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COURS N°2 : LES ACCORDS

_____
GRAMMAIRE
C'est comme ceux que je fais sur ma guitare ? À quoi ça sert de savoir
faire des accords pour écrire ?

Eh bien : devinez quoi ?! Les accords en grammaire et en


orthographe, sont aussi importants que les accords en musique !

Les accords en musique servent à accompagner la partition


principale. En grammaire, les accords servent à écrire la bonne
forme des mots en fonction d'autres dont ils dépendent. Les mots
peuvent prendre une forme masculine, féminine, être au singulier
ou au pluriel. Tout ceci dans le but d'une meilleure compréhension
de la phrase. Si on voit un mot au masculin singulier, on a tout de
suite une indication du sens de la phrase sans l'avoir forcément lue
en entier.

Donc, la construction des mots est régie par une série de règles afin
de ne pas se perdre parmi toutes les possibilités d'écriture, comme
les accords en musique répondent aussi à des règles. Sinon on
risquerait d'entendre une joyeuse cacophonie !

Sommaire de la section :

I. L'accord du verbe

1. L'infinitif
2. La conjugaison des verbes

3. Les participes passés

II. L'accord de l'adjectif qualificatif

1. Le féminin

2. Les cas particuliers du féminin

3. Le pluriel des adjectifs

4. Le participe passé des adjectifs

III. L'accord des noms

1. Le féminin des noms

2. Le pluriel des noms

Tout d'abord voyons l'ensemble des mots qui peuvent s'accorder :


Nous avons les verbes (les infinitifs, les verbes conjugués, les
participes passés), les adjectifs qualificatifs et les noms.

I. L'accord du verbe

1. L'infinitif

La première forme du verbe que l'on rencontre, c'est


l'infinitif. Il est invariable, ce qui veut dire qu'il ne
s'accorde pas.

- Au coucher du soleil, les moutons devront rentrer à la


bergerie.

En fait, tout verbe précédé directement d'un autre, est à


l'infinitif. Et si on a encore un doute, on remplace le verbe
par "prendre". Si le verbe prendre, associé avec le
précédent, peut être cohérent, alors nous avons bien
affaire à un verbe à l'infinitif.

- Au coucher du soleil, les moutons devront "prendre" à


la bergerie. "Devront prendre" est quelque chose de
cohérent (on n'obtient pas "devront prendrait" par
exemple, ce qui ne veut rien dire).

Cependant, il existe une exception (Ha ! Ça y est !


J'entends que ça commence déjà à râler   ) : Il ne faut
pas confondre l'infinitif des verbes se terminant
en ir avec les verbes conjugués à la troisième personne
du pluriel du passé simple, car il faut mettre alors la
terminaison i.r.e.n.t. et non ir.

Mais j'ai une petite astuce pour savoir si on parle


vraiment au passé simple : il vous suffit de mettre
l'imparfait à la place du verbe.

- Pendant la récréation, les enfants salirent leurs


chaussures dans la boue. ("salirent" est au passé simple
et non à l'infinitif)
On pourrait dire :

- Pendant la récréation, les enfants salissaient leurs


chaussures dans la boue. Avec l'imparfait, la phrase reste
cohérente, donc on ne met pas de l'infinitif. S'il n'avait
pas été possible de mettre de l'imparfait, on aurait mis
l'infinitif.

2. La conjugaison des verbes

Bien, maintenant, arrêtons-nous sur chaque verbe que


l'on rencontre, et posons nous la question suivante : "qui
est-ce qui fait l'action du verbe ?" (le sujet)

Cela va nous permettre de conjuguer correctement les


verbes (c'est-à-dire trouver la bonne personne à
conjuguer) en respectant les règles suivantes :

 Le verbe s'accorde en personne (sujet) et en


nombre (singulier/pluriel) avec son sujet.

- Sous les coups de fusil du chasseur, les


canards s'envolent (e.n.t), la
forêt frémit (t). S'envolent prend e.n.t car c'est un
pluriel (Qui est-ce qui s'envolent ? Les canards).
Frémit prend un t car c'est un singulier (Qui est-ce
qui frémit ? La forêt). Donc selon le pluriel ou le
singulier, on regarde dans la conjugaison du verbe
(cf.Les tableaux de conjugaison ) s'il s'agit des
personnes du singulier ou du pluriel, et on le
conjugue selon son nombre.

 Deux sujets singuliers valent un sujet pluriel.

- La tempête faisait rage, le vent et la


pluie giflaient le marin sur le pont de son
bateau. Giflaient prend e.n.t car qui est-ce qui
giflaient le marin ? Le vent et la pluie. Il s'agit de
deux sujets singuliers qui valent un pluriel. Donc on
conjugue à la troisième personne du pluriel (de
l'imparfait).

Pièges à éviter :

Nous savons que le verbe s'accorde toujours avec son


sujet, mais parfois, il peut-être difficile de bien le
reconnaitre :

 Lorsqu'il y a une inversion de sujet.

- Cette nuit noire, où ululaient les


chouettes, m'angoissait. Qui est-ce qui ululaient ?
Les chouettes (troisième personne du pluriel). En
revanche qui est-ce qui m'angoissait ? C'est bien la
nuit noire et non les chouettes (première personne
du singulier)

 Lorsqu'il y a des mots intercalés entre le sujet et le


verbe.

- Le feu se propageait à toute la forêt. Le vent


l'attisait malgré les efforts des pompiers. Ici, qui
est-ce qui se propageait ? Le feu. Et qui est-ce qui
l'attisait ? Le vent.

On voit bien que si on se pose la bonne question


pour trouver le sujet, on parvient assez facilement à
trouver la bonne personne pour conjuguer le verbe
correctement.

Les cas particuliers d'accord du verbe :

 Lorsque le sujet est "tu" : à tous les temps, le verbe


se termine par s sauf avec tu peux, tu veux, tu
vaux. Attention cependant à la conjugaison des
verbes du premier groupe à l'impératif présent (très
proche du présent de l'indicatif), qui ne prennent
jamais de s à la deuxième personne du singulier : tu
manges -> mange !

 Lorsque le sujet est "on" : quand on dit "on", il


s'agit toujours de la troisième personne du singulier.

 Lorque le sujet est "qui" : c'est un pronom relatif. Il


remplace le sujet qui se trouve quelque part avant
dans la phrase.

- Le soleil était à peine levé lorsque les nuages noirs


qui le rattrapaient depuis l'horizon, menaçaient de
l'engloutir. Le sujet de "qui" sont bien les nuages et
non le soleil, donc les verbes rattrapaient et
menaçaient ont bien pour sujet les nuages. Mais
encore une fois, si on se demande qui est-ce qui
"rattrapaient" et "menaçaient", on trouve bien qu'il
s'agit des nuages.

 Lorsque le sujet regroupe plusieurs sujets, comme


les mots tout, rien, ce, ..., le verbe s'accorde avec
ce mot.

 Lorque le verbe a au moins deux sujets


singuliers différents réunis par ou ou par ni, il se
met au pluriel.

- Ni la chaleur ni la soif n'eurent raison de sa


volonté de marcher toujours plus loin dans le désert
brûlant.

 Lorque les sujets du verbe sont regroupés dans une


sorte de graduation, c'est le dernier sujet qui fait
l'accord.

- Le plaisir, la joie, le simple bonheur d'être là


lui redonnait le moral.
 Lorsque le sujet est un adverbe représentant la
quantité comme assez, peu, beaucoup, combien,...,
le verbe se met au pluriel.

- Beaucoup renoncent face à l'immensité de la
tâche.

 Lorsque le sujet est précédé des locutions le peu


de ou plus d'un, le verbe peut être au singulier ou
au pluriel. Les deux sont acceptés.

- Plus d'un homme tentèrent (tenta) de dompter ce


cheval sauvage, sans succés.

3. Les participes passés

 Le participe passé employé avec le verbe "être" :


(Voir la conjugaison de l'auxiliaire être.)

Rappelons-nous que le participe passé est la forme


que prend le verbe quand il est précédé du verbe
être ou avoir (auxiliaire). Contrairement à la règle
des deux verbes qui se suivent et qui met le second
à l'infinitif, ici quand un verbe est précédé d'un
auxiliaire, il prend la forme du participe passé (cf.
tableaux de conjugaison).

Celui-ci donc, précédé de l'auxiliaire


(verbe) "être" s'accorde en genre
(masculin/féminin) et en nombre (singulier/pluriel)
avec le sujet.

- Les quartiers de la ville sont séparés par de grands


boulevards. Nous avons en premier, l'auxiliaire être
conjugué au présent(sont), puis le participe passé
(verbe) séparés. Le participe passé s'accorde avec
le sujet "Les quartiers" (qui est-ce qui "sont
partagés" ?), et comme il s'agit d'un nom masculin
et qu'il est au pluriel, séparés prend juste
un s avec sa forme conjuguée.

- La châtaigneraie avait été coupée, et une fois


encore, les animaux étaient partis, plus loin, plus
profondément dans la forêt. Vous pouvez remarquer
que le premier groupe verbal "avait été" est
constitué du verbe avoir puis être. Dans ce cas-là,
on ne retient que le verbe être pour accorder le
participe passé, donc "coupée" prend un e car le
sujet est la châtaigneraie, qui est féminin. Dans le
second groupe, le participe passé "partis" prend
un s car le sujet est "les animaux" (pluriel), sinon il
se serait écrit "parti".

 Le participe passé employé avec le verbe "avoir" :


(Voir la conjugaison de l'auxiliaire avoir.)

Alors, la règle dans le cas de l'auxiliaire avoir, c'est


qu'il n'y a pas d'accord avec le sujet !

- J'ai mangé trop de chocolat ! "ai" est l'auxiliaire


avoir conjugué, et "mangé" ne s'accorde pas avec le
sujet (je). Donc on écrit le participe passé avec
simplement sa terminaison é.

Cependant, il existe un cas où on accorde le


participe passé : normalement le participe passé
employé avec l'auxiliaire avoir ne s'accorde jamais
avec le sujet du verbe, mais il s'accorde en genre et
en nombre avec le Complément d'Objet Direct
(C.O.D)quand celui-ci est placé avant le participe
passé. 

Ah oui ! Je crois qu'on l'a déjà rencontré quelque


part celui-là ? Il fait quoi déjà ? Comment on le
reconnait ?
Oui en effet, on a déjà croisé le C.O.D. dans le cours
n°1 : la phrase. Et j'expliquais que le C.O.D. servait
à determiner ce que faisait le sujet. Pour cela, il
suffit de se poser la question suivante : qui ou
quoi ? (À ne pas confondre avec le Complément
d'Objet Indirect, qui répond à la question à qui ou à
quoi ?)

- Les fleurs de la prairie avaient fleuri. Pas d'accord,


car pas de C.O.D. (On ne peut pas répondre à : les
fleurs de la prairie avaient fleuri qui ou quoi ?)

- On les a aperçus près de la route . Le C.O.D. (on a


aperçu qui ? les) est placé avant le participe
passé, donc on l'accorde avec les, masculin pluriel,
et aperçus se termine par u.s. La plupart du temps,
lorsqu'il y a accord du participe passé, le C.O.D. se
trouve presque toujours sous la forme d'un pronom
personnel (le, la les, l', nous, vous, que - pronon
relatif - )

- Le chat avait mangé la souris. Le C.O.D. (Le chat


avait mangé quoi ? la souris) est placé après le
participe passé, donc on ne l'accorde pas.

 Le participe passé employé sans auxiliaire


(sans le verbe être ou avoir) :

Dans ce cas, la règle est encore plus simple,


puisque qu'il faut tout simplement accorder le
participe passé avec le sujet de la phrase !

- L'équipe des bleus, admise à la coupe du monde,


fête sa victoire.

Vous pouvez remarquer qu'il n'y a pas d'auxiliaire


être ou avoir dans cette phrase. Pourtant, il faut
bien accorder le participe passé "admis". On va donc
tout simplement chercher le sujet de la phrase : qui
est-ce qui est admis à la coupe du monde (et qui
fête sa victoire) ? L'équipe des bleus ! Féminin,
singulier.

Heu... Mais il y a deux sujets dans cette phrase !


L'équipe et les bleus ? Comment savoir qui va faire
l'accord ?

Bonne remarque ! Cet exemple montre une difficulté


que l'on rencontre assez souvent. En effet, on peut
croire qu'il y a deux sujets dans cette phrase, mais
en réalité, les deux n'en font qu'un.

Il s'agit de l'équipe des bleus, et non de l'équipe ET


des bleus, car les deux sont indissociables. Si on
avait parlé simplement des bleus (les bleus, admis à
la coupe du monde...), le participe passé se serait
accordé sur "les bleus". Prenons un autre exemple
pour bien comprendre :

- La multitude d'animaux, signalée dans la vallée


par le chasseur, retint l'attention du chef du
clan. Toute la difficulté ici est de savoir s'il faut
prendre "la multitude" ou "les animaux" comme
sujet pour accorder le participe passé "signaler".
Mais en se posant la question "Qui est-ce qui ?", on
voit bien que l'on parle de "la multitude" avant tout.
Donc on accorde selon le féminin singulier du
sujet. 

Il existe encore quelques cas particuliers, mais


n'allons pas trop compliquer les choses pour le
moment. Sachez juste qu'il existe aussi les cas
suivants :
 Participe passé avec avoir et suivi d'un verbe à
l'infinitif : il s'accorde si le C.O.D. est placé
avant et qu'il fait l'action du verbe à l'infinitif.

 Participe passé précédé de en : il est


invariable, sauf si "en" a un C.O.D. et qu'il est
placé avant lui.

 Participe passé des verbes employés à la forme


impersonnelle : il est invariable.

 Participe passé dont le C.O.D. est que, et que


"que" n'est pas un complément circonstanciel :
il s'accorde en suivant la règle générale, sauf si
"que" est un complément circonstanciel. Il est
alors invariable.

II. L'accord de l'adjectif qualificatif

1. Le féminin

On forme le féminin de l'adjectif qualificatif en ajoutant


un e dit "muet" au masculin.

- Un escargot vert, une souris verte

Les adjectifs qualificatifs masculins qui se terminent


déjà par un e ne changent pas au féminin :

-Le soleil jaune, la fleur jaune.

On trouve également : pâle, fidèle, grêle, parallèle, ovale,


mâle, sale, frêle.

2. Les cas particuliers du féminin

 Les adjectifs qui se terminent par -eux au masculin,


se terminent en -se au féminin.

Peureux / peureuse
 Les adjectifs qui se terminent par -er au masculin,
se terminent en -ère au féminin.

Cher / chère

 Les adjectifs qui se terminent par -et au masculin,


se terminent en -tte au féminin.

maigrelet / maigrelette

Cependant, quelques-uns font exception :

désuet / désuète
replet / replète
secret / secrète
concret / concrète
(in)complet / (in)complète
(in)discret / (in)discrète
(in)quiet / (in)quiète

 Les adjectifs qui se terminent par -eur au masculin,


se terminent en -eure, -euse, -ice, -esse au
féminin.

Majeur / majeure
rieur / rieuse
vengeur / vengeresse
créateur / créatrice

 Les adjectifs qui doublent leur consonne finale :

aérien / aérienne
annuel / annuelle
bas / basse
 
gentil / gentille
net / nette
pâlot / pâlotte

 Les adjectifs qui se terminent en -ique, -oire, -


ile s'écrivent pareil au masculin ou au feminin sauf :

civil / civile
noir / noire
public / publique
puéril / puérile
 
subtil / subtile
vil / vile
viril / virile
volatil / volatile

 Les adjectifs qui se terminent en -al au masculin, se


terminent en -ale au féminin :

national / nationale

 Les adjectifs qui se terminent en -el, -eil se


terminent en -lle au feminin :

vermeil / vermeille
habituel / habituelle

 Les adjectifs masculins qui changent carrément


leurs terminaisons au féminin :

bénin / bénigne
blanc / blanche
doux / douce
faux / fausse
 
frais / fraîche
grec / grecque
hâtif / hâtive
long / longue
 
malin / maligne
précieux / précieuse
turc / turque

3. Le pluriel des adjectifs

Le pluriel des adjectifs qualificatifs se forme en ajoutant


un s au singulier :

- La mer bleue; les vestes bleues


- La grosse voiture; Les grosses pommes

Quelques cas particuliers :

 Les adjectifs en -eau au singulier, se terminent en -


eaux au pluriel

- Le beau jouet, les beaux jouets.

 Les adjectifs en -al au singulier, se terminent en -


aux au pluriel

- Un fléau mondial, des fléaux mondiaux.

Mais certains adjectifs en -al au singulier se


terminent par un s en plus, au pluriel : bancals,
fatals, navals, natals, finals.

De plus, les adjectifs qui se terminent déjà par


un s ou un x au singulier, ne changent pas au
pluriel.

- Un pantalon gris, des pantalons gris.


4. Le participe passé des adjectifs

Le plus souvent, le verbe a un participe passé, et il


s'utilise en général comme un adjectif qualificatif.

- Le gros chat. "Gros" est ici un simple adjectif


qualificatif.

- Le chat perdu. "Perdu" est ici un adjectif qualificatif et


également un participe passé.

Il faut donc connaitre les règles qui sont utilisées pour


accorder correctement un participe passé qui sert
d'adjectif qualificatif.

Rassurez-vous, ce n'est pas difficile à appliquer : la


terminaison du participe passé dépend du groupe auquel
il appartient. Au pluriel, on ajoute un s, et au féminin, on
ajoute un e.

 Le participe passé du 1er groupe se termine en -é

- La part de gateau mangée. Les bouts de pain


grignotés.

 Le participe passé du 2eme groupe se termine en -i

- L'exercice fini. Les sources taries.

 Le participe passé du 3eme groupe se termine en -


u, -s, -t

- La canalisation rompue. Les lettres reçues.

- La leçon apprise. Le courrier remis.

- Le lampadaire peint. La chambre peinte.

Attention ! Il existe encore quelques petites


exceptions :
Certains participes passés du 3ème groupe ont leur
terminaison comme celle du 2ème groupe. Ceux
précisément dont le verbe se termine en -ir.

Rappelez-vous déjà que pour savoir quels sont les


verbes du 3e groupe finissant en -ir et qui
n'appartiennent pas au 2e groupe, il suffit de les
mettre au participe présent. Et si leur terminaison
est en -issant, alors il s'agit bien d'un verbe du 2e
groupe, sinon c'est du 3e groupe.

Ensuite, quand on sait si on parle bien d'un verbe du


3e groupe en -ir, il suffit de mettre le participe
passé au féminin. Si on peut trouver une
terminaison en -se, alors la terminaison au masculin
sera en -s. Sinon, on écrira la terminaison en -i au
masculin et en -ie au féminin, comme pour les
participes passés appartenant au 2e groupe.

- Le repas servi. La version démentie

Bon, encore deux exceptions et on en termine là sur


les participes passés des adjectifs. Promis ! 

Les verbes dissoudre et absoudre (3e groupe) ne se


terminent ni en -u, -s, -t, mais comme ceci :

- un coupable absous, une accusée absoute


- Un corps dissous, une matière dissoute.

III. L'accord des noms

1. Le féminin des noms

Comme pour les adjectifs qualificatifs, on forme le


féminin des noms en ajoutant un e.

- Un Anglais, une anglaise.


- Un président, une présidente.

Quelques cas particuliers :

 Les noms se terminant par -er au masculin,


finissent en -ère au féminin :

- Un boulanger, une boulangère.

 Les noms se terminant par -eur au masculin,


finissent en -euse, -ice, -esse au féminin :

- Un acteur, une actrice.

- Le vengeur, la vengeresse.

- Un ramasseur, une ramasseuse.

 Certains noms doublent la consonne finale au


féminin :

- Un chien, une chienne.

 Certains noms changent la consonne finale au


féminin :

- Un loup, une louve.

- Un époux, une épouse.

Certains noms masculins n'ont pas de féminin


construit d'après la règle : un bouc, une chèvre.

Certains noms d'animaux confondent à la fois le


masculin et le féminin : une belette mâle, une
belette femelle.

Certains noms de professions masculines n'ont pas


de féminin : un pompier, une femme pompier. (On
peut supposer qu'à l'avenir, nos académiciens nous
trouveront des féminins à toutes les professions qui
restent encore masculines, comme un auteur, une
auteure ou un écrivain, une écrivaine... Certains
dictionnaires prennent d'ailleurs en compte, les
derniers changements dans le domaine).

Enfin, il faut faire attention aux noms homonymes


(même orthographe, mais sens différent), dont le
genre change le sens. Exemples : un cartouche, une
cartouche ou un livre, une livre... Et ils sont
nombreux. Je suis sûr que vous en connaissez, vous
aussi.

2. Le pluriel des noms

En général, il suffit d'ajouter un s au nom pour former le


pluriel :

- Le chat, les chats.


- Un verre, des verres.

En ce qui concerne les cas particuliers du pluriel des


noms, ils sont très nombreux. Donc nous allons surtout
voir les cas les plus problématiques, pour ne pas
surcharger vos neurones de règles qu'on appliqueraient
que très rarement.

 Les noms se terminant en -au, -eau, -eu et qui se


terminent avec un x au pluriel :

- Un seau, des seaux


- Un jeu, des jeux
- Un étau, des étaux
... Sauf landau, sarrau, bleu et pneu qui prennent
un s au pluriel et non un x.

 Les noms se terminant en -al et qui se terminent


par un -aux au pluriel :
- Un cheval, des chevaux
- Un canal, des canaux.
... Sauf bal, chacal, festival, régal, carnaval, récital,
qui prennent un s au pluriel.

 Les noms se terminant en -ou et qui se terminent


par un -s au pluriel :

- Un trou, des trous


- Un verrou, des verrous
... Sauf les fameux : bijou, caillou, chou, genou,
hibou, joujou, pou qui prennent un x au pluriel
(bijoux, joujoux...).

 Les noms se terminant en -ail et qui se terminent


par un -s au pluriel :

- Un rail, des rails.


... Sauf corail, bail, vitrail, travail, émail qui
prennent -aux au pluriel (coraux, vitraux, baux...).

 Les noms se terminant en -s, -x, -z et qui ne


changent pas au pluriel :

- le nez, le silex, le lis.

Pour les règles dont les utilisations sont plus rares, elles seront
l'objet d'une mise à jour de ce cours, ultérieurement.

Voilà ! Ce cours sur les accords est enfin terminée. Oui, je sais, si
on fait le bilan de tout ce qu'on vient de voir, on remarque que les
exceptions aux règles sont presque plus nombreuses que les règles
elles-mêmes.

Mais sachez que les règles générales permettent de se sortir de


presque toutes les situations, et c'est bien le plus important.

Enfin, pour les plus curieux qui se demanderaient pourquoi nous


avons autant d'exceptions aux règles de notre langue, on en trouve
très souvent l'origine dans l'histoire même de nos mots.
Il s'agit de restes étymologiques, phonétiques ou d'anciens usages
d'écriture, et qui sont parvenus jusqu'à nous.
Cela peut paraître bien inutile, mais lorsqu'on se rend compte que
ces exceptions sont le reflet et la richesse de notre patrimoine
historique, on peut en retirer une certaine fierté, et donc faire un
petit effort pour en retenir quelques-unes.