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III Calcul théorique des contraintes et des déformations.

III.1 Comportement des composites sous sollicitation mécanique


III.1.1 Fatigue

La fatigue est la réponse d'un matériau à des contraintes périodiques ou variables dans
le temps sous contrainte ou déplacement. La durée de vie en fatigue d'un même matériau
dépend du niveau de contrainte, de l'historique de la charge et de l'énergie thermique humide.
Généralement, les tests de fatigue sont effectués à travers un cycle sinusoïdal, ce qui limite la
description des charges de fatigue à trois expressions de paramètres. D'un point de vue
général, pour la grande majorité des matériaux composites renforcés de fibres, la baisse des
propriétés élastiques lors de la fatigue peut être divisée en trois stades

-Une phase initiale (stade I) est caractérisée par une diminution rapide de la rigidité,
principalement due à la fissuration latérale de la matrice.

-Phase de propagation (stade II), au cours de laquelle la réduction de la rigidité est


quasi-linéaire par rapport au nombre de cycles.

-Au stade final (stade III), la perte de raideur augmente subitement et provoque une
rupture. Dans la dernière étape, du fait de la fusion des défauts générés, la rupture locale
initiale de la fibre conduit à la rupture de mèches entières par coalescence des défauts créés

III.1.2 L’endommagement

L’endommagement est un processus décrivant l'initiation de défauts microscopiques et


leur propagation macroscopique sous l'influence de contraintes statiques ou cycliques. La
progression de l'endommagement se déroule selon différents modes indépendants et conduit à
une perte de cohésion du matériau, et donc à une modification de ses propriétés mécaniques.
Une étape particulièrement délicate du traitement du composite peut provoquer des
discontinuités, c'est-à-dire des défauts de matrice. Lorsque le matériau est soumis à des forces
externes, ces discontinuités contribuent au déclenchement de l'endommagement et de la perte
de rigidité structurelle. Ces sources comprennent: la fissuration et / ou le désalignement des
fibres, la porosité de la résine, une mauvaise adhérence fibre / matrice, les zones riches en
résines et discontinuités géométriques. Aussi, la délamination est un processus de décohésion
plate à la jonction de deux couches successives de stratifié, sous l'influence de contraintes
inter-couches. En raison des contraintes très élevées sur les bords libres, le délaminage est
considéré comme le phénomène d'endommagement le plus diffus dans les structures
composites et celui qui affecte le plus leur intégrité structurelle et leur durée de vie [1].

III.1.3 Elasticité et viscoélasticité

Les composites mettent en effet souvent en défaut les approximations classiques.. La


nature des lois du comportement mécanique Direction: élastique et linéaire dans le sens du
renforcement, peut être non linéaire, De plus, si le comportement du matériau composite peut
être considéré comme linéaire pour de faibles déformations, la viscoélasticité doit être
considérée pour des déformations plus importantes [2].
III.2 Comportement Elastique Des Matériaux Composites [3]
Pour un matériau composite, la loi de comportement consiste à difiné la relation entre
contraintes et déformations. Dans un milieu élastique continu l'état des contraintes, en un
point un repère orthonormé (x, y, z) est entièrement défini par le tenseur de contraintes noté
σij. Les propriétés mécaniques de l'interface entre fibres et matrice sont très importantes dans
la réalisation d'une structure composite. En effet, il ne doit pas y avoir de glissement ou de
séparation entre les différentes phases de la structure pour obtenir de bonnes propriétés
mécaniques élastiques. En fait, il ne devrait y avoir ni glissement ni séparation entre les deux
différentes phases de la structure pour obtenir de bonnes propriétés mécaniques élasticité.

III.2.1 Loi de Hooke généralisé


La relation d'élasticité linéaire entre contraintes et déformations peut être caractérisée

par : [σ]=[C] [ε] (3.1)


Ou sous la forme matricielle suivante :

σ1 C11 C12 C13 C14 C15 C16 ε1


σ2 C21 C22 C23 C24 C25 C26 ε2
σ3 C31 C32 C33 C34 C35 C36 ε3 (3.2)

σ4 C41 C42 C43 C44 C45 C46 ε4


σ5 C51 C52 C53 C54 C55 C56 ε5
σ6 C61 C62 C63 C64 C65 C66 ε6
Dans cette loi, la matrice de rigidité C est symétrique donc Le comportement linéaire d'un
matériau composite s’écrit à l’aide de 21 coefficients indépendants. La matrice de flexibilité
ou de souplesse Sij, peut être écrite sous la forme inverse, suivante:

ε=Sσ (3.3)

S 11 S 12 S 13 S 14 S 15 S 16
S 21 S 22 S 23 S 24 S 25 S26
S = S 31 S 32 S 33 S 34 S 35 S36 (3.4)

S 41 S 42 S 43 S 44 S 45 S46
S 51 S 52 S 53 S 54 S 55 S56
S 61 S 62 S 63 S 64 S 65 S66

Avec : S= C -1

III.2.2 Matériaux monocliniques


Si le matériau a un plan de symétrie, monoclinique, quelques constantes sont nulles et
le comportement peut être décrit avec 13 constantes indépendantes

σ1 C11 C12 C13 0 0 C16 ε1


σ2 C12 C22 C23 0 0 C26 ε2
σ3 C13 C23 C33 0 0 C36 ε3 (3.5)

σ4 0 0 0 C44 C45 0 ε4

σ5 0 0 0 C45 C55 0 ε5

σ6 C16 C26 C36 0 0 C66 ε6


III.2.3 Matériaux orthotropes

On dit qu'un milieu est orthotrope pour une propriété donnée si cette propriété est
invariante en changeant la direction obtenue par symétrie autour de deux plans
perpendiculaires. Nous notons alors que la symétrie autour du troisième plan orthogonal est
automatiquement acquise.

. Ce comportement est relativement bien fait pour les composites unidirectionnel

Figure III.1 Représentation des trois plans de symétrie d’un matériau orthotrope.
Les coefficients indépendants se réduisent à 9. La loi de comportement s'écrit alors:

σ1 C11 C12 C13 0 0 0 ε1


σ2 C22 C23 0 0 0 ε2
σ3 C33 0 0 0 ε3 (3.6)

σ4 C44 0 0 ε4

σ5 sym C55 0 ε5

σ6 C66 ε6
ou encore:

ε1 S11 S12 S13 0 0 0 σ1


ε2 S22 S23 0 0 0 σ2
ε3 S33 0 0 0 σ3 (3.7)

ε4 S44 0 0 σ4

ε5 sym S55 0 σ5

ε6 S66 σ6
En introduisant les caractéristiques élastiques :
E1, E2, E3: Modules d’élasticité.

G12, G13, G23: Modules de cisaillement.

ν12  , ν13 , ν23  : coefficients de contraction.

La relation (3.6) s’écrit :

1 −ν ₂₁ −ν ₃₁
ε1 E₁₁ E ₂₁ E ₃₁ 0 0 0 σ1
−ν ₁₂ 1 −ν ₃₂
ε2 E ₁₂ E ₂₂ E ₂₃ 0 0 0 σ2
−ν ₁₃ −ν ₂₃ 1
ε3 E ₁₃ E ₂₃ E ₃₃ 0 0 0 σ3 (3.8)

1
ε4 0 0 0 G₂₃ 0 0 σ4
1
ε5 0 0 0 0 G₃₁ 0 σ5
1
ε6 0 0 0 0 0 G₁₂ σ6
La symétrie de la matrice de souplesse [S] impose les relations suivantes:

ν ₂₁ ν ₁₂
 E₂ = E₁
ν ₃₂ ν ₂₃
 E₃ = E₂
ν ₁₃ ν ₃₁
 E₁ = E₃

III.2.4 Matériaux isotrope

Ce sont des matériaux invariables indépendamment du changement de repère, toutes les


directions sont donc identiques. Chaque plan étant un plan d'isotropie, Le nombre de
coefficients indépendants se réduit à 2 coefficients et la loi de comportement s'écrit:

σ1 C11 C12 C12 0 0 0 ε1


σ2 C11 C12 0 0 0 ε2
σ3 C11 0 0 0 ε3 (3.9)

C ₁₁−C ₁₂
σ4 2 0 0 ε4
C ₁₁−C ₁₂
σ5 sym 2 0 ε5
C ₁₁−C ₁₂
σ6 2 ε6

En termes de constantes techniques l’inverse de la relation (3.9) s’écrit :

1 −ν −ν
ε1 E E E 0 0 0 σ1
−ν 1 −ν
ε2 E E E 0 0 0 σ2
−ν −ν 1
ε3 E E E 0 0 0 σ3 (3.10)

1
ε4 0 0 0 G 0 0 σ4
1
ε5 0 0 0 0 G 0 σ5
1
ε6 0 0 0 0 0 G σ6

Avec :

E
 G= 2(1+ν )

III.2.5 Matériaux quasi isotropes

Ce sont des matériaux orthotropes invariants par rotation de 90 autour de l’un


quelconque des axes quelconques du repère d’orthotropie, Le nombre de coefficients
indépendants se réduit à 3 coefficients, la loi de comportement s'écrit:

σ1 C11 C12 C12 0 0 0 ε1


σ2 C11 C12 0 0 0 ε2
σ3 C11 0 0 0 ε3 (3.11)

σ4 C44 0 0 ε4

σ5 sym C44 0 ε5

σ6 C44 ε6

III.3 La loi de comportement d'un composite stratifié:


 u0 = u0 (x, y): Le déplacement du plan moyen suivant la direction x.
 v0 = v0 (x, y): Le déplacement du plan moyen suivant la direction y.
 w = w(x, y): Le déplacement du plan moyen suivant la direction z.
∂u ₀
ε 0x
∂x

∂v ₀
ε 0y = ∂x (3.12)

∂u ₀ ∂ v ₀
γ 0xy
∂x + ∂x

Avec

 u= u0 – zβ
∂w
 β= ∂ x
∂w
 u= u0 – z ∂ x
∂w
 v=v0 –z ∂y

On peut écrire :

∂ w( x , y)
 u(x,y)= u0(x,y) – z ∂x
∂ w( x , y)
 v(x,y)=v0(x,y) –z ∂y
(3.13)
 w(x,y)=w0(x,y)

Et les déformations sont données par:


∂u ∂ ∂w
εx= ∂ x = ∂ x ¿u0 – z ∂ x )
∂v ∂ ∂w
εy= ∂ y = ∂ y ¿v0 – z ∂ y ) (3.14)

∂u ∂v
γxy= ∂x
+¿
∂y

Donc:

∂²w
εx ε 0x - ∂x²
∂²w
εy = ε 0y +z - ∂y² (3.15)

∂² w
γxy γ 0xy -∂x ∂ y
Où:{ ε }={ ε ⁰ }+z{ k }

Avec { k } est la courbure du plan moyen

∂²w
kx - ∂x²

∂²w
{ k }=¿ ky = - ∂y² (3.16)

∂² w
kxy - ∂x ∂ y

Alors

σx 𝚀11 𝚀12 𝚀16 ε 0x kx


σy = 𝚀12 𝚀22 𝚀26 ε 0y +z ky (3.17)

τxy 𝚀16 𝚀26 𝚀66 γ 0xy kxy


Figure III.2 Section droite d'un stratifié déformé

Les efforts de membrane sont donnés par les expressions suivantes:


h
2

N ₓ=∫ σ ₓ dz (3.18.a)
−h
2

h
2

Ny¿ ∫ σ y dz (3.18.b)
−h
2

h
2

Txy=∫ τ xy dz (3.18.c)
−h
2

Ou encore

(3.19)

Avec:

{ σ }k=[ Q́ ] k{ ε 0k } +z[ Q́ ]k{ K }k


Dans (3.19) on trouve

Nx
Ny = ∫[ Q́ ]k { ε 0 }dz+∫[ Q́ ]k{ K }zdz (3.20)

Txy

Pour n couches:

(3.21)

Il en résulte:

Nx A11 A12 A16 ε 0x B11 B12 B16 kx

Ny = A12 A22 A26 ε 0y + B12 B22 B26 ky (3.22)

Txy A16 A26 A66 γ 0xy B16 B26 B66 kxy

Avec:

 [ A ] est la matrice de rigidité en membrane.


 [ B ] est la matrice de couplage.
Figure III.3 présentation de n couches du stratifié

III.4 Dimensionnement des structures composites [4]


Actuellement, les experts ont de plus en plus de méthodes d'investigation d’étudier la
puissance des matériaux composites. Ces méthodes permettent de définir le quasi-optimal de
l'association de matrice d'amélioration pour une application donnée. Paradoxalement, la taille
et la méthode d'analyse de la structure en couches basée sur des méthodes pragmatiques et
originales.

Pour évaluer la résistance de la structure stratifiée, vous devez dimensionnement.


Norme limite de taille en charge monotone ou des critères d'échec basés sur l'hypothèse d'un
comportement élastique Les ingrédients de base, les fibres et la matrice sont fragiles. Ils sont
généralement dérivés de limites élastiques isotropes inférées standard. Ces critères sont
généralement exprimées en catégories de contraintes à l'aide de fonctions scalaires appelées
normes limites. Cette fonction vous permet d'estimer la force de la contrainte appliquée.

Classiquement, le critère de contrainte maximale et le critère de déformation


maximale sont utilisés et les critères énergétiques de Hill. Ils fournissent une évaluation
préliminaire de la résistance mécanique du stratifié. Ces critères nécessitent une connaissance
des contraintes ou déformations à la rupture.

III.4.1 Dégradation des Matériaux Composites

III.4.1.1 Introduction

Les nouvelles utilisations des matériaux composites nécessitent une confiance accrue
dans ces matériaux. En fait, les matériaux composites ont longtemps été limités à des
composants à faible contrainte et sont maintenant largement utilisés dans des structures
importantes, en particulier dans le domaine aérospatial.

Compte tenu des problèmes de sécurité rencontrés par ces structures, les concepteurs doivent
avoir une compréhension précise de la dégradation qui peut se produire à l'intérieur, et ces
dommages peuvent détruire (c'est-à-dire perdre la fonction rigide) et la résistance mécanique.
Figure III.4 Le caisson central de voilure de l'A380, réalisé en composites

La dégradation mécanique qui peut être observée dans la catégorie très courante des
structures composites: les stratifiés à base de plis unidirectionnels, en particulier ceux formés
à partir de fibres continues (généralement en verre ou en carbone) dans la matrice organique
La figure III.5 donne des exemples de dégradations que l'on peut observer dans les stratifiés

Figure III.5 Structure d'un composite stratifié à base de plis unidirectionnels

III.4.1.2 Phénomènes physiques

Comme tous les matériaux, les composites stratifiés ont tendance à se dégrader selon
deux grands principes :

-La dégradation commence à l'échelle microscopique, puis se réorganise et se développe à une


échelle plus élevée;

-La dégradation se produit préférentiellement à l'interface du matériau, et sa résistance n'est


généralement pas aussi bonne que les matériaux environnants. Plusieurs phénomènes se
produisent lors de la dégradation des matériaux composites, et des interactions importantes se
produisent entre eux. La figure III.6 représente les phénomènes rencontrés lors de la
dégradation d’un matériau composite classés en trois grandes familles :
 Thermique
 Chimique
 Mécanique.

Figure III.6 Schéma des différents phénomènes en jeu lors de la dégradation thermique
d’un matériau composite

III.4.1.3 Endommagement des stratifiés

Plusieurs types d'endommagement peuvent se produire à l'intérieur du stratifié au


niveau des fibres (rupture des fibres) et à l'intérieur de la matrice (fissuration de la matrice).
De plus, les endommagements matriciels peuvent se produire dans le pli ou à l'interface entre
deux plis adjacents. La figure III.7 [3,4] décrit la dégradation des composites stratifiés
unidirectionnels stratifiés (dans des tubes à essai lisses soumis à des membranes).

1-Apparition d’endommagement à l’échelle de la fibre et de la matrice sous forme de


microfissuration matricielle et de décohésion fibre/matrice (indiquées en jaune sur la figure
III.7 de l'étape 1)
2. Cette coalescence micro-endommagée entraîne des dommages qui apparaissent dans les
plis sous forme de fissures parallèles aux fibres. Ce dernier traverse alors l'épaisseur et la
largeur de l'éprouvette dans le pli mal aligné par rapport à l'axe de chargement. En raison de la
concentration de contraintes à l'extrémité de la fissure latérale (étapes 2-3), ces dommages
intra-couche entraîneront une couche différentielle.
3. La rupture des fibres provoque la rupture du matériau composite (étape 4).

Figure III.7 Scénario d'endommagement au cours d'un chargement d'un stratifié

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