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SÉQUENCE 2.

CALCUL LITTÉRAL

CHAPITRE 1

Identités remarquables

Apprendre

Introduction

Qu’est-ce que l’algèbre ?


L’algèbre est une branche des mathématiques, son objet d’étude, depuis l’Antiquité, fut les règles des
opérations sur les nombres et la résolution d’équation. Le mot arabe « al jabr » fut introduit vers 830
lors de la résolution d’équations de degré 2. Aujourd’hui, elle étudie les opérations sur divers objets
mathématiques, autres que des nombres.
René Descartes, mathématicien et philosophe français du XVIIe siècle révolutionne l’algèbre avec la
parution de son traité de géométrie en 1637, appendice à son Discours sur la méthode. On voit apparaître
le symbolisme moderne, avec la notation par les premières lettres de l’alphabet a, b, c, … de grandeurs
géométriques et par les dernières lettres x, y, z les inconnues d’une équation. On a alors une véritable
conversion des problèmes géométriques en problèmes algébriques et réciproquement.

Évolution des notations d’une équation


Aujourd'hui 4x2 + 3x - 10 = 0

Réne Descartes Vers 1640 4xx + 3x∞ 10

François Viète Vers 1600 4 in A quad + 3 in A aequatur 10

Simon Stevin Fin XVIe 4 2 + 3 1 egales 10 0

Tartaglia Début XVIe 4q p 3R equale 10N

Nicolas Chuquet Fin XVe 42 p 31 egault 100

Fin XVe Quattro qdrat che gioto agli tre n0 facia 10


Luca Pacioli (traduit par 4 carrés joints à 3 nombres font
10)
IIIe ΔΥδ ζγ εστι ι
Diophante (traduit par inconnue carré 4 et inconnue 3
est 10)
Babyloniens et Egyptiens IIe millénaire avant J.C. Problèmes se ramenant à ce genre d'équation

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En algèbre, les deux opérations fondamentales sur les nombres sont l’addition et la multiplication.

Nous allons utiliser les règles sur ces opérations pour transformer des expressions algébriques : les
développer ou les factoriser, les réduire. Nous introduirons de nouvelles identités qui nous permettrons
de développer ou factoriser certaines expressions algébriques.
somme
termes
zéro(0)
Addition opposé
différence
poduit double
facteurs Vocabulaire des óperations

un(1)
inverse Multiplication

quotient
carré

A. Transformations algébriques
Pour commencer, revenons sur la notion d’égalité en mathématiques.

Définition 1. Egalité

Une égalité est une phrase mathématique, constituée de deux membres séparés par le signe =.
… = …
Premier membre Second membre

Une égalité qui ne comporte pas d’expression avec des lettres est
• soit vraie, exemple : 5 × (6 + 4) = 2
× 25 ;
• soit fausse, exemple : 57 − 19 = 28.
Une égalité qui comporte des expressions avec des lettres peut être

• soit toujours vraie, exemples : a2 − b 2 = (a − b)(a + b) ou 0x = 0 ;

• soit toujours fausse, exemples : x 2 + 5 = 0 ou x = x + 1 ;


• soit parfois vraie, parfois fausse, exemple x + 2 = 5 est vraie si x = 3 et fausse si x = 0.
Lorsqu’une égalité avec des lettres est toujours vraie, on dit qu’il s’agit d’une identité.

Définition 2. Identité

On appelle identité, une égalité qui est vraie pour toutes les valeurs attribuées aux différentes variables présentes
dans l’égalité.

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Propriété 1. Distributivité 

( )
Pour tous nombres a, b et k, on a k a + b = ka + kb et k a − b = ka − kb. ( )

Remarques
• Ces égalités mathématiques sont vraies pour tous les nombres k, a et b. C’est une identité.
• Ces deux identités peuvent être lues dans les deux sens (comme toutes les identités).
( )
Dans le sens : k a + b = ka + kb, on parle de distributivité.
( )
Dans le sens : ka + kb = k a + b , on parle de factorisation. La lettre k est le facteur commun des deux
termes ka et kb.
Elles permettent de développer ou de factoriser une expression

Développer

( )
k a + b = ka + kb
k (a − b ) = ka − kb

Factoriser

• On sait que soustraire un nombre, c’est ajouter son opposé. De ce point de vue, la deuxième s’obtient à
partir de la première (et réciproquement).
( ) ( )
En effet : k a − b = k a + ( −b) = ka + k × (−b) = ka − kb.

Question 1.
() (
Factoriser les expressions suivantes A x = x x − 2 + 2x 3x − 1 et ) ( )
() ( )( ) (
B x = 1− x x + 2 − 1− x 3 − x . )( )
Solution
() ( ) ( )
Dans l’expression A x = x x − 2 + 2x 3x − 1 , on observe que x est un facteur commun des deux

termes  x (x − 2) et 2x (3x − 1) , on a donc :

x (x − 2) + 2x (3x − 1) = x ((x − 2) + 2 (3x − 1))


= x ( x − 2 + 6x − 2)
= x (7x − 4)
Ici, nous avons développé.

Remarque
( )( )
La variable x joue le rôle de k dans la formule ka + kb = k a + b , x − 2 joue le rôle de a et 2 3x − 1 , ( )
celui de b.

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() ( )( ) (
De la même façon, nous observons dans l’expression B x = 1 − x x + 2 − 1 − x 3 − x , 1 − x est un
facteur commun des deux termes :
)( )( )
(1 − x )(x + 2) − (1 − x )(3 − x ) = (1 − x )((x + 2) − (3 − x ))
( )
Attention au signe qui se trouve devant la parenthèse : − 3 − x = −3 + x , et non −3 − x  !
On obtient donc :

(1 − x )(x + 2) − (1 − x )(3 − x ) = (1 − x )((x + 2) − (3 − x ))


= (1 − x )(x + 2 − 3 + x )
= (1 − x )(2x − 1)

Propriété 2. Double distributivité

Soit a, b, c et d quatre nombres réels quelconques, alors on a


(a + b )(c + d ) = ac + ad + bc + bd.

Remarque
Pour bien comprendre la formule et bien l’utiliser, il faut suivre le rôle de chaque lettre.
• Cette égalité mathématique est vraie pour tous les nombres a, b, c et d. C’est une identité.
• Elle permet de développer une expression, elle est plus difficile à utiliser dans l’autre sens pour
factoriser…
Développer

(a + b )(c + d ) = ac + ad + bc + bd.
Factoriser

Question 2.
() (
Développer et réduire l’expression suivante C x = x + 3 3x − 1 − 2x 2 . )( )
Solution.
On utilise la double distributivité
C x () = (x + 3)(3x − 1) − 2x 2

= x × 3x + x × ( −1) + 3 × 3x + 3 × ( −1) − 2x 2

= 3x 2 − x + 9x − 3 − 2x 2
= x 2 + 8x − 3

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B. Identités remarquables

Propriété 3. Identités remarquables

Pour tous nombres a et b, on a les identités suivantes appelées identités remarquables.

( ) = a + 2ab + b ,
2
• a + b 2 2

• (a − b ) = a − 2ab + b ,
2
2 2

• (a − b ) (a + b ) = a − b . 2 2

Remarque.
• Les membres de gauche sont des produits et ceux de droite sont des expressions développées.
• Selon l’objectif : développer ou factoriser, nous utiliserons l’égalité dans un sens ou dans l’autre.

Question 3.
() ( ) () ( ) () ( )( )
2 2
Développer les expressions suivantes : A x = 2x − 1 , B x = 3x + 2 et C x = 5x − 1 5x + 1 .

Solution

() ( )
2
1. Pour A x = 2x − 1 ,

( )
2
• on remarque que l’expression est sous la forme a − b avec  a = 2x et b = 1,

( )
2
• on applique la formule a − b = a2 − 2ab + b2 ,
• on obtient

(2x − 1) (2x )
2 2
= − 2 × 2x × 1 + 12 .
= 4x 2 − 4x + 1

( )
2
Ne pas oublier les parenthèses : 2x et non 2x 2 , soit 4x 2 et non 2x 2 , erreur fréquente !

() ( )
2
2. Pour B x = 3x + 2 ,

( )
2
• on remarque que l’expression est sous la forme a + b avec  a = 3x et b = 2.

( )
2
• on applique la formule a + b = a2 + 2ab + b2 ,
• on obtient

( 3x + 2) ( 3x )
2 2
= + 2 × 3x × 2 + 22 .
= 9x 2 + 12x + 4

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() (
3. Pour C x = 5x − 1 5x + 1 , )( )
(
• on remarque que l’expression est sous la forme a − b a + b avec a = 5x et b = 1, )( )
(
• on applique la formule  a − b a + b = a2 − b2 , )( )
• on obtient

(5x − 1)(5x + 1) (5x )


2
= − 12 .
= 25x 2 − 1

Mais nous pouvons être amenés à utiliser les identités remarquables dans l’autre sens, celui de la
factorisation.
Question 4.
() ()
Factoriser les expressions suivantes A x = 4x 2 − 9, B x = 25x 2 − 20x + 4 et C x = 4x 2 + 4x + 1. ()
Solution

() ( )
2
1. Pour A x = 4x 2 − 9, on reconnaît a2 − b2 . En effet, 4x 2 − 9 = 2x − 32 donc a = 2x et b = 3. On a
alors

()
A x = 4x 2 − 9

(2x ) − 3
2
= 2

= (2x − 3)(2x + 3)
( )
2
Attention, à ne pas confondre 4x 2 et 4x .

()
2. Pour B x = 25x 2 − 20x + 4, on pense à l’expression a2 − 2ab + b2 , est-ce vraiment le cas ?

( )
2
Vérifions : comme 25x 2 = 5x et 4 = 22 , a serait égal à 5x et b à 2. Mais n’oublions pas ce que l’on
appelle le double produit, c’est à dire 2ab qui doit être égal à 20x. Avec a = 5x et b = 2, c’est bien

( )
2
le cas. On peut appliquer la formule a2 − 2ab + b2 = a − b , on obtient

(5x ) − 2 × 5x × 2 + 2
2
25x 2 − 20x + 4 = 2
.
(5x − 2)
2
=

()
3. Pour C x = 4x 2 + 4x + 1, on pense à l’expression a2 + 2ab + b2 , on prend a = 2x et b = 1,

on vérifie que le double produit est bien 4x : 2 × 2x × 1 = 4x. On peut appliquer la formule

( )
2
a2 + 2ab + b2 = a + b , on obtient

(2x ) − 2 × 2x × 1 + 1
2
4x 2 + 4x + 1 = 2
.
(2x + 1)
2
=

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Remarque
Nous ne pouvons utiliser directement une des identités remarquables pour factoriser 4x 2 + 15x + 1.  Par
identification avec l’expression a2 + 2ab + b2 , on prendrait a = 2x et b = 1 mais le double produit ne
correspond pas : 2ab = 4x et non 15x. Vous apprendrez plus tard à factoriser ce type d’expression…
Preuve de la propriété 3
On utilise la double distributivité :

(a + b ) (a + b )(a + b )
2
=
= a ×a +a ×b +b ×a +b ×b
= a2 + a × b + a × b + b2 car b × a = a × b
= a2 + 2ab + b2
Ce qui nous donne la première identité remarquable.
Pour obtenir la deuxième, on remplace b par −b dans la première puisqu’elle est vraie pour n’importe
quel nombre a et b.

(a + (−b)) ( ) ( )
2 2
= a2 + 2 × a × −b + −b
= a2 − 2ab + b2

Pour la troisième identité, on utilise à nouveau la double distributivité :

(a − b )(a + b ) = a ×a +a ×b −b ×a −b ×b
= a2 + a × b − a × b − b2 car b × a = a × b
= a2 − b 2

Interprétation géométrique des identités remarquables

( )
2
→→ Interprétation géométrique de a + b = a2 + 2ab + b2
On suppose que les nombres a et b sont positifs, on peut alors les interpréter comme des longueurs.
On considère le carré de côté a + b, on peut le découper en 4 parties :
• un carré de côté a,
• deux rectangles de côtés a et b,
• un carré de côté b.
( )
2
L’aire du grand carré de côté a + b, est a + b . Elle est égale à la somme des aires des 4 parties, soit
a2 + 2ab + b2 .

( )
2
Cette interprétation de la première égalité  a + b = a2 + 2ab + b2 , est à connaître.

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( )
2
→→ Interprétation géométrique de a − b = a2 − 2ab + b2
On suppose que les nombres a et b sont positifs, on peut alors les interpréter comme des longueurs.
On suppose de plus que a > b (sinon, on échange les rôles de a et b).
( )
2
On considère le carré de côté a − b, l’aire de ce carré est égale à a − b .
Considérons le grand carré de côté a, et les deux rectangles de côté a et b. L’intersection de ces deux
rectangles est le carré de côté b.
Pour obtenir le carré de côté a − b, on peut enlever les deux rectangles au grand carré de côté a, mais
alors on enlève deux fois le carré de côté b, il faut donc le rajouter.
( )
2
Ce qui nous donne pour les aires : a2 − 2ab + b2 = a − b .

( )( )
→→ Interprétation géométrique de a − b a + b = a2 − b2 .
On suppose que les nombres a et b sont positifs, on peut alors les interpréter comme des longueurs.
On suppose à nouveau que a > b (sinon, on échange les rôles de a et b).
(
Le rectangle de côté a + b et a − b, a pour aire a + b a − b . )( )
Cette aire est égale à celle du carré de côté a moins celle du carré de côté b, soit a2 − b2 .
( )( )
On a bien a + b a − b = a2 − b2 .

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