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Renaissance et guerres de Religion

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On considère, généralement, que les "Temps Modernes" commencent avec les grandes découvertes qui
marquent la fin du Moyen Âge et s'achèvent avec la Révolution Française en 1789.

Les Temps Modernes sont principalement marqués par la Renaissance, les guerres de Religion et
l'établissement de la monarchie absolue.

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La Renaissance Les guerres de Religion La Monarchie Absolue


Chronologie Documents
(1498 - 1547) (1547 - 1610) (1610 - 1789)

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Chronologie
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La Renaissance

1445 - En Allemagne, Gutenberg imprime son premier livre

1483 - 1498 - Règne de Charles VIII

1492 - Découverte des Amériques par Christophe Colomb

1497 - Découverte de la route des Indes par Vasco de Gama

1498 - 1515 - Règne de Louis XII


- En Italie, fin du Moyen Âge et début d’une nouvelle période de l’histoire,
Fin XVème la Renaissance
1504 - Léonard de Vinci peint la Joconde
- Règne de François Ier, dernier roi du Moyen Âge
1515 - 1547 - Début de la Renaissance en France
1517 - Début de la Réforme de Martin Luther en Allemagne

1521 - Premier tour du monde à la voile par Magellan

1534 - 1541 - Voyages de Jacques Cartier au Canada

1543 - Le polonais Copernic démontre que la Terre tourne autour du Soleil

Les guerres de religion

1547 - 1559 - Règne de Henri II

1559 - 1560 - Règne de François II

1562 - Début des Guerres de Religion

1561 - 1574 - Règne de Charles IX

1572 24 août : Massacres de la Saint-Barthélemy

1574 - 1589 - Règne de Henri III

1589 - 1610 - Règne de Henri IV

É
1598 - Édit de Nantes : fin des guerres de religion

La monarchie absolue

1610 14 mai : Henri IV est assassiné par Ravaillac

1610 - 1617 - Régence de Marie de Médicis

1617 - 1643 - Règne de Louis XIII

1618 - Début de la Guerre de 30 ans


- Galilée condamné par l'Inquisition
1633 - Révolution copernicienne
1643 - 1661 - Régence d'Anne d'Autriche

1661 - 1715 - Règne de Louis XIV

1685 - Révocation de l'Édit de Nantes

1690 - Denis Papin invente une machine à vapeur

1715 - 1722 - Régence de Philippe d'Orléans

1722 - 1774 - Règne de Louis XV

1751 - Parution du premier volume de l'Encyclopédie

1763 - Mise au point de la machine à vapeur par l’Anglais James Watt

1774 - 1792 - Règne de Louis XVI

1776 4 juillet : Déclaration d'Indépendance aux États-Unis

1787 - Établissement de la première constitution aux USA

1789 - 14 juillet : prise de la Bastille

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La Renaissance
(1498 - 1547)
Les grandes inventions Une nouvelle vision du monde La Renaissance en France

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Les grandes inventions et découvertes


À partir de 1450, des inventions et des découvertes étonnantes marquent le début des Temps Modernes.

La poudre employée depuis longtemps par les Chinois et les Arabes, est utilisée pour lancer des projectiles.
Grâce à l'amélioration des bombardes et à la fabrication de canons et d'arquebuses, c'est tout l'art de la guerre
qui est remis en question.

L'imprimerie , grâce notamment à Gutenberg a permis également une diffusion plus grande des écrits.

Johannes Gutenberg (1398 - 1468)


Johannes Gutenberg est né en Allemagne à Mayence en 1398 et est mort le 3
février 1468 dans sa ville natale.
 
Contrairement à ce que l'on croit, il n'a pas véritablement inventé l'imprimerie...
 
Les Chinois utilisaient déjà des caractères
mobiles en bois...

Gutenberg a juste eu l'idée de créer des


caractères métalliques et l’encre qui va avec,
alors il n’inventa pas réellement l’imprimerie
comme beaucoup de monde le pense. Il l'a juste
améliorée.

À Paris, le premier livre est imprimé en 1470.


Johannes Gutenberg Une presse de l'époque de Gutenberg

Mais ce sont surtout les découvertes géographiques qui permirent une importante évolution du monde.

À la fin du Moyen Âge, les Européens connaissent parfaitement le pourtour de la Méditerranée et font déjà
depuis longtemps du commerce avec l'Asie. Le commerce sur l'océan Atlantique se développe, mais personne
ne connaît l'existence du continent américain.

Les Portugais et les Espagnols cherchent de nouvelles


routes commerciales par mer, pour atteindre les Indes
et espèrent découvrir de l'or, des pierres précieuses et
des épices que les européens aiment tant.

Grâce à la mise au point de la boussole et de


l'astrolabe, et aux développements des cartes marines,
les navigateurs peuvent se repérer dans des eaux
inconnues, loin des rivages.

Grâce à la mise au point du gouvernail d'étambot, la


navigation devient plus sûre et plus efficace.

La caravelle , voilier à trois mâts, léger et haut, va


permettre aux navigateurs d'affronter en toute sécurité
Carte de navigation au XIIIème siècle  les grandes vagues de l'océan.

Au XVème siècle, les rois du Portugal et d'Espagne organisent ainsi des expéditions maritimes vers les Indes
pour ramener des produits précieux (épices : poivre et cannelle, or, argent, pierres précieuses) en contournant le
monde musulman, l'empire turc.

Lors de ces explorations, de nouvelles terres sont découvertes.

En 1487, le Portugais Bartolomeo Dias est le premier navigateur européen à avoir dépassé la pointe sud de
l'Afrique et découvert le Cap de Bonne espérance, ouvrant la route vers l'Asie.

En 1492, le Génois Christophe Colomb, au service de l' Espagne, part pour les Indes en direction de l'Ouest. Il
découvre des îles et croit être arrivé aux Indes. En réalité, ce sont les Antilles.

En 1497, Vasco de Gama est le premier navigateur à parvenir en Inde en contournant le Cap de Bonne
espérance.

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Clique sur les portraits des explorateurs !...
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En 1500, Amerigo Vespucci est le premier véritable "découvreur" de l'Amérique.

En 1521, le portugais Ferdinand de Magellan effectue le premier tour du monde à la voile.

En 1534, Jacques Cartier est le premier explorateur des côtes de l'Amérique du nord.

Les puissances Européennes commencent à se


partager le monde grâce à la colonisation et à
l'esclavage.

Ils veulent aussi convertir les peuples découverts à la


religion chrétienne.

Portugais, Espagnols, Français et Anglais créent en


Afrique, en Asie et surtout en Amérique de vastes
empires coloniaux qui bouleversent la vie des
indigènes en raison de massacres, de maladies et du
travail forcé.

Christophe Colomb débarquant à Hispaniola le 12 octobre 1492

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Une nouvelle vision du monde


Aux XVème et XVIème siècles, les grands marchands (les mécènes) des villes italiennes, particulièrement à
Florence, s'entourent d'architectes, de sculpteurs, de peintres et d'orfèvres pour construire des palais et des
bâtiments religieux.
Les artistes s'inspirent de la sculpture et de l'architecture gréco-romaines et de la tradition chrétienne. Ces
artistes utilisent la perspective dans leurs tableaux et développent l'art du portrait.

Ils ont cherché à introduire dans leurs oeuvres la réalité de la vie. Ils ont enrichi les détails, les expressions et les
arrière plans.
De grands noms d'artistes de la Renaissance : Léonard de Vinci, Michel Ange, Raphaël...

Léonard de Vinci (1452 - 1519)


Dès son enfance en Italie, près de Florence, le jeune Léonard est proche de la
nature qu’il observe avec une vive curiosité et s’intéresse à tout.

Léonard de Vinci devient rapidement  un peintre et un homme de science,


également sculpteur, architecte et savant dans de nombreux domaines.
 
Il incarne ainsi l’esprit universaliste de la
Renaissance, dont il fut l'un des symboles
majeurs.

Il fait de nombreux tableaux, des projets


scientifiques, des croquis, devenant très connu
pour ses compétences artistiques et
scientifiques.

Toutes ses études sont recueillies dans un


cahier : le codex.

Après avoir rencontré François Ier, roi de France, Autoportrait de Léonard de Vinci
il terminera sa vie près d'Amboise. (1512 - 1515)
La Joconde (1503 - 1506)

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Ce mouvement littéraire, artistique et scientifique, appelé Renaissance gagne peu à peu le reste de l'Europe.

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À cette époque, une nouvelle religion chrétienne apparaît, le


protestantisme, fondée sur un rapport direct entre l’homme et Dieu
et le rejet de la papauté. Martin Luther (1483 - 1546) en Allemagne
et Jean Calvin (1509 - 1564) en France sont les principaux
initiateurs de la Réforme.

Dans le royaume de France, les catholiques, largement majoritaires,


s’affrontent aux protestants dont la religion est reconnue à la fin du
XVIème siècle par l’Édit de Nantes, puis interdite de nouveau un
siècle après.
Martin Luther Jean Calvin

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En France, Louis XII et François 1er


Louis XII François Ier

On a appelé cette époque, où la France par ses conquêtes italiennes a permis de développer un art nouveau, la
Renaissance.

C'est à la fin du XVème siècle que les rois de France successifs : Charles VIII (1483-1498), Louis XII (1498-1515)
et François 1er (1515-1547) firent bataille à une Italie riche par son commerce mais aussi par ses artistes.

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Louis XII
Louis XII est né le 27 juin 1462. Il devient roi de France le 18 avril 1498 à la mort de
Charles VIII, son cousin.

Avant son règne il est le duc d'Orléans, cousin du roi et opposant à la régente Anne de
Beaujeu pendant la minorité de Charles VIII.

 En 1476, le Roi Louis XI le marie de force à sa fille Jeanne de France, le roi espérant
ainsi éteindre la famille d'Orléans (Jeanne étant incapable d'enfanter).

En 1498, Louis XII obtient le divorce et se remarie à Anne de Bretagne, la veuve de


Charles VIII, afin que le duché de Bretagne continue à être rattaché au domaine royal.
N'ayant de son union avec Anne de Bretagne (décédée en 1514) qu'une fille, il se remarie
à la sœur du roi d'Angleterre Henri VIII, en espérant avoir un garçon. Louis XII
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Louis XII, dont une ancêtre avait des droits sur le duché de Milan en Italie,
s'engage en 1499 dans les guerres d'Italie. Il conquiert le Milanais et tente
se s'emparer du royaume de Naples (comme Charles VIII). L'aventure
italienne se termina mal, les armées françaises furent battues par les
mercenaires suisses à Novare en 1513, et la Bourgogne fut même
brièvement  envahie.

La guerre en Italie et les pillages qui y eurent lieu permirent de diminuer les
impôts royaux (Louis XII y gagna le surnom de Père du peuple) tout en
occupant et en décimant la noblesse ce qui réduisit un danger possible
pour la monarchie.

La longueur de la présence de l'armée en Italie permit aux Français de


découvrir la Renaissance italienne et de vouloir en importer le goût en
France.
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er
Lorsqu'il meurt, le 1 janvier 1515, c'est son gendre, le fils de son cousin
germain, François d'Angoulême qui monte sur le trône car Louis n'a pas eu
de descendance mâle.
1509 - Bataille d'Agnadel

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François Ier
François Ier, roi de France de 1515 à 1547, est né le 12 septembre 1494 à Cognac et décédé le 31 mars 1547 à
Rambouillet.

Il est nommé roi de France en 1515 lorsque Louis XII, cousin germain de son père,
meurt sans héritier mâle.

Après la conquête du duché de Milan, suite à la bataille de Marignan (aussi en 1515),


il en devient le duc. De 1514 à 1524, il est marié à Claude de France, fille de Louis XII
et d'Anne de Bretagne, qui lui apporte le duché de Bretagne et avec laquelle il a sept
enfants. Puis cinq ans plus tard, celle-ci étant morte en couches, il épouse Éléonore
d'Autriche, la sœur de son grand rival Charles Quint.

Sportif, de très grande taille, brave au combat, brillant causeur, grand amateur de
femmes, François Ier fut à la fois le dernier roi-chevalier et le premier roi moderne.
François Ier

François Ier renforce le pouvoir royal en éliminant le Connétable de Bourbon et en confisquant ses immenses
territoires qu'il annexe au domaine royal. En créant une Cour somptueuse, il attire auprès de lui les nobles qu'il
transforme en "domestiques" de luxe.

Par le Concordat de 1516 signé avec le Pape Léon X, il contrôle les nominations des évêques catholiques.
Une grande partie du règne est consacrée à la lutte contre les Habsbourg. Car dès 1519, il échoue dans sa
candidature pour être élu empereur germanique car les princes électeurs allemands, largement achetés, lui
préfèreront de Habsbourg, le roi d'Espagne, qui deviendra l'empereur Charles Quint. Les territoires des
Habsbourg qui entourent la France, menacent le Royaume.

Pour tenter de desserrer l'étreinte, François Ier tente de s'allier avec le roi d'Angleterre Henri VIII, mais c'est un
échec.

En 1525, François Ier est battu à Pavie et est emmené


en captivité à Madrid. Il doit alors signer sa
renonciation au Milanais, aux Flandres et céder la
Bourgogne à Charles Quint.

Libéré, il renie sa signature et reprend la guerre. En


1529, il signe avec l'empereur le traité de Cambrai où
chacun des deux adversaires renoncent l'un à la
Bourgogne, l'autre au Milanais.

Par la suite il s'allie aux princes protestants allemands


en guerre contre l'Empereur (1531) et même avec les
Turcs musulmans (1536) qui sont en train de conquérir
l'Europe orientale. 

En 1530, François Ier fonde le Collège de France chargé


de réunir les érudits de son époque.
François Ier, fait prisonnier à la bataille de Pavie (1525)

Par l'Ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, il organise l'état-civil et fait de la langue française la langue
officielle du royaume.

Influencé par sa sœur Marguerite d'Angoulême, favorable aux idées religieuses nouvelles, François Ier se montre
tolérant pour les Protestants. Mais en 1534, après l'Affaire des placards il commence les persécutions
religieuses contre les Réformés, tout comme en 1545, il laisse persécuter les Vaudois.

François Ier protégea les artistes. Il fait venir d'Italie Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini, le Primatice. Il fait
construire de nombreux palais (Fontainebleau, Saint Germain en Laye, Chambord).

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Les guerres de Religion


(1547 - 1610)
Henri II François II Charles IX Henri III Henri IV

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Henri II
Henri II, roi de France de 1547 à 1559 est né le 31 mars 1519 et décédé le 10 juillet 1559. Il est le fils et le
successeur de François I er. Il est marié à Catherine de Médicis en 1533 et aura 10 enfants dont 7 deviendront
adultes et 3 seront rois.

Sous son règne commenceront les guerres de Religion.

Henri II consacra beaucoup d'énergie à continuer la lutte contre les Habsbourg, dont
les possessions entouraient la France. En 1552, il s'empare des évêchés de Metz,
Toul et Verdun, qui se trouvaient dans l'Empire germanique.

En 1557, les Français sont battus par les Espagnols à Saint Quentin.

En 1559, pour avoir les mains libres afin de combattre ses sujets protestants, il
signe le traité de Cateau-Cambrésis avec l'Espagne. Il garde les Trois-Évêchés et
Calais, mais rend la Corse, le Piémont, la Savoie, la Bresse, des terres de l'Empire
que les Français avaient conquises.

Très catholique, Henri II persécute ses sujets devenus protestants (ils sont mis à
mort s'ils sont surpris en train de pratiquer leur culte).
Henri II

Henri II perfectionna le pouvoir royal : il crée les postes de ministres (les quatre secrétaires d'État), il renforce la
justice royale en créant une soixantaine de présidiaux, tribunaux intermédiaires entres les tribunaux de bailliage
et les parlements de province. Cependant, les guerres obligent à de fréquents recours à l'emprunt et à la vente
d'offices (emplois de fonctionnaires).

Henri II meurt des suites d'un accident de tournoi en 1559.

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François II
François II, né en 1544, a été roi de France de 1559 à 1560.

Il a été marié en 1558 avec Marie Stuart, reine d'Écosse. Ils n'ont pas eu d'enfant.

Fils aîné du roi Henri II et de Catherine de Médicis, il laisse gouverner les oncles de
sa femme, les Guises, princes lorrains et chefs du parti catholique français.

 
François II

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Charles IX
Charles IX né en 1550, est devenu roi de France en 1560, à la mort de son frère le roi François II. 

Il est le fils du roi Henri II et de Catherine de Médicis. Il est mort en 1574.

Âgé de 10 ans à son avènement la régence est assurée par sa mère Catherine de
Médicis. Ils recherchent l'entente avec les protestants. Ceux-ci, par la paix de Saint
Germain de 1570, obtiennent des avantages.

Le chef des protestants Henri de Bourbon, roi de Navarre est marié à Marguerite de
Valois, sœur du roi.

Mais les chefs catholiques inquiets du rapprochement avec les protestants organisent
le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572) que le roi laisse faire.

N'ayant pas de fils légitime, c'est son frère Henri, alors roi de Pologne, qui lui succède
en 1574. Charles IX

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Le massacre de la Saint-Barthélemy
 (24 août 1572)
Dans la nuit du 24 août 1572, une dizaine de
protestants sont assassinés, plus
précisément tous les chefs, sauf les princes.

Pour éviter la fuite de ces chefs, les portes


de Paris avaient été fermées. Quand le
peuple de la ville découvre que les chef
protestants sont morts, leur colère se libère
de toute contrainte, car si les chefs politiques
sont morts, plus personne ne peut défendre
les petites gens.

Les protestants sont traqués dans toute la


ville.

Massacre de la Saint Barthélemy Le 26, le roi Charles IX proclame sa


responsabilité dans le massacre et déclare
avoir éliminé les chefs protestants pour
éviter qu'ils ne fomentent un complot. 
Une des hypothèses est que, bien que n'ayant pas commandé le massacre lui-même, le roi protège son frère qui y aurait
participé activement.

À mesure que la nouvelle se répand en France, d'autres villes organisent un massacre semblable. On estime le nombre de
protestants tués à 2 000 à Paris et entre 5 000 et 10 000 en province.

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Henri III
Henri III, né en 1551, fut roi de Pologne en 1573-1574 et roi de France à la mort de son Frère Charles IX en
1574.  Marié à Louise de Vaudémont, il n'a pas eu d'enfant. Il est mort assassiné en 1589.

Henri III était le troisième fils du roi Henri II et de Catherine de Médicis.

En 1569, comme duc d'Anjou, il combat victorieusement les protestants français.


En 1573, il est élu roi de Pologne. Mais à l'annonce de la mort de son frère Charles
IX, il abandonne son trône polonais et revient en France, où il devient le roi Henri III.

À son avènement la guerre civile fait rage entre les catholiques français
commandés par le Duc Henri de Guise et les protestants dirigés par Henri de
Bourbon, roi de Navarre et le prince de Condé.

Pendant tout son règne Henri III doit louvoyer entre les deux camps.

En 1576, il accorde aux protestants la liberté de culte (sauf à Paris), des place
fortes de sûreté et des tribunaux mixtes.
Henri III

Très mécontents, les catholiques fondent la Sainte Ligue sous la direction d'Henri de Guise. Les Ligueurs
obligent le roi à reprendre la guerre avec les protestants.

Une nouvelle paix est signée en 1580. Mais en 1584, le duc d'Alençon, dernier frère d'Henri III meurt. L'héritier du
trône de France est désormais le chef protestant Henri de Bourbon. Les Ligueurs s'allient alors aux Espagnols.
La guerre dite des trois Henri reprend en 1586-1587.

Henri III est battu par les protestants. Furieux les catholiques le chassent de Paris.

Pour s'imposer Henri III fait assassiner les Guises en décembre 1588. De nombreuses provinces se rebellent
alors contre le roi. Celui-ci se rapproche d'Henri de Bourbon, qu'il reconnaît pour son héritier. Ils viennent
assiéger Paris, mais Henri III est assassiné par Jacques Clément un moine catholique fanatique.

Son cousin Henri de Bourbon lui succède sous le nom de Henri IV.
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Henri IV
Henri IV né en 1553, fut roi de Navarre à partir de 1572 et roi de France à partir de 1589. Il est mort assassiné en
1610.

Le chef des protestants français


Il est le fils d'Antoine de Bourbon, descendant du roi Louis IX, chef du parti
protestant français et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Il est élevé dans les
idées religieuses de la confession calviniste et dès 1569, il devient le chef des
protestants français.

En 1572, il est marié à Marguerite de Valois, sœur du roi Charles IX.

Il n'échappe au massacre de la Saint-Barthélemy du 24 août 1572, qu'en abjurant le


calvinisme.
Henri IV

Il est retenu prisonnier jusqu'en 1576 ; il parvient à s'évader et reprend le combat contre les catholiques dirigés
par la famille des Guises et l'armée royale d'Henri III. En 1584, la mort du duc d'Alençon, dernier frère du roi
Henri III, fait d'Henri de Bourbon, l'héritier de la couronne de France.

Les Catholiques les plus intransigeants forment alors la Sainte Ligue qui refuse l'idée d'un roi protestant.

En 1589, il se réconcilie avec Henri III.

Henri IV reconquiert son royaume


Après l'assassinat d'Henri III, Henri de Bourbon devient roi de France
sous le nom d'Henri IV. Il doit alors lutter contre les armées de la Ligue
dirigées par le duc de Mayenne (un Guise) qui tentent de mettre sur le
trône, le cardinal de Bourbon, oncle d'Henri.

Les Espagnols interviennent aussi. Leur roi, Philippe II, tente d'imposer
sa fille Isabelle comme reine de France (elle était la petite fille du roi
Henri II).

Henri IV vainc les Ligueurs à Arques (1589) et à Ivry (1590). Mais il


échoue devant Rouen et Paris.

En 1593, il décide de changer de religion et de se convertir au


catholicisme, puis il se fait sacrer à Chartres en 1594. 

Paris lui ouvre alors ses portes le 22 mars 1594.

Les ligueurs et les Espagnols continuent cependant la guerre jusqu'en


Henri IV entre à Paris le 22 mars 1594
1598.

L'œuvre du règne
Après des décennies de guerres civiles pour des raisons religieuses, Henri IV pacifie le royaume en accordant
aux Protestants l'Édit de Nantes (1598), qui leur donne des droits et des protections.

Il gouverne en roi absolu et ne convoque pas les États généraux, les gouverneurs militaires ont des pouvoirs
réduits, les parlements (tribunaux supérieurs) sont contraints à l'obéissance.

Pour disposer de fonctionnaires compétents, Henri IV leur permet de


transmettre leurs fonction à leurs enfants (moyennant une taxe, la
Paulette). Les efforts de ses ministres Sully et Laffemas, portent sur
le développement de l'agriculture et de l'industrie.

La France commence la colonisation du Québec au Canada.

Henri IV agrandit le royaume de la Bresse et du Bugey. Il s'allie avec la


plupart des princes italiens inquiets de la puissance des Habsbourg.

En 1599, Henri IV a divorcé de Marguerite de Valois et épousé Marie


de Médicis dont il eut plusieurs enfants dont son successeur le roi
Louis XIII.

En 1610, il allait commencer une guerre contre les Habsbourg lorsqu'il


est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique, probablement
inspiré par une partie de son entourage favorable à l'Espagne.

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Henri IV est assassiné le 14 mai 1610

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La monarchie absolue
(1610 - 1789)
Louis XIII Louis XIV Louis XV Louis XVI

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Louis XIII

Louis XIII est le fils et successeur sur le trône de France d'Henri IV.

Il est né le 27 septembre 1601, est devenu roi le 14 mai 1610 et mourut le 14 mai
1643.

Il épouse Anne d'Autriche le 25 novembre 1615 et aura deux fils : Louis XIV (1638-
1715) et Philippe d'Orléans (1640-1701). Son règne est marqué par le renforcement
de la monarchie absolue.

Louis XIII n'a que neuf ans lorsqu'il devient roi. Comme il est trop jeune pour régner,
il y aura une période de régence, assurée par sa mère Marie de Médicis, qui laisse
gouverner son favori Concino Concini.
Louis XIII

 En 1617, Louis XIII fait assassiner Concini et laisse le pouvoir à son favori le duc Albert de Luynes, qui meurt
en 1624. En 1624, Richelieu, entre au Conseil des ministres comme partisan de la reine-mère.

Rapidement Richelieu devient le principal ministre et se détache de la


reine-mère.

Si Richelieu gouverne, le roi est associé à toutes les décisions y compris


celles qui sont très défavorables à ses amis intimes ou à sa mère (qui
meurt en exil).

Richelieu développe l'absolutisme en brisant, souvent par des exécutions


capitales, les nobles qui conspirent ou refusent d'obéir. Il détruit la
puissance militaire des protestants français.

À partir de 1635, il entraîne la France dans la guerre de Trente Ans, qui


l'oppose à l'Espagne et aux Autrichiens (Impériaux). 

Cette guerre sera désastreuse pour les finances royales qu'il faudra
renflouer par des augmentations considérables d'impôts. De nombreux
soulèvements populaires auront lieu (en particulier celui des Croquants du
Périgord).

Richelieu (1585 - 1642)

Le règne de Louis XIII fut troublé par l'opposition entre un parti pro-espagnol (animé par la reine mère puis par la
reine Anne d'Autriche qui était espagnole) et un parti « national » animé par Richelieu. Longtemps héritier de la
couronne, Gaston d'Orléans, frère du roi, fut le centre de nombreuses intrigues.

Seule la naissance après 23 ans de mariage d'un héritier (Louis Dieudonné, futur Louis XIV) lui fit perdre de son
importance.

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Louis XIV
Louis XIV est un roi de France né le 5 septembre 1638 et mort le 1 er septembre 1715. Il est souvent appelé le
« Roi Soleil ».

Louis XIV, qui a régné pendant soixante-douze ans, est le chef d'État qui a gouverné la France le plus longtemps,
et le souverain qui est parvenu à l'âge le plus avancé. Il est aussi le monarque qui a régné le plus longtemps en
Europe.

Il est le fils du roi Louis XIII et d'Anne d'Autriche. Son père meurt en 1643, alors que
Louis XIV n'a que 5 ans.

Il devient alors roi, mais le pouvoir est exercé par sa mère, qui est nommée Régente,
aidée par le cardinal Jules Mazarin. Cette période est marquée par une révolte des
nobles et des habitants de Paris, que l'on appelle « la Fronde ». Cela marque le jeune
Louis pendant toute sa vie, qui a peur de n'être pas obéi comme roi.

À la mort de Mazarin, en 1661, Louis XIV commence à exercer le pouvoir. Il décide


alors, pour être libre dans ses décisions, de ne pas gouverner avec un Premier
ministre. Il est tout de même entouré de conseillers, comme Jean-Baptiste Colbert
ou François Michel Le Tellier de Louvois.
Louis XIV

Son règne est marqué par de nombreuses guerres avec les pays européens. Pour protéger la France, il demande
à Sébastien Le Prestre de Vauban de fortifier de nombreuses villes dans les régions frontalières et sur les
côtes. Ces fortifications existent toujours pour la plupart. 

Il cherche à agrandir le
territoire français. C'est sous
son règne, par exemple, que la
Franche-Comté entre
définitivement dans le territoire
français (en 1678). Un des
objectifs de Louis XIV est de
faire de la France le premier
pays d'Europe dans tous les
domaines. Son règne est donc
marqué par un progrès du
commerce, de l'économie et
de la technique. Dans le
domaine artistique, il protège
de nombreux artistes. Il fait
construire le château de
Versailles, où travaillent les
plus grands architectes,
peintres ou jardiniers de son
temps.

La construction du château de Versailles - 1669

Louis XIV cherche aussi à assurer un pouvoir absolu dans son royaume. Il lutte contre tout ce qui pourrait
empêcher son contrôle de l'État. On appelle cela l'absolutisme, ou la monarchie absolue. Il interdit ainsi aux
protestants de pratiquer leur religion par la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.

La fin de son règne est assez peu brillante : les guerres ont ruiné le pays, les paysans souffrent souvent à cause
des mauvaises récoltes, les nombreuses initiatives du roi ont augmenté les impôts, ce qui le rend impopulaire.

Lorsqu'il meurt en 1715, il laisse un royaume très centralisé mais où le gouvernement a de grandes difficultés
financières.

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Louis XV

Louis XV est l'arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV.

Il naît le 15 février 1710, devient roi le 1 er septembre 1715 et meurt le 10 mai 1774.

Il est donc roi à 5 ans et la régence est assurée par Philippe d'Orléans, son oncle.

Il épouse Marie Leszczynska, la fille unique de l'ex-roi de Pologne, duc de Lorraine,


Stanislas 1 er en 1725, avec qui il aura 10 enfants.

En 1744, il tombe malade à Metz et alors que tout le monde le croit mort, il guérit
ce qui lui vaut le surnom de Louis XV le Bien-Aimé.
Louis XV

Les tensions qui persistent en Europe, notamment entre la France et l'Angleterre au sujet des possessions
coloniales, déclenche la guerre de 7 ans en 1756.

Elle s'achève le 10 février 1763 par le Traité de Paris au cours duquel la France perd son empire colonial au
profit de l'Angleterre : Louisiane, Sénégal, Canada, Antilles et Inde.

Seuls la Martinique, la Guadeloupe et cinq comptoirs commerciaux d'Inde (dont Pondichéry) sont sauvés.

L'opinion publique reproche au roi l'abaissement de la France ; Louis XV est devenu le « Bien Haï ».

Quand le roi meurt au terme de soixante ans de règne,  le 10 mai 1774, il est détesté. On transporte le cercueil la
nuit de Versailles à Saint Denis pour éviter les huées des spectateurs.

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Louis XVI
Louis XVI, roi de France de 1789 à 1792, est né le 23 août 1754 à Versailles. Il est le
petit-fils de Louis XV et de Marie Leszczynska.

Il se maria avec Marie-Antoinette d'Autriche en 1770.

Il devient roi le 10 mai 1774, et est sacré à Reims le 11 Juin 1775.

Dés 1781, Louis XVI est confronté à une grave crise financière qui le conduira à
rappeler Necker et à convoquer les États généraux. Les députés du Tiers se
proclamèrent alors Assemblée Nationale, puis constituante. C'est la Révolution.

Louis XVI, déconsidéré par sa tentative de fuite et par ses négociations avec l'étranger,
perdit toute popularité. Louis XVI

Il sera jugé par la Convention et guillotiné le 21 janvier 1793, sur la place de la Concorde (autrefois appelée Place
Louis XV) à Paris.

Il est le dernier roi de l'Ancien régime. Mais il ne fut pas le dernier roi à gouverner la France, il y en aura d'autres
au cours de l'époque appelée Restauration qui voit une tentative de rétablir la monarchie en France.

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Documents
Châteaux de la Loire Tableaux de la Renaissance Quelques cartes Quelques vidéos

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Les châteaux de la Loire


La vallée de la Loire, connue comme « Le Jardin de la France » a été la résidence favorite des Rois de France
durant la Renaissance. Ils sont des édifices pour la plupart bâtis ou fortement remaniés à la renaissance
française, à un moment où le pouvoir royal était situé sur les rives du fleuve, de ses affluents où à proximité de
ceux-ci (XVème et XVIème siècles). La plupart des châteaux puisent néanmoins leurs origines dans le Moyen Âge
dont ils conservent des traits architecturaux importants.
Clique sur les chateaux !...

La concentration en monuments remarquables dans cette région a justifié le classement du Val de Loire en
patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

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Tableaux et fresques de la Renaissance


Le mouvement culturel et artistique de la Renaissance s’étend environ du XIVème siècle au début du XVIIème
siècle, avec pour origine l’Italie centrale avant de s’étendre à travers toute l’Europe.

Les artistes liés au style de la renaissance sont fort nombreux, à commencer par les italiens tels Léonard de
Vinci, Michel-Ange, Raphaël...
Clique sur les oeuvres des artistes de la Renaissance !...

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Quelques cartes
La France en 1789
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La Nouvelle-France (le Canada) au début du XVIIème siècle


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Et quelques activités pour finir !


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Dates
Quelques dates

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Le règne des rois


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Mots croisés
Clique dans chaque case pour écrire les mots correspondants aux définitions :

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Puzzle
Reconstitue l'image ci-dessous :

Christophe Colomb débarque aux Amériques - 1492

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Vrai ou faux ?
Coche les bonnes cases :
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QCM

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Un petit test pour finir ?...

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Histoire - Ressources et exercices en ligne pour l'école élémentaire
Chronologies - Les Temps Modernes

phpMyVisites | Open source web analytics Statistics


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De la Révolution française à nos jours

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1ère Partie :
2ème Partie :
De la Révolution française à l'avènement de la
De la seconde République à nos jours
seconde République
(1848 - 2011)
(1789 - 1848)

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L'époque (ou histoire) contemporaine est la dernière grande période de l'Histoire. Elle couvre la fin du XVIII e siècle, le
XIX e , le XX e et le début du XXI e siècle, c'est-à-dire de la Révolution française jusqu'à aujourd'hui.

L'époque contemporaine est caractérisée en particulier par l'affirmation puis le déclin progressif de la puissance de
l'Europe et l'essor des États-Unis d'Amérique. Beaucoup de nouveaux États se créent. L'économie et les guerres se
mondialisent.

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1ère Partie :
De la Révolution française à l'avènement de la seconde
République
(1789 - 1848)
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La Révolution La seconde
Le règne de Napoléon
Chronologie française Restauration Des activités
(1799 - 1815)
(1789 - 1799) (1815 - 1848)

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Chronologie

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De la Révolution française au coup d'état du Général Bonaparte (1789 - 1799)

1774 - 1792 - Règne de Louis XVI


- 5 mai : Convocation des États généraux
- 14 juillet : prise de la Bastille
1789 - 4-5 août : abolition des privilèges
- 26 août : Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen
- 20 juin : Le roi Louis XVI tente de s'enfuir hors de France mais il est arrêté
1791 à Varennes 
- 20 avril : la France déclare la guerre à l'Autriche
1792 - 20 septembre : bataille de Valmy
- 21 septembre : l'An I de la République française
1793 - 21 janvier : le roi Louis XVI est guillotiné

1795 - 1799 - le Directoire


- 18 brumaire (9 novembre) : coup d'état du général Bonaparte
1799  

Le règne de Napoléon (1799 - 1815)

1799 - Mise en place du Consulat

1804 - 2 décembre : Napoléon est sacré Empereur

1805 - 2 décembre : bataille d'Austerlitz

1814 - 6 avril : première abdication de Napoléon

1815 - 18 juin : défaite de Waterloo

La seconde restauration de la Monarchie (1815 - 1848)

1815 - Seconde restauration de la monarchie

1815 - 1824 - Règne de Louis XVIII

1824 - 1830 - Règne de Charles X


1830 - 27, 28 et 29 juillet : révolution des "Trois Glorieuses"

1830 - Louis-Philippe devient roi des Français

1830 - 1848 - la Monarchie de Juillet

1848 - 22 au 25 février : Révolution de 1848

1848 - 25 février : proclamation de la deuxième République

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La Révolution française
(1789 - 1799)
La Révolution Française constitue l'un des moments les plus marquants de l'histoire de la France. En fait, elle établit
la fin de l'Ancien Régime et inaugure une nouvelle ère pour les Français.

Un contexte économique La construction d'une France


La société française en 1789 Les États généraux La prise de la Bastille
difficile nouvelle
La guerre et l'échec de la monarchie
Les Républicains face à la guerre : la Terreur L'échec de la République modérée : le Directoire
constitutionnelle

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La société française en 1789


En 1789, la France est un pays de 26 millions d'habitants. La population se partage de manière inégale en trois
catégories sociales :
 
- La noblesse représente environ 400 000 personnes. Cet ordre est divisé entre
la haute noblesse (environ 4 000 familles, proches du trône) ; la petite
noblesse  composée des gentilshommes de province, souvent peu fortunés ; et
la noblesse de robe (les magistrats chargés des tâches administratives) ayant
acheté ses quartiers de noblesse et méprisée par la noblesse traditionnelle.
 
- Le clergé est composé de 120 000 personnes dont 139 évêques. Il est
également divisé entre le haut clergé (issu de la noblesse) et le bas clergé,
plus proche du tiers état que des hauts prélats.
 
- Le Tiers état représente l'immense majorité de la population soit environ 98%
de celle-ci. C'est la partie active et laborieuse du pays. Elle-même se
décompose en plusieurs groupes :
- La bourgeoisie : Elle est formée d'industriels, de banquiers, de commerçants,
avocats, enseignants ou médecins... Cette classe tient en main l'économie du
pays et fournit les cadres administratifs. Elle est cependant écartée des hautes
charges politiques.
- Le petit peuple des villes : Les ouvriers, les petits artisans sans oublier les
miséreux sans emploi qui vivent dans des conditions difficiles.
- La paysannerie : C'est la partie la plus importante et la plus nombreuse. Même
s'il y a des différences entre le propriétaire et l'ouvrier agricole, tous sont ligués Caricature de l'époque symbolisant le poids sur les
épaules du Tiers état...
contre les privilèges féodaux (corvée, impôts seigneuriaux, droit de chasse...).
 
Cette bourgeoisie est en plein essor grâce au développement économique des dix dernières années et prend de plus
en plus de pouvoir dans la vie économique du royaume de France. La bourgeoisie qui va prendre la tête de la
Révolution peut compter sur les paysans affamés et sur le peuple des faubourgs, mécontents du système.

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Un contexte économique difficile

La récolte de 1788 a été mauvaise et le peuple a


faim. La France a également aidé les États-Unis
d'Amérique dans leur émancipation vis-à-vis de
l'Angleterre, ce qui lui a coûté cher. Les caisses du
royaume sont vides et le roi, Louis XVI, n'arrive pas à
rétablir les comptes, même en changeant souvent
de ministre des Finances.

Une partie de la noblesse et du clergé refuse de


renoncer à ses privilèges ; c'est-à-dire, entre autres,
à ne plus recevoir d'impôts. Le roi convoque des
États généraux pour le 5 mai 1789 et demande aux
représentant des trois ordres de rédiger des cahiers
de doléances. Des cahiers de doléances
Louis XVI

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Les États généraux


Les États généraux qui réunissent les trois ordres (noblesse, clergé et Tiers état) se déroulent à Versailles le 5 mai
1789. Le Roi avait organisé cette réunion dans le but de faire croire qu'il faisait quelque chose. Des délégués de
chaque ordre avaient été élus dans le but de se réunir et de trouver un accord.

5 mai 1789 : Réunion des États Généraux à Versailles

Dès le début, les députés élus par le Tiers état déclarent qu'il faut supprimer la royauté absolue et établir une
constitution. Mais Louis XVI, soutenu par la plupart des députés du clergé et de la noblesse, refuse. Les députés du
Tiers état sont obligés de quitter la réunion.

Alors, le 20 juin 1789, les députés du Tiers état


jurent de ne pas se séparer avant d'avoir
transformé le gouvernement de la France et se
réunissent dans une salle du palais de Versailles :
c'est le serment du Jeu de Paume.

Le député du Tiers état qui joue à ce moment le


rôle principal est un député provençal du nom de
Mirabeau. Il répond un jour à un ministre, qui
voulait faire sortir les députés d'une salle où ils
s'étaient réunis malgré l'ordre du roi :

« Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous


n'en sortirons que par la force des baïonnettes ».

Le roi est finalement obligé de céder. Il permet aux


députés de rédiger une constitution et les États
généraux prennent le nom d'Assemblée
constituante.

20 juin 1789 : Le serment du Jeu de Paume

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La prise de la Bastille : le 14 juillet 1789


Louis XVI regrette bientôt d'avoir cédé ; aussi réunit-il des troupes près de Versailles et décide de renvoyer par la force
l'Assemblée. Les députés du Tiers état demandent aux bourgeois et aux artisans parisiens de les défendre.

Comme ces bourgeois et artisans n'ont pas d'armes, ils


cherchent à s'en procurer et imaginent de prendre celles se
trouvant dans la forteresse royale de Paris : la prison de la
Bastille.

Le 14 juillet 1789, plusieurs milliers de Parisiens se


rassemblent devant la Bastille. Puis, quand l'entrée leur est
refusée, ils l'attaquent, la prennent, libèrent ses quelques
prisonniers et la détruisent.

Après le 14 juillet, les bourgeois, les artisans et les paysans


se révoltent dans toutes les régions de France contre les
seigneurs. De nombreux châteaux seigneuriaux sont
brûlés.

Après la prise de la Bastille, Louis XVI vient à Paris et orne


son chapeau d'une cocarde tricolore. Le roi semble donner
son accord à tous les changements. Mais alors que Paris
se calme, la province s'enflamme à son tour.

14 juillet 1789 : la prise de la Bastille Fin juillet-début août 1789, les paysans se soulèvent dans
les campagnes contre les nobles : des châteaux sont
pillés, brûlés...

Pris de panique, les députés de la noblesse et du clergé abolissent les privilèges dans la nuit du 4 au 5 août 1789.

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La Déclaration des Droits de


l'Homme et du Citoyen
La Déclaration des Droits de l'Homme et
du Citoyen est adoptée le 26 août 1789.
Elle instaure l'égalité des hommes devant
la loi, en précisant notamment que :

 « les hommes naissent libres et égaux en


droits et le restent tout au long de leur
vie ».

Il s'agit d'un héritage direct des penseurs


dit des Lumières, où un humanisme issu
de la Renaissance est exalté.

...

Louis XVI projette de nouveau de renvoyer l'Assemblée, mais une fois encore, son projet échoue. Le 5 octobre 1789,
les Parisiens viennent à Versailles et envahissent le château. Le lendemain, ils forcent le roi à revenir avec eux à Paris ;
celui-ci est obligé de s'installer au palais des Tuileries.

Les Parisiens sont aussi allés à Versailles parce qu'ils manquent de pain. Si le roi habitait Paris, pensent-ils, le pain n'y
manquerait plus. Sur le chemin du retour la foule crie :

« Nous ramenons le boulanger (le roi), la boulangère (la reine) et le petit mitron (le dauphin). »

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La construction d'une France nouvelle


Les députés qui ont triomphé du roi, vont satisfaire une grande partie des
vœux exprimés dans les cahiers de doléances. Désormais le peuple, et
non plus le roi, est le souverain. Le roi, « par le consentement des
François » et non plus de droit divin, exerce le pouvoir exécutif et dispose
d'un droit de veto de 4 ans sur les lois votées, c'est-à-dire qu'il a 4 ans
pour s'y opposer après leur proposition à l'Assemblée. Une assemblée
unique vote les lois, le budget de l'État, la guerre et la paix. L'Ancien
Régime social caractérisé par les privilèges disparaît. L'égalité devant
l'impôt et l'accès de tous à toutes les fonctions publiques sont affirmés.
Les libertés d'opinion et d'expression sont définies ; mais la liberté
d'association est refusée (les députés ont peur des groupes de pression
organisés par les ouvriers ou les patrons).

Les députés créent une France de régions indépendantes avec des


départements et des communes qui s'administrent par des assemblées
élues par les citoyens. Le gouvernement central n'a plus qu'un faible droit
de regard sur les affaires locales. Les bourgeoisies urbaine et rurale
s'installent à la tête des administrations locales et donnent naissance
aux notables.

Pour alimenter le Trésor, vide, les biens accumulés par l'Église catholique
sont confisqués et mis en vente. Commence alors un vaste transfert de
propriétés qui profite à ceux qui ont les moyens d'acheter (la bourgeoisie La fin de l'Ancien Régime...
urbaine et rurale).

Par la Constitution civile du clergé l'organisation de l' Église catholique en France est modifiée afin de la faire
correspondre aux nouvelles divisions administratives. Les curés et les évêques sont désormais élus par les citoyens, le
pape n'a plus qu'un droit de regard réduit. Cette mesure va diviser profondément les Français.
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La guerre et l'échec de la monarchie constitutionnelle (1789 - 1792)


Cependant, les Français dépossédés de leur
pouvoir et de leur richesse (le roi, la noblesse,
le clergé catholique) vont résister. Certains
vont quitter la France (les Émigrés) et trouver
refuge auprès des rois étrangers qui sont
effrayés par une possible contamination de
leurs pays par l'exemple français (les frères du
roi émigrent, le roi Louis XVI lui même tentera,
sans succès, de s'enfuir en juin 1791).
Souvent par son veto le roi bloque l'action de
l'Assemblée législative. L'entourage royal
« joue la politique du pire ». Au lieu de soutenir
les partisans de la monarchie
constitutionnelle, ils semblent préférer les
hommes politiques les plus révolutionnaires (à
l'époque les Brissotins) en espérant qu'ils vont
créer le chaos. La situation économique et
sociale est difficile. Les prix des denrées
20 juin 1791 : Le roi Louis XVI n' accepte pas la Révolution et tente alors avec sa famille de alimentaires augmentent car les paysans ne
s'enfuir hors de France mais il  est reconnu et arrêté à Varennes près de la frontière avec
l'Allemagne.
vendent plus leur blé, et les affamés pillent les
boutiques et attaquent les convois de blé.

Pour les politiques, la guerre semble être le moyen de débloquer la situation. Le roi pense que la France ne pourra pas
faire face aux armées des monarchies étrangères et qu'il pourra alors avec leur aide rétablir la monarchie absolue. Les
Brissotins pensent que la guerre démasquera le roi et affaiblira les querelles sociales. De plus, ils souhaitent une
guerre destinée à libérer les peuples d'Europe de leurs tyrans. Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche
qui reçoit l'appui de la Prusse.

En pleine désorganisation l'armée française ne peut arrêter l'invasion austro-prussienne dans l'Est du Royaume. Le roi
s'oppose aux mesures prises pour y faire face. Pour obliger le roi à céder les sans-culottes parisiens le 20 juin
envahissent, sans succès, le palais royal des Tuileries. Le 25 juillet par le Manifeste du duc de Brunswick, les Austro-
prussiens menacent Paris de représailles impitoyables si on touche au roi. Pour réponse le 10 août 1792, les Parisiens
attaquent de nouveau les Tuileries et obtiennent de l'Assemblée qu'elle emprisonne le roi.

Les " sans-culottes " défendent la Révolution et la République.


Ils portent un pantalon et non la culotte portée par les bourgeois.
Ils sont souvent coiffés d' un bonnet phrygien.

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Les Républicains face à la guerre : la Terreur  (1792 - 1795)
Le 21 septembre 1792, lors de sa première séance, la Convention proclame la République.

L'armée française, renforcée par des volontaires, bat les Austro-prussiens à Valmy le 20 septembre.

20 septembre 1792 : la bataille de Valmy

Repoussant l'envahisseur, elle conquiert la Belgique et les États de la rive gauche du Rhin en Allemagne, également la
Savoie. Ces pays sont rapidement annexés à la France. Face à ces conquêtes, toutes les monarchies européennes, en
particulier le Royaume-Uni, s'unissent contre la République française.

Après avoir été jugé et condamné pour trahison envers la République, le 21 janvier 1793, le roi Louis XVI est
finalement guillotiné.

21 janvier 1793 : l'exécution du roi Louis XVI

Mais la reprise de la guerre, au printemps 1793, est dramatique. Les Anglo-autrichiens reprennent la Belgique et
envahissent le nord de la France, les Prussiens récupèrent la rive gauche du Rhin et menacent le nord de l'Alsace, les
Espagnols entrent en Roussillon. Pour faire face, la Convention, dirigée par les républicains Girondins décide la
création (levée) d'une armée de 300 000 hommes (volontaires et tirés au sort). Les paysans vendéens et les Chouans
refusent de défendre la révolution et déclenchent une guerre civile contre les républicains.

La bourgeoisie républicaine se divise sur les mesures à prendre pour sauver la révolution. Les Girondins refusent de
s'allier aux plus humbles des Français (les sans-culottes) car ils ne veulent pas prendre les mesures économiques et
sociales demandées par ceux-ci (fixation d'un prix maximum et réquisition des denrées alimentaires, impôt sur les
riches). Par contre, une autre fraction de la bourgeoisie, les Montagnards, accepte cette alliance et promet de
satisfaire les revendications des sans-culottes. Les Girondins sont éliminés le 2 juin 1793 et leurs chefs sont arrêtés.

De l'été 1793 à l'été 1794, la Convention dirigée par les Montagnards va prendre des mesures énergiques, c'est ce
qu'on appelle la Terreur. Le gouvernement est centralisé sous la direction du Comité de Salut Public. Des comités
révolutionnaires surveillent la population. Le tribunal révolutionnaire (créé le 22 mars 1793) conserve le système de
procès pour faire bonne figure, mais juge les suspects par trente, dont beaucoup seront guillotinés. Pour satisfaire les
sans-culottes la loi du maximum des prix et des salaires (septembre 1793) tente d'arrêter par de sévères sanctions la
hausse des prix et des réquisitions de denrées alimentaires sont organisées. En février 1794, on prévoit de distribuer
aux pauvres les biens des ennemis de la révolution. L'armée est renforcée par le service militaire obligatoire et mieux
équipée, réorganisée et confiée à de jeunes généraux qui ont fait leurs preuves dans les combats. Les manifestations
anti-religieuses se multiplient. Robespierre tente même d'instaurer le culte de l'Être Suprême, une religion qu'il a créée,
sans succès.

Dès l'automne 1793, l'invasion est repoussée dans le Nord et l'Est ; la victoire de Fleurus en juin 1794 permet l'entrée
des Français en Belgique.

Après des combats où des atrocités sont commises par les deux camps, le soulèvement vendéen est écrasé en
décembre 1793 et la répression s'abat sur la Vendée.

Vainqueurs, les Montagnards se divisent. Les Hébertistes veulent continuer la déchristianisation et renforcer les
mesures économiques et sociales de la Terreur. A l'opposé les Dantonistes veulent arrêter la Terreur et rechercher la
paix avec les rois étrangers. Les Robespierristes veulent créer un homme nouveau et vertueux. Les Hébertistes sont
exécutés le 24 mars, les Dantonistes le 5 avril 1794. Robespierre et ses amis restent les seuls dirigeants. Mais las de
la Terreur et craignant pour leur vie une grande partie des députés de la Convention, osent attaquer Robespierre qui
est exécuté à son tour le 10 thermidor (28 juillet 1794).

Danton ( 1759- 1794 ) Jacques-René Hébert ( 1757 - 1794 ) Maximilien de Robespierre ( 1758-1794 )
Guillotiné le 5 avril 1794 Guillotiné le 24 mars 1794 Guillotiné le 28 juillet 1794

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L'échec de la République modérée : le Directoire (1795 - 1799)


La situation militaire s'améliorant, l'alliance avec les sans-culottes n'est plus nécessaire. Aussi les républicains
vainqueurs de Robespierre (les thermidoriens) reprennent ce qu'ils avaient dû accorder aux plus humbles des
Français. Le tribunal révolutionnaire est prié de se montrer plus indulgent. La loi du maximum des prix et des salaires
est annulée. Les prix augmentent très fortement. L'échec des manifestations populaires parisiennes du 12 germinal an
III (avril 1795) et du 1 er prairial an III (mai 1795) permet aux thermidoriens de se débarrasser des derniers chefs
Montagnards. La jeunesse dorée s'en prend aux sans-culottes. Les royalistes s'organisent en bandes armées (comme
les Compagnons de Jéhu) qui attaquent les républicains.

Clique sur les différents mois !...


 

Les républicains modérés rédigent une nouvelle constitution (Constitution de l'an III) qui exclut de la vie politique les
Français non-imposés. Elle tente d'éviter le retour à la dictature en partageant le pouvoir législatif entre deux
assemblées élues (le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens) et le pouvoir exécutif entre cinq Directeurs,
s'inspirant du modèle anglais d'un siècle auparavant. Mais le système du renouvellement annuel d'un tiers des
assemblées et d'un directeur installe l'instabilité politique.

Enfin, en avril et juillet 1795, la Prusse et l'Espagne signent la paix, mais le Royaume-Uni et l'Autriche restent en guerre
(car ils n'acceptent pas l'occupation française de la Belgique et de la Rive gauche du Rhin). 

Le Directoire (1795-1799) se heurte à la double opposition des républicains


(les néo-jacobins) qui réclament un retour à la Terreur et des royalistes qui
espèrent profiter des élections annuelles pour parvenir au pouvoir. Pour faire
face aux succès électoraux de leurs opposants, les républicains modérés
organisent des coups d'État en déclarant nuls les résultats des élections
(coup d'État du 18 fructidor an V (septembre 1797) contre les royalistes et du
22 floréal an VI (mai 1798) contre les républicains jacobins). Par contre, le 30
prairial an VII (juin 1799) ce sont les conseils qui destituent trois directeurs. 

Devant l'échec d'une nouvelle monnaie, le gouvernement doit décréter, en


septembre 1798, la banqueroute des deux tiers (ceux qui ont prêté de l'argent
à l'État perdent alors les deux tiers du montant prêté).

Heureusement pour le gouvernement, la guerre en Italie contre les


Autrichiens permet le pillage du pays, ce qui renfloue le Trésor public.

Les victoires de Lodi, d'Arcole et de Rivoli permettent au général Napoléon


Bonaparte de devenir un héros national. Il se passe de l'accord du
gouvernement pour négocier avec les Autrichiens la paix de Campo-Formio
(octobre 1797).

Pour se débarrasser de Bonaparte, le Directoire l'envoie en Égypte d'où il doit


menacer l'Inde anglaise. Cette expédition est un échec. Devant l'instabilité
politique totale, certains républicains modérés s'organisent pour confier le
pouvoir à un homme fort, capable de faire taire les opposants. Ce sera le 15/17 novembre 1798 : le général Bonaparte lors de
général Bonaparte, avec lequel ils organisent le coup d'État du 18 brumaire an la bataille du pont d'Arcole

VIII ( 9 novembre 1799).

Ce sera la fin du Directoire et de la république modérée.

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Le règne de Napoléon
(1799 - 1815)
 
Le Consulat L'Empire
(1799 - 1804) (1804 - 1815)

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Le Consulat
(1799 - 1804)
Après le coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799), le général Bonaparte prend le pouvoir, instaure une nouvelle
constitution qui lui donne tous les pouvoirs, et devient Premier consul pour 10 ans, puis à vie.

La constitution de l'an VIII établit alors un régime politique autoritaire, le


Consulat, dirigé par trois consuls et en réalité par le seul Premier consul
Napoléon Bonaparte.

Bonaparte ramène la paix dans le pays après la Révolution.

Il négocie avec les Vendéens et signe un Concordat (accord signé entre le


pape et un État sur des questions religieuses) avec l'Église catholique en
1801.

Le Consulat a duré jusqu'au 18 mai 1804 (28 floréal an XII), date de la fin


de la Première République française et de la proclamation du Premier
Les trois consuls de la Constitution de l'an VIII (de gauche
à droite : Cambacérès, Bonaparte, Lebrun)
Empire.

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L'Empire
(1804 - 1815)
Le Premier Empire est le régime instauré en France par Napoléon Bonaparte en 1804, pour remplacer le Consulat.

Il commence le 18 mai 1804, quand le sénatus-consulte proclame Bonaparte « Empereur des Français » sous le nom
de Napoléon Premier. Le plébiscite du 6 novembre 1804 confirme cette désignation. Enfin, le sacre a lieu le
2 décembre 1804 à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte devient Napoléon I er, empereur des Français.

De nombreuses guerres vont avoir lieu tout au long de son règne. On les appelle aujourd'hui communément les
guerres napoléoniennes.

Clique sur les différentes batailles !...

En 1812, à l'apogée du règne de napoléon, l'Empire français n'a jamais été si grand : la France compte alors 113
départements et Napoléon a placé ses frères aux gouvernements des autres pays d'Europe. Il dirige donc un empire
allant du Portugal à la Pologne. Mais les Anglais et les Russes résistent encore.

Après la défaite en Russie (400 000 pertes), l'opinion des Français décroît car l'Empereur demande toujours plus
d'impôts : la guerre coûte cher.

En 1814, vaincu, il doit abdiquer et est exilé à l'île d'Elbe, au large de la Toscane, en Italie.
La monarchie est rétablie et Louis XVIII, frère de Louis XVI, prend le pouvoir.

Le 1 er mars 1815, Napoléon s'évade et revient en France. Soutenu par son armée, il reprend le pouvoir pendant ce
qu'on appelle les 100 jours.

Napoléon 1er, de retour de son premier exil à l'île d'Elbe

Mais après la défaite de Waterloo, le 18 juin 1815, il abdique à nouveau.

Napoléon I er est retenu par les Anglais sur l'île de Sainte-Hélène, en plein milieu de l'océan Atlantique, à 2 500 km des
côtes de l'Afrique, où il meurt captif le 5 mai 1821, sans doute d'un cancer de l'estomac. Certaines personnes parlent
d'un empoisonnement à l'arsenic. D'autres pensent qu'il est mort d'une crise cardiaque. Ces trois solutions sont
possibles.

De nombreuses réalisations politiques, économiques et sociales majeures sont mises en place sous le règne de
Napoléon I er. Parmi celles-ci, on peut citer : le franc, la Banque de France, le baccalauréat, les départements, les
lycées, le Code civil...

...

...

La seconde restauration de la Monarchie


(1815 - 1848)
 
La seconde Restauration de la
Les "Trois Glorieuses" La Monarchie de Juillet La Révolution de 1848
Monarchie
(Juillet 1830) (1830 - 1848) (Février 1848)
(1815 - 1830)

...

La seconde Restauration de la Monarchie (1815 - 1830)


La Seconde Restauration est le nom donné au régime politique de la France de
juin 1815 à juillet 1830.
Elle succède aux Cent Jours (retour éphémère de Napoléon I er au printemps
1815) et se termine par la Révolution de 1830.

Il s'agit d'une monarchie constitutionnelle établie sur un suffrage censitaire


étroit et qui aura deux souverains de la dynastie des Bourbons Louis XVIII
(1815-1824) et son frère Charles X (1824-1830).

Après une violente réaction nobiliaire en 1815, le roi Louis XVIII et ses
gouvernements font des réformes financières et militaires modérées. Mais en
1820 l'assassinat de l'héritier du trône amène au pouvoir les nobles les plus
conservateurs qui imposent une politique qui réduit les acquis de la Révolution
de 1789. 

Louis XVIII

Cette politique sera renforcée sous le règne de Charles X.

Cependant, une opposition politique se développe dans la


bourgeoisie qui est tenue à l'écart du pouvoir par les nobles. Le
refus du roi Charles X de tenir compte des résultats des élections
législatives qui lui sont défavorables, va provoquer l'union
passagère des bourgeois et des éléments républicains qui
prennent de l'importance.

En juillet 1830, trois jours d'émeutes à Paris provoquent la chute


de la dynastie des Bourbons.

Charles X

...

...

Les "Trois Glorieuses" (Juillet 1830)


La Révolution de Juillet, révolution française à la faveur de laquelle un nouveau régime, la monarchie de Juillet,
succède à la Seconde Restauration, se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les « Trois
Glorieuses ».

Après une longue période d’agitation ministérielle puis parlementaire, le roi Charles X tente un coup de force
constitutionnel par ses ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830.

En réaction, un mouvement de foule se transforme rapidement en révolution républicaine. Le peuple parisien se


soulève, dresse des barricades dans les rues, et affronte les forces armées, commandées par le maréchal Marmont,
au cours de combats qui font quelque 200 tués chez les soldats et près de 800 chez les insurgés.
La liberté guidant le peuple - Tableau de Delacroix (1830)

Charles X et la famille royale fuient Paris.

Les députés libéraux, majoritairement monarchistes, prennent en main la révolution populaire et, au terme de
l’« hésitation de 1830 », conservent une monarchie constitutionnelle, au prix d’un changement de dynastie.

La maison d’Orléans, branche cadette de la maison de Bourbon, succède à la branche aînée.

 Louis-Philippe Ier est proclamé « roi des Français » et non plus « roi de France ».

...

...

La monarchie de Juillet (1830 - 1848)


La monarchie de Juillet est le nom du régime politique de la France de juillet 1830 à février 1848.

C'est une monarchie constitutionnelle avec pour roi Louis-Philippe I er.

Le régime politique repose sur le suffrage censitaire qui donne le pouvoir à la


petite partie la plus riche de la bourgeoisie française.

À partir de 1840, le gouvernement animé par François Guizot s'appuyant sur


une majorité politique docile, grâce à la corruption électorale, refuse tout
élargissement du corps électoral par abaissement du cens. Ce sera la cause
directe du renversement du régime en février 1848.

Le gouvernement favorise les affaires : en particulier la création d'un réseau


ferroviaire en France, mais aussi le développement de l'industrie textile.

À l'extérieur, le gouvernement recherche la paix (favorable aux affaires) en


particulier avec le Royaume-Uni (première Entente cordiale), ce qui déplait à
une partie de l'opinion pour qui l'Angleterre reste l'ennemie.

Louis-Philippe I er

La France poursuit la conquête de l'Algérie et les premiers colons d'origine européenne s'installent dans ce territoire.

À
À partir de 1846, une grave crise agricole diminue les revenus des agriculteurs (la très grande majorité de la
population). Faute de revenus ceux-ci réduisent leurs commandes à l'industrie qui doit licencier ses ouvriers salariés.
Un profond malaise social se développe jusqu'à l'hiver 1847.

Il favorise le mécontentement : cela sera fatal au régime.

...

...

La Révolution de 1848 (22-25 février)


La Révolution française de 1848 est la deuxième révolution française du XIXème siècle.

Elle se déroule à Paris du 22 au 25 février 1848. Sous l'impulsion des libéraux et des républicains et suite à une
fusillade, le peuple de Paris se soulève à nouveau et parvient à prendre le contrôle de la capitale.

25 février 1848 : Lamartine atteint l'Hôtel de ville de Paris

Louis-Philippe, refusant de faire tirer sur les Parisiens, est donc contraint d'abdiquer en faveur de son petit-fils le 24
février.

Mais les révolutionnaires proclament la Deuxième République le 25 février 1848 et mettent en place un gouvernement
provisoire républicain, mettant ainsi fin à la Monarchie de Juillet.

...

...

Et quelques activités pour finir !...


...

Puzzle
Reconstitue l'image ci-dessous :
Le Sacre de Napoléon et Joséphine

...

Mots croisés
Clique dans chaque case pour écrire les mots correspondants aux définitions :
...

Vrai ou faux ?
Coche les bonnes cases :

...

QCM
Un petit questionnaire pour finir !...

...

2ème Partie :
De la seconde République à nos jours
(1848 - 2011)

... ... ...

Un petit test pour finir ?...

...

Histoire - Ressources et exercices en ligne pour l'école élémentaire


Chronologies - L'époque contemporaine (1)

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Réforme protestante
schisme dans la religion chrétienne amorcé dès le XVe siècle et culminante au XVIe siècle

Pour les articles homonymes, voir Réforme.

Fac-similé des 95 thèses.

e
La réforme protestante, également appelée « la Réforme », amorcée au  siècle, est une volonté d'un retour aux sources du christianisme et aussi, par
extension, un besoin de considérer la religion et la vie sociale d'une autre manière. Elle reflète l'angoisse des âmes[1], par la question du salut, centrale dans la
réflexion des réformateurs, qui dénoncent la corruption de toute la société engendrée par le commerce des indulgences. Les réformateurs profitent de l'essor
de l'imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vernaculaires (notamment l'allemand après la première traduction réalisée par Martin Luther), et montrent
qu'elle ne fait mention ni des saints, ni du culte de la Vierge, ni du purgatoire. La référence à la Bible comme norme est néanmoins une des principales
motivations des réformateurs. Ce principe, Sola scriptura, les guidera.

Commencée le 31 octobre 1517, par Martin Luther, alors moine catholique, dans le Saint-Empire et Ulrich Zwingli à Zurich, puis Martin Bucer à Strasbourg et
plus tard Jean Calvin à Paris et Genève, la Réforme touche la majeure partie de l'Europe du Nord-Ouest. Les tentatives de conciliation ayant échoué, elle aboutit
à une scission entre l'Église catholique romaine et les Églises protestantes. La Contre-Réforme catholique engagée à l'issue du concile de Trente ne permet à
l'Église catholique qu'une reconquête partielle des populations passées au protestantisme.

L'adoption de la Réforme a aussi un caractère politique. C'est un moyen pour les princes d'affirmer leur indépendance face à une papauté revendiquant une
théocratie universelle ou pour les populations de pouvoir se révolter face à un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols. La
e
Réforme se traduit donc au  siècle par de nombreux conflits, entre l'empereur Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France,
en Angleterre et en Écosse.

Les origines

De nombreux facteurs …

Le Pape signant et vendant des indulgences vu comme l'Antéchrist par Lucas Cranach l'Ancien d'après le Passional Christi und Antichristi de Martin Luther (1521).

De nombreux facteurs interviennent[2]. Pendant longtemps, les historiens ont pensé que les vices du clergé étaient la principale cause de la Réforme : la
débauche de certains prêtres et moines qui vivent publiquement en concubinage, s'enrichissent avec l'argent des fidèles... Ces abus ne sont pas vraiment les
causes de la Réforme, l'Église catholique s'est en effet sans arrêt efforcée d'y remédier. Par ailleurs, cette thèse est en quelque sorte favorable à l'Église
Catholique en ce qu'elle délégitime la réforme protestante comme une réaction contre des problèmes temporels (les turpitudes du clergé, les indulgences) en
e
occultant le souci essentiellement spirituel du peuple et des réformateurs protestants. Les conciles du  siècle ne peuvent prendre de décision efficace tant
l'autorité du pape est affaiblie. De fait, les fidèles ne reprochent pas au clergé de mal vivre mais de mal croire[2].

e
En effet, le pape répond mal aux angoisses des fidèles. Depuis le  siècle et la grande peste, les fidèles vivent dans la crainte de la damnation éternelle. Les
thèmes fantastiques du temps, danses macabres peintes dans les églises, livres millénaristes en sont les témoins[2]. Les procès contre les sorcières se
e
multiplient à partir de la fin du  siècle. La peur de la mort et de l'enfer a comme conséquence le développement du culte marial, du culte des saints, des
reliques, des pèlerinages, des processions, et la pratique des indulgences. Le but est de gagner son paradis sur la terre même au prix d'un séjour au
purgatoire[3]. À la fin du e
 siècle, les indulgences sont un moyen de plus en plus en vogue pour réduire le nombre des années passées par une âme au
purgatoire après sa mort. Ainsi, l'électeur de Saxe, Frédéric le Sage, futur protecteur de Martin Luther, possède 17 443 reliques, censées lui épargner
128 000 années de purgatoire[4]. Mais les indulgences sont ensuite vendues : dès que l'or tombe dans la sébile, l'âme s'échappe du purgatoire. La confusion du
spirituel et du matériel accentue les phénomènes de désacralisation de cette époque[4]. De plus en plus, le fidèle se confesse non pas poussé par la conscience
de sa faiblesse mais par peur de la punition après la mort. À côté de la multiplication de ces pratiques, la Bible, proclamée en latin lors des messes, n'est
accessible aux fidèles qu'à travers les commentaires des clercs, d'où il s'ensuit une perte de sens.

Certains humanistes contribuent à la diffusion d'idées nouvelles. Ils développent l'exégèse biblique. Le texte originel de la Bible se trouve ainsi restauré. La
naissance de l'imprimerie permet la diffusion d'éditions de bibles en langue vernaculaire (c'est-a-dire en français codifié). Ce contact direct habitue le lecteur à
avoir une relation personnelle avec les textes saints et à réfléchir par lui-même sur leur signification[4].
e
À partir du milieu du  siècle, le pouvoir d'achat s'amenuise. Les nobles regardent donc du côté des immenses biens fonciers de l'Église, soit le plus souvent
20 à 30 % des terres cultivables[5]. De plus, l'Église continue à condamner les profits bancaires, le profit monétaire dans ses tribunaux ecclésiastiques même si
ses positions se sont quelque peu assouplies. Les banquiers sont particulièrement nombreux en Allemagne du Sud. Nobles et banquiers sont ainsi moins
attachés à l'Église catholique[5].

Les facteurs politiques ne sont pas absents non plus. Le développement des États se heurte à la puissance temporelle de l'Église. De plus en plus, les princes
cherchent à intervenir dans le choix des membres du Haut-clergé, évêques, abbés. En effet, les postes ecclésiastiques sont liés à des bénéfices. Celui qui
contrôle l'élection du prélat, contrôle indirectement le bénéfice[6]. L'autorité universelle du pape, proclamée par Grégoire VII depuis 1075, se heurte à l'autorité
grandissante du souverain. Le pape peut lever des impôts réguliers ou exceptionnels dans tous les pays d'Occident. Les rois protestent de plus contre les
sorties d'argent de leur royaume, argent dont ils ont le plus grand besoin pour leurs guerres ou pour affermir leur pouvoir. Ainsi en Angleterre, les taxes
prélevées pour les bénéfices vacants sont d'un montant cinq fois plus élevé que les revenus du roi[7]. Le pape édicte aussi des bulles, lois valables dans toute la
chrétienté. Il peut ainsi lever des troupes par l'intermédiaire de bulles de croisades, cependant de moins en moins suivies d'effets. Les souverains réclament le
contrôle des ordres religieux, le droit absolu de légiférer dans leurs États, de lever l'impôt ou des troupes et de rendre justice[6].

Mais ce qui affaiblit le plus l'Église catholique, c'est la perte de la sacralité. Les fidèles voient trop de fils de prêtres devenir prêtres, trop de clercs s'enrichir aux
dépens des laïcs, trop d'évêques vivant comme des grands seigneurs[6].

Tentatives de réforme interne et précurseurs de la Réforme …

Évangile traduit par John Wyclif, copie de la fin du e siècle, Folio 2v of MS Hunter 191 (T.8.21)

Jan Hus au bûcher, 6 juillet 1415.

Trois préréformateurs sont reconnus par les historiens protestants[8] : Pierre Valdo le fondateur du mouvement des Pauvres de Lyon, John Wyclif l’universitaire
anglais, Jan Hus le préréformateur tchèque brûlé en 1415 à Constance. À ces trois incontournables, certains ajoutent Bernard de Clairvaux, Jacques Lefèvre
d’Étaples, Jérôme Savonarole, les bibliens… La liste n'est pas close. Mais la notion même de préréforme a ses limites ; on peut en citer deux : s'il est indéniable
qu'ils précédent historiquement la réforme, les préréformateurs peuvent ne pas avoir envisagé ni adopté l'ensemble des principes de la réforme ; et si l'on suit
l'analyse d'Amedeo Molnár d'« une certaine manière on peut estimer que Jan Hus n’était pas un pré-réformateur, mais que Martin Luther était un post-
hussite »[8].

Un des plus anciens précurseurs de la Réforme est l'anglais John Wyclif. À travers ses premiers écrits transparait l'idée que Dieu exerce par l'intermédiaire du
pape, son droit sur les biens terrestres ; les rois ont donc des comptes à rendre au pape. Selon lui, la véritable Église est l'Église des chrétiens, des membres de
la hiérarchie, et le pape lui-même, mais personne n'est supérieur à l'autre. Le pape dirige mais n'est pas plus saint qu'un chrétien. Cette affirmation nouvelle
remet ainsi en cause la place de la hiérarchie dans l'Église. Il traduit la Vulgate en ancien anglais et reconnait aux autorités laïques le droit de percevoir les
revenus ecclésiastiques en 1381, ce qui choque beaucoup les membres du clergé anglais très attachés à leurs prérogatives pécuniaires. Il pense que les
Écritures doivent être la seule source de foi même s'il pense que les pères de l'Église peuvent aider à son interprétation. Il est condamné en 1376 et 1379. Son
vieil ennemi Guillaume de Courtenay, devenu archevêque de Cantorbéry, convoque à Londres trois synodes en 1392, qui condamnent formellement Wyclif et
ses partisans. Il meurt isolé, mais est enterré en terre chrétienne. Le Concile de Constance (1414-1418) renouvelle la condamnation de ses écrits, de même que
le pape Martin V qui publie deux mois avant la fin du concile la bulle Inter cunctas (22 février 1418) contenant les quarante-cinq articles condamnés de Wyclif.
L'exhumation de ses restes est alors ordonnée et, en 1428, ses ossements sont brûlés et jetés dans la Tamise au nord de Londres. À sa suite, les Lollards
poussent le peuple à la révolte contre les évêques qui s'enrichissent grâce à leur position religieuse. Henri IV d'Angleterre sévit contre ce qu'il considère comme
une hérésie majeure et une atteinte à son pouvoir absolu[9]. Les idées de Wyclif ne remportent pas de succès en dehors de l'Angleterre.

En Bohême et Moravie, Jan Hus oppose la richesse corruptrice à la pauvreté évangélique. Pour lui, l'Évangile est la seule règle infaillible et suffisante de la foi, et
tout homme a le droit de l'étudier pour son propre compte. Ceci est une grande nouveauté car l'Église catholique favorise peu la lecture personnelle des textes
saints. De plus les prétentions religieuses d'Hus se doublent de prétentions nationalistes. Il lutte pour que les Tchèques soient maîtres en leur patrie. Pour les
Tchèques, Hus est le premier grand héros de la nation tchèque. En 1412, il lance des réquisitoires brûlants contre les indulgences dont la vente doit financer la
guerre de Jean XXIII contre Ladislas de Naples. Trois de ses jeunes disciples sont exécutés au grand scandale des Praguois. Il est frappé d'une
excommunication majeure, et la ville d'interdit s'il y séjourne. Il quitte donc Prague et prêche dans les campagnes. Il écrit des traités de théologie. En 1414, il se
rend au concile de Constance muni d'un laissez-passer de l'empereur Sigismond. Là, il refuse de reconnaitre ses erreurs. Ses écrits sont brûlés et lui aussi brûlé
comme hérétique le 6 juillet 1415. Il est aussitôt considéré par le peuple tchèque comme un martyr et un saint. La défenestration de Prague du 30 juillet 1419,
marque le début de l'insurrection des hussites qui, durant dix-huit ans, tiennent tête aux cinq croisades que l'Europe envoie à l'appel du pape et de Sigismond
pour écraser les « hérétiques ». Finalement l'Église doit composer avec les Hussites. Les Compactata de Bâle (1433) accordent aux Tchèques la communion
sous les deux espèces et la lecture en tchèque de l'Épître et de l'Évangile. Mais deux Églises issues de la prédication de Hus subsistent en Bohême au
e
 siècle : l'église Ultramontaine et la Communion des frères de la foi[10].

e
La devotio moderna est un mouvement spirituel né au  siècle aux Pays-Bas ; animée par les frères et les sœurs de la Vie évangélique, elle essaie de prendre
en compte les aspirations des fidèles. C'est une méthode de piété personnelle et individuelle faite de l'imitation de Jésus-Christ, d'un examen de conscience et
de prières[11]. De plus l'idée de réforme traverse bien des milieux dans bien des États. En Allemagne, L'empereur Maximilien veut utiliser l'idée de réforme contre
le saint Père pour réaliser autour de lui l'unité nationale. Après avoir fait diffuser le Recueil des plaintes de la Nation germanique contre Rome, il charge
l'humaniste Jacques Amyot de rassembler les observations des Allemands sur l'Église et le clergé catholique[12]. La plupart des ordres religieux cherchent de
leur côté à rétablir les règles monastiques dans leur dureté originelle. Jérôme Savonarole parvient à prendre le pouvoir à Florence[12].

Chronologie de la Réforme
1507 : Guillaume Briçonnet accueille à Meaux Jacques Lefèvre d'Étaples qu’il fréquente depuis 1505.
1515-1516 : Martin Luther donne un cours sur l'épître de Paul aux Romains.
1516 : Ulrich Zwingli rencontre Érasme et l'imprimeur Froben à Bâle.
1517 : Martin Luther publie ses 95 thèses.
1520 :
Martin Luther publie ses principaux écrits réformateurs :
La Papauté de Rome ;
L'Appel à la noblesse chrétienne de la Nation allemande pour l'amélioration de l'ordre chrétien ;
De la Captivité babylonienne de l'Église ;
La Liberté chrétienne.
15 juin : bulle Exsurge Domine de Léon X en réponse aux 95 thèses.
1521 :
3 janvier : bulle Decet Romanum Pontificem de Léon X qui excommunie Luther.
L'empereur Charles Quint promulgue l'Édit de Worms pour interdire le luthéranisme. Il prononce la mise au ban de Martin Luther et de ses partisans,
interdit la diffusion et la lecture de ses écrits (ainsi que de tout autre écrit suspect d'hérésie).
Les thèses de Martin Luther sont condamnées par la Sorbonne.
Le cénacle de Meaux, expérience évangélique, est fondé à la demande de l'évêque de Meaux Guillaume Briçonnet par son vicaire et ami Jacques Lefèvre
d'Étaples ; il comprend le futur réformateur Guillaume Farel.
1522 :
Les publications d’Ulrich Zwingli le font connaître en dehors de Zurich.
Martin Luther publie la traduction en allemand du Nouveau Testament.
1523 :
Jacques Lefèvre d'Étaples publie la traduction en français du Nouveau Testament à partir de la Vulgate.
Zürich est le premier canton suisse à passer à la réforme, grâce à Ulrich Zwingli.
1524 : Martin Bucer met en place un culte réformé à Strasbourg (l'Alsace est alors distincte de la France).
1528 : Jacques Lefèvre d'Étaples publie la traduction en français de l'Ancien Testament à partir de la Vulgate.
1529 : Bâle passe à la réforme. Glaris, Berne, Bienne, Schaffhouse et Saint-Gall suivent. « Protestation » des princes luthériens lors de la seconde Diète de
Spire. La République de Mulhouse adopte la réforme inspirée par Ulrich Zwingli (puis par la suite par Jean Calvin) comme unique doctrine d'État.
1530 :
Présentation de la confession d'Augsbourg, texte fondateur du luthéranisme.
Meaux devient la première paroisse protestante organisée de France.
1531 : Les cantons suisses catholiques attaquent les Zurichois et les battent. Zwingli est tué. La Bible de Zurich traduite par Zwingli est publiée par Christian
Froschauer
1532 : Au synode de Chanforan, l’église vaudoise fusionne avec les églises réformées. Jean Calvin, converti en 1531, commence à prêcher dans Paris.
1533 : Discours de Nicolas Cop, recteur de la Sorbonne, écrit par Calvin. Scandale. Exil de Calvin.
1534 :
Martin Luther publie la traduction en allemand de l'Ancien Testament.
Affaire des Placards ; la politique royale française devient répressive.
1536 :
Calvin publie à Bâle l'Institution de la religion chrétienne, sans mention de la prédestination.
Calvin s’installe à Genève où la Réforme vient d'être adoptée.
1538 : Calvin, banni de Genève en 1538, s'installe à Strasbourg, où il collabore avec Martin Bucer et enseigne dans le collège humaniste nouvellement créé.
1541 : Calvin revient à Genève et y installe une république calviniste dans la ville.
1542 : création de l'Inquisition romaine par Paul III.
1545 :
Ouverture du concile de Trente.
Le massacre de Mérindol, lors duquel 3 000 Vaudois du Luberon meurent, déclenche l’émoi et une enquête royale.
1546 : mort de Martin Luther.
1552 : Jean Calvin publie De la prédestination éternelle de Dieu.
1555 (25 septembre) : la Paix d'Augsbourg est signée ; elle donne une existence légale aux villes ou aux États luthériens dans l'Empire.
1561 : colloque de Poissy, tentative de conciliation entre théologiens catholiques et protestants français ; le colloque échoue sur la question de la
transsubstantiation.
1562 :
Jean Calvin publie La congrégation sur l'élection éternelle.
massacre d'un rassemblement de Huguenots à Wassy ; début des guerres de religion en France.
1563 : fin du concile de Trente.

La Réforme luthérienne

Martin Luther en 1529, par Lucas Cranach l'Ancien.

La réforme luthérienne est introduite par le moine augustin Martin Luther. Celui-ci vit dans l'anxiété de son époque. Depuis son entrée au couvent, Luther
cherche par tous les moyens à acquérir la certitude de son salut. Mais ni la dévotion, ni les messes, ni les confessions, ni les jeûnes, ni les exercices spirituels,
ni la théologie n'apportent à Luther l'apaisement et la certitude de son salut.

En 1512, il retrouve enfin la réponse à ses questions ; il écrit à ce moment-là : « le juste vivra par la foi. Dieu donne, sa justice infinie est un don »[13]. La bonté de
Dieu, son amour, sa générosité sont la clé de voûte de la doctrine chrétienne. Le chrétien répond à l'amour de Dieu par la foi. Luther écrira plus tard :

« Alors je commençai à comprendre que la « justice de Dieu » est celle par laquelle le juste vit du don de Dieu, à savoir de la foi, et que la signification (de la
lettre de saint Paul aux Romains au chapitre 1, 17) était celle-ci : par l'Évangile nous est révélée la justice de Dieu..., par laquelle le Dieu miséricordieux nous
justifie par la foi... Alors je me sentis un homme né de nouveau et entré, les portes grandes ouvertes, dans le paradis même. À l'instant même, l'Écriture
m'apparut sous un autre visage »[14].

L'épître de Paul aux Romains transmet pour lui la vérité de l'Évangile : « Car en l'Évangile la justice de Dieu se révèle de la foi à la foi, comme il est écrit : "le juste
vivra de la foi" » (Rm 1, 17)[15].

Pour Martin Luther désormais, tous les préceptes se trouvent uniquement dans l'Écriture sainte. Et c'est en suivant les lois divines que le chrétien montre sa foi.

Martin Luther est connu pour avoir accentué et développé le sens de l'idée que « le juste vivra par la foi ». Il a en effet dû se justifier dès 1530 d'avoir ajouté le
mot « seul » au verset de l'épître aux Romains (Chp. 3, verset 28 ) : « Car nous pensons que l'Homme est justifié par la foi seule, sans les œuvres de la loi »[16].

La rupture avec Rome …

Le pape Léon X en 1519, par Raphaël.

En 1515, le pape Léon X autorise une nouvelle vente d'indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome[17]. Celle-ci n'obtient pas
un très grand succès. En 1517, Martin Luther appose les 95 thèses contre les indulgences sur la porte de la chapelle du château de Wittemberg. Il est indigné
de la dérive marchande de l'Église. Il s'engage à défendre ses propositions d'ordre théologique ou concernant les indulgences devant qui voudrait bien
argumenter avec lui. Il pense qu'un débat public sur la question est salutaire[13]. Mais les Dominicains qui vendent les indulgences (Réf. nécessaire) préfèrent
dénigrer Luther. Ils dénoncent essentiellement deux propositions de Luther : la non-nécessité des œuvres pour gagner son salut et la référence exclusive à la
Bible. Le débat gagne les universités d'Europe[18].

Le 15 juin 1520, Léon X condamne les idées de Luther. L'empereur Charles Quint qui se veut le champion de l'autorité pontificale fait brûler les écrits de Luther à
l'université de Louvain en décembre 1520. Luther ne veut pas se laisser faire. Il pense toujours qu'un débat public est nécessaire et rend coup pour coup afin de
montrer sa détermination. C'est d'ailleurs sa détermination qui sera la cause de la rupture des protestants et des catholiques[18]. Le pape ne peut supporter que
son autorité soit contestée. Il est farouchement convaincu qu'il incarne seul la vérité évangélique et que Luther ne parle qu'en son nom. Luther a beau écrire
« les grands écrits réformateurs », quatre ouvrages qui précisent sa pensée, le pape n'en démord pas. L'affirmation de la seule autorité de l'écriture n'implique
pas que le pape est soumis à cette écriture car seul le pape peut faire face aux évolutions de la société. En effet comment interpréter les écritures au fil du
temps ? Martin Luther vend le manifeste À la noblesse chrétienne de la nation allemande en quelques jours à quatre mille exemplaires. Il préconise la réduction
des sacrements au nombre de trois : le baptême et la communion sous les deux espèces et la confession. En effet, les actes des Apôtres précisent que les
premiers chrétiens confessaient leurs péchés les uns aux autres. La doctrine comprend aussi le rejet de la doctrine de la transsubstantiation[19], et l'affirmation
de la liberté du chrétien et de l'égalité de tous les croyants devant Dieu même s'ils ne sont pas tous capables d'enseigner la parole de Dieu[20]. On estime
qu'entre 1517 et 1520 plus de 300 000 exemplaires des écrits de Luther furent vendus. Jusque vers 1550, il reste l'auteur le plus lu[21].

Luther brûlant publiquement les œuvres de Jan Eck, un livre de droit canon et la bulle condamnant ses propositions (Life of Martin Luther and the heroes of the Reformation, 1874).

Après avoir été excommunié par le pape, Martin Luther est convoqué à la Diète de Worms. Il y comparait durant deux jours devant l'assemblée. Il refuse de
désavouer ses ouvrages, à moins d'être convaincu d'erreur par le témoignage de l'Écriture divine[21]. Il est mis au ban de l'Empire par l'empereur Charles Quint le
26 mai 1521, ce qui signifie que n'importe qui à le droit de se saisir de lui et de le remettre à la police. On lui interdit d'écrire et de publier. Ceci n'empêche pas
Luther de continuer à écrire des lettres et à prêcher ses idées, aidé en cela par ses disciples dont le plus célèbre est Philippe Mélanchthon[22]. Philippe
Melanchthon publie en 1521 les Loci theologici, qui exposent, pour la première fois de manière systématique, la pensée luthérienne avec toutes ses nouveautés
et ses ruptures par rapport à la pensée catholique médiévale[21].

Certains groupes sociaux sont plus ou moins sensibles aux idées modernes et réformistes défendues par Martin Luther, le père du protestantisme mondial.
Une part non négligeable du clergé catholique romain adhère aux idées de Martin Luther. Ce sont en général des hommes qui ont étudié l'humanisme, ou qui
ont séjourné dans une université elle-même convertie à l'humanisme. D'une certaine manière, on peut dire que l'humaniste a rendu obsolète la scolastique
médiévale et les démonstrations théologiques qui en découlaient. La foi chrétienne doit tenir compte de la nouvelle façon de penser. C'est tout le mérite de
Martin Luther d'avoir lié le christianisme à la modernité de l'époque. La noblesse, avec à sa tête Klaus von Falkenstein, est très favorable à Martin Luther. Un
certain nombre d'humanistes et d'artistes (Dürer, Craven) adhèrent aussi à sa doctrine. À la campagne, les idées de Martin Luther sont diffusées par des
colporteurs itinérants et des voyageurs de commerce[21].

L'expansion de la Réforme …

Réformateurs et troubles sociaux …

Article détaillé : Guerre des Paysans allemands.

Dans le Saint-Empire romain germanique, les villes impériales ne sont pas assez autonomes pour pouvoir choisir la religion de leur choix. Thomas Müntzer est
un prédicateur mystique exalté et très intolérant. Il prêche de ville en ville et est parfois chassé par l'évêque qui ne veut pas de concurrence religieuse[23].
Andreas Karlstadt est un des anciens professeurs de Luther. Il encourage ses étudiants à brûler leurs livres dans d'immenses autodafés, où de précieux
manuscrits disparaissent ainsi, et à apprendre un métier. Il est le premier prêtre catholique romain à se marier, rompant ainsi ses vœux de chasteté. Il épouse
une ancienne nonne, lointaine parente d'Hidelgarde von Bingen[23].

La Réforme est l'occasion pour certains groupes sociaux d'exprimer leur mécontentement. Ils donnent ainsi au message évangélique une dimension
révolutionnaire. Les petits nobles se révoltent en 1522 sous la houlette de von Hutten et Sickingen. Pour Martin Luther, une réforme religieuse ne devrait pas
s'identifier avec une cause économique et sociale[21]. En 1522, les paysans d'Allemagne du sud se révoltent mêlant des revendications socio-politiques à des
exigences religieuses. Là encore, Luther conjure les paysans de ne pas recourir à la force. Pour lui, la Bible ne peut apporter aucune solution aux problèmes de
la vie civile ou économique. Il refuse une révolte sociale au nom de la Bible, exprimant ainsi son conservatisme social. Pendant la guerre que les paysans livrent
aux seigneurs du Sud du Saint-Empire romain germanique, il encourage les seigneurs à châtier sans pitié les révoltés. En effet, dans une courte brochure de
1525, intitulée Contre les bandes pillardes et meurtrières, il enjoint à ses « chers seigneurs » de « poignarder », « pourfendre » et « égorger » les rebelles paysans
(cité dans J. Lefebvre, Luther et l'autorité temporelle, 1521-1525, Paris, Aubier, 1973, p. 247-257). Ceci lui vaut de voir disparaître une grande partie du soutien
des seigneurs du Sud pour qui réforme religieuse rime avec anarchie[21].

L'anabaptisme …

Articles détaillés : Anabaptisme et Révolte de Munster.

Présents dès les débuts de la Réforme, notamment à Zurich dans l'entourage de Zwingli, ces représentants de la Réforme radicale fédèrent les mécontents.
Une de leurs branches, inspirée par la prédication de Melchior Hoffman, prône l'usage de la violence à l'encontre des non-anabaptistes, dans la perspective
d'une fin du monde très proche, à laquelle il faut se préparer. Ces disciples de Melchior Hoffman, pourchassés aux Pays-Bas, en Suisse et en Allemagne, vont
provoquer un nouvel épisode de troubles en se regroupant dans la ville allemande de Munster en Westphalie, où, de 1533 à 1535, ils tentent d'établir une
théocratie. À partir de février 1534, la ville tombe sous leur contrôle. Sous la conduite de Jean de Leyde, qui prétendait être directement inspiré par des visions
divines, la ville fut administrée sous la terreur dans un climat délirant, où la polygamie fut légalisée, Jean de Leyde se mariant lui-même avec pas moins de 16
femmes. La ville fut reprise par les armes en juin 1535 par son ancien archevêque et les meneurs mis à mort. Cet épisode de la révolte de Munster a laissé une
image déplorable de l'anabaptisme, malgré le fait que cette communauté religieuse soit dans son immense majorité engagée dans une non-violence absolue.

L'organisation de l'Église luthérienne …


Portrait de Philippe Melanchthon par Lucas Cranach l'Ancien (1543).

Face à l'agitation provoquée par les diverses tendances de la Réforme, Martin Luther s'occupe en premier lieu d'organiser la nouvelle liturgie en langue
allemande. C'est la première fois qu'un peuple peut prier d'un bout à l'autre de la cérémonie dans sa langue nationale. Cette révolution fait beaucoup pour le
développement de la langue allemande. La messe allemande repose sur la lecture du Nouveau Testament, le sermon, élément central du culte, et les chants.
Luther écrit un recueil de sermons que les pasteurs peuvent utiliser durant l'office. Ceci permet une certaine unité doctrinale. Les chants religieux, très
nombreux pendant l'office, sont un puissant ressort d'émotion[21].

Le pasteur consacre les deux espèces qui deviennent le vrai corps et le vrai sang du Christ, bien qu'il s'agisse de pain et de vin[24]. Dans la doctrine luthérienne,
il n'y a pas changement de substance mais coexistence de deux substances : c'est la consubstantiation[24]. Martin Luther admet l'ordination des pasteurs, ainsi
que le contrôle du pouvoir temporel sur le pouvoir spirituel, garant de l'orthodoxie face au pullulement des réformes et d'une morale stricte. Le prince, comme
chrétien éminent et du fait de sa mission divine, est une sorte d'évêque chargé de faire régner l'ordre dans l'Église[21]. Il porte le titre de Summus episcopus.
Cette mission particulière des princes leur permet d'augmenter leur pouvoir sur leurs sujets. Les fidèles adultes continuent à recevoir un enseignement
religieux, ainsi que les enfants pour lesquels Martin Luther écrit le Grand et le Petit catéchisme dans un langage simple et adapté. Il condamne également un
grand nombre de rites catholiques : les pèlerinages, le culte des Saints, les reliques[24]...

La réforme luthérienne partie de Saxe touche les villes libres du sud de l'Allemagne, le Brandebourg, le Brunswick et l'Anhalt. En 1529, lors de la seconde diète
de Spire, six princes et quatorze villes refusent d'appliquer les décrets impériaux revenant sur les libertés religieuses des princes et déclarent : « ...nous
protestons... », d'où le nom de protestants. En 1530, les diverses mouvances de la Réforme présentent leur confession devant la Diète réunie à Augsbourg et
l'empereur. La confession d'Augsbourg, une profession de foi luthérienne très modérée, est rédigée par Philippe Melanchthon. Celle présentée par Ulrich Zwingli
affirme que la Cène n'est qu'une commémoration. Les réformés de Strasbourg présentent une troisième confession au nom des villes alsaciennes dite
Confession tétrapolitaine. La Diète d'Augsbourg montre l'impossibilité de faire l'unité des Réformés[25] même si les Alsaciens finissent par adopter la
Confession d'Augsbourg.

L'empereur Charles Quint par Christoph Amberger, 1532.

À l'issue de la diète d'Augsbourg, Charles Quint somme les protestants de se soumettre à Rome dans un délai de sept mois. Inquiets, ces derniers constituent
en 1531 la ligue de Smalkalde. L'empereur leur accorde alors une trêve[21]. En 1536, sous l'impulsion de Martin Bucer, les protestants d'Allemagne du nord et du
sud, divisés sur le problème de la Cène, signent la Concorde de Wittemberg (1536), ce qui permet au luthéranisme d'étendre son influence en Allemagne du sud
et isole les Suisses. En 1546, lorsque les protestants refusent de reconnaître le Concile de Trente, Charles Quint lève ses troupes dans le but de réprimer le
protestantisme par les armes. Les Protestants, qui forment la Ligue, subissent une cuisante défaite à Mühlberg en Saxe en 1547. L'empereur peut aussi
imposer l'année suivante aux protestants l'Intérim d'Augsbourg qui les autorise juste à pratiquer la communion sous les deux espèces et le mariage des
prêtres[21]. Les princes protestants obtiennent alors l'appui du roi de France Henri II en échange du droit pour celui-ci d'occuper Metz, Toul, Verdun « et autres
villes de l'Empire ne parlant pas allemand »[26]. Charles Quint laisse son frère, le futur empereur Ferdinand Ier, signer la paix d'Augsbourg en 1555. Les
sécularisations déjà accomplies de biens de l'Église catholiques sont entérinées mais il est interdit à l'avenir de lui confisquer d'autres biens. Les princes et les
villes libres ont le droit de choisir leur religion mais les sujets sont obligés de professer la même religion que leur souverain ou d'émigrer, d'où l'adage : Cujus
regio, ejus religio (tel prince, telle religion). Les deux-tiers de l'Allemagne sont devenus protestants.

Après la mort de Martin Luther en 1546, c'est Philippe Mélanchthon qui devient le guide des Luthériens jusqu'à sa mort en 1560. En 1580, les théologiens
luthériens parviennent à unir les différents États luthériens autour d'un texte de confession commun. C'est le Livre de Concorde.

Le Luthéranisme hors du Saint-Empire …

La Réforme luthérienne déborde les frontières allemandes. Les échanges culturels et commerciaux entre le monde scandinave et le Saint-Empire sont très
importants. Olaf et Laurent Petersen, Olaeus et Laurentius Patri, formés à l'université de Wittemberg commencent à prêcher la Réforme en Suède en 1518. Ils
publient douze thèses qui présentent les principales idées de Luther. Le clergé catholique suédois qui possède 30 % des terres est très déconsidéré en Suède.
De ce fait la Réforme progresse sans résistance. En 1527, la diète suédoise accepte la réforme, permet la sécularisation des biens du clergé au profit de la
monarchie[27]. Le roi devient le chef suprême de l'Église. En Finlande, le clergé se réforme de lui-même.

Au Danemark, sous le règne de Frédéric Ier (1523-1533), la prédication luthérienne se développe grâce à Hans Tausen qui a fait ses études à Wittemberg et à
Paul Helgesen[28]. Les Trente-trois Articles de Copenhague posent les bases de la Réforme en 1530 même si elle n'est pas encore adoptée officiellement. Il faut
attendre 1536 pour qu’à l'instigation de Johannes Bugenhagen, Christian III fasse de la confession d'Augsbourg la profession de foi du Danemark. Le roi est le
chef de l'Église danoise. Il nomme des surintendants qui remplacent les anciens évêques. La Réforme est aussi prêchée en Islande où elle rencontre une forte
résistance et en Norvège, unie au Danemark à partir de 1539. L'université de Copenhague devient un centre de rayonnement luthérien[29].
La Réforme suisse
Article détaillé : Réforme protestante en Suisse.

Zurich en 1548.

À Zurich, Ulrich Zwingli, curé de la ville, expose le 29 janvier 1523, les 95 thèses en présence des magistrats de la ville et du vicaire général de l'évêque de
Constance, dont la ville dépend sur le plan religieux. Pour lui, baptême et cène sont des cérémonies symboliques, alors que les partisans de Martin Luther les
voient comme des sacrements, ce qui rend impossible tout accord avec les Allemands.

Le point de vue de Ulrich Zwingli l'emporte progressivement. Ulrich Zwingli obtient la sécularisation des couvents et crée en 1524 une école d'exégèse biblique.
En 1525, les magistrats de la ville interdisent la messe dans la ville. Elle est remplacée par un culte très dépouillé. Un tribunal matrimonial est créé la même
année. Ses compétences finissent par s'étendre à toute la vie morale et sociale des citoyens[21].

Le canton de Bâle passe lui aussi à la réforme en 1529 grâce à l'action de Jean Huschin, de même que Glaris, Berne, Bienne, Schaffhouse, Mulhouse et Saint-
Gall[30]. Les succès protestants divisent la Suisse en deux camps prêts à en découdre. Ulrich Zwingli voudrait créer une coalition entre les protestants suisses
et allemands. Mais, la rencontre de Marbourg, en 1529, ne permet pas une pleine communion avec ces derniers. En 1531, Ulrich Zwingli est tué et sa petite
armée est battue à Kappel, par les cantons catholiques exaspérés par le blocus économique dont ils font l'objet. En Suisse romande, la Réforme gagne d'abord
Neuchâtel puis Genève et le pays de Vaud en 1536. Après la mort de Zwingli et celle d'Œcolampade (la même année), Heinrich Bullinger encourage Zurich à
signer avec d'autres villes la Première Confession helvétique, qui est saluée par Martin Luther comme un texte plus orthodoxe, bien que non satisfaisant à ses
yeux. En 1549, après une correspondance volumineuse avec Jean Calvin (et au prix de quelques modifications doctrinales) Heinrich Bullinger parvient à se
rapprocher de l'Église de Genève, au moyen du Consensus de Zurich. Heinrich Bullinger est une personnalité célèbre de l'Europe protestante de l'époque grâce à
l'étendue de sa correspondance, à la diffusion de ses ouvrages, à l'hospitalité qu'il accorde aux persécutés (il héberge Anna Reinhart la veuve de Ulrich Zwingli
après sa mort) et à son rôle de conseiller auprès de l'anglicanisme[21]. Il rédige aussi la Confession helvétique postérieure, reconnue en 1566 par la plupart des
Églises réformées suisses, et acceptée en Écosse, en Hongrie et en Pologne.

La Réforme strasbourgeoise
Article détaillé : Protestantisme en Alsace.

Strasbourg se réforme de façon originale sous l'influence de prédicateurs locaux comme Matthieu Zell qui commente avec succès l'épître aux Romains sur le
Salut, Wolfgang Capiton, prédicateur de talent et grand érudit et Martin Bucer, passionné par l'enseignement de Luther. En 1524, des prédicateurs enseignent
l'Évangile dans les paroisses de la ville et le culte est simplifié. Il sécularise les biens des couvents. Occupant une position médiane entre Martin Luther et
Ulrich Zwingli, Martin Bucer est jugé trop proche de ce dernier par Martin Luther, au colloque de Marbourg. C'est la raison pour laquelle, en 1530, Strasbourg
présente avec les villes de Constance, Lindau et Memmingen, la Confession tétrapolitaine, à mi-chemin sur le plan eucharistique entre Martin Luther et Ulrich
Zwingli. En 1533, un synode élabore une constitution ecclésiastique qui instaure une assemblée hebdomadaire du clergé avec la participation de trois laïcs (le
convent). La discipline ecclésiastique est confiée aux laïcs ou anciens[21]. En mai 1536, Martin Bucer et les représentants de diverses Églises de la Confession
Tetrapolitaine (et d'autres, comme Augsbourg ou Bâle) signent avec Martin Luther et les Églises de Saxe, la Concorde de Wittemberg, à laquelle se ralliera
l'ensemble du protestantisme, excepté principalement Zurich[31]. Strasbourg, où Jean Calvin fait un séjour et enseigne entre 1538 et 1541, fait donc alors
double usage de la Confession tétrapolitaine et de la Confession d'Augsbourg et les autorités ne permettent pas de diffuser des enseignements contraires à
cette doctrine[32]. Toutefois, à partir de 1563, les autorités de Strasbourg ne reconnaissent plus que la Confession d'Augsbourg comme norme doctrinale.

La Réforme calviniste
Article détaillé : Calvinisme.

La pensée de Jean Calvin …

Jean Calvin, portrait de date inconnue.

Jean Calvin, originaire de Noyon en Picardie, fait des études à Paris puis à Orléans et à Bourges où il étudie le droit. Gagné à la Réforme, il doit quitter la France
à la suite de l'Affaire des Placards en 1534[33].

En 1536 parait en latin à Bâle la première version de son œuvre majeure, Institution de la religion chrétienne, sous un titre passager, Christianae religionis
institutio, totam fere pietatis summam et quicquid est in doctrina salutis cognitu necessarium complectens..., qui comprend alors 6 chapitres. Une nouvelle
version latine révisée de 19 chapitres est publiée à Strasbourg en 1539 sous un titre qui continuera à évoluer, Institutio christianae religionis nunc verè demùm
suo titulo respondens, suivie d'une autre édition de 25 chapitres immédiatement traduite en français en 1541, puis d'une quatrième et d'une cinquième version
respectivement en 1550 et 1554.

La souveraineté absolue de Dieu y est proclamée. Calvin s'efforce de voir le monde du point de vue de Dieu. En désobéissant à Dieu, l'homme est esclave du
péché. Il est rarement capable de mettre en œuvre sa volonté pour faire le bien. Continuant son raisonnement, Jean Calvin pense que la foi elle-même vient de
Dieu, c'est la prédestination.

À peine mentionnée dans l'édition de 1536, la prédestination a pris une place croissante dans les éditions suivantes, Jean Calvin se plaçant au cœur des
polémiques en soutenant que Dieu a choisi de toute éternité ceux qui seront sauvés, formule volontairement ambigüe. Suscitant une autre polémique, il
s'oppose à la doctrine de la transsubstantiation et pense que le Christ est réellement présent dans l'assemblée mais pas dans les espèces, c'est-à-dire le pain
et le vin. L'homme est une créature déchue qui doit vivre dans la crainte de Dieu, il est empli du sentiment de son imperfection et de sa nature qui le porte au
mal.

Genève, la nouvelle Jérusalem …

En 1536, le conseil de Genève qui a proscrit la messe et introduit la réforme dans la cité fait appel à Jean Calvin, à l'instigation de Guillaume Farel. Il édicte les
Quatre Articles et une Instruction et les Confessions de foi pour doter l'Église réformée de Genève d'une solide armature disciplinaire et doctrinale[21]. Mais la
rigidité que les réformateurs cherchent à imposer mécontente le peuple qui parvient à convaincre le conseil de les chasser en avril 1538. Jean Calvin réside
alors à Strasbourg où il s'occupe des réfugiés français et enseigne à la Haute école de la ville[34]. La ville de Genève le rappelle en 1541. Il y reste jusqu'à sa
mort en 1564.

Il fonde l'Académie de Genève dans le but de former les futurs prédicateurs nécessaire à l'instruction religieuse de la population en 1559[35].

Jean Calvin est partisan de la Cène hebdomadaire, mais, en raison de « l'infirmité du peuple »[36], il consent à ne la célébrer que 4 fois par an : Noël, Pâques,
Pentecôte et le premier dimanche de septembre. Il élabore une liturgie, la Forme des prières et chants ecclésiastiques, dont beaucoup d'éléments sont
empruntés au rituel de Strasbourg[21]. Les services consistent en sermon, chants et psaumes[37]. Il rédige aussi un catéchisme, expliquant la doctrine sans
grande pédagogie.

Michel Servet, portrait de date inconnue.

Jean Calvin joue un rôle important dans les controverses religieuses. Il combat les anabaptistes. Il fait arrêter le théologien et médecin espagnol Michel Servet,
réfugié à Genève parce qu'il avait écrit contre la trinité. Ce dernier est brûlé vif en 1553. Le procès de Michel Servet entraine un débat avec Sébastien Castellion
qui milite pour la tolérance religieuse[37]. Jean Calvin polémique aussi avec ceux qui contestent la prédestination. La forte pression morale que Jean Calvin
exerce sur la cité avec l'aide principalement des réfugiés français se heurte au mécontentement populaire et aux représentants des grandes familles
genevoises. Genève acquiert la réputation d'une nouvelle Jérusalem où l'identification de la cité avec la religion est complète auprès des protestants
persécutés dans les pays catholiques. Elle attire des exilés de toute l'Europe. De 1540 à 1564, près de mille nouveaux bourgeois y sont admis. Le rayonnement
européen de la ville est dû à Jean Calvin qui entretient une correspondance avec des personnes de presque tous les pays d'Europe par souci d'unité
protestante. Il tient aussi à la réputation de l'Académie fondée en 1559. Cette école accueille très vite des étudiants de tout le continent. Elle forme
essentiellement des pasteurs, mais aussi des juristes et une partie de l'élite réformée européenne[21]. Après la mort de Jean Calvin en 1564, c'est Théodore de
Bèze qui anime la Réforme dans la ville. Une autre contemporaine de Jean Calvin, Marie Dentière joue un rôle important à Genève et publie notamment un
documentaire sur les épisodes genevois[38] La guerre et deslivrance de la ville de Genesve (1536)[39].

La Réforme calviniste en dehors de Genève …

France …

Le temple Saint-Étienne de Mulhouse, plus haut monument protestant de France

La République de Mulhouse adopte le calvinisme (le courant réformé) comme unique religion officielle en 1529. Le statut de république indépendante enclavée
dans le Royaume de France va lui permettre d'échapper aux guerres de religion et de tisser des liens particuliers avec les autres communautés et États
réformés d'Europe et du Nouveau Monde. En 1746, cette ouverture internationale et ce contexte politique favorable entraîne l'industrialisation de la ville dont la
e
production manufacturée d'indiennes dépassera à partir du  siècle celle de l'ensemble du reste de la France. En 1798, les Mulhousiens votent leur
rattachement à la France, il se forme alors un patronat protestant puissant disposant désormais d'une main d'œuvre bon marché et d'un libre accès au marché
français. En 1812, la filature dite « vieux-DMC » est construite. Elle est aujourd'hui le dernier vestige des filatures géantes européennes encore debout. Le
patronat protestant dote la ville d'un riche patrimoine et se fait bâtir des manoirs et villas de maître sur la colline du Rebberg. En 1816, la démographie a changé
et Alexandre Moll devint le premier catholique élu maire de Mulhouse. Les familles protestantes continueront toutefois à dominer la politique de la ville jusqu'à
l'annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871. Entre 1859 et 1866 eut lieu la construction du temple Saint-Étienne de Mulhouse à la place de l'ancien temple médiéval,
chef-d'œuvre architectural, il est encore aujourd'hui le plus haut monument protestant de France avec sa flèche haute de 97 mètres.

Le reste de la France est également touché par la réforme protestante. Dès 1520, les idées protestantes se développent. Le protestantisme apparaît dans la
vallée de la Dordogne dans les années 1530[40]. Lors du synode de Chanforan de 1536, Guillaume Farel et les vaudois, ralliés, obtiennent un budget pour
imprimer la bible en langue vulgaire. À partir de 1540, la littérature protestante de plus en plus abondante s'accompagne d'une transmission orale. Elle se
répand surtout après la publication en français de l'institution chrétienne en 1541. Jean Calvin, de Genève, prend en charge l'organisation religieuse et unifie les
protestants de France. À partir de 1555, les groupes se structurent en assemblées dirigées par un consistoire[41]. Calvin envoya des dizaines de missionnaires
pour aider à cette nouvelle organisation. En 1560, on en compte une quarantaine. Leur succès est très grand et fin 1561, il y a plus de six cent soixante-dix
Églises réformées dans le royaume. On estime qu'à ce moment plus du quart de la population du royaume est devenu protestant mais essentiellement de
confession réformée.

Le premier synode national des Églises réformées de France se tient à Paris en 1559. Deux textes importants sont rédigés, La confession de foi qui présente la
prédestination[note 1] et La discipline ecclésiastique.

Le second texte organise l'Église « selon le modèle strasbourgeois et genevois »[42]. Le pouvoir « appartient à la base, à l'église locale, sans primauté aucune »,
prévoyant juste un colloque biannuel réunissant les délégués de 10 à 15 paroisses, un synode provincial annuel et un synode national, annuel aussi, mais en fait
peu réuni. « Le pasteur se voit confier la fonction de prêcher, de distribuer les deux sacrements évangéliques du baptême et de la cène, de représenter sa
communauté aux assemblées. Cependant, il doit être élu, c'est-à-dire accepté par l'ensemble des fidèles, qui peut le récuser en certains cas ». L'objectif du
synode de 1559 est de donner aux Protestants français une doctrine alors que le conflit avec les catholiques se durcit. La confession de foi est appelée à partir
de 1571 Confession de La Rochelle, au cours d'un synode où certaines des thèses de Calvin ne sont pas acceptées.

Le protestantisme français est combattu par François Ier et son fils Henri II. La répression menée par François Ier est limitée et sporadique. Mais celle d'Henri II
est plus ferme. L'édit de Compiègne du 27 juillet 1557 demande d'abattre sans jugement tout protestant en fuite ou révolté. En 1559, les lettres d'Ecouen
donnent mission à certains notables de se rendre en province pour réprimer l'hérésie. Ceux qui refusent comme Anne de Bourg sont exécutés[41]. Ceci
n'empêche pas la Réforme de continuer à se développer. Après la mort inopinée d'Henri II, la tentative de conciliation menée par le nouveau chancelier Michel
de L'Hospital et la régente Catherine de Médicis est un échec. En 1561, les Réformés et les catholiques confrontent en vain leurs idées lors du colloque de
Poissy. L'Édit de janvier 1562 qui permet l'existence du culte réformé[43] déchaine des ambitions partisanes et les passions, à l'origine du déclenchement des
guerres de Religion en 1562[21].

Allemagne et Pays-Bas …

En Allemagne, l'électeur Palatin, adhère au calvinisme (au courant réformé) et fait éditer en 1563, le catéchisme d'Heidelberg repris par la plupart des églises
calvinistes[44]. Nassau, Brême, Anhalt, Hesse-Cassel, Hesse-Darmstadt, Schleswig et Deux-Ponts deviennent à leur tour calvinistes entre 1576 et 1600[10]. Les
Pays-Bas – qui englobent, à l'époque, la Hollande, la Zélande, la Belgique et une partie de nord de la France – sont pénétrés très tôt par la réforme luthérienne
malgré la sévère répression de Charles Quint. Mais c'est surtout le calvinisme qui s'impose dans la population et une partie de la noblesse. Un synode
clandestin a lieu à Anvers en 1561 sous la direction de Guy de Brès. Il dote les Pays-Bas d'une confession de foi. Dans le même temps, les habitants affrontent
Philippe II, roi d'Espagne et fils de Charles Quint, qui veut établir l'absolutisme aux dépens des vieilles franchises et libertés remontant aux ducs de Brabant et à
leurs successeurs, les ducs de Bourgogne. En lutte contre les vieilles chartes, Philippe II veut supprimer le principe de liberté qui les imprègne et, ainsi, mieux
lutter contre le protestantisme. Devant la persécution royale, les calvinistes se soulèvent durant l'été 1566. Ils pillent et détruisent les églises. La répression est
féroce. Les calvinistes rescapés s'enfuient et fondent à l'étranger des Églises du Refuge qui s'organisent en 1572 sur le principe des institutions presbytéro-
synodales[45]. Une partie de la noblesse incline vers les protestants, mais la majorité reste catholique. Ceux que les partisans de Philippe II avaient appelé les
gueux pétitionnent en faveur de la tolérance. C'est le Compromis des Nobles présenté à Bruxelles à la gouvernante Marguerite de Parme, fille naturelle de
Charles Quint et représentant le roi d'Espagne. Rejetés par le pouvoir, les « gueux » organisent la résistance sous la direction de Guillaume Ier d'Orange Nassau
dit Guillaume le Taciturne, catholique d'origine, puis converti au calvinisme. Guillaume s'alliera par le mariage à la noblesse française de confession protestante,
les Châtillon-Coligny, de la famille du chef français du parti protestant, l'amiral Gaspard Coligny[46] et parviendra à prendre le contrôle de la Hollande et de la
Zélande, y instaurant la liberté religieuse[47]. Sous les fils de Guillaume d'Orange, la lutte continuera et, après une Guerre de Quatre-Vingts Ans, la création des
e
Provinces-Unies au  siècle, sera proclamée, les territoires du sud des Pays-Bas (actuels Belgique et Nord de la France) étant retombés sous la souveraineté
espagnole, la religion catholique y est seule autorisée.

Écosse …

Article détaillé : Réforme écossaise.

John Knox.

La Réforme touche aussi l'Écosse où elle rassemble les opposants à la dynastie des Stuart, très liée à la religion catholique. En 1557, les Réformés s'unissent
dans un Convenant, un serment typiquement écossais pour défendre une cause et rester uni jusqu'à la mort[48]. Après la mort de Marie de Guise, régente pour
sa fille Marie Stuart, le parlement écossais adopte la Confession écossaise. Ce texte présenté par John Knox est d'inspiration calviniste, ayant étudié avec lui à
Genève. Les statuts votés par le parlement établissent un système presbytéro-synodal. Chaque église locale est gérée par un collège composé du ministre
(pasteur), des anciens et des diacres. Chaque église envoie des représentants aux synodes provinciaux. À la tête de l'Église dite presbytérienne se trouve
l'Assemblée générale des Églises composée de délégués des synodes provinciaux[49]. À cette époque la plus grande partie de la noblesse écossaise et une
bonne partie de la population sont devenus protestantes. Le mariage de la reine Marie Stuart, restée catholique, avec Lord Darnley, de même confession,
provoque une rébellion des régions protestantes en 1565[50]. Marie finit par abdiquer en 1568. Son fils Jacques VI s'oriente nettement vers le protestantisme et
tend vers l'établissement d'une Église de type anglicane[51] qui devient l'Église d'Écosse.

Europe centrale …

La propagation de la Réforme en Europe centrale (Pologne, Hongrie, Bohême, Transylvanie) repose sur un fort soutien dans la noblesse régionale. La théologie
de Jean Calvin s'impose la plupart du temps dans les paroisses nouvellement créées. En Pologne, la diète du royaume (Sejm) garantit en 1572 le libre exercice
des religions protestante, catholique romaine et orthodoxe[52].

L'iconoclasme protestant
e
Au  siècle, plusieurs chefs religieux protestants (principalement Ulrich Zwingli à Zurich et Jean Calvin à Genève) incitèrent à la destruction des images
religieuses, des icônes et des crucifix, dont la vénération était assimilée par eux à une adoration idolâtrique et relevait donc du paganisme[53]. Les objets
concernés étaient les portraits de saints et de saintes, les statues, mais aussi les reliques et les retables.

La Réforme anglicane
Article détaillé : Réforme anglaise.

Henri VIII par Hans Holbein le Jeune, 1536 environ.

Au début de la Réforme, Henri VIII prend position pour les idées luthériennes. Le souverain anglais veut divorcer de son épouse Catherine d'Aragon dont il n'a
qu'une fille après 18 ans de mariage. Le pape refuse le divorce. Le roi se proclame donc le chef suprême de l'Église anglaise dont il est le gouverneur suprême.
Thomas More et l'évêque de Rochester qui refusent de reconnaître le roi comme chef suprême de l'Église anglaise sont exécutés. Paul III excommunie le roi,
jette l'Interdit sur le royaume et prêche la croisade contre le roi bigame à ses yeux[54]. En 1536, Henri VIII réprime un soulèvement catholique contre lui. En
même temps les protestants lui reprochent de ne pas aller assez loin et de ne pas faire une réforme du dogme. En 1539, les Six Articles, votés par le Parlement,
maintiennent une stricte orthodoxie, transsubstantiation, communion sous une seule espèce, célibat et chasteté des prêtres.

Sous le règne d'Édouard VI (1547-1553), l'Église d'Angleterre s'oriente sensiblement vers la Réforme. Les injonctions royales, édictés en juillet 1547 sous
l'impulsion d'Édouard Seymour, 1er duc de Somerset, et chef du conseil de régence, abolissent les six articles, interdisent les processions, autorisent la
communion sous les deux espèces et ordonne la lecture des textes saints en anglais[55]. En 1549, John Dudley, duc de Northumberland remplace Somerset à la
tête du conseil de régence. Il accueille les réfugiés strasbourgeois chassés par la victoire de Charles Quint sur les protestants allemands. Ils apportent aux
réformés anglais leur expérience et leurs connaissances. Sous leur impulsion, les protestants anglais parviennent à faire adopter par le Parlement le Book of
Common Prayer qui devient obligatoire dans tout le royaume par l’Act of Uniformity (15 janvier 1549). En 1552, le nouveau Prayer Book est nettement plus
protestant, l’Act of Uniformity qui l'accompagne accentue les sanctions contre les prêtres qui n'utilisent pas le Prayer Book et prévoit des amendes pour ceux qui
ne se rendent pas à l'office du dimanche. Enfin, en avril 1553, les Quarante-deux articles précisent la doctrine anglicane : le prêtre devient un simple ministre de
la parole, il célèbre l'eucharistie sans référence à la transsubstantiation, le culte des Saints, la croyance au Purgatoire, les pèlerinages, les reliques sont rejetés ;
la doctrine sur la justification par la foi et la prédestination est d'inspiration calviniste[56].

Après la mort d'Édouard VI, sa sœur aînée Marie, restée catholique, devient reine (1553). Elle obtient d'un parlement recruté avec soin l'abolition de toutes les
lois antérieures. Elle gouverne avec le cardinal Pole et fait arrêter les prélats qui sont des protestants convaincus. L'annonce de son mariage avec Philippe, le
fils de Charles Quint déclenche une révolte dans le Kent, réprimée durement. La religion catholique est partout restaurée et les hérétiques poursuivis. Marie
meurt le 17 novembre 1558.

Élisabeth Ire peinture par Nicholas Hilliard, 1575.

Lorsque Élisabeth Ire, demi-sœur de Marie arrive au pouvoir en 1558, le clergé anglais est entièrement catholique. En 1559, un nouvel Act of Supremacy lui
donne le titre de chef suprême de l'Église anglaise (Supreme Head) ; le Book of Common Prayer est rétabli dans tout le royaume. Le clergé doit se soumettre ou
démissionner. Élisabeth Ire consolide les institutions de l'Église anglicane en leur donnant une confession, les Trente-neuf articles, en 1571.

Contre-réforme catholique
Pour remédier à son problème de réforme, le catholicisme a mis en œuvre tout ce qu'il pouvait. Il fallait absolument que la propagation du protestantisme soit
arrêtée. Le concile de Trente et la Compagnie de Jésus sont deux exemples de ces moyens mis en œuvre pour stopper la réforme.

Concile de Trente …

(assimilable à 1545-1563)

Le redressement interne est surtout l'œuvre du concile de Trente convoqué par le pape Paul III à la demande de Charles Quint pour faire face à la réforme
protestante. Le concile s'ouvre en 1545. Quant à Charles Quint, il souhaite faire du concile une sorte de vaste forum où protestants et catholiques discuteraient
librement, ce dont le pape ne veut pas. Le concile de Trente répondait aux propos des protestants et réaffirmait plus exactement qu'au départ les doctrines
voulues par Rome. Le catholicisme s'appuyait beaucoup sur la tradition comme autorité englobant la Bible. Les réformateurs ne jugeaient pas le passé, les
pères de l'Église ou certains conciles avec mépris, mais affirmaient qu'il y avait là des contradictions nombreuses et des superstitions populaires qui
déformaient le message de l'Évangile ce qui nécessitait un retour complet à la Bible, seul livre inspiré et infaillible pour eux.

Le concile de Trente (en Italie) réaffirma l'autorité des papes, du clergé sur les laïcs, de la Tradition, des conciles, les mérites dans le salut, le purgatoire, les
prières pour les morts, le sacrifice de la messe et l'intercession de Marie et des saints. Le catholicisme gardait toujours ses sept sacrements. Le concile de
Trente permit d'arrêter l'expansion et même de reconquérir des endroits déjà perdus. Ce concile consacra la rupture de la chrétienté occidentale en deux : le
catholicisme et le protestantisme. Le concile de Trente ne fut cependant pas la seule opération destinée à enrayer le protestantisme.

Les Jésuites …

Même si le concile de Trente a beaucoup aidé à la reconquête des pays écartés, la compagnie de Jésus a amplement aidé ce travail. Leur fondateur est Ignace
de Loyola (1491-1556). C'est en 1534 qu'il créa son ordre, voulant militer et être soumis au pape. Dans cet ordre existe une discipline semblable à celle de
l'armée. Tous les membres devaient obéir au supérieur, appelé « général ». La Compagnie se soumettait donc aux ordres du pape pour sauver le catholicisme.
Les Jésuites se consacraient surtout à la prédication et à l'enseignement. Ils n'hésitaient pas à aller partout dans le monde pour convertir les protestants. En
1556, les Jésuites se comptaient par milliers. Vingt ans plus tard, ils étaient 5 000, en Amérique latine, en Asie ou en Nouvelle-France. Les Jésuites ont finalisé
e e
l'arrêt de l'expansion du protestantisme. Après ce concile, les conflits qui avaient caractérisé le  siècle et le début du prirent une nouvelle dimension, une
dimension religieuse.

Conséquence immédiate : les guerres de religion


e
Le  siècle commença dans la violence et dans le sang avec les conflits entre la France et l'Espagne pour la domination de l'Italie. Les principaux
protagonistes furent François Ier et Charles Quint. En 1529 la « paix des Dames » marquera la fin de la septième guerre d'Italie. Des considérations religieuses
s'ajouteront à ces conflits dynastiques surtout après le concile de Trente et le début de la Contre-Réforme. Les guerres de religion ont été d'une ampleur
incomparable, d'une extrême violence. Ces affrontements ont fait le tour de la carte de l'Europe que ce soit en Allemagne, en France ou aux Pays-Bas.

Répartition du phénomène …

L'unité chrétienne n'étant plus qu'une utopie, des conflits d'une grande ampleur se préparèrent : nommés à tort ou à raison « guerres de religion » (on parlait à
l'époque de « troubles »), la dimension religieuse étant variable selon les époques, les lieux et encore plus selon les individus. En France, aux Pays-Bas et en
Allemagne les répressions sociales et religieuses étant sévères, des guerres civiles éclatèrent, puis avec les prises de position des princes et des magistrats,
elles devinrent des « guerres de religion ». L'empereur Charles Quint combattit l'hérésie avec son armée. Les luthériens, pour se défendre, établirent la Ligue de
Smalkade.

Après cette guerre, la paix d'Augsbourg (1555) permit aux princes de choisir eux-mêmes la religion de leurs sujets, selon le principe Cujus regio, ejus religio (tel
prince, telle religion).

La France quant à elle, entra en convulsion un peu après l'Allemagne. Pendant 36 ans (1562-1598) les guerres de religion ne cessèrent pratiquement pas. C'est
pendant ces guerres que les Provinces-Unies furent créées. En effet, une révolte où se mélangeaient sentiment national, intérêts commerciaux et religieux
éclata en 1566. Cette révolte, dont l'origine est lointaine, confronta les partisans des réformes calvinistes aux partisans de l'hégémonie espagnole et
catholique. Dans les coulisses, plusieurs alliances s'étaient formées. Parfois, ces alliances étaient contre nature : François Ier, tout en réprimant les réformés
français soutiendra les princes allemands pour gêner Charles Quint, de même, il fera alliance avec les Ottomans contre ce même Charles Quint. La papauté
tergiversera entre la France et l'Espagne pour contrer la Réforme, du côté protestant Maurice de Saxe combattra au côté de Charles Quint contre d'autres
princes protestants avant de faire volte-face et de le défaire à Innsbruck en 1552. Tous ces conflits contribuèrent au déclenchement de la guerre de Trente Ans.

Guerre de Trente Ans …

Situation religieuse de l'Europe centrale en 1618, à la veille de la guerre de Trente Ans.


La guerre de Trente Ans commença en Allemagne en 1618 et dura jusqu'en 1648. Cette guerre débuta par une révolte des Tchèques protestants à cause de
l'archevêque de Prague qui avait interdit le culte réformé dans la ville d'où il détenait son pouvoir. Richelieu essaya d'arrêter la guerre, mais n'y parvint pas
entièrement. L'Allemagne était complètement ravagée par cette guerre qui fut la plus meurtrière de ce temps. La fin de cette guerre fut établie par la paix de
Westphalie (1648). Celle-ci affirma de nouveau le droit des princes d'imposer leur religion à leurs sujets.

Conséquences plus lointaines

Nouvelle vision du monde …

Émile G. Léonard a parlé de Calvin comme étant le fondateur d'une nouvelle civilisation, c'est probablement vrai à bien des égards mais il ne faut pas attribuer
e
l'œuvre de la Réforme du  siècle à une seule personne ni dissocier ce mouvement de tout ce qui le préparait dans la société médiévale, des mouvements
qui s'épanouirent ou s'affrontèrent lors de la Renaissance. Une chose est certaine : l'évolution des sociétés ayant adhéré à la Réforme présente de nombreux
e
contrastes par rapport au reste de l'Europe, la France qui en fut considérablement influencée au  siècle représente ainsi un destin particulier.

Désenchantement du monde et alphabétisation …

Dans leur lutte contre les superstitions de Rome et les dérives de la spiritualité anabaptiste, le luthéranisme et le calvinisme contribueront à ce que le
sociologue allemand Max Weber appellera plus tard "le désenchantement du monde". En effet, dans ces deux traditions théologiques et particulièrement dans
le calvinisme, cela n'est pas le diable, les êtres célestes ou le miraculeux qui sont omniprésents, mais Dieu. Pour le chrétien, Dieu est souverain et il a révélé sa
volonté dans l'Écriture : (les 66 livres qui composent la Bible). Un Dieu tout-puissant contribue à rassurer le croyant face au surnaturel, aux peurs
moyenâgeuses en tout genre : enchantements, possessions, sortilèges… Dieu, ses attributs, sa volonté et ses commandements sont connus par l'Écriture, par
l'emploi de moyens ordinaires (la lecture, la réflexion), d'où l'usage de la raison. Dieu ne se révèle pas par des songes, des visions, des transes, des convulsions,
ou par des êtres bénéficiant de révélations ou pouvoirs surnaturels (prêtres, saints, astrologues), mais par le texte biblique. La mesure d'un homme dans la
spiritualité protestante réside dans sa compréhension, sa capacité à expliquer et son obéissance à l'Écriture. Le capitalisme sera plutôt le signe d'un
affaiblissement de cette piété, d'où l'apparition de mouvements de réveil avec des leaders comme John Wesley ou Charles Finney qui insisteront beaucoup sur
la sanctification, le renoncement à soi et la charité.

Liberté de conscience …

Article connexe : Liberté de conscience.

À Worms, en 1521, Luther déclara : « Ma conscience est prisonnière des paroles de Dieu. Je ne veux ni ne puis me rétracter. Agir contre sa conscience est
grave ; ce n'est ni sûr ni honnête. » Par cette déclaration, la conscience individuelle se révèle plus importante que le jugement d'un autre (le pape), et même d'un
ensemble (le concile). Ce primat de la conscience individuelle est devenu pour une bonne part un acquis de l'homme moderne, même si grâce aux sciences
humaines et aux enseignements de l'histoire, on en mesure mieux les limites du fait de différents types de pressions auxquelles on peut être soumis. Au début
de la Réforme, dans les pays germaniques, le principe cujus regio, ejus religio (à chaque pays sa religion), a singulièrement réduit la liberté individuelle. La
Révolution française a finalement entériné le principe de liberté de conscience, contenu notamment dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de
1789 (article 10 : « Nul de doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses... » [57].

Notes et références

Notes …

1. Le texte précise que le salut revient à ceux que Dieu a élus « par sa seule bonté et miséricorde en JCNS (Jésus Christ notre sauveur), sans considération de
leurs œuvres, laissant les autres en icelle, corruption et damnation pour démontrer en eux sa Justice comme ès prmemiers il fait luire les richesses de sa
miséricorde »

Références …

1. Paul Faure, La Renaissance, PUF, 1986, p. 108 14. Martin Luther, Œuvres
2. Péronnet 1981, p. 129 15. Daniel Olivier, Alain Patin, Luther et la Réforme, tout simplement, Les
3. Péronnet 1981, p. 130 éditions de l'Atelier, p. 26

4. Péronnet 1981, p. 131 16. Pour approfondir, voir l'article « Bible de Luther », Justification (théologie) et
Déclaration commune sur la justification par la foi
5. Péronnet 1981, p. 132
17. Le pape Jules II avait déjà procédé à la vente d'indulgences pour financer la
6. Péronnet 1981, p. 133
construction de Saint-Pierre de Rome
7. Paul Faure, p. 109
18. Péronnet 1981, p. 138
8. Éric Deheunynck, article de Liens protestants (mars 2007) : article
19. Marin Luther, De Babylonia captivia, 1520
9. Paul Faure, p. 110
20. Martin Luther, De la liberté chrétienne, 1520
10. Péronnet 1981, p. 270
21. Bernard Vogler, Article Réforme, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007
11. Péronnet 1981, p. 134
22. Péronnet 1981, p. 139
12. Péronnet 1981, p. 135
23. Péronnet 1981, p. 141
13. Péronnet 1981, p. 137
Histoire de Madagascar
les premier ministre pendant la première republique jusqu à nos jours

Madagascar

Carte de l'expansion des austronésiens.

Cet article résume les faits saillants de l'histoire de Madagascar. Madagascar est un pays
situé dans la partie occidentale de l'océan Indien, au sud-est de l'Afrique, et fait partie du
continent africain et de l'Union africaine. La population de Madagascar est principalement
un confluent de populations africaines noires austronésiennes et arabes[1], avec la
présence ancienne possible de populations khoïsan.

Protohistoire et peuplement (vers - 2 000 à 1 500)

Représentation d'un Waka, « canoë à balancier » austronésien, qui a donné en malgache le mot vahoaka – le
« peuple », du proto-austronésien *va-waka – « peuple des canoës »/«peuple de la mer » : les premiers Vahoaka
Ntaolo austronésiens ont probablement utilisé de semblables embarcations pour parvenir jusqu'à Madagascar en
partant des îles de la Sonde.

Il existe différentes théories sur la séquence de l'établissement humain de l'île et la


question reste sujette à débat scientifique. Ces théories ont été influencées par le racisme
scientifique selon lesquelles les populations noires africaines ne possédaient pas la
capacité de naviguer sur l'île, auquel cas elles seraient arrivées tardivement en tant que
population esclave. Cependant, nous savons aujourd'hui que les populations de la côte
indienne africaine avaient une connaissance suffisante de la navigation à des dates
similaires[2] ou antérieures à l'arrivée des peuples austronésiens.

Les Vazimba et les Mikea …

Les traditions malgaches d'origine ancienne stipulent que les Vazimbas, un groupe
ethnique aux caractéristiques africaines noires seraient les premiers habitants de l'île, une
population de chasseurs et cueilleurs avec des caractéristiques culturelles et physiques
similaires aux Hadzabe de Tanzanie.

L'origine austronésienne des Vahoaka Ntaolo (vers - 2 000 à - 700) …

Vaγimba - "ceux de la forêt" en proto-barito du Sud-Est (ancienne langue austronésienne dont la branche moderne
dite "barito oriental" regroupe le malgache et des langues parlée par des peuples Dayaks du bord du fleuve Barito à
Bornéo (Kalimantan du Sud) : ma'anyan, dusun deyah, dusun malang, dusun witu et paku) (Photo Wikicommons :
Dayak de Borneo

Plusieurs découvertes récentes permettent d'envisager une première présence de l'homme


à Madagascar il y a plus de 10 000 ans, mais par des preuves ces populations doivent être
de type koisánides. De nombreuses recherches pluridisciplinaires récentes
— archéologiques[3], génétiques[4], linguistiques[5] et historiques[6] — indiquent toutes
cependant qu'une partie du peuplement malgache est d'origine austronésienne, venu plus
précisément de l'archipel indonésien[7] et une autre partie est africaine noire :

Selon des études génétiques récentes "les populations Malgaches montrent un mélange
génétique d'environ 68% d'ascendance Africaine et 32% d'ascendance Asiatique"[8].
Génétiquement, un vieux « motif polynésien » (ADN mitochondrial/haplogroupe B/sous-
groupe B4a1a1a2) commun et unique au monde a été décelé au sein de différentes
ethnies malgaches distantes géographiquement et endogames historiquement tels que
les Vezo et les Andriana Merina (cette altération du « motif polynésien » d'origine,
commune et propre aux Malgaches, a été baptisée « motif malgache » par les
chercheurs en génétique)[9],
linguistiquement, le lexique du malagasy est composé de 90 % de vocabulaire
austronésien,
sur le plan morphologique, enfin, cette origine partiel Sud-Est asiatique des Malgaches
explique les caractéristiques xanthodermes communes à la majorité de la population de
l'île, déjà décelées en 1940 par le professeur Nirinjanahary[10], de même que le pli
épicanthique asiatique de la paupière supérieure (les yeux bridés) répandu chez tous les
Malgaches qu'ils soient des côtes ou des hauts plateaux, qu'ils aient la peau claire,
sombre ou cuivrée.

Arrivés probablement sur la côte Ouest ou Nord-Ouest de Madagascar en canoë à


balancier (waka) 2000 ans av. J.-C. — selon les archéologues[11] et peut-être encore plus tôt
selon les généticiens[12] —, ces pionniers navigateurs austronésiens sont connus de la
tradition orale malgache sous le nom des Ntaolo (de *tau - ulu - « les hommes premiers »,
« les anciens », de *tau-hommes et ulu- tête, premier, origine, début en proto-Malayo-
Polynésien (MP)[13]). Il est également probable que ces anciens se nommaient eux-mêmes
les Vahoaka (de *va-waka« peuple/ceux des canoës » ou « peuple de la mer » ( waka est le
« canoë (à balancier) » en Proto-Polynesian language  ), terme signifiant simplement
(en)

aujourd'hui le « peuple » en malgache.

Vézos -"Ceux des côtes" en proto-malayo javanais (Photo Wikicommons : Arman Manookian - 'Hommes sur pirogue
à balancier en direction de la côte', huile sur canevas, c. 1929)

Ce peuple originel austronésien que l'on peut appeler les protomalgaches (du grec protos -
premier) est à l'origine :

de la langue malgache commune à toute l'île : une langue issue du proto-austronésien,


appartenant à la branche proto-malayo-polynésienne (proto-MP) et à la sous-branche
proto-Sud-Est barito (proto-SEB) qui partage ces mêmes bases anciennes communes
avec les langues dayak actuelles du groupe barito de Bornéo Sud telles que le ma'anyan,
dusun deyah, dusun malang, dusun witu et paku actuels[14]
de tout le fonds culturel malgache commun à tous les austronésiens, en allant jusqu'à la
Nouvelle-Zélande : coutumes anciennes (comme celle d'ensevelir les défunts dans une
pirogue au fond de la mer ou d'un lac), agriculture ancienne (la culture du taro-saonjo, de
la banane, de la noix de coco et de la canne à sucre), l'architecture traditionnelle (maison
végétale à base carrée sur pilotis), la musique (les instruments comme la conque marine
antsiva, le tambour de cérémonie hazolahy, le xylophone atranatrana, la flûte sodina ou
encore la valiha) et la danse (notamment la "danse des oiseaux" que l'on retrouve à la
fois au centre et dans le Sud)[note 1].

Au tout début du peuplement, appelé « période paléomalgache », les Ntaolo se


subdivisèrent, selon leurs choix de subsistance en deux grands groupes : les Vazimbas (de
*ba/va-yimba-"ceux de la forêt", de *yimba-"forêt" en proto Sud-Est barito, aujourd'hui
barimba ou orang rimba en malais[15]) qui s'installèrent — comme leur nom l'indique — dans
les forêts de l'intérieur et les Vezo (de *ba/va/be/ve-jau, « ceux de la côte » en proto-
malayo-javanais, aujourd'hui veju en bugis et bejau en malais, bajo en javanais[16]) qui
restèrent sur la côte Ouest.

Le qualificatif Vazimba désignait donc à l'origine les Ntaolo, chasseurs - cueilleurs, qui
décidèrent de s'établir "dans la forêt", notamment dans les forêts des hauts plateaux
centraux de la grande île et celles de la côte Est et Sud-Est[note 2], tandis que les Vezo
étaient les Ntaolo, pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l'Ouest et du Sud (probablement
les côtes du premier débarquement)[17].

Quant à la cause de la venue de ces austronésiens, l’histoire de l'océan Indien du début du


premier millénaire de notre ère est encore très mal connue. On peut seulement supposer
que l’île de Madagascar joua un rôle important dans le commerce, notamment celui des
épices et du bois rare, entre l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient, directement ou via les
côtes africaines.

Village austronésien avec levu sur pilotis (de *levu-« maisons » en proto-austronésien qui a donné en malgache an-
devu -« à la maison ») : tous les villages des ntaolo vazimba et vezo de Madagascar étaient probablement similaires
au premier millénaire. On retrouve d'ailleurs encore ce modèle aujourd'hui sur toutes les côtes de la grande île et
dans les zones intérieures reculées (forêts, etc.)
Un point fait encore débat parmi la communauté des chercheurs : le mot vazimba étant un
qualificatif austronésien désignant les « habitants de la forêt » d'une manière générale (y
compris les Austronésiens eux-mêmes, qui s'installèrent dans les forêts), il n'est pas à
exclure que d'autres hominidés vazimba aborigènes aient habité dans les forêts de
Madagascar des dizaines — voire des centaines — de milliers d'années avant l'arrivée des
vazimba austronésiens. Quelques-uns existaient peut-être encore à l'arrivée des vahoaka
ntaolo austronésiens, au Ier millénaire avant notre ère. Ceci pourrait expliquer le mythe des
« petits hommes/nains primaires de la forêt » que les vahoaka ntaolo austronésiens
— ancêtres de la majorité des Malgaches actuels — auraient rencontrés et assimilés à leur
arrivée (ou peut-être décimés). Les preuves irréfutables sous-tendant ce mythe manquent
encore. Seules l'archéologie et la génétique pourront les apporter. Il n'est, enfin, pas à
exclure non plus que le mythe des « vazimba-petits hommes/nains » ait été amené par les
Austronésiens à partir des îles de la Sonde où ils habitaient auparavant, auquel cas ce
mythe pourrait effectivement concerner des hominidés de type Florès ou Negrito (orang
asli en malais). Ces derniers, de petite taille, ont en effet habité les forêts des îles de la
Sonde bien avant l'arrivée des Austronésiens, et y sont considérés comme étant les
peuples aborigènes. On sait, par exemple, que le mythe de l'ogre « Trimo be - mangeur
d'enfant » est un conte amené par les Austronésiens qui parle en fait du tigre (de *(t)rimu,
« tigre » en proto-MP), habitant les forêts des îles de la Sonde. Le mythe des « petits nains
vazimba » pourrait avoir subi un voyage similaire.

Les immigrations de la fin du premier millénaire et du début du second (de


-700 à 1500)

Dès le milieu du premier millénaire jusqu'à 1500 environ, les Vazimba de l'intérieur autant
que les Vezo des côtes accueillirent de nouveaux clans immigrants, connus en malgache
par les noms d'origine austronésienne Vahiny ou Vazahas (*va-hiny "les visiteurs", *va-zaha-
"ceux qui visitent/cherchent") : moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Omanites, Juifs
originaux), est-africains (Bantous) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis)
qui s'intégrèrent et s'acculturèrent à la société Vézo et Vazimba.
Le taro (saonjo) qui est, selon un très vieux proverbe malgache, "l'ainé du riz" (Ny saonjo zokin'ny vary) constitue la
base alimentaire de tous les Austronésiens, notamment des anciens Ntaolo Vazimba et Vezo

Le commerce des esclaves par les Malayo-javanais, les Perses Shirazi et les Arabes Omani
à la fin du premier millénaire fut sans doute une des causes de ces nouvelles immigrations.
On trouve en effet, d’une part, mention de la présence d’esclaves africains (zenj ou zandj)
e
offerts par des Javanais à la cour de Chine au début du  siècle, et de l’autre, Madagascar
même commença à connaître une africanisation de sa population. Cette présence africaine
e
dans l’île ne semble cependant devenir massive qu’à partir du  siècle, sous l’impulsion du
commerce musulman arabo-perse.

La flûte suling indonésienne, cousine de la sodina

Avec l’arrivée de l'islam, en effet, les commerçants perses et arabes supplantent


rapidement les Indonésiens des côtes africaines et étendent par la suite leur contrôle sur
les îles Comores et certaines parties des côtes de Madagascar. Parallèlement, sous la
concurrence conjointe des nouvelles puissances maritimes chinoises (Song) et sud-
indiennes (Chola), les thalassocraties indonésiennes connaissent un déclin rapide, même
si les Portugais trouvent encore des marins javanais à Madagascar lorsqu'ils y abordent au
e
 siècle.

Pirogue-sarcophage de Dayak d'Indonésie : une sépulture qui rappelle les traditions orales témoignant que les
anciens Nataolo Vezo et Vazimba ensevelissaient leurs morts dans des pirogues-sarcophages, sous la mer ou sous
un lac

Le brassage avec les pasteurs-agriculteurs est-africains du Moyen Âge (autour de l'an


1000) explique les nombreux superstrats bantus-swahili dans la langue proto-
austronésienne (proto-SEB plus précisément) initiale des Vazimbas. Ces superstrats sont
notablement présents dans le vocabulaire domestique et agraire (exemples : le bœuf
"omby" du swahili ng'ombe, l'oignon "tongolo" du bantu "tungulu", la marmite malgache
"nongo" de nyungu en swahili[18])

Les clans néo-austronésiens (Malais, Javanais, Bugis et Orang Laut)[19], quant à eux,
historiquement et globalement -sans distinction de leur île d'origine- dénommés les Hova
(de uwa-"homme du peuple", "roturier" en vieux bugis ), ont, selon les traditions orales[20],
débarqué au Nord et à l'Est de l'île. Selon l'observation des linguistes au sujet des emprunts
aux vieux malais (sanscritisé), vieux javanais (sanscritisé) et vieux bugi du Moyen Âge dans
le fonds de vocabulaire proto-austronésien (proto-SEB) originel, les premières vagues hova
sont arrivées au e
 siècle au plus tôt[21].

Diplomates, officiers, savants, commerçants ou simples soldats, certains alliés aux marins
Orang Laut ou Talaut (Antalaotra en malgache), ces hova étaient probablement issus des
thalassocraties indonésiennes. Leurs chefs, connus sous le nom des diana ou andriana ou
raondriana (de (ra)hadyan-"seigneur" en vieux javanais , aujourd'hui raden et qu'on retrouve
également encore dans le titre de noblesse andi(an) chez les Bugis), se sont, pour la
plupart, alliés aux clans vazimba :

(1) au Nord Ouest dans la région de l'actuel Ankoala (du malais/de l'indonésien kuala-
"estuaire") où les hova Orang Laut (Antalaotra en malgache) avaient probablement établi
leur base pour les actions dans l'océan Indien.
(2) sur la côte Est (Betsimisaraka) où les chefs hova étaient également appelés Filo(ha)
be par les clans "néo-Vezo".
(3) au Sud-Est où les chefs ("diana") des clans hova Zafiraminia et Zafikazimambo alliés
aux clans "néo-Vezo" d'alors y fondèrent les royaumes Antaisaka, Antaimoro,
Antambahoaka, etc.
(4) à l'Ouest : la dynastie Maroserana(na) qui fonda le royaume Sakalava est elle-même
issue des Zafiraminia de la côte Est.
(5) au Centre où les alliances répétées des chefs (andriana) des clans hova
(Andrianerinerina, Andriantomara et leurs descendants notamment[22]) avec les chefs
des clans vazimba (Rafandrana et ses descendants notamment[23]) furent à l'origine du
Royaume Merina et Betsileo.

Aujourd'hui, la population de Madagascar peut être considérée comme le produit d'un


brassage entre les premiers occupants vahoaka ntaolo austronésiens ('Vazimbas et Vézos')
et, ceux arrivés plus tardivement (Hova néo-Austronésiens, Perses, Arabes, Africains et
Européens).

Phénotypiquement, c'est parmi les populations des hautes terres (Merina, Betsileo,
Bezanozano, Sihanaka), plus endogames, que le phénotype austronésien mongoloide
sundadont est le plus prégnant. On remarque également parfois le phénotype austronésien
australoide et austronésien negrito partout à Madagascar (y compris sur les hauts
plateaux). Contrairement au phénotype est-africain bantu, le phénotype austronésien
"negrito" se caractérise notamment par sa petite taille.

Période féodale (1500-1895)

Royaumes de Madagascar (1500-1817) …

Radama Ier, premier monarque du royaume central unifié de Madagascar.

Articles détaillés : Mérina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka, Tsimihety (peuple) et Bara


(peuple).

Articles détaillés : Antakarana (peuple), Sakalava, Vézos, Mahafaly et Antandroy (peuple).

Articles détaillés : Antaisaka (peuple), Antambahoaka, Antaimoro (peuple), Tanala et


Betsimisaraka.

Ces immigrés étaient minoritaires en nombre, cependant leurs apports culturels, politiques
et technologiques à l'ancien monde Vazimba et Vezo modifièrent substantiellement leur
e
société et sera à l'origine des grands bouleversements du qui conduiront à l'époque
féodale malgache.
Sur les côtes, l'intégration des nouveaux immigrés orientaux, moyen orientaux, est-africains
(Bantus) et européens (Portugais) donnèrent naissance aux grands royaumes Antakarana,
Boina, Menabe et Vezo (Côte Ouest), Mahafaly et Tandroy (Sud), Antesaka, Antambahoaka,
Antemoro, Antanala, Betsimisaraka (Côte Est).

À l'intérieur des terres, les luttes pour l'hégémonie entre les différents clans néo-Vazimba
des hauts plateaux centraux (que les autres clans néo-Vezo des côtes appelaient les Hova)
aboutirent à la naissance des grands royaumes Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka,
Tsimihety et Bara.

La naissance de ces clans, ethnies et royaumes néo-Vezo" et néo-Vazimba modifièrent


essentiellement la structure politique de l'ancien monde des Ntaolo, mais la grande
majorité des autres catégories demeurèrent intactes au sein de ces nouveaux royaumes :
la langue commune, les coutumes, les traditions, le sacré, l'économie, l'art des anciens
demeurèrent préservées dans leur grande majorité, avec des variations de formes selon les
régions.

Parmi les royaumes centraux, les plus importants étaient, au sud, le royaume Betsileo et, au
e
nord, le royaume Merina. Ces derniers sont définitivement unifiés au début du  siècle
par Andrianampoinimerina. Radama Ier (régnant de 1810-1828), son fils et successeur
ouvre son pays à l’influence européenne exercée principalement par les britanniques. Grâce
à leur soutien, il étend son autorité sur la majeure partie de l’île. C’est ainsi qu’à partir de
1817, les royaumes centraux merina, betsileo, bezanozano et sihanaka unifiés par Radama
I deviennent pour le monde extérieur, le royaume de Madagascar.

Première découverte de l'île par des Européens (1500-1817) …

Portrait Madagascar, Antoine Van Dyck (c 1639/40). En 1639 Thomas Howard projetait de coloniser l'île

En 1500, les Portugais sous la conduite de Diogo Dias, sont les premiers Européens qui
e
découvrent l’île, qu'ils appellent l'île São Lourenço. Mais c’est surtout à partir du  siècle
que la présence européenne affecte de manière décisive le destin de l’île par l’introduction
massive des armes à feu et le développement de la traite des esclaves. En 1643, les
Français y installent la Colonie de Fort-Dauphin. En 1665, Louis XIV tient à faire de
Madagascar la base avancée de la Compagnie française des Indes orientales. Il en résulte
une augmentation des troubles et la mise en place de royaumes guerriers, fortement liés
aux Européens, en particulier des pirates qui s’établissent dans de nombreuses régions.
C’est notamment le cas du royaume sakalava, s’étendant sur la majeure partie du littoral
occidental de l’île, sous l’égide des rois maroseraña, « aux nombreux ports ». Il en fut
également de même sur la côte est de la confédération des Betsimisaraka, fondée au
e
début du  siècle par Ratsimilaho dont le père était un pirate anglais.

e
À la fin du  siècle aurait existé sur l'île pendant 25 ans une colonie libertaire. Cette
république fut fondée par le Français Olivier Misson, pétri d'utopies, ex-officier de marine
français, mais pirate de son état, et un prêtre défroqué italien, Carracioli, imprégné de
mysticisme. Elle avait pour nom Libertalia, et pour devise « Générosité, Reconnaissance,
Justice, Fidélité ».

e
À la fin du  siècle, Maurice Beniowski (1746-1786) aurait créé une ville idéale, Fort
Auguste, sur le site actuel du village de Valambahoaka (nord-est).

Royaume de Madagascar reconnu à l'extérieur (1817-1895) …

Royaume de Madagascar
Liste des monarques Imerinas

En dépit d'un repli d’une vingtaine d’années sous le règne de Ranavalona Ire (1828-1861),
l'impulsion donnée par Radama Ier (1793-1828) au royaume de Madagascar poursuit sa
e
transformation tout au long du  siècle.

Radama I - qui écrivait le malgache en alphabet arabe - apprend l'alphabet latin vers 1820
avec David Jones, missionnaire gallois de la London Missionnary Society. Le nouvel
alphabet malgache latin de 21 lettres est codifié par leur soin et remplace l'ancien alphabet
arabe. La Bible est, en 1830, le premier ouvrage malgache écrit en alphabet latin.

Un embryon d’industrialisation se met également en place à partir de 1835 sous la


direction du français Jean Laborde (un ex-mousse rescapé d'un naufrage au large de la
côte Est), produisant du savon, de la porcelaine, des outils en métaux, ainsi que des armes
à feu (fusils, canons, etc.). En 1864 s’ouvre à Tananarive le premier hôpital moderne et une
école de médecine. Deux ans plus tard apparaissent les premiers journaux. Une revue
scientifique en anglais (Antananarivo Annual) est même publiée à partir de 1875. En 1894, à
la veille de l’établissement du pouvoir colonial, les écoles du royaume, dirigées par les
missions majoritairement protestantes, sont fréquentées par plus de 200 000 élèves.

À cette époque de partage du monde entre les impérialismes européens, la France


envisage d'exercer davantage son influence sur Madagascar et un traité d'alliance franco-
malgache est signé le 17 décembre 1885 par la reine Ranavalona III.

Des désaccords sur l'application de ce traité, servent de prétextes à l’invasion française de


1895, qui ne rencontre d'abord que peu de résistance. L’autorité du Premier ministre
Rainilaiarivony, au pouvoir depuis 1864, est en effet devenue très impopulaire auprès de la
population.

L'intention des Français est d'abord d'établir un simple régime de protectorat, affectant
surtout le contrôle de l’économie et les relations extérieures de l’île. Mais par la suite,
l’éclatement de la résistance populaire des Menalamba et l’arrivée du général Gallieni
chargé de « pacifier » le pays en 1896 conduisent à l'annexion et à l'exil de la reine à Alger.

Colonisation française et mouvement nationaliste (1895-1960)


Article détaillé : Expédition de Madagascar.

Obligation de la colonie française de Madagascar en date du 7 mai 1897

Timbre-poste de la colonie française de Madagascar.

La mission de « pacification » du général Gallieni (1896-1905) s'exerce avec brutalité. Au


total, les conséquences de la répression se traduisent par la disparition d’environ 100 000
personnes [réf. nécessaire], sur une population totale de moins de 3 millions d’habitants. Le
calme revenu, Galliéni s'applique à réaliser sa « politique des races », mettant en place dans
les provinces des administrateurs locaux, en lieu et place de l'administration Mérina.
D'après lui, pour gouverner efficacement Madagascar, « il y a des haines et des rivalités qu'il
faut savoir démêler et utiliser à notre profit, en les opposant les unes aux autres, en nous
appuyant sur les unes pour mieux vaincre les secondes[24]. » L'esclavage est supprimé. Les
autochtones, soumis au régime de l'indigénat, perdent tout droit et toute représentation
spécifique. Les écoles subissent une francisation forcée et perdent une bonne partie de
leurs effectifs. Par la suite, à partir surtout de 1901, le pouvoir colonial entame la « mise en
valeur » de la nouvelle colonie pour le profit des colons et de la métropole en accordant de
très vastes concessions à des grandes sociétés et des particuliers. Sur emprunt public, une
voie ferrée est démarrée : la ligne Tananarive-Tamatave est ouverte en 1913 et devient l'axe
essentiel du développement de l'économie malgache. Gallieni porte une attention
particulière au domaine de la santé : ouverture d'une École de Médecine en 1897 pour la
formation de médécins auxiliaires, fondation d'un Institut Pasteur de Madagascar en 1899
pour la prophylaxie de la variole et de la peste, création de l'A.M.I. en 1902 pour des soins
gratuits aux populations.

Durant la Première Guerre mondiale[25], les autorités françaises enrôlent 41 000 Malgaches
dans des unités combattantes et 2 400 meurent au combat. Parmi les survivants, certains
étaient porteurs de la grippe espagnole qu'ils propagent en revenant à Madagascar
provoquant la disparition de plusieurs dizaines de milliers de personnes, en particulier sur
les hautes terres dont une multitude de villages allaient être désertés. Entretemps apparut,
en 1915, un premier mouvement de résistance, celui des VVS (Vy Vato Sakelika) qui subit
aussitôt une violente répression. Ce mouvement nationaliste se développa ensuite vers la
fin des années vingt sous l’impulsion de Ralaimongo et de Ravoahangy (Ligue malgache
pour l'accession des indigènes de Madagascar à la citoyenneté française). Ses méthodes
restèrent toutefois légalistes, malgré la constance de la répression.

À partir de 1920, le plan Albert Sarraut permet de réaliser des équipements


d'infrastructure : 14 500 km de réseau routier, aménagement des ports de Tamatave détruit
en 1927 et de Diego-Suarez, ajout de voies ferrées vers Antsirabé et Lac Alaotra (1923) et
ligne Fianarantsoa-Manakara (1936). Les investissements privés suivent dans le domaine
agricole (café, riz, vanille, girofle), minier (graphite, mica) et industriel (rizeries, sucreries,
conserveries, travail du bois). Ces transformations entraînent l'insertion de la Grande Ile
dans les circuits économiques internationaux et des mutations importantes de la société
malgache.
Durant la Seconde Guerre mondiale, en mai 1942, Madagascar est envahi par les troupes
britanniques, ce qui achève de miner le prestige de la France aux yeux des indigènes,
même si le pouvoir est remis aux représentants de la France libre. Les hostilités entre
Britanniques et Français vichystes ne cessent qu'en novembre 1942 : ce n'est que trois
mois plus tard, en janvier 1943, que le pouvoir est ensuite remis au général Paul
Legentilhomme, représentant de la France libre[26]. Les Malgaches contribuèrent ensuite à
l'effort de guerre en maintenant la production du riz et en augmentant celle du café.

Guerre de l'indépendance

Monument commémoratif de l'insurrection de 1947.

À partir de 1946, le combat pour la restauration de l’indépendance est mené par le


Mouvement démocratique pour la rénovation malgache (MDRM), dirigé notamment par
Joseph Raseta, Joseph Ravoahangy et Jacques Rabemananjara. Ravoahangy et Raseta
vont devenir les premiers députés malgaches de l’Assemblée constituante française. Pour
le contrer, les Français encouragent le développement du Parti des déshérités de
Madagascar (PADESM), un parti anti-indépendantiste regroupant uniquement les Mainti-
enindreny et les Tanindrana ou Côtiers[27].

Article détaillé : Insurrection malgache de 1947.

L’éclatement de l'insurrection de 1947 est matée par une violente répression des autorités
coloniales françaises entraînant la mort de 8 000 à 12 000 personnes environ et qui servira
de prétexte à la dissolution du MDRM par les autorités françaises. Certaines estimations,
allant de 80 000 à 100 000 morts, ont été récemment contestées, alors qu'elles sont issues
d'une estimation militaire française de 89 000 morts, dont 75 000 tués par les insurgés
datant de 1949[28] et reprise par le principal spécialiste de la question en 1974, Jacques
Tronchon. Selon l'historien Jean Fremigacci[29] le bilan s'établit ainsi :

jusqu'à deux mille civils tués par les insurgés ;


mille à deux mille civils tués par des soldats français ;
cinq à six mille insurgés tués au combat ;
vingt à trente mille insurgés morts de malnutrition ou de maladie.

Il reste que cette querelle de chiffres, en l'absence d'archives précises, ne peut être
tranchée avec certitude, et que ces estimations détaillées, rapportées à près de soixante
années de distance, posent la question de leur fiabilité.

De 1947 à 1960, grâce au Fonds d'investissement pour le développement économique et


social (FIDES), l'économie malgache reçoit 57 milliards de francs CFA qui seront investis
dans l'outillage et la production agricole, les infrastructures et l'équipement social. Le
commerce restera surtout orienté vers la France et la balance commerciale sera
régulièrement déficitaire. Par le jeu des banques et des sociétés de navigation et de
commerce, les Français tiennent l'économie.

Après leur défaite en Indochine en 1954 cependant, les Français sont obligés d’envisager la
possibilité de l’accession de leurs autres colonies à l’indépendance. C’est ainsi que la loi-
cadre Defferre, prévoyant le transfert du pouvoir exécutif aux autorités locales est mise en
place en 1956. Ceci permet en juillet 1958 l’accès à la tête du gouvernement de Philibert
Tsiranana, un ancien leader du PADESM, devenu député en 1956. Le 14 octobre de la même
année, la République malgache est instituée par le pouvoir colonial, suivie le 26 juin 1960
de la proclamation de l’indépendance.

La République malgache (de 1960 à nos jours)


Sous la présidence de Philibert Tsiranana de 1959 à 1972, les Français continuent à
exercer une domination sur l’administration et l’armée de la nouvelle république, ainsi que
sur les activités économiques et la vie culturelle. En 1972 cependant, la révolte des
étudiants, massivement appuyée par les lycéens et le monde ouvrier de la province de
Tananarive aboutit à la chute du régime. Le général Ramanantsoa, chef de l’état-major se
voit confier par la rue les rênes du pouvoir. Mais celui-ci ne réussit pas à affermir son
autorité et, confronté à l’aggravation des troubles et au risque d’éclatement du pays, préfère
se retirer au début de 1975 en abandonnant le pouvoir aux mains du colonel
Ratsimandrava, qui est assassiné au bout d’une semaine. Au terme enfin d’une instabilité
de plusieurs mois, une conjuration militaire place à la tête de l’État le capitaine de corvette
Ratsiraka, qui était chargé du ministère des Affaires étrangères sous le gouvernement de
Ramanantsoa.

Dès son accès au pouvoir, Didier Ratsiraka proclame sa volonté d’instaurer un régime
« révolutionnaire », proche du « bloc socialiste », sous l’égide d’une Deuxième République, la
République démocratique de Madagascar. De nombreux secteurs de l’économie sont ainsi
nationalisés et un parti unique, l’Avant-garde de la révolution malgache (AREMA) domine
toute la vie politique. Découragés, les investisseurs se retirent, entraînant une dégradation
rapide de l’activité économique et une aggravation de la paupérisation. Des troubles,
chaque fois durement réprimés éclatent alors un peu partout, achevant de démoraliser la
population. Au bout d’une quinzaine d’années de ce régime, Madagascar se retrouve parmi
les pays les plus pauvres de la planète.

La résistance au régime ne devient véritablement efficace qu’au début des années 1990,
sous l’impulsion du mouvement Hery Velona (Forces Vives) qui réussit en février 1993 à
faire tomber Ratsiraka. Le nouveau président, Albert Zafy, procède aussitôt à une
libéralisation forcenée de toutes les institutions dans le cadre d’une Troisième République.
Mais la situation, au lieu de s’améliorer se dégrade davantage encore. Les investisseurs
boudent Madagascar, d'autant que le pouvoir même est paralysé par les intrigues entre les
clans rivaux dominant le Parlement, sur fond de corruption généralisée. Tout ceci aboutit à
la destitution de Zafy par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) le 5 septembre 1996, la
gestion du pouvoir étant confiée en interim au Premier ministre Norbert Ratsirahonana.

La nouvelle élection présidentielle qui se termine le 31 janvier 1997 consacre le retour de


Didier Ratsiraka au pouvoir pour cinq ans. En 1998, celui-ci organise un référendum
renforçant le pouvoir présidentiel tout en procédant à la mise en place des « provinces
autonomes » qui demeurent en fait sous son contrôle direct.

Le résultat de l'élection de décembre 2001 est contesté entre Didier Ratsikara et Marc
Ravalomanana, maire de Tananarive. Marc Ravalomanana devient président à l'issue d'une
crise politique qui dure tout le premier semestre 2002. Sous prétexte de controverse sur les
résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 16 décembre 2001, Marc
Ravalomanana se fait proclamer vainqueur au premier tour, puis est installé Président de la
République le 22 février 2002. Un recomptage des voix prévu par les Accords de Dakar
permet d’attribuer officiellement à Marc Ravalomanana la victoire au premier tour qu’il
revendiquait. Didier Ratsiraka quitte Madagascar en juillet 2002 pour la France et l'élection
de Marc Ravalomanana est reconnue par la France et les États-Unis

Après avoir lancé la reconstruction de routes et d'une partie des infrastructures du pays,
Marc Ravalomanana est réélu lors de l'élection du 3 décembre 2006 en gagnant au premier
tour avec la majorité absolue devant 13 autres prétendants, et est investi de nouveau
président de la République de Madagascar pour un nouveau mandat de 5 ans.
Il appelle de nouveau les Malgaches aux urnes pour le 4 avril 2007 pour un référendum qui
a pour objet principal la suppression des six « provinces autonomes » et l'instauration des
« régions » au nombre de 22.

À partir de janvier 2009, une crise politique entre le maire de la capitale Andry Rajoelina et
le président Marc Ravalomanana fait une centaine de victimes. Le 16 mars 2009, le
président Marc Ravalomanana démissionne. Il transfère les pleins pouvoirs à un Directoire
militaire composé des plus hauts gradés de l'Armée malgache, en lieu et place du président
du Sénat comme le prévoyait la constitution, lequel directoire (re)transfère le jour même le
pouvoir à Andry Rajoelina. Cette prise de pouvoir, validée par la Haute Cour
Constitutionnelle malgache (HCC), est toutefois considérée par une grande partie de la
Communauté internationale comme un coup d'État. Du 17 mars 2009 au 25 janvier 2014,
Andry Rajoelina dirige l’État malgache sous le régime de la Transition.

L’élection présidentielle malgache de 2013 fait de Hery Rajaonarimampianina le président


de la IVe république et son Premier ministre est Roger Kolo. Mais Hery
Rajaonarimampianina, qui remporte cette élection considérée par les observateurs comme
démocratique, dispose alors du soutien politique d'Andry Rajoelina, avec qui il est conduit à
prendre progressivement ses distances. Le nouveau président manque dès lors de soutien
politique tout en étant confronté à une ploutocratie aux commandes du pays. La crise
politique est doublée d'une crise économique persistante[30]. Le 14 janvier 2015, le général
de brigade aérienne Jean Ravelonarivo est nommé Premier ministre en remplacement de
Roger Kolo. En mai 2015, le président est destitué par l’Assemblée nationale[31], mais la
décision est ensuite annulée par la justice malgache[32]. Olivier Mahafaly Solonandrasana
remplace Jean Ravelonarivo le 10 avril 2016, mais pour calmer le pays en proie aux
émeutes, il est contraint à la démission et remplacé par Christian Ntsay le 4 juin 2018[33].
Les élections de décembre 2018 portent au pouvoir pour 5 ans Andry Rajoelina[34]. Celui-ci
remporte également les élections législatives de mai 2019 et obtient la majoprité absolue à
l'Assemblée nationale[35].

Notes et références

Notes …

1. Pour l'historien Édouard Ralaimihoatra, ces autronésiens qu'il appelle de manière globale
les Vazimbas -sans faire le distinguo entre ceux des côtes, les Vézos, et ceux de la forêt
de l'intérieur, les Vazimbas – ont « apporté dans l'île le fond de la langue malgache et
Géographie de Madagascar
fleuves de madagascar

Géographie de Madagascar

Continent Afrique
Région Océan Indien
Coordonnées 28,00°S 10,00°' E
Superficie 46e rang mondial
587 040 km2
Terres : 99,06 %
Eau : 0,94 %
Côtes 4 828 km
Frontières 0 (état insulaire)
Altitude maximale 2 876 m (Maromokotra)
Altitude minimale 0 m (océan Indien)
Plus long cours d’eau Onilahy (870 km)
Plus importante étendue d’eau Lac Alaotra (220 km2)
modifier  

L'île de Madagascar, située dans l'océan Indien à 400 km à l'est des côtes africaines, est le
territoire qu'occupe la république de Madagascar. Le canal du Mozambique la sépare du
continent.

L’île de Madagascar s’est séparée du continent africain il y a environ 120 millions d'années,
en raison de la dérive des continents. Elle peut être divisée en cinq régions géographiques :
la côte est, le massif Artisanat, les hauts plateaux du centre, la côte ouest et le sud-ouest.
Les altitudes maximales longent la côte est.
S'étirant sur 1 600 km du nord au sud et sur 600 km d'ouest en est (superficie du pays : 20
fois plus grande que la Belgique, comparable à celle de la France), l'île offre les paysages
les plus variés. Au nord-est, ce ne sont que forêts humides et luxuriantes, où poussent à
foison un millier d'espèces d'orchidées, dont la vanille, mais aussi diverses lianes fleuries,
des caféiers, bananiers, girofliers, poivriers et litchis. Ces forêts offrent un contraste
saisissant avec les paysages du grand sud, qui ressemblent au bush d'Afrique australe et
se résument en savanes sèches et broussailles revêches. Seules taches de couleur - et de
vie - à émerger de ce morne paysage ocre monochrome : les tombeaux, ornés de fresques
représentant le métier ou les circonstances de la mort du défunt. Entre ces paysages
extrêmes, il y a les Hautes Terres centrales (Tsingy). De Fianarantsoa à Tananarive, ce ne
sont que rizières en terrasses, sculptées dans les collines, et dotées d'ingénieux systèmes
d'irrigation.

Géographie physique

Topographie …

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Hydrologie …

Article détaillé : liste des cours d'eau de Madagascar.

 Madagascar a de nombreux cours d’eau :

-         Au Nord : les fleuves ont des débits assez importants

Ex : Mahavavy et Sambirimanio

-         Au Sud : les fleuves ont des régimes irréguliers ; sec pendant l’étiage mais débordent
pendant la saison de pluie

Ex : Onilahy

-         A l’Est : les fleuves sont courts et rapides avec les cascades

Ex : Maningory et Mangory

-         A l’Ouest : les fleuves sont longs et à regimes irreguliers


Ex : Mahajamba

-         A l’HTC : les fleuves ont des debits importants

Ex : Ikopa

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Géologie …

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Madagascar est parfois surnommé « la grande île rouge » à cause de ses sols gorgés de
latérite. Les sols rouges sont prépondérants dans les hauts plateaux du centre. Une bande
étroite d’alluvions longe la côte Est et les embouchures des fleuves. À l’ouest, on trouve un
mélange d’argile, de sable et de calcaire.

A Madagascar il y a 5 types de sol :

-         Sol ferralitique ou lateritique à Ankaratra , Itasy, Tampoketsa , Vatomandry, calcaire de


Mahajanga

-         Sol ferrugineux à Mahafaly ;bassin de Morondava , à l’Ouest ; extreme Sud et au


plateau

-         Sol hydromorphe à lac Alaotra , cuvette d’Andapa , vallée de l’Ouest , plaine de Sakay ,
Tampoketsa , Marovoay , depression Betsimitatatra

-         Sol volcanique à Antsirabe , Ankaratra (betafo) , Itasy , montagne d’Ombre


(bombaomby) , Androy

-         Sol calcaire à Antsirabe , plateau de Bemaraha , plateau de Mahafaly

Les ressources naturelles de Madagascar sont le graphite, la chromite, le charbon, la


bauxite, le sel, le quartz, le sable bitumineux, le mica ainsi que plusieurs pierres précieuses
dont l'émeraude, le rubis et le saphir et des pierres fines, le calcaire, granite et latérite. Il y a
également la fusion biochimique des coraux et l'érosion des roches dû au pluies; ce qui a
formé ainsi les Tsingy . Les Tsingy forme le Kart.
Climat …

Le climat est tropical humide le long de la côte Est, tempéré à l’intérieur des terres et au
nord et aride dans le sud. L’alizé du sud-est généré par l’anticyclone de l’océan Indien, qui
se déplace au gré des saisons, domine le régime climatique de l’île. Madagascar connaît
deux saisons : une saison chaude et humide de novembre à avril, puis une saison sèche,
plus fraîche, de mai à octobre. Les climats sont cependant très variés selon l’altitude et la
situation par rapport aux vents dominants. La côte est, où se trouve Tamatave, exposée
directement aux alizés, reçoit les plus importantes précipitations avec 3 500 mm par
année. Les cyclones, provenant des Mascareignes, y sont fréquents pendant la saison des
pluies. Le centre, isolé de l’alizé par le Massif d'Andringitra, est nettement plus sec et, en
raison de l’altitude, plus frais. Les précipitations à Tananarive (capitale) atteignent
1 400 mm. Au cours de la saison sèche, les nuits peuvent être très fraîches mais le gel est
rare ; il est par contre plus fréquent aux altitudes supérieures. À cette période, le ciel des
plaines entourant la capitale est considéré comme parmi les plus clairs du monde. La côte
ouest (Majunga, Morondava) est encore plus sèche (tropical sec) car l’alizé y a perdu une
grande partie de son humidité. Le sud-est est encore plus humide que toutes régions à
Madagascar, avec le fleuve de Manambato et le fleuve de Manampatrana qui sont séparés
de l’Océan Indien par une petite embouchure, lui offre beaucoup de pluie pendant toute
l'année.Le sud est semi-désertique . Tuléar (ville du Sud) ne reçoit que 300 mm de
précipitations par année.

Environnement
Madagascar souffre de l’érosion due à la déforestation et aux pâturages intensifs, de
désertification et de la pollution des eaux de surface. Plusieurs espèces végétales et
animales, uniques au monde, sont en danger de disparition. Les cyclones sont
régulièrement la cause d’inondation dans les régions côtières.

Écosystèmes …

Baobabs, près de Morondava


La rareté et le caractère unique de nombreuses espèces animales et végétales de l’île lui
ont souvent valu d’être qualifiée de « monde à part ». Ces caractéristiques sont supposées
refléter les origines de Madagascar, isolée depuis plusieurs millions d’années du
supercontinent Gondwana auquel elle était précédemment rattachée. Ainsi, certaines
plantes telles que l’arbre du voyageur se rencontrent à Madagascar et en Amérique du Sud,
mais pas en Afrique. De nombreuses espèces typiquement africaines, en particulier les
grands mammifères comme l’éléphant, le rhinocéros, la girafe, le zèbre et l’antilope, ou
encore les animaux de proie comme le lion et le léopard, sont inconnus à Madagascar, tout
comme les serpents venimeux qui peuplent le continent. S’il est certain que la plupart des
espèces indigènes sont d’origine africaine ou sud-américaine, l’isolement a pu permettre à
des espèces ailleurs éteintes d’y survivre et favoriser l’apparition de nouvelles espèces
uniques. Ainsi, tous les mammifères terrestres indigènes – soit 66 espèces – sont uniques
à Madagascar.

Autrefois, l’île était couverte de forêts qui furent remplacées par des rizières, surtout dans
les plaine de l'Est où les précipitations sont très abondantes. La forêt tropicale est
maintenant concentrée sur les flancs montagneux bordant la côte Est, du massif
Tsaratamana au nord au Tolagnaro au sud. Une végétation secondaire faite d’arbres du
voyageur, de rafia et de baobabs a succédé à la forêt originelle sur les côtes de l’est et au
nord. La végétation des plateaux centraux et de la côte ouest est principalement composée
de prairies, de steppes et de savane.

La forêt tropicale abrite un grand nombre d’espèces végétales uniques. Le pays compte
environ 900 espèces d’orchidées. Les mangues, bananes, noix de coco, la vanille ainsi que
d’autres plantes tropicales poussant facilement le long des côtes. L’eucalyptus, importé
d’Australie, est également répandu.

Le bois et le charbon extraits des forêts fournissent 80 % des besoins nationaux en
combustible. En 1990, la Banque mondiale initia un programme environnemental visant à
intensifier la culture du pin et de l’eucalyptus pour satisfaire la demande en bois
combustible.

Géographie humaine
Agriculture en terrasses

Villes …

Article détaillé : Villes de Madagascar.

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Activités …

La pêche est développée et l’île possède un potentiel pour l’énergie hydraulique.

En 2001, les terres cultivées étaient estimées à 5,07 %, dont 1,03 % portaient des cultures
permanentes. La culture sur brûlis a fait reculer la forêt à 26 % de la surface de l’île.

La majorité de la population vit de l’agriculture de subsistance, principalement de la culture


du riz et de l’élevage de zébus. Le secteur industriel est restreint, mais tend à se
développer.

Réseaux de transport …

lignes aéroportées sur les capitales de région (avions bimoteurs à hélice),


quelques lignes régulières, de trains hérités de la présence française, surtout de
Tamatave, premier port de l'île à l'Est, vers la capitale, Tananarive.
l'inter-urbain est essentiellement privé, le taxi-brousse dessert lignes assez irrégulières
mais présentes dans toutes les villes ; les tarifs sont à la convenance de la négociation
et l'heure d'arrivée n'est jamais garantie, car les routes sont plutôt dégradées et les arrêts
fréquents pour transport de marchandises et clients en courts trajets
dans les grandes villes, des dizaines de cyclos-pousse et pousse-pousse permettent des
déplacements sur de courtes distances

Notes et références

Annexes

Articles connexes …

Lac Ihotry
Démographie de Madagascar

Pyramide des âges de Madagascar en 2005


Dynamique
Population 25 683 610 hab.
(2018) [1]
Évolution de la population 2.46 % (2018)[2],[3]
Indice de fécondité 3,95 enfants par ♀[4]
(2018)[5]
Taux de natalité 31 ‰ (2018)[6],[7]
Taux de mortalité 6,4 ‰ (2018)[8],[9]
Taux de mortalité infantile 40,1 ‰ (2018)[10]
Âges
Espérance de vie à la naissance 66,6 ans (2018)[11]
Hommes : 65,1 ans
Femmes : 68,2 ans
Âge médian 19,9 ans (2018)[12]
Hommes : 19,7 ans
Femmes : 20,1 ans
Structure par âge 0-14 ans : 39,55 %
15-64 ans : 57,1 %
65 ans et plus : 3,35 %
Sex-ratio (2018)
Population totale 100 ♂/100 ♀
À la naissance 103 ♂/100 ♀
Par tranche d'âge 0-14 ans : 102 ♂/100 ♀
15-24 ans : 101 ♂/100 ♀
25-54 ans : 100 ♂/100 ♀
55-64 ans : 96 ♂/100 ♀
65 ans et + : 83 ♂/100 ♀
Flux migratoires (2018)
Taux de migration 0 ‰
Composition linguistique
Français (officiel)  
Malgache (officiel)  
Composition ethnique
Austronésiens (toute la population malgache)  
modifier  

La démographie de Madagascar est l'ensemble des données et études concernant la


population de Madagascar à toutes les époques. Ces données sont notamment calculées
par l'Institut national de la statistique (Instat).

En 2016, la population de Madagascar est estimée à 24 430 325 habitants[13].


Évolution de la population

Évolution démographique

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Ces dernières années, la population a augmenté de presque 3 % par an.

Migration et composition culturelle

Carte de l'expansion des langues austronésiennes.

La population malgache est principalement d'origine austronésienne et est-africaine. Les


travaux récents laissent à penser que l'île est restée inhabitée jusqu'au débarquement de
populations austronésiennes, dans les premiers siècles de notre ère. Selon une étude de
2012, le scénario le plus probable fait remonter son peuplement à l'établissement il y a
quelque 1 200 ans d'un groupe très restreint, comptant une trentaine de femmes, la plupart
(environ 93 %) d'origine indonésienne[14].

Composition ethnique …

La population malgache est communément subdivisée en dix-huit groupes culturels ou


karazabe (« grandes races »), issues des migrations africaines, arabes et asiatiques, bien
que le nombre d'ethnie dépasse les deux cents. Cette répartition proviendrait surtout de
l'administration coloniale française que les malgaches auraient intégré[15]. On distingue
ainsi :
Les karazabes côtiers :
Au nord,

Antakarana (« Ceux du pays des roches »)


Betsimisaraka (« Ceux qui ne se laissent pas se séparer »), et aussi sur la façade est,
estimée à plus de 1,6M d'individus[16]
Tsimihety (« Ceux qui ne se laissent pas se soumettre »), estimée avec environ 0,75M
d'individus[16]

À l’est

Antambahoaka (« ceux aimés du peuple », Descendants de Rabevahoaka)


Antaimoro (« Ceux de la côte »)
Antaifasy (« Ceux qui vivent avec le tabou »), estimé à environ 30 000 individus[16]
Antaisaka (« Ceux de la terre de sakalava »), estimé à 0,7M d'individus[16]
Bezanozano (« Ceux qui portent des nattes »)
Tanala (« Ceux des forêts »)

Au sud

Antanosy (« Ceux de l'île »)


Antandroy (« Ceux du pays des épineux »)
Mahafaly (« Les heureux »)

À l’ouest

Sakalaves (« Ceux de la Longue Vallée »), estimé à un peu plus de 0,55M d'individus[16]


Vézos (pêcheurs)

Les karazabes des hauts plateaux :

Mérinas (« Ceux des hautes terres »), le groupe majoritaire estimé à plus de 3M


d'individus[16]
Bara (« Ceux de l'intérieur »)
Betsileos (« Les nombreux qui ne cèdent pas » ou invincibles), estimé à 1,3M
d'individus[16]
Sihanaka (« Ceux qui errent dans les marais »)

Auxquels, on pourrait en rajouter une dix-neuvième, les Vazahas (« Étrangers blancs »,


50 000), composés d'hommes d'affaires ou de coopérants. On distingue cependant ceux
nés à Madagascar de parents étrangers blancs, ils sont appelés vazahas zanatany[17], c'est-
à-dire « enfants de la terre ». Ils se distinguent des Sinoas et des Karanes.

On peut aussi considérer les Antalotes, Antalaotsy, « Gens de la mer », qui se décomposent
en Kajemby et en Marambitsy, comme un groupe particulier.

Minorités …

les Karanes, Indo-pakistanais qui se subdivisent en :

- Khoja - Bhora - Ismaéliens - Banians - Gounbar (sunnites)

Comoriens
les Chinois dits Sinoas
Français (dont nombreux Réunionnais), Vazahas

Émigration
La diaspora malgache est importante, et dynamique en France. Une étude sur la diaspora
en France a été réalisée en 2016 par le ministère malgache des Affaires étrangères, avec le
soutien de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et du ministère français
des Affaires étrangères et du Développement international français (MAEDI) à travers
l’ambassade de France à Madagascar. Elle révèle que les malgaches seraient entre 100
000 et 140 000 individus, principalement situés en Ile de France, et majoritairement
féminins[18].

Selon l'enquête récente "La Diaspora malgasy en France et dans le monde, une communauté
oubliée?" (2018), les Malgaches vivant en France seraient au nombre de 140 000[19].

Santé

HIV/Sida[20] …

Fréquence chez les adultes : 0,3 % (est. 2017)


Personnes vivant avec le virus : 35 000 (est. 2017)
Décès : 1 600 (est. 2017)

Notes et références
1. Indicateurs du World-Factbook publié par la CIA.
Géographie de l'Europe

Cet article concerne la géographie de l'Europe de manière détaillée.

Relief de l'Europe.

L'Europe est la partie occidentale de l'Eurasie, traditionnellement considérée comme un des


six ou sept continents. Le continent est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique, au nord par
l'Arctique et au sud par le détroit de Gibraltar, la mer Méditerranée, la mer Égée, le Détroit
des Dardanelles, la mer de Marmara et le Détroit du Bosphore. Les limites de l'Europe à
l’est sont moins évidentes parce que sans obstacle naturel majeur. Ainsi, depuis l'Antiquité
jusqu'au règne du tsar Pierre le Grand (1682 – 1725) la limite orientale est fixée au fleuve
Tanaïs, appelé par la suite le Don. Pierre Le Grand mène une politique de réorientation de
l'empire russe vers l'Europe, en fondant Saint-Pétersbourg capitale ouverte sur la mer
Baltique et en chargeant Vassili Tatichtchev de déplacer vers l'est la frontière de l'Europe.
Ce dernier choisit le massif de l'Oural et le fleuve Oural. Suivant cette logique la frontière
sud-est serait devenue le massif du Caucase. Mais l'expansion russe étant désormais
e
bloquée à l'ouest hormis le dépeçage de la Pologne, la Russie se réoriente au  siècle
vers l'est, très au-delà de l'Oural, pour ses nouvelles conquêtes, troublant par ce fait le jeu
des définitions du continent européen. Et de fait, les responsables politiques gardèrent la
liberté d'user tantôt du concept de petite Europe, limitée aux pays de l'Atlantique à la
Pologne, à la Roumanie et à la Bulgarie (conception naguère facilitée par l'existence de
l'URSS considérée comme un bloc), tantôt l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, extension
évoquée par le général de Gaulle et préférée par les géographes.

Sont considérées européennes l'Islande (pourtant située géologiquement sur la séparation


Europe-Amérique) et les principales îles de la Méditerranée – le cas de Chypre relevant
d'une largesse de définition purement politique, liée à la longue appartenance à la Grèce. La
Russie a une grande partie de son territoire en Asie; toutefois c'est la partie européenne qui
héberge la quasi-totalité de la population. En revanche, la Turquie a l'essentiel de son
territoire en Asie comme la quasi-totalité de sa population.

Les tentatives de l'Europe politique actuelle d'intégrer en son sein ce dernier pays font
sortir de la définition purement géographique de l'Europe, pour entrer dans un espace sans
limite physique, donc sans limites à son agrandissement. D'ailleurs, la carte des États
membres du Conseil de l'Europe n'offre qu'une version politique et diplomatique de
l'Europe, sans rapport avec le sujet traité dans cette page.

Quelques îles de l'Atlantique (Madère, Açores) que la géographie ne rattache pas à ce


continent sont considérées comme européennes par l'origine de leur peuplement et de leur
culture. C'est aussi le cas du Groenland, qui appartient au Danemark. On n'oubliera pas
enfin que certains pays d'Europe occidentale possèdent quelques territoire lointains dont
les habitants se retrouvent de facto européens, par exemple pour la France les
départements et territoires d'outre-mer.

L'Europe a une superficie d'un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés, précisément
10 392 855 km2. Cela représente un tiers de l'Afrique ou un quart de l'Asie ou de
l'Amérique.

On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : Europe de l'Est, Europe centrale,
Europe du Sud, Europe de l'Ouest et Europe du Nord.

Les frontières orientales de l'Europe sont avant tout politiques : la limite de l'Oural est due
aux cartographes du tsar Pierre Ier le Grand au e
 siècle. De même, la frontière fut
e
déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la Caspienne au début du  siècle pour
justifier l'annexion de la Géorgie et de l'Arménie dans l'empire russe. D'un point de vue plus
scientifique, si l'on se réfère à la tectonique des plaques, l'Europe et la partie continentale
de l'Asie ne sont qu'un seul et même continent, dénommé Eurasie. Aussi, quelques
géographes éminents, tels que Alexander von Humboldt, considéraient-ils l'Europe comme
une simple péninsule de l'Asie.

Géographie physique

Préhistoire …

Au plan géographique, voilà 7000 ans, existait le Doggerland (la Manche et la Mer du Nord
étaient émergées)[1]. Les hommes ont pu voyager dans des territoires encore plus vastes
qu'aujourd'hui. L'insularisation nord-ouest-européenne suite à la sortie de l'ère glacière, a
créé de nouvelles conditions géostratégiques et géopolitiques.

Géologie …

Géologie de surface de l'Europe

Article détaillé : Géologie de l'Europe.

La géologie de l'Europe est extrêmement variée et complexe. C'est cette grande variété qui
est à l'origine de la multitude de paysages présents à travers le continent.

Principaux fleuves et rivières …

Bassins versants des principaux fleuves d'Europe.

Article détaillé : Listes des rivières d'Europe.

Les fleuves d'Europe ayant une longueur approximative supérieure à 800 km :


nom longueur nom longueur

Volga 3 690 km Vistule 1 047 km

Danube 3 020 km Daugava 1 020 km

Oural 2 428 km Loire 1 012 km

Dniepr 2 290 km Tage 1 008 km

Don 1 950 km Meuse 950 km

Petchora 1 809 km Niémen 937 km

Dniestr 1 362 km Ebre 928 km

Dvina septentrionale + Ioug 1 318 km Douro 897 km

Rhin 1 233 km Oder 854 km

Elbe 1 165 km Rhône 812 km

Lacs et mers intérieurs …

Article détaillé : Liste des lacs d'Europe.

Les cinq plus grands lacs d'Europe sont :

le lac Ladoga 18 390 km2 (en comptant les îles)


le lac Onega 9 616 km2
le lac Vänern 5 650 km2
le lac Saimaa 4 400 km2
le lac Peïpous 3 555 km2

Principales îles et péninsules …

Article détaillé : Liste des îles d'Europe.

Les principales péninsules sont la Scandinavie (Suède, Norvège), la péninsule Ibérique


(Espagne, Portugal), la péninsule italienne (Italie, Saint-Marin, Vatican), les Balkans (Grèce,
Albanie, Bulgarie, Kosovo, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Monténégro, Serbie, Croatie,
Slovénie).

La péninsule de Kola et la Crimée (Russie), le Jutland (Danemark) et la Bretagne (France)


sont également des péninsules européennes de superficie importante.

Les principales îles européennes sont :

1. Grande-Bretagne, avec plus de 218 000 km2. Elle regroupe l'Angleterre, l'Écosse et le


pays de Galles. Elle fait partie du Royaume-Uni.
2. Islande, avec plus de 103 000 km2.
3. Irlande, avec plus de 70 000 km2. La plus grande partie de l'île compose l'Irlande et la
portion nord-est appartient au Royaume-Uni.
4. Sicile, avec plus de 25 000 km2. Elle appartient à l'Italie.
5. Sardaigne, avec plus de 24 000 km2. Elle appartient à l'Italie.
6. Chypre, avec plus de 9 200 km2. L'île est divisée depuis l'invasion turque de 1974 entre
l'État de Chypre stricto sensu et la République turque de Chypre du Nord.
7. Corse, avec plus de 8 700 km2. Elle appartient à la France.
8. Crète, avec plus de 8 300 km2. Elle appartient à la Grèce.
9. Sjælland, avec plus de 7 000 km2. Elle appartient au Danemark.
10. Eubée, avec plus de 3 900 km2. Elle appartient à la Grèce.
11. Majorque, avec plus de 3 600 km2. Elle appartient à l'Espagne.
12. Fionie, avec plus de 3 400 km2. Elle appartient au Danemark.

Plaines et plateaux …

Carte de l'Europe géographique présentant les reliefs

La plaine d'Europe du Nord est un continuum s’étendant des Pays-Bas à la Biélorussie ;


on y distingue parfois deux grands sous-ensembles :
La plaine d'Europe orientale, ou plaine russo-polonaise
La plaine d'Allemagne du nord
Le plateau de Podolie
La plaine de Pannonie
Le plateau de la Meseta est un plateau du centre de l'Espagne

Chaînes de montagnes …

Articles détaillés : Liste des chaînes de montagnes d'Europe et Liste des sommets
d'Europe.

Les principales chaînes de montagnes européennes sont :

L'Oural, qui sépare l'Europe de l'Asie


Le Caucase, qui sépare également l'Europe de l'Asie et où se trouve le plus haut sommet
d'Europe : le Mont Elbrouz (5 642 m)
Les Carpates, une importante chaîne de montagnes d'Europe centrale et du Sud
Les Alpes, qui contiennent le mont Blanc (4 809 m), qui n'est pas, contrairement aux
idées reçues le plus haut sommet d'Europe.
Les Apennins, qui traversent l'Italie
Les Pennines, la colonne vertébrale de l'Angleterre
Les Pyrénées, frontière naturelle entre la France et l'Espagne
Les Alpes scandinaves, qui s'étendent sur toute la péninsule scandinave.

Climat …

L'Europe est caractérisée par un grand nombre de pénétrations de bras de mer entre des
péninsules, qui contribuent ainsi à tempérer le climat du continent, par ailleurs réchauffé
sur sa façade occidentale par le Gulf Stream.

La majeure partie du continent est située sous des latitudes tempérées et connaît donc
quatre saisons bien marquées. Les régions côtières de la façade atlantique connaissent un
climat océanique, adouci par le Gulf Stream, tandis que la grande plaine du nord-est est
caractérisée par un climat continental. On peut aussi distinguer le climat montagnard des
régions d'altitude (Alpes, Pyrénées, Alpes scandinaves) ainsi que le climat méditerranéen
particulièrement clément du contour de la mer Méditerranée. Le climat polaire quant à lui
est présent en particulier à l'extrême nord de l'Europe dans les pays scandinaves et en
Islande.

Le record européen de pluviométrie (621,1 mm) a été enregistré du 30 octobre 1963 à 15h


UTC au 31 octobre 1963 à 15h UTC à l'observatoire du Mont Aigoual[2].

Géographie humaine

Pays …

Article détaillé : Liste des pays d'Europe.

L'Europe est constituée d'une cinquantaine de pays.

Géographie par pays et par zone …

Pays insulaires …

Chypre
Irlande
Islande
Malte
Royaume-Uni
Pays ayant le nom de leur capitale …

Luxembourg
Monaco
Saint-Marin
Vatican
Pays dont la capitale n'est pas la plus grande ville …

Pays Capitale Plus grande ville

Kazakhstan Noursoultan Almaty

Liechtenstein Vaduz Schaan

Malte La Valette Birkirkara

Saint-Marin Saint-Marin Serravalle

Suisse Berne Zurich

Turquie Ankara Istanbul

Liste des pays classés par le nombre de pays qu'ils bordent …

14 : Russie ;
11 : France (avec l'outre-mer) ;
9 : Allemagne ;
8 : Serbie, Turquie ;
7 : Autriche, Hongrie, Pologne, Ukraine ;
6 : Italie ;
5 : Biélorussie, Bulgarie, Croatie, Kazakhstan, Roumanie, Slovaquie, Suisse ;
4 : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Belgique, Espagne, Géorgie, Grèce,
Lettonie, Lituanie, Monténégro, Macédoine du Nord, République tchèque,
Slovénie ;
3 : Bosnie-Herzégovine, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas (avec l'outre-mer),
Royaume-Uni (avec l'outre-mer), Norvège ;
2 : Andorre, Danemark, Estonie, Suède, Liechtenstein, Moldavie ;
1 : Chypre[3],[4], Irlande, Monaco, Portugal, Saint-Marin, Vatican ;
0 : Islande, Malte.

Régions de l'Europe …
Traditionnellement, l'Europe est divisée sur le plan économique en quatre points cardinaux :
l'Europe de l'Ouest, l'Europe du Nord, l'Europe du Sud et l'Europe de l'Est. Le concept
d'Europe centrale a progressivement émergé après la fin de la guerre froide.

L'Europe de l'Ouest …

Article détaillé : Europe de l'Ouest.

Paysage de l'Europe de l'Ouest (Pays-Bas).

L'Europe de l'Ouest correspond à la partie occidentale de l'Europe. Sa définition est très


variable. Le terme correspond généralement encore à l'ensemble des pays situés à l'ouest
de l'ancien rideau de fer. Dans sa vision stricte l'Europe de l'Ouest comprend, le Royaume-
Uni, la France, l'Irlande, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

L'Europe du Nord …

Article détaillé : Europe du Nord.

L'Europe du Nord, dans sa vision stricte, regroupe les pays de langues scandinaves:
Norvège, Danemark, Islande et Suède et les pays de langues fenniques: Finlande et Estonie
(en rapprochement avec le Conseil nordique depuis 1991).

L'Europe du Sud …

L'Europe du Sud correspond globalement aux pays donnant sur la mer Méditerranée en sus
du Portugal. On ajoute la plupart du temps la Bulgarie qui est située dans les Balkans. Dans
sa définition stricte, l'Europe du Sud correspond aux états situés dans les 3 péninsules
méditerranéennes auxquels on ajoute deux États insulaires méditerranéens :

La péninsule Ibérique (Andorre, Espagne et Portugal)


La péninsule italienne (Italie, Saint-Marin et Vatican)
La péninsule balkanique (Croatie, Grèce, Slovénie, Monténégro, Bulgarie, Bosnie-
Herzégovine, Serbie, Albanie, Macédoine, Kosovo)
Les États insulaires méditerranéens (Chypre et Malte)
L'Europe centrale …

L'Europe centrale représente un centre historique de l'Europe, à ne pas confondre avec son
centre strictement géographique. Il s'agit d'un concept géographique, historique et culturel
dont la définition est source de controverses. Elle correspond principalement aux bassins
culturels de l'Empire austro-hongrois et du Saint-Empire romain germanique. Dans sa vision
la plus stricte, les pays d'Europe centrale sont l'Autriche, la Hongrie, la Pologne, la
République tchèque, et la Slovaquie.

L'Europe de l'Est …

L'Europe de l'Est est la partie orientale de l'Europe, limitée à l'est par l'Oural et le Caucase.
Dans sa vision la plus stricte, les pays d'Europe de l'Est sont la Biélorussie, la Russie et
l'Ukraine.

Les régions
Définition Carte des
de l'Europe
de l'Europe régions par
selon le
de l'Ouest groupes de
codage
selon pays, et
statistique
l’UNESCO frontières
de l'ONU[5] :
culturelles,
Europe
selon le
du Nord
selon le
Europe
Ständigen
de l'Ouest
Ausschuss
Europe
de l'Est für
Europe geographisc
du Sud he Namen
(StAGN)  (de)
Démographie …

Article détaillé : Démographie de l'Europe.

Langues …

Article détaillé : Langues en Europe.

Religions …

Article détaillé : Religions en Europe.

Développement …

Le développement humain en Europe est important. En effet, même s'il existe des
disparités, tous les pays d'Europe ont un indice de développement humain moyen, élevé ou
très élevé.
Rang Rang
Pays IDH 2011
Européen Mondial

1 1 Norvège 0,943

2 3 Pays-Bas 0,910

3 7 Irlande 0,908

4 8 Liechtenstein 0,905

5 9 Allemagne 0,905

6 10 Suède 0,904

7 11 Suisse 0,903

8 14 Islande 0,898

9 16 Danemark 0,895

10 18 Belgique 0,886

11 19 Autriche 0,885

12 20 France 0,884

13 21 Slovénie 0,884

14 22 Finlande 0,882

15 23 Espagne 0,875

16 24 Italie 0,874

17 25 Luxembourg 0,867

18 27 République tchèque 0,865

19 28 Royaume-Uni 0,863

20 29 Grèce 0,861

21 31 Chypre 0,840

22 32 Andorre 0,838

26 34 Estonie 0,835

24 35 Slovaquie 0,834

25 36 Malte 0,832

23 38 Hongrie 0,816

27 39 Pologne 0,813

28 40 Lituanie 0,810

29 41 Portugal 0,809

30 43 Lettonie 0,805

31 46 Croatie 0,796

32 50 Roumanie 0,781

33 54 Monténégro 0,771

34 55 Bulgarie 0,771

35 59 Serbie 0,766

36 65 Biélorussie 0,756

37 66 Russie 0,755

38 68 Kazakhstan 0,745

39 70 Albanie 0,739

40 74 Bosnie-Herzégovine 0,733

41 75 Géorgie 0,733

42 76 Ukraine 0,729

43 78 Macédoine 0,728

44 86 Arménie 0,716

45 91 Azerbaïdjan 0,700

46 92 Turquie 0,699

47 111 Moldavie 0,649

Notes et références
1. (en) National Geographic Society, « Doggerland - The Europe That Was » , sur National
Geographic Society, 1er décembre 2012 (consulté le 24 juin 2020)
2. « METEO FRANCE - Records de pluies en 24 heures à l'Observatoire du Mont-
Aigoual » , sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le 10 mars 2016)
3. En comptant la frontière avec les bases militaires britanniques souveraines d'Akrotiri et
Dhekelia (territoire d'outre-mer du Royaume-Uni).