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[Tapez ici] L'évidence du corps   1

 L'évidence du corps semble aller de soi 

2 interprétations :  
 Évidence à laquelle le corps donne accès > évidence des sensations, émotions 
 Cette évidence ne serait-elle pas illusoire ?  
↪ Double opinion : illusion des sens vs intelligence du sensible 
 Évidence du fait qu'il y a un/des corps (occupe un lieu, irremplaçable), ma vie est corporelle >
opposition corps/âme 

Évidence : caractère de ce qui est immédiatement perçu par les sens ou compris, sans la


médiation d'un raisonnement  
 Corps évident car je le perçois immédiatement par mes sens  

Exemples :
- "tu devras me passer sur le corps" > corps = représentation du refus, volonté abstraite mais
obstacle du corps concret
- manifestation, occupation de l'espace publique > opposition représentée par le corps

Evidence de la perception du corps : si j'ai mal, l'action de mon esprit sur ma douleur ne pourra
pas l'effacer, je ne suis pas un pur esprit  > Pensées en permanence influencées par mon corps 
 Montesquieu, Lettres persanes 33 
« Il vaut bien mieux […] traiter l’homme comme sensible, au lieu de le traiter comme raisonnable »
On agit mieux sur la pensée en passant par le corps qu'uniquement par la pensée 
↪ Critique : l’âme ne fonctionne pas indépendamment de son rapport à un corps 

 Mais le corps devient étranger et difficilement pensable dès lors qu'on le considère  

Dès qu'on se pose toute une série de questions, l'évidence se dissipe : qu'est-ce que le corps ? Qu'est-
ce que le corps est par rapport à moi ? Est-ce mon corps ? Suis-je mon corps ? Quel est le rapport
entre le corps et la pensée ?
Disparition de l’évidence silencieuse dès qu'on essaie de penser :
"la santé c'est la vie dans le silence des organes" René Leriche
↪ dans la santé, fonctionnement va de soi, on oublie que l'on a un corps 
Mais dans la maladie, l’existence corporelle reprend le dessus et devient ce qui occupe ma cs en
permanence. Il apparait indubitable et évident qu'on est corporelle.

 Paradoxe : évidence silencieuse du corps // le corps s'impose à la conscience et devient étranger  


 Nietzche  
↪ Évidence enfantine du corps mais "ce qui est surprenant, c'est bien plutôt le corps" 

Distinction des termes du corps


Les corps : choses matérielles, objets étudiés par la physique > Unité spatiale
Le corps : Unité d’une diversité au sein d’un tout > solidarité entre les parties qui les constituent

« ce beau mot de corps s’applique d’abord aux êtres authentiquement matériel comme le sel marin, le
morceau de craie ou le cristal de roche qui sont bel et bien des corps » Francois Dagognet, Le corps
multiple et un

 Usages métaphoriques
Prendre corps (prendre de la densité matérielle) ; Corpus (ensemble rassemblé sous une certaine
unité) ; Corps politique, corps d’armée, corps de garde, corps de l’église, avoir esprit de corps (unité
sociale ou politique d’une multiplicité)

 Les corps vivants et organiques : Unité organique


Alliance entre de la matière et de la vie > Corps capables de sensations, de mvts et d’impulsion

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[Tapez ici] L'évidence du corps   1

 Le corps humain (modèle) : Unité de l’âme et le corps ; unité vécue entre moi et mon corps

 L’expérience du corps est une expérience de l’impossibilité de distinguer l’âme et le


corps, moi et mon corps
- pas de sujet sans corps, le corps n’est pas un objet sans conscience
- pas seulement de la matière mais présence de vie, d’expressions…
- « y aller corps et âme » ; « Faire qqch à corps perdu » = dans son entier >> corps et â me inséparable
- torture > atteinte du corps + âme & pensée > souffrance toujours présente même lorsque la
douleur a disparu (thérapie)
- « L’âme est-elle dans le corps comme le pilote dans son navire » > Non car lorsqu’une voile est
cassée le pilote n’a pas mal
 Dimension morale et politique de cette inséparabilité > ce qu’on fait au corps c’est ce qu’on
fait à la personne.

Pensée stoïcienne (Epictète)  :


Corps = lieu de fragilité > par mon corps, je désire, on peut me faire mal, je peux être malheureuse
 je ne suis pas libre, je suis soumis à l’extériorité
Pour être heureux, nécessité de faire des exos pour me persuader que seul ma pensée dépend de moi
 Notre corps n’est pas nous et ne nous appartient pas : corps objet

 Paradoxe : On ne peut pas penser le corps sans penser l’union de l’âme et du corps mais en
le définissant ainsi on ne comprend plus ce qu’est le corps (ni esprit, ni matière)
↪ évidence de l’union : vécue mais impensable ≠ distinction non évidente mais pensable
 distinction entre sujet/objet brouillée
↪ corps ni un pur objet (« Je vois mon corps de mon corps » Antonin Artaud, cahier de Rodez 
Impossibilité de l’examiner) ni un pur sujet avec lequel je suis en adhésion car je peux le subir
comme qqch d’extérieur à moi, pour les autres il peut être un objet

 L’expérience du corps c’est aussi la difficulté de limiter le corps


Limite de la peau mais un corps n’est jamais réductible à ce corps individuel.
 le corps : Point de rencontre, d’échange, de brouillage entre soi et l’autre et entre soi et le monde
L’unité du corps n’est donc pas si évidente, peut-être est-elle illusoire, imaginaire ?
 le corps n’est pas une donnée de la nature mais une construction imaginaire
- question de l’identité brouillée par le corps > évolution spontanée et technique (greffes…) du
corps
- Corps maniable par les autres et par nous nous
- unité non observable > vison d’une multiplicité d’organes mais pas de vie qui les unit
- construction de l’idée d’avoir un corps > liée à l’existence du miroir
- Médiations sociale, idéologique et culturelle (Habitus de Bourdieu) que je vis comme naturelle,
comme si ça venait de moi et de mon corps
 Le corps est un produit de la pensée, de la société, de la morale et de la politique

« Ce que vous nous avez apporté c’est le corps » Maurice Leenhardt

 brouillage entre vivant et mort


- corpus : le cadavre
- Corps sans vie réduit à de la matière – il n’est plus corps

Contradiction qu’en français car le mot corps qui veut tout dire n’existe pas dans les autres
langues > est-ce que le corps existe ou c’est une illusion de la langue francaise ?

Conclusion : le corps abolit les distinctions entre âme & corps, sujet & objet, unité & multiplicité,
naturel & culturel, vivant & mort, corps & intériorité
 corps = lieu de dissolution des évidences

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Le corps est-il évidence ou insaisissable ?


I- Evidence
II- Insaisissable
III- Disparitions des évidences

Le corps semble pris entre deux choses : l’évidence d’un vécu difficile à penser et la construction
d’un concept clair qui permet de connaitre mais qui suppose bcp de médiations

Le coprs est-il un lieu d’évidence (une réalité évidente et qui donne accès à des évidences) ou
bien le lieu de constructions et de médiations ?

I. L’évidence vécue de l’union de l’â me et du corps contre le concept construit du corps


(le corps comme matière ou comme union)
- Descartes
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