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ÉNERGIES

Ti301 - Conversion de l’énergie électrique

Convertisseurs électriques
et applications

Réf. Internet : 42253 | 4e édition

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III
Cet ouvrage fait par tie de
Conversion de l’énergie électrique
(Réf. Internet ti301)
composé de  :

Électrotechnique générale Réf. Internet : 42333

Réseaux électriques linéaires Réf. Internet : 42258

Mesures et essais en électrotechnique Réf. Internet : 42247

Matériaux magnétiques en électrotechnique Réf. Internet : 42259

Matériaux isolants en électrotechnique Réf. Internet : 42255

Matériaux conducteurs et plasmas Réf. Internet : 42251

Composants passifs et transformateurs statiques Réf. Internet : 42246

Outils d'analyse en électronique de puissance et métrologie Réf. Internet : 42278

Composants actifs en électronique de puissance Réf. Internet : 42245

Convertisseurs électriques et applications Réf. Internet : 42253

Accumulateurs d'énergie Réf. Internet : 42243

Généralités sur les machines électriques tournantes Réf. Internet : 42250

Différents types de machines électriques tournantes Réf. Internet : 42249

Machines électriques tournantes : conception, construction Réf. Internet : 42252


et commande

Systèmes électriques pour énergies renouvelables Réf. Internet : 42248

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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Conversion de l’énergie électrique
(Réf. Internet ti301)

dont les exper ts scientifiques sont  :

Bruno ALLARD
Professeur des universités, département de Génie électrique de l'INSA de Lyon,
chercheur au laboratoire Ampère (CNRS UMR 5005)

François COSTA
Agrégé en Génie électrique, Docteur ès Sciences Physiques, Professeur des
universités à l'IUFM de Créteil, Chercheur au SATIE/ENS-Cachan

Éric LABOURÉ
Professeur des Universités (Université Paris Sud - IUT de Cachan)

Thierry LUBIN
Maître de conférences - HDR à l'Université de Lorraine. Chercheur au
laboratoire GREEN de Nancy

Frédéric MAZALEYRAT
Professeur à l'ENS de Cachan, chercheur au SATIE-ENS Cachan (Systèmes et
applications des technologies de l'information et de l'énergie-École normale
supérieure de Cachan)

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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :

Bruno ALLARD François FOREST Ahmad Ammar NAASSANI


Pour les articles : D3060 – Pour les articles : D3176 – D3177 Pour les articles : D2900 – D2902
D3182 – D3183 – D3184
Arnaud GAILLARD Mohamed Wissem NAOUAR
Raphaël ARCHES Pour les articles : D3179 – D3180 Pour les articles : D2900 –
Pour les articles : D3170 – D2902 – D2903 – D2905 – D4268
D3171 – D3172 – D3173 – D3174 Philippe LADOUX
Pour les articles : D3168 – D3178 Rémi PERRIN
Daniel CHAMPIER Pour l’article : D3078
Pour l’article : D3241 Ikram MAAOUI BEN HASSINE
Pour l’article : D2905 Hubert PIQUET
Yvon CHÉRON Pour les articles : D3075 –
Pour les articles : D3170 – Pierre MARTY D3076 – D3077 – D3168 – D3178
D3171 – D3172 – D3173 – D3174 Pour les articles : D3170 –
D3171 – D3172 – D3173 – D3174 Frédéric RICHARDEAU
François COSTA Pour les articles : D3075 –
Pour l’article : D3235 Meriem MERAÏ D3076 – D3077 – D3179 – D3180
Pour les articles : D2903 – D4268
Marc DEBRUYNE Damien RISALETTO
Pour l’article : D3278 Michel METZ Pour l’article : D3167
Pour les articles : D3075 –
Alexis DERBEY D3076 – D3077 – D3170 – Benoît SARRAZIN
Pour l’article : D3237 D3171 – D3172 – D3173 – D3174 Pour l’article : D3237

Bernard ESCAUT Gérard MEUNIER Ilhem SLAMA-BELKHODJA


Pour les articles : D3170 – Pour l’article : D3237 Pour les articles : D2900 –
D3171 – D3172 – D3173 – D3174 D2902 – D2903 – D4268
Thierry MEYNARD
Jean-Paul FERRIEUX Pour les articles : D3075 – Dejan VASIC
Pour l’article : D3237 D3076 – D3077 – D3176 – D3177 Pour l’article : D3235

Henri FOCH Éric MONMASSON


Pour les articles : Pour les articles : D2900 –
D3075 – D3076 – D3077 – D2902 – D2903 – D4268
D3168 – D3170 – D3171 –
D3172 – D3173 – D3174 – Florent MOREL
D3176 – D3177 – D3178 Pour l’article : D2901

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VI
Convertisseurs électriques et applications
(Réf. Internet 42253)

SOMMAIRE

1– Principes fondamentaux Réf. Internet page

Électronique de puissance - Bases, perspectives, guide de lecture D3060 11

Des dipôles à la cellule de commutation D3075 15

Synthèse fonctionnelle des interrupteurs dans la cellule de commutation D3076 19

De la gestion des contraintes de commutation à la commutation douce D3077 23

La commutation douce : le cas du convertisseur Flyback D3078 25

2– Convertisseurs Réf. Internet page

Convertisseurs de type forward. Dimensionnement magnétique D3167 31

Association de cellules de commutation. Eléments de synthèse des convertisseurs D3168 35


statiques
Convertisseurs continu-alternatif et alternatif-continu D3170 41

Commutateurs de courant D3171 43

Commutateurs de courant. Structures élémentaires D3172 45

Commutateurs de courant à thyristors D3173 49

Fonctionnement avec sources réelles des commutateurs à thyristors D3174 55

Onduleurs de tension. Structures. Principes. Applications D3176 59

Onduleurs de tension. Mise en œuvre D3177 63

Modes de défauts principaux et principes de sécurisation de l'onduleur de tension D3179 67

Structures de redondances et principes de reconiguration de l'onduleur de tension D3180 71

Convertisseurs de tension intégrés inductifs : principes fondamentaux D3182 75

Principes de régulation en boucle fermée - approche en tension. Boucle fermée, D3183 79


régulateur de tension

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VII
Principes de régulation en boucle fermé : approche en mode glissant en courant. D3184 83
Stratégie de contrôle en boucle fermée
Association de convertisseurs assurant une liaison énergétique D3178 85

3– Applications Réf. Internet page

Apport de l'électronique de puissance pour la traction électrique D3278 93

Applications des éléments piézoélectriques en électronique de puissance D3235 97

Transfert d'énergie électrique sans contact par induction en moyenne puissance D3237 103

Générateurs thermoélectriques : de la conception aux applications D3241 109

4– Commande des convertisseurs et des machines Réf. Internet page

électriques
Introduction à la commande numérique des machines électriques D2900 117

Commande prédictive de machines électriques tournantes D2901 121

Commande numérique à base de composants FPGA d'une machine synchrone D2902 125

Commande numérique des convertisseurs d'électronique de puissance D2903 131

Commande d'un étage DC/AC monophasé inclus dans un système de génération D2905 135
distribuée monophasée
Contrôle de convertisseurs pour l'amélioration de la qualité de l'énergie électrique D4268 139

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Convertisseurs électriques et applications
(Réf. Internet 42253)


1– Principes fondamentaux Réf. Internet page

Électronique de puissance - Bases, perspectives, guide de lecture D3060 11

Des dipôles à la cellule de commutation D3075 15

Synthèse fonctionnelle des interrupteurs dans la cellule de commutation D3076 19

De la gestion des contraintes de commutation à la commutation douce D3077 23

La commutation douce : le cas du convertisseur Flyback D3078 25

2– Convertisseurs

3– Applications

4– Commande des convertisseurs et des machines


électriques

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QP
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dSPVP

Électronique de puissance – Bases,


perspectives, guide de lecture

par Bruno ALLARD
Professeur des Universités
Département de Génie Électrique de l’INSA de Lyon,
Directeur et chercheur au laboratoire Ampère, UMR CNRS 5005,
Campus LyonTech-La Doua, Villeurbanne

Cet article est la réédition actualisée de l’article [D 3 060] intitulé « L’électronique de puis-
sance – Bases, perspectives, guide de lecture » paru en 2006, rédigé par Bruno Allard.

1. Découpage de l’énergie électrique .................................................. D 3 060v2 - 3


2. Électronique de puissance depuis son origine ............................. — 4
3. Électronique de puissance demain .................................................. — 6
4. Une discipline scientifique et technique très vaste ................... — 7
5. Rubrique vivante ................................................................................... — 8
5.1 Outils d’analyse et métrologie ................................................................ — 8
5.2 Composants passifs ................................................................................. — 8
5.3 Composants actifs à semi-conducteur ................................................... — 8
5.4 Commande et régulation des convertisseurs ........................................ — 8
5.5 Architecture des convertisseurs.............................................................. — 9
5.6 Applications .............................................................................................. — 9
6. Conclusion .............................................................................................. — 10
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. D 3 060v2

’électronique de puissance est une discipline scientifique et technique –


L statut acquis depuis les années 1980, discipline vaste de connaissances et
de technologies.
La réussite d’un convertisseur de puissance, en tant que produit industriel,
repose sur la maîtrise de nombreux phénomènes physiques, dans plusieurs
domaines. Pour autant, il serait délicat d’avancer une définition précise des
concepts, technologies et techniques que recouvre l’acronyme « électronique
de puissance ». Cette discipline soutient la réalisation de fonctions essentielles
au sein de systèmes, dont le grand public ne voit en fin de compte que la fina-
lité. Que ce soit dans un train ou un téléphone portable, la place de
l’électronique de puissance dans ces « produits » est rarement soulignée.
L’électronique de puissance alimente en énergie les fonctions d’un système
« électronique », quel qu’il soit. L’image de la discipline « électronique de
puissance » est sans doute à l’égale de l’importance de cette discipline dans un
système : tout en discrétion.
À l’heure où les matières fossiles se raréfient et que la conscience écologique
promeut des énergies propres et renouvelables, l’électronique de puissance est
de nouveau propulsée au premier plan. En effet, en aval des systèmes qui
transforment les énergies alternatives à l’énergie fossile (soleil, vent, eau,
thermie, vibration, biomasse), l’électronique de puissance est présente dès la
transformation en énergie électrique et dès l’adaptation de cette électricité aux
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@RPQV

besoins. L’industrie de l’électronique de puissance est contrainte de produire

Copyright © –Techniques de l’Ingénieur –Tous droits réservés D 3 060v2 – 1

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ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE – BASES, PERSPECTIVES, GUIDE DE LECTURE __________________________________________________________________

plus de convertisseurs, avec des performances accrues et pour un coût de plus


en plus réduit. Ces performances vont dans le sens d’un meilleur rendement et
d’une puissance massique augmentée. Des applications exigent des fonction-
nements des environnements considérés comme sévères en température
ambiante, vibration et agression chimique. Mais toujours en discrétion...
L’électronique de puissance s’apparente à l’électrotechnique, et renvoie à de


grosses installations. Ces installations électriques n’évoquent pas de prime
abord de hautes technologies et pourtant la transition énergétique fait émerger
un renouveau technique et scientifique fort des solutions dites de réseaux
intelligents (smart grids). Le déploiement dans un futur proche d’un réseau
maillé en régime continu mais à haute tension (HVDC) implique la mise au
point de composants et de convertisseurs adaptés. Sans électronique de puis-
sance en termes de techniques et de concepts, les produits nomades
(ordinateurs, lecteurs...) ne connaîtraient pas le développement que l’on sait. À
toute petite échelle, l’électronique de puissance s’appelle la « gestion de
l’énergie » ou « power management ». C’est finalement le but premier de tout
convertisseur. C’est l’électronique basse tension qui s’est emparée des
concepts de découpage de l’énergie électrique, ou bien l’électronique de puis-
sance, en tant que discipline, qui s’intéresse à des produits de toute petite
puissance (moins du watt) comme à ceux mettant en jeu des puissances colos-
sales (plusieurs mégawatts). Mise à part la technologie, l’alimentation d’un
processeur (~ 100 W) ou le convertisseur connecté à une génératrice
d’éolienne (400 kW) partage un très grand nombre d’aspects, et les ingénieurs
qui les ont respectivement conçus se sont battus avec les mêmes phénomènes
physiques et ont tenté de trouver la meilleure réponse aux mêmes compromis
(masse, rendement, stabilité, qualité de service, refroidissement, fiabilité,
susceptibilité électromagnétique...).
La rubrique Électronique de puissance présente une discipline, dédiée à la
conversion de l’énergie électrique, c’est-à-dire le moyen de fournir précisé-
ment à une charge l’énergie électrique dont elle a besoin, – en courant, en
tension et en contenu spectrale et cela de manière dynamique – quand elle en
a besoin, et ce à partir d’une ou plusieurs sources primaires d’énergie élec-
trique. La rubrique a l’ambition de consigner les connaissances nécessaires à
la compréhension des phénomènes mis en jeux. La conversion d’énergie pri-
maire non électrique en électricité couvre des aspects de plus en plus abordés
en terme de « récupération d’énergie » (energy harvesting). Les principes phy-
siques de la transformation de l’énergie primaire en électricité ne sont pas
traités dans la présente rubrique. Par contre la gestion de cette transformation,
notamment pour la rendre la plus efficace possible, – notamment le fameux
point de puissance maximale (MPP, maximal power point) – incombe à un
convertisseur électrique, objets couverts dans la présente rubrique.
L’électronique de puissance évolue très vite, et par sauts technologiques.
Aussi, le rôle de la rubrique est également d’offrir un exposé concis des appli-
cations technologiques les plus pertinentes pour tous les aspects d’un
système de puissance. Enfin, les Techniques de l’Ingénieur ont la mission de
faire évoluer l’édition de la rubrique pour refléter l’électronique de puissance
de demain : des structures nouvelles de conversion sont mises au point, la
course à l’intégration pour les petites ou moyennes puissances, ou bien le pré-
lèvement direct de l’énergie sur un réseau, pour les sources de très haute
tension, par exemple.

Le lecteur trouvera en fin d’article un glossaire des termes et expressions importants de


l’article, ainsi qu’un tableau des sigles, notations et symboles utilisés tout au long de l’article.

D 3 060v2 − 2 Copyright © –Techniques de l’Ingénieur –Tous droits réservés

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___________________________________________________________________ ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE – BASES, PERSPECTIVES, GUIDE DE LECTURE

1. Découpage de l’énergie
électrique Ie
Is
10 A

Ve R Vs
La rubrique Électronique de puissance est construite autour d’un Convertisseur 5Ω
100 V 50 V
périmètre réduit de notions techniques et scientifiques, autour de la
conversion électrique proprement dite. Il est entendu qu’une éner-
gie électrique amont est déjà disponible et que la conversion a pour
but de fournir une énergie électrique aval. La conversion est mise en
œuvre par des convertisseurs dits de puissance, même dans le cas Figure 1 – Synoptique d’un convertisseur de tension continue Q
où cette puissance est très petite. Il est expliqué ici que pour des
questions de rendement, ces convertisseurs utilisent un principe de
découpage de l’énergie. Le lecteur ne trouvera pas dans la rubrique
les notions relatives à la conversion d’une énergie primaire en éner- Is
gie électrique, comme par exemple les principes photovoltaïques. Ie 10 A
Pour autant ces principes sont intimement liés très souvent à un
convertisseur tel que traité dans la présente rubrique. Ve Rpot 5 Ω R Vs
Un convertisseur de tension ou de courant ne peut plus utiliser 100 V 5Ω 50 V
une structure linéaire pour une question de rendement. Consi-
Vpot 50 V
dérons le cas simple de la production d’énergie sous une tension
continue de 50 V à partir d’une source de tension continue de
100 V, pour alimenter une charge résistive de 5 Ω (figure 1). a diviseur potentiométrique

En électronique analogique dite bas niveau (traité E de la pré-


Is
sente collection), l’abaissement de tension se résout simplement Ie 10 A
par division potentiométrique ou l’insertion d’un ballast série
(figure 2). Cette structure série, linéaire, est appelée « régulateur Ve R Vs
linéaire » en électronique analogique. Malheureusement le rende- 100 V Interface 5Ω 50 V
ment est directement fonction du rapport des deux tensions,
entrée et sortie (dans notre cas, il est de 50 %), ce qui est inaccep- Vref
Vce 50 V
table, dès lors que des grandes puissances sont mises en jeu.
C’est du découpage temporel de l’énergie que vient la solution. b régulateur à ballast série
Un interrupteur à deux pôles (figure 3) connecte cycliquement la
source primaire au reste du circuit pour prélever juste l’énergie
nécessaire pour alimenter la charge. Seul, cet interrupteur produit Figure 2 – Diviseur potentiométrique ou régulateur à ballast série
une source d’énergie dont la tension n’est pas constante (figure 4)
mais dont la valeur moyenne approche le niveau de tension dési-
rée pour la charge en sortie. En allongeant ou diminuant le temps
pendant lequel la source primaire est connectée au convertisseur,
ie (t ) is (t )
au cours du fonctionnement cyclique, il apparaît que la valeur
moyenne peut être ajustée à une valeur comprise entre 0 et 100 V. 1
Ve R
Le rapport de cette durée d’absorption d’énergie côté primaire du 2 vs (t )
100 V 5Ω
convertisseur (αTcycle) à la durée totale du cycle (Tcycle) s’appelle le
rapport cyclique α. Ce sera donc la « grandeur » par laquelle la ten-
sion en sortie du convertisseur pourra être réglée.
Pour lisser la tension en sortie du convertisseur, un filtre Figure 3 – Utilisation d’un interrupteur à deux pôles, commuté
passe-bas LC atténuera tous les harmoniques indésirables dès lors cycliquement entre ses deux positions limites
que la fréquence de coupure du filtre (1 / 2 π LC ) est très inférieure
à la fréquence de découpage (fcycle = 1/Tcycle). La figure 5 illustre
un schéma d’une structure typique d’un convertisseur abaisseur
de tension continue. Des perturbations sur la tension d’entrée ou vs (t )
des évolutions instantanées des caractéristiques des composants α Tcycle (1 – α) Tcycle
de ce convertisseur font que la tension de sortie va fluctuer autour
de la valeur idéale désirée. Il faut mettre en œuvre un mécanisme Ve
de correction. La tension de sortie est donc mesurée et un correc-
teur fournit la valeur idéale du rapport cyclique à partir d’une Pôle 1 Pôle 2 Pôle 1 Pôle 2
consigne de tension. Celui-ci est mis en œuvre par un générateur à
modulation de largeur d’impulsion (MLI ou PWM, en anglais) qui
fournit l’ordre « logique » de commande de l’interrupteur. Vs

Le principe qui vient d’être exposé – le découpage – paraît simple,


mais sa mise en œuvre exige plusieurs autres principes, comme
celui d’une boucle de correction. Les composants actifs et passifs
exigent d’être dimensionnés de manière adéquate et eux-mêmes
mis en œuvre selon certains autres principes. La conversion Tcycle t
s’accompagne d’une dissipation d’énergie thermique car les chan-
gements d’état des différents composants au cours du temps ne se
font pas de manière idéale. Enfin, le courant qui est prélevé sur la Figure 4 – Forme temporelle de la tension aux bornes de la charge,
source d’entrée de tension prend une forme impulsionnelle, dont la dans le cas de l’interrupteur bipolaire

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Des dipôles à la cellule


de commutation

par Henri FOCH
Ancien Professeur de l’Institut National Polytechnique deToulouse,
Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique Industrielle (LEEI)
Michel METZ
Professeur Émérite de l’Institut National Polytechnique deToulouse, LEEI
Thierry MEYNARD
Directeur de Recherche au CNRS, LEEI
Hubert PIQUET
Professeur de l’Institut National Polytechnique deToulouse, LEEI
et Frédéric RICHARDEAU
Chargé de Recherche au CNRS, LEEI

avec la collaboration de Guillaume GATEAU, Maître Conférences de l’INPT, LEEI, Philippe


LADOUX, Professeur de l’INPT, LEEI, Emmanuel SARRAUTE, Maître de Conférences de
l’IUFM deToulouse, LEEI, Henri SCHNEIDER, Maître de Conférences de l’INPT, LEEI et Chris-
tophe TURPIN, Chargé de Recherche au CNRS, LEEI

1. Notions de dipôle passif, dipôle actif et de source ....................... D 3 075 - 2


1.1 Définitions et conventions .......................................................................... — 2
1.2 Caractéristiques statiques........................................................................... — 2
1.3 Sources statiques ........................................................................................ — 3
1.4 Sources instantanées .................................................................................. — 4
1.5 Évolution de la nature des sources dans le domaine fréquentiel ........... — 4
2. Point de fonctionnement ....................................................................... — 5
2.1 Existence et sensibilité du point de fonctionnement................................ — 5
2.2 Stabilité du point de fonctionnement de deux dipôles interconnectés .. — 5
3. Dipôles à la cellule de commutation.................................................. — 8
3.1 Connexion directe des dipôles : 1re règle sur la nature des dipôles ....... — 8
3.2 Condition de contrôle de l’échange d’énergie. Modèle résistif binaire .. — 8
3.3 Conséquences induites par la présence d’interrupteurs :
p。イオエゥッョ@Z@ョッカ・ュ「イ・@RPPV@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@。カイゥャ@RPQU

modèle pour la commutation ..................................................................... — 8


3.4 Cellule de commutation .............................................................................. — 9
3.5 Cellule de commutation pour source de tension polyphasée ................. — 10
4. Modèles de cellule de commutation .................................................. — 10
5. Conclusion ................................................................................................. — 13

’électronique de puissance a pour objet l’échange d’énergie entre au moins


L deux systèmes électriques. Pour cela, elle assure d’une part une fonction de
conversion de l’énergie électrique en rendant compatibles les caractéristiques
(fonction de la tension, du courant et de la fréquence) de ces deux systèmes et
d’autre part (en général) une fonction de contrôle de cet échange d’énergie.
C’est donc une discipline qui correspond au traitement de l’énergie électrique
(en combinant les aspects « conversion » et « contrôle »). Les dispositifs
électriques permettant d’assurer ces fonctions portent le nom générique de
convertisseurs statiques (CVS).

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. − © Editions T.I. D 3 075 − 1

QU
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DES DIPÔLES À LA CELLULE DE COMMUTATION ______________________________________________________________________________________________

Puisqu’ils sont destinés à traiter de l’énergie, ces dispositifs doivent être le


siège de pertes aussi faibles que possible, pour des raisons évidentes de
rendement, mais aussi afin de minimiser le poids et le coût des dispositifs
d’évacuation de ces pertes. Pour ce faire, les CVS utilisent des composants
jouant le rôle d’interrupteurs électroniques (passants ou bloqués) selon un prin-
cipe de découpage (par opposition au principe d’amplification linéaire) complété
par des circuits passifs de filtrage.
Q Dans ce premier dossier, nous nous plaçons dans le cas d’échanges d’énergie
entre deux dipôles. Ce cas simple permet effectivement d’introduire tous les
principes de base – les fondamentaux – de l’électronique de puissance.

1. Notions de dipôle passif,


dipôle actif et de source i

D1 v D2
1.1 Définitions et conventions
Un dipôle désigne un composant électrique, et plus géné-
ralement une portion de circuit électrique faisant apparaître deux
bornes, caractérisé par la relation existant entre la tension à ces Figure 1 – Interconnexion directe entre 2 dipôles.
bornes et le courant circulant entre ces bornes. L’un est en convention générateur et l’autre en convention récepteur
L’interconnexion de deux dipôles les conduit à partager la même
tension et le même courant (figure 1). Quelles que soient les
conventions de signe choisies, il apparaît de façon évidente que le
sens conventionnel du courant est sortant pour l’un des dipôles V
(D1 sur la figure 1) et rentrant pour l’autre (D2). Le fait de les repré-
senter avec la même tension et le même courant implique donc 1
nécessairement que l’un soit en convention générateur (D1) et
2
l’autre en convention récepteur (D2).
Au-delà des aspects purement conventionnels, le fait que le pro-
IV I 3
duit vi, qui correspond à la puissance échangée, soit le même pour 0
les deux dipôles signifie que l’un des dipôles fonctionne obliga-
toirement en générateur et l’autre en récepteur. Si le produit vi est I
III II
positif, les dipôles fonctionnent conformément à la convention
choisie. Si le produit vi est négatif, le dipôle qui est en convention
générateur fonctionne en réalité comme un récepteur et
inversement. V
IV I
1.2 Caractéristiques statiques 4
5
Les grandeurs électriques des dipôles peuvent s’exprimer dans
le cas général par une équation intégro-différentielle de la forme : 0
f (v, i, t) = 0. À un instant donné, cette équation devient une simple I
relation tension-courant, que l’on peut représenter graphiquement
par ce que l’on appelle la caractéristique statique dans le plan (VI).
À la suite des remarques du paragraphe 1.1, il est essentiel de
préciser quelle est la convention choisie (générateur ou récepteur) III II
pour les dipôles dont on trace la caractéristique statique.
Considérons les caractéristiques statiques de la figure 2, corres-
pondant à cinq dipôles différents. Les trois premiers sont tracés en Figure 2 – Caractéristiques statiques de quelques dipôles
utilisant la convention générateur ; les deux autres sont en
convention récepteur.
Plusieurs critères, conduisant à des propriétés fondamentales, « naturel » n’est disponible) et le dipôle 3 (dont la forme de la
peuvent être examinés. caractéristique correspond à celle d’un panneau solaire) sont donc
des dipôles actifs.
La caractéristique statique d’un dipôle susceptible de fournir
durablement de la puissance passe nécessairement dans les On reconnaît par ailleurs la caractéristique statique d’un dipôle
quadrants I ou III en convention générateur et II ou IV en passif à ce qu’elle ne passe pas dans ces quadrants. Les dipôles 4
convention récepteur. On parle alors de dipôle actif. Le dipôle 1 (simple résistance) et 5 (décharge dans les gaz) sont qualifiés de
(une batterie, par exemple), le dipôle 2 (pour lequel aucun exemple dipôles passifs.

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_____________________________________________________________________________________________ DES DIPÔLES À LA CELLULE DE COMMUTATION

La caractéristique est univoque ou non : les caractéristiques des


dipôles 1, 2, 3 et 4 sont univoques aussi bien en tension qu’en V
courant. Ces dipôles peuvent a priori être caractérisés aussi bien
par une relation de type V = f (I) ou I = g (V).
Au sens mathématique, si l’une des deux grandeurs s’exprime de façon unique en fonc-
tion de l’autre, on dit que la fonction qui les relie est univoque. V0
I
Par contre, la caractéristique du dipôle 5 (exemple : décharge


dans un gaz) est univoque en courant mais pas en tension : à une
valeur du courant correspond une seule valeur de la tension alors SV V
qu’à une valeur de la tension peuvent correspondre plusieurs
valeurs du courant. La relation s’écrit alors de façon univoque
obligatoirement sous la forme V = f (I).
La caractéristique est réversible ou non : toutes les caractéristiques 0
présentées ici présentent une réversibilité, c’est-à-dire qu’au moins 0 I0 I
l’une des grandeurs électriques, tension ou courant, peut changer de
signe. Mais il faut considérer que ce n’est pas une propriété générale
et que par ailleurs une réversibilité disponible n’implique pas qu’elle
soit effectivement exploitée. Figure 3 – Dipôle apparenté à une source de tension
On remarquera que la réversibilité des dipôles actifs correspond
à la traversée d’un axe en dehors du zéro, ce qui signifie qu’il y a
changement de signe du produit vi donc changement du sens du
transfert de puissance. Un dipôle actif présentant une caractéristique V
réversible peut ainsi fonctionner soit en générateur, soit en
récepteur. Par contre, la traversée des axes pour un dipôle passif ne
peut s’effectuer que par le point zéro ; ceci signifie que le produit vi
reste toujours positif et donc qu’un dipôle passif ne peut fonctionner I
qu’en récepteur. I = g (V )

La caractéristique est à peu près horizontale ou à peu près


SI V V0
verticale : c’est le cas des dipôles 1 et 2. Le fait que l’une des
grandeurs varie peu alors que l’autre peut varier beaucoup dans
les limites du plan v (i) conduit naturellement à la notion de source.
Cette notion fondamentale fait l’objet du paragraphe suivant.
0
0 I0 I
1.3 Sources statiques
Figure 4 – Dipôle apparenté à une source de courant
La notion de source statique permet de caractériser le
comportement d’un dipôle soumis à une variation d’excitation
infiniment lente ; ce comportement est complètement défini par la ont tendance à imposer le courant, quelle que soit la tension à leurs
caractéristique statique. Deux grandes familles de dipôles actifs bornes. Ils s’apparentent donc à une source de courant (noté SI). Le
peuvent être identifiées par leur caractéristique. cas particulier ∂I /∂V = 0 correspond à une source de courant parfaite.
■ Dipôles actifs ayant une caractéristique univoque V = f (I) telle Il est usuel de modéliser de tels dipôles sous la forme d’une
dV dI source de courant parfaite avec une résistance en parallèle, pour
que, autour du point (I 0 , V 0), lim ---------- ,, lim -------- . Cette équa- tenir compte de la variation de la tension en fonction de celle du
f→0 V0 f→0 I0
courant. En général, cette résistance est positive, ce qui conduit à
tion signifie qu’autour de ce point de fonctionnement, de tels dipô- une pente négative en convention générateur ou positive en
les ont tendance à imposer la tension à leurs bornes et on parlera convention récepteur (cas de la figure 4).
alors de sources de tension statiques notées SV (figure 3).
Pour des raisons analogues à celles évoquées au paragraphe
Il est usuel de modéliser de tels dipôles sous la forme d’une précédent, la notion de source de courant est locale.
source de tension parfaite en série avec une résistance interne de
valeur n∂V /∂Io I 0 , V 0 pour tenir compte de la chute de tension en
fonction du courant. Il faut noter cependant que même si le On remarquera que la notion de source de tension statique
fonctionnement vu des bornes est rigoureusement identique, le est locale, même dans le cas d’un dipôle avec résistance interne
phénomène physique responsable de la chute de tension dans le constante. En effet, l’équation précédente revient à comparer
système réel n’est pas nécessairement dissipatif (comme par lim ∂V /∂I I 0 , V et |V 0 /I 0 |, et si, dans le cas d’un dipôle linéaire,
exemple, pour la chute de tension par empiètement dans les f→0 0

montages redresseurs). En général, cette résistance interne est la première quantité est constante, la seconde varie quant-à-elle
constante et positive, ce qui conduit à une pente négative en de zéro à l’infini selon le point de fonctionnement. Un tel dipôle
convention générateur (cas de la figure 3) et positive en sera donc une source de tension statique dans un domaine du
convention récepteur. Le cas particulier où la résistance interne est plan (V, I ) et une source de courant statique dans un autre
nulle correspond à une source de tension parfaite. domaine (figure 5).
Dans le cas d’un dipôle non linéaire, la caractéristique du dipôle
n’est pas parfaitement rectiligne et on parle d’une résistance locale
∂V /∂I variable en fonction du point de fonctionnement considéré. Notons la différence fondamentale entre la notion de source
statique et la notion de source continue. Par exemple, une
■ Dipôles actifs ayant une caractéristique univoque I = g (V ) telle source de tension alternative parfaite caractérisée par l’équation
dI dV v (t ) = 240 sin (2π 50t ) serait à tout instant, conformément aux
que lim -------- ,, lim ---------- . Autour du point (I 0 , V 0), de tels dipôles
f→0 I0 f→0 V0 définitions ci-dessus une source de tension statique parfaite.

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Synthèse fonctionnelle
des interrupteurs dans la cellule
de commutation Q

par Henri FOCH


Ancien Professeur de l’Institut National Polytechnique de Toulouse,
Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique Industrielle (LEEI)
Michel METZ
Professeur Émérite de l’Institut National Polytechnique de Toulouse, LEEI
Thierry MEYNARD
Directeur de Recherche au CNRS, LEEI
Hubert PIQUET
Professeur de l’Institut National Polytechnique de Toulouse, LEEI
et Frédéric RICHARDEAU
Chargé de Recherche au CNRS, LEEI
avec la collaboration de Guillaume GATEAU, Maître de Conférences de l’INPT, LEEI, Philippe
LADOUX, Professeur de l’INPT, LEEI,
Emmanuel SARRAUTE, Maître de Conférences de l’IUFM Toulouse, LEEI, Henri SCHNEIDER,
Maître de Conférences de l’INPT, LEEI
et Christophe TURPIN, Chargé de Recherches au CNRS
Depuis janvier 2007, le LEEI a été intégré au LAPLACE (Laboratoire plasma et conversion
d’énergie)

1. Objectifs...................................................................................................... D 3 076 - 2
2. Commutation dans la cellule. Causalité ............................................ — 3
2.1 Bases ............................................................................................................. — 3
2.2 Représentation des interrupteurs dans le plan i K (v K) ............................. — 3
2.3 Mise en équation de la cellule .................................................................... — 4
2.4 Relations de causalité entre les interrupteurs de la cellule ...................... — 4
3. Synthèse fonctionnelle des interrupteurs
dans la cellule de commutation ........................................................... — 6
3.1 Conventions dans le contexte de la cellule................................................ — 7
3.2 Complémentarité des états des interrupteurs dans la cellule .................. — 7
3.3 Caractéristiques électriques des interrupteurs de la cellule..................... — 7
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPPX@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@。カイゥャ@RPQU

4. Conclusion.................................................................................................. — 18

e dossier fait suite au dossier [D 3 075] qui présente les objectifs de l’élec-
C tronique de puissance, les notions de dipôle passif, actif et de source,
ainsi que les règles de connexion des sources et la notion de cellule de
commutation.
Dans ce dossier sur la commutation, nous proposons une démarche systé-
matique orientée vers la synthèse des interrupteurs d’une cellule de
commutation utilisée pour effectuer un transfert d’énergie contrôlé entre deux
sources d’énergie complémentaires. Nous étudions les liens entre caractéristi-
ques statiques des interrupteurs et réversibilités intrinsèques des sources,
d’une part, et entre caractéristiques dynamiques et gestion des échanges
d’énergie, d’autre part.

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SYNTHÈSE FONCTIONNELLE DES INTERRUPTEURS DANS LA CELLULE DE COMMUTATION ________________________________________________________

Nous montrons d’abord, au paragraphe 1, que l’obligation d’une


commutation « rapide » des interrupteurs de la cellule (quelques dizaines de
nanosecondes à quelques microsecondes selon les structures d’interrupteurs
électroniques) rend extrêmement délicate voire dangereuse toute tentative de
commutation complémentaire de leur résistivité. En effet, de par la dispersion
inévitable des retards dans la commande et au niveau des interrupteurs
eux-mêmes (retards intrinsèques et seuils), la conduction ou le blocage simul-

Q tanés même fugitif des deux interrupteurs est susceptible de provoquer une
surintensité ou une surtension inacceptable. Le paragraphe 1 traite ainsi des
principes fondamentaux de la commutation qu’il convient de connaître pour
mettre en œuvre une cellule de commutation « commandée » en respectant les
relations fondamentales de causalité entre les interrupteurs. Sur la base de ces
principes, le paragraphe 2 présente la synthèse fonctionnelle des interrupteurs
de la cellule. Cette synthèse prendra en compte toutes les configurations de
réversibilité électrique des sources raccordées et des modes de commande. Au
terme des paragraphes 1 et 2, l’ensemble des mécanismes de commutation de
la cellule seront établis et caractérisés sur le plan qualitatif.
Il restera alors à voir comment gérer les contraintes résultant de la
commutation, ce qui sera l’objet du dossier [D 3 077]. Y seront décrits les
moyens mis en œuvre pour les interrupteurs actifs lors de cette commutation
qui seront éventuellement fort différents de ceux requis par ceux qui ne font
que subir cette commutation mais s’avèrent finalement les plus contraints. On
montrera enfin qu’à l’exception des hacheurs non réversibles, ce problème se
rencontre pratiquement dans tous les convertisseurs et notamment dans les
onduleurs qui sont au cœur de ce dossier.

réalisant une maille avec les deux interrupteurs (source réalisée au


1. Objectifs moyen d’un condensateur placé aux bornes du dipôle) et de type
« source de courant » pour le dipôle D2 connecté au nœud de rac-
Le traitement de l’énergie électrique entre deux dipôles inter- cordement des deux interrupteurs (source réalisée au moyen d’une
connectés D1 et D2 implique de pouvoir dissocier les courants et les inductance placée en série avec le dipôle). La présence de ces deux
tensions de ces deux dipôles. Comme indiqué en figure 1a, cette sources « instantanées » V et I implique que les deux interrupteurs
opération passe par l’insertion de deux dipôles supplémentaires K1 ne peuvent plus être ni bloqués ni passants en même temps (sauf
et K2 , caractérisés par une résistivité variable. Pour garantir des per- cas particulier de source de valeur nulle) ; ils doivent être dans des
tes minimales dans le transfert de puissance, ces dipôles ne doivent états statiques complémentaires faisant apparaître seulement deux
présenter que deux états statiques : un état de faible résistivité topologies d’interconnexion entre les dipôles principaux (une topo-
(chute de tension négligeable) et un état de forte résistivité (courant logie correspondant à un transfert de puissance et une topologie
de fuite négligeable). De plus, la transition entre leur deux états sta- correspondant à une interruption du transfert de puissance).
tiques doit être généralement la plus rapide possible de sorte que Les deux exemples suivants, très courants, permettent de cerner
les dipôles insérés doivent jouer la fonction d’interrupteur. Par voie le développement plus fondamental qui suivra. Dans un pont
de conséquence, les discontinuités du courant et de la tension appli- redresseur à diodes (figure 2), la tension V AC alternative permet
quées aux dipôles principaux D1 et D2 impliquent que ces derniers l’amorçage d’une diode au zéro de tension (amorçage spontané)
doivent absolument présenter un comportement « instantané » de suivi du blocage de l’autre diode au zéro de courant (blocage
nature opposée : de type « source de tension » pour le dipôle D1 spontané). C’est donc l’amorçage de la première diode qui

vK
1
R1 max K1 R1 max

i1 R1 mini i2 iK R1 mini iK i
K2 1 2
R2 max R2 max
v1 D1 R2 mini D2 v2 v R2 mini
vK
2

v source instantanée de tension réalisant une maille avec K1 et K2,


a réglage du transfert de puissance entre deux dipôles i source instantanée de courant connecté au nœud de raccordement de K1 et K2
interconnectés D1 (v 1 , i 1) et D2 (v 2 , i 2) par deux
interrupteurs K1 , K2 b schéma équivalent de la cellule élémentaire pour l'étude de la commutation

Figure 1 – Dissociation des courants et des tensions de deux dipôles

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_________________________________________________________ SYNTHÈSE FONCTIONNELLE DES INTERRUPTEURS DANS LA CELLULE DE COMMUTATION

ITr
VD VD
1 2
VAC IDC
VTr
ID ID 100 A
1 2
VDC + IDC


325 V
500 V VD 100 A

ID
a schéma
Blocage
200 spontané a schéma
IDC = 100 IID1
D à ID = 0
1 1
600
– 100 Amorçage VDC = 500
– 200 spontané 400 VVTr
Tr
– 300 àVD = 0 300 Blocagepar
Blocage p Amorçage p
Amorçage par
VD
D1 1
la comman
la commande la comman
command
la commande
1 200
– 400
IDC = 100 IITr
Tr
VD = VAC
1 0
200 – 100
IDC = 100 IID2
D2 ID
IDC = 100
– 100 Blocage Amorçage 0
spontané spontané – 100 Amorçage Blocage VVD
D
– 200
à ID = 0 àVD = 0 – 200 spontané spontané
– 300 2 VD 2 – 300 à VDD= 0 à ID = 0
D2
2
– 400 – 400
VD = VAC –VDC = – 500
0 2 10 20 30 40
Temps (ms) – 600
tensions en volts et intensités en ampères 0 10 20 30 40
Temps (ms)
b formes d’ondes tensions en volts et intensités en ampères

b formes d’ondes
Figure 2 – Illustration de la commutation du pont redresseur
à diodes
Figure 3 – Illustration de la commutation du hacheur

entraîne (causalité) le blocage de la deuxième diode. Dans le cas


d’un hacheur (figure 3), les sources V et I ne changeant pas de La répétitivité de ces deux états statiques dans le temps
signe, seul un ordre appliqué à une électrode de commande est implique que chaque interrupteur soit caractérisé successivement
susceptible de déclencher la commutation. L’amorçage du transis- par une commutation d’amorçage ET une commutation de
tor (amorçage commandé) entraîne (causalité) le blocage de la blocage. De plus, la complémentarité des interrupteurs implique la
diode au zéro de courant (blocage spontané). De même, le blocage simultanéité du blocage de l’un et de l’amorçage de l’autre, simul-
du transistor (blocage commandé) entraîne (causalité) l’amorçage tanéité qui n’est qu’apparente parce que l’une des commutations
de la diode au zéro de tension (amorçage spontané). entraîne (causalité) l’autre.
L’étude de la commutation de la cellule revient donc à caracté-
riser les deux commutations de chacun des deux interrupteurs.
Pour faciliter l’étude, il est usuel de faire appel à une représenta-
2. Commutation tion de l’état statique et transitoire des interrupteurs dans le plan
dans la cellule. Causalité i K (v K) où les interrupteurs sont toujours considérés en convention
récepteur.

2.1 Bases 2.2 Représentation des interrupteurs


La commutation concerne l’étude des changements d’états élec- dans le plan i K (v K)
triques des deux interrupteurs K1 et K2 de la cellule élémentaire
entre leurs deux états statiques complémentaires (K1 bloqué – K2 Pour illustrer notre propos, la figure 4 donne le plan i K (v K) des
passant ; K1 passant – K2 bloqué). Il s’agit donc d’une étude sur interrupteurs. Ce plan est formé de quatre quadrants, deux qua-
des phénomènes électriques transitoires. drants II et IV au sein desquels le produit i K v K est négatif, deux
quadrants I et III au sein desquels le produit i K v K est positif. Le
caractère résistif – donc dissipatif – des interrupteurs permet de ne
On désigne ainsi par « amorçage » la commutation d’un retenir que les seuls quadrants I et III comme quadrants fonction-
interrupteur d’une résistivité maximale (état statique « bloqué » nels. Au sein des quadrants I et III est représentée, sous la forme
à courant de fuite négligeable par rapport au courant nominal la plus générale, la caractéristique statique des interrupteurs par
mis en jeu) vers une résistivité minimale (état statique quatre segments quasiment confondus avec les axes du plan :
« passant » à chute de tension négligeable par rapport à la ten-
deux segments à v K ≈ 0 représentatifs d’un état à faible résistivité
sion nominale mise en jeu). On désigne par « blocage » la
(état statique passant), deux segments quasi-orthogonaux aux
commutation inverse d’un interrupteur.
précédents à i K ≈ 0 représentatifs d’un état à forte résistivité (état

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SYNTHÈSE FONCTIONNELLE DES INTERRUPTEURS DANS LA CELLULE DE COMMUTATION ________________________________________________________

Les deux équations structurelles précédentes montrent que les


iK deux interrupteurs K1 et K2 sont liés par leurs tensions et liés par
vK = Rmin iK leurs courants.
Les sources V et I sont invariantes à l’échelle des temps de la
commutation. Les signes + dans l’équation (1) et – dans
II I l’équation (2) impliquent que la tension aux bornes de l’interrup-
teur qui est bloqué (K1 ou K2) est égale à V, tandis que le courant


iK = vK/Rmax dans l’interrupteur qui est passant est égal à I pour K1 et – I pour
K2 . La figure 5 illustre cette propriété dans le cas particulier V > 0
0 vK
et I > 0 où il apparaît que le point de fonctionnement de K1 reste
III IV dans le quadrant I alors que celui de K2 passe du quadrant I au
quadrant III par l’origine du plan.
D’une façon plus générale, quels que soient les signes de V et I,
lors d’un changement d’état des interrupteurs (commutation), le
point de fonctionnement d’un des deux interrupteurs reste dans un
quadrant du plan i K (v K), tandis que le point de fonctionnement de
Figure 4 – Représentation générale des caractéristiques statiques l’autre change de quadrant en passant obligatoirement par l’ori-
(traits pleins) et transitoires (traits pointillés) des interrupteurs gine du plan i K (v K). Par voie de conséquence, le point de fonction-
de la cellule nement de l’interrupteur qui évolue dans un seul quadrant passe
obligatoirement par le point de coordonnées (V, I).

statique bloqué). Dans ce plan, la commutation d’un interrupteur


consiste à faire évoluer son point de fonctionnement entre des 2.4 Relations de causalité
segments deux à deux quasi-orthogonaux pour former un cycle entre les interrupteurs de la cellule
fermé. On voit ainsi apparaître clairement que chaque
commutation implique, soit un seul quadrant I OU III, soit les deux Malgré le caractère quasi simultané du changement d’état des
quadrants I ET III. Dans le premier cas, la commutation est a priori interrupteurs, il est indispensable de préciser l’enchaînement des
source de pertes puisqu’elle implique une évolution du point de relations de cause à effet entre les deux interrupteurs lors d’une
fonctionnement à travers un quadrant dissipatif alors que dans le commutation. Ainsi, l’un des interrupteurs (K1 ou K2) commence le
second cas, elle est a priori plus favorable car le point de fonction- premier à changer d’état et entraîne le changement d’état du second.
nement peut se déplacer sur les segments statiques et engendrer Si un interrupteur commence une phase d’amorçage, cela
des pertes faibles. implique que l’autre interrupteur est encore passant à l’instant où
débute cette phase et qu’il va subir l’effet de la phase d’amorçage
par une évolution de son courant. Si ce courant tend vers zéro
2.3 Mise en équation de la cellule alors l’interrupteur initialement passant peut se bloquer spontané-
ment et « naturellement » à zéro, telle une diode. Si ce courant
Les deux interrupteurs étant insérés dans un circuit fermé impli-
s’éloigne du zéro alors l’interrupteur initialement passant doit se
quant les sources V et I, l’analyse de la commutation ne peut abso-
bloquer spontanément mais sur un seuil de courant.
lument pas se résumer à une étude locale à l’échelle des
interrupteurs pris isolément. Cette analyse trouve son fondement De même, si un interrupteur commence une phase de blocage,
dans l’écriture des lois de Kirchhoff appliquées à la cellule de cela implique que l’autre interrupteur est encore bloqué à l’instant
commutation. En désignant par K1 et K2 les deux interrupteurs et où débute cette phase et qu’il va subir l’effet de la phase de blo-
par V et I les sources instantanées (figure 1b), il vient : cage par une évolution de sa tension. Si cette tension tend vers
zéro, alors l’interrupteur initialement bloqué peut s’amorcer spon-
v K 1 +v K 2 = V (1) tanément et « naturellement » à zéro, telle une diode. Si cette
tension s’éloigne du zéro, alors l’interrupteur initialement bloqué
i K1 − i K 2 = I (2) doit s’amorcer spontanément mais sur un seuil de tension.

iK A1 (passant) iK
1 2

I B1 (V, I) B1 (V, I)

V C1 (bloqué) B2 (0, 0) V A2 (bloqué)


vK vK
1 2

–I
C2 (passant)

Les couples (A1, A2) et (C1, C2) représentent les points homologues.
Le point de passage obligé B2 (0, 0) impose le point B1 (V, I).

Figure 5 – Illustration de la complémentarité des états statiques des interrupteurs K1 et K2 de la cellule avant et après la commutation pour
V > 0 et I > 0

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D 3 076 – 4 est strictement interdite. – © Editions T.I.

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De la gestion des contraintes de


commutation à la commutation douce
par Henri FOCH

Ancien Professeur de l’Institut National Polytechnique de Toulouse,
Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique Industrielle (LEEI)
Michel METZ
Professeur Émérite de l’Institut National Polytechnique de Toulouse, LEEI
Thierry MEYNARD
Directeur de Recherche au CNRS, LEEI
Hubert PIQUET
Professeur de l’Institut National Polytechnique de Toulouse, LEEI
et Frédéric RICHARDEAU
Chargé de Recherche au CNRS, LEEI
avec la collaboration de Guillaume GATEAU, Maître de Conférences de l’INPT, LEEI, Philippe
LADOUX, Professeur de l’INPT, LEEI,
Emmanuel SARRAUTE, Maître de Conférences de l’IUFM Toulouse, LEEI, Henri SCHNEIDER,
Maître de Conférences de l’INPT, LEEI
et Christophe TURPIN, Chargé de Recherches au CNRS
Depuis janvier 2007, le LEEI a été intégré au LAPLACE (Laboratoire plasma et conversion
d’énergie)

1. Gestion des contraintes de commutation ......................................... D 3 077 - 2


1.1 Principe ......................................................................................................... — 2
1.2 Cas du hacheur............................................................................................. — 2
1.3 Cas des onduleurs........................................................................................ — 6
1.4 Circuits usuels utilisés pour les composants modernes .......................... — 8
2. Introduction à la commutation douce................................................ — 9
2.1 Degrés de liberté .......................................................................................... — 9
2.2 Caractéristiques principales des convertisseurs
à commutation douce .................................................................................. — 10
3. Conclusion.................................................................................................. — 10

ne des conclusions fondamentales de l’étude d’une cellule de


U commutation composée de deux interrupteurs, deux sources et d’aucun
élément réactif est que le point de fonctionnement de l’interrupteur commandé
doit traverser une zone du plan (v K , i K ) en passant par le point (V, I) corres-
pondant à une puissance instantanée très importante pendant la durée de la
commutation (cf. [D 3 076], § 2). Afin de limiter les pertes correspondant à ce
trajet dans la zone dissipative appelées pertes par commutation, il est impor-
tant de réaliser cette commutation le plus rapidement possible. La vitesse de
commutation dépend notamment des caractéristiques des semi-conducteurs et
de la manière dont ils sont commandés, et l’amélioration de cette caractéris-
tique constitue un des objectifs principaux de l’évolution technologique des
semi-conducteurs. Il faut cependant noter que l’augmentation des dV/dt et
dI/dt conduit respectivement à une augmentation des courants induits dans les
capacités parasites et des tensions induites dans les mailles des circuits envi-
ronnants créant ainsi un certain nombre d’interactions généralement
indésirables regroupées sous le terme générique de compatibilité
électro-magnétique (CEM). Par conséquent, même si l’augmentation des
vitesses de commutation constitue un moyen de réduire les pertes par
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPPX

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DE LA GESTION DES CONTRAINTES DE COMMUTATION À LA COMMUTATION DOUCE ____________________________________________________________

commutation, il serait dangereux d’aller trop loin dans cette voie. Cela est
d’autant plus vrai que les commutations rapides accentuent les phénomènes
résultant des imperfections des composants (courant de recouvrement des
diodes en particulier) susceptibles d’entraîner des pertes supplémentaires et
d’exciter des modes oscillatoires rapides. D’autres moyens de réduire les
pertes par commutation dans les semi-conducteurs ont ainsi été envisagés.


– Les circuits d’aide à la commutation ne réduisent d’ailleurs pas véritable-
ment les pertes par commutation mais les transfèrent vers des éléments
auxiliaires. Ces circuits étaient pratiquement indispensables lorsque les
semi-conducteurs de puissance avaient de médiocres performances en
commutation, mais aujourd’hui, compte tenu des progrès fulgurants des
semi-conducteurs modernes (IGBT notamment), leur usage est quasiment
réservé aux applications de très forte puissance (> 1 MW) utilisant des
semi-conducteurs de type IGCT.
– Les circuits d’aide à la commutation ont par ailleurs permis d’imaginer le
concept de commutation douce qui consiste à modifier légèrement la cellule
de commutation afin de réduire les pertes par commutation dans l’interrupteur
mais sans les transférer vers des éléments auxiliaires.
– Notons enfin qu’il existe un autre moyen de réduire les contraintes de la
cellule de commutation traditionnelle, à savoir la conversion multiniveau. Cette
technique consiste à commuter seulement une fraction de la tension ou du
courant, ce qui permet de réduire l’énergie dissipée à chaque commutation,
d’utiliser des interrupteurs de plus petit calibre qui sont donc plus performants
et enfin de réduire la fréquence de commutation sans augmenter l’ondulation
résiduelle au niveau des filtres.

1. Gestion des contraintes


de commutation K1 vK
1
iK I
1 vK + vK = V
1.1 Principe V 1
iK – iK = I
2

1 2
K2
Dans une cellule de commutation idéalisée telle que celle de la vK
2
figure 1, les lois des mailles et des nœuds (v 1 + v 2 = V ; i 1 – i 2 = I ) iK
2
impliquent qu’au moment de la commutation spontanée de l’inter-
rupteur 2 (v 2 = 0 ; i 2 = 0), l’interrupteur 1 subit des contraintes de
tension et courant importantes (v 1 = V ; i 1 = I ), ce qui est incompa- Figure 1 – Cellule de commutation idéalisée
tible avec la notion même d’interrupteur parfait. Pour étudier plus
avant les mécanismes de commutation, il faut donc abandonner le
modèle de la cellule de commutation idéalisée (sources, interrup- On verra en particulier que le blocage de l’interrupteur
teurs et câblage idéaux). commandé peut être amélioré par la présence de tels
condensateurs et que l’amorçage de l’interrupteur commandé peut
Pratiquement, ce sont les imperfections des composants
être amélioré par la présence de telles inductances. On verra aussi
semi-conducteurs (temps de commutation, courant limité, cou-
que ces éléments ont un effet néfaste sur la commutation
plage entre les électrodes de puissance et de commande...) qui
commandée complémentaire.
sont sollicitées lors d’une commutation dans une cellule quasi
idéale et l’étude de ces commutations requiert une connaissance
et une modélisation très intime des composants semi-conducteurs. 1.2 Cas du hacheur
De plus, pour masquer les imperfections et les dispersions des
paramètres des composants semi-conducteurs, on peut avoir 1.2.1 Influence des capacités parallèles
recours à des modifications de la cellule de commutation (élé- des semi-conducteurs
ments en série ou parallèles, non dissipatifs, destinés à dissocier
À l’état bloqué, le semi-conducteur de puissance accumule des
les comportements des deux semi-conducteurs de la cellule de
charges autour d’une zone à fort champ et il est donc susceptible
commutation).
de stocker de l’énergie sous forme capacitive. Une représentation
La présence de tels éléments réactifs conduit à des simplifiée de ce phénomène consiste à associer à chaque
commutations assez différentes. Nous étudierons tout d’abord semi-conducteur un condensateur parallèle (C 1 et C 2 sur la
séparément l’influence de condensateurs connectés au point G figure 2). Le point G de la cellule de commutation peut également
(figure 1) qui modifient la loi des nœuds (i 1 – i 2 + Σi C = I ) et subir l’influence d’autres capacités parasites par rapport aux divers
l’influence d’inductances dans la maille V, K1 , K2 qui modifient la potentiels fixes du circuit ; ces différentes capacités sont symboli-
loi des mailles (v 1 + v 2 + Σv L = V ). sées par le condensateur C 3 .

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


D 3 077 – 2 est strictement interdite. – © Editions T.I.

RT
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La commutation douce :
le cas du convertisseur Flyback
par Rémi PERRIN

Docteur de l’université de Lyon, spécialité génie électrique
INSA Lyon, Lyon, France

1. La commutation douce .............................................................................. D 3 078 - 2


1.1 Mécanismes de la commutation douce .................................................... — 3
1.2 Les structures à commutation douce ........................................................ — 3
1.3 Les structures isolées à commutation douce ........................................... — 5
1.3.1 La structure multi-résonnante de type LLC...................................... — 5
1.3.2 La structure quasi résonnante de type Flyback ............................... — 6
1.3.3 La structure à écrêtage actif de type Flyback................................... — 7
2. Convertisseur Flyback à écrêtage actif résonnant pour la commande
locale de grille de transistor de puissance ............................................... — 8
2.1 Étude de la topologie Flyback à écrêtage actif ......................................... — 9
2.2 Dimensionnement de la cellule de puissance .......................................... — 12
2.3 Éléments de conception et de technologie............................................... — 12
3. Conclusion ................................................................................................... — 15
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. D 3 078

a conversion statique de l’énergie électrique concerne des convertisseurs à


L découpage. La conversion à découpage a l’avantage de présenter des ren-
dements plus élevés en comparaison d’un régulateur linéaire de tension
[D3075].
La réalisation de convertisseur à découpage inclut le choix d’une topologie
adaptée à l’application visée, le choix d’interrupteurs et de la fréquence de
découpage pour réaliser la modulation de l’énergie. La topologie peut égale-
ment inclure un élément d’isolation afin de faire une conversion de type isolée,
tel un transformateur. Si la topologie n’est pas de type isolée telle la topologie
buck ou boost, elle nécessite des éléments passifs externes de filtrage tels
qu’une inductance et un condensateur.
Ces éléments passifs dépendent de la puissance à transmettre mais égale-
ment de la fréquence de découpage. En effet ces éléments sont présents pour
stocker de l’énergie afin de pouvoir linéariser ou moduler les puissances dans
le convertisseur.
On peut donc voir immédiatement que plus la fréquence de découpage va
être faible plus ces éléments passifs devront être capables de stocker de
l’énergie en leur sein.
Dans un objectif de réduction logique de volume de ces convertisseurs dans
des applications de type embarqué, par exemple aéronautique, automobile ou
spatial, il apparaît intéressant d’augmenter au maximum la fréquence de
découpage, mais sans buter sur une diminution du rendement énergétique.
Plus de pertes d’énergie débouche sur un problème d’accompagnement ther-
mique du convertisseur, qui fait alors perdre le bénéfice sur le volume ou la
p。イオエゥッョ@Z@ョッカ・ュ「イ・@RPQW

masse.

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D 3 078 – 1

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LA COMMUTATION DOUCE : LE CAS DU CONVERTISSEUR FLYBACK ___________________________________________________________________________

Cependant, les contraintes à l’augmentation de cette fréquence sont


grandes : les parasites des circuits amplifient les ondulations, la compatibilité
électromagnétique (CEM) devient compliquée et les normes difficiles à
respecter.
C’est entre ces deux tendances antagonistes que la commutation douce
trouve sa place. En effet l’interrupteur de puissance, pilote de la conversion


statique, commute grâce à une impulsion générée par un élément de com-
mande, qui vient forcer le changement d’état de celui-ci. En commutant,
l’interrupteur, du fait de ses caractéristiques intrinsèques, va générer des
pertes qui ont un fort impact sur le rendement de la conversion. Dans le cas de
la commutation douce un élément de circuit appelé résonnant vient charger ou
décharger les éléments intrinsèques de l’interrupteur, afin d’obtenir une com-
mutation sans perte d’énergie (tension ou courant) avant que l’élément de
commande impose le changement d’état. La commutation est dite alors à
tension nulle ou à courant nul. Les pertes sont alors réduites en théorie à zéro.
Dans la multitude de type de convertisseurs et de leurs applications, une
application particulière, peu traitée sur le plan industriel, concerne le convertis-
seur isolé pour l’alimentation des composants ou circuits de commande locale
de grille de transistor de puissance [D3960]. Cette application est intéressante à
plusieurs points de vue :
– le premier est l’isolation importante que doit fournir le convertisseur face
aux perturbations en provenance du composant de puissance commandé. En
effet, les perturbations sont les forts courants de mode commun qui traversent
les isolations et qui perturbent les circuits supérieurs. Les grandes excursions
de tension autour de la partie puissance font également partie des contraintes
d’isolation ;
– la seconde contrainte est le volume : l’alimentation du circuit de com-
mande de grille doit par définition se trouver au plus proche et par conséquent
ne pas perturber l’empreinte de la partie puissance. Une faible contrainte en
surface est donc un avantage important.
Ces deux contraintes trouvent en la commutation douce une solution intéres-
sante. La limitation du courant de mode commun dans un transformateur peut
se faire par la limitation de la capacité parasite entre primaire et secondaire.
Tout transformateur avec une faible capacité parasite présente une forte induc-
tance de fuite qui va pouvoir trouver son utilité dans la mise en place de la
résonance, nécessaire à la commutation douce.
De plus, la commutation douce en limitant les pertes énergétiques en com-
mutation permet d’envisager une augmentation de la fréquence de
commutation, notamment une réduction des éléments passifs tels que le trans-
formateur ou les condensateurs de découplage, qui sont des éléments
gourmands en surface dans le convertisseur.
C’est dans la continuité et en complément de l’article [D3077] que se place
cet article. Le fonctionnement et le dimensionnement d’une topologie d’un
convertisseur de type Flyback à commutation douce y sont détaillés pour une
application de circuit de commande de grille.

éléments parasites du circuit, lors de commutation à haute fré-


1. La commutation douce quence (quelques dizaines de kilohertz), notamment de mode
commun [D1305].
La conception des convertisseurs à haut rendement énergétique C’est dans cette tendance actuelle de disposer d’une plus
est très souvent le fruit d’un compromis fait entre l’augmentation grande densité de puissance que la commutation douce prend
de la fréquence de commutation et les techniques d’assemblage tout son intérêt. En effet, à l’opposé de la commutation dite dure
avancées (assemblage 3D) tout en gardant des pertes faibles. ou forcée, la commutation douce provoque le blocage et l’amor-
Cependant, il est impossible d’augmenter la fréquence de décou- çage de l’interrupteur de puissance de façon naturelle. L’utilisa-
page sans voir les pertes en commutation des interrupteurs tion de cette technique de commutation dans de nouvelles
croître fortement. Des problématiques de compatibilité électroma- topologies de convertisseurs dits résonnants permet de passer le
gnétique importantes apparaissent également dues aux nombreux point de blocage imposé par la commutation dure.

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D 3 078 – 2

RV
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___________________________________________________________________________ LA COMMUTATION DOUCE : LE CAS DU CONVERTISSEUR FLYBACK

1.1 Mécanismes de la commutation de l’augmentation du courant. Cette commutation est générale-


ment assistée par une diode, qu’elle soit intrinsèque comme pour
douce une structure MOSFET ou externe.
En électronique de puissance les transistors à grille isolée ou Cette succincte définition d’un interrupteur permet de mieux
FET se sont largement imposés pour les convertisseurs de faible comprendre le principe de la commutation douce qui consiste à
et moyenne puissances. Leur mode de commutation peut être maîtriser la trajectoire du courant et de la tension lors des transi-
représenté autour d’un interrupteur électrique, dans un plan toires induits par le changement d’état. Cela se fait au travers


comme représenté à la figure 1. l’amorçage ou le blocage spontané du composant à semi-conduc-
teur.
Cependant la complexité des structures d’interrupteurs de puis-
sance à semi-conducteur rend cette représentation caduque dans En raisonnant sur le plan, la commutation douce se définit
le cas du comportement dynamique [D1990]. comme un changement d’état de l’interrupteur sous une puis-
sance instantanée réduite, en suivant les axes Vk et , par rapport
Dans le cas de notre étude, deux types d’interrupteur à semi- à une commutation commandée dite dure. Ces deux différentes
conducteur seront étudiés : le MOSFET et la diode. Ces deux élé- trajectoires sont représentées à la figure 3a.
ments font partis des composants de puissance les plus utilisés.
Pour ces deux composants, la commutation suit deux méca- Cette puissance instantanée (figure 3b) est dans la
nismes bien distincts, représentés à la figure 2 : pratique le reflet des contraintes électriques appliquées aux com-
posants à semi-conducteur.
– la commutation dite commandée ou forcée dont l’action est
imposée au composant pour provoquer son changement d’état Cette réduction de puissance lors d’une commutation douce est
entre passant et bloqué. Ce mode de commutation induit la pré- provoquée par un circuit auxiliaire plus généralement appelé cir-
sence d’une puissance instantanée lors de la commu- cuit résonant. Ce circuit va provoquer la commutation spontanée
tation du composant à semi-conducteur, sans l’introduction de perte à
l’aide d’une résonance. Cela se traduit dans le cas d’un MOSFET,
– la commutation dite spontanée ou douce provoquée par un
par la mise en conduction de la diode intrinsèque par le circuit
circuit externe. La commutation se fait alors naturellement avec,
résonant avant le signal de commande de grille.
dans le cas de la fermeture l’annulation de la tension, qui est suivie
La commutation douce impose donc au composant à semi-
conducteur de travailler sur trois demi-segments. Le demi-seg-
ment où le courant est négatif est nécessaire pour réaliser la com-
Ik mutation naturelle et le demi-segment avec le courant positif sert
à transférer la puissance.
Cette commutation peut être de deux types : la commutation à
tension nulle (ZVS) où l’amorçage se fait à tension nulle et à
Ouvert l’opposée, la commutation à courant nul (ZCS).
Vk Vk
Nous avons vu que la commutation douce permettait une
Fermé réduction des pertes lors de l’amorçage et du blocage de l’inter-
rupteur de puissance. La commutation présente également
Ik
d’autres avantages du point vue CEM. La réduction des courants
k induits par et dans les éléments parasites du circuit provoque une
a symbole électrique b caractéristique statique forte décroissance des ondulations en courant et tension lors des
commutations.
Figure 1 – Représentation statique d’un interrupteur électrique Toutefois, rendre la commutation du composant à semi-conduc-
teur spontanée se fait au prix de la concession d’un degré de
liberté dans la structure de commande. Pour les interrupteurs
fonctionnant dans les deux demi-segments de l’axe , les ondula-
Ik Ik tions en courant sont d’ordinaire plus importantes et les rapports
Commutation Commutation cycliques effectifs sont moindres. Cela induit des difficultés
spontanée forcée d’implémentation propres à chaque type de structure. Il est alors
capital de bien choisir la topologie à commutation douce.
B A B A

Vk Vk
A
1.2 Les structures à commutation douce
Commutation
Nous avons vu que pour effectuer une commutation douce un
spontanée
circuit auxiliaire était nécessaire. Ce circuit composé d’un assem-
Ik blage d’un ou plusieurs condensateurs et inductances est excité
Ik par la cellule de puissance du convertisseur. Dans le cas d’une
structure de convertisseur isolé résonant, la structure est toujours
composée de cinq blocs comme présenté à la figure 4. Le circuit
Vk Vk
résonnant est alors associé à un onduleur, un transformateur, un
redresseur et un filtre.
L’onduleur d’entrée, va générer un signal carré dont la fré-
quence et/ou le rapport cyclique sont contrôlés. Cette excitation à
a deux demi-segments : diode b trois demi-segments : MOSFET la fréquence propre du circuit résonant permet le développement
d’une résonance donnant ainsi une forme sinusoïdale à la tension
et au courant. Ce point de résonance devra être finement choisi en
Figure 2 – Exemple d’une commutation forcée et spontanée pour un fonction des éléments du circuit afin de réaliser une commutation
MOSFET et une diode douce.

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D 3 078 – 3

RW
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LA COMMUTATION DOUCE : LE CAS DU CONVERTISSEUR FLYBACK ___________________________________________________________________________

Commutation Commutation
dure douce
Puissanceinstantanée = VkIk
Vk Vk
Ik PerteCommutation = 1 ∫T VkIkdt
T 0 Ik Ik
Commutation dure

Q t t

P(VkIk) P(VkIk)

Commutation douce
Vk
t t

a trajectoire de la commutation b signaux temporels

Figure 3 – Trajectoire de commutation et signaux temporels dans le cas d’une commutation douce et forcée (d’après [12])

Circuit
Onduleur resonnant Transformateur Redresseur Filtre

Vi V0

Commande
fdec et/ou α

Figure 4 – Schéma fonctionnel des structures résonnantes (d’après [11])

Plusieurs types de circuit résonant sont possibles par associa-


tion d’éléments capacitifs et inductifs dont les quatre principaux
Cs Ls Cs sont donnés figure 5 :
– les convertisseurs à résonance série, SRC, avec un circuit LC
placé en série avec la charge ;
Lp – les convertisseurs à résonance parallèle, PRC, avec la charge
placée en parallèle du circuit LC ;
– les convertisseurs à résonance série-parallèle, également appe-
lés convertisseurs multi-résonnants LLC ou LCC, qui correspondent
a SRC b PRC à l’association des deux précédents.

Cs Ls Ls Cs Ces éléments capacitifs et inductifs peuvent être soit des com-


posants discrets soit des éléments parasites comme l’inductance
parasite d’un transformateur par exemple.
Chacun de ces types de cellule résonnante possède des avan-
Lp Cp
tages et des inconvénients. Les convertisseurs à résonance série
ont de bons rendements à faible charge, mais ne peuvent pas
fonctionner à vide. Tandis que les convertisseurs à résonance
parallèle ont un fonctionnement double et sont capables de fonc-
c LLC d LCC tionner à vide, mais avec de faibles rendements à faible charge.
Les convertisseurs multi-résonnants LLC ou LCC qui, par associa-
tion des deux précédents, permettent de combiner les avantages
Figure 5 – Les différentes structures résonnantes (d’après [11]) des résonances série et parallèle.

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D 3 078 – 4

RX
Convertisseurs électriques et applications
(Réf. Internet 42253)

1– Principes fondamentaux R
2– Convertisseurs Réf. Internet page

Convertisseurs de type forward. Dimensionnement magnétique D3167 31

Association de cellules de commutation. Eléments de synthèse des convertisseurs D3168 35


statiques
Convertisseurs continu-alternatif et alternatif-continu D3170 41

Commutateurs de courant D3171 43

Commutateurs de courant. Structures élémentaires D3172 45

Commutateurs de courant à thyristors D3173 49

Fonctionnement avec sources réelles des commutateurs à thyristors D3174 55

Onduleurs de tension. Structures. Principes. Applications D3176 59

Onduleurs de tension. Mise en œuvre D3177 63

Modes de défauts principaux et principes de sécurisation de l'onduleur de tension D3179 67

Structures de redondances et principes de reconiguration de l'onduleur de tension D3180 71

Convertisseurs de tension intégrés inductifs : principes fondamentaux D3182 75

Principes de régulation en boucle fermée - approche en tension. Boucle fermée, D3183 79


régulateur de tension
Principes de régulation en boucle fermé : approche en mode glissant en courant. D3184 83
Stratégie de contrôle en boucle fermée
Association de convertisseurs assurant une liaison énergétique D3178 85

3– Applications

4– Commande des convertisseurs et des machines


électriques

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RY

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Convertisseurs de type forward


Dimensionnement magnétique

par Damien RISALETTO R


Maître de conférences à l’université Paul Sabatier
Équipe convertisseurs statiques, laboratoire Laplace, UMR 5213 du CNRS, Toulouse France

Cet article est la réédition actualisée de l’article [D 3 167] intitulé Convertisseurs de type
forward – Dimensionnement, rédigé par Yvon Chéron et Henri Foch.

1. Contexte ................................................................................................... D 3 167v2 - 2


2. Transformateur....................................................................................... — 2
2.1 Position du problème ................................................................................ — 2
2.2 Principe du dimensionnement ................................................................. — 2
2.3 Circuit magnétique (circuit « fer »)........................................................... — 2
2.4 Enroulements (circuit « cuivre »).............................................................. — 3
2.5 Relation entre dimensions et puissance.................................................. — 4
2.6 Réalisation pratique................................................................................... — 4
2.7 Exemple de dimensionnement................................................................. — 5
2.8 Cas d’un rapport cyclique maximal quelconque .................................... — 7
3. Inductance de lissage ........................................................................... — 7
3.1 Position du problème ................................................................................ — 7
3.2 Relation entre l’énergie stockée et le volume ......................................... — 7
3.3 Principe du dimensionnement ................................................................. — 8
3.4 Relations conduisant au dimensionnement de l’inductance ................. — 8
3.5 Quelques critères de dimensionnement d’une inductance de type
forward ....................................................................................................... — 9
3.6 Exemple de dimensionnement................................................................. — 10
4. Conclusion ............................................................................................... — 10
5. Annexe ...................................................................................................... — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 3 167v2
p。イオエゥッョ@Z@ョッカ・ュ「イ・@RPQS@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@ェオゥョ@RPQU

N ous présentons une démarche simple de dimensionnement du transfor-


mateur et de l’inductance de lissage d’un convertisseur de type forward,
basée sur la mise en évidence des relations entre les grandeurs électriques et
les grandeurs géométriques.
Il existe une différence profonde dans la manière dont travaillent les circuits
magnétiques du transformateur et de l’inductance d’un convertisseur de type
forward :
– dans le transformateur, la puissance ne fait que transiter du primaire au
secondaire ;
– dans l’inductance, l’énergie est emmagasinée puis restituée.
Partant de là, bien que la démarche soit la même, nous aboutirons à un
dimensionnement d’une inductance complètement différent de celui d’un
transformateur.

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SQ
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CONVERTISSEURS DE TYPE FORWARD __________________________________________________________________________________________________

1. Contexte VD VL
I1 I2 IL IS
Les convertisseurs de type forward et flyback sont couramment L
utilisés, car leur transformateur permet, d’une part, d’assurer l’iso- D2
n3 V1 n1 n2 V2 D1 C2 VS
lation galvanique et, d’autre part, une importante différence de
tension entre l’entrée et la sortie, puisqu’elle dépend de la valeur E C1
du rapport de transformation. Leur circuit de commande est relati- D3 Q
vement simple, comparé à d’autres types d’alimentations isolées,
puisque ces convertisseurs n’utilisent qu’un interrupteur
commandé et qui est référencé à un potentiel bas (figure 1). Figure 1 – Schéma de principe d’un convertisseur de type forward
Les convertisseurs de type forward sont réservés aux puissances


supérieures à quelques dizaines de watts, car le volume du trans-
formateur, proportionnel à la puissance, est plus petit que celui
d’un convertisseur de type flyback. Cependant, il est préférable
d’utiliser des convertisseurs de type flyback pour de faibles puis-
sances, en raison d’un nombre de composants réduit par rapport
au forward (deux diodes et une inductance en moins), ce qui a des
Ae
répercussions sur le volume et le coût de l’alimentation. Sb
Les composants magnétiques (transformateur et inductance)
prennent une part importante dans le volume, le rendement et le
coût de ce type de convertisseur. Cette part est d’autant plus impor-
tante que la puissance est grande. Il est donc nécessaire de soigner
leur dimensionnement. L’objectif de cet article est la description de La partie hachurée représente le support de bobinage.
la méthode de dimensionnement des composants magnétiques
d’un convertisseur de type forward, illustrée par un exemple. Figure 2 – Aire effective A e et surface de bobinage S b

Pour des raisons de commodité, plaçons nous provisoirement


2. Transformateur dans le cas le plus simple où les formes des tensions et courants
sont sinusoïdales. La puissance considérée correspond alors à la
puissance apparente du transformateur, égale au produit des
valeurs efficaces de la tension et du courant (au primaire par
2.1 Position du problème exemple).
– Pour une fréquence imposée et un nombre de spires donné au
Le premier problème à résoudre pour dimensionner un transfor- primaire, la tension V1 est liée au flux magnétique maximal Φmax ,
mateur est celui du choix du noyau magnétique. Nous nous donc à l’induction maximale Bmax (induction maximale avant le
proposons de faire le lien entre les grandeurs électriques du trans- coude de saturation) par la section du circuit magnétique Ae
formateur que l’on veut réaliser (tensions, courants, puissance, (section de fer).
rapport de transformation...) et ses dimensions géométriques de
façon à faire transiter un maximum de puissance dans un mini- – Pour un nombre de spires fixé, de longueur moyenne donnée
mum de volume. autour de Ae , le courant I1 est lié à la section s1 du fil de l’enrou-
lement primaire par la densité de courant J. I1 est donc lié au
Les paramètres intervenant dans le dimensionnement du trans- volume de l’enroulement primaire et, par conséquent, à celui du
formateur d’un convertisseur de type forward sont nombreux et plu- secondaire qui est égal. Ces bobinages doivent pouvoir entrer
sieurs d’entre eux ne peuvent être évalués qu’assez dans la fenêtre du circuit magnétique dont ils vont occuper une
approximativement (coefficient de foisonnement du bobinage, ren- partie de la surface, leur section totale doit donc être inférieure ou
dement, effet de peau, courants de Foucault, pertes dans le circuit égale à Sb .
magnétique en signaux non sinusoïdaux, échauffement...) ou choi-
sis assez empiriquement (fréquence de fonctionnement, induction
maximale). Les propriétés magnétiques du matériau dépendent Exemple : ainsi, au produit V1I1 image de la puissance, on peut
elles-mêmes de la température, donc des conditions de fonctionne- faire correspondre le produit AeSb de deux surfaces qui sont deux
ment et des possibilités de refroidissement, c’est-à-dire de l’empla- dimensions géométriques du noyau magnétique.
cement du transformateur au sein du montage. Dans ces conditions,
il est difficile de prétendre à un dimensionnement optimal autre- Dans le cas de formes non sinusoïdales, des relations analogues
ment qu’en faisant des essais successifs. Le présent article n’a donc relient la puissance et le produit AeSb .
pour objectif que de proposer une démarche simple et rationnelle Nous allons, dans ce qui suit, expliciter ces diverses relations et
permettant d’approcher ce dimensionnement optimal. en déduire le dimensionnement d’un transformateur de type
Nous utiliserons au passage quelques résultats fondamentaux forward (cf. [D 3 165]).
sur le transformateur qui sont rappelés en annexe (§ 5).

2.3 Circuit magnétique (circuit « fer »)


2.2 Principe du dimensionnement
Nous nous plaçons dans le cas classique d’un transformateur de
Conformément à l’approche intuitive, nous allons montrer que le type forward en démagnétisation complète, avec un enroulement
point de départ du dimensionnement est fourni par la puissance de démagnétisation comportant le même nombre de spires que le
qui peut transiter à travers le transformateur. primaire :
n 3 = n1
Nous raisonnerons sur le circuit unidimensionnel équivalent au
circuit magnétique, de section magnétique effective Ae et de sur- ce qui correspond à un rapport cyclique α = tf /T (figure 4) limité
face de bobinage effectivement disponible Sb (figure 2). à 1/2.

D 3 167v2 – 2 Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés

SR
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__________________________________________________________________________________________________ CONVERTISSEURS DE TYPE FORWARD

i2
V1, ϕ

+E IS

φmax
t
t
i1 T
–E
T/2 m IS


Figure 3 – Tension au primaire du transformateur et flux magnétique
tf

Le dimensionnement est effectué pour la puissance maximale Figure 4 – Courants au primaire et au secondaire
que peut transmettre le transformateur, c’est-à-dire pour α = 1/2.
Dans ces conditions, E étant la tension d’alimentation du conver- La valeur efficace d’un courant d’amplitude I et de rapport
tisseur de type forward, la tension v1 aux bornes de l’enroulement
primaire est carrée d’amplitude + E et – E (figure 3), et le flux ϕ cyclique α étant donnée par I α , nous obtenons les valeurs effi-
créé dans le circuit magnétique est de forme triangulaire. Dans le caces de I2 et I1 :
cas d’une démagnétisation complète que nous envisageons, le flux
au début et à la fin de la période T est nul.
I 2 = IS α = IS 1/ 2 = 0,7 IS
Le flux ϕ de l’induction magnétique b, à travers la section Ae du
noyau, est défini par : et
ϕ = bAe
I1 = m IS α = m IS 1/ 2 = 0,7 m IS
De plus, la loi de Faraday s’écrit, pour v1 = E :
Si l’on se fixe une densité de courant J dans les enroulements, les
dϕ sections des fils au primaire et au secondaire sont :
E = n1
dt
Le flux croissant linéairement à partir d’une valeur nulle pendant s 1 = I1/J = (0,7 m IS) /J
une demi-période T /2, on a :
et
dϕ Φmax
= s 2 = I 2 /J = (0,7 IS) /J
dt T /2
d’où, en écrivant que f = 1/T : En ce qui concerne le troisième enroulement n3 , il n’est par-
couru que par un courant très faible, puisqu’il ne sert qu’à déma-
n1Bmax Ae gnétiser le circuit magnétique. Le diamètre du fil de ce troisième
E= = 2 f n1Bmax Ae enroulement pourrait donc être très faible. Cependant, une autre
T /2 considération prend ici le pas, l’inductance de fuite lf entre n1 et n3
soit enfin : provoque, au moment du blocage du transistor, une surtension
lf di1 /dt qui vient s’ajouter, aux bornes de ce transistor, à la surten-
E sion théorique égale à 2E (pour n3 = n1). Dans le cas d’alimen-
Ae = (1)
2f n1Bmax tations à partir du réseau 220 V, cela correspond environ à 300 V
en continu après redressement et filtrage, donc à 600 V pour la
C’est la première relation entre une grandeur électrique (tension tension théorique. Cette surtension supplémentaire est particuliè-
primaire) et une grandeur géométrique (section Ae du circuit rement indésirable puisque les transistors usuels sont limités à
magnétique). 700 V. Pour cette raison, outre l’utilisation éventuelle d’écrêteurs
de tension, on cherche à minimiser cette inductance de fuite en
réalisant un couplage très serré entre n1 et n3 en les bobinant
2.4 Enroulements (circuit « cuivre ») (bobinage dit deux fils en main), de sorte que les spires de n1 et n3
soient imbriquées, ce type de bobinage n’est évidemment possible
L’expression du rapport de transformation m est issue de la qu’avec deux fils du même diamètre (s3 = s1).
fonction de transfert du convertisseur de type forward, à laquelle il Dans ces conditions, la surface totale de cuivre SCu correspon-
faut ajouter la prise en compte de la chute de tension VD des dant aux n1 spires de section s1 du primaire, aux n2 spires de
diodes de redressement au secondaire. section s2 du secondaire et aux n3 spires de section s3 est :
n 2 (VS + VD ) 2 (VS + VD )
m= = = (2) SCu = n1 s 1 + n 2 s 2 + n 3 s 3 = 2n1 s 1 + n 2 s 2
n1 αE E
soit
La figure 4 rappelle les formes des courants primaire et
secondaire pour α = 1/2. Le palier croissant du courant secondaire
est centré sur la valeur du courant de sortie IS , l’amplitude du 0,7 m IS 0,7 IS 0,7 m IS mI
SCu = 2 n1 + n2 = 3 n1 = 2,1 n1 S
courant primaire est celle du courant secondaire, au rapport de J J J J
transformation m près, et au courant magnétisant près. Nous
négligerons le courant magnétisant et idéaliserons les formes de I2 On observe que les trois enroulements occupent la même surface
et I1 par des carrés d’amplitudes respectives IS et m IS . dans la fenêtre.

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Association de cellules
de commutation
Éléments de synthèse des convertisseurs
statiques

par Henri FOCH
Ancien professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Philippe LADOUX
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Laboratoire plasma et
conversion d’énergie (LAPLACE)
Hubert PIQUET
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Laboratoire plasma et
conversion d’énergie (LAPLACE)

avec la collaboration de Guillaume GATEAU, Professeur de l’INPT, LAPLACE, Michel


METZ, ancien professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse, Thierry
MEYNARD, Directeur de recherche au CNRS, LAPLACE, Frédéric RICHARDEAU, Directeur
de recherche au CNRS, LAPLACE, Emmanuel SARRAUTE, Maître de conférences de
l’IUFM Toulouse, LAPLACE, Henri SCHNEIDER, Maître de conférences de l’INPT, LAAS et
Christophe TURPIN, Chargé de recherches au CNRS, LAPLACE

1. Cellules de commutation en tant qu’éléments


constitutifs d’associations .................................................................... D 3 168 - 2
1.1 Propriétés fondamentales ........................................................................... — 2
1.2 Représentation graphique des propriétés fondamentales ....................... — 2
1.3 Caractérisation de la cellule de commutation ........................................... — 3
1.4 Modes de fonctionnement de la cellule : commande et contrôle............ — 4
1.5 Propriétés fonctionnelles découlant du caractère abaisseur
de tension de la cellule ................................................................................ — 7
2. Associations de cellules ......................................................................... — 9
2.1 Caractéristiques des dipôles et règles d’association ................................ — 9
2.2 Associations différentielles ......................................................................... — 9
2.3 Associations parallèles de cellules ............................................................. — 15
3. Associations de cellules et propriétés de réversibilité ................. — 16
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPQQ@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@。カイゥャ@RPQU

3.1 Réversibilités intrinsèques et structurelles ................................................ — 17


3.2 Enjeux de la prise en compte des réversibilités : filtrage
et réversibilités en puissance...................................................................... — 19
4. Conclusion.................................................................................................. — 21
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 3 168

es dossiers [D 3 075] « Des dipôles à la cellule de commutation », [D 3 076]


L « Synthèse fonctionnelle des interrupteurs dans la cellule de
commutation » et [D 3 077] « De la gestion des contraintes de commutation à
la commutation douce » sont consacrés à l’introduction de la notion de cellule
de commutation, à la synthèse de cet organe de contrôle des transferts
d’énergie et à l’analyse de son fonctionnement sous l’angle des mécanismes
de commutation.

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est strictement interdite. – © Editions T.I. D 3 168 – 1

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ASSOCIATION DE CELLULES DE COMMUTATION __________________________________________________________________________________________

Toujours dans le contexte de la conception et pour satisfaire, à partir de la


notion de cellule (qui ne permet que l’interconnexion de dipôles assimilables à
des sources de natures complémentaires), un ensemble plus large de cahiers
des charges de conversion d’énergie électrique, nous considérons dans ce
dossier [D 3 168] les possibilités qu’offrent les associations de cellules de
commutation. Les associations de convertisseurs font l’objet du
dossier [D 3 178].
À partir des relations fondamentales d’une cellule. Les propriétés fonction-
nelles, en particulier dans le domaine du réglage (gestion des échanges de
puissance et contrôle des formes d’onde) et dans celui de l’obtention de pro-
priétés de réversibilité, concernant aussi bien les grandeurs électriques que les
R échanges de puissance sont élargies.
Dans des domaines où les gains sont d’ordre quantitatif, améliorer les per-
formances en augmentant la puissance contrôlée et en obtenant des gammes
de tension et/ou de courant contrôlables nécessite bien sûr certaines
précautions.

1. Cellules de commutation – au point M, à travers l’interface i2, à un dipôle de type « source


de courant instantanée », rôle le plus fréquemment dévolu à une
en tant qu’éléments inductance J, source de courant – dipôle imposant le courant, au
moins à l’échelle temporelle d’une commutation.
constitutifs d’associations Il en découle les caractéristiques essentielles suivantes, liées au
fonctionnement en commutation de la cellule :
1.1 Propriétés fondamentales – entre le point M, commun aux interrupteurs de la cellule et l’un
des autres points A ou B, au travers de l’interface i2, la cellule se
La cellule de commutation, association d’au moins deux semi- comporte comme une source de tension vK2 , de caractéristique
conducteurs (K1 et K2 sur la figure 1) est considérée dans ce para- instantanée fm V (fm est la fonction de connexion de la cellule, défi-
graphe comme élément constitutif d’un circuit électrique ; dans nie dans le dossier [D 3 075], valant 1 si l’interrupteur K1 est pas-
l’objectif de construire des structures de conversion plus perfor- sant et 0 si c’est l’interrupteur K2) ;
mantes et aussi plus complexes que la cellule, nous abordons ici la – en série avec les interrupteurs K1 ou K2, au travers de l’inter-
question de l’interconnexion de plusieurs d’entre elles. face i1, la cellule se comporte comme une source de courant ins-
L’objectif de ce paragraphe est de dégager les contraintes et les tantanée iV , de valeur Jfm .
règles qui président à l’élaboration de ces interconnexions. Rappe- L’analogie fonctionnelle a d’ailleurs été établie, sur la base de
lons que, en vertu de son principe de fonctionnement même, la ces propriétés fondamentales, entre le fonctionnement de la cel-
cellule (figure 1) est nécessairement reliée : lule et celui d’un transformateur modulé de rapport fm . Notons
– entre les points A et B, à travers l’interface (frontière que cette analogie n’est complète que si elle intègre la causalité
d’échanges de puissance électrique entre deux parties d’un circuit) dans laquelle il faut interpréter les relations de transformation rap-
i1, à un dipôle de type « source de tension instantanée » V ; pelées ci-dessous :
– sur l’interface i1, la cellule subit la tension V et impose en
retour (à la source de tension) le courant iV = fm J ;
P1 P2 – sur l’interface i2, la cellule impose la tension vK2 = fm V et subit
le courant J.
A

iv K1 J 1.2 Représentation graphique


des propriétés fondamentales
V M R

K2 Pour prendre en compte cette caractérisation des grandeurs


subies et imposées par les constituants d’un système électrique,
VK2 développée dans le paragraphe 1.1 dans le cas de la cellule, une
représentation graphique des propriétés fondamentales des
B
échanges d’énergie électrique est proposée [1] [2] : on précise sur
chacune des interfaces d’un composant du système étudié le sens
d’une excroissance rappelant la forme du V (tension) et d’une
excroissance rappelant la forme du I (courant), selon qu’elle est :
i1 i2 – sortante par rapport au composant pour préciser que cette
grandeur est imposée par ce composant ;
– rentrante par rapport au composant pour préciser que cette
Figure 1 – Points de connexion de la cellule de commutation grandeur est subie par ce composant.

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correspondent aux échelles de temps (ou de façon équivalente au


domaine fréquentiel) des phénomènes de commutation. En par-
A
courant l’axe des fréquences, on peut compléter cette caractéri-
iv sation, en précisant les propriétés de la tension vK2 imposée par la
K1 J cellule :
– autour de la fréquence de découpage, la fonction de connexion
V M R fm caractérise la transformation « entrée – sortie » :

K2 v K 2 = fmV
VK2
– aux fréquences plus basses que le découpage, cette relation
B peut être considérée en valeur moyenne :

v K 2 = fmV

L’intervalle de temps pour le calcul des moyennes est une
i1 i2 fenêtre temporelle glissante dont la durée est la période
découpage ; si la tension V peut, à cette échelle de temps, être
considérée constante, cette relation devient :
Figure 2 – Représentation graphique des propriétés de la cellule
de commutation v K 2 = fm V

Il faut noter que ces deux visions (basses fréquences et fré-


A quence de découpage) sont indissociables, puisqu’intimement
liée dans la conversion réalisée par la cellule. Il nous appar-
iv K1 J tient, dans toutes les analyses qui y font appel, de concilier les
conclusions issues de ces deux points de vue.
V M En effet, considérant la tension vK2 , arbitrairement choisie
R
comme témoin du fonctionnement en commutation de la
cellule, la décomposition fréquentielle de cette grandeur (par
K2
exemple en utilisant une décomposition en série de Fourrier,
VK2 avec la fréquence de découpage comme fréquence fondamen-
B tale) fait apparaître :
– une composante continue, qui est v K 2 = fm V (cette
Figure 3 – Cellule de commutation et ses sources associées, quantité est réglable, grâce à fm , valeur moyenne de fm ) ;
considérées comme des pièces de puzzle assemblées – un ensemble de raies aux fréquences multiples de la fré-
quence de découpage dont l’amplitude décroît, de façon inver-
sement proportionnelle au rang.
Le sens de ces excroissances précise donc au niveau de chaque
interface l’information relative à la causalité ; le sens de l’excrois-
sance, et donc la causalité qu’il décrit, ne présente aucun point Les propriétés sont similaires, en ce qui concerne le courant :
commun avec le sens conventionnel ou le signe de la variable
considérée. iV = fm J
Un dipôle ne pouvant imposer simultanément les deux grandeurs
tension et courant, les sens des excroissances présentes sur une Il présente une valeur moyenne :
même interface sont forcément opposés. La figure 2 illustre l’appli-
cation de cette représentation graphique dans le cas de la cellule. iV = fm J
Sur la base de cette représentation graphique, l’association de la
source de tension V, de la cellule et de la source de courant J (si J varie lentement à l’échelle d’une période de commutation).
apparaît comme un assemblage de pièces de puzzle, dont les pro- Son spectre fait apparaître les fréquences multiples de la fré-
fils n’autorisent que des associations conformes aux propriétés de quence de découpage (amplitudes inversement proportionnelles
ces trois éléments (figure 3). aux rangs des raies) et éventuellement des inter-harmoniques, si
La construction de structures de conversion par association de J (t ) n’est pas constant.
cellules peut faire appel à ce formalisme graphique. Nous Ces relations rappellent la modélisation (déjà introduite dans le
considérons maintenant d’autres points de vue, permettant de dossier [D 3 075]) de la cellule commutation en tant que
définir certaines propriétés des cellules à prendre en compte pour transformateur :
leur assemblage. – à rapport modulé par la fonction de connexion fm à la fré-
quence de découpage ;
1.3 Caractérisation de la cellule – de rapport fm en considérant les valeurs moyennes des
de commutation grandeurs d’entrée et de sortie, pour les basses fréquences et le
continu.
1.3.1 Relations de transformation Elles sont ici complétées par la prise en compte des causalités
à diverses échelles de temps qui régissent les échanges d’énergie ; ces causalités, dans le
contexte d’un fonctionnement en boucle ouvertes, restent
Les propriétés des éléments interconnectés que l’on a fait identiques, à l’échelle de la période de découpage comme en
apparaître grâce à la forme des interfaces (figure 2 et figure 3) basses fréquences.

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1.3.2 Caractère abaisseur ou élévateur


de la cellule A
Par définition, la fonction de connexion prend la valeur instanta- iv
née 0 ou 1. Sa valeur moyenne, calculée sur une période de décou- K1
J
page, vérifie donc l’inégalité 0 < fm < 1.
V M
À ces deux échelles de temps (autour de la fréquence de décou- R
page et en basses fréquences – incluant le continu), le caractère
naturellement abaisseur en tension (ou dévolteur) de la cellule de K2
commutation présentée figure 2 en découle : il concerne la trans- VK2 V2
formation qui s’effectue depuis la source V vers sa branche cou-
B
rant (depuis l’interface i1 vers l’interface i2). Cette propriété est


valide à toutes les échelles de temps, depuis les grandeurs instan-
tanées, jusqu’à la durée de la période de découpage (valeur
moyenne de fm ) et sur des intervalles de temps plus longs (sur les-
quels la valeur moyenne de fm est calculée en utilisant une fenêtre
glissante de durée égale à la période de découpage). i1 i′2

De même, depuis l’interface i1 vers l’interface i2, les relations de


transformation en courant du paragraphe 1.1 traduisent le carac- Figure 4 – Cellule de commutation intégrant l’inductance
tère élévateur en courant de la cellule. de commutation. Structure commandée en tension – vision haute
fréquence
Ces propriétés fonctionnelles sont à prendre en compte lors de
la conception d’une chaîne de conversion électrique au cours de
laquelle il faut choisir le sens d’utilisation de la (des) cellule(s) : fonction de connexion fm . Cette fonction est prédéfinie et, dans le
soit dans le sens i1 → i2, soit dans le sens i2 → i1. Ces solutions développement de ce paragraphe, ne dépend pas des conditions
sont réexaminées au § 1.5, une fois étudiées les conséquences du de fonctionnement de la cellule (tension V, courant J ). Ce mode de
choix du mode de commande de la cellule. pilotage en boucle ouverte est appelé « commande en tension »,
du fait qu’il conduit à définir la tension :
1.3.3 Grandeurs continues ou discontinues v K 2 = fmV
aux interfaces de la cellule
On place (figure 4), l’interface i′2, de façon à ce que le périmètre
Propriétés résultant du fonctionnement en commutation de la
de la cellule inclue l’inductance de commutation placée au point
cellule, les grandeurs iV et vJ sont des grandeurs discontinues,
commun des deux interrupteurs de la cellule (celle-ci est destinée
alors que V et J sont des grandeurs continues (mais non pas
à confirmer, à la fréquence de découpage et au-delà vers les
forcément constantes).
hautes fréquences, le caractère source de courant instantanée du
Ce point présente une certaine importance, quand le cahier des dipôle connecté au point R).
charges, en vue de satisfaire une norme par exemple, impose de
La nature fondamentale de cette inductance (source de courant
maîtriser le contenu harmonique d’une grandeur électrique à
instantanée, pour la gamme de fréquence définie ci-dessus) induit
l’interface d’une cellule : des filtres, mis en place autour de la
qu’à travers l’interface i′2, la cellule de commutation se comporte
cellule, sont généralement utilisés pour satisfaire ces contraintes.
également vis-à-vis de l’extérieur comme une source de courant
Ils sont d’autant plus simples et d’impact réduit sur le coût ou la
instantanée.
masse des convertisseurs, dans la mesure où le choix d’architec-
ture contribue déjà à satisfaire le cahier des charges, et ne laisse À noter que cette inductance ne joue son rôle de source de cou-
qu’une tâche réduite à ces éléments de filtrage. rant qu’en ce qui concerne les variations de J (ces variations, dont
le fondamental est à la fréquence de découpage de la cellule,
V et J, étant continues alors que iV et vJ sont discontinues, la dépendent en particulier de la valeur de l’inductance et celle-ci est
maîtrise des harmoniques de V ou J, aux fréquences supérieures choisie pour maîtriser leur amplitude, comme détaillé plus loin).
au découpage, est beaucoup plus aisée que celles de iV et vJ .
Ainsi, le mode de connexion de la cellule de commutation n’est-il Dans le contexte du pilotage « en tension » de la cellule, la
pas indifférent quant à la satisfaction des critères harmoniques. valeur moyenne de J (valeur moyenne instantanée, calculée sur un
intervalle de temps « glissant » de durée Tdec) est imposée en fait
Ce critère – parmi d’autres – conduit par exemple à sélectionner la par les caractéristiques basses fréquences du dipôle aux bornes
structure élévatrice (conversion courant – tension) pour le réglage duquel apparaît la tension V2 (voir la représentation basse fré-
de la puissance absorbée par un PFC (Power Factor Controller, quence de la figure 6).
figure 15), en charge du contrôle de la qualité du courant absorbé
sur le réseau : ce courant est le courant de la branche inductive de la ■ Si ce dipôle a tendance à imposer, dans le domaine des basses
cellule « boost » (grandeur J ). Son contenu harmonique haute fré- fréquences, la tension sur l’interface iⴕ2 , alors, en considérant les
quence est géré par un choix adapté de la valeur de l’inductance de conditions d’un fonctionnement en régime permanent périodique
la cellule (voir les relations de dimensionnement construites au (période de découpage de la cellule), la tension moyenne aux
§ 1.4.1), alors que ses composantes basses fréquences sont définies bornes de l’inductance devant présenter une valeur nulle
par la commande de la cellule (voir sur ce point le § 1.4.2). (condition nécessaire pour que le courant J ne subisse pas une
évolution incontrôlée de son amplitude), on a nécessairement :
1.4 Modes de fonctionnement
v K 2 = V2 = V2
de la cellule : commande et contrôle
Au terme de la relation établie au paragraphe § 1.3.1, la valeur
1.4.1 Cellule associée à une commande moyenne de la fonction de connexion fm doit alors s’adapter à
en tension (boucle ouverte) cette contrainte et vérifier la relation :
La commande des interrupteurs est ici supposée établie a priori
et se concrétise dans le fonctionnement de la cellule décrit par la fm = V2 /V

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J
iv K1
J

V M
L
V2
K2 C R
VK2
V2


MLI <fm> = 1/2

i′2 – vision BF Temps


i1

Figure 5 – Transition de mise en route d’un convertisseur commandé « en tension », associé à un filtre LC de sortie initialement déchargé :
chronogrammes du courant J et de la tension V2

fréquences (inférieures à la fréquence de découpage), la cellule


apparaît cette fois à travers l’interface i′2 comme une source de
A
tension, puisque l’inductance L, voyant circuler un courant J basse
fréquence, est le siège d’une tension basse fréquence quasi nulle.
K1
J L’adéquation, dans le domaine des basses fréquences entre les
caractéristiques de la charge et celle de la cellule commandée en
V M
tension, est ici satisfaisante. Déjà acquise dans le domaine des
L R hautes fréquences, cette adéquation, maintenant étendue dans
tout le domaine fréquentiel, garantit le respect de la règle de
complémentarité des sources (cf. [D 3 075] et, pour ce qui
<fm> V <V2> = <fm> V concerne les cellules, le paragraphe 2.1.2).
B

La prise en compte conjointe des points de vue basse et


haute fréquences est très utile pour établir les relations de
dimensionnement de l’inductance L associée à la cellule de
i1 i2 i′2, vision basses fréquences commutation.
En régime permanent établi, comme on vient de le voir :
Figure 6 – Cellule de commutation intégrant l’inductance
de commutation. Structure commandée en tension, associée v K 2 = fm V = V2 = V2
à un dipôle qui impose le courant – vision basse fréquence
la tension V est supposée constante.
La figure 5 présente les conséquences d’une entorse transitoire La tension aux bornes de l’inductance de filtrage s’exprime à
à cette règle, dans le cas d’un hacheur connecté à un filtre du toute échelle de temps comme :
second ordre initialement déchargé. Le condensateur du filtre se
VL = v K 2 − V2
comporte comme une source de tension V2 (de valeur initialement
nulle), ce qui définit le profil de l’interface i′2 ; la valeur de ce avec, en instantané :
condensateur est suffisante pour n’autoriser qu’une évolution
lente de V2 à l’échelle de temps du découpage. La commande du v K 2 = fm V
transistor de la cellule de commutation définit ici, dans le cadre Donc :
d’un fonctionnement en boucle ouverte, une fonction de
connexion périodique de rapport cyclique fm = 1/2 qui caractérise vL = fm V − V2 = fm V − fm V
la tension sur l’interface i2 (alors que, comme expliqué ci-dessus,
la fonction de connexion doit vérifier fm = V2 /V ) ; au cours du Il vient alors l’expression de l’ondulation du courant il :
régime transitoire oscillant (réponse indicielle du circuit L, C, R ali-
menté par une tension moyenne v K 2 = V /2) qui s’ensuit, le cou- ∆ il = fm (1 − fm ) V /L fdec
rant J atteint des valeurs très élevées, comparées à la valeur de avec fdec fréquence de découpage de la cellule.
régime permanent obtenue à l’issue de ce transitoire. Le courant J
étant également subi par les interrupteurs de la cellule, cette surin- On peut alors choisir, la valeur de L nécessaire au contrôle
tensité risque de les faire sortir de leur domaine de fonction- de l’ondulation de courant ∆il (cette quantité est une grandeur
nement. Comme on le verra plus loin, un pilotage de la cellule de qui contribue au dimensionnement des interrupteurs de la
commutation « en courant » est une alternative réellement préfé- cellule de commutation, aussi bien que des éléments de filtrage
rable pour éviter ces inconvénients. qui sont associés à la cellule).
Le dimensionnement de L est complété par la définition de la
■ Si le dipôle situé à droite de l’interface i′2 (figure 4) a tendance à valeur efficace du courant iL qui y circule, quantité qui prend
imposer le courant dans le domaine des basses fréquences (et
une valeur très proche de la valeur du courant moyen iL , si
donc définit la composante continue du courant J ), alors, comme
∆il est minimisé.
le symbolise le schéma de la figure 6, dans le domaine des basses

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est strictement interdite. – © Editions T.I. D 3 168 – 5

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Convertisseurs continu-alternatif
et alternatif-continu

par Henri FOCH


Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse
Directeur du LEEI (URA au CNRS)

Yvon CHÉRON
Responsable de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques
et Raphaël ARCHES
Bernard ESCAUT
Pierre MARTY
Michel METZ
Enseignants Chercheurs de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques

1. Commutateur de courant ou onduleur de tension ......................... D 3 170 - 2


2. Caractéristiques ....................................................................................... — 3

our adapter la forme et les caractéristiques de l’énergie électrique, et


P satisfaire ainsi à la très grande diversité des applications, la nécessité de
la conversion statique de l’énergie électrique a été mise en évidence dans
l’introduction générale aux articles consacrés à l’Électronique de puissance
[D 3 000]. Les grandes familles de convertisseurs sont rappelées sur la figure 1.
Outre les modes de conversion directs, apparaissent également, sur cette
figure, les modes de conversion indirects qui font appel à des associations de
convertisseurs directs.
p。イオエゥッョ@Z@ウ・ーエ・ュ「イ・@QYYS@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@ェオゥャャ・エ@RPQU

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© Techniques de l’Ingénieur D 3 170 − 1

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Commutateurs de courant

par Henri FOCH


Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse


Directeur du LEEI (URA au CNRS)
Yvon CHÉRON
Responsable de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques
et Raphaël ARCHES
Bernard ESCAUT
Pierre MARTY
Michel METZ
Enseignants Chercheurs de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques

1. Redresseurs ou commutateurs ............................................................ D 3 171 - 2


2. Propriétés ................................................................................................... — 2

e côté continu des commutateurs de courant est vu par le convertisseur


L comme une source de courant, indépendamment de son rôle de générateur
ou de récepteur. Cette branche peut être constituée par une source parfaite de
courant continu ou par un dipôle en série avec une bobine d’inductance
(source instantanée de courant). Du côté alternatif, le système électrique doit
avoir la nature d’une source de tension : source de tension alternative ou
dipôle associé en parallèle avec un condensateur (source instantanée de
tension).
Le courant continu est alternativement commuté dans la branche tension qui
peut effectivement supporter les discontinuités correspondantes de courant.
p。イオエゥッョ@Z@ウ・ーエ・ュ「イ・@QYYS

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Commutateurs de courant
Structures élémentaires
par Henri FOCH
Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse


Directeur du LEEI (URA au CNRS)
Yvon CHÉRON
Responsable de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques
et Raphaël ARCHES
Bernard ESCAUT
Pierre MARTY
Michel METZ
Enseignants Chercheurs de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques

1. Commutateur monophasé de courant ............................................... D 3 172 - 2


1.1 Structure monophasée de base ................................................................. — 2
1.2 Fonction de modulation .............................................................................. — 2
1.3 Modes de modulation ................................................................................. — 3
1.4 Interrupteurs ................................................................................................ — 4
1.5 Angle de contrôle ........................................................................................ — 4
2. Commutateur triphasé de courant...................................................... — 6
2.1 Structure triphasée de base........................................................................ — 6
2.2 Fonction de modulation .............................................................................. — 8
2.3 Modes de modulation ................................................................................. — 8
2.4 Interrupteurs ................................................................................................ — 9
2.5 Angle de contrôle ........................................................................................ — 9
3. Commutateur polyphasé de courant.................................................. — 10

L ’article Commutateurs de courant fait l’objet de plusieurs articles :


— [D 3 172] Structures élémentaires ;
— [D 3 173] Commutateurs de courant à thyristors ;
— [D 3 174] Fonctionnement avec sources réelles des commutateurs à
thyristors ;
— [D 3 175] Fonctionnement en commutation forcée ;
et les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres. Le lecteur devra assez
souvent se reporter aux autres articles.
p。イオエゥッョ@Z@ウ・ーエ・ュ「イ・@QYYS

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 3 172 − 1

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COMMUTATEURS DE COURANT ___________________________________________________________________________________________________________

1. Commutateur monophasé Prix deux à deux, les interrupteurs constituent deux cellules
élémentaires de commutation [D 3 153] : une cellule est constituée
de courant par le couple (K1, K2), l’autre par le couple (K3, K4). Les deux cellules
de commutation apparaissent sans ambiguïté comme regroupant
chacune les deux interrupteurs reliés à un même pôle de la source
1.1 Structure monophasée de base de courant :
— par convention, nous appellerons cellule positive celle qui voit
■ La structure recherchée est celle d’un convertisseur direct le courant Ic sortir vers la source de courant ; elle est constituée par
alternatif-continu dont : les interrupteurs K1 et K2 ;
— l’entrée (respectivement la sortie) est connectée à une source — les interrupteurs K3 et K4 constituent la cellule négative ; elle
parfaite de tension alternative sinusoïdale v a (donc réversible en assure le retour du courant Ic .
tension et en courant) ; La continuité du courant est donc réalisée en permanence par


— la sortie (respectivement l’entrée) est connectée à une source deux interrupteurs appartenant à l’une et l’autre des deux cellules.
parfaite de courant continu I c , unidirectionnelle en courant, mais
réversible en tension. ■ La figure 4 représente les quatre configurations possibles du
circuit suivant l’état des interrupteurs :
Sur la figure 1 qui représente le schéma-bloc du système, le
— les configurations (a) et (b) correspondent aux séquences
convertisseur apparaît comme un quadripôle.
actives d’échange d’énergie électrique entre le réseau alternatif et
• v a est la tension alternative sinusoïdale à l’entrée du quadri- le réseau continu dans l’un ou l’autre sens ;
pôle, le courant i a est un courant alternatif. Nous adoptons, arbi- — les configurations (c ) et (d ) correspondent à un court-circuit
trairement, pour i a la convention de signe de la figure 1, où la source de la source de courant ; il n’y a pas échange d’énergie, mais
de tension est considérée comme un générateur sans préjuger du fonctionnement en roue libre ; elles sont équivalentes du point de
sens réel de transfert de la puissance moyenne P a . Celui-ci dépend vue électrique et ne diffèrent que par la commande des interrupteurs.
du signe du facteur de déphasage cos ϕ défini par la relation : Nota : c’est en associant, dans un ordre logique et harmonieux, les séquences
successives correspondant à ces quatre combinaisons que l’on peut assurer le transfert et
P a = V a Iaf cos ϕ (1) le contrôle de la puissance électrique entre les deux réseaux.

Iaf étant la valeur efficace du fondamental du courant i a et ϕ son


retard de phase (positif ou négatif) par rapport à la tension v a (de
tension efficace V a ). 1.2 Fonction de modulation
• Ic est le courant continu de sortie du quadripôle et v c la tension.
Nous adoptons, arbitrairement, pour vc la convention de signe de Le convertisseur étant considéré comme un quadripôle, les
la figure 1, où la source de courant est considérée comme un récep- courants d’entrée et de sortie sont liés par une relation de la forme :
teur.
i a = F m Ic (3)
Le sens réel de transfert de la puissance dépend du signe de la
valeur moyenne V c moy de la tension v c , la puissance moyenne Si les interrupteurs sont supposés parfaits (pertes nulles), la
s’écrivant : puissance à l’entrée est, à tout instant, égale à la puissance à la
P c = V c moy Ic (2) sortie :
v c Ic = v a i a
■ Le convertisseur est de type direct, donc constitué uniquement
d’interrupteurs. Le convertisseur, par le jeu de la commutation des Nous pouvons donc écrire aussi :
interrupteurs qui le constituent, modifie périodiquement l’inter-
connexion des deux sources [D 3 152]. Les différentes inter- v c = Fm v a (4)
connexions possibles sont représentées sur la figure 2. Le coefficient F m ne peut prendre que les valeurs discrètes 1, 0, – 1
■ L’utilisation d’interrupteurs bipolaires pour réaliser ces différentes suivant la connexion considérée : le tableau 1 résume les quatre
interconnexions conduit à une structure en pont de quatre inter- possibilités et donne les valeurs correspondantes de F m , i a et v c .
rupteurs (figure 3a ).
Mais, pour respecter les règles fondamentales d’interconnexion
des sources [D 3 152], toutes les combinaisons correspondant aux
deux états possibles de chaque interrupteur ne sont pas autorisées :
une source de tension ne doit pas être court-circuitée, une source
de courant ne doit pas être ouverte.
Cela implique que les interrupteurs aient un fonctionnement
équivalent à celui des deux commutateurs K 12 et K 34 de la
figure 3b.
Figure 1 – Commutateur monophasé de courant : schéma-bloc

Figure 2 – Commutateur monophasé


de courant : interconnexions possibles
des deux sources

(0)

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__________________________________________________________________________________________________________ COMMUTATEURS DE COURANT

■ La condition fondamentale sur la fréquence étant respectée, on


Tableau 1 – Valeurs de F m , i a et v c suivant la configuration peut ensuite envisager tous les modes de modulation possibles en
du circuit d’un convertisseur monophasé prenant, par exemple, comme critère une forme d’onde optimale
des courants alternatifs vis-à-vis de leur spectre harmonique.
Figure K1 K2 K3 K4 Fm ia vc Mais des modulations complexes, de type MLI (modulation de
largeur d’impulsion) par exemple, exigent des conditions de
4a fermé ouvert fermé ouvert 1 Ic va
commutation sévères (temps de commutation très courts) que les
4b ouvert fermé ouvert fermé –1 – Ic – va commutateurs de courant, comme nous le verrons en [D 3 174], ne
peuvent pas respecter dans la plupart de leurs applications.
4c ouvert fermé fermé ouvert 0 0 0
Les deux modes de modulation normalement adoptés ont un
4d fermé ouvert ouvert fermé 0 0 0 principe de base commun, qui correspond au nombre minimal de
commutations sur une période, et qui est : pendant une période T,


Fm est appelée fonction de modulation du commutateur. C’est les interrupteurs d’une même cellule sont fermés à tour de rôle
une fonction du temps, sans dimension, dont la valeur instantanée pendant un temps T/2.
ne dépend que de l’état des interrupteurs ; à toute commutation
correspond un changement de configuration, donc de la valeur de
Fm .
Nota : le choix de la fonction de modulation est donc un critère fondamental du
fonctionnement du convertisseur. Il conditionne l’enchaînement des séquences lié aux
changements d’état des interrupteurs et impose la stratégie de commande de ces derniers.

1.3 Modes de modulation


L’entrée du convertisseur peut être considérée comme une source
de courant parfaite (figure 5) imposant à la source de tension un
courant :
ia = Fm Ic
Pour que le courant i a soit alternatif, il faut et il suffit que la fonction
de modulation soit elle-même alternative.
■ Pour obtenir une puissance moyenne constante en régime
établi, i a doit être rigoureusement de même fréquence que v a . La
fonction de modulation F m , liée aux instants de commutation des
cellules élémentaires, est donc soumise à cette même condition.
Si la fréquence du réseau alternatif est imposée par le courant i a
(alimentation en courant, de fréquence imposée par le
convertisseur), le commutateur de courant est dit autonome. Il suffit
alors de commander les commutations suivant une logique telle que
la fonction F m soit alternative et de période désirée T. C’est le cas
si la source de tension v a est un récepteur passif. Le déphasage ϕ
entre i a et v a est une conséquence de la structure du récepteur.
Si, par contre, la fréquence de la source de tension v a est imposée,
le commutateur est dit non autonome. En effet, la fréquence de
fonctionnement du commutateur doit alors être asservie à celle de
la source de tension : la fonction de modulation alternative F m doit
être rigoureusement de même fréquence que la tension v a , mais
le déphasage ϕ peut être contrôlé. C’est le cas, par exemple, des Figure 3 – Commutateur monophasé de courant : structure
redresseurs-onduleurs fonctionnant à partir du réseau EDF.

Figure 4 – Commutateur monophasé de courant : configurations possibles

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Commutateurs de courant
à thyristors

par Henri FOCH


Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse
Directeur du LEEI (URA au CNRS)
Yvon CHÉRON
Responsable de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques
et Raphaël ARCHES
Bernard ESCAUT
Pierre MARTY
Michel METZ
Enseignants Chercheurs de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques

1. Commutateurs monophasés de courant ........................................... D 3 173 - 2


1.1 Commutateur à thyristors........................................................................... — 2
1.1.1 Structure élémentaire......................................................................... — 2
1.1.2 Commande des thyristors en modulation symétrique.................... — 2
1.1.3 Étude du fonctionnement .................................................................. — 2
1.2 Pont redresseur monophasé à diodes ....................................................... — 5
1.3 Pont redresseur monophasé mixte symétrique........................................ — 5
1.3.1 Commande et formes d’onde............................................................ — 6
1.3.2 Grandeurs caractéristiques................................................................ — 7
1.4 Pont redresseur monophasé mixte dissymétrique................................... — 7
1.5 Pont redresseur monophasé mixte avec diode de roue libre.................. — 8
2. Commutateurs triphasés de courant.................................................. — 9
2.1 Commutateur à thyristors........................................................................... — 9
2.1.1 Structure élémentaire......................................................................... — 9
2.1.2 Commande des thyristors en modulation symétrique.................... — 9
2.1.3 Étude du fonctionnement .................................................................. — 10
2.1.4 Groupement en triangle des sources de tension............................. — 12
2.2 Pont redresseur triphasé à diodes ............................................................. — 13
2.3 Pont redresseur triphasé mixte .................................................................. — 15
2.3.1 Commande et formes d’onde............................................................ — 15
2.3.2 Grandeurs caractéristiques................................................................ — 15
2.4 Pont redresseur triphasé mixte avec diode de roue libre ........................ — 16
3. Groupements de convertisseurs. Montages complexes ............... — 16
3.1 Groupement en série................................................................................... — 16
3.1.1 Principe................................................................................................ — 16
3.1.2 Groupement en série de deux ponts monophasés ......................... — 17
3.1.3 Groupement en série de deux ponts triphasés................................ — 18
3.2 Groupement en parallèle ............................................................................ — 20
3.2.1 Principe................................................................................................ — 20
3.2.2 Groupement en parallèle de deux ponts triphasés ......................... — 21
4. Commutateurs polyphasés de courant à thyristors....................... — 22
4.1 Étude de la tension redressée .................................................................... — 22
4.2 Étude du courant alternatif ......................................................................... — 22
p。イオエゥッョ@Z@ウ・ーエ・ュ「イ・@QYYS

4.3 Cas d’un montage polygonal des sources de tension.............................. — 23


5. Commutateurs de courant réversibles en courant continu......... — 23
5.1 Montages réversibles à logique d’inversion ............................................. — 23
5.2 Montages réversibles à courant de circulation ......................................... — 24

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 3 173 − 1

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COMMUTATEURS DE COURANT À THYRISTORS ______________________________________________________________________________________________

L ’article Commutateurs de courant fait l’objet de plusieurs articles :


— [D 3 172] Structures élémentaires ;
— [D 3 173] Commutateurs de courant à thyristors ;
— [D 3 174] Fonctionnement avec sources réelles des commutateurs à
thyristors ;
— [D 3 175] Fonctionnement en commutation forcée,
et les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres. Le lecteur devra
assez souvent se reporter aux autres articles.
Dans cet article sont étudiées les principales structures de commutateurs


de courant à thyristors et à diodes fonctionnant en commutation naturelle.
Leurs propriétés sont établies en supposant les sources de tension et de
courant parfaites et les thyristors idéaux (commutation instantanée).

1. Commutateurs ■ La commande d’amorçage des quatre thyristors nécessite


quatre trains d’impulsions, de période propre T, calées par rapport
monophasés à la tension v a comme le représente la figure 1d, pour une valeur
particulière de l’angle θ .
de courant
1.1.3 Étude du fonctionnement
1.1 Commutateur à thyristors
1.1.3.1 Généralités
1.1.1 Structure élémentaire Le fonctionnement du commutateur de courant monophasé idéal
est complètement décrit par la connaissance d’un certain nombre
C’est une structure en pont de quatre thyristors, représentée sur de grandeurs fondamentales fonctions du temps, qui sont :
les figures 1a et b.
— les grandeurs d’entrée et de sortie :
■ Les deux thyristors T1 et T2, dont les cathodes sont reliées à la • v a tension sinusoïdale de la source de tension monophasée,
borne d’entrée de la source de courant, constituent la cellule de • i a courant de ligne du côté alternatif,
commutation positive. • I c courant continu de la source de courant,
• v c tension du côté continu aux bornes de la source de
■ Les deux thyristors T3 et T4, dont les anodes sont reliées à la
courant ;
borne de sortie de la source de courant, constituent la cellule de
— les grandeurs liées aux thyristors :
commutation négative.
• v Tj tension aux bornes d’un thyristor Tj,
• i Tj courant dans un thyristor Tj.
1.1.2 Commande des thyristors en modulation Ces grandeurs sont caractérisées par leur forme d’onde et par
symétrique des valeurs caractéristiques.

L’amorçage d’un thyristor bloqué peut être provoqué, à partir du 1.1.3.2 Formes d’onde
moment où la tension à ses bornes devient positive, par une impul-
sion de courant appliquée sur sa gâchette. Son amorçage entraîne La tension du côté alternatif et le courant du côté continu sont
le blocage spontané du thyristor à l’état passant de la même cellule. imposés par l’hypothèse de sources parfaites. Les autres grandeurs
s’en déduisent par les relations (3) et (4) de [D 3 172] faisant inter-
Dans le cas d’une modulation symétrique, deux thyristors placés
venir la fonction de modulation F m qui définit le mode de modula-
sur des branches opposées du pont sont amorcés simultanément
tion adopté :
et les deux autres sont amorcés après un temps T/2, T étant la
ia = Fm Ic vc = Fm va
période des grandeurs alternatives [D 3 172]. Le cycle répétitif de
fonctionnement est représenté figure 1c. À partir du cyclogramme de fonctionnement des interrupteurs et
Les deux configurations du circuit montrent que, à l’état bloqué, pour une valeur donnée de l’angle θ, il est alors possible de tracer
les thyristors T1 et T3 sont soumis à la tension v a (figure 1a ) et les sur un diagramme temporel les formes d’onde de ces grandeurs.
thyristors T2 et T4 à la tension – v a (figure 1b ). Les figures 2a et b représentent les formes d’onde et la fonction
■ L’amorçage de T1 et T3 est possible pendant toute l’alternance de modulation pour deux valeurs particulières de l’angle d’amor-
positive de la tension v a et l’angle de contrôle ou de retard à l’amor- çage θ, respectivement de π/4 et 3π/4.
çage θ [D 3 172] peut donc varier théoriquement de 0 à π. De même,
l’amorçage de T2 et T4 est possible pendant toute l’alternance néga- 1.1.3.3 Grandeurs caractéristiques
tive de la tension v a . L’angle de retard à l’amorçage est le même, car
il y a un décalage égal à π entre deux commutations successives. ■ Tension du côté continu : la tension v c est une fonction
périodique du temps, de période T / 2 (figure 2). Elle se compose
Les plages angulaires d’amorçage possible pour chaque thyris- d’une succession de portions identiques d’une sinusoïde de période
tor sont représentées sur la figure 1d. propre T ; elle se déforme suivant la valeur de l’angle θ .

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D 3 173 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique

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_____________________________________________________________________________________________ COMMUTATEURS DE COURANT À THYRISTORS

On appelle indice de pulsation p du convertisseur, le rapport de La valeur moyenne de v c , calculée sur un intervalle de temps
la période de la tension alternative v a et de la période de la tension T/2, est :
périodique v c ; dans le cas étudié ici : p = 2.

θ+π
1
V c moy = ----- V a 2 sin ω t d ω t
π θ
(1)
2 2
= --------------- V a cos θ = V cM cos θ
π
avec Va valeur efficace de la tension,
V cM valeur maximale de la tension moyenne obtenue pour
θ = 0.

Vu du côté continu, le convertisseur se comporte comme une


source de tension périodique dont la valeur moyenne, pour une

amplitude constante de la tension du côté alternatif, ne dépend
que du facteur cos θ .

■ Puissance électrique moyenne : la puissance moyenne


échangée avec la source de courant continu Ι c s’écrit [relations (2)
de [D 3 172] et (1)] :

2 2
P c = I c V c moy = I c --------------- V a cos θ = V cM I c cos θ (2)
π
L’angle de retard θ peut théoriquement varier de 0 à π. La puissance
est positive pour 0 < θ < π/2. Le convertisseur fournit de la puissance
au réseau continu ; il fonctionne en redresseur (figure 2a ). Elle est
négative pour π/2 < θ < π. Le convertisseur reçoit de la puissance du
réseau continu ; il fonctionne en onduleur (figure 2b ).
Dans son principe, si les deux sources sont actives, le commu-
tateur est donc une structure naturellement et continuement réver-
sible en puissance en fonction de l’angle θ . En particulier pour
θ = π/2, la puissance moyenne échangée est nulle. Cette réversibilité
correspond à une réversibilité en tension moyenne de la source de
courant.
La réversibilité en courant continu nécessite une structure plus
complexe, que nous étudierons au paragraphe 5.
Nous appelons cos ␪ le facteur de contrôle du convertisseur.
La puissance échangée entre l’entrée et la sortie peut être
contrôlée par trois paramètres :
— l’amplitude de la tension alternative v a ;
— l’amplitude du courant unidirectionnel I c ;
— le facteur de contrôle cos θ .
Le ou les paramètres de réglage dépendent de la nature réelle
des sources de courant et de tension, suivant l’application
considérée.
Par exemple, dans un redresseur fonctionnant à partir du réseau de
distribution, la tension v a est fixe et le réglage porte sur la valeur
moyenne de la tension v c , donc sur l’angle θ .
Dans un onduleur autonome, la puissance est le plus souvent
contrôlée à partir de l’intensité du courant fourni par la source de cou-
rant continu (notons qu’elle peut l’être par la fréquence, dans le cas
d’une charge résonnante).
■ Courant du côté alternatif : la forme de ce courant i a est
indépendante de la valeur de l’angle θ . C’est une onde rectangulaire
d ’ a m p l i t u d e I c p e n d a n t l ’ a l t e r n a n c e p o s i t i v e ( fi g u r e 2 ) ,
d’amplitude – I c pendant l’alternance négative. Sa valeur efficace I a
est donc égale à I c : compte tenu de la symétrie, la valeur efficace du
fondamental s’écrit :


π
Figure 1 – Commutateur monophasé de courant à thyristors 2 2 2
I af = --------------- I c sin ω t d ω t = --------------- I c (3)
en modulation symétrique π 2 0 π

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COMMUTATEURS DE COURANT À THYRISTORS ______________________________________________________________________________________________

Figure 2 – Commutateur monophasé


de courant à thyristors : cyclogramme
de conduction des interrupteurs,
fonction de modulation et formes d’onde

■ Facteur de déphasage : la puissance moyenne du côté alterna- ■ Facteur de puissance : la notion de facteur de puissance F P est
tif s’exprime par la relation (1) de [D 3 172] : essentielle dans tout système fonctionnant en courant alternatif. Par
définition, S étant la puissance apparente, on a :
P a = V a I af cos ϕ
P P V a I af cos ϕ I af
où ϕ est le retard de phase du fondamental du courant i a sur la ten- - = -------- cos ϕ
F P = ----- = -------------- = -------------------------------- (5)
sion v a et cos ϕ le facteur de déphasage. S Va Ia Va Ia Ia
En identifiant les deux expressions de la puissance, relation (1) Le facteur de puissance d’un commutateur de courant est le pro-
de [D 3 172] du côté alternatif et relation (2) du côté continu, nous duit de deux termes :
écrivons :
— le facteur de forme du courant I af / I a ;
P = I c Vc moy = V a I af cos ϕ
— le facteur de déphasage cos ϕ.
soit, compte tenu des relations (1) et (3) : Comme I a = I c , il vient, d’après (3) :


2 2
P = I c --------------- V a cos θ
π  = V  --------------
a
2 2
π
- I  cos ϕ
c (4)
2 2
F P = --------------- cos ϕ = 0,9 cos ϕ
π
(6)

On en déduit immédiatement que : Le facteur de puissance est maximal pour ϕ = 0 ou ϕ = π, mais sa


valeur est inférieure à 1 par suite de la présence des harmoniques
ϕ=θ
du courant i a , il vaut alors :
ce qui peut aussi être établi directement en comparant ces deux
F PM = 0,9
angles sur les figures 2a et b.
■ Puissance réactive : par définition, elle s’exprime par la
relation :
Le facteur de déphasage du courant du côté alternatif est donc
égal au facteur de contrôle du convertisseur. 2 2
Q = V a I af sin ϕ = --------------- V a I c sin θ (7)
π
En particulier, pour ␪ = 0 , le facteur de déphasage est nul, le L’angle θ variant entre 0 et π, la puissance réactive est toujours
fondamental du courant et la tension du côté alternatif sont en phase. positive.

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D 3 173 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique

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_____________________________________________________________________________________________ COMMUTATEURS DE COURANT À THYRISTORS

Un commutateur de courant à thyristors, fonctionnant en La figure 2b montre que le temps t inv d’application de la tension
commutation naturelle, consomme toujours de la puissance réac- inverse correspond à un angle :
tive empruntée au réseau alternatif, que son fonctionnement soit
du type redresseur ou du type onduleur.
ω t inv = π – θ
ce qui réduit effectivement la plage de contrôle de l’angle θ à une
valeur (π – β ) inférieure à π (avec un angle de garde β  ω t q ).
Un commutateur de courant à thyristors ne peut donc fonction-
ner que si le système électrique auquel il est relié du côté alter- Nous verrons en [D 3 174] que divers facteurs réduisent encore
natif est susceptible de fournir la puissance réactive nécessaire. cette plage et entraînent une valeur importante de β . Par exemple,
pour un fonctionnement à la fréquence de 50 Hz, on adopte le plus
souvent une valeur de β de l’ordre de 30o (soit β / ω = 1,66 ms).
Le diagramme de la figure 3 montre les variations de la puissance
réactive Q en fonction de la puissance active P, l’angle de contrôle θ


étant un paramètre ; les puissances sont exprimées en valeurs
réduites par rapport à la puissance maximale P M disponible 1.2 Pont redresseur monophasé à diodes
[relation (2)] :
2 2
P M = --------------- V a I c = V cM I c (8) Examinons le cas particulier où l’angle de retard ␪ est nul.
π
Les thyristors sont amorcés dès que la tension à leurs bornes
À 50 Hz, l’angle de contrôle est généralement limité devient positive. La figure 4b représente les formes d’onde corres-
à 150o (§ 1.1.3.4). pondantes et la figure 4c le cycle v K (i K) décrit par les interrup-
teurs. On constate que ce cycle est identique à celui d’une diode.
En effet, dans ce cas particulier, la commutation se produit au pas-
1.1.3.4 Grandeurs liées aux thyristors
sage par zéro de la tension v a . L’interrupteur n’a plus à supporter
L’étude effectuée en supposant des conditions idéales de fonc- une tension directe ; la tension à ses bornes est négative pendant
tionnement permet déjà de dégager certaines contraintes imposées tout l’intervalle de non-conduction. Il s’amorce dès que cette ten-
aux thyristors et un premier dimensionnement de ces derniers. sion devient positive.
■ Courant de crête : à l’état passant, un thyristor est parcouru par La figure 4a représente la structure d’un montage en pont où les
le courant I c ; la valeur du courant de crête est donc celle du courant quatre interrupteurs sont des diodes. Ce montage a les propriétés
continu. suivantes.

■ Courant efficace : la durée de conduction d’un thyristor étant ■ Les commutations sont toutes de type spontané ; l’amorçage par
T/2, la valeur efficace du courant dans un thyristor est donc : zéro de tension d’une diode entraîne le blocage par zéro de courant
de l’autre diode dans la cellule concernée. La possibilité de contrôle
Ic disparaît.
I T = ---------
- (9)
2 ■ La tension redressée v c est toujours unidirectionnelle ; elle est, à
tout instant, égale à la valeur absolue de la tension alternative v a ;
■ Tension inverse et tension directe à l’état bloqué : à l’état sa valeur moyenne, obtenue en faisant θ = 0 dans la relation (1), est :
bloqué, un thyristor, tel que T1 par exemple, est soumis à la tension
v a pendant un temps correspondant à l’angle électrique π. 2 2
V c moy = --------------- V a = V cM (10)
Sur les figures 2a et b est représentée la tension v T1 pour deux π
valeurs de θ . L’amplitude maximale de tension qu’un thyristor est
contraint de supporter, aussi bien en inverse qu’en direct, est donc ■ Le courant alternatif i a a même forme que pour le commutateur
égale à l’amplitude de la tension v a . à thyristors, mais le déphasage de son fondamental est nul.

■ Temps d’application de la tension inverse : un thyristor n’est ■ Le redresseur à diodes présente donc un facteur de déphasage :
susceptible de se bloquer que si une tension inverse est appliquée à cos ϕ = 1
ses bornes pendant un temps supérieur à un temps minimal t q
(temps de recouvrement). et le facteur de puissance [relation (6)] est constant et maximal :
F P = F PM = 0,9

■ La puissance réactive est nulle.


■ Il est évident que cette structure n’est pas réversible. Le
convertisseur ne peut fonctionner qu’en redresseur. Le seul moyen
éventuel de contrôle de la puissance est celui de l’amplitude de la
tension alternative v a .

■ Son emploi est très répandu comme convertisseur alternatif-


continu à tension de sortie constante.

1.3 Pont redresseur monophasé mixte


symétrique
Figure 3 – Commutateur monophasé de courant à thyristors :
variation de la puissance réactive en fonction de la puissance active
à courant I c constant et en valeurs réduites Le principe de fonctionnement du commutateur de courant permet
aux deux cellules de fonctionner indépendamment. On peut donc
réaliser un montage en pont en associant une cellule commandée

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 3 173 − 5

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Fonctionnement avec sources réelles


des commutateurs à thyristors

par Henri FOCH


Professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse
Directeur du LEEI (URA au CNRS)

Yvon CHÉRON
Responsable de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques
et Raphaël ARCHES
Bernard ESCAUT
Pierre MARTY
Michel METZ
Enseignants Chercheurs de l’Équipe de Recherche Convertisseurs Statiques

1. Prise en compte de l’imperfection des sources.............................. D 3 174 - 2


1.1 Généralités ................................................................................................... — 2
1.2 Modèles applicables au réseau continu .................................................... — 2
1.3 Modèles applicables au réseau alternatif .................................................. — 2
1.4 Schéma général ........................................................................................... — 3
2. Prise en compte de l’imperfection du réseau alternatif............... — 4
2.1 Commutateur monophasé de courant....................................................... — 4
2.1.1 Présentation du problème ................................................................. — 4
2.1.2 Étude de la commutation................................................................... — 4
2.1.3 Formes d’onde et conséquences de l’empiétement........................ — 6
2.1.4 Influence de la résistance................................................................... — 6
2.1.5 Caractéristiques de charge du côté continu ..................................... — 7
2.2 Commutateur triphasé de courant ............................................................. — 7
2.2.1 Présentation du problème ................................................................. — 7
2.2.2 Étude de la commutation................................................................... — 7
2.2.3 Formes d’onde et conséquences de l’empiétement........................ — 9
2.2.4 Influence de la résistance................................................................... — 10
2.2.5 Caractéristiques de charge du côté continu ..................................... — 11
2.2.6 Tension aux bornes du réseau........................................................... — 11
2.2.7 Empiétements multiples .................................................................... — 11
3. Prise en compte de l’imperfection du réseau continu .................. — 12
3.1 Circuit général.............................................................................................. — 12
3.2 Conduction continue et conduction discontinue ...................................... — 12
3.2.1 Généralités .......................................................................................... — 12
3.2.2 Fonctionnement en conduction continue......................................... — 13
3.2.3 Fonctionnement en conduction discontinue.................................... — 13
3.3 Régime de conduction continue................................................................. — 13
3.3.1 Équations générales ........................................................................... — 13
3.3.2 Courant continu i c .............................................................................. — 14
3.3.3 Forme du courant alternatif i a ........................................................... — 16
3.3.4 Influence de la commutation sur la forme d’onde des courants.... — 16
3.4 Régime de conduction discontinue............................................................ — 16
p。イオエゥッョ@Z@ウ・ーエ・ュ「イ・@QYYS

3.4.1 Cas d’un redresseur fonctionnant sur charge passive (R, L et E = 0) — 17


3.4.2 Cas d’un redresseur-onduleur fonctionnant sur charge active
(R, L, E ) ............................................................................................... — 18

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FONCTIONNEMENT AVEC SOURCES RÉELLES DES COMMUTATEURS À THYRISTORS ________________________________________________________________

L ’article Commutateurs de courant fait l’objet de plusieurs articles :


— [D 3 172] Structures élémentaires ;
— [D 3 173] Commutateurs de courant à thyristors ;
— [D 3 174] Fonctionnement avec sources réelles des commutateurs à
thyristors ;
— [D 3 175] Fonctionnement en commutation forcée,
et les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres. Le lecteur devra
assez souvent se reporter aux autres articles.


1. Prise en compte Les modèles les plus simples susceptibles de modéliser le réseau
continu, ne faisant appel qu’à un minimum d’éléments (inductance,
de l’imperfection des sources résistance, capacité et source de tension), sont représentés sur la
figure 1 :
— le cas (a) correspond à une charge dissipative, l’inductance
1.1 Généralités L faisant partie de sa structure propre ou correspondant à un élé-
ment destiné à assurer le filtrage (le lissage ) du courant ;
L’article [D 3 173] a permis d’effectuer la synthèse des principales — le cas (b ) correspond à un réseau actif, de force électromo-
structures de commutateurs à thyristors. La méthode utilisée trice (fém) continue E ; la résistance R est représentative des pertes
consiste à modéliser les réseaux électriques d’entrée et de sortie par ohmiques de ce réseau, l’exemple typique est la machine à courant
des sources de courant et de tension parfaites : continu, moteur ou génératrice ;
— du côté alternatif, le convertisseur voit une source de tension — le cas (c ) correspond à une charge Z ou un réseau
alternative sinusoïdale parfaite, monophasée ou triphasée ; nécessitant un filtrage en tension ; si l’on suppose le conden-
— du côté continu, le convertisseur voit une source de courant sateur C de capacité suffisamment forte pour que la tension à ses
continu parfaite réversible en tension et unidirectionnelle en courant. bornes puisse être considérée comme constante, il se ramène au
cas (b), tout au moins dans l’étude du fonctionnement en régime
La deuxième étape de l’étude des convertisseurs, qui est du ressort permanent.
de l’analyse, amène à rechercher, pour les deux réseaux, des
modèles correspondant mieux à la réalité, permettant de mettre en
évidence les particularités de fonctionnement liées à la nature de
ces réseaux, les principales perturbations créées par le convertisseur 1.3 Modèles applicables
et d’apporter des éléments de calcul supplémentaires utiles pour un
prédimensionnement. Ces modèles font appel à un nombre réduit
au réseau alternatif
d’éléments linéaires passifs ou actifs. Ils permettent une étude avec
des moyens qui sont ceux du raisonnement et de l’utilisation d’outils Du côté alternatif, la nature de source de tension est liée au fait
mathématiques simples. que la tension est une variable d’état et qu’elle ne peut pas subir
Au-delà, seules des méthodes d’analyse plus élaborées, essen- de discontinuité. Cette tension est, par définition, variable (source
tiellement des méthodes de simulation analogique ou numérique, alternative sinusoïdale), mais elle n’est que lentement variable à
permettent d’utiliser des modèles plus poussés non seulement des l’échelle des commutations. Dans la pratique, seule la présence d’un
sources, mais aussi des interrupteurs, ainsi que d’étudier des asso- condensateur en parallèle sur l’entrée alternative du convertisseur
ciations de convertisseurs de types différents. et au plus près des interrupteurs garantit formellement la nature de
Dans cette deuxième étape, les mécanismes de la commutation source de tension du réseau alternatif [D 3 153].
jouent un rôle essentiel, puisqu’ils sont étroitement liés à la nature
des sources. Une bonne connaissance de ces mécanismes et, en
particulier, du fonctionnement des cellules de commutation est
donc nécessaire.
Les cellules de commutation à thyristors sont étudiées en [D 3 153]
(Principes fondamentaux. Commutation dans les convertisseurs
statiques), notamment en ce qui concerne les conséquences de
l’imperfection des sources. Il y sera fait référence chaque fois que
nécessaire.

1.2 Modèles applicables


au réseau continu
Du côté continu, la nature de source de courant est liée au fait
que le courant est une variable d’état et qu’il ne peut pas subir de
discontinuité. Nous l’avons jusqu’ici considéré comme constant.
Nous dirons, maintenant, qu’il est lentement variable, si bien qu’il
peut, en première approximation, être considéré comme constant
à l’échelle des temps de commutation. La condition nécessaire et
suffisante est l’existence d’une inductance de valeur (relative) élevée Figure 1 – Modèles applicables au réseau continu
en série sur le réseau continu.

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________________________________________________________________ FONCTIONNEMENT AVEC SOURCES RÉELLES DES COMMUTATEURS À THYRISTORS

Mais, lorsqu’une cellule de commutation fait appel à un mode de ■ Nous pouvons donc distinguer deux grandes familles de
commande à l’amorçage, donc à un mode de blocage spontané commutateurs de courant à thyristors :
par zéro de courant, la commutation est tout à fait possible lorsque — les redresseurs-onduleurs à commutation assistée par le
les sources de tension sont imparfaites, c’est-à-dire, présentant réseau ; leurs structures sont rigoureusement celles étudiées en
une inductance en série non négligeable [D 3 153]. C’est le cas des [D 3 173] ;
commutateurs de courant à thyristors, associés le plus souvent à — les commutateurs de courant à circuits auxiliaires de commu-
des réseaux alternatifs à caractère inductif (machine électrique, tation ; leur fonctionnement n’est représenté par les structures
réseau de distribution,...). Il en résulte un temps de commutation étudiées qu’en régime permanent ou, en toute rigueur, qu’à partir
plus élevé (phénomène d’empiètement), inconvénient largement d’un certain niveau de tension alternative.
compensé (tout au moins aux fréquences industrielles) par une
amélioration importante des conditions de commutation au niveau
des interrupteurs (commutation douce).
1.4 Schéma général

Par suite, deux modèles simples peuvent être envisagés et sont
représentés sur la figure 2.
■ Le cas (a) correspond à une charge passive essentiellement Compte tenu des modèles simplifiés que l’on vient de décrire,
constituée d’un circuit résonnant parallèle (L, R, C ) fonctionnant au une bonne approche du fonctionnement d’un commutateur de
voisinage de sa fréquence de résonance, ce qui impose à ses bornes courant à thyristors en commutation naturelle est obtenue par
une tension quasi sinusoïdale. Il s’applique au montage bien connu l’analyse d’un schéma général dont la figure 3 représente les deux
sous le nom d’onduleur parallèle, qui a ses spécificités propres et ne principales configurations, en monophasé et en triphasé.
sera pas étudié ici.
■ Toutefois, la prise en compte simultanée des imperfections des
■ Le cas (b ) s’applique à tout réseau actif (réseau de distribution, deux sources conduit à une analyse mathématique relativement
machine électrique...) pouvant être considéré comme une source de complexe. Il est classique de scinder l’étude en deux étapes :
tension sinusoïdale v en série avec une impédance inductive (λ, r ). ● prise en compte de l’imperfection des sources de tension en
C’est le cas du plus grand nombre d’applications des commutateurs supposant la source de courant parfaite (§ 2) : cette étude met en
de courant. Le réseau est réversible et, suivant la réversibilité du évidence l’influence du phénomène d’empiètement sur les formes
réseau continu, le convertisseur peut fonctionner en redresseur ou d’onde des courants et des tensions du côté alternatif, sur la forme
en onduleur. d’onde de la tension du côté continu et les corrections à apporter
Rappelons, de plus, que le commutateur de courant à thyristors aux relations générales établies précédemment ;
absorbe de la puissance réactive empruntée à la source alternative, ● prise en compte de la structure de la source de courant en sup-
qui doit être capable de la fournir [D 3 173] : posant les sources de tension parfaites (§ 3) : le courant continu n’a
— dans le cas d’un réseau de distribution, le problème est simple, plus une amplitude constante ; son ondulation entraîne une modifi-
le sens de la puissance réactive étant imposé par le convertisseur ; cation de la forme d’onde du courant alternatif et, dans certaines
— par contre, dans le cas d’une machine électrique, il faut que conditions, un fonctionnement dégradé dit conduction discontinue.
celle-ci puisse fournir de la puissance réactive. Une machine syn-
chrone, par exemple, doit être surexcitée.
Il peut se poser aussi un problème de démarrage :
— dans le cas d’un réseau de distribution, la source de tension
préexiste au démarrage ; les commutations sont donc immé-
diatement possibles ;
— par contre, dans le cas d’un moteur synchrone, la fém de la
machine est nulle au démarrage ; les premières commutations étant
impossibles en commutation naturelle, il faut faire appel à des cir-
cuits auxiliaires de commutation forcée, jusqu’à ce que la machine
ait atteint une vitesse telle que sa fém soit suffisante pour permettre
la commutation naturelle.

Figure 2 – Modèles applicables au réseau alternatif Figure 3 – Commutateur de courant à thyristors


en commutation naturelle : schéma général

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FONCTIONNEMENT AVEC SOURCES RÉELLES DES COMMUTATEURS À THYRISTORS ________________________________________________________________

■ Les méthodes de simulation constituent des outils particu-


lièrement intéressants dès lors que la complexité du circuit devient
importante. Elles seront utilisées pour pousser complètement notre
étude des circuits de la figure 3. Nous validerons, de cette manière,
les conditions dans lesquelles les résultats établis dans les deux cas
restrictifs précédents peuvent être appliqués (§ 3.3.4).

2. Prise en compte
de l’imperfection
du réseau alternatif
R 2.1 Commutateur monophasé de courant
2.1.1 Présentation du problème
Le réseau alternatif est modélisé par un dipôle actif équivalent
comportant une source de tension alternative sinusoïdale
v = V 2 sin ωt parfaite en série avec une inductance λ et une résis-
tance r. Un ordre de grandeur de ces éléments passifs est lié à la
notion de tension de court-circuit Vcc du réseau. Nous admettrons
que celle-ci est généralement faible, de valeur relative inférieure
à 5 % pour fixer les idées.
Le réseau continu est modélisé par une source de courant
continu parfaite imposant un courant d’intensité constante Ic .
Le circuit à étudier, correspondant à ces hypothèses, est repré-
senté sur la figure 4a.
En dehors des commutations, l’inductance λ est traversée par un
courant constant. La seule conséquence de l’imperfection du
réseau est une chute de tension résistive telle que va = v – r Ic .
Par contre, au moment des commutations, l’inductance λ
s’oppose à la variation brutale du courant ia . En conséquence, la
commutation ne peut plus être considérée comme instantanée. Il en
résulte une séquence de fonctionnement supplémentaire
(séquence de commutation ou séquence d’empiètement) de
durée plus ou moins importante en fonction de différents facteurs, Figure 4 – Commutateur de courant monophasé :
qui entraîne une modification des formes d’onde de différentes commutation en modulation symétrique
grandeurs électriques.
Ce sont essentiellement les conséquences de ce phénomène sur
le fonctionnement du convertisseur qui sont étudiées dans ce ■ Supposons que les thyristors T2 et T4 soient conducteurs
paragraphe 2.1. L’étude est menée uniquement dans le cas le plus (figure 4a).
important d’une modulation symétrique.
Nous avons (figure 7) :
v T1 = v T3 = v a
2.1.2 Étude de la commutation ia = – Ic i T2 = i T4 = I c

En modulation symétrique, si les quatre thyristors sont iden- Dès que va devient positif, les thyristors T1 et T3 peuvent être
tiques, de même caractéristique à l’état passant et à l’état bloqué, amorcés.
la structure en pont nous amène à écrire, à tout instant : L’impulsion d’amorçage est envoyée avec un angle de retard θ.
Les thyristors T1 et T3 deviennent passants, mais l’inductance λ
i T1 = i T3  s’oppose à toute variation instantanée du courant ia , donc à la
i T2 = i T4 
 (1) commutation naturelle instantanée des deux thyristors de chaque
cellule.
v T1 = v T3  ■ Les quatre thyristors sont alors simultanément conducteurs. Il y
v T2 = v T4  (2)
 a empiètement l’un sur l’autre des temps de conduction des thyris-
tors d’une même cellule. Le réseau alternatif est court-circuité
Les commutations des deux cellules correspondantes étant simul- (figure 4b). La variation du courant ia est imposée par l’équation
tanées, l’évolution des courants et des tensions est la même pour différentielle :
les deux interrupteurs placés sur des diagonales opposées du pont.
di a
Les différents courants du circuit sont liés par les relations : V 2 sin ω t = λ ---------
- + ri a
dt
i T1 + i T2 = i T3 + i T4 = I c 
 (3)
i T1 – i T4 = i T3 – i T2 = i a 

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Onduleurs de tension
Structures. Principes. Applications
par Henri FOCH
Professeur des universités


Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique industrielle ENSEEIHT de Toulouse
François FOREST
Professeur des universités
Laboratoire d’Électricité Signaux et Robotique
École Normale supérieure de Cachan
et Thierry MEYNARD
Chargé de recherche au CNRS
Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique industrielle ENSEEIHT de Toulouse

1. Domaines d’applications classiques ................................................... D 3 176 - 2


1.1 Configuration typique à fréquence fixe ...................................................... — 2
1.2 Configuration typique à fréquence variable............................................... — 2
2. Principes fondamentaux......................................................................... — 3
2.1 Cellule de commutation............................................................................... — 3
2.1.1 La cellule d’onduleur........................................................................... — 3
2.1.2 Mécanismes de commutation ............................................................ — 3
2.1.3 Commande de la cellule ..................................................................... — 3
2.1.4 Fonction de modulation de la cellule................................................. — 5
2.2 Principes de la conversion continu-alternatif............................................. — 5
2.2.1 Génération alternative par modulation de largeur d’impulsion...... — 5
2.2.2 Génération alternative par niveaux ................................................... — 6
2.3 Cellules multiniveaux................................................................................... — 7
2.3.1 Différentes structures.......................................................................... — 7
2.3.2 Commande........................................................................................... — 9
2.3.3 Influence de la fréquence de modulation. Réalisation des sources
indépendantes ..................................................................................... — 9
2.4 Structures principales .................................................................................. — 11
2.4.1 Concept du montage différentiel ....................................................... — 11
2.4.2 Onduleur monophasé en pont ........................................................... — 12
2.4.3 Onduleur triphasé en pont.................................................................. — 12
p。イオエゥッョ@Z@ョッカ・ュ「イ・@QYYX@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@ェオゥョ@RPQU

3. Généralisation de la fonction onduleur.............................................. — 15


3.1 Mécanismes de transfert de puissance ...................................................... — 15
3.2 Applications futures sur les réseaux........................................................... — 16
3.2.1 Généralités ........................................................................................... — 16
3.2.2 Filtres actifs et compensateurs........................................................... — 16
3.2.3 Redresseurs MLI .................................................................................. — 17
3.2.4 Gestion de l’énergie sur les réseaux : les UPFC ............................... — 18
Références bibliographiques .......................................................................... — 18

L es onduleurs de tension constituent une fonction incontournable de l’élec-


tronique de puissance, présente dans les domaines d’applications les plus
variés, dont le plus connu est sans doute celui de la variation de vitesse des
machines à courants alternatifs. La forte évolution de cette fonction s’est
appuyée, d’une part, sur le développement de composants à semi-conducteurs
entièrement commandables, puissants, robustes et rapides, d’autre part, sur

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ONDULEURS DE TENSION ________________________________________________________________________________________________________________

l’utilisation quasi-généralisée des techniques dites de « modulation de largeur


d’impulsion » (MLI ou Pulse Width Modulation, PWM, dans le jargon anglo-
saxon), ces dernières s’appuyant sur les performances en fréquence de décou-
page permises par les premiers. Au caractère « noble » de cette fonction
(convertisseurs entièrement réversibles, forme sophistiquée de la conversion
d’énergie) correspondent des applications particulièrement intéressantes.
L’objectif de cet exposé est donc de présenter l’architecture et les modes de
commande de ces onduleurs, leurs principales applications, des plus classiques
aux plus récentes.


1. Domaines d’applications
classiques T1 D1 D3 T3

Les deux grands domaines d’application classiques des ondu- T2 D2 T4


D4
leurs de tension sont les alimentations de secours et les entraîne-
ments à vitesse variable. Ils sont également caractéristiques de deux
grandes familles, respectivement celle des systèmes à fréquence
fixe et celle des systèmes à fréquence variable.
E générateur de tension
Nous nous appuierons donc sur une rapide description de ces
deux exemples bien connus pour rappeler quelques éléments fon- Figure 1 – Schéma de principe d’un onduleur pour alimentation
damentaux, tant sur le plan structurel que fonctionnel, éléments qui de secours
seront nécessaires pour introduire une généralisation des proprié-
tés de cette fonction de conversion.
Les filtres sont l’autre bloc incontournable d’un système ondu-
leur, mais cela n’est pas propre à cette fonction. Leur présence se
justifie par la nature même de la conversion d’énergie, qui fait inter-
1.1 Configuration typique à fréquence venir des mécanismes de découpage. Le nombre et le dimension-
fixe nement de ces filtres dépendent fortement de l’application
envisagée. Dans le cas présent, l’application requiert généralement
la fourniture d’une tension de sortie très pure, donc exempte, en
Un exemple de configuration typique à fréquence fixe est celui de particulier, d’harmoniques de découpage, d’où la nécessité d’un
l’onduleur d’alimentation sans interruption (ASI) qui permet de filtre de sortie. Le filtre d’entrée, présent dans toutes les appli-
pallier les défaillances d’un réseau alternatif en recréant la tension cations, a pour fonction réciproque d’éviter la réinjection d’harmo-
correspondante à partir d’une batterie. La figure 1 montre le schéma nique sur la source d’alimentation, ce qui peut être très contraignant
de principe de l’étage de conversion DC-AC (courant continu - en présence d’harmoniques à basse fréquence. Ces considérations
courant alternatif ou direct current - alternating current) dans une seront approfondies dans le fascicule [D 3 177] « Mise en œuvre ».
hypothèse monophasée. On y distingue principalement deux types
Enfin, un aspect également essentiel dans l’élaboration d’un
de circuits, l’étage de conversion proprement dit, constitué de deux
onduleur de tension, et qui ne peut apparaître sur ce schéma, est le
cellules de commutation (pont monophasé), et des filtres passifs.
principe de commande qui jouera un rôle majeur dans les perfor-
Cette cellule de commutation est à la base de la majorité des mances du dispositif, tant sur le plan de la réduction des harmoni-
structures d’onduleurs de tension. Élaborée à partir d’interrupteurs ques que du contrôle du fondamental de l’onde de sortie. Dans ce
entièrement commandables à trois segments (transistors T bipo- premier exemple, le principe retenu devra permettre, en sortie, la
laire ou MOS, GTO, IGBT, associés chacun à une diode quasi-élimination des harmoniques de rang bas, afin de minimiser
antiparallèle D), elle est réversible en courant. Elle peut être consi- la taille du filtre de sortie. Par ailleurs, il faudra pouvoir régler aisé-
dérée comme une phase élémentaire d’un quelconque onduleur ment la tension de sortie afin de tenir compte d’inévitables chutes
polyphasé classique, dans la mesure où elle est utilisée en mode de tension en charge, voire de chutes de tension « dynamiques »
différentiel (seule, la cellule ne peut délivrer de tension purement liées à d’éventuelles composantes harmoniques sur le courant de
alternative). En monophasé, cela suppose l’utilisation d’une source sortie (charges non linéaires). Nous verrons donc comment parvenir
continue double (point milieu capacitif) ou l’association de deux à ce résultat, principalement par l’utilisation de la modulation de
bras, comme c’est le cas dans notre exemple. Les propriétés et la largeur d’impulsion. Parallèlement, la fréquence fondamentale est
commande de cette cellule sont essentielles dans le cadre de l’éla- fixe et correspond à celle du réseau secouru (50, 60, 400 Hz).
boration des onduleurs et nous reviendrons donc sur ces aspects
dans le paragraphe suivant.

1.2 Configuration typique à fréquence


Dans toute la suite de l’article, nous ferons apparaître dans la
cellule le symbole de l’IGBT, afin de présenter aux lecteurs un
variable
symbole familier, qui correspond de surcroît au composant le
plus largement utilisé dans les applications classiques. Il faut Dans cette seconde configuration, correspondant aux applica-
néanmoins insister sur le fait que n’importe quel composant tions « motovariateurs à courants alternatifs » et dont le schéma de
commandable à l’amorçage et au blocage peut tenir ce rôle. principe est donné figure 2, l’onduleur est généralement alimenté

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D 3 176 - 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique

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_______________________________________________________________________________________________________________ ONDULEURS DE TENSION

M K1
T1, D1
R is
E

T2, D2 vs
Figure 2 – Schéma de principe d’un onduleur d’alimentation K2
de machine alternative
is courant de sortie ou de charge
vs tension de sortie


par l’intermédiaire d’un réseau alternatif R. La source continue est
Figure 3 – Cellule de commutation d’un onduleur
donc un redresseur, suivi d’un filtre d’entrée qui peut avoir une
double fonction, à savoir éliminer les composantes harmoniques de
courant issues de l’onduleur, mais également les composantes
harmoniques de tension dues au redressement. La structure utilisée une cellule de commutation aux propriétés particulières que nous
est majoritairement triphasée et, selon la logique énoncée dans le allons maintenant préciser.
cas précédent, on retrouve une cellule par phase, la machine M
étant alimentée entre phases par des tensions différentielles.
Dans ce type d’application, les tensions découpées sont direc-
2.1.1 La cellule d’onduleur
tement appliquées à la machine, dont les inévitables inductances
de commutation agissent comme des filtres de courant, à condi- Rappelons que les onduleurs de tension sont des convertisseurs
tion que la fréquence de découpage utilisée soit adaptée aux valeurs « directs tension-courant » alimentés par une source de tension
de ces inductances (modulation de largeur d’impulsion). continue, généralement réversible en courant, au moins de manière
instantanée (condensateur électrochimique, par exemple), et
Une autre différence notable par rapport au cas précédent réside permettant, à leur tour, d’alimenter en tension alternative des
dans le domaine de fonctionnement beaucoup plus étendu tant charges ayant un comportement de « source de courant ».
en fréquence fondamentale (de quelques hertz à quelques centaines
de hertz) qu’en amplitude (dynamique de tension de plusieurs La synthèse de tels convertisseurs montre que chaque cellule de
dizaines). Pour que le premier point ne pose pas d’insurmontables commutation qui les constitue (figure 3) comprend une paire
problèmes de filtrage d’entrée, il est indispensable de minimiser d’interrupteurs réversibles en courant (K1, K2) comme la source de
voire d’éliminer les fluctuations basse fréquence de la puissance courant i s , et non réversibles en tension, comme la source de ten-
absorbée par l’onduleur. À nouveau, cela est aisément résolu, en sion E.
triphasé, par l’utilisation des techniques de modulation de largeur Les mécanismes de commutation de ces interrupteurs dépendent
d’impulsion. des caractéristiques de la charge et notamment de son facteur de
puissance (courant en avance ou en retard de phase par rapport au
terme fondamental de tension), ainsi que du type de commande et
Cette rapide analyse de deux types d’onduleurs classiques à la de réglage de l’onduleur (commande non modulée ou modulée).
structure bien connue, permet de faire ressortir quelques points
essentiels.
La structure de base d’un onduleur classique s’appuie sur 2.1.2 Mécanismes de commutation
l’utilisation d’une cellule universelle aux propriétés particulières.
Cela étant, il est intéressant de revenir, de façon plus générale, Nous savons que la cellule ne peut délivrer une onde purement
sur les différents moyens permettant de réaliser une conversion alternative et qu’elle doit être utilisée en mode différentiel. Nous
de tension continu-alternatif à partir d’une électronique de supposerons donc qu’elle est utilisée dans un onduleur réalisant
commutation afin, d’une part, de définir des modes de cette condition et qu’elle délivre un courant sinusoïdal.
commande adaptés à cette cellule dans ce contexte et, d’autre
part, d’examiner s’il n’existe pas d’autres alternatives aux archi- ■ Pour une cellule à commande non modulée dont le courant de
tectures classiques présentées plus haut. charge est en avance de phase par rapport à la tension, les inter-
Dans les applications précédentes, le transfert de puissance rupteurs doivent être commandés à l’amorçage (AM) et posséder un
s’effectue typiquement entre une source continue imposée et blocage spontané (figure 4 a ).
une source alternative variable, le plus souvent considérée ■ Inversement, pour une cellule à commande non modulée dont le
comme un récepteur. Compte tenu du caractère entièrement courant de charge est en retard de phase par rapport à la tension, les
réversible d’un onduleur de tension, un second point de interrupteurs doivent être commandés au blocage (BL) et posséder
réflexion peut porter sur d’autres modes de fonctionnement et un amorçage spontané (figure 4 b ).
donc sur d’autres applications moins classiques.
■ Enfin, pour une cellule à commande modulée, et quel que soit le
déphasage du courant de charge par rapport à la tension, les inter-
rupteurs doivent être commandables, à la fois, à l’amorçage et au
blocage (figure 4 c ).
2. Principes fondamentaux
2.1.3 Commande de la cellule

2.1 Cellule de commutation Lorsqu’on connaît parfaitement le courant alternatif délivré par
l’onduleur (forme instantanée et signe), il est aisé d’imaginer de
commander la partie active des interrupteurs (élément T) lorsqu’elle
Comme nous l’avons évoqué dans l’introduction, l’élément de doit conduire et de ne pas la commander lorsque c’est la diode tête-
base intervenant dans toute structure d’onduleurs de tension est bêche (élément D) qui doit conduire.

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ONDULEURS DE TENSION ________________________________________________________________________________________________________________

■ Les deux commandes des éléments T sont disjointes, c’est-à-dire


AM2 AM1 non complémentaires vis-à-vis de la période de commande.
E
vs
L’évolution des techniques de commande (MLI) a entraîné la
quasi-disparition de commandes disjointes à l’échelle macro-
is scopique de la fréquence fondamentale. Par contre, l’interdiction
E/2 absolue du court-circuit de bras, même fugitif, impose l’utilisation
systématique de telles commandes, à une échelle plus micros-
copique, afin de prendre en compte les retards de commutation des
interrupteurs, en particulier au blocage. L’introduction d’un temps
Td = Ts t mort entre le blocage d’un interrupteur et l’amorçage de son vis-
à-vis, permettant de prendre en compte le cas le plus défavorable,
est alors indispensable.


Dans ce cas, la tension de sortie de la cellule de commutation
a non modulé et avance de phase n’est connue, quels que soient le signe et la valeur du courant de
charge, que durant les phases de commande de l’un ou l’autre des
BL1 BL2 deux interrupteurs de la cellule.
E Au contraire, durant les intervalles de temps où aucun des deux
vs interrupteurs de la cellule n’est commandé (figure 5, interrupteurs
is supposés idéaux), la tension de sortie de la cellule dépend exclusi-
vement de la conduction de l’une des deux diodes tête-bêche de la
E/2
cellule :
— pour l’une des polarités du courant de charge, la diode qui peut
assurer sa conduction est passante et la tension de sortie de la
Td = Ts t cellule est ainsi déterminée ;
— pour la polarité opposée, c’est l’autre diode de la cellule qui
conduit ;
— enfin, dans le cas où le courant s’annule, aucune des deux
b non modulé et retard de phase diodes ne conduit et la tension de sortie de la cellule onduleur ne
dépend plus, ni de la commande, ni du signe du courant, mais
seulement de la force électromotrice existant à cet instant dans la
AM1 BL1 BL2 AM2 charge (conduction discontinue).
E vs Ces phénomènes sont extrêmement importants, puisqu’ils signi-
fient que la tension de sortie de la cellule onduleur de tension ne
dépend plus seulement de la tension continue d’entrée et de la
commande, mais aussi de la charge (phase, forme du courant...). À
ce comportement peut être associée la notion d’impédance interne.
E/2
Ce comportement peut provoquer, toujours dans l’hypothèse de
is commandes MLI, une distorsion significative des ondes de sortie,
particulièrement sensible à faible amplitude. Cela constitue un pro-
blème typique des variateurs alimentant des machines alternatives
dans des régimes de basses vitesses.
Td Ts t
L’ensemble des phénomènes évoqués ci-dessus reste valable
quel que soit le nombre de cellules de commutation en jeu.

c modulé
Commande T1
Td période de découpage Ts période de modulation

Figure 4 – Modes de commutation d’une cellule BL1

t
Commande T2
Hormis le cas de la commande en courant instantané (et non en
tension), on connaît tout au plus le signe du déphasage relatif
AM2
courant/tension (cas d’un moteur asynchrone, par exemple) mais
très rarement la forme exacte du courant. t
Il existe ainsi deux stratégies de pilotage des interrupteurs vs is > 0
d’une même cellule de commutation.
T1 D2
■ Les deux commandes des éléments T sont adjacentes, c’est-à-
dire complémentaires, quel que soit le rapport cyclique de pilotage t
de la cellule. vs
Ainsi, quels que soient le signe et la valeur du courant alternatif D1 T2
issu de cette cellule de commutation, l’interrupteur qui se trouve
commandé conduit :
is < 0 t
— soit par l’élément T qui reçoit effectivement cette commande ;
— soit par sa diode tête-bêche, et la commande de l’élément T se
trouve alors inutile, mais généralement non gênante. Figure 5 – Influence de commandes disjointes

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Onduleurs de tension
Mise en œuvre
par Henri FOCH
Professeur des universités


Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique industrielle
ENSEEIHT de Toulouse
François FOREST
Professeur des universités
Laboratoire d’Électricité Signaux et Robotique
École Normale Supérieure de Cachan
et Thierry MEYNARD
Chargé de recherche au CNRS
Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique industrielle
ENSEEIHT de Toulouse

1. Techniques de modulation (filtrage actif) ......................................... D 3 177 – 2


1.1 Les grandes familles de modulation.......................................................... — 2
1.2 Dynamique des tensions de sortie d’un onduleur triphasé ..................... — 6
1.3 Commandes en courant.............................................................................. — 8
2. Filtrage passif ........................................................................................... — 10
2.1 Filtrage d’entrée........................................................................................... — 10
2.2 Filtrage de sortie .......................................................................................... — 12
3. Réalisation, commande et protection d’un bras d’onduleur ....... — 13
3.1 Composants de puissance .......................................................................... — 13
3.2 Transmission dynamiquement isolée des signaux
et de la puissance de commande............................................................... — 15
3.3 Retards et temps morts............................................................................... — 17
3.4 Protections ................................................................................................... — 18
3.5 Conception du circuit de puissance ........................................................... — 19
Références bibliographiques ......................................................................... — 20

a problématique de la génération alternative de tension à partir de struc-


L tures fonctionnant en commutation a été abordée de façon générale (notion
de réglage temporel et de réglage par niveau) dans l’article « Structures. Princi-
p。イオエゥッョ@Z@。ッエ@RPPP@M@d・イョゥ│イ・@カ。ャゥ、。エゥッョ@Z@ェオゥョ@RPQU

pes. Applications ». Dans cette partie « mise en œuvre », il convient d'apporter


quelques précisions sur les différentes techniques de modulation utilisées
dans la commande des onduleurs, sur leurs caractéristiques et sur les grandes
lignes de leur mise en œuvre.
Rappelons que l'objectif principal de ces techniques, appliquées aux ondu-
leurs, est de permettre l'obtention d'ondes de tension alternatives, d'amplitude
et de fréquence fondamentale réglables, en éliminant ou en repoussant le plus
loin possible les composantes harmoniques parasites résultant du découpage.
Leur utilisation correspond, finalement, à un principe de filtrage actif via la
commande, filtrage actif auquel sera associé, la plupart du temps, un filtrage
passif dont nous aborderons la problématique dans le paragraphe suivant.
Quelle que soit la forme de l'onde alternative recherchée (le plus souvent sinu-
soïdale), l'établissement de la stratégie de commande devra, tout d'abord,
prendre en compte deux contraintes de régime permanent qui sont, d'une part,

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ONDULEURS DE TENSION ________________________________________________________________________________________________________________

la minimisation des composantes harmoniques parasites et, d'autre part,


l'exploitation optimale de l'étage de puissance de l'onduleur (dimensionnement)
pour générer les composantes harmoniques utiles.
L'autre aspect qui devra également être considéré est la façon dont ces techni-
ques vont pouvoir s'insérer dans les boucles de contrôle et de régulation qui
sont obligatoirement présentes dans toutes les applications des onduleurs. Il est
donc important d'aborder la question de leur potentiel dynamique.
Le lecteur pourra se reporter à l’article [D 3 176] « Onduleurs de tension. Structure. Principes.
Applications » [4] et aux références [1] à [3].


1. Techniques de modulation
(filtrage actif) A
Consigne
Porteuse
triangulaire

1.1 Les grandes familles de modulation


t
1.1.1 Classification

Par référence à l'aspect dynamique, nous proposons un classe-


RTd Td t
ment en deux grandes familles de techniques MLI (modulation de
largeur d’impulsion).
a MLI analogique
La première rassemble les stratégies autorisant des modifications
de la largeur d'impulsion imposées par les variations d'une gran-
deur instantanée générée par les organes de contrôle, à l'échelle de Fréquence Fréquence
la période de découpage Td. On parle alors de MLI instantanées , qui d'échantillonnage d'horloge
peuvent être locales (commande d'une cellule) ou globales (gestion Fec < Fd FH = nFd
vectorielle de la commande de plusieurs cellules). Elles correspon- Largeur propre à NB
dent généralement à des cas pour lesquels la fréquence de décou-
page Fd est grande devant la fréquence fondamentale Fs :
n = Fd/Fs > 20 Générateur
Commande n bits d'impulsions Td
■ La seconde inclut les stratégies dans lesquelles les formes de numérique numérique
globale NB
l'onde découpée sur une période fondamentale sont calculées a ("timers ")
priori pour minimiser les composantes harmoniques parasites, à
valeur donnée de la composante fondamentale. Les résultats de ces
A amplitude
calculs sont mémorisés puis utilisés selon les besoins en cours de R rapport cyclique
fonctionnement. En toute rigueur, on ne peut alors changer de
configuration qu'à l'échelle de la période de modulation Ts (éven-
tuellement, Ts/4 en monophasé, Ts/6 en triphasé). b MLI numérique

Figure 1 – Structures de principe des modulateurs


1.1.2 MLI instantanées dédiées à une cellule

Ce premier groupe correspond à une approche décentralisée de la « intersective ». La fréquence de cette porteuse détermine la fré-
commande d'un onduleur polyphasé, au sens où chaque bras est quence de découpage et une variation de la consigne induit une
muni d'un modulateur piloté par une onde modulante qui lui est variation de la largeur d'impulsion au plus tard après une période de
propre (commande monophasée). Le principe général consiste à découpage.
générer un signal à fréquence de découpage Fd fixe, dont la largeur
■ Les modulateurs numériques (figure 1 b) sont réalisés à partir
d'impulsion est une fonction linéaire d'une grandeur de consigne.
de compteurs programmable pilotés par une fréquence d'horloge
Cela peut être, indifféremment, réalisé de façon analogique ou
très supérieure à la fréquence de découpage :
numérique (figure 1), la consigne étant soit une grandeur à temps
continu, soit un mot binaire généré par un organe de commande F H = n ’F d ,
numérique. Ce dernier cas est maintenant le plus répandu, en parti-
culier dans les structures triphasées, du fait du développement consi- résolution de Td/n’ sur le contrôle de la largeur d'impulsion ; ces
dérable des techniques et composants numériques et de leur très compteurs permettent la génération d'une impulsion dont la largeur
bonne adéquation à la complexité d'une commande polyphasée. dépend du mot binaire (NB) de programmation. Si la commande
numérique générant ce mot binaire présente une fréquence
■ Les modulateurs analogiques fonctionnent par comparaison d'échantillonnage Fec au moins égale à la fréquence de découpage,
d'une porteuse triangulaire ou en dent de scie avec une consigne la dynamique est similaire à celle du cas précédent (retard d'une
analogique (exemple figure 1 a). On parle souvent de MLI période de découpage).

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_______________________________________________________________________________________________________________ ONDULEURS DE TENSION

Tableau 1 – Exemples de modulations instantanées


a – MLI monophasée bipolaire
Amplitude des raies


(fm)bip t
+1

t
–1 R

n

hπ hπm h π m cos ( nh + 2 p ) ω s t
sin ------- J 0  ------------- cos nhω s t + ∑ J 2 p  -------------
∞ 2  2  2 + cos ( nh – 2 p ) ω s t
h
4 ( –1 ) p=1
( f m ) bip = m sin ω s t + ∑ ------------------
πh ∞
= hπ h π m sin ( nh + 2 p + 1 ) ω s t
J 2 p + 1  -------------
h 1
+ cos -------
2 ∑ 2 – sin ( nh – 2 p – 1 ) ω s t
p=0

b – MLI monophasée unipolaire à 2 Fd

A Amplitude des raies

0
t

+1 t
(fm)unip

t R
–1
(cf. [D 3176] figure 20) n
∞ h ∞
4 ( –1 ) hπ hπm
( f m ) unip = m sin ω s t + ∑ ------------------ cos ------- ∑ J 2 p + 1  ------------- [ sin ( nh + 2 p + 1 ) ω s t – sin ( nh – 2 p – 1 ) ω s t ]
πh 2 2
h=1 p=0
c – MLI triphasée bipolaire
Amplitude des raies
A

0
t

+1 t
(fm)triph
R
t
–1
n

hπ h π m cos 2 pω s t
sin ------- ∑ J 2 p  -------------
2  2  – cos 2 p  ω t – 2π
-------
∞  s
m 3 π 4 ( –1 )
h p=1 3
( f m ) triph = ------------- sin  ω s t + --- + ∑ ------------------ cos nhω s t
2  6 πh ∞
h π m sin ( 2 p + 1 ) ω s t
h=1

+ cos -------
2 ∑ J2 p + 1  ------------
-
2  – sin ( 2 p + 1 )  ω s t – 2π
-------
p=0  3

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ONDULEURS DE TENSION ________________________________________________________________________________________________________________

■ Que le support soit analogique ou numérique, la philosophie ments de repères (Park, Clarke, Concordia, cf. [7] et [8]) et procèdent
générale est donc sensiblement la même. La modulation en régime d'une vision globale du système polyphasé. La commande d'un
permanent alternatif est obtenue par injection d'une consigne ana- onduleur polyphasé peut donc se concevoir dans ce cadre.
logique alternative, dans le premier cas, d'un mot binaire, image Nous allons donner quelques éléments sur cette approche, en
discrétisée de cette consigne analogique, dans le second cas. Dans nous plaçant dans le cas particulier , mais très représentatif, du
les deux cas, le signal produit a la forme de la fonction de modula- triphasé . Si l'on s'appuie sur le schéma de la figure 2 a, il apparaît
tion que l'on veut imposer à la cellule. Il devrait évidemment passer clairement que l'objectif final est de contrôler le système de tension
par une interface pour commander les interrupteurs de puissance. [vaN, vbN, vcN] aux bornes d'une charge triphasée quelconque (mais
À ce principe général correspond un nombre quasi infini de équilibrée).
variantes, selon la nature du support matériel, la situation de On peut alors se ramener au contrôle d'un vecteur diphasé, image
l'impulsion dans la période de découpage, la stratégie de l'éventuel du système triphasé, à travers la transformation de Concordia
échantillonnage, la relation synchrone ou asynchrone entre la inverse :


porteuse et la modulante, etc.
Nous ne proposons donc ici que quelques exemples caractéristi- 1 1
ques, directement inspirés des stratégies de commande évoquées 1 – --- – --- v aN
vα 2 2 2
dans le paragraphe 2.4 du fascicule [D 3 176], dans le cas d'onduleurs [ v αβ ] = = --- v bN
vβ 3 3 3
monophasés en pont (deux cellules) ou triphasés (trois cellules). 0 – ------- – ------- v cN
Les caractéristiques obtenues pour ces exemples (tableau 1) 2 2
résultent des hypothèses de travail suivantes : Si l'on associe à chaque cellule une fonction de modulation
— l’organe de modulation de chaque cellule fonctionne selon le fm a,b,c, on peut parallèlement écrire les relations suivantes :
principe de la figure 1 a (impulsion centrée sur la période de décou-
v aM + v bM + v cM ( f ma + f mb + f mc ) E
page en régime statique) ; v NM = -------------------------------------------
- = ------------------------------------------------
-
— les organes de modulation des différentes cellules fonction- 3 3
nent avec une porteuse commune ;
— la modulante est synchrone de la porteuse avec Ts = nTd et n v aN 2 – 1 – 1 f ma
E
entier ; v bN = --- – 1 2 – 1 f mb
— la fréquence de découpage est grande devant la fréquence 3
v cN – 1 – 1 2 f mc
fondamentale ; pour des commodités de représentation, n est ici
égal à 20 ; Par principe, cet onduleur a un fonctionnement discret. Il ne peut
— pour chaque cellule k, la tension de modulation est de la prendre que (2)3 = 8 états. À l'aide des relations précédentes, on
forme : peut dresser la liste de ces états et des tensions qui leur sont asso-
1 ciées (tableau 2).
( v mod ) k = --- [ A + V mod sin ( ω s t + ϕ k ) ]
2
avec ωs pulsation de modulation (= 2 π Fs),
ϕk déphasage par rapport au fondamental,
soit un rapport cyclique de la forme :
1 vcN
R k = --- [ 1 + m sin ( ω s t + ϕ k ) ]
2 E b
c
N
avec m = 2 Vmod/A, a
vbN
ce qui correspond à une modulation sinusoïdale en régime perma-
nent.
vaN
Les spectres représentés sont ceux des fonctions de modulation fm. M
L'observation de ces résultats, en terme de contenu harmonique,
a structure
montre l'intérêt des modes bipolaires qui sont majoritairement
utilisés. Plus généralement, dans le cas où n est grand devant 1, elle
permet de confirmer la répartition caractéristique par groupes de
raies quasi indépendants (pas d'intermodulation), organisés autour β
de multiples de la fréquence de découpage et l'existence d'une 2
composante fondamentale, image de l'onde modulante. Ces vαβ 3 E vαβ 2
3
tendances tout à fait générales permettent de définir une expression (010) (110)
générique par excès (au sens du contenu harmonique) de la fonc- II
tion de modulation d'une cellule commandée en MLI :
1 III I
f m = --- [ 1 + m sin ( ω s t + ϕ k ) ]
2 vαβ 4 vαβ 1
∞ ∞
(011) (100) α
+ ∑ ∑ A hh ′ [ sin [ ( h + h ′ ) ω s t + ϕ 1 hh ′ ] + sin [ ( h – h ′ ) ω s t + ϕ 2 hh ′ ] ],
h = 1 h′ = 0 IV VI
expression que l'on pourra utiliser en supposant qu'il n'y a pas de
recouvrement entre les groupes de raies organisés autour des V
rangs hωs. vαβ 5 vαβ 6
(001) (101)
1.1.3 MLI instantanées vectorielles
L'apparition du concept de MLI vectorielle correspond au déve- b tensions de sortie dans le repère α, β
loppement des techniques de commande des machines à courant
alternatif qui utilisent largement les transformations et change- Figure 2 – Onduleur triphasé

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D 3 177 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique

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Modes de défauts principaux


et principes de sécurisation
de l’onduleur de tension
par Frédéric RICHARDEAU


Directeur de recherche au CNRS
Laboratoire LAPLACE, Unité mixte de recherche INP Toulouse
Groupe Convertisseurs Statiques. Chargé de cours à l’ENSEEIHT, Département GEA
Université Paul Sabatier – CNRS, Toulouse, France
et Arnaud GAILLARD
Maître de conférences
Institut FEMTO-ST, Unité mixte de recherche Université Bourgogne
Franche-Comté (UBFC) – CNRS, Département Énergie
Université Bourgogne Franche-Comté, UTBM, Belfort, France

1. Contexte de la problématique ............................................................. D 3 179 - 2


1.1 Rappels des spécificités.............................................................................. — 2
1.2 Retours d’expérience .................................................................................. — 2
1.3 Objectif des articles..................................................................................... — 5
1.4 Généricité et spécificités de l’onduleur de tension .................................. — 5
2. Les approches de solutions par domaine d’application
et de criticité ............................................................................................ — 6
2.1 Applications peu critiques.......................................................................... — 6
2.2 Applications moyennement critiques ....................................................... — 8
2.3 Applications hautement critiques.................................................................. — 8
3. Introduction aux modes de défaut et à leur gestion sécuritaire — 8
3.1 Analyse globale à l’échelle de la source et de la charge ......................... — 8
3.2 Analyse locale : formes d’ondes en régime extrême de court-circuit(s)
interne(s)...................................................................................................... — 9
3.3 Analyse locale : modes de défaillance à l’échelle des composants
semi-conducteurs d’un bras d’onduleur ................................................... — 11
3.4 Analyse locale : approche de sécurisation................................................ — 11
3.5 Synthèse globale de sécurisation.............................................................. — 13
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. D 3 179

et article constitue la première partie d’une introduction à la sûreté de


C fonctionnement de l’onduleur de tension. Les auteurs s’attachent à pré-
senter les modes de défauts principaux et les principes de sécurisation. Le
second article [D3180] porte sur les principales structures de redondance et les
principes de reconfiguration. Les deux articles ont été rédigés de manière à
former un ensemble introductif cohérent ; néanmoins sur la forme, ceux-ci
peuvent être abordés de manière indépendante selon les besoins du lecteur.
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPQW

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D 3 179 – 1

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MODES DE DÉFAUTS PRINCIPAUX ET PRINCIPES DE SÉCURISATION DE L’ONDULEUR DE TENSION _________________________________________________

le détaillerons plus loin dans cet article. Autour du semi-conducteur


1. Contexte de puissance, la mise en boîtier sous la forme d’assemblage à report
de la problématique brasé, parfois massivement encapsulé et donc fortement rigide, fait
naître des contraintes thermomécaniques sévères donnant lieu à des
endommagements cumulatifs locaux (délamination, déconnexion
En moins d’une trentaine d’années, l’électronique de puissance filaire partielle) en son sein [D3116]. La présence de cycles ther-
moderne s’est imposée comme une technologie clé incontour- miques répétitifs constitue alors la cause principale de vieillissement
nable pour optimiser le rendement et le contrôle des systèmes de l’assemblage amenant nécessairement une réduction de leur
dédiés à la conversion et au traitement de l’énergie électrique. Ces durée d’usage, selon le profil de mission qui leurs est soumis
dix dernières années auront été marquées par de nombreuses [D3126]. Sur un autre plan, l’emploi de condensateur de puissance à
évolutions, tant conceptuelles que technologiques. C’est en parti- électrolyte liquide, de par son évaporation résiduelle, est également
culier sur les topologies de conversion (maturité des convertis- une cause bien identifiée limitant la durée d’usage du convertisseur
seurs multiniveaux au sens large du terme), sur les performances mais dont le mécanisme de vieillissement est bien mieux connu et

R intrinsèques des matériaux et des éléments constitutifs (semi-


conducteurs à grand gap et éléments de filtrage haute fréquence,
circuits de contrôle rapprochés analogiques et numériques
prédictif cette fois pouvant être traité par une opération de mainte-
nance programmée (typiquement quelques milliers d’heures cumu-
lées lorsque le condensateur est utilisé à sa température maximale
rapides) ainsi que sur les technologies d’intégration et les procé- dite de « classe » 85 °C ou 105 °C typiquement). Ainsi, mise à part
dés de fabrication collective réduisant les coûts, que les avancées dans les applications en monophasé, en filtrage de perturbation
ont été les plus nettes. Ces progrès récents permettent basse-fréquence ou en présence d’un point milieu de filtrage, cette
aujourd’hui un assemblage plus compact, une adaptabilité du technologie est avantageusement remplacée par une technologie
contrôle, des fonctionnalités nouvelles de diagnostic local ou film solide dès que le dimensionnement le permet.
déporté et surtout un rendement énergétique remarquablement
amélioré sur la plupart des cahiers des charges.
En synergie avec ces évolutions, les secteurs d’activités dits cri- 1.2 Retours d’expérience
tiques au sens d’une haute sécurité requise sur les biens et les per-
sonnes et au sens de la continuité du service à assurer (défense, À titre d’exemple, pour illustrer nos propos et bien prendre la
médical, transports, énergie, finance) font l’objet d’une mutation mesure de la problématique posée par l’électronique de puissance
vers des technologies « plus électrique » voire « tout électrique ». dans le domaine de la sûreté de fonctionnement, les figures 2a [1]
Cette tendance se justifie aujourd’hui pour des raisons évidentes et 2b [2] présentent le retour d’expérience et la répartition des
d’intégration, de maintenabilité et de rendement. L’électronique de causes de dysfonctionnement sur un ensemble de parcs éoliens
puissance est donc amenée à se diffuser plus fortement au sein totalisant 1 500 systèmes aérogénérateurs et sur une durée de
d’applications « sensibles » et à devoir remplir au premier plan, en 15 ans. Le système électrique, l’électronique de puissance et son
plus d’un niveau de performance élevé, des fonctionnalités essen- système de pilotage constituent très nettement la cause principale
tielles de conversion de puissance et non plus seulement cantonnée de dysfonctionnement. Toutefois, la réparabilité des sous-sys-
à des organes auxiliaires ou de secours secondaire. Pour être réus- tèmes électriques est rendue plus aisée par une conception sous
sie, cette rupture technologique doit s’opérer avec un niveau de fia- forme de modules interchangeables.
bilité global au moins égal à celui des technologies antérieures ou
En ciblant la fonction « convertisseur », la figure 3 rappelle la
concurrentes majoritairement mécaniques, hydrauliques et pneuma-
relation de cause à effet existant partant du champ de contraintes
tiques. Si ces technologies traditionnelles sont connues et éprou-
habituellement appliquées aux composants (surtension, surinten-
vées pour leur grande robustesse, il n’en n’est malheureusement
sité, surcharge, température ambiante et cyclage), en considérant
pas le cas, à la base, pour l’électronique de puissance comme nous
les défauts, imperfections et limites (aire de sécurité) du compo-
allons rapidement le rappeler au paragraphe suivant.
sant pour évaluer les conséquences sur son intégrité. La puce du
composant semi-conducteur de puissance est bien souvent l’élé-
ment par lequel le défaut va se manifester même si ce dernier
1.1 Rappels des spécificités n’en n’est pas toujours la cause directe. L’analyse ou le diagnostic
d’une situation de défaillance est donc une opération complexe
La figure 1 donne le schéma synoptique d’un système de entachée bien souvent de beaucoup d’incertitudes.
conversion basé sur un convertisseur à découpage associé à ses
principaux périphériques de gestion. Toute action de protection La variation de vitesse est clairement un domaine où l’électro-
des semi-conducteurs doit s’opérer directement par l’étage termi- nique de puissance s’est très fortement développée, donnant lieu
nal driver pour des questions de rapidité. Les étages en amont à un important et précieux retour d’expérience. Même si les
dédiés à la modulation et au contrôle seront à considérer pour les contraintes environnementales et d’usage doivent être étroite-
phases de reconfiguration topologique et de gestion de défaut à ment reliées aux causes de défaillance, la figure 4 montre une
des échelles de temps moins contraignantes. répartition quasi équilibrée des défaillances entre la chaîne de
commande et le circuit de puissance. L’interaction nécessaire
Comme tout composant électronique, les semi-conducteurs de
entre ces deux technologies clés, l’une très basse tension ou à
puissance placés au cœur de tout convertisseur sont des éléments
« faible niveau », flottante ou isolée puis référencée à la terre de
fragiles, peu robuste vis-à-vis des contraintes de surtension en pre-
l’installation et l’autre assimilable à un générateur « fort niveau »
mier lieu, avec des caractéristiques très sensibles à la température
de perturbations en di/dt et dv/dt, permet de comprendre le fort
(surtout les composants haute tension en silicium, limités à 125 °C) et
niveau de couplage existant par nature entre commande et circuit
de surcroît présentant une faible surface d’échange thermique. En
de puissance où le composant semi-conducteur à travers sa
régime de fortes contraintes impulsionnelles, son faible volume ne lui
« grille » de commande se trouve à la frontière.
permet d’accumuler que quelques pourcents de l’énergie stockée
dans le filtre d’entrée en amont de l’onduleur typiquement, amenant Certaines enquêtes se sont attachées à affiner les causes par
ainsi sa destruction rapide, en quelques dizaines de microsecondes, type de composants au sein d’un convertisseur dans un environ-
selon un premier mode de défaillance malheureusement proche du nement représentatif. La figure 5 donne cette répartition sur un
court-circuit. On peut donc comprendre qu’un premier défaut se pro- large panel d’applications. Les composants semi-conducteurs et
pagera très aisément au sein de la cellule de découpage concernée drivers (électronique rapprochée de pilotage de la grille de com-
puis à la source d’entrée et partiellement à la charge, jusqu’à la rup- mande) restent les composants les plus fragiles, causes (source
ture (parfois explosive) de la zone d’interconnexion la plus fragile de contraintes) ou victimes (fragilité), suivis par les classiques
(typiquement les interconnexions filaires puce – boîtier), comme nous condensateurs électrochimiques à électrolyte liquide [9].

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D 3 179 – 2

VX
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__________________________________________________ MODES DE DÉFAUTS PRINCIPAUX ET PRINCIPES DE SÉCURISATION DE L’ONDULEUR DE TENSION

Flux de puissance électrique

Filtre

Filtre
n phase (s)
Alimentation

Convertisseur Charge ou
à découpage Alimentation
S1

S2

Protections Observateur
locales niveau 1 interne
Drivers « semi-conducteurs »

Protection
globale
niveau 2
MLI (Modulation de
Largeur d’Impulsions)

Diagnostic
Boucles de régulation

Superviseur / Reconfiguration

Interface
utilisateur

La chaîne de conversion élémentaire de type DC/AC est associée à ses principaux périphériques de gestion éloignés (supervi-
sion et pilotage – temps de réponse typique ≈ 10 μs) et rapprochée (drivers de composants semi-conducteurs – temps de
réponse typique ≈ 1 μs).

Figure 1 – Synoptique d’une chaîne de conversion élémentaire de type DC/AC (tension continue – courant alternatif) ou onduleur de tension
(d’après [D3176])

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D 3 179 – 3

VY
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MODES DE DÉFAUTS PRINCIPAUX ET PRINCIPES DE SÉCURISATION DE L’ONDULEUR DE TENSION _________________________________________________

Système Nacelle
hydraulique d’orientation
Entraînement 9% 8% Structure mécanique
mécanique 4%
2% Rotor terminal
Frein mécanique 5%
6% Pales
Boîte de vitesse 7%
4%
Générateur
Turbine Boîte de Générateur Convertisseur / Contrôle

d’indisponibilité défaillance
4%

Taux de

annuel
1/2 vitesse

Système de 1/4
supervision
18 % 2
Système

(jours)
Durée 4
électrique
Capteurs 23 % 6
10 %

a répartition moyenne des causes b distribution du taux de défaillance et du niveau


de dysfonctionnement d’un système éolien d’indisponibilité d’un système éolien

Figure 2 – Répartition moyenne des causes de dysfonctionnement d’un système éolien (de 100 kW à 10 MW) et distribution du taux de défail-
lance et du niveau d’indisponibilité par sous-système (d’après [10] [D3116] [D3385] [D3126] [11])

Vce
Ic

Vce (t) Ic (t) Transistor

Composants
Défauts de fabrications Contraintes t
Défauts intrinsèques 0 αTdec Tdec
Internes (V, dV/dt, I, dI/dt)
matériaux
conception, externes (° C, RH %)
process, marges et d’usage (mission)

Imperfections technologiques
d’intégration de l’assemblage

Effets
vieillissement de l’interconnexion
Limites physiques Dérives
(emballement thermique
Vieillissement
et claquage diélectrique)

Ic Régime extrême
Défaillance
Isaturation ≈ 10 μs
claquage par surtension de la puce
Erreurs de conception Aire de Avalanche
sécurité statique

Vce
0 Valim VBR
fusion de la puce
par emballement thermique

fissuration – explosion du boîtier

Figure 3 – Vue d’ensemble : contraintes, fragilité, limitation et défaillance d’un composant de puissance (d’après [10] [D3116] [D3385] [D3126] [11])

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D 3 179 – 4

WP
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Structures de redondances
et principes de reconfiguration
de l’onduleur de tension
par Frédéric RICHARDEAU
Directeur de recherche au CNRS
Laboratoire LAPLACE, Unité mixte de recherche INP Toulouse

Groupe Convertisseurs Statiques. Chargé de cours à l’ENSEEIHT, Département GEA
Université Paul Sabatier – CNRS, Toulouse, France
et Arnaud GAILLARD
Maître de conférences
Institut FEMTO-ST, Unité mixte de recherche Université Bourgogne
Franche-Comté  (UBFC) – CNRS, Département Énergie
Université Bourgogne Franche-Comté, UTBM, Belfort, France

1. Les structures de l’onduleur de tension sans redondance :


classification et éléments de comparaison .............................................. D 3 180 - 3
1.1 Sans redondance avec neutre connecté au point milieu du bus continu ... — 4
1.1.1 Cas du mode diphasé 120° ............................................................... — 4
1.1.2 Cas du mode diphasé 60° ................................................................. — 5
1.2 Sans redondance avec phase connectée au point milieu du bus
continu ......................................................................................................... — 5
2. Les structures de l’onduleur de tension avec redondance :
classification et éléments de comparaison .............................................. — 7
2.1 Redondance active...................................................................................... — 7
2.1.1 Cas d’une mise en série de composants et de l’imbrication
sérialisée de cellules de commutation ...................................................... — 7
2.1.2 Cas d’une mise en parallèle de composants et de cellules
de commutation .......................................................................................... — 8
2.1.3 Cas d’une mise en série ou différentielle de structures en pont ... — 10
2.1.4 Cas d’une mise en parallèle de structures en pont......................... — 12
2.2 Redondance passive ................................................................................... — 14
2.3 Redondance système.................................................................................. — 15
2.4 Redondance par mutualisation.................................................................. — 16
3. Conclusion ................................................................................................... — 17
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. D 3 180

’un point de vue historique, les techniques de sûreté de fonctionnement


D dans les systèmes de conversion de l’énergie électrique ont été propo-
sées initialement pour les machines électriques triphasées vulnérables à la
perte d’une phase externe (déconnexion ou coupure d’un câble d’alimentation
entre l’onduleur de tension et la machine triphasée) ou à un défaut interne de
l’onduleur (défaut de type circuit-ouvert ou de court-circuit, défaut de com-
mande…) [D3179]. Une topologie classique d’onduleur de tension triphasé
intégrant des interrupteurs auxiliaires d’isolement peut tolérer une défaillance
interne, mais les performances de la machine électrique en mode de fonction-
nement secours, dans ce cas en monophasé, ne sont pas satisfaisantes pour
l’ensemble des applications envisagées : réduction importante de la puissance,
fortes ondulations de couple, démarrage incertain de la machine selon la posi-
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPQW

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D 3 180 – 1

WQ
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STRUCTURES DE REDONDANCES ET PRINCIPES DE RECONFIGURATION DE L’ONDULEUR DE TENSION _______________________________________________

tion du rotor à l’arrêt. De ce fait, afin de maintenir une continuité de service du


système électrique en termes de performances en couple et en puissance, des
familles de structures de l’onduleur de tension, dites tolérantes aux défauts,
ont été proposées et sont listées comme suit :
– structures de l’onduleur de tension sans redondance ;
– structures de l’onduleur de tension avec redondance active de composants
de puissance ;
– structures de l’onduleur de tension avec redondance passive de compo-
sants de puissance ;
– structure de l’onduleur de tension avec une redondance au niveau du


système de puissance ;
– structure de l’onduleur de tension avec une redondance par mutualisation
de composants de puissance.
La première famille n’utilise pas de composants de puissance supplémen-
taires en plus de ceux utilisés lors d’un mode de fonctionnement normal
(drivers, cellule de commutation, interrupteur de puissance) [D3176]. Dans ce
cas, seuls les degrés de liberté au niveau de la source de tension du bus
continu d’entrée (par exemple un point milieu ou des sources fractionnées) ou
au niveau de la charge (par exemple un point commun ou neutre, des enroule-
ments à bornes séparées) sont autorisés. A contrario, les structures de
l’onduleur de tension avec redondance, qui seront expliquées davantage dans
la section 2, comportent, dès le mode de fonctionnement normal, des cellules
de commutation dites « passives » ou « actives » en surnombre, ajoutant des
degrés de liberté supplémentaires à ceux présents naturellement par la source
et la charge, pouvant être mis à profit pour améliorer le mode de fonctionne-
ment secours. Cet article introductif ne présentera qu’une analyse qualitative
en mettant en avant des circuits et des propriétés fondamentales. Il s’agit en
particulier d’examiner l’impact d’une défaillance interne d’un composant sur le
dimensionnement global de l’onduleur et sur le mode de fonctionnement
secours de la charge. L’occurrence de défauts internes ou externes rapprochés
à l’onduleur sera considérée de manière macroscopique et idéalisée sous la
forme de défauts complets et permanents. Pour simplifier l’analyse et le fonc-
tionnement des différentes structures de l’onduleur de tension avec
redondance, l’isolement de la phase défectueuse sera idéalisée, et donc la
reconfiguration de la phase concernée sera instantanée et parfaite juste après
l’apparition du défaut (la détection et l’isolation du défaut ainsi que les
méthodes/outils associés feront l’objet d’autres articles). De plus, afin d’étudier
qualitativement les impacts d’un défaut de type circuit-ouvert ou court-circuit
d’un interrupteur de puissance sur les différentes structures de l’onduleur de
tension qui seront présentés dans les sections ci-dessous, la notion de ratio
pour le mode secours par rapport aux grandeurs électriques et/ou mécaniques
en mode normal sera utilisée pour analyser les performances des structures
présentées.
D’une manière générale, il sera considéré, que la tension du bus continu
est suffisante pour garantir à la charge connectée à l’onduleur une tension
par phase nominale ; cette hypothèse simplificatrice est suffisante afin
d’expliquer qualitativement les modes dégradés du fonctionnement secours
par rapport aux conditions nominales du fonctionnement normal. De ce fait,
il n’est pas effectué de surmodulation sur les tensions simples de l’onduleur
en mode de fonctionnement normal.

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D 3 180 – 2

WR
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_______________________________________________ STRUCTURES DE REDONDANCES ET PRINCIPES DE RECONFIGURATION DE L’ONDULEUR DE TENSION

1. Les structures de défaut de type circuit-ouvert sur l’un des interrupteurs de l’ondu-
leur. En effet, pour ce type de défaut (défaut de commande sur
l’onduleur de tension sans l’interrupteur, phase déconnectée), l’interrupteur Int1 relié au
neutre de la machine est amorcé et le neutre est alors connecté au
redondance : classification point milieu du bus continu permettant ainsi un mode de fonc-
tionnement secours avec une alimentation en diphasé de la
et éléments de machine. La structure de la figure 1b a, quant à elle, été utilisée
pour accroître le nombre de défauts tolérés [4] et pour maintenir
comparaison un mode de fonctionnement secours avec une alimentation en tri-
phasé sur le moteur. En effet, en cas de défaut de type court-cir-
cuit d’un des transistors, le transistor homologue, situé sur la
Les structures sans redondance sont définies, en se basant sur une
même cellule de commutation que le transistor défaillant, est tout
structure conventionnelle d’onduleur de tension [D3179], comme
d’abord forcé à l’ouverture via sa commande. L’interrupteur auxi-


n’utilisant comme seules redondances que celles du neutre artificiel,
liaire (Int1, Int2 et Int3) connecté à la phase concernée est ensuite
comme le montre la figure 1a, ou celles des phases de la machine
amorcé pour court-circuiter la maille de défaut formée par l’inter-
électrique via une connexion au point milieu du bus continu
rupteur défaillant et la demi-source de tension du bus continu et
(figure 1b). Ces deux structures sont donc épurées et économiques
ainsi l’ouvrir par effet fusible. Il s’agit d’un exemple typique où
avec un risque de défiabilisation réduit, ou du moins, bien maîtrisé.
l’interrupteur auxiliaire d’isolement remplit deux rôles : l’isole-
Les deux structures présentées à la figure 1 permettent un ment d’un défaut interne et la connexion secours de la machine,
mode de fonctionnement secours en cas de défaut. Une première comme le montre les figures 2a et 2b. Dans cette configuration, il
analyse topologique nous indique que la structure de la figure 1a faut veiller à ce que la contrainte thermique I2t de l’élément
ne nécessite qu’un seul interrupteur auxiliaire (noté Int1) afin de fusible soit inférieure à celle de l’interrupteur auxiliaire permettant
connecter le neutre de la machine électrique au point milieu du l’isolement et la reconfiguration (typiquement des thyristors tête-
bus continu. Dans ce cas, il est nécessaire que le neutre de la bêche). La cellule de commutation défaillante est alors isolée et
machine soit accessible (ce qui nécessite un couplage étoile sur l’onduleur de tension est contrôlé en triphasé mais uniquement
les enroulements du stator). Cette première solution permet éga- par les deux phases saines restantes, le potentiel de la troisième
lement de suppléer à la défaillance d’une phase de la machine en phase de la machine étant imposé par le point milieu du bus
permettant une poursuite sur les deux autres phases. Cette solu- continu (théoriquement égal à un potentiel zéro).
tion permet donc de traiter le cas d’un défaut interne ou externe à Cependant, pour les deux structures sans redondance présen-
l’onduleur de tension (i.e. interne à la machine). La structure de la tées dans cette partie, l’utilisation du point milieu d’un bus
figure 1b, quant à elle, nécessite trois interrupteurs auxiliaires continu est pénalisante à plusieurs niveaux. Tout d’abord, cela
(notés Int1, Int2, et Int3). Le coût de cette solution est donc légère- constitue un inconvénient en termes de volume, pour assurer
ment augmenté mais son avantage réside dans le fait que cette l’équilibrage des tensions, et de durée de vie (donc de mainte-
structure peut être utilisée quel que soit le couplage des enroule- nance), car les condensateurs doivent être dimensionnés du point
ments du stator de la machine, à savoir couplages étoile ou de vue de la fréquence de modulation pour le mode de fonction-
triangle sans accès au neutre. Cependant, cette seconde solution nement secours. En effet, ils doivent laisser passer un fort courant
ne permet pas de suppléer à la défaillance d’une phase de la (nous le détaillerons par la suite) et éviter des fluctuations de ten-
machine. De manière schématique et épurée, les deux structures sion préjudiciables au fonctionnement à basse vitesse voire au
présentent toutes les deux des dispositifs d’isolement par paire et démarrage de la machine électrique (ceci sera détaillé davantage
situés sur chaque cellule de commutation [D3179]. Cette configu- dans un prochain article). De ce fait, il a donc été proposé soit
ration permet de réaliser l’isolement de la cellule de commutation d’utiliser un point milieu actif du bus continu sous la forme d’un
en présence d’un défaut interne et l’isolement d’un défaut externe bras auxiliaire connecté au neutre [5] ou connecté de manière
par les mêmes éléments. Des variantes à interrupteurs, inverseur/ redondante à une des phases de la machine [6] [7] afin de rempla-
normal secours, sont envisageables également. cer l’utilisation d’un bus continu à point milieu (ce principe sera
La structure de la figure 1a a été utilisée dans [1] [2] [3] pour davantage détaillé dans la partie sur les structures avec redon-
limiter l’ondulation de couple d’une machine électrique suite à un dance passive).

+ +
– –
Int1 A

Int2
B

+ Int3 C

+

Int1
Pt. d’isolement Pt. d’isolement

a avec connexion du neutre de la machine au point milieu b avec connexion de la phase défaillante de la machine au point
du bus continu milieu du bus continu

Figure 1 – Structures de l’onduleur de tension sans redondance

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D 3 180 – 3

WS
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STRUCTURES DE REDONDANCES ET PRINCIPES DE RECONFIGURATION DE L’ONDULEUR DE TENSION _______________________________________________

tcc = ti
+ +
– –

ti ti


+ +
– –

ti ti

a isolement du défaut b connexion de la phase de la machine


sur le point milieu du bus continu

Figure 2 – Structure d’onduleur de tension sans redondance – isolation de la phase défectueuse

+

IA / I ’ A = 0 +
I ’A = 0
A –
B A
IB / I ’B C I ’N ≠ 0 I ’B
IC / I ’C B
+ I ’C
– Int1
C
+

I ’Cap ≠ 0
Int1 IN / I ’N = 0

Pt. d’isolement

a isolement du défaut sur la phase A b connexion du neutre au point milieu du bus continu

Figure 3 – Structure sans redondance avec neutre connecté au point milieu du bus continu

1.1 Sans redondance avec neutre mode de fonctionnement secours est qualifié ici de « diphasé
120° ». Ce mode a pour conséquence l’apparition de composantes
connecté au point milieu du bus basses fréquences à la fois sur la puissance et le couple de la
continu machine électrique traduisant ainsi un mode d’alimentation désé-
quilibré avec une composante homopolaire de courant par le
Considérons la structure sans redondance présentée initialement à neutre, comme le montre la figure 4 [8] [9].
la figure 1a et le cas où un défaut se soit produit sur la phase A et
que celle-ci ait été parfaitement isolée par le dispositif de protection De ce fait, le couple électromagnétique produit par la machine
associé, comme l’illustre la figure 3a. Nous nous retrouvons ainsi électrique pour ce mode de fonctionnement présente les ratios
dans le cas du schéma équivalent de la figure 3b lorsque le neutre suivants par rapport à un mode de fonctionnement normal en
de la machine est relié au point milieu du bus continu. Deux cas en régime nominal : un ratio de 2/3 sur la puissance et le couple
mode de fonctionnement secours peuvent alors être considérés : moyen et un ratio de 1/3 sur l’amplitude de la composante basse
– sans reconfiguration de la commande de l’onduleur (mode fréquence. La vitesse de rotation de la machine, quant à elle, n’est
diphasé 120° des courants) ; pas modifiée même en raison de la reconfiguration de l’onduleur
– reconfiguration de la commande de l’onduleur (mode diphasé de tension.
60° des courants). Enfin, les asservissements de position et de vitesse ne sont pas
pénalisés par ce mode de fonctionnement secours tant que l’iner-
1.1.1 Cas du mode diphasé 120° tie mécanique permet de filtrer les ondulations de couple au
niveau de la réponse mécanique pour limiter ainsi les ondulations
Sans reconfiguration de la commande de l’onduleur de tension, de vitesse. Ces ondulations impliquent un dimensionnement
les deux enroulements alimentés de la machine sont parcourus approprié de la chaîne cinématique afin de ne pas induire une
par des courants décalés de 120° ; c’est la raison pour laquelle ce fatigue mécanique qui pourrait être dommageable à long terme.

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D 3 180 – 4

WT
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Convertisseurs de tension intégrés


inductifs : principes fondamentaux
par Bruno ALLARD
Professeur des Universités


Département de Génie Électrique à l’INSA de Lyon
Laboratoire Ampère, UMR CNRS 5005, Villeurbanne, France

1. Contexte ...................................................................................................... D 3 182 - 3


2. Co-conception de l’étage de puissance et de la boucle de régulation........ — 4
3. Principes de fonctionnement de 3 topologies usuelles
de convertisseur de tension inductif non isolé ........................................ — 4
3.1 Topologie buck ou abaisseur de tension .................................................. — 5
3.2 Topologie élévatrice de tension ou boost................................................. — 6
3.3 Topologie continûment abaisseuse ou élévatrice de tension,
ou buck-boost.............................................................................................. — 6
4. Étage de puissance ..................................................................................... — 6
4.1 Commutation sur charge inductive ........................................................... — 7
4.2 Extraction des valeurs des capacités parasites du transistor
par la simulation ......................................................................................... — 9
4.3 Dimensionnement de l’étage de puissance.............................................. — 9
4.4 Étages de puissance segmentés et multiphases...................................... — 13
5. Conclusion ................................................................................................... — 15
6. Glossaire ...................................................................................................... — 15
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. D 3 182

a conversion statique de l’énergie électrique se concrétise notamment par


L des convertisseurs à découpage. Le propos ici concerne la conversion d’un
niveau de tension continue vers un autre, dont l’amplitude est soit plus grande
soit plus petite. On parle également de régulateur de tension à découpage, en
référence aux régulateurs de tension linéaires. La fonction recherchée est bien
de créer un niveau de tension (continue) de valeur précise, pour alimenter une
fonction. Dans les produits électroniques de faible puissance, ces convertis-
seurs sont nombreux. Ils le sont encore plus quand le produit électronique est
alimenté par une batterie ou une pile. Tous les appareils nomades répondent à
ce critère en général mais un téléviseur moderne, à diodes électrolumines-
centes, pose les mêmes contraintes de conversion d’énergie, mais dans ce cas
la tension initiale est produite à partir du réseau électrique.
Jusqu’à un passé encore récent, le régulateur de tension (type 7805) répondait
à l’objectif de générer une tension continue précise (en l’occurrence 5 volts) à
partir d’une source primaire de tension continue, plus ou moins régulée (en
l’occurrence au moins 9 volts en ce qui concerne le circuit 7805). Avec la démo-
cratisation des batteries de petite taille, il est devenu nécessaire de penser au
rendement de conversion, pour un objectif d’autonomie. En effet il existe pour un
régulateur de tension linéaire un rendement dans le rapport entre sa tension de
sortie et sa tension d’entrée. Si la tension à générer vaut la moitié de la tension
d’entrée, 50 % de l’énergie est dissipée en chaleur. Or les produits électroniques
utilisent des circuits souvent fabriqués en technologie CMOS, et dont la tension
d’alimentation est toujours plus petite avec l’avancement technologique. En
outre, les circuits électroniques alimentés par le régulateur de tension peuvent
p。イオエゥッョ@Z@。ッエ@RPQW

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D 3 182 – 1

WU
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CONVERTISSEURS DE TENSION INTÉGRÉS INDUCTIFS : PRINCIPES FONDAMENTAUX ____________________________________________________________

présenter une variation très rapide de consommation (le courant appelé). Pour
maintenir la tension de sortie à sa valeur nominale, une boucle de régulation doit
être mise en place. Il est aussi nécessaire maintenant d’ajuster en temps réel la
valeur de la tension continue. Le rôle de la boucle de régulation, ou boucle
fermée ou schéma de contrôle, sera double. Même triple si l’on considère que la
tension d’entrée (batterie) va varier inexorablement durant les cycles de décharge
et de charge. La boucle de régulation devra là encore maintenir la tension de
sortie à sa valeur nominale. Un régulateur linéaire peut le faire mais un convertis-
seur statique à découpage aussi et il a été montré que son rendement
énergétique est supérieur à celui d’un régulateur linéaire de tension [D3075].
Le contexte de cet article est donc l’alimentation de circuits électroniques inté-

R grés à partir d’une tension faible, une batterie par exemple, donc située entre
5 volts (la charge), 3,3 volts (la tension nominale) et 2,7 volts (la tension limite
basse) dans le cas d’une cellule lithium-ion standard. Les technologies CMOS
sur silicium, avancées, avec lesquelles sont fabriquées les circuits à alimenter,
exigent des tensions inférieures à 1,2 volts maintenant. Il s’agira d’un convertis-
seur abaisseur (dit hacheur série ou buck). Le facteur de conversion entre
tension de sortie et tension d’entrée est donc de 0,36 (ce serait le rendement
d’un régulateur linéaire). Certaines fonctions exigent par contre des tensions
élevées comme l’éclairage à diodes électroluminescentes (12 volts) ou la valeur
de tension nécessaire pour l’écriture de données dans une mémoire de type
Flash. Le convertisseur aura pour fonction d’élever la tension (il sera appelé
hacheur parallèle ou boost). Le troisième cas de convertisseur est appelé buck-
boost car il mutualise ses composants pour produire les deux actions.
Chaque circuit intégré fonctionnel au sein d’un produit nécessite une tension
d’alimentation spécifique, et un convertisseur à découpage particulier lui est
associé, quand il est posé sur une carte (au sein du produit). Un autre circuit
avec une tension d’alimentation différente nécessitera un autre convertisseur.
On comprend que cette approche explique la place importante dédiée à ces
convertisseurs à la surface d’une carte électronique. Il y a donc nécessité
« d’intégrer » chaque convertisseur. En pratique le présent article montrera
que les composants actifs et la boucle de régulation sont co-intégrés sur la
même puce de silicium et les composants passifs connectés à cette puce (on
les dira off-chip). Les moyens d’assembler au plus près les composants passifs
avec la puce silicium seront discutés dans l’article [D3185].
Une autre approche consiste à faire « entrer » le convertisseur de tension
dans la puce qui porte les fonctions électroniques qui cherchent une alimenta-
tion. Cette approche est présentée dans l’article [D3186].
Les articles D3185 et D3186 partagent deux fondamentaux : l’étage de puis-
sance du convertisseur qui correspond à un premier choix qui conditionne les
performances du convertisseur, et par ailleurs la boucle de régulation qui va
donner au convertisseur ses caractéristiques de performances statiques et
dynamiques. La performance statique sera la précision sur la tension de sortie
tandis que les performances dynamiques caractériseront la capacité du conver-
tisseur à maintenir la tension de sortie à sa valeur nominale quelles que soient
les perturbations qui toucheraient le convertisseur.
Aussi seront présentés ici les étages de puissance intégrés les plus utilisés,
puis une approche de conception sera proposée pour leur dimensionnement.
L’article [D3183] introduira le rôle de la boucle de régulation et ses objectifs.
De multiples stratégies sont possibles, en tension ou en courant, linéaires ou
non. L’idée n’est pas ici de proposer une vue exhaustive de la notion de boucle
de régulation mais de présenter les approches les plus utilisées et la manière
de les dimensionner. L’article [D3184] couvrira les approches dites hystéré-
tiques, ou en mode dit glissant alors que l’article [D3183] traitera des solutions
déterministes. Dans le cas des stratégies hystérétiques ou en mode glissant, il
sera montré que la fréquence du découpage est fortement variable. Des cir-
cuits électroniques comme les radios sans fil s’en accommodent mal. Des
solutions de synchronisation sont alors mises en œuvre, également présentées
dans l’article [D3184] et illustrées dans l’article [D3185].

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D 3 182 – 2

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____________________________________________________________ CONVERTISSEURS DE TENSION INTÉGRÉS INDUCTIFS : PRINCIPES FONDAMENTAUX

Translateur
Compensateur de niveaux Interrupteurs
Pilotes
de grille de puissance

– Filtre et charge
Signal Modulateur de (externes)
+
largeur d’impulsion Protec Protec
Fonction de transfert +
Plage de tension

Horloge
Transmission rapide
Protection robuste
Amplification
+ temps morts Tenue en tension
Ratio pertes/surface

Haute fréquence
Parasites réduits

Figure 1 – Vue schématique de la structure d’un convertisseur abaisseur de tension, découpé en blocs fonctionnels principaux

1. Contexte
20 A I0
Avant toute chose, nous considérons ici un convertisseur à
découpage inductif qui alimente une charge fictive représentée 500 A/μs
par une résistance en sortie (figure 1). Un étage de puissance est 0A
constitué d’interrupteurs de puissance : ce seront des transistors
MOSFET (Metal-Oxide-Semiconductor Field-Effect Transistor)
V0
[D3100] [D3101] [D3102]. Ceux-ci sont commandés par des étages
de commandes locales ou pilotes de grille ou drivers [D3231] 0,2 V max.
[D3232] [D3233]. La plus simple des boucles de régulation est dite
en « tension ». La tension de sortie est comparée à un signal de
référence. Un filtre (fonction de transfert) modifie la tension
d’écart et un modulateur la transforme en ordre logique (modula- Figure 2 – Vue schématique des conséquences d’un changement
teur de largeur d’impulsion). Ce modulateur peut travailler à partir brusque d’appel de courant sur la sortie d’un convertisseur
d’une horloge qui cadence le découpage : on parle de fréquence
de découpage. Le signal issu du modulateur est une impulsion de
largeur plus ou moins grande, à la fréquence de découpage, donc
caractérisé par un rapport cyclique (duty cycle). Cet ordre logique
doit être adapté en niveau de tension aux nécessités des pilotes
100 %
Hauteur de l’échelon sur la charge

de grilles à travers un étage dit de translateur de niveau (level- 90 %


shifter). L’article [D3185] détaillera un tel convertisseur. Le présent 80 %
70 %
article se concentre sur les choix a priori qui concerne l’étage de 60 % 50 kHz, 100 %
puissance et la stratégie de boucle fermée pour servir certains 50 %
objectifs de spécification.
[normalisé]

40 %
Les convertisseurs de puissance qui alimentent des processeurs 30 %
et autres circuits de calcul numérique font face à des spécifica-
tions très contraignantes : 20 %
– en régime établi ou statique la tension de sortie doit être très 200 kHz, 25 %
précise, c’est-à-dire que la régulation doit placer la tension à mieux
que 1 % de sa valeur nominale souhaitée ;
10 %
– lors d’une variation brusque du courant appelé sur la sortie du
1,000 10,000 100,000 1,000,000
convertisseur (échelon de courant par exemple, figures 2 et 3), le
convertisseur doit être capable de corriger l’effet produit sur la ten- Répétition du transitoire en échelon sur la charge [Hz]
sion de sortie le plus vite possible. On parlera de temps de correc-
tion (tracking time). Durant ces phases transitoires l’énergie qui est Figure 3 – Représentation fréquentielle des caractéristiques des
dissipée doit être minimisée. On parle d’énergie de suivi ou de cor- échelons de courant possibles de la part d’un microprocesseur
rection (tracking energy) ;
– des spécifications sont également possibles sur l’adaptation de
la tension de sortie du convertisseur, en fonction du courant change rapidement de valeur nominale. Cette technique, DVS, vise
appelé dans la ligne par une charge donnée (figure 4). Dans cer- à ralentir par exemple le travail d’un microprocesseur dans un
tains dispositifs comme un microprocesseur, le fabricant a pris moment où il y a peu de calculs à réaliser. Sa consommation sera
soin de spécifier le pire-cas d’appel de courant ; moindre. L’activité d’un processeur est rapidement variable, sa
– plus contraignant encore, le convertisseur de tension peut tension d’alimentation doit l’être aussi et le convertisseur de ten-
avoir à participer à une technique dite de variation dynamique de sion doit implémenter un étage de sortie et une boucle de contrôle
l’objectif de tension de sortie (Dynamic Voltage Scaling ou DVS [1] adaptés. L’article [D3186] présentera un exemple lié à une radio
[2] [3] [4]). La figure 5 montre un exemple où la tension de sortie sans fil où un problème similaire existe.

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D 3 182 – 3

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CONVERTISSEURS DE TENSION INTÉGRÉS INDUCTIFS : PRINCIPES FONDAMENTAUX ____________________________________________________________

clef pour l’approche DVS. En effet, maîtriser le temps de correction


Charge (A) des perturbations sur la tension de sortie consiste à minimiser les
charges et décharges du condensateur, c’est-à-dire diminuer égale-

100

120
130

150
140
110
20
30
40
50
60
70
80
90
ment le courant fourni ou prélevé au condensateur. L’inductance
10
0

0,00 qui fournit l’énergie au condensateur (figure 1) est soumise à


–0,01 moins de variation de courant et l’énergie mobilisée pour la cor-
Creux de tension, normalisé [V]

–0,02 rection de tension est moindre. Pour autant, diminuer la taille du


–0,03 Vcc max condensateur de sortie au profit de la taille de l’inductance trouve
–0,04 Vcc min
–0,05 une limite. Une inductance grande va s’opposer à la variation du
Vcc typ courant qui la traverse, aussi sur un échelon de courant, la tension
–0,06
–0,07 de sortie subira une forte variation car peu de courant sera dispo-
–0,08 nible pour corriger la charge du condensateur. Ce que l’inductance
–0,09 ne peut fournir ou absorber, c’est le condensateur qui en héritera.

R –0,10
–0,11
–0,12
–0,13
En résumé une haute fréquence de découpage est intéressante
du point de vue de la dynamique de sortie du convertisseur mais
le coût est élevé en terme de pertes Joule. L’architecture à
–0,14 REF plusieurs phases de conversion, ou convertisseur multi-phases,
–0,15 VOUT = V OUT – 0,8 mΩ · IOUT – 15 mV
correspond à plusieurs convertisseurs quasi indépendants, four-
–0,16
nissant du courant au même condensateur en sortie [5]. Ces
branches en parallèle peuvent être commandées avec des retard
Figure 4 – Exemple d’abaque d’adaptation de tension d’alimentation entre elles, offrant un degré de liberté supplémentaire pour trou-
pour une charge de type processeur ver un compromis entre les performances dynamiques en sortie
et le rendement du convertisseur.
La figure 1 pose un certain nombre de questions : quels filtres
de sortie (inductance, condensateur), quelle fréquence de décou-
page, quelle stratégie de contrôle, combien de phases ? L’implé-
4 mentation en technologie CMOS sur silicium posera d’autres
questions relevant de l’implémentation de circuits électroniques
20 mV
sur silicium : nous nous contenterons ici de discuter l’étage de
Tek Stopped 1 Acqs 27 Oct 04 16:04:43 puissance. Il est montré plus haut que les spécifications du
convertisseur sont très contraignantes et sans doute un outil de
2 μs (une période conception assistée par ordinateur (CAO) est requis pour optimi-
de commutation) 2V V0 ser le système. Il existe même des outils qui permettent de traiter
plusieurs points de vue (fonctionnement de l’étage de puissance
et performances du régulateur en boucle fermée). Avant d’utiliser
de tels outils, il est important d’avoir des points de repères et le
présent article s’attache à couvrir quelques fondamentaux à pro-
pos de l’étage de puissance du convertisseur.
Courants 11 A Il est important de garder à l’esprit que l’étage de puissance
dans les inductances idéal associé à un filtre LC idéal (pas de pertes) présentera tou-
jours des limitations. Comme les performances dynamiques sont
1 une donnée forte des spécifications, la conception d’un convertis-
seur consiste à dimensionner les composants pour offrir une
4 réponse en sortie aussi rapide que nécessaire. Un convertisseur
1V 520 kHz abaisseur de tension (buck, comme décrit dans la partie suivante)
présentera un temps minimum de transition. Le principe dit de
Ch1 5.0A Ω Ch2 5.0A M 1.0μs 1.25GS/s IT 400ps/pt
Ch3 5.0A Ω Ch4 200mV A Ch4 732mV Pontryagin est une méthode pour décrire le système dans ces
conditions de réponse maximale. Il faut retenir qu’une telle
1 μs/div
méthode permettra d’obtenir des spécifications sur le courant
maximal fourni par l’étage de puissance au filtre de sortie ainsi
Figure 5 – Exemple de variation dynamique de tension en sortie que l’impédance maximale pour ce transfert. Il est alors possible
suite à un changement brusque de la référence de tension (objectif de remonter au dimensionnement de l’étage de puissance. C’est
de tension en sortie)
l’objet des parties suivantes.

2. Co-conception de l’étage 3. Principes


de puissance et de fonctionnement
de la boucle de régulation de 3 topologies usuelles
La figure 1 montre un filtre en sortie composé d’une inductance de convertisseur de tension
et d’un condensateur. Une tendance consiste à mettre tout en
œuvre pour réduire la taille de ces composants passifs. On verra
inductif non isolé
plus loin que l’objectif de grandes performances dynamiques
s’accompagnent d’un condensateur de petite taille, mais qui doit Dans les systèmes portables alimentés par une batterie, il est
être compensée par une fréquence de découpage plus élevée. La inutile d’implémenter des régulateurs de tension avec une isola-
réduction de la taille du condensateur en sortie est également la tion galvanique. Partant d’une batterie et de sa tension variable au

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D 3 182 – 4

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Principes de régulation en boucle


fermée – approche en tension
Boucle fermée, régulateur de tension
par Bruno ALLARD
Professeur des Universités
Département de Génie Électrique à l’INSA de Lyon
Laboratoire Ampère, UMR CNRS 5005, Villeurbanne, France

1. Contrôle en tension d’un convertisseur buck .......................................... D 3 183 - 2


1.1 Réglage du filtre de compensation............................................................ — 3
1.2 Comportement transitoire du convertisseur buck en boucle fermée ..... — 5
2. Cas particulier du convertisseur boost ..................................................... — 7
3. Introduction à l’approche de contrôle en courant ................................... — 8
4. Conclusion ................................................................................................... — 10
5. Glossaire ...................................................................................................... — 10
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. D 3 183

l existe de nombreuses stratégies de contrôle de l’étage de puissance d’un


I convertisseur statique à découpage. Nous considérons ici des alimentations
à découpage, à forte intégration grâce aux technologies semi-conductrices et
avec l’objectif de servir une tension d’alimentation continue, régulée, à un
consommateur (une charge). La régulation de la tension de sortie nécessite de
prendre une mesure d’une grandeur électrique, de la comparer à une grandeur
de référence et d’utiliser l’écart pour piloter le fonctionnement de l’étage de
puissance afin de corriger la tension de sortie.
L’approche la plus simple décrite ci-dessous consiste à mesurer la tension de
sortie et de comparer cette mesure à une tension de référence ; souvent la
tension de référence sera la valeur de la tension à obtenir en sortie ou bien une
fraction fixe de celle-ci. La comparaison, si elle est linéaire (analogique), pro-
duira une tension d’écart, ou d’erreur. Cette tension d’erreur servira à piloter
l’étage de puissance par une opération de modulation. On parle de contrôle en
tension (voltage-mode control).
Il est possible également, par le même moyen, de réguler le courant dans la
charge, si la mesure de courant produit une tension équivalente (par exemple
aux bornes d’un shunt). L’approche dite de contrôle en courant (current-mode
control) relève d’une autre technique. À l’intérieur de l’étage de puissance la
commutation des transistors produit des impulsions de tension aux bornes
d’une inductance [D3182]. Il en résulte que le courant dans l’inductance varie
linéairement par segments. En régime établi, le courant dans l’inductance croît
linéairement pendant une fraction du temps, puis décroît pendant une autre frac-
tion du temps pour revenir à une même valeur initiale. La variation de courant
dans l’inductance traduit l’énergie transférée à la charge. Pour une charge
donnée, le courant fourni à la charge se traduit par une tension. Régulée cette
tension (donc la tension de sortie du convertisseur) peut s’opérer en contrôlant
le courant dans l’inductance. Si la tension en sortie baisse, il conviendra d’aug-
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D 3 183 – 1

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PRINCIPES DE RÉGULATION EN BOUCLE FERMÉE – APPROCHE EN TENSION ___________________________________________________________________

menter le courant dans l’inductance et vice-versa. Cette opération peut se faire à


fréquence fixe de découpage, mais n’apporte pas d’intérêt particulier par rapport
à un pilotage en tension. Il sera plus loin expliqué que le fonctionnement à fré-
quence variable offre un degré de liberté plus intéressant. Dans ce cas la
comparaison entre l’image du courant dans l’inductance et une valeur de réfé-
rence se fera de manière non linéaire. Le caractère « discret » du contrôle en
courant le différentie immédiatement du contrôle en tension.
Il est possible de combiner les approches pour adjoindre des performances
supplémentaires à la régulation en boucle fermée. Par exemple une première
boucle fermée pourra contrôler le courant dans l’inductance (caractère discret),
et une seconde boucle de pilotage en tension produira la référence de courant

R à la première boucle (caractère linéaire).


Quelle que soit la stratégie de contrôle en boucle fermée, il faut retenir
l’impact de son choix sur les performances du convertisseur de tension. La
performance dynamique de la régulation dictera ses performances au conver-
tisseur pour corriger rapidement des perturbations dues à la variation de la
charge, de la tension d’entrée ou des conditions externes (température, vieillis-
sement, pollution électromagnétique, etc.). Les performances statiques de la
boucle de régulation définiront la précision sur la tension de sortie. Celle-ci est
toujours entachée d’une ondulation du fait même du caractère du découpage.
L’objectif est d’obtenir une atténuation suffisante de cette ondulation de ten-
sion. Le filtrage interne à l’étage de puissance y contribue mais la boucle de
régulation peut y contribuer aussi.
Enfin, la boucle de régulation consomme une certaine énergie électrique
pour assurer sa fonction, puisqu’un circuit électronique se cache derrière son
implémentation. Cette consommation énergétique est à peu près constante
mais se distribue dans une large gamme en fonction de la stratégie choisie.
Quand la puissance prélevée à la sortie du convertisseur baisse, le rendement
énergétique du convertisseur baisse. Sachant que le rendement énergétique
d’un régulateur linéaire ne dépasse pas 50 %, il convient que celui d’un conver-
tisseur à découpage ne tombe pas sous cette valeur critique de 50 %. Il peut
être intéressant de changer de stratégie en fonction de la puissance de sortie
du convertisseur. Dans le cas du contrôle en tension, c’est la technique de
modulation de la tension d’erreur pour piloter l’étage de puissance qui est
adaptée. Les choix les plus courant seront rappelés.
La topologie buck ou boost sera prise comme exemple pour expliquer les
concepts du contrôle en tension et du contrôle en courant.

1. Contrôle en tension port à la tension d’entrée. Les phénomènes transitoires apparaissant


lors d’un changement de la valeur du rapport cyclique sont décrits
d’un convertisseur buck plus loin.
Si la charge connectée à la sortie du convertisseur varie, il en
sera de même du courant absorbé par la charge. Nous laissons de
La figure 1 rappelle la structure fonctionnelle du convertisseur
côté les aspects transitoires liés au changement de la valeur de la
buck où les interrupteurs sont en fait remplacés par des transistors
charge. Le courant dans l’inductance converge alors vers une
MOSFET (Metal Oxide Semiconductor Field-Effect Transistor), dispo-
valeur différente, plus grande ou plus petite. Or les transistors
nibles dans une technologie de fabrication semi-conductrice CMOS.
MOSFET présentent une résistance minimale lorsqu’ils sont com-
De manière simple l’interrupteur sw1 sera remplacé par un transis-
mandés pour être conducteurs (interrupteur fermé). La variation
tor MOSFET dit à canal P, et l’interrupteur sw2 par un transistor du courant va entraîner une chute de tension plus ou moins
MOSFET de type N [D3182]. À fréquence fixe de découpage, l’inter- grande aux bornes du transistor MOSFET. À rapport cycle donné,
rupteur sw1 (MOSFET P) est fermé dans un premier temps (Ton), le rapport entre la tension de sortie et la tension d’entrée sera
puis ouvert sur la durée restante (Toff) de la période de découpage affecté d’un écart. Pour gommer cet écart, il convient de corriger
(Tsw), et l’interrupteur sw2 suit un schéma contraire. Le courant dans légèrement la valeur instantanée du rapport cyclique.
l’inductance a la forme décrite à la figure 1. Dans l’approche idéale Si à charge donnée, la tension d’entrée du convertisseur varie, il
conviendra également d’ajuster la valeur du rapport cyclique pour
des interrupteurs, Le rapport , dit rapport cycli- donner à la tension de sortie sa valeur cible.
que, fixe le rapport entre la tension de sortie et d’entrée. En faisant Il faut installer une fonction qui traduira l’écart entre la valeur
varier D, on règle finement la valeur de la tension de sortie, par rap- cible (ou référence) de la tension de sortie et sa valeur instanta-

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D 3 183 – 2

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____________________________________________________________________ PRINCIPES DE RÉGULATION EN BOUCLE FERMÉE – APPROCHE EN TENSION

Vin
ramp
entrée

sw1

L IL

sw2 Vout
Cout Rout
pwm

iL I1
T DT

I0
Rampe

iPMOS I1
Commande

I0 Impulsions

I1 Période fixe Largeur


iNMOS
variable
I0

Figure 2 – Signaux caractéristiques au sein d’un modulateur de lar-


geur d’impulsion dans le cas de deux formes du signal modulant, en
rampe

en créneau prend un niveau, V1 par exemple, et bascule à un


Figure 1 – Étage de puissance du convertisseur buck et formes autre niveau V2 quand la rampe croise la tension d’entrée. La
d’ondes principales à fréquence fixe de découpage durée du créneau sera ajustée d’une période sur l’autre.
La figure 3 présente le schéma de principe d’une stratégie
simple de contrôle en tension. L’étage de puissance est symbolisé
née, en une correction du rapport cyclique. Il s’agit d’un modula- avec en amont le modulateur de largeur d’impulsion (MLI). La
teur : une tension de commande en entrée se traduira par la valeur cible de la tension de sortie est notée Vref : il s’agit d’une
production en sortie d’une tension en créneau, à la fréquence de tension de référence. Une fonction produira une tension d’erreur
découpage voulue. Cette tension en créneau prendra une valeur Vcomp, à savoir l’écart entre les valeurs cible et réelle de la tension
V1 pendant la durée t = 0 s à T = Ton, puis la valeur V2 de t = Ton à de sortie. Cette tension d’erreur ou de comparaison ne peut pas
t = Tsw. Des circuits CMOS implémentant un tel modulateur seront être présentée directement à l’entrée du modulateur MLI : un fil-
présentés dans [D3185] et [D3186]. De même seront présentés des trage est nécessaire. La fonction de transfert Hv donnera des
circuits pour faire correspondre les niveaux de tension V1 et V2 à caractéristiques particulières au convertisseur, vue de sa sortie : il
la commande des transistors MOSFET de l’étage de puissance. On s’agit d’un filtre de compensation. C’est souvent cette fonction de
voit que le réglage de la tension de sortie en ajustant la valeur du transfert qui est appelée « régulateur ». Le filtre de compensation
rapport cyclique, correspond à régler la largeur de l’impulsion de peut présenter divers pôles et zéros. Suivant le nombre de pôles
tension de t = 0 s à T = Ton, d’où le nom de pilotage par modula- et de zéros, le filtre sera qualifié de type I, II, III, etc. L’exemple de
tion de la largeur d’impulsion (pulse-width modulation). la figure 4 montre un circuit possible pour un filtre avec 3 pôles et
Très simplement en partant d’une tension en dent de scie dissy- 3 zéros, soit un type III.
métrique à la fréquence de récurrence voulue, on obtient la ten-
sion en créneau par comparaison à la tension continue
représentative de la valeur instantanée du rapport cyclique. La 1.1 Réglage du filtre de compensation
figure 2 donne les signaux principaux des tensions dans un tel
modulateur. La tension en dent de scie présente une rampe de Le système est une boucle fermée dont le comportement fré-
tension qui sera comparée à une tension d’entrée (il s’agira d’une quentiel final dépend de la composition des comportements fré-
tension d’erreur provenant du régulateur). La tension en dent de quentiels de chacun de ses blocs : étage de puissance, filtre de
scie se répète à fréquence fixe, ce qui permet de générer la ten- sortie, régulateur et modulateur MLI. Il faut des modèles et une
sion en créneau : au début de la période de découpage, la tension méthodologie pour régler le filtre de compensation (la fonction de

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D 3 183 – 3

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Principes de régulation en boucle


fermée : approche en mode glissant
en courant
Stratégie de contrôle en boucle fermée,
en courant R

par Bruno ALLARD


Professeur des Universités
Département de Génie Électrique à l’INSA de Lyon
Laboratoire Ampère, UMR CNRS 5005, Villeurbanne, France

1. Modes hystérétique et glissant ................................................................. D 3 184 - 2


1.1 Principe du contrôle hystérétique.............................................................. — 2
1.2 Fonction de glissement .............................................................................. — 3
2. Contrôles en mode glissant pour la performance dynamique ............... — 4
2.1 Schéma de contrôle dit V2 .......................................................................... — 4
2.2 Schéma de contrôle dit V2-IC...................................................................... — 5
2.3 Concept de l’approche dite V1 ................................................................... — 6
3. Principe de synchronisation de modulation asynchrone........................ — 7
3.1 Synchronisation dure ................................................................................. — 8
3.2 Synchronisation partielle ........................................................................... — 8
4. Conclusion ................................................................................................... — 8
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. D 3 184

l existe de nombreuses stratégies de contrôle de l’étage de puissance


I d’un convertisseur statique à découpage. Le propos est ici restreint aux
convertisseurs non isolés, non résonnants et alimentés par une tension
continue en entrée, pour fournir une tension continue en sortie. Le contrôle
de la tension de sortie doit compenser l’impact de toutes variations, celle
sur la tension d’entrée ou celle sur le courant de sortie. L’article [D3283]
traite de la régulation de tension à fréquence fixe, en mode tension, c’est-à-
dire que seule l’information sur la variation de la tension de sortie est uti-
lisée dans la boucle de retour. Ceci consiste à mesurer la tension de sortie
et comparer cette mesure à une tension de référence ; souvent la tension de
référence sera la valeur de la tension à obtenir en sortie ou bien une frac-
tion fixe de celle-ci ou encore une tension de référence à courant de sortie
nulle dans le cas de l’Adaptative Voltage Positioning (AVP) de régulateurs
de tension destinés aux processeurs. La comparaison, si elle est linéaire
(analogique), produira une tension d’écart, ou d’erreur. Cette tension
d’erreur servira à piloter l’étage de puissance par une opération de modula-
tion. La modulation la plus simple est celle dite à largeur d’impulsion (MLI,
ou Pulse-Width Modulation). Autrement dit un signal d’horloge (fréquence
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@RPQX

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PRINCIPES DE RÉGULATION EN BOUCLE FERMÉE : APPROCHE EN MODE GLISSANT EN COURANT __________________________________________________

fixe) est transformé en un signal à même fréquence mais dont les durées à
l’état haut ou bas sont modulées. La durée à l’état haut devient celle du pré-
lèvement de l’énergie sur la tension d’entrée, alors que la durée à l’état bas
définit la durée de la décharge du réservoir d’énergie en sortie, dans la
charge. Il est possible également, par le même moyen, de réguler le
courant dans la charge, si la mesure de courant produit une tension équiva-
lente (par exemple aux bornes d’un shunt). Dans un convertisseur
abaisseur de tension (ou hacheur série), si la tension en sortie baisse, il
conviendra d’augmenter le niveau de courant dans l’inductance et vice-
versa. L’information en tension, image du courant, est utilisée de manière
similaire à la mesure directe de la tension en sortie dans le cas d’un conver-

R tisseur de tension (à quelques détails près, liés à un souci de stabilité de la


boucle fermée). Cette opération à fréquence fixe de découpage ne présente
pas d’intérêt particulier par rapport à un pilotage de la tension de sortie. Le
fonctionnement à fréquence variable offrira un degré de liberté plus intéres-
sant. Dans ce cas la comparaison entre l’image du courant dans
l’inductance et une valeur de référence se fera de manière non linéaire. Le
caractère « discret » de ce type de contrôle (en courant ou en tension) le
différentie immédiatement du contrôle en tension à fréquence fixe, évoqué
plus haut.
Il est possible de combiner les approches pour donner des performances
transitoires supplémentaires à la régulation en boucle fermée. Par exemple
une première boucle fermée pourra contrôler le courant dans l’inductance
(caractère discret), et une seconde boucle de pilotage en tension produira la
référence de courant à la première boucle (caractère linéaire).
Le contrôle en courant de manière discrète engendre une variation de la fré-
quence de découpage du convertisseur, quelquefois non souhaitable. Il existe
alors des techniques pour synchroniser la fréquence de découpage avec celle
d’une horloge de référence, lorsque le convertisseur ne subit pas de perturba-
tions (autrement dit qu’il est en régime établi, par opposition au régime
transitoire sous l’effet de perturbations dynamiques).
L’article décrit les principes d’une boucle en courant, hystérétique (non
linéaire), la notion de mode glissant et l’approche de la synchronisation.

1. Modes hystérétique nement très importantes [1] [D3185]. Le régime transitoire est
tributaire aussi de la fréquence. Lors d’un transitoire sur la
et glissant charge ou la tension de référence, il faut un certain temps pour
vider l’excès d’énergie stockée dans le filtre de sortie ou le
constituer. Des performances transitoires satisfaisantes appelle-
Le contrôle linéaire en tension ou courant d’un convertisseur raient une fréquence de fonctionnement élevée et une réduction
à découpage nécessite un filtre de sortie suffisamment dimen- des valeurs des éléments du filtre de sortie. Intuitivement on
sionné pour limiter l’ondulation de la tension en sortie, c’est-à- sent qu’il faut séparer les conditions transitoires, des conditions
dire un condensateur de grosse valeur. La tendance actuelle est de fonctionnement statiques. Le premier réclame une fréquence
à la diminution de la taille de ce condensateur sans sacrifier les élevée du découpage, le second une fréquence plus faible.
performances statiques (ondulation de la tension de sortie, ren- L’approche de modulation non linéaire, ou hystérétique, du
dement énergétique) ni les performances dynamiques. La straté- découpage apporte une solution à ce problème.
gie de contrôle joue un rôle important à ce titre, tout autant que
la topologie du convertisseur, comme par exemple la multiplica-
tion des phases et l’approche d’entrelacement de ces phases. 1.1 Principe du contrôle hystérétique
Avec une modulation à fréquence fixe, le filtre sera d’autant
plus imposant que la fréquence est faible. En effet, il faut plu- La figure 1 présente schématiquement une boucle fermée en
sieurs périodes de découpage au correcteur pour réagir face à courant, hystérétique. Le courant de sortie est mesuré et com-
une perturbation. Outre que le temps de réaction soit donc long, paré à un courant de référence. Dans un convertisseur à décou-
la tension de sortie va subir une variation plus marquée, page hacheur-abaisseur, le courant de sortie est principalement
puisque le correcteur met du temps à corriger le niveau d’éner- celui de l’inductance. Un comparateur à hystérésis produit ainsi
gie dans l’inductance. Pour limiter cette amplitude de variation, la modulation utile au principe de découpage. Ce comparateur
il n’y a pas d’autre moyen que d’augmenter la taille du conden- possède deux seuils, haut et bas, qui limitent l’excursion du
sateur de sortie. Une fréquence de découpage élevée aura par courant dans l’inductance, donc en sortie, autrement dit l’ondu-
ailleurs un impact sur les pertes des interrupteurs de puissance lation du courant. Quand l’interrupteur haut d’un convertisseur
et il est donc préférable de ne pas trop l’augmenter, même s’il buck est fermé (état ON), le courant dans l’inductance aug-
est possible d’atteindre maintenant des fréquences de fonction- mente. Quand le seuil haut du comparateur est atteint, l’inter-

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Association de convertisseurs
assurant une liaison énergétique

par Henri FOCH


Ancien professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Philippe LADOUX R
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Laboratoire plasma et conversion d’énergie (LAPLACE)
et Hubert PIQUET
Professeur de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Laboratoire plasma et conversion d’énergie (LAPLACE)

1. Règles fondamentales d’association .................................................. D 3 178 - 2


2. Conversion à liaison intermédiaire en continu ................................ — 3
2.1 Sources d’entrée et de sortie de même nature ......................................... — 3
2.2 Sources d’entrée et de sortie de natures différentes ................................ — 9
3. Conversion à liaison intermédiaire alternative................................ — 13
3.1 Conversion tension-courant à liaison alternative directe ......................... — 13
3.2 Conversion tension-tension à liaison alternative en courant ................... — 15
3.2.1 Contrôle de la puissance moyenne au niveau du lien alternatif ..... — 15
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 3 178

es associations de convertisseurs avec un lien énergétique se rencontrent


L aujourd’hui dans de nombreux domaines d’application et pour des
gammes de puissance allant de la centaine de watt ou gigawatt. La conversion
indirecte à étage intermédiaire continu est largement utilisée dans les entraî-
nements réglés (variateurs de vitesse) ou le contrôle des échanges d’énergie
dans les réseaux électriques (transport d’énergie en courant continu haute
tension ou liens énergétiques entre réseaux embarqués). La conversion à
liaison intermédiaire alternative est notamment utilisée dans le médical (ali-
mentations haute tension pour tubes à rayon x), les systèmes embarqués
(convertisseurs isolés compacts) et les alimentations de laboratoire (alimenta-
tions de précision à faible taux de distorsion).
L’objectif de ce dossier est de présenter les principales associations de
convertisseurs avec lien énergétique en s’appuyant sur les règles d’association
de convertisseurs et de sources décrites dans les dossiers [D 3 075] [D 3 076] et
[D 3 077]. Pour chaque cas, le réglage du point de fonctionnement du lien éner-
gétique et les relations entre les grandeurs électriques en différents points de
la chaîne de conversion sont présentés.
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1. Règles fondamentales courant, l’autre la tension. La mise en cascade permet alors de


créer une liaison dont les amplitudes de tension et de courant sont
d’association imposées par les sources S1 et S2 mais à la fréquence de
commutation des interrupteurs ;
L’association de convertisseurs avec un étage de liaison inter- – un étage de liaison alternatif peut procurer naturellement des
médiaire est utilisée pour assurer l’échange d’énergie entre des conditions de commutation douce aux interrupteurs des
sources S1 et S2. convertisseurs CS1 et CS2. Cela permet de réduire les pertes et/ou
d’augmenter la fréquence de commutation. De plus, ce même
Le choix de la nature de la liaison, en courant, en tension ou étage peut naturellement inclure un transformateur (isolement gal-
mixte, est directement lié à la nature des sources S1 et S2 et doit vanique, adaptation de niveau de tension et de courant) dont la
donc respecter les règles énoncées suivantes : masse et le volume dépendent directement de la fréquence de
– les propriétés de réversibilités des sources et de la liaison commutation ;
induisent le choix des caractéristiques statiques des interrupteurs


– un étage de liaison alternatif incluant des éléments de stoc-
mis en jeu dans les convertisseurs CS1 et CS2 ;
kage d’énergie présente une impédance variable en fonction de la
– la compatibilité des sources et de la liaison doit être assurée
fréquence. Cette propriété peut être exploitée pour obtenir un
sur tout l’horizon fréquentiel et nécessite, dans certains cas, la
convertisseur avec des caractéristiques de sortie non linéaire.
mise en place de boucles de régulation pour contrôler les gran-
deurs tension ou courant dans le domaine des basses fréquences Suivant la nature et les réversibilités des sources et de la liaison,
ou du continu. les combinaisons sont multiples et il est difficile d’être exhaustif.
La figure 1 présente des exemples de liaisons intermédiaires. En Afin de conserver une présentation la plus claire possible, nous
fonction de la nature de la liaison, les propriétés suivantes peuvent nous limitons donc à l’analyse de cas largement répandus dans les
être énoncées : applications industrielles.
– si l’étage de liaison inclut des éléments de stockage d’énergie,
il n’y a pas de connexion directe et donc d’interaction entre les
Nous considérons dans ce dossier que tous les
sources S1 et S2 qui sont alors découplées ;
convertisseurs (CS) comportent au moins deux cellules de
– si l’étage de liaison est direct (sans éléments de stockage
commutation et, sauf cas particulier mentionné explicitement,
d’énergie), les sources S1 et S2 ne sont plus découplées. Celles-ci
sont réversibles en puissance.
sont donc obligatoirement de natures différentes, l’une impose le

CS1 CS2
fi
f1 f2

S1 Liaison S2

V ou I V ou I
∼ (AC) ou = (DC) ∼ (AC) ou = (DC)

Courant Tension Mixte

Exemples de liaisons ∼ ou =

Courant Tension Directe

I et V imposés par S1 et S2

Exemples de liaisons ∼

Figure 1 – Principe de mise en cascade de convertisseurs avec liaison intermédiaire

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2. Conversion à liaison Dans le cas où les sources d’entrée et de sortie sont unidirec-
tionnelles en tension, il est préférable d’avoir un étage intermé-
intermédiaire en continu diaire continu bidirectionnel en courant. Les interrupteurs
constituant les convertisseurs CS1 et CS2 sont alors bidirection-
nels en courant et unidirectionnels en tension.
Ce principe de conversion est utilisé pour assurer un échange de Dans le cas où l’une des sources est bidirectionnelle en tension,
puissance moyenne entre des sources d’entrée et de sortie qui afin d’éviter l’utilisation d’interrupteurs à quatre segments sur le
peuvent être de natures et de fréquences différentes. Comme nous convertisseur associé à cette source, on choisit un étage intermé-
l’avons dit dans le paragraphe 1, le(s) élément(s) de stockage diaire continu unidirectionnel en courant. La réversibilité en puis-
d’énergie placé(s) dans l’étage intermédiaire continu permet(tent) sance moyenne s’effectue alors par changement de signe de la
un découplage fréquentiel de ces sources. Les grands domaines tension moyenne appliquée à l’étage continu.
d’application sont :


– les entraînements réglés (variateurs de vitesse) ; Ce dernier cas étant le plus fréquent, nous considérons dans
– le contrôle des échanges d’énergie dans les réseaux (transport ce qui suit que la liaison intermédiaire est unidirectionnelle en
d’énergie en courant continu haute tension, liens énergétiques courant. La réversibilité en puissance moyenne n’est donc
entre réseaux embarqués). possible que si les convertisseurs CS1 et CS2 sont réversibles
Compte tenu de la nature des sources d’entrée et de sortie, il en tension et les sources d’entrée et de sortie réversibles en
existe trois configurations possibles pour l’étage intermédiaire courant de manière permanente.
continu.
Pour les convertisseurs CS1 et CS2, les relations entre les gran-
deurs d’entrée et de sortie sont les suivantes :
2.1 Sources d’entrée et de sortie – la tension vd1 dépend des tensions d’entrée et de la
de même nature commande du convertisseur CS1 :
n
2.1.1 Sources d’entrée et de sortie en tension v d 1 = ∑Fen v en (1)
1
Lorsque les sources d’entrée et de sortie sont des sources de ten-
sion, l’étage intermédiaire doit se comporter comme une source de avec Fen = – 1, 0 ou 1, fonction de connexion du convertisseur
courant sur un horizon fréquentiel allant du continu jusqu’à la haute CS1 ;
fréquence. Ainsi, à l’inductance L qui permet un lissage du courant – les courants ien dépendent du courant iDC et de la commande
iDC , il faut associer une boucle de régulation agissant sur la du convertisseur CS1 :
commande d’un des deux convertisseurs. Cette boucle de régula-
tion assure le contrôle de la valeur moyenne d’iDC . ien = Fen iDC (2)
Sur la figure 2, nous considérons que la boucle de courant agit avec Fen = – 1, 0 ou 1 ;
sur la commande du convertisseur CS1. Dans le cas de réseaux – la tension vd2 dépend des tensions de sortie et de la
alternatifs, les sources de tension peuvent être polyphasées (n ou commande du convertisseur CS2 :
n′ phases).
Sur l’étage intermédiaire continu, la réversibilité en puissance n′
moyenne peut être obtenue grâce à la réversibilité en tension ou la v d 2 = ∑F sn ′v sn ′ (3)
1
réversibilité en courant. Toutefois, le choix de cette réversibilité
doit se faire de façon à minimiser le nombre de segments des avec Fsn′ = – 1, 0 ou 1, fonction de connexion du convertisseur
interrupteurs mis en jeu dans les convertisseurs CS1 et CS2. CS2 ;

Source(s) de tension L iDC Source(s) de tension


CS1 CS2
d'entrée de sortie
V I
n (DC) n’
ie1…n is1…n’
vd1 vd2
ve1…n
vs1…n’
I
(DC) V

Fe1…n Fs1…n’

Modulateur Modulateur

max
具iDCréf典 +
Correcteur 具vd2mod典
具vd1mod典
– min

F fonction de connexion

Figure 2 – Conversion avec liaison intermédiaire en courant continu

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– les courants isn′ dépendent du courant iDC et de la commande 2.1.1.2 Réglage du point de fonctionnement de l’étage
du convertisseur CS2 : intermédiaire, contrôle de la puissance moyenne
Les tensions Vd1 et Vd2 sont contrôlées par l’intermédiaire des
i sn ′ = F sn ′ iDC (4)
grandeurs (signaux modulants) appliquées aux modulateurs des
avec Fsn′ = – 1, 0 ou 1. convertisseurs CS1 et CS2. Pour obtenir, en régime permanent, un
courant iDC constant, il faut que v d 1 = v d 2 . Ce point de fonc-
2.1.1.1 Modélisation de l’étage intermédiaire tionnement stable ne peut être obtenu que grâce à l’action du cor-
Les grandeurs tensions et courant peuvent chacune se recteur de la boucle de régulation qui impose un signal modulant
décomposer en un terme moyen et un terme alternatif : v d 1mod tel que v d 1 soit égal à v d 2 (figure 3). En régime tran-

v d 1 = v d 1 + v d 1h (5) sitoire, la dynamique de iDC dépend de la valeur de l’inductance


L et de l’écart entre v d 1 et v d 2 [cf. équation (8)].
v d 2 = v d 2 + v d 2h (6)
Le contrôle de iDC ne peut s’effectuer que dans la limite de la
plage de réglage de la valeur moyenne de la tension vd1 qui, a
iDC = iDC +iDCh (7) priori, peut être positive ou négative. Les valeurs minimales et
Grâce au principe de superposition, il est possible d’étudier les maximales de vd 1 dépendent de l’amplitude des tensions
variations du courant iDC soit à l’échelle de l’évolution temporelle
d’entrée de CS1. Dans tous les cas, v d 2 doit être supérieur à
des valeurs moyennes de vd1 et vd2 , soit à l’échelle de la période
des grandeurs alternatives vd1h et vd2h : v d 1min et inférieur à v d 1max . Ainsi, conformément à la figure 4,
il y a donc deux paramètres de réglage du point de fonction-
d iDC
L = vd 1 − vd 2 (8) nement de l’étage intermédiaire : v d 2 et iDC .
dt
C’est le changement du signe de v d 2 qui fixe le sens de
transfert de la puissance moyenne entre les sources d’entrée et de
diDCh sortie.
L = v d 1h − v d 2h (9)
dt
2.1.1.3 Relations entre les grandeurs d’entrée ou de sortie
Selon le cas, la valeur de L peut être déterminée en considérant et les grandeurs de l’étage intermédiaire
l’une ou l’autre des deux relations précédentes. Si la bobine doit
Elles sont données dans les tableaux ci-après.
assurer uniquement un filtrage vis-à-vis des composantes alternati-
ves de vd1 et vd2 , c’est l’équation (9) qui sera considérée. Si par Le réglage des tensions moyennes v d 1 ou v d 2 dépend du
contre, la bobine est utilisée comme réservoir d’énergie vis-à-vis mode de commande des convertisseurs :
des sources d’entrée et de sortie, c’est l’équation (8) qu’il faut utili- – dans le cas où la source de tension est continue, le réglage ne
ser. peut s’effectuer que par modulation de largeur d’impulsion (MLI).
Le paramètre de réglage est le rapport cyclique de la commande
des interrupteurs α ;
具iDC典 – dans le cas où la source de tension est alternative, deux modes
de réglage peuvent être combinés : la MLI et le contrôle de phase.
Pour la MLI, le paramètre de réglage est la profondeur de modula-
L
具vd2典
tion ma . Pour le contrôle de phase, les ordres de commande des
具vd1典 interrupteurs sont décalés d’un angle ϕ par rapport au passage par
zéro des tensions alternatives.
max Dans l’expression de la tension moyenne et de la valeur efficace
+ de l’onde fondamentale du courant, le facteur k dépend du nombre
具iDCréf典 Correcteur 具vd2mod典
de phases de la source et du type de commande utilisé.
具vd1mod典
– min
À l’équilibre, iDC étant constant, l’égalité des tensions
moyennes v d 1 et v d 2 implique l’égalité des puissances
Figure 3 – Contrôle du courant dans l’étage intermédiaire moyennes au niveau des convertisseurs CS1 et CS2.

V V
具vd1max典 具vd1max典

具vd2典
具iDC典
P>0

0 I 0 I
具iDC典 P<0
具vd2典
具vd1min典 具vd1min典

Figure 4 – Réglage du point de fonctionnement de l’étage continu

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Convertisseur CS1
Source de tension
Contrôle Expression de v d 1 Puissance moyenne Courant(s) d’entrée
d’entrée

v d 1 = E 1 (2 α 1 − 1) Valeur moyenne :
Continue E1 MLI P = E 1 (2 α 1 − 1) iDC
(0 < α 1 < 1) ie = iDC (2 α 1 − 1)
Valeur efficace de l’onde
Alternative polyphasée v d 1 = k1Ve ma 1 cos ϕ1 fondamentale :
MLI et/ou contrôle
(n phases) 0 < ma 1 < 1 P = k1Ve ma 1 cos ϕ1 iDC
de phase k1
Ve1 = Ve2... = Ven = Ve


− 1 < cos ϕ1 < 1 Ief = ma 1 iDC
n

= =

Convertisseur CS2
Source de tension
Contrôle Expression de v d 2 Puissance moyenne Courant(s) de sortie
de sortie
Continue E2 MLI Valeur moyenne :
v d 2 = E 2 (2 α 2 − 1) P = E 2 (2 α 2 − 1) iDC
(0 < α 2 < 1) i s = iDC (2 α 2 − 1)

Alternative polyphasée MLI et/ou contrôle Valeur efficace de l’onde


(n′ phases) de phase v d 2 = k 2Vs ma 2 cos ϕ 2 P = k 2Vs ma 2 cos ϕ 2 iDC fondamentale :
Vs1 = Vs2... = Vsn = Vs 0 < ma 2 < 1
− 1 < cos ϕ 2 < 1 k2
I sf = ma 2 iDC
n′

iDC iDC
Découplage
fréquentiel
a
a,b

a,b
Source inductive a Source inductive

a onduleur de courant commandé en MLI b onduleur de courant à thyristors, commandé


par contrôle de l'angle de retard à l'amorçage

Figure 5 – Onduleurs de courant connectés à une source de tension inductive

2.1.1.4 Nature des sources d’entrée et de sortie source alternative (voir exemple, figure 5a), ce découplage est
et choix des interrupteurs délicat car il faut tenir compte des limites en fréquence des semi-
conducteurs. En effet, la fréquence de coupure du filtre doit être
Du point de vue des caractéristiques statiques, les interrupteurs
inférieure à la fréquence de commutation des interrupteurs et ne
mis en jeu dans les convertisseurs CS1 ou CS2 sont unidirection-
doit pas correspondre à une des fréquences caractéristiques de la
nels en courant. Selon le convertisseur considéré, CS1 ou CS2, la
source alternative.
réversibilité en tension dépend directement de la réversibilité de la
source correspondante. Dans les applications de forte puissance où la fréquence de
commutation des interrupteurs est faible ou bien lorsque la source
La caractéristique dynamique des interrupteurs dépend directe- de tension présente une distorsion importante, il n’est pas possible
ment du mode de contrôle du convertisseur. Si le convertisseur est de positionner correctement cette fréquence de coupure et le
commandé en MLI, celui-ci comporte des interrupteurs découplage par filtre LC n’est quasiment pas utilisé. C’est donc
commandés à l’amorçage et au blocage. Dans le cas d’une source généralement un réglage par contrôle de phase avec des interrup-
alternative, la commande des interrupteurs peut s’effectuer uni- teurs de type thyristor qui est choisi (figure 5b). L’amorçage
quement par contrôle de phase. Les interrupteurs du convertisseur commandé et le blocage spontané au zéro de courant des interrup-
commutent alors à la fréquence de la source ; une commutation teurs étant « naturellement » compatibles avec le caractère inductif
est commandée, l’autre spontanée. de la source de tension.
En pratique, les sources d’entrée et de sortie ne peuvent pas être
considérées comme des sources de tension idéales sur tout l’hori- Des exemples de forme d’ondes pour une conversion alterna-
zon fréquentiel. Comme cela a été indiqué dans les paragraphes 1 tif-alternatif à liaison intermédiaire en continu et pour des sources
et 2, un découplage fréquentiel est nécessaire. Dans le cas d’une d’entrée et de sortie en tension sont donnés sur la figure 6.

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Convertisseurs électriques et applications
(Réf. Internet 42253)

1– Principes fondamentaux

2– Convertisseurs

3– Applications Réf. Internet page

Apport de l'électronique de puissance pour la traction électrique D3278 93

Applications des éléments piézoélectriques en électronique de puissance D3235 97

Transfert d'énergie électrique sans contact par induction en moyenne puissance D3237 103

Générateurs thermoélectriques : de la conception aux applications D3241 109

4– Commande des convertisseurs et des machines


électriques

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Apport de l’électronique
de puissance pour la traction
électrique

par Marc DEBRUYNE


Ingénieur HEI (Hautes Études Industrielles)
Master Expert en Systèmes de traction – Alstom Transport


1. Trois révolutions technologiques ........................................................ D 3 278 - 2
1.1 Vapeur........................................................................................................... — 2
1.2 Électricité ...................................................................................................... — 2
1.3 Électronique de puissance .......................................................................... — 3
2. Interrupteurs électroniques en traction électrique ........................ — 4
2.1 Thyristor : premier semi-conducteur contrôlé........................................... — 4
2.2 Thyristor GTO ............................................................................................... — 5
2.3 Transistor IGBT ............................................................................................ — 6
3. Évolution des schémas de puissance en traction électrique....... — 7
3.1 Historique ..................................................................................................... — 7
3.2 Simplification – Compacité – Performance ................................................ — 9
3.3 Efficacité énergique en alimentation alternative monophasée................ — 10
3.4 Standardisation des schémas et des sous-ensembles ............................. — 14
4. Traction électrique du futur .................................................................. — 14
4.1 Nouveaux challenges .................................................................................. — 14
4.2 Moteurs synchrones à aimants permanents ............................................. — 15
4.3 Management de l’énergie électrique et autonomie .................................. — 16
5. Conclusion.................................................................................................. — 18
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 3 278

l est communément admis que la traction électrique a pris naissance vers


I 1880 lorsque Werner von Siemens présentait pour la première fois un engin
mû par un moteur électrique à l’exposition universelle de Berlin. À l’aube du
vingtième siècle, tous les types de moteurs électriques étaient connus, qu’ils
soient à courant continu, synchrone ou asynchrone. Cependant, il manquait à
ces machines la souplesse de réglage, c’est ce que va apporter l’électronique
de puissance quand elle fait son entrée avec les thyristors à la fin des années
1960.
Le fondement de l’électronique de puissance s’appuie essentiellement sur le
concept d’interrupteur statique qui va être réalisé grâce au silicium, matériau
aux propriétés étonnantes, capable de passer de l’état d’isolant à l’état de
conducteur sous l’action d’une simple commande électrique.
En cheminant dans le domaine de la traction électrique depuis ses origines à
travers toutes les étapes technologiques jusqu’à l’avènement des interrupteurs
électroniques, on pourra apprécier le génie inventif des ingénieurs du ferro-
viaire et mesurer l’accroissement progressif mais constant des performances
et de la compacité des équipements traction à chaque évolution des semi-con-
ducteurs de puissance, diode, thyristor, GTO et IGBT.
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APPORT DE L’ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE POUR LA TRACTION ÉLECTRIQUE _________________________________________________________________

1. Trois révolutions 600 V à 1 500 V DC Shuntage inducteur


technologiques à résistances

Réglage du courant d'induit


Pour mieux saisir et apprécier ce qu’a apporté l’électronique de par résistances et contacteurs
puissance dans la traction électrique, il n’est pas inutile de revenir
aux origines pour mesurer les formidables pas accomplis et rappe- MCC
ler les trois révolutions technologiques fondamentales qui ont
marqué les 200 années écoulées.

1.1 Vapeur
Le train est né avec la vapeur et la révolution industrielle du
début du XIXe siècle. La vapeur est une première révolution extra-
ordinaire car elle met fin à la traction... animale.

S Rappelons la petite locomotive de Richard Trevithick de 1804 et la


fameuse « Rocket » de George Stephenson qui fera son voyage inau-
gural entre Liverpool et Manchester en 1830 pour ensuite inonder
DC (Direct Current) courant continu
MCC moteur à courant continu

l’Europe. Figure 1 – Contrôle par résistances et contacteurs –


Arbre à cames JH

1.2 Électricité
La deuxième grande révolution se situe vers 1880, le XIXe siècle
va voir la véritable naissance de l’électricité avec Oersted, Ampère,
Faraday, Lenz, Maxwell et ses fameuses quatre équations. Toutes Shuntage inducteur
15 kV-16,7 Hz
les lois pratiques de l’électricité sont découvertes en moins de à résistances
50 ans et en 1879, à l’occasion de l’exposition universelle de Ber-
lin, le baron Werner von Siemens va faire entrer l’électricité dans
le monde des trains et du transport en présentant un « engin
électrique »... de 3 CV qui sera l’« attraction » du moment.
Zénobe Gramme avait inventé le collecteur et le moteur à cou- MCC
rant continu dès 1871 et le génial Nicolas Tesla faisant tourner son
premier moteur asynchrone en 1883.
Transformateur
En fait, à l’aube du XXe siècle, toutes les machines électriques à prises
modernes triphasées synchrones et asynchrones sont déjà inven- et graduateur
tées mais il va leur manquer la 3e révolution pour donner pleine-
ment leur capacité.
En effet, il ne suffit pas d’avoir le moteur de traction, encore
faut-il pouvoir le contrôler, c’est-à-dire régler son couple et sa
vitesse et là est la difficulté à l’aube de la traction électrique.
On ne sait pas encore en ce début de XXe siècle convertir l’éner- Figure 2 – Moteur « direct ». Contrôle par transformateur à prises
et graduateur
gie électrique, c’est-à-dire changer sa forme, on sait au mieux faire
chuter une tension continue en insérant une résistance entre la
ligne d’alimentation et le moteur à courant continu. Ce qui fait que formateur à prises et d’un graduateur électromécanique (figure 2).
l’on peut dire qu’à l’origine c’est plutôt la tension qui s’est adaptée Le concept est judicieux car le rendement énergique et le facteur
au moteur et non l’inverse car on n’avait pas encore les moyens de de puissance sont alors élevés.
faire autrement.
Toutefois, ce ne sera pas sans mal car si alimenter un moteur à
On verra ainsi naître les réseaux continus basse tension 600 V,
courant continu à excitation série directement par une tension
750 V bien adaptés aux moteurs à courant continu de l’époque.
alternative est tout à fait possible, rappelons ici que nombre de
Avec le temps, ces derniers gagneront en qualité de commutation,
nos appareils ménagers et petits outillages d’aujourd’hui fonction-
ce qui permettra d’accroître le voltage à 1 500 V en France vers
nent ainsi, le faire avec des moteurs de traction de plusieurs cen-
1920 et même à 3 000 V quelques années plus tard dans les pays
taines de kilowatts va s’avérer plus difficile. La commutation de la
limitrophes de la France notamment en Belgique, en Italie et en
machine en courant alternatif sera délicate à cause de la tension
Espagne.
induite entre lames créées par les variations de flux inhérentes à
Mais le réglage du courant dans les moteurs va très longtemps ce type d’alimentation. Pour résoudre complètement le problème,
rester sous l’emprise des rhéostats avec des contacteurs et autres il aurait fallu savoir transformer le courant alternatif industriel en
arbres à cames (figure 1) dont l’astucieux JH (du nom de la courant continu, mais le redresseur qui effectue cette opération
Société Jeumont et de son inventeur l’ingénieur Heidmann), dit n’existe pas encore en 1910. La solution de compromis sera donc
autrement la seule méthode pour changer une tension continue de baisser la fréquence d’alimentation pour diminuer d’autant la
est de la faire chuter selon la loi d’Ohm U = RI, c’est simple mais tension entre lames et rendre ainsi la commutation du moteur à
peu performant du point de vue énergique. courant continu dit « direct » correcte sans plus. Ce sera l’avène-
C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle les ingénieurs alle- ment des réseaux à fréquences spéciales : 16 Hz 2/3 en Europe
mands vers 1910 vont s’efforcer d’abandonner l’alimentation en centrale, 25 Hz aux États-Unis. Les machines seront légèrement
tension continue trop basse et cause de beaucoup de déperditions modifiées pour travailler en courant alternatif mais la commutation
d’énergie en ligne au profit d’une tension alternative haute ten- ne sera jamais parfaite, « noire » comme on disait à l’époque,
sion plus facile à élever ou abaisser au moyen d’un simple trans- c’est-à-dire sans étincelles aux balais.

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__________________________________________________________________ APPORT DE L’ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE POUR LA TRACTION ÉLECTRIQUE

Ignitrons
1.3 Électronique de puissance
Redresseurs à vapeur
de mercure L’arrivée des premiers semi-conducteurs contrôlés à la fin des
années 1960, les thyristors, va constituer assurément une révolu-
Shuntage inducteur
à résistances
tion sans précédent. Pour la première fois depuis l’origine de la
25 kV-50 Hz
traction électrique, un composant permet le contrôle progressif et
continu de la tension moteur avec un excellent rendement et avec
Self de lissage une grande rapidité. Les avantages procurés sont considérables et
iront en s’améliorant avec le temps. Les gains apportés seront
nombreux :
MCC
– la conversion d’énergie électrique devient statique, pas
d’usure ; suppression progressive des organes électromécaniques,
la maintenance va s’en trouver allégée ;
Transformateur – le réglage continu et progressif de l’effort moteur par modula-
à prises tion de largeur d’impulsion des redresseurs ou hacheurs aura un
et graduateur
effet bénéfique sur l’adhérence, plus d’à-coups de couple aux pas-
sages de cran ou aux transitions de changement de couplage des


moteurs ;
– le temps de réponse du contrôle moteur de l’ordre de quel-
ques dizaines de millisecondes procure une meilleure maîtrise des
Figure 3 – Redresseur à ignitrons – Contrôle par graduateur essieux en régime dynamique notamment lors des patinages ou
enrayages ; le rattrapage de la perte d’adhérence devient plus
efficace ;
Diodes – le rendement énergétique dans la phase de démarrage est très
Redresseurs à semi- nettement amélioré car les rhéostats peuvent être supprimés ;
conducteurs silicium – la possibilité va maintenant être donnée de contrôler tous les
Self de lissage types de moteurs qu’ils soient à courant continu ou triphasé, syn-
chrones ou asynchrones de façon optimale avec des lois de
25 kV-50 Hz Shuntage inducteur contrôle les plus appropriées pour tirer parti au mieux de leurs
à résistances performances ;
– la compacité des équipements va ouvrir les portes à l’augmen-
tation des puissances installées.
Ce dernier avantage est considérable car la réduction des
MCC masses et des volumes à bord consacrés au contrôle des moteurs
va naturellement permettre sans dépasser la charge à l’essieu et le
Transformateur
gabarit imposés par les contraintes d’infrastructure de concentrer
à prises plus de puissance.
et graduateur Plus de puissance signifie la possibilité d’aller plus vite, il suffit
de se rappeler la formule de base « Puissance = Effort × Vitesse »
et de ne pas oublier que la puissance croît comme le cube de la
vitesse.
Plus d’espace disponible à bord donne la possibilité d’envisager
des engins multitensions plus facilement qu’auparavant. On voit
Figure 4 – Redresseur à diodes – Contrôle par graduateur poindre là les locomotives bicourant, bien pratiques pour le réseau
hybride français, et même ensuite les locomotives dites
« universelles » à trois et quatre tensions d’alimentation pour pas-
Quelques dizaines d’années plus tard, au début des années ser les frontières et sillonner l’Europe.
1950, grâce aux améliorations technologiques constantes, on verra
apparaître en France sous l’impulsion de Louis Armand, directeur Cependant, il ne faudrait pas croire que les convertisseurs élec-
général de la SNCF, la tension à fréquence industrielle 20 kV puis troniques n’ont que des avantages, ils véhiculent avec eux leur
25 kV – 50 Hz pour alimenter des trains. La prouesse si longtemps cohorte de petits inconvénients, il y a toujours un revers à la
attendue est enfin rendue possible car le redresseur existe : c’est médaille :
l’ignitron à vapeur de mercure. Le courant alternatif est redressé et – le fait de hacher ou de commuter du courant peut avoir des
filtré par une self de lissage afin de fournir un courant continu conséquences parfois néfastes du point de vue des perturbations
ondulé au moteur de traction qui s’en accommode fort bien électromagnétiques sur l’environnement si on ne prend pas les
(figure 3). mesures nécessaires. Les premiers redresseurs à thyristors
gênaient les liaisons téléphoniques en générant des courants har-
Les ignitrons auront une vie relativement courte, une bonne moniques dans la gamme des fréquences audibles ; c’est le cou-
dizaine d’années environ avant d’être avantageusement remplacés rant psophométrique qui se doit de rester faible, quelques
par les premiers semi-conducteurs au silicium, les diodes. Les ampères pas plus ;
BB12000 entre 1951 et 1964 seront équipées de ces ignitrons puis – dans le cas de la traction électrique qui nous intéresse ici, la
de diodes. À ce stade, on pourrait dire que l’électronique de puis- génération de courants harmoniques renvoyés dans l’alimentation,
sance vient de surgir dans le monde de la traction électrique avec donc dans les rails, doit être parfaitement maîtrisée pour éviter
le silicium mais si l’on veut bien se pencher sur la façon de toute interférence avec les courants à faible niveau des circuits de
contrôler le moteur, on voit que le redresseur n’a qu’un rôle signalisation ferroviaire qui empruntent le même chemin et ce
annexe, la variation de tension moteur est toujours discontinue, n’est pas toujours simple ; il s’agit de trouver les fréquences de
par crans, réalisée, soit par des résistances et contacteurs sous commutation adéquates et d’installer les filtres en conséquence ;
tension continue, soit par un transformateur à prises avec gradua- – les redresseurs de dernière génération que l’on appelle
teur sous tension alternative (figure 4). On ne peut donc pas quatre-cadrans dans le monde germanique (4-QC) et ponts mono-
encore parler de révolution, mais elle arrive à grands pas. phasés à commutation forcée dans l’Hexagone (PMCF) qui

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APPORT DE L’ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE POUR LA TRACTION ÉLECTRIQUE _________________________________________________________________

absorbent un courant à la caténaire quasiment parfait, c’est-à-dire


sinusoïdal avec un facteur de puissance quasiment unitaire, ne
sont pas sans causer des soucis assez pervers si l’on n’y prend pas I I I I
garde comme des mises en résonances des lignes ou des instabili- Ug+
tés à très basse fréquence sur les réseaux faibles à forte impé- U U U U
dance. lg+
Tout cela est solvable mais encore faut-il le prendre en compte lg+ lg– Ug–
au niveau du système ferroviaire complet. C’est là un trait caracté-
ristique nouveau de la traction électrique moderne : on est face à I I I I
lg+ lg+ Ug+
un tout. lg– Ug–
Ug
L’électronique de puissance avec ses puissants calculateurs est
partout. Les filtres ne sont plus toujours faits de composants pas- U U U U
sifs, selfs et condensateurs, mais ils deviennent « actifs ». L’élec-
trotechnique est dépassée : son fer et son cuivre sont de plus en DIODE Thyristor GTO IGBT
plus souvent remplacés par du silicium « intelligent ». C’est le prix
à payer pour réduire masse et volume, les ennemis jurés des Fermeture- Fermeture-
Fermeture
Pas ouverture ouverture
engins rapides. Les trains sont faits avant tout pour transporter des contrôlée
de contrôle contrôlées contrôlées


passagers et non pas pour véhiculer des équipements de traction en courant
en courant en tension
lourds et encombrants... qui ne payent pas même pas leur billet.

Figure 5 – Différents interrupteurs électroniques

2. Interrupteurs
électroniques ampères suffit. Une fois allumé, le thyristor ne s’éteindra qu’au
passage à zéro du courant ou si on le force à passer à zéro. C’est la
en traction électrique raison pour laquelle les premières utilisations se feront dans les
redresseurs de courant alternatif. Dans ce cas, la commutation du
thyristor lors du passage à zéro du courant est dite « naturelle ».
Un tableau récapitulatif des principaux interrupteurs électro- Les premiers composants seront appelés « thyristors lents » en
niques utilisés en traction électrique est donné figure 5. rapport avec leur temps de recouvrement tq pour retrouver leur
pouvoir bloquant de plusieurs centaines de microsecondes, typi-
quement de 200 à 300 µs (figure 6).
2.1 Thyristor : premier semi-conducteur En 1971, la locomotive monophasée BB15000 de la SNCF
contrôlé marque l’entrée de l’électronique de puissance. On peut dire
qu’elle fait office de pionnière en la matière, munie de deux
La diode apparue durant les années 1960 ne faisait que redres- moteurs de traction à courant continu de 2 200 kW chacun. Le
ser le courant sans possibilité de contrôle. Avec le thyristor, l’ins- contrôle de chaque moteur est réalisé par deux ponts redresseurs
tant de mise en conduction du composant devient possible par la en série, l’un mixte, thyristors-diodes, l’autre complet, tous thyris-
gâchette. L’injection d’une impulsion de courant de quelques tors, ce qui permet en plus la récupération d’énergie en freinage.

33 mm 67 mm 100 mm

Utilisés surtout dans les ponts redresseurs contrôlés


Fonctionnant sur le réseau 50/60 Hz
Commutation naturelle au passage du courant à zéro
donc pas de contrainte tq particulière
Faibles di/dt

Figure 6 – Thyristors lents pour redresseurs contrôlés

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Applications des éléments


piézoélectriques en électronique
de puissance

par Dejan VASIC


Maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise
Chercheur au laboratoire SATIE ENS Cachan
et François COSTA
Professeur à l’université de Paris Est Créteil

Chercheur au laboratoire SATIE ENS Cachan

1. Applications de puissance des matériaux piézoélectriques ........ D 3 235 - 2


1.1 Généralités.................................................................................................... — 2
1.2 Matériaux piézoélectriques utilisés en puissance ..................................... — 2
1.3 Classification des modes de conversions d’énergie
au regard des applications .......................................................................... — 4
2. Conversion mécanique/électrique (récupération d’énergie) ........ — 5
2.1 Domaines d’applications ............................................................................. — 5
2.2 Modélisation ................................................................................................. — 6
2.3 Convertisseurs associés à la récupération d’énergie................................ — 8
2.4 Microgénérateur à large bande passante .................................................. — 12
3. Conversion électrique/mécanique (génération ultrasonore
et actionnement) ...................................................................................... — 13
3.1 Généralités.................................................................................................... — 13
3.2 Commande d’actionneur piézoélectrique .................................................. — 13
3.3 Commande des générateurs ultrasonores ................................................ — 14
4. Conversion électro-mécano-électrique
(transformateur électrique) ................................................................... — 16
4.1 Généralités.................................................................................................... — 16
4.2 Rappel du modèle du transformateur ........................................................ — 16
4.3 Étage d’entrée des convertisseurs à des transformateurs
piézoélectriques ........................................................................................... — 16
4.4 Alimentation de lampe à cathodes froides ................................................ — 19
4.5 Alimentation DC/DC ..................................................................................... — 21
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 3 235

es matériaux piézoélectriques, qui réalisent une conversion électroméca-


L nique directe, sont utilisés depuis de nombreuses années dans des
applications de puissance telles que la génération ultrasonore ou l’action-
nement. Le champ d’utilisation de ces matériaux ne cesse de croître en
électronique de puissance notamment avec le transformateur piézoélectrique
et les microsources d’énergie.
Le transformateur piézoélectrique a trouvé un débouché commercial dans
les alimentations de lampe à cathodes froides pour le rétro-éclairage des
écrans à cristaux liquides grâce à ses performances en élévateur de tension.
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPQQ

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APPLICATIONS DES ÉLÉMENTS PIÉZOÉLECTRIQUES EN ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE __________________________________________________________

Les microgénérateurs piézoélectriques dont l’énergie est issue de vibration


ambiante ont un avenir prometteur dans des applications telles que l’auto-
alimentation des réseaux de capteurs abandonnés grâce à de bonnes
performances de conversion électromécanique et une compatibilité avec les
technologies de fabrication des microsystèmes.
L’objectif de ce dossier est de présenter les potentialités mais aussi les
contraintes générées par l’utilisation des matériaux piézoélectriques dans diffé-
rentes applications en électronique de puissance avec :
– une introduction sur les matériaux piézoélectriques et une classification
des modes de conversion (§ 1) ;
– les systèmes de récupération d’énergie (§ 2) ;
– l’alimentation des générateurs ultrasonores de puissance et des action-
neurs (§ 3) ;
– les structures de conversion statique utilisant des transformateurs piézoé-


lectriques ainsi que les applications (§ 4).

1. Applications de puissance Il est utilisé par exemple pour le rétro-éclairage des lampes fluores-
centes à cathode froide placées derrière un écran à cristaux liquides
des matériaux ou encore pour la génération de haute tension pour le nettoyage par
ultrasons.
piézoélectriques
Plus récemment, poussés par les besoins d’autonomie énergé-
tique de certaines applications faible puissance et par la baisse de
la consommation des composants électroniques, des microsources
1.1 Généralités d’énergie basées sur la récupération d’énergie de vibration au
moyen d’éléments piézoélectriques ont fait leur apparition. La
Les matériaux piézoélectriques, qui ont l’intrigante propriété de
récupération d’énergie, qui transforme l’énergie ambiante en éner-
convertir directement de l’énergie électrique en énergie méca-
gie électrique est très intéressante dans des applications où la bat-
nique (et inversement), constituent aujourd’hui un nouveau
terie ne peut pas être remplacée facilement.
domaine d’application qui se situe entre la mécanique et l’électro-
nique. Classiquement, le champ d’utilisation de ces matériaux est :
L’exemple typique est le réseau de capteurs abandonnés servant
– la génération d’ultrasons avec le sonar, les transducteurs à au monitoring qui est déployé sur une grande surface ou placé dans
usage médical (échographie) ; des endroits difficiles d’accès.
– le positionnement (actionneurs et moteurs) ;
– les allume-gaz ou les injecteurs de carburant (injection directe Ces microgénérateurs sont généralement associés à un système
dans les moteurs diesel). de commutation mis en parallèle avec l’élément piézoélectrique et
Même si la piézoélectricité fut découverte par les frères Curie en le circuit classique de conversion de façon à agrandir artificiel-
1880, les applications industrielles de puissance ne furent lement les cycles de conversion électromécanique.
possibles qu’après la mise au point en 1954 d’une solution à base Les principaux avantages des composants piézoélectriques
de plomb, de zirconium et de titanate présentant un effet piézo- comparés aux magnétiques sont les suivants :
électrique très élevé (100 fois plus élevé que le quartz). L’aptitude – bonne adaptation à la miniaturisation ; la structure est un bloc
de cette céramique de type polycristalline, appelée PZT compact et facilement industrialisable car ne nécessitant pas de
(Titano-Zirconate de Plomb), à la conversion d’énergie en fait natu- bobinage non standard ;
rellement aujourd’hui le matériau de référence. Le développement
– pas de rayonnement électromagnétique, pas de couplage
rapide des applications à base de transducteurs piézoélectriques a
magnétique, ce qui est favorable en termes de CEM ;
vu apparaître une nouvelle problématique liée à la complexité et
– rendement élevé ; les actionneurs ont un rendement supérieur
au prix élevé de leur alimentation. Les principales contraintes
au magnétique pour une gamme de puissance inférieure à 10 W
d’une alimentation d’éléments piézoélectriques sont :
(figure 1) [1] ;
– d’une part, les niveaux de tension élevés mis en jeu, et cela en – non inflammable ; c’est un composant qui ne craint pas les
raison des relativement faibles déformations engendrées ; surcharges et les courts-circuits.
– d’autre part, la nature capacitive de l’impédance d’entrée.
La piézoélectricité a su répondre par elle-même à la première
contrainte avec la réalisation de transformateur statique piézo- 1.2 Matériaux piézoélectriques utilisés
électrique qui présente naturellement un gain important en en puissance
tension. En effet, le transformateur piézoélectrique peut être un
bon candidat pour remplacer le transformateur électromagnétique Afin d’obtenir une puissance de sortie élevée, les matériaux pié-
dans certaines applications à faible puissance. Avec des caractéris- zoélectriques sont excités à un niveau élevé de vibration, principa-
tiques attrayantes comme une puissance volumique de 20 W/cm2, lement à la résonance mécanique, sous un champ électrique
un rendement élevé et l’absence d’émission électromagnétique, le alternatif élevé. Ces conditions de fonctionnement peuvent entraî-
transformateur piézoélectrique devient plus approprié pour géné- ner un échauffement et la dégradation des performances du maté-
rer des hautes tensions à faible puissance. riau. C’est pour cette raison que les dispositifs de puissance,

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Rendement

3
90 % 1 2
Q ou V
Moteur piézoélectrique
P F

20 %

a mode 33

Moteur électromagnétique 3
1 2
2% Q ou V


P
F
10 mW 10 W 1 kW
Puissance

Figure 1 – Rendement en fonction de la puissance des actionneurs b mode 31


piézoélectrique et magnétique [1]
Figure 2 – Modes de couplage piézoélectrique
comme le transformateur ou le moteur ultrasonore, nécessitent
l’utilisation de matériaux dits « durs » avec un facteur de qualité Les relations locales [2] liant les grandeurs électriques dans le
Qm élevé. À la résonance, l’amplitude des vibrations est direc- matériau, telles que le champ électrique Ei (en V/m) et l’induction
tement proportionnelle à ce facteur de qualité. La vitesse de électrique Di (en C/m2), aux grandeurs mécaniques, telles que la
vibration dépend, quant à elle, de plusieurs paramètres : contrainte Ti (en Pa) et la déformation relative Si sont données
– la constante piézoélectrique ; pour le mode 33 par :
– la permittivité ;
– la raideur ;
S3 = s33 T3 + d 33 E 3
E
– le facteur de couplage électromécanique.  (1)
Une diminution du facteur de qualité Qm est observée à partir D3 = d 33 T3 + εT33 E 3
d’un certain niveau de vibration, ce niveau critique correspondant
à la limite de puissance du matériau. Si l’on augmente davantage Et pour le mode 31 par :
l’excitation, l’énergie sera uniquement convertie en chaleur.
S1 = s11
E T +d E
Les céramiques massives, actuellement commercialisées, ont 1 31 3
 (2)
D3 = d 31T1 + ε 33 E 3
une vitesse limite de vibration de l’ordre de 0,5 m/s (définie pour T
une élévation de température inférieure à 20 oC). La vitesse de
vibration limite diminue à 0,3 m/s pour les structures multi- avec εij (F/m) permittivité,
couches. La meilleure céramique, au stade de la recherche
actuelle, peut avoir une vitesse de vibration limite de 1 m/s, et sij (m2/N) souplesse,
donc une puissance volumique de 4 à 10 fois supérieure, la puis- dij (C/N) constante piézoélectrique.
sance étant proportionnelle au carré de cette vitesse. Les indices i, j = 1, 2, 3 se réfèrent aux axes orientés par rapport
Les mécanismes de perte dans le matériau sont de deux types : à la céramique piézoélectrique dans un système orthonormé. En
diélectrique et mécanique. Les pertes diélectriques sont prépondé- exposant de sij, la grandeur considérée comme constante ou nulle.
rantes en dehors de la résonance alors que les pertes mécaniques
L’énergie électrique à la sortie d’un élément piézoélectrique est
apparaissent principalement à la résonance. À la résonance, si
égale au produit entre la tension V et la charge électrique Q. À par-
l’excitation est importante, les pertes diélectriques deviennent
tir des équations constitutives de l’élément piézoélectrique (1) et
aussi non négligeables.
(2), on peut établir l’expression de la charge Q maximale théorique
La puissance de sortie d’un élément piézoélectrique dépend de lorsque la tension est nulle (court-circuit) et la tension V maximale
plusieurs paramètres, tels que : théorique lorsque la charge est nulle (circuit ouvert).
– les propriétés du matériau ; Pour le mode 33 :
– la taille et la forme de l’élément ;
– le type d’excitation mécanique ou électrique. Fg33 e
Cependant, pour avoir une idée des caractéristiques nécessaires Q = Fd 33 et V = (3)
LW
d’un matériau dans une application donnée, nous allons établir
l’expression de la puissance théorique disponible à la sortie. Le Et pour le mode 31 :
système d’axes 1, 2 et 3 est habituellement utilisé pour identifier
les directions (figure 2). L’axe 3 est l’axe de polarisation P du Fd 31L Fg
matériau. Deux modes de conversion sont classiquement Q= et V = 31 (4)
e W
exploités :
– le mode 33 où la déformation est dans le même sens que la
polarisation ; avec F (N) force appliquée,
– le mode 31 où la déformation est perpendiculaire à la polari- L, e et W (m) respectivement, longueur, épaisseur et
sation. largeur de l’élément,

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APPLICATIONS DES ÉLÉMENTS PIÉZOÉLECTRIQUES EN ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE __________________________________________________________

Tableau 1 – Propriétés des matériaux piézoélectriques [3] [4]


d33 g33 d31 g31 d33g33 d31g31
Matériaux –12
(10 C/N) (10–3 m2/C) (10 –12 C/N) (10–3 m2/C) (10–15 m2/N) (10–15 m2/N)
PVDF – 33 286 23 216 – 9 438 4 968
PZT-5H 593 20 – 274 – 9,1 11 860 2 493
PZT-5A 374 25 – 171 – 11,4 9 350 1 949
BaTiO3 149 14 78 5 2 086 390
PZN-7%PT 2 500 42 – 1 204 – 24,2 105 250 29 137

dij (C/N) constante piézoélectrique de charge chalenge technologique. Pour des applications de masse, les
traduisant la proportionnalité entre l’induction recherches se focalisent sur l’amélioration des propriétés des céra-


électrique et la contrainte, miques polycristallines PZT. Ces céramiques rassemblent des
gij (m2/C) constante piézoélectrique de tension composés réalisés à partir d’oxyde de plomb, de zirconium et de
traduisant la proportionnalité entre le champ titanate. Elles sont, depuis des années, largement utilisées dans
électrique et la contrainte. bon nombre d’applications, grâce à leur très bonnes propriétés
piézoélectriques. Dans le commerce, on trouve des matériaux PZT
Si la fréquence d’excitation de l’élément est notée f (en s–1), la dont le produit gij dij est compris entre 5 000 × 10–15 m2/N et
puissance P (en W) pour les deux modes s’écrit : 14 000 × 10–15 m2/N (tableau 1) [3] [4]. Le PZT-5H est le plus cou-
ramment utilisé. Le choix d’un matériau pour une application parti-
e culière dépend de paramètres comme :
P = F 2 d 33 g33 f = T 2 d 33 g33 LWef (5)
LW – la plage de variation de la température (– 20 < T < 80 oC) limi-
tée par la température de Curie ;
L – la fréquence de fonctionnement ;
P = F 2 d 31 g31 f = T 2 d 31 g31LWef (6)
eW – la force appliquée (0,1 à 3 N) ;
En introduisant la contrainte T, nous constatons que la puis- – la durée de vie (> 106 cycles).
sance est proportionnelle au volume de l’élément mais aussi au Enfin, le tableau 1 montre que l’usage du mode 33 est intrinsè-
produit dij · gij qui dépend du matériau. Ce produit des constantes quement le plus intéressant quel que soit le matériau.
piézoélectriques caractérise donc la densité d’énergie des maté-
riaux piézoélectriques.
Ainsi, pour des applications de puissance, il existe une gamme 1.3 Classification des modes
de matériaux piézoélectriques à forte densité énergétique dont les de conversions d’énergie au regard
deux extrêmes sont :
– d’un côté, les polymères PVDF (d33 = – 33 × 10–12 C/N,
des applications
ε33 = 13ε0, g33 = 286,7 × 10–3m2/C) ;
Les applications de puissance de la piézoélectricité peuvent être
– de l’autre, les céramiques monocristallines PZN-PT
classées en trois catégories suivant les modes de conversion
(d33 = 2 500 × 10–12 C/N, ε33 = 6 700ε0, g33 = 42,1 × 10–3 m2/C).
d’énergie :
avec ε0 est la permittivité du vide.
– la conversion électromécanique ;
On peut constater que le polymère a une grande constante pié- – la conversion mécano-électrique ;
zoélectrique g33 et que le matériau monocristallin a un produit
– la conversion électro-mécano-électrique.
d33g33 très élevé (105 250 × 10–15 m2/N). Cependant, la fabrication
de ces deux matériaux de taille centimétrique est aujourd’hui un Les applications sont résumées dans le tableau 2.

Tableau 2 – Applications de puissance des éléments piézoélectriques


Conversion Applications Puissance/Énergie Fréquence
Électromécanique Sonar Jusqu’à quelques kW 3 à 300 kHz
Nettoyage par ultrasons 100 W 100 kHz
Soudure par ultrasons 3 kW 20 à 70 kHz
Actionneurs mW à 100 W 1 Hz au MHz
Mécano-électrique Allume-gaz 10 mJ Choc
Interrupteur sans-fil 200 µJ Choc
Microsources 0,1 µW à 100 µW 1 à 200 Hz
Électro-mécano-électrique Transformateur statique µW à 100 W 50 kHz à 2 MHz
convertisseur DC/DC

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1.3.1 Conversion électromécanique


La conversion électromécanique concerne principalement la TCP/IP
génération d’ultrasons de puissance (sonar, nettoyeur, soudure) et LON
l’actionnement. EIB/KNX Fermeture
Zigbee de fenêtre
Les sonars sont utilisés pour détecter et situer les objets sous
l’eau. L’amplificateur de puissance qui alimente le transducteur est
généralement linéaire ; cependant, des techniques à haut Récepteur Interrupteur
rendement existent. Elles consistent à approximer une onde sinu- des de lampe
soïdale par une association convenable de rampes de courant. Ces interrupteurs
dernières ont des pentes différentes et sont réalisées à partir de de lampe
plusieurs inductances par des convertisseurs entrelacés. La fré-
quence d’émission est choisie en fonction de l’application. Les Capteur de
hautes fréquences (plusieurs dizaines ou centaines de kHz) per- température
Récepteur
mettent d’avoir une bonne résolution. Plus les fréquences sont du contrôleur
basses, plus les distances de détection sont grandes, mais la réso- de température Capteur de monoxyde
lution diminue. Les puissances d’émission sont de l’ordre de


de carbone
quelques kW.
Capteur sans fil
Les nettoyeurs à ultrasons sont utilisés par exemple pour le net-
toyage de bijoux ou de pièces. La fréquence est d’environ 100 kHz Nœud de communication alimenté par le réseau
et la puissance d’une centaine de watts.
Le soudage par ultrasons (cf [BM 7 775]) est une technique Figure 3 – Structure d’un réseau de capteurs abandonnés
d’assemblage pour les matériaux thermofusibles comme le
plastique. Les fréquences typiquement utilisées sont la dizaine de
kHz et les amplitudes des vibrations varient entre 10 et 120 µm, en
fonction du type de matériel et de la forme des pièces à assembler.
Les générateurs à ultrasons sont utilisés aussi pour l’homogé-
néisation. C’est un procédé mécanique qui permet de réduire les Capteur
particules dans un liquide pour qu’elles deviennent uniformément de présence
petites et correctement distribuées. Un traitement ultrasonique sans fil
peut encore être utilisé pour désintégrer les fibres, matériaux cellu- (WSCO4-10W)
losiques en fines particules et casser les parois des structures des
cellules, ce qui permet de plus libérer les substances intracellu-
Interrupteur
laires comme l’amidon ou le sucre dans le liquide.
sans fil
L’alimentation des actionneurs piézoélectriques est réalisée par (WSS10)
des convertisseurs statiques fonctionnant en élévateur de tension.
Leur efficacité est améliorée par des techniques de récupération de
l’énergie stockée dans la capacité d’entrée de l’élément piézoélec-
trique.

1.3.2 Conversion mécano-électrique


L’application la plus connue en conversion mécano-électrique Figure 4 – Principe de l’interrupteur sans-fil
est l’allume-gaz. L’énergie de l’étincelle qui est libérée par le géné-
rateur piézoélectrique à chocs est de l’ordre de 10 mJ. La durée est
d’environ 100 µs, pour une tension d’environ 10 kV et un courant 1.3.3 Conversion électro-mécano-électrique
d’environ 10 mA.
La conversion électro-mécano-électrique concerne le transfor-
L’application qui se développe donc aujourd’hui est la micro- mateur piézoélectrique utilisé principalement dans les alimen-
source dont l’énergie est issue des vibrations ambiantes permet- tations de lampes fluorescentes. La gamme de puissance est
tant l’alimentation des réseaux de capteurs abandonnés WSN comprise entre 1 µW et 100 W et la fréquence de fonctionnement
(Wireless Sensor Network) [5] (figure 3). La gamme de puissance entre 50 kHz et 2 MHz.
visée est comprise entre 0,1 et 100 µW [6] [7] [8].
On peut citer aussi comme application, l’interrupteur sans-fil
pour l’éclairage. L’énergie utile (200 µJ) pour la transmission d’un
signal par RF est fournie par la pression que le doigt exerce sur le
2. Conversion
bouton de l’interrupteur. La portée du signal est de maximum mécanique/électrique
30 m à l’intérieur du bâtiment et de maximum 300 m à l’extérieur.
La bande de fréquence allouée est 868 MHz. (récupération d’énergie)
La société ENOCEAN propose pour l’habitat un ensemble de
capteurs sans batterie alimentés par des sources autonomes récu- 2.1 Domaines d’applications
pérant l’énergie mécanique, thermique ou lumineuse (pression sur
un bouton, récupération de chaleur, etc.) qui permet de contrôler L’exploitation de l’effet piézoélectrique direct constitue un pro-
les dispositifs de confort de la maison et d’optimiser la gestion de cessus de génération d’énergie électrique à partir d’une source
l’énergie (figure 4). mécanique. Si un élément piézoélectrique est placé dans un dispo-

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APPLICATIONS DES ÉLÉMENTS PIÉZOÉLECTRIQUES EN ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE __________________________________________________________

Appareil en veille Communication par RFID Bluetooth Tableau 3 – Accélération (m/s2) et fréquence
du fondamental pour différentes sources
10 nW 1 µW 10 µW 200 µW 2,5 mW de vibration [10]
Montre électronique Aide auditive Source Accélération Ffondamental
de vibration (m/s2) (Hz)
Figure 5 – Puissance consommée par des appareils électroniques
Compartiment moteur
thermique 12 200
sitif vibrant, il apparaît un champ électrique alternatif à ses bornes.
Si cette énergie électrique est dissipée par effet joule dans une Machine-outil 10 70
résistance, les vibrations du dispositif sont significativement Broyeur 6,4 121
diminuées ; c’est ce que l’on appelle l’amortissement passif des
structures. Si maintenant l’énergie électrique est stockée dans une Sèche-linge 3,5 12
capacité ou une batterie, un système de récupération d’énergie est
obtenu [9]. La récupération d’énergie piézoélectrique apparaît Personne tapant du talon 3 1
aujourd’hui comme un thème éminent dont l’intérêt des cher-
Tableau de bord de voiture 3 13


cheurs ne fait que croître. Une large gamme d’applications est
visée par les dispositifs de récupération, on peut citer : Cadre de porte après fermeture 3 123
– les réseaux de capteurs abandonnés sans-fil servant au moni-
toring des structures ; Four à micro-onde 2,5 12
– la recharge de batterie ;
HVAC dans un immeuble 0,2 à 1,5 60
– l’augmentation de l’autonomie de différents appareils ;
– la mesure de pression des pneus ; Lecteur CD sur ordinateur 0,6 75
– l’interrupteur sans-fil pour l’éclairage, etc.
L’application la plus plus prometteuse semble être les réseaux Sol d’une pièce très
de capteurs abandonnés en raison du coût élevé du déploiement fréquentée 0,2 100
d’un réseau filaire ou du remplacement des batteries dont la durée
de vie n’est pas suffisante.
Tableau 4 – Données typiques pour différentes
Exemple : la puissance moyenne consommée par un nœud de techniques de récupération d’énergie
capteur est de l’ordre de 100 µW ; ainsi, la durée de vie pour 1 cm3
de batterie au lithium (800 W/L) est de 1 an. Densité
Énergie Conditions
de puissance
La consommation de quelques appareils électroniques pouvant
être alimentés par des dispositifs de récupération d’énergie est Vibration piézoélectrique 1 m/s2 200 µW/cm3
présentée figure 5. Vibration électrostatique 1 m/s2 50 µW/cm3
Les vibrations ambiantes sont présentes dans différents environ-
nements comme l’automobile, les immeubles, les structures Vibration électromagnétique 1 m/s2 15 µW/cm3
(ponts, voies ferrées), les machines industrielles, etc. Le Solaire Extérieur 10 000 µW/cm2
tableau 3 [10] donne des valeurs d’amplitude et de fréquence du
fondamental de l’accélération pour différentes sources de Solaire Intérieur 50 µW/cm2
vibrations. Ces données sont d’autant plus importantes que la
puissance récupérée est proportionnelle à l’accélération au carré et Thermique ∆T = 5 oC 60 µW/cm2
inversement proportionnelle à la fréquence, comme nous allons le
voir par la suite. Les vibrations peuvent être continues, impulsion- Ondes RF téléphone
nelles ou intermittentes : portable Extérieur 0,1 µW/cm2
– les vibrations continues ont une amplitude constante ;
– les impulsionnelles concernent les chocs ;
Les bases théoriques permettent la modélisation des systèmes
– les intermittentes ont une amplitude qui varie avec le temps.
de récupération d’énergie (§ 2.2) et différentes structures de
Les vibrations continues sont les plus attrayantes pour la récu- convertisseur assurent la bonne alimentation de la charge (§ 2.3).
pération d’énergie.

La densité de puissance des dispositifs de récupération piézo- 2.2 Modélisation


électrique d’énergie est de l’ordre de 200 µW/cm3 (tableau 4).
Le principe d’un dispositif piézoélectrique de récupération
En comparaison, les panneaux solaires ont une densité de puis- d’énergie est représenté figure 6. Il est typiquement constitué
sance de l’ordre de 10 000 µW/cm2, ce qui est de deux ordres de d’une poutre dont une extrémité est rigidement liée à la structure
grandeur supérieurs aux autres sources. Mais, dans un environne- vibrante. À l’autre extrémité est placée une masselotte, qui a
ment fermé éclairé artificiellement, cette densité de puissance chute l’avantage d’engendrer un plus grand débattement. Elle permet
à environ 50 µW/cm2. aussi un ajustement de la fréquence de résonance et augmente la
bande passante. Les éléments piézoélectriques sont collés d’un
La récupération de l’énergie de vibration peut être aussi réalisée côté (unimorphe) ou de chaque côté (bimorphe) de la poutre, près
par des dispositifs magnétique ou capacitif (cf. [RE 135]). Mais de l’encastrement, à l’endroit de contrainte maximale. Le mode de
c’est la solution piézoélectrique qui est la plus prometteuse car elle conversion piézoélectrique 33 est difficilement exploitable ici au
a le coefficient de couplage électromécanique le plus élevé, ne regard des faibles niveaux de forces appliquées. Le mode 31 per-
nécessitant pas de polarisation et le matériau est bien adapté aux met, quant à lui, à travers la flexion de la poutre, d’optimiser la
technologies de fabrication des microsystèmes. contrainte appliquée au niveau du matériau piézoélectrique. Les

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Transfert d’énergie sans contact


par induction en moyenne puissance
par Jean-Paul FERRIEUX
Professeur des Universités
Laboratoire de Génie Électrique de Grenoble (G2Elab), Grenoble INP
Université Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble, France
Gérard MEUNIER
Directeur de Recherche


Laboratoire de Génie Électrique de Grenoble (G2Elab), Grenoble INP
Université Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble, France
Benoît SARRAZIN
Ingénieur de Recherche
Laboratoire de Génie Électrique de Grenoble (G2Elab), Grenoble INP
Université Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble, France
et Alexis DERBEY
Ingénieur d’Études
Laboratoire de Génie Électrique de Grenoble (G2Elab), Grenoble INP
Université Grenoble Alpes, CNRS, Grenoble, France

1. Contexte ...................................................................................................... D 3 237 - 2


1.1 Techniques de transmission d’énergie à distance ................................... — 2
1.2 Positionnement de l’étude ......................................................................... — 4
2. Modèles électromagnétiques simplifiés et compensation ..................... — 5
2.1 Modélisation du coupleur .......................................................................... — 5
2.2 Choix de la compensation.......................................................................... — 6
2.3 Évaluation du rendement ........................................................................... — 7
3. Méthodologie de pré-dimensionnement.................................................. — 8
3.1 Puissance transmissible pour une compensation série-série ................. — 9
3.2 Processus de pré-dimensionnement......................................................... — 10
4. Étude du convertisseur et mise en œuvre................................................ — 12
4.1 Support de l’étude ...................................................................................... — 12
4.2 Étude du convertisseur............................................................................... — 13
4.3 Mise en œuvre............................................................................................. — 15
5. Conclusion ................................................................................................... — 18
Pour en savoir plus ............................................................................................. Doc. D 3 237

e transfert d’énergie sans contact, ou encore le transfert d’énergie sans fil,


L est un terme générique pour désigner différentes techniques permettant de
transférer de l’énergie électrique à distance, sans liaison physique, d’un dispo-
sitif émetteur (ou antenne émettrice) vers un dispositif récepteur (ou antenne
réceptrice). Ce mode de transfert d’énergie peut prendre différentes formes :
induction magnétique, influence électrique, rayonnement électromagnétique
(ondes radio, micro-ondes, laser infrarouge) [1] [2].
Le transfert d’énergie sans contact (WPT pour Wireless Power Transfer)
trouve des applications dans de nombreux domaines, allant de l’électronique
mobile (recharge de smartphones, ordinateurs portables, tablettes, GPS…), au
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@RPQX

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D 3 237 – 1

QPS
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TRANSFERT D’ÉNERGIE SANS CONTACT PAR INDUCTION EN MOYENNE PUISSANCE ____________________________________________________________

secteur des transports (voitures, bus, tramways, etc.), en passant par les
implants actifs en médecine (stimulateurs cardiaques, défibrillateurs, prothèses
auditives, pompes à insuline, valves cérébrales…). Dans ce type d’applications,
l’énergie électrique transmise va servir à charger une batterie. Le WPT trouve
également des applications dans les systèmes de chauffage [3] :
– chauffage par induction électromagnétique de métaux et de matériaux
semi-conducteurs dans les domaines de la métallurgie et de la mécanique
(four de fusion à creuset, chauffage avant formage, traitement thermique
superficiel), de la chimie (fusion directe des verres et d’oxydes, etc.), ainsi que
dans les applications grand public (plaques chauffantes de cuisine) ;
– chauffage par rayonnement micro-onde (four à micro-ondes) ;
– chauffage par rayonnement infrarouge dans l’habitat (radiateurs, pan-
neaux infrarouges).

S 1. Contexte 1.1.1 Transmission d’énergie par induction


magnétique
Ce mode de transfert d’énergie en champ proche exploite les
1.1 Techniques de transmission d’énergie lois d’Ampère et de Faraday. D’après la loi d’Ampère, une bobine
à distance parcourue par un courant alternatif, génère un champ magnétique
variable dans le temps qui, lorsqu’il est intercepté par une autre
Les techniques de transfert d’énergie à distance peuvent être bobine, induit une force électromotrice aux bornes de cette der-
nière (loi de Faraday). Cette force électromotrice engendre alors
classées en différentes catégories, selon la distance à laquelle on
un courant permettant d’alimenter une charge électrique. La
se place de la source, relativement à la longueur d’onde λ. On dis-
figure 1 illustre ce principe et montre les lignes de champ magné-
tingue d’une part les techniques dites de champ proche et d’autre tique entre deux bobines distantes de plusieurs centimètres. C’est
part celles dites de champ lointain. Lorsque les distances à par- ce principe que l’on retrouve dans le fonctionnement des transfor-
courir sont faibles devant λ, le transfert d’énergie se déroule dans mateurs et des machines tournantes.
des conditions de champ proche. À l’inverse, lorsque les distances
à parcourir sont très grandes devant λ, le transfert d’énergie a lieu Le couplage entre deux bobines se mesure à l’aide d’un coeffi-
dans des conditions de champ éloigné. Il existe également une cient de couplage k, défini comme le rapport de l’inductance
zone intermédiaire, appelée zone de transition, dans laquelle le mutuelle M entre les deux bobines sur la racine carrée du produit
champ électromagnétique (EM) présente à la fois des caractéris- des inductances propres de chaque bobine, L1 et L2 :
. Suivant la valeur du coefficient k, comprise entre 0
tiques de champ proche et de champ lointain.
et 1, on parlera de bobines faiblement couplées ou fortement cou-
On distingue trois techniques de transfert d’énergie sans plées.
contact, au sein desquels il peut exister une ou plusieurs techno-
Les systèmes de transfert d’énergie par induction s’apparentent
logies : en général à des transformateurs faiblement couplés (i.e. avec des
– la transmission d’énergie par champ magnétique ou couplage fuites magnétiques non négligeables). Ces fuites magnétiques
inductif ; provoquent des chutes de tension aux bornes des enroulements,
– la transmission d’énergie par champ électrique ou couplage entraînant un appel de courant réactif sur le réseau électrique afin
capacitif ;
– la transmission d’énergie par ondes électromagnétiques.
Les techniques de transfert d’énergie par couplage magnétique
ou capacitif sont des techniques en champ proche, tandis que
celles par propagation d’ondes électromagnétiques relève essen-
tiellement de la zone de champ lointain. Les techniques en champ Conversion B Conversion
proche permettent de réaliser des transferts d’énergie avec des primaire secondaire
rendements élevés, mais uniquement sur de faibles distances
(jusqu’à plusieurs centimètres). Au-delà, le rendement décroît de
manière exponentielle avec la distance. Les fréquences mises en
jeu varient généralement de plusieurs dizaines de kilohertz à
quelques mégahertz, suivant la technologie considérée. De leur
côté, les techniques en champ éloigné permettent de réaliser des
transferts d’énergie sur des distances aussi bien courtes que lon-
gues, allant de quelques millimètres à plusieurs kilomètres. La
divergence naturelle de l’onde électromagnétique au cours de sa
propagation affecte cependant l’efficacité de la transmission sur
les longues distances. Il est néanmoins possible de limiter cette
divergence en utilisant des ondes courtes (micro-ondes, lasers
infrarouges), qui peuvent être focalisées sous formes de fais-
ceaux, à l’aide de lentilles et de réflecteurs. L’utilisation d’ondes
courtes permet, en outre, de réduire la taille des antennes. Les fré-
quences mises en jeu sont généralement dans la plage du
gigahertz. Figure 1 – Schéma de principe de l’induction magnétique

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D 3 237 – 2

QPT
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Source de
B
puissance AC
alimentant
le résonateur
E
Transfert d’énergie

+
hautement résonant

Résonateur
conçu
spécifiquement


Figure 2 – Transmission d’énergie par couplage magnétique hautement résonant : schéma de principe et expérience du MIT (d’après [4])

de les compenser. Il est alors souvent nécessaire de surdimen- du circuit. Les deux électrodes forment alors une capacité dite de
sionner les câbles électriques, les éléments actifs et passifs afin de couplage. On distingue deux topologies pour ce mode de transfert
tenir compte de ce surplus de courant. Pour remédier à ce pro- d’énergie :
blème, on ajoute un ou des condensateurs de résonance afin de – une topologie dite bipolaire, dans laquelle les deux électrodes
compenser partiellement ou complètement la puissance réactive de terminaison de chaque circuit (transmission et réception) sont
consommée dans les enroulements des bobines : on parle alors toutes les deux actives et participent au transfert de puissance
de couplage magnétique résonant. Cette solution permet de trans- (figure 3) ;
férer de l’énergie efficacement sur des distances pouvant – une topologie dite unipolaire, dans laquelle une seule des deux
atteindre le diamètre de la bobine de transmission. Les fré- électrodes est active, l’autre, passive, est reliée à un circuit de
quences mises en jeu varient généralement de quelques dizaines masse.
à plusieurs centaines de kilohertz.
D’abord utilisé comme une méthode d’isolation galvanique
Pour des distances supérieures au diamètre de la bobine – sur pour transmettre les signaux analogiques dans les circuits de
plusieurs mètres par exemple – on exploite plutôt la self-réso- commande, ou comme une méthode de détection et de localisa-
nance des bobines (cellule de résonance formée par l’inductance tion de position pour souris, stylets ou tablettes, le couplage capa-
de la bobine et ses capacités parasites), comme le fit Nikola Tesla citif investit ensuite progressivement le domaine de la puissance
en son temps avec la bobine qui porte son nom. En 2007, une [6] [7]. Cette montée en puissance reste cependant entravée par la
équipe du MIT est parvenue à transférer 60 W sur ce principe faiblesse des capacités de couplage, qui dans ce genre d’applica-
(figure 2), sur une distance de 2,4 m, soit quatre fois le diamètre tions sont limitées par la distance de couplage et la surface dispo-
de la bobine de transmission [4], pour un rendement d’environ nible. La capacité de couplage varie généralement de quelques
30 %. Ce mode de transfert d’énergie est désigné sous le terme de dizaines à plusieurs centaines de picofarads. Elle peut atteindre le
couplage magnétique « hautement » résonant. Les bobines sont nanofarad, si l’on souhaite réaliser des transferts de puissance
réalisées de telle sorte qu’elles présentent la même fréquence de dans la plage du kilowatt, mais à condition de minimiser la dis-
résonance. Lorsque les valeurs des capacités parasites ne suf- tance de couplage [8].
fisent pas pour travailler à la fréquence envisagée [4], une capa-
cité supplémentaire peut être ajoutée et intégrée au design des L’intensité du courant électrique est aussi un facteur limitant la
bobines. L’ajout de ce condensateur permet également de confi- montée en puissance, essentiellement pour des raisons de tenue
diélectrique. En effet, la tension aux bornes de la capacité de
ner le champ électrique au sein du résonateur ainsi formé, et donc
couplage doit rester inférieure à la tension de claquage du milieu
de limiter le rayonnement électromagnétique à l’extérieur. Les fré-
diélectrique. Deux possibilités se présentent pour limiter la ten-
quences mises en jeu sont généralement dans la plage du
sion aux bornes du condensateur de couplage : soit augmenter en
mégahertz.
fréquence, mais cela entraînerait des pertes supplémentaires dans
Ce mode de couplage permet de réaliser des transferts d’éner- les éléments actifs et passifs ; soit limiter l’intensité du courant. Il
gie à mi-distance, c’est-à-dire sur des distances supérieures ou en résulte que le transfert d’énergie par couplage capacitif est
égales au diamètre de la bobine de transmission, mais avec des
rendements plus faibles que ceux obtenus par couplage magné-
tique (champ proche), et limités à 50 % [5]. Ce transfert d’énergie
à mi-distance est de ce fait réservé aux faibles puissances
(< 100 W).

Conversion Conversion
1.1.2 Transmission d’énergie par influence E
primaire secondaire
électrique
Ce mode de transfert d’énergie sans contact repose sur le
même principe de fonctionnement qu’un condensateur, à savoir la
circulation d’un courant de déplacement JD entre deux armatures
métalliques (ou électrodes), soumises à une différence de poten- Figure 3 – Schéma de principe d’un système de transmission de
tiels variable dans le temps, afin d’assurer la continuité électrique puissance par couplage capacitif

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D 3 237 – 3

QPU
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TRANSFERT D’ÉNERGIE SANS CONTACT PAR INDUCTION EN MOYENNE PUISSANCE ____________________________________________________________

mieux adapté à des charges de type faible courant sous tension


élevée.
Durée théorique de recharge complète d’un véhicule électrique d’une
Le transfert de puissance capacitif permet naturellement de capacité de 25 kWh
confiner le champ électrique entre les plaques métalliques,
compte tenu des faibles distances de couplage mises en jeu, et Durée théorique pour un plein de 25 kWh
ainsi de limiter le rayonnement électromagnétique émis. Ces Nombre de km récupérés en 5 minutes de charge
armatures métalliques constituent une solution de blindage légère 25 km
et à moindre coût, contrairement au transfert de puissance induc-
tif où il est nécessaire d’ajouter des matériaux ferromagnétiques,
en plus des plaques de blindage, pour canaliser le champ magné- 12,5 km
tique. Le confinement du champ électrique contribue à rendre le 8 heures
transfert capacitif moins sensible aux défauts de position, à la dif-
férence du transfert de puissance inductif. 1 à 2 km 1 heure 30 min
Charge normale Charge accélérée Charge rapide
1.1.3 Transmission d’énergie par faisceau d’ondes 3 kVA 22 kVA 43 kVA
électromagnétiques CVΛ

S Cette technique de transfert d’énergie sans contact n’entre pas


dans le contexte de notre étude. Elle repose sur la propagation
d’ondes électromagnétiques et est particulièrement adaptée à des
Ces données sont fournies pour une batterie de capacité moyenne
25 kWh/150 km d’autonomie.

transferts d’énergie sur des longues distances (figure 4). Figure 5 – Durées de charge en fonction des paliers de puissance
Les principales applications envisagées ont longtemps concerné (source : Corporate Value Associates)
et concernent toujours le domaine aérospatial, allant de la propul-
sion thermique par faisceau laser ou la propulsion à micro-ondes
des fusées, à la capture de l’énergie solaire par des centrales – la charge intermédiaire ou accélérée à 22 kW (1 h environ,
solaires orbitales et son acheminement sur Terre, en passant par réseau triphasé 400 V-32 A) ;
l’alimentation de plates-formes d’observation dans la stratos- – la charge rapide à 43 kW avec un réseau 400 V-63 A.
phère, capable de fonctionner de nombreuses heures durant [9]. Le système étudié se limitera à la conversion DC-DC à travers
Dans les années 1990, les chercheurs ont commencé à s’intéres- un coupleur magnétique sans contact, moyenne fréquence. La
ser à de nouveaux débouchés. En 1994, un projet pilote de fourni- source continue d’entrée est générée par la borne de recharge
ture d’électricité dans un village isolé sur l’île de la Réunion a été (partie fixe) alors que le secondaire (partie embarquée) délivre
lancé. À partir d’une ligne EDF située à 700 m du village, une puis- une puissance continue directement ou non à la batterie
sance de 10 kW avec un rendement de 20 % a pu être transférée (figure 6). Cette chaîne de conversion pourra être réversible pour
par faisceaux de micro-ondes jusqu’au village. En 2000, un institut autoriser la possibilité de transfert d’énergie du véhicule vers le
de recherche de l’université de Kyoto au Japon, le RISH, particu- réseau (Vehicle to Grid, V2G).
lièrement en pointe sur le transfert d’énergie par micro-ondes, a La principale difficulté concernera l’étude, le dimensionnement
lancé une série de projets pilotes visant à évaluer le potentiel des et l’optimisation du coupleur associé à son convertisseur à réso-
micro-ondes. Parmi ces projets, on peut en citer un sur la nance. La garde au sol du véhicule imposera un entrefer impor-
recharge sans contact des téléphones portables, un autre sur celle tant et donc un couplage médiocre. Cet entrefer pourrait être
des véhicules électriques [10] ou encore un autre sur la distribu- réduit avec un système de positionnement complexe ; néanmoins,
tion d’électricité sans fil dans un bâtiment. ceci diminuerait l’intérêt de ce type de transfert. Par ailleurs, la
sensibilité au positionnement sera un aspect à considérer.
Des travaux antérieurs ont déjà largement abordé ces problé-
1.2 Positionnement de l’étude matiques en particulier via des collaborations industrielles. On
L’étude présentée ci-après se rapporte au transfert d’énergie peut citer en particulier :
sans contact par couplage magnétique en moyenne puissance (de – le projet Praxitèle avec EDF et la thèse de Rachid Laouamer
l’ordre de la dizaine de kilowatts) ; toutefois, les concepts et [11]. Une solution de recharge des batteries par induction a été
modèles présentés pourront s’appliquer à d’autres niveaux de développée pour automatiser la position du coupleur et celle de la
puissance. L’application qui servira de fil directeur est la recharge charge des batteries ;
accélérée de véhicules électriques (VE). Pour un véhicule embar-
quant une énergie de l’ordre de 25 kWh, trois types de charge
sont communément admis (figure 5) :
– la charge lente à 3 kW pour une durée de 8 h, qui nécessitera
un réseau classique monophasé 230 V-16 A ;

ACHF BMS + pack


DC batteries
Conversion Propagation Conversion
primaire secondaire Récepteur

DC/RF RF/DC Émetteur

AlGaN/GaN Diode Réseau


AC DC
HFET Schottky
DC ACHF

Figure 4 – Schéma de principe d’un système de transmission de Figure 6 – Chaîne de conversion d’énergie d’un système de recharge
puissance par micro-ondes sans contact pour un véhicule électrique

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L1 L2

L1, L2 : inductances propres


M : mutuelle inductance
M
k= : coefficient de couplage
√L1 . L2

Figure 7 – Schéma inductif équivalent d’un coupleur à deux enroulements

– le projet Flytram avec Alstom et la thèse de Jean-Romain



Sibué [12]. Ce projet vise à supprimer partiellement ou complète-
ment les caténaires le long des lignes de tramways, et à fournir
des solutions de recharge sans contact (batteries, supercondensa- Φ22 = Φ21 + Φf2
teurs) pendant les phases d’arrêt en station ;
– le projet CINELI (chargeur inductif électrique interopérable) et
la thèse de Mohammad Ibrahim [13]. Ce projet vise à mettre au
point un système complet de recharge sans contact, y compris la
communication sans fil pour une Renault Kangoo.

Φf2/2 Φf2/2

2. Modèles Φ12 = Φ21

électromagnétiques Φf1/2 Φf1/2

simplifiés et compensation
2.1 Modélisation du coupleur
Φ11 = Φ12 + Φf1
2.1.1 Couplage magnétique
Le coupleur est un système magnétique à deux enroulements
qui peut se représenter de façon générale par deux inductances, Figure 8 – Représentation simplifiée 2D des flux
primaire et secondaire, et une inductance mutuelle, notées respec-
tivement L1, L2 et M (figure 7).
Le coefficient de couplage, noté k, permet de quantifier la qua- Il est possible d’exprimer les flux globaux Φ à partir des flux par
lité du transfert du flux d’un enroulement à l’autre. Lorsque les cir- spire φ. On obtient les relations suivantes :
cuits magnétiques primaire et secondaire sont de géométries
différentes, ce qui peut être le cas pour le transfert d’énergie sans (3)
contact par induction, il est nécessaire d’introduire les coefficients
de couplage rapportés au primaire et au secondaire [14], notés (4)
respectivement k1 et k2.
(5)
La figure 8 représente de façon schématique les différents flux
présents dans le coupleur magnétique afin d’exprimer les diffé- (6)
rents coefficients de couplage :
• Φ11 et Φ22 : flux d’auto-induction (flux globaux, embrassés L’expression générale du coefficient de couplage global est
par les enroulements primaire et secondaire) ; égale à la racine carrée du rapport entre le produit des flux
d’inductions mutuelles et le produit des flux d’auto-induction.
• Φ12 et Φ21 : flux d’induction mutuelle ; On en déduit les expressions des coefficients de couplage pri-
• Φf1 et Φf2 : flux de fuites primaire et secondaire. maire et secondaire :
Les flux d’auto-induction s’expriment en fonction du flux
d’induction mutuelle et des flux de fuites de la manière suivante : (7)
(1)
Les inductances mutuelles M21, M12 sont égales, l’inductance
(2) mutuelle obtenue est notée M. Par conséquent, on obtient les

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D 3 237 – 5

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QPX
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dSRTQ

Générateurs thermoélectriques :
de la conception aux applications
par Daniel CHAMPIER
Maître de conférences
Laboratoire des Sciences de l’Ingénieur Appliquées à la Mécanique et au génie Électrique
(SIAME)
Université Pau et Pays de l’Adour (UPPA), Pau, France

1. Contexte ...................................................................................................... D 3 241 - 2 S


1.1 Principes et attraits des générateurs thermoélectriques ......................... — 2
1.2 Performances des générateurs .................................................................. — 4
2. Modules thermoélectriques : état de l’art et nouveautés....................... — 4
3. Conception des générateurs thermoélectriques ..................................... — 6
3.1 Modélisation des modules thermoélectriques ......................................... — 6
3.2 Modèle complet d’un générateur .............................................................. — 9
3.3 Conception et optimisation ........................................................................ — 10
3.4 Convertisseurs électriques dédiés............................................................. — 11
4. Exemple d’une application : cuisinière bois autonome
avec générateur thermoélectrique............................................................ — 12
4.1 Contexte....................................................................................................... — 12
4.2 Cuisinière bois............................................................................................. — 13
4.3 Conception................................................................................................... — 13
5. Applications................................................................................................. — 16
5.1 Production en milieux extrêmes................................................................ — 16
5.2 Récupération de la chaleur fatale .............................................................. — 20
5.3 Production domestique et cogénération................................................... — 22
5.4 Microgénération, capteurs et micro-actuateurs ....................................... — 24
5.5 Solaire thermoélectrique............................................................................ — 24
6. Conclusion ................................................................................................... — 25
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. D 3 241

a récupération de la chaleur perdue pour produire de l’électricité sur les


L systèmes embarqués et la production d’électricité dans les zones ou
emplacements non reliés à un système de production d’électricité centralisé
sont des enjeux importants dans le contexte environnemental actuel. L’effet
thermoélectrique est une des possibilités pour contribuer à la production
d’électricité à partir de la chaleur.
Les générateurs thermoélectriques sont constitués d’un ensemble de
modules thermoélectriques insérés entre deux échangeurs de chaleur. Chaque
module thermoélectrique est ensuite constitué de quelques dizaines à cen-
taines de couples de matériaux semi-conducteurs qui permettent de convertir
directement une partie de la chaleur qui les traverse en énergie électrique.
Pendant de longues années les générateurs thermoélectriques ont été can-
tonnés à des applications spatiales : leur extrême fiabilité a justifié leur
utilisation pour fournir l’électricité à la grande majorité des sondes envoyées
dans l’espace (Voyager, Apollo, Pioneer, Curiosity…). Cependant leur coût
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@RPQX

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GÉNÉRATEURS THERMOÉLECTRIQUES : DE LA CONCEPTION AUX APPLICATIONS _______________________________________________________________

élevé et leur faible rendement ont été un frein à leur développement pour des
applications plus courantes. L’arrivée sur le marché en 2015 de nouveaux
modules thermoélectriques offrant des plages de fonctionnement étendues,
utilisant des matériaux à faible coût, non toxiques et à faible empreinte écolo-
gique ouvre des perspectives immenses pour les industriels.
Trois verrous principaux entravent le développement des générateurs ther-
moélectriques : les matériaux thermoélectriques, la réalisation de modules
thermoélectriques et l’intégration des modules dans les systèmes afin de
constituer des générateurs thermoélectriques efficaces.
Actuellement de nombreux laboratoires étudient de nouveaux matériaux
massifs ou nanostructurés pour améliorer le rendement et réduire les coûts. Il
y a peu de temps encore, le seul matériau disponible était le tellure de bismuth
(Bi2Te3) aux performances certes intéressantes mais en quantités limitées
(matériaux rares). Très récemment, des laboratoires ont annoncé des méthodes de

S production de nouveaux matériaux à faible coût et grande échelle notamment


des skuttérudites, des Half-Heusler, des oxydes ainsi que des matériaux à base
de silicium. Par ailleurs des matériaux aux performances très prometteuses ont
été annoncés récemment. Cependant dans une perspective industrielle à
moyen terme, il est beaucoup plus raisonnable d’étudier les perspectives
offertes par les matériaux qui arrivent au stade de la production de modules,
ayant des performances proches de l’actuel tellure de bismuth, mais qui sont
compatibles avec nos exigences environnementales, ont des plages de tempé-
ratures d’utilisation plus grandes, sont plus légers, disponibles en très grandes
quantités et qui devraient permettre de développer à court et à moyen terme
des générateurs thermoélectriques économiquement rentables.
La production d’électricité par des modules thermoélectriques nécessite
l’optimisation de l’ensemble de la chaîne depuis le générateur d’énergie ther-
mique (source chaude et source froide) jusqu’à la conversion et l’éventuel
stockage de l’énergie électrique.
L’objectif de cet article est de donner aux lecteurs les éléments essentiels pour
envisager l’utilisation de générateurs thermoélectriques. La première partie pré-
sentera l’état de l’art en termes de modules thermoélectriques. La deuxième partie
présentera les méthodes de conceptions de générateurs thermoélectriques opti-
misés dans l’objectif de répondre à la question « Quelle puissance électrique
pouvons-nous récupérer sur notre système ? ». Un exemple d’application sera
détaillé dans la troisième partie. La dernière partie sera consacrée à la présenta-
tion des multiples applications des générateurs thermoélectriques afin que le
lecteur soit convaincu que chaque fois qu’il veut produire de l’électricité à partir de
la chaleur, il est important de regarder les possibilités offertes par les générateurs
thermoélectriques.

couples thermoélectriques connectés entre eux électriquement en


1. Contexte série et thermiquement en parallèle.
Chaque couple (figure 4) est constitué de deux matériaux semi-
Les bases de la thermoélectricité ont été présentées dans conducteurs dopé P et dopé N.
[BE8080] et dans [K730].
L’ensemble de ces couples est pris en sandwich entre deux
feuilles d’un matériau électriquement isolant et thermiquement
conducteur, généralement à base de céramique.
1.1 Principes et attraits des générateurs
thermoélectriques D’autres éléments qui entourent ce module, sont également
indispensables pour une utilisation industrielle du module :
Les générateurs thermoélectriques (en anglais thermoelectric gene- – les échangeurs thermiques qui vont permettre les transferts
rator, abréviation TEG) convertissent directement une partie de l’éner- thermiques entre le module et les sources de chaleur ;
gie thermique qui les traverse en électricité. La figure 1 représente le – le convertisseur électrique qui va reconditionner l’énergie élec-
schéma de principe d’un générateur thermoélectrique. L’acteur princi- trique à un niveau de tension correspondant à celui du dispositif
pal de cette transformation est le module thermoélectrique ou See- de stockage (batteries, condensateurs…) et, ou à celui correspon-
beck (cf. figures 2 et 3) qui contient quelques dizaines à centaines de dant au besoin de l’utilisateur final.

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Source
froide

Échangeur

Modules TE Énergie électrique Convertisseur


p n p n p n p n
(< 10 %) électronique


Échangeur

Batterie
de stockage

Source
chaude

Figure 1 – Générateur thermoélectrique

Substrat
de céramique

+
N

P P
N N
Semi-conducteur
dopé P


Semi-conducteur
Languette La céramique supérieure a été partiellement enlevée.
dopé N
conductrice
Figure 3 – Photo d’un module thermoélectrique

Figure 2 – Module thermoélectrique


Section S

L’intérêt des générateurs thermoélectriques réside dans les pro-


priétés suivantes : Jambe
– leur grande fiabilité due à l’absence de pièces mobiles qui a
été confirmée par leur utilisation pendant des dizaines
Languettes
d’années ; Longueur L
conductrices Matériau Matériau
– l’absence de maintenance ; dopé dopé
– la possibilité de fonctionner dans des conditions climatiques P N
extrêmes (très chaudes, très froides, très humides et très
sèches) ;
– la possibilité de fonctionner dans le vide et leur faible sensibi-
lité aux radiations.
Le principal inconvénient actuellement de ces générateurs est Figure 4 – Couple thermoélectrique
leur faible efficacité.

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1.2 Performances des générateurs court terme des de l’ordre de 1 permettant d’avoir une effica-
cité de conversion énergie thermique en énergie électrique de
L’efficacité ηTE (définie comme le rapport de la puissance élec- 10 % pour une différence de température de l’ordre de 300 K. Des
trique produite Welec sur le flux de chaleur entrant sur la face laboratoires de recherche ont aussi annoncé des matériaux avec
chaude Qc) d’un module thermoélectrique utilisé en générateur des aux alentours de 2, mais le délai entre ces découvertes
est donnée par la relation (1) : et leur production de masse sera probablement de quelques
décennies.
L’ingénieur doit aussi avoir conscience que les températures Tc
Δ et Tf peuvent être très différentes des températures des deux
(1)
Δ sources de chaleur en raison des chutes de température dans les
échangeurs. ΔT est alors très nettement inférieur à la différence de
température entre les sources de chaleur. Il faut aussi prendre en
avec Tc la température du côté chaud des couples thermoélec-
considération le fait que l’énergie électrique produite n’est géné-
triques, Tf la température du côté froid des couples, ΔT = Tc – Tf la ralement pas directement utilisable et qu’il faut utiliser des
différence de température, z le facteur de mérite des matériaux convertisseurs électriques pour disposer de sources électriques
thermoélectriques et m le rapport de la résistance de charge sur la adaptées aux besoins des utilisateurs.
résistance interne du module thermoélectrique. Cette expression
Cette expression simple de l’efficacité obtenue en faisant


simplifiée est donnée dans l’hypothèse où les paramètres ther-
moélectriques sont indépendants de la température. Le facteur de l’hypothèse de propriétés des matériaux indépendantes de la tem-
pérature doit être utilisée avec précaution. Elle a cependant
mérite des matériaux thermoélectriques est défini par l’avantage de mettre en évidence les performances que l’on peut
espérer des modules. Des méthodes permettant de calculer plus
avec α, σ et λ respectivement le coefficient Seebeck, la conducti-
vité électrique moyenne et la conductivité thermique moyenne du en détail ces performances seront présentées à la section 3.
couple thermoélectrique. Ce coefficient met en évidence les trois Cette faible efficacité des générateurs thermoélectriques est une
paramètres fondamentaux des matériaux thermoélectriques et limitation à leur utilisation. Trois verrous principaux entravent le
leur influence sur l’efficacité. ΔT/Tc représente l’efficacité de développement des générateurs thermoélectriques : les matériaux
Carnot. thermoélectriques, la réalisation de modules thermoélectriques
optimisés, l’intégration des modules dans les systèmes afin de
L’efficacité optimale du module est obtenu pour .
constituer des générateurs thermoélectriques efficaces [1] [2] [3].
T = (Tc + Tf)/2 est la température moyenne.
De nombreuses équipes de chercheurs et industriels travaillent
activement à les lever.
Δ
(2)

Le produit qui apparaît dans la formule (2) est appelé facteur 2. Modules
de mérite adimensionnel. Les matériaux thermoélectriques dispo-
nibles actuellement ont un proche ou légèrement inférieur à thermoélectriques : état
1. Les modules au tellure de bismuth qui ont été longtemps les
seuls modules disponibles sur le marché à un prix raisonnable
de l’art et nouveautés
pour des applications industrielles, ont des valeurs moyennes de
comprises entre 0,5 et 0,8. La figure 5 montre que, dans ce Pendant de nombreuses années, les seuls modules thermoélec-
cas, l’efficacité est de l’ordre de quelques pourcents. Les progrès triques disponibles pour les applications industrielles à un coût
actuels des recherches sur les matériaux peuvent faire espérer à abordable ont été les modules au tellure de bismuth (Bi2Te3). La
conquête spatiale étant une exception qui a permis d’utiliser
d’autres matériaux car le prix n’est pas un obstacle.
Ces modules Bi2Te3 sont produits par différents fabricants dans
60 le monde. On peut citer HiZ (États-Unis), Marlow (États-Unis),
Efficacité de Carnot TECTEG (Canada), Thermonamic (Chine), Lairdtech (États-Unis),
KELK (Japon), QuickOhm (Allemagne) et Kryothem (Russie). Ce
50 matériaux à un proche de 1 à 50 °C qui décroît ensuite avec
l’élévation de température. La température maximum d’utilisation
40 des modules varie entre 200 °C et 300 °C suivant la technologie
utilisée pour réaliser le contact entre les « jambes » thermoélec-
Efficacité %

Tf = 323 K triques par divers fabricants. Le bismuth et le tellure sont des


30 matériaux rares qui sont disponibles en trop faible quantité dans la
croûte terrestre ou au fond des océans pour pouvoir permettre
20 une diffusion des générateurs thermoélectriques à l’échelle mon-
diale. Un module de dimension 56 mm × 56 mm × 6 mm produit
typiquement une quinzaine de watts lorsque sa face froide est à
10 30 °C et sa face chaude à 300 °C. Le prix varie entre 120 € et 30 €
suivant les quantités achetées.
0 Les objectifs de la recherche et de l’industrie, ces dernières
0 100 200 300 400 années, ont donc été de produire des modules thermoélectriques
Différence de température Tc – Tf [K] à très faible coût, avec des matériaux si possibles respectueux de
l’environnement et disponibles en grandes quantités. Une plage
de température élevée est aussi un critère important. Pour les
Figure 5 – Efficacité d’un module thermoélectrique en fonction de applications embarquées dans le domaine aérospatial, le rapport
l’écart de température pour différentes valeurs de poids/puissance est un critère supplémentaire.

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La recherche et l’expérience ont permis de mettre au point de des cycles de vieillissement en cyclant le produit entre 225 °C et
nombreux matériaux répondant à un certain nombre de ces cri- 600 °C (8 minutes de chauffe, 10 minutes à 600 °C puis 12 minutes
tères. Une étude de ces différents matériaux est présentée dans pour le refroidissement à 225 °C). Les modules n’ont pas présenté
une publication de S. Leblanc [4] et de S. Chen [5]. Récemment, de dégradation suite à ce cyclage. Les modules devraient être
plusieurs nouveaux types de modules à base de Half-Heusler, de commercialisés dans un avenir proche.
skuttérudites, d’oxydes, de siliciure de magnésium et de tétraé- L’Institut des céramiques de Shanghai a présenté en 2015 un
drites ont commencé à être produits en grande quantité et com- module dénommé TEG25 en skuttérudites à base de CoSb3 qui
mencent à apparaître sur le marché. Dans les paragraphes peut produire jusqu’à 25 W pour un gradient de température de
suivants nous allons présenter les modules disponibles ou dont la 510 K (la température de la face froide étant de 65 °C). La taille de
commercialisation est proche. Le tableau 1 présente un résumé ces modules est de 50 mm × 50 mm × 10 mm. Le matériau dopé P
de leurs propriétés. a un maximum de 1,2 et le matériau dopé N à un de
0,75 aux alentours de 800 K.
La compagnie américaine Evident Thermoelectrics a développé
deux types de modules à base de Half-Heusler (HH). Les modules La start-up norvégienne TEGMA a annoncé la mise en place
référencés TEG-HH-8 et TEG-HH-15 peuvent produire respective- d’un procédé de production hautement automatisé de modules à
ment 7,2 W et 15 W lorsqu’ils sont soumis à une différence de base de skutérrudites.
température de 500 K (la température de la face froide étant de La compagnie canadienne TECTEG commercialise des modules
100 °C). La taille de ces modules est de 40 mm × 40 mm × 4,9 mm. à base d’oxyde de calcium et de manganèse. Les références
La face chaude des modules supporte 600 °C en continu et peut
accepter des pics de température à 700 °C. Le constructeur a testé
CMO-32-62S et CMO-25-42S peuvent fonctionner jusqu’à 800 °C
en continu et supportent des pics à 850 °C. La taille de ces S
Tableau 1 – Principales caractéristiques des modules thermoélectriques

Fabricants Matériaux ΔT Puissance masse Disponibilité Tmax Informations

HiZ, Thermonamic, Bi2 Te3 300 K 20 W 40 €-100 € 300 °C Historique, quantité
Lairdtech, Marlow, 115 g limitée (terres rares)
Komatsu etc.

Evident Half-Heusler 500 K 15 W Bientôt 600 °C Non toxique, peu cher,
Thermoelectric disponible grande quantité

Shanghai Institute of Skuttérudites 510 K 25 W Bientôt 600 °C Non toxique, peu cher,
Ceramics disponible grande quantité

TEGMA Skuttérudites Bientôt Non toxique, peu cher,


disponible grande quantité

TECTEG MFR Oxyde de calcium/ 750 K 12,3 W Disponible 800 °C Non toxique, peu cher,
manganese 360 $US grande quantité

TECTEG MFR module Oxyde de calcium/ 435 K 11 W Disponible 600 °C


cascade manganese en 560 $US
cascade avec Bi2Te3

TECTEG MFR module BiTe - PbTe 320 K 21,7 W Disponible 360 °C Plus performant que
hybride Bi2Te3 contiennent du
plomb

TECTEG MFR module TAGS-PbTe 415 K 30 W Disponible 600 °C Plus performant que
TAGS PbTe 5 000 $US Bi2Te3 contiennent du
plomb

Hotblock Onboard Silicium germanium 500 K 3,6 W Disponible 200 € 600 °C Non toxique, peu cher,
6 g grande quantité, faible
masse volumique

Romny Scientific Silicium germanium Bientôt Faible coût annoncé


disponible $US/Watt

Alphabet Energy p-type tetrahedrites 300 K 9,2 W Bientôt 600 °C Tetrahedrite minerai de
n-type silicium disponible type p
magnesium

OTEGO Générateur organique faible Laboratoire 130 °C Non toxique, peu cher,
CDT facile à produire en
grande quantité

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modules est respectivement de 64,5 mm × 64,5 mm × 8,6 mm et duites au niveau industriel permettant une production de masse dès
42 mm × 42 mm × 8,8 mm et ils produisent 12,3 W et 7,5 W que les produits seront matures. Deux start-up européennes se sont
lorsqu’on leur applique une différence de température de 750 K positionnées sur ce marché : Otego qui a déposé des brevets pour la
(la température de la face froide étant de 50 °C). Le prix à l’unité production de modules thermoélectriques par impression sur des
en 2017 est de 375 $US et 330 $US et descend à 330 $US et couches minces permettant de réaliser des générateurs de différentes
290 $US pour 100 modules. formes par pliage et Cambridge Display Technology (CDT) qui déve-
loppe aussi des matériaux thermoélectriques organiques flexibles.
La compagnie TECTEG produit aussi des modules avec des cas-
cades de matériaux : des jambes constituées d’oxyde de calcium Le tableau 1 résume les principales caractéristiques de ces nou-
ou manganèse côté chaud et de tellure de bismuth côté froid. Ces veaux modules minéraux et organiques : fabricants, matériaux uti-
modules produisent environ 11 W pour une différence de tempé- lisés, différence de températures entre faces et puissance
rature de 435 K (la température de la face froide étant de 45 °C). électrique correspondante, masse éventuelle du module, l’état de
Le coût de 560 $US est très élevé. Ce sont cependant les premiers la commercialisation et éventuellement le prix, la température
produits avec des matériaux en cascade qui sont commercialisés. maximum supportée ainsi que quelques informations pertinentes.
Le prix doit être considéré avec précaution car il ne s’agit pas, à
TECTEG propose aussi des modules hybrides mixant tellure de
l’exception du tellure de bismuth, du prix pour une production de
plomb et tellure de bismuth. Avec des dimensions de
masse mais d’une indication sur la disponibilité réelle du module.
56 mm × 56 mm × 6 mm ces modules produisent environ 22 W
pour une différence de température de 320 K (la température de la Cet état de l’art montre clairement les points suivants :

S face froide étant de 30 °C). Le prix à l’unité est de 69 $. TECTEG a


aussi développé des petits modules haute température (pouvant
supporter jusqu’à 600 °C) avec une grande efficacité (12 %
– les chercheurs et industriels sont très actifs dans le développe-
ment de nouveaux modules devant permettre de remplacer le tel-
lure de bismuth ;
annoncé). Ces modules sont constitués de TAGS, solution solide – les plages de température sont plus larges et s’étendent vers
de tellurures d’argent (Ag2Te) de germanium (GeTe) et d’anti- des températures élevées ;
moine (Sb2Te3), pour le matériau de type P et de tellure de plomb – les nouveaux matériaux sont pour la plupart peu ou non
(PbTe) pour le matériau de type N. Différentes tailles sont dispo- toxiques, plus légers et abondants ;
nibles. Le module de petite taille 9 mm × 21 mm × 5 mm, peut pro-
– les et donc les performances de ces matériaux restent
duire 1,3 W pour une différence de température de 415 K (la
faibles et comparables à celles du tellure de bismuth et il est donc
température de la face froide étant de 25 °C). Le module de grande
nécessaire d’optimiser la conception de ces générateurs thermoé-
taille 85 mm × 42 mm × 5 mm produit 30 W. Les coûts à l’unité
lectriques ce qui fera l’objet de la section suivante ;
sont très élevés : 900 $US et 5 000 $US respectivement. Cela limi-
tera certainement leur usage à des applications très spécifiques – le coût de ces modules devrait être très raisonnable (objectif
attendu de 1 € pour 1 W) et l’efficacité économique pourrait alors
comme dans le domaine spatial. Ces modules hybrides ou TAGS
prendre le pas sur l’efficacité énergétique dans les domaines
sont plus performants que les modules au tellure de bismuth mais
industriels où l’énergie thermique n’est pas valorisée.
présentent le gros inconvénient de contenir du plomb.
La start-up française Hotblock Onboard a développé des
modules au silicium germanium. Ces petits modules
20 mm × 24 mm × 7 mm sont capables de produire 3,6 W pour
une différence de température de 500 K (la température de la face
3. Conception des générateurs
froide étant de 80 °C). Le prix actuel en raison des coûts de déve-
loppement est de 200 €, mais ces modules réalisés avec des maté-
thermoélectriques
riaux très abondants, économiques et non toxiques devraient être
extrêmement compétitifs. Par ailleurs ils sont très légers ce qui est La modélisation d’un générateur thermoélectrique nécessite de
intéressant pour les applications embarquées. décrire l’ensemble de la chaîne comprenant une source chaude,
une source froide, un ensemble de modules thermoélectriques et
La start-up californienne Romny Scientific produit aussi des des échangeurs thermiques entre les sources et les modules. Les
modules au silicium germanium (Mg2Si). Ces modules de taille sources de chaleur dans les applications industrielles étant majori-
44 mm × 30 mm × 10 mm sont capables de produire 1,2 W pour tairement des fluides (gaz ou liquides), il est nécessaire d’interfa-
une différence de température de 565 K (la température de la face cer des équations de la dynamique des fluides, des équations de
froide étant de 35 °C). transfert thermique et des équations thermoélectriques.
L’entreprise américaine Alphabet Energy présente sur son site
des générateurs thermoélectriques réalisés à partir de modules
constitués de jambes dopées de type N en germanium silicium et 3.1 Modélisation des modules
de jambes dopées de type P à base de tetrahédrite. Les modules
de dimension 40 mm × 40 mm × 4 mm produisent 9,2 W pour une
thermoélectriques
différence de température de 300 K (la température de la face
Différentes approches peuvent être considérées :
froide étant de 100 °C). Les matériaux utilisés ont une faible den-
sité, permettant ainsi leur usage dans les applications embar- – une modélisation microscopique des effets thermoélectriques
quées. qui utilise le formalisme d’Onsager décrit dans [BE8080] ;
– une modélisation macroscopique du couple thermoélectrique
À côté de ces modules basés sur des minéraux, commencent aussi basée sur les propriétés des matériaux ;
à se développer des générateurs thermoélectriques à base de maté-
– une modélisation globale d’un module thermoélectrique basée
riaux organiques. Actuellement dans les laboratoires, les chercheurs
sur une modélisation obtenue après une caractérisation expéri-
ont obtenu un de 0,42 avec des polymères conducteurs de
mentale du module.
type P constitués de monomères 3,4-éthylènedioxythiophène
(PEDOT) et un de 0,2 avec des polymères de coordination de
type N poly[Kx(Ni-ett)]. Ces matériaux sont limités en température 3.1.1 Modélisation microscopique d’un couple
(inférieur à 130 °C) mais peuvent être produits à très faible coût avec thermoélectrique
des procédés extrêmement simples. Ces polymères peuvent facile-
ment être imprimés sur des substrats très fins et flexibles permettant La modélisation microscopique est utilisée dans les modèles à
d’imaginer des structures de générateurs originales. Les techniques éléments finis des logiciels de conception assistée par ordinateur.
de production dans les laboratoires peuvent facilement être repro- Cette modélisation détaillée des couples thermoélectriques est

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Convertisseurs électriques et applications
(Réf. Internet 42253)

1– Principes fondamentaux

2– Convertisseurs

3– Applications

4– Commande des convertisseurs et des machines Réf. Internet page

électriques
Introduction à la commande numérique des machines électriques D2900 117

Commande prédictive de machines électriques tournantes D2901 121

Commande numérique à base de composants FPGA d'une machine synchrone D2902 125

Commande numérique des convertisseurs d'électronique de puissance D2903 131

Commande d'un étage DC/AC monophasé inclus dans un système de génération D2905 135
distribuée monophasée
Contrôle de convertisseurs pour l'amélioration de la qualité de l'énergie électrique D4268 139

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QQU

QQV
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dRYPP

Introduction à la commande
numérique des machines électriques

par Mohamed Wissem NAOUAR


Docteur-Ingénieur
Maître assistant à l’École nationale d’Ingénieurs de Tunis
Laboratoire des systèmes électriques (LSE) – ENIT
Éric MONMASSON
Professeur des universités
Laboratoire SATIE-IUP GEII
Ilhem SLAMA BELKHODJA
Professeur à l’École nationale d’ingénieurs de Tunis


Laboratoire des systèmes électriques (LSE) – ENIT
et Ahmad Ammar NAASSANI
Maître de conférences (HDR) à l’université d’Alep (Syrie)
Laboratoire SATIE-université d’Alep (Syrie)

1. Évolution des implantations de commandes ................................... D 2 900 - 2


1.1 Solutions numériques logicielles ............................................................... — 2
1.2 Solutions numériques matérielles.............................................................. — 3
1.3 Solutions numériques hybrides.................................................................. — 3
1.4 Comparaison entre les différentes solutions d’implantation ................... — 4
2. Structure de commande ......................................................................... — 4
3. Exemples illustratifs ................................................................................ — 6
3.1 Réalisation numérique de la MLI ................................................................ — 6
3.2 Contrôle de la vitesse d’une machine synchrone ..................................... — 9
4. Conclusion.................................................................................................. — 12
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. D 2 900

urant ces dernières années, la commande des machines électriques a subi


D des progrès significatifs. Ces progrès sont essentiellement dus à la révolu-
tion technologique en électronique numérique, ce qui a permis le développement
de solutions numériques efficaces avec une possibilité d’implanter des algo-
rithmes plus complexes. Les premières implantations d’algorithmes de
commande de machines électriques furent réalisées avec des solutions analogi-
ques. Ces solutions assuraient la réalisation de contrôles ayant une large bande
passante et une haute résolution. Cependant, elles manquaient de fiabilité, vu
leur sensibilité aux perturbations et aux variations de paramètres de contrôle
liées aux contraintes thermiques des circuits analogiques de contrôle. Par la
suite, les solutions numériques se sont naturellement imposées afin de remédier
à ces inconvénients. De nos jours, les implantations numériques sont en majorité
basées sur les microprocesseurs et les DSP (Digital Signal Processor). Ces solu-
tions numériques sont équipées d’unités arithmétiques et logiques ALU (Arith-
metic Logic Unit) dédiées à la réalisation des calculs arithmétiques et logiques
des algorithmes de commandes. Elles intègrent également des périphériques tels
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que les convertisseurs analogiques/numériques et les « timers » bien adaptés


aux besoins de commande de machines électriques. Leur utilisation a permis de
résoudre les problèmes liés à l’utilisation des commandes analogiques. Par

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. D 2 900 – 1

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INTRODUCTION À LA COMMANDE NUMÉRIQUE DES MACHINES ÉLECTRIQUES _________________________________________________________________

ailleurs, elles présentaient un grand intérêt économique et une meilleure flexibi-


lité de conception. Il est à noter aussi que ces solutions numériques sont des
solutions purement logicielles. En effet, les conceptions qui leurs sont associées
sont conçues en utilisant des architectures prédéfinies. Le concepteur ne peut
donc pas agir sur la partie matérielle de la conception et n’a accès qu’à la partie
logicielle. D’un autre côté, malgré les avantages offerts par ces solutions numéri-
ques, certains avantages offerts par les implantations analogiques sont perdus.
Cela est principalement dû au fait que la discrétisation et la quantification des
algorithmes de commande à implanter, ainsi que les délais de temps de calcul
détériorent les performances de contrôle en termes de rapidité de correction et
de résolution de contrôle.
Les nouvelles solutions numériques matérielles telles que les FPGA (Field
Programmable Gate Array) ou les ASIC (Application Specific Integrated Circuit)
peuvent aussi être considérées comme des solutions appropriées afin d’amé-
liorer les performances de contrôle et de retrouver certains avantages de
commandes analogiques [D 2 902]. Le parallélisme inhérent de ces nouvelles
solutions numériques, ainsi que leurs grandes capacités de calcul font que les
délais de temps de calcul sont négligeables en dépit de la complexité des algo-
rithmes à implanter. Par ailleurs, par rapport aux solutions logicielles, les

T solutions matérielles offrent au concepteur un accès à la partie architecture


matérielle, puisque c’est lui-même qui en assure la conception. Ce nouveau
degré de liberté s’est avéré bénéfique dans le domaine de commande de
machines électriques puisqu’il permet de concevoir des architectures spéci-
fiques et bien adaptées aux besoins algorithmiques de la commande.
La commande numérique se situe donc à la rencontre de diverses technolo-
gies pouvant êtres utilisées pour l’implantation des algorithmes de commande.
Par conséquent, il est utile de connaître les avantages et inconvénients de
chacune d’elles. Nous cherchons donc à préciser dans ce dossier les caractéristi-
ques de chaque solution numérique, et ce, à travers d’exemples illustratifs en
dégageant des diagrammes temporels qui décrivent au mieux l’enchaînement
des tâches de contrôle. Pour cela, nous présentons tout d’abord l’évolution des
commandes de machines électriques en spécifiant les avantages et les inconvé-
nients de chaque technologie numérique. Ensuite, nous développons particuliè-
rement la réalisation numérique du processus de modulation de largeur
d’impulsion (MLI) ainsi que la commande en vitesse d’une machine synchrone.

1. Évolution et à la quantification demeurent encore et ne sont que partielle-


ment résolus.
des implantations Cela étant, de nos jours, la majorité des commandes de
machines électriques est réalisée en utilisant des solutions numé-
de commandes riques. Les avantages décisifs qui font que les solutions numé-
riques sont plus répandues sont les suivants :
Les premières implantations d’algorithmes de commande de – immunité vis-à-vis des perturbations ;
machines électriques étaient basées sur des solutions analogiques. – performances de contrôle requises nécessitant des algori-
Bien que l’on reproche à ces solutions analogiques un certain thmes de commande de plus en plus complexes, complexité qui
nombre de défauts, elles gardent néanmoins certains avantages ne peut plus être compatible avec une implantation analogique ;
fondamentaux, où le passage en numérique pose problème (cf. – grande flexibilité de modification des structures de contrôle.
dossier [D 3 640] Commande numérique des machines. Évolution
des commandes ). Ces avantages fondamentaux sont essentielle-
ment la rapidité (les réponses des commandes analogiques sont 1.1 Solutions numériques logicielles
quasi-instantanées) et l’action est continue. Par conséquent, les
commandes analogiques permettent de réaliser des contrôles Les solutions numériques logicielles sont les plus utilisées pour
ayant une large bande passante. À côté, les solutions numériques la commande des machines électriques. Il s’agit de solutions à
paraissent plus lentes et manipulent des grandeurs discrètes et base de microprocesseurs et de DSP (Digital Signal Processor ) (cf.
quantifiées. Cela implique une réflexion permanente de la part des [Doc. D 2 900]). Fonctionnellement, les microprocesseurs et les
concepteurs quant au choix du nombre de bits et de la période DSP possèdent une architecture interne prédéfinie. Cette dernière
d’échantillonnage. Malgré les nombreux travaux déjà effectués assure l’exécution d’opérations arithmétiques et logiques conte-
dans ce sens [1] [2], beaucoup de problèmes liés à la discrétisation nues dans les programmes chargés. Ces derniers représentent la

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__________________________________________________________________ INTRODUCTION À LA COMMANDE NUMÉRIQUE DES MACHINES ÉLECTRIQUES

partie logicielle et peuvent être codés en différents langages (C, Le parallélisme inhérent aux solutions numériques matérielles,
C++, assembleur...). Ils reprennent le contenu algorithmique de la ainsi que leurs grandes capacités de calcul permettent de réaliser
commande à implanter. des contrôles avec des délais de temps de calcul très petits en dépit
À noter que les DSP sont aussi des microprocesseurs, mais leur de la complexité des algorithmes [3], donc de retrouver certaines
architecture prédéfinie est optimisée afin de pouvoir réaliser des performances analogiques. La migration du mode de fonctionne-
calculs de traitement de signal en temps réel. ment séquentiel des solutions logicielles au mode de fonctionne-
ment parallèle des solutions matérielles est un avantage de plus
Les principales caractéristiques d’un microprocesseur ou d’un offert aux concepteurs qui s’est avéré bénéfique dans le domaine de
DSP sont : commande de machines électriques et qui a permis de répondre
– les jeux d’instruction qu’il peut exécuter et la complexité de aux exigences de contrôle modernes. En effet, les solutions numéri-
son architecture prédéfinie ; ques matérielles ont été utilisées avec succès dans différentes appli-
– un fonctionnement séquentiel des tâches. À noter qu’il est aussi cations liées à la commande de machines électriques :
possible d’utiliser des solutions à base de multiprocesseurs permet- – le contrôle des convertisseurs de puissance tels que les
tant la réalisation en parallèle de différentes tâches ; cependant, ces onduleurs de tension triphasés [4], les convertisseurs alternatif/
solutions présentent l’inconvénient d’avoir un coût élevé ; continu [5], les convertisseurs multiniveaux [6], les filtres actifs [7]... ;
– le nombre de bits avec lequel le processeur traite les données. – le contrôle des machines asynchrones [8] [9], des machines
La majorité des microprocesseurs ou des DSP calculent exclusive- synchrones [3] [10], des machines à réluctance variable [11]....
ment avec un format en virgule fixe (nombre de bits constant :
8 bits, 16 bits, 32 bits ou 64 bits). Cependant, certains DSP Ainsi, les caractéristiques propres des solutions numériques
permettent la réalisation de calculs en virgule flottante. Ils sont utili- matérielles offrent les possibilités suivantes.
sés pour des commandes spécifiques où les calculs nécessitent une – Améliorer les performances de contrôle : la rapidité de calcul
grande précision. À noter que les DSP à virgule fixe sont moins coû- des solutions numériques matérielles permet une augmentation
de la bande passante des boucles de régulation et une meilleure


teux et permettent une exécution plus rapide des tâches ;
– la fréquence maximale de l’horloge système associée au fonc- résolution temporelle.
tionnement du microprocesseur ou du DSP. Le rôle de cette hor- – Implanter des algorithmes complexes : avec l’avancement
loge est de cadencer l’exécution des différentes tâches à réaliser. technologique, l’augmentation d’intégration des solutions numé-
riques matérielles ne cesse d’augmenter.

1.2 Solutions numériques matérielles Exemple : la densité des composants FPGA de nos jours peut
atteindre l’équivalent de 10 millions de portes logiques avec des fré-
Au-delà des solutions logicielles traditionnelles, les nouvelles quences de fonctionnement de l’ordre de 500 MHz.
solutions matérielles telles que les FPGA (Field Programmable Gate
Array ) ou les ASIC (Application Specific Integrated Circuit ) peuvent
aussi être considérées comme étant des solutions numériques Cela permet l’implantation d’algorithmes de contrôle complexes
appropriées pour l’implantation des algorithmes de commande de dans leur intégralité avec un faible délai de temps de calcul.
machines électriques. Contrairement aux solutions numériques – Réaliser des estimateurs de vitesse précis : l’utilisation d’un
logicielles, les solutions numériques matérielles n’ont pas d’archi- capteur de position incrémental ou absolu est un choix fréquent
tecture prédéfinie, mais c’est le concepteur lui-même qui assure sa dans les structures de commande de machines électriques. Les
conception avec, par exemple, une liberté sur le choix du nombre de mesures de position sont directement connues dans ce cas sous
bits. Ce nouveau degré de liberté permet de réaliser des architectu- forme numérique. Elles sont utilisées par la suite pour la
res optimisées et adaptées au fonctionnement souhaité de la reconstitution de la vitesse à travers des estimateurs. Si la période
commande. D’un autre côté, c’est une difficulté de plus pour le d’échantillonnage de l’estimateur de vitesse est constante, elle doit
concepteur puisque c’est à lui de concevoir l’architecture de être supérieure au temps nécessaire au capteur de position pour
contrôle. effectuer un déplacement d’un pas angulaire quelle que soit la
vitesse de la rotation. Cela implique l’utilisation d’une grande
Il y a plusieurs constructeurs de solutions numériques maté- période d’échantillonnage, défavorable à la stabilité de la boucle
rielles tels que Actel, Xilinx et Altera (cf. [Doc. D 2 900]). Ces de régulation. L’utilisation des solutions numériques matérielles
constructeurs utilisent différentes technologies pour la réalisation permet de remédier à ce problème en utilisant une période
des FPGA. Parmi ces technologies, celles qui assurent une repro- d’échantillonnage variable adaptée à la vitesse de rotation de la
grammation des FPGA sont les plus intéressantes étant donné machine, avec un estimateur qui effectue des calculs parallèlement
qu’elles permettent une grande flexibilité de conception. La majo- à l’architecture de commande [12] [13].
rité des FPGA modernes est basée sur les technologies reprogram-
– Réaliser des reconfigurations dynamiques : le parallélisme
mables SRAM et FLASH. Le caractère reprogrammable des FPGA
inhérent aux solutions numériques matérielles offre la possibilité
permet un temps de développement plus rapide ; cependant, le
de faire tourner plusieurs algorithmes de commande en parallèle
prix de leur production pour des grandes séries devient prohibitif.
et de les reconfigurer entre eux selon des critères bien définis. La
Pour ce faire, les principaux constructeurs de composants FPGA
reconfiguration dynamique entre les algorithmes de commande
proposent de fabriquer un ASIC ayant une architecture copie de
permet de sélectionner les algorithmes appropriés selon les points
celle développée sur FPGA lors de grandes productions pour un
de fonctionnements. Elle peut être utile aussi pour assurer une
prix rentable (figure 1).
continuité de fonctionnement en cas de défauts (capteurs, inter-
rupteurs...).
– Renforcer la confidentialité : l’architecture de contrôle implan-
tée sur cible FPGA n’est pas facilement duplicable.
Copie matérielle
(hard copy)
FPGA ASIC
1.3 Solutions numériques hybrides
Les solutions numériques hybrides sont le résultat d’une asso-
Nombre de composants ciation d’une solution numérique logicielle avec une solution
numérique matérielle. Ce genre de solution est plus complexe à
Figure 1 – Du FPGA vers l’ASIC réaliser, mais il est utile parfois si l’on veut profiter des avantages

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Commande prédictive des machines


électriques tournantes

par Florent MOREL


Maître de conférences
École centrale de Lyon – Département EEA
Laboratoire AMPERE – UMR CNRS

1. Principe de commande ........................................................................... D 2 901 - 3


1.1 Type de modèle utilisé ................................................................................ — 3
1.2 Opérations réalisées lors de chaque période d’échantillonnage ............. — 3
1.3 Comparaison avec d’autres commandes répandues................................
1.3.1 Comparaison avec la commande vectorielle....................................
1.3.2 Comparaison avec la commande directe du couple ........................



3
3
4

1.4 Contraintes liées à la quantité de calculs à effectuer ................................ — 4
1.4.1 Durée minimale d’application d’une configuration ......................... — 4
1.4.2 Unités de calcul utilisées .................................................................... — 4
1.4.3 Correction du retard introduit par la commande ............................. — 5
2. MSAP alimentée par un onduleur triphasé à deux niveaux ......... — 5
2.1 Modèle .......................................................................................................... — 5
2.1.1 Modèle de la machine synchrone à aimants permanents............... — 5
2.1.2 Modèle d’un onduleur parfait ............................................................ — 6
2.1.3 Modèle de l’ensemble ........................................................................ — 7
2.2 Vecteur d’état de référence ......................................................................... — 7
2.3 Fonction coût ................................................................................................ — 7
2.4 Mise en œuvre.............................................................................................. — 7
2.4.1 Matériel utilisé..................................................................................... — 7
2.4.2 Résultats obtenus................................................................................ — 8
3. Exemples de déclinaisons de la commande prédictive ................. — 9
3.1 Exemples de systèmes ................................................................................ — 9
3.1.1 Machine asynchrone alimentée par un onduleur triphasé
à deux niveaux ............................................................................................. — 9
3.1.2 Machine synchrone à aimants permanents alimentée
par un convertisseur matriciel triphasé-triphasé ...................................... — 9
3.1.3 Machines multiphasées ...................................................................... — 10
3.2 Exemples de fonctions coût ........................................................................ — 10
3.2.1 Fonction coût permettant d’influer sur le spectre des courants ..... — 10
3.2.2 Fonction coût permettant d’éviter les dépassements ...................... — 10
4. Conclusion.................................................................................................. — 10
Pour en savoir plus ........................................................................... Doc. D 2 901

e contrôle des machines électriques est quasiment systématiquement


L effectué selon le principe des boucles imbriquées. Dans le cas très courant
d’un asservissement de vitesse, la boucle interne doit imposer le couple de la
machine ; elle reçoit une consigne générée par la boucle de vitesse. Dans le
cas d’un asservissement de position, la boucle de vitesse reçoit une consigne
générée par une boucle externe dite boucle de position. Ainsi, le contrôle de la
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vitesse et de la position d’une machine électrique passe par le contrôle précis


du couple qu’elle fournit.

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COMMANDE PRÉDICTIVE DES MACHINES ÉLECTRIQUES TOURNANTES _______________________________________________________________________

De nombreux travaux ont été menés dans le but d’obtenir des dynamiques
de couples toujours plus grandes, des oscillations en régime permanent tou-
jours plus faibles... Parmi les principes de commandes qui sont apparus, la
commande prédictive présente de nombreux avantages tels que la simplicité
du concept, les réglages intuitifs et la facilité d’implémentation. Cependant,
elle engendre significativement plus de calculs à chaque occurrence de calculs
que ses concurrentes. Ainsi, sa mise en œuvre n’est possible que depuis peu,
grâce à la disponibilité d’unités de calculs rapides et bon marché.
Le concept de commande prédictive appliquée aux ensembles convertis-
seurs-machines est présenté dans ce dossier. L’exemple de la machine
synchrone à aimants permanents associée à un onduleur triphasé à deux
niveaux est ensuite utilisé pour montrer, pas à pas, comment décliner ce prin-
cipe de commande à une application donnée. Enfin, des exemples de systèmes
et des variantes de la commande sont étudiés afin de dresser un panorama
des possibilités offertes par la commande prédictive des machines tournantes.
La modélisation de systèmes composés d’un convertisseur d’électronique de
puissance associé à une machine tournante fait apparaître des grandeurs
continues (c’est-à-dire ne pouvant pas présenter de discontinuité) comme par
exemple, le courant dans les enroulements de la machine ou les tensions aux

T bornes de capacités. Dès lors que des composants d’électronique de puissance


sont utilisés, les temps de commutations des diodes et transistors sont de plu-
sieurs ordres de grandeur plus courts que les constantes de temps des autres
éléments du système. Comme les régimes transitoires qui apparaissent lors
des commutations des composants d’électronique de puissance peuvent ne
pas être pris en compte pour le modèle utilisé par la commande, on peut
considérer que ces composants ne peuvent avoir que deux états (passant ou
bloqué). Chaque composant d’électronique de puissance pouvant avoir un
nombre fini d’états, il apparaît que le nombre de configurations possibles du
convertisseur complet est fini. Les variables continues ne sont donc pas satis-
faisantes pour la description d’ensembles convertisseurs-machines. Il apparaît
alors naturel d’utiliser des variables discrètes (c’est-à-dire pouvant prendre un
nombre fini de valeurs) pour modéliser les différents états des composants
d’électronique de puissance. Les systèmes considérés (associations
convertisseurs-machines) sont donc modélisés en utilisant conjointement des
variables continues et discrètes.
L’approche présentée vise à contrôler un ensemble convertisseur de puis-
sance-machine tournante en déterminant directement la configuration du
convertisseur de puissance à adopter. Ainsi, en considérant la nature discrète
de l’état du convertisseur, on détermine une loi de commande applicable sans
modulateur.
L’aspect prédictif de l’approche détaillée ici repose sur la prédiction de l’évo-
lution de l’état des grandeurs à contrôler (généralement des grandeurs
continues) pour chaque configuration admissible (parmi les configurations
possibles, certaines ne sont pas admissibles dans le sens où elles conduiraient,
par exemple, à court-circuiter une source de tension). Ces prédictions sont
effectuées lors de chaque période d’échantillonnage à partir de mesures et
d’un modèle de l’ensemble convertisseur-machine. Elles sont utilisées afin de
sélectionner la configuration optimale du convertisseur en fonction d’un
critère prédéfini.
Le choix de la configuration appliquée étant basé sur un critère d’optimisa-
tion ou une fonction coût, il est aisé de mettre en œuvre des commandes
réalisant des compromis entre des consignes diverses (courants, tensions, fac-
teurs de puissance, nombre de commutations...). L’effet des différents
coefficients intervenant dans la fonction coût est généralement facile à
comprendre, le réglage de la commande est alors intuitif.

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________________________________________________________________________ COMMANDE PRÉDICTIVE DES MACHINES ÉLECTRIQUES TOURNANTES

1. Principe de commande
Mesures

1.1 Type de modèle utilisé i=1

Un ensemble convertisseur-machine peut être modélisé sous la Calcul de Xi (k +1)


forme de l’équation :
Calcul de la fonction coût gi
X (t ) = f (X (t ), U (t )) (1)

avec X vecteur contenant les variables d’état du système (qui i=i+1


sont des grandeurs continues),
U vecteur de commande [8]. i>n?
Ce vecteur de commande dépend de la configuration du
convertisseur ; à un instant donné, il ne peut prendre qu’un ichoisi tel que gi choisi = min (gi)
nombre fini n de valeurs, n étant le nombre de configuration
admissibles du convertisseur. Application de la configuration d’indice ichoisi
Le modèle utilisé doit permettre de prédire X i (t + T ) l’état du
système après une durée T, pour chaque configuration i admis- Figure 1 – Succession des opérations réalisées lors de chaque
sible du convertisseur. Ce modèle n’est pas nécessairement période d’échantillonnage


linéaire et, pour la durée T considérée, les trajectoires des vecteurs
d’état dans l’espace d’état peuvent être rectilignes ou non.
La recherche d’un modèle simplifié est un point déterminant est utilisé afin de calculer une fonction coût gi qui dépend des objec-
pour la réussite de la mise en œuvre pratique. En effet, un modèle tifs de la commande.
trop simple n’est pas représentatif du système sur une zone suffi- Enfin, la configuration qui correspond à la valeur minimale de gi
samment grande de l’espace d’état ou pour l’horizon de temps est appliquée entre les instants d’échantillonnages k et k + 1.
considéré alors qu’un modèle trop compliqué peut conduire à des
durées de calcul trop grandes.
La fonction f étant recalculée à chaque occurrence de l’algo- 1.3 Comparaison avec d’autres
rithme, un modèle simple valable sur un horizon de temps court commandes répandues
est suffisant. C’est pourquoi, la plupart du temps une intégration
par la méthode d’Euler au premier ordre convient. Afin de bien situer la commande prédictive détaillée dans ce
document et de montrer en quoi elle diffère des commandes
L’intégration par la méthode d’Euler au premier ordre du
habituellement utilisées pour la commande d’ensembles convertis-
modèle (1) sur un court intervalle de temps T, conduit à
seurs-machines, quelques éléments de comparaison sont donnés
l’équation (2) :
dans ce paragraphe. L’exemple très courant de l’onduleur triphasé à
deux niveaux associé à une machine asynchrone sert de support à
X (t + T ) = X (t ) + f (X (t ), U (t )) T (2)
cette comparaison.
avec T durée petite devant la plus faible des constantes de temps
du procédé continu. 1.3.1 Comparaison avec la commande vectorielle
Si cette intégration au premier ordre ne conduit pas à un modèle
Pour les machines asynchrones utilisées en variation de vitesse, la
assez représentatif pour la durée considérée, un modèle d’ordre
méthode de commande du couple la plus répandue dans l’industrie
supérieur peut être utilisé.
est sans doute la commande dite vectorielle [D 3 563]. Elle entre dans
le cas plus général des commandes pour lesquelles la sortie du
contrôleur est un vecteur de contrôle à appliquer au procédé continu
1.2 Opérations réalisées lors de chaque et pour lesquelles un algorithme de commutation est utilisé pour
période d’échantillonnage transformer ce vecteur de contrôle en configurations du modulateur
d’énergie. Dans le cas de la commande vectorielle pour la machine
Lors de chaque occurrence de calcul, les opérations représen- asynchrone, le vecteur de contrôle représente les tensions à appli-
tées sur la figure 1 sont réalisées. quer aux bornes de la machine, l’algorithme de commutation est une
De manière générale, l’étape Mesures consiste à obtenir des modulation de largeur d’impulsion (MLI) qui détermine les instants
informations sur l’état du système à l’instant d’échantillonnage d’ouverture et de fermeture des interrupteurs de l’onduleur [D 3 643].
d’indice k : Les tensions à appliquer aux bornes de la machine sont déterminées
par des correcteurs généralement de type proportionnel
– soit en mesurant directement des grandeurs d’état apparte- intégral [D 3 564] réglés à partir d’un modèle dans lequel l’ensemble
ment au vecteur X (k ) (par exemple, les courants dans les enroule- onduleur-MLI est considéré par la commande comme un gain.
ments du stator) ;
– soit en mesurant des grandeurs utiles pour le calcul de la fonc-
tion f (par exemple, la position du rotor) ; Par opposition, l’approche prédictive permet de déterminer
– soit encore en utilisant des estimateurs ou observateurs (par directement (sans modulateur) la configuration de l’onduleur
exemple, pour le flux rotorique d’une machine asynchrone [D 3 564]). en se basant sur un modèle de l’ensemble onduleur-machine
comprenant à la fois des variables discrètes et continues (et
Ensuite, pour chaque configuration admissible i du convertisseur,
donc prenant en compte l’aspect discret de l’état de l’ondu-
un modèle de l’ensemble convertisseur-machine de la forme de
leur). Il a été montré que la commande prédictive permettait
l’équation (2) avec T égal à la période d’échantillonnage est utilisé
d’obtenir des dynamiques de couple supérieures à celles obte-
pour prédire l’état qu’atteindrait le système si la configuration i était
nues avec la commande vectorielle [7].
appliquée entre les instants k et k + 1. Le résultat de ces prédictions

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Commande numérique
à base de composants FPGA
d’une machine synchrone

par Mohamed Wissem NAOUAR


Laboratoire des systèmes électriques (LSE)
ENIT (École nationale d’ingénieurs de Tunis)
Éric MONMASSON
Professeur à l’Université de Cergy-Pontoise (UCP)
SATIE-IUP GEII de Cergy-Pontoise


Ilhem SLAMA-BELKHODJA
Laboratoire des systèmes électriques (LSE)
Professeur à l’ENIT (École nationale d’ingénieurs de Tunis)
et Ahmad Ammar NAASSANI
SATIE, Maître de conférences à l’Université d’Alep-Syrie

1. Méthodes d’implantation des algorithmes de commande ........... D 2 902 - 3


1.1 Implantations analogiques .......................................................................... — 3
1.2 Implantations numériques ......................................................................... — 3
2. Description des composants FPGA..................................................... — 4
3. Contribution des FPGA dans la commande
des machines électriques....................................................................... — 4
4. Méthodologie de développement ........................................................ — 5
4.1 Partitionnement modulaire de l’algorithme de commande ..................... — 5
4.2 Étape de simulation ..................................................................................... — 5
4.3 Optimisation des ressources consommées ............................................... — 6
4.4 Conception modulaire de l’architecture de commande ........................... — 6
4.5 Validation de l’architecture de commande ................................................ — 8
5. Contrôle à base de FPGA d’une machine synchrone ..................... — 8
5.1 Contrôle ON/OFF du courant d’une machine synchrone.......................... — 9
5.2 Contrôle par régulateurs PI du courant d’une machine synchrone ......... — 16
6. Conclusion.................................................................................................. — 22
Pour en savoir plus ................................................................................................ Doc. D 2 902

es entraînements électriques à vitesse variable ont fait l’objet d’impor-


L tantes révolutions, notamment dans le cadre de l’amélioration des
performances de composants d’électronique de puissance et dans l’utilisation
de nouvelles solutions numériques comme support pour l’implantation des
algorithmes de commande. Les premières implantations d’algorithmes de
commande furent réalisées avec des solutions analogiques. Ces solutions
assuraient la réalisation de contrôles ayant une large bande passante vu leur
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rapidité et leur action en continu. Cependant, elles manquaient de fiabilité à


cause de leur sensibilité aux perturbations et aux variations des paramètres de
contrôle liées aux contraintes thermiques des circuits analogiques de contrôle.

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COMMANDE NUMÉRIQUE À BASE DE COMPOSANTS FPGA D’UNE MACHINE SYNCHRONE ________________________________________________________

Pour remédier à ces inconvénients, les solutions numériques se sont naturelle-


ment imposées. Les premières réalisations numériques d’implantation
d’algorithmes de commande de machines électriques ont été effectuées en uti-
lisant les microcontrôleurs, les microprocesseurs et les DSP (Digital Signal
Processor). Ces solutions numériques ont permis de résoudre les problèmes
liés à l’utilisation des commandes analogiques. Par ailleurs, elles présentaient
un grand intérêt économique et une meilleure flexibilité de conception. Cepen-
dant, malgré les avantages offerts par ces solutions numériques, certains
avantages offerts par les implantations analogiques sont perdus. Cela est prin-
cipalement dû au fait que la discrétisation et la quantification des algorithmes
de commande à implanter, ainsi que les délais de temps de calcul, détériorent
les performances de contrôle en termes de rapidité de correction et de résolu-
tion de contrôle.
Avec l’avancement technologique dans le domaine de la microélectronique,
de nouvelles solutions numériques telles que les FPGA (Field Programmable
Gate Array) ou les ASIC (Application Specific Integrated Circuit) sont disponi-
bles et peuvent être utilisées comme cibles numériques pour l’implantation
des algorithmes de commande. Le parallélisme inhérent de ces nouvelles solu-
tions ainsi que leurs grandes capacités de calcul font que les délais de temps


de calcul sont négligeables en dépit de la complexité des algorithmes à
implanter. L’utilisation de ces solutions matérielles permet donc de retrouver
certaines performances analogiques tout en gardant les avantages des solu-
tions numériques. De plus, ces solutions permettent de répondre aux
nouvelles exigences des contrôles modernes. En effet, outre l’amélioration des
performances de contrôle à travers la réduction des temps de calcul, le paral-
lélisme des solutions matérielles permet d’intégrer sur une seule et unique
cible plusieurs algorithmes qui assurent différentes fonctionnalités et qui
peuvent travailler indépendamment les uns des autres. Par ailleurs, par rapport
aux solutions numériques standard utilisées dans les entraînements électri-
ques à vitesse variable, les FPGA offrent au concepteur un accès à la partie
architecture matérielle, puisque c’est le concepteur lui-même qui assure sa
conception. Néanmoins, ce nouveau degré de liberté présente une difficulté de
plus pour le concepteur puisque c’est à lui de mettre en œuvre l’architecture de
contrôle. Pour ce faire, lors de l’implantation d’algorithmes sur cible FPGA, il
est judicieux de se baser sur une approche méthodique plus automatisée et
moins intuitive. Cette approche consiste en une méthodologie de dévelop-
pement qui permet de résoudre l’adéquation entre l’algorithme de commande
à implanter et son architecture en vue d’effectuer une implantation optimisée
en termes de ressources consommées et de temps de calcul, tout en réduisant
le temps de développement.
Pour les entraînements électriques à vitesse variable, plusieurs algorithmes
de contrôle peuvent être utilisés. Ces algorithmes comportent souvent plu-
sieurs boucles de régulation imbriquées. Il s’agit des boucles de régulation de
courant, de vitesse, de position… La boucle de régulation du courant est
souvent la plus difficile à implanter car elle constitue généralement la partie la
plus complexe et la plus sensible de l’algorithme de commande. Les autres
boucles de régulation sont relativement plus simples à implanter. Dans ce dos-
sier, on s’intéresse particulièrement à l’implantation sur cible FPGA de
techniques de contrôle du courant les plus couramment utilisées pour la
commande d’une machine synchrone. Il s’agit des techniques de contrôle
basées sur :
– le contrôle ON/OFF ;
– le contrôle par régulateurs PI.
Dans ce qui suit, l’apport et l’intérêt de l’utilisation des FPGA comme support
pour l’implantation de ces techniques de contrôle de courant sont discutés et
analysés.

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________________________________________________________ COMMANDE NUMÉRIQUE À BASE DE COMPOSANTS FPGA D’UNE MACHINE SYNCHRONE

Liste des abréviations Liste des abréviations (suite)


A3 adéquation algorithme architecture RAM Random Access Memory

ASIC Application Specific Integrated Circuit SoC System on Chip

CLB Configurable Logic Bloc VHDL Very High Speed Integrated Circuit

CLB Configurable Logic Block VLSI Very Large Scale Integration

DSP Digital Signal Processor

FPGA Field Programmable Gate Array Principaux indices

FSM Finate State Machine s variable statorique

GFD graphe de flot de données r variable rotorique

GFDF graphe de flots de données factorisé d composante directe

IP Intellectuel Property q composante tranverse

LUT

MLI
Look-up Table

modulation de largeur d’impulsion


L

NL
terme linéaire

terme non linéaire



PI Proportionnel Intégral n point neutre

1. Méthodes d’implantation Cependant, on reproche aux commandes analogiques les


défauts suivants :
des algorithmes – les variations des contraintes thermiques inhérentes du circuit
de contrôle se traduisant par une variation lente des grandeurs de
de commande contrôle, qui devraient rester constantes, et par l’apparition d’off-
set de tension dans les circuits de commande ;
– la sensibilité aux perturbations produites par l’environnement
La notion d’implantation est définie comme étant l’introduc- du système électrique commandé, notamment par l’usage des
tion d’une fonctionnalité donnée sur un support physique. convertisseurs statiques.
Dans le cadre de commande de machines électriques, la fonc-
tionnalité à introduire constitue l’algorithme de commande,
dont l’objectif est de contrôler l’état d’évolution de variables
électriques ou mécaniques de la machine électrique (courant, 1.2 Implantations numériques
flux, puissance, couple, vitesse…). Quant au support physique,
Nota : le lecteur se reportera utilement aux dossiers :
il constitue la cible d’implantation. Cette dernière peut être de
nature analogique ou numérique. Lorsqu’il s’agit d’une cible de – [D 3 640] Commande numérique des machines. Évolution des commandes ;
– [D 3 644] Commande numérique des machines synchrones.
nature analogique, le contrôle est conçu via des circuits analo-
giques. Lorsqu’il s’agit d’une cible de nature numérique, l’algo- Avec l’avancement technologique, les implantations de nature
rithme de commande est discrétisé et est réalisé via des numériques sont devenues plus répandues. Les avantages décisifs
solutions numériques. qui caractérisent les solutions numériques sont :
– la grande flexibilité de modification des structures de contrôle ;
– les contrôles numériques permettant l’implantation d’algo-
1.1 Implantations analogiques rithmes ayant un niveau de complexité plus haut que celui obtenu
avec des contrôles analogiques. En effet, grâce à la réalisation
simple des fonctions de mémorisation et de retards en numérique
Les premiers contrôles de machines électriques furent réalisés
(qui aident particulièrement à la réalisation de certaines fonctions
via des implantations de nature analogique. Les variations des
trigonométriques), il est possible d’implanter numériquement un
grandeurs électriques dans les machines électriques sont très
contenu algorithmique plus complexe et donc plus performant et
rapides et peuvent amener à une instabilité du système
plus efficace pour le contrôle de machines électriques. Ainsi,
commandé. C’est pourquoi, les implantations analogiques se sont
certains algorithmes dont le niveau de complexité algorithmique
avérées performantes avec les avantages suivants :
est considéré comme déraisonnable en analogique, sont faci-
– la rapidité de contrôle via une action en continu qui assure des lement implantés en utilisant des solutions numériques ;
réponses quasi-instantanées. Cela permet de réaliser des contrôles – l’immunité vis-à-vis des perturbations car les solutions numé-
ayant une large bande passante ; riques utilisent uniquement deux niveaux logiques (haut et bas).
– les grandeurs traitées sont des grandeurs continues, donc la Par ailleurs, les solutions numériques sont blindées et donc proté-
réalisation de contrôle s’effectue avec une haute résolution. gées contre les bruits.

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De nos jours, la plupart des implantations numériques d’algo-


rithmes de commande de machines électriques sont basées sur
des solutions logicielles telles que les microcontrôleurs, les micro-
processeurs ou les DSP (Digital Signal Processor ). Cependant, les Réseau Bloc d’entrée/sortie
avantages des solutions analogiques restent toujours difficiles à d’interconnexions configurable
atteindre et ces solutions présentent les inconvénients suivants : programmables
Bloc logique
– l’utilisation des commandes numériques nécessite l’usage de configurable
convertisseurs analogiques numériques en aval des capteurs. Là
se pose le problème de quantification aussi bien pour la mesure
que pour les calculs numériques de l’algorithme de commande. Ce
problème affecte la précision de contrôle ;
– le fonctionnement discret des contrôles numériques affecte Figure 1 – Description de l’architecture générique d’un FPGA
aussi la précision de contrôle. L’exemple de l’utilisation des cap-
teurs de position est illustratif du problème de discrétisation. Si l’on
choisit un capteur de position basé sur un codeur absolu ou incré-
mental (choix couramment utilisé), les mesures sont directement
recueillies sous forme numérique, mais la détermination d’une RD
valeur juste de la vitesse nécessite l’utilisation d’une grande période RAM
d’échantillonnage, ce qui est défavorable à la stabilité des boucles a
de régulation et à la qualité de contrôle, surtout à basse vitesse. Il b LUT
se pose donc le problème du choix de la période d’échantillonnage, 4 bits
y
c
avec aussi l’obligation d’avoir un temps suffisant pour effectuer les d


calculs numériques.
M
Au-delà des solutions numériques standard, les nouvelles solu- U D
tions numériques telles que les FPGA peuvent aussi être e X q
flip-flop
considérées comme étant des solutions numériques appropriées
pour l’implantation des algorithmes de commande. Par ailleurs, le Clk
parallélisme inhérent des composants FPGA ainsi que leurs grandes Enable
capacités de calcul permettent de réaliser des techniques de Reset
contrôle avec des délais de temps d’exécution très petits en dépit
de la complexité des algorithmes. L’utilisation des FPGA permet Clk : horloge
donc de retrouver certaines performances analogiques en augmen- Enable : validation
tant la bande passante des contrôles et en affinant leur résolution Reset : remise à zéro
temporelle.
Figure 2 – Structure d’une cellule logique

2. Description La figure 2 présente la structure d’une cellule logique, élément


constructif des blocs logiques configurables CLB (Configurable
des composants FPGA Logic Block ) de la technologie Xilinx. Cette structure comporte une
LUT (Look-up Table ) de 4 bits qui permet de réaliser n’importe
quelle fonction combinatoire de quatre variables logiques. Cette
Les FPGA sont des composants VLSI (Very Large Scale LUT peut être aussi configurée comme étant une mémoire RAM
Integration ). Ils sont programmables par l’utilisateur et essentiel- (16 × 1) ou un registre de décalage RD de taille 16 bits. Elle
lement constitués de trois parties : comporte aussi un multiplexeur MUX et une bascule D flip-flop
– une matrice de blocs logiques configurables CLB (Configurable avec toutes ses entrées de contrôle (horloge, reset, enable).
Logic Bloc ). ;
– des blocs d’entrée/sortie configurables ;

3. Contribution des FPGA


– un réseau d’interconnexions programmables.
La figure 1 présente l’architecture générique d’un FPGA.
Il y a plusieurs constructeurs de composants FPGA tels que dans la commande
Actel, Xilinx et Altera (cf. [Doc. D 2 902]). Ces constructeurs uti-
lisent différentes technologies pour la réalisation des FPGA. Parmi des machines électriques
ces technologies, celles qui assurent une reprogrammation des
FPGA sont les plus intéressantes étant donné qu’elles permettent La migration du mode de fonctionnement séquentiel des solu-
une grande flexibilité de conception. Les technologies reprogram- tions numériques standard au mode de fonctionnement parallèle
mables les plus utilisées pour les FPGA sont les suivantes : des FPGA est un nouveau degré de liberté offert aux concepteurs.
– la technologie Static RAM (SRAM), pour laquelle, les Ce degré de liberté s’est avéré bénéfique dans le domaine de
connexions sont réalisées en rendant les transistors passants, ce commande des machines électriques et a permis de répondre aux
qui permet une reconfiguration rapide du circuit FPGA. Cependant, exigences de contrôle moderne [1]. Ainsi, grâce aux caractéris-
la surface nécessaire pour la SRAM est un inconvénient ; tiques propres des FPGA, il est possible de :
– la technologie Flash qui est limitée en nombre de reconfigura- – améliorer les performances de contrôle ; la rapidité de calcul
tions et possède un temps de reconfiguration plus long que celui des FPGA permet une augmentation de la bande passante des
de la technologie SRAM. Cependant, cette technologie garde sa boucles de régulation et une meilleure résolution temporelle. ;
configuration même si l’alimentation est enlevée. Par conséquent, – implanter des algorithmes complexes ; avec l’avancée techno-
un FPGA à base de technologie Flash déjà programmé est prêt à logique, le taux d’intégration des composants FPGA ne cesse
fonctionner dès sa mise sous tension. d’augmenter. De nos jours, la densité des composants FPGA peut
Nota : RAM Random Access Memory. atteindre l’équivalent de 10 millions de portes logiques avec des

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fréquences de commutation de l’ordre de 500 MHz, ce qui permet


l’implantation d’algorithmes de contrôle complexes dans leur inté- Sous-
gralité avec un faible délai de temps de calcul ;
algorithme 2
– réaliser des reconfigurations dynamiques ; le parallélisme
inhérent des composants FPGA offre la possibilité de faire tourner
plusieurs algorithmes de commande en parallèle et de les reconfi- Sous-
gurer entre eux selon des critères bien définis. La reconfiguration algorithme 1
dynamique entre les algorithmes de commande permet de sélec-
tionner les algorithmes appropriés selon les points de fonction-
nement. Elle peut être utile aussi pour assurer une continuité de
fonctionnement en cas de défauts (capteurs, interrupteurs,...) ; Algorithme
– renforcer la confidentialité ; l’architecture de contrôle implan-
tée sur cible FPGA n’est pas facilement duplicable.

Sous-

4. Méthodologie algorithme n

de développement Figure 3 – Partitionnement modulaire d’un algorithme de commande

L’implantation des algorithmes de contrôle de machines élec-


triques dans leur intégralité sur des cibles matérielles telles que les fonctionnelle, et ce, en identifiant des modules qui soient indépen-
FPGA est une démarche qui nécessite une parfaite maîtrise des pro-


dants et réutilisables tels que les régulateurs, les fonctions de
cessus de conception et un travail spécifique d’adéquation entre modulation, les estimateurs, les opérateurs vectoriels… Ainsi, le
l’algorithme et l’architecture de commande à intégrer. Donc, un concepteur doit extraire un maximum de modules réutilisables en
savoir-faire méthodologique est nécessaire aux concepteurs utili- vue de rendre possible leur réutilisation comme des éléments d’une
sant les composants de type FPGA afin de satisfaire l’ensemble des bibliothèque spécifique. En même temps, l’extraction des modules
contraintes inhérentes à l’implantation, tout en apportant une flexi- doit être effectuée de manière hiérarchique afin d’être adaptée à la
bilité de développement suffisante. Par ailleurs, les applications de complexité de la conception.
commande de machines électriques sont des applications qui
décloisonnent un savoir-faire dans plusieurs domaines. En effet,
cela nécessite du concepteur la maîtrise d’un savoir-faire dans les 4.2 Étape de simulation
domaines de l’électronique de puissance, des machines électriques
et de leur commande. Cette difficulté pousse les concepteurs à pré- La procédure de simulation est effectuée en utilisant le logiciel
férer les implantations standard des solutions logicielles, leur évi- Matlab-Simulink (cf. [Doc. D 2 902]). L’objectif de cette étape est de :
tant d’ajouter à la connaissance des domaines précédemment cités, – vérifier la fonctionnalité de l’algorithme de contrôle lorsqu’il
celui de la microélectronique. Par conséquent, l’implantation des est inséré dans l’application considérée ;
algorithmes de contrôle sur de nouvelles solutions matérielles tels – déterminer une période d’échantillonnage et un format à
que les FPGA doit suivre des étapes bien déterminées afin de guider virgule fixe pour chaque variable qui permettent d’atteindre les
le concepteur et faciliter le processus de conception. performances de contrôle souhaitées.
Plusieurs méthodologies de développement pour la conception La vérification de la fonctionnalité de l’algorithme est effectuée à
d’architectures matérielles sont citées en bibliographie [2] [3] [4] travers le développement d’un modèle fonctionnel en utilisant les
[5]. Elles ont toutes été conçues en ayant comme objectif le déve- blocs en temps continu de Matlab-Simulink. L’algorithme de
loppement d’architectures génériques et réutilisables afin de pou- commande est par la suite discrétisé et normalisé. La quantification
voir les réutiliser dans différentes applications. La notion de de l’algorithme de commande discrétisé et normalisé est alors effec-
réutilisabilité est toujours de première importance étant donné tuée en étudiant l’influence de la période d’échantillonnage et celle
qu’elle permet de créer une bibliothèque de modules réutilisables du format à virgule fixe sur les performances de contrôle. Plusieurs
appelés aussi fonctions IP (Intellectuel Property ). La spécificité de méthodes analytiques sont citées en bibliographie portant sur la
la méthodologie de développement utilisée dans ce travail est détermination du format et de la période d’échantillonnage [6] [7].
qu’elle est facile à appréhender par l’ingénieur électrotechnicien Il est aussi possible de réaliser l’opération de quantification par
sans qu’il soit expert en microélectronique. Les étapes de dévelop- simulation à travers le développement d’un modèle de spécification
pement de l’architecture à implanter sont principalement effec- à virgule fixe de l’algorithme de commande discrétisé et normalisé.
tuées via le logiciel Matlab-Simulink ainsi que les outils CAO des Ce modèle peut être développé en utilisant la toolbox « fixed point »
solutions matérielles (cf. [Doc. D 2 902]). Les différentes étapes de de Matlab-Simulink (cf. [Doc. D 2 902]).
la méthodologie de développement considérée sont détaillées
dans ce paragraphe. Une fois le développement du modèle de spécification discret et
à virgule fixe achevé, un GFD (graphe de flot de données ) est
défini pour chaque sous-algorithme des différents modules
extraits lors de l’étape de partitionnement modulaire. Un algo-
4.1 Partitionnement modulaire rithme donné peut être décrit de différentes manières. Le GFD
de l’algorithme de commande constitue une description graphique de l’algorithme, où ce dernier
est décomposé en plusieurs opérations élémentaires implantables
Cette étape est spécialement importante lorsque les algorithmes telles que l’addition, la soustraction, la multiplication, le retard, la
à implanter sont de nature complexe. En effet, l’objectif de cette comparaison, les fonctions trigonométriques… Le GFD mentionne
étape est de décomposer l’algorithme de commande à implanter en aussi le format à virgule fixe utilisé.
plusieurs « sous-algorithmes » appelés modules ayant des fonc-
tions bien définies (figure 3). Cela permet, d’une part, de faciliter les Exemple :la figure 4a présente les GFD de la transformation de
conceptions à réaliser, et d’autre part, de minimiser le temps de C larke [8] [9]. Le GFD présente clairement la dépendance de données
développement. Cependant, le partitionnement modulaire d’un et le parallélisme inhérent de l’algorithme considéré. Il donne ainsi
algorithme de commande nécessite une certaine réflexion de la part une idée sur le séquencement qui doit être mis en œuvre lors de
du concepteur. Ce dernier doit partitionner l’algorithme de manière l’élaboration de l’architecture de commande.

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Commande numérique
des convertisseurs d’électronique
de puissance

par Meriem MERAI


Étudiante doctorante
Ingénieur en génie électrique
Université de Tunis El Manar, École nationale d’ingénieurs de Tunis, Laboratoire de systèmes
électriques, LR11ES15, Tunis, Tunisie
Mohamed Wissem NAOUAR
Docteur
Ingénieur en génie électrique
Maître assistant à l’École nationale d’ingénieurs de Tunis
Université de Tunis El Manar, École nationale d’ingénieurs de Tunis, Laboratoire de systèmes
électriques, LR11ES15, Tunis, Tunisie

Eric MONMASSON
Professeur des universités
Université de Cergy Pontoise, Laboratoire SATIE-IUP GEII, Cergy-Pontoise, France
et Ilhem SLAMA-BELKHODJA
Professeur des universités
Université de Tunis El Manar, École nationale d’ingénieurs de Tunis, Laboratoire de systèmes
électriques, LR11ES15, Tunis, Tunisie

1. Contraintes de commande numérique des convertisseurs D 2 903 - 3


d’électronique de puissance ..............................................................
2. Solutions numériques logicielles ..................................................... — 4
2.1 Structure générique d’un microcontrôleur............................................. — 4
2.2 Critères de sélection des microcontrôleurs ............................................ — 5
2.3 Méthodologie de développement associée aux microcontrôleurs ...... — 6
3. Solutions numériques matérielles.................................................... — 8
3.1 Structure générique d’un FPGA............................................................... — 8
3.2 Méthodologie de développement associée aux FPGA.......................... — 9
4. Solutions numériques hybrides ........................................................ — 11
4.1 Solutions numériques hybrides à base de microcontrôleurs
en « soft » .................................................................................................. — 12
4.2 Solutions numériques hybrides à base de microcontrôleurs
en « hard »................................................................................................. — 13
4.3 Méthodologie de développement associée aux solutions numériques
hybrides ..................................................................................................... — 13
5. Conclusion .............................................................................................. — 14
Pour en savoir plus ......................................................................................... Doc. D 2 903

es convertisseurs d’électronique de puissance sont couramment utilisés


L dans diverses applications pour contrôler et gérer le flux d’énergie
électrique [1] [2]. Parmi ces applications, nous citons les véhicules électriques,
la traction électrique, les avions « plus électriques » et les microréseaux inté-
grant des générations distribuées à base de systèmes d’énergie renouvelable
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@RPQU

(les générateurs éoliens, photovoltaïques, biomasses, etc.). Dans toutes ces

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COMMANDE NUMÉRIQUE DES CONVERTISSEURS D’ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE _____________________________________________________________

applications, le rôle des convertisseurs est primordial vu qu’ils permettent, à


travers des contrôles appropriés, de transformer l’énergie électrique d’une
forme à une autre tout en contrôlant sa direction et ses caractéristiques.
Les principaux défis des commandes modernes de convertisseurs d’électro-
nique de puissance se résument aux points suivants :
– une gestion efficace du flux d’énergie électrique et de ses caractéristiques
(forme d’onde des tensions et courants, facteur de puissance, taux de distor-
sion harmonique noté TDH...) ;
– une réduction du coût ;
– la fiabilité de fonctionnement (tolérance aux défauts et continuité de
service) ;
– la précision des contrôles (le système répond avec précision aux
consignes de référence) ;
– la possibilité d’ajout de fonctions auxiliaires outre les fonctions basiques
de contrôle en vue de contribuer au support du réseau électrique [6].
Répondre efficacement à ces contraintes et défis dépend essentiellement :
– du contenu algorithmique implanté ;
– des capacités de calcul et d’intégration de la cible numérique utilisée ;


– de la précision des mesures fournies par la partie interface puissance/com-
mande, notamment par rapport à la pleine échelle des convertisseurs A/N
utilisés.
Ainsi, la solution utilisée pour implanter l’algorithme constitue un élément
clé pour garantir les performances de contrôle souhaitées. Comme mentionné
précédemment, la majorité des solutions utilisées comme support pour
implanter les algorithmes de commande sont des solutions numériques vu les
avantages qu’elles procurent (immunité numériques vis-à-vis des perturba-
tions, flexibilité de modification...). Depuis leur introduction au marché pendant
les années 1970, les solutions numériques ne cessent de progresser en termes
de capacités de calcul et d’intégration. Avec la révolution technologique en
électronique numérique, certaines limites qui caractérisaient l’utilisation des
solutions numériques (délais dus au temps de calcul, utilisation de format
virgule fixe...) ont été récemment contournées. En effet, les nouvelles solutions
numériques sont devenues bien plus rapides avec une plus grande capacité de
calcul et d’intégration.
Cet article a pour objectif essentiel de mettre en évidence les apports et la
contribution des nouvelles solutions numériques utilisées de nos jours dans le
pilotage des convertisseurs d’électronique de puissance, tout en spécifiant
leurs avantages et inconvénients ainsi que leur aptitude à répondre aux
contraintes et défis de contrôles modernes. Pour ce faire, les solutions numéri-
ques ont été répertoriées en trois grandes familles [12] :
– les solutions numériques logicielles (les microcontrôleurs et les contrôleurs
à base de DSP) ;
– les solutions numériques matérielles (FPGA, ASIC...) ;
– les solutions numériques hybrides.
Des méthodologies de développement standards et dédiées à l’implantation
d’algorithmes de commande de convertisseurs d’électronique de puissance
sont aussi présentées et détaillées. L’objectif de ces méthodologies étant de
réduire le temps de développement (communément appelé « time to market »)
et de faciliter le processus d’implantation en le rendant plus automatisé et
moins intuitif.
Cet article est subdivisé en quatre parties. La première partie porte sur les
contraintes de commande numérique des convertisseurs d’électronique de
puissance. Ensuite, les deuxième et troisième parties présentent respecti-
vement les solutions numériques logicielles et matérielles utilisées dans les
applications de contrôle des convertisseurs d’électronique de puissance. Enfin,
la dernière partie traite les tendances futures de commande de convertisseurs
de puissance basées sur des solutions numériques hybrides (logicielles/
matérielles).

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_____________________________________________________________ COMMANDE NUMÉRIQUE DES CONVERTISSEURS D’ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE

partie puissance, la partie interface puissance/commande et la partie


Structure générale d’un convertisseur d’électronique de commande.
puissance Partant des critères modernes de commande de convertisseurs
d’électronique de puissance, notamment pour des applications à
La structure générale d’un convertisseur d’électronique de hauts degrés de complexité (telles que les applications liées aux
puissance commandé est subdivisée en parties et éléments micro-réseaux, aux véhicules électriques, à la traction électrique,
les plus communément rencontrés, à savoir : aux avions « plus électriques »...), les nouvelles contraintes de
commande numérique de convertisseurs d’électronique de puis-
– la partie puissance, qui inclut elle-même plusieurs élé-
sance se résument pour l’essentiel aux points suivants :
ments. Le premier élément est une source électrique qui, selon
la direction du flux énergétique, fournie ou reçoit l’énergie élec- – des capacités de calcul et une densité d’intégration des solu-
trique. Le deuxième élément est un ou plusieurs convertisseurs tions numériques. Jusqu’à récemment, les délais dus aux temps de
d’électronique de puissance commandés. Il s’agit de dispositifs calcul étaient assez contraignants pour l’implantation d’algorithmes
d’électronique de puissance à base d’interrupteurs de puis- plus performants et plus fiables. En effet, les vecteurs tensions à
sance (tels que les diodes, les thyristors, les transistors...) appliquer par le convertisseur d’électronique de puissance sont
commandés à travers des signaux de commande. Notons que calculés après un délai de temps d’exécution incluant en général le
la connexion des convertisseurs de puissance aux autres élé- temps de conversion A/N des mesures additionné au temps de
ments de la partie puissance est réalisée par l’intermédiaire calcul de l’algorithme lui-même. Ce temps d’exécution doit être infé-
d’un étage tampon à base de filtres inductifs capacitifs. Le choix rieur à la période d’échantillonnage utilisée, elle-même devant être
et le dimensionnement de ces filtres est essentiel afin d’assurer très inférieure à la plus petite des constantes de temps du système
une meilleure qualité d’énergie électrique transférée via les commandé. Le temps d’exécution obtenu est tributaire des capa-
convertisseurs de puissance [3] [4] ; cités de calcul de la solution numérique utilisée ainsi que sa densité
– la partie interface puissance/commande, qui est d’intégration ;


constituée de deux éléments. Le premier élément permet de – une implantation d’algorithmes plus complexes. Les perfor-
transférer les signaux de commande calculés par la partie mances de contrôle souhaitées nécessitent l’implantation de fonc-
commande vers les convertisseurs de puissance. Il est basé tions algorithmiques de plus en plus complexes. À titre d’exemple,
sur l’électronique de pilotage des interrupteurs de puissance les commandes tolérantes aux défauts pour des applications où la
et inclut généralement un étage d’isolation galvanique entre continuité de service est primordiale (micro-réseaux, voitures élec-
parties puissance et commande (à base de transformateurs triques, avionique, traction...) sont plus complexes et nécessitent
haute fréquence ou optocoupleurs) associé à un étage de réaliser en temps réel l’opération de détection/isolation des
d’amplification du niveau de tension des signaux de défauts puis la reconfiguration des algorithmes de contrôle. Par
commande. Quant au second élément, il inclut les capteurs ailleurs, les commandes futures tendent à inclure de nouvelles
électriques/mécaniques et assure le traitement électronique fonctionnalités ayant pour objectifs essentiels l’optimisation de la
des mesures fournies par ces capteurs (isolation galvanique consommation/génération de l’énergie électrique ainsi que l’amé-
des mesures, mise en forme, adaptation d’impédance, réglage lioration de la stabilité dynamique et de la qualité d’énergie électri-
des gains et des offsets, filtrage des perturbations...). Il est à que des systèmes contrôlés [7] ;
noter que dans certains cas, on y trouve aussi de l’électroni- – la flexibilité et la portabilité. La flexibilité de modification des
que de conversion analogique/numérique (A/N) lorsque la programmes implantés permet d’ajouter des modifications et amé-
cible numérique utilisée n’inclut pas de convertisseurs A/N ; liorations aux programmes préexistants. Par ailleurs, la portabilité
– la partie commande, qui est subdivisée en deux niveaux des programmes implantés permet de changer de cible numérique
hiérarchiques. Le niveau hiérarchique basique assure le sans avoir à développer de nouveau les programmes à implanter ;
contrôle rapproché du convertisseur de puissance en calculant – une simplicité d’utilisation. Une grande importance est accor-
les signaux de commande à partir des mesures fournies par la dée à la simplicité d’utilisation des solutions numériques et des
partie interface puissance/commande et des consignes de outils logiciels qui leurs sont associés. Cela réduit le temps de
référence qu’il reçoit. Ce contrôle rapproché est réalisé via un développement et simplifie le processus d’implantation. Concer-
algorithme de commande implanté sur une cible analogique nant les solutions numériques logicielles, les premières implanta-
ou numérique. Notons ici que les premières implantations tions furent réalisées en utilisant un langage de programmation
d’algorithmes de commande de convertisseurs d’électronique bas niveau (communément appelé « langage machine ») tel que
de puissance étaient réalisées sur des cibles analogiques. Par l’Assembleur. L’utilisation de ce langage nécessitait une
la suite, les cibles numériques sont devenues les plus utilisées connaissance détaillée de l’architecture matérielle des proces-
vu leurs avantages décisifs marqués par la révolution techno- seurs, périphériques et bus de communication de la cible à pro-
logique en électronique numérique des dernières décennies. grammer. Cela rendait le développement assez difficile et lourd à
Quant au niveau hiérarchique élevé, il permet d’envoyer des mettre en œuvre. Actuellement, des langages avec un niveau
consignes de référence à la partie commande moyennant une d’abstraction plus élevé (tels que le C, C++, les systèmes d’exploi-
interface homme machine (IHM) ou bien un algorithme de tation nommés OS pour Operating Systems...) a rendu bien plus
gestion implanté sur une autre cible numérique [5]. facile l’usage et la programmation des solutions numériques logi-
cielles. Par ailleurs, les constructeurs de solutions numériques
logicielles fournissent des programmes et fonctions prédéfinies
permettant de gérer aisément tous les périphériques utilisés. Ainsi,
l’opération d’implantation sur solutions numériques logicielles est
1. Contraintes de commande devenue plus simple et ne nécessite plus une connaissance
détaillée de l’architecture matérielle de la cible à programmer.
numérique des conver- Quelques années auparavant, la majorité des solutions numé-
tisseurs d’électronique riques logicielles réalisaient leurs calculs avec un format virgule
fixe (nombre de bits constant : 8 bits, 16 bits, 32 bits ou 64 bits).
de puissance Dans ce cas, la difficulté d’implantation résidait essentiellement
dans la manipulation des formats à virgule fixe vu qu’il fallait faire
attention à la dynamique des variables, aux risques de déborde-
La figure 1 présente la structure générale d’un convertisseur ment de format et aux erreurs de quantification. Notons qu’il était
d’électronique de puissance commandé. Comme expliqué précé- possible aussi d’effectuer des calculs à virgule flottante moyennant
demment, cette structure est subdivisée en trois parties à savoir la l’utilisation de bibliothèques spécifiques en langage C au

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Commande d’un étage DC/AC


monophasé inclus dans un système
de génération distribuée monophasée

par Ikram MAAOUI BEN HASSINE


Étudiante chercheur-ingénieur
Laboratoire des systèmes électriques (LSE), ENIT, Tunis
et Mohamed Wissem NAOUAR
Docteur-ingénieur
Maître-assistant à l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT)
Laboratoire des systèmes électriques (LSE), ENIT, Tunis


1. Modélisation de l’étage DC/AC et dimensionnement D 2 905 - 2
du filtre LC..............................................................................................
1.1 Structure de l’étage DC/AC d’une génération distribuée
monophasée.............................................................................................. — 2
1.2 Dimensionnement du filtre LC................................................................. — 3
2. Structure de contrôle par régulateur P-PI ..................................... — 3
2.1 Synthèse des correcteurs P et PI. Boucle de régulation du courant..... — 4
2.2 Synthèse des correcteurs P et PI. Boucle de régulation de la tension.... — 4
3. Structure de contrôle à base de correcteurs résonnants .......... — 5
3.1 Propriété du correcteur résonnant .......................................................... — 5
3.2 Régulation par correcteurs P-CR ............................................................. — 6
3.3 Régulation par correcteurs CR-CR........................................................... — 8
3.4 Implantation numérique sur cible DSP de la commande
par correcteurs résonnants de l’étage DC/AC ........................................ — 9
3.5 Mise en œuvre expérimentale de la commande par régulateur
CR-CR ......................................................................................................... — 9
4. Conclusion .............................................................................................. — 12
Pour en savoir plus ......................................................................................... Doc. D 2 905

vec la grande consommation d'énergie électrique et les effets polluants


A qui lui sont associés, principalement causés par l’utilisation de ressources
fossiles telles que le pétrole, le gaz ou le charbon, la problématique de trouver
des solutions alternatives est devenue un sérieux problème à résoudre. D’un
autre côté, les ressources fossiles diminuent tandis que la demande mondiale
en énergie électrique ne cesse d’augmenter à cause du grand développement
industriel. Cela a conduit à une hausse de prix des ressources fossiles, notam-
ment du pétrole sur le marché international. Ainsi, la pénurie de ressources
fossiles, le coût et la pollution atmosphérique ont constitué les limitations et
contraintes majeures pour répondre à la consommation croissante d’énergie
électrique. Pour ce faire, les énergies renouvelables (telles que le rayonnement
solaire, le vent, etc.), après avoir connu un intérêt accru durant ces dernières
années, se sont naturellement imposées, et ce en raison du fait qu’elles ne
nuisent pas à l’environnement, de leur efficacité croissante et de la baisse des
coûts qu’elles entraînent.
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Auparavant, le renforcement de la production d’énergie électrique se faisait par


l’intégration au réseau de nouvelles unités de production centralisées à grandes

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COMMANDE D’UN ÉTAGE DC/AC MONOPHASÉ INCLUS DANS UN SYSTÈME DE GÉNÉRATION DISTRIBUÉE MONOPHASÉE ______________________________

puissances. Actuellement, la tendance favorise l’utilisation de nombreux produc-


teurs d’énergie électrique, proches du lieu de consommation, ayant un niveau de
puissance inférieure et reposant sur les énergies renouvelables [1]. Cette nou-
velle tendance de production d'énergie électrique est connue sous différents
noms tels que génération d’énergie distribuée, génération d’énergie dispersée,
production décentralisée ou encore production distribuée.
Les recherches récentes montrent la difficulté technique à contrôler les généra-
tions d’énergies distribuées, puisque plusieurs éléments interagissent entre eux
pour ce type d’applications tels que les sources d’énergie, les convertisseurs de
puissance, les systèmes de stockage d’énergie, les charges et le réseau. Du fait
que la majorité des sources d'énergies renouvelables génèrent des tensions non
sinusoïdales, il est nécessaire d'utiliser un étage de conversion d’énergie élec-
trique (DC/DC ou AC/DC) pour obtenir par la suite une tension continue et un
convertisseur DC/AC pour la convertir en une tension sinusoïdale avec amplitude
et fréquence contrôlées. La tension générée peut être connectée directement au
réseau ou bien utilisée pour un fonctionnement en mode isolé. Dans cet article,
on s’intéressera particulièrement à l’élaboration d’un contrôle de l’étage DC/AC
inclus dans un système de génération distribuée monophasée fonctionnant en
mode isolé. Le but principal étant de corriger les pertes et les perturbations du

T système de manière à ce que la tension de sortie délivrée soit une tension sinu-
soïdale d’amplitude et fréquence fixes quelle que soit la variation de la charge
qu’elle alimente. Pour cela, la structure de l’étage DC/AC d’une génération distri-
buée monophasée fonctionnant en mode isolé ainsi que sa modélisation sont
présentées en premier lieu. Le dimensionnement d’un filtre LC utilisé pour
extraire le fondamental et éliminer les hautes fréquences de la tension de sortie
du convertisseur DC/AC est étudié. Ensuite, les différentes techniques de
commandes considérées sont détaillées. La première commande est celle basée
sur l’utilisation de correcteurs proportionnel (P) et proportionnel intégral (PI). La
présence d’erreur de traînage en régime permanent entre la tension régulée et sa
référence est l’inconvénient majeur de cette commande. Pour y remédier, deux
autres commandes à base de correcteurs résonnants (CR) sont étudiées. Ces cor-
recteurs permettent d’avoir une erreur statique nulle entre la tension régulée et
sa référence. L’intérêt de ces correcteurs pour l’application considérée ainsi que
différentes méthodes de synthèse de leurs gains sont présentés. La vérification
de la fonctionnalité de ces commandes sur l’environnement logiciel Matlab-
Simulink a permis d’illustrer les performances et les limites de chacune. En outre,
la commande à base de correcteurs résonnants a été testée expérimentalement
en utilisant un banc d’essais expérimental à base DSP TMS320F2808 de la firme
Texas Instruments. Les résultats expérimentaux obtenus dans ce cas prouvent
l’intérêt et l’efficacité de ce type de correcteurs pour l’application considérée.

1. Modélisation de l’étage – un filtre LC, L étant l’inductance du filtre et C sa capacité ;


– une charge variable.
DC/AC et dimensionnement La charge peut être non linéaire, polluante ou variable dans le
temps. En raison de la diversité des charges, il est donc difficile de
du filtre LC couvrir tous ses types. Cependant, il est possible de définir les
charges opérant dans les conditions nominales. Au même temps,
l’incertitude et la variation de la charge sont considérées comme
1.1 Structure de l’étage DC/AC étant des perturbations.
d’une génération distribuée Sur la figure 1, Vconv est la tension à la sortie du convertisseur
monophasée DC/AC, VC est la tension filtrée, Zch est l’impédance d’entrée de la
charge connectée à la sortie du filtre LC, iC est le courant parcou-
La structure de l’étage DC/AC d’une génération distribuée mono- rant la capacité C, iL est le courant parcourant l’inductance L et ich
phasée fonctionnant en mode isolé [2] [3] est présentée à la est le courant absorbé par la charge Zch.
figure 1. Cette structure comprend essentiellement : En se basant sur la figure 1, la tension VC peut être exprimée
– une source de tension continue (Vdc) fournie par une source comme suit :
d’énergie renouvelable et des convertisseurs commandés placés
en amont de l’étage DC/AC ; diL
VC = Vconv − VL = Vconv − L − RiL (1)
– un convertisseur de puissance DC/AC ; dt

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Tableau 1 – Paramètres du filtre LC


VL
(L, R) iL ich Paramètres Valeurs
DC/AC ic fres 1 kHz
Source
d’énergie Vdc Vconv C VC Zch
renouvelable
L 2,5 mH
C 10 µF
Signaux de
commande R 0,3 Ω
iL
Algorithme de
contrôle VC
de puissance réactive alors que le choix de grandes valeurs de
l’inductance L permet de diminuer les ondulations du courant iL .

Figure 1 – Étage DC/AC d’une génération distribuée monophasée Les harmoniques dominants appliqués aux bornes de la capacité
C sont les harmoniques d’ordre 3, 5, 7, 9, 11, etc. Ainsi, il est
nécessaire de concevoir le filtre LC avec une fréquence de réson-
En appliquant la transformée de Laplace à l’équation (1) on nance entre les fréquences des harmoniques dominants et la
obtient : fréquence de commutation du convertisseur fixée dans ce cas à
10 kHz. Pour cela, la fréquence de résonnance fres doit vérifier la
Vconv − VC relation :
iL = (2)


R + Ls
11 × 50 Hz = 550 Hz < fres < f conv = 10 kHz (7)
Quant au courant inductif iL parcourant l’inductance L, il s’exprime
selon la relation (3) : Afin d’atteindre cet objectif, les valeurs de L et C sont choisies
pour une fréquence de résonnance fres égale à 1 kHz qui vérifie
dVC VC bien la relation (7). Les valeurs considérées sont données dans le
iL = iC + i ch = C + (3) tableau 1.
dt Z ch
La figure 2 présente le diagramme de Bode de la fonction de
À partir des équations (1) et (3), la relation entre la tension à transfert de VC /Vconv pour les valeurs de L et C choisies en variant
l’entrée du filtre Vconv et celle filtrée VC est donnée par : la charge. Cette figure 2 montre l’effet de résonance à une
fréquence égale à 1 kHz qui est d’autant plus grande que la valeur
d 2VC  L  dV  R  d’impédance Zch est grande. Il est à noter également que pour la
Vconv = LC + + RC  C +  1+ VC (4) fréquence fondamentale, un léger gain et déphasage sont intro-
dt 2  Z ch  dt  Z ch  duits. Cela est essentiellement dû à la résistance R de l’enroule-
ment de l’inductance L. Par ailleurs, un gain de l’ordre de – 40 dB
En appliquant la transformée de Laplace, la fonction de transfert
est obtenu pour une fréquence égale à la fréquence de
VC /Vconv obtenue est une fonction du second ordre donnée par :
commutation du convertisseur de 10 kHz. Dans ce cas, les hautes
fréquences du contenu harmonique de la tension Vconv sont élimi-
1 nées et seule la composante fondamentale de fréquence 50 Hz va
VC LC passer.
= (5)
Vconv  1 R  1 R 
s2 + + s +  + 
 Z chC L   LC LCZ ch 

2. Structure de contrôle
1.2 Dimensionnement du filtre LC par régulateur P-PI
Le filtre LC est conçu pour atténuer les harmoniques de tension
autour de la fréquence de commutation du convertisseur fconv . Ce paragraphe porte sur la commande de type Proportion-
Ainsi, les valeurs de L et C doivent être choisies de telle sorte que nel-Proportionnel Intégral (P-PI) [5] [6] [7] de l’étage DC/AC d’un
le contenu harmonique de Vconv soit filtré, tout en laissant passer système de génération distribuée monophasée fonctionnant en
la fréquence fondamentale de la tension générée [4] sans atténua- mode isolé. La figure 3 montre le schéma de principe de cette
tion ou déphasage. Dans le cadre de ce travail, la fréquence fonda- commande.
mentale de la tension de référence est égale à 50 Hz. Quant à la
fréquence de résonance fres du filtre LC, elle est exprimée par la L’entrée du régulateur PI est l’erreur entre la tension de
relation : référence VC* et la tension mesurée VC . La compensation du
courant ich à la sortie du régulateur PI permet de calculer le cou-
1 rant de référence iL* aux bornes de l’inductance. Ensuite, une satu-
fres = (6)
2π LC ration est ajoutée pour le courant iL* en vue de protéger le
système contre les forts appels en courant, notamment durant les
La sélection des valeurs de L et C reste toujours un compromis. régimes transitoires.
En effet, ces valeurs doivent être sélectionnées pour obtenir une
fréquence de résonance adéquate assurant l’élimination des  K 
composantes hautes fréquences de la tension VC et en même iL* = K pv (VC* − VC ) + iv (VC* − VC ) + i ch (8)
 s 
temps extraire sa fréquence fondamentale. Il est à noter dans ce
cas qu’utiliser de grandes valeurs de l’inductance L ou de la capa-
Une boucle interne de régulation du courant assurée par un correc-
cité C conduit à une ind