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ECOLE NATIONALE DU GENIE RURAL DES EAUX ET DES FORETS

ENGREF

SYNTHESE TECHNIQUE

NEUTRALISATION ET REMINERALISATION
DE L’EAU POTABLE AVANT DISTRIBUTION

CHHUN Sophie Neary

E-mail: chhun@engref.fr

Février 2007

ENGREF Centre de Montpellier Office International de l’Eau


648 rue Jean-François Breton 15, rue Edouard Chamberland
Domaine de la Valette, BP 44494 87065 LIMOGES CEDEX
34093 MONTPELLIER CEDEX 5 Tél. (33) 5 55 11 47 47
Tél. (33) 4 67 04 71 00 Fax : (33) 5 55 11 47 48
Fax (33) 4 67 04 71 01
ACRONYMES

AFEE Association Française pour l’Etude des Eaux

AFNOR Agence Française de Normalisation et de Réglementation

AGHTM Association Générale des Hygiénistes et Techniciens Municipaux

ASTEE Association Scientifique et Technique pour l’Eau et l’Environnement

BRGM Bureau des Ressources Géologiques et Minières

CEFRACOR Centre français de la Corrosion

CEN Centre Européen de Normalisation

CEOCOR Comité Ouest Européen d’Etudes de la Corrosion

CNFME Centre National de Formation aux Métiers de l’Eau

CRECEP Commission Corrosion et Protection des Réseaux

CSHPF Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France

CSTB Centre Scientifique Technique du Bâtiment

DCE Directive Cadre Européenne sur l’Eau

DDASS Direction Départementale des Actions Sanitaires et Sociales

DGS Direction Générale de la Santé

DRASS Direction Régionale des Actions Sanitaires et Sociales

FNDAE Fonds National pour le Développement des Adductions d’Eau

OIEAU Office International de l’Eau

OMS Organisation Mondiale de la Santé

SISE-Eaux Système d’Information en Santé-Environnement sur les Eaux

TAC Titre Alcalimétrique Complet

TH Titre Hydrotimétrique

UDI Unité de Distribution

VS Veille Sanitaire

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 2


RESUME ET MOTS-CLEFS

Résumé
Pourquoi traiter les eaux avec un procédé de reminéralisation / neutralisation ? Quels
procédés sont utilisés en France et en Europe ? Quels sont les leviers de décision pour
choisir entre deux techniques de reminéralisation / neutralisation? Sont-ils d’ordre technique,
économique, le choix dépend-il de la taille des structures et des débits à traiter, ou des
installations déjà en place ?
Autant de questions auxquelles cette synthèse sur la neutralisation et la reminéralisation de
l’eau potable, enjeux à la limite du réglementaire, du technique et de l’économique, va tenter
de répondre.

Abstract
Why does drinking water need to be neutralized or mineralised? What sort of treatments
exist in France and in Europe? What sort of decision levers influence local authorities’
choices between different methods? Are they technical, economical, does it depend on the
size of the structure, on the flows to be treated, or is past involvement the key? Questions we
intend to answer over the course of this technical synthesis about neutralization and
remineralisation, issues that simultaneously involve legislation, technical matters and
economic issues.

Resumen
¿Por qué el agua potable necesita un tratamiento de remineralizaciόn o de neutralizaciόn?
¿Qué tipos de tratamiento existen en Francia y Europa ? ¿Cómo eligir entre dos técnicas de
remineralizaciόn ? ¿La elección se realiza desde un punto de vista técnico o econόmico ?
¿La elecciόn depende de la importancia de las estructuras y de los caudales que deben
tratar o del pasado histόrico ? Estas son las cuestiones que intentaré responder a través de
esta síntesis sobre neutralizaciόn y remineralizaciόn, abordando los temas de legislaciόn,
temas técnicos y económicos.

Mots-clefs
Neutralisation, Reminéralisation, Equilibre calco-carbonique, Dureté, TAC, TH, pH, CO2
excessif, Agressivité, Corrosivité, Couche de Tillmans, Agréments, Directive n°98/83/CE,
Décret n°2001-1220, Traitement de l’Eau, Distributi on, Plomb.

Bibliographie
(1986, AGHTM, 1987, Cassayre, 2003, Cordonnier, 1998, Degrémont, 2005, Derwent Water
Systems Ltd, 2006, Duguet & al., 2006, Gundersen &Steinnes, 2003, Kittel & al., 2005,
Legrand &Leroy, 1995, Leroy, 1998, Nogre, 2002, OIEau, 1992, OIEau, 2006, Ravarini, ,
Ravarini, 2006, Rooklidge &Ketchum Jr, 2002, United Kingdom Biodiversity Action Plan,
1999)

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 3


PLAN

ACRONYMES 2

RESUME ET MOTS-CLEFS 3

1. POURQUOI TRAITER LES EAUX AVEC UN PROCEDE DE REMINERALISATION /


NEUTRALISATION ? 5

O DEFINITIONS DE L’AGRESSIVITE ET DE LA CORROSIVITE 5


O L’AGRESSIVITE ET LA CORROSIVITE FACE A LA REGLEMENTATION 6
O LA GEOLOGIE, LES SAISONS : DES VARIABLES POUVANT INFLUER SUR LA QUALITE DE L’EAU.
CLASSIFICATIONS ET REPRESENTATIONS CARTOGRAPHIQUES. 8
O CONTRAINTES TECHNIQUES AUTOUR DE LA NEUTRALISATION / REMINERALISATION 10
O COUCHE PROTECTRICE DE TILLMANS 10
O RISQUES SANITAIRES D’UNE EAU FAIBLEMENT MINERALISEE 11

2. PROCEDES UTILISES, SOLUTIONS ADOPTEES. 12

O LA NEUTRALISATION 12
O LA REMINERALISATION 12
O REACTIFS UTILISES POUR LA NEUTRALISATION OU LA REMINERALISATION 13
O COUT DU TRAITEMENT DES EAUX AGRESSIVES 16

3. OUVERTURE ET LIMITES D’APPLICATION. 17

O DESSALEMENT, REUTILISATION D’EAUX ET REGAIN D’INTERET POUR LA REMINERALISATION


17
O PETITS DEBITS : UNE « AFFAIRE DE COMPROMIS » 17
O DES RECHERCHES POUVANT COMPENSER UNE RESSOURCE LIMITEE EN NEUTRALITE ? 18

CONCLUSION 19

BIBLIOGRAPHIE 20

LISTE DES PERSONNES CONTACTEES 22

ANNEXES 23

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 4


Cette synthèse technique considère les traitements de mise à l’équilibre d’eaux douces,
c’est-à-dire, acides, faiblement minéralisées et/ou riches en CO2 dit agressif. Ces eaux ont
l’inconvénient d’être agressives et corrosives. Ainsi, les enjeux principaux de cette étape de
traitement sont la protection de la santé des consommateurs et la sauvegarde du
patrimoine. Nous avons veillé à faire une présentation, qui se veut à la fois synthétique et
complète, destinée à un lecteur déjà sensibilisé aux techniques de traitement des eaux
potables. Après une présentation réglementaire, technique et sanitaire des enjeux de la
neutralisation et de la reminéralisation, nous présenterons les procédés utilisés en France et
en Europe, avant de conclure sur le long terme et sur l’avenir potentiel de ces procédés et de
leurs applications.

1. POURQUOI TRAITER LES EAUX AVEC UN PROCEDE DE REMINERALISATION /


NEUTRALISATION ?

o DEFINITIONS DE L’AGRESSIVITE ET DE LA CORROSIVITE

La dureté ou le titre hydrotimétrique (TH 1 ) d’une eau se manifeste, selon le Glossaire


International d’Hydrologie (1992) et la norme ISO 6107-1(1996), par une difficulté à former
de la mousse avec du savon. La dureté totale est la somme de la dureté temporaire (due à la
présence en solution de sels de calcium et de magnésium, autres que des carbonates) et de
la dureté permanente (due à la présence en solution de bicarbonates de calcium et de
magnésium) (Hubert &Carbonnel, 2000). Elle exprime la teneur de l’eau en calcium et
magnésium. En France, la dureté ou TH s’exprime en degrés français (°F) 2. Une eau, si elle
présente des valeurs de TH inférieures à 8°F, est d ite douce. Elle est dure et permet le dépôt
de sels insolubles et incrustants (tartres ou incrustations) à partir de TH égal à 15°F (Mayet,
1994). Nous nous intéresserons aux eaux douces, faiblement minéralisées.

L’agressivité est l’aptitude d’une eau à dissoudre le calcaire, liée à la présence dans l’eau
de CO2 excédentaire (ou CO2 agressif). La dissolution du calcaire se poursuit jusqu’à
obtention de l’équilibre calco-carbonique. Une eau agressive ne peut pas former de dépôt
calcaire. L’agressivité d’une eau diminue à mesure que sa température s’élève. (Mayet,
1994). Elle peut être évaluée par un test chimique appelé essai au marbre. L’eau à analyser
est additionnée d’une faible quantité de marbre finement broyé et lavé. Après 24 h, la
comparaison des valeurs de pH, TAC3 et TH avant et après cet ajout permet de définir les
propriétés agressives ou non de l’eau. (GLS, 2003).

L’équilibre calco-carbonique est l’état d’une eau dont les teneurs en Ca2+, CO2 libre,
bicarbonates et carbonates sont telles que, mise en contact avec du calcaire, ses
caractéristiques ne changent pas. Il existe de nombreuses méthodes graphiques pour
déterminer le pH d’équilibre (ou pH de saturation = pHs de Langelier) d’une eau de
composition chimique déterminée. (Mayet, 1994).
Le nomogramme de Hoover permet de déterminer de manière graphique la valeur du pH de
saturation (pHs) d’une eau. Les indices de Langelier, de Ryznar (ou indice de stabilité), et de
Stiff-Davis permettent de caractériser si une eau est agressive ou incrustante. (GLS, 2003).

La corrosivité est l’aptitude d’une eau à dissoudre les métaux, liée à sa composition
physico-chimique (pH, résistivité, teneur en oxygène, chlorures et sulfates). La corrosivité
d’une eau augmente avec sa température. (Mayet, 1994).
L’indice de Larson est une formule empirique basée sur les expérimentations de deux
américains, Larson et Skold. A partir de LR > 0,2 ou 0,3, l’eau a tendance à être corrosive.

1
THT = TCa + TMg = [Ca2+] + [Mg2+]
2
Unité de mesure : 1°F = 10 mg/L de CaCO 3 = 4 mg/L de Ca2+ = 0,7°anglais = 0,56°allemand (°dH) = 0,58° améric ain.
3
Titre Alcalimétrique Complet : teneur d’une eau en alcalis (hydroxydes), en carbonates et en bicarbonates (ou
hydrogénocarbonates) alcalins et alcalino-terreux. TAC = [OH-] + [CO32-] + [HCO3-].

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 5


(GLS, 2003). Le modèle thermodynamique de Schock permet de calculer, à partir du pH
mesuré et du TAC, la solubilité du plomb, i.e. la teneur maximale en plomb à l’équilibre
chimique, à une température donnée.

Pour les eaux très douces, les graphiques de Franquin-Marecaux et de Girard donnent de
très bons résultats. Pour les eaux douces ou moyennement dures, on pourra utiliser les
courbes de Tillmans, Langelier, Franquin-Marecaux ou Hallopeau-Dubin. (Gamrasni, 1982).
Les logiciels informatiques tels que Calcograph de Degrémont, LPL Win de Cifec, ou Equil
de Hallopeau sont reconnus sur le marché et validés par l’expérience, ils aident le
constructeur à dimensionner les installations de neutralisation ou reminéralisation.

Indice de Langelier (ou indice de saturation) IL = pH – pHs


Indice de Ryznar (ou indice de stabilité) IR = 2 pHs-pH
Indice de Stiff-Davis SDI = pH – pCa – pAlc – K
- 2- -
Indice de Larson LR = ([Cl ] + 2*[SO4 ])/ [HCO3 ]
Tableau 1 : Indices de caractérisation de l’agressivité et de la corrosivité de l’eau

Signalons enfin que l’on note une certaine « corrélation » entre eau douce et eau agressive
ou eau dure et eau incrustante, malgré les significations différentes soulignées ci-dessus.

o L’AGRESSIVITE ET LA CORROSIVITE FACE A LA REGLEMENTATION

En 1998, une enquête du Ministère de la Santé souligne que plus de 3 000 unités de
distribution desservant environ 3,7 millions d’habitants délivrent des eaux présentant un pH
inférieur à 6,5 ou une conductivité inférieure à 150 µS/cm.

Les traitements de reminéralisation / de neutralisation sont-ils des traitements de « confort »


ou des traitements soulignant un enjeu de santé publique ? La réglementation concerne
d’une part l’agressivité de l’eau, d’autre part le potentiel de dissolution du plomb1 d’une
eau et sa corrosivité.

La dureté de l’eau ne fait pas l’objet d’une limite ou d’une référence de qualité. La directive
européenne n°98/83/CE du 3 novembre 1998 (reprise e ntièrement dans le décret français
n°2001-1220) fixe un objectif de non agressivité de s eaux et donne des paramètres
indicateurs2 de pH, de conductivité, de sulfates et de chlorures pour les eaux destinées à la
consommation humaine. Dans la transposition de la directive en droit français, le décret
n°2003-461 du 21 mai 2003 relatif à certaines dispo sitions réglementaires du code de la
santé publique3 souligne dans ses articles R.* 1321-48 et R.* 1321-55 et dans l’annexe 13-1-
II qu’ « à l’issue du traitement, l’eau ne doit pas être agressive, corrosive ni gêner la
désinfection ». Enfin, alors qu’au niveau européen, il n’existe de législation spécifique ni pour
l’agressivité ni pour la corrosivité, l’apport du CEOCOR4, Comité Européen d’étude de la
corrosion et de la protection des conduites, intervient en particulier au niveau de la correction
de l’agressivité de l’eau (activités de recherche et pré-normatives) (Baron, 2006).

1 1
Cependant, selon les données de la base nationale SISE-Eaux et la Circulaire DGS/SD7A n°2004 -45 du 5 février 2004,
seules 1,5% des analyses réalisées au niveau des ressources en eau entre 1999 et 2002 dans le cadre du contrôle sanitaire
ont montré la présence de plomb à des teneurs supérieures ou égales à 10 µg/L (0,4% pour le seuil de 25 µg/L).
2
« Valeurs guide » pour la Directive n°75/440/CEE, « références de qualité » pour les décrets n°89-3 e t n°2001-1220,
« paramètres indicateurs » pour la Directive n°98/8 3/CE.
3
Le décret n°2003-461 du 21 mai 2003 relatif à certa ines dispositions réglementaires du code de la santé publique et le décret
n°2003-462 du 21 mai 2003 relatif aux dispositions réglementaires des parties I, II et III du code de la santé publique sont parus
au Journal officiel du 27 mai 2003. Ils abrogent les textes (dont le décret n°2001-1220 du 20 décembre 2001 fait partie) qui sont
désormais codifiés.
4
Au sein de l’ASTEE, une commission « Corrosion et protection des réseaux » s’intéresse aux questions de corrosion et de
dégradation des canalisations. Elle participe aux activités du CEFRACOR et représente la France au CEOCOR, en particulier
auprès de l’un des quatre secteurs du CEOCOR (secteur B) concernant la corrosion interne et le traitement de l’eau.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 6


La circulaire DGS/VS4 n°98-225 souligne que pour de s eaux dont le pH est inférieur à 6,5 le
« risque (indirect) pour la santé » existe en raison de l’importance des phénomènes de
dissolution du plomb, de corrosion des métaux ferreux, de dégradation des matériaux à base
de ciment. L’eau peut se charger au cours de son transport de substances toxiques (plomb,
nickel, cadmium) ou indésirables (cuivre, zinc). La directive européenne n°98/83/CE du 3
novembre 1998 marque un tournant par rapport aux directives précédentes, quant au plomb
et au potentiel de dissolution du plomb d’une eau, en imposant une ligne directrice claire en
terme de protection de la santé (Godet & al., 1998). En 1994, les recommandations publiées
par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont introduit une valeur de 10 µg/L de plomb
dans l’eau. En 1998, de nombreuses études et conférences ont concerné l’exposition des
populations au plomb par l’eau de distribution. (Le traitement de l’eau est considéré comme
une solution palliative, ne permettant ni, à lui seul, d’atteindre la limite de qualité de 10 µg/L
fixée pour le 25 décembre 20131, ni, bien sûr, de supprimer la source de plomb provenant
des branchements et canalisations).

Quelle qualité est fixée par les principales réglementations européennes et françaises ?
Directive Circulaire Directive Décret
Décret n°89-3 2
n°75/440/CEE DGS/VS4 n°98-225 n°98/83/CE n°2001-1220
L’eau distribuée ne doit Les eaux ne
Les eaux ne doivent
pas être agressive. doivent pas
Equilibre pas être agressives.
pH 6,5 ≤ pH ≤ 9 6,5 ≤ pH ≤ 9 au lieu de être
calcocarbonique 6,5 ≤ pH ≤ 9,5 au
mise à disposition de agressives.
robinet
l’utilisateur 6,5 ≤ pH ≤ 9
TH TH ~ 8°F 8°F
TAC ~ 8°F 8°F
a a
TAC Avec un rapport Avec un rapport
TH/TAC voisin de 1 TH/TAC voisin de 1
180 à 1000
µS/cm à
20°C.
Conduc 1000 µS/cm à
400 µS/cm - 2500 µS/cm à 20°C Les eaux ne
tivité 20°C
doivent pas
être
corrosives
b
10 µg/L
Si le réseau contient
des canalisations en
b c
[Pb] 50 µg/L - plomb : < 25 µg/L 10 µg/L 10 µg/L
après stagnation
contrôlée de 30 mn

[CO2]

Notons la différence des termes utilisés : pour le pH et la conductivité, la directive n°75/440/CEE préc onise des
« valeurs guides », la directive n°98/83/CE mentionn e des « paramètres indicateurs » et les décrets des
« références de qualité ». Pour les teneurs en plomb, la directive n°75/440/CEE mentionne par contre une
« valeur impérative », la directive n°98/83/CE une « valeur paramétrique » et les décrets une « limite de qualité ».
D’autre part, dans la directive n°75/440/CEE, les lim ites de qualité sont déclinées en fonction des performances
obligatoires du traitement (A1, A2, A3). Cela concerne en particulier le plomb pour lequel des valeurs plus
sévères sont fixées pour les eaux de qualité A1 (10 µg/L).
Notes utilisées dans le tableau :
a. Placer l’eau à l’équilibre calco-carbonique sans augmenter simultanément la teneur en sodium, chlorures
ou sulfates de l’eau.
b. 25 µg/L pendant la période comprise entre 5 et 15 ans après l’entrée en vigueur de la directive.
c. A partir du 25 décembre 2003, la norme est de 25 µg/L. A partir du 25 décembre 2013, la norme
définitive sera fixée à 10 µg/L.
Tableau 2 Réglementations européennes et françaises, références et limites de qualité

1
« Les mesures appropriées pour réduire progressivement la concentration en plomb dans les eaux destinées à la
consommation humaine au cours de la période nécessaire pour se conformer à la limite de qualité sont précisées aux articles
33 et 36 (arrêté d’application) du présent décret ». (Annexe 13-1 du décret n°2003-461).

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D’autres textes réglementaires concernent la qualité des eaux en France : la Circulaire
DGS/SD 7 A n°2004-45 du 5 février 2004, la Circulaire DGS/SD 7 A n°2002-592 du 6
décembre 2002, la Circulaire n°309 du 3 mai 2002, l ’Arrêté du 4 novembre 2002, la
Circulaire n°98-225 du 8 avril 1998, le Décret n°89 -3 du 3 janvier 1989 modifié.
Normes1 : NF T90-008 (février 2001), FD T90-112 (juillet 1998) ; FD T90-119 (juillet 1998).

Notons qu’en France, l’exploitant suit les instructions de la Circulaire n°98-225 en cherchant
à appliquer la « règle des trois huit », l’eau devant être à l’équilibre voire légèrement
incrustante (TAC = 8°F, TH = 8°F, pH ≥ pHs+0,2 (pH ~ 8)).

Dans les autres pays d’Europe, les transpositions en droit national de la directive n°98/83/CE
sont les suivantes :
Italie Espagne Royaume-Uni Hollande Allemagne
The Water Supply (Water Quality)
Regulations 2000 L’ordonnance
Decreto The Water Supply (Water Quality) « Trinkwasservero
Real Decreto Waterleidingb
Legislativo (Scotland) Regulations 2001 rdnung – TrinkwV
Décret 140/2003, de 7 esluit (Water
2 febbraio The Water Supply (Water Quality) 2001 »
de febrero Decree)
2001, n. 31 (North. Ireland) Regulations 2002 du 21 mai 2001
The Water Supply (Water Quality)
(Wales) Regulations 2001
pH - 6,5 ≤ pH ≤ 9,5 6,5 ≤ pH ≤ 10 7 ≤ pH ≤ 9,5 6,5 ≤ pH ≤ 9,5
Conducti 2 500 µS/cm à 1250 µS/cm à 2 500 µS/cm à
- 2 500 µS/cm à 20°C
vité 20°C 20°C 20°C
Eau : Non Non agressive Non
Non agressive Non agressive
Objectifs agressive ni incrustante agressive
25 µg/L du 50 µg/L 40 µg/L à partir du
25/12/2003 jusqu’au 25 µg/L du 25/12/2003 au 01/01/2003 ;
au 31/12/2003 ; 25/12/2013 - Pas de 25 µg/L du
[Pb] 25/12/2013 25 µg/L données en 01/12/2003 au
jusqu’au Puis : 10 µg/L anglais - 31/11/2013 ;
Puis : 31/12/2013
10 µg/L Puis : 10 µg/L Puis : 10 µg/L
1≤TH≤2,5
Autres - -0,5 ≤IL≤ 0,5 - -
mmol/L
- Draft - Standards
regulations techniques de la
Complém from German Gas and
CEOCOR CEOCOR CEOCOR
ents Netherlands Waterwork
AFNOR, CEN Association
- CEOCOR - CEOCOR
Tableau réalisé d’après (Slaats, 2006 ; Chauveheid, 2006 ; Klinger, 2006) ; (CEN, 2001).

Tableau 3 Transposition de la directive européenne en droit national, comparaison

En Belgique, la directive est transposée en 3 législations régionales2 : l’Arrêté du 24/01/2002


pour Bruxelles, l’Arrêté du 13/12/2002 pour la Flandre et l’Arrêté du 15/01/2004 pour la
Wallonie.

o LA GEOLOGIE, LES SAISONS : DES VARIABLES POUVANT INFLUER SUR LA QUALITE


DE L’EAU. CLASSIFICATIONS ET REPRESENTATIONS CARTOGRAPHIQUES.

« Le pH et la conductivité sont le plus souvent tributaires de la ressource » (Circulaire


DGS/VS4 n°98-225). « L’eau qui a évolué dans des aq uifères cristallins, évaporitiques,
carbonatés, molassiques et composés de flysch, peut être facilement différenciée sur la base

1
NF T90-008 : Qualité de l’eau. Détermination du pH. FD T90-112 : Qualité de l’eau. Dosage de huit éléments métalliques (Mn,
Fe, Co, Ni, Cu, Zn, Ag, Pb) par spectrométrie d’absorption atomique dans la flamme. FD T90-119 : Qualité de l’eau. Dosage
d’éléments minéraux (Al, Sb, Ag, As, Ba, Co, Cu, Sn, Mn, Mo, Ni, Pb, Se, Ti, V)
2
La Belgique, Etat fédéral, est composée de trois régions, compétentes dans le domaine de l’eau.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 8


de sa composition en éléments majeurs et traces, ainsi que par son degré de
minéralisation » (Kilchmann & al., 2004). Ainsi, des tendances déduites à partir de
caractérisations géochimiques de sols et aquifères parcourus ne sont pas systématiques
mais peuvent donner une première idée, en attendant les mesures « au cas par cas ». Les
eaux de lacs sont particulièrement douces. Les eaux de surface sont en moyenne plus
douces que les eaux souterraines (Gray, 1994). Mais, parmi les eaux souterraines, celles
issues de massifs cristallins (gneiss et granites) sont généralement peu minéralisées et
particulièrement acides. Ce « contexte géologique défavorable » concerne en particulier les
massifs hercyniens (Massif vosgien, Ardennes, Forêt noire, Bohême, Massif schisteux
rhénan, Massif armoricain, Massif central, Cornouailles, Asturies, Meseta ibérique) (Godet &
al., 1998), les Pyrénées, les Alpes centrales, les pays Scandinaves.

La dureté des eaux est représentée par certaines DDASS de manière cartographique au
niveau départemental (16 cartes départementales et une carte régionale de la dureté des
eaux1 sont disponibles en ligne), au niveau national par le Centre Scientifique et Technique
du Bâtiment ou CSTB (Carte des eaux dures, TH > 25°F, sous forme papier) et par le BRGM
(Carte des aquifères de France indiquant des valeurs moyennes de dureté et de pH, sous
forme papier, datant de 1994). L’AFEE (Association Française pour l’Etude des Eaux) a fait
paraître en 1954 un recueil des monographies départementales de dureté des eaux en
France, accompagné d’un tableau des nappes aquifères et des cartes géologiques
comportant les indicateurs de la dureté totale et de la dureté temporaire. Ce document met
en relief l’influence des roches sur la dureté de l’eau (Gamrasni, 1982).

D’autre part, une eau de surface2 peut subir des variations de minéralisation au cours de
l’année. (Voir graphe en annexe 1). Cette saisonnalité dans les valeurs de conductivité de
l’eau brute peut s’expliquer par un effet de dilution du fait des pluies et de la fonte des neiges.

En 1968, M. Neveux, dans son ouvrage La corrosion des conduites d’eau et de gaz, causes
et remèdes3, propose une première classification des eaux en fonction de leur dureté. Ce
sont le CSHPF (Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France) et l’AGHTM (Association
Générale des Hygiénistes et Techniciens Municipaux) qui ont défini les typologies
aujourd’hui reconnues et utilisées en France. En effet, afin de faciliter le recensement des
eaux acides peu minéralisées, le CSHPF a défini une typologie simplifiée de ces eaux,
basée sur deux critères relatifs au pH et à la conductivité. La circulaire DGS/VS n°98-225 du
8 avril 1998 reprend les deux classes d’unités de distribution :
- Classe 1 : classe d’unités de distribution présentant un pH inférieur à 6,5.
- Classe 2 : classe d’unités de distribution présentant un pH supérieur ou égal à 6,5
unités et une conductivité inférieure à 150 µS/cm.
Par ailleurs, les travaux menés par l’AGHTM permettent de caractériser le potentiel de
dissolution du plomb d’une eau en 4 classes et d’y associer des valeurs de pH (mesures in
situ) : très élevé (pH ≤ 7), élevé (7 < pH ≤ 7,5), moyen (7,5 < pH ≤ 8) ou faible (pH > 8). Ces
travaux sont cités dans la Circulaire DGS/SD7A n°20 02-592 du 6 décembre 2002. Ils sont
également utilisés dans le Bilan national relatif au potentiel de dissolution du plomb dans les
eaux destinées à la consommation humaine publié par la DGS en janvier 2006 : les cartes
présentées mettent en évidence à l’échelon départemental la proportion d’unités de
distribution (UDI) et de population alimentée par une eau dont le potentiel de dissolution est
élevé ou très élevé.

1
Sur les sites des DRASS, sont disponibles les cartes pour l’Orne, de 2000-01 pour les départements de la Bourgogne, de
2003 pour la région de Champagne-Ardenne et les départements de Nord-Pas-de-Calais, les Alpes de Haute Provence, de
2005 pour les départements d’Ile-de-France.
2
L’usine de la Nive (Pays Basque) observe des valeurs de conductivité inférieures à 180 µS/cm à 20°C e ntre les mois d’octobre
et d’avril. Le niveau de la Nive et la conductivité semblent graphiquement corrélés.
3
En 1987, un ouvrage de l’AGHTM a été édité chez Lavoisier Tec & Doc, Les canalisations d’eau et de gaz, corrosion,
dégradation et protection. Deux parties sont consacrées à l’eau dans les réseaux de distribution publique et l’eau dans les
réseaux privés de distribution, mais ne comporte aucune synthèse graphique. L’ASTEE, au sein de sa commission « Corrosion
et protection des réseaux » travaille à la publication prochaine d’une version actualisée de cet ouvrage.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 9


o CONTRAINTES TECHNIQUES AUTOUR DE LA NEUTRALISATION / REMINERALISATION

Les procédés de remise de l’eau à l’équilibre peuvent permettre la correction du pH avant un


stade de traitement biologique ou physico-chimique. Le pH de l’eau est en particulier lié aux
coagulants utilisés dont les gammes pH d’utilisation sont les suivantes :

pH d’utilisation pH optimum
Sulfate d’aluminium 5,7 - 7,2 6
Chlorure ferrique 5,5 - 8,5 8
WAC 6 - 7,5 6,5
Tableau 4 : Gammes pH d’utilisation des principaux coagulants

D’autre part, le pH de l’eau est très corrélé à l’étape de désinfection :


- Abaisser le pH des eaux peu minéralisées est une voie de minimisation des teneurs
en bromates, formés par oxydation des bromures par l’ozone. En effet, la formation
de bromates est limitée par un pH inférieur à 6,5. (GLS, 2006).
- Le pH est aussi de grande importance pour maintenir une concentration suffisante en
acide hypochloreux HClO (HClO (CT=0,2) qui est, de loin, plus bactéricide que l’ion
hypochlorite ClO- (CT=12), 60 fois moins efficace1). Le point d’inflexion est situé entre
pH = 7 (HClO majoritaire) et pH = 8 (ClO- majoritaire) (Voir tableau et graphe en
annexe 2). (Cardot, 1999).
La neutralisation / reminéralisation doit donc prendre en compte l’efficacité de l’étape de
désinfection positionnée en aval et tendre à maintenir le pH en deçà de 8 si l’exploitant utilise
du chlore, ou même en deçà de 6,5 s’il choisit l’ozone. Le choix d’une désinfection aux
ultraviolets peut alors être un bon compromis.

Notons enfin qu’une eau, d’abord équilibrée, peut devenir agressive suite aux traitements
qu’elle a subis : l’hydrolyse du sulfate d’aluminium (lors de la floculation) participe à la
conversion du bicarbonate en dioxyde de carbone ; l’adoucissement (notamment lors
d’échanges ioniques en filtre sous pression) écarte le calcium mais laisse inchangée la
teneur en acide carbonique ; le traitement de l’eau par des acides (pour l’optimisation de la
coagulation par exemple) ; le stripping s’appliquant à des micropolluants organiques volatils2
induit une modification de la concentration en CO2 libre de l’eau ; et le mélange de plusieurs
eaux3 peuvent contribuer à diminuer le pH d’une eau initialement équilibrée. (Masschelein,
1992).

o COUCHE PROTECTRICE DE TILLMANS

Favoriser la formation sur les conduites acier ou fonte d’une couche protectrice carbonatée
permet de protéger les ouvrages de distribution contre la corrosion. Cette couche carbonatée
est composée d’un mélange de CaCO3 (calcite), FeCO3 (sidérite), FeOOH (goethite), Fe3O4
(magnétite). Pour les eaux douces, la règle des « trois huit » pose les objectifs suivants afin
d’obtenir cette couche protectrice : des TAC et TCa voisins de 8°F, un pHs voisin de 8, avec
pHs ≤ pH ≤ pHs + 0,2 et O2 dissous ≥ 5 mg/L. Cependant, obtenir une eau légèrement
incrustante à partir d’une eau douce et acide nécessite un surdosage que l’utilisation de
filtres calcaires, induisant une mise à l’équilibre de l’eau, ne permet pas. (Voir tableau en
annexe 5). Pour les eaux dures et corrosives, les objectifs à respecter sont : des TAC et TH
inférieurs à 15°F, un pH ≥ pHS + 0,2. Cette différence est due au fait que la plage des « eaux
moyennement minéralisées » s’étend de 8 à 15°F (TAC et TH) : pour des raisons de

1
CT = produit Concentration en désinfectent (mg/L) * Temps de contact (minutes), Le CT est exprimé en mg.min/L.
2
Produits volatils, relativement insolubles dans l’eau et odorants : composés organochlorés essentiellement, composés soufrés,
aminés, carbonylés ou hydrocarbures.
3
Dans le graphique de Tillmans, la corrélation entre CO2 et HCO3- n’est pas linéaire. Une eau A mélangée avec une même
quantité d’eau B peut produire une eau C agressive alors que les deux premières ne le sont pas.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 10


consommation de réactifs, on se limite à la borne inférieure pour les eaux douces et à la
borne supérieure pour les eaux dures. (Duguet & al., 2006).

o RISQUES SANITAIRES D’UNE EAU FAIBLEMENT MINERALISEE

Quelques publications et études épidémiologiques, peu nombreuses et majoritairement


anglo-saxonnes, font part de corrélations entre les maladies cardiovasculaires et l’acidité
(Zoetman & Brinkman1, 1976) ou la très faible dureté de l’eau (Lacey2, 1981 ; Powell & al3.,
1982). Récemment, 27 articles du journal scientifique russe Hygiène et Sécurité sanitaire
(parus entre 1965 et 2005) ont été recensés et parviennent à des conclusions quant aux
effets d’une consommation à long terme d’une eau faiblement chargée en calcium et
magnésium sur la santé (Kozisek, 2006). Ces articles rapportent en particulier des risques
d’hypertension et de maladies cardiovasculaires, des effets directs sur la muqueuse
intestinale (Kozisek, 2004).

D’autre part, la toxicité des polluants présents dans l’eau serait plus élevée dans les eaux
douces que dans les eaux dures (Gray, 1994).

Les risques majeurs en terme de santé des consommateurs généralement pris en compte
ont toujours été des risques indirects et liés au caractère acide et corrosif de l’eau
(dissolution du fer et risques d’ « eaux rouges », dissolution du plomb et du cuivre, faible
maintien du résiduel de chlore dans les ouvrages de distribution, vulnérabilité vis-à-vis des
intrusions d’eaux souillées externes). Ce n’est qu’en 2004 qu’un rapport de l’OMS conclut
sur la validité probable d’un apport bénéfique en terme de santé du magnésium (et du
calcium, mais de moindre effet) contenu dans l’eau de boisson. Du 24 au 26 avril 2006, un
symposium international4 a eu lieu à Baltimore (Maryland, Etats-Unis) afin d’aider l’OMS à
définir les questions restant à approfondir sur les aspects de santé quant à la présence de
magnésium et de calcium dans l’eau de boisson.

Les procédés de mise à l’équilibre des eaux sont à l’interface de nombreux enjeux : la qualité
organoleptique de l’eau, la santé publique et la sauvegarde du patrimoine. Dans le réseau, le
pH et la minéralisation sont donc des facteurs importants pour le contrôle de la corrosion, de
l’agressivité de l’eau, l’action du désinfectant et la précipitation des éléments dissous. Mais le
pH peut varier le long du réseau, l’eau n’étant pas à l’équilibre en sortie de station, ou bien
du fait d’une évolution de la concentration en CO2 dissous. Distribuer une eau légèrement
sursaturée en carbonate de calcium en suivant la règle des « trois huit » permet alors de
favoriser la formation d’un dépôt protecteur dans les réseaux. (Loiseau &Juery, 2002).

1
Zoetman, BCJ., et Brinkman, FJJ., 1976, Hardness of Drinking Water and Public Health, Pergamon Press, Oxford.
2
Lacey, RF., 1981, Changes in water hardness and cardiovascular death-rates, Technical Report 171, Water Research Centre,
Mendmenham.
3
Powell, R., Packham, RF., Lacey, RF., Russell, PF., 1982, Water quality and cardiovascular disease in British towns.
Technical report 178, Water Research Centre, Medmenham.
4
Symposium organisé par NSF International (Public-Health and Safety Company), ILSI (International Life Sciences Institute) et
l’OMS. http://www.camgwater.org/NR/rdonlyres/21100147-B762-49AE-A6D8-072F384304AB/0/ProgramandAbstractBook.pdf

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 11


2. PROCEDES UTILISES, SOLUTIONS ADOPTEES.

Quelles sont les variables de décision permettant de trancher entre telle et telle solution?
Nous considérons dans ce paragraphe les techniques de mise à l’équilibre calco-carbonique,
soit par neutralisation, soit par reminéralisation. On parle de neutralisation si le CO2 utilisé
pour produire des bicarbonates est celui de l’eau brute, de reminéralisation s’il s’agit de CO2
ajouté. L’objectif pour toute eau sortant d’une usine de traitement est d’être à l’équilibre voire
légèrement incrustante. Cependant, la valeur du pHs étant inversement proportionnelle à la
minéralisation, pour garantir l’équilibre tout en respectant des valeurs de pH compatible avec
la potabilité de l’eau (pH < 8,5) ou avec la dissolution d’autres sels (dissolution du plomb à
pH < 7,5), on est également amené à produire une eau qui, en terme de minéralisation, ne
soit ni trop douce, ni trop dure. (Duguet & al., 2006).
En ce qui concerne la corrosivité, nous limiterons cette synthèse à l’étude de l’équilibre
calco-carbonique et ne développerons pas ci-dessous les moyens de lutte contre la
corrosion (protections cathodiques, inhibiteurs anodiques et cathodiques, films hydrophobes).

o LA NEUTRALISATION

En France, les principales techniques de neutralisation, agréées par la Direction Générale de


la Santé (DGS), permettant de réduire le CO2 libre sont les suivantes :

- Elimination physique :
(1) Stripping du CO2 / Dégazage atmosphérique.
L’aération par strippage du CO2 se rencontre très peu en France mais sert, notamment en
Belgique, à corriger l’agressivité d’eaux pourtant fortement minéralisées mais riches en CO2
agressif. La solubilité du CO2 dans l’eau suit les lois générales de la solubilité des gaz. La
concentration en CO2 diminue quand la température s’élève et quand l’eau est mise en
présence d’une phase gazeuse pauvre en CO2. L’aération peut dès lors s’obtenir de
différentes façons : par cascades, ruissellement sur des matériaux de contact, diffusion dans
un émulseur, ventilation forcée en colonne à garnissage ou pulvérisation, cette dernière
étant la plus efficace. (Degrémont, 2005, Ravarini, 2004). Tous les systèmes de stripping
sont des systèmes à contre-courant, régis par les lois des transferts de masse. L’utilisation
de garnissage permet d’augmenter la surface de transfert et de minimiser l’encombrement
des systèmes. (Degrémont, 2005).

- Neutralisation chimique :
(2) Par la chaux.
(3) Par des sels forts de calcium et sels combinés.
(4) Filtration à travers un lit calcaire.
La neutralisation chimique peut (ou doit) être complétée par une neutralisation par la soude à
dosages faibles, pour un ajustement du pH).

Le mélange des eaux, ne figurant pas dans la circulaire DGS/VS4/2000/166, n’est et ne doit
pas être une solution de neutralisation à part entière mais, en visant d’autres objectifs, peut
contribuer à obtenir une eau à l’équilibre.

o LA REMINERALISATION

On utilise cette méthode lorsque l’on veut accroître le TAC et la dureté. Lorsque les eaux
sont très douces, une simple neutralisation de l’agressivité carbonique ne permet pas
d’atteindre des valeurs de TH et de TAC suffisantes et le pH de l’eau est en général très
instable (faible « pouvoir tampon »). Un traitement de reminéralisation (ou recarbonatation)
est alors nécessaire afin d’éviter des variations brutales de pH.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 12


Deux procédés sont plus particulièrement utilisés :
(5) Injection de CO2 puis de chaux.
(6) Injection de CO2 puis filtration à travers un lit calcaire.
(7) Addition de bicarbonate de sodium et de chlorure de calcium. (Dessapt, 2006) et
(GLS, 2003). On peut également utiliser le sulfate de calcium mais sa faible solubilité
le rend peu pratique d’utilisation. (OIEau, 1992).
Ce dernier procédé possède un avantage en terme de traitement : il est possible de régler de
manière précise et indépendante le TAC et la dureté calcique de l’eau :
- le TAC augmente de 1°F avec un apport de 16,9 g/m 3 de NaHCO3,
- le TH calcique augmente de 1°F avec l’apport de 1 1,1 g/m3 de CaCl2. (GLS, 2003).
3
Réactif Quantité de réactif par m et par °F de TH et de TAC à corriger
CO2 + chaux 8,8 g de CO2 7,4 g de Ca(OH)2
Bicarbonate de
16,8 g de NaHCO3 11,1 g de Ca(Cl)2
sodium + Chlorure de
(TAC) (TCa)
calcium
Bicarbonate de
sodium + Sulfate de 16,8 g de NaHCO3 13,6 g de CaSO4
calcium
Tableau réalisé d’après (GLS, 2003).
Tableau 5 Quantités de réactifs nécessaires à la minéralisation des eaux

o REACTIFS UTILISES POUR LA NEUTRALISATION OU LA REMINERALISATION

Les réactifs pour la correction de pH et de minéralisation utilisés en (2, 3, 5, 7) sont


répertoriés dans la liste A1 de l’annexe 1 de la circulaire DGS/VS4/2000/166 du 28 mars
2000 : chaux vive, chaux éteinte (norme AFNOR : NF EN 12518), carbonate de calcium (NF
EN 1018), chlorure de calcium, bicarbonate de sodium (NF EN 898), dioxyde de carbone
sous forme d’anhydride carbonique (NF EN 936), hydroxyde de sodium ou soude (NF EN
896).

Cependant, la circulaire DGS/VS4 n°98-225 précise l es procédés de traitement


recommandés pour des eaux acides et faiblement minéralisées :
- l’ajout de chaux et de gaz carbonique ;
- l’ajout de carbonate de calcium dans des réacteurs à dissolution lente ;
- l’ajout de chaux (hydroxyde de calcium) sous forme de lait de chaux ou d’eau de
chaux.

Lait ou Eau de chaux

La chaux existe sous la forme de chaux vive ou éteinte. En pratique, on se dispense de


l’opération d’extinction et préfère opérer directement sur la chaux commerciale éteinte,
dosée soit à sec, soit en lait de chaux (ie en suspension à plus de 50 g/L en Ca(OH)2), soit
en eau de chaux (ie en solution à environ 1,3 g de CaO par litre ou 1,7 g/L en Ca(OH)2). La
chaux est généralement utilisée sous forme pulvérulente pour pallier la faible solubilité du
produit. Enfin, les établissements SICAB ont conçu un lait de chaux « micronisé » très
concentré mais décantant très lentement, l’Aquacal. (Ravarini, 2004) et (Ortegat, 1991).

La neutralisation et/ou reminéralisation par la chaux a-t-elle lieu en amont ou en aval des
traitements conventionnels ? (Voir tableau en Annexe 5).
- La neutralisation en amont permet d’ajuster le pH dans une zone compatible avec la
précipitation optimale du coagulant, zone le plus souvent restreinte à [6 - 8] (Voir
paragraphe 1. sur les contraintes techniques). Cependant, les réactifs généralement
utilisés pour la coagulation-floculation produisent indirectement du CO2, et il peut être
conseillé de corriger le pH et l’agressivité de l’eau en aval de cette étape ;

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 13


- Le lait de chaux, utilisé en amont, est souvent suivi d’une filtration sur sable ou d’une
décantation car, peu stable, il risque de laisser des dépôts dans l’eau traitée ;
- Une membrane positionnée en aval d’un traitement par lait de chaux risque de se
colmater rapidement.
Les deux positionnements sont donc possibles et à considérer au cas par cas, en fonction de
la filière de traitement en place.

Lits de matériaux calcaires filtrants1

L’élimination du CO2 agressif peut se faire par passage de l’eau sur un « lit » peu soluble de
matériau alcalinoterreux. Celui-ci est « attaqué » par le CO2 agressif, selon la réaction
suivante 2 : CO2 + CaCO3 + H2O → Ca(HCO3)2. Ce procédé consomme environ 2g de
carbonate de calcium par g de CO2 agressif. Il provoque en outre une augmentation du TH
de 0,23 °F par g de CO 2 agressif neutralisé. Il a l’avantage de procéder à une neutralisation
« automatique » et ce, sans ajustement nécessaire. On ne risque donc aucun surdosage
pouvant entraîner la production d’une eau fortement entartrante. Par contre, il a
l’inconvénient de nécessiter des rechargements en matériau support ainsi que des lavages /
détassages périodiques. (GLS, 2003). Ces installations sont particulièrement bien adaptées
pour les petites unités alimentées en eau de forage, dont le débit est souvent variable.

Parmi les filtres calcaires utilisés :


(1) Dolomies (CaCO3+ (CaCO3, MgCO3)) (5) Neutralite = Maërl = Lithotamne = Acticalmag
(2) Dolomies calcinées (CaCO3+ MgO) (CaCO3+ 5% MgCO3).
(3) Magno (CaCO3, MgO) (6) Juraperle (CaCO3)
(4) Akdolit® CM G (Ca0, MgO) (7) Marbre (CaCO3)
(8) Granulite

Le tableau suivant donne les caractéristiques techniques principales de ces matériaux :


Caractéristiques Densité
Norme Aspect Granulométrie Livraison
Chimiques apparente
Vrac avec
CaCO3 : 69%±1% CM0G : 0-0,5 mm
Billes déchargement
Akdolit MgO : 25%±1% CMIG : 0,5-2,5 mm 1200-1300
EN 1017 calibrées 3 pneumatique (20t)
CM G ® H2O : <3% CMIIG : 2,5-4,5 mm kg/m
(4,1 m²/g) Sacs 25-50-1000 kgs
CaO : <1,5% CMIIIG : 4,5-7 mm
Carbonates : 98,6% 3
Granulés P : 1-3 mm 1080 kg/m
CaO : 45%
Neutralg irréguliers M : 2-4 mm Vrac citerne
MgO : 5%
® EN 1018 et G : 3-7 mm Densité pulsée
Insolubles
(neutralite) concassés MG : 2-8 mm réelle : 2700 Sacs 25-40-500 kgs
chlorhydriques : <2% 3
(5,7 m²/g) kg/m
Oligoéléments : traces
CaO : 40,4%
Magno- MgO : 26%
Dol Fe2O3 : 0,6%
3 Vrac
(dolomies EN 1017 - Al2O3 : 0,6% 0,5 - 2,06mm 1 300 kg/m
Sacs 25 kgs
semi- SiO2 : 0,3%
calcinées) Pertes de
combustion : 32,1%

1
Fournisseurs : Letertre, Carmeuse, ABA, National Lime Association, Lhoist (ses filiales Balthazar et Cotte, Lhoist France et ses
usines régionales).
2
Les filtres à oxydes de magnésium mettent en jeu la réaction suivante : MgO + 2 CO2 + H2O → Mg(HCO3)2.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 14


CaO : 39,3%
MgO : 27,3%
Pertes de
combustion : 33%
EN 1017 CaO libres : 0,2% 0 : 0,5-1,2 mm 1 100-1 200
Everzit 14,4% de 3 Vrac
et DIN HCl insolubles : 0,12% I : 0,5 – 2,5 mm kg/m
Dol ® porosité Sacs 20-50 kgs
2000 SiO : 0,31% II : 2-4,5 mm
Al2O3 : 0,11%
Fe2O3 : 0,011%
TiO2 : < 0,01%
Na2O et K2O < 0,02%
CaCO3 : 99,1%
EN 1018 MgCO3 : 0,4%
Juraperle 1-2 mm 3 Vrac
et DIN SiO2 : 0,25% 1 470 kg/m
® 2-3 mm Sacs 25 kgs
2000 Al2O3 : 0,15%
Fe2O3 : 0,04%
CaCO3 : 99,1%
Everzit
EN 1017 MgCO3 : 0,4% 3
Carbonat 4-6 mm 1410 kg/m Sacs de 25-
et DIN SiO2 : 0,25% 3
® 6-8 mm 1400 kg/m 50 kgs
2000 Al2O3 : 0,15%
(marbre)
Fe2O3 : 0,04%
La distinction est difficile à faire entre le produit générique et les marques de chaque fournisseur,
entre le produit minier et le produit issu d’un procédé de transformation thermique ou chimique.
Tableau réalisé d’après (Evers, 2006), (Derwent Water Systems Ltd, 2006), complété par des
données recueillies auprès de Lhoist (Kramadhati, 2006).
Tableau 6 Caractéristiques de certains produits filtrants

Les filtres sont répertoriés dans la liste A2 de l’annexe 1 de la circulaire DGS/VS4/2000/166


du 28 mars 2000 en tant que supports minéraux de traitement : carbonate de calcium (norme
AFNOR : NF EN 1018), carbonates et oxydes mixtes de calcium et de magnésium (NF EN
1017), carbonates mixtes de calcium et de magnésium.

L’ Akdolit® CM G (groupe Lhoist), nouveau réactif réalisé à partir de dolomie semi-


décarbonatée, a été testé par l’OIEau1 en 2005 ; l’étude économique de l’utilisation de ces
produits a été réalisée en 2006. (OIEau, 2006). Actuellement utilisé par Saur Région Ouest
(test réalisé sur l’unité de production de Pont-Mouton à Plouhinec, dans le Morbihan) ainsi
qu’en Allemagne (80% du marché ; la France, la Pologne, la Suède et l’Italie se partageant
les 20% restants), il est conforme à la norme EN 1017 type A et fait l’objet d’un examen par
le Bureau des Eaux (DGS) (Kramadhati, 2006).

Le juraperle (groupe Evers) est un substrat minier peu utilisé pour la reminéralisation (produit
utilisé en Allemagne, ainsi qu’à la station de Chamagne dans les Vosges) (Evers, 2006). La
neutralite, le marbre et le juraperle seraient les substrats les plus efficaces car les teneurs en
magnésium et en « parties inertes » (à hauteur de 15 à 20% dans les dolomies) limitent
l’utilisation des autres filtres. Cependant, la neutralite reste le substrat le plus utilisé (près de
15 000 tonnes/an sur le marché français), en particulier par les régies autonomes, et le plus
économique sur le marché (Dessapt, 2006). Le département des Vosges en est le reflet le
plus flagrant (Voir tableau en annexe 7ter) : sur les 285 unités de gestion, 256 fonctionnent
en régie et 229 ramènent leur eau à l’équilibre (4 par reminéralisation sur neutralite, 1 par
neutralisation sur juraperle, le restant par neutralisation sur neutralite) (Bontemps & al., 2005)
(Nicolas, 2007).

1
Tests réalisés sur le pilote de filtration de la plateforme « eau potable » du Centre National de Formation aux Métiers de l’Eau
(CNFME) et, avec le soutien des services sanitaires de la Creuse, sur le réseau de distribution de la commune de Lafat.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 15


Consommation g par Accroissement du TH Accroissement du
Réactif
g de CO2 neutralisé °F par g de CO 2 TAC °F par g de CO 2
Chaux éteinte 0,84 0,113 0,113
Soude 0,91 0 0,113
Na2CO3 2,41 0 0,227
CaCO3 2,27 0,227 0,227
Calcaire marin
2,2 à 2,4 0,227 0,227
(CaCO3 + MgCO3)
Akdolit ® CM G 1,3 - -
Juraperle (CaCO3) 2,5 0,228 (0,128°dH) -
Filtre dolomitique
(CaCO3 + MgO) de type 1,28 - -
Everzit ® Dol
Marbre (CaCO3) de
2,5 0,228 (0,128°dH) -
type Everzit ® Carbonat
Magno (CaCO3 + MgO) 1,06 0,151 0,151
Tableau réalisé d’après (Duguet & al., 2006), (Evers, 2006), complété par des données recueillies
auprès de Lhoist (Kramadhati, 2006).
Tableau 7 Consommation des différents réactifs considérés comme purs et leur action sur la
minéralisation des eaux

Les pourcentages d’utilisation des différents produits d’amenée à l’équilibre sont à étudier
auprès de chacune des directions techniques régionales des opérateurs. Des tableaux en
annexes 7, 7bis et 7ter donnent des éléments de réponses pour le Centre Régional Ouest de
la Compagnie Générale des Eaux, le département des Vosges et l’agence Landes-Pays
Basque de la Lyonnaise des Eaux.

o COUT DU TRAITEMENT DES EAUX AGRESSIVES

Pourquoi, alors que le décret reste le même pour tous, les applications concrètes sur le
terrain diffèrent-elles ? Elles dépendent en effet non seulement du coût mais aussi de la taille
des structures, de la proximité géographique d’un substrat et de l’historique des procédés
utilisés, du patrimoine déjà en place.

Une étude commanditée par la Commission Européenne, dans le cadre de la négociation de


la Directive n°98/83/CE relative aux eaux destinées à la consommation humaine et au plomb,
souligne que pour les eaux douces agressives, le traitement de neutralisation ou de
minéralisation coûterait de l’ordre de 0,5 milliards de francs d’investissement (soit environ 75
millions d’euros) et concernerait un peu moins de 4 millions de personnes.

En annexes 3, 4 et 5 sont présentés des tableaux comparatifs des coûts de traitement liés à
plusieurs procédés d’amenée à l’équilibre. Cependant, les éléments de coûts ont été assez
difficiles à répertorier, seuls des essais comparatifs de divers procédés permettraient de
poser les mêmes bases de comparaison en ce qui concerne les coûts d’exploitation.

Choix des réactifs

Le coût des réactifs est généralement indexé sur les coûts de transport. Le choix du
fournisseur1 dépend donc avant tout de sa proximité géographique.

- L’utilisation de soude caustique est économique à la fois en utilisation de réactifs et en


investissement, elle est facile à mettre en œuvre. Mais, la soude permet de corriger le pH,
1
Lhoist, Carmeuse et Scheffer (Allemagne) pour la chaux. Air Liquide, Messer France SA pour le CO2 liquide. Producteurs
régionaux de chaux, de juraperle (Orléans), de maërl.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 16


pas la minéralisation. D’autre part, les solutions de soude concentrées cristallisent à la
température ambiante. Les citernes correspondantes doivent donc être installées dans des
locaux chauffés ou bien être tracées-calorifugées (la soude à 50% en poids cristallise dès
10°C). (Degrémont, 2005).
- La chaux est le produit le moins cher. Cependant, l’utilisation de lait de chaux concerne le
plus souvent les gros débits car, délicat à manipuler, il demande une certaine technicité, de
la maintenance et du personnel (les équipements devant fonctionner en continu) et des
investissements initiaux non négligeables (pompes de secours, doubles tuyaux, bonbonnes
de CO2 et silo de chaux, système de rinçage automatisé).
- La reminéralisation aux sels combinés (carbonate acide de sodium CO3NaH et chlorure de
calcium CaCl2), suivie d’une régulation de pH en aval (par ajout de soude), est intéressante
pour les petits débits car elle requiert une grande quantité de produit, mais peu de personnel
et un équipement minimal (petite installation se résumant à 2 petites pompes et 2 cuves).

De nombreux procédés de neutralisation et reminéralisation, souvent multipliés par autant de


marques et de différences qu’il n’existe de producteurs. Pour une qualité d’eau donnée, le
choix entre procédés se fait sur un savant mélange de critères d’efficacité économique, de
continuité en fonction des équipements déjà en place, de simplicité de mise en
œuvre, d’efficacité technique.

3. OUVERTURE ET LIMITES D’APPLICATION.

o DESSALEMENT, REUTILISATION D’EAUX ET REGAIN D’INTERET POUR LA


REMINERALISATION

Les eaux distillées avaient posé dès les années 60 la question de la reminéralisation
(Kozisek, 2006). Aujourd’hui, les ressources alternatives telles que le dessalement1 (11 000
usines de dessalement dans le monde en 2006, pour une production totale de plus de 22
millions de m3 d’eau dessalée par jour) et la réutilisation d’eaux de pluie ou d’eaux
résiduaires, encore faiblement utilisées 2 mais auxquelles l’on commence à s’intéresser,
nécessitent souvent une reminéralisation obligatoire pour ramener aux normes l’eau
destinée aux usages agricole, urbain, industriel mais aussi potable. En Europe, les pays
leaders en réutilisation d’eaux usées sont l’Espagne (Ville de Vitoria), Chypre, puis la Grèce,
la France (Ville de Clermont-Ferrand) et l’Italie (Région d’Emilia Romagna) l’utilisant à des
fins d’irrigation ; l’Angleterre, la Belgique et l’Espagne pour la production indirecte d’eau
potable3 par recharge des aquifères. Chypre, Malte et l’Espagne utilisent le dessalement,
destiné à 60% pour la production d’eau potable. (Suez-Environnement, 2006).

o PETITS DEBITS : UNE « AFFAIRE DE COMPROMIS »

La circulaire du 8 avril 1998 reprend les résultats d’une enquête menée avec l’aide du
Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France. Cette enquête montre que dans la majorité
des cas, les installations de production concernées par des problèmes de corrosion sont de
petite taille, elles délivrent des eaux d’origine souterraine et leur mode de gestion est la régie
directe (Godet & al., 1998). La limite de qualité du paramètre plomb diminuée à 25 g/L
depuis 2003 est une contrainte supplémentaire pour ces petites unités : la mise en
conformité commence à se mettre en place, mais lentement et en commençant par les UDI

1
Les techniques de distillation (à détentes étagées, à multiples effets et à compression de vapeur) en particulier nécessitent
une réminéralisation en aval. (Cassayre, 2003).
2
En 2006, 2% des eaux usées dans le monde sont réutilisées. Cela correspond à 0,18% de la demande mondiale en eau.
Tandis qu’1% de la demande mondiale en eau provient de la dessalement. (Suez-Environnement, 2006).
3
La réutilisation directe d’eaux résiduaires pour l’eau potable est aujourd’hui confrontée à une barrière psychologique. Seule la
Namibie (Windhoek) utilise les eaux résiduaires à ces fins.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 17


les plus importantes, moins limitées par des coûts en investissement supplémentaires
engendrés (Nicolas, 2007). La circulaire DGS/SD 7A n°2004-557 du 25 novembre 2004
permet en effet aux petites UDI de moins de 500 habitants qui délivrent une eau très douce
de ne pas amener leurs eaux à l’équilibre tant qu’une neutralisation jusqu’à un pH
légèrement supérieur à 8 est effectuée.

Le bilan national publié en janvier 2006 par la DGS souligne dans ses conclusions que les
petites unités de distribution (UDI) sont principalement concernées par un potentiel de
dissolution du plomb dans l’eau élevé ou très élevé 1 : 44,1% des UDI de moins de 500
habitants ont un potentiel de dissolution très élevé contre 16,2% des UDI de plus de 10 000
habitants. Un traitement d’amenée de l’eau à l’équilibre ou simplement de neutralisation
semble dès lors indispensable, d’autant que le réseau français long de 850 000 kilomètres
est essentiellement détenu par les communes de moins de 2 000 habitants (près de 60% du
réseau, pour plus de 26% de la population) et constitué de divers matériaux compte tenu de
l’historique de pose de ces canalisations.

o DES RECHERCHES POUVANT COMPENSER UNE RESSOURCE LIMITEE EN


NEUTRALITE ?

La neutralite est à ce jour le substrat calcaire le moins cher sur le marché et reste le plus
utilisé pour la neutralisation et reminéralisation de l’eau dans les petites unités de distribution.
Mais, la question posée face à une ressource épuisable est réelle : les bancs de maërl2 sont
une accumulation complexe d’algues calcaires au très faible taux de croissance (0,3 mm /an)
lorsqu’elles ne sont pas fossiles, leur vitesse de renouvellement est trop faible par rapport au
rythme d’exploitation pour garantir le maintien des réserves. La production est de 300 000
t/an en Bretagne (sur les 700 000 t/an de production calcaire française), exploitée à 90% par
la société TIMAC du groupe Malouin Roullier (Vigo, 2001). Le maërl destiné à la
reminéralisation de l’eau potable est marginal par comparaison aux usages agricoles 3 et
industriels4 (Barthélémy & al., 2001). Mais, les conditions d’exploitation (dragues industrielles)
menacent cet habitat marin et la biodiversité côtière marine, et accélèrent l’érosion du trait de
côte. En 1996, le Conseil Général des Mines a indiqué dans son rapport d’activité que : « les
gisements reconnus seront épuisés au rythme actuel d’exploitation dans quelques dizaines
d’années, et [que] des matériaux de substitution doivent être trouvés » (Conseil général des
Mines, 1995). Une prise de conscience de l’intérêt écologique de ces habitats est en train de
monter : le site des Glénan où sont situés d’importants gisements de maërl est classé en
zone Natura 2000 par ailleurs, la convention OSPAR réglemente l’exploitation du maërl.
(Choquet, 2005). Depuis 2005, les professionnels d’extraction de maërl en Bretagne Sud
sont dotés du titre minier et leur exploitation est soumise à autorisation, comprenant une
étude d’impact. Au Royaume-Uni, l’extraction de maërl est aujourd’hui arrêtée. En France,
une mesure préfectorale, prévue pour 2011, vise à la réduction immédiate puis à l’arrêt à
moyen terme de l’exploitation du gisement de lithotamme des îles de Glénan. Des substrats
alternatifs encore peu rentables aujourd’hui, parient sur l’avenir, mais seront-ils à la portée
des petites installations ? Les unités déjà équipées en filtres calcaire préfèreront-elles
modifier totalement leurs installations afin de se convertir au lait de chaux ou aux sels
combinés ou bien conserver le génie civil et filtre et ne changer que le substrat ?

1
La méthode d’évaluation du potentiel de dissolution du plomb dans l’eau est celle définie dans le Guide pratique Contrôle de la
concentration en plomb dans l’eau ; Echantillonnage, prélèvement, analyse, interprétation – AGHTM – juin 2001.
2
Lithothamnium coralliodes et Phymatolithon calcareum.
3
Amendements calcaires et compléments nutritionnels animaux.
4
Charges dans la peinture et dans la fabrication de papier, fondants dans l’industrie sidérurgique ou de verre.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 18


CONCLUSION

La réglementation européenne concernant les eaux destinées à la consommation humaine,


bien qu’elle n’impose pas de limites de qualité pour la dureté de l’eau et qu’elle ne donne
que des paramètres indicateurs pour le pH et la conductivité, impose pourtant un objectif de
non agressivité et de non corrosivité de l’eau. De nombreuses unités de distribution, en
particulier dans les petites collectivités souvent rurales, dont le mode de gestion est la régie
directe, ne sont pas en conformité avec ces objectifs. Dès lors, se pose un problème quant
aux procédés à mettre en place, des procédés que l’on voudrait à la fois économiques à
l’investissement et faciles à mettre en œuvre. Les deux procédés semblant répondre à ces
contraintes sont la filtration sur neutralite pour la neutralisation et l’utilisation de sels
combinés pour la reminéralisation. La reminéralisation par addition de sels combinés n’est
que très peu illustrée dans la littérature, je n’ai pas pu en trouver d’exemple concret malgré
la précision du procédé et l’apparente adéquation avec les besoins de petites collectivités en
terme de reminéralisation. La filtration sur neutralite enfin est prépondérante dans les petites
unités de neutralisation du fait de son historique, son efficacité, sa facilité de mise en oeuvre
et son faible coût. Cependant, la neutralite est soumise à une régulation voire à un déclin
dans un avenir proche du fait de la surexploitation et de la pression que l’on exerce sur le
milieu. De ce fait, des substrats reminéralisants alternatifs tels que l’Akdolit® CM G, le
juraperle, la gamme Everzit®, encore peu rentables et peu utilisés aujourd’hui, parient sur
l’avenir. Mais seront-ils à la portée des petites installations ?

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 19


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LISTE DES PERSONNES CONTACTEES

Constructeurs : M. TISSELAIN et Paul BELLORINI (Société Captage et Neutralisation),


Bertrand CLOCHARD, Gédéon ALRIC, Luc RIVES, Michel IDIARTEGARAY (Lyonnaise des
Eaux, Biarritz), Patrice DESSAPT (ville de Montpellier), Abdelkader GAÏD (Véolia Eau, Saint-
Maurice).

Fournisseurs : Siegfried TENAS et Narahari KRAMADHATI (Groupe Lhoist).

CEOCOR : Jean BARON (CRECEP, Paris), Eric CHAUVEHEID (VIVAQUA, Bruxelles),


Josef KLINGER (TZW, Berlin), Nellie SLAATS (Kiwa Water Research, NL).

Hydrogéologues : Christian JOSEPH (préfecture de l’Hérault), Jean-Christophe MARECHAL


(BRGM).

DDAF : Alain LERCHER (Vosges).

DDASS et Ministère de la Santé : Alban ROBIN et Charles SAOUT (Ministère de la Santé,


Paris), Danielle NICOLAS (DDASS Vosges).

Correcteurs : Gilian CADIC (ENGREF, Montpellier) et Patrick SAVARY (Etudes Conseil Eau).

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 22


ANNEXES

Conductivité à 25°C (µS/cm)

350
300
250
200
150
100
50
0
16-févr

2-avr
17-avr

2-nov
1-janv

3-oct
16-janv
31-janv

18-oct
2-août
17-août
1-sept
2-juil

18-sept
14-juin

17-juil
2-mai
26-mai
3-mars
18-mars

Ce graphe réalisé à partir de données récoltées en 2004-05 à l’usine de la Nive (Lyonnaise


des Eaux, Biarritz) permet d’apprécier de façon expérimentale l’effet de la saisonnalité sur la
minéralisation de l’eau brute. On identifie en effet trois périodes de l’année, caractérisées
chacune par une qualité d’eau spécifique. Pendant les six mois d’octobre à avril, la
ressource est faiblement minéralisée.

Annexe 1 Saisonnalité de la minéralisation de la ressource (Sources : Syndicat Mixte de l’Usine


de la Nive et Lyonnaise des Eaux, Biarritz).

% HClO % HClO
et % ClO- % ClO-
100%
-
pH % HClO % ClO 90%
<4 Dégagement de dichlore gazeux 80%
5 99,77 0,23 70%
6 97,75 2,25 60%
7 81,30 18,70 50%
8 30,30 69,70 40%
9 4,17 95,83
30%
10 0,43 99,50
20%
- 10%
Equilibre entre HClO et ClO
0%
5 6 7 8 9 10
pH

Annexe 2 Equilibre entre HClO et ClO-


Méthode rectificative Investissement Exploitation Calibrage Approvisionnement Durée de vie
2 fois par an (en fonction
200 à 250 kg de CaCO3
Lavage en retour 3 du dimensionnement des
pour 1 m /h
(Préfiltres afin de limiter l’encroûtement) filtres)
Filtration sur marbre -
Filtres ouverts ou fermés Granulométrie très fine et Coût : granulométrie 0,5
TC 5 à 10 fois supérieur à
encroûtement à 1 mm = x ; 1 à 2 mm =
la neutralite et l’akdolit
x*2,3 ; 2 à 3 mm = x*3,7
Filtres enterrés ouverts gravitaires Entretien : décolmatage à l’air (20 à H (neutralite) = 1-1,30m
3 Tous les 3 mois.
30 nm /m²/h, 2 mn) ; air+eau (3 à 5 maximum + 15 cm de
Module Béton / Module Filtration mn) ; rinçage à l’eau (10 à 15 graviers (15-25).
3 Intervention (Vidange
m /m²/h, durée variable).
des filtres + Evacuation
Local à 2 niveaux. 2 g / g CO2 en excès
Filtration sur neutralite des dépôts au fond + 20 ans (filtre
Plancher équipé de buselures à longues Facilité de l’exploitation (filtre
(prix HT) Détassage Air+Eau) = en béton)
queues (40/m²), tuyau d’amenée d’air. ouvert). Prendre 25% de marge
90 à 250€.
Nécessite peu de main d’œuvre.
Petits à moyens débits. 3 1 (vannes
Station 5 à 7 m /h, de type Bell’Eau : à Fonctionnement en gravitaire, Dimensionnement à partir
Utilisée pour des débits < 300 3 Recharge en produit papillon : 10
3 partir de 50 000€ (2,5 m ) (station 30 000€ 24h/24. du TC et du débit à filtrer :
m /h. neutralisant : ans)
+ terrassement et raccordement 15 000€ + 3
250€/tonne (avec mise
surpresseur d’air 5 000€) Possibilité de mettre un poste de TC moyen = 15-20 mn
3 en place du matériau),
Station 10 m /h avec bâtiment : 120 000€ télésurveillance (5 000€ l’armoire (retours d’expérience, la
3 2 soit 2 343€75/an pour un
Station 40 m /h avec pompes de reprise : électrique + 4 000 à 4 500€ la formule de Bonnefoy 3
filtre de 2,5 m .
350 000€ télésurveillance). donne : 30 à 40 mn)
Lavage en retour 1 fois par mois : TC moyen = la moitié du
décolmatage à l’air ; air+eau ; temps de contact
300 – 350€ HT/tonne 20 ans (filtre
Filtration sur akdolit Filtres ouverts ou fermés rinçage à l’eau. nécessaire à la neutralite
Livraison par 15-20t en béton)
(si TC supérieur : eau
Mise en service plus longue. entartrante)
Annexe réalisée d’après les données récoltées auprès de la société Captage et Neutralisation (Tisselain, 2006), de la DDAF des Vosges (Lercher, 2006) et
de Lhoist (Kramadhati, 2007) et de (National Lime Association, 2000).
Pour des compléments d’information, des essais comparatifs de filtration sur supports minéraux (Neutralg et Akdolit Hydrocalcit CIG) ont été
effectués en 2005 par Amandine VAIE dans le cadre d’un stage de Master Recherche « Sciences de l’Environnement Industriel et Urbain »
(document confidentiel, OIEau, 2005).

Annexe 3 Comparaison des coûts de quelques procédés de filtration sur lits alcalinoterreux
1
De type filtre « Bell’Eau » de la Société Captage et Neutralisation, gravitaire : le coût revient après calcul à 0,15€ ou 0,16€/m3 distribué pour des débits de 5 ou 10 m3/h. Les filtres fermés sous
pression, en acier, coûtent moins cher à l’investissement. D’autre part, les régies ne choisissent souvent que le module filtration, faisant réaliser le module béton par une entreprise de BTP locale.
2
La formule de Bonnefoy est une formule empirique permettant de calculer le temps de contact TC : TC = 0,7*CO2 – 70 / CO2 + 4*(pH – 1). Le CO2 et le pH sont mesurés sur place.
€/tonne en vrac €/tonne en sacs, fûts
Calcaire 22 32€/t en sac de 50 kg
Chaux éteinte 72 120€/t en sac de 50 kg
Injection d’alcalis Chaux vive 70 172€/t en sac de 36 kg
Hydroxyde de sodium - Fût de 310 kg de soude caustique, solution à 50% : 395€/tonne
Poudre de carbonate de
Bicarbonate de sodium et sulfate de calcium Briquettes, sacs de 20 kgs : 482€/tonne
sodium : 627€/tonne
Annexe réalisée d’après (National Lime Association, 2000).
1
Annexe 4 Comparaison des coûts de quelques réactifs

FONCTIONNEMENT
Main d’oeuvre TYPE
ENCOMBREMENT INVESTISSEMENT DUREE DE VIE
Energie Mainte- Réactif D’INSTALLATION
Technicité
nance
Faible à Moyenne
Grand (silo de chaux, Moyen (pompes et tuyaux en Le moins cher des
(systèmes de
Lait de Chaux local de préparation double et silo de chaux, Grande Grande produits, 72 €/tonne Longue Moyens débits
rinçage
fermé, stockage du CO2) bonbonnes de CO2) de chaux éteinte
automatisés)
Tous débits
Dangerosité du
Soude (utile pour la
produit (+faible si
(neutra- Faible Faible Faible Faible Produit cher Longue correction de
injection de lessive
lisation) pH sans
de soude à 50%)
minéralisation)
Faible (filtre pouvant 2
Neutralite Faible Faible Nulle Faible 250 €/tonne Très long (GC ) Petits débits
être enterré)
300-350 €/tonne.
Utilisation d’une moins
Faible (filtre pouvant Petits à
Akdolit CMG Faible Faible Nulle Faible grande quantité que la Très long (GC)
être enterré) moyens débits
neutralite (produit plus
réactif)
Sels Minimal Faible Très longue
Faible Faible Faible Grandes quantités Petits débits
combinés (2 pompes, 2 cuves) consommation (GC et pompes)
Annexe 5 Comparaison de caractéristiques fonctionnelles de quelques techniques de neutralisation / reminéralisation

1
A ces prix s’ajoute le coût du transport : 1,70€/km selon la même source. Données utilisées par le BRGM, issues de : Bigatel, AJ., Camus, GR., Caylor, DW., Dalberto, AD., Hellier, WW., 1998,
Engineering Manual for Mining Operations, Pennsylvania Department of Environmental Protection – Bureau of Mining and Reclamation and District Mining Operations, 150 pp.
2
GC = Génie Civil.

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 25


Qualité de Neutralisation / Précision / Couche de
l’eau brute Reminéralisation Durabilité Tillmans
Les procédés les
Neutralisation en amont.
plus efficaces
Dégazage du CO2
Eau agressive arrivent à un
Aération Laisse inchangés le TAC et -
8<TAC<15°F abattement du CO2
le TH tant que l’équilibre
à 7 mg/L (loi de
n’est pas atteint
Henry)
Lait de pH < pHs Précis mais risque
Reminéralisation en amont Oui
Chaux de dépôts
Eau acide Neutralisation du CO2
Eau de
pH < pHs agressif / Reminéralisation Précis Oui
Chaux
en amont ou en aval
8<TAC<15°F Neutralisation, Correction de
Soude Précis -
pH < pHs pH
pH < pHs Neutralisation / Mise de l’eau à Pas de formation de
Neutralite
Reminéralisation l’équilibre couche de Tillmans
Akdolit pH < pHs Neutralisation / Mise de l’eau à Pas de formation de
CM G Reminéralisation l’équilibre couche de Tillmans
TAC < 8°F Réglage de manière
Sels pH < pHs précise et
Reminéralisation Oui
combinés indépendante le
TAC et le TCa
Annexe 6 Comparaison qualitative de quelques techniques de neutralisation / reminéralisation

Nombre 3 Pourcentage
Procédé de mise à l’équilibre Débit total (m /h)
d’usines En nombre En débit
Neutralisation amont
- Aération 4 123 2,2 0,7
- Chaux
Lait 13 3470 7 19,6
Eau 12 5245 6,5 29,6
- Carbonate de soude 24 2366 13 13,3
Neutralisation aval
- Chaux
Lait 3 245 1,6 1,4
Eau 14 5795 7,6 33,6
- Carbonate de soude 15 704 8 4
- Calcaire 105 5612 57 31,7
Annexe réalisée d’après (Ravarini, 2003).
Annexe 7 Pourcentages d'utilisation des divers procédés d'amenée des eaux à l'équilibre -
Centre Régional Ouest de la Compagnie Générale des Eaux
Nombre Débit total Pourcentage
Procédé de mise à l’équilibre 3 3
d’usines (m /j et m /h) En nombre En débit
Reminéralisation amont
- Chaux
3
3 dont 1 en 82 500 m /j
Lait 3 60% 99%
projet (2007) 5 000 m /h
Eau 0 - - -
Reminéralisation aval
3
2 plus 1 en 830 m /j
3
- Calcaire marin projet (+1 500 m /j) 40% 1%
3
(Seignosse) 50 m /h
Annexe réalisée d’après (Clochard, 2006).
Annexe 7bis Pourcentages d'utilisation des divers procédés d'amenée des eaux à l'équilibre –
Agence Landes-Pays Basque de la Lyonnaise des Eaux

Nombre Débit en pointe Pourcentage


Procédé de mise à l’équilibre 3 3
d’usines (m /j et m /h) En nombre En débit
Reminéralisation
- Calcaire marin 4 (Stations les plus récentes et/ou les plus importantes)
Neutralisation
3
- Juraperle 1 12 m /h 0,4% -
Stations de 5 à
- Calcaire marin 224 3 98% -
290 m /h
Annexe réalisée d’après (Lercher, 2007 et Nicolas, 2007).
Annexe 7ter Pourcentages d'utilisation des divers procédés d'amenée des eaux à l'équilibre –
Département des Vosges.

Dernière modification : 23/08/2007 11:08

Neutralisation et Reminéralisation de l’eau potable – Février 2007 - CHHUN Sophie Neary 28


ECOLE NATIONALE DU GENIE RURAL DES EAUX ET DES FORETS
ENGREF

TECHNICAL SYNTHESIS

NEUTRALIZATION AND REMINERALISATION


OF DRINKING WATER PRIOR TO DISTRIBUTION

CHHUN Sophie Neary

E-mail: chhun@engref.fr

February 2007

ENGREF Centre de Montpellier Office International de l’Eau


648 rue Jean-François Breton 15, rue Edouard Chamberland
Domaine de la Valette, BP 44494 87065 LIMOGES CEDEX
34093 MONTPELLIER CEDEX 5 Tél. (33) 5 55 11 47 47
Tél. (33) 4 67 04 71 00 Fax : (33) 5 55 11 47 48
Fax (33) 4 67 04 71 01
ACRONYMS

AFEE French Association for Water Study

AFNOR French Agency for Normalisation and Reglementation

AGHTM General Association of Hygienists and Municipal Technicians

ASTEE Scientific and Technical Association for Water and Environment

BRGM Bureau of Geological and Mining Resources

CEFRACOR French Centre for Corrosion

CEN European Centre for Standardisation

CEOCOR West European Committee of Corrosion Studies

CNFME National Training Centre for the Water Profession

CRECEP Corrosion and Network Protection Commission

CSHPF French Superior Council for Public Hygiene

CSTB Scientific and Technical Centre of the Building Trade

DCE European Water Framework Directive

DDASS Departmental Direction for Health and Social Action

DGS General Direction for Health

DRASS Regional Direction for Health and Social Action

FNDAE National Funds for Water Conveyance Development

OIEAU International Office for Water

SISE-Eaux Information System in Health-Environment for Waters

TAC Complete Alcalimetric Titre

TDS Total Dissolved Solids

TH Hydrotimetric Titre

UDI Distribution Unit

VAT Value Added Tax

VS Health Watch

WHO World Health Organization

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 2
ABSTRACT AND KEYWORDS

Abstract
Why does drinking water need to be neutralized or mineralised? What sort of treatments
exist in France and in Europe? What sort of decision levers influence local authorities’
choices between different methods? Are they technical, economical, does it depend on the
size of the structure, on the flows to be treated, or is past involvement the key? Questions we
intend to answer over the course of this technical synthesis about neutralization and
remineralisation, issues that simultaneously involve legislation, technical matters and
economic issues.

Keywords : Neutralization, Remineralisation, Calcocarbonic equilibrium, Hardness, Total


mineralisation, pH value, CO2 in excess, Aggressiveness, Corrosiveness, Tillmans Layer, EC
Directive 98/83/EC, Decree n°2001-1220, Water Treat ment, Distribution, Lead, (Leaching of
metals : Copper, Iron, Zinc).

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 3
TABLE OF CONTENTS

ACRONYMS 2
ABSTRACT AND KEYWORDS 3
WHY DOES DRINKING WATER NEED SPECIFIC TREATMENT FOR NEUTRALIZATION /
REMINERALISATION ? 5
O DEFINITIONS OF AGGRESSIVENESS AND CORROSIVENESS 5
o FRENCH AND EUROPEAN LEGISLATION : WHAT IS LEGALLY IMPOSED ? 6
O VARIABLES THAT HAVE AN INFLUENCE ON WATER QUALITY. CLASSIFICATIONS AND
CARTOGRAPHIC REPRESENTATIONS. 8
O TECHNICAL CONSTRAINTS CONCERNING REMINERALISATION. 9
O THE PROTECTIVE TILLMANS’ LAYER 10
O HEALTH RISKS OF A WEAKLY MINERALISED WATER. 10
2. METHODS USED, SOLUTIONS ADOPTED. 11
o NEUTRALIZATION 11
O REMINÉRALISATION 12
O REAGENTS USED FOR NEUTRALIZATION OR REMINERALISATION 12
O COSTS OF THE PRINCIPAL METHODS USED FOR AGGRESSIVE WATERS 15
3. BROAD PANORAMA AND APPLICATION LIMITS. 16
o DESALINATION, REUSE OF WATERS AND RENEWED INTEREST FOR REMINERALISATION. 16
o SMALL FLOWS : LOOKING FOR THE BEST COMPROMISES 16
o WHAT SORT OF ALTERNATIVE RESOURCE COULD REPLACE NEUTRALITE USE? 17
CONCLUSION 18
BIBLIOGRAPHY 19
LIST OF PEOPLE CONTACTED 21
ANNEXES 23

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 4
This technical synthesis considers the treatments used to balance soft waters, that’s to say
acidic, weakly mineralised waters and/or rich in aggressive CO2. These types of waters,
which taste unpleasant, are also aggressive and corrosive. Therefore the key issues at this
stage are health protection for consumers and asset protection. We expected to prepare
a presentation which purports to be synthetic and complete, written for readers already
knowledgeable about drinking waters treatments. After a legislative, technical and health
presentation of the neutralization and remineralisation issues, we will present the methods
used in France and in Europe, prior to concluding on the long term and potential future of
these methods and their applications.

WHY DOES DRINKING WATER NEED SPECIFIC TREATMENT FOR NEUTRALIZATION /


REMINERALISATION ?

o DEFINITIONS OF AGGRESSIVENESS AND CORROSIVENESS

Hardness or the hydrometric titre (TH1) of water is characterised, for the International
Glossary of Hydrology (1992) and the ISO norm n°610 7-1 (1996), by hardness to make soap
lather. The total hardness is the sum of temporary hardness (due to the presence in solution
of calcium and magnesium salts, but not carbonates) and permanent hardness (due to the
presence in solution of calcium and magnesium bicarbonates) (Hubert & Carbonnel, 2000). It
represents calcium and magnesium content in water. In France, hardness or TH unit is the
French degree (°F) 2. If the water presents TH values lower than 8°F, it is soft water. It is
hard water allowing for a deposit of insoluble salts (fur and scale) if the TH is higher than
15°F (Mayet, 1994). We will focus on soft and low m ineralised waters.

Aggressiveness is the ability of water to dissolve lime, and is linked to the presence of
excess CO2 (or aggressive CO2) in water. The dissolution of lime will continue until the calco-
carbonic equilibrium is reached. An aggressive water cannot form any calcium carbonate
deposit. Aggressiveness decreases as temperature increases (Mayet, 1994). The
aggressiveness of the water can be measured by a chemical test, also called the marble
chips test. A small amount of thinly crushed and washed marble is added to the water. After
24 hours, we compare the pH value and hardness before and after this addition. This
enables us to define the aggressiveness of the water. (GLS, 2003).

The calco-carbonic equilibrium is reached when the water comes into contact with
limestone and the concentrations in Ca2+, in free CO2, bicarbonates and carbonates do not
change. Various graphic methods exist and enable us to determine the equilibrium pH value
(or saturation pH value = Langelier’s pHs) of the water, given its chemical composition.
(Mayet, 1994).
Hoover’s nomogram allows the manufacturer to graphically determine the saturation pH
value (pHs) of the water. Langelier’s index, Ryznar’s index (also called the stability index),
and Stiff-Davis’s index enables us to know if the water is either aggressive or scaling. (GLS,
2003).

Corrosiveness is the ability of water to dissolve metals, is linked to its physico-chemical


composition (pH values, resistivity, dissolved oxygen concentration, chloride and sulfate
concentrations). Corrosiveness increases as temperature increases. (Mayet, 1994).
Larson’s index is an empirical formula based on two Americans’, Larson and Skold’s
experiments. From LR > 0,2 - 0,3, water tends to be corrosive. (GLS, 2003).

1
THT = TCa + TMg = [Ca2+] + [Mg2+]
2
Measurement Units : 1°F = 10 mg/L of CaCO 3 = 4 mg/L of Ca2+ = 0,7 British degrees = 0,56°dH (German degrees) = 0,58
American degrees.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 5
Schock’s thermodynamic model allows one to calculate, from the measured pH value,
alkalinity and lead solubility, eg. the maximal concentration of lead at the chemical
equilibrium, given the temperature.

For soft waters, Franquin-Marecaux’s and Girard’s graphics provide very good results. For
moderately soft to slightly hard waters, we can use Tillmans’, Langelier’s, Franquin-
Marécaux’s or Hallopeau-Dubin’s curves. (Gamrasni, 1982).
Softwares such as Calcobase (Degremont), LPL Win (Cifec) or Equil (Hallopeau) are well
recognized in the market and validated by experience, they help contructors to dimension
neutralization and remineralisation installations.

Langelier’s index (or saturation index) IL = pH – pHs


Ryznar’s index (or stability index) IR = 2 pHs-pH
Stiff-Davis’s index SDI = pH – pCa – pAlc – K
- 2- -
Larson’s index LR = ([Cl ] + 2*[SO4 ])/ [HCO3 ]
Table 1 : Indexes of characterization of water aggressiveness and corrosiveness

A certain “correlation” is observed between soft waters and aggressive waters or hard
waters and furred waters, even if significant differences of definitions are underlined above.

o FRENCH AND EUROPEAN LEGISLATION : WHAT IS LEGALLY IMPOSED ?

In 1998, a report published by the French Health Ministry underlined that more than 3 000
distribution units supplying around 3.7 billion inhabitants deliver water that present pH values
smaller than 6.5 or conductivity values lower than 150 µS/cm.

Is water softness a risk to health for the consumer or just a comfort and taste issue ? The
regulations mention water aggressiveness and also its corrosiveness and its potential to
dissolve lead1.

European legislation based on Directive 98/83/EC of November, 3rd, 1998 (completely


resumed in French legislation based on Decree n°200 1-1220) do not mention any limit or
reference of quality for hardness of drinking water. Articles from these texts only mention an
objective of non aggressiveness of waters and give guideline values2 for pH value,
conductivity, sulfates and chlorides. In the directive transposition into French legislation, the
Decree n°2003-461 of May, 21 st, 2003 related to the Public Health Code3 highlights in its
articles R.* 1321-48 and R.* 1321-55 and in the annex 13-1-II that “after treatment, the water
must neither be aggressive, nor corrosive, they must not interfere with the disinfection
process”. Lastly, whilst on a European level, there is no specific legislation either for
aggressiveness or for corrosiveness, the CEOCOR4, European Comittee of Studies on
corrosion and network Protection, acts particularly on the correction of water aggressiveness
(research and pre-normative activities).(Baron, 2006).

Circular DGS/VS4 n°98-225 stresses that for waters whose pH values are inferior to 6.5 the
“(indirect) risk for health” does exist because of the importance of lead dissolution, iron
1
Nevertheles, according to data from the French national database SISE-Eaux and Circular DGS/SD7A n°20 04 -45 of
February, 5th, 2004, only 1,5% of the analyses carried out on water resources between 1999 and 2002 within the framework of
health control showed lead content superior or equal to 10 µg/L (0,4% for the limit of 25 µg/L).
2
”Guide values” for Directive n°75/440/CEE, “ re ferences of quality” for the decrees n°89-3 and n° 2001-1220, « prescribed
parameters » for the Directive n°98/83/CE.
3
The decree n°2003-461 of May, 21st 2003 relative to certain legislative dispositions of the Public Health Code and the decree
n°2003-462 of May, 21st 2003 relative to legislativ e dispositions of parts I, II and III of the Public Health Code were published in
the Official Journal of May 27th 2003. They abrogate texts, one of which is the decree n°2001-1220 of December 20th 2001,
that are codified from now on.
4
Within the ASTEE, a commission « Corrosion and network protection » is interested in questions of corrosion and pipe
degradation. It participates in CEFRACOR’s activities and represents France at the CEOCOR, in particular in one of the four
sectors of the CEOCOR (sector B) concerning internal corrosion and water treatment.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 6
corrosion, and degradation of cement-based materials. Along its flow, water can transport
toxic (lead, nickel, cadmium) or indesirable (copper, zinc) substances. European Directive
98/83/EC is a turning point for problems of lead corrosion, imposing a clear guideline in
terms of health protection (Godet & al., 1998). In 1994, references issued by the World
Health Organization (WHO) introduced the value of 10 µg/L for water content in dissolved
lead. In 1998, various studies and conferences concerned peoples’ exposure to lead by the
distributed water. (Water treatment is considered as a palliative solution. It cannot permit by
itself neither to reach the quality limit that will be fixed at 10 µg/L as from December 25th,
20131, nor, of course, to suppress the lead source coming from pipes and connections).

Underneath, the table represents quality limits fixed by existing French and European
legislations :
Directive Circular DGS/VS4 Directive Decree
Decree n°89-3
n°75/440/CEE n°98-225 n°98/83/CE n°2001-1220
Distributed water must Waters must not Waters must
not be aggressive. Calcocarbonic be aggressive. not be
pH 6,5 ≤ pH ≤ 9
6,5 ≤ pH ≤ 9 at the user’s equilibrium 6,5 ≤ pH ≤ 9,5 at aggressive.
tap. the user’s tap. 6,5 ≤ pH ≤ 9
TH TH ~ 8°F 8°F
TAC ~ 8°F 8°F
TAC 1 1
TH/TAC near to 1 TH/TAC near to 1
180 to 1000
µS/cm, 20°C.
Conduc 1000 µS/cm, Quality reference : 400
2500 µS/cm, 20°C Waters must
tivity 20°C. µS/cm
not be
corrosive
10 µg/L
If the network has 2
10 µg/L
[Lead] 50 µg/L pipes in lead : < 25 10 µg/L
µg/L after controlled
stagnation of 30 mn
[CO2]
Let’s underline some differences in the terms used for pH and conductivity, directive n°75/440/CEE recom mends
“guide values“, the directive n°98/83/CE “ prescribed parameters“ and the French decrees “ references of
quality “. For lead contents, directive n°75/440/CEE mentions an “ imperative value “, directive n°98/83 /CE
“ parametric values “ and the decrees a “ limit of quality “.
Furthermore, in directive n°75/440/CEE, the limits of quality are defined in function of the treatment compulsory
performances (A1, A2, A3). It concerns lead in particular, with even more stringent values fixed for waters of
quality A1 (10 µg/L).
Notes used in the table :
a. Bring water to the calco-carbonic equilibrium without simultaneously increasing sodium, chlorides or
th
sulfates content in water. This quality objective is resumed in Circular of April, 8 , 1998.
b. 25 µg/L during the period included between 5 and 15 years after the Directive come into force.
c. From December, 25th, 2003, norm is 25 µg/L. From December, 25th, 2013, the definitive norm will be
fixed to 10 µg/L.
Table 2 European and French legislations, quality references and limits

Other legislative texts concern water quality in France : Circular DGS/SD 7 A n°2004-45 of
February 5th, 2004, Circular DGS/SD 7 A n°2002-592 of December 6th, 2002, Circular n°309
of May 3rd, 2002, Order of November 4th, 2002, Circular n°98-225 of April 8 th, 1998, Decree
n°89-3 of January 3 rd, 1989 modified.
Norms2 : NF T90-008 (February 2001), FD T90-112 (July 1998) ; FD T90-119 (July 1998).

Note that in France, the farmer follows the instructions of Circular n°98-225 trying to apply
the “ three eight law “, water tending to be at the equilibrium or slightly furred (TAC = 8°F, TH
= 8°F, pH ≥ pHs+0,2 (pH ~ 8)).
1
“Appropriate measures to progressively reduce lead concentration during the required period to conform to the quality limit are
specified in articles 33 and 36 (application order) of the present decree” (Annex 13-1 of Decree n°20 03-461).
2
NF T90-008 : Water quality. Determination of pH values. FD T90-112 : Water quality. Measures for 8 metallic elements (Mn,
Fe, Co, Ni, Cu, Zn, Ag, Pb) by spectrometry absorption atomic flame. FD T90-119 : Water quality. Measures for 8 mineral
elements (Al, Sb, Ag, As, Ba, Co, Cu, Sn, Mn, Mo, Ni, Pb, Se, Ti, V)

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 7
In other European countries, the equivalents of Decree 2001-1220 are the following texts :
Italy Spain United-Kingdom Holland Germany
The Water Supply (Water Quality)
Regulations 2000 The Order
Decreto The Water Supply (Water Quality) Trinkwasserveror
Real Decreto Waterleidingb
Legislativo (Scotland) Regulations 2001 dnung – TrinkwV
Decree 140/2003, de 7 esluit (Water
2 febbraio The Water Supply (Water Quality) 2001
de febrero Decree)
2001, n. 31 (North. Ireland) Regulations 2002 May, 21st 2001
The Water Supply (Water Quality)
(Wales) Regulations 2001
pH - 6,5 ≤ pH ≤ 9,5 6,5 ≤ pH ≤ 10 7 ≤ pH ≤ 9,5 6,5 ≤ pH ≤ 9,5
Conducti 2 500 µS/cm, 1250 µS/cm à 2 500 µS/cm,
- 2 500 µS/cm à 20°C
vity 20°C 20°C 20°C
Water : Non Non aggressive Non
Non aggressive Non aggressive
Objectif aggressive nor furred aggressive
25 µg/L
40 µg/L from
from
50 µg/L until 25 µg/L du 25/12/2003 au 01/01/2003 ;
25/12/2003
31/12/2003 ; 25/12/2013 25 µg/L from
until - No datas in
[Lead] 25 µg/L until 01/12/2003 until
25/12/2013 english -
31/12/2013 Puis : 10 µg/L 31/11/2013 ;
Then : 10 µg/L
Then :
Then : 10 µg/L
10 µg/L
1≤TH≤2,5
Other - -0,5 ≤IL≤ 0,5 - -
mmol/L
- Draft - Technical
regulations Standards of the
Complem from the German Gas and
CEOCOR CEOCOR CEOCOR
ents Netherlands Waterwork
AFNOR, CEN Association
- CEOCOR - CEOCOR
Table realised with datas from (Slaats, 2006 ; Chauveheid, 2006 ; Klinger, 2006) ; (CEN, 2001).

Table 3 Transposition of the European directive in national legislations, comparison

In Belgium , the European Directive is included in 3 regional legislations1 : the Order of


24/01/2002 for Brussels, the Order of 13/12/2002 for Flanders and the Order of 15/01/2004
for the French part of Belgium (Wallonie).

o VARIABLES THAT HAVE AN INFLUENCE ON WATER QUALITY. CLASSIFICATIONS AND


CARTOGRAPHIC REPRESENTATIONS.

“pH values and conductivity are most often dependent on the natural resource” (Circular
DGS/VS4 n°98-225). “Groundwaters that evolved in cr ystalline, evaporite, carbonate,
molasse and flysch aquifers, can be clearly distinguished based on their major and trace
element composition and degree of mineralisation” (Kilchmann & al., 2004). Thus, some
trends can be deduced from some geochemical characteristics of rocks and aquifers. In
general, surface water is softer than groundwater (Gray, 1994). And lake waters are
particularly soft. But, amongst groundwaters, waters caught in crystalline rocks (gneiss and
granite aquifers) generally have a low total mineralisation and are particularly acidic. This
geological context concerns in particular the Hercynian massifs (the Massif Vosges, the
Ardennes, the Black Forest, Bohemia, the Rhine schistous Massif, the Massif Central,
Brittany, Cornwall, Asturies, the Iberic Plateau) (Godet & al., 1998), the Pyrenees, the
Central Alps, Scandinavian countries.

1
Belgium, a federal state, is composed of three regions, competent in water field.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 8
Water hardness is cartographied at the departmental level by DDASS (16 departmental
maps and one regional map representing water hardness1 are available on their website), at
the national level by the Scientific and Technical Centre of the Building Trade or CSTB (Map
of hard waters, TH > 25°F, on paper) and by the Bur eau of Geological and Mining Resources
or BRGM (Map of aquifers in France indicating mean values of hardness and pH, on paper,
1994). The French Association for Waters Studies (AFEE) published in 1954 a summary of
departmental monographies of water hardness in France, accompanied by a chart of water
tables and geological maps with indicators of total and temporary hardness. This document
underlines the influence of rocks on water hardness (Gamrasni, 1982).

On the other hand, surface water2 can undergo variations of mineralisation during the year.
This seasonality in conductivity values for raw water can be explained by a dilution effect
from rain and snow melting.

In 1968, M. Neveux, in its work Corrosion of water and gas pipes, causes and solutions3,
proposes a first classification of waters according to their hardness. The CSHPF (French
Superior Council for Public Hygiene) and the AGHTM (General Association of Hygienists and
Municipal Technicians) defined the typologies that are today recognized and used in France.
Indeed, to make the census easier for acidic and weakly mineralised waters, the French
Superior Council of Public Hygiene (CSHPF) defined a simplified typology of these waters,
based on two criteria related to pH values and conductivity. Circular DGS/VS n°98-225 of
April 8th 1998 distinguished the two classes of distribution units :
- Class 1 : distribution units presenting pH values lower than 6.5.
- Class 2 : distribution units presenting pH values higher or equal to 6.5 and a
conductivity lower than 150 µS/cm.
Moreover, works led by AGHTM, quoted in Circular DGS/SD7A n°2002-592 of December 6 th
2002, permit water potential to dissolve lead to be characterized in 4 classes and to be
associated to pH values (in situ measures) : very high (pH ≤ 7), high (7 < pH ≤ 7,5), medium
(7,5 < pH ≤ 8) or low (pH > 8). This method is used in the National review relative to the
potential to dissolve lead of waters destined for human consumption published by DGS in
January 2006 : introduced map highlighting at the departmental scale the proportion of
distribution units (UDI) and of population supplied with a water whose dissolution potential is
high or very high.

o TECHNICAL CONSTRAINTS CONCERNING REMINERALISATION.

The processes of water balancing can permit the correction of pH values prior to a biological
or physico-chemical treatment. pH values of water are particularly linked to the coagulants
used which range of use are :
Use pH Optimum pH
Aluminium Sulfate 5,7 - 7,2 6
FeCl3 5,5 - 8,5 8
WAC 6 - 7,5 6,5
Table 4 : Ranges pH of use of the principal coagulants
Furthermore, pH values are to be monitored with great caution because it is also plays a role
during disinfection.

1
On DRASS websites, are available maps for departments in Orme, Bourgogne (2000-01), Champagne-Ardenne (2003), Nord-
Pas-de-Calais (2003), Alpes de Haute Provence (2003), Ile-de-France (2005).
2
Nive river plant (Basque country) observes conductivity values inferior to 180 µS/cm at 20°C, between the months of October
and April. The Nive river level and conductivity seem to be graphically correlated.
3
In 1987, an AGHTM work was published in Lavoisier Tec & Doc, Water and Gas Pipes, corrosion, degradation and protection.
Two parts are devoted to water in networks for public distribution and water in networks for private distribution, but they don’t
have any graphical synthesis. The ASTEE, in its commission “Corrosion and networks protection”, works to its following
publication of an actualised version of this work.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 9
- Lowering the pH values of weakly mineralised waters can minimise bromates
(formed by the oxydation of bromides by ozone) contents. Indeed, bromates
formation is limited when pH values are lower than 6.5. (GLS, 2006).
- pH value is also a key parameter in the equilibrium between HClO and ClO-.
HClO has a bactericide power far more efficient than ClO- (60 times less efficient
than HClO) and the inflexion point is located between pH = 7 (HClO in majority)
and pH = 8 (ClO- in majority) (See table and graphic in the annex 2). (Cardot,
1999).
Neutralization / remineralisation must take into account the efficiency of disinfection, located
downstream and must tend to maintain pH values inferior to 8 if the farmer uses chlorine, or
even inferior to 6.5 if he chooses ozone. The choise of a disinfection process using
ultraviolets could be a good compromise.

We can note that a naturally balanced water can become aggressive due to the treatments it
underwent in previous stages : aluminium sulfate hydrolysis (during the floculation step) ;
acidification (for coagulation optimization for example) ; softening treatments (particularly
during ionic exchanges in filters under pressure); stripping (often used for organic volatile
micropollutants) ; water mixing1. (Masschelein, 1996).

o THE PROTECTIVE TILLMANS’ LAYER

To favour the formation of a protective carbonated layer in pipes in steel or cast iron permit to
protect the distribution network against corrosion. This carbonated layer is composed by a
blend of CaCO3 (calcite), FeCO3 (siderite), FeOOH (goethite), Fe3O4 (magnetite). For soft
waters, the “ three eight law “ sets the following objectives so as to obtain this protective
layer : TAC and TCa ~ 8°F, pHs ~ 8, with pHs ≤ pH ≤ pHs + 0,2 and dissolved O2 ≥ 5 mg/L.
Nevertheless, for soft and acidic water, to reach this pH requires an overdose that the
calcareous filters use, inducing water calco-carbonic equilibrium, does not permit. (See table
in annex 5). For hard and corrosive waters, the objectives to reach are : TAC and TH lower
than 15°F, pH ≥ pHS + 0,2. This difference is due to the fact that the range of “ moderately
mineralised waters “ extends from 8 to 15°F (TAC an d TH) : for reasons of reagents
consumption, we are limited to 8 for soft waters and to 15 for hard waters. (Duguet & al.,
2006).

o HEALTH RISKS OF A WEAKLY MINERALISED WATER.

A few publications and epidemiologic studies, mainly in the US and in the UK, indicated a
correlation between acidity (Zoetman & Brinkman2, 1976), hardness (Lacey3, 1981 ; Powell &
al4., 1982) or total dissolved solids and cardiovascular diseases. Recently, 27 articles from
the Russian scientific journal Hygiene and Health Security (published between 1965 and
2005) were recorded . They concluded that the effects of a long term consumption of water
weakly charged in calcium and magnesium can have on human health (Kozisek, 2006).
These articles report in particular risks of hypertension and cardiovascular diseases, direct
effects on the intestinal mucous membrane (Kozisek, 2004).

Furthermore, the toxicity of contaminants would also be higher in soft water than in hard
water (Gray, 1994).

1
In Tillmans’ graph, the correlation between CO2 and HCO3- is not linear. A water A mixed to the same amount of water B can
produce a water C aggressive while both waters are not.
2
Zoetman, BCJ., et Brinkman, FJJ., 1976, Hardness of Drinking Water and Public Health, Pergamon Press, Oxford.
3
Lacey, RF., 1981, Changes in water hardness and cardiovascular death-rates, Technical Report 171, Water Research Centre,
Mendmenham.
4
Powell, R., Packham, RF., Lacey, RF., Russell, PF., 1982, Water quality and cardiovascular disease in British towns.
Technical report 178, Water Research Centre, Medmenham.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 10
Nevertheless, the major risks to health generally taken into account remain indirect and are
linked to the corrosiveness and the acidity of the water (iron dissolution and risks to obtain
“red waters”, lead and copper dissolution, low chlorine residue in the distribution system,
vulnerability to intrusions of dirty external waters). In 2004 only, a WHO report concludes on
the potential beneficial contribution to health of magnesium (and calcium, but with lower
consequences) contained in drinking water. Between April 24th and 26th 2006, an
international symposium1 took place in Baltimore (Maryland, USA) to help the WHO define
questions about health aspects and calcium and magnesium contents into drinking water
they will need to go further into.

The processes of pH balancing deal with many issues : the organoleptic quality of water,
public health and network safeguard. In the network, pH and mineralisation can have specific
effects in terms of corrosion control, water aggressiveness, the disinfectant action and the
precipitation of dissolved elements. But pH values can vary throughout the network, if the
water is not balanced when it leaves the station, or due to the evolution of dissolved CO2
concentration. To distribute a water slightly oversatured in calcium carbonate following the
“ three eight law “ permits the formation of a protective deposit in the pipes. (Loiseau &Juery,
2002).

2. METHODS USED, SOLUTIONS ADOPTED.

What sort of decision levers influence local authorities’ choices between different methods?
We shall consider in this paragraph processes to reach the calcocarbonic equilibrium, either
by neutralization or remineralisation. It is known as neutralization if the CO2 used to produce
bicarbonates is the CO2 of raw water; remineralisation if it is added CO2. The objective for
water when it leaves the station is to be at the equilibrium or even slightly furred.
Nevertheless, because the pHs value is conversely proportional to the mineralisation, we
need to produce water which is neither too soft, nor too hard, so as to guarantee pH values
compatible with water drinkability (pH < 8.5) or with the power of dissolution of other salts
(dissolution of lead at pH < 7.5). (Duguet & al., 2006).
With regard to the corrosiveness, this synthesis is limited to the study of the calcocarbonic
equilibrium does not further develop the means of fighting against corrosion (cathodic
protections, anodic and cathodic inhibitors, hydrophobic films).

o NEUTRALIZATION

In France, the principal neutralization techniques accepted by the DGS (French General
Direction of Human Safety), enabling a reduction in free CO2, include:

- Physical elimination :
(1) CO2 stripping.
Airing by CO2 stripping is not much used in France but is used to correct aggressiveness in
Belgium in particular for highly mineralised but aggressive waters. CO2 solubility into water
follows the general laws of gas solubility, it decreases when temperature increases and when
water is in the presence of a gaseous phase poor in CO2. Airing can be achieved in different
ways: cascades, streaming on contact materials, diffusion in an emulsifier, forced ventilation
in a column or spraying that is the most efficient. (Ravarini, 2004; Degrémont, 2005). All the
systems of stripping function as reverse flow systems, governed by mass transfer laws. The

1
Symposium organised by NSF International (Public-Health and Safety Company), ILSI (International Life Sciences Institute)
and the WHO. http://www.camgwater.org/NR/rdonlyres/21100147-B762-49AE-A6D8-
072F384304AB/0/ProgramandAbstractBook.pdf

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 11
utilisation of contact materials enable an increase in the transfer surface and help to
minimise the system’s bulk.

- Chemical neutralization :
(2) Lime addition.
(3) Strong salts of calcium and combined salts addition.
(4) Filtration through a calcareous filter.
Chemical neutralization can (or must) be completed by a pH reajustment and the addition of
soda-ash in low concentrations).

Water mixing, not mentioned in the French Circular DGS/VS4/2000/166, must not be a
solution of remineralisation but, if it is used to meet other objectives, it can contribute to
balance the water.

o REMINÉRALISATION

This method is used in order to act on both alkalinity and water hardness. When waters are
too soft, a single neutralization of carbonic aggressiveness is not sufficient to attain
sufficiently high overall mineralisation values and the pH values are generally really
unsteady. A treatment of remineralisation (or recarbonatation) is thus needed. Two
processes in particular are used :
(5) Injection of CO2 followed by an addition of lime.
(6) Injection of CO2 followed by a filtration through a calcareous filter.
(7) Addition of sodium bicarbonate and calcium chloride. (Patrice Dessapt and (GLS,
2003)). We can also use calcium sulfate but, because of its low solubility, it is not
really practical to use. (OIEau, 1992).
This last method gives an advantage in terms of treatment: it is possible to measure the TAC
and calcic hardness (TCa) of water more precisely and independently :
- the TAC increases of 1°F with the addition of 16, 9 g/m3 of NaHCO3,
- the calcic hardness (TCa) increases of 1°F with t he addition of 11,1 g/m3 of CaCl2. (GLS,
2003).
3
Reagents Quantity of reagent per m and per °F of TH and TAC to correct
CO2 + lime 8,8 g of CO2 7,4 g of Ca(OH)2
Sodium bicarbonate + 16,8 g of NaHCO3 11,1 g of Ca(Cl)2
Calcium chloride (TAC) (TCa)
Sodium bicarbonate +
16,8 g of NaHCO3 13,6 g of CaSO4
Calcium sulfate
Table prepared with data from(GLS, 2003).
Table 5 Quantities of reagents necessary for water mineralisation

o REAGENTS USED FOR NEUTRALIZATION OR REMINERALISATION

Reagents for pH correction (and/or mineralisation) used in (2, 3, 5) are in the A1 list from the
first annex of the Circular DGS/VS4/2000/166 of March 28th, 2000 : active lime, deactivated
lime (AFNOR norm : NF EN 12518), calcium carbonate (NF EN 1018), calcium chloride,
sodium bicarbonate (NF EN 898), carbon dioxyde in the form of carbonic anhydride (NF EN
936), sodium hydroxyde or soda ash (NF EN 896).

However, the French circular DGS/VS4 n°98-225 sets out in more detail the treatment
processes recommended for acidic and weakly mineralised waters :
- lime and carbon dioxide addition;
- calcium carbonate addition in slow dissolution reactors;

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 12
- lime addition (calcium hydroxyde) in the form of lime milk or
lime water.

Lime milk or lime water

Lime exists in the form of active or deactivated. To deactivate lime can be complex and
farmers generally prefer to work directly on commercially deactivated lime, either with dry
lime or with lime milk (a suspension with more than 50 g/L in Ca(OH)2), or with lime water (a
solution with approximately 1,3 g of CaO per litre or 1,7 g/L in Ca(OH)2). Lime is generally
used in the form of pulverulent powder so as to offset the low solubility of the reagent. The
establishments SICAB conceived a “micronised” lime milk - very concentrated but which
settles very slowly: the Aquacal. (Ravarini, 2004) and (Ortegat, 1991).

Is neutralization and/or remineralisation used up or downstream from conventional


treatments? (See table in Annex 5).
- Upstream neutralization helps to maintain pH values in a zone compatible with the
coagulant optimal precipitation (zone most often restricted to [6 – 8]1). However,
reagents generally used for coagulation-floculation indirectly produce CO2 and it
can be worthwhile correcting pH values and water aggressiveness downstream
from this stage ;
- Lime milk, used upstream, is often followed by a sand filtration or a decantation
because, being rather unsteady, it can leave deposits in treated water ;
- A membrane downstream from neutralization using lime milk can clog up.
Both positions are possible and should therefore be considered on a case by case basis,
according to the treatment in place.

Calcareous filters2

The aggressive CO2 can be eliminated by forcing the water to soak through a thick soluble
bed of an alkaline earth material. This one is “attacked” by the aggressive CO2, following the
reaction: CO2 + CaCO3 + H2O → Ca(HCO3)2. This method consumes 2g of calcium
carbonate per g of neutralized aggressive CO2. Moreover, it provokes an increase in
hardness of 0.23°F per g of neutralized aggressive CO2. This method does not need any
particular ajustment but the filter bed needs to be refilled when it is periodically backwashed
and fluidised. (GLS, 2003). These installations are particularly well adapted for small units
supplied with underwater, which flow often varies.

The principal calcareous filters used are:

(1) Dolomies (CaCO3+ (CaCO3, MgCO3)) (5) Neutralite = Lithotamne = Acticalmag


(2) Calcinated dolomies (CaCO3+ MgO) (CaCO3+ 5% MgCO3).
(3) Magno (CaCO3, MgO) (6) Juraperle (CaCO3)
(4) Akdolit® CM G (Ca0, MgO) (7) Marble powder (CaCO3)
(8) Granulite

2
Suppliers : Letertre, Carmeuse, ABA, National Lime Association, Lhoist (its subsidiaries Balthazar et Cotte, Lhoist France and
its regional offices).

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 13
The table below sets out the principal technical characteristics of these materials :

Chemical Apparent
Norm Aspect Granulometry Delivery
Characteristics Density
CaCO3 : 69%±1% CM0G : 0-0,5 mm In bulk with
Calbrated
Akdolit MgO : 25%±1% CMIG : 0,5-2,5 mm 1200-1300 pneumatic unloading
EN 1017 Marbles 3
CM G ® H2O : <3% CMIIG : 2,5-4,5 mm kg/m (20t)
(4,1 m²/g)
CaO : <1,5% CMIIIG : 4,5-7 mm Bags 25-50-1000 kgs
Carbonates : 98,6%
Irregular CaO : 45% P : 1-3 mm 3
1080 kg/m In bulk in
and MgO : 5% M : 2-4 mm
Neutralg ® pulsating
EN 1018 crushed Chlorhydric insoluble G : 3-7 mm
(neutralite) Real density : tanks
granules elements : <2% MG : 2-8 mm 3
2700 kg/m Bags 25-40-500 kgs
(5,7 m²/g) Trace elements : trace
quantities
CaO : 40,4%
MgO : 26%
Magno-
Fe2O3 : 0,6%
Dol (semi- 3 In bulk
EN 1017 - Al2O3 : 0,6% 0,5 - 2,06mm 1 300 kg/m
calcinated Bags 25 kgs
SiO2 : 0,3%
dolomies)
Combustion losses :
32,1%
The distinction is hard to make between generic products and brands from each manufacturer,
between the mining product and the transformed product stemming from a thermic or chemical
process.
Table prepared from data from (Evers, 2006), (Derwent Water Systems Ltd, 2006), and completed
with data collected from Lhoist (Kramadhati, 2006).
Table 6 Characteristics of certain filter materials

The filters accepted by the French DGS are listed in the first annex of the Circular
DGS/VS4/2000/166 of March, 28th 2000 as mineral supports for treatment: calcium
carbonate (norm AFNOR : NF EN 1018), carbonates and mixed calcium and magnesium
oxides (NF EN 1017), mixed calcium and magnesium carbonates.

The Akdolit CM G ® (Lhoist), new reagent created from semi-decarbonated dolomies, and
tested by the International Office for Water1 in 2005 ; the economical study of these products’
utilization was completed in 2006. (OIEau, 2006). At present, it is used by Saur (West
Region) (test carried out on the production unit of Pont-Mouton, in Plouhinec, in the
department of Morbihan) and in Germany, it is in accordance with the norm EN 1017 type A
and is examined by the Water Bureau (DGS). (Kramadhati, 2006).

Juraperle (Evers) is a mining substract not often used for remineralisation (Germany; one
plant in the department of the Vosges) (Evers, 2006). Neutralite, marble and juraperle are
said to be the most efficient filters because the magnesium contents and inert parts (between
15 and 20% in dolomies) limit the utilization of other filters. However, neutralite remains the
most commonly used calcareous filter (15 000 tons/year on the French market), and in
particular by autonomous municipally-managed utilities (the French “régies”), and the most
economical on the market (Patrice Dessapt). The department of the Vosges is a good
example (See table in annex 7ter) : out of the 285 management units, 256 are collectivity-
owned treatment stations and 229 correct the calcocarbonic equilibrium of their water (4 by
remineralisation on neutralite, 1 by neutralization on juraperle, the rest by neutralization on
neutralite) (Bontemps & al., 2005) (Nicolas, 2007).

1
Tests carried out on the experimentory filter of the “drinking water” platform in the National Training Centre for the Water
Profession (CNFME) and supported by health services of the department of Creuse, on the distribution network of the
municipality of Lafat.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 14
Consumption g per g Increase of TH °F per Increase of TAC °F per
Reagent
of neutralised CO2 g of CO2 g of CO2
Deactivated lime 0.84 0.113 0.113
Soda ash 0.91 0 0.113
Na2CO3 2.41 0 0.227
CaCO3 2.27 0.227 0.227
Marine limestone
2.2 à 2.4 0.227 0.227
(CaCO3 + MgCO3)
Akdolit ® CM G 1.3 - -
Juraperle (CaCO3) 2.5 0.228 (0.128°dH) -
Dolomitic Filter
(CaCO3 + MgO) type 1.28 - -
Everzit ® Dol
Marbre (CaCO3) type
2.5 0.228 (0.128°dH) -
Everzit ® Carbonat
Magno (CaCO3 + MgO) 1.06 0.151 0.151
Table realised with datas from (Duguet & al., 2006), (Evers, 2006), completed by datas collected to
Lhoist (Kramadhati, 2006).
Table 7 Consumption of different reagents considered as pure and their action on the
mineralisation of water

The percentages of use of the different products are to be given by each one of the technical
and regional directions of the water boards. Tables in annexes 7, 7b and 7c give elements of
answers for the Regional Western Centre of the Compagnie Générale des Eaux (Veolia), the
department of the Vosges and the Landes - Basque country agency of the Lyonnaise des
Eaux (Suez).

o COSTS OF THE PRINCIPAL METHODS USED FOR AGGRESSIVE WATERS

Why is it that although the decree is the same, concrete applications differ in the field?
Indeed, they depend not only on costs but also on structure sizes / the geographical
proximity of a substract / the background of methods used.

A study commissioned by the European Commission, in the context of the negotiation of the
Directive n°98/83/CE related to waters destined for human consumption and to lead,
underlined that for soft aggressive waters, neutralization or mineralisation treatments would
cost around 0.5 billion francs for the investment (around 75 million euros) and would affect
almost 4 million people.

In annexes 3, 4 and 5 tables of the comparison of costs of treatment linked to many


processes of neutralization / remineralisation are set out. Nevertheless, the costs were rather
difficult to list, only comparative tests of various processes allowed for the setting of the
same bases of comparison for exploitation costs.

Choice of reagents

The cost of reagents is generally correlated to the transport costs. The choice of the supplier1
thus depends on his geographical proximity.

- The utilisation of soda ash is economical in reagents use and in investment, making use of
it is thus easy. However, soda ash corrects pH values but not mineralisation. And
concentrated soda ash solutions cristallise at ambient temperature. The corresponding tanks

1
Lhoist, Carmeuse and Scheffer (Germany) for lime. Air Liquide, Messer France SA for liquid CO2.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 15
must be installed in warm places or be traced-heat retained (soda ash in solution at 50% in
mass cristallises at 10°C). (Degrémont, 2005).
- Lime is the cheapest reagent. However, lime milk use most often concerns big flows
because it is awkward to handle, it requires certain technical skills, maintenance and staff
(equipment must continuously function) and initial investments are not insignificant (back up
pumps a system of double pipes, CO2 demijohns and a lime silo, a system of automatic
rinsing).
- Remineralisation with combined salts (acidic sodium carbonate CO3NaH and calcium
chloride CaCl2), followed by a regulation of pH values downstream (by an addition of soda
ash), is interesting for small flows because it demands a large quantity of products, but few
staff and only minimal equipment (not a major installation with only 2 small pumps and 2
tanks).

The list is difficult because of the numerous processes of neutralization and remineralisation
existing, often multiplied by as many brands and differences as there are suppliers. For a
quality of water given, the choice between processes is made on a sensible mix of criteria
such as economic efficiency, continuity related to existing equipment, the simplicity of
implementation, and technical efficiency.

3. BROAD PANORAMA AND APPLICATION LIMITS.

o DESALINATION, REUSE OF WATERS AND RENEWED INTEREST FOR


REMINERALISATION.

In the 60s, distilled waters stated the problem of remineralisation (Kozisek, 2006). Today,
alternative resources such as desalination (11 000 desalination plants in the world in 2006,
for a total production of more than 22 millions of m3 of desalinated water per day) and
rainwater or residual water reuse, still hardly used1 but interesting, require an obligatory
remineralisation to take back to norms the water destined for agricultural, municipal,
industrial and also drinking uses. In Europe, the leading countries in waste water reuse are
Spain (Vitoria), Cyprus, then Greece, France (Clermont-Ferrand) and Italy (the region of
Emilia Romania) for irrigation use ; Great Britain, Belgium and Spain for the indirect
production of drinking water2 by aquifer refilling. Cyprus, Malta and Spain use desalination
and 60% of the desalinated water is destined to drinking water production. (Suez-
Environnement, 2006).

o SMALL FLOWS : LOOKING FOR THE BEST COMPROMISES

The April 8th 1998 Circular published results from a national survey carried out by the
CSPHF (the French Superior Council for Public Hygiene). It showed that most of the cases
concerned by corrosive waters are in fact small units of production, they deliver ground water
and their management mode under the direct control of the local authorities) (Godet & al.,
1998). The limit of quality of the lead decreased in 2003 to 25 g/L is an additional constraint
for these small units : the standardization begins to settle, but slowly and beginning by the
UDI the most important, less limited by the additional costs in investment created (Nicolas,
2007). Circular DGS/SD 7A n°2004-557 of November, 2 5th 2004 let the small UDI of less
than 500 inhabitants that deliver a very soft water not to balance their waters as much as a
neutralization is done until the pH reached is slghtly superior to 8.

1
In 2006, 2% of waste waters in the world are regenerated. It corresponds to 0.18% of the global demand in water. While 1% of
the global demand in water comes from desalination. (Suez-Environnement, 2006).
2
The direct reuse of residual waters for drinking water production is today confronted by a psychologic barrier. Namibia
(Windhoek) in the only country that uses residual waters regenerated to these ends.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 16
The national review published in January 2006 by the DGS underlines in its conclusion that
small distribution units (UDI) are mostly concerned by the dissolution of high or very high
levels of lead.1 : 44.1% of the UDI of less than 500 inhabitants have a potentially very high
dissolution against only 16.2% of the UDI with more than 10 000 inhabitants. To attain the
calcocarbonic equilibrium or only to neutralize the water seem to be essential, and all the
more so since the French network that measures 850 000 kilometers belongs essentially to
collectivities of less than 2 000 inhabitants (around 60% of the network, for more than 26% of
the population) and is made of various materials taking into account the past processes
involved in the laying of these pipes.

o WHAT SORT OF ALTERNATIVE RESOURCE COULD REPLACE NEUTRALITE USE?

Today, neutralite is the cheapest calcareous filter on the market and it is the most used for
neutralization and remineralisation of water in small distribution units. But, the real issue is
the sustainability of this resource : maerl banks2 are a complex accumulation of calcareous
algae that grow very slowly (0.3 mm/yr) when they are not fossil, their rate of renewal is too
low compared to the exploitation rate to guarantee the continuity of this reserve. In Brittany,
300 000 t/yr are produced (on the 700 000 t/yr produced in France), 90% is exploited by the
TIMAC Ltd of the Malouin Roullier group (Vigo, 2001). Maerl destined for the neutralisation
of drinking water is in fact marginal compared to agricultural3 and industrial4 uses
(Barthélémy & al., 2001). But exploitation conditions (industrial dredges) threaten both this
marine habitat and marine coastal biodiversity as well as increasing coastal erosion. In 1996,
the General Council of Mining in its activity report indicated that: “ in a few decades, the
recognized deposits will be exhausted at the actual rhythm of exploitation and [that] some
alternative materials must be found” (Conseil général des Mines, 1995). People are
becoming aware of the ecological interest of these habitats: the site of Glenan (Brittany),
where important deposits of maerl are located, is now classified as a Natura 2000 zone.
Moreover, the OSPAR convention regulates maerl exploitation. (Choquet, 2005). Since
2005, in Southern Brittany, maerl extraction depends on the mining title. Its exploitation
requires though specific authorization, including an impact study. Today, in the United
Kingdom, maerl extraction has ceased entirely. In France, a prefectoral decree, scheduled
for 2011, aims at the immediate reduction and the mid-term stoppage of Glenan lithotamne
deposit exploitation. Alternative substracts, still not cost-effective, bet on the future, but will
they be within little installations reach? Will the units already equipped with calcareous filters
prefer to totally modify their installations so as to convert to a process using lime milk or
combined salts, or will they conserve the current civil engineering and just change the
substract ?

1
The evaluation method of the potential of lead dissolution in water is defined in the practical guide Contrôle de la concentration
en plomb dans l’eau ; Echantillonage, prélèvement, analyse, interprétation (Control of the lead concentration into water ;
Selection of samples, withdrawal, analysis, interpretation) – AGHTM – June 2001.
2
Lithothamnium coralliodes and Phymatolithon calcareum.
3
Soil conditioner on acidic ground and animal food additive.
4
Loads in painting and in paper manufacture, meltings in steel or glassworks industry.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 17
CONCLUSION

European legislation concerning water destined for human consumption, although it does
not impose any quality limits for water hardness and although it gives only indicator
parameters for pH values and conductivity, nevertheless imposes an objective of non
aggressivenes and non corrosiveness of water. Many distribution units, in particular in small
and often rural collectivities, the management mode of which is the municipally-managed
utility (“régie directe”), do not meet these objectives. Since then, the choice between
processes focus on processes cheap in investment and easy to use. The two processes that
successfully deal with these constraints are filtration on neutralite for neutralization and the
use of combined salts for remineralisation. Remineralisation by addition of combined salts is
rarely mentioned in the literature. Few concrete examples are available despite the
precision of the process and even if ti meets the needs of small collectivities in terms of
remineralisation. Filtration on neutralite is dominating when it comes to the small units of
neutralization because of its background, efficiency, ease of use and low cost. However,
sooner or later, neutralite extraction will be regulated or even stopped because of its
overexploitation and the current pressures being put on the environment. Because of this,
alternative substracts used for remineralisation such as Akdolit® CM G, juraperle, Everzit®
range, which are still not cost-effective or indeed commonly used, nevertheless remain the
safest bet for the future. But will they be within the reach of smaller installations?

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 18
BIBLIOGRAPHY

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LIST OF PEOPLE CONTACTED

Manufacturers : M. TISSELAIN and Paul BELLORINI (Society Captage et Neutralisation),


Bertrand CLOCHARD, Gédéon ALRIC, Luc RIVES, Michel IDIARTEGARAY (Lyonnaise des
Eaux, Biarritz), Patrice DESSAPT (municipality of Montpellier), Abdelkader GAÏD (Veolia
Eau, Saint-Maurice).

Suppliers : Siegfried TENAS and Narahari KRAMADHATI (Lhoist Group).

CEOCOR : Jean BARON (CRECEP, Paris), Eric CHAUVEHEID (VIVAQUA, Bruxelles),


Josef KLINGER (TZW, Berlin), Nellie SLAATS (Kiwa Water Research, NL).

Hydrogeologists : Christian JOSEPH (Herault prefecture), Jean-Christophe MARECHAL


(BRGM).

DDAF : Alain LERCHER (department of Vosges).

DDASS and Health Ministry : Alban ROBIN and Charles SAOUT (Health Ministry, Paris),
Danielle NICOLAS (DDASS Vosges).

Academics: Gilian CADIC (ENGREF, Montpellier) and Patrick SAVARY (Etudes Conseil
Eau).

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 21
ANNEXES

Conductivité à 25°C (µS/cm)

350
300
250
200
150
100
50
0
16-févr

2-avr
17-avr

2-nov
1-janv

3-oct
16-janv
31-janv

18-oct
2-août
17-août
1-sept
2-juil

18-sept
14-juin

17-juil
2-mai
26-mai
3-mars
18-mars

This graph realised from datas gathered in 2004-05 in the station of the Nive river (Lyonnaise
des Eaux, Biarritz) shows experimentally the effect of seasonality on mineralisation of raw
water. Three periods in the year are identified, characterized by a specific quality of water.
During the six months between October and April, the resource is weakly mineralised.

Annex 1 Seasonality of mineralisation of the resource (Sources : SMUN, Syndicat Mixte de


l’Usine de la Nive and Lyonnaise des Eaux, Biarritz).

% HClO % HClO
et % ClO- % ClO-
100%
-
pH % HClO % ClO 90%
<4 Dégagement de dichlore gazeux 80%
5 99.77 0.23 70%
6 97.75 2.25 60%
7 81.30 18.70
50%
8 30.30 69.70
40%
9 4.17 95.83
30%
10 0.43 99.50
20%
- 10%
Balance between HClO and ClO
0%
5 6 7 8 9 10
pH

Annex 2 Balance between HClO and ClO-


Rectification Investment Exploitation Calibrage Supplying Length of life
200 to 250 kg of CaCO3 for
3 Twice a year (depending
1 m /h
Backwashing on the filters sizing)
(Prefilters)
Marble filtration Cost : 0,5 to 1 mm = t ; 1 -
Open or Closed Filters TC 5 to 10 times superior
Very thin granulometry and plugging to 2 mm = t*2.3 ; 2 to 3
than with neutralite and
mm = t*3.7
akdolit
Underground and gravitarian open filters
(or closed under pression filters, in steel, Height from 1 to 1,30m of
that are cheaper) neutralite maximum + 15
Maintenance : backflush with air (20 cm of gravels (15-25).
3 Every 3 months.
Concrete Module / Filtration Module to 30 nm /m²/h, 2 mn) ; air+water (3 2 g of material / g CO2 in
to 5 mn) ; rinse with water (10 to 15 excess
3 Intervention (Filters
Two levels area. m /m²/h, variable length).
emptying + Deposits 20 years (filter
Neutralite filtration Floor equipped with long tail perforations 25% of safety margin
evacuation + Détassage in concrete)
(price excluding VAT) (40/m²), pipe bringing air. Easiness of the exploitation (open
Air+Water) = 90 to 250€.
filter). Sizing in function of the
3 (butterfly
Little to medium flows. Used Station with flows from 5 to 7 m /h, Low staff necessity. time of contact and the flow
3 1 3 Refilling in neutralizing valves : 10
for flows < 300 m /h. Bell’Eau type : from 50 000€ (2,5 m ) Gravitarian functioning, 24h/24. to filter : 3
product : 250€/ton , with years)
(30 000€ for the station + 15 000€ for the
delivery service
embankment and the connection + 5 000€ Facultative supervising telecontrol Medium time of contact =
2 343€75/yr for a filter of
for the air compressor) (5 000€ for the electric board + 15-20 mn (from experience 3
3 2,5 m .
Station with flows equal to 10 m /h with 4 000 to 4 500€ the telecontrol). returns, the Bonnefoy²
building : 120 000€. formule gives superior
3
Station with flows equal to 40 m /h with values : 30-40 mn)
booster pumps: 350 000€.
Backwash once a month : Average TC = half the time
deplugging with air ; air+water ; of contact needed with
300 – 350€ /ton (delivery 20 years (filter
Akdolit filtration Open or closed filters rinse with water. neutralite
per 15-20t) in concrete)
(if TC is higher : risks of
Longer put in service furred water)
Annex using data from the society Captage et Neutralisation (Tisselain, 2006), the DDAF of the Vosges (Lercher, 2006) and Lhoist company (Kramadhati,
2007) and (National Lime Association, 2000).
For some complements of information, comparative essays of filtration on mineral supports (Neutralg and Akdolit Hydrocalcit CIG) were done in
2005 by Amandine VAIE for an internship of Master of Research “ Sciences of the Industrial and Urban Environment” (conficdential report, OIEau,
2005).
Annex 3 Comparison of the costs of some processes of filtration on alcalinous bed filters
€/ton in bulk €/ton in bags, barrels
Limestone 22 32€/t in bags of 50 kg
Extinguished lime 72 120€/t in bags of 50 kg
Injection of alcalis Active lime 70 172€/t in bags of 36 kg
Sodium Hydroxide - Barrel of 310 kg of soda ash, solution at 50% : 395€/ton
Powder of sodium
Sodium Bicarbonate and calcium sulfate Bricks, bags of 20 kgs : 482€/ton
carbonate : 627€/ton
Annex based on (National Lime Association, 2000).
1
Annex 4 Comparison of costs of some reagents
FUNCTIONING
Staff LENGTH TYPE OF
BULKING INVESTMENT
Energy Mainte- Reagent OF LIFE INSTALLATION
Technicity
nance
High (lime silo, closed Medium (pumps and Low to medium The cheapest
Lime milk preparation area, CO2 double pipes and lime silo, (automatized High High reagent, 72 €/ton of Long Medium flows
storage) demijohn of CO2) rinsing systems) extinguished lime
Dangerousness of
the product (but All flows (useful
Soda ash
low for pH values
(neutra- Low Low Low Low Expensive Long
dangerousness if correction without
lization)
injection of a soda mineralisation)
solution at 50%)
Low (filter that can be Very long
Neutralite Low Low Nil Low 250 €/ton 2 Small flows
underground) (CE )
Low (filter that can be Very long Small to medium
Akdolit CMG Low Low Nil Low 300-350 €/ton
underground) (CE) flows
Very long
Combined Minimal Low
Low Low Low Large amounts (CE and Small flows
salts (2 pumps, 2 tanks) consumption
pumps)
Annex 5 Comparison of functional characteristics of some tecnics of neutralization / remineralisation

11
Transport costs : 1,70€/km (same source). Datas used by the BRGM : Bigatel, AJ., Camus, GR., Caylor, DW., Dalberto, AD., Hellier, WW., 1998, Engineering Manual for Mining Operations,
Pennsylvania Department of Environmental Protection – Bureau of Mining and Reclamation and District Mining Operations, 150 pp.
2
CE = Civil Engineering.

Neutralization and Remineralisation of drinking water – February 2007 - CHHUN Sophie Neary 25
Quality of the Neutralization / Precision /
Tillmans’ layer
raw water Remineralisation Durability
Upstream neutralization. The processes the
Aggressive CO2 stripping most efficient reach
Airing water Keep TAC and TH a decrease of CO2 -
8<TAC<15°F unmodified if the equilibrium to 7 mg/L (Henry’s
is not reached law)
pH < pHs Precise but risk of
Lime Milk Upstream Remineralisation Yes
deposits
Acidic Water Aggressive CO2
Lime
pH < pHs neutralization / Upstream or Precise Yes
Water
downstream remineralisation
8<TAC<15°F
Soda ash Neutralization, pH correction Precise -
pH < pHs
pH < pHs Neutralization /
Neutralite Balanced water No formation
Remineralisation
Akdolit pH < pHs Neutralization /
Balanced water No formation
CM G Remineralisation
TAC < 8°F Precise and
Combined pH < pHs independent
Remineralisation Yes
salts adjustment of the
TAC and TCa
Annex 6 Qualitative comparison of some tecnics of neutralization / remineralisation

Number of Cumulated Percentage


Process used 3
stations flow (m /h) In numbers In flow
Upstream neutralization
- Aération 4 123 2,2 0,7
- Lime
Milk 13 3470 7 19,6
Water 12 5245 6,5 29,6
- Sodium hydroxide carbonate 24 2366 13 13,3
Downstream neutralization
- Lime
Milk 3 245 1,6 1,4
Water 14 5795 7,6 33,6
- Sodium carbonate 15 704 8 4
- Limestone 105 5612 57 31,7
Annex based on (Ravarini, 2003).
Annex 7 Percentages of use of different processes – Regional Western Center of Compagnie
Générale des Eaux (Veolia)

26
Number of Cumulated Percentage
Process used 3
stations flow (m /h) In numbers In flow
Upstream remineralisation
- Lime
3, among 3
82 500 m /day
Milk them 1 in 3 60% 99%
5 000 m /h
project (2007)
Water 0 - - -
Downstream remineralisation
3
2 plus 1 in 830 m /day
3
- Marine limestone project (+1 500 m /day) 40% 1%
3
(Seignosse) 50 m /h
Annex using data from (Clochard, 2006).
Annex 7bis Percentages of use of different processes – Landes-Basque Country Agency of
Lyonnaise des Eaux (Suez)

Number of Cumulated Percentage


Process used 3
stations flow (m /h) In numbers In flow
Remineralisation
- Marine limestone 4 (Stations the most recent and/or the most important)
Neutralisation
3
- Juraperle 1 12 m /h 0,4% -
Stations of 5 to
- Marine limestone 224 3 98% -
290 m /h
Annex using data from (Lercher, 2007 and Nicolas, 2007).
Annexe 7ter Percentages of use of different processes – Department of the Vosges.

27

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