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Agence du Bassin Hydraulique du Souss Massa

Etude de révision du Plan Directeur d’Aménagement Intégré


des Ressources en Eau (PDAIRE) des bassins du Souss
Massa

Ressources en eau souterraine :

La nappe de Chtouka :

1 Nature du réservoir aquifère :

La nappe de Chtouka est cantonnée dans un réservoir aquifère constitué essentiellement par
des dépôts plioquaternaires, miocènes et éocènes. Ils sont représentés par :
- des grès dunaires et des calcaires de 20 à 100 m d’épaisseur contenant en intercalation
un niveau de calcaire d’origine lacustre de 2 à 6 m de puissance et qui peut devenir
plus ou moins marneux ;
- une formation d’origine fluvio-lacustre, constituée par des sables marneux, des marnes
et des calcaires. Leur épaisseur varie de 50 m à plus de 200 m dans la région au Sud-
Est d’Agadir. A proximité de Biougra, cette formation passe latéralement vers l’Est à
des dépôts plus grossiers (graviers et cailloutis mal roulés) dont l’épaisseur varie de
100 à 150 m.
Au niveau de la bordure sud (vers l’oued Massa) la nappe circule dans les terrains schisteux
de l’Acadien.

2 Substratum de l’aquifère :

Le substratum est connu en partie grâce à la prospection géophysique et à quelques sondages


de reconnaissance. Au nord de la ligne Aït Mimoun-Biougra, les sondages et la prospection
géophysique montrent que les réservoirs plioquaternaires et miocènes reposent en grande
partie sur les formations calcaro-marneuses du Crétacé (Cénomanien et Turonien). Au nord de
la ligne Tifnit-El Kléa, la géophysique indique un horizon résistant qui correspond
probablement aux calcaires turoniens. Au sud de la ligne Aït Mimoun-Biougra, les formations
crétacées semblent disparaître. Le réservoir aquifère repose directement sur les schistes
acadiens à l’est de la ligne d’Agadir-Aït Amira-Tiznit pour le secteur septentrional et sur les
schistes ordoviciens dans le secteur méridional.
La carte des isohypses du toit du substratum (Figure 4) montre que ce dernier s’enfonce vers
l’ouest et nord-ouest, y impliquant une épaisseur importante de l’aquifère.
3 Hydrodynamique et écoulements souterrains :

3.1 Caractérisation hydrodynamique :

Comparativement à la nappe de Souss, la nappe de Chtouka est très peu caractérisée sur le

plan hydrodynamique. Une vingtaine de valeurs de transmissivité donnent une moyenne de


6.7 10-3 m2/s.
Le modèle hydrodynamique calé de l’aquifère de Souss-Chtouka a fourni des valeurs de
perméabilité de l’aquifère de Chtouka oscillant entre 8 10-6 à 3 10-5 m/s. Les valeurs les plus
faibles correspondent à la nappe des schistes.

3.2 Piézométrie et écoulements souterrains :

La piézométrie de la nappe de Chtouka est reconnue à travers trois campagnes piézométriques


exhaustives : 1968 [16], 1986 [2] et 2003 [5].
L’écoulement souterrain se fait globalement de l’est vers l’ouest, en direction de l’océan
atlantique (Figure 5). L’allure des isopièzes montre que la nappe est alimentée en partie à
partir de l’Anti-Atlas et drainée par l’océan atlantique. Les isopièzes s’incurvent vers le nord
marquant la ligne de partage des eaux avec la nappe de Souss, et vers le sud soulignant un
drainage par l’oued Massa.
A l’est, les gradients sont élevés. Ils seraient liés à la mauvaise perméabilité des terrains
schisteux le long de la limite avec l’Anti-Atlas ainsi qu’à l’existence du front de recharge de
la nappe à partir de l’Anti-Atlas. Au centre de la plaine, les gradients hydrauliques sont
faibles, dus à un changement de faciès du réservoir aquifère. Dans la zone littorale, le passage
à un gradient plus élevé pourrait être expliqué soit par l’approfondissement du substratum
afférant au jeu tectonique [2], soit par une variation de la perméabilité.
La piézométrie de 2003 montre un état dégradé de la nappe lié à la diminution de la recharge
et surtout à l’augmentation des pompages. L’impact des pompages est particulièrement
ressenti dans la partie nord de la nappe, influencé par les pompages dans la zone de transition
vers la plaine de Souss. La nappe est déprimée dans le secteur de Biougra. Les isopièzes y
présentent des irrégularités et un recul net vers l’amont.

4 Hydrogéochimie des eaux souterraines :

Des campagnes de mesures physico-chimiques couvrant l’ensemble de la nappe de Chtouka


ont été réalisées entre 1999 et 2000 [14].
La conductivité électrique (CE) des eaux souterraines varie entre 530 et 6800 S/cm. La
moyenne est de l’ordre de 1630 S/cm. Au centre de la plaine les valeurs sont en moyenne
inférieures à 1300 S/cm. Elles augmentent vers :
- le sud, en direction de l’oued Massa ;
- l’est, au niveau des affleurements des schistes acadiens ;
- l’ouest, en direction de l’océan atlantique ;
- le nord, aux alentours de Biougra.
Les eaux souterraines se répartissent globalement en 3 faciès hydrochimiques :
- faciès chloruré-sodique, caractérisant les eaux les plus minéralisées au sud de la plaine
et au niveau de certains points côtiers ;
- faciès bicarbonaté calco-magnésien caractérisant les eaux les moins chargées ;
- un faciès mixte, représentant un mélange des faciès précédents.
Le faciès bicarbonaté calco-magnésien représente les eaux souterraines circulant dans les
formations plioquaternaires (calcaires gréseux et lacustres). Le faciès chloruré-sodique est
responsable des minéralisations élevées. Son origine peut être liée à :
- une contamination anthropique dans les périmètres agricoles ;
- la circulation des eaux dans les schistes, notamment au sud et à l’est de la plaine ;
- l’effet de l’évaporation dans les secteurs peu profonds la nappe, notamment à
proximité de l’oued Massa ;
- l’influence océanique dans la bande côtière.

Les campagnes isotopiques réalisées en 1998 et 2000 [14], montrent des teneurs qui oscillent
entre -2.89 ‰ et -8.14 ‰ pour l’18O et entre -16.9 ‰ et -52.6 ‰ pour le 2H.
Les teneurs en isotopes stables s’alignent sur la droite météorique mondiale, indiquant une
dominance des pluies d’origine atlantique. L’effet de l’évaporation est détectable sur quelques
puits où la nappe est à faible profondeur. La relation entre l’oxygène18 et l’altitude montre
que la nappe est rechargée par des eaux de précipitation locale et lointaines (Anti-Atlas) et par
des eaux d’irrigation.

5 Schéma hydrogéologique et conditions aux limites :

L’aquifère libre de Chtouka est composé essentiellement par les formations carbonatées du
Plioquaternaire. Vers le sud et l’est, le plioquaternaire est en continuité hydraulique avec les
schistes.
Les conditions aux limites sont de trois types :
- la limite avec l’océan atlantique à l’ouest, exutoire final des eaux souterraines ;
- la limite d’alimentation avec l’Anti-Atlas ;
- la limite avec l’oued Massa, représentent une ligne de drainage ;
- la limite hydraulique nord avec la nappe de Souss.
La recharge naturelle de l’aquifère provient de la pluie et des apports occultes à partir de
l’Anti-Atlas. Les retours d’irrigation dans les périmètres de Massa et Tassila (mis en eau en
1974-75) apportent un surplus de recharge.
L’aquifère est surexploité dans la partie nord de la plaine et menacé par des intrusions d’eau
océanique au niveau du littoral.
Les eaux souterraines ont généralement une salinité moyenne. Elles sont contaminées par les
nitrates et les chlorures au sud du périmètre de Massa où la nappe est relativement peu
profonde.

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