‪ִ .‬‬
‫יֹונים ֶ‬ ‫א ַג ִּמים‪ְ :‬‬ ‫צּויין ָל ֶהם ָּב ֲ‬
‫ּומ ִים ְמ ִ‬ ‫ַ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.24 Mishna 4‬‬ ‫‪17 Eloul 5780‬‬
‫‪06 / 09 / 20‬‬
‫פנֵי‬
‫לְ‬‫ָה ִ‬
‫בל‬‫הּנְֵ‬
‫ֶת ַ‬
‫ָה‪ ,‬וְא‬‫ְהמ‬
‫הּב ֵ‬
‫פנֵי ַ‬
‫לְ‬‫ִין ִ‬
‫ְלּוע‬
‫הּד‬‫ֶת ַ‬‫ִין א‬‫ַּתכ‬
‫מח ְ‬ ‫ְ‬ ‫לּועין‪ַ .‬ה ְּת ִ‬
‫לּוׁשין ִל ְפנֵי‬
‫א ַכל‬
‫ְמ ַח ְּת ִכין ֶאת ַה ְּד ִ‬
‫ַה ְּב ֵה ָמה‪ְ ,‬ו ַאף ַעל ַּגב ִּד ְס ָת ָמן ָלאו ְל ַמ ֲ‬
‫ֶב‬ ‫ער‬
‫מֶ‬‫ָה ֵ‬‫בל‬‫ְתה נְֵ‬
‫הי ָ‬
‫ִם ֹלא ָ‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬‫ָה אֹומ‬‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ִים‪ַ .‬‬
‫לב‬‫ּכ ָ‬
‫הְ‬ ‫ַ‬ ‫ְּב ֵה ָמה ַק ְּי ֵמי ֶא ָּלא ָל ָא ָדם‪ְ :‬ו ֶאת ַה ְּנ ֵב ָלה‪.‬‬
‫ַּב ָלה ַהּיֹום‪ְ ,‬ו ַאף ַעל ַּגב ְּד ֵבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות‬
‫ׁש ִּנ ְתנ ְ‬
‫ֶ‬
‫ָן‪:‬‬
‫הּמּוכ‬
‫ִן ַ‬
‫ֵינָּה מ‬
‫ׁשא‬
‫ִי ֶ‬
‫לפ‬‫ָה‪ְ ,‬‬‫ֲסּור‬
‫ָת‪ ,‬א‬‫ׁשּב‬‫ַ‬ ‫עֹומ ֶדת ָל ָא ָדם ְוֹלא ַל ְּב ֵה ָמה‪:‬‬
‫ָה ְי ָתה ֶ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪SHABBAT‬‬ ‫‪Ch.24 Mishna 5‬‬ ‫‪18 Eloul 5780‬‬
‫‪07 / 09 / 20‬‬
‫ְֶך‬
‫לצֹר‬
‫הן ְ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ִים ֶ‬ ‫בר‬‫דָ‬‫לְ‬‫ִין ִ‬ ‫אל‬ ‫ִׁש ָ‬
‫ָת‪ ,‬וְנ ְ‬ ‫ְׁשּב‬
‫ִים ּב ַ‬‫דר‬‫ִין נְָ‬ ‫ִיר‬‫מפ‬ ‫ְ‬ ‫ירין‪ַּ .‬ב ַעל ְל ִא ְׁשּתֹו ְו ָאב ְל ִבּתֹו‪ְ :‬ו ִנ ְׁש ָא ִלין‪.‬‬
‫ׁשֹּלא‬ ‫ָדר ֶ‬ ‫ׁשּנ ַ‬‫ּׁש ָּבת‪ְּ .‬כגֹון ֶ‬‫ׁש ֵהן ְלצ ֶֹרךְ ַה ַ‬
‫ְמ ִפ ִ‬
‫ֶל ָח ָכם‪ֶ :‬‬
‫ֶת‬‫ִית וְא‬‫טל‬‫ּמ ְ‬
‫הַ‬ ‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬ ‫דד‬
‫ָאֹור‪ּ ,‬ומֹו ְ‬ ‫הּמ‬‫ֶת ַ‬ ‫ִין א‬‫קק‬
‫ָת‪ּ .‬פֹו ְ‬‫ּׁשּב‬
‫הַ‬ ‫ַ‬ ‫ֹאכל ַהּיֹום‪ְ .‬ו ַא ִּנ ְׁש ָא ִלין ַּד ְו ָקא ָק ֵאי‪ְּ ,‬ד ִאּלוּ ַּב ַעל‬
‫ׁש ֵהן ְלצ ֶֹרךְ ַה ַּׁש ָּבת ֵּבין‬ ‫אֹו ָאב ֵמ ֵפר ֵּבין ְנ ָד ִרים ֶ‬
‫י ַ‬

‫ָא‬‫אּב‬
‫ֵי ַ‬‫ִימ‬‫ָדֹוק ּוב‬‫ִי צ‬ ‫רּב‬
‫ׁשל ַ‬ ‫ִיו ֶ‬ ‫אב‬‫ֵי ָ‬ ‫ִימ‬‫ֲׂשה ב‬
‫מע ֶ‬‫קוֶה‪ּ .‬ו ַ‬‫ּמ ְ‬
‫הִ‬ ‫ַ‬ ‫ׁש ֵאינֹו ָיכֹל‬
‫ׁש ֵהן‬ ‫ּונ ָד ִרים ֶ‬
‫ׁש ֵאינָן ְלצ ֶֹרךְ ַה ַּׁש ָּבת‪ֵּ ,‬כיוָן ֶ‬ ‫ְנ ָד ִרים ֶ‬
‫ְל ָה ֵפר ֶא ָּלא ְּביֹום ָׁש ְמעֹו ִּב ְל ַבד‪ְ .‬‬
‫ֶת‬‫ָׁשרּו א‬
‫ַ‪ ,‬וְק ְ‬
‫ִיח‬‫טפ‬‫ּב ָ‬
‫ָאֹור ְ‬ ‫הּמ‬‫ֶת ַ‬ ‫ְקּו א‬‫ּפק‬‫ׁש ָ‬
‫טנִית‪ֶ ,‬‬‫ּב ְ‬
‫ֶן ָ‬‫ׁשאּול ּב‬ ‫ָ‬ ‫א ִפּלוּ ָהיָה לֹו ְּפנַאי ְל ִה ָּׁש ֵאל‬
‫יהם ְּב ַׁש ָּבת‪:‬‬
‫ְלצ ֶֹרךְ ַה ַּׁש ָּבת ֲ‬
‫יהם ק ֶֹדם ַה ַּׁש ָּבת ִנ ְׁש ָא ִלין ֲע ֵל ֶ‬ ‫ֲע ֵל ֶ‬
‫ָאו‪.‬‬‫ִם ל‬‫ַח א‬ ‫טפ‬‫ח ֶ‬‫ּפֹות ַ‬
‫ּבּגִיגִית ֵ‬ ‫ִם יֵׁש ַ‬ ‫ַע א‬ ‫ֵיד‬‫ִי‪ ,‬ל‬
‫בגֶמ‬‫ָה ְ‬ ‫קד‬‫ּמ ֵ‬
‫הְ‬ ‫ַ‬ ‫אֹורה‬‫ׁש ִּמ ֶּמּנּו ָה ָ‬
‫לּוח אֹו ִּב ְׁש ָאר ָּכל‬
‫ּופֹוק ִקין ֶאת ַה ָּמאֹור‪ַ .‬ה ַחּלֹון ֶ‬
‫סֹות ִמין אֹותֹו ְּב ַ‬ ‫ְ‬ ‫ֶסת‪,‬‬
‫ְ‬
‫ִנ ְכנ ֶ‬
‫ָת‪:‬‬
‫ְׁשּב‬
‫ִין ּב ַ‬
‫ְקֹוׁשר‬
‫ִין ו ְ‬ ‫דד‬ ‫ִין ּומֹו ְ‬
‫קק‬‫ׁשּפֹו ְ‬
‫ְנּו‪ֶ ,‬‬
‫מד‬‫לַ‬
‫ֵיהן ָ‬
‫בר ֶ‬ ‫ּד ְ‬
‫מִ‬ ‫ּו ִ‬ ‫ּומֹוד ִדין ֶאת‬
‫ָג ָעה‬
‫ְ‬ ‫ילים ִל ְסּתֹם ּבֹו‪:‬‬ ‫ׁש ְר ִג ִ‬
‫ַה ַּמ ְט ִלית‪ְּ .‬כגֹון ִאם ָה ְי ָתה ְט ֵמ ָאה ְונ ְ‬
‫ָּד ָבר ֶ‬

‫חּותה ִמ ָּׁשֹלׁש ַעל ָׁשֹלׁש ֵאינָּה ֹלא‬ ‫הרֹות ִאם ָלאו‪ְּ ,‬ד ַמ ְט ִלית ְּפ ָ‬ ‫ידע ִאם ִנ ְט ְמאּו ַה ָּט ֳ‬ ‫אֹותּה ִאם יֵׁש ָּבּה ָׁשֹלׁש ֶא ְצ ָּבעֹות ַעל ָׁשֹלׁש ֶא ְצ ָּבעֹות ֵל ַ‬ ‫מֹוד ִדין ָ‬ ‫הרֹות‪ְ ,‬‬ ‫ְּב ָט ֳ‬
‫אֹותן ְּב ַׁש ָּבת‪:‬‬
‫יכְך ֻמ ָּתר ִל ְמּדֹד ָ‬ ‫ׁשל ִמ ְצוָה ֵהן‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬ ‫ׁש ֵאּלּו ְמ ִדידֹות ֶ‬ ‫ידע ִאם יֵׁש ָּבּה ַא ָּמה ַעל ַא ָּמה ְּברּום ָׁשֹלׁש ַאּמֹות‪ֶ .‬‬ ‫ִמ ַּט ְּמ ָאה ְוֹלא ְמ ַט ְּמ ָאה‪ְ :‬ו ֶאת ַה ִּמ ְקוֶה‪ֵ .‬ל ַ‬
‫א ַכל ְּב ֵה ָמה‬ ‫ׁש ָראּוי ְל ַמ ֲ‬ ‫ֶמי‪ֶ ,‬‬‫ָקט ּג ִ‬‫ׁשל ֶח ֶרס‪ְ :‬מ ֵק ָדה‪ְּ .‬כ ִלי ֶח ֶרס‪ְּ :‬ב ֶג ִמי‪ְ .‬ל ָה ִכי נ ַ‬ ‫יח‪ַּ .‬פְך ֶ‬
‫ֶסת‪ְּ :‬ב ָט ִפ ַ‬
‫אֹורה ִנ ְכנ ֶ‬
‫ׁש ִּמ ֶּמּנּו ָה ָ‬‫ׁש ָּפ ְקקּו ֶאת ַה ָּמאֹור‪ֶ .‬את ַה ַחּלֹון‪ְ .‬ו ָקרּוי ָמאֹור‪ֶ ,‬‬ ‫ֶ‬
‫ַחת ַעל‬ ‫יגית ֻמּנ ַ‬ ‫ׁש ִּג ִ‬
‫קּורה‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬‫ׁשֹּלא ָהיָה ְמ ֶ‬ ‫ּפֹות ַח ֶט ַפח‪ְּ .‬כ ִמין ְׁש ִביל ָק ָטן ָהיָה ֵּבין ְׁשנֵי ָּב ִּתים ֶ‬ ‫יגית ֵ‬ ‫ידע ִאם יֵׁש ַּב ִּג ִ‬ ‫ָמא‪ֵ :‬ל ַ‬ ‫ׁשל ְקי ָ‬ ‫ׁשר ֶ‬ ‫ְוֹלא ְמ ַב ֵּטל ֵליּה ִל ְהיֹות ֶק ֶ‬
‫ּומן ַה ְּׁש ִביל ֶאל ַה ַּב ִית‬ ‫ּות ֵהא ַה ֻּט ְמ ָאה ָּבא ִמן ַה ַחּלֹון ֶאל ַה ְּׁש ִביל ִ‬ ‫ׁש ָּמא יָמּות ֵמת ְּב ַב ִית ֶא ָחד ְ‬ ‫חֹוׁש ִׁשין ֶ‬
‫ַּגּבֹו‪ְ ,‬ו ָהיּו ַחּלֹונֹות ְּפתּוחֹות ִמן ַה ָּב ִּתים ֶאל ַה ְּׁש ִביל‪ְ ,‬ו ָהיּו ְ‬
‫ּוכ ִלי ֶח ֶרס ֵאינֹו ִמ ַּט ֵּמא ִמ ַּגּבֹו‪,‬‬ ‫ׁשל ֶח ֶרס ְו ַגּבֹו ְל ַצד ַה ְּׁש ִביל‪ְ ,‬‬ ‫יח ֶ‬ ‫ׁש ַה ֻּט ְמ ָאה ְּבתֹוכֹו ְּב ָט ִפ ַ‬ ‫תּוח ַל ַּב ִית ֶ‬
‫יכְך ָּפ ְקקּו ֶאת ַה ַחּלֹון ַה ָּפ ַ‬ ‫תּוח‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬
‫ָה ַא ֵחר ֶּד ֶרְך ַה ַחּלֹון ַה ָּפ ַ‬
‫א ֶה ֶלת ַעל ַה ְּׁש ִביל ְו ַה ֻּט ְמ ָאה ָּב ָאה ֶּד ֶרְך ַה ְּׁש ִביל ִמ ַּב ִית זֶה ְל ַב ִית זֶה‪ַ .‬א ַחר ָּכְך ֻה ְצ ְרכוּ‬ ‫יגית ַמ ֲ‬ ‫ּפֹות ַח ֶט ַפח ְו ִנ ְמ ֵצאת ַה ִּג ִ‬
‫יגית ֵ‬ ‫ׁש ָּמא ֵאין ְּב ֶס ֶדק ַה ִּג ִ‬ ‫חֹוצץ‪ִּ ,‬כי ָח ְׁשׁשּו ֶ‬‫ְו ֵ‬
‫ּפֹות ַח ֶט ַפח ְו ֵאין ָׁשם א ֶֹהל ְּבאֹותֹו ְׁש ִביל ְל ָה ִביא ֶאת ַה ֻּט ְמ ָאה‪,‬‬ ‫יגית ֵ‬ ‫ׁשל ִּג ִ‬ ‫ידע ִאם יֵׁש ְּבאֹותֹו ֶס ֶדק ֶ‬ ‫ּובאּו ֵל ַ‬ ‫יח ַה ָּפקּוק ַּב ַחּלֹון‪ָ ,‬‬ ‫ִל ְפּת ַֹח ַה ַחּלֹון ְו ִלּטֹל אֹותֹו ָט ִפ ַ‬
‫יאה ֶאת ַה ֻּט ְמ ָאה ִמ ַּב ִית‬ ‫ּומ ִב ָ‬
‫ּפֹות ַח ֶט ַפח‪ְ ,‬ו ִנ ְמ ֵצאת ַה ְּׁש ִביל ְּכא ֶֹהל ְ‬ ‫יגית ֵ‬ ‫ׁשל ִּג ִ‬‫יגית ְּכ ַל ֵּפי ַמ ְע ָלה‪ .‬אֹו ֵאין ַּב ֶּס ֶדק ֶ‬ ‫ׁש ַּב ִּג ִ‬‫יֹוצ ָאה ִמן ַה ְּׁש ִביל ֶּד ֶרְך ֶס ֶדק ֶ‬ ‫ׁש ַה ֻּט ְמ ָאה ְ‬ ‫ֶ‬
‫ּפֹות ַח ֶט ַפח ִאם ָלאו‪:‬‬ ‫יגית ֵ‬ ‫הֹוׁשיטּוהָ ְּכ ַל ֵּפי ַמ ְע ָלה‪ִ ,‬ל ְראֹות ִאם ָהיָה ְּב ֶס ֶדק ַה ִּג ִ‬ ‫ֶמי ְו ִ‬ ‫רּוה ְּבג ִ‬
‫ּוק ָׁש ָ‬ ‫ׁשל ֶח ֶרס ְ‬ ‫ּומ ְדדּו ְמ ֵק ָדה ֶ‬ ‫ְל ַב ִית‪ָ .‬‬

‫! ‪HAZAK HAZAK‬‬
‫‪FIN DU TRAITÉ� SHABBAT‬‬
‫‪166‬‬
‫‪M A R D I‬‬
‫‪19 Eloul 5780‬‬
‫‪08 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.1 Mishna 1‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁשׁש ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה‪ַ ,‬אף ַעל‬


‫אׁשיו ִל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪,‬‬
‫ׁש ֵאינֹו ָר ָחב ֵ‬
‫תּוח ִמ ְּׁשנֵי ָר ָ‬ ‫ׁשהּוא ָּפ ַ‬
‫ָמבֹוי‪ֶ .‬‬ ‫ִי‬
‫רּב‬
‫ִּפי ֶ‬
‫ֵט‪ַ .‬‬ ‫מע‬‫ָה‪ ,‬יְַ‬
‫אּמ‬‫ִים ַ‬‫ֶׂשר‬
‫מע ְ‬
‫ָה ֵ‬ ‫על‬‫מְ‬‫לַ‬‫ָבֹוּה ְ‬
‫ׁשהּוא ג ַ‬ ‫ָבֹוי ֶ‬ ‫מ‬
‫ׁשׁש ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה ְו ֵאינֹו ְמ ֻפ ָּלׁש‬
‫תּוח ִל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים ְורֹאׁשֹו‬
‫ַּמי ָר ָחב ֵ‬
‫ֶא ָּלא רֹאׁשֹו ֶא ָחד ָּפ ַ‬
‫ִאי נ ִ‬‫ֵט‪.‬‬‫מע‬‫ַּמֹות‪ ,‬יְַ‬
‫ֶׂשר א‬
‫מע ֶ‬
‫ָב ֵ‬‫רח‬‫ְה ָ‬
‫ִיְך‪ .‬ו ָ‬
‫צר‬‫ֵינֹו ָ‬
‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫יְהּוד‬
‫טֹולי ֵּביּה‬‫ּתֹורה ָׁש ֵרי ְל ַט ְל ֵ‬ ‫ּומן ַה ָ‬ ‫ֶא ָחד ָסתּום‪ִ .‬‬
‫ְּבֹלא ׁשּום ִּתּקּון‪ְ ,‬ו ַר ָּבנָן הּוא ְּד ָגזּור ֲע ֵליּה ִּד ְל ָמא‬
‫ֶׂשר‬
‫מע ֶ‬‫ָב ֵ‬ ‫רח‬ ‫ׁשהּוא ָ‬
‫ִי ֶ‬
‫ַל ּפ‬
‫ַף ע‬‫ֶתח‪ ,‬א‬ ‫הּפ ַ‬
‫ַת ַ‬ ‫ִם יֶׁש לֹו צּור‬‫וְא‬
‫טֹולי ִּב ְרׁשּות ָה ַר ִּבים ָּגמּור‪ְ ,‬ו ַׁש ְריּוהּ‬
‫ירא‪.‬‬‫הוֵי ֵליּה ֶה ֵּכ ָ‬ ‫קֹורה ְּד ֶת ֱ‬
‫ָא ֵתי ְל ַט ְל ֵ‬
‫ְּב ַת ַּק ְנ ָּתא ְּד ֶל ִחי אֹו ָ‬
‫ֵט‪:‬‬
‫מע‬ ‫לַ‬
‫ִיְך ְ‬
‫צר‬ ‫ֵין ָ‬
‫ַּמֹות‪ ,‬א‬‫א‬
‫ּקֹורה ְל ַמ ְע ָלה ֵמ ֶע ְׂש ִרים ַא ָּמה‬ ‫יח ֶאת ַה ָ‬ ‫ְו ִאם ֵה ִנ ַ‬
‫ּיּורים‬
‫א ַמ ְל ְּת ָרא‪ֵּ ,‬פרּוׁש ִצ ִ‬ ‫קֹורה [זֹו] ֲ‬ ‫ׁש ִּת ְהיֶה ְל ַמ ָּטה ֵמ ֶע ְׂש ִרים‪ִּ ,‬ד ְל ַמ ְע ָלה ֵמ ֶע ְׂש ִרים ֹלא ָׁש ְל ָטא ָּבּה ֵעינָא‪ְ .‬ו ִאם יֵׁש ְּב ָ‬ ‫ּקֹורה ַעד ֶ‬ ‫ַׁש ִּפיל ֶאת ַה ָ‬ ‫לֹומר י ְ‬
‫ְי ַמ ֵעט‪ְּ ,‬כ ַ‬
‫קֹורה ָלאו‬ ‫אֹומר ֵאינֹו ָצ ִריְך‪ְּ .‬ד ַט ֲע ָמא ְּד ָ‬ ‫הּודה ֵ‬ ‫ּיּורים ָׁש ְל ָטא ָּבּה ֵעינָא‪ַ :‬ר ִּבי ְי ָ‬ ‫אֹותם ַה ִּצ ִ‬
‫ׁש ַעל ְי ֵדי ָ‬ ‫א ִפּלוּ ְל ַמ ְע ָלה ֵמ ֶע ְׂש ִרים ַא ָּמה ֵאינֹו ָצ ִריְך ְל ַמ ֵעט‪ֶ ,‬‬ ‫ּתּוחים‪ֲ ,‬‬
‫ּופ ִ‬ ‫ִ‬
‫הּודה‪:‬‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬ ‫ׁש ֵּכן הּוא ַמה ִּלי ְּבתֹוְך ֶע ְׂש ִרים ַמה ִּלי ְל ַמ ְע ָלה ֵמ ֶע ְׂש ִרים‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬ ‫סֹותם‪ְ ,‬ו ֵכיוָן ֶ‬
‫יֹורד ְו ֵ‬ ‫ירא ֶא ָּלא ִמּׁשּום ְמ ִח ָּצה‪ְּ ,‬ד ָא ְמ ִרינַן ִּפי ִּת ְק ָרה ֵ‬ ‫ִמּׁשּום ֶה ֵּכ ָ‬
‫ׂשר אֹו ַעל ָּפחֹות‪:‬‬ ‫ידּנּו ַעל ֶע ֶ‬ ‫ַע ִמ ֶ‬ ‫יסתֹו ְוי ֲ‬ ‫ַאנַן ֶּפ ַתח ָּב ִעינַן‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ְי ַמ ֵעט ר ַֹחב ְּכ ִנ ָ‬
‫ׂשר ַאּמֹות ֹלא ִמ ְּק ֵרי ֶּפ ַתח ֶא ָּלא ִּפ ְר ָצה‪ ,‬ו ֲ‬ ‫ׂשר ַאּמֹות ְי ַמ ֵעט‪ִּ .‬ד ְט ֵפי ֵמ ֶע ֶ‬ ‫ְו ָה ָר ָחב ֵמ ֶע ֶ‬
‫יהן‪ְ ,‬ו ַאף‬ ‫יֹותר ְו ָקנֶה ַעל ַּג ֵּב ֶ‬
‫בֹוהים ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים אֹו ֵ‬ ‫א ִפּלוּ ָקנֶה ִמ ָּכאן ְו ָקנֶה ִמ ָּכאן ְּג ִ‬ ‫צּורת ֶּפ ַתח הּוא ֲ‬ ‫ׁש ָא ְמרּו ֲח ָכ ִמים ַ‬ ‫צּורת ַה ֶּפ ַתח‪ְּ .‬ב ָכל ָמקֹום ֶ‬ ‫ְו ִאם יֶׁש לֹו ַ‬
‫רּובין ְו ֻס ָּכה ְו ִכ ְל ַא ִים‪ֵ ,‬הם ַא ָּמה ַּבת ִׁש ָּׁשה‬ ‫ּוב ָכל ֵע ִ‬ ‫ֹלׁשה ְט ָפ ִחים‪ְ .‬ו ָכל ָה ַאּמֹות ַה ְּׁשנּויֹות ְּב ִמ ְׁשנָה זֹו ְ‬ ‫יֹותר ִמ ְּׁש ָ‬‫בֹוּה ֵמ ֶהן ֵ‬‫ׁש ָּג ַ‬‫ֵע ָּב ֶהן‪ְ ,‬ו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫ׁש ֵאינֹו נֹוג ַ‬ ‫ַעל ִּפי ֶ‬
‫ֻּדל ֵּבין זֹו ְלזֹו ֶא ָּלא ִי ְהיּו ְמ ֻצ ְמ ָצמֹות‬ ‫ָׂשים ֶרוַח ְּב ֶא ְצ ְּבעֹות ַהּג ָ‬ ‫ׁשֹּלא י ִ‬
‫לֹומר ֶ‬
‫ׁש ְּפ ָע ִמים ָצ ִריְך ִל ְמּדֹד ְּב ֶט ַפח ָע ֵצב‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫ֻּדל‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬‫ְט ָפ ִחים‪ְ ,‬ו ָכל ֶט ַפח ַא ְר ַּבע ֶא ְצ ָּבעֹות ְּבג ָ‬
‫ידה ְּב ֶט ַפח ָע ֵצב ִהיא ְל ֻח ְמ ָרא‪,‬‬ ‫ׁש ַה ְּמ ִד ָ‬
‫יצד‪ִּ ,‬ב ְז ַמן ֶ‬ ‫ׂשֹוחק‪ֵּ .‬כ ַ‬
‫נֹוג ִעים זֶה ָּבזֶה‪ְ ,‬וזֶהּו ַה ִּנ ְק ָרא ֶט ַפח ֵ‬ ‫ׁשֹּלא ִי ְהיּו ְ‬ ‫ֻּדל ֶ‬
‫ֻּדל ְלג ָ‬
‫ּופ ָע ִמים ָצ ִריְך ִל ֵּתן ֶרוַח ֵּבין ּג ָ‬‫נֹוגעֹות זֹו ְּבזֹו‪ְ ,‬‬‫ְו ְ‬
‫ׂשֹוחק הּוא‬ ‫ֵ‬ ‫ידה ְּב ֶט ַפח‬ ‫ׁש ַה ְּמ ִד ָ‬
‫ּוב ְז ַמן ֶ‬
‫מֹוד ִדים ְּב ֶט ַפח ָע ֵצב‪ִ .‬‬ ‫ְ‬ ‫סּולה‪,‬‬
‫בֹוהה ֵמ ֶע ְׂש ִרים ַא ָּמה ְּפ ָ‬ ‫ׁש ִהיא ְּג ָ‬ ‫בֹוּה ֵמ ֶע ְׂש ִרים ַא ָּמה ְי ַמ ֵעט‪ְ ,‬ו ֻס ָּכה ֶ‬
‫ׁשהּוא ָּג ַ‬ ‫ְּכגֹון ָמבֹוי ֶ‬
‫עֹולם‪:‬‬
‫ׂשֹוחק‪ְ ,‬ו ֵכן ְל ָ‬ ‫ֵ‬ ‫מֹוד ִדין ְּב ֶט ַפח‬
‫ְל ֻח ְמ ָרא‪ְּ ,‬כגֹון ָמבֹוי ֵאין ָּג ְבהֹו ָּפחֹות ֵמ ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪ֻ ,‬ס ָּכה ֵאין ָּג ְב ָהּה ָּפחֹות ֵמ ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪ְ ,‬‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪20 Eloul 5780‬‬
‫‪09 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.1 Mishna 2‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁשל ָמבֹוי ְל ַט ְל ֵטל‬


‫ׁש ַּמאי‬
‫ה ָכנָתֹו ְו ַה ְז ָמנָתֹו ֶ‬
‫ּתּופי ְמבֹואֹות‪ֵּ :‬בית ַ‬
‫ׁשר ָמבֹוי‪ֲ .‬‬
‫ְּבתֹוכֹו ַעל ְי ֵדי ִׁש ֵ‬
‫ֶה ְכ ֵ‬ ‫ֵית‬ ‫ָה‪ּ ,‬וב‬‫ִי וְקֹור‬ ‫לח‬ ‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫מר‬ ‫ַאי אֹו ְ‬ ‫ׁשּמ‬
‫ֵית ַ‬ ‫ָבֹוי‪ּ ,‬ב‬ ‫ְׁשר מ‬ ‫הכ ֵ‬ ‫ֶ‬
‫ירא ְלהּו‬
‫ַא ַתאי‬
‫קֹורה‪ְׁ .‬שנ ֶ‬
‫ֵיהן ָצ ִריְך‪ִּ ,‬ד ְס ִב ָ‬ ‫אֹומ ִרים ֶל ִחי ְו ָ‬
‫ּתֹורה ַא ְר ַּבע ְמ ִחּצֹות ְׁש ֵלמֹות ָּב ִעינַן‪ ,‬ו ֲ‬
‫ְ‬
‫ִמן ַה ָ‬
‫חיַיִן‪.‬‬
‫לָ‬‫ֵר‪ְ ,‬‬‫עזֶר אֹומ‬ ‫ִי ֶ‬
‫אל‬‫ִי ֱ‬ ‫רּב‬
‫ָה‪ַ .‬‬ ‫ִי אֹו קֹור‬‫לח‬‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫מר‬ ‫ֵל אֹו ְ‬ ‫הּל‬‫ִ‬
‫יעית ַא ֶּל ִחי‬
‫קֹורה‪.‬‬
‫ימ ָּתא ָל ְר ִב ִ‬
‫אֹומ ִרים אֹו ֶל ִחי אֹו ָ‬
‫אֹוק ְ‬
‫ֹׁשה ִמ ִּסינַי ְו ִ‬
‫ְ‬
‫ה ָל ָכה ְלמ ֶ‬
‫ּובית ִה ֵּלל‬ ‫קֹורה‪ֵ :‬‬ ‫ְו ָ‬
‫ֲ‬ ‫ָא‪,‬‬ ‫ִיב‬
‫עק‬ ‫ִי ֲ‬
‫רּב‬‫פנֵי ַ‬
‫לְ‬ ‫ָד ִ‬ ‫אח‬‫ִיד ֶ‬ ‫למ‬ ‫ּת ְ‬
‫ַר ַ‬‫אמ‬ ‫ֵאל ָ‬ ‫מע‬ ‫ִׁש ָ‬
‫ִי י ְ‬‫רּב‬
‫ִּׁשּום ַ‬ ‫מ‬
‫[ׁש ֵלמֹות] ָּב ִעינַן‬
‫הֹוסיף‬‫ֹׁשה ִמ ִּסינַי ְל ִ‬
‫ּתֹורה ָׁשֹלׁש ְמ ִחּצֹות ְ‬
‫ה ָל ָכה ְלמ ֶ‬ ‫ַא ַתאי ֲ‬
‫ְּד ִמן ַה ָ‬
‫ְותּו ֹלא‪ ,‬ו ֲ‬
‫ָחֹות‬ ‫ׁשהּוא פ‬ ‫ָבֹוי ֶ‬ ‫ַל מ‬ ‫ֵל ע‬ ‫הּל‬
‫ֵית ִ‬ ‫ַאי ּוב‬‫ׁשּמ‬
‫ֵית ַ‬ ‫ְקּו ּב‬‫חל‬ ‫ֹלא נֶ ְ‬
‫קֹורה ְל ֶה ֵּכר‬ ‫ּׁשהּו אֹו ְּב ָ‬ ‫יעית‪ ,‬אֹו ְּב ֶל ִחי ַמ ֶ‬
‫ּומבֹוי ְּד ָא ְי ֵרי ֵּביּה ָה ָכא הּוא ָמבֹוי ָסתּום‬
‫ָה ְר ִב ִ‬
‫ְמ ִח ָּצה‪ָ .‬‬
‫ַה‬ ‫ַל מ‬ ‫ָה‪ .‬ע‬ ‫ְקֹור‬‫ִי אֹו ב‬ ‫לח‬ ‫בֶ‬‫ׁשהּוא אֹו ְ‬ ‫ַּמֹות‪ֶ ,‬‬ ‫ַע א‬ ‫רּב‬‫אְ‬‫מַ‬ ‫ֵ‬
‫תּוחה ִל ְרׁשּות‬ ‫יעית ְּפ ָ‬ ‫רּוח ְר ִב ִ‬
‫יֹותר ַעל ָר ְחּבֹו‪ְּ ,‬ד ִאי ָא ְרּכֹו‬
‫רּוחֹותיו ְו ַ‬
‫ָ‬ ‫ִמ ָּׁשֹלׁש‬
‫ָה ַר ִּבים‪ְ ,‬ו ָא ְרּכֹו ֵ‬
‫ַאי‬ ‫ׁשּמ‬
‫ֵית ַ‬ ‫ׁשּב‬
‫ֶׂשר‪ֶ ,‬‬‫ַד ע ֶ‬ ‫ַּמֹות וְע‬ ‫ַע א‬ ‫רּב‬
‫אְ‬‫מַ‬‫ָב ֵ‬ ‫רח‬‫ַל ָ‬ ‫ְקּו‪ ,‬ע‬ ‫חל‬‫ּנֶ ְ‬
‫תּוחה ִל ְרׁשּות‬ ‫ׁש ִּנ ְפ ְר ָצה ַה ְּפ ָ‬
‫ּׁשהּו אֹו ְׁשנֵי ַפ ִּסין‬ ‫ּומ ֶ‬
‫ְּכ ָר ְחּבוֹ ָהוֵי ְּכ ָח ֵצר ֶ‬
‫ָה ַר ִּבים ְו ָצ ִריְך ַּפס ַא ְר ָּב ָעה ַ‬
‫ִי אֹו‬ ‫לח‬ ‫ִים‪ ,‬אֹו ֶ‬ ‫מר‬ ‫ֵל אֹו ְ‬ ‫הּל‬‫ֵית ִ‬ ‫ָה‪ּ ,‬וב‬‫ִי וְקֹור‬‫לח‬‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫מר‬ ‫אֹו ְ‬
‫ׁש ִּנ ְפ ְר ָצה ִל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‬ ‫ׁש ֵהן‪ְ .‬ו ֵכן ָח ֵצר ֶ‬
‫יֹותר ַעל ָר ְח ָּבּה ִנּדֹונָה ְּכ ָמבֹוי ְו ִנ ֶּת ֶרת‬
‫ׁשל ָּכל ֶ‬
‫ְו ָא ְר ָּכּה ֵ‬
‫ֶ‬ ‫ָקּו‪:‬‬
‫חל‬ ‫ַל זֶה נֶ ֱ‬‫ַל זֶה וְע‬ ‫ָא‪ ,‬ע‬ ‫ִיב‬
‫עק‬‫ִי ֲ‬‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬ ‫ָה‪ָ .‬‬ ‫קֹור‬
‫ּזֹורק ֵמ ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‬ ‫ׁש ֻה ְכ ַׁשר ְּב ֶל ִחי ָהוֵי ְּכ ִאּלּו יֵׁש לֹו ַא ְר ַּבע ְמ ִחּצֹות‪ְ ,‬ו ַה ֵ‬ ‫קֹורה‪ְּ ,‬ד ִאּלוּ ָמבֹוי ֶ‬
‫ׁש ֻה ְכ ַׁשר ְּב ָ‬ ‫ׁש ֻה ְכ ַׁשר ְּב ֶל ִחי ָחלּוק ִמ ָּמבֹוי ֶ‬
‫ּומבֹוי ֶ‬
‫קֹורה‪ָ .‬‬
‫ְּב ֶל ִחי אֹו ָ‬
‫ּזֹורק ֵמ ְרׁשּות ָה ַר ִּבים ְלתֹוכֹו ָּפטּור‪,‬‬ ‫מּורה‪ְ ,‬ו ַה ֵ‬‫ָחיד ְּג ָ‬ ‫ׁש ֻּמ ָּתר ְל ַט ְל ֵטל ְּבתֹוכֹו ַעל ְי ֵדי ִׁשּתּוף ֹלא ָהוֵי ִּכ ְרׁשּות ַהּי ִ‬ ‫קֹורה ַאף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫ׁש ֻה ְכ ַׁשר ְּב ָ‬
‫ּומבֹוי ֶ‬
‫ְלתֹוכֹו ַחּיָב‪ָ ,‬‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי‬ ‫ּומ ָּכאן‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬‫ּוב ֵעי ֶל ִחי ִמ ָּכאן ִ‬ ‫ירא ֵליּה‪ָ ,‬‬ ‫ַים‪ְּ .‬כ ֵבית ַׁש ַּמאי ְס ִב ָ‬ ‫אֹומר ְל ָחי ִ‬
‫ֵ‬ ‫יעזֶר‬
‫א ִל ֶ‬‫ירא‪ְ ,‬ו ֶל ִחי ִמּׁשּום ְמ ִח ָּצה‪ַ :‬ר ִּבי ֱ‬ ‫קֹורה ִמּׁשּום ֶה ֵּכ ָ‬
‫ְּד ָק ְי ָמא ָלן ָ‬
‫ַּמי ָה ִכי ָק ָא ַמר‪,‬‬ ‫ֶח ָלקּו‪ְ .‬ו ַתּנָא ַק ָּמא נ ִ‬‫יבא ַעל זֶה ְו ַעל זֶה נ ֱ‬ ‫ׁשהּוא ָפחֹות ֵמ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ .‬ר ַֹחב ִּפ ְתחֹו‪ָ :‬א ַמר ַר ִּבי ֲע ִק ָ‬ ‫יעזֶר‪ָ :‬א ַמר ַּת ְל ִמיד ֶא ָחד‪ .‬הּוא ַר ִּבי ֵמ ִאיר‪ֶ :‬‬‫א ִל ֶ‬
‫ֱ‬
‫ַיהּו ָס ַבר ֵאין ָצ ִריְך ֹלא ֶל ִחי ְוֹלא‬ ‫ׁשּיֵׁש ְּבר ַֹחב ִּפ ְתחֹו ָּפחֹות ֵמ ַא ְר ָּב ָעה ְט ָפ ִחים‪ְּ ,‬ד ַחד ִמּנ ְ‬ ‫ַיהוּ ָמבֹוי ֶ‬‫יּכא ֵּבינ ְ‬‫מּודא ְּד ִא ָ‬
‫ּומ ָפ ֵרׁש ַּת ְל ָ‬
‫ְּדֹלא ַמ ְפ ִליג ֵּבין ָר ָחב ְל ָק ָצר‪ְ .‬‬
‫ַיהּו ָס ַבר ֵאין ָצ ִריְך‪:‬‬ ‫ַיהּו ָס ַבר ָצ ִריְך ְו ֵהי ִמּנ ְ‬
‫יהם ֵהי ִמּנ ְ‬‫קֹורה‪ְ ,‬וֹלא ֻה ְב ַרר ִמּתֹוְך ִּד ְב ֵר ֶ‬‫ידְך ָס ַבר ָצ ִריְך ֶל ִחי אֹו ָ‬
‫קֹורה‪ְ ,‬ו ִא ָ‬
‫ָ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪21 Eloul 5780‬‬
‫‪10 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.1 Mishna 3‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ְּת ֵהא ְראּויָה ִל ְבנֹות‬


‫ׁשל‬ ‫יח ֲח ִצי ְל ֵבנָה ֶ‬
‫יח‪ֶ .‬‬‫ְר ָח ָבה ְּכ ֵדי ְל ַק ֵּבל ָא ִר ַ‬
‫יה ִּב ְניָן ִל ְק ִביעּות‪ְ :‬ו ָה ָא ִר ַ‬
‫ָע ֶל ָ‬
‫ִי‬
‫חצ‬‫ַ‪ֲ ,‬‬
‫ִיח‬
‫אר‬‫ַ‪ .‬וְ ָ‬
‫ִיח‬
‫אר‬‫ֵל ָ‬ ‫קּב‬
‫לַ‬‫ֵי ְ‬‫ּכד‬
‫ָה ְ‬‫חב‬‫רָ‬‫ְרּו‪ְ ,‬‬
‫אמ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ָה ֶ‬ ‫הּקֹור‬
‫ַ‬
‫ּומ ֱח ָצה‬
‫יח ֶט ַפח ֶ‬ ‫ֹלׁשה ְט ָפ ִחים‪ִ .‬נ ְמ ָצא ָא ִר ַ‬
‫ּקֹורה ְּבר ַֹחב ֶט ַפח‪ָ .‬ה ִכי ָק ָא ַמר‪ֵּ ,‬כיוָן‬
‫ְׁש ָ‬
‫ר ַֹחב‪ַּ :‬דּיָה ַל ָ‬
‫ָה‬‫חב‬‫רָ‬
‫הא ְ‬‫ּת ֵ‬
‫ׁש ְ‬‫ָה ֶ‬‫ַּקֹור‬
‫ּדּיָה ל‬
‫ִים‪ַ .‬‬ ‫פח‬‫טָ‬
‫ֹלׁשה ְ‬
‫ׁש ָ‬‫ׁשל ְ‬ ‫בנָה ֶ‬ ‫לֵ‬
‫ְ‬
‫ּנֹותר‪,‬‬
‫ּקֹורה ְר ָח ָבה ֶט ַפח‪ ,‬אֹותֹו ֲח ִצי ֶט ַפח ַה ָ‬
‫ּומ ֱח ָצה‪ ,‬יָכֹול ִל ְמרֹחַ ְּב ִטיט‬ ‫יח ָר ָחב ֶט ַפח ֶ‬
‫ׁש ַה ָ‬‫ֶ‬
‫ׁש ָה ָא ִר ַ‬
‫ֶ‬
‫ְּכֹו‪:‬‬
‫אר‬‫לָ‬
‫חְ‬‫ִי ַ‬
‫אר‬‫ֵל ָ‬‫קּב‬
‫לַ‬‫ֵי ְ‬
‫ּכד‬
‫ַח‪ְ ,‬‬‫טפ‬‫ֶ‬
‫יח‪ְ ,‬ו ָה ִכי ְמ ָפ ֵרׁש ַלּה ַּב ְּג ָמ ָרא‪:‬‬
‫ֶא ְצ ַּבע ִמ ָּכאן ְו ֶא ְצ ַּבע ִמ ָּכאן‪ְ ,‬ו ַעל ְי ֵדי ֵכן ִּת ְהיֶה ְר ָח ָבה ְל ַק ֵּבל ָא ִר ַ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪22 Eloul 5780‬‬
‫‪11 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.1 Mishna 4‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫יח‬
‫ָקה ִל ְסּבֹל ּכ ֶֹבד ָה ָא ִר ַ‬
‫יח‪.‬‬
‫יאה ְל ַק ֵּבל ָא ִר ַ‬
‫יח‪ֲ .‬חז ָ‬
‫יאה ְל ַק ֵּבל ָא ִר ַ‬
‫ה ָל ָכה‪ְּ :‬ב ִר ָ‬
‫ְּב ִר ָ‬
‫ׁשֹּלא ִּת ָּׁש ֵבר‪ְ .‬ו ֵכן ֲ‬ ‫ֶ‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫ַ‪ַ .‬‬
‫ִיח‬
‫אר‬‫ֵל ָ‬‫קּב‬
‫לַ‬‫ֵי ְ‬
‫ּכד‬
‫ָה‪ְ ,‬‬
‫ִיא‬‫בר‬‫ַ‪ּ ,‬ו ְ‬
‫ִיח‬
‫אר‬‫ֵל ָ‬
‫קּב‬
‫לַ‬‫ֵי ְ‬
‫ּכד‬
‫ָה‪ְ ,‬‬
‫חב‬‫רָ‬‫ְ‬
‫ׁשֹּלא ִּת ָּׁש ֵבר‪ְ .‬ו ֵכן‬
‫יח ֶ‬ ‫ָקה ִל ְסּבֹל ּכ ֶֹבד ָה ָא ִר ַ‬ ‫ֲחז ָ‬
‫ה ָל ָכה‪:‬‬
‫ֲ‬
‫ָה‪:‬‬‫ִיא‬‫ּבר‬
‫ֵין ְ‬
‫ׁשא‬
‫ִי ֶ‬
‫ַל ּפ‬
‫ַף ע‬ ‫ָה א‬‫חב‬
‫רָ‬‫ֵר‪ְ ,‬‬‫ָה אֹומ‬‫יְהּוד‬

‫‪167‬‬
‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 5‬‬ ‫‪24 Eloul 5780‬‬
‫‪13 / 09 / 20‬‬
‫ׁשל‬
‫היא ֶ‬ ‫ִּלּו ִ‬
‫ּכא‬
‫אֹותּה ְ‬
‫ָ‬ ‫ִין‬‫קנִים‪ ,‬רֹוא‬
‫ׁשל ָ‬
‫ַׁש אֹו ֶ‬ ‫ׁשל ק‬ ‫ְתה ֶ‬‫הי ָ‬
‫ָ‬ ‫ׁשל ָק ִנים כוּ'‪ַ .‬ר ִּבי ְי ָ‬
‫הּודה‬
‫ָתיהּ‪ֲ :‬ע ֻק ָּמה‪.‬‬
‫ׁשל ַקׁש ְו ֶ‬ ‫ָה ְי ָתה ֶ‬
‫ָק ָא ַמר ַלּה‪ְ ,‬ו ֵלית ִה ְל ְכ ָתא ְּכו ֵ‬
‫ָה‪,‬‬
‫עגֻּל‬
‫ָה‪ֲ .‬‬ ‫ְׁשּוט‬
‫היא פ‬ ‫ִּלּו ִ‬
‫ּכא‬
‫אֹותּה ְ‬
‫ָ‬ ‫ִין‬
‫ָה‪ ,‬רֹוא‬ ‫קּמ‬
‫עֻ‬‫ֶת‪ֲ .‬‬ ‫ַּתכ‬
‫מֶ‬ ‫ֻּלה ֵאין‬ ‫יה‪ְ ,‬ו ֵכן ֲעג ָ‬
‫לֹומר ְו ֵאיזֹו‬
‫נּוח ָע ֶל ָ‬
‫יח יָכֹול ָל ַ‬ ‫ׁש ֵאין ָא ִר ַ‬
‫יח נָח ָּבּה‪ִ :‬אם יֵׁש ְּב ֶה ֵּק ָפּה‪ְּ .‬כ ַ‬ ‫ָא ִר ַ‬
‫ֶ‬

‫ֹלׁשה‬
‫ׁש ָ‬ ‫ֵפֹו ְ‬
‫ְהּק‬
‫ׁשּיֵׁש ּב ֶ‬
‫ַת‪ּ .‬כֹל ֶ‬‫ּבע‬
‫רַ‬‫מֻ‬‫היא ְ‬‫ִּלּו ִ‬
‫ּכא‬
‫אֹותּה ְ‬
‫ִין ָ‬ ‫רֹוא‬ ‫ׁשּיֵׁש ְּב ֶה ֵּק ָפּה‬
‫ֹלׁשה ְט ָפ ִחים‬
‫ֻּלה ְל ַה ְכ ִׁשיר‪ָּ ,‬כל ֶ‬
‫יכה חּוט ְׁש ָ‬ ‫ׁש ְּצ ִר ָ‬
‫ִהיא ִמ ַּדת ָה ֲעג ָ‬
‫ֹלׁשה ְט ָפ ִחים‪ֶ ,‬‬‫ְׁש ָ‬
‫ַח‪:‬‬
‫טפ‬‫ַב ָ‬‫ִים‪ ,‬יֶׁש ּבֹו רֹח‬
‫פח‬‫טָ‬‫ְ‬ ‫ׁשּיֵׁש ָּבּה ר ַֹחב ֶט ַפח ִאם‬
‫ׂשר‬ ‫ׁש ָע ָׂשה ְׁשֹלמֹה ֶע ֶ‬
‫ָדּוע ֶ‬
‫יפּה ָס ִביב‪ְּ ,‬בי ַ‬
‫ׁש ֵּכן ָמ ִצינּו ְּביָם ֶ‬
‫ְל ַה ִּק ָ‬
‫ֵּת ָח ֵלק‪ֶ ,‬‬
‫יּכא ָׁשֹלׁש ַאּמֹות ֶה ֵּקף‪:‬‬
‫ֹלׁשים ָּב ַא ָּמה ִיּסֹב אֹותֹו ָס ִביב‪ַ ,‬א ְל ָמא ְל ָכל ַא ָּמה ר ַֹחב ְּב ִעּגּול ִא ָ‬
‫ָּב ַא ָּמה ִמ ְּׂש ָפתֹו ֶאל ְׂש ָפתֹו ָעגֹל ָס ִביב ְו ַקו ְׁש ִ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 6‬‬ ‫‪25 Eloul 5780‬‬
‫‪14 / 09 / 20‬‬
‫ָל‬
‫ביָן ּכ‬
‫עְ‬‫ָן וְָ‬
‫חּב‬
‫רְ‬‫ִים‪ ,‬וְָ‬
‫פח‬‫טָ‬
‫ָה ְ‬ ‫ֲׂשר‬
‫ְהן ע ָ‬
‫ְרּו‪ּ ,‬גָב ָ‬
‫אמ‬‫ׁש ָ‬
‫חיַיִן ֶ‬
‫לָ‬‫ְ‬ ‫ֶח ְלקּו ָּב ֶהן ַר ִּבי‬
‫יעזֶר ַּת ְר ֵּתי‬ ‫א ִל ֶ‬
‫ׁש ָא ְמרּו‪ְ .‬ל ָחי ִַים ֶ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ַח ָכ ִמים‪ִּ ,‬ד ְל ַר ִּבי ֱ‬
‫ַים ֶ‬
‫יעזֶר ו ֲ‬
‫ְל ָחי ִ‬
‫א ִל ֶ‬ ‫ֱ‬
‫ִים‪:‬‬‫פח‬ ‫טָ‬
‫ֹלׁשה ְ‬
‫ׁש ָ‬‫ָן ְ‬
‫חּב‬
‫רְ‬‫ֵר‪ָ ,‬‬
‫ֵי אֹומ‬‫ִי יֹוס‬
‫רּב‬
‫ׁשהּוא‪ַ .‬‬
‫ֶ‬ ‫ׂש ָרה‬ ‫עּורן‪ָּ :‬ג ְב ָהן ֲע ָ‬
‫ּול ַר ָּבנָן ֲח ָדא‪ ,‬זֶהּו ִׁש ָ‬ ‫ָּב ִעינַן ְ‬
‫ְט ָפ ִחים‪ְּ .‬כ ִׁשעּור ּג ַֹבּה ַה ָּמבֹוי‪ְּ ,‬ד ֵאין ָּג ְבהֹו ָּפחֹות‬
‫ֹלׁשה‪ְּ .‬ד ָב ֵעי ָּד ָבר ָחׁשּוב ִּב ְמ ִח ָּצה‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬
‫ה ָל ָכה‬ ‫אֹומר ָר ְח ָּבן ְׁש ָ‬
‫יֹוסי ֵ‬
‫בֹוּה ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪ְ :‬ו ַר ִּבי ֵ‬
‫בֹוּה ַה ְר ֵּבה‪ַּ ,‬דּיֹו ְּב ֶל ִחי ָּג ַ‬
‫ַא ִפּל ּו ָהיָה ַה ָּמבֹוי ָּג ַ‬ ‫ֵמ ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪ .‬ו ֲ‬
‫יֹוסי‪:‬‬
‫ְּכ ַר ִּבי ֵ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 7‬‬ ‫‪26 Eloul 5780‬‬
‫‪15 / 09 / 20‬‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫חּיִים‪ .‬וְַ‬
‫ח ַ‬‫ׁשּיֶׁש ּבֹו רּו ַ‬
‫ָר ֶ‬ ‫דב‬
‫בָ‬‫ִּלּו ְ‬
‫אפ‬‫חיַיִן‪ֲ ,‬‬‫לָ‬ ‫עֹוׂשין ְ‬
‫ִ‬ ‫ּבּכֹל‬
‫ַ‬ ‫ׁש ָּמא ָּתמּות ְוֹלא‬ ‫אֹוסר‪ְּ .‬ד ָח ְי ִׁשינַן ֶ‬
‫ָהיב ַא ַּד ְע ֵּתיהּ ְו ָס ִמיְך‬
‫ֵ‬
‫בֹוהה ֲע ָׂש ָרה ְוֹלא י ֵ‬
‫יֹוסי‬
‫ַר ִּבי ֵ‬
‫ָהוֵי ְּג ָ‬
‫ַהר‪.‬‬
‫מט ֵ‬‫ִיר ְ‬ ‫מא‬‫ִי ֵ‬ ‫רּב‬‫ֵל‪ ,‬וְַ‬ ‫ִּׁשּום ּגֹול‬
‫ֵא מ‬ ‫טּמ‬‫מַ‬ ‫ֵר‪ּ .‬ו ְ‬ ‫ֵי אֹוס‬‫יֹוס‬ ‫ּגֹולל‪ִ .‬אם ֲע ָׂש ָאן ֵ‬
‫ּגֹולל‬
‫ָגע ּבֹו ָא ָדם ְו ֵכ ִלים‪,‬‬
‫ּומ ַט ֵּמא ִמּׁשּום ֵ‬
‫עֹולם ִאם נ ַ‬
‫ֲע ַלּה‪ְ :‬‬
‫ְל ֶק ֶבר‪ְ ,‬מ ַט ֵּמא ְל ָ‬
‫ֵל‪:‬‬
‫ִי פֹוס‬‫ִיל‬ ‫הּגְל‬
‫ֵי ַ‬‫ִי יֹוס‬
‫רּב‬
‫ָׁשים‪ ,‬וְַ‬
‫ֵי נ ִ‬‫ָיו ּגִּט‬
‫על‬‫ִין ָ‬
‫ְכֹותב‬
‫ו ְ‬ ‫א ִפּלוּ ִנ ַּטל ִמ ָּׁשם‪ִּ ,‬ד ְכ ִתיב ְו ָכל‬ ‫ְּכא ֶֹהל ַה ֵּמת‪ֲ ,‬‬
‫ׁשר ִי ַּגע ַעל ְּפנֵי ַה ָּׂש ֶדה‪ְ ,‬ו ָד ְר ִׁשינַן ְל ַרּבֹות‬ ‫אֶ‬ ‫ֲ‬
‫ה ָל ָכה‪ְ :‬ו ַר ִּבי‬
‫רּוח ַח ִּיים ֵאינָּה ְמ ִח ָּצה‪ְ .‬ו ֵאינָּה ֲ‬‫עֹומ ֶדת ְּב ַ‬‫ּגֹולל הּוא ִּכּסּוי ַה ֶּק ֶבר‪ְ :‬ו ַר ִּבי ֵמ ִאיר ְמ ַט ֵהר‪ַ .‬ט ֲע ָמא ְּד ַר ִּבי ֵמ ִאיר ִמּׁשּום ְּד ָק ָס ַבר ָּכל ְמ ִח ָּצה ָה ֶ‬ ‫דֹופק‪ֵ .‬‬ ‫ּגֹולל ְו ֵ‬‫ֵ‬
‫רּוח ַח ִּיים‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן ִאי ְּכ ִתיב ְו ָכ ַתב ָלּה ַּב ֵּס ֶפר ִּכ ְד ָק ָא ַמ ְרתְּ‪ַ ,‬ה ְׁש ָּתא ִּד ְכ ִתיב‬
‫ׁש ֵאין ּבֹו ַ‬ ‫רּוח ַח ִּיים‪ַ ,‬אף ּכֹל ֶ‬‫פֹוסל‪ִּ .‬ד ְכ ִתיב ְו ָכ ַתב ָלּה ֵס ֶפר‪ַ ,‬מה ֵּס ֶפר ֵאין ּבֹו ַ‬ ‫ילי ֵ‬ ‫יֹוסי ַה ְּג ִל ִ‬
‫ֵ‬
‫יצה ְל ַא ַחר‬ ‫ָתן ָלּה ֶאת ַה ָּפ ָרה‪ְּ ,‬ד ַה ְׁש ָּתא ֵאינֹו ָצ ִריְך ְק ִצ ָ‬ ‫ׁשל ָּפ ָרה ְונ ַ‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַתּנָא ַק ָּמא‪[ְ .‬ו ִאם ָּכ ַתב] ָלּה ּגֵט ְּב ֶק ֶרן ֶ‬
‫ְו ָכ ַתב ָלּה ֵס ֶפר‪ְ ,‬ל ִסּפּור ְּד ָב ִרים הּוא ְּד ָא ָתא‪ .‬ו ֲ‬
‫יצה‪ֹ ,‬לא ִמ ַּג ְר ָׁשה ֵּביּה‪:‬‬ ‫ׁש ָּצ ִריְך ְק ִצ ָ‬
‫ָתן ָלּה ֶאת ַה ָּפ ָרה ֶא ָּלא ֶאת ַה ֶּק ֶרן‪ֵּ ,‬כיוָן ֶ‬ ‫א ָבל ִאם ֹלא נ ַ‬ ‫ׁשר‪ֲ .‬‬‫ׁש ִּנ ְכ ַּתב‪ָּ ,‬כ ֵ‬
‫ֶ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 8‬‬ ‫‪27 Eloul 5780‬‬
‫‪16 / 09 / 20‬‬
‫ִין‬‫טל‬
‫לְ‬ ‫טְ‬
‫מַ‬‫ָה‪ְ ,‬‬‫ְהמ‬‫ֵי ב ֵ‬
‫כל‬‫בְ‬
‫ִיפּוה ִ‬
‫ְהּק ָ‬ ‫ָה ו ִ‬ ‫קע‬‫בְ‬‫ּב ִ‬
‫ְתה ְ‬‫חנ ָ‬
‫ׁש ָ‬‫ָא ֶ‬ ‫ׁשּיָר‬
‫ַ‬ ‫ְוֹלא ִי ְהיּו ְפ ָרצֹות ְי ֵתרֹות ַעל ַה ִּב ְניָן‪ .‬ו ֲ‬
‫ַא ִפּל ּו ֵהן‬
‫ׂשר‪ִ ,‬אם ַה ָּפרּוץ‬ ‫ְּפ ָרצֹות ְק ַטּנֹות ְּפחּותֹות ֵמ ֶע ֶ‬
‫ִהיּו‬
‫ִים‪ ,‬וְֹלא י ְ‬
‫פח‬‫טָ‬‫ָה ְ‬‫ֲׂשר‬
‫ָבֹוּה ע ָ‬
‫ֵר ּג ַ‬ ‫ְהא גָד‬ ‫ׁשּי ֵ‬
‫ַד ֶ‬ ‫לב‬‫בְ‬‫ָּה‪ּ ,‬ו ִ‬
‫ְתֹוכ‬‫ּב‬ ‫עֹומד ֵאינָּה ְמ ִח ָּצה‪ְ ,‬ו ַאף ְּכ ֶנגֶד‬
‫ׂשר ַאּמֹות‬ ‫ׁש ִהיא ְכ ֶע ֶ‬
‫ְמ ֻר ֶּבה ַעל ָה ֵ‬
‫עֹומד ָאסּור‪ָּ :‬כל ִּפ ְר ָצה ֶ‬
‫ָה ֵ‬
‫ַּמֹות‪,‬‬‫ֶׂשר א‬
‫כע ֶ‬
‫היא ְ‬ ‫ׁש ִ‬
‫ָה ֶ‬ ‫רצ‬
‫ּפ ְ‬
‫ָל ִ‬ ‫ּבנְיָן‪ּ .‬כ‬
‫הִ‬ ‫ַל ַ‬ ‫ְתרֹות ע‬‫ָצֹות י ֵ‬ ‫פר‬ ‫ְ‬ ‫יה‪,‬‬‫עֹומד ַרב ָע ֶל ָ‬ ‫ׁש ְּי ֵהא ָה ֵ‬
‫עֹומד ָהוֵי ְמ ִח ָּצה ְו ַאף ְּכ ֶנגֶד‬
‫ֻמ ֶּת ֶרת‪ִ .‬‬
‫ּוב ְל ַבד ֶ‬
‫ַּמי ָּפרּוץ ְּכ ֵ‬ ‫ִאי נ ִ‬
‫ָסּור‪:‬‬‫ָאן‪ ,‬א‬
‫מּכ‬
‫ָתר ִ‬‫ֶתח‪ .‬י ֵ‬‫כפ ַ‬ ‫היא ְ‬ ‫ׁש ִ‬
‫ּפנֵי ֶ‬
‫מְ‬‫ֶת‪ִ ,‬‬ ‫ֻּתר‬
‫מֶ‬ ‫ָתר ִמ ָּכאן ָאסּור‪ֲ .‬‬
‫א ִפּלוּ ִּפ ְר ָצה‬
‫ַא ִפּלוּ‬
‫אֹוס ֶרת ָּכל ַה ֶה ֵּקף‪ ,‬ו ֲ‬ ‫ׂשר ֶ‬
‫ַה ָּפרּוץ ֻמ ָּתר‪ :‬י ֵ‬
‫יֹותר ֵמ ֶע ֶ‬
‫ַא ַחת ֵ‬
‫ׂשר ָהוֵי ֶּפ ַתח‪:‬‬
‫יֹותר ֵמ ֶע ֶ‬
‫א ִפּלוּ ֵ‬
‫צּורת ֶּפ ַתח ֲ‬
‫א ָבל ִאית ַלּה ַ‬
‫צּורת ֶּפ ַתח‪ֲ ,‬‬
‫ׂשר ְו ָהוֵי ִּפ ְר ָצה‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא ְּד ֵאין ָלּה ַ‬
‫יֹותר ֵמ ֶע ֶ‬
‫ָׁשי ֶּפ ַתח ֵ‬ ‫אינ ֵ‬ ‫עֹומד ְמ ֻר ֶּבה‪ְּ ,‬דֹלא ָע ְב ֵדי ֱ‬
‫ָה ֵ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.1 Mishna 9‬‬ ‫‪28 Eloul 5780‬‬
‫‪17 / 09 / 20‬‬
‫ָה‬‫על‬
‫מְ‬‫לַ‬
‫מּזֶה וְזֶה ְ‬
‫ָה ִ‬ ‫על‬ ‫מְ‬
‫לַ‬‫ִים‪ ,‬זֶה ְ‬‫בל‬‫חָ‬ ‫ֹלׁשה ֲ‬‫ׁש ָ‬
‫ִין ְ‬ ‫ִיפ‬‫מּק‬‫ַ‬ ‫ׁש ָח ְנ ָתה‬‫ָרא ֶ‬ ‫ֹלׁשה ֲח ָב ִלים‪ַ .‬א ְּׁשי ָ‬‫יפין ְׁש ָ‬ ‫ַמ ִּק ִ‬
‫ַּב ִּב ְק ָעה ָק ֵאי‪ :‬זֶה ְל ַמ ְע ָלה ִמּזֶה‪ַ .‬על ַּג ֵּבי ְי ֵתדֹות‬
‫ִים‪.‬‬
‫פח‬‫טָ‬
‫ֹלׁשה ְ‬
‫ׁש ָ‬
‫ֵרֹו ְ‬ ‫חב‬‫לֲ‬‫ֶל ַ‬
‫חב‬‫ֵין ֶ‬
‫ְהא ּב‬
‫ׁשֹּלא י ֵ‬‫ַד ֶ‬‫לב‬‫בְ‬
‫מּזֶה‪ּ ,‬ו ִ‬
‫ִ‬ ‫ָס ִביב‪ִ ,‬מן ַה ֶח ֶבל ַה ַּת ְחּתֹון ַל ַּק ְר ַקע ָּפחֹות‬
‫עֹומד‪ְּ ,‬ד ָכל ָּפחֹות‬ ‫ַה ֵרי ְּכ ִאּלּו ֻּכּלֹו ֵ‬‫ֹלׁשה‪ ,‬ו ֲ‬
‫ִמ ְּׁש ָ‬
‫ָה‬‫ֲׂשר‬
‫הּכֹל ע ָ‬
‫ְהא ַ‬
‫ׁשּי ֵ‬
‫ֵי ֶ‬‫ּכד‬
‫ַח‪ְ ,‬‬‫טפ‬‫ַל ֶ‬
‫ָתר ע‬
‫ביָן‪ ,‬י ֵ‬
‫עְ‬‫ִים וְָ‬
‫בל‬‫חָ‬
‫ׁשעּור ֲ‬ ‫ִ‬ ‫ּומ ֶּמּנּו ָל ֶא ְמ ָצ ִעי ָּפחֹות‬‫ֹלׁשה ְּכ ָלבּוד ָּד ִמי‪ִ ,‬‬
‫עֹומד ִׁש ָּׁשה ְט ָפ ִחים ָּפחֹות ְׁשנֵי‬ ‫ה ֵרי ֵ‬
‫ִמ ְּׁש ָ‬
‫ֹלׁשה‪ֲ ,‬‬
‫ִמ ְּׁש ָ‬
‫ִים‪:‬‬ ‫פח‬‫טָ‬ ‫ְ‬ ‫ּומ ֶא ְמ ָצ ִעי ָל ֶע ְליֹון‬
‫עֹומד‬
‫ֵ‬
‫ירין‪ֵ ,‬‬‫א ִו ִ‬
‫ה ֵרי ִּת ְׁש ָעה ְט ָפ ִחים‬
‫הּויין ִּב ְׁשנֵי ָה ֲ‬
‫ֹלׁשה‪ֲ ,‬‬
‫ּׁש ִ‬‫ַמ ֶ‬
‫ָּפחֹות ִמ ְּׁש ָ‬
‫ׁש ְּי ֵהא ֵּבין ַהּכֹל ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪:‬‬
‫הּויין‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬
‫ּׁש ִ‬ ‫יֹותר ַעל ֶט ַפח‪ְׁ .‬ש ָ‬
‫ֹלׁשה ַמ ֶ‬ ‫הּויין‪ִׁ :‬שעּור ֳע ִבי ַה ֲח ָב ִלים ֵ‬‫ּׁש ִ‬ ‫ֹלׁשה ַמ ֶ‬ ‫ירין ָּפחֹות ְׁש ָ‬
‫א ִו ִ‬‫ֹלׁשה ָה ֲ‬
‫ִּב ְׁש ָ‬

‫‪168‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪29 Eloul 5780‬‬
‫‪18 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.1 Mishna 10‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫עֹומ ִדים‪ְ ,‬וזֹו ִהיא‬


‫ׁשל‬
‫עּוצים ְו ְ‬
‫ׁשל ֲח ָב ִלים ַה ְויָא ְמ ִח ָּצה ֶ‬
‫יפים ְּב ָק ִנים‪ְ .‬נ ִ‬
‫א ָבל ֶ‬
‫ֹלׁשה‬
‫ׁש ָ‬
‫ַמ ִּק ִ‬
‫ְמ ִח ַּצת ְׁש ִתי‪ֲ ,‬‬
‫ֵרֹו ְ‬ ‫חב‬‫לֲ‬‫קנֶה ַ‬‫ֵין ָ‬ ‫ְהא ב‬‫ׁשֹּלא י ֵ‬ ‫ַד ֶ‬ ‫לב‬‫בְ‬ ‫קנִים‪ּ ,‬ו ִ‬‫ּב ָ‬
‫ִין ְ‬‫ִיפ‬‫מּק‬‫ַ‬
‫יכים‬ ‫ׁש ֵאין ְצ ִר ִ‬ ‫ָרא ִּד ְּברּו‪ֵ .‬ה ֵקּלּו ֶא ְצ ָלן ֶ‬
‫ֶא ָּלא אֹו ְׁש ִתי ְּכגֹון ָק ִנים‪ ,‬אֹו ֵע ֶרב ְּכגֹון ֲח ָב ִלים‪,‬‬
‫ׁשּי ָ‬ ‫ִים‬‫כמ‬
‫ֵע ֶרב‪ְּ :‬ב ַ‬ ‫חָ‬‫ָה‪ .‬וַ ֲ‬ ‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬‫ֵי ַ‬ ‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ְרּו‪ִ ,‬‬ ‫דּב‬
‫ָא ִ‬ ‫ְׁשּיָר‬
‫ִים‪ּ .‬ב ַ‬ ‫פח‬‫טָ‬ ‫ְ‬
‫ׁש ִּי ְהיֶה ָּבּה‬
‫ָרא‪:‬‬
‫ָחיד ֹלא ֵה ֵקּלּו ֶא ָּלא ַעד ֶ‬
‫ה ֵרי ֵהן ִּכ ְׁשי ָ‬ ‫ֹלׁשה ְּבנֵי ָא ָדם ֲ‬ ‫ּוׁש ָ‬ ‫ָע ֶרב‪ְ .‬‬
‫א ָבל ְלי ִ‬‫ָה‬‫חּצ‬
‫ְׁש ִתי ו ֵ‬
‫מִ‬
‫ֲ‬ ‫ָל ְ‬ ‫בהֹוֶה‪ּ .‬כ‬‫ָא ַ‬ ‫אּל‬‫ָא ֶ‬ ‫ְׁשּיָר‬
‫ְרּו ב ַ‬ ‫דּב‬
‫ִים‪ֹ ,‬לא ִ‬ ‫מר‬‫אֹו ְ‬
‫ׁשל ֵע ֶרב כוּ'‪ַ .‬ר ִּבי‬
‫א ַמר‬ ‫אבּוּה‪ְ ,‬ו ָק ֲ‬
‫ׁשל ְׁש ִתי ְו ֶ‬ ‫ׁש ֵאינָּה ֶ‬
‫הּודה ָּפ ֵליג ֲע ֵליּה ַּד ֲ‬
‫ָּכל ְמ ִח ָּצה ֶ‬
‫יֹוסי ְּב ַר ִּבי ְי ָ‬
‫ֵי‬
‫ֵ‬
‫ִי יֹוס‬
‫רּב‬‫ֵי ַ‬‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ָה‪ִ ,‬‬‫חּצ‬‫מִ‬ ‫ֵינָּה ְ‬‫ֶב‪ ,‬א‬ ‫ער‬‫ְׁשל ֵ‬
‫תי ו ֶ‬ ‫ׁש ִ‬
‫ׁשל ְ‬‫ֵינָּה ֶ‬‫ׁשא‬ ‫ֶ‬
‫ָע ֶרב‪ֶ :‬א ָחד ִמ ְּׁשנֵי‬
‫יּכא ֵּבין ַר ָּבנָן‬
‫ָרא ָּב ֵעי ְׁש ִתי ו ֵ‬ ‫ִים‪.‬‬
‫א ִפּל ּו ִל ְׁשי ָ‬
‫ְד ָב ִרים‪ .‬אֹו ְׁש ִתי אֹו ֵע ֶרב‪ְ .‬ו ִא ָ‬
‫בר‬
‫ֲ‬ ‫דָ‬‫ִּׁשנֵי ְ‬
‫ָד מ ְ‬ ‫אח‬ ‫ִים‪ֶ ,‬‬ ‫מר‬‫ִים אֹו ְ‬ ‫כמ‬‫חָ‬‫ָה‪ .‬וַ ֲ‬ ‫ִי יְהּוד‬ ‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫ּב‬
‫ַק ָּמ ֵאי ְל ַר ָּבנָן ַּב ְת ָר ֵאי‪ְּ ,‬ד ַר ָּבנָן ַק ָּמ ֵאי ֹלא ָׁשרּו‬
‫הֹואיל ְו ֵאינֹו‬ ‫ָרא‪ַּ ,‬ב ֶּד ֶרְך‪ִ ,‬‬ ‫ּדּומיָא ִּד ְׁשי ָ‬
‫ָחיד ֶא ָּלא ְ‬
‫ָקֹום‪,‬‬
‫ְלי ִ‬
‫ָל מ‬ ‫מּכ‬‫ִים ִ‬ ‫עצ‬‫ִין ֵ‬‫ִיא‬ ‫מב‬‫חנֶה‪ְ ,‬‬ ‫ּמ ֲ‬
‫בַ‬‫ְרּו ַ‬‫ּפט‬‫ִים ָ‬ ‫בר‬‫דָ‬‫ָה ְ‬ ‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬ ‫ַ‬
‫יָכֹול ַל ֲעׂשֹות ְמ ִח ָּצה ְראּויָה‪ְ ,‬וֹלא ַּב ִּיּׁשּוב‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן‬
‫ָחיד ֵּבין‬ ‫ַּב ְת ָר ֵאי ָא ְמ ֵרי ֶא ָחד ִמ ְּׁשנֵי ְּד ָב ִרים‪ֵּ ,‬בין ְלי ִ‬
‫ֵב‪:‬‬ ‫ער‬
‫ּל ָ‬
‫מְ‬ ‫ַאי‪ּ ,‬ו ִ‬
‫ּדמ‬‫מְ‬ ‫דיִם‪ּ ,‬ו ִ‬
‫ַת יַָ‬ ‫ִיצ‬ ‫רח‬ ‫מְ‬
‫ִים ֵ‬ ‫ְטּור‬‫ּופ‬
‫ָת ְיהוּ‪.‬‬ ‫ְל ַר ִּבים ֵּבין ַּב ֶּד ֶרְך ֵּבין ַּב ִּיּׁשּוב‪ְ .‬ו ִה ְל ְכ ָתא ְּכו ַ‬
‫ׁשהּוא ֵמ ָאה ַא ָּמה א ֶֹרְך ַעל ֲח ִמ ִּׁשים ר ַֹחב ַּכ ֲח ַצר ַה ִּמ ְׁש ָּכן‪,‬‬ ‫את ִים ֶ‬‫יֹותר ִמ ֵּבית ָס ַ‬ ‫דֹולה ֵ‬‫כֹולים ַל ֲעׂשֹות ְמ ִח ָּצה ְּג ָ‬ ‫ׁש ָּׁש ְבתּו ַּב ִּמ ְד ָּבר ֵאין ְי ִ‬
‫ַים ֶ‬ ‫ׁש ָא ָדם ֶא ָחד אֹו ְׁשנ ִ‬
‫ֶא ָּלא ֶ‬
‫ׁשֹּלא‬ ‫ּוב ְל ַבד ֶ‬‫יׁשם ְו ִל ְב ֶה ְמ ָּתם‪ִ ,‬‬ ‫ּׁש ָּצ ִריְך ָל ֶהם ְו ִל ְכ ֵלי ַּת ְׁש ִמ ָ‬ ‫ילין‪ְּ ,‬כ ִפי ַמה ֶ‬
‫ַא ִפּל ּו ַּכ ָּמה ִמ ִ‬‫דֹולה ו ֲ‬
‫יכֹולים ַל ֲעׂשֹות ְמ ִח ָּצה ְּג ָ‬‫ָרא ִו ִ‬ ‫יֹותר ֵהן ְׁשי ָ‬ ‫ֹלׁשה ְּבנֵי ָא ָדם אֹו ֵ‬ ‫ּוׁש ָ‬‫ְ‬
‫חֹוׁש ִׁשים ִמּׁשּום‬ ‫ְ‬ ‫יאין ֵע ִצים‪ְ .‬ו ֵאין‬ ‫ַא ִפּלוּ ְל ִמ ְל ֶח ֶמת ָה ְרׁשּות‪ְ :‬מ ִב ִ‬ ‫את ִים‪ָּ :‬פ ְטרּו ַב ַּמ ֲחנֶה‪ַ .‬ל ְ‬
‫ּיֹוצ ִאים ַל ִּמ ְל ָח ָמה‪ ,‬ו ֲ‬ ‫יֹותר ִמ ֵּבית ָס ַ‬ ‫ִי ָּׁש ֵאר ָמקֹום ָּפנּוי ְּבתֹוְך ַה ְּמ ִח ָּצה ֵ‬
‫הֹואיל ְו ִנ ְת ְקנּו ֵמ ֲח ַמת‬ ‫ָבים‪ִ ,‬‬ ‫עּודה ַחּי ִ‬‫ׁש ְּל ַא ַחר ַה ְּס ָ‬ ‫א ָבל ַּב ַּמ ִים ֶ‬‫עּודה‪ֲ ,‬‬ ‫ָד ִים‪ֶ .‬‬
‫ׁש ִּל ְפנֵי ַה ְּס ָ‬ ‫יצת י ַ‬‫טּורים ֵמ ְר ִח ַ‬
‫ּופ ִ‬ ‫ַע ָׂשאּום ֲח ִבילֹות‪ְ :‬‬ ‫יהם ו ֲ‬ ‫אֹותם ַּב ֲע ֵל ֶ‬‫ַא ִפּלוּ ָּכ ְרתּו ָ‬
‫ָּגזֵל‪ ,‬ו ֲ‬
‫ׁשל ְּד ַמאי‪ְּ ,‬כגֹון ִאם ָל ְקחּו‬ ‫ׂשר ֶ‬ ‫רּומת ַמ ֲע ֵ‬ ‫יכין ְל ַה ְפ ִריׁש ְּת ַ‬ ‫ּומ ְּד ַמאי‪ֶ .‬‬
‫ׁש ֵאין ְצ ִר ִ‬ ‫ּסּורא‪ִ :‬‬
‫ירא ַס ַּכ ְנ ָּתא ֵמ ִא ָ‬‫ַים‪ֲ ,‬ח ִמ ָ‬
‫דֹומית ַה ְמ ַס ֵּמא ֶאת ָה ֵעינ ִ‬ ‫ׁשל ֶמ ַלח ְס ִ‬ ‫ַה ַּס ָּכנָה ֶ‬
‫יכין ְל ָע ֵרב‪:‬‬ ‫חּומין ְצ ִר ִ‬‫רּובי ְּת ִ‬ ‫א ָבל ֵע ֵ‬ ‫רּובי ֲח ֵצרֹות‪ְּ ,‬כגֹון ֵמא ֶֹהל ְלא ֶֹהל ְּב ַמ ֲחנֶה ֻמ ָּקף ְמ ִחּצֹות‪ֲ .‬‬ ‫ּומ ְּל ָע ֵרב‪ֵ .‬ע ֵ‬ ‫בּואה ֵמ ַעם ָה ָא ֶרץ‪ִ :‬‬ ‫ְּת ָ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪3 Tishrei 5781‬‬
‫‪21 / 09 / 20‬‬
‫‪Ch.2 Mishna 1‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ִּב ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ְ .‬ל ִפי‬


‫ׁש ֲע ֻמ ִּקים ֲע ָׂש ָרה‪,‬‬ ‫ָחיד ֵהן ֶ‬
‫יראֹות‪ֶ .‬‬ ‫עֹוׂשין ַּפ ִּסין ַל ֵּב ָ‬
‫יראֹות ְרׁשּות ַהּי ִ‬
‫ִ‬‫ִׁשמֹנָה‪,‬‬
‫ׁש ַה ֵּב ָ‬‫ֶ‬
‫ִין ּכ ְ‬
‫רא‬ ‫ִין‪ ,‬נְִ‬
‫מד‬‫ְיּו ְ‬
‫ָה ד‬ ‫ּבע‬‫רָ‬‫אְ‬ ‫ָאֹות ַ‬ ‫ֵיר‬‫לּב‬‫ִין ַ‬
‫ּפּס‬
‫עֹוׂשין ַ‬
‫ִ‬
‫הֹוציא ִל ְרׁשּות‬
‫[ח ָלל]‬ ‫עֹוׂשין ָ‬
‫ִ‬
‫ּול ִ‬ ‫כֹולים ְל ַמ ְּלאֹות ֵמ ֶהן ְ‬
‫ׁש ִּי ְהיּו ַה ַּפ ִּסין‬
‫עֹוׂשין ַּפ ִּסין ֶ‬
‫ְו ֵאין ְי ִ‬
‫ָה ַר ִּבים‪ְ ,‬ו ִ‬
‫ִׁשנֵים‬
‫ִין ּכ ְ‬
‫רא‬‫ׁשמֹנָה‪ ,‬נְִ‬