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30/07/2020 Les paramètres hydrodynamiques : définitions - SIGES Aquifère rhénan - ©2020

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Les paramètres hydrodynamiques : définitions


La fonction d’un aquifère est d’emmagasiner les eaux souterraines, en régulant le stockage et la libération de l’eau. Les paramètres
hydrodynamiques sont des indices qui définissent l’aptitude de l’aquifère à récupérer et à délivrer l’eau. Ils sont indispensables pour connaître
l’aquifère et ses volumes d’eau exploitables par un puits.
Sommaire de l’article :
Qu’est-ce qu’un paramètre hydrodynamique ?
La porosité
La perméabilité
La transmissivité
Le coefficient d’emmagasinement
Le débit spécifique

Qu’est-ce qu’un paramètre hydrodynamique ?


Par définition, il s’agit d’un paramètre physique définissant quantitativement le comportement d’un milieu ou d’un corps conducteur vis-à-vis d’un
fluide, c’est-à-dire son aptitude à le contenir, à permettre son écoulement et à régir les propagations d’influence.
Les principaux paramètres régissant l’écoulement des eaux souterraines sont la transmissivité, la perméabilité, le coefficient d’emmagasinement
et la porosité efficace. Certains paramètres sont indispensables pour connaître les débits exploitables par un forage. Ils peuvent être déterminés
au laboratoire ou sur le terrain, notamment lors de test de pompages dans un puits.

La porosité
La porosité totale
Définition : Propriété d’un corps ou d’un milieu de comporter des vides interconnectés ou non.
La porosité totale représente l’ensemble des vides présents dans une roche. Elle s’exprime par le rapport du volume des vides au volume total du
milieu (ex : 0,3 ou 30%).
La porosité totale ne dépend pas de la taille des grains mais diminue avec :
l’hétérogénéité des grains

Grains homogènes (bien triés)Grains hétérogènes (mal triés)


Porosité 30 % Porosité 15 %
l’arrangement des grains

Grains « non rangés » Grains « rangés »

► vides nombreux ►vides peu nombreux

► Porosité totale importante ►Porosité totale faible

La porosité efficace
Définition : Rapport du volume d’eau gravitaire qu’un milieu poreux peut contenir en état de saturation puis libérer sous l’effet d’un drainage
complet, à son volume total.

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Les vides présents dans la roche peuvent être :
connectés entre eux, on parle alors de porosité « ouverte »
sans communication, on parle de porosité « fermée »
Dans un milieu poreux, l’eau peut se déplacer uniquement dans les vides interconnectés. De plus, les grains retiennent l’eau par capillarité et
l’empêchent de circuler librement.
La porosité efficace représente le volume d’eau mobilisable par gravité, soit l’« eau libre » (non liée aux grains de la roche par capillarité) et
circulant dans les pores « ouverts ».

Notion de porosité efficace (BRGM)


La porosité efficace diminue avec la taille des grains, par exemple les sables présentant plus de porosité « fermée » que les graviers. Elle peut
être déterminée en laboratoire ou sur le terrain, par égouttage de la roche.
Les différents types de porosité
Les eaux souterraines s’écoulent :
dans les pores des roches sableuses. C’est la porosité d’interstice.
dans les fissures et fractures des roches compactes sans pores interconnectés (granites, calcaires…). C’est la porosité de fissure.
dans les karsts, c’est-à-dire dans des réseaux de galeries ouvertes creusées par l’eau. C’est la porosité de karst.
D’une manière générale, les roches meubles sont poreuses « en petit » (porosité d’interstice) et les roches compactes poreuses « en grand »
(porosité de fissures et de karst).

Typologie des porosités (BRGM)


Quelques ordres de grandeurs des valeurs de porosités totale et efficace (BRGM, 2015)
Lithologie Porosité totale Porosité efficace
Sables 20 à 40 % 10 à 25 %
Craie 10 à 40 % 1à5%
Calcaires massifs fissurés 1 à 10 % 1à5%
Argiles 40 à 50 % 1à2%
La perméabilité
La perméabilité ou vitesse d’écoulement
Définition : Aptitude d’un milieu à se laisser traverser par un fluide (liquide ou gaz).
L’eau ne circule pas en ligne droite dans une nappe et peut emprunter différents chemins pour aller d’un point A à un point B. La distance réelle
parcourue par les eaux souterraines est donc plus importante que la distance en ligne droite entre le point A et le point B. Cette distance réelle est
difficile à connaître et dépend de la porosité efficace de la roche traversée.
Il ne serait alors pas juste de calculer la vitesse d’écoulement des eaux souterraines comme on détermine la vitesse d’un train, soit en faisant le
rapport entre la distance entre le point A et le point B et le temps mis par les eaux pour parcourir cette distance.
C’est pourquoi, la notion de perméabilité permet d’appréhender la vitesse réelle des eaux souterraines, en prenant en compte la porosité efficace
de la roche traversée.

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La perméabilité traduit l’aptitude de la roche à se laisser traverser par l’eau, sous
l’effet d’une pression (ou gradient hydraulique). Plus la perméabilité est élevée, plus
l’eau s’écoulera vite.
Cette perméabilité est due à l’existence d’une porosité efficace, c’est-à-dire à
l’existence de vides interconnectés. Selon le type de porosité, il existe une
perméabilité « en petit » (circulation dans les pores) et une perméabilité « en
grand » (circulation dans les fissures, fractures, karsts…) qui peuvent cohabiter au
sein d’une même roche (craie fissurée ou karstique par exemple).
Quelques ordres de grandeurs de vitesses
d’écoulement selon le type de porosité
Dans les terrains formés de roches meubles (sables, graviers…), les eaux
souterraines s’écoulent à travers les vides de façon lente et régulière.
Au sein des roches compactes présentant de larges fissures (calcaires, granite…),
les circulations souterraines sont plus rapides et désordonnées.

Grains perméabilité

Vitesse d’écoulement en fonction de la porosité (GUILLEMIN et


ROUX, 1992)
Le coefficient de perméabilité (de Darcy)
Définition : Paramètre mesurant la perméabilité d’un corps (roche, matériau) assimilé à un milieu continu et isotrope vis-à-vis d’un fluide
homogène déterminé, de densité et viscosité cinématique constantes, notamment de l’eau. Il exprime le volume de fluide qui traverse, en une
unité de temps, sous l’effet d’une unité de gradient hydraulique, une unité de surface orthogonale à la direction du flux dans des conditions de
validité de la loi de Darcy. Il s’agit de la constante de proportionnalité k liant la vitesse de filtration au gradient hydraulique dans la loi de Darcy.
Pour l’eau, la perméabilité s’exprime grâce au coefficient de perméabilité (de Darcy).
En 1956, Henri Darcy a réalisé diverses expériences sur le déplacement de l’eau dans un milieu poreux. Il a ainsi pu déterminer des lois régissant
l’écoulement de l’eau à travers le sable. Aujourd’hui, les équations de Darcy sont toujours utilisées pour calculer les vitesses d’écoulement des
eaux souterraines.
Henri Darcy a défini un coefficient de perméabilité (k en m/s), dépendant du milieu poreux, qui correspond au volume d’eau qui percole à travers
une surface pendant un temps donné.
Quelques ordres de grandeurs de coefficients de perméabilité
La distinction entre roche perméable et roche imperméable a arbitrairement été choisie à 10-9 m/s.
Les argiles sont ainsi considérées comme imperméables, malgré leur porosité totale élevée car ses pores petits et non interconnectés lui
confèrent une porosité efficace très faible.
Quelques ordres de grandeurs de coefficients de perméabilité (BRGM 2015)
Lithologie Coefficient de perméabilité
Graviers 10-2 m/s
Sables 10-2 à 10-5 m/s
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Lithologie Coefficient de perméabilité


Craie 10-3 à 10-5 m/s
Argiles 10-9 à 10-13 m/s
Concernant les roches compactes et fissurées (perméabilité en grand), les valeurs perméabilité sont extrêmement variables.

La transmissivité
Définition : Paramètre régissant le débit d’eau qui s’écoule par unité de largeur de la zone saturée d’un aquifère continu (mesurée selon une
direction orthogonale à celle de l’écoulement) et par unité de gradient hydraulique.
Il résulte du produit du coefficient de perméabilité (de Darcy) k par la puissance b, en milieu isotrope, ou produit de la composante du tenseur de
perméabilité parallèle à la direction d’écoulement par la puissance aquifère.
La productivité d’un captage dans un aquifère, soit le débit que peut capter un forage, est fonction de son coefficient de perméabilité (k en m/s) et
de son épaisseur mouillée (e). Ce paramètre est appelé transmissivité (T en m2/s).
La transmissivité d’un aquifère représente la capacité d’un aquifère à mobiliser l’eau qu’il contient. Elle se détermine lors de pompages d’essai.

Le coefficient d’emmagasinement
Définition : Rapport du volume d’eau libérée (ou emmagasinée) par unité de surface d’un
aquifère pour une perte (ou un gain) de charge hydraulique donnée, c’est-à-dire une baisse
(ou une hausse) de pression, sans référence au temps.
Le coefficient d’emmagasinement (S) représente la quantité d’eau libéré sous une variation
unitaire de la charge hydraulique, c’est-à-dire sous l’effet d’une baisse du niveau d’eau. Il
conditionne l’emmagasinement de l’eau souterraine mobile dans les vides du réservoir.
Il est utilisé pour caractériser plus précisément le volume d’eau exploitable par un forage et se
détermine lors de pompages d’essai.
Dans un aquifère libre, l’eau est libérée par l’action des forces de gravité (drainage). Le
coefficient d’emmagasinement est égal, en pratique, à la porosité efficace et sa signification
est indépendante du temps. Les valeurs usuelles vont de 1% pour certains limons et jusqu’à
30 - 40% pour des alluvions grossières.
Dans un aquifère captif ou semi-captif, l’expulsion de l’eau est le résultat de la compression
de l’aquifère et de la baisse du niveau statique lors du pompage provoquant une baisse de
pression, une détente élastique et une déformation du solide libérant l’eau (actions d’élasticité
de l’eau et du solide). Les modules d’élasticité étant faibles, le volume d’eau libéré est
beaucoup plus petit, à caractéristiques égales, que pour les nappes libres. Le coefficient
d’emmagasinement S est ici de 100 à 1 000 fois (voire 10 000 fois) plus petit. Les valeurs
usuelles se situent entre 0,1 et 0,01 %.
D’une façon générale, pour une même baisse de niveau piézométrique (différence de charge),
la quantité d’eau libérée est beaucoup plus grande dans une nappe libre.

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Le débit spécifique
Définition : Débit pompé dans un puits rapporté à la hauteur de rabattement dans le puits, dans des conditions définies.
Le débit spécifique, c’est-à-dire le débit pompé par mètre de rabattement, n’est pas un paramètre hydrodynamique à proprement parler mais il
permet d’approcher les débits que l’on peut attendre de l’aquifère considéré. Il varie en fonction de la transmissivité de l’aquifère.
Détermination du débit spécifique lors d’un pompage (BRGM)

Débit spécifique selon les paramètres hydrodynamiques de l’aquifère (BRGM)

Cône de rabattement en fonction de la perméabilité et du débit

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Cône de rabattement en fonction du coefficient


d’emmagasinement et du débit
Les valeurs des paramètres hydrodynamiques sont souvent déterminées lors de pompages d’essai, notamment dans le cadre de forages
agricoles ou destinés à l’alimentation en eau potable. Ces informations se retrouvent dans les dossiers de la Banque de données du Sous-Sol,
disponible sur le site internet : http://infoterre.brgm.fr. Les paramètres hydrodynamiques sont capitalisés dans le volet eau de la BSS, autrement
appelé BSS EAU.
Elles ont été rassemblées, par aquifère, lors de l’élaboration d’atlas hydrogéologiques ou géothermiques et lors du projet PNIGRA.
Accéder aux données qui concernent l’Aquifère rhénan
Bibliographie
Castany G., Margat J. (1977) - Dictionnaire français d’hydrogéologie. Editions du BRGM. 248 p.
Foucault A., Raoult J.-F. (2001) - Dictionnaire de Géologie. 5e edition. Editions Dunod. 379 p.
Guilemin C., Roux J. C. (1992) - La pollution des eaux souterraines en France. Bilans des connaissances, impacts et moyens de prévention.
Manuels et Méthodes n° 23, Editions BRGM, 262 p.
Urban S, Vandenbroucke H., Jauffret D., Roblet P., Colin A. Chabart M., Hoogstoel R., Nguyen D., Marchal J.P., Picot J., Pira K., David P.Y., Udhin
Z., Arnaud L., Lereculey A., Conil P., Rodriguez G., Chretien P., Minard D. Thinon-Larminach M., Cailleaud T., Brenot A., Chretien M. Bézèlgues-
Courtade S., Martin J.C. (2009) – PNIGRA : Programme National des Inventaires Géothermiques Régionaux sur Aquifères. Rapport final.
BRGM/RP-57915-FR, 195 p., 85 fig., 32 tab., 2 ann.
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