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1.

L’arrivée de la police avec l’équipe médicale pour évacuer les victimes de meurtre dans l’appartement
situé rue D’hauteville, dans le dixième arrondissement de Paris en mai.
2. Le couple mari-femme, Myriam et Paul, s’est occupé de leur tout premier enfant, Mila.
3. La naissance d’Adam, l’envie de Paul et des femmes des travailleurs environnants, a donné envie à
Myriam de retourner au travail.
4. La rencontre de Myriam avec Pascal, son ami de collège dans la rue et son appel à l’action de Pascal pour
revenir travailler ensemble ont renforcé les souhaits de Myriam.
5. L’approbation par Paul de son désir de retourner au travail.
6. Accord pour trouver une baby-sitter à la fin du mois de janvier.
7. Les tentatives de Myriam de trouver la baby-sitter à un agent jusqu’à ce que finalement mettre en place
une publicité sur un site Internet.
8. Rencontre avec Paul et Myriam avec Louise lors d’une interview sur l’après-midi de samedi.
9. Louise a été acceptée comme baby-sitter dans la famille Massé et a commencé à travailler le lendemain.
10. Louise se prépare à commencer sa première journée à travailler comme baby-sitter dans la famille Massé
et à partir en utilisant le RER.
11. L’existence de Louise devient une nécessité pour la famille Massé.
12. La rage de Louise contre Mila qui a volé une framboise fait Mila s’excuser et pleurer.
13. L’enthousiasme de Myriam pour la première journée est entré dans le travail et a été chaleureusement
accueilli par Pascal.
14. L’égoïsme et la folie du travail de Myriam lui font oublier ses enfants et ses devoirs à la maison.
15. Le souci de Paul pour l’obligation de Myriam en tant que mère oubliée parce qu’il a travaillé trop dur.
16. La croyance de Myriam en Louise pour s’occuper des enfants et de la maison.
17. Combat Mila avec son camarade de classe qui est inconnu de Myriam.
18. La description concerne les sentiments de Myriam en tant que mère et travailleuse.
19. L’invitation de Pascal à Myriam pour un verre avec son ami dans un Bistrot.
20. La notion de Myriam de son travail de mère aurait pu être remplacée par Louise et elle pouvait faire ses
employés sans crainte et s’inquiéter pour les enfants.
21. La surprise d’anniversaire et le cadeau pour Mila dont Louise continue de parler pendant deux semaines
consécutives font en agacé Myriam.
22. Le retour précoce de Myriam pour célébrer l’anniversaire de Mila mercredi a été préparé par Louise.
23. Le regret de Myriam d’avoir quitté le travail pour l’anniversaire de sa fille.
24. Les festivités festives ont perturbé Myriam.
25. La description des pensées de Myriam sur Louise a agi comme un enfant parce qu’elle a souvent joué
avec eux.
*
26. Description de la vie de Louise alors qu’elle travaillait dans la famille Les Rouvier.
*
27. Le retour de Myriam après une semaine de travail et bientôt rencontré les enfants qui se baignaient avec
Louise.
28. La description de Louise est considérée comme le Seigneur Vishnu qui a apporté le bonheur à la famille
Massé.
29. La présence de Myriam et Paul lors d’une fête dans un quartier des Sixièmes.
30. L’existence de Louise dans l’appartement Massé qui séjournait deux à trois fois par semaine.
31. La tradition du dîner de cuisine de Louise tous les vendredis pour les amis de Myriam et Paul lors de la
visite de leurs maisons.
32. Déclaration de Paul qui invitera Louise à des vacances avec sa famille.
33. Les vacances avec Paul, Myriam et les enfants et Louise à Athène une nuit.
34. Voyage de la famille Massé et Louise à l’île suivante en bateau.
35. La description des activités de l’après-midi en marchant jusqu’à la capitale est Apollonia.
36. L’unité de Louise et de la famille Massé en jouant à l’eau et au sable sur la plage.
37. La tentative de Paul d’enseigner à Louise à nager.
38. La coexistence de Paul, Myriam et Louise sans enfants au dîner ensemble pour la première fois.
39. Le désir de Louise de faire partie de la famille Massé et ils font partie d’elle.
*
40. Le témoignage de Madame Grinberg qui a vu Louise sortir avec les enfants avant la tragédie du meurtre
a eu lieu.
41. Description de l’humeur nocturne dans l’appartement après une affaire de meurtre.
42. La rencontre de Madame Grinberg avec Louise dans la rue qui lui a parlé de problèmes financiers et de
dettes un mois avant le meurtre.
43. Le refus de Madame Grinberg de l’offre de Louise de travailler sur elle.
*
44. Le retour de la famille Massé et Louise à Paris l’après-midi après les vacances.
45. Les adieux de Louise à la famille Massé à l’ascenseur du stationnement de l’aéroport et ont dit à Paul et
Myriam de la contacter lundi.

46. Une description de l’intérieur vers le haut que Louise est arrivée à l’atelier situé à Créteil.
47. L’ennui que Louise a ressenti le samedi et le dimanche.
48. La description de l’attitude de Louise est très haineuse le week-end parce que Stéphanie est sortie de
chez elle le week-end et n’est pas revenue.
49. Louise se prépare à retourner au travail le lundi après les vacances.
50. Description des activités de Louise et des enfants le mercredi, après l’école en septembre.
51. La mutuelle de Louise avec des enfants dans un marais à Boulogne.
52. La décision de Louise d’emmener les enfants au zoo en voiture d’ici la fin du mois de septembre.
53. L’événement où Mila disparaît quand ils sont sur un pique-nique partagé dans le parc.
54. Les efforts de Louise conseillent à Mila de ne pas y aller seule et de ne pas être dans le Culik.
55. L’incident où Mila les épaules de Louise jusqu’à ce qu’il saigne.
56. Se trouve Louise et Mila sur les événements dans le parc et ce que Mila a fait à Louise sur Myriam.
*
57. La vie de Louise avec son mari, Jacques qui n’aimait pas beaucoup parler.
58. Déclaration de Jacques au sujet de Louise qui était trop obéissante à la personne qui lui a donné du
travail.
59. L’état de Jacques qui passe des heures devant son écran d’ordinateur jusqu’à ce qu’il fasse finalement
mal.
60. Décès de Jacques trois mois plus tard.
61. La rencontre de Louise avec un notaire a parlé des dettes que Jacques et la banque ont contractées
pendant un mois pour quitter leur domicile à Bobigny.
*
62. Les efforts de Louise gardent les enfants dans l’appartement pendant les mois d’hiver de novembre.
63. La rage de Paul quand il voit Louise habiller Mila comme un chanteur de cabaret.
*
64. Description de la vie de Louise lorsqu’elle a travaillé avec M. Franck, un peintre qui vivait avec sa mère,
Geneviève, dans un hôtel situé dans le Quatrième arrondissement.
65. Le traitement sévère de Geneviève avec Louise.
66. La colère de M. Franck pour l’attitude de Louise envers sa mère.
*
67. Description de l’atmosphère du parc alors que Louise invite les enfants à jouer en hiver.
68. Description de la baby-sitter et de son enfant d’accueil autour des glissades de glace.
69. La mutuelle de Louise avec Wafa et Alphonse.
70. La description de Paul et Myriam qui se rencontraient rarement à cause du travail pendant l’hiver et ne
s’envoyaient que des messages par le biais de la post-it.
71. Réunion de Paul et Myriam pendant le déjeuner et promenade le long de la place des Pebig-Pères.
72. Le désir de Paul de congédier Louise en raison de l’attitude paranoïaque et des événements de
maquillage.
73. Paul parle avec Myriam de ses souhaits.
74. Le souci de Myriam de voir une cicatrice de morsure sur le corps d’Adam.
75. L’explication de Louise de la cicatrice sur le corps d’Adam était une blessure due à la morsure de Mila
pour l’envie de son frère.
76. Les doutes de Myriam sur l’explication de Louise.
77. Les plans de vacances de Paul et Myriam avec des enfants dans la maison des parents de Paul sans
Louise.
78. L’arrivée de Sylvie, la mère de Paul au Massé appartementmen quelques jours plus tard.
79. La description de pensée de Myriam de sa belle-mère.
80. L’arrivée de Myriam et Paul chez Sylvie et l’inquiétude de Myriam pour les enfants et l’environnement
familial.
81. Les entretiens entre Myriam et Sylvie sur les enfants, le travail et Louise.
82. Le désir de Myriam de retourner bientôt à Paris et il force Paul.
83. Description de la préoccupation de Paul au sujet de l’état de l’appartement.
84. Le sort de Louise dans l’appartement pendant le départ de la famille Massé.

85. La mutuelle de Louise avec Wafa dans l’appartement Massé.


86. Description des noces De Wafa et Youssef le vendredi matin, devant La mairie de Noisy-le-Sec.
87. La rencontre de Louise avec Hervé dans un restaurant la Gazelle D’agadir lors de la célébration du
mariage de Wafa.
88. L’invention de la lettre de Trésor Public, consacrée à Louise, concerne les factures de paiement de Paul
et Myriam.
89. Les efforts de Paul et Myriam ont tenté de trouver une solution au problème de Louise.
90. Louise souhaite demander de l’aide à Myriam et Paul pour surmonter son problème.
91. Le lendemain, Louise était malade et ne pouvait pas se lever de son lit.
92. Louise remarque sur Myriam par le telfon qu’elle était malade.
93. Les efforts de Paul et Myriam ont cherché à remplacer temporairement Adam et Mila. Il est un étudiant
de vingt ans.
94. Conditions d’appartements désordonnées et découverte de dizaines de mégots de cigarettes sur le balcon
par Myriam.
95. Description de l’état de Louise qui a fait des cauchemars pendant trois jours consécutifs.
96. Louise Prep de retour au travail après deux jours d’anxiété.
97. La joie des enfants quand Louise revient à leur appartement.
98. L’interdiction faite par Myriam à Louise de livrer de la nourriture presque expirée aux enfants.
99. Louise Maniaques et les comportements paranoïaques craints par Myriam.
100. La description de la mémoire de Myriam selon laquelle il avait jeté le poulet et le bœuf ont ensuite été
reprises par Louise pour consommation.
101. La déclaration de Mila à Myriam que Louise lui a appris à manger à la main.
*
102. Le processus d’interrogatoire de la police à Hector Rouvier et à sa mère Anne Rouvier a été attaché à
Louise pendant deux heures.
*
103. La description de pensée de Myriam de la colonne vertébrale laissée sur la table de la cuisine.
104. La prétendue position de Myriam à l’égard de la colère de Louise et le problème des petites choses qui
arrivait souvent aux enfants.
105. La colère de Louise à Myriam tout en achetant une nouvelle tenue bleue pour Mila que son ancienne
chemise a été perdu.
106. Paul et Myriam parlent par un telfon de Louise et convainquent Myriam qu’ils n’ont plus besoin de
Louise.
*
107. L’offre de Madame Perrin pour vous aider à être en mesure de mettre Stéphanie dans une meilleure
école de l’école précédente.

108. Les actions de Stéphanie sont souvent dites et ne parlent pas à Louise d’une lettre d’appel à venir à
l’école.
109. L’arrivée de Louise à l’école pour assister à un procès disciplinaire et le résultat de Stéphanie a été
expulsé de l’école.
110. La colère de Louise à Stéphanie jusqu’à ce qu’elle s’empare de ses cheveux, et elle les brûle même
jusqu’à ce qu’elle soit à la maison.
111. L’apathie de Jacques a vu les combats Louise et son fils.
*
112. Description de l’atmosphère du parc à l’arrivée du printemps et Louise accompagne les enfants pour
jouer.
*
113. La rencontre de Louise avec Hervé se répète depuis les appartements Massé.
114. La mutuelle de Louise avec Hervé à l’appartement d’Hervé pour une nuit.
*
115. Le désir de Louise de traiter un bébé de la famille Massé.
116. Déclaration de Myriam selon laquelle il n’était pas enceinte.
117. La déception de Louise face aux remarques de Myriam.
118. Le désir de Louise de faire partie de la famille Myriam et Paul.
*
119. La rencontre de Louise et propriétaire du studio, Bertrand Alizard, était en studio à Créteil.
120. La menace de Bertrand Alizard à Louise paie immédiatement les arriérés si elle n’a pas à partir dans un
délai d’un mois.
*
121. Louise accompagne les enfants pour jouer dans le parc.
122. Description de la proximité de Louise avec Wafa.
123. L’association baby-sitter du parc est présidée par Lydie, cinquante ans.
124. Le refus de Louise d’une nouvelle offre d’emploi de Lydie.
125. Description du fort désir de Louise de la présence d’un bébé dans la famille Massé.
126. La tentative de Louise de donner vie à ses désirs en laissant Myriam et Paul seuls.
127. La déception de Louise à son arrivée à la maison a vu ses tentatives de la mettre fin à Paul et Myriam.
128. Par Louise, il a ignoré l’interdiction de Myriam en laissant les enfants voir des émissions de télévision
sur le meurtre.
129. L’attitude indifférente de Louise envers Mila et Adam dans une querelle
130. Le refus de Louise d’aller au parc car Louise ne voulait pas rencontrer Madame Grinberg.
131. L’émergence de pensées négatives dans l’esprit de Louise pour étrangler Adam jusqu’à ce qu’il
s’effondre.
132. Les tentatives de Louise d’enlever l’esprit négatif, mais elle a senti qu’il y avait une forte envie de la
submerger.
3. Louise pense qu’il doit y avoir quelqu’un tué pour qu’elle se sente heureuse.
134. Myriam aspire à ses deux enfants en regardant leurs photos affichées sur son écran.
135. La Mutuelle de Paul, Myriam et les enfants sont restés chez Thomas pour une journée pour créer une
chanson.
136. Confitures sur la route principale de Paris quand Paul et sa famille rentrent chez eux en voiture.
137. Le témoignage de Myriam qui a vu Louise de l’autre côté de la rue.
*
138. L’affaire du meurtre sur la scène de crime par le capitaine Nina Dorval.
139. La description de l’événement actuel selon lequelle le meurtre des tout-petits se produit et le processus
d’évacuation des victimes dans l’appartement est situé rue D’hauteville.
140. Division des rôles de Nina Dorval pour démontrer l’incident sur les lieux du crime.
141. Description du lieu de mise à mort qui se produit dans la salle de bains, avec l’odeur de savon et de la
télévision de combustion.
142. Pickup Paul par le lieutenant Verdier à la gare du Nord.

143. L’incompréhension de Paul à l’égard du lieutenant de Verdier.


144. La scène de crime est retournée parce que l’affaire n’a pas été résolue.
145. L’explication de Wafa de sa rencontre avec Louise et les enfants tôt le matin avant le meurtre.
146. La déclaration de Rose Grinberg qui a vu Louise était dans l’appartement Hall une heure avant
l’incident
147. Invention d’une vidéo de vidéosurveillance par la police d’un supermarché qui montre la rencontre de
Louise avec les enfants.
148. Répétition de la scène par Nina Dorval lorsque Louise tente d’appeler les enfants à se baigner lorsque
madame Rose Grinberg ferme son coup.
149. L’explication de Paul du couteau donnant Thomas du Japon.
150. La pensée de Nina Dorval qui connaissait Louise depuis deux mois.
151. Description de Louise allongée sur le matelas blanc lorsque Nina Dorval lui rend visite.
152. Le projet de Nina Dorval de refaire la scène dans l’appartement.
153. La découverte de trois faits nouveaux par Nina Dorval, qui est très importante en ce qui concerne
l’événement de meurtre commis par Louise.

RESUME 1

Le premier récit raconte la mère, Myriam trouve que son fils, Adam est mort et Mila meurt quand elle entrait
dans son appartement. Elle a également trouvé la nounou qui est en train de se tuer en se poignardant son cou
avec un couteau. Ensuite, la police arrive et les gens ont commencé à se rassembler. C’est un flashback. Avant le
meurtre, Myriam et Paul ont décidé de trouver une nounou pour ses enfants. C’est parce que Myriam veut
retourner au travail en tant qu’avocate.
Alors Ils s’engagent Louise. De plusieurs mois, elle devient indispensable pour cette famille.
Myriam se met à croire en Louise pour s’occuper ses enfants. Elle ne s’inquiète plus sur les enfants car Louise
est toujours là. Lentement, Myriam et Paul commence à donner une place à Louise dans sa famille. Ils autorisent
Louise de rester dans son appartement quand ils rentrent tôt le matin. Parfois, Myriam lui donne des cadeaux
pour qu’elle soit heureuse. Ils ont même passé leurs vacances ensemble à Athènes.
Paul se met en colère à Louise. Elle se maquille Mila comme une cabaret en se peignant ses ongles, en mettant de
la poudre de talc et du rouge à lèvres. Cependant, Louise ne s’excuse pas. Paul parle cet incident du maquillage
avec Myriam. Il veut la virer mais Myriam le rejette.
Myriam découvre une trace de dents dans les bras d’Adam quand ils prennent un bain ensemble. Le lendemain,
elle l’a confirmé à Louise. Cette trace est la même celui de Louise. Elle dit que Mila qui l’a fait. Mila est jalouse
de son frère. En outre, Louise reste dans l’appartement quand Myriam, Paul et ses deux enfants sont partis pour
une semaine chez les parents de Paul en campagne. Elle y reste avec Wafa, une autre baby-sitter. D’ailleurs,
Myriam et Paul découvrent une lettre de Trésor Public qui est adressée à Louise. Elle ne parle jamais sur ce
problème à Myriam ou à Paul. Louise a une dette pour le traitement médical de son mari qui a décédé. Elle avait
également d’autres problèmes, notamment des paiements pour son petit studio à Créteil. Même le propriétaire a
menacé de l’expulser si elle ne quittait pas ce studio immédiatement.
Louise était obsédée par la présence d’un bébé. Elle avait peur de tous ses problèmes auxquels elle confronte et,
le fait que Mila et Adam grandissent et qu’elle perdra son emploi. Alors, elle a donc pensé que Myriam et Paul
avaient un nouveau bébé, elle ne perdrait pas sa place et son emploi. Alors, elle fait une stratégie pour réaliser
son rêve. Elle a même essayé de convaincre Myriam en utilisant Mila comme une excuse. Elle dit que Mila veut
un outre frère mais Myriam et Paul n’approuvèrent pas son obsession. Elle se met en colère et elle l’a montré
avec son attitude. Elle laisse les enfants qui pleuraient et n’est plus rangé l’appartement qui était tellement en
désordre.
La capitaine de police, Nina Dorval a commencé à recueillir toutes les preuves et tous les témoins liés aux
événements du meurtre d’Adam et de Mila. Malgré la condition de Louise qui ne sortait pas du coma, Nina fait
un témoignage avec plusieurs personnes sur cette nounou irréprochable et elle parviendrait à trouver la faille.
Nina a trouvé une vidéo de surveillance d’un magasin. Elle montrait que Louise et les enfants était là quelques
heures avant le meurtre.
Le succès de Nina Dorval qui révèle trois coups principaux de la scène de crime qui a fait par Louise ce jour de
meurtre. Ils sont : 1) Louise se laissera engloutir dans une vague de dégoût et dans la détestation de tout, 2)
Louise a fermé ses oreilles pour cesser les cris et les pleurs des enfants, 3) Louise saisit un coteau dans un
placard, elle boit un verre de vin en faisant les cent pas de la chambre à la cuisine, de la salle de bain à la cuisine,
de la poubelle au sèche-linge, du lit au placard du rentrée, puis au balcon et de retour à la salle de bain.
RESUME 2
Le point de départ de « Chanson Douce », c’est l’assassinat de deux enfants par leur nounou à Paris. De là,
on suit le cheminement qui a mené à ce drame : une mère de famille qui veut retrouver sa vie
professionnelle, les entretiens d’embauches rigoureux pour trouver la personne adéquate, la bonne entente
des enfants avec Louise, son assiduité, ses heures supplémentaires sans jamais rien réclamer, l’appartement
qui est toujours nettoyé à la perfection à la fin de la journée, les délicieux repas qu’elle prépare… La nounou
idéale devient incontournable dans la famille, indispensable aux yeux des enfants comme des parents, au
point même de l’emmener avec eux en vacances l’été. Puis petit à petit vient l’éloignement progressif, à
cause de petits évènements qui se succèdent, quand elle maquille à l’excès la fillette de quatre ans, ou quand
elle refuse le gaspillage au point de nourrir les enfants avec des aliments périmés récupérés dans la poubelle
familiale. A partir de là, cette nounou avec lesquels ils se sentent de moins en moins à l’aise reste toujours
omniprésente et plus personne ne sait comment se débarrasser, jusqu’au drame

les prémices du drame la détresse et l’isolement de Louise, qui appartient à cette famille sans en faire partie
et qui rentre tard, seule, chez elle le soir. On lit sa peur d’être rejetée de cette famille dont elle sait tout, mais
qui ignore tout d’elle. On voit s’écrouler ses stratégies pour rester parmi eux. Dans ce livre, Leila Slimani
nous propose d’assister aux premières loges au déraillement d’une femme dont personne ne se doute qu’elle
est capable du pire.

Puis, on se laisse attendrir car l’auteure nous livre subtilement les aspérités de cette femme, les accidents de
sa vie ; cette femme, seule, qui n’a jamais connu ni le plaisir, ni le bonheur réussit le tour de force de nous
submerger d’émotion et on se sent porté par l’empathie… ! Egarée dans cette vie qui ne lui a rien épargné,
Louise se perd jusqu’à entreprendre l’irréparable !
Louise nous embarque alors dans un tourbillon de mélancolie, dans sa vie où elle a toujours tout accepté !
Son esprit tourmenté, torturé nous assèche le coeur. Elle veut combler le vide de sa vie, de son âme…
Sommes-nous prêts à l’aimer ? Veut-elle être aimée ? Pas si sûr…
Louise est impeccable, un peu trop peut-être avec son teint diaphane, son odeur de talc, ses souliers vernis et
ce dévouement qui frise l’aliénation.

Mais voilà, la réalité va s’éloigner peu à peu de ce tableau idyllique. D’aliénation, il en sera d’ailleurs
question, mais ça, seul le lecteur le sait. Page après page, le malaise s’installe. Un malaise profond,
pernicieux, latent. Le drame couve, seul le lecteur en a connaissance.
Louise, cette chère Louise, absolument indispensable, qui « fait partie de la famille », mais qui,
concrètement, demeure une étrangère, s’immisce peu à peu dans le quotidien des Massé, faisant le ménage,
la cuisine, se dévouant corps et âme, sans grand retour, il faut l’avouer.
« Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils
viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial. »
La descente aux abîmes, dans les méandres de la folie, se dessine tout doucement, peu à peu.
Les parents, pris par leurs vies professionnelles intenses et intensives, ne veulent pas voir. Le compte à
rebours a commencé. Hors du regard des parents, le lecteur assiste à cette plongée abyssale vers le néant,
vers une folie dont lui seul connaît l’aboutissement.

« Une haine monte en elle. Une haine qui vient contrarier ses élans serviles et son optimisme enfantin. Une
haine qui brouille tout. Elle est absorbée dans un rêve triste et confus. Hantée par l'impression d'avoir trop
vu, trop entendu de l'intimité des autres, une intimité à laquelle elle n'a jamais droit ».
Un roman prenant, terrifiant (vous ne verrez plus les nourrices de la même façon) et haletant, qui m’a mise
profondément mal à l’aise, ce qui, je présume, est le but premier de cette histoire magnifiquement mise en
scène par Leïla Slimani. Les temps employés pour la narration contribuent à rendre ce suspense aussi
époustouflant qu’intenable. Les dernières lignes ferment la parenthèse ouverte par les toutes premières, et
entre les deux, c’est juste… (À vous de mettre les mots qui vous sembleront justes)
Je me suis demandée si cette Chanson douce, en définitive, n’était pas celle susurrée à l’oreille d’une société
parfaitement huilée (métro, boulot, dodo et nounou) et « bien sous tous rapports », de la banalisation d’un
quotidien érodé, de la prépondérance des apparences sociales (« ma nounou est une perle, je peux aller
travailler nuit et jour les yeux fermés »), et aussi celle qui ferait oublier l’affreuse solitude dans laquelle sont
plongés les oubliés sociaux.

RESUME 4
Lorsque Myriam décide reprendre sa carrière d'avocat qu'elle avait mise entre parenthèse pour
se consacrer entièrement à ses deux enfants, elle doit avec son mari choisir avec exigence une
nounou. C'est là que Louise fait son apparition au sein de cette famille, et avec elle le drame qui
va la frapper. Ce drame, il est connu dès les premières pages du roman. Ainsi ce qui importe
pour le reste de la lecture c'est d'essayer de chercher ce qui a échappé aux parents, essayer de
saisir les signes annonciateurs de cette folie se montre sans alarme et est d'autant plus
dangereuse…
L'atmosphère au sein de ce huis-clos familial devient de plus en plus pesante, l'auteur
entraîne une lente progression dramatique si inéluctable.

Louise envahit la vie de cette petite famille se rendant indispensable frôlant l'exploitation, même si elle est
constante voir recherchée, mais sans créer l'empathie chez ses employeurs. L'auteur arrive à saisir la
complexité des relations au sein de cette dualité nourrice-parents vacillante entre plus qu'une employée mais
sans être membre de la famille ni même une amie. Myriam et son mari sont jeunes, intelligents et semblent
ouverts d'esprit pourtant on les voit tout au long du livre laisser s'épuiser cette femme sans entendre sa
solitude qui la mine tant. Ils n'arrivent jamais à saisir la mesure de sa désintégration en lui confiant pourtant
les êtres qui comptent les plus pour eux.

RESUME 3
Le livre commence par la découverte du drame, ces deux enfants tués par leur nounou qui a tenté
de mettre ensuite fin à ses jours. Et c’est le moment le plus dur à lire, ce cri de mère qui nous
prend aux tripes !
Puis, on reprend l’histoire à son commencement. Comment ce jeune couple amoureux et voulant
s’épanouir tous les deux dans leur travail, cherche une nounou pour garder leurs enfants. La
tâche est rude, c’est difficile de confier ses enfants à une inconnue. Mais Louise se présente,bonnes
références, Myriam et Paul sont séduits par « ses traits lisses, son sourire francs », les enfants aussi.
Et très vite Louise devient indispensable, elle ne compte pas ses heures et fait plus que ce qu’on attend
d’elle. Nous suivons d’un côté ces parents conquis au point de l’emmener en vacances avec eux, mais aussi
les quelques petits évènements presque anodins qui font tiquer sur le moment et qu’on veut oublier ensuite.
De l’autre nous suivons Louise, son histoire antérieure, et ses journées avec les enfants.
Jamais nous n’avons la certitude que Louise est vraiment déséquilibrée. Mais à chaque chapitre le doute
s’insinue un peu plus et on est bien conscients que les parents ne peuvent pas s’en rendre compte, que les
petites choses qu’ils voient, mises bout à bout peuvent paraître dérisoires sans la connaissance du reste de la
vie de leur nourrice, dont ils ne savent en fait rien.
Ce récit tellement contemporain sur la famille, le milieu social, la culpabilité des parents face à
l’épanouissement personnel dans le travail est écrit sans pathos, et avec une justesse captivante.

Un roman aux antipodes de son titre. Un roman qui fait se confronter les mères à leurs peurs les plus
enfouies

Une jeune avocate reprend son activité professionnelle avec bonheur, d'autant plus qu'elle vient d'embaucher
une nounou pour ses deux enfants. Cette dernière se révèle immédiatement parfaite et irremplaçable. Mais
celle-ci cache un terrible secret, qui va aboutir à l'irrémédiable.
RESUME 5

La suite du roman raconte la vie de cette famille sans histoire. Un papa qui travaille, une maman qui veut
reprendre un emploi après la naissance des enfants. Mais qui s’occupera d’eux pendant que les parents sont
absents ? Heureusement Louise arrive. Une nounou parfaite, comme tombée du ciel. Les enfants l’adorent et
l’appartement n’a jamais été si bien tenu. Une fée, une perle, une petite souris qui devient indispensable à
l’équilibre du foyer.
Mais le lecteur connait la fin de l’histoire. On aimerait secouer Paul et Myriam qui délèguent tout à Louise
par fainéantise. Crier à Myriam que ses doutes ne sont pas infondés et qu’elle a raison de trouver la
personnalité de sa nounou inquiétante. Renvoyer Louise chez elle lorsqu’elle se fait sournoise !
J’ai observé, presque en détresse, la situation s’échapper jusqu’au drame. Chanson douce est un livre dont je
me souviendrai longtemps. C’est un ouvrage qu’il faut avoir dans sa bibliothèque pour le relire si on ose s’y
confronter plusieurs fois.
Laura Willems Myriam et Paul ont la vingtaine et déjà deux enfants. Ils vivent à Paris, Paul est ingénieur du
son dans le monde de la musique et Myriam, avocate, a arrêté de travailler après la naissance de Mila, leur
aînée. Myriam adore ses enfants, bien sûr, mais elle commence à n'en plus pouvoir de n'être "qu'une
maman". Plus de conversations entre collègues, plus de dossiers à apprendre, plus de journée au tribunal à
défendre ses clients avec passion et convictions. Oh, ils ont encore une vie sociale, ils invitent des amis,
sortent parfois, mais elle se rend compte qu'elle n'a désormais plus d'autre conversation que ses enfants.
Lorsqu'elle croise par hasard un ancien camarade de fac et que celui-ci lui propose un job, elle prend cela
pour un signe du destin. Retravailler, enfin ! Elle a un peu de mal à convaincre son mari parce que le salaire
qu'ils devraient verser à une nounou serait à peine plus bas que celui qu'elle toucherait « mais enfin, si tu
penses que ça pourrait t'épanouir...»
Un samedi après-midi, ils sont prêts. L'appartement est propre, les enfants ont été briefé; aujourd'hui, ils
reçoivent des nounous potentielles. Myriam et Paul se sont concertés en amont,
ils savent bien ce qu'ils cherchent : elle peut être étrangère, ça pas tout de souci, mais il faut qu'elle ait des
papiers sinon elle n'osera jamais appeler une ambulance ou la police en cas de problème. Pour le reste, ils
n'ont pas d'autres critères mais il vaudrait mieux qu'elle n'ait pas d'enfant.
Cet après-midi-là, ils rencontrent Louise. La quarantaine, petite, menue, le sourire franc, Louise a le visage
de celle qui peut tout entendre, tout pardonner et la douceur qu'ils recherchent pour s'occuper de leurs
enfants. C'est le coup de foudre. Très vite, ils découvriront qu'en plus d'être très bonne nounou, Louise est
également excellente cuisinière. Elle leur mitonne de bons petits plans pour qu'ils n'aient qu'à glisser les
pieds sous la table lorsqu'ils rentrent du travail et même leurs amis ont le plaisir de goûter sa cuisine
lorsqu'ils viennent le weekend. Myriam et Paul n'ont plus rien d'autre à faire que de travailler et passer leur
temps libre avec les enfants, la nounou
s'occupe de la gestion quotidienne. Louise, c'est la perle et plus personne ne saurait s'en passer.

Le bébé est mort », voilà la première phrase du roman. Un roman au titre si doux qui s'ouvre pourtant sur
une scène macabre. Le garçon est mort, la petite fille succombera bientôt et, dans le même appartement, se
trouve une nounou qui a tenté de se suicider

Leïla Slimani dépeint un certain mode de vie actuel à la manière d'une journaliste qui aurait infiltré le
quotidien de Myriam et Paul et les regarderait évoluer de loin sans poser de jugements. On pourrait dire
qu'ils profitent de leur nounou tant ils n'ont jamais l'air de se demander si ils ne lui en font pas faire trop.
C'est vrai qu'elle repart tard le soir, qu'elle fait bien plus de tâches qu'on ne lui en demandait dans l'annonce,
mais si ça ne la dérange pas, pourquoi revenir en arrière ? Peut-on en vouloir au couple qui profite d'un dîner
tout prêt, d'employeurs qui ne se posent pas la question de la vie
privée que mène celle qu'ils croisent en vitesse matins et soirs
il y a eu des morts; des traces de lutte, un tapis recouvert de sang, un corps désarticulé, une mère en état de
choc; il s’est passé un évènement terrible, tragique, d’une violence ineffable, impardonnable, et c’est sur ce
lever de rideau que Leïla Slimani nous souhaite la bienvenue dans son univers.

RESUME6
Pour le portrait de ses personnages «adulescents» et modernes
Paul et Myriam, deux Parisiens habitant dans le dixième arrondissement, rue d’Hauteville, sont des
«adulescents», des jeunes adultes pas tout à fait sortis de l’adolescence, encore, des jeunes adultes qui ont
deux enfants en bas âge, Adam et Mila. Lui, c’est un producteur de musique, elle, c’est une avocate qui a
mis un stop sur sa carrière pour s’occuper de ses enfants. Tous deux, ils sont pris dans le tourbillon boulot-
travail-dodo dans lequel tout un chacun se retrouve pieds et mains liés dès l’âge adulte. Leïla Slimani nous
dépeint ici une Myriam dont le re􀃦et peut faire penser à Mme Bovary, alors que son mari s’offre cette
liberté de sortir et de rencontrer des gens, alors qu’elle, elle souffre d’être quotidiennement enfermée chez
elle. Le lecteur, alors qu’il apprend à connaître les membres de cette famille de «bobos», assiste alors à une
évolution, voire une révolution dans le foyer: il est temps pour eux d’avoir une nourrice, une baby-sitter.

Pour la profondeur de la nourrice nommée Louise et les flashbacks récurrents


S’il y a bien un élément fort dans la chaîne constituant la trame narrative de Chanson douce, c’est bel et
bien, et sans aucune hésitation, le portrait du personnage de Louise, cette nourrice tout ce qu’il y a de plus
professionnelle et aimable auprès des enfants. Et ce que Myriam et Paul admirent par-dessus tout chez elle,
c’est sa capacité à se mettre en mode caméléon, c’est-à-dire à vivre entre les quatremurs de la maison sans
même qu’on ne s’aperçoive de sa présence. Là où l’auteure marque ses points, c’est dans l’esquisse de ce
halo de mystère qui brille autour de la tête de Louise, elle que l’on apprend à connaître petit à petit au 􀃥l
des jours qui passent, et plus loin encore grâce à des _ashbacks qui retracent son enfance miséreuse, et
marquante. Pour sa trame narrative riche et hautement révélatrice À première vue, l’histoire d’une nounou
qui se voit chargée de prendre soin de deux enfants en bas âge, alors que les deux parents désirent s’investir
davantage dans leur vie de couple et dans ces moments d’intimité devenus rares, pourrait en quelque sorte
être d’une platitude telle que l’on aurait envie de refermer le livre aussitôt ouvert. Sauf que c’est le piège que
l’écrivaine a désiré éviter, en jouant avec la forme a􀃥n d’offrir à la fois une histoire punchée dès le drame
d’ouverture, et en permettant à son lecteur d’être témoin d’une histoire de laquelle il connaît peu à peu tous
les détails au fur et à mesure de son avancement, information que le couple ne détient pas. Avec cette
histoire au premier abord banale, voire répétitive, Leïla Slimani et ses doigts de fée ont Si les nounous et les
travailleurs domestiques sont plus généralement des membres invisibles de société, ils restent néanmoins
une force centrale et pivot à l’intérieur du foyer, qui constitue à son tour l’un des principaux éléments
constitutifs de la société. Et comme la plupart des travailleurs domestiques sont des femmes, la tension a le
potentiel de mère/femme et nounou. En effet, ce dernier a souvent été représenté dans les cinéma et fiction
comme un parasite qui se nourrit de l’hôte (ici la femelle dominante) dans l’espoir d’usurper sa position.
Louise, cependant, fantasme sur devenir un membre vital de la famille, sans qui Myriam et Paul pourrait ne
survivent jamais. De ce point de vue, Louise et d’abord Myriam aspirent à un symbiotique relation dont les
deux parties bénéficient. À mesure que les enfants vieillissent, le pouvoir
néanmoins se déplace en faveur de Myriam, laissant Louise pour devenir un parasite social, l’appartement
de Myriam et Paul comme le sien et même tenter de faciliter la possibilité d’un troisième enfant afin de
maintenir sa position. Par exemple, Louise planifie stratégiquement des sorties avec les enfants pour
encourager l’intimité parentale, prépare des repas destinés à promouvoir la fertilité féminine, etc.
La présence de Louise était, cependant, initialement nécessaire afin que myriam could reprendre sa carrière
et, en fin de compte, cesser de détester sa position en tant que mère au foyer.
Une fois que le retour de Myriam dans les professions juridiques se prépare à un partenariat dans le cabinet
d’un ancien camarade de classe, elle commence à comprendre le danger que représente Louise.
Alors que Myriam et Louise se rendnt compte que le terme de Louise touche à sa fin, ils se méfient les uns
des autres et craignent une confrontation finale inévitable.
Le seul résultat possible est celui dans lequel au moins un est refusé la maternité et au moins une mobilité
sociale. Il s’avère que le résultat final est désastreux pour les deux.
commence par la fin : « Le bébé est mort. » Le « cri de louve » poussé par la mère devant l’insoutenable
scène de crime

RESUME7

Alors quand Myriam décide de reprendre le travail, elle se met à chercher la bonne personne
pour
s’occuper de ses deux enfants Mila et Adam. Paul, son mari, d’abord réticent, va lui aussi se
laisser
convaincre. De tous, Louise leur apparait comme la perle rare, la pépite des nounous…
Seulement
sous cette pépite se cache une âme malheureuse, un être tourmenté dans une détresse délirante
qui va détruire cette sympathique famille en tuant les deux enfants.
L’histoire est d’une déchirante écriture qu’on peine à le lâcher. L’auteur a tissé les paragraphes de
telle sorte à s’attacher le lecteur qui met les yeux dedans. On pressent les sentiments de chaque
personnage, on les touche presque du doigt. Epoustou_ant.

Myriam, cette mère de famille somme toute classique, tiraillée entre l’amour de ses enfants et sa
passion de son travail, Paul, ce mari envahi par son travail dans le milieu musical, Louise, cette
femme anéantie par sa vie passée avec un mari qui ne travaille pas, qui accumule les dettes…
Louise qui travaille comme nounou à domicile, même si son mari n’aime pas que ça se fasse sous
son toit… Tout pour rendre la vie de la nounou impossible en clair.
A la mort son mari, elle est obligée de quitter la maison, car elle a trop de dettes. Elle loue un petit
studio. Elle vit seule, sa _lle Stéphanie est partie après une fugue. Depuis, Louise ne l’a plus revue.
Elle se retrouve donc seule et sans emploi quand Myriam et Paul cherchent une nounou. Elle se
dit
qu’il lui fallait coûte que coûte ce job. Elle est engagée. Au début tout se passe pour le meilleur
des
mondes. Trop bien même pour être vrai ! Louise n’a pas d’heure. Elle se présente aux aurores et
part très tard le soir. Puis peu à peu, Myriam et Paul commencent à douter. Ils perçoivent
quelques
di􀃞cultés sans pour autant s’alarmer.
Mais l'indispensable Louise est malade de sa tête. Elle a beau le cacher rien n’empêche la
descente
aux enfers.

RESUME 8
La pernicieuse chanson douce de Leïla Slimani est librement inspirée d’un fait divers survenu à New York
en octobre 2012. Dans un appartement de l’Upper West Side, une nounou dominicaine assassine deux
enfants dont elle a la charge, une petite fille de 6 ans et un petit garçon de 2 ans, et tente ensuite de se
donner la mort en s’égorgeant.

Le même schéma est repris dans le roman, et annoncé dès le premier chapitre : deux enfants,
une petite fille, Mila, et son petit frère Adam, presque un bébé encore ; une nourrice issue d’un milieu
défavorisé ; un double infanticide ; une tentative de suicide par égorgement. Quand l’histoire commence,
les deux petits personnages sont déjà condamnés.

Une fois le meurtre commis, l’auteure rembobine la pellicule et nous présente ses personnages : un jeune
couple parisien, Paul et Myriam, décide peu après la naissance de leur deuxième enfant de trouver la
nounou parfaite pour permettre à Myriam, femme au foyer depuis plusieurs années, de reprendre le travail.
Quand Louise se présente à eux suite à de scrupuleuses recherches et plusieurs entretiens désespérants,
c’est l’évidence :
cette petite femme fluette et paisible est la nourrice qu’il leur faut. D’ailleurs, les premiers mois leur
donneront raison : Louise est une ménagère hors pair, elle transforme l’appartement en havre de paix,
cuisine des plats succulents et les enfants l’adorent. Mais surtout, elle est disponible 24h sur 24. Très vite,
Paul et Myriam prennent l’habitude de se reposer entièrement sur elle, lui confiant plus ou moins
consciemment leur vie entière et la gestion de leur bonheur familial. S’installe alors l’éternel paradoxe des
liens parents-nounou : Louise a les clefs de l’appartement, elle y passe plus de temps que ses
propriétaires, élève leurs enfants .s’occupe de la famille entière, les porte tous à bout de bras… mais
Louise n’est que l’employée. Un rôle dans lequel elle excelle, elle qui a passé sa vie au service des autres,
mais qui éclipse jusqu’à sa vie privée, sa féminité, bref, son essence : Louise est nourrice avant d’être
femme, elle pourrait aussi bien se matérialiser

Parfaitement consciente d’être la clef de voûte de tout un équilibre familial, Louise s’immisce petit à petit
dans le peu d’intimité qu’il leur reste. De temps à autre, l’air de rien, des dérapages nous remettent en
mémoire l’inéluctable fin de l’histoire : Louise qui fait peur aux enfants avec une étrange froideur, qui met
dans chaque tâche une méticulosité quasi maladive... C’est indéniable, cette nounou trop lisse cache une
mesquinerie glacée sous ses airs de gentille baby-sitter, quelque chose d’irresponsable et de méchant qui
la fait quelquefois ressembler à une enfant changeante, vicieuse. Si le lecteur sent immédiatement venir le
drame, les personnages, eux, se contentent de tiquer sans trop oser intervenir : que feraient-ils sans
leur Louise ? (Et voilà comment un auteur réussit à torturer des millions de lecteurs…)
Résumé

« Chanson douce » un titre déroutant qui dissimule une issue tragique. A travers ce
roman, récompensé par le prix prestigieux Goncourt. Leila Slimani , la romancière
talentueuse, offre un nouveau souffle à la littérature maghrébine d’expression française. Un
style impeccable, une narration haletante, une histoire émouvante, ce sont les atouts d’un
succès mérité.Avec ce génie, le lecteur se sent envouté par une nourrice qui flâne par son
esprit malsain dans un univers fastidieux. La nourrice, Louise, dont le nom n’est pas un
choix hasardeux, mais c’est une inspiration d’un fait réel, mêlé à une histoire fictive. Une vie
comblée de tendresse et de prouesse a basculé, d’une lutte de classes à un anéantissement ;
vers une vie accablée d’obsessions et d’angoisses.

Cette figure domestique énigmatique, née à la lisière entre deux mondes imaginaires, le
conte et le mythe, transfigurée par ces derniers à une figure emblématique, enlisée dans un
conflit perpétuel entre le Bien et le Mal.

ENGLISH

Sweet Song" a confusing title that conceals a tragic issue. Through this novel, rewarded
with the prestigious Goncourt prize. Leila Slimani, the talented novelist, offers a new lease
of life to French-speaking Maghreb literature. An impeccable style, a breathtaking narration,
a moving story, are the assets of a deserved success.With this genius, the reader feels
captivated by a nurse who strolls by her unhealthy mind in a tedious universe. The nurse,
Louise, whose name is not a hazardous choice, but it is an inspiration of a real fact, mixed
with a fictional story. A life full of tenderness and prowess has shifted from a class struggle
to annihilation; Towards a life overwhelmed with obsessions and anxieties.

This enigmatic domestic figure, born at the border between two imaginary worlds, the tale
and the myth, transfigured by them to an emblematic figure, stuck in a perpetual conflict
between Good and Evil.
Leïla Slimani dresse non seulement le portrait de cette femme mais aussi de ce couple. Les liens qui se
tissent dans cette relation qui deviennent très étroits. Des liens de dépendances dans un sens comme dans un
autre.La vie de Louise se résume à son métier, sa vie privée est inexistante, ses attaches familiales perdues
ou sommaires, ses amis peu nombreux …

Dans le livre de Leïla Slimani, la mère s’appelle Myriam. Elle a fait des études de droit
mais finalement n’a jamais exercé : elle s’est rapidement trouvée enceinte de Mila puis
d’Adam. Si elle a adoré ses premiers mois « cocooning » auprès de ses enfants, consacrant
tous ses jours et toutes ses nuits à sa progéniture, elle a senti très vite qu’elle avait
besoin de passer à autre chose. « Ils me dévorent vivante », se plaignait parfois celle qui
avait fini par éprouver une joie extrême dans le vol de petites bricoles sans valeur au Monop’
du coin ! (Comme quoi, la folie ne guette pas que certains…) Myriam a fait des études
brillantes, elle a envie d’exercer et de retrouver une certaine forme de liberté. La rencontre
d’un ancien condisciple travaillant dans un cabinet d’avocats va lui ouvrir des perspectives : elle va pouvoir
prendre une activité et cesser de se mettre entre parenthèses. Son mari étant de son côté fort occupé par son
travail, trouver une nourrice va très vite leur sembler la seule solution possible. Ils ne veulent pas d’une
nounou ayant encore toutes leurs critiques

avec son petit chignon et son col Claudine. Très « propre sur elle ». Son mari est mort, sa
fille de vingt ans partie : parfait, se disent les parents. C’est celle qu’il nous faut : « Son
visage est comme une mer paisible, dont personne ne pourrait soupçonner les abysses.
» Louise est la nourrice idéale : elle aime les enfants, joue de bon coeur avec eux, raconte
mille histoires, est une cuisinière hors pair, nettoie la maison du sol au plafond. Discrète,
efficace, économe, docile, elle devient très vite indispensable… au grand bonheur des parents
qui en profitent pour s’adonner corps et âme à leur activité, pour sortir le soir avec un brin de
culpabilité vite noyé par quelques verres de vin et des fous rire. Louise « assure » : elle est là
de plus en plus tôt, repart de plus en plus tard. « La nounou est comme ces silhouettes qui, au
théâtre, déplacent dans le noir le décor sur la scène. Elles soulèvent un divan, poussent
d’une main une colonne en carton, un pan de mur. Louise s’agite en coulisses, discrète et
puissante. C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut
pas advenir. Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la
louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial. On la
regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime mais jamais familière. » Qui est
Louise ? Là est la question essentielle de ce roman terrible et fascinant, de cette tragédie
de la vie. Les parents imaginent à peine qu’elle puisse avoir une vie en dehors de chez eux et
sont très étonnés de la surprendre un jour dans un quartier éloigné du leur. Ils sont aussi
surpris de prendre conscience soudain qu’elle peut, elle aussi, tomber malade (ah, tiens,
j’avais oublié qu’elle était un être humain avec un corps !). Louise a pourtant eu une vie avant
et en a encore une le soir lorsqu’elle rentre chez elle dans sa banlieue terne et sale, dans
son meublé impersonnel et froid, enfin, une vie, façon de parler… Et ce pan de l’histoire qui va
se soulever progressivement nous permettra de comprendre le cheminement terrible de
cette femme à travers une vie de privations et de renoncements, de silences et de souffrances, de sacrifices et
de peines, une vie qui l’a dépossédée de tout, y compris d’ellemême.
Finalement, le seul endroit où elle existe encore, c’est chez Myriam et Paul : là, sa vie a
peut-être encore un sens, elle se sent chez elle, faisant partie de la famille : « Elle a l’intime
conviction à présent, la conviction brûlante et douloureuse que son bonheur leur appartient.
Qu’elle est à eux et qu’ils sont à elle. »
D’ailleurs, Myriam le lui a dit : « Vous faites partie de la famille. » Mais les tensions, les
incompréhensions, les non-dits s’accumulent chaque jour et les enfants grandissent… Il arrivera
l’entraîne vers le fond. Et ce que j’ai trouvé absolument remarquable dans ce roman, c’est la façon dont
l’auteur nous donne à voir cette lente noyade, cette agonie quotidienne, cet enfoncement inexorable dans les
sables mouvants de la détresse, de la solitude et de la folie jusqu’à l’acte final. Ce roman pose la question de
la responsabilité.
Louise est-elle coupable ? A coup sûr, autant victime que coupable ! « Tout le monde semblait avoir quelque
part où aller » remarque Louise observant les gens dans la rue. Elle, « elle n’a
jamais eu de chambre à elle ». Alors, « elle n’a qu’une envie : faire monde avec eux, trouver sa
place, s’y loger, creuser une niche, un terrier, un coin chaud. » Faire partie de quelque chose,
appartenir à quelqu’un. Être, tout simplement. Face à ce mur qui s’élevait chaque jour devant
elle, un mur épais, infranchissable l’empêchant à tout jamais de rejoindre les autres, ceux
qu’elle aimait, elle s’est retournée contre eux et contre elle-même.
Un roman magistral très maîtrisé, une tragédie des temps modernes qui mérite largement le prix qui lui a été
attribué.

Un récit dont on parle beaucoup, un incontournable de cette rentrée à mon sens surtout pour le
questionnement qu’il véhicule. Des réflexions concernant l’éducation que l’on donne à nos enfants, le temps
qu’on leur consacre, toujours occupés, jamais disponibles, obnubilés par notre travail, notre ascension
sociale. Le sujet est grave puisque le livre commence de suite par l’horreur.
Myriam rentre plus tôt du travail dans le but de surprendre ses enfants et de jouer un peu avec
eux et c’est l’horreur. Son bébé Adam et sa soeur Mila sont retrouvés morts. Louise a voulu
se donner la mort après les avoir massacrés, elle est dans le coma. Mais que s’est-il passé ?

C’est ce qui est intéressant, Leila Slimani va peu à peu nous faire comprendre comment on en est arrivé là.
Paul et Myriam ont deux enfants Mila et Adam. Myriam éprouve le besoin d’à nouveau travailler; elle
étouffe un peu à la maison avec ses enfants qu’elle adore.

cas de problème. Les auditions se poursuivent et ils rencontrent Louise. Elle a de belles références, elle est
veuve, plus d’enfant dans les pieds. Petit à petit Louise, véritable fée du
logis, va savoir se rendre indispensable. Ils ont trouvé la perle rare, discrète, qui non
seulement s’occupe à merveille des enfants, joue avec eux mais aussi s’occupe du linge de
maison, du ménage, cuisine des repas de rêve. Il est devenu inimaginable de faire sans elle.
Mais Paul et Myriam doivent aussi veiller à garder leurs distances, à jouer leur rôle
d’employeur; tout cela sans jamais choquer ou risquer d’humilier Louise qui est seule et ne
roule pas sur l’or.
Leila Slimani excelle dans la psychologie de ses personnages. Petit à petit elle distille de petits éléments sur
la personnalité de Louise qui amèneront peu à peu de la suspicion, des tensions car on le sait depuis la
première page le drame va surgir un moment donné. On est bien loin d’une
chanson douce, c’est un véritable drame psychologique. Le côté obscur de Louise se dévoile peu à peu. Ce
qui dérange c’est que ce récit est très réaliste.

Leila Slimani aborde la parentalité, la dualité entre les contraintes liées à la réussite professionnelle et le rôle
de parents. Elle aborde aussi la solitude, les milieux défavorisés, immigrés, les sans papiers, la pauvreté. La
tension est permanente et ce récit nous laisse un sentiment dérangeant, une culpabilité dans nos rapports
avec nos enfants. Un roman fort qui secoue et ne laisse pas indifférent.
Les jolies phrases Elle se dit qu’elle pourrait les contempler des heures sans se lasser jamais. Qu’elle se
contenterait de les regarder vivre, d’agir dans l’ombre pour que tout soit parfait, que la mécanique jamais ne
s’enraie. Elle a l’intime conviction à présent, la conviction brûlante et douloureuse que son bonheur leur
appartient. Qu’elle est à eux et qu’ils sont à elle. Mais dans quel lac noir, dans quelle forêt profonde est-elle
allée pêcher ces contes cruels où les gentils meurent à la fin, non sans avoir sauvé le monde ? Louise est un
soldat. Elle avance, coûte que coûte, comme une bête, comme un chien à qui de méchants enfants auraient
brisé les pattes. Elle se sent sentimentale tout à coup. C’est ça qu’être mère a provoqué. Ça la rend un peu
bête
parfois. Elle voit de l’exceptionnel dans ce qui est banal. Elle s’émeut pour un rien. Vous ne
devriez pas chercher à tout comprendre. Les enfants, c’est comme les adultes. Il n’y a rien à
comprendre.

C’est un récit qui glacera le sang de tous les parents qui ont dû confier leur(s) enfant(s) pour
repartir travailler. Qui d’entre nous avouera combien de fois il n’a pas osé formuler une critique à l’encontre
de l’assistante maternelle par peur de représailles sur ses enfants ? Qui n’a pas dit « oui bien sûr » en pensant
« Ah non » pour la même raison ? Ce récit nous interpelle à toutes et à tous même si 95 % des nounous sont
bien sûr des personnes responsables, professionnelles et aimantes, il reste toujours au fond de nous parents
l’ultime question : Que se passe t’il une fois la porte refermée ? Tout le monde en prend pour son grade dans
le roman de Leïla Slimani : les
parents bobo, carriéristes, un poil surbooké et bien contents -au départ- que la nounou en
fasse bien plus que ce pour quoi elle est recrutée et la nounou elle même avec son comportement dérangeant
qui va crescendo.

C’est un roman sans concession, qui met tout le monde mal à l’aise parce qu’il aborde le
complexe de classe, la faille sociale et le statut de ces femmes qui se dévouent corps et âmes
pour des enfants qui ne leur diront peut être même pas bonjour en les croisant dans la rue.
Terrible, forcément terrible.

RESUME 9
Les chansons d’enfants s’immiscent l’air de rien dans votre tête. Sans y prêter attention, vous les
entendez une fois, comme un bruit de fond… et vous les chantonnez sans le vouloir sans y penser, pendant
toute la journée ou plus. Louise, elle est comme une chanson. Depuis la naissance de sa fille, Myriam, jeune
femme parisienne, est mère au foyer. Mais voila, depuis la naissance de son fils, elle se sent de plus en plus
coupée du monde, sans intérêt…. Elle décide, avec le consentement de son mari, de reprendre son travail
d’avocate. Le jeune couple décide d’’engager une nounou à domicile.
Après un « casting » décevant, ils tombent sur la perle rare. Louise est une femme discrète et calme. Elle
semble efficace et, cerise sur le gâteau, Mila et Adam ont immédiatement été conquis. Mais pourquoi alors
ce drame et un tel acharnement de violence ? Mon avis : En évacuant dès les premières pages, le « drame »,
le grand final, l’auteur rend l’esprit du lecteur disponible. Il n’est plus tendu vers le « que va-t-il se passer ?
» mais vers le « comment en est-on arrivé là ? A quel moment les choses ont-elles basculé ? » Et à chaque
ligne, à chaque page, on cherche le détail qui a échappé aux parents, le grain de sable qui a enrayé la
machine. J’ai adoré la façon, dont Mme Leïla Slimani nous plonge dans le quotidien de la famille. Par le
biais d’une écriture quasi chirurgicale, elle nous montre (l’air de rien) que la famille n’est pas aussi « bien
sous tous rapports ». Si le jeune couple apprécie les initiatives de la jeune femme, sa discrétion, son
efficacité et ses attentions (préparer le repas des parents, faire la vaisselle de la veille…), à aucun moment ils
ne s’intéressent vraiment à elle.
Elle a beau en faire de plus en plus, ils ne l’augmentent pas, ne lui proposent pas de jour de congé
supplémentaire. Ils en profitent au contraire.
Pour eux elle devient comme un pot de fleurs. Une fois la porte de l’appartement fermée, elle
n’existe plus. Il faut finalement tourner les pages, lire entre les lignes, chercher ce qui n’est pas fait par le
couple, les attentes de Louise pour comprendre le drame. Et malgré la fin (ou le début) de l’histoire, je me
suis attachée à cette jeune femme dont la solitude m’a touchée. Et j’ai détesté le jeune couple avec ses deux
enfants qui se croient si supérieur… Je me suis beaucoup demandé ce que je pensais de ce livre qui m’avait
mis un peu mal à l’aise, et comment j’allais en parler…
En rédigeant cet article je m’aperçois que c’est un COUP DE COEUR, et qu’il va sûrement me
rester dans un coin de la tête un certain temps

Mary Poppins ?

Paris, de nos jours, Myriam ne supporte plus de rester à la maison pour s’occuper de ses deux enfants.
Lorsque Mila est née, pourtant, il lui a semblé impossible de quitter ce tout petit bébé, puis Adam est arrivé,
et sa carrière d’avocate a été repoussée. Son mari travaille dans la musique, il n’a pas d’horaires, rentre au
milieu de la nuit. C’est tout petit, chez eux, Myriam étouffe. Ils décident de prendre une nounou à domicile.
C’est Louise qu’ils choisissent. La quarantaine, veuve, frêle et blonde, elle s’impose comme une évidence.
Très vite, elle devient indispensable, s’occupe de tout, cuisine, range, nettoie, et les enfants l’aiment
beaucoup. Idyllique ?
Non, forcément,et Leïla Slimani nous l’expose avec un sens consommé du détail, scrutant le moindre recoin
de ces vies qui pourraient être les nôtres. Elle saisit l’attention du lecteur dès les
premières pages et ne l’autorise à la relâcher qu’après son point final, le bousculant par
l’impression de proximité de ce qu’elle décrit. Tout en nuance et avec une subtile progression
dramatique, on en termine glacés. Très fort !

La perle rare Mais quelle claque ! Le premier chapitre lu dans un roman policier par exemple , on se dirait «
ça commence fort » ! mais dans « La Blanche » de chez Gallimard, franchement je ne m’attendais pas à
recevoir un tel uppercut !
Myriam,qui habite dans les beaux quartiers meurt d’envie de retravailler après avoir eu deux enfants. Son
mari , Paul n’y tient pas tellement, mais c’est avec beaucoup de soins qu’ils vont choisir la nounou.Les
critères sont serrés(pas trop jeune, pas trop vieille, pas arabe, pour éviter une connivence entre la mère ,
originaire du Maroc très certainement, et la nounou). Ils découvrent la perle rare, Lucie.
Au début , tout se passe bien même si ces jeunes parents très occupés sont parfois débordés par l’emprise de
cette femme , ils ne savent pas , et n’osent pas prendre le recul nécessaire entre employeurs et employée. La
relation entre les deux femmes ,à chaque bout de l’échelle sociale, est marquée souvent par la jalousie. Et
puis , les enfants sont heureux, les amis s’extasient, le confort moral s’installe et les signes d’instabilité de
Lucie passent inaperçus, et plus tard, peut-être le couple et surtout la mère ne voudra pas les voir, jusqu’au
drame final, horrible, qui est relaté dans le premier chapitre. Cette chute vertigineuse et fascinante m’a
captivée de bout en bout. La
construction du roman est impeccable, l’écriture sans fioritures va droit au but. Le deuxième roman de
L.Slimani sera mis à l’honneur au mois de novembre c’est certain.

l’auteur nous raconte l’histoire d’un couple parisien. La jeune femme, Myriam, a brillamment
achevé des études de droit et très vite, a eu un premier enfant. Elle a alors fait le choix de se
consacrer à son éducation, y prenant un plaisir non dissimulé et profitant de la relation fusionnelle
avec lui. Pour prolonger cette période de bien-être, un deuxième enfant arrive et là, une
longue descente aux enfers commence.

Débordée par ses petits, délaissée par son mari qui consacre la majeure partie de son temps à
son travail, Myriam perd pied petit à petit et se noie dans les tâches ménagères qui lui incombent.
Alors, quand l’opportunité de travailler se présente, elle la saisit comme une bouée de secours et
choisit donc d’embaucher quelqu’un pour prendre soin de sa précieuse progéniture pendant son
absence. L’entrée de Louise dans la vie de cette famille tient du miracle.
Arrivée providentielle, elle parvient rapidement à leur permettre de retrouver la sérénité perdue.
Progressivement, elle leur apporte bien plus que les soins attachés aux enfants et dans lesquels
elle excelle, mais elle prend en charge l’ensemble de la gestion de la maison : ménage, cuisine,
linge, courses… Bien sûr, quelques détails énervent les parents : une fête d’anniversaire
préparée avec un peu trop d’emphase, un maquillage inapproprié… mais globalement, ils
n’ont qu’à se satisfaire des services prodigués, à tel point qu’ils l’emmènent avec eux en
vacances.
de Louise a-t-elle pu devenir aussi puissante sur leur quotidien sans qu’ils réagissent ?

C’est là que le livre de Leïla Slimani fait mouche !

Pour une femme, bien davantage que pour un homme en général, tout est question d’équilibre :
mener de front carrière professionnelle et vie de famille épanouie. C’est quand on pense être enfin
parvenue à ce précieux équilibre que justement, il ne nous correspond plus. Balançant entre tous
ces intérêts contradictoires, les mères actives naviguent souvent à vue, tentant de satisfaire
chacun et performer sur tous les plans. On comprend donc sans peine le soulagement que
peut représenter l’arrivée de quelqu’un qui vous relaie dans tout ce qui ne vous paraît pas
indispensable à un moment donné.
Et pourtant, que sait-on de cette personne à laquelle on ouvre grand la porte de son intimité et de
tout ce que l’on a de plus précieux ?
Au-delà d’une vague référence d’un ancien employeur, souvent pas grand-chose. À ne pas
s’intéresser de près au sujet, on s’expose à côtoyer de véritables psychopathes

RESUME 10
D’emblée, le meurtre des deux enfants. L’auteure de Dans le jardin de l’ogre est partie d’un fait divers new-
yorkais, l’assassinat d’enfants par une nounou en 2012, pour raconter l’intimité, la lutte des classes, la
solitude dans les grandes villes. Chanson douce se déroule dans le Xe arrondissement de Paris, rue
Hauteville, chez les bobos. Paul et Myriam Massé, un jeune couple sympathique, engagent une nounou,
Louise, pour garder leur fille Mila et leur fils Adam. Myriam a décidé de reprendre son travail d’avocate.
Elle veut tout mener de front. La suite semble lui donner raison.
Myriam dit à son entourage : « Ma nounou est une fée. » Tout se passe bien. Mais Louise n’est pas
seulement « la nounou », elle est une femme avec un passé. Les pages les plus émouvantes du roman sont
celles qui soulèvent par petites touches le voile d’une vie enfouie. Louise et son mari brutal, Louise et sa
fille disparue, Louise et sa solitude. Rien ne transparaît. Louise est parfaite et le couple amical. Mais la
frontière de l’argent, source des malentendus, va se creuser entre eux. D’un style rapide et sec, Leïla Slimani
met à vif un enfer pavé de bonnes intentions. La romancière de 34 ans excelle à installer une tension
dramatique et à montrer l’ambiguïté des sentiments. La nounou est à la fois indispensable et invisible. Elle
doit résoudre tous les problèmes et n’en apporter aucun. Plus les semaines passent, plus Louise prend de la
place au sein de la famille ; plus Louise prend de la place au sein de la famille, plus on la considère
comme un vieux meuble.
Les différents niveaux de lecture s’entrechoquent dans Chanson douce. Il y a ce que le lecteur sait
(la mort des enfants), ce que les parents voient (presque rien), ce que Louise vit (une mélancolie suicidaire).
Les bons sentiments du jeune couple, bien sous tous rapports, aggravent la situation car ils donnent l’illusion
à Louise que quelque chose d’autre est possible. Mais, chaque soir, elle retrouve la détresse de son studio
sordide et de ses problèmes d’argent. Quand elle les accompagne en vacances en Grèce, un rêve s’entrouvre
et se referme aussitôt. Son univers définitif n’est pas celui des bleus de la mer ‫ة‬gée mais celui des squares les
après-midi d’hiver. Ce que Leïla Slimani dénonce, avec une force feutrée, ce sont les bons sentiments à bon
compte.

RESUME 11
Avis de l'éditeur
Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de
reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou.
Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe
progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va
se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la
nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des
rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant
de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un
suspense envoûtant

Paul et Myriam ont deux enfants Mila et Adam. Myriam éprouve le besoin d'à nouveau travailler; elle
étouffe un peu à la maison avec ses enfants qu'elle adore. Elle était avocat avant leur naissance et
veut retrouver un épanouissement professionnel. Il va falloir trouver une nounou aux enfants, ce
n'est pas facile, ils n'ont jamais été séparés de leurs parents.
Une chose est certaine il faudra trouver quelqu'un de confiance, pas de personnes étrangères, sans
papier, ne parlant pas français. Non il faut quelqu'un qui n'aura pas peur d'agir et de demander de
l'aide en cas de problème. Les auditions se poursuivent et ils rencontrent Louise. Elle a de belles
références, elle est veuve, plus d'enfant dans les pieds.
Petit à petit Louise, véritable fée du logis, va savoir se rendre indispensable. Ils ont trouvé la perle
rare, discrète, qui non seulement s'occupe à merveille des enfants, joue avec eux mais aussi
s'occupe du linge de maison, du ménage, cuisine des repas de rêve. Il est devenu inimaginable de
faire sans elle. Mais Paul et Myriam doivent aussi veiller à garder leurs distances, à jouer leur rôle
d'employeur; tout cela sans jamais choquer ou risquer d'humilier Louise qui est seule et ne roule pas
sur l'or.
Leila Slimani excelle dans la psychologie de ses personnages. Petit à petit elle distille de petits
éléments sur la personnalité de Louise qui amèneront peu à peu de la suspicion, des tensions car
on le sait depuis la première page le drame va surgir un moment donné. On est bien loin d'une
chanson douce, c'est un véritable drame psychologique. Le côté obscur de Louise se dévoile peu à
peu. Ce qui dérange c'est que ce récit est très réaliste.
Leila Slimani aborde la parentalité, la dualité entre les contraintes liées à la réussite professionnelle
et le rôle de parents. Elle aborde aussi la solitude, les milieux défavorisés, immigrés, les sanspapiers,
la pauvreté.
La tension est permanente et ce récit nous laisse un sentiment dérangeant, une culpabilité dans nos
rapports avec nos enfants. Un roman fort qui secoue et ne laisse pas indifférent.

Depuis qu'ils sont nés, elle a peur de tout. Surtout, elle a peur qu'ils meurent. Elle n'en parle jamais, ni à ses
amis, ni à Paul, mais elle est sûre que tous ont eu ces mêmes pensées...
Des scénarios atroces, s'échafaudent en elle, qu'elle balaie en secouant la tête, en récitant des prières, en
touchant du bois, et la main de Fatma qu'elle a héritée de sa mère...

RESUME 12
Myriam, jeune maman débordée par ses deux enfants, croise un jour un ancien copain de fac qui
lui propose de l'embaucher. Elle qui a fait des études de droit, décide de rebondir et de trouver
une nounou, malgré les réticences de Paul, son mari qui a du mal à la voir reprendre le travail.
C'est Louise qui semble réunir tous les critères.
Dès son arrivée, le jeune couple revit et fait de plus en plus confiance à la jeune femme qui
devient pour eux totalement indispensable.
Il faut dire qu'elle sait se montrer particulièrement convaincante et disponible pour tous.
Mila et Adam, les enfants, sont heureux.
La maison est rangée et le repas prêt, même lorsque les parents rentrent tard.
Ils décident même de l'emmener en vacances avec eux...le rêve !
Aussi, quand ça dérape, et que le drame éclate, tout le monde est sidéré...

Ce roman est véritablement un drame de société.


L'auteur décrit avec minutie les rapports particuliers et malsains qui se nouent entre les personnages. Elle
nous fait entrer dans leur psychologie à petits pas.
La nounou, perfectionniste à outrance, a un grand besoin d'être aimée et respectée. Elle a honte de son
milieu d'origine et voudrait trouver auprès de ses "patrons" une reconnaissance
qu'elle n'a jamais eu le droit de s'accorder dans la vie. Le lecteur découvre sa vie misérable dans un logement
sordide, les dettes laissées par son mari et qu'elle doit toujours honorer,
sa solitude...
Le jeune couple est typiquement un couple d'aujourd'hui, centré sur eux-mêmes et la résolution de leurs
problèmes, ambitieux et volages. Ils ne sont pourtant pas indifférents à leurs
enfants qu'ils adorent, mais leurs occupations les empêchent de rester vigilants et de voir les détails qui
annoncent le drame...
Ils ne sont pas non plus indifférents à Louise et tentent même de l'aider, mais ils sont maladroits et ne
s'attardent pas longtemps sur ses problèmes.

L’histoire révèle dès le premier chapitre l’assassinat de deux enfants. Le ton est donné! Myriam et
Marc sont tiraillés entre la réussite professionnelle et les exigences d’une vie de famille. Après un
casting sévère, ils décident d’engager une nounou, Louise. Elle se rend vite indispensable et
apprivoise les membres de la famille un par un. Pour le couple, ils ont trouvé leur « Mary
Poppins ». Le piège de la dépendance mutuelle va grandir jusqu’au drame…
L’idée de ce récit est née suite à un fait-divers similaire aux Etats-Unis. Lorsqu’elle a commencé à se
plonger dans son roman, Leïla Slimani était elle-même à la recherche d’une nounou. « Je me
laissais glisser dans le cauchemar que je décrivais, j’imaginais tout ce qui pouvait se passer de plus
atroce et, d’une certaine façon, c’était libérateur… » Interview dans Elle.
Slimani traite avec talent et simplicité des thèmes récurrents des romans contemporains: la réussite,
l’argent, les préjugés de classe ou de culture mais aussi l’amour et l’éducation. Des thèmes abordés
qui révèlent des modes de vie actuels permettant de vite se glisser dans la peau des personnages.
J’ai aimé le style élégant et percutant de l’écrivaine, elle raconte une histoire glaçante avec de jolis
mots; elle fredonne « une chanson douce »… L’écrivaine ne porte aucun jugement sur ses
personnages. Le lecteur en tire ses conclusions, ses émotions et se fait son opinion. La psychologie
des personnages est décrite avec pertinence. Le bouquineur suit avec grand intérêt la folie
grandissante de Louise. Happé et plongé au centre de cette famille, il enchaîne les pages…et
surtout il veut comprendre comment cette nounou parfaite, douce et aimante se transforme en
sorcière meurtrière!

son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une
nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite
l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer.
Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

RESUME 13
Le livre de Leïla Slimani est une fiction, mais les deux ouvrages ont en commun une volonté
évidente :
décrire un quotidien difficile dont on parle peu, l’isolement de ces femmes à qui on confie ses
enfants, à qui on demande toujours plus, et le déséquilibre de la relation mère / nourrice qui se
creuse au fil du temps.
Mais aussi la difficulté, la culpabilité des parents débordés, qui souhaitent le meilleur pour leurs
enfants, et leur souffrance de devoir ou de choisir de les laisser.
« Chanson douce » s’ouvre sur le double infanticide commis par une nourrice à Paris. Le crime a
eu lieu, puis on revit toute l’histoire depuis le début : le recrutement, comment Louise, la nounou,
devient indispensable puis un peu trop parfaite, intrusive mais irremplaçable, et ne fera jamais
tout à fait partie de la famille. La trame narrative s’installe peu à peu, comme un poison, et on ne
lâche plus ce livre qui se lit comme un thriller, distillant dans ses détails le mal qui s’installe peu à
peu, implacable.
« On la regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime mais jamais familière. Elle arrive de plus
en plus tôt, part de plus en plus tard. »
Cette particularité infime au départ, un détail : Louise garde les enfants chez eux. Or, il existe une
réelle distance, une hiérarchie très dure et très forte avec celles qui gardent à domicile. Si on y
regarde de plus près, un vrai mépris des nourrices à domicile existe, elles n’ont pas de statut,
contrairement aux assistantes maternelles.
Ainsi, on sent bien dans le roman que Louise fait entrer la misère chez eux, sans le faire exprès,
sans que personne ne s’en préoccupe réellement, mais en la méprisant beaucoup. Le diable se
cache pourtant dans LES DETAILS

DES RESUMERS
En rentrant plus tôt de son travail, Myriam découvre une scène d’horreur. Son fils Adam est mort et sa fille Mila
est dans un état plus que critique.
Puis flashback. Après la naissance de son deuxième enfant, Myriam ne supporte plus d’être mère au foyer.
Diplômée en droit et avocate, elle aimerait reprendre une activité professionnelle. Paul son mari n’est pas
franchement pour mais on propose à Myriam un travail d’avocate. Avec leurs horaires à rallonge, ils n’ont qu’une
possibilité : trouver une nounou qui gardera chez eux les enfants. Ils embauchent Louise : la quarantaine, veuve
et mère d’une grande fille que ne vit plus avec elle et dont les références sont élogieuses. Les enfants l’adorent
et elle fait bien plus que s’occuper de Mila et d’Adam.

Elle nettoie, range et cuisine. La perle rare. Très vite, elle devient indispensable mais reste toujours dans
l’ombre. Les frontières employeur/employée deviennent floutées, ambiguës. Car petit à petit, Louise a fait sa
place chez eux. Elle s’est infiltrée dans leur intimité sans qu’ils ne s’en rendent compte, toujours disponible et
aimable, toujours aux petits soins pour eux ("On la regarde et on ne la voit pas. Elle est une présence intime
mais jamais familière. Elle arrive de plus en plus tôt, part de plus en plus tard."). Quelquefois, Myriam s’en veut
de ne plus voir autant ses enfants et Louise l'agace par certains de ses comportements. Mais sans elle tout
serait tellement plus compliqué. D'ailleurs, tout le monde leur envie leur nounou.

Ce roman aussi addictif qu’un thriller est impossible à lâcher. Avec beaucoup de psychologie, de finesse et de
nuance mais toujours en gardant une distance, Leïla Slimani explore la relation entre Louise et le couple (et
principalement avec Myriam) et retranscrit la culpabilité, les jalousies, les manipulations.
Impeccablement mené par une écriture concise avec une tension qui va en crescendo, ce roman ausculte
également notre société (les rapports d'argent et de hiérarchie, les obligations, la balance entre travail et vie
familiale, la solitude) de manière très réaliste.

Un livre aussi prenant que dérangeant !


"Et c'est vrai. Plus les semaines passent et plus c'est Louise qui excelle à devenir à la fois invisible et
indispensable.
Myriam ne l'appelle plus pour prévenir de ses retard et Mila ne demande plus quand rentrera maman. Louise est
là, tenant à bout de bras cette édifice fragile. Myriam accepte de se faire materner. Chaque jour, elle abandonne
plus de tâches à une Louise reconnaissante. La nounou est comme ces silhouettes qui, au théâtre, déplacent
dans le noir de décor sur la scène.
(...) Louise s'agite en coulisses, discrète et puissante. C'est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la
magie ne peut advenir.

Une nourrice assassine les deux enfants qu'elle gardait depuis près d'un an. Pourquoi un acte si monstrueux ?
L'intérêt de l'histoire qui suivra tel un flashback sera de comprendre comment cette femme aux apparences de
nounou si parfaite a pu commettre une pareille barbarie. Leïla Slimani s'immisce dans la vie du couple de Paul
et Myriam, parisiens branchés, nous expliquant les raisons qui les ont poussé à embaucher quelqu'un pour
garder leurs enfants. Elle nous décrit leurs failles, leurs doutes sur l'éducation et le rapport qu'ils vont entretenir
avec Louise, la baby-sitter. Celle-ci fera peu à peu partie intégrante de leur vie, se rendant indispensable. Entre
douceur, rigueur et manipulation, cette femme intrigue.
L'auteur parvient à maintenir un suspens et une tension tout le long du roman. Grâce à une écriture concise, qui
va à l'essentiel, le livre se lit d'une traite. Leïla Slimani arrive avec brio à transformer une histoire banale en fait
divers extraordinaire, à la manière d'un roman noir à suspens. Elle retranscrit parfaitement le basculement qui
tend vers le drame. C'est sombre, dérangeant, mais très prenant et ça ne laisse pas indifférent.

Un jeune couple de parisiens, parents de deux enfants, viennent d'engager une nounou prénommée Louise.
Elle est disponible, discrète, devenant peu à peu presque indispensable à l'équilibre familial.
Or dès les premières lignes, c'est l'enfer qui s'ouvre et qui ne se refermera jamais.
Leila Slimani, par son écriture maîtrisée, fait de cette "chanson douce" un drame dont certaines scènes
marqueront le lecteur un certain temps. Coup de cœur!

deux adultes luttent pour trouver un équilibre entre leurs ambitions et leur devoir de parent. La nourrice s'insinue
dans leur vie; elle semble apporter ce qui manque dans cette famille mais que sait-on de ses pensées, de ses
difficultés, de son passé? Le drame se noue lentement, l'auteure distille les avertissements et dénonce nos
certitudes. Il est souvent dangereux de ranger une personne à coup de préjugés. Le jeune couple va en faire la
cruelle expérience...

Myriam va pouvoir renouer sereinement avec le monde du travail, car Louise, sa nouvelle nounou, est parfaite.
Elle s'occupera avec beaucoup de soin des enfants, de la maison, pendant que Paul et elle s'épanouiront
professionnellement, afin d'offrir le meilleur à leurs enfants. En engageant Louise avec ses fêlures, ses
blessures, sa jalousie -sa folie ?- Myriam ne sait pas encore qu'elle fait entrer le loup dans la bergerie, que celle-
ci va fracasser leur vie...en tissant peu à peu sa toile dans ce foyer.
Leila Slimani -dont je découvre la plume- brosse un portrait de notre société à travers l'histoire de Myriam et
Louise, car avec ces deux femmes aux antipodes sociales, c'est toute une société qui est disséquée, avec ses
codes, ses obligations, ses pressions.
Après deux grossesses, Myriam décide de reprendre son métier d'avocat. Avec son mari Paul, elle trouve la
perle idéale, LA nounou toujours disponible, aimée des enfants et qui améliore tous les aspects de leur vie
quotidienne. Louise sait très vite se rendre indispensable et appréciée.

Après la naissance de son deuxième enfant, Myriam décide de reprendre son activité professionnelle, au sein
d’un cabinet d’avocat. Son mari est réticent mais compréhensif et se range à sa décision. Il faut donc trouver
une personne pour s’occuper des enfants. A la façon d’un cabinet de recrutement, ils rencontrent plusieurs
candidats et finissent par choisir Louise. Tout de suite les enfants adorent Louise, le choix était donc judicieux.
Toutefois, progressivement, Louise finit par occuper une place importante voire excessive dans le foyer. Le
piège se tend, il va se refermer pour finit par un drame.
Roman qui décrit notre époque, sa conception de l’amour et de l’éducation, les rapports de domination et
d’argent, cette Chanson Douce est un véritable suspense très prenant

RESUME 14
en blanc nos premières attentes pour en créer de nouvelles. Dès les premières pages, le narrateur
expose en effet le crime commis par la nourrice Louise : le meurtre des deux enfants de la famille,
Mila et Adam.
Cependant les chapitres suivants sont présentés comme une remontée dans le temps composée de
flashbacks, ce qui est l’occasion pour nous de découvrir tous les éléments antérieurs à ce drame.
On assiste ainsi à la naissance des deux enfants, Mila et Adam, à la reprise de son activité
professionnelle par Myriam la maman, et la nécessité pour les parents de trouver une nourrice
pour assurer la garde de leur progéniture. C’est ainsi que Louise entre dans la vie de cette famille.
Elle semble être la nourrice parfaite qui se dévoue totalement à son travail jusqu’à anticiper les
désirs des parents et réaliser des tâches qui ne lui sont pas exigées. Elle prend son rôle très à cœur :
elle joue avec les enfants, prend soin d’eux comme
s’il s’agissait de ses propres enfants, nettoie l’appartement, mijote des plats faits maison et va
même jusqu’à occasionnellement vivre chez eux. Méticuleuse, ponctuelle, consciencieuse,
organisée, elle devient dès lors un élément indispensable pour la famille. Toutefois, marquées par
la scène initiale, nous n’avons pu, tout au long de la lecture de ce récit, nous empêcher de nous
méfier de cette nourrice, que nous trouvions pourtant parfaite ! Le flash-back initial nous poussait
à une lecture active : nous n’avons pas pu nous retenir de nous interroger, de chercher à
comprendre, voire de justifier l’acte pourtant impardonnable de Louise, et ce questionnement
nous a animées jusqu’aux dernières pages du roman…

Le roman de Leïla Slimani s'ouvre sur un cri affreux, celui d'une mère. La narratrice ne nous
prend pas en traître en révélant, dès le premier chapitre, l'assassinat de deux enfants et la
tentative de suicide de leur nourrice « qui n'a pas su mourir »... Retour en arrière : après la
naissance du deuxième enfant de Paul et Myriam, la jeune femme souhaite retravailler et se met
en quête de la nounou parfaite. Quand Louise apparaît, avec son visage « comme une mer
paisible », elle sait qu'elle l'a trouvée. La fée du logis s'installe donc dans l'appartement et
comble les fantasmes de famille idéale : enfants calmes et bien peignés, ménage tenu au
cordeau, dîner préparé. Au fil des mois, Louise apprivoise chacun, se rend indispensable. De
discrètes notes discordantes se font pourtant entendre : l'étrange impassibilité de Louise et sa
solitude, la course éperdue de Myriam écartelée entre amour maternel et désir de réussite.
Renaudot 2016 : Yasmina Reza distinguée pour “Babylone”
Prix littéraire

Ossature de l'intrigue, une idylle qui tourne mal, très mal. Myriam,
avocate parisienne, engage une nounou, Louise, pour pouponner ses
bambins adorés tandis qu'elle reprend sa carrière. Entre les deux femmes,
l'alchimie est immédiate, "comme un coup de foudre amoureux". Louise
est parfaite: une perle rare, une fée du logis, une Mary Poppins version
dixième arrondissement parisien. Mais, après des mois de service
impeccable, elle va sauvagement assassiner les deux enfants dont elle a la
garde.

A la première page de ce roman magistral, Leïla Slimani dégoupille une


grenade dans les mains tremblantes du lecteur. Après une description de
la scène du crime, elle tire un à un les fils jusqu'au drame: l'arrivée de
Louise, sa façon de se rendre indispensable et de s'infiltrer, hypnotique et
efficace, dans l'intimité du foyer. La virtuosité tient autant à l'écriture,
d'une puissance froide, contenue, nerveuse, qu'à la construction, tirée au
cordeau, filant droit au but. Dans cette tragédie à rebours, on avance en
alerte, avides de déceler dans cet équilibre louche, bizarrement vénéneux,
les signes annonciateurs de la catastrophe.
Car on comprend, à mesure que la vivisection familiale progresse, que
rien n'est simple dans cette histoire. Il n'y a pas d'un côté la nounou qui
devient folle, de l'autre la mère qui n'a rien vu venir. Mais plutôt, une
relation asymétrique entre deux femmes qui, des deux bouts de l'échelle
sociale, s'observent et se jalousent. L'une sous-traite son rêve de
maternité, confie à l'autre ce qu'elle a de plus cher, mais ne sait rien
d'elle, jamais ne lui parle. L'autre vampirise l'espace familial, se livrant à
un petit jeu de manipulation dont on se demande jusqu'au bout s'il est
innocent ou pervers. A l'arrivée, l'effet de réel est si puissant que l'on se
surprend plus d'une fois à croire que tout est vrai. Trop vrai peut-être.

Elle a été embauchée par Myriam, une jeune salariée parisienne mère de deux enfants, peu attirée par le
« bonheur, simple, muet, carcéral » de la femme au foyer, qui s’est mise en quête, avec son mari, Paul,
de la perle rare. Louise dépasse leurs espérances car, en plus de s’occuper des petits, elle materne aussi
les parents, cousant, rangeant, cuisinant, sans relâche : « Louise fait de cet appartement brouillon un
parfait intérieur bourgeois. »

A partir du dénouement, un double infanticide, l’auteur remonte le temps et explore les fêlures de Louise.
L’histoire commence par une rencontre belle comme un coup de foudre : « Ma nounou est une fée », clame
à ses amis jaloux Myriam, une jeune salariée parisienne mère de deux enfants. Peu attirée par le «  bonheur,
simple, muet, carcéral » de la femme au foyer, elle s’est mise en quête, avec son mari, Paul, de la perle rare.
Louise dépasse leurs espérances car, en plus de s’occuper d’Adam et de Mila, elle materne aussi les parents,
cousant, rangeant, cuisinant, sans relâche : « Louise fait de cet appartement brouillon un parfait intérieur
bourgeois.  »
La nounou devient indispensable, installe son nid dans l’appartement et dans la vie du couple : « Elle est
Vishnou divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire,
la source infaillible de leur bonheur familial. » Les enfants sont ravis, les parents conquis. Certes, quelques
bizarreries de Louise étonnent ou inquiètent : sautes d’humeur, disparition de plusieurs jours sans préavis,
mais le couple, peu à l’aise avec la relation hiérarchique, lui trouve des excuses : « Nous l’avons
humiliée. » Et puis «  leur vie déborde » de rendez-vous à honorer, de tâches à accomplir, alors Paul et
Myriam ferment les yeux. Peu à peu, le lien de subordination s’inverse et la jeune mère sûre d’elle baisse les
yeux devant la nounou fluette.

LE FILME

Ce film de Lucie Borleteau est une adaptation d’un livre éponyme de Leïla Slimani, qui s'inspirait de l'histoire d'une aide à domicile,
recrutée pour s'occuper des enfants, s’étant déroulée en 2012 aux États-Unis et de son dénouement tragique. Le roman, qui a obtenu le
prix Goncourt, annonçait la couleur dès le début.
Ce qui n’est pas le cas du film : Louise (Karine Viard) se fait embaucher pour garder les deux enfants d’un couple actif : Paul, producteur
de musique (Antoine Reinartz), et Myriam, avocate (Leïla Bekhti). Ils ont écarté d’autres candidates sur des apparences défavorables.
Mais là d’emblée, ils la trouvent bien sympathique, compétente, dévouée, ils lui font confiance, la sollicitent au-delà de sa fonction
puisqu’elle les accompagne en vacances ou reste à une soirée qu’ils organisent : sauf qu’elle est là pour servir, se proposant d’ailleurs
ellemême pour le faire.

aussitôt dissipées, la réalisatrice ne se privant pas de donner des gages de sa bonne volonté, de son dévouement. Le spectateur en sait
cependant davantage que les parents : on perçoit bien du cynisme chez elle, elle confie des secrets aux enfants avec interdiction de les
révéler à leur mère. L’homme est plus perspicace, la femme plus tolérante, toujours soucieuse de trouver une explication à une attitude
étrange.
Louise est envahissante, délire parfois mais retombe sur ses pieds par une pirouette qui annihile ce qui avait précédé. Elle peut provoquer
un désordre sans nom, puis tout ranger nickel-chrome. On va découvrir qu’elle vit dans des conditions sordides, qu’elle a une fille qu’elle
n’élève pas, que les créanciers la poursuivent, qu’elle a vécu un déclassement et a sombré dans un puits sans fond.
Mais cette avancée zigzagante dans le drame cherche moins à révéler une personnalité trouble qu’à nous emmener dans un labyrinthe de
perplexité : parce que l’évolution du comportement de Louise n’est pas crescendo mais chaotique. Les retours en arrière vers un
comportement tout à fait « normal » sont presque redondants.

A un moment, on se dit : c’est bon, on a compris, faudrait peut-être désormais avancer. En même temps, cette
personnalité à la fois perturbée et souriante, délirante et chaleureuse, est particulièrement troublante : elle renvoie vraiment à
la difficulté pour tout un chacun de déceler un comportement malade. Dans une société soucieuse de relations humaines
respectueuses, on ne peut sans cesse suspecter l’autre. Même un individu présentant une attitude bizarre signifie nullement
qu’il est un danger public. S’il en était autrement la vie serait intenable. Peut-être d’ailleurs allons-nous vers la suspicion
généralisée, avec surveillance, contrôle, justificatifs, attestations, lettres de créance, tests, reconnaissance faciale, caméras
dans les rues… Très loin d’une chanson douce…
Le jeu des acteurs est impeccable, Leïla Bekhti parfaite en mère toujours inquiète pour ses enfants, Antoine Reinartz en père
et mari plus jugeant et expéditif. Karin Viard développe tout le talent qu’on lui connaît et se donne à fond, sans se ménager

LONG RESUME
un film qui bouscule le spectateur sidéré par l’assemblage subtil, sous ses yeux, des pièces d’un puzzle
inexorable
Paul et Myriam ont deux enfants en bas âge. Ils engagent Louise, une nounou expérimentée, pour que
Myriam puisse reprendre le travail.
Louise se montre dévouée, consciencieuse, volontaire, au point que sa présence occupe une place centrale
dans la famille. Mais très vite les réactions de Louise deviennent inquiétantes.
Thriller hitchcocko-polanskien à la fois subtil et e􀃞cace, « Chanson douce » scanne certaines de
nos angoisses contemporaines.

Quand le besoin se fait sentir et la carrière professionnelle d’une femme devient une priorité, le
recrutement d’une nounou devient une nécessité. Dans le cadre de cette idée, Leila Slimani a écrit
Chanson douce[1], un roman valant le prix Goncourt 2016.
Dès le début l’auteure cite simples contes des collines de Rudyard Kipling : « Mademoiselle
Vezzis était venue de par-delà la Frontière pour prendre soin de quelques enfants chez une dame
(…). La dame déclara que mademoiselle Vezzis ne valait rien, qu’elle n’était pas propre et qu’elle
ne montrait pas de zèle. Pas une fois il ne lui vint à l’idée que mademoiselle Vezzis avait à vivre
sa propre vie, à se tourmenter de ses propres affaires, et que ces affaires étaient ce qu’il y avait
au monde de plus important pour mademoiselle Vezzis »
et Crime et châtiment de Dostoïevski : « Comprenez-vous, Monsieur, comprenez-vous ce que
cela signifie quand on n’a plus où aller ? » La question que Marmeladov lui avait posée la veille lui
revient tout à coup à l’esprit. « Car il faut que tout homme puisse aller quelque part ». Les deux
références rappellent que l’intérêt réservé à une chose n’est pas dépourvu de risques.

Une nouvelle recrue qui change la vie Myriam qui a repris ses activités professionnelles, lasse du
quotidien passé entre quatre murs en train de s’occuper des enfants, a recruté Louise. Cette
dame veuve était un modèle que la mère de Mila et Adam considérait comme « une fée » [2]. Elle
ne se contentait pas de prendre soin des petits mais elle astiquait aussi la maison : « Au bout de
quelques semaines, elle n’hésite plus de changer les objets de place.
Elle vide entièrement les placards, accroche des sachets de lavande entre les manteaux. Elle fait
des bouquets de fleurs. Elle éprouve un contentement serein quand, Adam endormi et Mila à
l’école, elle peut s’asseoir et contempler sa tâche.

L’appartement silencieux est tout entier sous son joug comme un ennemi qui aurait
demandé grâce »[3]. Elle est devenue un modèle dont on parle : « Dans l’entourage de Paul et de
Myriam, tout le monde finit par connaître Louise. Certains l’ont croisé dans le quartier ou dans
l’appartement.

D’autres ont seulement entendu parler des prouesses de cette nounou irréelle, qui a jailli d’un livre
pour enfants »[4]. Mais cette dame dont on loue les qualités n’est pas sans problèmes. Elle vit
dans un studio insalubre qu’elle doit quitter faute de payer le loyer. Elle vit un stresse intérieure
qu’elle n’a pu masquer jusqu’au jour où : « Il lui prend parfois l’envie de poser ses doigts autour du
cou d’Adam et de le secouer jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Elle chasse ces idées d’un grand
mouvement de tête. Elle parvient à ne plus y penser mais une marée sombre et gluante l’a
envahie tout entière. « Il faut que quelqu’un meure. Il faut que quelqu’un meure pour que nous
soyons heureux »[5].

Tout au long du roman, le lecteur est conduit dans les moindres détails pour découvrir que ce qui
importe ce n’est pas l’apparence mais ce que cache la conscience.
Un des aspects discutables du roman de Slimani est son traitement tendancieux
des immigrés et des étrangers. Paradoxalement, la présentation du roman sont
mentionnés côte à côte les termes “race” et “pouvoir”, “classe”, “genre” et
“domesticité” et vus comme des thèmes qui sont “observés audacieusement” par
l'auteur. Plus surprenant encore, la plupart des critiques ont loué la façon dont le
roman s'écarte des questions de l'immigration et apporte au lieu de cela une
réflexion “post-identitaire” plus vaste sur la lutte sociale et de classe dans la
France contemporaine. Par exemple, Jennifer Howell écrit dans le “Journal of
North African Studies” que “alors que Slimani est d'origine marocaine, ni ses
éditeurs ni elle-même n'ont capitalisé sur son ethnicité” et elle ajoute que son
traitement de l'emploi domestique en France reflète “une réalité sociale et ne
représente pas un traité se penchant sur l'immigration”. Un autre exemple est la critique non
moins élogieuse de la journaliste et auteur Lauren Collins parue
dans le New Yorker où elle explique que la réticence de Slimani à se mêler de
l'actualité en France est aussi “un refus d'accepter l'idée que l'écrivain marocain
ou afghan doit s'affronter aux questions politiques alors que l'écrivain américain
ou français peut s'en tenir à explorer les questions touchant à l'individu et sa vie”.
Loin de ces affirmations hâtives, mon point de désaccord est le suivant : tout en
tentant de se dérober aux questions politiques dans son exploration des relations
liant une famille parisienne bourgeoise et leur baby-sitter, Slimani finit par se
débattre avec la politique d'une manière ambiguë et peut-être biaisée. Le roman
raconte comment Louise, la baby-sitter, en vient à tuer Adam et Mila, les deux
jeunes enfants de Paul Massé , un producteur de musique français, et Myriam
Charfa, une avocate d'origine maghrébine. Le récit s'ouvre sur la mort des
enfants et se poursuit dans la mise en place de la relation entre la baby-sitter et
ses employeurs, invitant le lecteur à réfléchir sur les facteurs potentiels qui l'ont
conduite à commettre ce crime. Et pourtant, malgré cette structure hautement
originale et efficace, tout le long du roman Slimani reproduit inexplicablement
une série de clichés primaires et visions étroites de l'étranger.

Lorsqu'ils font passer des entretiens aux candidats pour le poste de baby-sitter,
Paul et Myriam ont l'air de recycler certaines fausses représentations très
répandues de la différence dans la société française contemporaine. “Pas trop
vieux, pas de voiles, pas de fumeurs”*, dit Paul à sa femme. Dès le départ le
voile est répertorié comme un signe menaçant qui relance les débats houleux sur
son statut dans la scène publique française. La figure du candidat étranger est
réduite à l'exigence exclusive de n'être pas seulement disponible pour l'emploi
mais aussi discret sinon docile.
On pourrait argumenter en disant que Slimani est précisément en train de
dénoncer le traitement des immigrés en France mais ses représentations
demeurent inexorablement floues et à double-tranchant. Malika, la candidate
marocaine par exemple, est désignée laconiquement comme “une femme
marocaine d'un certain âge »*, que Myriam ne retient pas car elle a peur qu' “une
complicité et une familiarité tacites ne s'instaurent entre elle et la baby-sitter”* et
que “la femme ne se mette à lui parler en arabe... lui demandant toutes sortes de
faveurs du fait de leur langage et de leur religion communes”. Slimani, qui a été
récemment nommée représentante d'Emmanuel Macron pour la francophonie
semble alimenter une image négative des ressortissants d'Afrique du Nord,
divisés entre eux, et faisant preuve de fermeture vis-à-vis de leur langue et de
leur religion. Et par la même occasion, en voyant leur division comme un état de
fait ancré dans les structures sociales, elle leur refuse un sens de la solidarité
qui, comme chacun le sait, se manifeste dans un exil en France.
Cet aspect problématique devient plus notable dans le traitement que fait Slimani
de Wafa, l'amie et confidente de Louise, à laquelle Lauren Collins fait référence
au passage comme juste “une autre baby-sitter”. A l'inverse, je mettrais Wafa en
avant comme un personnage clé du roman étant donné qu'elle personnifie
l'image réfléchie des représentations ambiguës et dévalorisantes de l'immigré.
La baby-sitter marocaine Wafa est comparée à “un gros chat, pas trop subtile
mais pleine de ressources”*. Elle est arrivée en France “grâce à un vieil homme
à qui elle faisait des massages dans un hôtel miteux de Casablanca” et à qui elle
“offrait” son corps “suivant d'une part son instinct et d'autre part les conseils de
sa mère”*. Non seulement l'effervescente ville de Casablanca est étrangement
réduite à l'image d'un “hôtel miteux”*, mais l'idée que la prostitution est en
quelque sorte implantée dans l'inconscient collectif, avec la génération
précédente pour médiateur, est une illustration typique du discours
problématique de Slimani.
Le parcours chaotique de Wafa atteint son apogée lorsqu'elle imagine Alphonse, l'enfant dont
elle s'occupe, devenu adulte et voyageant au Maroc, se rendant dans ce même hôtel où elle
travaillait, pour être alors “pris en main par une de ses soeurs ou de ses cousines.”* Que
l'on abuse du corps marocain est ainsi une chose vouée à se répéter, la domination étant dès
lors rendue pure banalité se reproduisant d'une génération à l'autre sans aucune façon d'en
sortir. Ceci est encore plus surprenant étant donné l'engagement féministe de Slimani et sa
récente publication d'un essai sur la sexualité au Maroc.

Tout au long de Chanson douce le discours problématique de Slimani sur soi et autrui dépasse l'état de
simple imperfection. Ça relève de l'inconséquence parce qu'il renforce l'idée que les étrangers sont
condamnés à la soumission et à l'exclusion. On peut prendre comme autre exemple parlant la scène où
Louise regarde Wafa faire la cuisine pour elle : la baby-sitter française est emprunte temporairement du
statut de femme au foyer bourgeoise pendant que sa collègue marocaine est désespéramment prise au piège
de sa condition sociale. Slimani écrit que Wafa “a toujours admiré les manières de Louise, sa
prude politesse, qui pourraient passer pour celle d'une vraie dame de la bourgeoisie”*. Leur amitié est en
réalité basée sur l'étalage implicite de la domination et de de la soumission consolidées dans le
récit. Wafa est la baby-sitter de la baby-sitter, l'”autre” baby-sitter dont l'existence et les aspirations sont
définies et portées uniquement par le destin de Louise.

Un autre exemple frappant est celui du “vieil homme nord africain”* qui aide Louise à porter sa
poussette dans les escaliers du métro parisien et qui ensuite inexplicablement se met à la suivre et à lui poser
des questions intrusives.
D'un tour de main gratuit, Slimani fait basculer l'image d'un homme serviable et poli à celui d'un homme
indiscret et de peu de manières. Pour quelle raison ?

Le roman de Slimani aurait besoin d'être lu au-delà du crime sensationnel de Louise et comme un cas
typique d'équivoque lorsqu'il s'agit de dépeindre des étrangers et des immigrés dans la fiction commerciale.
Lydie, à la tête des babysitters qui se réunissent souvent dans le square, est présentée comme “la
présidente auto-proclamée”* qui “porte de faux manteaux de fourrure et qui a des sourcils fins dessinés au
crayon rouge”*.
Le cliché de l'Afrique non démocratique est combiné ici avec les notions de falsification et de duperie.
Lorsque Lydie propose un autre poste à Louise, celle-ci l'ignore et réagit de manière violente et agressive.
Cette violence injustifiée contre le corps étranger reste incompréhensible : est-ce que cela dénonce la haine
de la différence ou reproduit plutôt les motifs et comportements qui indirectement et probablement
inconsciemment nourrissent une telle haine ?

Lauren Collins dit dans son article qu'au départ Slimani avait conçu le personnage de Louise comme
une femme africaine mais a fini par décider d'en faire « une femme blanche faisant le travail d'un immigré,
chose extrêmement dévalorisante » pour mettre l'accent sur sa marginalité”. Les constructions de Slimani
sont basées non seulement sur une séparation sociale mais également sur une hiérarchie raciale stratégique
qui met ainsi l'accent sur l'avilissement de l'immigré.
Slimani et moi sommes tous deux nés, et avons grandi, au Maroc, et tous deux avons fait notre
scolarité dans des écoles françaises mais nous ne partageons certainement pas les mêmes points de vue sur le
rôle de la fiction pour aborder la question de l'identité et de la différence en cette ère de migration et de
déplacement. Chanson douce est un roman qui contribue indirectement aux dynamiques d'exclusion et de
différentiation : l'étranger est le personnage marginalisé du récit central, le sujet oublié de représentations
déformées.
Si le roman peut être largement lu en tant que roman d'un crime ou thriller psychologique, ça n'en traite
pas moins des politiques liées à l'identité et à la différence de façon réductrice, piètrement créative, et parfois
inutilement violente et ambiguë.