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EPREUVE DE LANGUE: CORRIGE

TEXTE: Le vieux Nègre et la Médaille, Ferdinand Oyono.

I- COMMUNICATION

1) Dans cet extrait, deux voix énonciatives se font entendre:

- La voix du narrateur: " Meka était en proie à des sentiments contradictoires... pied... tout en débitant...
les gardes" A ce niveau, on se rend compte que la narration est livrée à la troisième personne du
singulier. C'est un narrateur extérieur qui n'est pas impliqué dans l'histoire qu'il raconte mais qui a le
regard de Dieu.

- La voix de Meka: "- Esclaves des incirconcis... mes omoplates... fils de putains" il s'agit des propos de
Meka. Les marques de sa présence sont entre autres : - les pronoms personnels( me) - l'adjectif possessif
(mes) - les marques d'émotions (l'interrogation et l'exclamation) - les marques de jugement de valeur
( fils de putains, salauds, incirconcis, chiens dégénérés, pauvre...)

ce mélange de voix dans le texte traduit la recherche de l'authenticité c'est à dire de la réalité. Il rend
également la narration vivante en intégrant dans son récit le discours direct des personnages.

2) Les substituts du référent gardes dans le texte sont les suivants:

- Les grammaticaux: ils (prendraient), leur (leur méprise), les (les vouant), leur( leur pardonner, leur en
vouloir), vous (oserez-vous)

- Les lexicaux: fils de putains, exclaves des incirconcis, chiens dégénérés, salauds, pauvres types )

ces mots et expressions ont une connotation péjorative. Ils traduisent la colère et le mépris de Meka
envers les gardes, il considère ces gardes comme ses ennemis, ceux qui sont à l'origine de son
arrestation et de son incarceration.

II- MORPHOSYNTAXE

1) le texte offre trois occurrences de points d'interrogation: "les accepterait-il?" "A quoi servait...
l'honnêteté ne payait plus?" "osérez- vous me regarder? Ce sont des interrogations rhétoriques qui
traduisent tantot l'incertitude de Meka tantôt le défi lancé aux gardes.

Les exclamations quant à elles apparaissent une quinzaine de fois: "Ah! les pauvres gardes!", en
bafouillant des excuses!, bah!, c'étaient de pauvres types!... elles mettent en relief les réaction de Meka
et du narrateur face à l'attitude des gardes, il s'agit pour Meka des sentiments de colère, de rage , de
ménace mais aussi de pitié et de désolation pour ces gardes qui ont plutôt commis une méprise.

2) Dans le premier paragraphe, il ya deux principaux modes:


- Le conditionnel : "planterait", "blêmirait", "prendraient", "accepterait", " ferait"

- L'indicatif: -présent: "fait", "ont"... l'imparfait: était", " étaient"... Le passé simple: "savoura", imagina",
" esquissa"...

Pendant que le conditionnel traduit ce que souhaite Meka et son immagination, l'indicatif exprime les
actions posées par Meka rapportées par le narrateur et le constat ou les vérités générales. l'indicatif
marque donc la réalité.

III- SEMANTIQUE

1) Les deux sentiments contradictoires sont: le bonheur imaginaire ou l'assurance qu'on lui demandera
des excuses et d'autre part le sentiment de colère de rage de dédain envers les gardes

Meka est ménacé et violenté par la police d'un côté/ les gardes et Gosier d'Oiseau demanderaient des
excuses de l'autre côté

les mots qui se rapportent au premier sentiment sont: "savoura à l'avance", "excuses", "l'effet de
surprise", "geste ample", "pardonner" " innocence"...

Pour le deuxième sentiment (colére) nous avons: "mépris","on le pousserait devant le blanc", "chiens
dégénérés", "inadmissible", "grotesque"...

Ces expressions montrent d'une part que Meka est en colère contre les policiers qui le violentent alors
qu'il est innocent et d'autre part son assurrance et son bonheur de savoir que cette erreur sera très vite
corrigée et que les gardes lui présenteraient les excuses

2) cet énoncé présuppose que: avant Jesus les policiers étaient sérieux, ils avaient le flair, ils distinguaient
facilement le bon du mauvais

et il sous-entend que: on ne peut pas faire confiance aux policiers; les policiers ne font plus bien leur
travail; les policiers commettent constamment des erreurs...

IV- RHETORIQUE

1) la figure de style qui se cache dans cet énoncé "jamais mes omoplates n'ont touché la poussière sous
la force d'un autre homme" est la synecdoque (parce que l'ensemble du corps est remplacé par une
seule partie : les omoplates) ou alors l'hyperbole pour traduire la force de Meka: il se croit invincible

2) dans le dernier paragraphe , il s'agit de la tonalité comique manifestée ici par le comique de situation
à travers les verbes d'actions qui devoilent les actions de Meka dans l'obscurité: "allait et venait dans
l'obscurité", "mettait un genou en terre", " tendait le bras à l'invincible adversaire", "remuait les épaules
et criait à faire sauter le toit", " eclatait de rire", " recommençait à abreuver d'injures"...
Cette tonalité met en relief la naiveté de Meka et ses pensées ridicules dans les géôles de la police

3) Le texte souscrit au type narratif: les indices qui l'attestent sont les suivants:

- la présence d'un narrateur et d'une histoire racontée ( la mésavanture de Meka)

- L'alternance passé simple et imparfait qui sont les temps de prédilection de la narration: savoura,
esquissa,hurla, défiait, était, allait, venait...

- les verbes d'action: allait ,venait, hurla, esquissa...

- La présence des personnages: Meka, Gosier d'Oiseau, les gardes...

La narration assume une fonction symbolique car à travers ce texte, le romancier Ferdinand Oyono veut
mettre à nu les mentalités des indigènes devant l'administration coloniale: leur naiveté ét aussi nous
montrer les abus dont étaient victimes les indigènes devant le colons.

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