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33e PRIX DU JEUNE ECRIVAIN DE LANGUE FRANCAISE

Numéro du texte : 175F Numéro du comité : 16        


Responsable (prénom + initiale du nom) : CAROLINE D

Titre : Conscience et inconscience Co-lecteur(s) (prénom(s) ou classe) : VALERIE

Un jeune narrateur arrive dans un hôpital psychiatrique où est interné son cousin Michée, âgé de 24 ans. Ce début in
medias res nous plonge dans cet univers étrange et mystérieux de la folie. Au fil de la narration, nous découvrons le
quotidien des malades et de leur famille. L’emploi du présent d’énonciation, le point de vue interne, l’utilisation de la
première personne, les adresses au lecteur : voilà autant de procédés qui rendent votre histoire vivante et captivante.
Dès lors, loin de nous faire peur, la détresse des malades et de leurs proches nous touche particulièrement.

Votre histoire est aussi une réflexion sur notre société. Dans cette comparaison : « la souffrance, la misère des
autres glissent sur nous comme glisse l’eau de pluie sur les vitres d’une fenêtre », vous avez su parfaitement résumer
l’indifférence dont chacun peut faire preuve à l’égard de l’autre. . Par des formules percutantes, vous dénoncez
également le mépris et la cruauté : « leur vie n’est qu’ordure », « les normaux, moi y compris, impitoyablement,
passons et repassons » ; « nous les avons enterrés vivants ». Vous attirez également l’attention sur notre peur de la
différence. Mais en mettant en avant des qualités humaines telles que l’amour, la solidarité, la générosité, votre
histoire reste résolument optimiste :

« où que j’aille, je vois la folie d’un fils, d’une sœur,…Mais elle est toujours adoucie par la sympathie d’un père,
d’une sœur…

Cette présence, cette sympathie, c’est comme du thé chaud servi pendant qu’il fait froid.

C’est un sourire chaleureux apporté à un visage malheureux.

C’est une pluie qui tombe après une période sèche (…) ». Lyrisme, émotion, anaphore, tournures emphatiques,
comparaisons, jeu sur les sonorités : voilà un véritable morceau de poésie qui ne peut laisser un lecteur insensible.

Finalement, en lisant votre histoire, nous posons un autre regard sur l’univers psychiatrique. Certes, la folie
reste un domaine qui n’obéit à aucune logique, « un monde extravagant », « un monde d’hallucination ». Mais il est
toutefois possible de tisser des liens avec les malades et leur apporter du réconfort, même si la communication semble
parfois difficile.

Vous avez une bonne maîtrise de la langue, le sens de la formule. Les figures de style nombreuses, les phrases
percutantes : « Jetez un malade curable dans la rue, vous ramasserez un malade incurable », le jeu sur les sonorités,
tout cela contribue à donner plus de force à votre message. Nous avons retenu quelques erreurs d’orthographe : « nous
ne nous sommes vraiment souciés », « plus tard dans la soirée »,  « j’aimerais tant redonner chair ». Nous vous
conseillons également de développer le portrait des personnages, la description des lieux afin d’enrichir votre
expression et donner plus de réalisme à votre texte. Et surtout, continuez à écrire, vous avez bien compris que la
littérature est un moyen efficace de dénoncer les travers de la société, elle nous fait réfléchir et nous aide à progresser.

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