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5566 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 14 Avril 2020

Vu l’arrêté n° 1334 CM du 8 septembre 2015 modifié Vu la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004
relatif à l’acquisition, la gestion et la cession du domaine modifiée portant statut d’autonomie de la Polynésie
public et privé de la Polynésie française ; française, ensemble la loi n° 2004-193 du 27 février 2004
complétant le statut d’autonomie de la Polynésie française ;
Vu la délibération n° 55-2019 du conseil municipal de la
commune de Makemo dans Sa séance du 27 novembre 2019 ; Vu l’arrêté n° 650 PR du 23 mai 2018 portant nomination
du vice-président et des ministres du gouvernement de la
Vu la lettre n° 1872 MAE/SDE du 26 décembre 2019,
Polynésie française, et déterminant leurs fonctions ;

Arrête :
Vu l’arrêté n° 657 PR du 23 mai 2018 relatif aux
attributions du ministre de la culture et de l’environnement,
Article 1er. — La Polynésie française, pour le compte du
en charge de l’artisanat ;
service des énergies, est autorisée à occuper un local d’une
superficie de 10 mètres carrés, dépendant d’un bâtiment
édifié sur la parcelle domaniale cadastrée commune de Vu le code de l’environnement de la Polynésie française ;
Makemo, section A n° 11, appartenant à la commune de
Makemo, tel qu’il figure sur le plan en date du 30 juin 2015, Vu la délibération n° 88-183 AT modifiée du 8 décembre
détenu par la direction des affaires foncières, division de la 1988 portant réglementation de la pêche en Polynésie
gestion du domaine. française ;

Art. 2.— Les modalités de cette occupation seront définies Vu la délibération n° 97-32 APF du 20 février 1997
par une convention. modifiée relative à l’exploitation des ressources vivantes de la
mer territoriale et de la zone économique exclusive situées au
Art. 3.— La dépense est imputable au budget de la large des côtes de la Polynésie française ;
Polynésie française sur les crédits de fonctionnement du
service des énergies. Vu l’ordonnance n° 2016-1687 du 8 décembre 2016
relative aux espaces maritimes relevant de la souveraineté
Art. 4.— Le vice-président, ministre de l’économie et des ou de la juridiction de la République française ;
finances, en charge des grands travaux et de l’économie
bleue, et le ministre, de l’économie verte et du domaine, en
Vu l’arrêté n° 207 CM du 3 avril 2018 portant classement
charge des mines et de la recherché, et le ministre de la
de la zone économique exclusive de la Polynésie française en
modernisation de l’administration, en charge de l’énergie et
aire marine gérée ;
du numérique, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
l’exécution du présent arrêté qui sera notifié âu service des
Vu le procès-verbal du conseil de gestion de l’aire marine
énergies et publié au Journal officiel de la Polynésie
française. gérée Tainui Atea en date du 12 avril 2020,
Fait à Papeete, le 6 avril 2020.
Le vice-président, Arrête :
Teva ROHFRITSCH.
Article 1er.— Le plan de gestion de l’aire marine gérée
Le ministre de l’économie Tainui Atea, annexé au présent arrêté, est approuvé pour une
verte et du domaine, durée de 3 ans, à compter de la date de publication de l’arrêté.
Tearii ALPHA.
Art. 2.— Le vice-président, ministre de l’économie et des
Le ministre de la modernisation finances en charge des grands travaux et de l’économie bleue,
de l’administration, et lé ministre de la culture et de l’environnement, en charge
Priscille Tea FROGIER. de l’artisanat, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
l’exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal
officiel de la Polynésie française.
MINISTERE DE LA CULTURE
ET DE L’ENVIRONNEMENT Fait à Papeete, le 6 avril 2020.
Le vice-président,
ARRETE n° 4247 MCE du 6 avril 2020 portant approbation Teva ROHFRITSCH.
du plan de gestion de l’aire marine gérée Tainui Atea.
Le ministre de la culture
Le ministre de la culture et de. l’environnement, en charge et de l’environnement,
de l’artisanat, Heremoana MAAMAATUÀIAHUTAPU.
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14 Avril 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 5567

ANNEXE à l’ARRETE N° F0424Z /MCE du


06 AVR.20%

Plan de gestion de l’aire marine gérée


Tainui Atea

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5568 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 14 Avril 2020

Préambule

La zone économique exclusive de la Polynésie française, d’une superficie de 4,8 millions de km2, a
été classée en aire marine gérée par arrêté du conseil des ministres n° 507 / CM du 3 avril 2018. Il
s’agit d’une aire marine protégée de catégorie VI (espace protégé, géré principalement à des fins
d’utilisation durable des ressources et des écosystèmes naturels) au titre du code de
l’environnement polynésien.
La gouvernance de l’espace s’appuie sur un conseil de gestion, co-présidé par les ministres en
charge de l’économie bleue et de l’environnement. Le Conseil est composé de 10 membres, dont 3
ministres en charge de l’économie bleue, de l’environnement, des affaires maritimes, les 3
directeurs des domaines correspondants, 2 représentants de l’Assemblée de Polynésie française et 2
représentants de l’Etat. L’administration de l’espace classé est assurée par la Polynésie française.
Le présent document formalise le plan de gestion intégrée de l’aire marine gérée (AMG)
« Tainui Atea » et présente les enjeux, les objectifs et les mesures principales prises pour la bonne
gestion de l’espace maritime polynésien.
Une grande partie des mesures de gestion, notamment réglementaires, sont antérieures à la
mise en place de l’aire marine gérée, certaines ayant plus de 20 ans.
Le parti pris par la Polynésie française est de défendre et privilégier une approche de la
préservation de l’environnement intégrant l’Homïne et ses activités, axée à la fois sur la
précaution et la prévision. Une approche de la nature sans l’Homme n’est pas concevable dans la
culture polynésienne.
L’enjeu est de trouver un équilibre durable entre le développement d’une économie bleue et
une protection forte de l’environnement marin, en procédant notamment à une réduction des
pressions exercées par certaines activités ou certains usages.
Si la gestion de la zone économique exclusive constitue le cœur du plan de gestion, elle ne peut être
efficace sans une bonne gestion des espaces adjacents, notamment l’espace côtier polynésien et la
haute mer mais également les zones économiques des Pays du Pacifique, l’ensemble formant un
tout. Aussi, le présent plan de gestion comprend également des mesures de gestion côtière ainsi que
des mesures de gestion au-delà de là juridiction nationale, basées sur des engagements régionaux ou
internationaux.
Le plan de gestion comprend un plan d’action sur 3 ans (I) et un cadre réglementaire qui présente
les mesures principales existantes ainsi que les mesures réglementaires nouvelles prévues sur le
court et moyen terme (II).
Le présent plan de gestion peut être modifié, après avis du conseil de gestion de l’aire marine gérée
« Tainui Atea », pour s’adapter aux évolutions de la réglementation ou des objectifs poursuivis.

11. PLAN D’ACTION ; ENJEUX, OBJECTIFS ET MESURES

Une planification sur 3 années est proposée, pour obtenir un plan de travail fin et concret et pour
pouvoir mieux évaluer et s’adapter.
Le plan d’action se décline en 4 grands enjeux numérotés de A à D, 13 objectifs numérotés de 1 à
13 et 33 mesures principales, listés en annexe 1 et détaillés ci-après. Une mesure peut regrouper
plusieurs actions.
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14 Avril 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 5569

A. Une pêche durable minimisant l’impact environnemental

Avec une superficie de 4,8 millions de km2, la zone économique exclusive (ZEE) de la Polynésie
française est le deuxième plus grand espace maritime de l'Océan Pacifique après l’Australie. C’est
un atout en termes de ressources marines et de pêche mais également une grande responsabilité en
termes de gestion.
La pêche hauturière polynésienne a aujourd’hui 30 ans. Elle cible essentiellement les thons
tropicaux (thon germon, thon obèse et thon à nageoires jaunes) dont les stocks se répartissent à
l’échelle de tout le bassin Pacifique). Dès le pacte de progrès de 1993, la pêche hauturière est
identifiée comme un des 3 axes majeurs de développement de l'économie polynésienne, après le
tourisme et la perliculture.
Les ressources hauturières sont encore peu exploitées dans la zone économique exclusive
polynésienne alors qu’elles subissent des pressions croissantes dans le reste de l’océan Pacifique.
Les captures de la Polynésie française ne représentent qu’une faible part des captures de l'océan
Pacifique (2°/o des captures de thon germon, 0,2 % des captures de thon obèse et 0,1 % des
captures de thon à nageoires jaunes).
Le potentiel de développement est ainsi bien réel mais il doit être géré avec précaution pour
conserver une pêche polynésienne durable.
A l’heure actuelle, la zone économique exclusive est exploitée à 40 % et la production annuelle est
de moins de 6 000 tonnes sur les 10 dernières années. Une augmentation de la production est
attendue sur la prochaine décennie. La croissance programmée de la flotte et des débarquements
implique de revoir les aménagements et le fonctionnement du port de pêche ainsi que
l’encadrement réglementaire etfinancier de la filière.
L’enjeu de conserver un espace maritime sans surpêche est primordial pour la Polynésie française
et se traduit par 4 grands objectifs et 12 mesures.

Globalement, l’intervention consiste à maîtriser l’effort de pêche dans les zones les plus exploitées
(zone Société et Nord Tuamotu), tout en favorisant l’élargissement du rayon d’action de la flotte
hauturière dans d’autres zones (Marquises, Australes, Gambier, zones adjacentes de la ZEE). H
s’agit également de développer les aspects qualitatifs d’une pêche éco responsable, qui limite ses
impacts sur les espèces non ciblées et les écosystèmes marins et veille à la qualité de ses produits.

1. Le contrôle de l’effort de pêche est renforcé

Il convient de souligner que le contrôle de l'effort de pêche est d’abord marqué par la décision
historique de réserver la pêche dans les eaux polynésiennes aux armements locaux à compter de
1996. C’est un engagement pris à Séoul en 1995 par le ministre de la pêche de l’époque, M.
Edouard Fritch. Cela s'est traduit concrètement par l’arrêt de l’attribution ou le non
renouvellement des permis et accords dépêché en faveur des armements battant pavillon étranger.
: Réguler les entrées en flotte et garantir un accès équitable à la ressource
La ZEE est encore faiblement exploitée par rapport au reste du Pacifique et il faut veiller à
maintenir un effort de pêche limité. La croissance raisonnée de la flotte de pêche professionnelle
doit s’appuyer sur une allocation transparente et précautionneuse des autorisations de pêche.
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5570 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 14 Avril 2020

Pour cela, la Commission consultative de la pêche hauturière doit adopter un numerus clausus
pour contrôler la taille et la cadence d’entrée en flotte et valider les critères d’évaluation des
demandes de licence de pêche professionnelle. Le numerus clausus devra tenir compte de la
cadence de formation des équipages et des capacités de construction des chantiers locaux et être
révisé autant que nécessaire en fonction des connaissances sur l’état de la ressource et l’évolution
des mesures de gestion régionales.

: Mettre en place un zonage par archipel pour réserver des zones de pêche à la flotte
côtière

Afin de préserver l’opportunité de développement d’activité côtière et contribuer à la sécurité


alimentaire des populations, l'accès aux ressources côtières pourra être restreint pour les unités de
plus grandes tailles ét ayant une plus grande autonomie, au profit des embarcations de plus petites
tailles qui doivent rester près de leur port d’attache.

Ainsi, il est prévu de définir un zonage qui pourra être propre à chaque archipel afin de tenir
compte des spécificités écologiques, biologiques, sociales et culturelles de chaque archipel. Il s’agit
également de prioriser les îles qui n’ont pas de lagon ou dans lesquelles la population est
nombreuse par rapport à la superficie du lagon. La définition de ce zonage veillera à intégrer tous
les usagers concernés.

Améliorer les connaissances scientifiques sur les espèces ciblées et le potentiel de pêche
dans un contexte de changement climatique
Les décisions de gestion doivent s’appuyer sur les évaluations les plus actualisées des stocks
exploités. Ces évaluations requièrent des informations sur la biologie des espèces, l’évolution de
leur environnement et sur leur exploitation (les captures et l'effort déployé). La collecte de ces
données nécessite d’impliquer fortement les pêcheurs et requiert une initiative publique
complémentaire. Par ailleurs, considérant le caractère hautement migratoire et chevauchant des
stocks concernés, ces données doivent être partagées au niveau régional le plus rapidement et
précisément possible.
Le programme de collecte de données actuel doit être pérennisé et complété. Les solutions de
digitalisation doivent être généralisées et l’accent nais sur la précision, l’intégrité et la facilité
d’exploitation des données.
La Polynésie française doit également contribuer à la collecte d’information sur la distribution de la
ressource à l’échelle de l’Océan Pacifique en participant notamment aux programmes de marquages
et par des échantillonnages (taille, matériel organique et génétique).
2. L’exploitation des zones distantes de la ZEE et des eaux internationales est soutenue

: Financer des campagnes exploratoires pour optimiser l’exploitation de la ZEE


polynésienne par la flotte hauturière et côtière

La ZEE polynésienne est encore en grande partie sous-exploitée. Selon les contextes, ces
ressources potentielles pourraient être durablement exploitées par le développement de flottilles de
pêche côtières. Par ailleurs, le changement climatique va modifier la distribution des espèces à
l’échelle de tout le bassin et une plus grande connaissance de là distribution spatio-temporelle des
stocks est nécessaire pour sécuriser les développements passés etfuturs de la flotte hauturière.
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14 Avril 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 5571

De nouvelles campagnes de pêche exploratoires pourraient être organisées ou coordonnées par


les autorités de gestion en partenariat avec les pêcheurs volontaires. Outre la validation du modèle
de pêche, ces tests devront être complétés pour que soit évalué également le modèle de
commercialisation. Des opportunités de transferts de connaissances en provenance de la filière
hauturière pourront être avantageusement recherchées tant dans le domaine de la pêche que de la
commercialisation.

iSSilBÊ : Mettre en place un régime de sortie de la zone économique exclusive

Afin d’optimiser l’utilisation de la ZEE et prévenir tout risque de surexploitation localisée, il faut
veiller à répartir au mieux la flotte en favorisant notamment l’extension des zones explorées vers
les eaux internationales qui jouxtent la ZEE. Outre une meilleure répartition de l'effort de pêche,
cette extension contribuera également à la surveillance des bordures de la ZEE.

Si la compétence sur l’exploitation des ressources marines dans la ZEE est clairement identifiée
dans la loi statutaire, l’autorisation de pêcher en dehors n’est pas évoquée. Il convient de clarifier
l’attribution de cette compétence et la procédure nécessaire pour la délivrance de ces
autorisations de sortie de la ZEE et leur déclaration aux organisations régionales des pêches. Les
modalités de signalement des navires de pêche doivent être connues et faciles à mettre en œuvre par
les pêcheurs.

: Défendre les intérêts de l’AMG au sein des organisations régionales des pêches

Considérant le caractère hautement migratoire et transfrontalier des espèces hauturières, la


gestion de leurs stocks doit se décider au niveau régional. A cet effet, plusieurs organisations
régionales de gestion des pêches (ORGP) ont été créées par les Pays concernés. La Polynésie
française est notamment directement concernée par les travaux de deux d’entre elle ; la WCPFC
pour le Pacifique Centre et Ouest et l’IATTCpour le Pacifique Est.

La Polynésie française doit veiller à ce que ses aspirations et son modèle de pêche durable y
soient reconnus et préservés. Il est nécessaire de participer activement à l’ensemble des travaux
de ces organisations et de nouer les partenariats pertinents avec les autres Pays pour faire adopter
les mesures attendues. Conformément aux orientations de l’aire marine gérée Tainui Atea, la
Polynésie française devra notamment être particulièrement vigilante et exigeante sur la définition
de mécanismes de contrôle des captures, là protection de la mégafaune marine et les mesures à
mettre en œuvre contre la prolifération des DCP dérivants.

3. L’impact sur les espèces non ciblées et les écosystèmes marins est significativement limité

loesww
W’ : Généraliser les tactiques de pêche et les outils limitant les interactions avec les espèces
non ciblées
• A • ■

La pêche thonière telle qu ’elle est pratiquée en Polynésie française n ’a pas d'impact significatifsur
le milieu physique. Elle peut en revanche avoir des impacts sur d'autres espèces non ciblées. C'est
le cas notamment de la pêche à la palangre dérivante qui peut capturer accidentellement des
requins, des tortues ou des oiseaux de mer.
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5572 JOURNAL OFFICIEL DÉ LA POLYNESIE FRANÇAISE 14 Avril 2020

Il convient d’identifier et rendre obligatoire les pratiques qui permettent de minimiser les impacts
potentiels de la pêche sur les espèces non ciblées et en particulier celles qui sont protégées. Ces
pratiques peuvent consister à bannir ou au contraire imposer des méthodes particulières de
gréement des engins de pêche afin de réduire les risques de captures accidentelles mais également à
promouvoir la bonne manipulation des spécimens lorsqu’ils sont malgré tout capturés.

Ml : Pérenniser le programme d’observateurs embarqués pour évaluer les interactions liées


aux activités de pêché

La collaboration des pêcheurs est essentielle pour recueillir les informations sur les interactions
entre les activités de pêche et les espèces non ciblées et leur environnement. Néanmoins, l’effort de
collecte ne doit pas reposer exclusivement sut leur contribution et l’intervention des pouvoirs
publics est légitime et nécessaire pour soutenir cet effort de collecte.

En complément des programmes de collecte de données via les déclarations des pêcheurs et
l’enregistrement des débarquements, l’acquisition de connaissances devra être complétée par des
observations directement à bord des navires de pêche à travers l'embarquement de personnel
dédié et spécifiquement formé. Le taux de couverture de cet échantillonnage devra être conforme
aux recommandations des organisations régionales des pêches. Afin de garantir la pérennité du
programme, des mécanismes de financement spécifiques devront être identifiés.

: Etudier l’utilisation de nouvelles technologies pour renforcer les observations en mer

Le coût financier du programme observateur est conséquent et voué à augmenter en même temps
que l’effort de pêche ou les exigences régionales. H est nécessaire d’étudier d’autres moyens de
collecte de ces observations en mer, et à ce titre, les nouvelles technologies peuvent apporter des .
solutions innovantes potentiellement compétitives.

Des tests doivent être menés pour étudier l’installation de caméras embarquées et le traitement
automatisé des images. Ces tests devront être réalisés sur la base du volontariat et dans le respect
du RGPD. Si ces tests sont concluants en termes d’efficacité et d’efficience financière, il faudra
veiller à faire reconnaître ces nouvelles technologies au niveau des organisations régionales de
gestion des pêches.

Evaluer l’impact des DCP dérivants dans les eaux polynésiennes

L’utilisation de DCP dérivants est aujourd'hui un enjeu majeur dans la gestion des ressources
thonieres car elle entraîne notamment une augmentation des captures de juvéniles et de la
mortalité d’espèces protégées. Bien que son utilisation soit interdite dans la ZEE, les autres flottes
thonières qui opèrent dans le Pacifique utilisent de façon de plus en plus intensive ces DCP
dérivants dont certains peuvent dériverjusque dans la ZEE et les eaux territoriales.

Pour porter au plus haut niveau de décision la nécessité de gérer plus efficacement ces dispositifs, il
est nécessaire de quantifier l’amplitude du phénomène et les effets directs pour la Polynésie
française. Des programmes de suivi de la dérive et de l’échouement de ces dispositifs doivent être
nais en place. Il est également important dë prévoir les procédures de signalement et les moyens
d’élimination de ces engins ou débris.

4. La pêche polynésienne est reconnue éco responsable et pour la qualité de ses produits

Pérenniser la démarche d’éco certification MSC de la pêcherie hauturière


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JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 5573


14 Avril 2020

Conformément aux orientations de gestion de l'aire marine gérée Tainui Atea, les modèles de
pêche dans la ZEE se doivent d’être durables. Cette durabilité mérite d’être reconnue, notamment
vis à vis des clients soucieux de l’origine éco-responsable de leur approvisionnement. Les labels
« pêche durable » sont relativement récents mais parmi eux, le label Marine Stewardship Council
(MSC) apparaît le plus exigeant et le plus conforme aux prescriptions internationales et aux
aspirations de la Polynésie française.

La Polynésie française doit veiller à conserver la labellisation obtenue en 2018 pour le thon
germon et le thon à nageoires jaunes et évaluer les possibilités d’extension à d’autres espèces.
Les autorités de gestion devront notamment prendre en charge les différentes phases d’audit et
veiller à mettre en œuvre les éventuelles actions correctrices identifiées.

Certifier le port de pêche ISO 14 001

Les infrastructures portuaires sont des facilités essentielles qui permettent à la fois de développer
et structurer l’activité de pêche. Le Port de Pêche de Papeete est le résultat d’aménagements
successifs de manière discontinue de 1993 à 2000. Les moyens sont aujourd’hui conséquents mais
certaines infrastructures sont vieillissantes et l’aménagement global n’est pas optimisé et un vaste
projet de réaménagement est lancé.

Ce projet de réaménagement devra soutenir les efforts fais dans les autres segments de la filière en
terme de qualité et de certification. L’objectif est d’asseoir l’excellence sanitaire et
environnementale de l’activité et d’aboutir in fine à la certification ISO 14 001.

B. La réduction des menaces sur la mégafaune marine

La mégafaune marine (baleines, dauphins, raies, requins et tortues marines) occupe une place
centrale dans l’héritage culturel collectif du peuple polynésien et des peuples du Pacifique, qui
ont toujours entretenu une relation étroite avec le milieu marin.
Les eaux polynésiennes sont peuplées de nombreuses espèces marines, migratrices pour la plupart.
Les pressions sur ces espèces migratrices ont été très fortes à compter des années 1970 à l’échelle
internationale, entraînant une diminution drastique des populations notamment de baleines,
requins et tortues marines dans certains océans.
Dès 2002, la Polynésie française a classé l’ensemble de son espace maritime en sanctuaire des
mammifères marins. La collectivité a également classé les tortues et lés requins sauf le requin
Mako en espèces protégées, ce qui interdit notamment leur consommation, leur détention et leur
ventepour tout ou partie de l’animal. En 2012, le requin Mako est également inscrit sur la liste des
espèces protégées et la Polynésie française devient l’un des premiers pays à assurer la protection
intégrale de tous les requins dans ses eaux. H s'agit d’une décision d’une importance capitale
lorsqu’on sait que, chaque année, 73 millions de requins sont tués, principalement pour le
commerce de leurs ailerons.
Face à la mobilisation internationale pour la protection de ces espèces marines emblématiques, les
pays du Pacifique se sont également mobilisés en 2012 et ont adopté un programme régional
océanien sur les espèces marines avec pour vision : « un océan Pacifique sain, qui puisse pourvoir
à la subsistance durable des populations de baleines, dauphins, dugongs, tortues marines et
requins, et répondre aux aspirations des peuples insulaires océaniens et protéger leur patrimoine
naturel et culturel ». Chaque pays a décliné le programme régional au niveau local afin de prendre
en compte ses particularités. La Polynésie a ainsi établi un plan d’action pour la protection des
espèces marines emblématiques en 2012.
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5574 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 14 Avril 2020

L’enjeu de la réduction des menaces sur la mégafaune marine concourt à l’enjeu plus global de
conservation de la richesse biologique et des espèces patrimoniales polynésiennes ou
océaniennes. Il se traduit par 3 objectifs et 5 grandes mesures.
L’intervention vise plus particulièrement à réduire les pressions exercées sur la mégafaune marine,
notamment par le braconnage, les activités touristiques, la pêche, les collisions avec les navires, les
aménagements côtiers, les pollutions diverses (agricoles, industrielles, chimiques, telluriques,
sonores...) ou encore les effets du changement climatique. Elle s’appuie sur des diagnostics et
études scientifiques pour améliorer la connaissance et le suivi des espèces ainsi protégées.
5. Le contrôle du sanctuaire marin est renforcé

Renforcer la lutte contre le braconnage de tortues marines et de requins

En Polynésiefrançaise, le braconnage de tortue pour en vendre la chair reste important. De même,


la consommation de tortue et de requin lors de grands évènements festifs ou religieux est encore
fréquente et légitimée par des pratiques culturelles, initialement strictement limitées aux
personnalités de haut rang, chefs de clan ou aux rois. La pratique ancestrale est donc dévoyée.

Les auteurs de ces infractions sont aujourd'hui systématiquement poursuivis, les bateaux, véhicules
et tousles matériels ayant servis à l’infraction sont saisis, et des peines d’amende importante voire
de prison sont encourues.

Pour renforcer la lutte contre le braconnage d’espèces protégées, les principales marges
d’amélioration résident moins dans une augmentation du volume des contrôles effectifs des
activités que dans une coopération plus resserrée et la mutualisation des moyens avec les forces
de l’ordre pour les recherches d’infraction et les procédures d’intervention. Des guides procéduraux
et réglementaires sont notamment à concevoir en commun.

La communication et la diffusion grand public de l’information quant aux sanctions relatives aux
activités de braconnage est également à maintenir annuellement, sous forme de spots télévisés
notamment.

Enfin, pour Contribuer à la lutte internationale contre le trafic d’ailerons de requins, la Polynésie
envisage d’interdire le transbordement des requins en tout ou partie dans l’espace maritime
polynésien, quand bien même les animaux auraient été pêchés en dehors des eaux polynésiennes.

Réduire la perturbation des animaux dans leur milieu naturel lors des activités
d’observation, de prise de vue et de son par un meilleur encadrement de ces dernières

Avec le développement des activités touristiques autour des baleines, dauphins et requins, des
comportements inadaptés en matière d’approche et d’observation des animaux ou de prise de vue
et de son ont été constatés, entraînant généralement une perturbation importante dès animaux
sauvages et la modification de leur comportement naturel. Plus inquiétant, la méconnaissance des
requins, leur nourrissage malgré l’interdiction de skarkfeeding et l’absence de mesurés de sécurité
ont relancé le débat en 2019 sur les cas de morsure.
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14 Avril 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 5575

Concernant la protection des mammifères marins, les améliorations résident dans un premier temps,
dans la généralisation de la diffusion et la sensibilisation des bonnes pratiques d’approche et
d’observation, basées notamment sur le respect de distance d’approche, de vitesse de navigation et
de positionnement des bateaux. Pour cela, la formation des professionnels du whale watching doit
être poursuivie voire constituer une obligation. Les campagnes de suivi et de contrôle des
activités de whale watching doivent être plus fréquentes. Enfin, les sanctions à l’encontre des
contrevenants doivent être appliquées.

S’agissant de la protection des requins, il apparaît nécessaire de mieux encadrer l’activité


d’observation des requins, par la mise en place d’un protocole d’observation sous marine
comprenant des règles de sécurité pour F Homme comme pour l’animal, d’un programme de
formation des clubs de plongée et prestataires du skark watching ainsi qu’une étude de l’impact
potentiel des activités touristiques sur le comportement des requins.

6. Les interactions avec la pêche et le transport maritime sont signifîcativement réduites

| : Développer des méthodes efficaces de répulsion autour des DCP et dans les parcs à
poisson

Les pêcheurs sont parfois victimes de déprédation par les cétacés. En effet, les dauphins attrapent
les appâts des pêcheurs côtiers autour des DCP ancrés rendant alors toute activité de pêche
impossible sur le lieu. Il s’agit également des globicéphales et des faux orques qui peuvent manger
la totalité des poissons hameçonnés sur les palangres des pêcheurs hauturiers et contraignent les
navires à faire parfois plusieurs jours déroute.

Par ailleurs, Vutilisation des parcs à poissons est largement répandue dans les lagons de Polynésie
française, ils soutiennent à la fois une activité commerciale et sont sources de subsistance pour la
population. Les requins sont souvent piégés dans les parcs à poisson. Ils constituent un danger
pour le pêcheur et peuvent être blessés lors de leur libération.

S’agissant des parcs à poisson, un-système de répulsion des requins par champ magnétique
installé à l’entrée des parcs est actuellement testé et doit être conforté.

En revanche, rien n’a encore été identifié pour les DCP et il convient de faire un inventaire des
moyens de répulsion non létale développés dans d’autres pays pour éloigner les dauphins.

Jvlésùrè 16 : Développer le réseau de référents dans les îles et sur les navires de transport maritime

Un réseau d’une quarantaine de référents formés à intervenir en cas d'échouage de mammifères


marins ou autres espèces existe depuis 2012 dans les 5 archipels de la Polynésie française. Ils
procèdent dans la mesure du possible à la remise à l’eau des animaux échoués ou préparent les
cadavres à une procédure d'autopsie préalable à leur retrait et élimination. Ils participent au
réseau d’alerte et d’information de l’observatoire de la mégafaune marine de la Polynésie
française.

Afin d’améliorer le réseau d’échouage des espèces emblématiques marines, il est prévu d’étendre
l’identification de référents locaux dans toutes les îles habitées de la Polynésie française et de
procéder à la formation des nouveaux référents.
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En outre, afin de réduire les collisions entre les espèces protégées et les navires de transport
maritime, il est prévu de former les capitaines et des référents navigants aux bons gestes
d’identification et d’approche notamment des mammifères marins ainsi qu’aux mesures d’alerte et
de sauvegarde en cas de collision.

7. Le cycle de vie et les capacités de résilience de la niégafaune marine sont mieux connues au
niveau local et régional

Développer et valoriser l’observatoire de la mégafaune marine de la Polynésie


française

L’observatoire dé la mégafaune marine de là Polynésie française existe depuis 2012. Sa mission est
de collecter, compiler valoriser les données concernant les espèces de la mégafaune marine
polynésienne. Les données actuellement recueillies concernent surtout les activités de whale
watching, le suivi des sites de ponte de tortue et le suivi génétique des requins.

Il est prévu de poursuivre l’acquisition de données, notamment par :

- La réalisation d’une cartographie détaillée des habitats sensibles (zones de reproduction,


nidification, nurserie, d’enrichissement planctonique, routes migratoires)
- La poursuite du programme de suivi de la migration des espèces halieutiques, des baleines,
requins et tortues marines et des impacts du changement climatique sur ces trajectoires
migratoires
- La réalisation d’une étude sur l’ampleur des déprédations, des prises accessoires et des
interactions avec la pêche
- Le développement d’outils de suivi et évaluation des menaces anthropiques sur chaque
espèce protégée.

C. Un océan riche, sûr, sain et connecté écologiquement

L'océan est aujourd’hui d’emblée un enjeu d’envergure internationale. Pour la Polynésie


française, le classement de sa zone économique exclusive en aire marine gérée rassemble des
enjeux économiques et écologiques pour le Pays mais surtout des enjeux géopolitiques, de portée
régionale avec les autres pays du Pacifique, de portée internationale avec l’Organisation des
Nations Unies et la métropole, et plus particulièrement :

- la définition d’une politique de gestion régionale des espaces maritimes des pays
polynésiens ou du Pacifique, pour une mise en cohérence des approches de protection
notamment des ressources halieutiques sur les différentes zones économiques exclusives et
pour maintenir les continuités écologiques nécessaires à la gestion durable des ressources
migratrices, qu’il s’agisse d’espèces emblématiques protégées (baleines, tortues) ou des
stocks de thonidés
• le processus d’extension des zones économiques exclusives par la revendication du
plateau continental au-delà des 200 miles marins des côtes, qui va conduire à redistribuer
les délimitations maritimes nationales et à une nouvelle délimitation des zones
internationales. La superficie des fonds marins sous juridiction nationale pourrait
augmenter de 40 % au détriment de la zone internationale des fonds marins. Pour la
Polynésie française, cela représente une extension de l ’espace maritime de près de 1
million de km2etl ’augmentation potentielle de ses ressources marines
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- la fixation de manière permanente des limites des zones économiques exclusives établies
dans le cadre la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer, pour éviter la perte
d'intégrité territoriale due à la hausse du niveau de l'océan induite par le changement
climatique, tel que sollicité dans le PACT signé par les pays polynésiens en 2015. Avec la
France ou avec les pays polynésiens, la Polynésie française doit formuler cette requête
auprès des Nations-Unies
- la définition d’une politique maritime avec la France dans un contexte global où la mer
est tous les jours le lieu de compétition internationale, du développement de la criminalité
et de confrontation entre états. La ZEE polynésienne reste encore peu exploitée et attire
les convoitises. De nombreuses questions se posent. Comment protéger, surveiller,
sécuriser un espace aussi vaste ?
L’intervention sur les 3 prochaines années consiste d’abord à rassembler les pays du Pacifique
autour de la bonne gestion de notre océan commun, pour mieux le protéger mais également
mieux défendre ses intérêts dans les négociations internationales de la prochaine décennie.
En outre, l’océan et ses espèces migratrices ne connaissent pas les limites juridiques humaines.
Ainsi, la gestion de l’aire marine gérée Tainui Atea ne peut être envisagée dans son périmètre
géographique stricto sensu mais doit être étendue aux espaces maritimes adjacents, qui constituent
un ensemble connecté écologiquement. Par conséquent, la bonne gestion de l’aire marine gérée
dépend étroitement de la bonne gestion de l’espace côtier polynésien mais également de la haute
mer et plus largement de l’océan Pacifique.
L’enjeu de conserver un océan riche, sûr, sain et connecté écologiquement Se traduit par 4 grands
objectifs et 11 mesures.

8. La coopération régionale pour une meilleure gestion de l’océan Pacifique est développée

SBBBO : Etablir des collaborations avec les pays du pacifique pour la mise en cohérence de la
gestion d’un ensemble de ZEE

La Polynésie française vient de signer tout récemment des conventions de collaboration avec la
Nouvelle Zélande et Wallis et Futuna, concernant plusieurs domaines dont la protection de
l'environnement et la gestion de l’océan et de ses ressources.

Des projets de convention sont en préparation avec la Nouvelle Calédonie, les Iles Cook et Hawaii,
concernant la protection des ZEE, qu’il s’agisse de gestion des ressources halieutiques, des espèces
migratrices ou encore de gestion des pollutions. Il s’agit essentiellement de partage d’expérience et
d’échange de pratiques vertueuses. Une mise en cohérence des systèmes de gestion des espaces
maritimes permettrait de mieux gérer les stocks chevauchants et les ressources marines du
Pacifique en général.

EEjBBSII : Partager le modèle polynésien de l’aire marine gérée

L'aire marine gérée Tainui Atea est construite sur le principe polynésien de l'appartenance de
FHomme à la nature et sur le lien étroit qu’entretiennent les peuples de la mer avec l’océan et
l’environnement. Ainsi, il n’est pas concevable d’exclure définitivement le polynésien de son
environnement marin. Le message est également que les aires marines protégées ne sont qu’un
outil de gestion parmi d’autres et que des mesures de protection forte peuvent exister hors aire
marine protégée (AMP). Les peuples océaniens du Pacifique possèdent un outil de gestion commun
traditionnel, le rahui, qui est la mise en jachère d’une ressource, de plusieurs ressources ou d’un
espace, sur une durée limitée et sous la gouvernance d’un conseil décentralisé.
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Le parti pris par la Polynésie française est de promouvoir au niveau régional une approche de la
préservation de l’environnement intégrant l’Homme et ses activités, axée à la fois sur la
précaution et la prévision, dans un contexte de forte évolutivité du milieu marin face au
changement climatique. Il vise également la reconnaissance et l’intégration de principes et d’outils
traditionnels de gestion dans le droit positif et dans la palette d’outils du gestionnaire moderne.

9. Une meilleure surveillance de l’espace maritime polynésien est assurée

: Consolider le plan de contrôle des pêches

La réglementation qui couvre la pêche est mise en place à plusieurs niveaux (international,
national et local) et les responsabilités sont partagées si bien que sa lisibilité et sa mise en œuvre
s'avère parfois complexe. Par ailleurs, les risques et les enjeux qui en découlent peuvent être très
différents selon les ressources ou les engins concernés.

Un plan de contrôle des pêches a été rédigé en 2020 afin de clarifier d’iine part les dispositions
réglementaires applicables et fixer d’autre part les priorités en termes de surveillance. Il est
désormais nécessaire de capitaliser sur cet outil en le consolidant de manière continue afin de
l’adapter aux évolutions de la réglementation et des objectifs en vigueur.

iiililllil : Mutualiser les moyens de lutte contre la pêche illégale et les trafics illicites ainsi que le
contrôle administratif des navires dans l’espace maritime polynésien

La pêche et les trafics illicites font peser des menaces graves sur les ressources et peuvent
potentiellement annihiler tous les efforts de conservation. Dans le contexte particulier d’ultra-
morcellement géographique de la Polynésie française, la lutte contre ce braconnage rend
impérieux la mise en commun intelligente et efficiente de l'ensemble des moyens.

Il est tout d’abord nécessaire de favoriser la mise en relation des acteurs à travers des instances à la
fois représentatives et simples. Il s’agit ensuite de « faire mieux avec peu » et des pistes doivent
être étudiées pour permettre une lutte la plus décentralisée possible. Il pourra s’agir notamment
d’innovations règlementaires, de nouveaux outils de financement et d’un renforcement des
capacités des communautés.

Mcsuie 22 : Optimiser le dispositif de suivi satellitaire des navires, notamment par des outils de
partage de l’information

Les navires de pêche hauturière sont tous équipés d'un système de suivi par satellite, qui permet
aux autorités chargées de la gestion des pêches de connaître leur position en temps réel. Ce suivi a
d’abordpour objectifde vérifier la conformité des opérations de pêche avec les réglementations en
vigueur, comme par exemple le respect des zones de pêche ou de débarquement. Outre la
surveillance des pêches, ces informations peuvent également être d’une grande utilité pour les
opérations de sauvetage.

L’outil informatique de suivi doit être rénové pour garantir la robustesse du service et la
sécurisation des données. Une solution partagée, type Web, devra être privilégiée pour permettre
à plusieurs types d’acteur de partager l’information. L’obligation de suivi devra être étendues aux
navires de plus petites tailles. Le cas échéant, des dispositifs financiers doivent être prévus pour
faciliter l’acquisition ou la modernisation des appareils de suivi embarqués.
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10. La gestion des espaces et écosystèmes naturels marins polynésiens est plus efficace

: Protéger les monts sous marins et tout espace nécessaire pour maintenir les continuités
écologiques

La ZEE de Polynésie française compte un grand nombre de monts sous-marins entre, ou de part et
d’autre des archipels. De par leur relief et leur disposition, ces édifices sont des hauts lieux de
biodiversité, avec souvent un fort endémisme, et ils jouent un rôle important pour la connectivité
des populations.

Ces écosystèmes particuliers doivent être protégés. Toutes les activités d’extraction doivent être
prohibées et la pêche restreinte. Le niveau de protection pourra tenir compte de la profondeur par
rapport à la surface du sommet et la distance par rapport aux îles.

SI : Améliorer la qualité de gestion des 24 espaces marins côtiers protégés et des zones de
pêche réglementée

La préservation des espaces et paysages naturels est ancienne et commence en 1952 avec 2 baies
aux Marquises (paysages). En 1971 est créée la réserve intégrale de Scilly et Bellinghausen et en
1972 celle de Taiaro, qui deviendra aussi la première réserve de biosphère du réseau français.
Aujourd'hui, la Polynésie française compte 51 espaces classés au titre du code de l’environnement
dont 24 espaces marins. Elle compte également un réseau de zone de pêche réglementée (ZPR).

Au-delà de cette couverture spatiale, l’accent doit être porté sur la qualité de la gestion et le
renforcement du niveau de protection de certains espaces d’intérêt remarquable. Le travail réside
notamment dans l’établissement ou la révision de plans de gestion et la mise en place d’une
gouvernance et d’un suivi adapté et efficace. L’enjeu est de conserver, préserver ou restaurer des
fonctionnalités écologiques en réglementant si besoin les usages et les pratiques et par la mise en
place de mesures adaptées.

: Protéger l’intégralité des récifs coralliens polynésiens et assurer le suivi de la montée


des eaux, de l’acidification et de la température océanique en Polynésie française et dans le
Pacifique

La Polynésie française compte 15 000 km2 de récifs coralliens soit 4 fois la superficie des terres
émergées. Les îles sont alimentées en sable et en débris par les récifs coralliens. Ces derniers
produisent des matériaux, les vagues transportent les sédiments, rechargent les îles, et compensent
la montée des eaux.
Pour le GIEC (groupe d’experts intergouvememental sur l’évolution du climat), les îles
polynésiennes ne sont pas menacées dans les prochaines décennies niais il est difficile de se
projeter au-delà de 2040-2050. En effet, les données les plus récentes montrent notamment que les
atolls polynésiens n’ont pas perdu de surface lorsque les écosystèmes coralliens ne sont pas
perturbés.
C’est pourquoi, il est prévu de protéger réglementairement très prochainement l’intégralité des
récifs coralliens polynésiens. Au delà de la protection des espèces de corail, il s’agit surtout de
prendre des mesures pour encadrer les aménagements (restriction du dragage des fonds, des
projets de construction sur et près des récifs, encadrement des prélèvements de coraux, des
mouillages, mesures de l’impact des aménagements littoraux sur les récifs coralliens).
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Par ailleurs, une étude de suivi de la montée des eaux et de l’évolution de la temprétaure océanique
en Polynésie française et dans le Pacifique est également envisagée à court terme.

^esjïrer,-s26 : Protéger de nouveaux espaces remarquables : inscription des Iles Marquises au


patrimoine mondial de l’UNESCO et désignation de l’archipel des Australes en Réserve de
biosphère UNESCO

L’extension du réseau d'espaces protégés est un levier pour préserver les espèces et les
écosystèmes les plus fragiles, menacés ou remarquables. L’intérêt particulier de certains espaces
réside dans le lien terre-mer qui renforce la valeur exceptionnelle des biens. Deux grands projets
de classement au niveau international d’espaces remarquables avec cette approche terre — mer
sont engagés auniveau des archipels des Marquises et des Australes.

Le premier est ancien et remonte à 1996, il s’agit du projet de classement des Iles Marquises au
patrimoine mondial de l’UNESCO, la procédure d’inscription est longue et devrait aboutir au plus
tôt en 2023. La difficulté et l’exceptionnalité résident dans le fait qu’il s’agit d’un bien mixte en
série (une dizaine de sites) à la fois naturel et culturel. Le second projet est récent et s’appuie sur
une demande des maires des Australes, qui souhaitent désigner leur archipel en réserve de
biosphère UNESCO, Le concept Man and biosphère inclut l’homme et ses activités dans la gestion
du bien naturel. Les deux projets comprennent tous deux un espace marin côtier.

11. L’impact des pollutions marines est anticipé pour mieux le limiter

: Prévenir et gérer tout déversement d’hydrocarbures ou autres pollutions en mer, issu


desnavires

La Polynésie française a connu quelques évènements de pollutions marines par déversement


volontaire ou accidentel d’hydrocarbures ou de sacs en plastiques au cours des trois dernières
années. Les armements ont tous été poursuivis pour pollution marine par la Polynésie française et
les dernières condamnations par le tribunal de Papeete sont d’un montant important. Plusieurs
navires se sont également échoués sur des récifs, notamment dans l’archipel des Tuamotu, où la
circulation maritime s’avère plus dangereuse. Les épaves de navires constituent également une
pollution à part entière, les propriétaires pensant qu’il revient à la Polynésie française de financer
le retrait des épaves gênantes.

La compétence en matière de pollution maritime relève de l’Etat mais la mutualisation des moyens
de la Polynésie française ou des communes est souvent nécessaire. Les services du Haut-
commissariat ont établi depuis plusieurs années des plans d’intervention en cas de pollution
maritime en Polynésie française, notamment de grande ampleur. Il s'agit des plans ORSEC
maritime et POLMAR. Ces plans font l’objet d’exercice occasionnel afin de tester leur efficacité.

Il convient de capitaliser sur les plans ORSEC maritime et POLMAR en articulant l’intervention de
l’Etat et celle de la Polynésie française, afin d’avoir une chaîne d’intervention complète du retrait
des déchets en mer, au stockage et à l’élimination en filière agréée.

Pour prévenir l ’échouement sur un récif des navires, il est également envisagé de mettre en place un
corridor de circulation maritime, notamment pour les pétroliers, qui ne pourraient approcher les
îles à moins de 7 miles marins.
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JOURNAL OFFICIEL DE LA POLYNESIE FRANÇAISE 5581


14 Avril 2020

Enfin, il convient de consolider la procédure d’élimination des épaves de navires abandonnés ou


coulés en mer dans des zones inadaptées et de procéder si nécessaire à leur retrait et élimination au
frais du propriétaire.

: Collecter et éliminer les macro-déchets, les engins de pêche ou perlicoles et prévenir la


pollution en mer par les microparticules de plastique

Au-delà des pollutions issues directement des navires, les pollutions viennent aussi de la terre ou
des activités économiques en lagon. En effet, une partie des pollutions marines est venue des
rivières et des cours d'eau, notamment lors des évènements pluvieux extrêmes depuis 2015.

Par ailleurs, les activités de perliculture ont généré une grande quantité de macro-déchets,
notamment des filets, des bouées et autres équipements en plastique, encore stockés dans les lagons
de production perlicole ou sur les plages. •

Enfin, la Polynésie française n ‘échappe pas à la pollution marine par les plastiques, notamment les
sacs et autres ustensiles à usage unique, abandonnés dans la nature ou sur les plages et terminant
leur course dans les lagons et les océans.

En collaboration avec l’Etat, les zones d’accumulation de macro-déchets dans les rivières et les
vallées sont identifiées avant chaque saison des pluies et éliminées. Des campagnes de
ramassage de déchets sont organisées par la Polynésie française ou par des associations ou des
prestataires financés par la Polynésie française, dans les quartiers, les vallées, les rivières et même
les plages des archipels. Ces opérations sont à renouveler chaque année.

S’agissant des macro-déchets de la perliculture, une étude a été réalisée afin d’évaluer la nature
des macro-déchets générés et étudier une filière de collecte et recyclage des bouées. Une
évaluation des quantités de déchets reste à diligenter mais le coût est très important car elle
nécessite de nombreuses heures de plongée. Le financement pour l’évacuation des stocks
historiques et à venir des déchets de la perliculture doit être recherché auprès des professionnels, la
perle restant une activité très rentable et la responsabilité de la gestion des déchets professionnels
étant une obligation réglementaire qui leur incombe.

Enfin, afin de prévenir les pollutions en mer par les microparticules de plastique, un texte sera
examiné en avril 2020 par rassemblée de la Polynésie française, en vue de l’interdiction de certains
sacs en plastique à usage unique. Elle sera étendue progressivement à la vaisselle en plastique à
usage unique, après des études sur l’impact de ces interdictions sur l’activité économique et la
consultation des professionnels concernés.
■ < < '
D. Un océan de partage et de responsabilité éco citoyenne

La protection de l’océan doit concerner tous les polynésiens. La mer est omniprésente dans leur
quotidien et encore plus dans les îles dès archipels éloignés ou les habitants tirent l 'essentiel de
leur nourriture et de leur revenu de l'exploitation dés ressources marines. L’océan est également
lieu de détente et de loisir.

Ce lien particulier des polynésiens à leur océan est certainement l’une des clés de la
compréhension et de la prise de conscience des enjeux de préserver les ressources et les services
rendus par un océan que tout le monde partage.
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L’intervention réside ici avant tout dans la communication, l’augmentation du niveau


d’information, la vulgarisation des résultats de la recherche, souvent inaccessibles au grand public,
la formation ou encore l’éducation des plus jeunes,

L’enjeu d’un océan de partage et de responsabilité éco citoyenne se traduit par 2 grands objectifs
et 5 mesures.

12. L’océan fait partie de la vie quotidienne des polynésiens

BjQWlS : Etendre le réseau d’aires marines éducatives en Polynésie française, au niveau national
et régional

Le concept d’aire marine éducative (AME) est né dans 6 écoles des Iles Marquises en 2014. Une
«aire marine éducative » est une zone maritime littorale gérée par les élèves d’une école.
Aujourd'hui, la Polynésie française compte 24 aires marines éducatives réparties dans tous les
archipels.

En 2015, une convention signée avec la Ministre de l’environnement de l’époque, Ségolène


ROYAL, avait permis d’étendre le concept au niveau national. L’objectifpoursuivi est de 500 AME
pour l’hexagone et les départements d’outre mer à l’horizon 2022.

Sur les trois années à venir, la Polynésie ambitionne d’élargir le réseau d’AME local mais
également de rayonner au niveau régional. H est également prévu de labelliser le concept et de
l’étendre aux aires terrestres éducatives, en intégrant les effets du changement climatique.

i$.esïg]^Q : Communiquer et sensibiliser sur l’intérêt d’un océan en bonne santé

Tout le monde est concerné et a un rôle à jouer dans la préservation de l’océan, chacun à son
niveau. Pour mobiliser tous les acteurs locaux et les citoyens, la sensibilisation et l’information sur
les enjeux de maintenir un océan en bonne santé, l'état des milieux naturels, les pressions exercées
sur les espèces et les écosystèmes et surtout les leviers permettant à chacun d ’agir est nécessaire.

Au-delà de la communication institutionnelle, il convient d’étudier le déploiement d’outils


numériques ou web afin de faciliter l’accès aux informations ou aux résultats des travaux
d’étude ou de recherche relatifs à la santé de l’océan notamment au niveau local et aux enjeux de
sa préservation.

Il convient également de soutenir les projets de sensibilisation et d’éducation à l’environnement par


les associations voire d’autres porteurs de projet, àu travers notamment d’appels à projet.

Sur certains grands évènements qui s’y prêtent, comme la compétition internationale de surf qui se
tiendra à Tahiti en 2024 et qui vise l’excellence environnementale, il conviendra de saisir
l’opportunité de communiquer sur les enjeux d’un océan préservé et de ses bénéfices en
s’appuyant sur des ambassadeurs de choix, des surfeurs où autres personnalités célèbres.

: Impliquer les populations en favorisant la iéappropriation des outils traditionnels de


gestion de l’océan et de ses ressources, notamment le rahui
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Le rahui est un outil traditionnel de gestion des ressources ou des espaces naturels. Basé sur une
approche participative et décentralisée, il permet une implication des acteurs dans la gestion de
l'espace ou de la ressource concernée. Ces derniers sont associés aux prises de décision au travers
d'un conseil de gestion localisé.

La mise en place d’un réseau de rahui pourrait permettre d’impliquer davantage la population
polynésienne aux décisions de gestion et à leur mise en œuvre. Chacun a alors un rôle à jouer et
le contrôle social est très intéressant en matière de police. Au-delà de l’outil de gestion, c’est ainsi
un puissant mécanisme d’appropriation de là gestion de l’océan et de ses ressources par les
populations. Il convient au préalable de clarifier et de consolider l’outil afin de garder les principes
de fonctionnement traditionnel.

13. Les capacités des acteurs locaux et des gestionnaires d’espaces marins sont renforcées

BïlSfelii : Orienter la recherche marine vers la gestion des ressources et des écosystèmes marins

En Polynésie française, la recherche poursuit des objectifs propres et souvent trop fondamentaux,
pour avoir une utilité en matière de gestion courante et concrète des ressources et des écosystèmes
marins.

H est envisagé de faire un inventaire des recherches réalisées en Polynésie française sur les espèces
et les écosystèmes marins afin d’en extraire éventuellement des données qui pourraient servir aux
gestionnaires publics de la biodiversité marine.

En outre, il convient d’exprimer les besoins et les priorités du Pays en termes de gestion des
ressources et des écosystèmes, et d’associer la recherche à l’identification de leviers et de pistes
d’action concrètes. La recherche ne doit plus être seulement technique mais également informative
pour les acteurs et les décideurs.

Développer et consolider les réseaux de valorisation et d’échange pour la bonne


gestion de l’océan et de ses ressources naturelles

Dans le domaine de l’environnement, la Polynésie française participe à plusieurs réseaux de


valorisation et d'échange régionaux, nationaux, européens ou internationaux et ce, à differents
niveaux, technique, stratégique et politique. Les thématiques du climat, de l’océan et de la
biodiversité sont devenues incontournables au cours 5 dernières années. La collectivité organise
également régulièrement des conférences et colloques régionaux en Polynésie française en matière
de préservation de l’environnement.

Au-delà de ces réseaux institutionnels importants à consolider, d’autres réseaux pourraient


également servir la cause de l’océan au niveau local. En Polynésie française, un réseau d’éco
volontaires de l’océan pourrait être développé en mobilisant par exemple les enfants impliqués
dans les aires marines éducatives, les engagés du service civique ou encore les sportifs, notamment
les surfeurs ou les professionnels et amateurs du Va’a ou pirogue polynésienne.

L’organisation d’évènements sportifs en Polynésie française visant l’excellence environnementale à


l’instar de certaines compétitions internationales comme les Jeux Olympiques pourraient également
être soutenus. ■

Enfin, des outils numériques de type plate forme pédagogique doivent être explorés pour
encourager les bons gestes et les comportements adéquats pour la préservation de l’océan.
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| IL MESURES REGLEMENTAIRES DE GESTION

A. Les mesures réglementaires de gestion existantes

i^ï 'f-5 ,*xg_ ,

A Interdiction de pêche pour un navire battant pavillon étranger 1996


Interdiction de pêche à la senne, au chalut de fond, au filet dérivant et
A 1997
DCP dérivant
Régime obligatoire de Licence de pêche hauturière pour les armements
A 1997
polynésiens
A Obligation de déclaration des captures et de l'effort de pêche 1997

A Interdiction de débarquer hors du port de pêche de Papeete 1997

A Obligation d'embarquer un observateur à bord des navires de pêche 1997

A Reconnaissance des droits de la PF au sein des ORGP 2005

A Obligation de suivi par satellite 2012

A Création du statut du marin pêcheur 2013


Obligation d'éliminer les huiles et carburants usagers dans des filières
B 2013
agréées
A Labellisation MSC de la flotte palangrière 2018
Interdiction de pêche, commercialisation et consommation de 3 espèces
B 1971
de tortues
Obligation d'autorisation préalable pour toute intervention sur les
B 1995
espèces protégées .
Suivi satellitaire des trajectoires de migration des tortues, requins et
B 2000
baleines
B Sanctuarisation de l'espace maritime pour tous les mammifères marins 2002

B Régime d'autorisation d'approche Whale watching 2002


Interdiction de consommation, détention et vente de chair de tortue et
B 2006
chair et ailerons de requin
Protection de toutes les espèces de requins, prise en compte du requin
B 2012
mako
B Création du réseau d'échouage et désignation de référents 2015

B Création de l'observatoire des espèces marines emblématiques 2015


Interdiction du nourrissage de toute espèce sauvage sur tout l’espace
B 2017
maritime et en particulier interdiction du shark feeding
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Obligation d'autorisation préalable pour l'observation, la prise de vue et


B 2017
de son à titre commercial sur les espèces protégées

1971 à
C 24 espaces marins classés
2018

C Création de la réserve de Biosphère de Fakarava 2006

C Participation de la PF aux travaux de l’ONU 2017


Classement au Patrimoine Mondial du marae Taputapuatea et d'une
c 2017
partie du lagon adjacent
C Classement de la ZEE en aire marine gérée 2018
) Conventions de partenariat avec Wallis et Futuna et la Nouvelle
C 2019
Zélande
C Création du réseau de suivi des récifs coralliens

C Plan de contrôle des pêches 2020

B. Les mesures réglementaires de gestion à venir

BSi
te

Nouvelles mesures Réglementaires prévues


fek.iïi'iï.''-

A Numéros clausus sur les entrées de flotte 2020

A Zones de pêcheréservées à la pêche côtière


2021 ou 2022
A Régime d'autorisation de sortie de ZEE 2021 ou 2022

A Certification ISO 14001 du port de pêche de Papeete 2025

B Interdiction de transbordement des requins en Polynésie 2021

C Moratoire sur l'exploitation des ressources minières des fonds marins 2020

C Protection de l'intégralité des récifs coralliens polynésiens 2020

C Interdiction de certains sacs en plastique à usage unique 2020

C Classement des monts sous marins 2021 ou 2022

C Désignation de l’archipel des Australes en réserve de Biosphère 2022

C Elargissement des interdictions à la vaisselle en plastique à usage unique 2022

c Inscription des Iles Marquises au Patrimoine Mondial de l'UNESCO 2023 ou 2024

Evaluation
Le présent plan de gestion fera l’objet d’une évaluation avant le terme des 3 ans. Les modalités
d’évaluation et de révision du plan seront prévues réglementairement.