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MINISTERE DE L’ÉQUIPEMENT, DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT

CENTRE D’ÉTUDES TECHNIQUES MARITIMES ET FLUVIALES

Recommandations
pour le
CALCUL AUX ETATS-LIMITES
DES OUVRAGES EN SITE AQUATIQUE

Série : OUVRAGES

ECLUSES

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Écluses page 1
Extrait de ROSA 2000 édition n°1 – © METL / CETMEF
RECOMMANDATIONS
POUR LE CALCUL AUX ETATS-LIMITES
DES OUVRAGES EN SITE AQUATIQUE

ECLUSES

TABLE DES MATIERES

___________

1. OBJET _____________________________________________________________________________ 4

2. DESCRIPTION ET COMPORTEMENT DES OUVRAGES_________________________________ 5


2.1 DESCRIPTION GENERALE ________________________________________________________ 5
2.2 LES BASSINS D’EPARGNE ________________________________________________________ 6
2.3 RECONNAISSANCES _____________________________________________________________ 7
2.4 CONCEPTION ___________________________________________________________________ 7
2.4.1 CYCLES DE SASSEMENT ______________________________________________________ 7
2.4.2 TETES _____________________________________________________________________ 10
2.4.3 SAS________________________________________________________________________ 10
2.4.4 DISPOSITIFS D’ENTREE ET DE SORTIE AMONT ET AVAL _________________________ 11
2.4.5 FONDATIONS_______________________________________________________________ 12
2.4.6 EQUIPEMENTS HYDRAULIQUES ______________________________________________ 13
2.4.7 RADIER ____________________________________________________________________ 13
2.5 CONSTRUCTION _______________________________________________________________ 14
3. SITUATIONS DE PROJET ___________________________________________________________ 15
3.1 ANALYSE DES SITUATIONS _____________________________________________________ 15
3.2 EXEMPLES DE SITUATIONS DURABLES __________________________________________ 15
3.3 EXEMPLES DE SITUATIONS TRANSITOIRES_______________________________________ 15
3.4 EXEMPLES DE SITUATIONS ACCIDENTELLES _____________________________________ 16
4. COMBINAISONS D’ACTIONS _______________________________________________________ 17
4.1 SYSTEMES ETUDIES ____________________________________________________________ 17
4.2 CAS DE CHARGE _______________________________________________________________ 17
5. FORMULATION DES ETATS-LIMITES _______________________________________________ 18
5.1 DESCRIPTION DES PHENOMENES A EVITER ______________________________________ 18
5.1.1 INSTABILITÉ EXTERNE_______________________________________________________ 18
5.1.2 INSTABILITE HYDRAULIQUE _________________________________________________ 19
5.1.3 INSTABILITÉ INTERNE _______________________________________________________ 19
5.1.4 INSTABILITÉ GLOBALE ______________________________________________________ 19
5.1.5 DEPLACEMENTS ET DEFORMATIONS__________________________________________ 19
5.1.6 ETATS-LIMITES FONCTIONNELS ______________________________________________ 20
5.2 CLASSEMENT DES ETATS-LIMITES ET COMBINAISONS TYPES D’ACTIONS ASSOCIEES 20
5.3 ASPECTS PARTICULIERS LIES A LA PRISE EN COMPTE DE LA SECURITE ____________ 21
6. MODELISATION DU COMPORTEMENT DE L’OUVRAGE _____________________________ 21
6.1 INSTABILITÉ EXTERNE _________________________________________________________ 21
6.1.1 GLISSEMENT-PLAN__________________________________________________________ 21
6.1.2 DECOMPRESSION DU SOL DE FONDATION_____________________________________ 21
6.1.3 POINCONNEMENT DU SOL DE FONDATION ____________________________________ 22
6.1.4 SOULEVEMENT _____________________________________________________________ 22
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6.2 INSTABILITE HYDRAULIQUE ____________________________________________________ 22
6.3 INSTABILITÉ INTERNE__________________________________________________________ 22
6.4 INSTABILITÉ GLOBALE _________________________________________________________ 22
6.5 DEPLACEMENT ET DEFORMATIONS _____________________________________________ 23
7. COEFFICIENTS PARTIELS _________________________________________________________ 23
7.1 COEFFICIENTS DE VALEUR _____________________________________________________ 23
7.2 COEFFICIENTS DE MODELE _____________________________________________________ 25
7.2.1 EN SITUATIONS DURABLES ET TRANSITOIRES __________________________________ 25
7.2.2 EN SITUATIONS ACCIDENTELLES _____________________________________________ 26
8. TEXTES DE REFERENCE ___________________________________________________________ 27

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RECOMMANDATIONS
POUR LE CALCUL AUX ETATS-LIMITES
DES OUVRAGES EN SITE AQUATIQUE

ECLUSES

___________

1. OBJET

Le présent fascicule présente les règles de justification semi-probabilistes aux états-limites pour les
infrastructures des écluses de navigation (fondations, génie civil), à l’exception de leurs portes traitées
dans le fascicule Structures métalliques, et des Organes de manœuvre et d’appui abordés dans le
fascicule du même nom.

Le fascicule a notamment pour objet :

♦ d’établir le canevas des justifications en cohérence avec le format semi-probabiliste aux


états-limites décrit dans les Directives Communes de 1979 relatives au calcul des
constructions, et dans les Eurocodes (voir la section 5 de ce fascicule),

♦ d’exposer les modèles employés pour écrire les conditions d’état-limite (voir la section 6 de
ce fascicule),

♦ de proposer des valeurs des coefficients de modèle (voir la section 7.2 de ce fascicule).

Ce fascicule ne doit pas être utilisé séparément des autres fascicules qui forment l’ensemble des
Recommandations pour le calcul aux états-limites des ouvrages en site aquatique.

+ Il y a lieu de considérer en particulier les fascicules :


♦ Quais-poids
♦ Gabions de palplanches
♦ Rideaux de soutènement
♦ Parties en béton des ouvrages
♦ Structures métalliques

Ce fascicule ne traite pas de la qualité des travaux ni du contrôle de leur exécution. Il n’aborde la
conception et l’exécution des ouvrages que dans ce qui apparaît nécessaire à l’intelligence de leurs
règles de justification.

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2. DESCRIPTION ET COMPORTEMENT DES OUVRAGES

2.1 DESCRIPTION GENERALE

Les écluses sont destinées à permettre aux bateaux de franchir la dénivelée existant entre deux plans
d’eau d’altitudes différentes, selon des fonctions et des exigences précises que l’ouvrage doit remplir :

♦ durée du sassement,

♦ volume de trafic à écouler,

♦ sécurité des biens et des personnes.

Les écluses des voies navigables ont une hauteur de chute limitée typiquement à 25 mètres.

Leur rôle mécanique essentiel est de résister aux poussées de l’eau et des terrains : ce sont en
général des ouvrages-poids, mais en cas de faible chute, certaines de leurs parties (sas
principalement) peuvent être réalisées au moyen d’ouvrages de soutènement (palplanches ou parois).

Elles jouent le rôle de barrage vis à vis de la hauteur de chute amont aval. Les écluses maritimes
fonctionnent avec une dénivelée amont / aval qui peut être alternativement positive ou négative (action
des marées).

L’action de l’eau, qui s’exerce en général principalement sur les organes mobiles de bouchure (portes
et vannes), est reportée sur les bajoyers du sas et des têtes. Ceux-ci transmettent au sol, par
l’intermédiaire de leur radier, des efforts horizontaux et verticaux. Les premiers sont repris par
frottement tandis que les seconds sollicitent la capacité portante du sol. Il faut noter que la surface très
importante au sol des ouvrages facilite grandement le report des efforts horizontaux.

L’action des terrains, de la nappe phréatique et des surcharges, qui s’exerce sur les parties fixes des
ouvrages (sas et têtes principalement), est reportée sur les radiers. Ceux ci transmettent au sol des
efforts horizontaux et verticaux. La résultante des efforts horizontaux de l’écluse proprement dite est
en général faible (terre-pleins généralement symétriques de part et d’autre de l’écluse). Lorsque ce
n’est pas le cas, la résultante de ces efforts est reprise par frottement sur le sol de fondation. La
résultante des efforts verticaux est reprise par la capacité portante du sol.

Les ouvrages annexes à l’écluse sont :

♦ les dispositifs d’entrée et de sortie amont et aval. Pour ces derniers, il convient de se
reporter aux fascicules Quais-poids, Quais sur pieux, Rideaux de soutènement, Gabions de
palplanches,

♦ les dispositifs d’accostage et d’amarrage, à l’amont et à l’aval, parmi lesquels les ducs
d’Albe,

♦ le bâtiment d’exploitation, qui comprend des locaux techniques (armoires, groupe


d’alimentation de secours, atelier, magasin pour pièces de rechanges...), des locaux pour le
personnel,

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♦ le poste de commande (mirador, poste de vigie...), abritant les dispositifs de contrôle-
commande, les dispositifs d’aide à la conduite des ouvrages, qui peut être intégré ou non
au bâtiment d’exploitation,

♦ la station de pompage éventuelle,

♦ le pont ou la passerelle d’exploitation : cet ouvrage est généralement situé à l’aval de la


porte aval afin de disposer en dessous du tirant d’air réglementaire,

♦ le(s) bassin(s) d’épargne.

2.2 LES BASSINS D’EPARGNE

Ces ouvrages sont des bassins fermés, en béton ou en terre. La surface en plan de chacun d’eux est
généralement égale à celle du sas. Ils sont destinés à économiser une partie de l’eau nécessaire aux
éclusées lorsque les apports journaliers du bassin versant sur lequel se trouve l’écluse sont inférieurs
aux quantités nécessaires au fonctionnement de la voie d’eau (par exemple à proximité des biefs de
partage où, de surcroît, la hauteur de chute est généralement plus importante et les apports sont
réduits à cause de la faiblesse de la superficie du bassin versant).

Le principe est décrit ici avec deux bassins d’épargne, en se plaçant au début d’un cycle où le sas est
plein et la porte amont ouverte pour le passage d’un bateau avalant (en provenance de l'amont) :

♦ le bateau entre dans le sas depuis le bief amont et l’on referme la porte amont,

♦ l’eau contenue dans le premier quart supérieur du sas est évacuée dans le bassin
d’épargne supérieur,

♦ l’eau contenue dans le deuxième quart supérieur du sas est évacuée dans le bassin
d’épargne inférieur,

♦ l’eau contenue dans les deux derniers quarts du sas est évacuée à l’aval,

♦ la porte aval est ouverte, le bateau avalant sort dans le bief aval ; un bateau montant entre
dans le sas depuis le bief aval et la porte aval est refermée,

♦ l’eau contenue dans le bassin d’épargne inférieur est vidangée dans le quart inférieur du
sas,

♦ l’eau contenue dans le bassin d’épargne supérieur est vidangée dans le quart du sas
supérieur au précédent,

♦ l’eau nécessaire au remplissage des deux derniers quarts du sas est prélevée dans le bief
amont,

♦ la porte amont est ouverte, le bateau montant sort du sas pour pénétrer dans le bief amont.

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Ainsi, un tel dispositif à deux bassins permet d’économiser la moitié de l’eau d’un cycle. Si la surface
des bassins est équivalente à celle du sas, et si le nombre des bassins est n, l’économie en eau e
s’exprime par la formule :

e = n / (n+2)

Le nombre de bassins ne peut pas être augmenté au delà de trois pour des raisons pratiques : d’une
part le coût de l’équipement devient important en regard de l’économie en eau réalisée ; d’autre part, la
durée du cycle a tendance à se rallonger. Pour économiser davantage l’eau, il est préférable d’installer
une station de pompage et de mettre à profit le marnage des biefs de la voie d’eau, en faisant agir la
station de pompage de manière discontinue.

2.3 RECONNAISSANCES

Les reconnaissances nécessaires à l’établissement d’un projet d’écluse portent sur :

♦ la reconnaissance générale du site,

♦ la topographie et la bathymétrie,

♦ la géologie et la géotechnique,

+ Pour aller plus loin, voir aussi :


♦ les généralités sur les reconnaissances géotechniques,
♦ comment assurer la qualité de l’étude géotechnique ?

♦ l’hydrologie,

+ Voir aussi les données de base de l’étude hydrologique


♦ l’hydraulique.

+ Voir aussi les généralités sur les études hydrauliques

2.4 CONCEPTION

2.4.1 CYCLES DE SASSEMENT

La capacité annuelle de transport d’une voie navigable est directement liée au nombre de cycles
journaliers effectués par l’écluse ayant le cycle le plus long. Deux exemples de cycles complets sont
présentés ci-dessous ; l’état initial est choisi au moment où un bateau avalant se présente à l’amont, la
porte amont étant ouverte.

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Écluse sans bassin d’épargne

n° de l’opération Nature de l’opération


1 Entrée d’un bateau avalant dans le sas
2 Fermeture de la porte amont
3 Vidange du sas dans le bief aval
4 Ouverture de la porte aval
5 Sortie du bateau avalant dans le bief aval
6 Entrée d’un bateau montant dans le sas
7 Fermeture de la porte aval
8 Remplissage du sas depuis le bief amont
9 Ouverture de la porte amont
10 Sortie du bateau montant dans le bief amont

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Écluse à trois bassins d’épargne

n° opération nature de l’opération


1 Entrée du bateau avalant dans le sas
2 Fermeture de la porte amont
3 Ouverture de la vanne du bassin supérieur
4 Vidange des 1/6 supérieurs du sas et remplissage du bassin supérieur
5 Fermeture de la vanne du bassin supérieur
6 Ouverture de la vanne du bassin intermédiaire
7 Vidange des 2/6 supérieurs du sas et remplissage du bassin intermédiaire
8 Fermeture de la vanne du bassin intermédiaire
9 Ouverture de la vanne du bassin inférieur
10 Vidange des 3/6 supérieurs du sas et remplissage du bassin inférieur
11 Fermeture de la vanne du bassin inférieur
12 Ouverture de la vanne et vidange de la tête aval
13 Fin de la vidange du sas dans le bief aval
14 Fermeture de la vanne de vidange aval
15 Ouverture de la porte aval
16 Sortie du bateau avalant
17 Entrée du bateau montant
18 Fermeture de la porte aval
19 Ouverture de la vanne du bassin inférieur
20 Vidange du bassin inférieur et remplissage des 6/6 inférieurs du sas
21 Fermeture de la vanne du bassin inférieur
22 Ouverture de la vanne du bassin intermédiaire
23 Vidange du bassin intermédiaire et remplissage des 5/6 intermédiaires du sas
24 Fermeture de la vanne du bassin intermédiaire
25 Ouverture de la vanne du bassin supérieur
26 Vidange du bassin supérieur et remplissage des 4/6 supérieurs du sas
27 Fermeture de la vanne du bassin supérieur
28 Ouverture de la vanne d’alimentation de la tête amont
29 Fin du remplissage du sas depuis le bief amont
30 Fermeture de la vanne d’alimentation amont
31 Ouverture de la porte amont
32 Sortie du bateau montant

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2.4.2 TETES

Les têtes sont généralement des ouvrages massifs : en effet, elles doivent permettre de loger les
portes et leurs dispositifs de manœuvre, généralement les dispositifs d’alimentation et de vidange avec
leurs vannes, batardeaux etc... , des locaux pour les centrales hydrauliques, les armoires, les
dispositifs de mesures, des chambres pour les pompes de drainage et de vidange... Elles sont
conçues pour fonctionner de manière monolithique, sans liaison mécanique avec les ouvrages
adjacents (sas et dispositifs d’entrée et de sortie).

Elles peuvent être réalisées à sec (avec ou sans pompage) ou à l’intérieur d’une enceinte (paroi ou
palplanches) circulaire ou rectangulaire. Exceptionnellement, elles peuvent être préfabriquées puis
amenées par flottaison et immergées. Dans ce dernier cas, elles sont finalement lestées par du ballast
ou du béton.

2.4.3 SAS

Le paramètre principal d’un sas d’écluse est la hauteur des bajoyers. Cette hauteur est la différence
entre la partie supérieure des bajoyers et le fond du sas constitué par le radier :

♦ le niveau supérieur des bajoyers est calé en fonction du niveau des Plus Hautes Eaux
Navigables amont, en ajoutant une revanche (ou marge) à ce niveau. Une valeur de 1,00 m
est généralement admise pour les voies navigables intérieures. Une valeur inférieure doit
être justifiée. On peut dans certains cas admettre une revanche inférieure par rapport au
terre-plein si l’on dispose un garde-corps en béton (dans ce cas, il y a lieu de soigner
l’étanchéité entre plots de sas),

♦ le niveau du fond du sas est égal au niveau des Plus Basses Eaux Navigables aval diminué
du mouillage garanti aux navires et d'une marge.

La classe de la voie d’eau et, plus généralement, les gabarits des navires, permettent de déterminer :

♦ la largeur du sas, résultant du classement de la voie, qui précise la taille du plus grand
bateau ou convoi pouvant emprunter celle-ci. Il s’agit d’une largeur minimale, la largeur du
sas pouvant être bien supérieure (sur le Rhin par exemple, à l’aval de Kembs, il existe deux
sas, l’un de 12 m de large, l’autre de 24 m),

♦ la possibilité ou non de le vidanger,

♦ la présence de dispositifs d’alimentation et de vidange (aqueducs, larrons...), dans les


bajoyers et / ou le radier,

♦ le niveau du remblaiement jusqu’en partie supérieure des bajoyers.

Il existe un grand nombre de conceptions de sas d’écluses dépendant des paramètres cités plus haut.
Les deux principaux types de fonctionnement sont les suivants :

♦ sas monolithique dans le sens transversal de l’écluse, la longueur des plots dans le sens
longitudinal de l’écluse étant conditionnée par les possibilités de bétonnage et la longueur
admissible des plots entre joints,

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♦ bajoyers autostables associés à des radiers indépendants, clavés ou non avant mise en
service. Pour pallier le risque de soulèvement d’un élément isolé de radier, on peut parfois
clouer celui-ci dans le sol lorsque la nature de ce dernier le permet, ou assurer un report
des efforts verticaux sur les bajoyers par l’intermédiaire d’un clavage qui ne transmet pas
de moment.

Les bajoyers peuvent être de conception suivante :

♦ bajoyers massifs, pour les écluses à grande hauteur de chute,

♦ bajoyers semi-massifs associés à des tirants d’ancrage,

♦ simple revêtement de paroi en béton, avec ancrages de liaison, si la fouille est rocheuse et
le matériau de bonne qualité,

♦ murs en L, si la hauteur de chute n’est pas trop importante,

♦ bajoyers en palplanches ou en paroi moulée ancrées. Ces structures peuvent être


définitives ou être des ouvrages provisoires de soutènement, le sas étant alors ensuite
coffré, ferraillé et bétonné,

♦ bajoyers en cellules évidées, remplies de gravier ou de matériaux tout venant.

2.4.4 DISPOSITIFS D’ENTREE ET DE SORTIE AMONT ET AVAL

Les dispositifs d’entrée et de sortie amont et aval peuvent être de nature très différente. Leur
conception dépend des paramètres suivants :

♦ rôle ou non de soutènement,

♦ intensité des chocs à reprendre (accidentels ou « normaux »),

♦ exécution à sec ou dans l’eau,

♦ nature du sol de fondation,

♦ présence à proximité de matériaux de construction (graviers principalement).

La configuration en plan de ces dispositifs dépend des éléments suivants :

♦ direction et vitesses des vents dominants,

♦ géométrie du chenal (alignement droit, courbes...),

♦ nature des bateaux et convois (masse, longueur, tirant d’eau, hauteur sur l’eau...).

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On trouve les deux principaux types suivants :

♦ ouvrage continu de type mur,

♦ ouvrage constitué d’appuis ponctuels (pieux) surmontés d’une poutre continue (lisse de
guidage).

2.4.5 FONDATIONS

Le type de fondation choisi dépend de la nature et des propriétés mécaniques du sol ainsi que du
mode de réalisation (en rivière ou à terre, avec ou sans pompages).

Les écluses ne sont en général pas des ouvrages qui créent des contraintes verticales importantes car
on enlève la plupart du temps davantage de sol que l’on ne rajoute de matériaux, même lorsque la
partie supérieure de l’ouvrage est au-dessus du terrain naturel avant les travaux : les contraintes au
sol sont ainsi généralement inférieures à celles existant avant les travaux. La solution simple par
fondation superficielle directe peut donc avantageusement être retenue dans la majorité des cas.

Si une couche superficielle de mauvaise qualité empêche de mettre en œuvre une telle solution, il est
parfois intéressant de substituer à ces mauvais matériaux une couche de graves alluvionnaires
correctement compactées.

Il y a lieu de tenir compte dans la conception de la fondation des problèmes liés aux sous-pressions.
Les écoulements souterrains et latéraux ne sont généralement pas source de problème du fait de la
grande longueur de l’ouvrage. Il faut cependant diminuer le plus possible le niveau de la nappe dans
les remblais, qui est source de sollicitations très importantes. Des ouvrages de drainage visitables sont
recommandés pour pallier leurs défaillances éventuelles au bout d’une certaine durée de service.

La constitution d’un massif en matériaux étanches latéral de chaque côté de l’ouvrage et à l’amont est
généralement suffisante. Associé à un drainage efficace au droit des bajoyers, et d’un réseau
d’exutoires relié à l’aval, ce dispositif permet de maintenir le niveau de cette nappe au niveau du bief
aval, diminuant ainsi les pressions sur les bajoyers et les sous-pressions sous le radier.

Il faut également tenir compte des conditions de drainage sous le radier. On peut avoir intérêt à prévoir
un système de drainage qui permette de ramener le niveau aval jusque dans la partie amont de la
fondation de manière à diminuer la sous-pression totale. On peut adopter un complexe en béton
poreux (qu’il y a lieu de protéger des bétonnages supérieurs) ou des tranchées drainantes en matériau
correctement calibré en fonction du sol environnant (conditions de filtre).

Pour diminuer les sous-pressions, on peut également placer des barbacanes à travers le radier. Cette
solution présente l’inconvénient d’empêcher toute mise à sec ultérieure du radier pour des visites ou
des réparations, qui devront donc s’effectuer sous l’eau.

A défaut de pouvoir visiter les systèmes de drainage, il est recommandé de prévoir des réservations
pour effectuer des injections complémentaires futures nécessitées par leur dégradation éventuelle.

Si le terrain ne présente pas de propriétés mécaniques suffisantes, il faut alors s’orienter vers des
fondations profondes (pieux, barrettes...) ou vers la substitution.

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2.4.6 EQUIPEMENTS HYDRAULIQUES

Les organes d’amenée et de vidange de l’eau dépendent principalement de la hauteur de chute ∆H de


l’écluse : le temps consacré à chacune de ces opérations étant quasiment le même sur une voie
navigable quelle que soit l’écluse, donc quelle que soit la hauteur de chute, les débits de transit dans
les circuits hydraulique et les vitesses de montée et descente du plan d’eau dans le sas seront fonction
de cette hauteur de chute. Les circuits seront donc de complexité croissante avec la hauteur de chute.
On est ainsi conduit à envisager un certain nombre de paliers techniques, à l’intérieur desquels la
conception d’ensemble sera identique.

Les écluses de navigation intérieure peuvent être classées en 3 groupes principaux selon le mode
d’alimentation et de vidange :

♦ écluses de basse chute : ∆H ≤ 6 − 8 m : alimentation et vidange directes,

♦ écluses de moyenne chute : 6 − 8 m ≤ ∆H ≤ 15 m : alimentation et vidange latérales,

♦ écluses de haute chute : ∆H ≥ 15 m : alimentation et vidange par le fond.

Les valeurs mentionnées ci-dessus peuvent être légèrement différentes en fonction des tailles des
écluses. On peut en outre, en fonction de circonstances particulières, utiliser l’un ou l’autre des deux
derniers systèmes (conditions géotechniques, souci de standardisation...).

Les actions causées par le navire dans le sas dépendent de la conception du remplissage (vitesse de
montée de l’eau, remous que cela provoque, emplacement des alimentations). L’opération de vidange
suscite en général beaucoup moins d’agitation dans l’écluse.

2.4.7 RADIER

Le radier est conçu pour limiter les risques de soulèvement avec les dispositions suivantes :

♦ ancrage du radier,

♦ fonctionnement monolithique (bajoyers + sas) : les efforts de sous-pressions sont reportés


sur l’ensemble de l’ouvrage,

♦ report des sollicitations sur les bajoyers adjacents.

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2.5 CONSTRUCTION

Deux cas principaux sont à distinguer : travaux en présence d’eau (site maritime et/ou fluvial), travaux
à sec (avec ou sans rabattement). Ce dernier cas se présente lors de la construction des écluses sur
des canaux artificiels.

Les modes et moyens de construction sont très proches de ceux des barrages mobiles. Ils ont
toutefois les particularités suivantes :

♦ une écluse est un ouvrage de très grande longueur : avec ses murs-guide, elle est
comprise entre 400 et 500 m (sur les voies navigables de classe ≥ IV). En revanche,
l’ouvrage est placé dans le sens de l’écoulement, généralement proche de la berge pour
des ouvrages en rivière, contrairement aux barrages qui occupent une position transversale
: il y a donc lieu de rechercher une implantation qui permette la construction en une seule
phase à l’abri d’un batardeau unique,

♦ la construction des têtes doit être commencée en premier à cause des montages des
équipements, à l’aide de grues à tour. Le sas et les murs-guide constituent des chantiers
indépendants,

♦ la majorité du chantier peut être desservi par une grue à tour circulant au milieu du sas à
l’avancement au fur et à mesure de la construction des radiers des plots,

♦ le traitement des fondations est généralement beaucoup plus sommaire (peu de problème
d’étanchéité amont / aval, pas de protection lourde à l’aval).

+ Voir aussi les modes de construction des autres types d’ouvrages :


♦ Quais-poids
♦ Gabions de palplanches
♦ Barrages mobiles
♦ Quais sur pieux
♦ Ducs d’Albe
♦ Rideaux de soutènement
♦ Talus et pentes
♦ Digues des voies navigables
♦ Parties en béton des ouvrages
♦ Structures métalliques

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3. SITUATIONS DE PROJET

+ Voir l’application à un CCTP.

3.1 ANALYSE DES SITUATIONS

Les situations de projet doivent être établies en cohérence avec celles qui sont établies pour le
dimensionnement hydraulique de la rivière, les études des structures métalliques et les études des
organes de manœuvre. Elles sont définies par :

♦ des conditions hydrauliques (les trois niveaux d’eau amont, aval et dans le sas, les niveaux
et débits de la rivière pendant les travaux et après la mise en service, les niveaux de la
nappe phréatique...),

♦ la configuration mécanique de l’écluse (batardée, non batardée...),

♦ la présence éventuelle d’affouillements en pied d’ouvrage, à l’amont et à l’aval.

+ Voir aussi le fascicule Actions quasi-statiques des niveaux d'eau.

3.2 EXEMPLES DE SITUATIONS DURABLES

On définit en général la situation durable d’exploitation par les niveaux d’eau à l’amont et à l’aval, qui,
compte tenu des règles de gestion des plans d’eau ou marnages (que l’on suppose respectées),
conduit aux efforts les plus défavorables pour la partie d’ouvrage considérée.

Dans une approche simplifiée, on peut considérer les lignes d’eau correspondant au niveau amont
maxi et au niveau aval mini.

3.3 EXEMPLES DE SITUATIONS TRANSITOIRES

Le mode de construction détermine de nombreuses situations transitoires :

♦ batardage d’une section de la rivière, entraînant des conséquences sur le régime de


l’écoulement des eaux au droit du chantier,

♦ crue « de chantier »,

♦ stabilité d’une dérivation provisoire,

♦ transport et manutention d’éléments préfabriqués,

♦ etc.

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Les essais de manœuvre des portes et des différents vannages sous batardeau de chantier, les
condition d’épreuve et de réception, peuvent définir des situations transitoires particulières, avec des
modifications éventuelles des conditions de pression hydraulique.

On peut considérer aussi une situation transitoire de maintenance de l’écluse avec le sas vidangé
(lorsque cela est prévu) et des niveaux d’eau correspondant aux niveaux maxi en amont et en aval.

3.4 EXEMPLES DE SITUATIONS ACCIDENTELLES

♦ collision d’un bateau contre une bouchure,

♦ séisme,

♦ affouillement accidentel

♦ conséquences d’un mauvais fonctionnement des dispositifs de drainage (colmatage,


déformation, etc…),

♦ rupture d’un ouvrage hydraulique en amont,

♦ rupture d’un ouvrage hydraulique en aval,

♦ crue accidentelle,

♦ etc.

+ Voir aussi les situations de projet des autres types d’ouvrages :


♦ Quais-poids
♦ Gabions de palplanches
♦ Barrages mobiles
♦ Quais sur pieux
♦ Ducs d’Albe
♦ Rideaux de soutènement
♦ Talus et pentes
♦ Digues des voies navigables
♦ Parties en béton des ouvrages
♦ Structures métalliques

+ Voir aussi les généralités sur les situations de projet.

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4. COMBINAISONS D’ACTIONS

4.1 SYSTEMES ETUDIES

Les vérifications se décomposent de la manière suivante :

♦ Instabilité externe : le système est constitué par l’ensemble de l’écluse, ou par chacune
de ses parties considérées comme autostables, se comportant comme un bloc rigide.

♦ Instabilité hydraulique : voir les fascicules Rideaux de soutènements, Gabions de


palplanches et, pour ce qui a trait aux protections enrochées, Barrages mobiles.

♦ Instabilité interne : le système est constitué par les parties d’ouvrages à examiner :
bajoyers, radier (génie civil), portes mobiles, organes de manœuvre.

♦ Instabilité globale : voir le fascicule Talus et pentes.

♦ Déplacements et déformations : on vérifie les tassements de l’ouvrage, notamment les


tassements différentiels si l’ouvrage est fondé sur sol compressible.

4.2 CAS DE CHARGE

Pour évaluer les actions du sol et de l’eau dans le sol, il convient de se référer aux fascicules Actions
du terrain, Actions quasi-statiques des niveaux d’eau et Paramètres d’interaction sol-structure. La
possibilité ou l’impossibilité de déplacement des ouvrages aide à déterminer les coefficients de
pression en poussée (poussée active ou pression au repos) et en butée (butée passive ou pression au
repos). Par exemple pour les écluses de navigation, on considère généralement les plots de sas
comme non déplaçables dans le sens transversal, alors que les ouvrages de guidage sont
généralement considérés comme déplaçables.

La mise en place de systèmes de contrôle du niveau de la nappe et de l’écoulement tels que les
rideaux parafouille, évents, tapis et massifs drainants, lignes de drains forés, barbacanes, exutoires,
etc. modifie le profil des pressions interstitielles et les niveaux piézométriques. Les dispositifs
envisagés et les différentes hypothèses en résultant doivent être fixés ou validés par un géotechnicien
confirmé.

La présence d’un bateau à l’approche de l’écluse, dans le sas ou s’en éloignant, introduit les actions
d’accostage (choc) et d’amarrage dans les cas de charge, qui, dans une approche simplifiée, est
équivalente à une poussée additionnelle des terrains.

Hormis le cas des chocs de bateaux, les situations accidentelles associées à une action accidentelle
sont en général supposées établies avec les niveaux d’eau correspondant à l’exploitation courante de
l’ouvrage, c’est-à-dire les Retenues Normales (RN) amont et aval.

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+ Voir aussi les cas de charge pour les autres types d’ouvrages :
♦ Quais-poids
♦ Gabions de palplanches
♦ Barrages mobiles
♦ Quais sur pieux
♦ Ducs d’Albe
♦ Rideaux de soutènement
♦ Talus et pentes
♦ Digues des voies navigables
♦ Parties en béton des ouvrages
♦ Structures métalliques

+ Voir aussi les généralités sur les combinaisons d’actions.

5. FORMULATION DES ETATS-LIMITES

5.1 DESCRIPTION DES PHENOMENES A EVITER

5.1.1 INSTABILITE EXTERNE

Glissement-plan : voir le fascicule Quais-poids. Ce phénomène concerne essentiellement les


dispositifs d’entrée et de sortie amont et aval.

Décompression du sol de fondation : voir le fascicule Quais-poids. La décompression du sol de


fondation causé par l’excentrement de la résultante des charges est exceptionnel pour les écluses et
ne pourrait résulter que d’un chargement transversal extrêmement dissymétrique (remblaiement d’un
seul côté par exemple) ; il concerne généralement uniquement les dispositifs d’entrée et de sortie
amont et aval.

Soulèvement : sous l’effet des sous-pressions, surtout en l’absence d’eau à l’intérieur du sas, le
radier peut être soumis à des sollicitations verticales ascendantes. Il s’agit là d’éviter une
« décompression » complète de la fondation. Le risque de soulèvement doit être pris en compte quand
les sous-pressions ne sont pas causées uniquement par le poids propre de l’ouvrage. La présence
d’une couche drainante sous la fondation, même très mince, suffit, si elle rejoint une éventuelle couche
perméable en charge, à établir la communication hydraulique.

Poinçonnement du sol de fondation ou capacité portante : voir le fascicule Quais-poids.

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5.1.2 INSTABILITE HYDRAULIQUE

Résistance des protections amont et aval : ces enrochements protègent l’ouvrage contre les
risques d’instabilité qu’induirait le creusement de fosses liées, d’une part à l’entraînement des
matériaux aspirés par les prises d’eau amont, d’autre part au rejet de vidange à l’aval.

Autres phénomènes : la boulance, le soulèvement en masse et l’érosion régressive peuvent se


produire si, le sas de l’écluse étant à son niveau minimal et le radier étant muni de dispositifs perforés,
le niveau de la nappe dans les remblais est à un niveau très élevé. Ce cas est également à étudier lors
des phases de chantier, par circulation d’eau sous le batardeau provisoire.

+ Voir les fascicules :


♦ Rideaux de soutènement
♦ Gabions de palplanches
♦ Barrages mobiles

5.1.3 INSTABILITE INTERNE

Structures métalliques : voir le fascicule Structures métalliques.

Béton armé : voir le fascicule Parties en béton des ouvrages.

5.1.4 INSTABILITE GLOBALE

Grand glissement : voir le fascicule Talus et pentes. Sont concernés les dispositifs d’entrée et de
sortie amont et aval.

5.1.5 DEPLACEMENTS ET DEFORMATIONS

Tassement absolu : ce phénomène n’est en général pas préjudiciable à l’ouvrage, dans la mesure où
les valeurs des tassements ne remettent pas en cause les revanches hydrauliques. Il faut cependant
faire attention aux liaisons avec l’environnement (câbles, tuyauteries, routes, etc.).

Tassement différentiel : les tassements différentiels doivent être vérifiés vis-à-vis de l’état-limite de
fonctionnement mécanique des portes, selon des critères qui dépendent de la technique employée,
lorsque l’ouvrage est constitué de bajoyers autostables et de radiers indépendants d’une part, et
lorsque le sol est compressible d’autre part.

Un autre aspect du tassement différentiel est l’apparition de décrochements entre les différents plots
du sas, des têtes et des ouvrages amont aval, préjudiciables surtout sur les parements latéraux. Ces
décrochements sont inévitablement soumis aux chocs et frottements des bateaux et les ouvrages non
moins inévitablement dégradés. Si ce phénomène est susceptible de se produire (sols compressibles,
poussées différentielles...), il y a lieu de claver les plots entre eux.

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5.1.6 ETATS-LIMITES FONCTIONNELS

Au contraire des barrages mobiles et des seuils fixes, les écluses ne font généralement pas l’objet
d’un dimensionnement hydraulique. Insérées dans un aménagement global de cours d’eau, elles sont
toutefois prises en compte dans le calcul des impacts hydrauliques vis-à-vis de l’état-limite de remous
provoqué par les ouvrages d’infrastructure : les conditions d’exploitation peuvent amener à concevoir
des écluses submersibles ou non et de ce fait, l’obstacle apporté à l’écoulement des crues doit être
pris en compte, en s’inspirant de la démarche exposée dans le fascicule Barrages mobiles.

+ Voir aussi le fascicule Actions quasi-statiques des niveaux d'eau.

5.2 CLASSEMENT DES ETATS-LIMITES ET COMBINAISONS TYPES D’ACTIONS ASSOCIEES

Les états-limites sont classés et associés aux combinaisons types d’actions comme indiqué dans le
tableau ci-dessous.

Etat-limite Catégorie Combinaisons types associées

INSTABILITÉ EXTERNE
Glissement-plan se reporter au fascicule Quais-poids
Décompression du sol de fondation se reporter au fascicule Quais-poids
Poinçonnement du sol de fondation se reporter au fascicule Quais-poids
Soulèvement ELU fondamentale / accidentelle

INSTABILITÉ HYDRAULIQUE
Boulance se reporter au fascicule Rideaux de soutènement
Soulèvement en masse se reporter au fascicule Rideaux de soutènement
Érosion régressive se reporter au fascicule Gabions de palplanches
Résistance des protections enrochées se reporter au fascicule Barrages mobiles

INSTABILITÉ INTERNE
Résistance des structures métalliques se reporter au fascicule Structures métalliques
se reporter au fascicule Parties en béton des
Résistance du béton armé
ouvrages

DEPLACEMENTS ET DEFORMATIONS
Tassements absolus ELS quasi-permanente
Tassements différentiels ELS quasi-permanente

INSTABILITÉ GLOBALE
se reporter au fascicule Talus et pentes

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+ Voir aussi les états-limites à vérifier pour d’autres types d’ouvrages :
♦ Quais-poids
♦ Gabions de palplanches
♦ Barrages mobiles
♦ Quais sur pieux
♦ Ducs d’Albe
♦ Rideaux de soutènement
♦ Talus et pentes
♦ Digues des voies navigables
♦ Parties en béton des ouvrages
♦ Structures métalliques

5.3 ASPECTS PARTICULIERS LIES A LA PRISE EN COMPTE DE LA SECURITE

La sécurité dans la justification des écluses dépend avant tout des conditions hydrauliques retenues
pour le projet. A ce titre, la détermination des sous-pressions dans le sol et du niveau de la nappe
dans les remblais joue un rôle fondamental. On se réfère au fascicule Actions quasi-statiques des
niveaux d’eau et à son Annexe 2 pour la détermination des valeurs représentatives des crues. Si un
niveau de submersibilité est défini dans l’optique de « gérer » l’écoulement des crues, il convient de
souligner que l’écluse, comme ouvrage, doit être capable de résister à des crues de période de retour
supérieures à sa crue de submersion.

Le caractère favorable ou défavorable du poids propre de l’ouvrage et de ses équipements, y compris


de l’eau « confinée » dans l’écluse, doit être examiné vis-à-vis de l’état-limite de capacité portante. Il
est favorable vis-à-vis de l’état-limite de soulèvement (pondération par 0,90).

6. MODELISATION DU COMPORTEMENT DE L’OUVRAGE

+ Voir l’application à un CCTP.

6.1 INSTABILITE EXTERNE

6.1.1 GLISSEMENT-PLAN

Les plans de glissement sont horizontaux. On considère généralement le plan correspondant à la


partie la plus profonde de l’ouvrage. On néglige généralement la butée à l’aval de l’ouvrage, du fait de
la possible disparition par érosion du terrain et/ou des protections.

+ Voir le fascicule Quais-poids.

6.1.2 DECOMPRESSION DU SOL DE FONDATION

+ Voir le fascicule Quais-poids.

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6.1.3 POINCONNEMENT DU SOL DE FONDATION

+ Voir le fascicule Quais-poids.

6.1.4 SOULEVEMENT

La condition d’état-limite s’écrit :

γd . U ≤ PP + FRV

où :

♦ U désigne la résultante verticale des sous-pressions,

♦ PP désigne le poids propre de l’écluse et de l’eau « confinée » qu’elle contient,

♦ FRV désigne la composante verticale des forces de frottement du terrain contre les
bajoyers, qui s’opposent au soulèvement de l’écluse.

La vérification doit être effectuée dans les situations de court terme et de long terme. Les forces de
frottement dépendent du contact entre le sol et les bajoyers et sont évaluées par référence aux
pressions effectives exercées par le terrain.

6.2 INSTABILITE HYDRAULIQUE

+ Voir les fascicules Rideaux de soutènement, Gabions de palplanches et Barrages mobiles.

6.3 INSTABILITE INTERNE

+ Voir les fascicules Structures métalliques et Parties en béton des ouvrages.

6.4 INSTABILITE GLOBALE

+ Voir le fascicule Talus et pentes.

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6.5 DEPLACEMENT ET DEFORMATIONS

+ Voir à cet effet quelques indications dans le fascicule Paramètres géométriques.


Le calcul des tassements nécessite :

♦ une connaissance précise des propriétés du sol d’assise et de son éventuelle


hétérogénéité,

♦ l’analyse du mode de répartition des sollicitations apportées par l’ouvrage à son assise.

+ Voir les fascicules :


♦ Quais-poids
♦ Talus et pentes

7. COEFFICIENTS PARTIELS

7.1 COEFFICIENTS DE VALEUR

On écarte de l’analyse qui suit les éléments métalliques faisant partie de l’ouvrage (palplanches,
tirants, bouchures).

Pour la vérification en situation durable ou transitoire des états-limites ressortissant à la catégorie


des états-limites ultimes, les valeurs de calcul des principaux paramètres pertinents pour les
ouvrages traités ici, avec application selon le cas des coefficients partiels de valeur (≠ 1,00),
concernent :

♦ les cotes en pied d’ouvrage et les niveaux du fond des rivières,

♦ la résistance à la compression du béton, la limite élastique des aciers de renforcement, la


résistance au cisaillement des sols (en cohérence avec les actions du terrain et les
paramètres d’interaction sol-structure),

♦ la capacité portante des fondations superficielles (en cohérence avec les propriétés des
sols),

♦ l’inclinaison des pressions du terrain en poussée et en butée (en cohérence avec les
propriétés du sol), le frottement de glissement, le frottement de soulèvement, la courbe de
réaction (en cohérence avec les propriétés du sol et les actions du terrain),

♦ les actions :

• pressions du sol en poussée et en butée (en cohérence avec les propriétés des
sols, les paramètres d’interaction sol-structure et les),

• niveaux d’eau,
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• poids propre,

• efforts transmis par les parties mobiles (Efforts de manœuvre, Écoulement des
eaux),

+ Voir les autres actions, en tant que de besoin, notamment :


♦ Courant
♦ Houle
♦ Accostage
♦ Amarrage
♦ Chocs de bateau
♦ Poids-propre
♦ Charges d'exploitation

Pour la vérification en situation durable ou transitoire des états-limites ressortissant à la catégorie


des états-limites de service, les principaux coefficients partiels de type γR, serv ou γM, serv concernent :

♦ la capacité portante des fondations superficielles.

Les critères de service sont proposés dans le fascicule Paramètres géométriques.

Pour la vérification en situation accidentelle des états-limites ressortissant à la catégorie des états-
limites ultimes, les principaux coefficients partiels de type γR, acc ou γM, acc concernent :

♦ la résistance à la compression du béton.

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7.2 COEFFICIENTS DE MODELE

+ Voir l’application à un CCTP.


7.2.1 EN SITUATIONS DURABLES ET TRANSITOIRES

Etat-limite et combinaison Modèle Valeur de γd ou γd, serv


associée

INSTABILITÉ EXTERNE
Glissement-plan
1,10
(fondamentale)
Décompression du sol de fondation
fondamentale 10 %
rare Navier 75 %
quasi-permanente 90 %
Poinçonnement du sol de se reporter au fascicule Quais-poids
fondation
Soulèvement 1,25

INSTABILITÉ HYDRAULIQUE
Boulance se reporter au fascicule Rideaux de soutènement
Soulèvement en masse se reporter au fascicule Rideaux de soutènement
Érosion régressive se reporter au fascicule Gabions de palplanches
Résistance des
se reporter au fascicule Barrages mobiles
protections enrochées

INSTABILITÉ INTERNE
Stabilité des protections
se reporter au fascicule Structures métalliques
amont et aval
Résistance du béton armé se reporter au fascicule Parties en béton des ouvrages

DEPLACEMENTS ET DEFORMATIONS
Tassements absolus
/
(quasi-permanente)
Tassements différentiels
/
(quasi-permanente)

INSTABILITÉ GLOBALE
se reporter au fascicule Talus et pentes

La différence entre les coefficients de modèle définis ci-dessus pour l’état-limite de poinçonnement du
sol s’explique par l’utilisation de deux modes de pondération différents. Il ne s’agit pas d’une remise en
cause comparative de la qualité des modèles de résistance.

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7.2.2 EN SITUATIONS ACCIDENTELLES

Etat-limite Modèle Valeur de γd, acc

INSTABILITÉ EXTERNE
Glissement-plan 1,00
Décompression du sol de
10 %
fondation
Poinçonnement du sol de
se reporter au fascicule Quais-poids
fondation
Soulèvement 1,10

INSTABILITÉ HYDRAULIQUE
Boulance se reporter au fascicule Rideaux de soutènement
Soulèvement en masse se reporter au fascicule Rideaux de soutènement
Érosion régressive se reporter au fascicule Gabions de palplanches
Stabilité des protections
se reporter au fascicule Barrages mobiles
amont et aval

INSTABILITÉ INTERNE
Résistance des structures
se reporter au fascicule Structures métalliques
métalliques
Résistance du béton armé se reporter au fascicule Parties en béton des ouvrages

INSTABILITÉ GLOBALE
se reporter au fascicule Talus et pentes

+ Voir aussi les coefficients de modèle pour les états-limites d’autres types d’ouvrages :
♦ Quais-poids
♦ Gabions de palplanches
♦ Ducs d'albe
♦ Barrages mobiles
♦ Quais sur pieux
♦ Rideaux de soutènement
♦ Talus et pentes
♦ Digues des voies navigables
♦ Parties en béton des ouvrages
♦ Structures métalliques

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8. TEXTES DE REFERENCE

FASCICULE 62 titre V du C.C.T.G., (1993)


Règles techniques de conception et de calcul des fondations des ouvrages de génie civil
Ministère de l’Équipement.

Rapport final de la commission internationale pour l’étude des écluses


Supplément au bulletin n° 55 de l’AIPCN,1986.

oOo

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