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Chapitre 1 : NOTIONS GEODESIQUES DE BASE

Sans entrer excessivement dans les détails, nous rappelons ici les grandes notions de géodésie
sur les systèmes, les surfaces de référence, les grandes familles de projection cartographique…

I- Buts de la géodésie :
- But scientifique : Le but originaire de la géodésie est l’étude de la forme et les dimensions de
la terre.
- But utilitaire: Pour répondre à son but scientifique la géodésie amène à déterminer les
coordonnées de certains nombres de points sur la surface de la terre. Hormis leur utilisation
scientifique ces points servent de charpente pour l’élaboration des cartes et les travaux
topographiques. La géodésie regroupera donc tous les moyens mis en œuvre pour déterminer
les coordonnées de ces points.

II- La forme de la terre :


Plusieurs surfaces sont à considérer lorsque l’on s’intéresse au positionnement géodésique.

- La surface topographique : c’est la surface qui sépare la partie solide de la terre de sa


partie liquide ou gazeuse. C’est elle que nous connaissons le mieux, d’un point de vue
sensoriel et physique.

- Le géoïde :
C’est une surface équipotentielle (potentiel constant) du champ de pesanteur terrestre qui
coïncide au mieux avec le niveau moyen des océans supposés prolongés sous les continents.
On s’en sert comme surface de référence pour les altitudes (niveau 0). L’eau coule entre deux
points d’altitudes différentes; sur le géoïde, tous les points ont une altitude nulle ( H = 0 ) et
l’eau ne coule pas.
Le long d’une surface équipotentielle :
 Le potentiel de pesanteur est constant : Wo, cela veut dire, qu’un point matériel de masse constante
m subira la même force de gravite sur tous les points de cette surface.
 La verticale -qui correspond à la direction de l’accélération de pesanteur- lui est perpendiculaire en
tous ses points.
 L’altitude est constante (H = Cte) ; un objet qui se déplace sur une telle surface ne monte ni ne
descend.

Modèle du Géoïde :

*Remarque :
Lorsque le topographe (ou le maçon) cale la bulle de son niveau, il matérialise un plan tangent
au géoïde qui correspond à la surface d’équilibre des eaux (pente d’écoulement des eaux
nulle). On obtient ainsi partout l’orientation de la verticale physique d’un lieu. Il est intéressant
de noter qu’aucune autre référence n’offre de telles facilités.

En raison de non homogénéité dans la distribution des masses à l’intérieur de la Terre, le


géoïde est une surface irrégulière. Hors, le topographe doit représenter la surface terrestre sur
un plan. Il faut donc qu'il parte d'une représentation de la surface terrestre sous une forme
parfaitement connue mathématiquement pour utiliser des paramètres de projection communs
sur une grande surface (le Maroc par exemple). Cette surface mathématique la plus proche de
la surface terrestre est un ellipsoïde de révolution.

- L’ellipsoïde de révolution

La représentation de la surface de la Terre passe par l’adoption d’un modèle de la Terre aussi
proche que possible de la réalité et simple d’emploi. C’est donc un compromis entre une réalité
qu’on veut modéliser convenablement et modèle exploitable. On choisit traditionnellement un
ellipsoïde de révolution aplati aux pôles. Sa géométrie est bien connue et elle est
mathématiquement définissable et les calculs peuvent être menés avec la précision souhaitée.
La surface topographique s’écarte de quelques kilomètres au plus de l’ellipsoïde. Les écarts
(ondulations) entre l’ellipsoïde et le géoïde restent généralement inférieur à 100 m.
* Définition : l’ellipsoïde est engendré par la rotation d’une ellipse autour d’un de ses demi-
axes.

* Equation de l’ellipsoïde :
L’ellipsoïde est choisi de telle sorte à cadrer le mieux possible le géoïde. Il peut être local ou
global, selon le champ d’application souhaité du système géodésique auquel il est associé
(couverture mondiale ou d’un territoire seulement).

Exemples :
 L’ellipsoïde utilisé au Maroc : L’ellipsoïde Clarke 1880 : a = 6 378 249.2 m ,
b = 6 356 515.0 m

- L’ellipsoïde associé au système international WGS84 : a = 6 378 137,0 m


b = 6 356 752,3 m

Sphère de courbure moyenne


L'ellipsoïde est une surface mathématique parfaitement définie, mais il n'existe pas de
trigonométrie applicable sur cette surface. Pour les calculs géodésiques sur une zone donnée,
on utilise la trigonométrie sphérique appliquée sur une sphère dont le rayon est celui qui
correspond le mieux à l'ellipsoïde de la zone concernée.
On appelle cette sphère la sphère de courbure moyenne.
Pour l'ellipsoïde de CLARKE, la sphère de courbure moyenne a pour rayon:

R = (a+b)/2 ≃ 6370 km
III- LES TYPES DE COORDONNEES

Les coordonnées d’un point peuvent être exprimées de différentes façons :

• COORDONNEES CARTESIENNES GEOCENTRIQUES X,Y,Z


Exprimées dans un référentiel géocentrique (valeurs métriques)

Un point de la surface terrestre peut être repéré par ses coordonnées cartésiennes géocentriques
notées X (abscisse), Y (ordonnée), Z (cote).
Un tel système de coordonnées a les caractéristiques suivantes:
C’est un référentiel orthonormé direct dont
- l'origine O est le centre des masses de la Terre
- l'axe (Oz) est l'axe de rotation de la Terre (axe des pôles)
- le plan (Oxy) est le plan de l'équateur
- le plan (Oxz) est le plan du méridien origine.

• COORDONNEES GEOGRAPHIQUES (l,ϕ,h) : longitude, latitude, hauteur.


- Longitude géodésique ( λ )
La longitude de M est l'angle dièdre que forme le plan méridien de M avec le plan méridien
choisi comme origine. Elle est positive à l'est et négative à l'ouest de ce méridien origine.
Remarque : les points d’un méridien ont la même longitude.

- Latitude géodésique ( φ )
La latitude de M est l'angle que forme la normale en M à l'ellipsoïde de référence avec le plan
de l'équateur.
Remarques :
- Sur la sphère terrestre, la normale passe par le centre de la Terre, ce qui n'est pas le cas
sur l'ellipsoïde ;
- Les points d’un parallèle ont la même latitude (un parallèle est un cercle imaginaire
reliant tous les lieux situés sur une même latitude ; l’équateur est un parallèle de latitude = 0°) ;

- Hauteur ellipsoïdale ( h )
En réalité, le point M se situe au niveau du sol (terrain naturel), il n'est donc pas sur l'ellipsoïde
de référence. Il faut définir la hauteur par rapport à cet ellipsoïde :
La hauteur (ellipsoïdale) du point M est la distance mesurée entre M et l'ellipsoïde de référence
suivant la normale à cet ellipsoïde.

* Relation entre les (l,ϕ, h) et les coordonnées (X,Y,Z)

• COORDONNEES PLANES (x,y)


Pour représenter la surface de la Terre assimilée à un ellipsoïde sur un plan, on doit utiliser un
système de projection (représentation plane). Les points de l’ellipsoïde sont projetés soit
directement sur un plan ou sur une surface développable (cône, cylindre).
Les points sont alors définis par leurs coordonnées planes (coordonnées dites "en projection").
Les coordonnées planes sont les coordonnées cartésiennes des points de la surface terrestre
représentées sur un plan. Elles sont donc en deux dimensions.
Elles sont définies par rapport à des axes de référence qui varient suivant la projection utilisée.
On utilise encore régulièrement les notations X et Y, mais à ne pas confondre avec avec les
coordonnées cartésiennes géocentriques.

Un point P connu en coordonnées planimétriques n'est pas transposable à la surface de la Terre


car il manque une dimension pour l'élévation.
En topographie, on utilise principalement les altitudes avec les coordonnées planes.

Nous reviendrons sur les systèmes de projection au chapitre 2

• ALTITUDE ( H )
Les hauteurs et les altitudes ne doivent pas être confondues. Elles ont des surfaces de référence
différentes et ne sont pas mesurées suivant les mêmes directions.
L'altitude ( H ) d’un point P est la distance mesurée suivant la verticale du lieu au-dessus du
géoïde (surface de niveau 0) ; alors que la hauteur (ellipsoïdale) est mesurée entre P et
l'ellipsoïde de référence suivant la normale a cet ellipsoïde.
La différence en un point P entre la hauteur et l'altitude est appelée ondulation notée N.

IV LES SYSTEMES GEODESIQUES (DATUMS) ET RESEAUX GEODESIQUES


On appelle datum géodésique, la surface de référence par rapport à laquelle la position
géodésique d’un point est déterminée

Systèmes Géodésiques Bidimensionnels


Le datum bidimensionnel sert à définir la position d’un point par rapport à un ellipsoïde de
révolution. Un système géodésique bidimensionnel (pour un datum local) est défini par :
 Un ellipsoïde, choisi le plus proche possible du géoïde local ;
Pour le Maroc, c’est l’ellipsoïde Clarck 1880.
 Un point fondamental (sauf dans le cas d’un système géocentrique où il n’y a pas de point
fondamental) dont les coordonnées sont déterminées par des mesures astronomiques ; en ce
point, la normale à l’ellipsoïde est confondue avec la verticale(la normale au géoïde) c’est-à-
dire le lieu où l’ellipsoïde est parallèle ou tangent au géoïde .
Pour le Maroc, c’est le point MERCHICH (près de Casablanca).
 Un système de représentation plane (Projection) associé ;
Pour le Maroc, c’est la projection Lambert.

Réalisation des réseaux géodésiques bidimensionnels


Les coordonnées du point fondamental qui servira comme point de départ du réseau
géodésique sont déterminées par des méthodes astronomiques. Mesurer avec précision la
longueur de la base de départ. Le réseau est orienté par des mesures astronomiques. Pour
déterminer les autres points du réseau, on utilise les méthodes suivantes :
- Triangulation : consiste à mesurer les angles de tous les triangles formant le réseau.
- Trilatération : consiste à mesurer les côtés des triangles.
- Combinaison triangulation-trilatération.
- Géodésie spatiale : exemple : GPS

DATUM vertical
Le datum vertical sert à définir la position verticale d’un point par rapport au géoïde
(approximativement niveau moyen des mers). Le point origine étant un point tenu fixe
d’élévation bien déterminée à partir d’un ou plusieurs marégraphes.
Le réseau vertical est établi à partir de ce point origine, en mesurant les différences d’altitudes,
par la méthode de nivellement géométrique de précision.

Système géodésique tridimensionnel


La géodésie spatiale permet d'obtenir les coordonnées dans l'espace (X,Y,Z) ou (φ,λ,h) en
utilisant des systèmes de positionnement spatiale comme le GPS. De tels réseaux déterminés
sont dits tridimensionnels. C’est un datum global défini généralement par la donnée de : -
l’ellipsoïde, - La position de son centre par rapport au centre de masse de la terre, -l’orientation
de ses axes.

* DATUM utilisé au Maroc


Ellipsoïde : Clarcke 1880 ; a = 6 378 249.2 m , b = 6 356 515.0 m
Point Fondamental : MERCHICH
Système de Projection : Projection conique conforme de Lambert

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