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Rapport de stage

Conception et mise en œuvre d’un élevage


avicole bio en autonomie alimentaire en zone
difficile (Kabylie, Algérie)

Maître de stage : M. Boulahouat Nordine

Myriem Amghar-Couchet CS BIO Technicien Conseil AB - Licence ABCD


2010-2011
Sujet : Conception et mise en oeuvre participative d'un élevage avicole bio en autonomie
alimentaire en zone difficile (Kabylie, Algérie)
Remerciements

Mes remerciements vont en priorité à mes formateurs M. Gilles Parcoret et Mme Catherine
Polwiarteck pour leurs conseils, leur aide et leur patience.

J’exprime également ma gratitude à mon maître de stage M. Nordine BOULAHOUAT pour sa


confiance manifeste, ses précieux conseils et sa foi dans l’action.

Je tiens à exprimer ma gratitude à M. Rémy Serres qui fut mon compagnon de voyage et de
soutien tout au long de cette aventure ; car son engagement et celui de ses compagnons de « guerre » a
contribué à ce que ce projet et d’autres voient le jour en Kabylie.

Je remercie également M. SAHKI Mohand, ainsi que les membres de sa famille, de bien avoir
voulu m’ouvrir les portes de leur maison et bien plus encore.

Je n’oublie bien évidemment pas mes camarades de formation et les remercie chaleureusement
pour tous ces agréables moments passés ensemble.

Je tiens enfin à remercier tout particulièrement ma famille qui m’a accordé la liberté d’action
et la patience nécessaires pour réaliser ce travail ainsi que toutes les personnes qui m’ont soutenue.
Sommaire

Introduction
I – Présentation de la structure de stage

II – PROBLEMATIQUE ET OBJECTIFS
1/ Le programme Archipel des Terroirs Sources
2/ Comment concevoir et mettre en place un élevage avicole autosuffisant en zone de
montagnes de Kabylie ?
3/ La dépendance aux hydrocarbures et la faiblesse du secteur privé
4/ Le foncier agricole un des principaux facteurs de blocage`
5/ La Kabylie se vide de ces enfants
6/ Des atouts pour une agriculture de montagne
7/ L’élevage en milieu rural
8/ Les femmes écartées de la vie économique
9/ La biodiversité menacée en Algérie
10/ La femme, médiatrice privilégiée…
11/ L’élevage et ses contre-performances en Algérie
12/ Atouts du système polyculture-élevage
III – Méthodologie

IV – Données techniques et mise en œuvre du projet


1/ Présentation globale du système et du site
2/ Outils et prévision de production
3 / Étude et besoins de l’élevage
4/ Conduite et généralités d’une conduite d’élevage avicole
5/ Les différentes phases de développement d’un poulet
6/ Évolution de la consommation et du poids vif
7/ Évolution de la consommation et des besoins nutritionnels des pondeuses
8/ Perspectives pour une étude sur la sélection pour l’amélioration des performances
9/ Le suivi technique
10/ Le suivi économique

V – Etude sur l’alimentation et les cultures


1/ Détail et information sur l’alimentation de base disponible
2/ Les aliments à introduire et à évaluer
3/ Les besoins alimentaires de la poulette (avant l’entrée en ponte)
4/ Compensation des vitamines et Sels minéraux
5/ Quelle utilisation des minéraux ?
6/ Présentation des hypothèses de rations standards

VI – Bâtiments équipements

Conclusion

Bibliographie

Annexes
Introduction

L’Algérie reste l’un des pays du Maghreb qui ne s’inscrit ni sur la scène internationale, ni nationale
en ce qui concerne sa production agricole. Et pourtant, il y a lieu de s’interroger sur les modes de production
et d’importations alimentaires dans ce pays…

Un grand nombre d’études font état de ce que l’Algérie dispose des ressources indispensables pour
faire face au défi d’un développement agricole durable. Relever ce défi nécessite toutefois une gestion
raisonnée, efficace et coordonnée de ces ressources. Dans le domaine de l’élevage, comme dans les autres
secteurs agricoles, le souci de durabilité et d’efficacité mène à privilégier les ressources et capacités locales
comme base du développement.

En mettant en évidences les déséquilibres observés, des associations de solidarité comme BEDE
mettent en place des modules d’accompagnement pour tenter de réhabiliter un système dans toutes ses
composantes. Ce rapport de stage fait état de la situation agricole et sociale dans la région de Kabylie en
Algérie, pour appréhender ensuite les disponibilités existantes en faveur du développement d’un projet
d’élevage avicole de référence, avec plusieurs transversalités en zone rurale et montagneuse.
6
I – Présentation de la structure de stage

Appui aux initiatives paysannes "Terroirs Sources" du Sud

Fondée en en 1994, BEDE est donc une association de solidarité internationale. Elle est en lien
avec une cinquantaine d'organisations de différents réseaux français, européens et internationaux.
BEDE contribue avec ses partenaires à la protection et à la promotion des agricultures paysannes en
soutenant les initiatives d'une gestion respectueuse du vivant par un travail d'information et de mise en
réseau. Elle organise des ateliers, des rencontres entre paysans, chercheurs et sociétés civiles des pays
d'Europe, du Maghreb et d'Afrique de l'ouest. Elle réalise également du matériel pédagogique et édite
des publications de récits de paysans sous forme de livrets d’information. Ce travail permet de
sensibiliser le grand public aux enjeux environnementaux et sociaux et aux paysans d'améliorer leurs
pratiques de production ainsi que leur capacité de plaidoyer et de négociation sur le plan législatif.

Pour ce faire, l’association compte 8 membres dans son équipe permanente elle à pour objet de
mener des projets agricoles appelés « Terroirs Sources » derrière cette dénomination il faut
comprendre son rôle d’accompagnement de communautés sur des sites de référence pour la
biodiversité et la gestion des ressources naturelles par un soutien technique à des communautés
paysannes. Pour le cas de l’Algérie, il s’agit de soutien au développement des populations
montagnardes dans le massif des Bibans (au sud de Béjaïa) ainsi que des paysans du sud vivant
essentiellement de la phoeniciculture.

BEDE a organisé en mars 2007 une mission de concertation en Kabylie, qui a été suivie par
deux membres de l'Association des Anciens Appelés d'Algérie Contre la Guerre (4ACG) qui soutient
le village. La rencontre avec cette communauté a permis de clarifier les objectifs et les attentes
mutuelles. Ce fut également l'occasion d'identifier des besoins que l'Association des Anciens peut
directement appuyer et ce, grâce au vivier d'expériences que constituent ses membres. L'association
accompagne depuis 2009 les projets des villages de Tiniri, de Béni-Maouche et celui de la petite
communauté villageoise de Tazla composées d'une vingtaine de foyers. L'objectif des participants
étant d'améliorer leurs conditions de vie sans avoir à déserter leur montagne. BEDE a réalisé
également une série d'ateliers au Maghreb et en Afrique de l'Ouest en collaboration avec des
organisations locales sur la BIOSECURITE et les OGM en ayant pour objectifs de former les
membres d'associations et paysans à ces questions. En outre, il est important de noter que les secteurs
d’intervention de l’association se concentrent essentiellement autour de l’agriculture paysanne et
vivrière. En toute évidence leurs actions viennent encourager et soutenir un mode de polyculture-
élevage respectueux des ressources locales avec pour philosophie l’idée d’une approche holistique.
7
II – Problématique et objectifs

1/ Le programme Archipel des Terroirs Sources

BEDE intervient sur de nombreuses initiatives en agro écologie et s’inspire de ces modèles
pour d'autres communautés rurales. Ces sites s’avèrent être de véritables viviers de pratiques agricoles
respectueuses qui constituent une source de références1 concrètes pour une approche globale et
cohérente de l'agriculture.

L'objectif du programme est d'accompagner durablement un certain nombre de ces terroirs


pour qu'ils diffusent dans leur voisinage et deviennent aussi visibles à plus grande échelle. Ils
couvriront les principaux agro systèmes de la zone géographique de travail.

Comme nous l’avons annoncé plus haut, BEDE intervient depuis plusieurs années dans la
région de Kabylie et a déjà mis en place plusieurs projets de développement dans la logique des
valeurs qu’elle prône depuis sa création. La Kabylie, est la région montagneuse d’Algérie qui reste
isolée économiquement du reste du pays. Les enquêtes de terrain mais aussi le partenariat déjà en
place sur différents sites de cette zone géographique nous ont amenés à raisonner des projets, des
modules répondant à la question de la répartition des richesses. La mise en place d’unités d’élevages
ayant des retombées socio-économiques réelles, mesurables et reproductibles.

2/ Comment concevoir et mettre en place un élevage avicole autosuffisant en zone de


montagnes de Kabylie ?

Orientées principalement vers l’intensification du bovin laitier, l’aviculture et l’exploitation


extensives de l’élevage ovin, « les productions animales en Algérie sont encore loin du niveau de
performance escompté en dépit des multiples programmes de développement et d’amélioration mis en
œuvre ces dernières années ».
.

La tendance du marché national est caractérisée par un recours massif aux importations, faute
d’une production locale en mesure de répondre à la demande exprimée, en croissance constante. À
titre d’exemple, l’Algérie vient au 15e rang mondial des importateurs de viande rouge en 2008. Pour
les produits laitiers, c’est l’un plus grands pays importateurs de lait, il remporte d’ailleurs la médaille
du premier importateur des pays africains. Ainsi, avec ses seuls 35 millions d’habitants, l’Algérie est
classé au même niveau d’importation que la Chine qui compte 1,3 milliard d’habitants ou de l’Union
européenne à 27, avec une valeur moyenne de 800 millions d’euros annuellement. 2

3/ La dépendance aux hydrocarbures et la faiblesse du secteur privé

L’Algérie est ainsi classée 104e sur 177 pays selon l’indice de développement humain mis au
point par l’ONU. Nous sommes donc face à une « croissance sans développement » ; l’argent facile du
pétrole a donné la mauvaise habitude d’acheter plutôt que de produire ce que le pays consomme.

Des détériorations considérables sont générées par ses activités économiques et l’Algérie
menace fortement son cadre environnemental. De ce fait, la pollution industrielle par les émissions
gazeuses et les effluents, la dégradation du patrimoine naturel (eaux, terres, écosystèmes naturels et
agricoles, ressources biologiques...), constituent autant de menaces sur l’environnement global du
pays.

Celles-ci retentissent négativement et directement sur la santé et la qualité de vie de la


population. La diversité biologique, la productivité et la durabilité du capital naturel de même que

1
Voir annexe : carte de géolocalisation et partenaires de l’association.
2
Jeune Afrique, économie, mars 2011
8
l’efficacité de l’utilisation des ressources et la compétitivité de l’économie sont elles aussi touchées
3
.

4/ Le foncier agricole un des principaux facteurs de blocage

Le morcellement des terres agricoles est en effet une préoccupation majeure en Algérie, il
représente un lourd handicap pour le développement de l’agriculture. La conversion des terres
agricoles, généralement de grande qualité, en terres non agricoles, est principalement le résultat du
développement urbain aux dépens de l'agriculture. Les besoins en foncier pour répondre à la demande
socio-économique urbaine ont rendu bien difficile l'exercice de l'activité agricole et ont conduit à un
recul de l'agriculture dans les zones périurbaines. Le paysage rural n'est pas reconnu. Plus de la moitié
de la population agricole est constituée d'exploitations privées de subsistance et d'accès difficiles. Elle
est pratiquée par des agriculteurs disposant d'une assise foncière très restreinte, suite aux partages
successoraux qui ont morcelé et partagé les terres entre héritiers, réduisant ainsi à quelques fragments
les parts des terres individuelles à chaque génération.

Le détournement des terres agricoles de leur vocation initiale tel que le changement de
classification foncière agricole en classification urbaine est fréquent. Ceci a contribué au détournement
des terres agricoles à d'autres usages non agricoles.

La Kabylie représente près de 4 millions d'habitants, soit 12% de la population totale de


l'Algérie (34 millions d'habitants). Cependant, faute d'une exploitation adéquate des richesses de la
région, le chômage au niveau local est estimé à plus de 20% de la population active, un taux fortement
supérieur à la moyenne nationale qui est de 11%.4

L'économie traditionnelle de la région repose sur l'arboriculture (figuiers, oliviers


notamment), et l’élevage. La Kabylie abrite aujourd’hui un certain nombre d'industries
agroalimentaires qui vient elle aussi supplanter peu à peu l'agriculture de montagnes. Enfin, il est
important de signaler que l’une des principales ressources financière de la kabylie, provient des
transferts effectués par sa diaspora en Europe, en particulier par un grand nombre de retraités. Ces
derniers prennent de l’âge et se raréfient de plus en plus, ce qui expose la Kabylie à un risque
d’aggravation de sa situation de crise économique.

5/ La Kabylie se vide de ses enfants, L'exode rural massif commence dès l'indépendance

L’argent provenant de l’immigration a constitué dès lors une force économique majeure qui
a contribué à un exode massif de la population active . Par centaines de milliers les kabyles ont déserté
leurs montagnes pour aller travailler dans les villes algériennes ou à l'Etranger..

6/ Des atouts pour une agriculture de montagne

Pourtant avec un climat de type méditerranéen, sub humide à humide , les terres de Kabylie
figurent parmi les mieux arrosées du pays et offrent de ce fait un potentiel non négligeable pour
l'activité agricole de montagne. L’olivier, le figuier connaissent une forte concentration dans la région
depuis des siècles, et constituent la base d'un système agraire vivrier, complété selon les potentialités
par quelques céréales, des légumineuses, des fruitiers et un petit potager pour ceux qui disposent de
l'eau en saison sèche.

Il y existe également un fort potentiel forestier très adapté aux activités forestières.

3
Les produits de Terroir, les Indications Géographiques et le Développement Local Durable
des Pays Méditerranéens, Options Méditerranéennes, A n°89, 2009

4
Voir bibliographie Internet
9
La génération actuelle a longtemps fuit le secteur, lui préférant d’autres activités, beaucoup
plus lucratives mais aussi moins éreintantes. L’agriculture est devenue, un métier méprisant et
méprisé. La Kabylie a payé le prix fort en adoptant un nouveau mode de vie allant avec les
conjonctures sociales mondiales. La Kabylie « occidentalisée » dans un sens a abandonné nombres de
ses activités manuelles traditionnelles qu’elle a hérité de génération en génération et qu’elle avait
préservé jalousement. Les choses semblent néanmoins changer ; le chômage et l’absence d’autres
alternatives pouvant garantir une assise sociale durable, la Kabylie semble songer à un retour aux
sources. Malgré les transformations et autres mutations socioculturelles et économiques, la région n’a
jamais rompu avec ses racines. L’agriculture, qui constituait jadis, sinon la seule ressource de vie pour
la famille kabyle, commence à renaître de ses cendres. Force est de constater, en effet, que les
différentes filiales relatives aux secteurs sont en vogue. Les jeunes et moins jeunes accordent
beaucoup plus d’importance au domaine agricole. Un secteur qui fait vivre certes, mais les surfaces de
terres labourables sont faibles, la surpopulation, le morcellement généré par le système de l’héritage
des paysans s’amenuise…

7/ L’élevage en milieu rural

Traditionnellement l’élevage avicole en zone de montagne avait un rôle d'appoint alimentaire


et de stock de viande sur pieds pour les fêtes et l'invité imprévu. On détenait un nombre restreint de
volailles, nourries avec les déchets de cuisines et les prélèvements sur les parcours dans la cour ou à
l’extérieur. Cet élevage a toujours été considéré comme une activité féminine, négligée par les
hommes. Suite à un accroissement de la demande de volailles fermières par certains consommateurs
lassés par le manque de saveur des volailles ou des oeufs industriels, certaines familles ont augmenté
plus ou moins la taille des poulaillers mais sans vraiment rentrer dans une logique de conduite et de
production rationnelle. Le poulet et l'oeuf fermier s'échangent aujourd'hui à des prix 30 à 50 % plus
cher que les produits équivalent issus des élevages industriels .

8/ Les femmes écartées de la vie économique

La crise socioéconomique structurelle du pays incite donc davantage les femmes à trouver
des solutions pour contribuer aux besoins de leurs familles. Or, il semblerait qu’elles n’ont pas
vraiment trouvé leur place dans un pays où l’économie nationale se caractérise par des échecs
successifs des réformes annoncées ; surtout celles visant l’amélioration du pouvoir d’achat.

Le pourcentage des femmes occupées en Algérie, demeure faible : 15,3% selon l’ONS (Office
National de la Statistique). La cause de cette faiblesse est liée à la politique d’un pouvoir dominé par
les importateurs et refusant de promouvoir les secteurs productifs. À la veille de l'ouverture de
l'Algérie au commerce international, l'identification des terroirs et de leurs produits est de nos jours
devenu une nécessité pour permettre à des régions comme la Kabylie de préserver les produits de son
terroir et de développer leur commercialisation.

9/ La biodiversité menacée en Algérie

L'Algérie fait partie de cette région méditerranéenne considérée comme étant un centre de
grande variabilité génétique, ce qui lui permet d'être la source pour de nouveaux caractères recherchés
pour l’amélioration de la productivité agricole. Les pratiques agricoles héritées de ces brassages
successifs de populations, porteuses de savoir-faire, ont contribué de biens des façons à
l'enrichissement et à l’originalité de cet environnement agricole et culturel. Mais, à l’instar des
tendances observées à l’échelle mondiale, confirmées par les divers sommets de la terre (Stockholm,
Rio et Johannesburg), l’Algérie connaît un rythme rapide de dégradations de la diversité biologique et
agricole.

L’accélération de cette menace ces dernières décennies, induites par les pressions exercées
dans le développement des activités humaines et les transformations socio-économiques, a été à
l’origine de la rupture des équilibres naturels, de la dégradation des biotopes et de l’érosion génétique
chez beaucoup d’espèces. Ce qui peut constituer un motif de préoccupation majeur pour les
1
communautés rurales averties. En Algérie, les pertes des taxons cultivés avoisinent moyennement
les 59 % et celle des animaux à 56 %5.
Pour l’exemple des souches traditionnelles de volailles sont soumises à ce danger depuis
l’introduction de souches d’élevages industrielles qui a contraint les femmes à abandonner cet élevage,
qui leur est pourtant toujours dévolu.

Une étude intitulée « Réhabilitation socioéconomique d’une poule locale en voie d’extinction6 :
la poule Kabyle (Thayazit lekvayel) » fait état de cette extinction annoncée en raison de l’introduction
anarchique de gènes de souches industrielles dans les élevages villageois. Cette introduction se
pratique soit pour améliorer les performances de croissance des souches locales soit de façon non
contrôlée. Les répercussions de ces croisements mettent en péril les caractères de rusticité et
d’adaptation de la poule kabyle aux conditions climatiques locales auxquelles elle est naturellement
prédisposée.

10/ La femme, médiatrice privilégiée…

C’est sans doute pour son penchant naturel de protection et d’anticipation que dans de
nombreux pays de tradition agraire la femme est ciblée dans les projets de conservation et de
préservation de l'agro biodiversité.

Cette agriculture peut également être son moyen d'affirmation. En effet elle est souvent
considérée comme la détentrice du savoir et elle est directement impliquée dans les produits (variétés,
protection des semences, exigences des variétés ou des races). De la même manière qu’elles ont
fortement contribué au maintien d'une grande diversité dans le génotype de poules ou d'autres animaux
de basses-cours. Ainsi sera-t-il sans doute possible de corriger par effet levier l’économie des zones
rurales fragiles d’abord et urbaines ensuite. La réhabilitation d’une agriculture paysanne adaptée dans
le paysage de montagne permettrait de résister à l’invasion alimentaire d’importation et de favoriser le
développement socio-économique de la population féminine via une gestion durable de la biodiversité
mais également d'améliorer d'une façon conséquente le revenu de ménages ruraux.

11/ L’élevage et ses contre-performances en Algérie

L'aviculture en Algérie a connu une importante évolution au cours de ces dernières années, et
à tendance à faire disparaître son secteur traditionnel géré presque toujours par les femmes. Le
démarrage de cet élevage intensif, qualifié d'industriel, n'a commencé qu'à partir des années 70 au sein
de l'O.N.A.B (Office National des Aliments du Bétail), qui s'est chargé de la réalisation de
l'autosuffisance de la population galopante en protéines animales peu coûteuses. C'est au cours du
deuxième plan quadriennal (1974-1977), que l'on a assisté à l'émergence d'une politique avicole axée
essentiellement sur la filière chair intensive.

En 1981 ce fut la création de l’Office Régional d'Aviculture ce, pour impulser une nouvelle
dynamique au secteur avicole. Depuis, on assiste à un véritable développement qualifié de secteur
avicole industriel bien connu partout dans le monde. L’Algérie y participe avec plus de 50% à la
couverture des besoins alimentaires d’origine animale.

La situation est à la fois «explosive et inquiétante à plus d’un titre». L’une des raisons est que
les éleveurs dépendent entièrement des importations. Cette augmentation frénétique et injustifiée des
prix du maïs et du soja, imposée par quelques opérateurs, met en difficulté des milliers d’éleveurs,

. Mediouni K., 1999, Stratégie algérienne de conservation et d’utilisation durable de la


diversité biologique.,Ministère de l’Environnement, P.N.U.D, Alger
6
Réhabilitation socioéconomique d’une poule locale en voie d’extinction : la poule Kabyle
(Thayazit lekvayel), MOULA N., ANTOINE-MOUSSIAUX N., FARNIR F., DETILLEUX J.,
LEROY P., Département de Productions animales, Service de génétique quantitative, Faculté de
Médecine vétérinaire, Université de Liège, Belgique
1
frappés par une fluctuation incessante des matières première. Lorsque le prix de l'aliment industriel
atteint un pic, les éleveurs renoncent tout simplement à ré installer de nouvelles bandes, ce qui se
traduit quelques semaines plus tard par de fortes tensions sur les prix des viandes blanches et des
oeufs.

Les élevages industriels contribuent fortement la dépendance alimentaire avec une importation chaque
année 3 millions de tonnes de maïs.
Il faut également noter que l'alimentation n'est pas le seul facteur de production quasi totalement
importé. Il est de même de la plupart des équipements , des animaux reproducteurs, des médicaments,
etc.. On peut pratiquement considéré que l'Algérie importe ses produits avicoles en éléments séparés
qui sont recomposés dans le pays.
La croissance urbaine et la faiblesse du pouvoir d’achat ont favorisé la consommation de
volaille, moins chère que les autres viandes, portant ainsi au plus haut niveau la dépendance
économique de la filière avicole.
Par ailleurs on ne peut pas ignorer les nuisances environnementales générées par l'activité avicole
industrielle. Comme partout, les déchets polluent, la surconsommation de médicaments vétérinaires
affecte la santé humaine, les risque de combinaisons virales transmissibles menacent la santé
humaine, et le bilan carbone d l’importation du grain est désastreux
Ainsi développer la production domestique permettrait de créer des emplois, de réduire la dépendance
alimentaire, de réduire l'empreinte écologique et sanitaire tout en améliorant la nutrition de la
population, à condition toutefois de passer à un élevage rustique, dont la taille du cheptel est raisonné
et l'alimentation issue du terroir.

Conclusion : l’intérêt d'une aviculture intégrée et transversale

Le prix de revient de l’aliment industriel est hors de portée pour les petits éleveurs de
montagnes. Elle ne procure de rentabilité que si l'ensemble des conditions de performances sont
réunis, ce qui est très rare. Aussi, Le système polyculture-élevage intégrant les besoins des animaux
dans le plan de production permet d'obtenir des coûts de revient moindre et induit une synergie entre
cultures et élevage. Ce système permet de préserver et de valoriser les terres, de sauvegarder, voire, de
réintroduire les variétés culturales autochtones ainsi que de contribuer au maintien d’une activité en
milieu rural.

En résumé il s’agit donc là de mettre en place un élevage d’appoint conduit par les
femmes en autonomie alimentaire dans un paysage économique qui sombre peu à peu sous le
poids d’une importation alimentaire, qui n’obéit qu’à la seule logique productiviste et
destructrice à l’échelle mondiale et locale.
12
III – Méthodologie

Prenant en considération tous les aspects préalablement étudiés sur ce pays en général et sur la
Kabylie en particulier, il s’agissait dès lors de mettre en place puis de contribuer à un soutien au
développement par un programme englobant toutes ses composantes sans peser sur les équilibres
écologiques, culturels, politiques et cultuels.

Les constats qui nous interpellent dans cette société kabyle restent :

- que le travail de la terre et l’élevage constituent un principe culturel en plus du fait qu'il est
une nécessité économique,
- que les métiers traditionnels, spécifiques à la gente féminine, disparaissent peu à peu sans
aucune intervention pour les réhabilités et surtout de les moderniser, avec toutes les retombées, que
cela peut engendrer dans son sillage,
- que les élevages existants dans ce pays sont générateurs de nuisances environnementales et
sont détenus par des particuliers qui gèrent des cheptels qui, calculés à l’échelle de notre projet
pourraient faire vivre une vingtaine de familles.

L’activité qui présente la plus grande chance de réussite dans le contexte étudié reste
l’aviculture améliorée et raisonnée.

D’après les résultats prometteurs des travaux effectués sur les performances de La Poule
7
Kabyle il s’agissait de partir de cette évaluation puis d’assurer la continuité de ces travaux. La
seconde phase de recherche consistait à réunir toutes les données relatives aux modes de conduite d’un
élevage de volailles. Ceci nous demandait à réfléchir à son adaptation dans un contexte pour le moins
différent de ceux rencontrés dans les différents élevages visités, au préalable, en Midi-Pyrénées. C’est
ainsi, que nous avons constaté que notre schéma de réflexion est très proche de la charte de Nature et
progrès. Il fallait donc orienter la conception du projet selon leur Cahier des Charges dans la mesure
du possible.

Les normes et les objectifs techniques restant à définir :

- Le type d’élevage avicole (chair ou pondeuses),


- Le matériel et coût (couveuses, mangeoires, abreuvoirs…),
- Les bâtiments (matériaux disponibles, la dimension, les parcours),
- Le dimensionnement de l’élevage (nombre de têtes et nombre de bandes annuelles),
- La sélection (l’origine des œufs, quel dispositif de suivi pour assurer la descendance voulu,
quels critères de sélection…),
- La conduite d’amélioration (le baguage, la pesée, les soins, les savoirs),
- L’alimentation et l’eau (quels besoins, quelles disponibilités immédiates, quelles semences
oubliées à réhabiliter, quel foncier agricole),
- Commercialisation et revenus (limiter la production pour rester dans une dimension
économique d’appoint suffisante),
- Les éleveuses (quelle motivation, quel engagement personnel dans une activité exigeante en
autonomie, quelle instruction et/ou savoirs faire),
- Les contraintes de travail (temps, hygiène, préparation de l’alimentation…)

Au terme de cette laborieuse, néanmoins enrichissante réflexion, une première mission de


préparation, d’observation et de repérage début mars a permis de confronter nos hypothèses
initiales et d’ajuster le projet aux réalités du terroir.

De nombreuses interrogations ont émergé durant ce séjour ; nous devions impérativement


réadapter, quelquefois même abandonner, les normes et les objectifs techniques que nous nous étions
préalablement fixés. Tout au long de notre repérage, nous ne perdions pas de vue cette notion de
viabilité et reproductibilité. La famille d’implantation de notre site de référence présente certes

7
Voir note 3
13
quelques avantages et prédispositions qui constituent un atout considérable pour la faisabilité du
projet. Parmi ces avantages, les incontournables sont l’eau et un patrimoine foncier de très bonne
qualité. Mais le plus important reste l’engagement politique et culturel. La forte sensibilisation du chef
de famille, qui fait force d’autorité dans cette communauté, nous a permis d’obtenir une complète
coopération.

Cette première approche a permis par ailleurs de consolider et de sensibiliser les femmes
volontaires concernées à une prise de conscience globale des retombées de leur investissement
personnel. Comme nous l’avons évoqué plus avant, la femme kabyle est non seulement écartée de la
vie économique, mais elle l’est plus encore de la vie politique et sociale. La réalité féminine des
femmes en Algérie se traduit par une résignation devant le déroulement d’un quotidien sans cesse
répété et invariablement identique. De ce point de vue, la perspective d’une nouveauté dans ce
quotidien, qui permettrait à terme d’aspirer à des projets plus personnels, s’est présentée comme une
défit devant être relevé. Ce n’est qu’à partir de ces longs et empathiques débats que nous sommes
parvenus à clarifier les objectifs de ce travail de coopération. En d’autres termes : nous n’apportons
pas un projet clef en main, mais proposons un projet qui exige l’adhésion de tous, en mobilisant
les compétences de chacun-e-s, comme richesse pour toute la communauté.

À l’issue de ce travail, nous sommes parvenues, avec les femmes, à mener nos investigations
pour trouver des œufs incubés et essayer ces « poules électriques » que sont les couveuses. Face à cette
situation concrète, nous avons pu mettre en évidence la première difficulté qu’il nous fallait
surmonter : parvenir à réunir un nombre suffisant d’œufs dans un délai relativement court afin de
démarrer les premières bandes sans en compromettre la conservation. La mise en place des œufs dans
la couveuse était également projetée pour familiariser et former les éleveuses aux appareils de mesures
des incubateurs. Ces derniers avaient été expédiés sur place en amont de cette première mission. Celle-
ci avait pour objectifs de :

- Recueillir des données chiffrées pour évaluer le coût de revient et établir un prévisionnel
quantitatif pour un atelier dont le dimensionnement n’était pas arrêté,
- Vérifier et mesurer l’air d’implantation des locaux d’élevage, y compris les parcours et les
comparer avec les plans apportés (voir annexes).
- Vérifier la faisabilité d’une construction écologique en y adaptant des matériaux et des
techniques connues sur le terrain,
- Rechercher les ressources animales ainsi que les souches,
- Inventorier les savoirs faire pour repérer les points d’appui auprès des éleveuses et de leurs
relations,
- Le dimensionnement de l’élevage idéal à été calculé en fonction du revenu qu’il devra
dégager. Ce salaire doit constituer un revenu d’appoint pour la trésorerie féminine et familiale.

Avant d’entreprendre la seconde mission, de nombreuses sources bibliographiques ont été


étudiées. De nombreux contacts téléphoniques ont été pris auprès d’organismes spécialisés dans
l’alimentation des monogastriques et de spécialistes en plantes protéiques de Méditerranée (ITAVI,
IFIP,ARVALIS,ITE, UNIP, ADAR, CEMAGREF, ITAB, CIRAD). Des recherches de référence sur
les conduites d’élevage en autonomie alimentaire, en pratiques innovantes, voire, expérimentales ont
été menées. Durant cet intermède, nous avons aussi mis en évidence les erreurs de choix que nous
avions commises mais aussi la nécessité d’en réajuster d’autres.

La seconde mission « dite » de réalisation a eu lieu vingt jours plus tard. Ce retour au moment
de l’éclosion a été l’occasion de procéder à la formation visant à « aiguiser » le sens de l’observation
pour procéder aux premiers contrôles et évaluer les besoins au premier stade de la vie des premiers
poussins. À ce titre nous avons mis en place des documents de suivi que nous avons confronté à la
réalité des éleveuses, sans oublier de définir les tâches de chacune en fonction de leur situation
personnelle. Il s’agissait notamment, de réfléchir aux moyens pédagogiques adaptés, donc simplifié
sous forme de fiches, afin d’assurer le suivi du cheptel par des femmes analphabètes ou ne maîtrisant
pas ou trop peu la langue française. Nous avons également procédé à des essais alimentaires, à la
recherche de semences de variétés fourragères existantes (ou ayant existées mais abandonnées) et
adaptées à notre élevage de montagne.
14
Notons que nous avons été contraint d’acheter les concentrés de démarrage trouvés dans le
commerce, faute de stock autoproduit disponibles. Durant cette première période d’élevage, de l’herbe
de printemps a été distribuée ; de la farine de caroube, cultivée localement, a également été
proposée, chose non mentionnée jusqu’à aujourd’hui dans la littérature. L’observation des fientes et
des comportements des jeunes volailles n’ont montré aucune modification laissant présager, sur la
bande étudiée et sur une durée de trois jours une mauvaise assimilation du produit.

Une étude systématique de la farine de caroube pourrait être envisagé sur de plus longues
périodes ainsi qu’à différents stades d’élevage. Elle permettrait d’évaluer le potentiel améliorateur des
performances de développement massale, au moins sur le poulet de chair. En parallèle, d’autres
études sur le potentiel nutritif de produits locaux comme les dattes, la figue séchée et le tourteau
d'olive devront être étudiées à court terme.

La part importante de la mission a été de sensibiliser les éleveuses sur la conduite d’élevage et
de rechercher, par des échanges et enquêtes, les savoirs culturels afin de les confronter et de les
adapter à ce « nouveau » mode de conduite : savoir concilier les savoir-faire traditionnels avec un
mode d’élevage fermier amélioré. Une recherche a également mené pour inventorier les maladies et
parasites principaux fréquemment rencontrés au sein des élevages familiaux. Après que nous ayons
défini les préalables de suivi sanitaire pour cette première bande, nous avons constitué une pharmacie
homéopathique et naturelle de base.Ainsi nous avons su conjuguer les connaissances traditionnelles
avec nos acquis vétérinaires adaptés aux circonstances culturelles et linguistiques. Pour parfaire cette
phase de sensibilisation, une projection de documentaires sur les élevages et les modes de cultures
intensives à travers le monde ont été proposées au sein de la famille.

À l’issue de ces 2 missions, et compte tenu des atouts et des faiblesses rencontrées, nous avons
pu appréhender le plus largement possible les conditions de réalisation d’un élevage en autonomie
alimentaire. Nous avons fixé les normes principales d’un élevage dans ce contexte précis ce, malgré
les quelques interrogations qui subsistent :

- Comment résoudre le problème du travail du sol ?


- Comment retrouver des semences traditionnelles dont la production reste faible ou
inexistante sur place ?
- Quelles sont les cultures à privilégier pour établir un équilibre des rations alimentaires ?
- Comment élaborer un calendrier des cultures une fois acquise la disponibilité des semences
de variétés locales ?
- Comment prévoir des contrats de travail symboliques pour une meilleure appropriation du
projet ?
- Quelle énergie (électrique ou gaz) à privilégier dans l’avenir pour les couveuses artificielles ?
- Comment augmenter le taux de fertilité des œufs en incubation ? Quelle surveillance mettre
en place à la reproduction ?
- Comment sera gérer le temps de travail des volailles en période de récolte des olives et des
figues, qui doit rester une priorité ?
15
IV – Données techniques et mise en œuvre du projet

Au cours du présent chapitre nous ferons la présentation du site d’élevage où a eu lieu cette
première expérience d’élevage fermier amélioré. Nous exposerons ensuite les données techniques du
projet. Il convient au préalable de préciser que certains de nos choix ont été adoptés à défaut de
références existantes dans ce type d’environnement et sans la possibilité de pouvoir assurer un suivi de
terrain permanent.

Les relevés de terrain et les ajustements auxquels nous avons procédé nous ont amenés à
estimer, en premier lieu, le dimensionnement du module de référence. Cette réflexion préalable s’est
effectuée en prenant compte de deux principaux critères :

1) Dégager un revenu n’excédant pas l’équivalent d’un SMIC algérien,


2) Un choix de production tenant compte les habitudes culturelles de consommation de
viande de volaille des Kabyles.
3) Le travail des femmes pour un équilibre social économique

Concernant ce premier point, les prévisions de vente et le salaire à dégager ont fait l’objet
d’une réflexion profonde et minutieuse. En effet, nous avons arrêté nos prévisions sur les bénéfices
pour le dégagement d’un salaire équivalent au SMIC algérien qui s’élève à 15000 D.A. (150 Euros
environ). Ce choix appréhende la dimension stratégique qui consiste à anticiper les velléités d’abandon
des autres activités de production de la famille si elles s’avéraient, à terme, moins rentable que
l’élevage nouvellement mis en place.

Concernant les habitudes culturelles kabyles, il faut retenir que la viande de poulet est souvent
consommée lors de fêtes traditionnelles comme le Nouvel an berbère et la fête du printemps, c’est-à-
dire aux mois de janvier et de mars, ainsi que durant la période correspondant aux festivités estivales
comme les mariages et les baptêmes. La production d’œufs vient, quant à elle, compléter l’apport
protéiques plus accessible pour le reste de l’année.

Ces considérations nous ont permis d’établir un modèle de calendrier d’élevage qui tiendra
compte de ces besoins mais aussi des besoins économiques pour la viabilité des ateliers 8.

Les critères économiques d’investissement, sur le matériel et les bâtiments, font partie d’une
concertation préalable avec le chef de famille, lequel a souhaité utiliser des matériaux qui répondent à
la fois aux exigences d’un élevage de volaille, mais aussi pour une destination future autre. En effet, le
financement de ce bâti s’est fait avec la participation de la famille et c’est en toute évidence que nous
avons trouvé un compromis de satisfaction des acteurs. Pour des raisons de choix économiques, les
futurs modules seront bâtis en armatures métalliques à l’image de celles utilisées pour les serres.
L’isolation sera là aussi raisonnée sur des critères écologiques et locaux (terre et roseaux) dans la
mesure du possible. En revanche, le matériel d’incubation a été acquis par l’association à la genèse du
projet, c’est pourquoi nous pouvons aujourd’hui avec l’expérience directe, émettre quelques réserves
quant au bien fonder du choix du modèle.
L’organisation et le temps de travail n’ont quant à eux pas montré à cette étape de freins majeurs, la
communication et notre rôle de médiateur pour favoriser l’expression des attentes et des contraintes de
chacune des femmes s’est déroulé dans la plus grande harmonie. Cette méthode de communication a
été également l’occasion de réfléchir aux méthodes de mise en place d’une technique et des critères de
sélection puis reproduction à envisager ultérieurement.
C’est au cours de ces échanges que nous avons tenté de réfléchir à un protocole de repérage et de
signalétique par un code couleur répondant à nos critères de sélections.

Les actions menées et relatés ci avant ont été menées, comme nous l’avons évoqué, dans l’optique
d’une participation et d’un engagement idéal des participants (es) mais sans références de terrain pour
observer ou considérer les difficultés et les points d’appui.

8
Voir annexes
16
1/ Présentation globale du système et du site (CARTE GOOLE EARTH)

Localisation :

Beni-Maouche (chef-lieu de commune avec toutes les commodités eau électricité) :

Présentation du site de référence :

FAMILLE SAHKI

Père retraité et mère sans activité


8 enfants : 4 au foyer dont un marié 1 enfant

Caractéristiques
Du choix de la famille
Activités extérieures
Patriarche :
. Président de
. 1 plombier
l’association de figuiculteurs
. 1Contexte
électricien
Pédoclimatique
. politiquement engagé et
. 1 président d’association
sensibilisé
.. 1Région
chauffeur de tracteurs
sub-humique
. Ressources en eau
. Propriétaire de terres cultivables . grande réserve en eau
. Internet et téléphone (Pluviométrie : 600mm/an)
. Magasin de vente . Sols argilo-calcaire sur
. Village à proximité substrat marneux et très
profonds

Contexte Agricole :

Excellentes terres argilo-calcaires sur un substrat marneux et très profond à proximité.


Exploitées en arboriculture (1000 figuiers et oliviers) et très peu en céréales. Prairies naturelles.

SAU : Les terres agricoles s’étendent sur environ 25 ha réparties autour de la maison et ne sont que
partiellement motorisables et nécessitent le travail du sol par traction animale.
17
Eau : Un accès à l’eau par forage constitue un atout peu commun et très important dans le système.

2/ Outils et prévision de production

Terres agricoles : 25 ha de SAU


Production agricole : 1000 figuiers (nbreuses variétés)
Des oliviers, pommiers
Engin agricole :1 tracteur
Autre : un commerce en propriété, bâtiments (étables),
véhicule

En prévision
120 poulets de Chair
50 pondeuses

Objectif Production d’œufs 120 / Bande X 3 par an Soit


150 à 200 par an 360 poulets /an

Pertes
œufs en incubation/220
123
Pertes dans la phase de pré
démarrage (S1) : 4

Les résultats annoncés ne sont à ce stade que prévisionnels. Nos premiers essais déjà en place
font état du nombre important de pertes pendant la phase d’incubation.

Atouts et contraintes :

La contrainte majeure au stade de notre étude révèle l’importance des pertes. Dans un tel
système qu’il faudra concevoir en grande autonomie depuis le démarrage il s’agira de maîtriser la mise
en reproduction et donc maîtriser la traçabilité et la fertilité des œufs. Les 3 coupures électriques ont
sans doute compromis, elles aussi le pourcentage de réussite. Les freins climatiques (neige, pluie) ont
ralenti la construction du bâtiment.
Les atouts c’est la mise en évidence d’un potentiel de réussite évaluée par la bonne maîtrise des
18
couveuses, de l’alimentation et de la gestion sanitaire lors de la phase de pré démarrage. L’équipement
en générateur électrique a permis de faire le relais à cette défaillance.

3 / Étude et besoins de l’élevage

Schéma de fonctionnement de l’atelier :

ÉTUDE DU SYSTEME VERS L’AUTONOMIE


ALIMENTAIRE
(Recherche d’équilibre sol-troupeau)

Besoins alimentaires de Céréales


l’atelier Protéagineux/légumine
42kg/tête/an uses
Besoins en eau Apports Vitamines et
16m3/an env. sels minéraux
Paille : 3m3

BILAN AZOTE (fumier)


0,10% N/poulet/jour

Les besoins alimentaires :

. L'apport d'énergie se fait par les céréales, l'apport de protéines principalement par les
légumineuses.
. Les besoins en minéraux (sodium, phosphore, calcium) sont importants.
. Les besoins en vitamines sont aussi importants, notamment pour les jeunes poussins, qui n'ont
pas encore accès à un parcours et qui dépendent directement des apports réalisés dans l'aliment.

Contexte de démarrage :

La courte situation de période de stage dans laquelle s’est déroulé l’essai du démarrage de la
première bande nous a contraint à distribuer de l’aliment conventionnel acheté dans le commerce. Des
apports comme le son de blé, la farine d’orge, la farine de caroube, les restes de cuisine et les herbes
de printemps ont été proposés seuls ou en mélange. En mai dernier, une parcelle de sorgho et de pois
chiches ont été semées. La part de pois chiche destinée aux volailles sera très faible, puisque cette
légumineuse constitue la source principale de protéines pour la consommation humaine.
19

4/ Conduite et généralités d’une conduite d’élevage avicole

Tableau des besoins alimentaires standards des poules et poulets :

Céréales : blé, orge, sorgho


blanc(sans tanins), vesce,
triticale, avoine, grand mil,
sulla…;
Poulets de :
Protéagineux et légumineuses
moins de 28 jours : 50% de
: pois, féveroles à fleurs
céréales
blanches et/ou colorées, pois-
Alimentation des poulets chiches, luzerne, sulla, lupin...
+ de 28 jours : 75 % de Parcours : Plantation d’arbres
céréales et arbustes
Autres introductions : farine de
caroube, son de blé, figues
sèches,
Minéraux et vitamines

Un travail d’essais distincts sur les calculs des rationnements pour chaque atelier devra être
réalisé au préalable. Cette opération est effectuée généralement par les organismes spécialisés dans la
nutrition animale puis par les fabricants d’aliments qui eux procèdent ensuite aux calculs des rations.
La croissance harmonieuse et l’amélioration d’un atelier de volaille dépendent donc essentiellement de
l’équilibre à trouver entre les rations alimentaires à chaque stade du développement mais aussi des
conditions sanitaires dans la conduite générale. La difficulté ici étant d’établir et de vérifier des rations
respectant cet équilibre avec des espèces pouvant compenser et remplacer les apports habituels de base
fournis par le maïs et le soja.

5/ Les différentes phases de développement d’un poulet

INCUBATION : 21 Jours

DEMARRAGE : 28 Jours (os) Durée de la période d’un


élevage fermier :
CROISSANCE : 35 Jours (Muscles)
28+35+35 = 98 Jours
FINITION : 35 Jours (goût)

ABATTAGE : Dans le mois qui suit

La figure ci-dessus nous montre les stades de développement des volailles destinées à la chair.
Il permet de bien distinguer les périodes auxquelles interviennent les changements des besoins et
rations mais aussi de prévoir le calendrier9 d’élevage sur lequel devront se baser les éleveuses pour
déclancher le démarrage d’une nouvelle bande.

9
Voir annexes
20

6/ Évolution de la consommation et du poids vif

Consommation d’aliment (en g/semaines) distribuée et évolution du poids vif pour


un POULET DE CHAIR

Consommation
Un poulet de chair Age en semaine Poids vif (en g)
/jour en (g)
1 10,50 120
2 22,00 250
Phase
3 37,00 450
Démarrage 4 51,50 700
5 60,00 1000
6 77,00 1300
Phase 7 93,00 1650
Croissance 8 100,00 1800
9 107,00 1900
10 114,00 2300
Phase
11 121,50 2600
Finition 12 121,50 2900

Durant la phase de finition, la limitation des rations des poulets évite une prise de poids trop
importante qui généralement se traduit par de la graisse. Il faut donc choisir un aliment avec un niveau
d’énergie plus bas. C’est à cette période que l’on donne des rations pauvres en énergie.
21

7/ Évolution de la consommation et des besoins nutritionnels des pondeuses

Consommation moyenne d’aliment et évolution du poids vif pour


UNE POULE PONDEUSE

Ration Poids
Age en Protéines
Poule Pondeuse alimentaire vif
semaine en g/jour
en g/jour en g
1 12 2,5 65
2 20 125
3 26 210
4 31 300
Période de démarrage 5 36 390
6 41 480
7 46 8,7 570
8 51 9,7 660
9 57 745
10 61 835
11 64 925
12 67 1015
Période d’élevage
13 70 1100
Ou croissance
14 73 1180
15 76 1260
16 79 1340
17 82 1420
18 86 13,3 1500
er
1 œufs 120 16 1650
Période de production 30 120 16 1950
35 120 16 2000

Les deux tableaux ci-dessus nous permettent de comparer de manière significative la


différence et l’évolution du poids depuis la première phase de développement. Il semblerait que cette
observation pourrait constituer un des critères notables de distinction entre les poussins destinés à la
chair et ceux qui sont destinés à la ponte. En effet dès le démarrage des bandes, l’atelier de destination
de l’animal devra être rapidement repéré pour adapter les besoins. Nous observons ensuite que cette
différence apparaît ensuite tout au long de la croissance. Dans les colonnes des rations alimentaires,
nous retrouvons paradoxalement, des besoins en quantités plus importantes chez les poussins destinés
à la ponte lors de la première semaine puis qui diminuent rapidement. En revanche l’accent est mis sur
une phase de démarrage plus longue de 3 semaines et la prise de poids est progressive jusqu’à l’entrée
en ponte vers 18 semaines d’âge. C’est par conséquent à ce stade que les besoins en protéines sont
plus importants. On dits alors que ce sont des « nutriments d’entretien » car bien qu’ils soient plus
élevés que pour les poulets de chair, ils sont néanmoins constants.
22
8/ Perspectives pour une étude sur la sélection pour l’amélioration des performances

La sélection :

La condition de réussite du projet sera de définir un système de sélection efficace au sein d’un
élevage de races mixtes. Toutefois, lorsque en amont du projet, il s’agissait d’arrêter le
dimensionnement de l’élevage nous avons pris soin d’établir les plans10 du bâtiment, en intégrant une
aire destinée à l’observation et mesures des performances en ponte et en chair. L’objectif de ces
recherches étant de procéder à une sélection en conjuguant des essais d’études sur l’alimentation et les
performances maximales atteintes par les 4 races11 aujourd’hui disponibles dans l’élevage. Un travail
sur la rusticité de montagne viendra également vérifier et compléter l’étude déjà réalisée12 sur ces
races locales de kabylie.

Sachant que la filière devra être construit localement, il faudra encore procéder à des recherches
sur l’introduction ou non de souches amélioratrices provenant des villages voisins. Ce travail devra
faire appel aux savoirs faire des anciennes éleveuses kabyles mais nécessitera sans doute un
accompagnement technique et une recherche approfondie des données scientifiques existantes.

Quelques critères de sélection :

Dans un souci d’intégration, de diffusion et de sauvegarde des savoirs faire


intergénérationnels, nous envisageons de faire appel aux connaissances et méthodes traditionnelles
détenues par les anciennes éleveuses pour procéder à l’observation et au baguage des volailles.
Usuellement elles utilisent des tissus de différentes couleurs pour signaler les critères suivants :

- Poules entrées en ponte


- Meilleures pondeuses
- Les meilleures couveuses
- Les souches résistantes
- Les poulets à croissance régulière
- Les poules qui ont été côchées

Ce travail de bon sens réalisé par les femmes constitue une base d’appui très importante pour
l’amélioration des performances de l’élevage. En synergie avec cette sélection traditionnelle, il faudra
assurer le suivi sur les équilibres alimentaires avec des essais de différents mélanges et une
surveillance sanitaire rigoureuse. Le suivi de la reproduction (observation et signalement des femelles
couvertes par les mâles) permettra d’augmenter une production de poussins de manière plus sûre et
limitera les pertes qui découlent de ce paramètre.

10
Voir Annexes
11
Voir photos Annexes
12
Réhabilitation socioéconomique d’une poule locale en voie d’extinction : la poule Kabyle
(Thayazit lekvayel), MOULA N., ANTOINE-MOUSSIAUX N., FARNIR F., DETILLEUX J.,
LEROY P., Département de Productions animales, Service de génétique quantitative, Faculté de
Médecine vétérinaire, Université de Liège, Belgique
23

9/ Le suivi technique

Des documents types de suivi sont disponibles en annexe pour permettre d’évaluer la mise en
place de ce premier élevage pilote en kabylie. En effet en l’absence de suivi direct mais aussi de
références techniques de terrain, nous avons arrêté le dimensionnement du module de référence de
notre élevage sans tenir compte de critères socio-économiques au sens strictes. Cependant, des
éléments d’évaluation de base nous permettrons d’ajuster la gestion et la conduite pour atteindre les
premiers objectifs souhaités.

TENU D‘UN CAHIER D’ELEVAGE EN NOTANT CHAQUE JOURS

- Nombre d’œufs pondus


- Le nombre œufs mis à couver et les taux d’éclosion
- La courbe de poids par des pesées quotidienne puis hebdomadaires
- Les pertes
- La quantité d’aliment distribué
- La quantité d’eau distribué
- Les médicaments distribués
- Les observations particulières
- Les dépenses effectuées (gaz, aliment, matériel, paille, plateaux à œufs, étiquettes…)
- Hygiène
- Main d’œuvre et interventions temporaire
- Les ventes d’œufs, de poulets de chair
- Évolution de la ponte par un graphique visuel
- Les ventes : de poules réformées, de fumier
- Pour le fumier il faudra déterminer une zone de stockage des déjections et de la paille
des litières pour une valorisation ultérieure et calculer les quantités.

À LA FIN DE CHAQUE SEMAINE :

- Calculer le total des œufs, faire une moyenne et reporter sur un graphique son évolution
- Total d’eau et d’aliment distribué en utilisant des récipients servant de maître étalon
- Déterminer les quantités d’aliment par poule et par jour pour connaître les quantités
ingérées /poule/jour
Exemple :
Total d’aliments consommés dans la semaine (en kilo) X 1000 (pour ramener en gramme) ÷ par
le nombre de poules.

Le cahier de suivi d’élevage est un cahier sur lequel sont reportées13 les informations utiles au
suivi et observations quotidiennes ultérieures. En effet, le temps imparti par les courtes périodes de
stage, l’absence de bâtiment d’élevage n’ont pas permis une mise en place globale et efficace de ce
suivi. Le recueille des données de suivi, l’adaptation et la vérification pratique de cette
surveillance préconisée reste à améliorer et sans doute à redéfinir lorsque les conditions de
temps et d’espace seront stabilisées.

13
Voir fiches de suivis journaliers et hebdomadaires en Annexes
24

10/ Le suivi économique

La question de la rentabilité économique est une question centrale dans toute activité. Or, dans
ce système de production, la notion de rentabilité prend un tout autre sens. Les nombreuses
expériences ayant une vocation d’accompagnement ou de développement, connaissent souvent tous les
risques liés à ces programmes d’aides. La société kabyle, comme malheureusement beaucoup d’autres
dans le monde, connaît elle aussi de graves difficultés politiques ayant un impact direct sur la situation
économique des individus qui la compose. C’est donc en tenant compte de ce contexte et de cette
réalité que notre projet ne perd pas de vue la notion de développement au sens global du terme.
Comme nous l’avons vu précédemment, notre famille de référence a été choisie pour l’engagement
politique de son chef de famille. Ce dernier, malgré les nombreux freins rencontré dans cette démarche
engagée, est parvenu à fédérer et à rassembler ses concitoyens pour relancer et dynamiser le secteur de
la figuiculture de sa région. Ces efforts et sa détermination ont été récompensés par une réussite
notable et par des retombées considérables à l’échelle du village. La figue de Béni-Maouche jouie
d’une renommée prometteuse à l’échelle du pays mais aussi à l’échelle internationale depuis l’année
dernière.

Cette réussite, bien qu’elle soit encourageante, elle reste néanmoins fragile du fait du travail
qu’elle nécessite. C’est pourquoi nous pensons que nos projets avicoles, bien qu’ils se veulent
améliorés, doivent garder une dimension de rentabilité dite « d’appoint ». Cette réflexion tire sa source
d’expériences connues qui démontrent comment un projet d’appui aux communautés fragilisées réduit
à néant les initiatives individuelles. En outre, ces projets s’adressant directement aux femmes, nous
avions à cœur de les encourager à participer à la vie économique du foyer, sans qu’elles entrent en
« concurrence » économique avec les hommes de la famille. C’est pourquoi nous avons calculé les
objectifs de dimensionnement des ateliers en fonction des revenus qu’ils devront générer, c’est-à-dire
environ un SMIC mensuel.

Prévisions de ventes :

POULETS DE CHAIR OEUFS REFORMES TOTAL

120X600 DA 200X50 = 10 000X10DA 25/an X 300 DA 18 000 + 8 400 + 625


= 72 000X3(bandes)
÷12 = 100 000DA/an = 7 500 DA /an

= 18 000 DA/mois = 8 400 DA/mois = 625 DA/mois = 27 025/mois

Prévisions Dépenses :

AUTRES FRAIS
ATELIERS ALIMENTATION TOTAL
ANNEXES
42kg/an x 50

Pondeuses = 2 100 kg x 25 DA/kg (Gaz, électricité)


52 500 + 126 000
Montants
= 52 500 Non déterminés
= 178 500DA / an
42kg/an x 120
Abreuvoirs :
= 14 875/mois
Chair = 5 040 kg x 25 DA/kg 110 DA x 8

= 126 000 DA
25

Marge Brute Prévisionnelle :

RECETTES DEPENSES TOTAL

27 025 DA 14 874 12 151 DA

Prévisions avec achat d’aliments :

Ces prévisions financières sont calculées dans l’hypothèse où l’alimentation devait être
achetée dans le circuit marchant conventionnel. Son coût de revient constitue ici une part importante
dans le poste de dépense. De plus, ce projet est dans ce cas précis conduit par deux femmes d’un
même foyer. Le revenu annoncé sera par conséquent divisé par deux. Une telle rentabilité risque de
décourager sur le long terme les éleveuses. C’est pourquoi, au vu des résultats obtenus, le poste de
dépenses pour l’alimentation encourage l’autoproduction pour un gain plus important jusqu’à atteindre
le taux de rémunération fixé au préalable.

Calcul des prix de vente :

Concernant le calcul sur les prix de ventes, nous avons estimé les tarifs au prix du kilo des
volailles tels qu’il se pratique dans le circuit conventionnel et avons tablé sur un poids moyen de
2kg/poulet. Pour les réformées, nous avons calculé sur un poids moyen d’1kg puisque, de manière
générale, la viande de réforme est déclassée. Une étude de marché devra sans doute être effectué pour
ajuster le prix en tenant compte du coût de revient en autoproduction mais aussi de la demande locale.
Il est également à noter ici, que très souvent les poules de réformes sont vendues à des particuliers qui
continuent à les élever pour la production d’œufs. La valeur ajoutée sur la valorisation du produit issu
du terroir devra également être réfléchi et concerté ce, sans pour autant être inaccessible pour le
consommateur local. Les dépenses inhérentes à la production (gaz et électricité) n’ont pas été
communiquées à ce jour pour les 2 premières bandes.

Commercialisation :

Le magasin familial situé au coeur du village, permettra de commercialiser directement les


produits des 2 ateliers (œufs et viande). La famille vient par ailleurs de l’équiper d’un réfrigérateur
pouvant recevoir la marchandise dans de bonnes conditions d’hygiène et de conservation. Une
prospection auprès des boucheries de ce même village à été menée pour multiplier et répartir les points
de ventes. Nous avons obtenu l’accord de ces commerçants ; ainsi nous ferons mieux connaître les
productrices, leur élevage et leur conduite dans le respect des traditions naturelles et féminines.
26
V – Etude sur l’alimentation et les cultures

Besoins en matière de l’atelier pondeuse et assolement correspondant :

% formule
Intérêts & facteurs
Matières et limites Rendement
limitants pour Besoins
premières d’incorpo- (q/Ha)
pondeuses
ration
Divine, Gloria et Mélodie
Féverole sans tanins et vicine
5 à 15% (5 à 10,5q /ha) 210 kg
colorées convicine
À broyer finement
Ne pas distribuer avant 4 Hiver : 30
Pois 10 à 20 % 315 kg
semaines Printps :10
Valeur énergétique élevée
Sorgho blanc bon intermédiaire entre
70 % 1470 kg
Sans tanins maïs et blé / Pauvre en
lysine, thréonine, AAS
Assez bon profil en AA
Peu énergétique,
Orge 30 % 630 kg
humidifie la litière, pas de
xanthophylles
Toxique : A tremper au
Vesce 5 à 10 % 210 kg
préalable 24 H
En semoule pour les
jeunes et plus gros
Pois chiches 5 à 15 % 210 kg
(concassés) pour les
adultes
Mil
Avoine Excitant limiter son
10% Maxi
Thazkount apport à 10%
Sulla
Riche en phosphore
Son de blé
favorise motricité 5 à 10 %
Thagourchalt
intestinale
Plus riche en lysine que le
blé et valeurs
énergétiques proches du
blé tendre
Triticale 60 % 40 840 kg
Haute teneur en AAS +
bon rendement paille, pas
de xanthophylles. Très
rustique
Feuilles MS en farine
Luzerne pour la coloration de la 2 % (MS)
peau et du jaune d’œuf
Carbonate de
1,2 %
calcium
Levure L’alimentation des poulets en
général, doit contenir
de brasserie 1% 14 % d’humidité au maximum.
déshydratée
Sodium (sel) 0,15 %
27

1/ Détail et information sur l’alimentation de base disponible

Le tableau précédent énumère les besoins, les limites les disponibilités par un code couleur :

- En jaune : Les espèces connues et partiellement disponibles,


- En rouge : Les espèces à réintroduire car introuvables,
- En bleu : Les espèces à introduire ou à réintroduire car oubliées ou non utilisées.

Concernant la féverole, l’orge, le pois et les pois chiches, nous les trouvons assez facilement
dans le pays ; celles-ci servent à la consommation humaine courante et ne sont encore cultivées que
dans ce seul but. Cela ne permet pas encore de l’envisager en alimentation animale. Quant au pois, il
semblerait qu’il existe une variété destinée au bétail mais nous n’avons pas encore confirmation de sa
disponibilité. L’orge quant à lui, est assez répandu dans tout le pays car il fait partie d’une tradition
fourragère qui perdure encore de nos jours pour les animaux d’élevage familiaux. Son coût reste élevé
(1 500 DA/q) à l’achat surtout pour des besoins tels que nous les avons établis. Toutefois, sa présence
dans l’alimentation des poulets de chair en phase de finition est conseillée, car peu énergétique. En
revanche, les conséquences de son introduction se caractérisent par une humification de la litière,
chose qui devra être anticipée. Un bon entretien de la litière ainsi qu’une bonne aération des locaux
devront être maîtrisés. Plus simplement, l’utilisation de cette céréale pourra être évitée en hiver.

Les espèces à réintroduire comme le sorgho14, la vesce, l’avoine et triticale sont des aliments
autrefois couramment utilisés, mais l’alimentation industrielle d’importation les peu à peu a supplanté.
Seuls les anciens les connaissent et, malgré notre obstination dans la prospection, celles-ci restent très
difficiles à trouver. Pour cette année, nous avons pu nous procurer 4kg de sorgho que nous avons semé
en mai dernier sur une parcelle. Cette faible quantité ne couvrira évidemment pas les besoins de cette
année ; il serait donc judicieux de ressemer toute la récolte l’année prochaine compte tenu de son très
grand intérêt nutritionnel et énergétique15. De plus, le sorgho remplace très avantageusement, et même
bien au-delà, les valeurs protéiques du maïs. En conséquence il a toute sa place dans la production
fermière.

Les espèces oubliées et/ou inconnues comme le mil (le grand), le Sulla, le lupin (jaune) et la
luzerne, font partie de cette alimentation qui constitue aujourd’hui une alternative efficace et reconnue.
Quant à la variété dite « grand mil », celle-ci pourrait être introduite à titre expérimental. En Afrique, il
est associé au sorgho dans les cultures. Le Sulla présenterait également un intérêt analogue au sainfoin
mais nous manquons là aussi de données comparatives et expérimentales sur son introduction chez les
monogastriques. L’intérêt du sulla, de la famille des légumineuses, est qu’il est présent et bien adapté
en Kabylie. Son port étalé en fait un excellent couvert contre les adventices en association et il permet
de lutter efficacement contre l’érosion des sols. Quant à la luzerne, son adjonction dans l’alimentation
permet d’intégrer les apports en xanthophylles qui sont des molécules jaunes dérivées des carotènes.
On les trouve habituellement dans le maïs. C’est grâce à ces xanthophylles qu’est obtenue la
coloration des jaunes d’œufs et de la peau des poulets.

2/ Les aliments à introduire et à évaluer

Le caroubier :

Tous les Kabyles connaissent la caroube (axerub) et la pâte que l'on extrait de ses gousses,
sorte de Nutella nord-africain 100% artisanal. Cependant, le caroubier est de nos jours, lui aussi
délaissé même dans l’alimentation du bétail. Ses qualités nutritionnelles du fait de sa richesse en
protéines 7%, en sucres 40 % (glucose et saccharose), d'amidon 35 %, tannins, sels minéraux (calcium,
phosphore , magnésium , silice , fer et pectine) et dans des proportions plus faibles, des graisses.

14
Voir tableau comparatif avec le maïs en Annexe
15
Voir tableau valeurs énergétiques pour les volailles en Annexe
28
La caroube convient très bien à alimentation animale : la pulpe des gousses est un excellent
aliment énergétique pour le bétail. On les incorpore parfois dans les aliments composés. La présence
de tanins doit faire l’objet de recherches plus approfondies quant à son introduction dans
l’alimentation des volailles. Au niveau des rendements, un arbre bien entretenu produit 100 kg de
caroube par an, la vente au détail de la récolte d'un seul arbre se monterait aux alentours de 300 000
dinars. Pour rappel, un SMICard algérien gagne 120 000 dinars par an. Dans le même ordre d’études
et de recherches, il faudra également explorer les voies qu’offrent la figue séchée et les dattes. Le
tourteau d’olive qui lui, sert accessoirement de combustible, pourra faire l’objet d’investigations plus
fouillées.

Les autres apports comme le calcium, la levure et le sodium, constituent une faible part dans
les mélanges, mais restent indispensables. Le sodium et la levure ne pose a priori pas de problème
d’approvisionnement. En revanche la source d’approvisionnement de calcium pour les poules
pondeuses fait partie de nos plus grandes préoccupations. Dans les élevages classiques bios de France
et d’Europe, cet élément est distribué sous forme de broyat de coquilles d’huîtres. En Algérie, il
s’agira d’explorer d’autres pistes d’approvisionnement tels que le gypse ( ?), la craie, le calcaire, les
coquilles d’escargots ou les coquillages…
Les besoins en eau :

L’eau constitue le besoin primordial des volailles avec la nourriture, en effet, les poules peuvent boire
jusqu’à 500ml par jour et par poule par temps chaud et dans le cas d’une alimentation sèche. Ces
besoins diminuent donc en fonction de ces deux paramètres. Cependant, les besoins moyens s ‘élèvent
à 160ml par jour et par poule. C’est pourquoi, ce besoin vital est à considérer de manière systématique
lors de chaque installation de projet dans un triptyque : Eau, Alimentation, Bâtiments.

La litière et les besoins :

Les besoins en paille sont importants dès la phase de démarrage, c’est pourquoi nous avons tablé sur
une moyenne de 3M3 par bande pour les 4 locaux.( 0,5 cm x 15 m2 = 0,75 m3 x 4 = 3m3)
29
Rations pour les poulets de chair et le démarrage des pondeuses (en%) :

Intérêts / facteurs Démarrage Croissance Finition


Matière première
limitants (1 à 4 semaines) finition (9 à 14
(en %)
& Observations (5 à 12 semaines) semaines)
Féverole (A fleurs blanches) 15 % 15 à 20 % Idem
Ibawen o bissar
Pois (Donner après 4 25 % 20 à 30 % Idem
protéagineux semaines)
Thagilbant

Sorgho Valeur énergétique


Bechna élevée bon 20 % 40 % Idem
intermédiaire entre
maïs et blé
Orge Idéalement germées
Thimzine Pour l’apport en 10 à 30 % 50 % Idem
vitamines
Vesce Toxique : nécessite
trempage de 24 H 20 % 10 à 15 % Idem
Pois chiches En semoule pour les
El Himez jeunes et concassés 10 à 20 %
pour les adultes 5 à 15 %
Blé tendre Teneur en protéines
Irthen plus élevée que le Sans limite Idem
maïs 41 %
(Riche en phosphore
Son de blé favorise motricité 5% 5 à 10 % 5 à 10 %
Thagourchalt intestinale)
Luzerne Utiliser les feuilles 2à5%
Thazkount Sèches
Triticale Très énergétique 10 % 10% 10%
servi aplati
Calcium 1,2 % 1,6 % 1,6 %
Levure de
brasserie 1% 1% 1%
déshydratée
Sodium (sel)
0,15 % 0,15% 0,15 %

3/ Les besoins alimentaires de la poulette (avant l’entrée en ponte)

- Les besoins sont les mêmes que pour les poulets de chair durant la phase de démarrage (0
à 6 semaines)
- Phase de croissance (entre 6 et 20 à 23 semaines), c’est la période où la poule doit
commencer à s’adapter au parcours à l’extérieur pour trouver les compléments
alimentaires dont elle a besoin.

À partir de 18 semaines ou aux premiers œufs, il faut leur fournir une alimentation qui va
couvrir les besoins en énergie pour augmenter leur poids, à peu près comme la moyenne exprimée
dans le tableau du dessous. Il faut aussi des protéines qui vont favoriser l’entrée en ponte et une bonne
production d’oeufs. En effet si les poules manques de protéines, elles vont diminuer la production
d’œufs. La quantité moyenne d’aliments pour une pondeuse est de 120g/poule/jour.

Il ne faut surtout pas négliger les besoins en calcium sous forme de poudre calcique ou
carbonate de calcium ou encore de craie pour la formation de la coquille.
30

4/ Compensation des vitamines et Sels minéraux

Tout au long de nos recherches sur le volet alimentaire nous n’avons eu de cesse de nous
préoccuper des ces apports indispensables à l’équilibre des rations et des disponibilités locales. Nos
recherches et enquêtes semblent converger vers des essais prometteurs avec les apports en céréales
germées16. En effet, après un contact prolongé avec un milieu humide, les graines de céréales et les
semences en général entament un processus d’activation des activités enzymatiques dans toutes les
parties de la graine (embryon et tissus de réserve), conduisant à la croissance de l’embryon et à la
constitution d’un germe. Les mécanismes globaux qui règlent la germination sont l’hydrolyse de
l’amidon et des protéines. Les protéines sont transformées en acides aminés et l’amidon en sucres
simples. Cette caractéristique augmente la digestibilité en comparaison avec les graines non-germées.
Cela demande moins d’efforts de la part de l’appareil digestif. Les sucres simples et les acides aminés
sont ainsi directement assimilables par l’organisme. L’élément essentiel permettant le phénomène de
germination est l’eau. Son action est fondamentale pour que les macromolécules (amidon, protéines)
puissent s’hydrater et réaliser leur fonction. La germination induit donc des modifications aux
propriétés physico-chimiques des graines, rendant la biodisponibilité des nutriments plus importante.

5/ Quelle utilisation des minéraux ?

a) Le calcium
Pour les pondeuses, l'apport de carbonate de calcium est indispensable pour la fabrication et la
solidité de la coquille. La poule a en effet un appétit spécifique pour le calcium à certaines heures de la
journée qu'elle doit pouvoir satisfaire. La fabrication de la coquille nécessite l’exportation de 2,3
grammes de calcium par jour, et un apport dans l’aliment de 4,6 grammes de calcium compte tenu de
l’utilisation digestive qui est de l’ordre de 50%. La coquille se formant dans le cloaque en fin de
journée, la consommation de calcium se fait plus importante le soir.
b) Le phosphore pour les poulets de chair
On le trouve dans les céréales (triticale, seigle, blé tendre, …)
c) Le sodium
Il faut limier les apports en sel sous forme de chlorure. Mais il est préférable de le remplacer
par du bicarbonate ou bicarbonate de sodium
d) Les oligo-éléments et vitamines
On peut envisager de pré germer les céréales comme l’orge pour augmenter ses propriétés et
apports en vitamines.
e) Les ferments
Les levures de bière favorisent une bonne flore intestinale.
f) La vicine convicine
Plusieurs études rapportent que la féverole réduit la production de la pondeuse en particulier le poids
de l’œuf. Cet effet négatif est attribué à la présence de glucosides anti-nutritionnels : vicine et
convicine (V et C)
g) AAS (Acides aminés soufrés) rôle de structuration des protéines notamment la cystéine.
h) Les Xanthophylles
Ce sont des colorants (jaunes et rouges) qui sont nécessaires pour colorer le jaune d’œuf.
Habituellement on utilise le maïs qui en possède fortement. La végétation extérieure des parcours peut
compléter cet apport au printemps, mais il faudra y penser en hiver et en été. La luzerne remplace
avantageusement cet apport fourni habituellement par le maïs.

16
Graines germées. Une explosion d'énergie vivante de Catherine Oudot, 2007, 71 p., Coll.
Nature gourmande, Croissy sur Seine (France), Anagramme éditions, ISBN : 978-2-350-35102-5
31
6/ Présentation des hypothèses de rations standards

Annホe 2012

25%
Sorgho
10% Triticale
30%
15% Fverole
5% Son
Luz&orgegerm
30%

Nous avons établi ici un modèle de ration possible en tenant compte de son intégration dans le
système culturel et pédoclimatique de notre zone d’action. Le choix de sa composition, bien
qu’encore non vérifié, tient compte des éléments nutritifs disponibles dans ces différentes variétés.
Comme nous l’avons vanté plus haut, le sorgho a le mérite de remplacer significativement la part
de maïs dans les mélanges destinés aux animaux ; de plus, sa disponibilité future le place au
premier rang des céréales riches en protéines. Le triticale, quant à lui, représente un modèle du
genre, en termes de rusticité et de rendement. Ses valeurs énergétiques le place dans la même
catégorie que le blé tendre avec un taux élevé d’acides aminés et son rendement en paille est très
élevé, c’est pourquoi il peut être proposé jusqu’à 60% dans les rations. Cette céréale est également
connue des kabyles tout comme la féverole, l’orge et le son. Le choix des variétés de féveroles
devra être calculé pour chaque atelier. En effet, dans notre cas, il faudra dissocier les féveroles à
fleurs blanches et à fleurs colorées17. L’orge, quant à lui, pourra être incorporé tel quel ou bien
encore germé. Cette technique jouerait un rôle important dans l’augmentation des taux en
vitamines et sels minéraux. Un travail plus approfondi de prospection auprès de fabricants
d’aliments devra être mené pour ajuster les proportions et envisager d’incorporer d’autres espèces
locales d’améliorations.

17
Voir tableau des besoins en matières, p 23
32
VI – Bâtiments équipements

L’élaboration puis la construction des plans ont été réalisées à la suite de recherches
comparatives et de visites d’élevages. Nous avons cherché longuement à comparer les deux schémas
économiques possibles qui permettraient à d’autres volontaires indigents de pouvoir s’autofinancer la
construction d’un bâtiment d’élevage. Dans le cas précis de notre cadre de référence le choix du bâti
en « dur », à été une volonté du propriétaire qui est co-financeur du projet. Les matériaux utilisés
représentent dans ce cas précis un coût près de 10 fois plus élevé que ceux que nous projetons de
réaliser à l’avenir. En effet, nos investigations de terrain nous ont confirmé tout l’intérêt de réaliser les
futurs poulaillers avec des armatures métalliques de serres avec une isolation naturelle dans la mesure
du possible. Comparatif des coûts de revient des deux modèles sont :

- En dur : 120 euros/m2


- En Armature : 15 euros/m2

Dans les deux cas, le respect des normes de surface sera un point essentiel pour une bonne
conduite visant au bien être des animaux. C’est pourquoi les normes que nous avons arrêtées dans ce
projet sont celles qui nous semblent les mieux adaptées pour offrir les meilleures chances de réussite.
Le tableau ci-dessous reprend les calculs qui nous ont servies à l’exécution des plans18.

Tableau des normes de surface à respecter Conformément au CC de N&P :

PARCOURS BATIMENTS

Perchoirs Nids
TRAPPE DENSITE Densité m/nbre Dimens° Surface
S M2/tête Têtes/M2 anmx Et densité Bâtiment

POULETS 15m2X2
1mX2 4 10 1M/3 20X35X40
CHAIR (120÷10)

POULES
15m2
PON- 1mX2 10 4 1M/5 30X35X40
(50÷4)
DEUSES
POUS-
1mX2 30 15m2
SINS

SELEC
10 4
TION

Sur ce tableau, nous pouvons observer deux lignes supplémentaires, l’une réservée aux
poussins et la seconde à la sélection. Ces distinctions devaient apparaître pour accompagner l’ordre
d’exécution des travaux pour ce module de référence. Une intégration systématique de ces surfaces au
sein même des bâtiments sera sans doute à reconsidérer pour les élevages futurs au cas par cas : les
disponibilités immobilières, foncières et le choix lié au rapport entre proximité et disponibilité pour la
surveillance par les femmes.

18
Voir plans en Annexes, réalisés par J.Marc Couchet
33
Diagnostique et choix par rapport à la réglementation :

Normes pour les LOGO AB Nature et Progrès


installations fixes Dans le bâtiment en nbre- Sur les parcours en m2 de
(Avec un max. de 21kg de d’animaux/m2 surface min par sujet
poids vif au m2) AB N&P AB N&P

Pondeuses 6 ou 9 5 4 10

Poulets 10 10 4 4

Sur ce tableau, nous avons effectué un comparatif des normes d’élevages pour les volailles
entre le cahier des charges de Nature et Progrès et le cahier des charges Français en AB. Nous pouvons
constater que les normes de densité pour les poulets de chair sont les mêmes, c’est pourquoi nous les
avons respectées stricto sensu. La surface destinée aux pondeuses à été constitué selon des normes
présentant un bon compromis entre les possibilités du terrain et les besoins du projet ce, conformément
au cahier des charges de Nature & Progrès.

De même, les parcours ont été raisonnés de sorte que soit respectée une rotation cohérente et
adaptée aux conditions climatiques de cette région et aux principes d’hygiène et de bien être des
animaux. À ce titre, nous envisageons de créer des parcours arborés d’essences à la fois fruitières mais
également de d’arbres et arbustes à baies pouvant être consommées par les volailles. Un choix de
variétés locales ou non invasives à feuillage persistant est à prévoir très rapidement.

Matériel de reproduction :

Pour le démarrage de ce projet nous disposons de deux couveuses électriques d’une capacité
de 50 œufs chacune et d’un montant de 350 Euros l’unité. Le choix dans l’acquisition celles-ci pour
notre site ne semble pas satisfaire complètement aux conditions logistiques de la région. En effet, il
semblerait qu’il existe des modèles utilisant le gaz comme source d’énergie. Cette caractéristique de
fonctionnement serait sans doute mieux adaptée à la condition de disposer d’un nombre important de
bouteilles pour couvrir la période des 21 jours nécessaires à l’incubation des oeufs de poules. Quant au
choix de la capacité, nous nous sommes interrogés sur la nécessité d’une capacité plus importante. Or,
le risque d’une panne sans possibilité de remplacement d’urgence est également à considérer. Une
réflexion à plus long terme, laisse envisager là aussi une reproduction naturelle et maîtrisée par les
éleveuses de différents sites. La création d’un site de collecte de ces œufs pourrait être projet…
34
Gestion des pathologies sanitaires :

Les maladies fréquentes en Kabylie sur les élevages fermier sont le plus souvent d’origine
parasitaire. Les maladies causées par les parasites internes et plus répandus sont : la coccidiose, les
ascaris, et le tænia.

Les maladies causées par les parasites externes sont liées à la présence de puces, de tiques et
de poux.

Les maladies liées aux parasites externes peuvent êtres maîtrisés par une mise à disposition
d’un bac à poussière dans lequel ces animaux ont par nature, le réflexe de se « poudrer ». En revanche,
les vermines internes doivent faire l’objet d’une attention toute particulière. En lieu est place
traitement, la prévention est un excellent remède à ces difficultés. Une conduite bien maîtrisée par
l’entretien des bâtiments et des parcours constitue en soi une barrière très efficace. Par ailleurs
l’administration régulière en préventif de fond, d’un vermifuge issu de préparation phytothérapeutique
peut également s’avérer très efficace. Ceci étant, lorsqu’une telle situation survient, un isolement
systématique doit avoir lieu pour éviter la contamination des autres sujets. Les sujets atteints devront
être suivi avec des traitements fortifiants et vermifuges jusqu’à complète guérison. On peut évaluer la
bonne santé d’une volaille par l’observation de son comportement anormal qui se manifeste par une
atonie générale, les yeux ternes et des plumes ébouriffées. A contrario, une poule en bonne santé est
active, les yeux sont brillants et elle est toujours à la recherche de nourriture.

Concernant ce volet de la santé des animaux, il est évident qu’il est à mettre en lien direct avec
l’ensemble de la conduite. Comme pour les humains toute carence, toute insalubrité entraîne
inévitablement des répercussions physiques sur la vie en général. C’est pourquoi, il convient de penser
un tel élevage dit « fermier amélioré » dans sa dimension plénière.
35
Synthèse générale :

Comme nous l’avons vu, la situation économique, sociale et agraire de la population Kabyle
présente très souvent un handicap majeur pour l’initiative personnelle. Or, nos modules ont pour
vocation de s’inscrire en concordance avec cet environnement. Les conditions requises sont la
jouissance d’un patrimoine foncier, l’accès direct ou des possibilités d’accès à l’eau et enfin un
engagement personnel mais aussi éthique des futures éleveuses et de leur famille. Ces conditions ont
fait l’objet de vives interrogations notamment en ce qui concerne la question de la propriété agricole.
Comme nous l’avons exposé dans ce rapport, il s’agit là d’un problème majeur dans les projets d’aide
au développement de ce type. La question liée à l’eau ne s’est pas posée ici, même si les besoins des
ateliers sont significatifs. Telle que nous l’avons décrite, la famille SAHKI, possède un forage qui
alimente toute la maison en parfaite autonomie.

Ce « confort » est un cas isolé dans les villages reculés bien que les strates souterraines de la
Kabylie renferment des ressources considérables. Dans ce cas précis c’est aussi ces commodités qui
ont favorisé la possibilité d’installer un élevage. L’engagement éthique et personnel du patriarche de
cette famille l’a sans doute poussé vers cette recherche d’autonomie et cet instinct de sauvegarde des
ressources de son terroir. Quoi qu’il en soit, le projet est engagé et il s’est doté d’une dynamique
certaine au sein de cette famille.

À la lueur de cette toute première expérience nous avons cependant, relevé des lacunes qui
sont indépendantes de l’action ou de la volonté humaine. En effet, la première difficulté est liée aux
problèmes et défaillance des installations du réseau électrique. Les coupures anarchiques
compromettent la phase d’incubation des œufs dans les couveuses électriques et cet état de fait doit
pouvoir se résoudre par une adaptation rapide, au moins dans le choix du matériel d’exploitation. Nous
avons pu constater également des taux de pertes d’œufs lors de la phase d’incubation qui s’élèvent à
plus de 50%. Ce chiffre met en évidence les pertes liées aux œufs non fécondés. Ces résultats
traduisent là aussi, des difficultés liées à l’approvisionnement en œufs fécondés. À l’achat de ceux-ci
auprès d’éleveuses, nous n’avons aucun moyen de vérifier leur fertilité et cette absence de tracabilité
se répercute directement sur les postes de dépenses. C’est au regard de cette limite qu’il est envisagé
de mettre en place un dispositif de reproduction en autonomie.

Pour aller en ce sens, il est prévu d’intégrer une aire spécifique à cet usage ; mais réaliser un
bâti et octroyer un parcours pour ces animaux nécessite des investissements supplémentaires et de
l’espace. Ce sera sans compter sur la nécessité d’une présence régulière de surveillance et d’évaluation
pour l’atteinte de nos objectifs. Par conséquent, ce temps de travail devra être considéré avec le plus
grand discernement. Il faudra en outre tenir compte de la disponibilité de ces femmes qui, par ailleurs,
doivent s’occuper de leur foyer. De même, les populations rurales kabyles possèdent généralement
toutes des figuiers et des oliviers sur leurs parcelles. Celles-ci sont plus ou moins importantes et se
trouvent souvent éloignées du domicile. Ainsi, la période de la récolte mobilise tous les bras de la
famille. C’est pourquoi, le travail consacré à nos élevages ne devra pas compromettre cette activité
séculaire, ni dans son entretien, ni dans la production alimentaire qui lui est destinée.

Perspectives et suggestions

Les problèmes techniques récurrents sur le réseau d’énergie électrique laisse présager un
recours à des couveuses chauffées au gaz ou d’un relais électrique avec un générateur, faute d’un
recours à des méthodes naturelles en début d’activité. Une réflexion plus encourageante nous permet
également de reconsidérer cette incertitude quant à la fertilité des œufs. Il s’agirait, dans le cas d’un
regroupement de fermes sur une zone géographique relativement proche et d’imaginer l’une d’elles
dédiée à une activité de reproduction et de sélection . Ainsi, le dessein de la recherche d’autonomie et
de développement prend ici tout son sens.

Sur les objectifs liés à la réalisation d’un travail de sélection en vue de son amélioration sur les
souches de volailles kabyles, les critères établis au préalable n’ont pas encore trouvé d’indicateurs sur :

- La conformation d’une bonne poule pondeuse


- Le poids optimal à atteindre pour un poulet de chair
36

Dans nos objectifs d’autonomie alimentaire, la question du lien sol-troupeau est capitale dans
une exploitation. C’est pourquoi nos hypothèses de départs qui consistaient à ajuster le cheptel aux
revenus n’a de sens que si nous atteignons cette complète autonomie. Les premiers essais de semis en
sorgho nous permettrons de procéder à des calculs de rendements et de rationnements pour cette seule
céréale dès l’été prochain. Il serait judicieux de tirer parti de cet élan à cultiver la terre en semant dès
cet automne les autres besoins. Comme nous l’avons vu plus haut, le triticale semble être une céréale
parfaitement adaptée à notre situation ce, pour son intérêt énergétique et son rendement en paille dont
les besoins permettent d’anticiper les problèmes sanitaires.

D’un point de vue économique, la recherche de financement pour permettre l’accès de nos
modules à de nombreux volontaires pourrait être examiné auprès de l’état algérien qui, en ces temps de
révoltes, ont à cœur de répondre et de considérer les revendications. Par ailleurs comme nous l’avons
évoqué précédemment, l’argent de la diaspora s’amenuise. Une sensibilisation auprès de la population
immigrée qui possède des terres dans le pays, ne pourrait-elle pas prendre le relais et soutenir ces
projets par un système de fermage familial ?
37
Conclusion

Dans le cadre de ce stage d’étude, nous avons eu pour projet la conception et la mise en
oeuvre d'un élevage avicole géré par des femmes en zone de montagne. Pour ce faire, nous avons
réalisé au préalable une étude du contexte socio-économique et culturel de notre lieu d’action : la
Kabylie en Algérie. Ces recherches nous ont permis d’appréhender, de façon globale, les conditions de
travail et d’installation de notre projet qui a pour vocation, à terme, de servir de référence
reproductible dans cette région. Les interrogations qui ont découlé de ces recherches ont été
rapidement confrontées à la réalité de terrain au cours de deux missions dans le pays. Parallèlement à
nos ajustements et analyses, nous avons mis en œuvre un effectif d’élevage, pour le confronter par
expérience directe à l’environnement de notre famille de référence.

C’est ainsi que nous pouvons aujourd’hui évaluer toutes les difficultés mais aussi les
possibilités de notre initiative. Le caractère inédit de cette approche ne permet évidemment pas
d’anticiper certains facteurs d’évolution de ce projet. Néanmoins, l’analyse et la critique quant à nos
choix et décisions représentent la base dynamique de ce système. Ce travail de communication et de
concertation avec les éleveuses et leur famille contribue par une large part à ces accommodations.
Cependant, il convient de préciser que les conditions matérielles d’installation de ce projet-pilote,
favorise grandement son évolution. C’est dans ces dispositions, cette confiance mutuelle et ces
convictions que nous avons mis en place tout un programme d’action visant l’autonomie alimentaire.
En effet, nos actions ont été menées de concert avec la famille Sahki, depuis la collecte des œufs
jusqu’à la mise en culture des parcelles. Il convient cependant de préciser ici, qu’un accompagnement
technique fréquent s’est instauré depuis à la genèse de ce projet. C’est aussi grâce à cette approche de
soutien et de mutualisation des savoirs que nous avons pu mettre en évidence les nombreux
ajustements et adaptations nécessaires à son fonctionnement en ne perdant pas de vue l’objectif de
reproductibilité, y compris dans des situations moins favorables techniquement et/ou matériellement.

Au stade d’avancement de notre module de référence, tous les critères techniques et


économiques annoncés définissent un idéal à ajuster en fonction des paramètres et situations
rencontrées. Quant aux notions de durabilité et de viabilité, elles restent inscrites dans le programme
« Terroirs Sources » ; non pas comme un simple concept, mais véritablement comme une philosophie
de vie de tous les acteurs engagés au nom du droit à la souveraineté alimentaire, mais aussi de la
préservation de la biodiversité. À ce titre, nous pouvons avancer aujourd’hui qu’une réelle dynamique
a été engagée et prévoyons qu’elle fera des émules dans son sillage.
38
Références bibliographiques

Les produits de Terroir, les Indications Géographiques et le Développement Local Durable des Pays
Méditerranéens, Options Méditerranéennes, A n°89, 2009

Stratégie algérienne de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique, Ministère de


l’Environnement ,MEDIOUNI K., 1999, P.N.U.D, Alge.

Jeune Afrique, économie, mars 2011

Réhabilitation socioéconomique d’une poule locale en voie d’extinction : la poule Kabyle (Thayazit
lekvayel), Moula N., Antoine-Moussiaud N., Farnir F., Detilleux J., Leroy P., Département de
Productions animales, Service de génétique quantitative, Faculté de Médecine vétérinaire, Université
de Liège, Belgique

Graines germées. Une explosion d'énergie vivante, Catherine Oudot, 2007, 71 p., Coll. Nature
gourmande, Croissy sur Seine (France), Anagramme éditions, ISBN : 978-2-350-35102-5

Plan national d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable, MATE, Janvier 2002,
140 pages.

Les produits de Terroir, les Indications Géographiques et le Développement Local Durable des Pays
Méditerranéens, Options méditerranéennes, A n°89, 2009

Stratégie algérienne de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique, MEDIOUNI


K., 1999, Ministère de l’Environnement – P.N.U.D, Alger.

Références sites Internet

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http://popups.ulg.ac.be/Base/document.php?id=2128#tocto1

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www.gredaal.com/economie-et-societe/reformes-et-developpement/73-aisance-macroeconomique-et-
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www.invadz.org/Pdf/publication/04.pdf

http://coop-la-basse-cour.forumactif.com/t136-developpement-embryonnaire-phases-
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http://www.organicagcentre.ca/ResearchDatabase/res_hens_foraging_f.asp

Autres ressources

Nature et progrès, Agence bio, APABA, ARVALIS, Chambres A, Guides d’élevage , CIVAM,
39
INRA…

ANNEXES
40
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Les exemples d’outils de suivi technico-économiques :

TENU D’UN CAHIER DE SUIVI EN NOTANT TOUS LES JOURS :

- Nombre d’œufs pondus


- Les poules malades ou mortes
- La quantité, le type d’aliment distribué
- La quantité d’eau distribuer
- Les soins et doses administrées (préventif et curatif)
- Les observations particulières
- Les dépenses effectuées chaque mois (gaz, aliment, matériel, paille, plateaux à œufs,
étiquettes…)
- Désinfection (chaux, javel, huiles essentilles)
- Main d’œuvre occasionnelle
- Les ventes d’œufs
- Les ventes de poules réformées, de fumier
- Pour le fumier il faudra déterminer une zone pour stocker les déjections et la paille de la
litière pour une valorisation éventuelle. Sortir le fumier à l’aide d’une brouette et compter le
nombre de voyages à chaque nettoyage

À LA FIN DE CHAQUE SEMAINE :

- On calcule le total des œufs pondus, l’eau consommée, l’aliment distribué


- Chaque semaine on calcul la moyenne pour reporter sur le graphique l’évolution de la ponte

- On calcule le totale d’aliment mangé dans la semaine pour savoir combien mange 1 poule/jour
Exemple :
Total d’aliments consommés dans la semaine (en kilo) X 1000 (pour ramener en gramme) ÷ multiplié par le
nombre de poule

ONFiche de suivi
VERIFIE journalier
PAR CES CALCULSsimplifié
QUE LE par un code
PRIX couleur
DE VENTE DES(exemple)
ŒUFS EST SUPERIEUR AUX
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Tableau : Ce tableau est destiné au suivi et répond à des exigences de répartition et de lisibilité
des tâches pour les 2 éleveuses. Le choix mnémotechnique des couleurs a été laissé au libre choix
des femmes :

JOURS ALIMENT EAU MORT MALADIE SOIN

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

Dimanche
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Fiche de suivi journalier :

N° SEMAINE Période du…………………Au ……………………………..

Nombre d’animaux en début de semaine………………….


ÂGE Programme lumineux

Matin de …..h…… à ….h….. / Soir de …. h….. à …..h……

Nombre Mortalité Aliment Eau Observation


d’oeufs (kilos) (Litres)
LUNDI

MARDI

MERCREDI

JEUDI

VENDREDI

SAMEDI

DIMANCHE

TOTAL

Ponte de la semaine Consommation journalière


Total œufs X nbre poules = Total aliment (kg) X 1000(g) =
7 Nbre poulet début semaine X 7

=……….Œufs/poule/jour = …………g/jour
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Tableau du programme lumineux pour stimuler la ponte en hiver :

DE 18 à 24 semaines

Age des poules Éclairage matin Éclairage soir Durée totale

(En semaines)

18 6h à 7h30 17h30 à 19h30 13h00

19 6h à 7h30 17h30 à 19h30 13h30

20 6h à 7h30 17h30 à 20h00 14h00

21 6h à 7h30 17h30 à 20h30 14h30

22 6h à 7h30 17h30 à 21h00 15h00

23 6h à 7h30 17h30 à 21h30 15h30

24 6h à 7h30 17h 30 à 22h00 16h00

----------------------------------------

Découpage Journée type à partir de 24 semaines

16 HEURES DE LUMIERE TOTALE

JOUR NATUREL

6h 7h30 17h30 22h

NUIT Lumière JOUR Lumière artificiel NUIT


Artificiel

PONTE Repas soir

Distribué à 16h
Trémie/50poules
Repas matin 120g/poule soit 6kg/trémie
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Fiche de suivi incubation et démarrage :

ÉLEMENTS A DONNEES A TEMPS AUTRES


VERIFIER REPORTER CONSACRE OBSERVATIONS
(date/quantité…)
Date de mise en place 1h 30 1ère mise en marche des
des œufs couveuses et réglages
Origine de la souche Ouled Ali (100) Aller/retour
Beni Maouche
Nadia (12)
Nombre d’oeufs
112
Problème avec la 3 coupures de courant
couveuse (électricité, mise en marche du
T°, Humidité) moteur

Date 1ère éclosion 28/03/2011

Poids (faire un
tableau)

Date dernière 04/04/2011 2 Collés à la coquille


éclosion 1 pbm articulaire aux
pattes et second : tête
tordue
Mortalité (essayer de Eclosion tardive et
définir la cause) 2 difficile

Aliment provenance Concentré pour 50 kg à 2050 DA/sac


poussins (du
commerce)
Quantité/ Jour
d’aliment

Eau quantité et Nettoyage quotidien


nettoyage

Traitement donné

Le 7/04/2011
Autre aliment donné Farine de caroube,
de la ferme ou non salade et herbes du
jardin
07/04/2011
Date et quantité de Agrandissement de
paille et nettoyage + botte de paille +
1 seau de litière
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Alimentation : tableau comparatif du sorgho et du maïs :

Comparaison des valeurs énergétiques :


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