Vous êtes sur la page 1sur 9

Travaux pratiques de mécanique des fluides 1

TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

I - But de la manipulation
La connaissance des débits de fluides circulant dans des canalisations est
non de moindre importance pour un ingénieur, surtout en génie civil où
l’hydraulique est une branche qu’il doit maîtriser. Cependant, les méthodes de
mesure de débit ne sont pas moindres, et leur précision varie elle aussi.

Le but de cette manipulation est l’étude de différentes techniques de


mesure de débit. On se focalisera sur trois moyens de mesure de Q :

 La méthode du diaphragme ;
 La méthode du venturi ;
 La chronométrage direct pour un volume déterminé.

A l’obtention des résultats, on procédera à une comparaison de ceux-ci


pour en déduire l’équation d’étalonnage du rotamètre.

II - Description de l’appareil utilisé


L’appareil servant dans cette étude (dont l’image figure dans l’annexe pour
meilleure identification), a son schéma représenté dans la figure suivante :

L’eau pompée pénètre le débitmètre par le venturi en plexiglas, pour


ensuite s’écouler dans un divergent puis dans une conduite droite, pour passer
dans un diaphragme puis enfin, par un rotamètre constitué d’un tube en verre
calibré et un flotteur. La pompe en elle-même permet de mesurer le débit en
chronométrant de remplissage du réservoir à une certaine quantité. Les prises de
pression sont come illustrées dans la figure ci-dessus.

Il est à noter que le flotteur n’est point comme n’importe quelle pièce
métallique de cette forme, mais possède une caractéristique géométrique
majeure : son centre de gravité se situe au point le plus bas de son axe de
révolution, lui procurant ainsi une horizontalité quasi parfaite, et donc une lecture
on ne peut plus précise.
Travaux pratiques de mécanique des fluides 2
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

Les dimensions sont comme suit :

- dSa = 26 mm ;
- dSb = 16 mm ;
- dSc = 26 mm ;
- dSy = 50,9 mm ;
- DSf = 20 mm.

III - Théorie :

III - 1 – Venturi :
C’est un orifice comportant deux parties l’une convergente et l’autre
divergente, avec un col au milieu.

Les deux équations de conservation de la masse et de Bernoulli permettent


de déterminer VB en fonction de la différence de pression entre A et B, sans tenir
compte des pertes de charge :

Et l’on sait bien que (PA – PB) / (ρ*g) = hA – hB.


Prendre en compte les pertes de charge revient à multiplier par un
coefficient Kv dans l’expression de VB. On aura donc : VB’ = Kv*VB.

Le débit volumique sera donc donné par la formule : Q = SB*VB’ en


tenant compte des pertes de charge.

III - 2 – Diaphragme :
Un diaphragme est un disque sur lequel a été pratiqué un orifice.

Cet appareil, contrairement aux autres étudiés, ne permet pas une mesure
grandement précise des vitesses à partir des prises de pression E et F.

La formule donnant la vitesse à la sortie F et permettant la mesure du


débit est comme suit :
Travaux pratiques de mécanique des fluides 3
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

La prise en compte des pertes de charge est encore une fois matérialisée
par la multiplication par un coefficient KD, propre à la géométrie de l’appareil,
déterminé par étalonnage.

Le débit volumique : Q = Sf*Vf.

III - 3 – Rotamètre :
Chaque position du rotamètre correspond à un débit bien déterminé. Ce
dernier est proportionnel (d’après considérations) à la surface traversée par le
fluide.

En première approximation, celle-ci est donnée par la formule suivante :

Sd = 2*π*rf*(l*θ)
Où θ est l’angle formé par la verticale et le contour du tube du rotamètre, r f étant
le rayon du flotteur, et Sf est la surface traversée par le fluide, et l étant la
hauteur du flotteur.

Remarque : on procédera à la mesure directe du débit directement en


chronométrant le temps nécessaire au remplissage de 15 litres d’eau. La pompe
permet la mesure directe du volume cumulé dans son réservoir, donc la pesée
chronométrée n’entre pas dans le cadre de ce TP.
Travaux pratiques de mécanique des fluides 4
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

IV - Calcul à effectuer :

IV - 1 – Tableau des mesures :


En jouant sur la vanne aval, on fait varier le débit et on note les valeurs
indiquées par les manomètres aux points A, B, E et F, ainsi que la position du
flotteur dans le tube, et le débit en chronométrant la durée relative à un volume
de 15 litres.

Toutes les mesures sont portées sur le tableau suivant :

Ess HA ΔHA HB ΔHB HE ΔHE HF ΔHF R ΔR T Δ


ai (m (m (m (m (m (m (m (m (m (m (s) T
N° m) m) m) m) m) m) m) m) m) m) (s
)
1 363 2 163 1 337 1 85 3 180 1 34, 0,
5 4
2 353 1 175 1 326 1 110 2 170 1 38, 0,
4 3
3 338 2 188 1 316 3 140 2 156 1 42, 0,
3 3
4 325 2 198 1 310 1 160 2 145 1 46, 0,
5 2
5 308 2 220 1 296 3 199 2 119 1 60, 0,
8 2
6 296 2 234 1 288 1 220 1 101 1 69, 0,
4 2
7 286 1 253 1 282 1 256 2 72 1 98, 0,
6 1
8 284 1 261 1 281 1 258 1 60 1 136 0,
,4 1

IV - 2 – Calcul du débit pour le venturi et le


diaphragme ainsi que la valeur réelle par chronométrage :
A partir de ces valeurs, on peut calculer le débit d’écoulement par trois
méthodes différentes, ainsi que l’erreur relative à chaque méthode de calcul.

Les relations permettant le calcul direct du débit volumique sont données


par les expressions suivantes :
Travaux pratiques de mécanique des fluides 5
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

 Qt = 0,015 / T (en m3/s)


Qd = 1,408439413*10-3*[(HA – HB)/1000]1/2
Qv = 9,622622372*10-4*[(HE – HF)/1000]1/2

La marge d’erreur est retrouvée en différenciant les expressions du débit,


et sont données ci-après (tous calculs faits) :

 ∆Qt (m3/s) = (∆T/T) * Qt


∆Qd (m3/s) = Qd*(∆hA + ∆hB) / [2*(hA – hB)]
∆Qv (m3/s) = Qv*(∆hE + ∆hF) / [2*(hE – hF)]

Les tableaux rassemblant l’ensemble des calculs de débit est comme suit :

Ess
ΔQd ΔQv ΔQt
ai Qd (m3/s) Qv (m3/s) Qt (m3/s)
(m3/s) (m3/s) (m3/s)

1 0,000707 1,12227E 0,000430 6,45505E 0,000434 5,04096E
031 -05 337 -06 783 -06
2 0,000654 9,09144E 0,000405 4,56156E 0,000390 3,05176E
583 -06 979 -06 625 -06
3 0,000590 1,67862E 0,000372 7,45365E 0,000354 2,51496E
873 -05 683 -06 61 -06
4 0,000545 1,09097E 0,000342 8,10052E 0,000322 1,38744E
486 -05 922 -06 581 -06
5 0,000438 2,26111E 0,000285 9,73136E 0,000246 8,11548E
656 -05 453 -06 711 -07
6 0,000367 1,08022E 0,000239 1,15936E 0,000216 6,22877E
276 -05 601 -05 138 -07
7 0,000227 2,62043E 0,000174 1,05942E 0,000152 1,5429E-
104 -05 804 -05 13 07
8 0,000213 1,85739E 0,000145 1,26899E 0,000109 8,06237E
6 -05 934 -05 971 -08

IV - 3 – Détermination des coefficients du venturi et du


diaphragme :
D’après ce qui a été introduit dans la partie théorique, les coefficients K V et
KD sont obtenus en calculant le rapport du débit obtenu par les mesures
respectives sur le venturi et le diaphragme, et le débit réellement calculé par le
chronométrage du remplissage du réservoir.

On aura donc KV = Qv / QT et KD = QD / QT.


Travaux pratiques de mécanique des fluides 6
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

Les formules d’erreurs sont comme suit :

 ∆Kv = ((∆Qt / Qt) + (∆Qv / Qv)) * Kv


 ∆Kd = ((∆Qt / Qt) + (∆Qd / Qd)) * Kd

Le tableau suivant regroupe l’ensemble des calculs spécifiques à cette


étape du travail :

Essai N° KV ΔKV KD ΔKD


1 1,0103311 0,0277509 0,6149413 0,0163538
04 85 88 76
2 0,9621805 0,0208806 0,5967535 0,0113672
88 55 2 33
3 0,9515066 0,0337797 0,6001452 0,0162592
31 12 71 55
4 0,9406823 0,0228595 0,5913634 0,0165127
66 93 88 15
5 0,8642768 0,0473933 0,5624237 0,0210236
91 71 39 15
6 0,9020746 0,0291312 0,5884901 0,0301712
97 48 02 64
7 0,8702898 0,1013007 0,6698684 0,0412774
76 1 14 65
8 0,7535629 0,0660796 0,5148429 0,0451464
33 77 87 06

Les valeurs moyennes de Kv et de KD sont :

 Kv = 0,906863136
 KD = 0,592353614

IV - 4 – Graphe de QD et de QV en fonction de QT :
Dans le graphique, les croix en rouge représentent Q D en fonction de QT, les
étoiles bleues représentent quant à eux QV en fonction de QT :
Travaux pratiques de mécanique des fluides 7
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

0
QV, QD

0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

QT

Il est à noter que toutes les droites représentées sur le graphe précédent sont
obtenues par la méthode des moindres carrés, et les carrés d’incertitude sur les débits
sont représentés dans le même graphe pour chacun des points.

La méthode des moindres carrés se résume comme suit : En posant :


Travaux pratiques de mécanique des fluides 8
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

E (a,b) =  (y(x ) – a*x


i i -b), le minimum de E est atteint pour les valeurs
de a et de b telles que : dE/da = dE/db = 0

Pour la droite représentant QD en fonction de QV, la méthode des moindres


carrés donne une équation caractéristique : yD =1,6124*x + 2.10-5 ; quant à celle de QV
en fonction de QV, on trouve : yV = 0,9166*x + 5.10-5.

La première remarque que l’on peut faire est la plus importante : les deux
droites sont très voisines de la première bissectrice du repère choisi (la pente est
proche de 1 et l’écart par rapport à l’origine reste faible), sauf peut-être pour la droite
concernant le diaphragme où la pente s’éloigne légèrement.

La mesure par chronomètre étant la plus précise des trois méthodes, on peut
dire que la méthode du diaphragme est, comme nous l’avons précisé dans la partie
théorique, la moins précise parmi celles-ci ; alors que celle du venturi donne des
résultats avoisinant ceux du chronomètre.

On ne peut omettre les erreurs introduites dans chacun des calculs à cause de
l’imperfection matérielle ainsi que l’erreur accidentelle due à la lecture à l’œil.

IV - 5 – Courbe d’indication du rotamètre en fonction de


QT – Equation d’étalonnage du rotamètre:
La courbe est la suivante :

200

180

160

140

120

100
R (mm)
80

60

40

20

0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

QT (m3/s)

L’équation que l’on obtient par la méthode des moindres carrés est la suivante :
y = 3.10-6*x- 4.10-5 où l’on prend x égal à la hauteur du flotteur dans le tube (en mm)
et Y égal au débit (en m3/s).
Travaux pratiques de mécanique des fluides 9
TP n 2 : Etude des méthodes de mesure de débit

Le nuage de points obtenu avoisine la droite dont l’équation est donnée ci-
dessus. Cette équation est appelée équation d’étalonnage du rotamètre : en lisant
directement la valeur de y sur le tube du rotamètre, on déduit le débit (qui est égal au
x) à partir de cette équation. On peut aussi confirmer la justesse des résultats obtenus
par l’écart par rapport à l’origine qui est très faible : pour un débit nul, le flotteur est
naturellement à la position zéro.

IV - 6 – Calcul des pertes de charge dans le venturi et le


diaphragme :
L’équation de Bernoulli tenant compte des pertes de charge s’écrit comme suit :

2
P V
2
1 1 P V h
2 2
g 2g g 2g f1 2

On en déduit que : HF / (V2/2g) = (2*∆h*g + [(1/S12)- (1/S22)]*Q2) /V2, Où V est la


vitesse à l’amont du venturi ou du diaphragme. Si on prend l’essai n°3 par exemple,
on aura :

- Pour le venturi : HF / (V2/2g) = 0,6176424 ;


- Pour le diaphragme : HF / (V2/2g) = 72,63297662.

IV - 7 – Conclusion :
Le but de ce TP était de comparer trois méthodes de mesure de débit. La
méthode la plus sûre étant le chronométrage direct, on peut reconnaître la
précision relative de chaque méthode. La méthode du diaphragme s’est révélée
très imprécise face à celle du venturi dont les résultats étaient très proches des
valeurs réelles chronométrées. L’équation d’étalonnage du rotamètre s’est
avérée être un moyen d’obtention directe du débit à partir de la hauteur du
flotteur dans le tube. On ne peut cependant négliger les effets des erreurs sur la
lecture des valeurs prises ainsi qu’une erreur relative au matériel, Dont les
valeurs accompagnent chaque mesure de hauteur dans les manomètres, ainsi
que les calculs ultérieurs.

Vous aimerez peut-être aussi