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LE COURS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE

La propriété intellectuelle est divisée en deux branches : d’une part la propriété industrielle qui est
divisée en trois sous branches.

1- Création à caractère technique : brevet d’invention, modèle d’utilité, obtention végétale,


schéma de configuration de circuit intégré.
2- Création à caractère esthétique Les modèles et desseins industriels
3- Les signes distinctifs : Les marques, les noms commerciaux et les indications géographiques
et d’autre part, la propriété littéraire et artistiques. Les droits voisins, les droits d’auteur. Le
droit d’auteur protège le droit du créateur sur son œuvre tandis que les droits voisins
protègent les auxiliaires de la création. Certes ceux-ci ne sont pas des auteurs mais ils
permettent à une création de prendre vie. Le cours sera donc articulé en deux parties : d’une
part La propriété littéraire et artistique et d’autre part la propriété industrielle.

PARTIE 1 : La propriété littéraire et artistique (droit d’auteur)

La PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE se compose des droits d’auteurs et des droits


voisins.
Le droit d’auteur est un ensemble de pouvoir ou de prérogatives juridiques d’un auteur sur
sa création. Il dispose d’un droit, d’un monopole juridique ou encore d’une exclusivité sur
son œuvre. Quant aux DV ce sont des prérogatives juridiques accordées à des personnes qui
contribuent à la diffusion des œuvres littéraires ou artistiques (article 81 loi sur droit
d’auteur). En Côte d’Ivoire, la propriété littéraire et artistique est régie par la loi 2016 555 du
26 juillet 2016 relative aux droits d’auteur et aux droits voisins.

Chapitre 1 : L’objet du droit d’auteur

Section 1 : les œuvres protégeables par le D A

Le droit d’auteur porte sur :


- Les œuvres littéraires C’est une œuvre composée de mot. C’est une œuvre de langage ou
de parole peu importe la langue. Elle peut être oral ou écrite.
- Les œuvres artistiques Elles se définissent par opposition à l’œuvre littéraire. En effet
l’œuvre artistique à une œuvre qui est composé de signe autre que les mots.
- Sons composition musicale
- Lignes desseins
- Les couleurs la peinturent
- Les gestes les pantomimes
- Les images fixes les photos
- Les images animés l’œuvre audio visuelle
- Les odeurs fraiches, parfum
- Les formes solides sculptures
N.B les œuvres scientifiques au techniques : il n’y a pas d’œuvre scientifique ou technique à part
entière. Est scientifique ou technique, une œuvre sous forme littéraire ou artistique mais avec un
contenu scientifique ou technique.

SECTION 2 : Le caractère des œuvres protégeables

Paragraphe 1 : Les éléments de la protection

C’est l’expression où la forme de l’œuvre qui est protégé par le droit d’auteur. En effet, l’expression à
l’engagement ou la combinaison des signes, de sons, des mots, des images, par lesquels, l’idée est
concrétisée. De ce fait, l’idée en elle-même n’est pas protégeable par le droit d’auteur quel que soit
sa valeur. Mais s’il y a un agencement, une organisation, une structure des signes par lesquels l’idée
est concrétisée cela devient une exception protégeable par le droit d’auteur. Par conséquent l’œuvre
littéraire et artistique comporte certe 3 éléments c’est-à-dire l’idée, l’expression, la structure. Mais
seul l’expression et la structure c’est-à-dire la forme sont protégées au titre du droit d’auteur. Les
idées sont exclues.

Le titre d’une œuvre qui présente un caractère originale est protégé indépendamment de l’œuvre
elle-même

Paragraphe 2 : Les éléments exclus de la protection ou les œuvres exclues de la protection Art 10
L.D.A

- Les idées méthodes, procédures, concepts ou informations en tant que telles

-Les textes officiels de nature législatif, administratif ou judiciaire ainsi que leur traduction officielle

-Les simples données et faits considérés en tant que tel

-Une fois que l’œuvre a été licitement accessible au public, l’auteur ne peut interdire

Paragraphe 2 : Les éléments exclus de la protection ou les œuvres exclues de la protection art 10
L.D.A

Les idées méthodes procédures concepts ou informations en tant que telles

Les textes officiels de nature législatif administratif ou judiciaire ainsi que leurs traductions officielles

Les simples données et faits considérées en tant que tel

Une fois que l’œuvre a été licitement accessible au public l’auteur ne peut interdire :

-les représentations ou exécutions privées effectuent exclusivement dans un cercle de famille

Art 24 20 26

-Les signes officiels de l’état : les armoiries

Si la loi est silencieuse quant aux exclusions, le principe est celui de la protection des œuvres.

Section 3 : Les conditions de protection

Paragraphe 1 : Conditions Positives (Art 5)

Pour être protégé, l’œuvre doit être créée et originale


A- L’originalité

Selon l’article 9 le titre d’une œuvre qui présente un caractère original, est protégé indépendamment
de l’œuvre elle-même. La notion d’originalité ressort également dans l’article 8.

Cette notion revient à distinguer l’auteur de l’œuvre d’autres auteurs en faisant ressortir ainsi sa
personnalité.

Une œuvre originale permet d’individualiser son auteur et se distingue des œuvres littéraires ou
artistiques antérieures dans son expression (la forme) et dans ces éléments caractéristiques (la
structure).

Il convient de distinguer deux types d’originalités.

D’une part l’originalité absolue qui renvoie à l’œuvre originale : C’est une œuvre qui dans ses
éléments caractéristiques et dans sa forme ou dans sa forme seulement permet d’individualiser son
auteur.
L’œuvre originale selon la loi est l’œuvre qui constitue une création intellectuelle propre à son
auteur. (Art1)

D’autre part nous avons l’originalité relative qui concerne l’œuvre composite ou dérivée. C’est une
œuvre nouvelle qui incorpore une œuvre préexistante et qui est réalisée sans la collaboration de
l’auteur de cette dernière.

Cette œuvre requiert l’autorisation de l’auteur de l’œuvre préexistante.

B- La création

L'œuvre est réputée créée, indépendamment de Ia qualité de !'auteur, de toute divulgation et de


toute fixation matérielle, du seul fait de Ia réalisation, même inachevée, de Ia conception de !'auteur.
Autrement dit la création se rapporte à la conception et à la réalisation personnelle de la conception
que celle-ci soit achevée ou non assistée ou non divulguée ou non. La création suppose donc la
réunion de deux éléments, la conception qu’est l’élaboration de l’idée et la réalisation de la
conception qui consiste à concrétiser, transformer l’idée en une forme.

La création est un fait juridique, elle peut donc être prouvée par tous moyens.

Paragraphe 2 : Les conditions indifférentes (négatives)

Il s’agit des conditions que la loi interdit de prendre en compte pour la protection de l’œuvre, il s’agit
de :

 La valeur : Sur cette condition peu importe que l’œuvre ait une beauté particulière, une
valeur économique ou une valeur utilitaire
 Le genre : Peu importe l’espèce d’œuvre littéraire ou artistique qu’il s’agisse d’une œuvre
audiovisuelle, musicale, littéraire etc. (Art 5 al 2)
 La destination : Peu importe l’usage auquel l’œuvre littéraire ou artistique a été affectée
 La forme ou le mode d’expression : peu importe que l’œuvre soit écrite, orale, visuelle,
sonore, numérique, analogique, olfactive ou gestuelle.
 Le respect de formalité : En principe l’œuvre est protégée dès sa création, mais il arrive que
la loi impose, que l’œuvre soit fixée sur un support pour être protégée.
En droit ivoirien la protection par le droit d'auteur est acquise dès Ia création de l'œuvre,
même si celle-ci n'est pas fixée sur un support matériel. (Art 11 al3)

Section 4 : Le contenu du droit d’auteur

L'auteur de toute œuvre originale jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de
propriété incorporelle, exclusif et opposable à tous. (Art 11 al1).

En vertu du principe de l’exclusivité le droit d’auteur confère deux types de prérogatives :

D’une part les droits patrimoniaux et d’autre part les droits moraux.

Paragraphe 1 : Les droits patrimoniaux

Le droit patrimonial est le droit exclusif pour l’auteur d’autoriser l’exploitation de son œuvre et d’en
tirer un profit pécuniaire.

Les droits patrimoniaux sont notamment : -

 Le droit de reproduction
 Le droit de location
 De prêt et de distribution ;
 Le droit de représentation ;
 Le droit de suite.

A- Le droit de reproduction

C’est le droit pour l’auteur de l’œuvre de fabriquer lui-même des exemplaires de son œuvre,
d’autoriser ou d’interdire une telle fabrication, en effet la reproduction renvoie à la fixation
matérielle de tout ou partie d’une œuvre littéraire ou artistique par tous moyens qui permettent de
la communiquer au public d’une manière indirecte, c’est la fabrication d’un ou de plusieurs
exemplaires (copie d’une œuvre littéraire ou artistique)

B- Le droit de location de prêt et de distribution

Le droit de distribution permet à l’auteur de mettre un ou plusieurs exemplaires de son œuvre à la


disposition du public à titre onéreux. Le droit d’autoriser ou d’interdire une telle diffusion.

La distribution se présente comme la mise à la disposition du publique, la mise en circulation d’un ou


de plusieurs exemplaires d’une œuvre littéraire ou artistique par la vente, la location, le
téléchargement, le prêt, moyennant rémunération.

C- Le droit de représentation

Ce droit consiste pour le titulaire du droit d’auteur de communiquer lui-même l’œuvre au public par
des procédés tels la transmission par fil ou sans fil, la radio diffusion, le satellite, le câble ou le réseau
de communication électronique.
C’est aussi le droit d’autoriser ou d’interdire une telle communication. Par la représentation, l’auteur
communique directement l’œuvre au public, que ce public soit réel ou virtuel.

D- Le droit de suite

Ce droit concerne les autreurs d’’œuvre graphiques ou plastiques, ainsi que les auteurs de manuscrit.

Sont exclus de ce droit les auteurs d’œuvres architecturales, et les auteurs d’œuvre des arts
appliqués.

Le droit de suite, est un droit inaliénable, mais qui est transmissible à cause de mort aux ayants droit.

En effet, ce droit naît après la première cession, opérée par l’auteur ou par ses ayants droits et donne
le droit de participer au produit de toute vente d’une œuvre faite aux enchères publiques ou par un
professionnel du marché de l'art intervenant, en tant que vendeur, acheteur ou intermédiaire.
(Art20).

Le droit de suite ne s'applique pas lorsque le vendeur a acquis l'œuvre directement de !'auteur moins
de trois ans avant cette vente et que le prix de vente ne dépasse pas un montant qui sera précise par
décret. (Art 20 al3)

Par conséquent sont assujettis au droit de suite les commissaire priseurs ou les professionnels de
l’art qui interviennent en tant que vendeurs, acheteurs, ou intermédiaires et bénéficie du droit de
suite l’auteur ses héritiers ou ses légataires.

Paragraphe 2 : Les droits moraux

Les découvertes concernent le fait de trouver ou de découvrir un phénomène préexistant.

a-Les théories scientifiques représentent le fruit d’un travail intellectuel de caractère abstrait, elles
n’aboutissent à aucun produit en tant que tel.

b-Quant aux méthodes mathématiques, elles sont abstraites et ne sont pas applicables à l’industrie
en elles-mêmes.

c-Les variétés végétales sont régies par l’annexe 10 qui concerne la protection des obtentions
végétales. Il est impossible de breveter une race animale. Le procédé essentiellement biologique
d’obtention des végétaux ou animaux est une espèce dont le résultat émane de la nature et non de
l’être humain.

d-Il s’agit par exemple des méthodes de comptabilités, des études de faisabilité, des méthodes
faisant intervenir des idées économiques et des pratiques commerciale
e-Les méthodes thérapeutiques sont des moyens de parvenir à la guérison d’un malade. Ces
méthodes sont exclues de la brevetabilité car elles ne peuvent s’appliquer à tous les malades.
Chaque malade est un cas d’école, en outre les méthodes thérapeutiques ne sont pas susceptibles
d’application industrielles

f-Une présentation d’information définie uniquement par l’information qu’elle contient n’est pas
brevetable. Il en est de même de la manière de présenter l’information. En effet l’information et sa
présentation ne sont pas en tant que tel des éléments techniques

Si exceptionnellement la présentation d’information révèle des caractéristiques techniques


nouvelles, le support, le procédé ou le dispositif de présentation de peut comporter des éléments
brevetables

g-Le programme d’ordinateur est exclu de la brevetabilité s’il est revendiqué en tant que tel, car c’est
une suite d’instructions donnés à une machine en vue d’obtenir un certain résultat. Cependant dans
l’arrêt Sclumberger CA paris 15 juin\06\81 un procédé à caractère industriel qui permet de faciliter la
prospection pétrolière et qui comporte des étapes concrètes de mesures pouvant être
matériellement exécutées, avec un effet technique et industriellement utilisable par un programme
d’ordinateur a été jugé brevetable.

h-Ces créations sont protégés par l’annexe 4 de l’accord de Bangui sur les dessins et modèles
industriels

i-Ces œuvres sont protégés par la loi relative aux droits d’auteurs ou à l’annexe de l’accord de Bangui
y relatif

Chapitre 2 : L’obtention du droit de brevet

Section 1 : La demande de brevet

Paragraphe 1 : La composition de la demande de brevet

(Art 14 de l’annexe 1 de l’accord de Bangui)

La demande de brevet contient des éléments purement administratifs et des éléments purement
techniques

A- Les éléments purement administratifs

1- La requête

Elle doit préciser :

 Le titre de propriété qui est demandé (le brevet)


 Le titre de l’invention : ce titre doit avoir un caractère technique et doit être en relation avec
l’objet de l’invention
 La désignation de l’inventeur, le nom du demandeur et le mandataire qui en est constitué
 La revendication de droit de priorité
 L’exposition dans un salon officiel : cette exposition ne détruit pas la nouveauté dans un délai
de 12 mois à compter de l’exposition

2- Le justificatif du paiement des taxes

La taxe de dépôt et la taxe de publication doivent être payées. Sans justificatifs de paiement la
demande est irrecevable

B- Les éléments techniques

1- La description de l’invention

C’est un exposé de l’invention (les indications techniques), La description doit donner les
informations suivantes :

 Le domaine technique particulier de l’invention


 L’art antérieur c’est-à-dire ce qui a été fait dans le passé, et les lacunes ou les insuffisances
de ce passé (de l’état de la technique)
 Ce que l’inventeur apporte comme réponse ou solution au problème qui se pose c’est-à-dire
les solutions aux insuffisances de l’art antérieur

2- Les dessins

Ils représentent schématiquement l’invention, leur présentation est facultative, même s’ils servent à
illustrer la description et à interpréter les revendications

3- La revendication

Elle est une formule qui décrit de manière précise l’invention. Elle définit l’étendue de la protection
recherchée, et ne doit pas outre passer le contenu de la description.

Ce sont les revendications qui définissent l’invention. Elles fondent le droit de l’inventeur. Il est donc
impossible de revendiquer ce qu’on a pas décrit, de ce fait d’une part tous ce qui n’est pas
revendiqué est exclue de la protection et d’autre part tout ce qui va au-delà de la revendication
n’entre pas dans la protection conférée.

4- L’abrégé descriptif

Il résume les caractéristiques de l’invention c’est-à-dire ce qui est exposé dans la description, la ou
les revendications, ainsi que tout dessin à l’appui de l’abrégé descriptif

5- La revendication de priorité

Cette revendication permet de se prévaloir de la priorité d’un dépôt antérieur (art 16)
Paragraphe 2 : Les modalités de dépôt de la demande

A- La date du dépôt

C’est la date de la réception de la demande qui doit contenir : (art 18)

 Une indication expresse ou implicite selon laquelle la délivrance d’un brevet est demandée
 Des indications permettant d’établir l’identité du déposant
 Une partie qui à première vue semble constituer une description d’une invention et une ou
plusieurs revendication
 Un justificatif du paiement des taxes requises

S’il s’agit d’une demande internationale la date de dépôt est plutôt celle attribuée par l’office
récepteur

B- Le lieu de dépôt

Le déposant peut choisir librement de lieu de dépôt, il peut faire un dépôt direct au niveau de l’OAPI
ou faire un dépôt indirect en passant par la structure nationale de liaison (SNL) qui est l’OIPI en côte
d’ivoire.

La SNL se contente de transmettre le dossier à l’OAPI dans un délai de 5 jours et ne l’examine pas.

Pour les dépôts qui proviennent de personne hors du territoire OAPI il faut obligatoirement passer
par un mandataire de l’OAPI.

Paragraphe 3 : L’examen administratif des conditions d’obtention du brevet

Seul l’OAPI (dans l’espace OAPI) procède à l’examen d’une demande de brevet. Suite à l’examen
administratif, soit l’OAPI délivre le brevet car l’invention répond aux conditions de brevetabilité, soit
l’OAPI rejette la demande parce qu’au moins une condition de brevetabilité n’est pas remplie ou
encore parce que la création fait partie des objets non brevetable au titre de l’article 6 de l’annexe 1.

Section 2 : L’attribution du droit de brevet

Paragraphe 1 : Le droit de possession personnel antérieur

En principe le droit sur le brevet appartient au premier déposant. C’est le principe d’attribution du
brevet au premier déposant, Cependant il arrive que quelqu’un d’autre que l’inventeur utilise le
brevet (en bénéficie).
En effet, si à la date du dépôt une personne de bonne foi utilisait l’invention ou faisait des préparatifs
effectifs et sérieux pour l’utiliser dans la mesure ou les actes ne diffèrent pas dans leur nature ou leur
finalité de l’utilisation antérieure effective ou envisagé, Le droit de cet utilisateur pourra être
transféré à l’entreprise dans laquelle ont eu lieu l’utilisation ou les préparatifs pour l’utilisation

Par ailleurs, il existe l’hypothèse où l’on se trouve en présence de plusieurs titulaires de brevet. En
effet 2 ou plusieurs personnes peuvent réaliser en commun une invention et déposer ensemble une
demande de brevet. Dans ce cas, selon les règles de copropriété du brevet prévues en l’article 10 de
l’annexe 1, si plusieurs personnes ont fait une invention en commun, le droit au brevet leur
appartient en commun.

Paragraphe 2 : Les inventions des salariés

Il s’agit de savoir à qui appartient l’invention réalisé par le salarié travaillant pour une entreprise.
Cette question concerne tous salariés, qu’ils s’agissent d’une entreprise privé ou d’une entreprise
publique (art 11 annexe 1).

En principe, pour une invention faite en exécution d’un contrat de travail, le droit au brevet
appartient à l’employeur.

Il en est de même lorsque le salarié n’est pas tenu par son contrat de travail d’exercer une activité
inventive, mais a fait l’invention en utilisant des données ou des moyens que son emploi a mis à sa
disposition Toute fois si l’employeur renonce expressément au droit au brevet, ou s’il existe des
dispositions légales ou des stipulations contractuelles contraires, le droit au brevet appartient à
l’inventeur salarié.

Cela emmène à distinguer 3 types d’inventions de salarié :

 L’invention de mission : qui est une invention réalisée par le salarié dans l’exécution soit
d’un contrat de travail comportant une mission inventive permanente qui correspond aux
fonctions effectives du salarié, soit d’études ou de recherches qui lui sont confiées
explicitement, soit d’une mission inventive occasionnelle. Cette invention appartient à
l’employeur car ici le salarié est payé pour inventer. D’après l’accord de Bangui le salarié
n’aura droit à une rémunération spéciale que si l’importance de l’invention a un caractère
très exceptionnel.
 L’invention hors mission attribuable cette invention n’est pas une invention de mission, mais
elle présente un lien avec l’entreprise parce que d’une part elle entre dans son domaine
d’activité et d’autre part elle a été réalisée par le salarié dans l’exécution de ses fonctions ou
grâce au moyens techniques et aux connaissances mis à sa disposition par l’entreprise. Cette
invention appartient en principe au salarié mais toutefois elle peut appartenir à l’employeur
s’il prouve que l’inventeur salarié a utilisé ses moyens techniques et ses connaissances pour
inventer. Dans cette hypothèse le salarié a droit à une rémunération qui correspond à
l’importance de l’invention breveté. En cas de mésentente avec l’employeur c’est le juge qui
fixe la rémunération.
 L’invention hors mission non attribuable qui est une invention réalisée en dehors de toute
mission confiées par l’employeur et qui ne présente aucun lien avec l’entreprise. En
l’absence de solution trouvé dans l’accord de Bangui la jurisprudence française considère
que cette invention doit être attribuée au salarié. L’employeur n’a pas à rémunérer une telle
invention puisqu’elle n’a rien à voir avec l’entreprise. L’inventeur salarié peut utiliser
librement cette invention et en retirer librement les bénéfices.

Paragraphe 3 : Le contentieux relatif à l’attribution du brevet : La revendication du droit de brevet

Le droit de brevet est revendiqué lorsqu’une personne effectue le dépôt de la demande alors qu’elle
n’en avait pas le droit. Autrement dit un tiers déposé la demande de brevet à la place de l’inventeur.
Ce dernier peut revendiquer la propriété du brevet injustement déposé par le tiers.
Paragraphe 2 : Les fonctions de la marque

A- La réservation du signe

Le 1er rôle de la marque est de réserver l’utilisation du signe à son titulaire pour identifier dans le
commerce les produits ou les services couverts.

B- La garantie d’identité d’origine et de qualité économique

Cette garantie signifie que la marque atteste ou établie que les produits ou services qu’elles couvrent
proviennent d’une même entreprise ou d’entreprise économiquement liées

C- L’instrument de publicité

La marque a une fonction de communication ou de publicité, les campagnes publicitaire relatives aux
produits d’une entreprise se forment à partir de la marque. Elles véhiculent l’image de la marque et
la garantie de la qualité dans l’esprit du consommateur. De ce fait le marque assure la promotion de
l’entreprise et favorise sa réputation.

Paragraphe 3 : Les caractères de la marque

A- Le caractère relatif

Le droit des marques ne protège le signe que parce qu’il désigne des produits ou des services et non
en tant que tel. Autrement dit un signe qui a été déjà enregistré comme marque, n’est indisponible
pour un dépôt ou un usage ultérieur que si le tiers à l’intention d’utilisé le même signe ou un signe
similaire pour désigner des produits ou services identiques ou similaire à ceux visés dans
l’enregistrement de la marque 1ere.

B- Le caractère facultatif

La marque est en principe facultative, et donc le commerçant n’est pas obligé de vendre ses produits
sous une marque.

De même, une entreprise peut commercialiser le même produit sous des marques différentes
éventuellement à des prix différents ou dans des circuits de distribution différent pour des clientèles
différentes.

C- Le caractère territorial

L’enregistrement de la marque ne produit d’effets au profit de son titulaire que sur le territoire pour
lequel il a été accordé par l’autorité compétent. Par conséquent une marque enregistré par l’OAPI ne
produit ses effets que sur le territoire des Etats membres de l’OAPI. Et aussi une marque enregistrée
en dehors de l’OAPI ne produit d’effet dans cet espace que si elle est enregistrée par l’OAPI.

Initialement le titulaire qui voulait bénéficier d’une protection territoriale plus étendue devait
déposer une demande d’enregistrement dans chacun des pays où il voulait être protégé. Il en est
autrement aujourd’hui puisque l’OAPI a adhéré au système de Madrid.
Le système permet au titulaire après avoir déposé une demande unique et payer une seule série au
titulaire après avoir déposé une demande unique et payer une seule série de taxe de demander une
protection dans un maximum de 115 pays. Le titulaire peut également modifier, renouveler ou
étoffer son portefeuille de marque internationale via un seul système centralisé. Le système de
Madrid offre donc une solution pratique et économique pour l’enregistrement et la gestion des
marques dans le monde entier.

D- Le caractère indépendant

Le droit des marques est indépendant de tout autre élément. Il en résulte que :

 La marque est indépendante de la nature ou de la licéité du produit ou du service qu’elle


couvre. Ainsi, une marque ne peut être annulée pour le seul fait qu’elle désigne des produits
interdits à la vente. Et en même temps une marque peut être nulle alors que les couverts son
licites.
 La marque est indépendante de son titulaire ce qui signifie que la validité de la marque ne
dépend pas de la qualité ou de l’aptitude du titulaire à vendre les produits marqués
 La marque est indépendante de l’entreprise ou du fonds de commerce dont elle fait pourtant
partie. La marque peut être donc cédée sans le fonds de commerce à l’exclusion de la
marque collective qui n’est cédée qu’en cas de fusion
 La marque est indépendante de l’usage qui en fait puisque le droit des marques nait par le
dépôt et non par l’usage. Ainsi même sans exploitation de la marque, le titulaire conserve
son droit.

Section 2 : La naissance du droit sur la marque

Paragraphe 1 : Les conditions de fonds

La marque n’est valable que si le signe choisis à certains caractères.

A- Les signes qui peuvent constituer une marque

 Le signe verbal ou nominal correspond à la marque nominal ou verbal


 Les signes figuratifs correspondent à la marque figurative
 Les signes complexes
 Les signes visibles : Dans l’espace OAPI les signes qui peuvent constituer une marque pour
désigner un produit ou un service doivent être visibles. Sont donc exclues de toute
protection en tant que marque les signes olfactifs et les signes sonores (Ces signes ne sont
pas perceptibles par la vue.)

B- Les signes pouvant constituer une marque valable

 Le signe doit être distinctif : Il doit permettre de distinguer les produits ou services d’une
entreprise de ceux d’autres entreprises. Sont donc exclues les signes génériques ou signes
nécessaires qui constituent la désignation ordinaire ou habituel d’un produit. Cependant les
signes évocateurs. Sont également exclues les signes descriptifs qui se contentent de décrire
une caractéristique du produit telle que la composition, l’espèce, la qualité, la quantité etc.
 Les signes doivent être disponibles