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Partie 3 : Le magmatisme

Chapitre I : Etna, 2/10/05

Les processus fondamentaux du magmatisme


I. La diversité des roches magmatiques
1. Diversité chimique

Carte
géologique
simplifiée
de la France
Document 1. Composition chimique
moyenne d ’un granite et d ’un basalte.
La composition est exprimée en pourcentages massiques.
Document 1. Composition chimique
moyenne d ’un granite et d ’un basalte.
La composition est exprimée en pourcentages massiques.
Critères de classification des roches magmatiques
*Détermination dedes
Composition fine la minéraux
composition chimique
: principe de d’une globale
la microsonde
roche : utilisation d’une microsonde électronique
La microsonde ---> composition d'une phase (minérale ou autre).
- unPrincipe
faisceau électronique
: faisceau est émis et dirigé sur l’échantillon
électronique.
- des électrons sont réfractés, d’où un rayonnement secondaire envoyé vers le
émissions d'électrons rétrodiffusés, d'électrons réfractés,
réfractomètre,
-> rayonnements secondaires envoyés vers un spectromètre.
- lainformations
longueur d’onde, l’énergie,
: longueur la massela des
d'onde, l'énergie, particules
masse du faisceau
des particules secondaire
du faisceau secondaire, --->
nature et de
permettent de quantifier
déterminerles éléments
la naturede la substance
des éléments(méthode
contenus spectrométrique baséeet
dans l’échantillon surde les
l’utilisation de standards de composition connue).
quantifier.
Classification des roches
à feldspaths et feldspathoïdes
Triangle saturé La plupart des roches acides, intermédiaires et basiques
(quartz dans la norme)
contiennent plus de 10 % de minéraux blancs : feldspaths alcalins,
plagioclases, quartz si elles sont excédentaires en silice.
C’est sur les proportions de ce minéraux qu’est fondée la
classification internationale (classification de Streckeisen). On
complète leur description par l’inventaire des autres minéraux
(principalement micas, amphibole, pyroxènes ou olivines).

Ca Classification des mafites,


K, Na
roches ultrabasiques.
Mafites : “ ma ” pour Mg, “ fi ” pour Fe.
Ce sont des roches très riches en ferromagnésiens (90 à
100 %). On utilise les proportions d’Ol (olivine), Cpx
(clinopyroxène) et Opx (orthopyroxène).
Triangle sous-saturé
2. Diversité structurale

Document 3. Différentes structures des roches magmatiques


A partir d’un magma (température initiale de 700 à 1 200 °C suivant la composition
chimique), la structure de la roche obtenue dépend de la vitesse de refroidissement.
Celle-ci dépend du contraste de température entre magma et encaissant, et du volume
du magma.
(Caron J.M. et Coll. “ Comprendre et enseigner la planète Terre ”, Ophrys Ed.)
3. Diversité des édifices magmatiques

Document 5 : Quelques types d’activités magmatiques.


(Caron J.M. et Coll. “ Comprendre et enseigner la planète Terre ”, Ophrys Ed.)
a. Les roches de profondeur

Document 6 : Différents types d’édifices plutoniques


(Caron J.M. et Coll. “ Comprendre et enseigner la planète Terre ”, Ophrys Ed.)
Batholite de granodiorite (Sierra Nevada, Californie)
b. Les roches de mi-profondeur
c. Les roches de surface

Document 4 : Diversité des édifices magmatiques.


(Caron J.M. et Coll. “ Comprendre et enseigner la planète Terre ”, Ophrys Ed.)
II. Etude de la fusion partielle d’une
roche mère
1. Définitions préliminaires

a. Notion de système en équilibre

État
État instable État
métastable stable

Analogie mécanique pour un solide rectangulaire


b. Notion de phase

Un système = association de plusieurs phases

Ensemble
des
cristaux
Une roche =
d’orthose =
un système
une phase

Une phase est caractérisée par sa composition chimique


Ex : orthose K Al Si3O8
c. La règle des phases : l’outil fondamental

Règle des phases ou loi de Gibbs :

v=k+2–j

v : variance (ou degrés de liberté) du système


k : nombre de constituants chimiques
indépendants (ex : SiO2 pour la silice)
j : nombre de phases (ici nb de minéraux)
2 : nb de paramètres qui définissent l’état du
système, ici P et T
d. Exemple de diagramme de phases : cas de la silice

Document 7 : Diagramme de
phases de SiO2.
Différentes phases minérales
existent à l’état solide selon les
conditions de pression et de
température.
(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”,
Dunod Ed.).

v=k+2–j

• En C : une seule phase


 V=2
• En B : deux phases
 V=1
• En A : trois phases
V=0
2. Fusion d’un mélange binaire simple
(série isomorphe à miscibilité complète)

intermédiaires
(Fe, Mg)2(SiO4)

k=2
(deux minéraux
Forstérite : en mélange) Fayalite :
pôle magnésien de pôle ferreux de
l’olivine l’olivine
Mg2(SiO4) Fe2(SiO4)
T° fusion = 1890 °C T° fusion = 1205 °C
Liquide seulement

liquidus
Liquide
+ solide
solidus

Solide seulement

Document 8 : Diagramme binaire pour l’olivine.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
Quand tout est solide :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 1 une seule phase car miscibilité complète

k = 2 (2 minéraux en mélange)

v = 2

 La température et la composition chimique


du mélange varient indépendamment
Apparition
de la
première
goutte de
liquide

Document 8 : Diagramme binaire pour l’olivine.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
Quand la première goutte de liquide apparaît :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 2 une phase liquide + une phase solide

k=2

v = 1

 La composition chimique du solide résiduel et du liquide


varient en fonction de la température
(leur composition évoluent en suivant respectivement
le solidus et le liquidus)
Evolution
de la
composition
du liquide

Evolution de
la composition
du solide
résiduel

Document 8 : Diagramme binaire pour l’olivine.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
Quand le dernier cristal solide disparaît :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 1 une seule phase liquide

k=2

v = 2

 La température et la composition chimique


du liquide varient indépendamment
(le liquide a la composition du solide initial)
Le liquide a la
composition
du solide
initial

Disparition
du dernier
cristal

Document 8 : Diagramme binaire pour l’olivine.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
Règle du levier

100 % liquide

30 % liquide 70 % solide

100 % solide

Document 8 : Diagramme binaire pour l’olivine.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
Disparition de
la dernière
goutte de
liquide

Le solide a la
composition
du liquide
initial

Document 8 : Diagramme binaire pour l’olivine.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
3. Fusion d’un mélange binaire avec eutectique
(minéraux quelconques ne formant pas de série
isomorphe, immiscibles à l’état solide)

Diopside Anorthite
(clinopyroxène) (plagioclase)
CaMg(Si2O6) CaAl2Si2O8
T° fusion = 1391 °C T° fusion = 1550 °C
Quand tout est solide :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 2 deux phases car minéraux immiscibles

k = 2 (2 minéraux en mélange)

v = 1

 Seule la température change jusqu’à la température


eutectique (qui dépend des minéraux en mélange)
1550 °C

1391 °C

1274 °C
Température
eutectique

Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série


isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Quand la première goutte de liquide apparaît :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 3 trois phases car 2 minéraux immiscibles + liquide

k = 2 (2 minéraux en mélange)

v = 0

 La température ne peut plus augmenter tant qu’il y a trois


phases, c’est-à-dire tant que l’un des deux minéraux n’a
pas disparu !
Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série
isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série
isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Disparition
du dernier
cristal de
diopside

Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série


isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Quand le dernier cristal de diopside disparaît :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 2 deux phases car 1 minéral + liquide

k = 2 (2 minéraux en mélange)

v = 1

 La température augmente à nouveau, et la composition du


liquide et du solide résiduel suivent respectivement le
liquidus et le solidus (le solide résiduel est constitué
à 100 % d’anorthite, mais sa quantité diminue)
Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série
isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série
isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Quand le dernier cristal d’anorthite disparaît :

v=k+1–j

P est fixé, donc 1 seule variable d’état,


la T, pour décrire le système

j = 1 une seule phase : le liquide

k = 2 (2 minéraux en mélange)

v = 2

 La température augmente à nouveau, indépendamment de


la composition des minéraux en mélange.
Disparition
du dernier
cristal
d’anorthite

Document 9 : Diagramme binaire pour des minéraux ne formant pas de série


isomorphe, immiscibles à l’état solide : cas du mélange Diopside
(clinopyroxène) CaMg(Si2O6) - Anorthite (plagioclase) CaAl2Si2O8.
Règle du levier

100 % liquide

30 % solide 70 % liquide

100 % solide
4. Fusion d’un mélange ternaire

Grenat
Diopside (nésosilicate)
(clinopyroxène) Enstatite X32+Y23+[SiO4]3
CaMg(Si2O6) (orthopyroxène)
Mg2(Si2O6)
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Composition
du solide
A initial C

Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange


de trois minéraux A, B et C.
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Document 10. Diagramme ternaire représentant la fusion d’un mélange
de trois minéraux A, B et C.
Document 11. Représentation de la composition du manteau fertile et
projection triangulaire du diagramme ternaire de la fusion du manteau.
Cette projection représente la surface du liquidus.
Document 11. Représentation de la composition du manteau fertile et
projection triangulaire du diagramme ternaire de la fusion du manteau.
Cette projection représente la surface du liquidus.
Document 11. Représentation de la composition du manteau fertile et
projection triangulaire du diagramme ternaire de la fusion du manteau.
Cette projection représente la surface du liquidus.
Document 11. Représentation de la composition du manteau fertile et
projection triangulaire du diagramme ternaire de la fusion du manteau.
Cette projection représente la surface du liquidus.
Document 11. Représentation de la composition du manteau fertile et
projection triangulaire du diagramme ternaire de la fusion du manteau.
Cette projection représente la surface du liquidus.
Document 11. Représentation de la composition du manteau fertile et
projection triangulaire du diagramme ternaire de la fusion du manteau.
Cette projection représente la surface du liquidus.
A cristallise, la composition
du liquide résiduel évolue en
« descendant » la surface
liquidus jusqu’à la ligne
cotectique A+C+liquide
A + C cristallisent, la
composition du liquide M
résiduel suit la ligne
cotectique jusqu’au puits
eutectique
A + B + C cristallisent, le
liquide a la composition de
l’eutectique, jusqu’à ce qu’il
n’en reste plus
A la fin, le solide a la même
composition M que le liquide
initial

Cas du refroidissement d’un liquide de composition M


Cette projection représente la surface du liquidus.
5. Bilan
• La composition du premier liquide formé
diffère de celle de la roche mère
• Le taux de FP conditionne la composition du
magma
• L’ordre de disparition des minéraux dépend de
la composition de la roche mère
• La composition du liquide eutectique dépend
de la nature des minéraux en mélange, pas de
leurs proportions
• On distingue les éléments magmatophiles =
incompatibles des éléments compatibles
• La fusion partielle exerce un tri géochimique
III. Devenir des magmas

1. Etude d’un exemple : la chaîne des Puys

a. Caractéristiques des édifices volcaniques


La chaîne des Puys vue par le
satellite SPOT,
le 10 novembre 1986
D'après André SIMONIN, Bulletin de l'APBG 2 bis,
page 121, 1987.

Carte géologique
simplifiée de la
chaîne des Puys
Document 13. Age des principaux ensembles
volcaniques du Massif Central.
(Nehlig P. et coll., 2003 in : http://www2.brgm.fr/volcan/papgeologue.pdf).

Document 12. Localisation des principaux édifices volcaniques


récents du Massif Central français.
(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : Objets et méthodes ” Dunod Ed.).
Puy de Dôme Puy Pariou

Lac Pavin Puys de la Vache et de Lassolas


b. Caractéristiques des roches de la chaîne des Puys

Basalte alcalin
de Saint-Saturnin

Trachyte

SiO2 Al2O3 FeO MgO CaO Na2O K2O TiO2 MnO P 2 O5


Basalte 45.40 16.10 12.00 6.90 10.50 2.70 2.00 3.60 0.19 0.64
Trachyte 65.05 19.65 3.25 0.75 1.25 5.05 3.90 0.50 0.15 0.10
• Composition chimique des « laves »
représentatives de la chaîne de Puys :
CP1 CP2 CP3 CP4 CP5 CP6 CP7
ID 36,31 40,61 51,74 56,78 67,01 75,45 90,86 Cp1 : coulée de la cheire d'Aydat (basalte alcalin)
Cp2 : coulée de la vallée de la Tiretaine (hawaiite =
SiO2 47,25 48,50 52,20 53,21 57,10 60,20 69,35 « labradorite »)
TiO2 2,25 2,16 1,81 1,49 1,12 0,83 0,39 Cp3 : coulée du Puy de Louchadière (mugéarite)
Al2O3 15,85 16,56 16,9 17,6 17,89 17,90 15,55 Cp4 : coulée du Pariou (mugéarite)
T Cp5 : coulée du puy de la Nugère (benmoréite =
Fe2O3 12,08 11,86 9,84 11,75 6,83 4,69 2,38 « pierre de Volvic »)
MnO 0,17 0,18 0,20 0,20 0,19 0,22 0,18 Cp6 : dôme du Clierzou (benmoréite = « dômite à
MgO 6,62 5,28 3,89 2,48 1,94 1,07 0,36 amphibole »)
Cp7 : dôme du puy de Dôme (trachyte = « dômite à
CaO 9,86 9,21 7,55 5,89 4,53 3,10 1,25 biotite »)
Na2O 3,70 3,92 4,45 5 ,00 5,42 5,58 5,60 Fe2O3T = fer total sous forme de Fe2O3.
K2O 1,68 1,80 2,47 2,71 3,40 3,82 4,88 (ID : Indice de différenciation).

P2O5 0,61 0,72 0,73 0,31 0,55 0,31 0,09

Document 14. Compositions chimiques de laves


représentatives de la série alcaline de la Chaîne des Puys.
(Bonin B., “ Pétrologie endogène ”, Dunod Ed.).

 continuum chimique
• Composition minéralogiques des « laves »
représentatives de la chaîne de Puys :

 Basaltes alcalins : Ol, cpx, pgcl calciques

 Hawaïtes : (Ol), cpx, pgcl

 Mugéarites : pgcl (- calciques et + sodiques), amphiboles

 Trachytes : pgcl sodiques, amphiboles, FK (sanidine),


biotite

 continuum minéralogique
Evolution des caractéristiques physiques des laves :
- Lave basaltique : faible viscosité, T = 1 200 °C
- Lave trachytique : viscosité élevée, T = 900 ° C

 Unité de lieu Les laves de la


chaîne des Puys
 Unité d’âge correspondent à une
 Continuum chimique, minéralogique série magmatique
= unité magmatique différenciée
CP1 CP2 CP3 CP4 CP5 CP6 CP7
ID 36,31 40,61 51,74 56,78 67,01 75,45 90,86 Cp1 : coulée de la cheire d'Aydat (basalte alcalin)
Cp2 : coulée de la vallée de la Tiretaine (hawaiite =
SiO2 47,25 48,50 52,20 53,21 57,10 60,20 69,35 « labradorite »)
TiO2 2,25 2,16 1,81 1,49 1,12 0,83 0,39 Cp3 : coulée du Puy de Louchadière (mugéarite)
Al2O3 15,85 16,56 16,9 17,6 17,89 17,90 15,55 Cp4 : coulée du Pariou (mugéarite)
T Cp5 : coulée du puy de la Nugère (benmoréite =
Fe2O3 12,08 11,86 9,84 11,75 6,83 4,69 2,38 « pierre de Volvic »)
MnO 0,17 0,18 0,20 0,20 0,19 0,22 0,18 Cp6 : dôme du Clierzou (benmoréite = « dômite à
MgO 6,62 5,28 3,89 2,48 1,94 1,07 0,36 amphibole »)
Cp7 : dôme du puy de Dôme (trachyte = « dômite à
CaO 9,86 9,21 7,55 5,89 4,53 3,10 1,25 biotite »)
Na2O 3,70 3,92 4,45 5 ,00 5,42 5,58 5,60 Fe2O3T = fer total sous forme de Fe2O3.
K2O 1,68 1,80 2,47 2,71 3,40 3,82 4,88 (ID : Indice de différenciation).

P2O5 0,61 0,72 0,73 0,31 0,55 0,31 0,09


Termes les plus
différenciés
Différenciation des laves représentatives d’une série :

 Indice de différenciation ID :

ID = somme normative Q + Ab + orthose


(ou : néphéline + Ab + orthose)

 Indice d’alcalinité AI :

AI = (Na2O + K2O) / (SiO2 – 43) x 0,17

 Construction du diagramme Al = f (%Al2O3)

 Diagramme de Harker :

% (Na2O + K2O) = f (% SiO2)


12

10

8 MgO
CaO
6
Na2O
4 Na2O + K2O

0
40 45 50 55 60 65 70 75 80

Evolution de MgO, CaO, Na2O et Na2O + K2O


en fonction de SiO2 pour la série étudiée

Enrichissement en alcalins  série alcaline


Diagramme d’évolution de Na2O + K2O
en fonction de SiO2 pour la série étudiée
2. Généralisation : notion de série magmatique

Document 15 : Situation des laves dans le diagramme (Na2O + K2O) / SiO2.


(Bardintzeff J.M., dans “ Enseigner la géologie ”, Nathan Ed.)
Séries magmatiques Série tholéiitique Série calco- Série alcaline
Alcaline

Roches initiales basalte tholéiitique andésite basalte alcalin

Roches intermédiaires ferrobasaltes - dacites hawaiites -


icelandites mugéarites -
benmoréites

Roches différenciées rhyolites rhyolites « Rhyolites alcalines »


trachytes
phonolites
Document 16. Principales séries magmatiques.
(http://www-geoazur.unice.fr/SCTERRE/cours_en_ligne/doc_cours/mineraloYRolland.ppt)

Roche initiale Basalte tholéiitique Basalte alumineux Basalte alcalin


Teneur en Assez riche: Saturé: Pauvre:
silice SiO2 : 47-49 % SiO2 : 48 - 53 % SiO2 : 44 – 47 %
Teneur en Pauvre : Assez riche Riche :
alcalins K2O < 0,5 % K2 O 1 %
Na2O  2,5 % Na2O 3 - 4 %
Autre Riche en Al2O3 > 16 %
Riche en eau
Diagramme AFM
Données sismiques
pour la dorsale
Pacifique

Sismique réflexion

Sismique réfraction :
vitesse des ondes P
3. Cristallisation fractionnée et différenciation magmatique

Différenciation magmatique : tout processus permettant à


2.2magma
un Evolution par cristallisation
(primaire) d’évoluer versfractionnée :
un magma différent.
Principe de la cristallisation fractionnée
 Observation en lame mince des relations entre minéraux

Basalte alcalin, coulée de la Vache, Lassolas. MO, LPA


planet-terre.ens-lyon.fr
 Observation de terrain : âge et nature des roches produites
Document 17. Différenciation par cristallisation
fractionnée dans la Chaîne des Puys.
F1 : proportion de liquide fils issu du liquide parent (ex : 79,73 % de liquide CP4 sont
issus de 100 % de liquide CP3)
F2 : proportion de liquide fils issu du liquide primitif CP1.
(Bonin B., “ Pétrologie endogène ”, Dunod Ed.).
 Travaux expérimentaux de Bowen

Document 18. Les suites réactionnelles de Bowen.


(Dercourt J., Paquet J., “ Géologie : objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
• Suite réactionnelle des ferro-magnésiens :

Cas d’un magma peu riche en silice :


Liquide  olivine + liquide
Olivine + liquide  olivine + pyroxène

Cas d’un magma un peu plus riche en silice :


Liquide  olivine + liquide
Olivine + liquide  liquide
Liquide  pyroxène + liquide
Pyroxènes + liquide  amphiboles
Amphiboles + liquide  mica
Mica + liquide  quartz
• Suite réactionnelle des plagioclases :
 Suite continue (albite et anorthite ont la même
structure cristalline)

 Pôle calcique : anorthite CaAl2Si2O8


 Pôle sodique : albite NaAlSi3O8

Lorsque la température diminue :


Plagioclase riche en Ca (anorthite) + liquide 
plagioclase un peu moins riche en Ca (bytownite) +
liquide
Zonation minérale dans un plagioclase
Détermination de l’angle
d’extinction des plagioclases :
Sur un pgcl frais, non zoné
 Amener l’axe ppal en
direction N-S : cristal gris
uniforme, avec seulement
trace des plans de mâcle
 Tourner la platine de 45 ° :
cristal gris uniforme, sans
trace des plans de mâcle
 Ramener progressivement à
la direction N-S, jusqu’à
l’extinction
 Relever la mesure de l’angle
d’extinction
 Faire 5 mesures et prendre la
plus grande
• Suite réactionnelle des feldspaths potassiques :

Sanidine  anorthose  orthose  quartz


ou feldspathoïde
4. La séparation des phases cristallines

 La sédimentation gravitaire

Séparation des minéraux selon leur densité :

schlieren
Document 19. Ordre d’apparition des minéraux lors de la cristallisation
lente d’une coulée de basalte d’Hawaï.
Le pourcentage de liquide est apprécié d’après celui des verres des laves
solidifées. A 900 °C, la lave est solide.
(Dercourt J., Paquet J. “ Géologie, objets et méthodes ”, Dunod Ed
Document 20. Mécanisme de “ sédimentation ” des cristaux les
premiers formés dans un culot basaltique en cours de
refroidissement.
(Dercourt J., Paquet J. “ Géologie, objets et méthodes ”, Dunod Ed.).
 La cristallisation aux parois

Différence de température entre le cœur de la chambre


magmatique et les parois  croissance cristalline sur
les parois et liquide résiduel au cœur

 Le filtre – presse

Lorsque la phase solide est importante par rapport à la


phase liquide :
Compaction des cristaux  liquide interstitiel chassé
Épanchements de liquides magmatiques
plus ou moins différenciés

Injection
périodique Cristallisation
de magma fractionnée et
primaire sédimentation gravitaire

10 km

Différenciation magmatique dans une chambre


magmatique (cas d’une dorsale rapide)
http://www2.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s2/r.ign.html
5. Ascension, mise en place des magmas

a. Dans le cas du volcanisme

 Cas du Massif Central : origine du magma


Nodule de péridotite déformée :
les petits cristaux d ’orthopyroxène noirs
sont alignés et soulignent la foliation.
Les nodules déformés ont été « ramonés » dans une zone
de manteau déformé : au sein d’un diapir qui correspond à
une remontée du manteau chaud.
 Mécanisme d’ascension des magmas

Fontaine de lave du Pu ’u O ’o à Hawaï, octobre 1983.


La hauteur d ’une telle fontaine varie de 10 à 100 m,
mais peut occasionnellement atteindre 500 m.
Le magma est produit par fusion aux joints de grains :

Densité plus faible du liquide  surpression


Cas du Mauna Loa
2e plus haut sommet d’Hawaï, c’est le plus grand volcan du Monde
Pression au dessus du plancher océanique :

P = rgz
r = 2,7 (magma basaltique) g/cm3
z = 7669 m
g en m/s2 ou N/kg
1/105 pour avoir un résultat en bar (1 Pa = 1 N/m2 = 10-5 bar)

P = 2,7 x 10 x 7669 x 1/105 = 2,07 kbar

Pression au dessus du Moho :


Même calcul avec z = 14 169 m  P = 3,83 kbar

C’est la surpression magmatique DP

liée à la différence entre r magma et r encaissant (= manteau)


De la surpression
à la profondeur de la fusion partielle :

DP = Drgz
Avec Dr = rmanteau – rmagma = 3,3 - 2,7 = 0,6 g/cm3

z = DP /Drg = 3,83 / (0,6 * 10) x 105 = 63 833 m

(x105 car pression donnée en bar)

 Le magma est formé 64 km sous le Moho,


Soit à 74 km sous le niveau de la mer
b. Dans le cas du plutonisme

 Cas du granite de Flamanville (région de


Cherbourg, Cotentin)
Document 21. Carte
géologique schématique
du massif de Flamanville.
(Dercourt J., Paquet J. “ Géologie, objets et
méthodes ”, Dunod Ed.).
Granite de la Margeride
(Photo F. Celle)

Phénocristal d’orthose
automorphe dans le granite
de Flamanville
 structure porphyroïde
http://www.etab.ac-
caen.fr/discip/geologie/paleozoi/flam
anville/granite/granite.html
Enclave de
roche
sédimentaire
= xénolithe

Alternance de bancs
clairs et sombres de
cornéenne.
On retrouve la stratification
originelle des roches
sédimentaires transformées.
http://www.etab.ac-
caen.fr/discip/geologie/paleozoi/flaman
ville/corneenne.html
Granite

Filon de
microgranite
Veine de
cornéenne

Le granite est recoupé par des filons roses, à grain très


fin, essentiellement constitués de quartz et de feldspaths :
il représente un résidu de la cristallisation du magma
granitique.
Le liquide résiduel riche en silice se met en place et
cristallise dans des fractures.
http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/paleozoi/flamanville/granite/filonsgra.html
Enclave basique dans le granite très sombre, aux contours
diffus, très riche en minéraux ferro-magnésiens (biotite,
amphibole, et parfois pyroxène).
 Le matériel basique de ces enclaves provient d’une fusion partielle du
manteau.
 Le matériel silicaté acide du granite provient d’une fusion partielle de la
croûte.
 chauffée par la remontée de magma mantellique, basique, la base de
la croûte aurait subi une fusion partielle et donné naissance à un
liquide granitique, acide.
http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/paleozoi/flamanville/corneenne.html
 Généralisation : mise en place des magmas granitiques

Document 22. Courbes solidus – liquidus pour un magma basaltique


anhydre et pour un magma hydraté. Comparaison avec le solidus d’un
magma granitique. La droite AB représente l’évolution d’un magma granitique
lors de sa remontée. La droite A’B’ celle d’un magma basaltique.
(Pomerol C. Renard M. “ Eléments de géologie ”, Masson Ed.).
Série sub-alcaline : magma inital tholéiitique