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AVANTAGES de Oréochromis niloticus en PISCICULTURE, AMELIORATION PISCICOLE

Remerciément

Au terme de ce travail, il m’est particulièrement agréable de remercier toutes les personnes


qui ont d’une manière ou d’une autre contribué à sa réalisation.

Qu’il me soit tout d’abord permis d’exprimer ma profonde gratitude à Madame


HANTANIRINA Isabelle(professeur titulaire au sein de l’ESSA AGRO département élévage),
pour l’enthousiasme qu’elle m’a communiqué tout au long de cette étude, et pour avoir bien
voulu placer ce travail sous son parrainage en acceptant de m’encadrer et ce nonobstant ses
multiples occupations.

Je remercie Monsieur le chef de département en élevage pour son conseil et son soutien
avant l’élaboration de cette étude.

Je ne saurais terminer sans remercier les autres personnes qui ont contribuées de pré ou de
loin dans ce travail.

Merci à tous !

Rochel

INTRODUCTION

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Les poissons d'eau douce constituent, la principale source de protéines animales de


l'alimentation, dans les zones rurales des Hautes Terres de Madagascar. En effet, la petite
pêche familiale et la pisciculture en étang ou en rizière suppléent pour une grande part à
l'absence de structure de distribution de la viande. Il en est de même pour les produits de
pêche séchés ou fumés.

Depuis toujours, en outre dans les zones de lacs ou de marécages, la pêche commerciale est
pratiquée pour la revente en frais vers les grandes agglomérations, ou parfois pour la
conservation (poisson séché ou séché-fumé). La principale contrainte de la
commercialisation du poisson frais étant le transport, seules les régions faciles d'accès vers
les marchés ont vu se développer des flux notables : environs d'Antananarivo, notamment la
zone d'Ambohitrimanjaka ; région du lac Itasy ; et plus récemment les régions de
Miandrivazo (qui a actuellement, bésoin d’amélioration) et du lac Alaotra.

L'élevage du Tilapia en étang a permis des rendements annuels supérieurs à 2,510 Kg à


l'hectare. Poisson comestible, le Tilapia est d'un élevage facile et prospère également bien
en eaux douces, saumâtres ou salées.

Originaire des eaux chaudes d'Afrique, le tilapia, Oreochromis niloticus, est un poisson très
apprécié. Peu exigeant pour sa nourriture, à croissance rapide, il s'adapte à des
environnements variés et se reproduit facilement. On peut l'élever presque partout dans les
eaux douces. Cependant, sa production est insuffisante pour les besoins de la population.
C’est ainsi que dans la dernière partie de ce présent dévoir, des stratégies de
développement de la pisciculture sont proposées visant à améliorer le rendement en
poisson.

Au nombre de contraintes majeures reconnues comme entrave au développement de cette


activité, on note la sous-éxploitation de l’écosystème due à la non utilisation de la
polyculture. La plupart des agriculteurs malgaches ont encore l’habitude de pratiquer la
monoculture qui est moins productive.

On note aussi la négligeance des CICHLIDAE face aux Cyprinus carpio ou CARPE. A
Madagascar, on considère encore le CARPE comme la poisson la plus admirée par les clients.
Son prix au marché est encore plus élevé que celui du TILAPIA. Cépendant, en pisciculture,

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on connaît que les CICHLIDAE ont un taux de survie et faible espace vital, ils sont facile à
élever (capable d’exploiter le productivité naturelle du milieu). Le Tilapia présente des
bésoins en protéines faibles avec une résilience élevée et une possibilité de production
supérieure aux autres espèces. Quant à l’espèce Cyprinus carpio, elle présente une
éxigeance en alimentation avec un éspace vital et des zones géographiques d’élevage
spécifique.

D’autres contraintes, on note aussi l’ignorance de beaucoup de choses sur l’utilisation des
infrastructures pour la station piscicole de Miandrivazo. Cette station possède plusieurs
matériels avec un milieu de culture bien adapté à la pisciculture mais les résponsables ne
savent pas encore comment en profiter. Il parraît qu’ils ont encore bésoin plus d’expériences
afin de savoir quels types d’élevage sont les mieux adaptés à ce lieu et comment les
pratique-t-on.

La présente étude s’articule donc en quatres parties :d’abord, en prémière partie la biologie


et écologie de Oreochromis niloticus, ensuite en deuxième partie la méthodologie de
recherche, en troisième partie on essaie de citer les caractéristiques avantageuses de
Oreochromis niloticus(résultats et analyses) et enfin en quatrième partie une amélioration
piscicole en proposant des stratégies de dévéloppement piscicole.

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Première partie : BIOLOGIE ET ECOLOGIE DE


Oreochromis niloticus

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1. Historique
1950 : Introduction de Tilapia nigra ou Oreochromis spirulus niger. En ce temps-là, on a
constaté une faible prolificité avec une performance de croissance assez basse, ce qui veut
dire que la pisciculture est abandonnée.

1951 : Introduction de l’espèce Tilapia melanopleura et Oreochromis macrochir. Ces deux-là


sont bien adaptées à Madagascar.

1955 : Introduction de Oreochromis mossambicus qui a un régime alimentaire herbivore. On


a découvert aussi la culture de Oreochromis niloticus qui est le plus admis par la majorité
des paysans Malgaches vu qu’elle est facile à élever, elle a une forte résilience par rapport
aux autres espèces, de plus elle n’exige pas beucoup d’aliments et son entretien démeure
éxécutable dans la pisciculture.

2. Taxonomie, morphologie et exigences écologiques


Règne :Animal

Embranchement :Vertébré

Sous-embranchement :Gnathostomes

Super classe :Osteichthyens

Classe :Poissons

Super ordre :Téléostéens

Ordre :Perciformes

Sous-ordre :Percoïdes

Famille :Cichlidae

Genre :-Tilapia

Espèce :zillii, macrochir

-Oreochromis

Espèce :niloticus, melanopleura, mossambicus

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Oreochromis niloticus fait partie du genre Tilapia, famille des Cichlidés, ordre des
Perciformes. Le genre Tilapia, essentiellement africain, a d’abord été divisé sur la base de
différences morphologiques en trois sous-groupes : Tilapia, Sarotherodon et Neotilapia. Mais
depuis le siècle denier, le nombre d’espèces de Tilapia a fortement augmenté avec la
découverte d’espèces nouvelles, ce qui a conduit les systématiciens à revoir régulièrement la
taxonomie de ce genre.

Dernièrement, certains taxonomistes s’accordaient à diviser la tribu des Tilapiinés en quatre


genres en se basant non seulement sur les caractères anatomiques, mais aussi, originalité en
taxonomie, sur le comportement reproducteur et la nutrition (Trewavas, 1983) :

- Incubation des oeufs sur substrat avec garde biparentale, macrophytophages : Tilapia ;

- Incubation buccale avec garde biparentale ou paternelle, planctonophages: Sarotherodon ;

- Incubation buccale avec garde uniparentale maternelle, planctonophages: Oreochromis ;

- Caractéristiques éco-morphologiques particulières: Danakilia.

Figure 1 : Oreochromis niloticus

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L’espèce Oreochromis niloticus, retenue pour notre étude, est facilement reconnaissable
grâce aux bandes verticales régulières noires qui existent sur la nageoire caudale. La teinte
générale est grisâtre, relativement foncée chez l’adulte. Le dos est vertolive, les flancs sont
pâles et le ventre blanchâtre.

Figure 2 : Morphologie externe d’un Tilapia

Tableau 1 : Quelques critères de qualité d’eau pour la pisciculture des Tilapias

Paramètres physico-chimiques de l’eau Valeurs

Gamme de température (°C) 8 - 40

Limite létale en oxygène (mg/l) 2-3

pH : gamme de tolérance 5 - 11

Concentration létale en CO2 (mg/l) > 72,6

Concentration létale en NH3-NH4 + (mg/l) > 4 à pH 7,3 - 7,5

Turbidité (ppm) 13 000

Salinité %0 < 20 - 35

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Source : Balarin et Hatton (1979).

3. Anatomie et physiologie du tube digestif


L’appareil digestif de O. niloticus est simple et peu spécialisé. On distingue schématiquement
et dans l’ordre antéro-postérieur : les dents (maxillaires et pharyngiennes), l’oesophage, un
estomac en forme de sac, et un long et sinueux intestin caractéristique des animaux à chaîne
alimentaire courte. Une étude histologique de l’estomac de O. Niloticus révèle une structure
autorisant une grande possibilité de distension, d’où une accommodation facile en cas de
larges variations dans la quantité des particules ingérées. L’intestin est différencié en un
duodénum antérieur court à parois minces, et une section postérieure très longue, avec un
plus petit diamètre. La longueur totale de l’intestin entier varie de 5 à 8 fois la longueur du
corps (Moriarty, 1973). Dans l’estomac, la digestion se fait en deux temps. Les cellules
épithéliales sécrètent d’abord des mucines neutres et absorbent les composés aisément
digestibles tels que les disaccharides et les acides gras courts. Ensuite, le milieu devient de
plus en plus acide. Alors que le pH habituel d’une forte activité digestive chez la plupart des
poissons est de 2-2,2, on enregistre dans un estomac de O. niloticus en pleine digestion, des
pH de 1,25. Dans ces conditions, la chlorophylle est décomposée et la lyse des parois
cellulaires des algues bleues est possible. La digestion se poursuit par la suite dans l’intestin
à un pH de 6,8 à 8,8 (Moriarty, 1973).

La prise alimentaire en milieu contrôlé a lieu essentiellement en période éclairée, et l’ingéré


met 9 à 11 heures pour traverser le tube digestif chez l’adulte et moins de 2 heures chez le
juvénile (Bowen, 1982).

4. Régime alimentaire
Plusieurs travaux relatifs aux contenus stomacaux de O. niloticus révèlent qu’en milieu
naturel l’espèce est essentiellement phytoplanctonophage, mais peut aussi ingérer des
algues bleues, du zooplancton ainsi que des sédiments riches en bactéries et diatomées
(Moriarty, 1973).

En milieu artificiel (système de pisciculture), cette espèce est pratiquement omnivore,


valorisant divers déchets agricoles (tourteaux d'oléagineux, drèches de brasserie, etc.), tirant

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parti des excréments de porcs ou de volailles, de déchets ménagers, acceptant facilement


des aliments composés sous forme de granulés ou pulvérulent.

Il convient de relever que l’acidité gastrique particulièrement forte chez O. Niloticus lui
permet d’être parmi les rares espèces à pouvoir digérer les cyanophycées (abondante source
de protéines) sans concurrence notable avec d’autres espèces piscicoles dans l’écosystème
aquatique (Lauzanne, 1988). Cette capacité phénoménale d'adaptation à divers aliments et
déchets est à la base de sa haute potentialité pour la pisciculture.

Le spectre alimentaire de ce tilapia est donc très large : c'est une espèce opportuniste, qui
est capable de se nourrir à partir des aliments les moins digestibles. Le degré
d'opportunisme de l'espèce est très grand et son régime alimentaire est souvent plus proche
de celui des poissons omnivores ou détritivores que des herbivores stricts (Bowen, 1982).

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Deuxième partie :METHODOLOGIE

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1. Objectifs
Ce dévoir est basé surtout sur des objectifs bien distingués, à savoir :

- La connaisance des performances de Oreochromis niloticus par rapport aux autres


espèces.
- L’amélioration de la station piscicole de Miandrivazo : des stratégiies de
developpement sont citées à la dernière partie de ce dévoir. Il faudrait donc
appliquer quelques unes de ces stratégies vu que leurs importances sur la production
sont bien démontrées.
- La production permanente de Oreochromis niloticus dans différentes régions de
Madagascar. Il suffit de savoir si le milieu ou l’endroit est bien adapté à la
pisciculture.

2. Méthodes
Recherche de documents

Synthèse bibliographique

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Troisième partie : CARACTERISTIQUES AVANTAGEUSES


de Oréochromis niloticus (résultats et analyses)

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Le Oreochromis niloticus est une espèce relativement eurytope, adaptée à de larges


variations des facteurs écologiques du milieu aquatique et colonisant des milieux
extrêmement variés. Dans l’habitat naturel, cette espèce peut supporterdes températures
comprises entre 14 et 31 °C, mais l’intervalle de tolérance thermique observé en laboratoire
est plus large : 8 et 40°C, pendant plusieurs heures (Balarin et Hatton, 1979). Les meilleures
performances de croissance sont observées à 24 - 28°C. De plus, O. niloticus peut survivre
dans des eaux dont la salinité est proche de 30 %0 et dont le pH varie de 8 à 11. Cette espèce
survie également durant plusieurs heures à des teneurs en oxygène dissous très faibles, de
l’ordre de 0,1 ppm (Mélard, 1986).

1. Taille et poids
En général, O. niloticus est connue pour sa croissance rapide, elle présente un indice de
croissance plus performant que les autres espèces de tilapia. Sa vitesse de croissance est
extrêmement variable selon les milieux. la croissance en poids est faible par rapport à la
taille (RASOAMAMPIANINA, 1998). Dès que les individus atteignent l’âge de maturité, les
sujets mâles présentent une croissance plus rapide que les femelles et atteignent une taille
nettement supérieure, dans de petites surfaces (Lowe-Mc Connell, 1982).

2. Fécondité
La fécondité commence à partir d’une taille égale à 70mm. Le nombre d’oeufs de
Oreochromis niloticus augmente en fonction de son poids(RASOAMAMPIANINA, 1998). Cela
signifie que la fécondité pour cette espèce est très élevée. La fécondité absolue augmente
avec la taille des femelles. La fécondité absolue minimale observée est de 340 ovules pour
une femelle de 26 g, la fécondité maximale de 3.500 ovules pour une femelle de 550 g

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(Mélard, 1986). En revanche, la fécondité relative (exprimée en nombre d'oeufs fécondés ou


d'alevins produits par kilogramme de femelle) varie en sens inverse du poids moyen des
femelles de tilapia. Ceci oblige, pour une production maximale d'alevins avec une même
biomasse de géniteurs, à conserver un nombre élevé de femelles de petite taille, d'environ
100 à 150 g(Mélard, 1986).

3. Maturité
La maturité sexuelle intervient plus précocement et à une taille plus réduite en condition
d'élevage que dans le milieu, elle commence à partir du poids supérieur à 5g
(RASOAMAMPIANINA, 1998). La première maturation sexuelle intervient généralement vers
l'âge de deux à trois ans en conditions optimales dans le milieu naturel (lac) alors qu'en
conditions défavorables telles que la captivité dans de petits étangs, la reproduction peut
intervenir dès l'âge de trois mois. L’augmentation de la température du milieu correspond à
l’augmentation de la maturité.

4. Reproduction
Pour ce qui est de la reproduction, dans les milieux naturels, la taille de première maturation
de O. niloticus varie généralement entre 14 et 20 cm. Toutefois, cette taille de maturité peut
varier au sein d’une même population en fonction des conditions fluctuantes du milieu
(déficit alimentaire qualitatif et quantitatif, dimensions réduites du milieu, etc.). En
conditions stressantes de pisciculture rurale mal conduite, O. niloticus peut se reproduire
dès l’âge de trois mois, à un poids inférieur à 50 g. La période de reproduction de cette
espèce est exponentiellement continue pendant toute l’année, si la température de l’eau est
supérieure à 22°C, et il peut se reproduire tous les 30 à 40 jours (Ruwet et al., 1975).

En conditions optimales et à une température de 25 à 28°C, une femelle de 0. niloticus peut


se reproduire tous les 30 à 40 jours (Ruwet et coll., 1976), mais on observe une très forte
variabilité individuelle (Mires, 1982); Ainsi, selon cet auteur, la fréquence de ponte en

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aquarium d'une femelle de O. niloticus de 400-500 g de poids moyen varie de 23 à 50 jours


avec une très grande variabilité du nombre total de pontes obtenu (deux à sept) - durant la
période d'observation considérée (11 mois).

La production d'hybrides de Oreochromis est réalisée depuis une trentaine d'années et a


atteint dans les années 1970 une dimension commerciale (en Israël au début, puis dans de
nombreux autres pays ensuite). Le but recherché par ces hybridations est généralement
double: héritage de qualités parentales favorables (croissance, résistance au froid, meilleure
capturabilité, coloration du mésentère, etc.) et obtention d'un fort pourcentage de mâles.

L'utilisation de ces croisements interspécifiques s'est toujours heurtée à un double problème


de faible fertilité en comparaison des reproductions intraspécifiques et de maintien de
lignées pures de géniteurs en vue d'obtenir des descendances proches de 100 % de mâles.
Une prolificité accrue a pu être obtenue en sélectionnant les souches parentales ou en
utilisant des hybrides F1 comme géniteurs, un traitement hormonal masculinisant étant
ensuite appliqué aux descendances (Roth bard et coll., 1983).

Grace à son armature squelettique bien différenciée, le Oreochromis niloticus peut accéder
rapidement à la formation de la muscle. Ce qui entraîne une réproduction élévée. Pour
accéder à une meilleure ponte, la température doit être supérieure ou égale à 20°C.

5. Taille et poids des oeufs et élévage larvaire


Les oeufs de Oreochromis niloticus présente une taille (2,5 à 4,5 mm) nettement supérieure
à celle des autres Tilapia, d'une part (1,5 à 2,0 mm), et des Clariidés comme les C. gariepinus
et H. Longifilis (1,5 mm), d'autre part. Cette situation a un impact direct sur la phase
d'alevinage: à "issue de la résorption vitelline, au moment de leur entrée en phase trophique
(20 mg environ), Oreochromis et Sarotherodon présentent déjà la morphologie définitive des
adultes; ils sont robustes et leurs besoins alimentaires sont simples à satisfaire.

Bref, Oreochromis niloticus est connue pour sa croissance rapide, elle présente un
indice de croissance plus performant que les autres espèces de tilapia. Sa durée de vie est
relativement courte (4 à 7 ans), sa vitesse de croissance est extrêmement variable selon

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les milieux. Dès que les individus atteignent l’âge de maturité, les sujets mâles présentent
une croissance plus rapide que les femelles et atteignent une taille nettement supérieure,
dans de petites surfaces. Pour ce qui est de la reproduction, dans les milieux naturels, la
taille de première maturation de Oreochromis niloticus varie généralement entre 14 et 20
cm (Ruwet et al., 1975).

Toutefois, cette taille de maturité peut varier au sein d’une même population en
fonction des conditions fluctuantes du milieu (déficit alimentaire qualitatif et quantitatif,
dimensions réduites du milieu, etc.). En conditions stressantes de pisciculture rurale mal
conduite, Oreochromis niloticus peut se reproduire dès l’âge de trois mois, à un poids
inférieur à 50 g. La période de reproduction de cette espèce est exponentiellement
continue pendant toute l’année, si la température de l’eau est supérieure à 22°C, et il peut
se reproduire tous les 30 à 40 jours. Ainsi, quand mâles et femelles sont élevés ensemble,
la population s’accroît rapidement et l’on peut obtenir en fin de cycle beaucoup
d’individus « nains » difficilement commercialisables. Parmi les méthodes préconisées
pour pallier ce défaut, l’association à un prédateur Hemichromis fasciatus apparaît dans
l’état actuel des connaissances comme la solution la plus adaptée.

Toutes ces caractéristiques de Oreochromis niloticus démontrent non seulement la


plasticité de l’espèce à s’adapter à des conditions diverses mais expliquent aussi sa haute
résilience à savoir sa capacité à revenir rapidement après perturbation à un seuil optimum
de densité dans son milieu naturel.

Composition en acides gras des lipides du tilapia Oreochromis Niloticus

Le profil de composition en acide gras du Oreochromis niloticus est caractérisé par :

• une teneur assez élevée en 16 :0 (16,2 à 21,8 %), nettement supérieure à celles

du cyprin ou de la carpe (Rasoarahona, 2004) ;

• une teneur assez élevée en 18 :0 (5,0 à 8,7 %), dont le maximum (en octobre) est
nettement plus élevé que ceux de la carpe et du cyprin (respectivement 6,3

et 5,2 %) ;

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• une teneur modérée en 18 :1n-9 (4,3 à 8,2 %), souvent comparable à celle de

18:1n-7(3,9à6,0%);

• une teneur modérée en 18 :2n-6 (3,4 à 7,1 %, contre 10 à 13 % pour le cyprin

et la carpe) ;

• pour les acides gras polyinsaturés en n-3, le DHA(l'acide Docosahexaenoïque) 22 :


6n-3 reste le plus représenté, avec 5,0 à 10,0 %, ce qui est plus élevé que pour les
deux autres espèces ; l'EPA(acide eicosapentaenoïque) 20 :5n-3 quant à lui reste à
des niveaux assez modérés (1,2 à 2.5 %) ;

• pour les acides gras de la série n-6, le principal est l'AA 20 :4n-6 (4,0 à 7,1 %).

L'étude de l'évolution des acides gras majeurs nous permet d’affirmer que la teneur en
acides gras polyinsaturés des deux familles (n-3 et n-6) atteint le maximum vers
septembre-octobre, avec corrélativement un minimum pour les acides gras majeurs
saturés, mono- et diinsaturés. La composition en acides gras est par ailleurs caractéristique
des poissons d'eau douce. L'utilisation de l'ACP(logiciel ANDON) a permis de confirmer le
mode d'évolution de la composition en acides gras majeurs à savoir:

• forte augmentation des teneurs en acides gras polyinsaturés dans la période


d'août à octobre, correspondant à la fin de la saison froide et diminution durant
cette période des concentrations des acides gras saturés, mono- et diinsaturés;

• inversion de cette évolution pour la saison chaude (décembre à avril).

Ces deux groupes d'acides gras semblent être les pôles entre lesquels varie la composition
des acides gras majeurs durant l'année.(RASOARAHONA et al.)

Toutes ces caractéristiques de Oreochromis niloticus démontrent non seulement la


plasticité de l’espèce à s’adapter à des conditions diverses mais expliquent aussi sa haute
résilience à savoir sa capacité à revenir rapidement après perturbation à un seuil optimum
de densité dans son milieu naturel.

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Quatrième partie :AMELIORATION PISCICOLE

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1. La polyculture
La polyculture débuta en Chine il y a plus de 1000 ans et se répandit à travers le Sud Est
Asiatique et dans d’autres régions du globe. Cette pratique consiste à éléver deux espèces
différentes (Cyprinus carpio + Oreochromis niloticus) dans un seul étang piscicole, à condition
qu’elles ont une action synérgique. Il permet d’assurer une meilleure production et une
supériorité de « rentabilité » vu que l’exploitation de l’écosystème est rationnelle dans
l’étang. Le mélange de poissons permet une meilleure utilisation des aliments naturels
prosuits dans l’étangL’hypothèse est bien démontrée parce que la Carpe mange les éléments
nutritifs qui se trouvent aux fonds, tandisqu’à son tour le Tilapia attaque les planctons qui se
situent à la surface de l’eau. Cépendant, la pratique de la polyculture éxige une fertilisation
massive et un bon suivi d’élevage.

On peut dire donc que ce technique est le plus admiré par les gens qui veut pratiquer à la
fois une pisciculture de type filière et une pisciculture industrielle. Ces deux types de
pisciculture sont caractérisées par une éxigence de technique et de crédit, ainsi qu’une
géstion adéquate par rapport aux autres. Respectivement, le prémier type a un principal
objectif d’assurer la croissance économique du pays en question puis que les capitaux et le
profit sont assurés. Par contre, le deuxième est plus économique et surtout financier en
assurant une meilleure productivité avec un cycle de production fermé.

2. Le système intégré
Il consiste à intégrer la production animale et la production piscicole. C’est une forme
importante d’agriculture à petite échelle dans les régions tropicales. On peut aménager le
système par étapes pour obtenir finalement un système optimal de production intégrée,
basé sur les intrants disponibles à la ferme (cf. Annexe). On a constaté que les fumiers
d’origine animale sont des très excellent engrais pour l’étang piscicole, de plus les animaux
élevés sont aussi une source de revenus supplémentaires pour l’ agriculteur. C’est-à-dire que

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les animaux domestiques aident les poissons à survivre, de croître et surtout de produire.
Cette culture a donc pour objectif d’accroître la productivité tout en ménageant les
différentes ressources et aussi d’augmenter la rentabilité.

Le matériel végétal (sous-produits et résidus) peut être directement donné en nourriture aux
poissons. En cas d’absence de poissons herbivores, il faut commencer par composter le
matériel végétal avant de l’utiliser en engrais. On peut aussi donner le matériel végétal en
nourriture aux animaux de la ferme et appliquer ensuite le fumier animal en engrais dans
l’étang. Il est souvent difficile de faire la distinction entre nourriture et engrais. En effet, un
grand nombre de sous-produits agricoles sont utilisables dans les deux buts. On peut utiliser
le fumier animal en engrais, mais on peut aussi le donner directement en nourriture à
certaines espèces de poissons, comme le poisson-chat et le Oreochromis niloticus. Le fumier
de volaille est une nourriture de meilleure qualité que les autres sortes de fumier animal, car
il est riche en bactéries. La majeure partie du fumier animal est utilisé par les poissons de
façon indirecte. En effet, les algues commencent par utiliser le fumier pour leur croissance.
Le zooplancton mange les algues, et les poissons mangent le zooplancton et les algues.
Cependant, certaines espèces ne mangent ni algues, ni zooplancton.

Par exemple, au point de vue alimentaire, le Oreochromis niloticus contient peu d'arêtes et
peut satisfaire parfaitement le consommateur. Il a également été élevé en vue de
l'alimentation des porcs.

En somme, les avantages du système intégrée sont :

 Réduction des résidus, ce qui améliore l.environnement local.


 Diminution du besoin d’engrais chimiques, ce qui augmente les bénéfices en
diminuant les coûts.
 Augmentation de la production de poissons et de légumes, ce qui augmente la
consommation du ménage ou son revenu.
 Diminution de la dépendance vis-à-vis des intrants de production extérieurs, ce qui
augmente la stabilité de la ferme.
 Augmentation de la productivité et de l’efficacité de la ferme.

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Pourtant, il faut faire attention aux engrais car la parasitologie ou les fumures parasites
entraînent la maladie grave des poissons. Les engrais animaux pourraient détruire les stocks
de géniteur.

3. L’élevage monosèxe
Quand les mâles et les femelles sont élevés ensemble, la population s’accroît rapidement et
l’on peut obtenir en fin de cycle beaucoup d’individus « nains » difficilement
commercialisables. Pour éviter ce phénomène de nanisme, les techniciens ont inventé ce
type de pisciculture. Pour le Oreochromis niloticus, le mâle a une croissance meilleure que la
femelle donc il est préférable d’éléver seulement les mâles. Le sexage manuel se fait par
examen de la papille uro-génitale. Les papilles génitales diffèrent chez le mâle et la femelle.
Leur examen permet de faire le sexage, c'est-à-dire séparer les mâles des femelles. Pour

Figure 3 : Papille uro-génitale chez le Oreochromis niloticus


rendre l'observation plus aisée, on peut mettre son doigt sur un encreur de tampon et le
passer doucement sur la papille urogénitale. Normalement, cela rend plus visible le pore

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génital de la femelle. Enfin, le pisciculteur exercé reconnaîtra le sexe de Oreochromis


niloticus en examinant la papille génitale qui, chez les mâles, est protubérante en forme de
cône et porte un pore urogénital à l’extrémité ; alors que chez la femelle, elle est petite,
arrondie avec une fente transversale au milieu (pore génital) et un pore urinaire à
l’extrémité.

De même, comme tous les autres types de technique, il consiste à améliorer la productivité
et la rentabilité. Généralement, ce type d’élevage est destiné à la pisciculture
d’autoconsommation. Il n’éxige pas de technologie élevée ni beaucoup d’investissements,
considéré comme une aquaculture familiale.

Les Tilapias mâles deviennent plus grands et plus lourds que les femelles, aussi est-il
préférable, en cas de possibilité, d'élever seulement les mâles pour la consommation. Bien
entendu seul un examen rapide est possible en vue de la séparation des deux sexes. Ceux-ci,
heureusement, se différencient par des caractéristiques extérieures: la queue, les nageoires,
le dos et la poitrine sont d'un rouge plus foncé chez le mâle que chez la femelle. Chez lui
encore, la partie colorée est plus étendue, le reste au dos plus foncé et la bouche plus large

que celle de la femelle. Ces différences s'observent déjà chez les alevins. On a vérifié
l'exactitude de cette méthode de détermination des sexes en disséquant un certain nombre
de Tilapias préalablement soumis à cette discrimination.

Pour plus de détails et afin d’arriver à une meilleure productivité, des suggestions sont
proposées : prémièrement, l’hybridation interspécifique qui consiste à croiser un
Oreochromis niloticus mâle avec un Oreochromis aureus femelle. Il suffit d’éléver l’hybride
mâle obténu, vu que ce dernier est plus performant que les Tilapias de race pure.
Deuxièmement, on peut accéder à la technique d’inversion hormonale par administration
des stéroïdes synthétiques chez les alevins dans leur alimentation afin d’avoir une croissance
rapide par rapport à la normale. Et la troisième technique c’est de thermosensibiliser le sèxe
ches les alévins.

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4. Pisciculture en cage

Elle consiste à éléver des poissons à stade juvénile c’est-à-dire de taille commerciale dans
une cage flottante. Ceci assure la sécurité des poissons parce que la cage les protège contre
leurs prédateurs, de plus l’observation des poissons dévient facile et le contrôle de la
reproduction est aisé. L’utilisation de la nourriture démeure optimale. Cette technique est
de plus en plus économique avec une récolte et production satisfaisante. En outre, on peut
en combiner plusieurs élévages ur une même étendue afin de mettre en valeur des vastes
plans d’eau de notre pays.

Par contre, la pisciculture en cage connaît une difficulté de produire des individus de taille
uniforme car dans la cage l’appetitif des poissons sont différents, de plus la concurence
alimentaire entre les poissons entraîne la mort des autres. En outre, les coûts des charges
dues à l’installation et à l’alimentation sont élévés, et la fertilisation démeure obligatoire. On
constate aussi que la déficience en O2 dissous est susceptible pour les poissons en cage.

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CONCLUSION GENERALE

Bref, le Oreochromis niloticus est connu pour sa croissance rapide et sa forte résilience par
rapport aux autres espèces. Comparé au Tilapia zillii, il possède un poids et une taille plus
élévés, avec une fécondité importante accompagnée d’une maturité précoce. De plus, en
critère de ponte, ce dernier appartient dans la famille des nidificateurs dont son nombre
d’oeufs est assez élevé et ses petits sont mal protégés face aux différentes prédateurs qui
circulent dans l’étang. Pourtant, le Oreochromis niloticus appartient dans la famille des
incubateurs bucaux ce qui assure la protection des alevins. On le compare ici avec le Tilapia
zillii parce que c’est la deuxième espèce envisageable à élever à Madagascar, plus
précisement à Miandrivazo.

Pour une meilleur productivité, le Oreochromis niloticus est l’espèce le mieux adapté dans la
station piscicole de Miandrivazo. Cependant, il faut connaître l’utilisation des infrastructures
prééxistées, ainsi que les différentes techniques de cultures adaptées comme le système
intégré, l’élévage monosèxe, la polyculture ou la pisciculture en cage. Vu la compétence de
cette station piscicole, l’élévage monosèxe et la pisciculture en cage sont jusqu’à
maintenant les seules techniques appréciées. Mais celà ne veut pas dire qu’on ne peut pas
pratiquer les autres, il faut en contraire les pratiquer si l’on veut atteindre l’objectif dont le
développement de Madagascar.

Activité traditionnelle par excellence, l’exploitation des étangs regroupe ainsi de nombreux
intérêts et acteurs, très souvent au détriment de la production piscicole. Elle est, par contre,
le modèle parfait d’une activité agricole durable, intégrée et respectueuse de
l’environnement, utilisatrice de ressources renouvelables et productrice de produits de
qualité. Aussi, les étangs sont reconnus comme tel au niveau National et International
relative aux zones humides d’importance internationale. L’activité piscicole est le premier
garant du maintien de ces Ecosystèmes riches et complexes.

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Bibliographie

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niloticus à base d’intrants locaux : cas du Gabon. Mémoire de fin d’études. Pour
l’obtention du Master Sciences Agronomiques et Agroalimentaires. Spécialité Sciences
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 TREWAVAS, E., 1983. Tilapiine Fishes of the Genera Sarotherodon, Oreochromis and
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Cahiers d'Ethologie appliquée, Fasc. 3, Vol. 6, 224p.

 RASOAMAMPIANINA T. Z. M. L. , 1998. Contribution à l’étude des performances de


Oreochromis niloticus et de Tilapia zillii en étang. Une proposition de stratégies de
développement piscicole. Mémoire de fin d’étude, département élévage. 50 p.
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p. 98 317-329: ln R.S.V. Pullin et R.H. Lowe. McConnel1 (éds.). La biologie et la culture de
Tilapia. ICLARM Conf. Proe. 7, 432 p.

 RASOARAHONA, J. R. E. (2004) Lipides de poissons d'eau douce de Madagascar:


identification des acides gras particuliers et évolution du profil de leur composition chez
Cyprinus carpio, Carassius auratus, Oreochromis niloticus, Oreochromis macrochir,
Tilapia rendalli, Tilapia zilii et Arius madagascariensis. Application a la différenciation de
ces espèces en fonction de la saison et/ou de l'origine. Thèse de Doctorat d'Etat ès-
Sciences Physiques, ESPA, Antananarivo

 RASOARAHONA et al., Variation de la composition en acides gras des lipides du tilapia


Oreochromis Niloticus L. (Cichlidae) de Madagascar : Différenciation en fonction de la
saison et de l'origine. 18 p.

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Table des matières


Remerciément..............................................................................................................................................1
INTRODUCTION.........................................................................................................................................2
Première partie : BIOLOGIE ET ECOLOGIE DE Oreochromis niloticus................................................4
1. Historique.....................................................................................................................................5
2. Taxonomie, morphologie et exigences écologiques...................................................................5
3. Anatomie et physiologie du tube digestif.....................................................................................8
4. Régime alimentaire......................................................................................................................8
Deuxième partie :METHODOLOGIE....................................................................................................10
1. Objectifs.....................................................................................................................................11
2. Méthodes...................................................................................................................................11
Troisième partie : CARACTERISTIQUES AVANTAGEUSES de Oréochromis niloticus (résultats et
analyses)...............................................................................................................................................12
1. Taille et poids............................................................................................................................13
2. Fécondité...................................................................................................................................13
3. Maturité......................................................................................................................................14
4. Reproduction.............................................................................................................................14
5. Taille et poids des oeufs et élévage larvaire.............................................................................15
Quatrième partie :AMELIORATION PISCICOLE..................................................................................18
1. La polyculture............................................................................................................................19
2. Le système intégré....................................................................................................................19
3. L’élevage monosèxe..................................................................................................................21
4. Pisciculture en cage..................................................................................................................23
CONCLUSION GENERALE......................................................................................................................24
ANNEXE....................................................................................................................................................28
I. Les principes de la pisciculture intégrée.......................................................................................29
1. L’écologie d’un étang à poissons..............................................................................................29
2. La qualité de l’eau.....................................................................................................................29
3. L’application d’engrais...............................................................................................................30
4. La fertilisation du fond de l’étang..............................................................................................31
II. Production animale intégrée à la pisciculture................................................................................32
1. Le fumier animal........................................................................................................................32
2. La pisciculture intégrée à l’élevage de porcs............................................................................33
3. La pisciculture intégrée à l’élevage de poules..........................................................................35

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4. La pisciculture intégrée à l’élevage d’autres animaux..............................................................37

Liste des figures et illustrations

Figure 1 : Oreochromis niloticus....................................................................................................................................... 6


Tableau 1 : Quelques critères de qualité d’eau pour la pisciculture des Tilapias.......7
Figure 2 : Morphologie externe d’un Tilapia........................................................................................................7
Figure 3 : Papille uro-génitale chez le Oreochromis niloticus........................................................21
Y

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ANNEXE

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I. Les principes de la pisciculture intégrée


1. L’écologie d’un étang à poissons
Les poissons ne sont pas les seuls organismes à vivre dans l’eau d’un étang. Leur nourriture
naturelle pousse également dans l’étang. Les sources naturelles de nourriture comprennent
de très petites plantes (algues ou phytoplancton) et de très petits animaux (zooplancton).
Ces deux sortes ne sont pas visibles à l’oeil nu. Quand il y a beaucoup d’algues, l’eau est de
couleur verte.

Les plantes aquatiques sont plus grandes. Elles sont visibles à l’oeil nu. Elles se développent
dans l‘étang pendant toute l’année. Certaines poussent sur le fond de l’étang, d’autres
flottent à sa surface. Certains poissons mangent les plantes aquatiques. L’eau de l’étang doit
être de bonne qualité pour que les poissons soient sains et se développent bien. Les
poissons ont besoin d’oxygène. Cet oxygène est produit surtout par les algues qui flottent
dans l’eau et la colorent en vert. Le climat est un autre facteur important, car il détermine la
température de l’eau. Plus la température de l’eau est élevée, plus la croissance des algues
et du zooplancton est rapide. Cependant, les algues tropicales, le zooplancton et les poissons
se développent souvent plus rapidement si la température de l.eau se situe entre 25 et 30°C.

2. La qualité de l’eau
Les deux principaux facteurs qui influencent la qualité de l’eau sont la température de l’eau
et la quantité d’oxygène dissoute dans l’eau. Les plantes qui vivent dans l’étang (surtout les
algues) produisent de l’oxygène en fixant la lumière solaire. Elles utilisent elles-mêmes une
partie de cet oxygène. Plus l’étang reçoit de lumière solaire, plus la production d’oxygène est
élevée. Sans lumière solaire, les plantes ne produisent pas d’oxygène. Comme les plantes et
les animaux ont besoin d’oxygène de jour comme de nuit, la quantité d’oxygène dans l’eau
diminue au cours de la nuit. C’est au petit matin que le taux d’oxygène est le plus bas. En
effet, l’oxygène utilisé pendant la nuit par les poissons, les algues et le zooplancton n’a pas
encore été renouvelé. C’est en fin d’après-midi que le taux d’oxygène est le plus élevé, car
l’oxygène est produit pendant les heures ensoleillées de la journée.

Le climat a également une influence sur le taux d’oxygène dans l’eau. La quantité d’oxygène
dans l’eau dépend de la température de l’eau. L’oxygène se dissout moins bien dans l.eau

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chaude que dans l’eau froide, alors que les poissons ont justement besoin de plus d’oxygène
dans l’eau chaude car ils sont plus actifs. La température optimale varie en fonction de
l’espèce, mais la température moyenne se situe entre 25 et 30°C. Par temps nuageux, les
algues produisent moins d’oxygène, car moins de lumière solaire pénètre dans l’eau. Par
temps venteux, le taux d’oxygène s’élève, car une plus grande quantité d’air se mélange à
l’eau.

L’application d’engrais a une grande influence sur le taux d’oxygène et sur les conditions de
vie des poissons dans l’étang. Un excès d’engrais entraîne un manque d’oxygène et par
conséquent la mort des poissons. Il est donc très important d’appliquer l’engrais de façon
correcte.

3. L’application d’engrais
Le mode de fertilisation est important si l’on veut maintenir constantes la qualité de l’eau et
la quantité de nourriture naturelle disponible dans l’eau. La quantité d’engrais ajouté à l’eau
dépend du nombre de poissons qui vivent dans l’étang. Si on ne met pas assez d’engrais, la
nourriture naturelle poussera moins bien et la production de poissons sera plus faible. En
revanche, un excès d’engrais ou une fertilisation irrégulière peuvent entraîner un manque
d’oxygène et la mort des poissons. Un étang fertilisé régulièrement pourra absorber une
quantité d’engrais de plus en plus grande. La production piscicole augmentera sans
provoquer de baisse du taux d’oxygène. L’engrais doit être appliqué au moins une fois par
semaine, et de préférence tous les jours. Un étang bien conçu et bien fertilisé peut faire
vivre 3 kg de poissons par 100 m² par jour. En réalité, la quantité est souvent plus faible car il
y a souvent trop peu d’eau ou trop peu de poissons. Les conditions climatiques ne sont pas
toujours favorables et la récolte du poisson et le drainage de l’étang prennent beaucoup de
temps.

L’engrais doit être répandu de manière égale sur tout l’étang. Si on met trop d’engrais à un
endroit, il se décomposera sans libérer de bactéries et peu de nourriture naturelle se
développera dans l’étang. Une méthode pour assurer une distribution égale de l’engrais
dans l’étang est de placer des animaux de ferme directement au-dessus ou sur l’étang. On
peut par exemple lâcher des canards. L’engrais des animaux qui vivent au bord de l’étang est
plus facile à répandre si on le mélange auparavant avec de l’eau.

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Comme on vient de le voir, l’application d’engrais a une influence sur le taux d’oxygène dans
l’eau de l’étang. Comme la quantité d’oxygène dans l’eau varie au cours de la journée, il est
important de bien choisir le moment de la journée où répandre l’engrais. On doit répandre
l’engrais au moment où la production d’oxygène est la plus élevée, c’est-à-dire en fin de
matinée. Les organismes qui vivent dans l’eau de l’étang et décomposent les résidus
végétaux et animaux ont besoin d’oxygène pour produire les matériaux nécessaires à la
croissance des algues. Le processus de décomposition des résidus libère de nombreux
matériaux de construction (nutriments). Les algues utilisent ces nutriments pour leur
croissance, ce qui en retour augmente la production d’oxygène. Cependant, trop d’algues
dans l’étang (l’eau est vert foncé) utilisent trop d’oxygène pendant la nuit, ce qui entraîne un
manque d’oxygène au petit matin et provoque la mort des poissons et du zooplancton. Si on
applique trop d’engrais, les organismes qui décomposent les résidus utiliseront trop
d’oxygène pour dégrader l’engrais et les poissons manqueront d’oxygène et risqueront de
mourir. En résumé, un étang a besoin d’une quantité d’engrais optimale pour que les algues
produisent suffisamment d’oxygène pour que les poissons ne viennent pas au petit matin
bailler à la surface de l’eau en quête d’oxygène (0). D’autres symptômes de manque
d’oxygène dans l’eau sont: des bulles d’air remontent à la surface, l’eau est de couleur
brune ou grise et elle sent mauvais.

Si l’on applique la bonne quantité d’engrais, l’eau se colore en vert (vert moyen, entre vert
clair et vert foncé) à cause des algues. Pour vérifier si l’on applique la bonne quantité
d’engrais, il suffit de plonger son bras dans l’eau jusqu’au coude.

4. La fertilisation du fond de l’étang


On peut appliquer de l’engrais sur le fond de l’étang avant de le remplir d’eau. Les
organismes végétaux et animaux microscopiques qui vivent dans le sol décomposent
l’engrais. Une fois l’étang rempli, les nutriments libérés se dissolvent dans l’eau. Ces
nutriments constituent la nourriture des algues et du zooplancton qui, à leur tour, seront
mangés par les poissons. On peut aussi appliquer du matériel végétal en engrais dans l’étang
ou sur le fond de l’étang lors de la préparation d’un étang. L’herbe de basse-cour en est un
bon exemple. Semez sur le fond de l’étang 7,5 à 10 kg de graines par 100 m². Après 45 à 60
jours, remplissez l’étang avec l’eau et laissez l’herbe pourrir pendant 7 à 10 jours. Les
nutriments libérés serviront d’aliments aux algues et au zooplancton. Cette méthode est

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souvent utilisée dans les étangs pépinières pour les jeunes poissons qui se nourrissent
principalement de zooplancton.

Si l’on n’a pas enlevé la couche de vase, il n’est pas nécessaire de fertiliser le fond de l’étang
entre la récolte des poissons et le remplissage de l’étang. Cette vase est constituée de
matières organiques provenant des excréments de poisson et des restes de nourriture
tombés au fond de l’étang.

II. Production animale intégrée à la pisciculture


1. Le fumier animal
On peut ajouter à l’étang du fumier animal frais ou conservé. L’engrais ne doit pas être
conservé trop longtemps avant d’être appliqué car ses qualités diminuent avec le temps. Le
fumier peut contenir des bactéries ou des vers nocifs pour les êtres humains, et qui peuvent
aussi contaminer les poissons. Les gens qui mangent du poisson malsain peuvent tomber
malades. On résout ce problème en nettoyant bien les poissons et en les faisant cuire
longtemps. Il est fortement dé- conseillé d’utiliser des excréments humains comme engrais
pour l’étang à poissons car une maladie peut toucher les poissons et ensuite les gens qui les
mangent. Si le poisson a un goût très fort, il est bon d’arrêter la fertilisation deux jours avant
la récolte ou de transférer les poissons dans des conteneurs d’eau fraîche quelques jours
avant la récolte.

Le choix des animaux à élever pour faire de l’engrais à poissons dé-pend de plusieurs
facteurs, notamment des coutumes et de l’économie locales (préférences de marché). La
quantité et la qualité de l’engrais produit dépend de l’âge de l’animal et de la qualité de la
nourriture qu’il reçoit. Une nourriture de mauvaise qualité produit un fumier de mauvaise
qualité et une nourriture de bonne qualité produit un fumier de bonne qualité. La
production moyenne annuelle d’un animal adulte (kg de fumier frais par an) varie : c’est la
vache qui en produit le plus (de 6 000 kg à 9 000 kg), suivie par le porc (de 3 000 à 4 000 kg);
c’est la volaille et le canard qui en produisent le moins (50 kg). Cependant, le taux de
matières sèches est beaucoup plus élevé dans le fumier sec de volaille et de canard (30-50
%) que dans le fumier sec de porc (20-30 %) et de vache (15-20 %). La meilleure composition

nutritionnelle (azote, phosphore et potassium) est celle du fumier de volaille, suivie en ordre
dégradant par le fumier de canard, de porc et de vache.

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En général, la meilleure (optimale) quantité d’engrais est de 1 kg de fumier sec par 100 m²
par jour, pour un étang à poissons contenant le nombre optimal de poissons (2 poissons
pesant plus de 50 g par m²). Grâce à cette quantité de fumier, la quantité de poissons
récoltés augmente proportionnellement à la densité de poissons. S’il y a plus de 2 poissons
par m2, la quantité de poissons récoltés augmente peu. On peut aussi appliquer moins de
fumier que la quantité indiquée si cela suffit pour produire davantage de nourriture
naturelle. Si on en ajoute plus, la qualité de l’eau sera encore plus mauvaise et les poissons
ne se développeront pas suffisamment. Si l’étang reçoit d’autres types d’engrais avec le
fumier animal, la quantité totale appliquée doit être réduite en conséquence. L’application
optimale de 1 kg d’engrais sec par 100 m² par jour équivaut à 2,5 kg de fumier frais de
volaille ou de canard, à 4 kg de fumier frais de porc ou à 6 kg de fumier frais de vache.

Un système intégré de pisciculture à petite échelle qui utilise le fumier animal comme
engrais produira souvent des rendements suffisants pour nourrir la famille. Un exemple en
Thaïlande montre qu’une ferme avec 30 canards par 200 m² obtenait des rendements de
110 à 290 kg de poissons par an. Une moyenne de 180 kg de fumier pour un étang de 200 m²
suffit pour nourrir 5 personnes pendant un an. Ces chiffres sont basés sur l’hypothèse qu.un
tiers des besoins totaux de protéines sont satisfaits par des produits animaux.

2. La pisciculture intégrée à l’élevage de porcs


Les densités de mise en charge données ci-dessous valent pour un étang de taille standard
de 100 m² (par ex. 10 m x 10 m), pour des poissons lâchés quand ils mesurent 10 cm.

Le logement des porcs

En général, les porcs ont besoin d’un sol d’une superficie de 1 à 1,5 m² par porc. Il y a deux
moyens de loger des porcs en combinaison avec les poissons (figure 26). Le plus courant est
de construire les clos sur les rives de l’étang. On creuse les canaux de drainage de façon que
le fumier de porc puisse être lavé avec l’eau dans l’étang. Un enclos à sol dur permet de
perdre moins de fumier. Construisez le sol en pente dans la direction de l’étang pour faciliter
le lavage du fumier dans l’étang. On peut toujours au besoin appliquer le surplus de fumier à
un autre étang.

Dans certains cas, on construit les enclos au-dessus des étangs. Ils sont en bois, construits
sur pilotis avec un sol à claire-voie pour que le fumier puisse tomber dans l’étang. Si l’étang

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est petit, on construit l’enclos du côté du vent, pour que le vent répande le fumier sur
l’étang. Si l’étang est grand, il est bon de construire des enclos à plusieurs endroits au-dessus
de l’étang.

La construction d’enclos au-dessus de l’étang présente certains inconvénients. Au dessus de


l’étang, c’est souvent humide et ouvert aux courants d.air, ce qui provoque des troubles
respiratoires chez les porcs. N’utilisez pas de détergents pour nettoyer l’enclos car ils
pollueraient l’étang.

Cycles de production

La période nécessaire pour la croissance des porcs de 20 kg à 100 kg est d’environ 6 mois.
Pendant cette période, ils fourniront du fumier. Ce laps de temps suffit à l’élevage de la
plupart des espèces de poissons. Les tilapias prennent environ 3 mois pour atteindre leur
taille de marché (150 g), c’est-à-dire qu’on peut élever deux lots de tilapias pour un porc.
Pendant les 60 premiers jours, ils produisent environ 1,5 kg de fumier par jour. Un porc âgé
de 60 à 220 jours produit environ 3 kg par jour. La conversion alimentaire moyenne du
fumier de porc est de 25, c.est-à-dire qu’il faut 25 kg de fumier de porc pour produire 1 kg de
poissons. Pendant leur croissance, les poissons ont aussi besoin de davantage de nourriture.
Si le cycle de production des poissons est de la même longueur que celui des porcs, les
besoins de nourriture des poissons augmentent environ à la même vitesse que la quantité
de fumier produit. Quand deux lots de poissons sont produits dans un seul cycle de porc, il
faut contrôler la quantité de fumier qui tombe dans l’eau de l’étang. Au début du second
cycle de poissons, les porcs auront atteint l’âge de 3 mois et produiront trop de fumier pour
les petits poissons. Le surplus de fumier qui n’est pas mis dans l’étang peut être appliqué aux
cultures ou transformé en compost.

Choix des espèces et densités de mise en charge

En Asie, l.espèce la plus souvent élevée avec des porcs est le tilapia du Nil. On lâche entre
250 et 300 poissons par 100 m². La polyculture de différentes espèces de carpes indiennes se
fait dans les proportions suivantes: 32 carpes catla, 24 carpes rohu et 24 carpes mrigal par

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100 m² d’étang. Un autre système de polyculture utilise les carpes indiennes et chinoises: 16
carpes catla, 16 carpes rohu, 12 carpes mrigal, 16 carpes argentées, 9 carpes herbivores et
12 carpes communes par 100 m². En élevant des espèces moins sensibles aux manques
d’oxygène, telles que le poisson-chat, on obtient des densités allant jusqu’à 300 poissons par
100 m². Le poisson-chat peut être mis en charge à des densités plus élevées car il utilise
l’oxygène de l’air et celui de l’eau. Si on dispose d’autres sous-produits pour l’alimentation
des poissons, on aura besoin de moins de porcs.

Rendements

On peut élever 1 à 4 porcs par 100 m² d’étang. Dans un système où la production porcine est
intégrée à la pisciculture (1 à 2 poissons par m²), on peut obtenir un rendement de 20 à 50
kg par 100 m² dans une période de six mois. L’élevage d’une combinaison de carpes
indiennes et chinoises, comme décrit plus haut, peut donner des rendements de 30 à 40 kg
en six mois et jusqu’à 60 kg par 100 m² en 10 ou 12 mois. Le poisson-chat à raies argentées
(à une densité de 4 poissons par m²) peut donner des rendements allant jusqu’à 150 kg par
100 m².

3. La pisciculture intégrée à l’élevage de poules


De nombreux petits paysans sous les tropiques élèvent des poules. Les poules ne sont pas
chères à l’achat et leur alimentation est bon marché. De plus, elles produisent des oeufs, des
plumes et de la viande. On élève les poules pour leurs oeufs (pondeuses) ou pour leur chair
(poussins). Riche en nutriments, le fumier de poule est une très bonne nourriture pour les
poissons. On peut élever avec les poissons non seulement des poules, mais aussi des dindes
et autres volailles. Comme les poules sont plus sensibles aux maladies que les canards ou les
oies, il est bon de les vacciner.

Le logement des poules

En général, une poule a besoin d’un m² de superficie de sol. La plupart des poulaillers sont
construits sur terre. Ils sont en bois ou en bambou. On ramasse le fumier régulièrement et
on le répand, frais ou sec, sur l’étang. En Asie du sud-est, les poulaillers sont souvent

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construits audessus de l’étang à poissons. Les trous faits dans le sol doivent être assez
grands pour permettre au fumier de tomber dans l’étang. Un poulailler bien construit est
ouvert, bien aéré, mais ne laisse pas passer l’eau.

Cycles de production

Les pondeuses commencent à pondre des oeufs à l’âge de 22 semaines. En général, elles
produisent jusqu’à l’âge d’un an. Pendant cette période, elles pondent entre 250 et 280
oeufs. Après la période de ponte, les poules pondent moins d’oeufs et généralement on les
abat pour leur chair. Les poussins élevés pour leur chair grandissent rapidement. La vitesse à
laquelle ils se développent dépend de leur alimentation, mais en général ces poules
atteignent un poids final de 1 à 1,5 kg en une période de deux mois.

Pour un cycle de poissons de six mois, on peut élever trois lots de poussins. Pour assurer que
la quantité de fumier appliquée à l’étang ne varie pas trop, il est bon d’élever ensemble des
poussins de différents âges. Si on élève des poules pondeuses, on peut élever deux lots de
poissons pendant la période de ponte d.un des deux lots de poules.

Choix des espèces et densités de mise en charge

On élève souvent une combinaison de plusieurs espèces de carpes dans un étang de 100 m²
dans les proportions suivantes: 40 poissons qui se nourrissent à la surface (par ex. carpe
catla et carpe argentée), 20 carpes rohu, 30 poissons qui se nourrissent dans le fond (carpe

mrigal et carpe commune) et 10 carpes herbivores. Le nombre maximal de poules pouvant


être élevées est de 10 par 100 m² d’étang si on élève des carpes sensibles au taux d’oxygène.
Si on élève des tilapias (moins sensibles au taux d.oxygène) à une densité de 2 poissons par
m², on peut élever jusqu.à 50 poules par 100 m². Si on élève des poissons-chats (à une
densité de 4 poissons par m², on pourra élever jusqu’à 120 poules par 100 m² d’étang. Les
poissons-chats s’accommodent d.une eau contenant très peu d’oxygène.

Rendements

La combinaison de plusieurs espèces de carpes décrite plus haut donnera les premiers
poissons pour la vente après 6 ou 7 mois. La production totale peut aller jusqu’à 60 kg par
100 m² d’étang à poissons. 4 ou 5 poussins par 100 m² suffisent pour obtenir 25 kg de

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tilapias du Nil et de carpes en 6 mois, sans supplément alimentaire. Une combinaison de


tilapias et de poissons-chats (2 poissons par m²) avec 50 poules par 100 m² peut donner des
rendements allant jusqu’à 75 kg de poissons.

4. La pisciculture intégrée à l’élevage d’autres animaux


Bovins

L’élevage des poissons n’est pas souvent intégré à celui des ruminants car ceux-ci paissent
dans les pâturages, ce qui complique le ramassage du fumier et prend beaucoup de temps.
Les bovins produisent chaque jour de grandes quantités de fumier, mais de pauvre qualité
nutritive.

Cependant, on élève beaucoup de bovins sous les tropiques et pendant la période où ils sont
attachés, il est facile de ramasser la bouse. On peut nourrir les vaches avec du napier par
exemple. En Inde, on utilise fréquemment la bouse de vache pour fertiliser les étangs à
poissons, mais les rendements dépassent rarement 20 kg par 100 m². Dans une ferme munie
d’un convertisseur à biogaz, la récolte de poissons peut être doublée en plaçant d’abord la
bouse de vache dans le convertisseur avant de l’utiliser pour fertiliser l’étang à poissons.

Un étang à poissons de 100 m² de superficie peut recevoir 10 catla, 12 carpes, 10 mrigal, 10


argentées, 3 herbivores et 5 communes, pesant chacune 7 g. L’étang a besoin de 0,75 litres
par jour de fumier passé au convertisseur à biogaz. Le surplus de fumier produit par le
convertisseur peut être utilisé pour les cultures et le gaz produit pour la cuisine ou l’éclairage
de la maison. Le fumier du convertisseur ne doit pas être ajouté à l’étang les jours où il fait
froid ou nuageux, car le fumier n’est pas complètement décomposé. On doit aussi arrêter la
fertilisation si on voit des poissons qui viennent bailler à la surface en quête d’oxygène.
Après 6 mois, les premiers poissons auront atteint le poids d’environ 1 kg. Récoltez tous les
deux mois, en remplaçant chaque fois les poissons enlevés par de jeunes poissons. Un étang
de 100 m² donnera des rendements allant jusqu.à 50 kg de poissons.

Moutons et chèvres

Les moutons et les chèvres sont des animaux importants pour de nombreux petits paysans
d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Le fumier de mouton et de chèvre est utilisable
comme engrais dans l’étang à poissons. On peut loger les animaux dans un enclos au-dessus

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de l’étang. Il existe en Indonésie plusieurs combinaisons de systèmes d’élevage de poissons


et de moutons. On élève le grand gourami à une densité de 30 poissons au m². On garde les
moutons dans un enclos au-dessus de l’étang, à une densité d.environ 5 moutons par 100
m². On nourrit les moutons avec de l’herbe (10 kg par mouton par jour) et des résidus de
tourteaux de soja (4 kg par mouton par jour). On peut aussi utiliser le fumier de chèvre pour
fertiliser les étangs. On ne dispose pas de chiffres, mais 4 ou 5 chèvres suffisent pour un
étang de 100 m²..

Lapins

L’élevage des lapins se combine bien à la pisciculture. On peut loger les animaux dans un
clapier en bambou ou en bois placé au-dessus de l’étang. Le crottin de lapin est directement
consommable par les poissons. Il est plus riche en protéines et en énergie que celui des
autres animaux.

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