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« Buenos Aires reste un bon modèle d’intégration » /Le Petit Journal, 05/2010

A l'occasion de la parution de Paris-Buenos Aires aller-retour, la dernière


livraison de la revue "Villes en Parallèle" éditée par l'Université Paris X-
Nanterre, une conférence réunissant des professeurs français et argentins aura
lieu demain, mardi 18 mai, à partir de 17h, à l'université de Lanus. Rencontre
avec un des auteurs et coordinateurs de l'ouvrage, Pedro Conrado
Sonderéguer, architecte et professeur à l'université de Lanus

Pourquoi rapprocher Paris et Buenos Aires ?


Ces deux capitales occupent un poids comparable par rapport à la France et
l'Argentine : centralisation des institutions, des ressources, des universités... Elles
abritent quasiment le même nombre d'habitants intra-muros : 2.3 millions pour
Paris et 2.9 pour Buenos Aires. Enfin, elles sont confrontées à des problèmes et des
défis similaires : densité de population, extension de l'agglomération, recherche de
solutions pour le "Grand Paris" comme pour le "Gran Buenos Aires", intégration des
migrants, gouvernabilité dans un environnement de compétences administratives
et politiques partagées.

Quels sont les principaux défis rencontrés par Buenos Aires ?


Buenos Aires doit s'efforcer de résoudre des dossiers en cours depuis longtemps,
comme l'extension de l'autoroute nord-sud et du réseau de métro, la lutte contre la
pollution ambiante et le renforcement de ses infrastructures portuaires. Depuis les
années 90, en effet, Puerto Madero s'est peu à peu transformé en complexe de
bureaux et de restaurants, aux dépens de son rôle régional de port de commerce.
En outre, la gouvernance est de plus en plus difficile, car la zone métropolitaine
compte 12 millions de personnes qui travaillent dans la capitale fédérale et la font
vivre, alors que cette dernière, devenue autonome en 1996, s'est coupée de la
métropole pour la gestion de sujets urbanistiques importants. Buenos Aires est
d'ailleurs une des rares capitales du monde à avoir opté pour cette autonomie : la
plupart des grandes villes ont créé d'importants réseaux d'alliances avec leur
périphérique (Grand Londres, Comunidad de Madrid?).

Quels sont les atouts respectifs de Paris et Buenos Aires ?


Buenos Aires reste un bon modèle d'intégration, pas toujours parfait certes, mais
un melting pot tout de même. Malheureusement, l'école, fragilisée, traverse une
période difficile. De son côté, le processus français d'intégration par l'éducation
fonctionne encore bien et permet une assimilation rapide. En outre, Paris reste un
modèle d'organisation, capable de générer des institutions très solides dont la
capitale argentine pourrait s'inspirer. Le dynamisme de Buenos Aires reste un grand
atout. De grands immeubles de bureaux et des hôtels continuent de pousser un
peu partout, la ville se tertiarise. En pareille situation, le risque est de négliger les
conditions de vie des habitants de la ville.

Quelles relations les deux capitales entretiennent-elles avec leurs banlieues ?


En France, les banlieues ont bénéficié d'importants changements urbanistiques :
implantation de services, infrastructures développées, réseau de transport étendus.
A Buenos Aires, au contraire, les banlieues sont plus isolées et souffrent du manque
de services, de planification urbanistique et de logements? En moins d'une
génération, le phénomène des quartiers fermés (barrios cerrados) a pris de
l'ampleur, même si on ne peut pas aller jusqu'à dire que les gens se replient dans
ces zones sécurisées par "peur des banlieues".

Propos recueillis par Margareth CELSE-L'HOSTE (www.lepetitjournal.com -


Buenos Aires) lundi 17 mai 2010

Lepetitjournal Buenos Aires

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