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GRANDE SALLE PIERRE BOULEZ – PHILHARMONIE

Symphonie des Mille


Münchner Philharmoniker
Valery Gergiev
Dimanche 17 février 2019 – 16h
Vous avez la possibilité de consulter les programmes de salle en ligne, 5 jours avant chaque concert,
à l’adresse suivante : www.philharmoniedeparis.fr
WEEK-END MAHLER

Confronté à la difficulté de faire apprécier ses œuvres du public, Mahler avait


affirmé : « Mon temps viendra. » Il avait raison : s’il souffrit longtemps d’un
manque certain de considération, son temps aujourd’hui est venu, et bien
venu, depuis un peu plus d’un demi-siècle. L’univers de celui qui considérait
que la symphonie devait être « un monde » à elle seule est dorénavant sorti
de son long purgatoire. Dans cet ensemble remarquablement construit, la
Philharmonie pioche quelques partitions, pour la plupart avec voix.

Les Bamberger Symphoniker donnent la Symphonie n° 3, hymne à la nature


dans tout ce qu’elle a « de grand, de terrifiant aussi bien qu’aimable », expli-
quait le compositeur, qui affirmait aussi qu’« une fois encore, je ne gagnerai
pas un sou avec ma Troisième Symphonie car les gens ne comprendront rien ».
Incroyablement ample, tant en termes de durée que d’effectif orchestral, la
symphonie s’achève sur le premier exemple d’adagio mahlérien où « tout se
résout dans la paix et dans l’Être ».

Valery Gergiev, lui, propose un panorama en deux soirées : l’une est consacrée
à la Symphonie n° 8 « Des mille », qui se fonde sur l’hymne Veni Creator Spiritus (pour
sa première partie) et sur le second Faust de Goethe (deuxième partie) ; l’autre
met en regard la Symphonie n° 4 – la plus « classique » ou la plus « viennoise »
de toutes, qui peint « le bleu uniforme du ciel » (Mahler dixit) et emprunte
comme les deux symphonies précédentes au Knaben Wunderhorn – avec Le Chant
de la Terre, fusion idéale de l’univers symphonique et de l’univers vocal fondée
sur des réinterprétations germaniques de poèmes chinois du viiie siècle. Cette
œuvre, qui « tend vers l’inconnu du point de vue musical comme du point
de vue poétique » (Zoltan Roman), est également donnée par les musiciens
de l’Orchestre de Paris, cette fois en version de chambre, dans l’arrangement
travaillé par Schönberg pour sa Société d’exécutions musicales privées, née
au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Enfin, le «  concert sur instrument du Musée  » d’Armelle Khourdoïan et


Edna Stern donne un aperçu des lieder du compositeur en les mettant en
regard de ceux, légèrement antérieurs, de Brahms et d’Alma Mahler, dont le
talent musical réel fut malheureusement contrarié par son mariage.
WEEK-END MAHLER

Vendredi 15 février Samedi 16 février


20H30 CONCERT SYMPHONIQUE 15H00 CONCERT SUR INSTRUMENT
DU MUSÉE
BAMBERGER SYMPHONIKER /
JAKUB HRŮŠA SALON ALMA MAHLER
ARMELLE KHOURDOÏAN, SOPRANO
BAMBERGER SYMPHONIKER
EDNA STERN, PIANO ÉRARD 1891
CHŒUR DE FEMMES ET D’ENFANTS
DE L’ORCHESTRE DE PARIS Alma Mahler
JAKUB HRŮŠA, DIRECTION Kennst du meine Nächte
BERNARDA FINK, MEZZO-SOPRANO Bei dir ist es traut
LIONEL SOW, CHEF DE CHŒUR
Ich wandle unter Blumen
EDWIN BAUDO, MARIE DEREMBLE-WAUQUIEZ,
Leise weht ein erstes Blühn
MARIE JOUBINAUX, BÉATRICE WARCOLLIER, Gustav Mahler
CHEFS DE CHŒUR ASSOCIÉS Frühlingsmorgen
Gustav Mahler Scheiden und Meiden
Symphonie n° 3 Ablösung im Sommer
Erinnerung
Clé d’écoute à 19h45 Johannes Brahms
SUR LES PAS DES BAMBERGER Meine Liebe ist grün
SYMPHONIKER Wir wandelten, wir zwei zusammen
Wiegenlied
4 Klavierstücke op. 119
Wie Melodien zieht es mir
Alexander von Zemlinsky
4 Fantasien über Gedichte von Richard Dehmel

16H30 CONCERT

CHANT DE LA TERRE – MAHLER


MUSICIENS DE L’ORCHESTRE DE PARIS
CLÉMENT MAO-TAKACS, DIRECTION
MARION LEBÈGUE, MEZZO-SOPRANO
YU SHAO, TÉNOR
Gustav Mahler
Le Chant de la Terre (orchestration
d’Arnold Schönberg)
Dimanche 17 février
20H30 CONCERT SYMPHONIQUE 16H00 CONCERT SYMPHONIQUE

CHANT DE LA TERRE – MAHLER SYMPHONIE DES MILLE


MÜNCHNER PHILHARMONIKER – MAHLER
VALERY GERGIEV, DIRECTION MÜNCHNER PHILHARMONIKER
GENIA KÜHMEIER, SOPRANO PHILHARMONISCHER CHOR MÜNCHNER
CLAUDIA MAHNKE, ALTO ORFEÓN DONOSTIARRA
SIMON O’NEILL, TÉNOR AUGSBURGER DOMSINGKNABEN
Gustav Mahler VALERY GERGIEV, DIRECTION
Symphonie n° 4 SIMONE SCHNEIDER, SOPRANO
Le Chant de la Terre JACQUELYN WAGNER, SOPRANO
REGULA MÜHLEMANN, SOPRANO
CLAUDIA MAHNKE, ALTO
KATHARINA MAGIERA, ALTO
SIMON O’NEILL, TÉNOR
MICHAEL NAGY, BARYTON
EVGENY NIKITIN, BASSE
JOHANNES BERGER, ORGUE
ANDREAS HERRMANN, CHEF DE CHŒUR
AC T I V I T É S JOSÉ ANTONIO SÁINZ ALFARO, CHEF DE CHŒUR
EN LIEN AVEC LE WEEK-END MAHLER REINHARD KAMMLER, CHEF DE CHŒUR
Gustav Mahler
VENDREDI
Symphonie n° 8 « Des mille »
Colloque de 9h à 18h30
L’ÉCHO DU RÉEL

SAMEDI
Le Lab à 11h
QUAND MAHLER CHANTE
FRÈRE JACQUES

Visite-atelier du Musée à 14h30


L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE

DIMANCHE
Un dimanche en orchestre à 14h
GUSTAV MAHLER - SÉANCE
PONCTUELLE
Ce concert est enregistré par France Musique.

Ce concert est diffusé en direct sur les chaînes Mezzo et Mezzo Live HD
ainsi que sur le site internet live.philharmoniedeparis.fr où il restera
disponible pendant six mois.
PROGRAMME

Gustav Mahler
Symphonie no 8 « Symphonie des Mille »

Münchner Philharmoniker
Philharmonischer Chor München
Orfeón Donostiarra
Augsburger Domsingknaben
Valery Gergiev, direction
Simone Schneider, soprano
Jacquelyn Wagner, soprano
Regula Mühlemann, soprano
Claudia Mahnke, alto
Katharina Magiera, alto
Simon O’Neill, ténor
Michael Nagy, baryton
Evgeny Nikitin, basse
Johannes Berger, orgue
Andreas Herrmann, chef de chœur
José Antonio Sáinz Alfaro, chef de chœur
Reinhard Kammler, chef de chœur

Ce concert est surtitré.

FIN DU CONCERT (SANS ENTR ACTE) VERS 17H30.


LES ŒUVRES

Gustav Mahler (1860-1911)


Symphonie no 8 en mi bémol majeur

Première partie, d’après le Veni Creator Spiritus.


Deuxième Partie, d’après la scène finale du second Faust (1831) de Johann Wolfgang
von Goethe.

Composition : 1906-1907.
Création : le 12 septembre 1910, Munich, sous la direction du compositeur.
Effectif : 3 sopranos, 2 altos, ténor, baryton, basse – chœur d’enfants, 2 chœurs
d’adultes – piccolo, 4 flûtes, 4 hautbois, cor anglais, clarinette en mi bémol,
3 clarinettes en si bémol, clarinette basse, 4 bassons, contrebasson – 8 cors,
4 trompettes, 4 trombones, tuba – timbales, triangle, cymbales, grosse caisse,
tam-tam, cloches, glockenspiel, célesta – 2 harpes, mandoline, piano, orgue,
harmonium – cordes – 4 trompettes, 3 trombones (dans la salle).
Durée : environ 80 minutes.

« Je viens de terminer ma Huitième Symphonie. C’est la plus grande de


toutes celles que j’aie composées jusqu’ici. Elle est si originale de contenu
et de forme que je ne puis même pas la décrire par écrit. Imaginez-vous
que l’univers se mette à chanter et à bruire. Ce ne sont plus des voix
humaines, mais des planètes et des soleils qui tournent. »
Extrait d’une lettre de Gustav Mahler à Willem Mengelberg, Henri-Louis
de La Grange, Gustav Mahler, Paris, Fayard, t. II, p. 898.

Symphonie-monde aux dimensions imposantes et à la forme inhabituelle,


la Huitième Symphonie constitue une œuvre à part dans le catalogue
de Gustav Mahler comme dans la production symphonique en général.
L’une de ses singularités tient à l’effectif sollicité : 8 solistes et 3 chœurs
(dont un chœur d’enfants) s’adjoignant à un orchestre fourni. La création
mobilisait ainsi 1 030 interprètes, Mahler compris, ce qui valut à l’œuvre
son surnom de « Symphonie des Mille » : une désignation propagée par
l’impresario Emil Gutmann (à qui était confiée la campagne promotionnelle
de l’œuvre) mais décriée par Mahler pour son ton publicitaire.

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Malgré la profusion des moyens employés, cette symphonie fut écrite
de façon fulgurante. Accaparé l’année durant par son poste de directeur
musical de l’Opéra de Vienne, Mahler ne composait que pendant ses
vacances estivales. En juin 1906, après une saison éprouvante, il est bien
décidé à se reposer. Mais alors qu’il vient d’arriver dans sa villégiature
de Maiernigg, l’inspiration le saisit et il écrit en huit semaines l’essentiel
de sa symphonie. Dans ce « labeur heureux », il ressent comme une force
mystique qui le guide : lors de l’écriture de la première partie, basée
sur le Veni Creator Spiritus, il n’a à sa disposition qu’un texte erroné de
l’hymne ; ayant enfin reçu le texte authentique, il constate avec félicité
que les vers manquants s’adaptent parfaitement aux rythmes et motifs
composés ! En 1910, la création à Munich se révèle tout aussi réjouissante.
Elle mobilise un public de 3 400 auditeurs où sont présents la famille
régente de Bavière et de nombreux artistes (Stefan Zweig, Richard
Strauss, Camille Saint-Saëns…). Pour la première fois dans la carrière de
Mahler, l’une de ses œuvres reçoit un accueil triomphal : une demi-heure
d’applaudissements au terme de laquelle les enfants du chœur viennent
le couronner de lauriers.
Pourtant, cette symphonie aurait aisément pu décontenancer le public,
ses deux parties contrastant à bien des égards : par leurs proportions,
leurs styles mais surtout par leurs textes, qui proviennent de cultures, de
langues et d’époques très différentes. Dans la première, Mahler souhaitait
que l’hymne grégorienne du Veni Creator Spiritus terrasse chacun des
auditeurs. Pour ce faire, il déploie une puissance hors du commun, dans
un style contraponctique imité de la Renaissance. Dès les premières notes,
l’œuvre dégage une foi inébranlable tandis que les sons s’alignent avec la
solidité d’une cathédrale. Entre les apothéoses successives s’intercalent
quelques moments de grâce ou de doutes, noyés enfin dans la glorieuse
union des voix humaines et orchestrales entonnant la louange divine.
La rupture est totale lorsque débute la seconde partie, basée sur la dernière
scène du second Faust de Goethe : après la mort de Faust, Méphistophélès
s’empresse de réclamer son âme mais les anges la récupèrent grâce au
sacrifice de Gretchen. Cette scène convoque de nombreux personnages
dont plusieurs sont sacrés, la Vierge elle-même venant s’exprimer. Conçue
par l’écrivain comme un « oratorio sans musique », elle devait nécessaire-
ment séduire Mahler, qui enfreint exceptionnellement une règle qu’il s’était
fixé : ne jamais mettre en musique un texte trop abouti. La partition se

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présente comme une succession d’épisodes répondant aux atmosphères
induites par le drame. Chez Goethe, le décor est d’abord celui d’une forêt
sauvage et solitaire ; chez Mahler, l’orchestre campe un paysage sombre
et désolé, dans lequel résonne une basse obsédante. Après une longue
immersion, le chœur entre dans un chuchotis, avant que ne se succèdent
les apparitions divines, emportant finalement l’âme sauvée au rythme
d’une extatique mélodie. Ce sentiment d’élévation spirituelle répond aux
premières pages de la symphonie, unissant par-delà le temps écoulé et
par-delà leurs différences les textes de Faust et du Veni Creator Spiritus.
Et pour parachever cette improbable osmose, Mahler injecte dans les
deux parties des thèmes similaires, qui participent à la cohérence interne
de l’œuvre. Ainsi, sa « Symphonie des Mille » englobe vers et mélodies
pour entonner avec toute la force de ses effectifs démesurés une hymne
à la sacralité de l’univers.

Louise Boisselier

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LE SAVIEZ-VOUS ?

Les Symphonies de Mahler. – Comme Beethoven, Schubert


et Bruckner, Mahler a composé neuf symphonies. Mais chez lui, la
symphonie donne la sensation d’être une synthèse de plusieurs genres
et d’outrepasser ses frontières habituelles. Cela tient notamment à la
présence de voix qui, dans quatre partitions, croisent le lied, la cantate
ou l’oratorio avec la forme orchestrale. La contralto d’Urlicht (quatrième
mouvement de la no 2) et la soprano de Das himmlische Leben (finale
de la no 4) chantent ainsi des poèmes du Knaben Wunderhorn (« Le Cor
merveilleux de l’enfant »), recueil de textes populaires auquel emprunte
aussi le troisième mouvement de la Symphonie no 3 pour alto solo,
chœur d’enfants et de femmes. Les sources littéraires choisies par Mahler
témoignent d’interrogations métaphysiques et spirituelles, présentes dans
le Wunderhorn comme dans le poème de Friedrich Gottlieb Klopstock
qui conclut la Symphonie no 2 (et lui donne son sous-titre « Résurrection »),
dans O Mensch!, extrait d’Ainsi parla Zarathoustra de Friedrich Nietzsche
pour la Symphonie no 3, le Veni Creator et la scène finale du Faust II de
Goethe dans la Symphonie no 8 (la plus vocale des neuf partitions). Par
ailleurs, plusieurs symphonies purement instrumentales avouent une
dimension poétique et narrative puisqu’elles citent des mélodies de lieder,
ou puisent leur inspiration dans une œuvre littéraire (le roman de Jean
Paul Titan pour la no 1). Mahler construit toujours une vaste trajectoire
dramatique, nécessitant une durée qui dépasse presque toujours l’heure.
Ces drames sonores conduisent de l’ombre vers la lumière (no 5 et no 7) ou
affirment une vision tragique de l’existence (no 6). Ils sont souvent émaillés
de scherzos ironiques et d’amples méditations dans un tempo très lent,
parfois placées à la fin de l’œuvre dont elles suspendent le temps.

Hélène Cao

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LE COMPOSITEUR

Gustav Mahler sur le plan des relations humaines, le


Né en 1860 dans une famille de confes- séjour permet au compositeur d’inter-
sion juive, Mahler passe les premières préter les opéras les plus récents, mais
années de sa vie en Bohême, où il reçoit aussi de diriger sa propre musique pour
ses premières impressions musicales la première fois, et de commencer ce
(chansons de rue, fanfares de la caserne qui deviendra les Lieder eines fahren-
proche…) et découvre le piano, pour den Gesellen. Il démissionne en 1885
lequel il révèle un vrai talent. Après une et, après un remplacement bienvenu à
scolarité sans éclat, il se présente au Prague, prend son poste à l’Opéra de
Conservatoire de Vienne, où il est admis Leipzig. Il y dirige notamment, suite à
en 1875 dans la classe du pianiste Julius la maladie d’Arthur Nikisch, l’intégrale
Epstein. Malgré quelques remous, à de L’Anneau du Nibelung de Wagner,
l’occasion desquels son camarade Hugo et y crée l’opéra inachevé de Weber,
Wolf est expulsé de l’institution, Mahler Die drei Pintos. Comme souvent, des
achève sa formation (piano puis compo- frictions le poussent à mettre fin à l’en-
sition et harmonie, notamment auprès gagement et, alors qu’il vient d’achever
de Robert Fuchs) en 1878. Il découvre sa Première Symphonie (créée sans
Wagner, et prend fait et cause pour grand succès en 1889), il part pour
Bruckner, alors incompris du monde Budapest à l’automne 1888, où sa tâche
musical viennois ; sa première œuvre est rendue difficile par les tensions
de grande envergure, Das klagende entre partisans de la magyarisation et
Lied, portera la trace de ces influences tenants d’un répertoire germanique.
tout en manifestant un ton déjà très En même temps, Mahler travaille à ses
personnel. Après un passage rapide mises en musique du recueil populaire
à l’Université de Vienne et quelques Des Knaben Wunderhorn, et revoit sa
leçons de piano, Mahler commence Première Symphonie. En 1891, après un
sa carrière de chef d’orchestre. Il fait Don Giovanni triomphal à Budapest,
ses premières armes dans la direction il crée au Stadttheater de Hambourg
d’opéra dans la petite ville de Ljubljana de nombreux opéras et dirige des
(alors Laibach), en Slovénie, dès 1881, productions remarquées (Wagner,
puis, après quelques mois en tant que Tchaïkovski, Verdi, Smetana…).
chef de chœur au Carltheater de Vienne, Il consacre désormais ses étés à la
officie à Olomouc (Olmütz), en Moravie, composition : Deuxième et Troisième
à partir de janvier 1883. Période difficile Symphonies. Récemment converti

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au catholicisme, le compositeur est
nommé à la Hofoper de Vienne, alors
fortement antisémite, en 1897. Malgré
de nombreux triomphes, l’atmosphère
est délétère et son autoritarisme fait
là aussi gronder la révolte dans les
rangs de l’orchestre et des chanteurs.
Après un début peu productif, cette
période s’avère féconde sur le plan de
la composition (Symphonies nos 4 à 8,
Rückert-Lieder et Kindertotenlieder),
et les occasions d’entendre la
musique du compositeur se font
plus fréquentes, à Vienne (Deuxième
Symphonie en 1899, Kindertotenlieder
en 1905…) comme ailleurs. Du point
de vue personnel, c’est l’époque du
mariage (1902) avec la talentueuse
Alma Schindler, élève de Zemlinsky,
grâce à laquelle il rencontre nombre
d’artistes, tels Klimt ou Schönberg.
La mort de leur fille aînée, en 1907, et
la nouvelle de la maladie cardiaque
de Mahler jettent un voile sombre
sur les derniers moments passés sur
le Vieux Continent, avant le départ
pour New York, où Mahler prend les
rênes du Metropolitan Opera (janvier
1908). Il partage désormais son temps
entre l’Europe, l’été (composition de
la Neuvième Symphonie en 1909,
création triomphale de la Huitième
à Munich en 1910), et ses obligations
américaines. Gravement malade, il
quitte New York en avril 1911 et meurt
le 18 mai d’une endocardite, peu après
son retour à Vienne.

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LES INTERPRÈTES

Simone Schneider Elle a étudié à la Hochschule für Musik


En 2015, Simone Schneider connaît und Theater de Munich. Dès sa der-
un grand succès dans le rôle de nière année d’étude, elle devient
Salomé, dans une production de Kirill membre du Studienjahres Mitglied
Serebrennikov à Stuttgart, qui marque des Opernstudios der Bayerischen
son entrée sur la scène dramatique. Staatsoper, où elle connaît un grand
En janvier 2018, elle fait ses débuts succès. Invitée par le Staatstheater
au Staatsoper de Hambourg en tant am Gärtnerplatz, elle s’est distinguée
que Leonore dans une nouvelle pro- comme soprano colorature drama-
duction de Fidelio (Kent Nagano) tique dans les rôles de La Reine de
et, en avril, au Wiener Staatsoper en nuit (Die Zauberflöte), Konstanze
tant que Sieglinde dans La Walkyrie (L’Enlèvement au sérail), Zerbinetta
(Adam Fischer). Trois débuts majeurs (Ariadne auf Naxos) et Olympia (Les
sont prévus pour la saison 2018-2019 Contes d’Hoffmann). Simone Schneider
– Elsa, Ariadne et Medea – ainsi que est membre du Staatsoper Stuttgart
ses débuts sur scène au Staatsoper depuis la saison 2006-2007, où elle a
unter den Linden à Berlin dans le rôle interprété Donna Anna (Don Giovanni),
de Leonore. Son répertoire d’opéra Elettra (Idomeneo), Gräfin (Le Nozze di
comprend entre autres Chrysothemis Figaro), Rosalinde (La Chauve-souris),
(Elektra), Ariadne (Ariadne auf Naxos), Madame Lidoine (Dialogues des
La Maréchale (Le Chevalier à la rose), Carmélites), le rôle-titre dans Marie
Alice Ford (Falstaff ), Kaiserin (La Stuart, Chrysothemis (Elektra), Gutrune
Femme sans ombre), Madame Lidoine (Le Crépuscule des dieux), Alice Ford
(Dialogues des Carmélites) et Elsa (Falstaff ) et La Maréchale (Le Chevalier
(Lohengrin). En tant que chanteuse à la rose). Simone Schneider a reçu le
de concert, elle maîtrise les œuvres titre de Kammersängerin en 2016.
de Bruckner, Dvořák, Verdi, Richard
Strauss, Mahler, Mendelssohn et Jacquelyn Wagner
Beethoven, et a collaboré avec des Après son succès dans le rôle-titre
chefs tels que Helmuth Rilling, Manfred de Suor Angelica dans une nouvelle
Honeck, Philippe Herreweghe, Marek production de l’opéra de Puccini par
Janowski, Ulf Schirmer et Herbert Will Humburg et Eva Maria Höckmayr
Blomstedt. Simone Schneider est née à l’Opéra de Cologne, la soprano
à Hagen dans une famille musicienne. américaine a rapidement acquis une

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reconnaissance internationale et s’est à Munich et à la Philharmonie de Paris
imposée comme une interprète de avec les Münchner Philharmoniker
premier ordre du répertoire allemand, (Valery Gergiev), au Konzerthaus
français et italien. Elle débute la saison de Vienne (Philippe Jordan) et à
2017-2018 dans le rôle d’Alice (Falstaff, divers concerts de gala comme au
Christoph Waltz et Tomáš Netopil) Dzintari Festival Riga (Ainars Rubikis).
pour l’Opéra des Flandres, puis elle Jacquelyn Wagner a débuté en tant
est Leonore (Fidelio, Jan Schmidt-Garre que membre du Deutsche Oper Berlin,
et Otto Tausk) au Théâtre Saint-Gall. où elle a chanté notamment Pamina
De nombreux concerts, comme « Four (Die Zauberflöte), Micaela (Carmen),
last songs » au Liceu de Barcelone Musetta (La Bohème). Elle a étudié
et à l’Orchesta Sinfónica de Tenerife à la Manhattan School of Music et à
ainsi que le rôle de La Maréchale (Le l’Oakland University of Michigan. Elle
Chevalier à la rose) clôturent sa saison. a remporté de nombreux concours
Son succès dans le rôle-titre d’Arabella internationaux. Elle est récipiendaire
au Nederlandse Opera d’Amsterdam d’une bourse d’études Fulbright.
(Christof Loy et Marc Albrecht) est
une étape importante de sa carrière ; Regula Mühlemann
elle avait déjà interprété ce rôle au Regula Mühlemann a étudié au
Minnesota Opera ainsi qu’au Deutsche Conservatoire de Lucerne, dans la
Oper am Rhein de Düsseldorf. Dans les classe de Barbara Locher. La saison
projets de Jacquelyn Wagner figurent : 2017-2018 a vu son retour à Genève
ses débuts au Salzburger Festspiele avec ses débuts dans le rôle de Susanna
en tant que Eva (Les Maîtres chanteurs (Le Nozze di Figaro) au Grand Théâtre
de Nuremberg, Christian Thielemann) ; de Genève, puis ce fut le Teatro
le rôle-titre dans Euryanthe (C. Loy) San Carlo pour interpréter Blonde
au Theater an der Wien ; Agathe (Der (L’Enlèvement au sérail). Elle chante
Freischütz) au Zurich Opera. Elle aussi Rosina (La Finta Semplice) à
revient au Semperoper de Dresde Birmingham et au Queen Elizabeth Hall
dans le rôle de Leonore ; à l’Opéra à Londres. Regula Mühlemann est une
Paris-Bastille pour Don Giovanni et chanteuse de concert très recherchée,
Così fan tutte ; au Deutsche Oper Berlin qui a interprété Les Saisons (Haydn)
pour Rosalinde (La Chauve-souris) ; au sous la direction de Yannick Nézet-
Liceu de Barcelone en tant que Tatjana Séguin à Philadelphie, Le Devoir du
(Eugen Onegin) ; au Deutsche Opera premier Commandement (Mozart)
am Rhein de Düsseldorf dans le rôle- avec le Münchner Rundfunkorchester
titre d’Alcina. L’artiste sera en concert au Théâtre Prinzregentent à Munich,

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la Messe en ut mineur (Mozart) à en chantant Ännchen dans le long
Winterthour, Fribourg, au KKL de métrage Hunter’s Bride. Elle enregistre
Lucerne. Elle chante la Symphonie no 4 exclusivement pour Sony Classical.
de Mahler avec la Staatskapelle Dresde
dirigée par Robin Ticciati. D’autres Claudia Mahnke
concerts et récitals ont eu lieu au Müpa Claudia Mahnke s’est imposée ces
de Budapest, à Vevey, Bellmund, Brême, dernières saisons comme l’une des
Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf, grandes mezzo-sopranos avec les
Saint-Gall et à Bâle. Elle a interprété rôles de Brangäne (Tristan und Isolde)
le programme de son deuxième et Fricka (La Walkyrie) au Festival de
disque Cleopatra à Munich, Kufstein et Bayreuth, Judith (Le Château de Barbe-
Ludwigsbourg. Avec Giovanni Antonini Bleue) au Staatsoper de Hambourg et
et le Kammerorchester Basel, Regula Didon (Les Troyens) à l’Oper Frankfurt.
Mühlemann chante Marzelline dans Elle débute la saison 2018-2019 en
une version concert de Fidelio. Elle tant que Magdalene dans Les Maîtres
interprète et enregistre Papagena chanteurs de Nuremberg au Bayerische
(Die Zauberflöte) aux Festspielhauses Staatsoper. Puis, elle se produit à l’Oper
de Baden-Baden sous la direction de Frankfurt dans Rusalka, Hänsel und
Yannick Nézet-Séguin. Elle a chanté Gretel, Wozzeck et La Walkyrie. Elle
Giannetta (L’Elisir d’amore) à l’Opéra sera Judith dans une nouvelle pro-
de Zurich et Despina (Così fan tutte) à duction du Château de Barbe-Bleue
La Fenice, ainsi que Nanetta, Papagena au Staatsoper Stuttgart, et elle chan-
et Elisa au Festspielhaus Baden- tera Waltraute (Le Crépuscule des
Baden. En 2012, elle a fait ses débuts dieux) au Staatsoper de Hambourg,
au Festival de Salzbourg, a chanté la Kundry (Parsifal) au Festival Ravello,
jeune Papagena dans Das Labyrinth et Fricka avec le London Philharmonic
de Peter von Winter, dans la nouvelle Orchestra. D’autres engagements
production de La Finta Semplice par l’amèneront cette saison à chanter,
Hans Neuenfelsta. Invitée régulière du avec les Münchner Philharmoniker,
Festival de Lucerne, elle y a interprété, Lied von der Erde et la Symphonie
notamment, la Petite Messe solennelle no 8 de Mahler ; sous la direction de
de Rossini avec la Bayerische Rundfunk. Kirill Petrenko, elle interprétera cette
Elle travaille avec des chefs renommés dernière œuvre à Bregenz. À Tokyo,
tels que Nello Santi, Simon Rattle, elle jouera Waldtaube (Gurre-Lieder) et
Daniel Harding, Daniele Gatti, Pablo à Berne elle interprétera la Rhapsodie
Heras-Casado et Ivor Bolton. Regula pour alto de Brahms. Claudia Mahnke
Mühlemann a fait ses débuts au cinéma est invitée à de nombreux festivals

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et dans de grandes salles d’opéra, qui la prépare au diplôme de concer-
tels que l’Opéra Comique de Berlin tiste. Elle reçoit les bourses du Land
(Le Compositeur, Ariadne auf Naxos), de Rhénanie-Palatinat (Villa Musica),
l’Opéra de San Francisco (Dorabella, de la Fondation Yehudi Menuhin (Live
Così fan tutte ; Cherubino, Le Nozze music now) et de la Studienstiftung
di Figaro ; Zerlina, Don Giovanni), des deutschen Volkes. Elle est éga-
l’Opéra National de Lyon (Dorabella), lement lauréate d’un Premier Prix au
à Séoul avec le Deutsche Oper de Berlin Concours Mendelssohn. Son vaste
(Cherubino), au Badisches Staatstheater répertoire de concert comprend les
de Karlsruhe (Le Prince Charmant, passions et de nombreuses cantates
Cendrillon), au Théâtre Aalto à Essen de Bach, le Requiem de Mozart, Verdi,
et à l’Opéra de Cologne (Octavian, Le Duruflé, Dvořák et Schnittke, ainsi que
Chevalier à la rose), à la Ruhrtriennale les oratorios de Haendel, Mendelssohn,
sous Kirill Petrenko (Brangäne), au Honegger et Szymanowski. Elle chante
Bayerischen Staatsoper de Munich sous la direction de Paolo Carignani,
(I Puritani), au Théâtre Real Madrid Helmuth Rilling, Gabriel Garrido, Marko
(Adriano, Rienzi). Elle est membre de Letonja, Hans-Christoph Rademann,
l’Oper Frankfurt depuis la saison 2006- Alexander Liebreich, Kristjan Järvi,
2007. En concert, elle a interprété, Constantinos Carydis, Ivor Bolton,
notamment, la Petite Messe solen- Constantin Trinks, Sebastian Weigle,
nelle de Rossini (avec Helmuth Rilling), Ádám Fischer, Christian Thielemann,
la Messe en fa mineur de Bruckner Jaap van Zweden, Andrés Orozco-
(sous la direction de Fabio Luisi, et Estrada, Leo Hussain, René Jacobs,
aussi avec Herbert Blomstedt et les Henrik Nánási, Sylvain Cambreling,
Berliner Philharmoniker) et le Te Deum Krzysztof Urbanski, Teodor Currentzis
de Bruckner (avec Simone Young). ou encore Robin Ticciati. En tant qu’in-
Claudia Mahnke a étudié dans la classe terprète de lieder, Katharina Magiera
d’Heidi Petzold à la Hochschule für enregistre en 2016 pour le label Oehms
Musik de Dresde. Classics un album solo avec le guitariste
Christopher Brandt. Cet enregistre-
Katharina Magiera ment rassemble des textes de Goethe,
C’est par le piano, à l’école élémen- mis en musique par F. Mendelssohn,
taire, que Katharina Magiera débute la H. Wolf, F. Hensel, J. Kinkel, J. Lang
musique. Elle se tourne ensuite vers le et R. Schumann dans une transcrip-
chant, qu’elle étudie auprès d’Hedwig tion pour voix et guitare. En concert,
Fassbender à Francfort-sur-le-Main Katharina Magiera collabore avec les
puis à Mannheim avec Rudolf Piernay Münchner Philharmoniker, l’Orchestre

18
Symphonique National de la Radio (Xerxes), Irène (Theodora) et Edwige
Polonaise, le Festival Richard-Strauss, (Rodelinda). Elle incarnera également
le MDR Sinfonieorchester de Leipzig, La Troisième Dame (La Flûte enchantée)
le Festival de Salzbourg, la NDR au Festival de Glyndebourne.
Radiophilharmonie de Hanovre et le
Deutsches Symphonie-Orchester de Simon O’Neill
Berlin. Citons quelques-uns de ses Présenté comme « LE ténor wagnérien
rôles : La Troisième Dame (La Flûte de sa génération », Simon O’Neill se
enchantée) à l’Opéra National de Paris produit au Metropolitan Opera, au Royal
et au Theater an der Wien, Hänsel Opera House Covent Garden, au Teatro
(Hänsel und Gretel) à la Bayerische alla Scala, au Deutsche Staatsoper
Staatsoper de Munich, et Schwertleite et au Deutsche Oper, aux festivals
(La Walkyrie) au Semperoper de Dresde, de Bayreuth, Ravinia et Salzbourg,
à l’Opéra National du Rhin – Strasbourg, avec James Levine, Riccardo Muti,
au Festival de Musique de Pékin et Simon Rattle, Valery Gergiev, Thomas
au Festival de Pâques de Salzbourg. Hengelbrock, Donald Runnicles,
En tant que membre de la troupe de James Conlon, Antonio Pappano,
l’Opéra de Francfort depuis la saison Christian Thielemann ou encore Daniel
2009-2010, elle y interprète, notam- Barenboim. Il a interprété Siegmund,
ment, Alisa (Lucia di Lammermoor), Stolzing, Lohengrin, Florestan et Parsifal
Tisbe (La Cenerentola), Lisa (La (Covent Garden), Lohengrin (Bayreuth),
Passagère), Maddalena (Rigoletto), Erda Parsifal (Vienne, Madrid, Covent
(L’Or du Rhin), Flosshilde / Schwertleite Garden), Siegmund, (Metropolitan
(L’Anneau du Nibelung), Le Narrateur / Opera, Hambourg, La Scala, Berlin,
Sainte Catherine (La Damoiselle élue / V ienne, Munich), C avar ados si
Jeanne d’Arc au bûcher), Nancy (Hambourg, Tokyo, Berlin), Florestan
(Martha, enregistré sur CD chez Oehms (Festival de Salzbourg), Le Tambour-
Classics), Margret (Wozzeck), Marceline Major dans Wozzeck (Metropolitan
(Les Noces de Figaro), Annina (Le Opera), Max dans Der Freischütz
Chevalier à la rose), la partie d’alto (London Symphony Orchestra), Gurre-
solo du Messie de Haendel, Filosofia Lieder (BBC Proms), Mao dans Nixon
(L’Orontea), Ježibaba (Rusalka), Cornelia in China (San Francisco), Otello (New
(Giulio Cesare), La Dryade (Ariane à Zealand Opera, Houston), Erik dans Le
Naxos), Wanja (Ivan Soussanine) et Vaisseau fantôme (Ravinia Festival) et le
Emilia (Otello). En 2018-2019, Katharina rôle-titre dans Siegfried avec Jaap van
Magiera fera ses débuts dans trois Zweden (Hong Kong). Ses engagements
nouveaux rôles haendéliens : Amastre comprennent la Symphonie no 8 de

19
Mahler avec Daniel Harding, Das Lied partir pour l’Opéra de Francfort, où il a
von der Erde avec Simon Rattle, Boris développé un large répertoire de rôles
dans Katya Kabanova au Deutsche tels que Papageno (Die Zauberflöte),
Staatsoper de Berlin, Siegmund Guglielmo (Così fan tutte), Le Comte (Le
(La Walkyrie) avec Kirill Petrenko et Nozze di Figaro), Wolfram (Tannhäuser),
Parsifal au Bayerischer Staatsoper, Le Valentin (Faust), Prince Yeletsky (Dame
Crépuscule des dieux à Houston, Le de pique), Marcello (La Bohème), Albert
Tambour-Major à Hambourg. Simon (Werther), Frank-Fritz (La Ville morte),
O’Neill est revenu aux BBC Proms en Docteur Falke (La Chauve-souris), Jason
2018 pour la Symphonie no 8 de Mahler (Medea, Reimann) et le rôle-titre dans
et au Festival d’Édimbourg dans le rôle- Owen Wingrave de Britten. Il reste asso-
titre de Siegfried sous la direction de cié aux deux maisons, et est revenu à
Mark Elder. Parmi ses engagements à Francfort pour interpréter Le Ménétrier
l’opéra pour 2019-2018, mentionnons (Die Königskinder, Humperdinck) et,
Kaiser (La Femme sans ombre, Richard plus récemment, à Berlin en tant que
Strauss) au Staatsoper de Berlin, Comte Tamare dans Die Gezeichneten
Parsifal au Bayerische Staatsoper et de Schreker. Michael Nagy se produit
au Wiener Staatsoper, Tannhäuser et sur les plus grandes scènes du monde.
Calaf (Turandot) au Deutsche Oper Il a interprété Wolfram (Tannhäuser) au
Berlin – où il fera ses débuts dans le Festival de Bayreuth, le rôle-titre dans
rôle de Siegfried, en 2021, pour la Hans Heiling de Marschner au Theater
nouvelle production Stefan Herheim et an der Wien, Stolzius dans Die Soldaten
Donald Runnicles. de Zimmermann à Munich sous la direc-
tion de Kirill Petrenko (salué comme
Michael Nagy « Production lyrique de l’année 2014 »)
Né à Stuttgart, le baryton d’origine et Kurwenal (Tristan und Isolde) avec les
hongroise Michael Nagy a reçu sa pre- Berliner Philharmoniker à Baden-Baden
mière formation musicale au chœur et à Berlin sous la direction de Sir Simon
d’enfants Hymnus de Stuttgart, puis Rattle, ainsi que les rôles-titres dans Le
a étudié le chant et la direction d’or- Prisonnier de Dallapiccola et Edward II
chestre avec Rudolf Piernay, Irwin de Scartazzini.
Gage et Klaus Arp à Mannheim et à
Sarrebruck. Il a enrichi sa formation Evgeny Nikitin
lors de master-classes de Charles Artiste d’honneur de Russie, Evgeny
Spencer, Rudolf Piernay et Cornelius Nikitin se distingue au Concours
Reid. Michael Nagy a été membre de international d’opéra Petchkovski de
l’Opéra Comique de Berlin avant de Saint-Pétersbourg (1996), au Concours

20
international jeunes chanteurs d’opéra (Salomé). Il y a incarné Ruprecht dans
Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg une nouvelle production de L’Ange de
(1998) et au Concours international feu de Prokofiev. Au cours de la saison
Tchaïkovski de Moscou (1998). Son 2016-2017, Evgeny Nikitin débute dans
interprétation du rôle de Grigori Tristan und Isolde au Metropolitan
Griaznoï dans La Fiancée du tsar Opera, incarnant Kurwenal aux côtés de
de Rimski-Korsakov lui vaut le Sofit Nina Stemme, René Pape et Ekaterina
d’or, plus haute récompense théâ- Gubanova. Il apparaît dans Fidelio
trale de Saint-Pétersbourg (meilleur à Naples ainsi que dans Parsifal au
rôle en théâtre musical, 2005). Evgeny Metropolitan Opera, à l’Opéra de Paris
Nikitin est diplômé du Conservatoire et au Festival de Pâques de Baden-
Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg Baden. Evgeny Nikitin participe à l’en-
et rejoint le Théâtre Mariinsky alors registrement par le Théâtre Mariinsky
qu’il est étudiant en quatrième année. de Boris Godounov de Moussorgski et
Wagner, avec qui il s’attire les honneurs Semyon Kotko de Prokofiev. Il est pré-
de la presse russe et internationale, sent dans les enregistrements du label
occupe une place prépondérante dans Mariinsky d’Œdipus rex, Semyon Kotko,
son répertoire. Il se produit sur les plus L’Or du Rhin et Parsifal. Avec le London
grandes scènes du monde et dans les Symphony Orchestra et Valery Gergiev,
meilleurs festivals d’opéra. En 2002, il il grave la Symphonie no 8 de Mahler
fait ses débuts au Metropolitan Opera ainsi que Roméo et Juliette de Gounod ;
de New York dans Dolokhov (Guerre et avec Les Musiciens du Louvre et Marc
Paix, Prokofiev). Il est ensuite réinvité Minkowski, Le Vaisseau fantôme de
pour incarner Colline (La Bohème, Wagner. L’année 2015 voit la parution
Puccini), Pogner (Les Maîtres chan- de son premier disque solo (Wagner),
teurs de Nuremberg, Wagner), Fasolt avec l’Orchestre Philharmonique Royal
(L’Or du Rhin, Wagner), Oreste (Elektra, de Liège et Christian Arming.
Strauss) et Klingsor (Parsifal, Wagner).
Il fait ses débuts à Paris en 2003 au Johannes Berger
Théâtre du Châtelet dans le rôle-titre Johannes Berger est né à Rosenheim
du Démon de Rubinstein, et est invité en Allemagne et a reçu des leçons de
à plusieurs reprises par l’Opéra de Paris piano, clavecin et orgue dès son plus
(Le Prisonnier, Salomé, Parsifal, La Dame jeune âge. À 11 ans, il se forme chez
de pique, Le Crépuscule des dieux, le célèbre organiste munichois Franz
Elektra). Il est régulièrement invité à Lehrndorfer, et remporte le Premier
l’Opéra d’État de Bavière à Munich, où Prix du Concours d’orgue Jugend
il fait ses débuts en 2008 dans Iokanaan Musiziert en Allemagne. Il a étudié

21
l’orgue avec Harald Feller, le clave- sont marqués par de grandes festivités.
cin avec Christine Schornsheim et la Grâce aux efforts de Valery Gergiev,
musique religieuse à la Hochschule für le Théâtre Mariinsky redonne vie aux
Musik und Theater à Munich. Il poursuit opéras de Wagner. Sous sa direction,
ses études à Amsterdam avec Jacques l’Orchestre du Théâtre Mariinsky se
van Oortmerssen et à Salzbourg avec donne de nouveaux horizons, faisant
Reinhard Goebel. Johannes Berger sien un large répertoire d’opéra et de
a remporté le Grand Prix interna- ballet mais aussi symphonique. Sous
tional d’orgue Bach de Lausanne et son impulsion, le Mariinsky devient un
a également reçu le Prix du public. complexe théâtral et de concert unique
En plus d’une longue carrière de au monde : l’année 2006 voit l’inaugura-
soliste, il se produit régulièrement tion du Concert Hall, suivie de celle, en
avec des ensembles et orchestres 2013, de la seconde scène (Mariinski II),
renommés tels que les Münchner tandis qu’au 1er janvier 2016 s’ouvre
Philharmoniker, le Symphonieorchester une antenne à Vladivostok (la Scène
des Bayerischen Rundfunks, le Gustav Primorsky). En 2009 est créé le label
Mahler Jugendorchester, le Dresdner Mariinsky, qui à ce jour a publié plus de
Trompeten Consort, le Georgischen trente disques, salués par le public et la
Kammerorchester, etc. Depuis 2009, critique internationale. Valery Gergiev
Johannes Berger est organiste titulaire mène par ailleurs une riche carrière
et conservateur du plus grand orgue internationale. Il collabore avec les plus
en plein air au monde, situé à Kufstein, grandes maisons d’opéra au monde,
en Autriche. En 2015, il fonde son avec le World Orchestra for Peace (qu’il
propre orchestre baroque, le Concerto dirige depuis 1997), les orchestres phil-
München, qu’il dirige au clavecin. harmoniques de Berlin, Paris, Vienne,
New York et Los Angeles, les orchestres
Valery Gergiev symphoniques de Chicago, Cleveland,
Figure emblématique de l’école de Boston et San Francisco, l’Orchestre
direction de Saint-Pétersbourg, Valery Royal du Concertgebouw d’Amsterdam
Gergiev fait ses débuts au Théâtre et de nombreuses autres phalanges.
Mariinsky (alors le Kirov) en 1978 avec De 1995 à 2008, il est chef perma-
Guerre et Paix de Prokofiev. Il est nent de l’Orchestre Philharmonique
engagé comme directeur musical de de Rotterdam (dont il est encore
cette maison en 1988, puis comme aujourd’hui chef honoraire) et, de 2007 à
directeur général et artistique en 2015, du London Symphony Orchestra.
1996. Depuis son arrivée au pupitre, Depuis l’automne 2015, il est à la tête
les anniversaires des compositeurs de l’Orchestre Philharmonique de

22
Munich. Valery Gergiev est le fondateur 2002-2003 de l’Association des Éditeurs
et le directeur de prestigieux festivals de Musique d’Allemagne. Zubin Mehta
comme les Étoiles des nuits blanches a été le premier chef lauréat de leur
à Saint-Pétersbourg depuis 1993, et le histoire. Pour marquer le 100e anniver-
Festival de Pâques de Moscou depuis saire de la création de la Symphonie
2002. Depuis 2011, il dirige le comité no 8 de Mahler à Munich, Christian
d’organisation du Concours internatio- Thielemann, alors chef titulaire, a dirigé
nal Tchaïkovski. Musicien remarquable deux concerts de cette œuvre. Lorin
autant que personnage public, Valery Maazel lui a succédé à ce poste jusqu’à
Gergiev est décoré par de nombreux son décès en 2014. Depuis la saison
pays, à commencer par la Russie mais 2015-2016, l’actuel chef titulaire est
aussi l’Arménie, la Bulgarie, l’Allemagne, Valery Gergiev. Avec lui, les Münchner
l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Philharmoniker ont sillonné l’Europe,
France et le Japon. l’Asie (Japon, Chine, Corée) et les États-
Unis. La riche programmation conçue
Münchner Philharmoniker par Gergiev comprend des cycles sym-
Depuis leur fondation en 1893, les phoniques de Chostakovitch, Stravinski,
Münchner Philharmoniker enrichissent Prokofiev et Rachmaninov ainsi que de
la vie musicale munichoise sous la nouveaux concepts tels que le festival
baguette des chefs les plus illustres. MPHIL 360°. Les concerts sont réguliè-
Gustav Mahler les a dirigés pour la rement diffusés en direct, à la radio et la
création mondiale de ses Symphonies télévision. En septembre 2016, le label
nos 4 et 8, Bruno Walter en novembre de l’ensemble MPHIL a fait paraître les
1911 pour celle du Chant de la Terre. premiers enregistrements CD retraçant
Ferdinand Löwe a posé les jalons d’une le travail de l’orchestre avec Valery
tradition Bruckner brillamment pour- Gergiev. Ils travaillent aujourd’hui à
suivie par Siegmund von Hausegger et l’enregistrement de l’intégrale des
Oswald von Kabasta. C’est durant l’ère symphonies de Bruckner dans l’abbaye
Rudolf Kempe que les Philharmoniker Saint-Florian de Linz. Avec Spielfeld
ont fait leur première tournée en Klassik, les Münchner Philharmoniker
U.R.S.S. Le succès des concer ts ont développé un vaste programme
Bruckner sous la direction musicale de d’éducation musicale pour toutes les
Sergiu Celibidache a permis d’asseoir la tranches d’âge. Plus de trente-cinq
réputation internationale de l’orchestre. mille personnes toutes générations
Avec James Levine comme chef titulaire, confondues assistent chaque année
les Münchner Philharmoniker ont reçu le aux cent cinquante événements et
prix du meilleur programme d’orchestre plus proposés par l’ensemble. Des

23
concerts pour les enfants et les jeunes, Céline Vaudé
des répétitions publiques, des pré- Yusi Chen
sentations d’instruments et des abon- Florentine Lenz
nements pour les écoliers et les étu- Vladimir Tolpygo
diants offrent autant d’opportunités Georg Pfirsch
aux nouvelles générations de découvrir Victoria Margasyuk
la musique classique et le travail au
quotidien d’un grand orchestre. Avec Violons II
pour devise MPhil vor Ort (MPhil sur Simon Fordham, soliste
place), les Münchner Philharmoniker Alexander Möck, soliste
peuvent également quitter leur base IIona Cudek, co-soliste
– la Philharmonie Gasteig – pour se Matthias Löhlein
produire dans des cadres aussi divers et Katharina Reichstaller
inattendus que la taverne Hofbräuhaus, Nils Schad
les prairies alpines, les clubs ou les Clara Bergius-Bühl
bâtiments industriels. Esther Merz
Katharina Schmitz
Valery Gergiev, directeur musical Ana Vladanovic-Lebedinski
Bernhard Metz
Zubin Mehta, chef lauréat Namiko Fuse
Qi Zhou
Violons I Clément Courtin
Sreten Krstič, premier violon solo Traudel Reich
Lorenz Nasturica-Herschcowici, Asami Yamada
premier violon solo Johanna Zaunschirm
Julian Shevlin, premier violon solo
Odette Couch, premier violon Altos
solo associé Jano Lisboa, soliste
Iason Keramidis, premier violon Burkhard Sigl, co-soliste
solo associé Gunter Pretzel
Claudia Sutil Wolfgang Berg
Philip Middleman Beate Springorum
Nenad Daleore Konstantin Sellheim
Peter Becher Julio López
Regina Matthes Valentin Eichler
Wolfram Lohschütz Julie Risbet
Martin Manz

24
Violoncelles Bernhard Berwanger
Michael Hell, premier violoncelle solo Kai Rapsch, cor anglais
Floris Mijnders, soliste
Stephan Haack, co-soliste Clarinettes
Thomas Ruge, co-soliste Alexandra Gruber, soliste
Herbert Heim László Kuti, soliste
Veit Wenk-Wolff Annette Maucher, co-soliste
Sissy Schmidhuber Matthias Ambrosius
Elke Funk-Hoever Albert Osterhammer, clarinette basse
Manuel von der Nahmer
Isolde Hayer Bassons
Sven Faulian Raffaele Giannotti, soliste
David Hausdorf Jürgen Popp
Joachim Wohlgemuth Johannes Hofbauer
Jörg Urbach, contrebasson
Contrebasses
Sławomir Grenda, soliste Cors
Fora Baltacıgil, soliste Matías Piñeira, soliste
Alexander Preuß, co-soliste Ulrich Haider, co-soliste
Holger Herrmann Maria Teiwes, co-soliste
Stepan Kratochvil Alois Schlemer
Shengni Guo Hubert Pilstl
Emilio Yepes Martinez Mia Aselmeyer
Ulrich von Neumann-Cosel Tobias Huber
Umur Koçan
Trompettes
Flûtes Guido Segers, soliste
Michael Martin Kofler, soliste Florian Klingler, soliste
Herman van Kogelenberg, soliste Bernhard Peschl, co-soliste
Burkhard Jäckle, co-soliste Markus Rainer
Martin Belič Nico Samitz
Gabriele Krötz, piccolo
Trombones
Hautbois Dany Bonvin, soliste
Ulrich Becker, soliste Matthias Fischer, co-soliste
Marie-Luise Modersohn, soliste Quirin Willert
Lisa Outred Benjamin Appel, trombone basse

25
Tuba en musique contemporaine et pro-
Ricardo Carvalhoso ductions de musique ancienne avec
instruments d’époque. Nombreux sont
Timbales les jeunes chefs de chœur profession-
Stefan Gagelmann, soliste nels à avoir bénéficié de ses conseils
Guido Rückel, soliste dans toute l’Europe. En tant que pro-
fesseur invité, il enseigne la direction
Percussions de chœur au College-Conservatory of
Sebastian Förschl, soliste Music de l’Université de Cincinnati dans
Jörg Hannabach l’Ohio. En 1996, Andreas Herrmann
Michael Leopold est nommé directeur artistique du
Philharmonischer Chor München,
Harpe ensemble partenaire des Münchner
Teresa Zimmermann, soliste Philharmoniker, et se retrouve depuis à
diriger au nom d’éminents chefs d’or-
Andreas Herrmann chestre tels que Valery Gergiev, Lorin
Né à Munich, Andreas Herrmann a Maazel, Zubin Mehta, Kent Nagano,
étudié à la Hochschule für Musik und Christian Thielemann, James Levine,
Theater auprès de Max Frey, Roderich Mariss Jansons, Krzysztof Penderecki,
Kreile et Michael Gläser. Il complète Thomas Hengelbrock, Manfred Honeck,
sa formation par de nombreux sémi- Fabio Luisi, Barbara Hannigan, Andrew
naires internationaux de direction et Manze et Ton Koopman. En tant que
de master-classes avec des chefs de chef de chœur et d’oratorio, Andreas
chœur aussi renommés qu’Eric Ericson Herrmann fait montre de ses talents
et Fritz Schieri. Depuis 1996, il enseigne en Autriche, France, Italie, Pologne,
la direction et en particulier la direction Hongrie, Bulgarie, Égypte, Suisse, États-
de chœur à la Hochschule für Musik und Unis et Chine, et le succès qu’il rem-
Theater de Munich dont il est en charge porte auprès de nombreux chœurs pro-
du chœur pendant dix ans – l’occasion fessionnels (RIAS-Kammerchor Berlin,
pour lui de superviser de nombreuses Chœur National de la Radio Bulgare
productions d’envergure dans un large de Sofia, Chœur Philharmonique de
éventail de genres musicaux mêlant Silésie de Katowice), orchestres et
oratorio, opéra et répertoire a cappella. ensembles est le gage d’une colla-
Il entreprend une multitude de projets boration suivie et fructueuse avec les
ambitieux : tournées de concerts dans Münchner Philharmoniker.
divers pays européens, enregistre-
ments télévisés, créations mondiales

26
Philharmonischer Chor de Sieben Zaubersprüche de Wolfram
München Buchenberg et la création mondiale
Partenaire privilégié des Münchner d’Egmonts Freiheit - oder Böhmen liegt
Philharmoniker, le Philharmonischer am Meer de Jan Müller-Wielands, com-
Chor München a été créé en 1895 par mande des Münchner Philharmoniker
Franz Kaim, le fondateur de l’orchestre, interprétée sous la direction du com-
et compte parmi les principaux chœurs positeur. À côté du répertoire choral
de concert d’Allemagne. Il est placé de concert, le chœur est également
depuis 1996 sous la direction d’Andreas un interprète très demandé d’opé-
Herrmann. Son répertoire s’étend des ras en version de concert, tradition
oratorios baroques jusqu’aux opéras débutée avec James Levine et qui
en version de concert et aux grandes perdure sous la direction de l’actuel
œuvres chorales contemporaines, chef des Münchner Philharmoniker,
en passant par la littérature chorale Valery Gergiev. En plus de nombreux
symphonique et a cappella. Il s’est enregistrements pour la radio et la
produit sous la direction de person- télévision, une vaste discographie chez
nalités telles que Gustav Mahler, Hans les plus grands labels rend témoignage
Pfitzner, Krzysztof Penderecki, Herbert du travail de l’ensemble. La publication
von Karajan, Rudolf Kempe, Sergiu de l’opéra romantique Merlin de Karl
Celibidache, Zubin Mehta, Mariss Goldmark avec la Philharmonie Festiva
Jansons, James Levine, Christian sous la direction de Gerd Schaller a
Thielemann, Lorin Maazel et Valery remporté le prix Echo Klassik fin 2010
Gergiev. Au cours des dernières années, dans la catégorie « Enregistrement
les répertoires anciens et contempo- d’opéra du xixe siècle ». Le Requiem de
rains ont gagné en importance dans Franz von Suppé et la Grande Messe en
sa programmation. Après le succès mi mineur de Johann Ritter von Herbeck
des passions de Bach dirigées par ont été nominés pour l’International
Frans Brüggen, il a été réinvité au Classical Music Award, respective-
Musikfestspielen de Dresde pour don- ment en 2014 et 2016. Citons encore
ner la Messe en si de Bach. L’ensemble en septembre 2015 la participation
se distingue également par ses pres- du Philharmonischer Chor München à
tations en petit chœur de chambre, l’enregistrement du concert inaugural
comme récemment sous la direction de Valery Gergiev en tant que chef
de Christopher Hogwood, Thomas titulaire des Münchner Philharmoniker.
Hengelbrock et Ton Koopman. Dans
le domaine de la musique contempo-
raine, citons la première munichoise

27
Sopranos Christine Schüttke
Monika Abel-Lazar Veronika Uhlenbusch
Katharina Burkhart Stephanie Wagner
Dóra Drexel
Elisabeth Eutermoser Ténors
Brigitte Junkert Robert Altnöder
Eva Patricia Kraupner Christoph Birgmeier
Christine Krepold-Zimmer Michael Cramer
Angelika Leonhard Michael Etzel
Felicitas Leopold-Pirzer Michael Fink
Gertrude Ludwig Florian Firlus
Stefanie Menzel Andreas Hirtreiter
Caterina Prestele Gerhard Hölzle
Katalin Primosics-Zsemberi Michael Lanz
Evi Prockl Alfons Leinhäupl
Regina Reitzer Raimund Mlnarschik
Doris Schilling Josef Pollinger
Sandra Scholler Christoph Rebelein
Anna-Sophia Schrenker Martin Sebele
Martina Wiesbeck Rainer Seifert
Johanna-Maria Zeitler Anselm Sibig
Michael Stromm
Altos Daniel Süsstrunk
Rosa Anna Friedl
Fumiko Fukushima Basses
Elisabeth Gantert Tobias Baierl
Maud Hamacher Robson Bueno Tavares
Clara Horbach Sebastian Deiries
Margarete Joswig Matthias von Eichhorn
Andrea Karl-Brandl Matthias Hollweg
Evelyn Löhr Peter Kolenda
Gabriele Loidl Rudolf Laue
Roxana Mihai Benedikt Lottner
Franziska Molz Peter Ludwig
Sandra Nahabian Burkhard Mayer
Maria Neubauer Brane Milanovic
Birgit Rolla Konstantin Parnian

28
Emanuele Poli constante de son répertoire. Ce travail
Peter Pöppel a été reconnu par la Radio Nacional
Matthias Privler de España qui l’a récompensé en 1992
Bernhard Spingler par son prix Ojo Crítico en musique.
Olivier Thomazo Œdipe d’Enesco, La Mort de l’évêque
Reinhard Wellano de Brindisi de Menotti, Œdipus rex de
Stravinski, Les Vêpres et Les Cloches de
José Antonio Sáinz Alfaro Rachmaninov, The Dream of Gerontius
À la tête de l’Orfeón Donostiarra depuis d’Elgar et la Messe glagolitique de
1986, José Antonio Sáinz Alfaro a su Janáček comptent parmi les partitions
mener l’ensemble au sommet de son qui ont enrichi le répertoire du chœur
prestige international et superviser au cours de ces dernières années. Parmi
l’expansion constante de son répertoire. les nombreux enregistrements réali-
Licencié en sciences physiques, il est lié sés sous la direction de José Antonio
à la musique par vocation et profession- Sáinz Alvaro, signalons le CD Orfeón
nellement depuis son plus jeune âge. 1987-1997 Entre lo sagrado y lo pro-
Il se forme au Conservatoire de San fano, nommé Disque de platine, et le
Sebastian avec des professeurs tels que Requiem de Verdi paru chez EMI en
Francisco Escudero et Tomás Aragüés 2003, nominé pour le Grammy de la
avant de poursuivre ses études à l’étran- meilleure performance chorale – nomi-
ger, avec différents cours de direction nation partagée avec les deux autres
de chœur. Son premier contact avec chœurs partenaires de cet enregistre-
l’Orfeón Donostiarra a lieu en 1974, ment, le Chœur de la Radio Suédoise
lorsqu’il intègre l’ensemble en tant et le Chœur de Chambre Eric Ericson.
que baryton. Durant les années 1980, L’année 2003 marque également l’enre-
il collabore étroitement avec son chef gistrement en concert de la Symphonie
Antxon Ayestarán, dont il devient vite no 2 de Mahler sous la direction de
l’assistant. Engagé comme chef adjoint, Claudio Abbado avec l’Orchestre du
il participe à la préparation et à la pro- Festival de Lucerne, récompensé par le
duction de nouvelles œuvres et aide à Diapason d’or, ainsi que la parution du
promouvoir une politique de dévelop- CD Canciones, plus populaire, nommé
pement encore timide. Suite au décès Disque d’or. Il y a plus de vingt ans,
d’Antxon Ayestarán en 1986, il prend la José Antonio Sáinz Alfaro a ouvert une
direction de l’Orfeón. Depuis, le chœur nouvelle phase de sa carrière en se
est entré dans une période caracté- lançant dans la direction d’orchestre,
risée par une présence accrue sur la ce qui l’a amené à diriger l’Orchestre
scène internationale et par l’expansion Symphonique National de Lettonie, la

29
Orquesta Sinfónica de Radio Televisión la direction de Yannick Nézet-Séguin.
Española, l’Orchestre Symphonique Parmi les spectacles internationaux
Basque, l’Orchestre National de Russie, de ces dernières années, citons ceux
l’Orchestre Symphonique d’Istanbul, la de la Philharmonie de Paris (2015),
Filharmonia Pomorska, l’Opéra National de la Salle Pleyel à Paris et ceux de
de Sofia, l’Orchestre Philharmonique la Halle aux Grains à Toulouse, avec
George Enesco de Bucarest, la l‘Orchestre National du Capitole de
Orquesta Sinfónica de Madrid, l’Or- Toulouse et sous la direction de Tugan
chestre du Teatro Nacional São Carlos Sokhiev. En 2003, La Symphonie no 2
de Lisbonne, l’Orquestra Simfònica del de Mahler a été enregistrée lors du
Vallés et l’Orchestre de Málaga. concert du Festival de Lucerne avec
le Lucerne Festival Orchestra sous la
Orfeón Donostiarra direction de Claudio Abbado ; l’album
Fondé en 1897 à Saint Sébastien, l’Or- a reçu un Diapason d‘or. En 1997,
feón Donostiarra est considéré comme pour le Concert de la Saint-Sylvestre,
l’un des plus importants chœurs d’Es- il a chanté à Berlin avec les Berliner
pagne. Il donne une quarantaine de Philharmoniker sous la direction de
concerts par an, et son répertoire Claudio Abbado. Outre les orchestres
– qui va du xviiie au xxie siècle – compte et les solistes, de nombreux chefs ont
une centaine d’œuvres pour chœur et travaillé avec l’Orfeón, parmi lesquels
orchestre, plus de cinquante opéras Gerd Albrecht, Daniel Barenboim,
et zarzuelas et un grand nombre de Riccardo Chailly, Gustavo Dudamel,
pièces, folkloriques et polyphoniques. Rafael Frühbeck de Burgos, Jesús
L’histoire de l’Orfeón se divise en López Cobos, Charles Mackerras, Lorin
quatre étapes bien définies, marquées Maazel, Igor Markewich, Kurt Masur,
par le caractère et la personnalité de Zubin Mehta, Riccardo Muti, Yannick
leurs directeurs respectifs : Secundino Nézet-Séguin, Seiji Ozawa, Michel
Esnaola, Juan Gorostidi, Antxon Plasson, Mikhail Pletnev, Simon Rattle,
Ayestarán et José Antonio Sáinz Alfaro ; Esa-Pekka Salonen, Vladimir Spivakov,
ce dernier dirige l’Orfeón depuis 1987. Leopold Stokowski, Yuri Temirkanov,
En 2017, Orféon Donostiarra a par- Robin Ticciati, Victor Pablo Pérez et
ticipé au premier concert Fidelio de Alberto Zedda. En 2003, le CD de
l’histoire des BBC Proms. En mars Requiem Mass de Verdi, publié par
2018, à l’occasion du 100 e anniver- EMI, a été nominé aux Grammy Awards
saire de l’Orchestre Philharmonique dans la catégorie « Meilleure perfor-
de Rotterdam, le chœur a chanté la mance chorale », reconnaissance que le
Huitième Symphonie de Mahler, sous directeur de l’Orfeón a partagée avec

30
les directeurs des autres chorales par- Ténors
ticipant à cet enregistrement. L’œuvre Agustín Aduriz
est aussi sortie en DVD. La Damnation Juan Bautista Agirre
de Faust de Berlioz, enregistrée en Imanol Aizpurua
version scénique en 1999 à Salzbourg, Julen Antxia
est disponible en DVD chez Arthaus Jagoba Astiazaran
Musik. En 2009, Orfeón Donostiarra a Joseba Garde
de nouveau gravé la Symphonie no 2 Aritz González
de Mahler pour Virgin Classics avec le José Gozategui
hr-Sinfonieorchester de Francfort sous Aitor Imaz
la direction de Paavo Järvi. Iñigo Laboreria
Jon Lasa
Sopranos Juan Pablo Lizarza
Juncal Baroja Ander Sanz
Leire Belloso Manuel Spucches
Julia Blasco José Ignacio Suárez
Sara Ceballos Francisco Torres
Maria Cendoya Aitor Vitoria
Irene Del Molino Iñigo Vivanco
Silvia Díaz Jon Zaldua
Argi Epelde
Vinaixa Gartzia Altos
Mariola Huarte Ane Arabaolaza
Salomé Ibarmia Elixabete Arabaolaza
Begoña Irigoyen Berta Arrillaga
Miren Larrañaga Itziar Bueno
Amaia Lizarraga Mercedes Del Ama
Leire Mendibil Ana Franco
Itziar Moreno Julia Carolina Gysling
Laida Otaduy Mª Isabel Martin
Cristina Sáinz Liubov Melnyk
Ana Salaberria Maialen Mendizabal
Isabel Salaberria Amaia Zapirain
Leire Sarasola Mónica Zapirain
Ane Urrutikoetxea
Eli Urrutikoetxea
Cristina Venzala

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Basses Kammler. Il fait régulièrement partie
Endika Beltrán de divers jurys de concours. Il a reçu
Jon Arretxe plusieurs distinctions pour la fondation
Josetxo Brey du Domsingknaben et pour son enga-
Fermín Butini gement dans la promotion de la musique
Carlos Carra sacrée, par exemple l’Ordre papal de la
Antton Carton Saint-Sylvestre et l’Ordre du mérite de
Nicolás Corta la République fédérale d’Allemagne.
Juan Manuel Emazabel Il est membre de l’Ordre des cheva-
Jon Imanol Etxabe liers du Saint-Sépulcre de Jérusalem.
Sergio García Reinhard Kammler et le Domsingknaben
José Luis Loidi ont reçu le Bayerischer Poetentaler et le
Miguel Valencia Kulturpreis der Bayerischen Volksstiftung.
Ramón Zubillaga
Iñaki Zubiria Augsburger Domsingknaben
Mikel Zubiria Outre son « cœur de métier », qui est
le maintien de la musique sacrée de
Reinhard Kammler la cathédrale d’Augsbourg, le chef
Reinhard Kammler a étudié à la Staatliche de chœur Reinhard Kammler et le
Hochschule für Musik de Munich. Il fonde Domsingknaben sont très actifs dans
le Domsingknaben d’Augsbourg alors le monde de la musique profession-
qu’il est encore étudiant et qu’il a reçu nelle. Des chefs d’orchestre tels que
une bourse du Deutscher Musikrat. Après Sir Colin Davis, Fabio Luisi, Jeffrey
de nombreuses années comme organiste Tate, Mstislav Rostropovitch, Sir Neville
de la cathédrale d’Augsbourg, il en est Marriner, Thomas Hengelbrock, Kent
nommé directeur de la musique. En plus Nagano, Mariss Jansons, Daniel
de ses fonctions liées à la musique sacrée Harding, Manfred Honeck, Bernard
à la cathédrale d’Augsbourg, Reinhard Haitink et Valery Gergiev collaborent
Kammler se produit avec le chœur en avec le Domsingknaben. Les solistes
Allemagne et à l’étranger. Il travaille avec du chœur chantent dans des festi-
la Bayerische Rundfunk, de nombreuses vals de musique renommés tels que
salles d’opéra et des orchestres et des le Schwetzinger Festspiele, le Festival
chefs renommés. Depuis des décen- de musique sacrée en Suisse ou le
nies, il collabore avec succès avec les Baltic Sea Festival au Schlosstheater
labels harmonia mundi ou ars musici. Drottningholm en Suède. Ils sont enga-
En 2012, le label Deutsche Grammophon gés sur d’importantes scènes telles que
a publié le premier CD de Reinhard le Bayerische Staatsoper de Munich, le

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Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf Si-Uh Kim
ou l’Opéra National du Rhin Strasbourg. Andrij Klitni
À Munich, le chœur participe réguliè- Joseph Kolberg
rement aux projets des Bayerischen Moritz Kolberg
Rundfunks à la Philharmonie de Gasteig, Lukas König
au Herkulessaal der Residenz ou au Benedikt Lechner
Prinzregententheater. Il se produit Vinzenz Löffel
dans toute l’Allemagne et dans de Jakob Lutzenberger
nombreux pays européens. Des tour- Lukas Mägele
nées conduisent le chœur au Japon, Raphael Möck
au Canada, en Équateur, en Afrique Jakob Müsebeck
du Sud et aux États-Unis. En 2016, le Georg Mußmann
Domsingknaben d’Augsbourg s’est Johannes Oberroither
produit pour la première fois en Chine Louis Orasche
et a connu un beau succès lors de vingt Tobias Paulus
concerts donnés dans les salles du Poly Jonathan Pautz
Theatre Group. Benedikt Pilz
Jonathan Rausch
Nico Adlag Julian Romanowsky
Lawrence Ariotu Georg Roßkopf
Marlon Becker Johannes Schedlbauer
Domingo Braun Simon Schimpel
Maurice Braun Jacob Schlesiger
Elias Bschorr Philipp Schmid

Licences E.S. 1-1083294, 1-1041550, 2-1041546, 3-1041547 – Imprimeur : Impro


Finn Danelian Thomas Schmid
Leon Simon Danelian Paul Schönau
Gabriel Eisenbarth Vincent Schulz
Hannes Emminger Felix Schumann
Jonas Engelmann Daniel Spindler
Lysander Francescatti Peter Stoffels
Luis Gallauch Leopold Triebel
Elias Grenzebach Gustav Uhrmacher
Elias Hammler Julian Volger
Christoph Hegele Jonathan Wenzel
Korbinian Hochmuth Jakob Wittmann
Christoph Immler Peter Wittmann
Malte Irmer Benjamin Wohlfarth
Valentin Wohlfarth
Matthias Wörner
Dominik Zakopets

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