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TSC 2ème ANNEE PAIEMENTS ET FINANCEMENT A L’INTERNATIONAL

LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT


INTERNATIONAUX
INTRODUCTION GENERALE :
Face à un environnement mondial de plus en plus risqué et
imprévisible, le choix judicieux d’un mode de règlement efficace et
sécurisant devient pour la plupart des entreprises une
préoccupation majeure.
En effet, les problèmes de paiement et de financement ne
peuvent laisser indifférent aucun opérateur. Si les deux parties
éprouvent le même besoin de se protéger et de se couvrir, les
motivations qui lui animent dans le choix des modalités de
paiement différents et sont parfois diamétralement opposées.
D’un côté, le vendeur n’est disponible à expédier la
marchandise qu’après avoir reçu la certitude d’être payé ; de l’autre
côté, l’acheteur n’accepte d’exécuter le paiement qu’après s’être
assuré que son partenaire s’est correctement acquitté de ses
obligations contractuelles.
Aujourd’hui, il n’en est rien de tout cela, on assiste à un
renversement de tendance. L’acheteur est disposé à payer, mais
pas n’importe comment, il préfère d’abord bénéficier des délais de
paiement, recevoir la marchandise, s’assurer de sa conformité, la
revendre localement avant de payer le vendeur. Après tout, c’est lui
le client, c’est lui qui doit choisir son fournisseur et c’est lui qui
sélectionne le produit à importer, si on lui demande de payer
d’avance, il risque de décliner l’offre de vente et de changer tout
simplement de partenaire.
Les facilités de paiement deviennent, en effet, un argument de
vente majeur et un élément de concurrence aussi important que le
prix ou la qualité des produits.
Ainsi, selon le degré de confiance qui existe entre le vendeur
et l’acheteur, le mode de règlement retenu pourra prendre la forme
soit d’un virement international, soit d’un encaissement
documentaire soit d’un crédit documentaire.
L'évidence est de dire que toute vente suppose qu'il y ait
règlement de l'acheteur en faveur du vendeur. Cependant les
choses ne sont pas aussi simples, surtout lorsqu'il s'agit
d'opérations internationales.
1. La qualité des relations entre les partenaires :
Elle résulte du degré de confiance, découlant elle-même de
leur connaissance mutuelle. On peut citer à cet égard les relations
qui peuvent exister entre maisons mères et filiales.

Elaboré par : MATLAYA MOHAMED I.S.T.A MAAMORA DE KENITRA


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2. Le rapport de forces :
Il peut être déterminé soit par la taille respective des
partenaires, soit par la position stratégique du produit.
3. La tradition commerciale :
Pour certains marchés qui traitent des produits spécifiques
(exemple des commodités : laine - coton- pétrole- café - etc...) le
mode de paiement est une quasi caractéristique du marché.
4. Les dispositions réglementaires :
Certains pays, à contrôle de changes strict, n'autorisent les
règlements à l'étranger qu'en fonction de budgets préétablis dont
la gestion est suivie grâce à un mode de paiement imposé.
5. Les traditions régionales :
Des modes de paiement spécifiques font l'unanimité dans
certaines zones géographiques. C'est ainsi, par exemple, que le
commerce extérieur dans les pays du Sud-est asiatique est
caractérisé par l'utilisation de la Lettre de Crédit.
6. Les contraintes financières :
En effet, les exportateurs désirant disposer d'une trésorerie
suffisante auront tendance à demander le règlement selon un mode
de paiement facilement mobilisable auprès des institutions
financières et qui réduit au strict minimum le délai de rapatriement
des fonds.
Sans omettre la prise en compte des différents risques tels
qu'analysés précédemment, à savoir les risques commerciaux,
politiques, monétaires et techniques, viennent enfin s'ajouter les
divers handicaps dus à l'éloignement, aux différences de langues,
d'usages et de coutumes.
En fonction des éléments sus décrits, l'importateur et
l'exportateur vont choisir l'instrument de paiement le plus adéquat
pour leur transaction.

SECTION I : LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT


NTERNATIONAUX
Les instruments de paiement servent de support matériel
pour exécuter et finaliser le règlement en faveur du bénéficiaire
(chèque, lettre de change, billet à ordre, virement…).
I) LES MOYENS TRADITIONNELS DE PAIEMENT :
En matière de commerce international, on peut utiliser cinq
instruments de paiement qui sont pratiquement identiques à ceux
utilisés dans les règlements domestiques : le chèque, la lettre de
change, le billet à ordre, le mandat post et le virement.

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A) LE CHEQUE :
Il faut distinguer entre deux sortes de chèques :
 Le chèque d’entreprise ;
 Le chèque de banque.
1) Le chèque d’entreprise :
Il est tiré par le titulaire du compte, c’est-à-dire l’acheteur sur
sa banque.
Il n’offre aucune garantie, la provision peut être insuffisante
ou inexistante. Cet inconvénient est partiellement ou
totalement levé par le visa ou la certification.
La certification d’un chèque atteste l’existence de la provision
et le blocage au profit du bénéficiaire pendant la durée légale : 8
jours. Le bénéficiaire dispose dans ce cas d’une sécurité : son
risque est sur la banque, et non sur l’acheteur.
Le visa sur un chèque atteste que la provision existe au
moment où le chèque est émis par le tireur, cependant la provision
n’est pas bloquée.
2) Le chèque de banque :
Le chèque de banque est un chèque tiré par une banque sur
elle-même à la demande de l’acheteur. Il offre une garantie contre
le risque commercial mais pas contre le risque politique.
Le chèque peut être libellé en dirham ou en devise étrangère.
Il est utilisé dans les transactions internationales du fait que le
statut juridique du chèque varie d’un pays à l’autre, l’inconvénient
de cet instrument réside dans les délais d’encaissement.
N.B : Si l’exportateur a un volume d’affaires important dans le
pays concerné et si la législation de ce pays le permet, il a l’intérêt
à ouvrir un compte de non résident.
D’une manière générale le chèque n’est pas un moyen à
privilégier. Le circuit d’encaissement est long et tributaire des
transmissions postales. Le chèque une fois émis, est adressé à
l’exportateur qui le remet à sa banque, laquelle le remet à son tour
à l’encaissement à la banque de l’importateur. L’aller-retour du
chèque peut parfois s’étaler sur des semaines.
De plus, la date à laquelle le compte de l’exportateur sera
crédité ne peut être connue à l’avance avec précision, ce qui pose
un problème de gestion de trésorerie. A cet inconvénient, s’ajoutent
les possibilités de vol, de perte ou de falsification.

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B) LA LETTRE DE CHANGE :
La lettre de change ou traite commerciale est un écrit par
lequel l’exportateur (tireur) donne l’ordre à l’importateur (tiré) de
payer une certaine somme, à lui-même ou à un tiers, à vue ou à
une certaine date.
Pour le vendeur, la lettre de change assume une double
fonction:
 Instrument de sécurité ;
 Instrument d’escompte de créance née auprès de son
banquier.
Pour l’acheteur, la traite commerciale constitue un
instrument de paiement et de crédit, elle matérialise les délais de
paiement qui lui ont été consentis.

Marchandise

Exportateur Facture + traite Importateur


tireur et Tiré
bénéficiaire

Retour de la traite acceptée


La lettre de change présente les caractéristiques suivantes :
 Elle peut être négociée, c’est-à-dire escomptée auprès d’une
banque (il faut pour cela qu’elle soit acceptée, c’est-à-dire signée
par le débiteur ;
 Elle peut être avalisée (par exemple par la banque du
débiteur), ce qui rassure l’exportateur de la garantie d’une banque.
Il va de soi cependant que cette garantie bancaire n’est donnée ni
automatiquement, ni gratuitement ;
 Elle est transmissible par endossement : l’endossement se
réalise par la signature au dos de l’effet :
 Il peut être translatif : l’endosseur transmet alors
la propriété de la provision à l’endossataire ;
 Il peut être de procuration : l’endosseur transmet
l’effet à un tiers (son banquier), et mandate ce
dernier pour recevoir le règlement du tiré à
l’échéance ;
 Il peut être pignoratif : dans ce cas, l’endosseur
remet la lettre de change en gage à un tiers. C’est

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le cas, par exemple, lorsque le bénéficiaire négocie


l’effet auprès d’une banque, si l’escompte est
réalisé sauf bonne fin (si c’est un escompte sans
recours, il s’agit en effet d’un endossement
translatif).
 Elle donne au porteur les recours du droit cambiaire du
pays du débiteur, en cas de défaillance de ce dernier à l’échéance :
tous les signataires de la lettre de change sont en effet
solidairement garants de son paiement. En cas de non-paiement
du tiré, le porteur peut agir contre chacun des signataires,
jusqu’au tireur, qui lui, n’a plus de recours que contre le tiré.
C) LE BILLET A ORDRE :
Le billet à ordre est écrit par lequel l’importateur
(souscripteur) s’engage à payer à l’ordre de l’exportateur (le
bénéficiaire) une somme d’argent à vue ou à échéance.
Comme la lettre de change, le billet à ordre est transmissible
par voie d’endos. Il demeure, cependant, peu utilisé dans les
transactions commerciales internationales.
La différence essentielle entre la traite et le billet à ordre tient
au fait que la traite est émise par le créancier.
L’utilisation massive de la traite est due à ce que le vendeur
préfère ne pas laisser à l’acheteur l’initiative de l’émission de l’effet
de commerce (le billet à ordre).
D) LE MANDAT POSTE INTERNATIONAL :
Selon les instructions de l’ordonnateur, le mandat poste peut
être exécuté soit par un mandat ordinaire, soit par mandat de
versement à un compte postal, soit par mandat télégraphique.
Ce mode de paiement est très peu utilisé en commerce
international du fait de la limitation au plan géographique, retard
d’envoi, insécurité de paiement.

E) LE VIREMENT :
Le virement international est un procédé de règlement
utilisé en cas de confiance totale entre le vendeur et l’acheteur,
(généralement entre maison- mère et filiales) ce mode de règlement
est retenu par le vendeur lorsque le risque commercial sur
l’acheteur ne pose aucun problème et lorsque le risque ‘‘pays’’ de
l’importateur ne souffre d’aucune restriction.
Le virement international est le moyen de règlement le plus
avantageux pour l’acheteur. En effet, ce dernier reçoit directement
les documents de son fournisseur, procède au dédouanement de
sa marchandise, s’assure de sa conformité et donne ordre à sa

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banque d’en effectuer le règlement en faveur du bénéficiaire.


Cependant, dans ce mode de règlement, le vendeur court un
risque de non-paiement. Ce risque pouvant résulter soit de
l’insolvabilité de son client (risque commercial) soit de la santé
économique du pays importateur (risque politique ou risque de
non-transfert).
Signalons que dans cette opération, le rôle des banques est
très limité ; la banque de l’acheteur effectue le transfert des fonds
en faisant intervenir son correspondant étranger pour faire créditer
le compte du vendeur auprès de sa banque domiciliataire. Le
virement peut être effectué soit par courrier, soit par télex soit par
SWIFT.
Type de virement Caractéristiques
Courrier L’ordre de virement transite par la voie postale,
il en résulte que les délais peuvent être plus ou
moins longs, en fonction de l’éloignement et de
l’organisation postale du pays concerné.
Télex Plus rapide que le virement courrier, il offre
également d’avantage de sécurité, mais le
support papier reste l’instrument du virement,
ce qui laisse substituer un risque d’erreur.
SWIFT (Society for Système privé d’échanges de messages
Worldwide Interbank télématiques entre banques adhérentes.
Financial réseau est plus rapide, plus souple, et plus sûr
Telecommunication) que celui du télex. Il est, en outre, plus
économique.

II) LES MOYENS AUTOMATISES DE PAIEMENT « À DISTANCE


» LE SWIFT :
Le SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial
Telecommunication). 239 banques appartenant à 15 pays ont
fondé le 3 mai 1973 la société SWIFT : Society for Worldwide
Interbank Financial Telecommunication. Cette société a eu pour
mission d’élaborer un outil moderne de communication via l’outil
informatique. Le réseau a été conçu dès le départ de façon
modulaire de manière à faire face à l’accroissement inéluctable des
trafics ainsi que des adhésions futures.
Il comprend 3 niveaux de fonctionnement :
 La banque avec son terminal ;
 Le concentrateur national ;
 Le centre de communication

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Tout message transitant via le réseau SWIFT est codé, les


utilisateurs autorisés possèdent un code confidentiel.
Les noms de l’émetteur et du destinataire sont placés en tête
du message suivie du type d’opération demandée. Les différentes
informations nécessaires au bon déroulement sont indiquées dans
un ordre prédéterminé. Chaque début de chapitre est identifié par
un nombre à deux chiffres.
Le réseau SWIFT a profondément marqué les relations
interbancaires internationales. En tant que « transporteur de
messages », ce réseau fournit à ses utilisateurs un service plus
efficace, plus sûr et plus complet que les outils traditionnels de
communication entre banques, avec un coût d’utilisation modéré.
Le réseau SWIFT procure aux utilisateurs un triple avantage :
 Une grande sécurité de traitement ;
 Une grande rapidité d’exécution ;
 Une normalisation des messages suppose que ceux- ci
soient lisibles par un ordinateur.

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