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1 –introdution :

1.1- Les méthodes de diagnostic

L’objectif de diagnostic est de rechercher les défaillances qui devront ultérieurement faire l’objet

d’une maintenance corrective. Le diagnostic est réalisé au moyen d’une connaissance parfaite des

relations de cause à effet acquises par les opérateurs lors d’entraînements sur simulateurs. Par

contre, le diagnostic réalisé dans le cadre de la maintenance préventive s’intéresse à diagnostiquer

l’état de dégradation des matériels pour prévenir une défaillance.

Ces opérations de diagnostic font alors appel aux analyses de signatures exploitées par des experts
des matériels qui ne disposent pas dans la majorité des cas de modèles liant les causes et leurs effets.

Les méthodes de diagnostic sont nombreuses et variées car elles correspondent à la densité des
problèmes rencontrés sur un problème un peu complexe, il n’est d’ailleurs pas rare de devoir
utiliser plusieurs méthodes. Dans cette partie, nous avons choisi de décrire les méthodes les plus
couramment utilisées pour le diagnostic des défauts mécanique ou

électrique en précisant leurs avantages et leurs inconvénients.

1..1. Diagnostic des défauts par le suivi des grandeurs mesurables

L’analyse fréquentielle des grandeurs mesurables est le plus souvent utilisée pour le diagnostic
des défauts. Les grandeurs accessibles et mesurables d'une machine asynchrone peuvent être [Tho
01] :

 du flux rayonnant de la machine,


 de la température,
 de la vitesse de rotation,
 des vibrations,
 du courant statorique,
Figure I.7 : Les points de mesures

I..1.1. Analyse des flux

La conversion électromécanique de l’énergie est localisée dans l’entrefer. Cette conversion est
donc affectée par tout déséquilibre magnétique, mécanique, électrique ou électromagnétique au
rotor ou au stator. Le flux d’entrefer et par-là même l’induction magnétique dans l’entrefer. Le flux
embrassé dans les enroulements statoriques ou encore le flux de fuite dans l’axe de rotor sont des
paramètres qui, à cause de leur sensibilité à tout déséquilibre de la machine, méritent d’être
analysés.

Ces grandeurs sont difficilement mesurables mais des études ont été menées pour extraire des
signatures spécifiques à certains défauts. L’étude des variations de flux peut donc être une solution
pour détecter et localiser les défauts.

Le flux axial est toujours présent dans les machines électriques à cause des dissymétries
inhérentes à leur fabrication. Cette technique consiste à placer une bobine centrée sur l’arbre du
moteur ou une série de bobines placées symétriquement autour de l’arbre ou elles permettent de
flux de fuite axial. Ces bobines sont les sièges du flux de fuites, comme elles représentent un circuit
fermé, il va induire un courant dans ces bobines pour sonder l’état du moteur on a qu’à mesurer la
tension de la bobine et tracer son spectre à l’aide d’un analyseur de spectres puis comparer avec le
spectre d’un moteur sain.

Les composantes fréquentielles de fuite dans l’axe de rotor permettent de détecter et d’identifier :

 des courts-circuits dans les enroulements statoriques,


 la rupture des barres et des anneaux rotoriques ou mauvaise liaison entre bagues et balais,
 coupure d’une phase statorique ou rotorique, etc.…….
Cette méthode manque de souplesse et nécessite un montage spécial. Elle est généralement
utilisée pour la prévention contre les défauts dans des cas spéciaux des défauts d’un générateur [Ale
01].

I.5.1.2. Analyse de température

Les isolants du moteur sont classés suivant les tolérances de température. Mais la plus part des
isolants utilisés dans les machines à basse tension est de nature organique. C’est pourquoi l’excès de
la température provoque une détérioration de ces isolants des enroulements du moteur et les
différentes pertes thermiques représentent la source de cette chaleur (pertes joule, pertes par
courant de Foucault, pertes par hystérésis, etc.)

La durée de vie d’un moteur correctement conçue à une charge minimale et une température
ambiante de 40°c, est de 25000 heures, donc l’augmentation de la température ambiante de 10°c
réduit sa durée de vie de la moitié.

L’approche thermique consiste à comparer les températures des trois phases sachant que dans un
moteur sans défauts, chaque phase produit une température qui est presque égale à la température
des autres phases, puisque la répartition des courants statoriques est la même dans chaque phase
(moteur équilibré en tension, courant et impédance). Seulement s’il y’a un déséquilibre thermique
(température des trois phases est différentes), qui s’interpréter par l’existence d’un défaut. Pour
mesurer ces températures, on utilise des capteurs thermiques) placés aux différents endroits du
moteur (enroulements, bobinage du stator et rotor et encoche, etc.,……..).

Pendant une surcharge la température des enroulements avec l’appel du courant, cette valeur
dépasse de deux fois la valeur d’un moteur à pleine charge.

La méthode thermique consiste à mesurer la valeur de la température de chaque phase des


enroulements statoriques ou rotoriques, et la comparer avec la température limite de chaque phase,
si ces températures dépassent la valeur admissible on déduit l’existence d’un défaut.

Cette méthode est utilisée souvent pour la protection des enroulements statoriques ou
rotoriques, donc elle n’enveloppe pas la totalité des défauts dans un moteur. En plus dans notre
moteur il ne s’agit pas de bobinage rotorique, il s’agit d’un moteur à cage

d’écureuil [Cas 03].

I. 5.1.3. Analyse du couple électromagnétique

Le couple électromagnétique développé dans les machines électriques, provient de l'interaction


entre le champ statorique et celui rotorique. Par conséquent, tout défaut, soit au niveau du stator ou
au rotor, affecte directement le couple électromagnétique. L'analyse spectrale de ce signale, donne
des informations pertinentes sur l'état du moteur [Hsu 95]. Cependant, la nécessité d'un
équipement assez coûteux pour l'acquisition de cette grandeur représente l'inconvénient major de
cette méthode.
I.5.1.4. Analyse vibratoire de la machine

L’analyse vibratoire a prouvé son efficacité dans la détection des défauts des moteurs électriques.
Au même titre que les courants, les vibrations de la machine fournissent des informations sur
pratiquement tous les défauts mécaniques fréquemment rencontrés [Cas 03].

La méthode consiste à placer des capteurs de vibration tels que les accéléromètres qui sont les plus
utilisés dans la mesure des vibrations des machines électriques dans différents endroits de la
machine. Ils doivent bien être placés dans la machine afin de donner une meilleure sensibilité aux
vibrations. Les capteurs peuvent bien exister sous forme de plaquette pressée sur la surface du
moteur (capteur piézoélectrique), captant les vibrations puis les transmettant sous forme de courant
électrique amplifié à certaines fréquences à d’autre spectres d’un moteur sans défaillances si les
spectres captés sont différents de celles du moteur sain, cela veut dire qu’il y a un défaut dans la
machine.

Cette méthode n’est pas trop exploitée, puisque le fonctionnement du moteur présente une
source supplémentaire de vibrations, ces perturbations en interaction avec les vibrations par les
défauts tels que les systèmes statoriques, les ruptures de barres, rendent la distinction des spectres
spécifiée aux défauts difficiles. Cette méthode nécessite des connaissances profondes

en mécanique [Poy 04], [Moh 05], [Mcl 03].

I. 5.1.5. Analyse des courants statorique

Les procédures de surveillance de fonctionnement sont généralement orientées vers des


défaillances spécifiques intervenant sur l’une des trois parties de la machine : le stator, le rotor, ou
les paliers. Ces défauts s’interprètent par une large variation des inductances propres et mutuelles,
celles-ci génèrent des harmoniques dans le courant statorique. Pour détecter de manière précise ces
harmoniques, des recherches ont été particulièrement dirigées vers deux méthodes de diagnostic
[Tho 01], [Cap 00] :

 analyse par l’approche des vecteurs de Park,


 analyse spectrale du courant statorique.
Les deux méthodes de diagnostic vont être présentées comme il suit :

I.5.1.5.1. Analyse par l’approche des vecteurs de Park


L’approche des vecteurs de Park est l’une des méthodes les plus utilisées pour le diagnostic des
moteurs triphasés, qu’il soit alimenté par réseau ou par des convertisseurs statistiques. Ceci est du à
la simplicité de son application

Cette méthode reflète le comportement parfait de la machine et consiste à transformer la machine


triphasée en une machine biphasée (d, q). On obtient de cette transformation les vecteurs qui sont
les tensions, les courants, et les flux.

L’entée du synthétiseur de Park qui transforme le signal du courant du moteur en composante


directe et transversale (Id, Iq) et branchée en série avec l’alimentation sinusoïdale et le moteur
électrique triphasé. La sortie du synthétiseur électrique de Park est branchée à une carte
d’acquisition convertir les signaux analogiques des courants I d et Iq en signaux numériques.

Cette carte et connectée à un PC de surveillance à travers une interface. La courbe I q=f(Id) sera
visualiser par ce PC de surveillance ou elle sera comparer avec celle d’un moteur sain.

L’utilisation de cette méthode est très simple car elle ne nécessite pas l’introduction d’appareillage
de mesure (capteurs, bobines, etc.,…..) dans la machine électrique, mais elle doit utiliser d’analyseur
de Park pour analyser le courant statorique ce qui entraîne dans

certains cas l’augmentation du coût de diagnostic [Ben 99].

I.5.1.5.2. Analyse spectrale du courant statorique

Cette méthode de contrôle consiste à analyser le spectre du courant statorique. Sachant que dans
un spectre d’un moteur sans défaut, apparaît la composante du fondamental à la fréquence 50Hz,
accompagnée des composantes à faibles fréquences qui sont dues à la géométrie de la machine [ Tho
01].

Cette méthode est efficace et traite la majorité de défaut de la machine c’est pour cela qu’on l’a
adopté pour le diagnostic. Plusieurs équipes de recherche ont basé leurs travaux sur cette méthode.
La majorité de ces travaux se sont basés sur la signature des grandeurs externes telles que (courant,
couple) utilisant la théorie de champ tournant et celle des circuits électriques.

Les deux méthodes utilisent des capteurs pour avoir une image sur le courant sous forme

de tension, tel que la sonde à effet Hall et le transformateur d’intensité.

I.6. Conclusion
Ce chapitre est essentiellement consacré à l'état de l’art de la machine asynchrone et sur les
méthodes de diagnostic. Nous avons scindé ce chapitre en deux parties: la première concerne la
constitution de la machine asynchrone et leurs défaillances ; la deuxième partie traite des techniques
qui permettent la mise en œuvre d’une procédure de diagnostic.

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