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REPUBLIQUE DU NIGER

C E T/ASNI DE NIAMEY
Département Génie Civil

ILLA ADAMOU
Ingenieur General de B.T.P

SOMMAIRE :
Introduction

Chapitre 1 : Caractéristiques des Constructions en Acier…………………………….7

Chapitre 2 : Caractéristiques des Aciers de charpente métallique………………...…9

Chapitre 3 : Efforts pris en compte dans les calculs des charpentes

métalliques-justification de la sécurité…................................................................11

Chapitre 4 : Présentation et terminologie d’une ossature métallique………………16

Chapitre 5 : Détermination des effets du vent sur une construction prismatique à base

rectangulaire reposant sur le sol-cas courant des bâtiments……………………….18

Chapitre 6 : Dimensionnement des pièces métalliques en flexion..................…...24

Chapitre 7 : Dimensionnement des pièces métalliques en traction……..………….29

Chapitre 8 : Dimensionnement des pièces métalliques en compression simple……30

Chapitre 9 : Dimensionnement des pièces métalliques en flexion composée…….36

Chapitre 10 : Les fermes……………………………………………….……39

Chapitre 11 : Les assemblages……………………………………………………42

Chapitre 12 : Le calcul des assemblages particuliers---------------------------------

Chapitre 13 : Pathologie des ouvrages métalliques-------------------------

INTRODUCTIO N

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Concevoir et construire sont les phases essentielles et
complémentaires de l’acte de construire assurées par les maitres
d’œuvre, architectes et ingénieurs, et les entreprises. Leurs savoir-
faire, leurs compétences, leurs cultures doivent s’accorder pour
produire une architecture de qualité, qui réponde au mieux aux
pratiques et exigences des usagers et s’insère durablement dans un
environnement donné.
Concevoir et construire se font avec des matériaux et chacun d’entre
eux a ses spécificités tant sur le plan conceptuel que technique,
mécanique et formel. Matériau de structure, mais aussi de plancher,
de façade, de couverture, de cloisonnement, d’aménagement, l’acier
peut être partout présent dans un édifice et ce à des degrés très
divers, en gros œuvre comme en second œuvre, suivant le désir des
concepteurs et des clients. C’est un matériau dont la préparation et
la mise en forme se fait en grande partie en atelier et dont les
éléments sur le chantier prêts à être montés et associés à d’autres
matériaux.
La logique de la construction avec l’acier est une logique
d’assemblage, où l’ossature se fait par points porteurs de type
poteaux-poutres, sur lesquels viennent se greffer les éléments de
planchers, d’enveloppe et de partitions. Là aussi, l’anticipation
des choix techniques permet de tirer parti au mieux des possibilités
architecturales du matériau.
L’acier relève d’un univers bien spécifique avec ses familles de
produits, longs ou plats, ses profilés à froid, ses pièces moulées,
forgées ou mécano soudées, ses poutres, poutrelles et poteaux en
forme de H de I, de U, etc. Suivant le projet, la structure sera plane,
spatiale ou encore suspendue, haubanée… Elle pourra être
mixte, en acier-béton, ou tout acier, souvent associée à des façades
en verre, des panneaux de bois, de béton, de plâtre… Elle peut être
formée d’arcs, de poutres cintrées, de poutres en treillis, de poutres
alvéolaires, de tubes et être associée à des planchers secs ou mixtes.
Les portées peuvent être grandes, sans point d’appui intermédiaire,
etc. L’acier se prête à toutes sortes de mises en œuvre et offre une
gamme importante d’aspects. On peut même dire qu’il existe des
aciers puisque l’acier inoxydable par exemple n’a pas la même
composition que l’acier au carbone, et que ceux-ci se déclinent en de
multiples nuances.

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L’utilisation de l’acier dans la construction remonte à la fin du XIXe
siècle, bien que les métaux ferreux soient connus depuis environ
quarante siècles. Auparavant on employait la fonte qui peut se
mouler facilement mais se révèle cassante et impossible à forger. Il
faut donc l’assembler à l’aide de boulons, de vis ou de clavettes. On
est progressivement passé, à partir des années 1840, de l’usage de la
fonte à celui du fer puddlé, la fonte étant affinée industriellement
pour obtenir du fer pur, plus souple et plus facile à laminer, à percer
et à forger. Le principe des rivets posés à chaud a permis de disposer
d’un mode d’assemblage universel et facile à mettre en œuvre.
C’est une cinquantaine d’années plus tard que l’acier a pu être
produit de façon industrielle et s’imposer ainsi à partir des années
1890 comme le matériau de la construction métallique, avec des
caractéristiques physiques bien supérieures au fer grâce à la
présence de traces bien dosées de carbone et d’autres éléments
chimiques. L’assemblage s’est d’abord fait avec des rivets, puis, à
partir des années 1930, par la soudure ou le boulonnage. La
sidérurgie n’a cessé de perfectionner les qualités de ses aciers. La
masse volumique de l’acier est de 7850 kg/m3. Un mètre cube
d’acier pèse donc près de 8t.

La profession de la construction métallique connait actuellement une


période de transition en matière de règles de conception et de calcul
des structures en acier au Niger. Les règles CM66 et leur additif80,
ainsi que les normes d’assemblages qui les complètent, restent en
vigueur au Niger.
Mais elles continueront à cohabiter avec l’Euro Code en occurrence
EC3 qui sont présentement les règles valables en France en matière de
règles de conception et de calcul des structures en acier.

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Caractéristiques des Constructions en Acier

I – INTRODUCTION
Le vocable « structures métalliques » regroupe trois (3) champs professionnels :
● La chaudronnerie, tuyauterie et tôlerie industrielle ;
● La construction métallique ;
● La construction navale.
Dans la nomenclature interprofessionnelle des métiers, la chaudronnerie est
rattachée à la construction mécanique alors que la construction métallique est
recensée dans les métiers du bâtiment.

La construction métallique est un corps d’état du BTP. Ses activités s’étendent


de l’étude au montage sur chantier en passant par le calcul, le dessin et la
fabrication. Elle construit des ouvrages aussi variées que :
● Des immeubles ;
● Des bâtiments industriels ;
● Des bâtiments agricoles ;
● Des ponts ;
● Des passerelles ;
● Des pylônes ;
● Des silos ;
● Des plates-formes de forage.

II- Avantages (de l’utilisation de l’acier)

● Sa légèreté : l’acier est un matériau de haute caractéristiques mécaniques


et son ratio résistance/poids est très bon ;
● Son homogénéité : l’acier est un matériau homogène aux caractéristiques
physiques et mécaniques parfaitement connue ;
● La rapidité d’édification des ouvrages métalliques : l’acier est un matériau
qui se travaille en usine ;
● Sa flexibilité d’utilisation : les extensions ou renforcement d’ossature sont
faciles à réaliser ;
● Ses performances d’exploitation : les hautes caractéristiques mécaniques
de l’acier conduisent à des structures de grande portée dégageant des faibles
encombrements en plancher (meilleure gestion des espaces).

III- Inconvénients (des structures métalliques)

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● Le prix : l’acier est un matériau de haute technicité et importé, donc
onéreux ;
● La légèreté: le poids propre des structures métalliques étant faible, l’effet
des surcharges d’exploitation et climatiques sera prédominant dans les calculs ;
● L’élasticité de l’acier ;: les bonnes performances de résistance mécanique
de l’acier sont accompagnées de déformations importantes ;
● La corrosion de l’acier : pour éviter l’oxydation, il faut traiter l’acier en
surface ;
● Le mauvais comportement de l’acier au feu : l’acier perd 40% de sa
résistance à la traction à une température de 600°. Les structures métalliques
s’effondrent entre 400 et 500° ;
● La normalisation des éléments métalliques : les ossatures métalliques sont
réalisées avec des gammes discontinues de profilés normalisés (IPE, HEA,
UPN, carrés, cornières etc…). Cette discontinuité provoque souvent une sur
consommation d’acier.

IV- La place de l’acier dans le secteur général de la construction


L’utilisation de l’acier est surtout réservée :
● Aux constructions industrielles nécessitant des toitures de moyenne ou
grande portée (usines, entrepôts, hangars, grands magasins…) ;
● Aux bâtiments de grandes hauteurs ;
● Aux ouvrages de franchissement (ponts).

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Caractéristiques desAciers de CharpenteMétallique

I- Les différentes qualités d’acier


Les aciers utilisés en construction se différencient en particulier par leur
pourcentage (%) de carbone et aussi leur pourcentage (%) en impuretés de
soufre, phosphore, manganèse et silicium. Suivant le pourcentage du carbone on
distingue des aciers de plus en plus durs :
-c<0,12% → acier doux
- c< o, 30% → acier de construction métallique
- o,3 <c<o,5% → acier de construction mécanique
- 0,6 <c< 1,2% → rails, ressorts

Pour les constructions métalliques on utilise :


-L’acier E24 de limite d’élasticité σe = 240 MPa (2400 dan/cm2)
-L’acier E36 de limite d’élasticité σe = 360 MPa (3600 dan/cm2)

La qualité des aciers utilisés dans la construction est définie par :


- propriétés mécaniques ;
- soudabilité qui dépend de la composition chimique de l’acier et de la
technologie de fabrication ;
- résistance à la corrosion.

Nous avons les données suivantes concernant l’acier :


Masse volumique ρ = 7,85 t/m3
Module de Young E= (2 à 2,1) MPA (10 5 )
Coefficient de poisson ν= 0,3
Coefficient (thermique) de dilatation linéique αt = 11.10 -6 0c -1 (m/m 0c)
(m/m/oc)
G = 81 000 MPA
A= 1,1‰

II. Les profilés commerciaux usuels


Les caractéristiques géométriques et mécaniques des profilés usuels sont réunies
sur des tableaux de l’O T U A (Office Technique pour l’Utilisation de l’Acier).
Rappels des caractéristiques des sections :
● I : Inertie par rapport à un axe principal (cm4) ;
● I/v : module de résistance (cm3) ;
● i : rayon de giration (cm) ;
● J : module de torsion.

Les profils les plus courants sont :


2-1- Les profilés en I( IPE, IPEA , IPER, IPN)
Ils sont utilisés en flexion simple

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(IPN : I profils normaux ; IPE=I profils Européens) (Un suffixe A signifiera
allégé, tandis que un suffixe R signifiera renforcé).

2-2- Les profilés en H ( HEA,HEAA,HEB ET HEM)


Ils sont utilisés pour la flexion déviée ou la flexion composée : poteaux.

2-3- Les Profilés U : (UPN et UAP )


Ils sont assez peu utilisés, mais quelquefois assemblés deux à deux pour
améliorer leur réponse à la flexion composée ou à la compression.

2-4- Les cornières (ailes égales ou inégales) :


Elles sont très utilisées en traction et compression dans les fermes treillis ou
triangulées, mais Peu appropriées à la flexion.
● On distingue les sections brutes et les sections nettes ;
● Le module (I/V) tient compte de l’écartement des Cornières dû à la
présence du gousset d’assemblage ;
● Ce gousset d’assemblage doit avoir une épaisseur compatible avec les
Cornières qu’il assemble (petites Cornières faible épaisseur, grosses Cornières
épaisseur forte).

2-5- les plats e >3mm, l<180mm


Ils sont très utilisés pour le travail en traction (contreventement).

2-6- Les ronds et tubes utilisés


Ils sont utilisés pour leur distribution symétrique des efforts (compression), mais
présentent l’inconvénient de nécessiter des assemblages difficiles à exécuter.

2.7- Les tés


Ils sont utilisés plutôt en menuiserie métallique

2.8- Les tôles fines :


Moyennes ou fortes(e=2, 4,5mm), elles sont utilisées pour la réalisation des
assemblages en goussets, semelles et platines et interviennent aussi pour la
réalisation des Profilés Reconstitués Soudés (PRS).

2.9- Les profilés spéciaux,


Ils sont réalisés à partir de tôles minces pliées ou profilés à froid : forme Z.

2.10- Les tôles de couvertures minces galvanisées à ondes ou à profils caissons


pour grande portée.

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Efforts pris en compte dans les calculs de charpente métallique –
Justification de la Sécurité.
Les praticiens ,dans leur très grande majorité ,continuent ainsi à utiliser presque
systématiquement les Règles de calcul des constructions en Acier
universellement connues dans les bureaux d’études sous l’appellation Règles
CM66 qui demeurent donc ,à ce jour au Niger, le texte essentiel de
référence(avec leur additif80,ainsi que les normes d’assemblages qui les
complètent)

I- Nature des charges


On devra considérer dans tout calcul :
I.1- Les charges permanentes
● Eléments de couverture ;
● Eléments d’ossature.
Les charges permanentes en CM sont relativement faibles.

I.2. Les surcharges d’exploitations


Elles sont fixées dans le cahier de charges de l’ouvrage à réaliser ou prises
simplement conformes à la norme NFP06-001.
Elles ne sont pas fréquentes dans les ossatures de hangar ou d’usine qui ne
comportent pas de plancher.

I.3. Les surcharges climatiques


Elles sont données par un document DTU de 1965 intitulé : Règles définissant
les effets de la neige et du vent sur les constructions plus connu sous le
diminutif : Règles Neige et Vent 65.

Au Niger la neige n’est pas à considérer, par contre les effets du vent seront
souvent prépondérants et mériteront d’être parfaitement maîtrisés dans les
calculs.

I.4. Les variations de température


On doit tenir compte des variations de température chaque fois qu’il y a un
risque d’augmentation des efforts normaux, des désordres aux appuis, des
désordres dans les éléments de remplissage, ou gène des conditions
d’exploitation de l’ouvrage.

Au-delà de 50m de longueur, les structures seront coupées par des joints de
délations, ou bien des appuis glissants seront ménagés.

I.5. Les effets des séismes


A prendre en compte si le cahier de charges l’indique. Ce n’est pas le cas au
Niger. Document : Règles para sismique (PS).

I.6. L’incompatibilité entre surcharges

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Certaines surcharges ne peuvent pas être systématiquement ajoutées, et le
règlement en tient compte.

II- Méthodes de Justification et de dimensionnement.

II.1 Principe

Il est admis que la sécurité d’une construction est assurée, lorsqu’on à vérifié,
par des calculs basés sur les théories de R D M en phase élastique, que la
construction resterait stable, si elle était soumise aux combinaisons les plus
défavorables des charges et surcharges prévues au projet, multipliées par des
coefficients de pondération normalisés.

La méthode consistera donc à :


1°) déterminer les charges et surcharges ;
2°) les combiner avec leurs différents coefficients de pondération ;
3°) Calculer les différents efforts dans l’éventualité des combinaisons les plus
défavorables pour chaque élément ;
4°) assurer la stabilité statique d’ensemble de la construction ;
5°) dimensionner chaque élément de façon à ce que les contraintes
caractéristiques (pondérés) de travail restent inférieures à la limite
élastique de l’acier utilisé ;
6°) vérifier les dimensionnements précédents aux conditions de déformations
(flèches) ou déplacements normalisés admissibles. (Obtenus pour des
combinaisons de charges non pondérées).

II.2. Les coefficients de pondération


● Charges permanentes ;
o Coefficient : 4/3 dans le cas où elles agissent dans le même sens que les
surcharges (descendantes) ;
o Coefficient : 1 dans le cas où les CP agissent en sens contraire des
surcharges ( ascendantes, vent en particulier) ;

● Surcharges normales.
o Pour une surcharge : coefficient = 3/2 ;
o Pour deux surcharges : coefficient = 17/12 ;
o Pour trois surcharges simultanées : coefficient = 4/3.

● Température : coefficient = 4/3

● Surcharge de vent extrême


o Ve = 1,75 Vn ;
o Cette surcharge sera combinée aux charges permanentes non pondérées.
● Surcharge de neige extrême
o Ne = 1,65 Nn.

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Conclusion : Le vent extrême sera souvent prépondérant s’il n y a pas de
surcharges d’exploitation ou si elles sont faibles.

Les combinaisons les plus défavorables seront différentes suivant les éléments
d’ossature étudiés.

Pour les éléments de toiture on aura très souvent des efforts de soulèvement dus
au vent.

Exemple de combinaisons d’action


Etat Limite Ultime(E L U)
Combinaisons normales
-Une action variable Q seule
● 4 G +3/2Q
-Deux 3actions variables Q1 et Q2
3
● 4 G + 17 ( Q1+Q2)
3 12
-Trois actions variables Qi ou plus
● 4 G + 4/3(sQi)
Combinaisons extrêmes
-Nombre quelconque d’actions variables
G+Vext+0 ,5Next+SQi

Etat Limite de Service(E L S)


Quasi-permanente

● G+0,65Q
Frequente
● G+0,15S+0,65Q
● G +0,75 Q
● G+0,2W+0,65Q
Rare
G+S+0,67W+0,67Q+0,53T
G+T+0,67S+0,67W+0,67Q
G+Q+0,67W+0,67S+0,53T
G+W+0,67S+0,67Q+0,53T
II-3- Contraintes caractéristiques σe
Les contraintes caractéristiques sont les contraintes calculées sur la base des
efforts et moments pondérés affectant l’élément considéré.

II-3.1. Fraction simple


σc. = σ = N/Sn ≤ σe
Sn = section nette déduction faite des trous d’assemblage.

II-3.2. Compression simple (sans flambement)

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σc = σ = N ≤ σe
Sb
Sb / Section brute sans déduction des trous d’assemblage.

II-3.3. Cisaillement simple


σc = (100/65) τ = 1,54 τ ≤ σe avec τ ≤ 0,65 σe.

II-3.4. Sollicitations multiples


● dans les constructions courantes il n y a pas lieu de tenir compte des
sollicitations multiples;
● -on devra vérifier que les valeurs maximales des contraintes normales
pondérées et des contraintes tangentielles pondérées, calculées indépendamment
par la R D M satisfont aux conditions indiquées ci-dessus.

III- Commentaire sur la justification de la sécurité

III-1- Critère de ruine


On considère que la ruine d’une construction est atteinte non seulement :
● lorsqu’il y a effondrement ou renversement de l’ensemble;
● Mais encore lorsque le déplacement ou la déformation irréversible d’un
élément est suffisamment important pour compromettre la construction de
l’édifice ou la poursuite de son exploitation.

On peut donc distinguer plusieurs causes de ruine :


● une instabilité statique de l’ouvrage due à des fautes de conception;
● un manque de stabilité, élastique dû au sous dimensionnement d’un ou
plusieurs éléments;
● une trop grande souplesse (sous dimensionnement).

III-2- Degré de sécurité


La sécurité est introduite parfois :
● par les critères de ruine : σc. ≤ σe. et flèche ≤ flèches limites;
● et d’autre part par la pondération des charges.

III-3- Additif 80 : Calculs en plasticité


Depuis 1966 une meilleure connaissance du comportement élasto – plastique du
matériau acier a débouché sur des méthodes de calcul admettant la formation de
rotules ou charnières plastiques.

On remarquera que pour une structure isostatique, le calcul en plasticité n’amène


rien par rapport au calcul élastique.

Par contre, plus une structure est hyperstatique plus elle comporte de réserve.
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PRESENTATION ET TERMINOLOGIE D’UNE OSSATURE
METALLIQUE
I -Comment se représente généralement une charpente métallique

Un bâtiment se compose essentiellement de travées ou fermes répétitives.


Une ferme est caractérisée :
● par sa portée;
● Par l’écartement des travées;
● Par le nombre de nefs;
● Par la forme des nefs (sheds)
Une ferme comprend :
● Les traverses ;
● Les poteaux;
● Les fondations sous poteaux (articulation ou encastrement);
● Les assemblages poteaux / traverses et clé de faîtage.
Les traverses peuvent être réalisées par des éléments à âme pleine ou par des
treillis.
Les fermes treillis permettent des portées beaucoup plus grandes que les fermes
portiques.
Les éléments d’une ferme treillis sont chargés aux nœuds et donc ne sont soumis
qu’à des efforts normaux de compression et de traction. Sauf le poids propre de
chaque barre qui introduit de la flexion qui reste très faible.
Les fermes treillis sont plus légères, mais coûtent plus chère en main d’œuvre et
en peinture.
Remarque : Si on veut diminuer les charges d’une ferme il faut en augmenter le
nombre dans le bâtiment (entraxe moyen 5 à 6m)

II- Quelle est la structure de la couverture

Les tôles ou bacs reposent et sont accrochées sur les pannes. Les fournisseurs
spécifient les écartements maxi des pannes à prévoir pour chaque type
d’éléments de couverture.

Remarque : Un bac de couverture reposant en continu sur 3 pannes (ou plus) est
plus performant, mais charge d’avantage la panne intermédiaire. Il faudra en
tenir compte pour le calcul des pannes.
Les pannes courantes travaillent en flexion (déviée), leur portée est égale à
l’entraxe des fermes. Elles sont souvent réalisées par des IPN.
Les pannes reprennent le poids propre des bacs de couverture et les efforts du
vent qui s’y appliquent. Les efforts du vent sont transmis par les pannes aux
fermes puis aux fondations.

III- Comment se présentent les pignons et longs pans

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Deux alternatives seront rencontrées pour la réalisation des pignons et long
pans : maçonnerie d’agglos et bardages métalliques. S’ils sont réalisés en bac
acier on parlera de bardages avec lisses et potelets supports intermédiaires.

IV- Qu’est ce que le contreventement


Les pignons et longs pans sont soumis aux actions horizontales du vent. Ces
efforts de renversement sont transmis aux poteaux des portiques de ferme. Pour
éliminer ces efforts dans ces poteaux, on assurera par plusieurs méthodes, le
contreventement longitudinal de l’ossature par des poutres au vent et des croix
de St André (ou des palées de stabilité). Dans le cas de maçonnerie le
contreventement pourra être repris directement par les murs eux- mêmes.

V- Quels sont les efforts appliqués en général à une ferme.

V-1- Traverses
● Poids de la couverture;
● Efforts du vent;

Ces efforts sont transmis ponctuellement par les pannes. Pour les fermes treillis,
les actions des pannes sont considérées concentrées aux nœuds.

Pour les traverses âme pleine, pour simplifier les calculs on peut considérer
l’action des pannes globalement répartie. Ces traverses travailleront en flexion.

V-2- Poteaux
Les poteaux travaillent aux efforts normaux de compression ou de traction.
Suivant leurs conditions de liaison en tête, avec les traverses, ou en pied avec les
fondations, ils pourront ou non en plus être soumis à des moments de flexion.

VI- Quels sont les types de structure portique les plus répandus.
Plus le degré d’hyperstaticité du portique introduit par les liaisons est grand :
● Mieux les efforts sont repartis;
● Plus la rigidité d’ensemble est grande;
● Plus les déformations sont faibles;
● Et plus les calculs sont complexes.

En pied de portique :
● Éviter des encastrements en fondation car les efforts de renversement
majorent fortement les contraintes sur le sol;
● Préférer donc des fondations sur articulations.

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Déterminations des effets du vent sur une Construction Prismatique à
base rectangulaire reposant sur le sol Cas courant des Bâtiments

Suivant les caractéristiques du bâtiment on pourra appliquer :


● La méthode générale;
● La méthode simplifiée.

I – Introduction

Le vent doit être considéré pouvant venir de n’importe quelle direction. Son
action est caractérisée par une pression dynamique « q » de base (dan/ m2) qui
s’exerce perpendiculairement sur toutes les parois d’une construction.

On considèrera la pression normale « qn» et la pression extrême « qe » avec


qe = 1,75 qn .

Cette pression dynamique sera affectée d’un coefficient de pression « c » qui


dépend de la position et de la forme de l’élément étudié.
Donc : pression sur l’élément = q x c.

Le travail du projeteur consiste donc à déterminer q et c.

Les efforts du vent peuvent être des pressions (murs au vent) ou des dépressions
(murs sous le vent).

On se base sur le règlement du Neige et Vent 65 (NV65) français qui est dans la
plupart des cas cités en référence dans les cahiers de clauses des appels d’offres
de constructions métalliques. La vitesse normale est une vitesse de rafale qui
peut être dépassée seulement 3 jours sur 1000. La vitesse extrême est la plus
grande vitesse instantanée à laquelle la construction peut être soumise durant sa
vie normale.

Au Niger nous prendrons les valeurs du vent région 3 en France.

qbase= 90 dan/ m2 et qe = 157,5 dan/ m2 .

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II.La méthode simplifiée

II.1 Dans quels cas peut-on appliquer la méthode simplifiée

● La construction est constituée par un bloc unique reposant sur le sol;


● La base au niveau du sol est un rectangle de longueur a et de largeur b;
● Les dimensions doivent obligatoirement respecter les conditions
suivantes :
λa = h/a > 0,25avec h≤30m
λa = h/a≤ 2,5 avec b ≤ 0,4 si h > 2,5
a b

f≤h
2
● La couverture est une toiture unique de hauteur f à un ou deux versants
incliné au plus de 40° avec l’horizontale;
● Les parois verticales doivent reposer directement sur le sol, être planes
sans décrochement, avoir une perméabilité µ≤ 5% avec la possibilité d’avoir
pour une seule paroi µ ≥ 35%.
µ = perméabilité d’une paroi = ∑surface d’ouverture
Surface totale de la paroi

● La construction doit être située sur un terrain sensiblement horizontal


dans un grand périmètre si µ≤ 5% construction fermée ; si 5%< µ< 35%
construction partiellement ouverte; si µ ≥ 35% construction ouverte.

II-2. Quelle est la démarche de cette méthode simplifiée


Elle comprend :
● Le calcul de la pression de base pour le bâtiment q
● Puis pour chaque élément de la construction
o La détermination d’un coefficient de dimension δ;
o Le calcul des coefficients de pression résultants Cr
● Enfin le calcul d’un coefficient de majoration dynamique β dont on doit
tenir compte pour la détermination des actions et de l’équilibre d’ensemble. On
aura donc :
● qn = q • δ • Cr daN/ m2 → parois qn = q• δ • β• Cr daN/ m2 →
ensemble

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II.21. Calcul de la valeur de la pression dynamique de base : q
q= (46+0,7h) kr x ks daN/m2

II.2.1.1. Kr est un coefficient de régions françaises


Region I → kr = 1
Region II → kr = 1,4
Region III → kr = 1,8 Niamey (Niger)

II.2.1.2. ks est un coefficient de site


.
Regions I Regions II Regions III Niger
Cuvette site protégé 0,80 0,80 0,80 0,80
Plaine siite normal 1,00 1,000 1,00 1,00
Au bord de mer site exposé 1,35 1,30 1,25 1,25

II.2.2. Calcul des pressions dynamiques sur les parois

qni = q • δi • Cri

II.2.2.1 Calcul des coefficients de dimensions δ


C’est un coefficient de réduction pour grande surface. Il est fonction de la plus
grande dimension horizontale ou verticale de la surface offerte au vent afférente
à l’élément considéré.

II.2.2.2. Détermination des coefficients de pression C.


Cr = Ce – Ci

II.2.2.2.1. Actions extérieures Ce


● Parois verticales
o Au vent : Ce = + 0,8
o Sous le vent : Ce = - 0,5
● Toiture (voir tableau I)
o Si α est l’angle d’inclinaison de la toiture en ; °
o Vent normal aux génératrices (long pan) valeur du tableau I en fonction
de α;
o Vent parallèle au génératrice (pignon) valeur du tableau I (α=o) ;

II.2.2.2.2. Action intérieur Ci


● Constructions fermées : Ci = + 0,3.
● Construction avec une ouverture ;
o Ouverture au vent : Ci = + 0,8 ;
o Ouverture sous le vent : Ci = - 0,5.

II.2.2.3. Actions résultantes sur les parois CR = Ce-Ci


Pression finale sur chaque élément = q. δi. (Ce-Ci) dan/ m2

20
II.2.3. Calcul des actions d’ensemble

II.2.3.1. Coefficient majorateur β


β est un coefficient de majoration dynamique au moins égal à 1 qui tient compte
de la période T d’oscillation de l’ouvrage.
Ce coefficient doit être pris en compte uniquement pour l’action d’ensemble du
vent sur la construction. (Contre ventement)

Pression normale Pression extrême


Ossature en BA B = 0,7+0,3√T (<1,27) B =0,85(0,7+0,3√T) (<1,08)
Ossature en acier B = 0,5+0,5√T (<1,47) B= 0,85(0,5+0,5√T (<1,25)

Remarque : Pour la plupart des bâtiments courants, ce coefficient β restera


souvent tous calculs faits, inférieurs à 1. On prendra alors B =1

Par contre pour les ouvrages élancés, B sera > à 1.

Calcul de T (h ; hauteur du bâtiment et Lx = a ou b selon le cas)


● Contreventement par murs de maçonnerie ou de béton banché ;
T= (0,06h /√Lx) (√(h/(2Lx +h)));
● Contreventement par ossature métallique : T= 0,10h/√Lx ;
● Contreventement par ossature béton armé : T= 0,09h/√Lx ;
● Contreventement par voiles béton armé
T=(0,08h/√Lx) (√(h /(Lx +h)))

II.2.3.2. Calculs des actions d’ensemble sur la construction


Ce sont les résultantes horizontales (renversement ou traînée) et verticales
(soulèvement ou portance) de toutes les actions enregistrées sur les parois et
toitures. Cette étude conditionne la stabilité générale de la construction
(contreventement).

Pour le vent sur pignon, on doit considérer en plus une force d’entraînement sur
la toiture.

Cette vérification de la stabilité d’ensemble est faite en tout dernier lieu et peut
conduire à sur dimensionner les fondations (en poids).

II-2.4. Actions locales


Le long des rives de toitures et des arrêtes verticales et uniquement pour le
calcul des éléments secondaires (revêtements, zinguerie etc..), les coefficients
d’actions extérieures précédents seront doublés : C=2Ce.

III- La méthode générale

21
La démarche d’ensemble est identique à celle de la méthode simplifiée ; seuls
les calculs de détermination des coefficients de pression C et β sont plus
compliqués.

Les deux formules principales restent valables :


● Action sur les parois : qn = q. Cr. δ dan/m2 ;
● Action d’ensemble : q = q. Cr. δ. β dan/m2.

III-1. Calcul de la pression dynamique q

q = qbase x kh x ks x km avec qbase = 90/daN/m2


Kh, Ks, Km sont des coefficients qui s’appliquent à toute la construction.
● Kh = 2,5 x (H + 18) / (H + 60). Si h>10m kh majore la pression ;
Si h< 10m kh minore la pression ;
● Ks est un coefficient de site (Région 3 pour le Niger) ;
● Km est un coefficient de masque (généralement égal à 1) (il y a effet de
masque lorsqu’une construction est masquée partiellement ou totalement par
d’autres constructions « durables »).

III-2. Calcul de δ
C’est le coefficient de dimension (réducteur) propre à chaque élément (voir
méthode simplifiée).

III-3. Calculs des coefficients de pression résultants sur les parois : Cr

Cr = Ce - Ci

III-3.1. Calculs des coefficients de pression extérieurs : Ce

III-3.1.1. Dimensions générales du bâtiment

Long pan = a ; pignon = b ; hauteur = h ; inclinaison des versants de toiture = α

III-3.1.2.Calculs des coefficients de dimensions : λ et γ


● Long pan λ a = h/a puis lecture de γ0 sur abaque ;
● Pignons λ b = h/b puis lecture de γ0 sur abaque

III-3.1.3. Parois verticales :


● Face au vent : Ce = + 0,8 pour tout γ0.
● Face sous le vent : Ce = - (1,3 γ0 – 0,8).

III-3.1.4. Toitures :
Lire l’abaque R III-6 annexe où les coefficients sur versants au vent et sous le
vent sont fonction de l’angle d’inclinaisons des toitures α et γ 0
Pour le vent sur pignon on prend la même démarche avec α= 0

22
III-3.2. Calculs des coefficients de pression intérieure : Ci
Construction fermée : * sur pression : Ci = + 0,6(1,8-1,3 γ0)

* dépression : Ci = - 0,6 (1,3 γ0 – 0,8)

Pour tous les autres cas de figure le règlement donne Ci :


Extrapolations avec les valeurs extrêmes : Ci = + 0,8 et Ci = 0,5

III-3.3. Détermination des actions résultantes sur toutes les parois de la


construction.
Cette détermination se fait en combinant les actions extérieures et intérieures sur
des multiples petits schéma représentatifs de la construction en plan et en
coupe : C = Ce – Ci.
Il sera alors nécessaire de choisir les cas de vent le ou les plus défavorables pour
chaque élément de structure secondaire ou principal étudié.

qn = q x δ x Cr dan/m2

III-3.4. Actions d’ensemble et actions locales

III-3.4.1. Calcul de β
θ : Téta
β =θ (1 + ζ x τ ζ : Ksi
τ : Tau
θ = 1 pour la construction très haute : (h>60m) ou à base polygonale ;
θ = 0,7 pour les hauteurs h<30m
θ = 0,7 + 0,01 (h-30) pour les hauteurs 30m < h < 60m

III-4.2. Etude de la stabilité d’ensemble


Recherche des cas d’ensemble les plus défavorables et étude de la stabilité de la
construction sous la force de traîné et de portance.

III-5. Conclusion
Au Niger, ce sont les efforts du vent qui sont souvent prépondérants et qui
conduisent au dimensionnement des éléments.

Il est particulièrement important pour éviter tout sous ou sur


dimensionnement de l’ossature de s’appliquer à l’utilisation correcte du
règlement NV65.

23
Dimensionnement des pièces métalliques en flexion

I- En flexion simple :
Les deux critères de dimensionnement d’un élément à la flexion sont :
● Les contraintes ;
● Les déformations.
I-1. Vérification aux contraintes
(σ = M/I/V) < σe) vérification Ou (I/V > M/σe) dimensionnement

Où M est le moment de flexion dû aux charges et surcharges pondérées

Remarque :
● I est calculé en déduisant les trous des boulons de la partie tendue ainsi
que les trous non remplis de la partie comprimée. Cependant I est calculé par
rapport à l’axe du centre de granité de la section brute.
● Pour tenir compte du poids propre du profilé on majore le moment
fléchissant maxi par 5% ce qui donne 1,05 M=Mmax ;
● S’il n’y a pas de risque de déversement on doit vérifier alors
(σf < φσe).

I-2. Vérification aux déformations


La flèche est calculée aux charges combinées sans pondération. La valeur de la
flèche ou des déplacements admissible est telle que :
● L’exploitation de l’ouvrage ne soit pas perturbée ;
● Les éléments de remplissage ne soient pas endommagés de façon
irréversible ;
● La répartition des efforts dans les différents éléments ne soit pas altérée
par les déformations.

Valeurs usuelles des flèches admissibles :


● Eléments de couverture ; f < L/250.
● Eléments de planchers : f < L/300
● Poutre de pont roulant : f < L/500

La flèche due à la flexion est calculée avec les formules habituelles de la R.D.M
qui se déduisent de la formule fondamentale de la déformée : Y" =– M/EI
On remarque que les encastrements diminuent les flèches. Les consoles au
contraire conduisent à des flèches importantes.
4
Exemple : Poutre sur deux appuis : f = 5ql /384 EI
4
Poutre encastrée aux deux extrémités : f = ql /384 EI
4
Poutre en console : f = ql /8EI

I-3. Quel sera le critère de dimensionnement le plus défavorable :


Contrainte ou flèche

24
En général on observera que la condition de flèche deviendra prépondérante dès
que la portée dépassera les 7 ou 8m. Si les charges sont importantes la condition
de contrainte sera prépondérante.

Remarque : lorsque l’on traite les éléments fléchis en continuité sur les appuis,
on diminue très sensiblement les flèches, ce qui permet de dimensionner « aux
contraintes ».
Exemple :
● Poutre continue sur 3 appuis ;
* Le moment conserve sa valeur sur l’appui ;
* la flèche est diminué de plus de la moitié ; f = 0,415 ƒo

-1,00‫ח‬o

0,56 ‫ח‬o 0,562 ‫ח‬o


0,415 ƒo 0,415 ƒo

● Poutre continue sur 4 appuis

* Le moment maxi sur appui : M=-0,8M0


* La flèche maxi (travée de rive) : f= 0,519f0

-0,8Mo
-08Mo

0,640Mo 0,200 Mo
0,640 Mo
0,519 fo 0,039 fo
0,519 fo

II. La flexion déviée


II-1. Principe de la vérification

25
On dit qu’un élément est soumis à de la flexion déviée quand l’effort de flexion
n’est pas directement appliqué dans un plan principal d’inertie de l’élément. Le
problème sera abordé de la manière suivante :
● En décomposant l’effort sur les 2 plans principaux ;
● En calculant séparément les contraintes induites dans chaque plan ;
● En cumulant ensuite ces contraintes en tout point de la pièce et en
vérifiant : σƒ = σƒx + σƒy < σe

● En étudiant les flèches dans chaque plan de flexion et en vérifiant pour


chacune d’elle (séparément) f <fadm.0
Remarque :
Le moment intervenant dans de la petite inertie induit souvent des contraintes
fortes car le module d’inertie (I/v)y est faible.
Exemple :
● Pour les IPE (IPE 200) on a (I/v)x = 7 (I/V)y;
● Pour les HEA (HEA 200) on a (I/V)x = 3 (I/V)y ;

De même pour les flèches (leur calcul fait intervenir : I)


Pour un IPE 140 Ix = 10 Iy

II.2. Eléments soumis à la flexion déviée.


● Les pannes de couvertures (surtout si la pente est forte) ;
● Les poteaux des fermes non contreventées.

σƒ = σƒx + σƒy
σƒ = Mx + My
I/VX I/Vy

III- Dimensionnement des pannes de couverture


III-1. Remarques préliminaires sur les charges de ces pannes au Niger

En plus de leur poids propres, les pannes sont soumises généralement au poids
de la couverture et au vent.
● Le vent s’applique perpendiculairement à la couverture et donc
uniquement suivant le plan de plus grande inertie ;
● Le plan de petite inertie ne reçoit que la composante transversale du
poids propre de la panne et de la couverture.

Cette composante à une valeur relativement faible et la flexion déviée n’est pas
très sensible.

psinα( pp ( panne = Couverture))

III-2. Dispositions pratiques


● Pour diminuer la flèche dans le sens de la grande inertie on met en place
des pannes continues sur 3 fermes. La flèche est alors ramenée à 0,415 f0.
P Cos α(P.P( panne+ Couverture) + Vent)
26
P
Comme la ferme centrale reçoit 25% d’effort en plus, il faut penser à altérer les
continuités de pannes pour ne pas pénaliser toujours la même ferme ;
fermes

Pannes

● Pour diminuer les efforts néfastes de la flexion suivant la petite inertie on


met en place un ou deux lits de liernes ou liens qui coupent donc la portée
initiale en deux ou trois.

Avec un lien central :


● Le moment est coupé par 4 M = pl 2 = pl 2
8 8x4

La flèche est divisée par 16 par la réduction de portée f=5ql4=5ql4


EI 16EI

La flexion déviée est ainsi beaucoup moins préjudiciable et on peut « faire


passer » un profile plus léger pour la panne. Les liens travaillent en traction.
Il est économiquement rentable d’essayer de dimensionner les pannes au plus
juste car elles sont très nombreuses.

27
IV- Etudes de l’effort tranchant des pièces flèches

On calcule l’effort tranchant et on vérifie τ<σe/1,54

Avec τ = T.S. T = effort tranchant


I. ea S = Moment Statique
a
e = la largeur de la surface considérée (hachurée)
I = Inertie de toute la section
Quelques valeurs des contraintes maxi d’efforts tranchants.
● Elément de section rectangulaire τ = 3T/2A ;
● Profils en : I : τ = T/Aa (avec Aa → section de l’âme)
● Tube plein : τ = 4T/3A
● Tube circulaire τ = 2T/A

Remarque : Dans les structures courantes, l’effort tranchant est maximum aux
appuis ou au droit des charges ponctuelles. Pour limiter les contraintes on
placera souvent des renforts, raidisseurs verticaux qui augmentent la surface A
de l’élément chargé.

28
Dimensionnement en traction

I- Principe de vérification

La contrainte normale des pièces en traction est obtenue en divisant l’effort


pondéré par la section nette.

La section nette est la section totale diminuée des trous, en tailles, vides etc….
apparaissant dans le plan de la section tendue.

I.1. Vérification de la pièce tendue

σ = N < σe ou σ = N < σe
Sn An

Sn = An : section nette

I-2. Dimensionnement de pièce tendue


Sn> N /σe avec Sn = Sb /1,25 → Sb = 1,25 Sn.
Sb = Ab : section brute
N= effort pondéré
σe = limite élastique de l’acier choisi

I-3. Remarques
● Les tableaux des doubles cornières donnent les sections nettes obtenues
en considérant un boulonnage adéquat.
● Le diamètre des boulons doit être adopté aux cornières qu’ils assemblent.
● Le boulonnage doit se faire en affaiblissant au minimum la section. Si on
aligne les boulons dans l’axe de l’effort, la section de travail n’est amputée que
d’un seul trou. Lorsqu’on est obligé de prévoir 2 lignes de boulonnage, ll faut
décaler la position des boulons sur ces files.

29
Dimensionnement des éléments de Construction métallique
en compression simple

I -Comportement d’une pièce métallique soumise à un effort de


compression

Sous un effort de compression, une barre réelle même jugée parfaitement droite
s’infléchit légèrement (sauf si elle est très massive). La courbure se développe
dans le plan défavorable de la pièce. On dit qu’il y a flambement. Si on continue
à augmenter la force de compression, la courbure augmente très rapidement et il
y a rupture brutale. Le flambement est un phénomène d’instabilité très
dangereux et il faut absolument l’éviter. Cela se fera en limitant volontairement
le taux de travail des pièces comprimées.
N
II- Les aspects théoriques du flambement

L’étude du flambement a été faite principalement par EULER. La théorie


d’Euler considère une force de compression critique NK au dessus de laquelle il
y aura obligatoirement flambement.
La charge critique d’EULER = NK = ‫ ח‬2EI/l2f : longueur de flambement de la
pièce.
La contrainte critique d’EULER
N = σK=Nk/A = ‫ח‬2 EI/ l2f A
A = section transversale de la pièce
Si on rappelle que le rayon de giration correspondant à l’inertie minimale
iy = √Iy/A et Iy/A = iy2 on a σK = ‫ח‬2 Eiy2 / l2f

Le rapport lf/iy est appelé élancement de la pièce : lambda = λy = lf/iy dans le


sens de la plus petite inertie. On a donc σK = ‫ח‬2 E/λy2

Remarques :
Lorsque σK>σe, la ruine de la pièce interviendra par compression simple dès
que σ = σe

● Lorsque σk <σe, la ruine de la pièce est produite par flambement dès que

σ= σk

● La contrainte critique d’EULER σK ne dépend que l’élancement


maximum de la pièce;

● Cette contrainte sera d’autant plus faible et donc le risque de flambement


est grand lorsque l’élément sera grand ;

30
● L’élancement d’une pièce est directement proportionnel à la longueur de
flambement et inversement proportionnel au rayon de giration minimum de la
pièce comprimée ;

● Les pièces de grande longueur sont donc très sensibles au flambement, de


même que les pièces ayant une section « défavorisée » dans un sens ;

● Les pièces en sections tubes, circulaires ou carrées (symétrie de rayon de


giration) se comporteront bien au flambement ;

● Les doubles cornières assemblées en croix résistent mieux au flambement


que les doubles cornières dos à dos.

III- L’aspect expérimental du flambement

L’expérimentation sur des poutrelles laminées courantes soumises à des efforts


de compression progressivement croissant montre que la ruine se produit de
deux façons différentes suivant l’élancement des pièces.
● Pour les pièces de faible élancement (forte section, faible longueur λ<20),
la ruine se manifeste par l’affaissement des membranes sous une contrainte
voisine de σe. Donc rupture par compression ;
● Pour les pièces de grand élancement (λ >100), la ruine intervient pour une
contrainte d’affaissement σs inférieure à la fois à σe et à σ/k. Il y a augmentation
brutale des formations avec apparition de zones plastifiées suivies d’un
effondrement σs < σk<σe donc rupture par flambement.
De cette expérimentation on retient donc que la rupture se fait avant la
contrainte critique d’EULER σk qui est donc à considérer comme une limite
supérieure.
Ceci vient du fait que la théorie d’EULER considère une barre idéale,
parfaitement rectiligne, soumise à un effort de compression parfaitement centré,
et ceci n’est pas le cas dans la réalité.

IV- La méthode DUTHEIL


Cette méthode intègre les imperfections précédentes et ramène la vérification de
la stabilité au flambement à un problème de flexion composée dans lequel on
tient compte de l’amplification des flèches de toute origine (rectitude, centrage)
sous l’effet d’une compression exercée sur la barre.
La résolution mathématiques de cette flexion composée donne une contrainte
limite d’affaissement σs = σe/k

k est un coefficient qui ne dépend finalement que de l’élancement de la pièce


métallique pour un acier donné.
Ce coefficient est appelé coefficient de flambement.

K= (0,5 +0,65 σe/σk) + √(0,5 + 0,65 σe/σk) 2 - σe/σk

K = f (σe/σk) = f(σeλ²/π²E)

31
Plus la contrainte d’EULER est faible plus le coefficient de flambement K est
grand.

V- Principe de la vérification réglementaire d’une pièce


soumise à la compression simple

Il faut vérifier que la contrainte de compression σe = N/S satisfait :


Kσ c< σe Ou σc <σe/k

On limite donc la contrainte admissible en compression. Le coefficient de


flambement K ne dépend que de l’élancement maximum de la pièce et peut être
trouvé dans des tableaux.

V-1. La démarche finale de vérification


σc = N/S
● Calculer la contrainte de compression

● Calculer l’élancement maximum de la pièce :

o En déterminant les longueurs de flambement dans les deux sens ;


o En recherchant les rayons de giration dans les deux sens ;
o En calculant les élancements correspondants ;
o En retenant le plus élevé qui donnera le plan de flambement.
● En lisant dans les tableaux le coefficient de flambement K correspondant
à cet élancement maxi lambda ;
● En vérifiant Kσc <σe ou σc < σe/k

V-2. Le pré dimensionnement d’une pièce comprimée


Il n y a pas de solution radicale car le dimensionnement dépend des valeurs
relatives de l’élancement de la pièce et de la contrainte de compression.
On peut remarquer dans les tableaux des valeurs de k = f(λ).
● Que tant que λ < 70 le coefficient k<1,3 et la contrainte admissible est
de 2400/1,3 soit 1800dan/cm² ;
● Que si λ = 100 alors k = 1,898 et la contrainte admissible
= 2400/1,898 = 1260 dan/cm² ;
Une pièce très peu chargée pourra être élancée.
Une pièce très comprimée devra être courte ou ne pas présenter de plans
défavorisés.
Les pièces dont les élancements sont supérieurs à 100 conduisent à des
ampliations de contrainte très importantes (λ = 100 →k = 3,7) qui font que
l’acier est très mal utilisé σe/k = 648 dan/cm².
Pour un pré dimensionnement correct il est d’usage de considérer une contrainte
admissible en compression de 1600 dan/cm²ce qui correspond à un coefficient
de flambement de 1,5 soit un élancement de 83.

32
Il suffit donc dans un premier temps de trouver de profilé par la condition
s> Nc/1600 au lieu de s> Nc/2400 pour tenir compte du flambement.
Dans un 2ème temps, après vérification de ce profilé et en fonction des détails des
calculs, on sera amené à considérer un autre profilé plus ou moins proche du 1er
testé.

V-3.La détermination de la longueur de flambement des pièces comprimées


Par définition : la longueur de flambement est la plus grande longueur séparant 2
points d’articulation ou d’inflexion de la pièce déformée.
Cette longueur de flambement dépend des conditions aux appuis.
Si lo est la longueur réelle de la pièce on aura ;
● Deux extrémités articulées : lf = lo ;
● Deux extrémités articulées encastrées ;
o Fixes : lf = 0,5 lo ;
o Déplaçables : lf = lo.
● Une extrémité encastrée l’autre articulé : lf = 0,7lo ;
● Une extrémité encastrées, l’autre libre : lf = 2lo ;
● Une extrémité encastrée élastiquement, l’autre articulée lf = 0,7lo ;
● Une extrémité encastrée élastiquement, l’autre libre : lf > 2lo.

Pour les poutres treillis ;


● Plan de la poutre :
o Membrure (entrait et arbalétrier): lf = 0,9lo ;
o Treillis assemblée avec 1 seul boulon : lf = lo ;
o Treillis assemblé avec plus d’un boulon : lf = 0,8lo ;
● Plan perpendiculaire à la poutre : lf = lo.

VI – Remarques de bon dimensionnement


● Les pièces comprimées de grande longueur doivent être évitées car les
risques de flambement conduisent à un surdimensionnement obligé des sections
et donc à un mauvais rendement ;
● Il pourra être économique de réduire la longueur de flambement de
certaines barres en créant des points fixes intermédiaires empêchant les
déplacements latéraux suivant la petite inertie ;
● C’est l’élancement maximum qui est déterminé dans une section et il
faudra bien calculer le rapport lf/i dans ce sens. Les longueurs de flambement
pourront être différentes dans un sens et dans l’autre suivant les conditions de
liaison aux appuis.
● Pour les poutres ou fermes treillis ;
o Les diagonales tendues seront préférables aux diagonales comprimées ;
o Tous les éléments pourront être soumis à des combinaisons d’efforts de
sens opposés et chaque élément devra être vérifiée à la fois aux efforts de
traction et aux efforts de compression.

33
Dimensionnement en flexion composée

I- Comportement d’une pièce métallique soumise à la flexion


composée
I.1. Le principe de combinaison des efforts
On appelle flexion composée la combinaison d’efforts et flexion et d’effort
normal. On considérera dans l’immédiat un seul effort de flexion.

L’effort normal conduit à des contraintes σn = N/S


La flexion conduit à des contraintes σf =M/(I/V)
La contrainte totale en tout point sera : σ = σn + σf = N/S + M/I/V
Nota : les contraintes de flexion se repartissent triangulairement dans la section
et s’ajoutent ou se retranchent aux contraintes d’effort normal.

I.2. Flexion avec traction


Si N est un effort de traction, on a :
● En fibres supérieures : σ = N/S - M/(I/V)
● En fibres inférieures : σ = N/S + M/(I/V)

I.3. Flexion avec compression


Si N est un effort de compression, on a :
● En fibres supérieures : σ = N/S + M/(I/V)
● En fibres inférieures : σ = N/S - M/(I/V)
Nota : On a vu que la compression dans une pièce métallique se complique du
phénomène de flambement. En flexion composée avec compression il va donc
également falloir introduire les effets néfastes de ce phénomène d’instabilité.

II-Etude réglementaire et détaillée des pièces soumises à de la


flexion et à de la compression.

II-1. Le principe de la vérification


Il consiste à considérer ;
● Que la contrainte de compression est amplifiée d’un coefficient K1.
● Que la contrainte de flexion est, elle aussi amplifiée, et ce d’un coefficient
Kf
On a donc : σ = K1 σn + Kf σf

Et donc devra avoir : K1 σn + Kf σf < σe

II-2. Les valeurs des coefficients K1 et Kf

34
II-2.1. Le coefficient K1 d’amplification des contraintes de compression dépend
du coefficient µ qui est le coefficient d’éloignement de la contrainte critique
d’EULER.
µ = σk/σn

σn étant la contrainte d’effort normal de compression


σk la contrainte critique d’EULER (calculée dans le plan de flambement)
Ce coefficient µ doit toujours être supérieur à 1,3 donc σn doit toujours être
inférieure à σk/1,3. Sinon, si la contrainte de compression est trop proche de la
contrainte d’EULER il y aura assurément flambement.
K1 = (µ- 1)/µ - 1,3)

II-2.2. Le coefficient Kf d’amplification des contraintes de flexion dépend de la


valeur de µ calculé dans le plan de la flexion. Il dépend aussi de la distribution
des efforts engendrant la flexion.
Kf = (µ+ α) /µ - 1,3)

Charge uniformément répartie : α = 0,03 alors Kf = (µ+0,03) / (µ-1,3)


Charge concentrée au milieu : α=0,18 alors Kf = (µ-0,18) / (µ-1,3)
Charge concentrée à la distance de l’extrémité la plus proche :
Kf = (µ+0,25-1,72(c/l)²)
µ-1,3
Moment constant ou moment variant linéairement α=0,25→kf= (µ+0,25)
µ-1,3
II-3. Remarques
● Le flambement du à l’effort normal de compression se fera dans le plan le
plus faible et la contrainte d’EULER doit être calculée dans ce plan ;
● C’est l’élancement le plus grand qui détermine en fait le plan de
flambement et cet élancement tient compte aussi de la longueur de flambement
dans le plan étudié ;
● Par principe un élément soumis à la flexion est placé de façon à ce que
cette flexion soit reprise par la plus grande inertie ;
● Le flambement ajouté par la flexion est donc à considérer dans le plan de
la flexion et la contrainte d’EULER doit être calculée dans ce plan ;
● Donc µ = σk/σn n’a pas la même valeur pour la compression (si plan y y
donc µy) et pour la flexion (µx).

35
III- Dimensionnement d’une pièce à la flexion composée

On connaît la flexion M et la compression N.


On va pré dimensionner puis tester réglementairement les profilés.

III.1. Prédimensionnement
Déterminer le module de résistance (I/V)> M/σe (le profilé correspondant ne
prend en charge que la flexion).

Il faut donc (suivant la valeur de la compression et de la longueur de l’élément)


Considérer 1,2 ou 3 profilés supérieurs.

II-2. Faire les vérifications et dimensionnement réglementaires


● Il faut calculer σf et σn puis K1 et Kf.
Comment déterminer les deux coefficients K1 et Kf
o Calculer lfx et lfy ;
o Calculer λx et λy ;
o Le plus grand des deux permet de déterminer le plan de flambement dû à
l’effort normal et donc de calculer dans ce plan :
▪ La contrainte d’EULER ;
▪ Le coefficient µ ;
▪ Le coefficient K1.
o calculer la contrainte d’EULER dans le plan de la flexion ;
▪ en déduire µ dans ce plan ;
▪ puis Kf en considérant la formule relative au cas de chargement donnant
la flexion.

Il faut ensuite vérifier K1 σn + Kf σf <σe

Si ce n’est pas le cas il faut refaire le calcul avec un profilé supérieur.


Nota : Si la condition de contraintes (majorées) est vérifiée, mais si la marge
paraît importante on peut tenter un profilé inférieur.
Différents cas rencontrés :
Compression + flexion dans le sens de la plus grande inertie.
K1y σn + Kfxσfx < σe
Compression + flexion dans le sens de la plus petite inertie.

K1y σn + Kfy σfy < σe

Remarque : Il existe une formule plus favorable que la formule générale parce
qu’elle tend à donner des profilés plus gros que nécessaire appelés formule
enveloppe.
K est le coefficient de flambement simple.
9 (Kσn + σf) <σe
8
Mais si un profilé ne vérifie pas la formule enveloppe, il faut
alors le tester suivant les formules détaillées ci-dessus et il sera possible qu’il

36
passe. Par contre si la formule enveloppe est vérifiée, les formules détaillées le
sont aussi.

IV- Etude de la flexion composée avec deux moments et plans de


flexion

La pièce est alors soumise :


● A un effort de compression conduisant à σN ;
● A un moment fléchissant se décomposant ;
● En un moment suivant l’axe xx→σfx ;
● En un moment suivant l’axe y y → σfy.

La contrainte de compression est amplifiée du coefficient K1 calculé dans le


plan ou se fait le flambement (le plus grand élancement)
Chaque contrainte de flexion est amplifiée par le coefficient Kf correspondant à
son plan de flexion.
La vérification résultante est la suivante. K1y σn + Kfx σfx +kfy σfy< σe

Si le flambement se faire suivant la petite inertie.


Dans le cas ou le flambement se fait suivant la seconde inertie σn est amplifié
par K1x
On peut aussi utiliser la formule enveloppe :
9 (Kσn + σfx + σhy) <σe
8

Remarque :
● Si cette formule passe (formule enveloppe) alors la formule générale
passe aussi ;
● Mais la formule enveloppe peut ne pas passer et que la formule générale
passe donc, il faut toujours vérifier K1y σn + Kfx σfx +kfy σfy< σe

LES FERMES

37
I- Conception technologique
Les fermes à treillis sont constituées de barres rectilignes, situées dans un même
plan, assemblages entre elles selon des triangles. Elles sont composées :
● D’une membrure supérieure (arbalestier) ;
● D’une membrure inférieure (entrait) ;
● D’une âme à treillis, constituée d’éléments verticaux (montants).et
obliques (diagonales).

Les fermes à treillis sont généralement articulées à leurs appuis, car il est délicat
de réaliser de bons encastrements avec des treillis.
Ar
ba Nœud
Faîtage
le
sti
er
Poinçon

Montant

Entrait diagonale

Bracon

Poteau

II- Typologie des fermes à treillis

Il existe plusieurs types de treillis, de forme générale triangulaire ou


trapézoïdale, en N ou en V (voir tirage)

Les fermes à treillis sont composées d’éléments jumelés généralement, afin


d’éviter toute dissymétrie et de se prémunir contre des sollicitations de flexion
gauche, de torsion et de déversement. Les membrures, montants et diagonales
sont constituées de doubles cornières, simples ou renforcées de plats, de double
U, de T ou de profils creux.
Les poteaux recevant des fermes à treillis peuvent être des poteaux à treillis
également ou des poteaux courants à âme pleine.

III- Hypothèses de calcul


Les calculs des poutres à treillis sont établis sur la base d’hypothèses
simplificatrice, notamment :
Poteau
38
● les barres sont considérées comme rigide et indéformables ;
● les barres sont considérées comme articulées, sans frottement, aux
nœuds ;
● les assemblages aux nœuds se sont par boulon, rivés, ou soudure sur
gousset ;
● les axes neutres des barres sont supposés concourants aux nœuds où elles
convergent. En fait on confond souvent axe neutre et lignes de brusquerie ;
● le poids propre des barres est négligé vis-à-vis des charges extérieures
sollicitant le système ;
● les forces extérieures sont supposées être situées dans le plan du système
et appliquées aux nœuds, ce qui conduit à des efforts normaux exclusivement
dans les barres ;
● les calculs sont effectués exclusivement en élasticité, l’utilisation des
propriétés plastiques de l’acier ne s’appliquant pas aux poutres ajourées ;
● la démarche des calculs est la suivante :
o à partir des actions sollicitant le système triangulé, on détermine les
efforts de la compression ou de traction dans les barres. En vérifiant b = 2n – 3
pour que le système soit isostatique (b le nombre de barres et n le nombre de
nœuds) ;
o à partir des efforts précédents, on vérifie les contraintes ;
o enfin, on vérifie globalement au déversement et aux déformations.

IV- Calculs des efforts dans les barres


La détermination des efforts dans les barres peut s’effectuer selon :
● la méthode des nœuds, dite de CREMONA ;
● la méthode des sections, dite de Ritter.

IV-1. La méthode des nœuds, dite de CREMONA


IV-1.1. Méthode analytique
Le calcul des fermes peut se faire en découpant chaque nœud par une section et
en considérant l’équilibre du nœud en écrivant pour cela les équations
d’équilibre. Au préalable, on suppose que toutes les barres sont tendues et le
signe (-) indique la compression de l’élément.

IV-1.2. Méthode graphique


Le principe de la méthode est le suivant :
● numéroter les barres et les nœuds ;
● déterminer l’ordre de résolution des nœuds, en considérant que la
résolution n’est possible que si les efforts dans les barres concourantes a un
nœud sont inconnus pour deux d’entres elles seulement ;
● construire le dynamique des forces extérieures, y compris les réactions
d’appui. Ainsi les efforts dans les barres seront donc obtenus deux par deux, de
proche en proche ;
● le sens des efforts dans les barres inconnues est obtenu en parcourant le
dynamique dans le sens des forces connus. Si la barre est orientée vers le nœud,
elle est comprimée. Dans le sens contraire, elle est tendue.

39
IV-2. La méthode des sections dite de Ritter
Cette méthode présente l’avantage de déterminer l’effort dans une barre
quelconque sans avoir au préalable à calculer les efforts dans d’autres barres. Le
principe est le suivant :
● on coupe le treillis en 2 parties par un plan (P), qui sectionne au maximum
3 barres où les efforts sont inconnus ;
● on écrit, pour l’un des tronçons, que les forces extérieures équilibrent les
forces intérieures existants, dans les barres coupées. Pour cela on écrit l’équation
d’équilibre des moments par rapport à un point I, intersection de 2 barres purées
parmi les 3 barres coupées. On considère que les forces appliquées à gauche de
la section sont orientées de la gauche vers la droite.

LES ASSEMBLAGES

40
I- Principes généraux
I-1. L’importance des assemblages dans les constructions métalliques
● Les assemblages interviennent à part entière dans la transmission des
efforts par les éléments principaux ;
● Un assemblage insuffisant entraînera une rupture brutale, alors qu’un sous
dimensionnement des éléments de structure se traduira d’abord par de grandes
déformations ;
● Il faut donc parfaitement évaluer les efforts à transmettre dans un
assemblage et dimensionner très précisément et réglementairement cet
assemblage : boulons, goussets, platines, etc.. ;
● Les différents modes d’assemblages :
i.Boulons normaux ;
ii.Boulons HR (haute résistance ou précontraint) ;
iii.Soudures ;
iv.Rivets.
● Sur un même assemblage on doit éviter d’utiliser des modes différents ;
● Un assemblage est un dispositif qui permet de réunir et de solidariser
plusieurs pièces entre elles, en assurant la transmission et la répartition des
diverses sollicitations entre les pièces, sans générer de sollicitations parasites ;
● Pour réaliser une structure métallique, on dispose de pièces individuelles,
qu’il convient d’assembler :
i.Soit bout à bout (éclissage, raboutages) ;
ii.Soit concourantes (attaches poutre/poteau, treillis et systèmes réticules ;
● Pour conduire les calculs selon les schémas classiques de la résistance des
matériaux, il y a lieu de distinguer, parmi les assemblages ;
i.Les assemblages articulés, qui transmettent uniquement les efforts normaux et
tranchants ;
ii.Les assemblages rigides, qui transmettent les efforts normaux, les efforts
tranchants et les divers moments.

1.2. Règles constructives générales


1.2.1. Assemblages en extension (voir tirage X-10)

En l’absence de raidisseurs, l’épaisseur des ailes (ou de la platine) doit être


suffisante pour reprendre la flexion sous l’effort d’arrachement. Si F est l’effort
repris par chaque boulon de l’attache, on doit avoir
F < 375 e (t/c) (δ/δ+t)
F en dan, longueur en mm.
L’épaisseur e doit augmenter bien sûr si les boulons s’écartent de l’axe de
transmission de l’effort global (nF).
Pour les cornières d’ailes < 100mm on peut se dispenser de vérifier la formule si
F<300dan par boulon et mm d’épaisseur de cornière.

I-2.2. Efforts secondaires

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Il faut réduire au minimum les efforts secondaires en particulier les moments
d’excentrement des forces.
Dans un assemblage, il faut que les lignes d’axe neutre des éléments assemblés
soient concourantes. Pour des raisons de perçage de trou en se contentera de la
concordance des lignes de trusquinage.

I.2.3. Ecartement de boulons : règles de pose (voir tirage X-10)


● Distance δ entre boulons :
o Files intérieures : δ < 30 e mini
o Files extérieures (d = diamètre du trou)
▪ Intempérie = 3d < δ < 7d
▪ Sans intempérie : 3d <δ<10d
● Pince longitudinale :
o δℓ > 1,5 d
o δℓ > 0,8T/e.σe (T étant l’effort de cisaillement par boulon)
o δℓ < 4d pour les goussets pincés entre deux éléments
o δℓ < 2,5 d dans les autres cas.
● Pince transversale : 1,5d < δt < 2,5d

Ces écartements réglementaires doivent être connus des dessinateurs projeteurs.


Ils permettent de réaliser des assemblages équilibrés qui ne fragilisent pas les
pièces assemblées et qui assurent une bonne distribution des efforts.

1.2.4. Epaisseur des pièces assemblées


Si e2 est l’épaisseur de la 2ème pièce la plus épaisse on doit avoir :
d> e2 + 2m m si e2 <20m m
d> e2 + 22m m si e2 >20m m
Σe <4d pour les boulons ordinaires et pas de limitation pour les boulons à haute
résistance.

1.2.5. Pression diamétrale


Le diamètre des trous et l’épaisseur des pièces assemblées doivent être tels que :
Boulons normaux T/de <3бe
Boulons HR σ/de <4бe
Cette condition est nécessaire pour protéger les assemblages d’éléments de
faible épaisseur d’un risque d’écrasement ;
Sur les pièces il faut vérifier que Q1 < 3 σe ;
de
▪ Résistance des boulons à la traction, on vérifie : 1,25 N < σred ;
As
▪ Résistance des boulons au cisaillement, on vérifie : 1,54 Q2 < σred ;
mAS
▪ Résistance des boulons à un effort incliné sur le plan du joint , admettant,
par boulon, une composante normale N suivant l’axe du boulon et une
composante Q2 dans le plan du joint, ou vérifié simultanément :
1, 25 N < σred
As

42
√ N2 + 2,36 (Q2/m)2 < σred
As
Avec
As : section résistante de la tige filetée ;
Q1 : effort pondéré exercé sur un boulon perpendiculaire ( I ) à son axe, par une
pièce d’épaisseur e ;
Q2 : effort pondéré par boulon exercé sur l’assemblage ;
N : effort normal de traction pondéré exercé sur chaque boulon ;
m : nombre de plan de cisaillement ;
σred : contrainte caractéristique servant de contrainte de vérification comme
indiqué dans le tableau suivant :
Classe de 4.6 4.8 5.6 5.8 6.6 6.8 6.9 8.8 10.9
qualité
σred 240 280 300 340 350 410 410 550 670
(N/mm2)

II- Boulons normaux


II.1. Forme
Un boulon est composé d’une tête, d un corps, d’un filetage et d’un écrou
suivant la nature des sollicitations auxquelles est soumis l’assemblage, les
vérifications de la résistance du boulon font intervenir : soit A la section de la
tige lisse, soit Ar la section de la tige filetée (ou As) (voir tirage) X-11).
Le diamètre du trou = diamètre du boulon + 2mm (ou + 1mm)

II-2 Résistance du boulon à la traction :N.


Effort admissible :N = Ar. σred (voir tableau I-25 pour σred
1,25
II-3. Résistance du boulon au cisaillement : T
Effort admissible : T = Arσred ou σ = A σred
1,54 1,54
Dans le cas courant des goussets pris entre les deux éléments transmettant
l’effort, il y a 2 plans de cisaillement et le boulon travaille 2 fois mieux
σ = 2Ar σred
1,54
II-4. Résistance du boulon à un effort incliné.
Il faut vérifier simultanément ;

1,25 N < σred et √ N2+2,36T2 < σred


Ar Ar

II-5. Remarque:
Dans sa démarche l’ingénieur doit:
● Identifier les efforts pondérés (N et T) maxi à transmettre par
l’assemblage ;
● Choisir un diamètre de boulon compatible avec l’épaisseur des éléments
assemblés (voir tableau) ;
● Déterminer le nombre de ces boulons ;

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● Placer correctement ces boulons sur une file ou en quinconce sur deux ;
● Vérifier la condition de pression diamétrale ;
● Etablir les valeurs de δℓ et δt ;
● Vérifier les pièces assemblées.

III- Boulons HR (Haute résistance)


III-1. Le principe des boulons HR.
Au lieu de serrer simplement le boulon sur les pièces, on lui communique un
effort supplémentaire de précontrainte (P) qui se répercute en compression sur
les pièces à serrer. L’assemblage des pièces est réalisé par leur frottement
réciproque et non plus par le cisaillement du boulon
Si φ est le coefficient de frottement des pièces assemblées et P l’effort de
précontrainte on a : Tad = φ.P Tad : admissible sur frottement.
Le boulon HR ne touche pas les bords trou.
Si T> Tad alors il y a glissement et le boulon HR se comporte en boulon normal
en cisaillement.

III-2. Les particularités des boulons HR


Pour obtenir cette précontrainte on doit disposer d’acier de haute résistance et
peu sujet à la corrosion.
Nous avons deux types de boulons de HR :
Désignation Rupture σr Limite élastique allongement
dan/mm2 Dan/mm2 σe
HR1 ou HR 10.9 100 90 > 8%
Hr2 ou HR8.8 80 64 >12%

● Préparation des trous


o Jeu de 1 à 2 mm ;
o Nécessité de rondelle pour éviter le poinçonnement du métal.
● Serrage
o Bien connaître et réaliser la précontrainte P, l’augmenter de façon à
compenser les pertes futures de précontrainte ;
o On utilise une clé dynamométrique on pneumatique ;
o Valeur de la précontrainte P = No = 0,8xσe xAr.
● Préparation des surfaces à assembler
o Nécessité de bien connaître φ, le coefficient de frottement et faire en sorte
qu’il soit le plus grand possible ;
o Eviter toute trace d’huile ou de peinture.

III.3. Le dimensionnement d’un boulon HR.


III.3.1. A la traction ou arrachement des têtes : effort axé sur les boulons
Nad = No = 0,8 σe.Ar

III-3.2. Aux efforts tranchants ou de « glissement » : effort perpendiculaire à


l’axe des boulons. Par plan de frottement on a : Tad = 1,1 Noφ.

III.3.3. Aux efforts inclinés comprenant N et T

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Tad = 1,1φ(No-N) et Nad = No.

III.3.4. A un effort de glissement et à un moment de flexion


La résistance de l’assemblage à l’effort tranchant est calculée comme si le
moment fléchissant n’existait pas. Ensuite on décompose le moment en effort de
traction dans chaque boulon et on vérifie que N<Nad.

Nota :
Ne pas oublier de vérifier la pression diamétrale T/de <4σe. La démarche de
dimensionnement du diamètre des boulons et de leur nombre est le même
qu’avec le boulons normaux avec la nuance suivante :

Sbrute > N/σe et Snette >(N-40% efforts repris par les boulons HR/σe
(les 40% de N sont considérés transmis par frottement).

IV- Assemblages soudés


IV-1. Les différents types de soudure
● soudure à l’arc avec électrode métallique, on crée un arc électrique entre
la pièce à souder et l’électrode grâce à un générateur de courant alternatif ou
continu.
Les électrodes sont enrobées d’un produit moins faible appelé laitier qui
stabilise l’arc et qui protège le cordon de soudure d’un refroidissement trop
rapide.
● Soudure sous flux (PRS en usine) l’électrode est un gros fil et on déverse
sur la soudure une poudre qui sert de fondant.
Pour reprendre les efforts on peut intervenir sur :
o L’épaisseur du cordon de soudure (a) ou sa longueur.

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