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Comme pour les ouvrages efficace selon les buts fixés

du génie civil et selon les ou facilitant l’accès à l’eau ;


cours d’eau, les ouvrages
réalisés en techniques l’approvisionnement en
▪

végétales nécessitent un matériaux, destinés à


entretien plus ou moins d’autres réalisations en

régulier. La fréquence des techniques végétales ;


interventions dépend permettre la croissance
▪
surtout de la position de de certaines espèces par
l’ouvrage dans le profil coupe sélective d’autres.
transversal du cours d’eau
et de sa relation avec le D’une manière générale, un
Une fois un ensemencement Il arrive fréquemment qu’un
réalisé, la fréquence de son ensemencement se réalise au
entretien dépendra avant tout dessus d’un ouvrage plus
des deux critères suivants : conséquent (fascine, tressage,
etc.) Il s’agira alors de veiller à
l’évolution souhaitée de la
▪
ce que les déchets de fauche
surface ensemencée ; ne soient pas déversés sur la
la composition botanique du
▪ végétation buissonnante
naissante de l’ouvrage. Les
mélange utilisé (bien que celle- déchets en décomposition sur
ci devrait déjà être établie en
fonction du premier critère). un tressage par exemple, n’ont
pas l’effet fertilisant qu’on
Sion désire garder ouverte et pourrait attendre. Au
contraire, cela étouffe et fait
dépourvue de ligneux une
certaine surface de rive, une périr la végétation en place, ce
fauche annuelle voire tous les qui remet directement en
deux ans est un degré question la stabilité de la
d’intervention minimum berge. D’une manière générale,
cette mauvaise habitude de
pour lutter contre stocker des déchets végétaux
l’étnbroussaiileirit-nt spontané.
sur des berges est à proscrire,
même sur des berges non
Pour satisfaire à une certaine
notion d’ésthétisme, aménagées, car cela constitue
souvent l’origine de gros
notamment en milieu urbain,
des rives pourront être problèmes :
fauchées jusqu’à six reprises ▪ la végétation en place périt
durant une période de étouffée et la protection de
végétation. Conscient de cette surface de la berge n’est plus
situation, on aura pris soin de assurée ;
choisir un mélange à
dominance de ray-grass ▪ les matériaux s’accumulent
anglais (Lolium perenne), en pied de berge et devient le
fëtuque et pâturin des prés courant qui va entamer la
(festuca pratensis, Poa berge opposée ;
pratensis), de même que trèfle ▪ les déchets sont emportés
blanc (Trilolium repens),
par les crues et forment des
toutes des espèces supportant embâcles en aval ;
un rythme de coupe élevé

▪ les jus de fermentation sont


toxiques pour la faune
Généralement, on profite
d’apporter une diversité aquatique.
biologique supplémentaire
avec l’ensemencement, et on Dans des plantations denses,
choisira des mélanges riches l’herbe est éventuellement
en espèces, tout en favorisant fauchée une à deux fois la
celles qui sont les plus première année, pour assurer
efficaces dans la stabilisation. la reprise des jeunes plants
Les mélanges s’inspirent alors qui, dans certains cas, peuvent
des associations *rivulaires être trop fortement
locales, existantes sur les concurrencés. La nécessité de
cette intervention dépend de
berges naturelles. Une à deux
fauches annuelles seront alors la hauteur des plants utilisés
suffisantes, suivant lors de la plantation. Par la
l’association, si l’on désire suite, on abandonne la
maintenir la diversité végétation aux libres
botanique. Toute intervention mécanismes de la concurrence
supplémentaire provoquera à *interspécifique et des
relativement court terme, une modifications de composition,
banalisation de la flore. du moins en milieu naturel.
Généralement, c’est dans la procéder au *marcottage. Les
berge que réside souvent tiges aériennes, après flexion,
l’essentiel des travaux plaquage au sol et
d’entretien. En effet, pour les recouvrement de terre sur la
ouvrages situés pieden berge, sont fixées avec des
(tressage ou fascine), un agrafes ou des boutures
développement trop exubérant entrecroisées. Elles forment
n’est pas toujours souhaité, du ainsi des rejets, plus haut dans
moins dans de petits cours la berge et fixent le sol avec de
d’eau qui pourraient présenter nouvelles racines.
des risques d’obstruction du
gabarit. Sur les positions plus retirées
de la berge, les travaux
Les espèces de saule à d’entretien doivent dépendre
développement arborescent du développement souhaité de
(Salix alba et Salix fragilis) la végétation mise en place, et
sont à éviter dans des plus particulièrement des
ouvrages de pied de berge. saules, qui proviendront
Pour des raisons de généralement de boutures ou
disponibilité des fournitures lits de *plançons :
ou de confusion lors des

prélèvements (qui se font en


▪ veut-on garder
il est artificiellementune végétation
hiver !), parfois difficile
de les éviter. *pionnière à long terme?
Des sujets qui présenteraient ▪ veut-on voir succéder
donc un tel port sont naturellement aux saules
indésirables, à cause des d’autres essences *rivulaires ?
grosses turbulences que
provoquent les troncs, ainsi L’entretien sera dirigé de
que le risque de manière différente, dans l’une
déchaussement plus élevé et ou l’autre option. Dans le
toutes les conséquences qui premier cas on procédera à un
s’ensuivent (instabilité de la
recépage. Pratiquement, il
berge, déviation du courant, s’agit, par une section propre
érosion accrue, embâcles, et légèrement inclinée afin de
etc.). diminuer les risques de
pourriture, de sectionner les
La taille des saules de pied de tiges à ras de terre
berge a également pour but de 15 cm au-dessus du sol ou à 10 cm
si la
faire gagner les aménagements strate herbacée peut
en efficacité. En effet, des concurrencer en lumière le
peignes denses de branches ligneux. L’intervention doit se
souples sont préférables à de rêpéter dans un intervalle de 3
gros troncs espacés. à 10 ans. Dans le second cas,
l’entretien se basera sur des
La taille ne doit pas se faire à principes empruntés à la
hauteur d’homme en réduisant sylviculture et plus
la couronne des arbustes, mais précisément au concept de la
il s’agit de procéder à un forêt jardinée, à la différence
recépage (coupe à 5 ou 10 cm prés que le but ici n’est pas de
du sol) sélectif des plus produire du bois. On
grosses tiges, ou de celles qui effectuera donc des coupes
pourraient entraver sélectives, dans l’idée que les
l’écoulement du cours d’eau, et saules devront
favoriser l’accumulation des progressivement être
embâcles. Avec les branches remplacés par d’autres
les plus souples, il est essences (aulne, frêne, érable,
également possible de etc.).
Dans les aménagements, la diversification du milieu. Si le
végétation arborescente est développement de la
généralement destinée à être végétation et sa disposition
plantée en sommet de berge sur la berge ont bien été

ou au-dessus du niveau de appréhendés lors de la


crue de plein bord. Il peut réalisation du projet,
s’agir de boutures de saule l’entretien de la végétation
d’espèces arborescentes ou de arborescente devrait se limiter
plantation d’autres essences. à des travaux mineurs :
Dans des conditions où les
riverains ne désirent pas jouir ▪ éliminer un arbre penché ou
du bois et afin de favoriser la déchaussé ;
faune *rivulaire, plutôt que de
brûler ou d’évacuer les ▪ élinimer un arbre placé trop
déchets de coupe, un dépôt du bas sur la berge ;
bois hors niveau de crue
*cinquantennale fournit ▪ redonner plus de lumière à
nourriture, caches, abris et un cours d’eau très fermé,
examen
Les exemples ci-après ont été
sélectionnés pour les raisons
suivantes :
1. Chacun a été motivé par une
problématique de base
différente (érosion, glissement
de terrain, création d’un
boulevard, déplacement du
cours d’eau, etc.).

2. Chacun a été approché et


analysé différemment, car les
données scientifiques
(hydraulique, sol, faune, flore,
etc.) étalent soit inexistantes,
soit existaient partiellement ou
totalement.
La méthodologie a donc été
adaptée à la disponibilité de
certaines données.

3. Chacun a bénéficié de
techniques végétales
différentes.

4. Chacun correspond à des


types de rivières
complètement différents.
LE PROBLEME DE BASE

La rivière Sorne est un cours De manière générale les débits


d’eau du canton du Jura dans de la Sorne sont faibles, étant
lenord-ouest de la Suisse. considérablement influencés
Affluent de la Birse, elle par les phénomènes
parcourt une longueur totale *karstiques. Toutefois, lors de
de 29,6 km avec une superficie la crue exceptionnelle du
totale de *bassin versant égale 23 juin 1973, le débit de la
à 208,5 km2. Sorne a été mesuré à100 m3/s
à Delémont (confluence avec
Le tronçon étudié se situe sur ; un calcul de
la Birse)
la commune de Courfaivre où proportion rapporté à la
le *bassin versant compte surface du *bassin versant a
environ 156 km2 soit les 3/4 de permis d’évaluer le débit de
la surface totale. Il y a une projet égal à 75 m3/s à l’endroit
longueur égale à 35 m, se situe étudié.
sur la berge gauche de la
rivière et est caractérisé par
une zone d’érosion marquée La Sorne a été fortement
d’environ 25 m et d’une zone corrigée en amont de
de glissement (éboulement Courfaivre. L’accélération des
d’une dizaine de mètres de courant a provoqué une
longueur
longueur et mètres érosion accrue des berges et
environ33mètres
et environ
de hauteur). La pente générale du lit. Des enrochements se
du cours d’eau est de 17,4 % trouvent "pendus" à plus d’un
alors qu’elle est de 5% sur le mètre au dessus du fond du lit.
tronçon étudié. L’agriculture étant assez
intensive celle-ci laboure
Le cours supérieur de la Sorne jusqu’au sommet de berge,
est très "sauvage" et coule à contribuant à détruire la
travers de nombreuses *ripisylve protectrice.
formations rocheuses (gorges,
éluses).Le tronçon concerné
est plus en aval, en plaine, et Le manque d’entretien du *lit
se situe justeaprès un pont mineur et les coupes
qui crée une contradiction et un systématiques en sommet de
seuil qui accélère berges ont favorisé aussi la
l’écoulement. dégradation des zones encore
naturelles. Toute la plaine est
La pluviométrie est environ considérée comme zone
égale à 1,400 mm/an aux inondable car les phénomènes
abords de la source (950 m de remontées de nappes
d’altitude), alors qu’elleest souterraines et des
d’environ 1.000 mm/an dans la engorgements superficiels sont
région du tronçon étudié souvent plus fréquents que les
(450 m d’altitude). débrodements de cours d’eau,

SOLUTIONS PROPOSÊES
Les aménagements en et dessouchage, évacuation
techniques végétales proposés des matériaux et déchets) ;
ont été de deux natures réglage de la pente de la
▪
différentes en fonction de la berge ;
nature des sols, des
contraintes hydrauliques et, ▪ battage mécanique des pieux
des paramètes physiques de saule (longueur 150 cm,
(érosion et glissement). espaces de 60/100 cm) .
L’ensemble des travaux a été ▪ mise en place d’un tressage
réalisé en avril 1993 ; en pied de berge, hauteur
30 cm (branches de saule
capables de rejeter), fixation
ZONE ERODEE (figure 17) aux pieux ;
▪ travaux forestiers et de; remblai de terre végétale
▪

nettoyage (défrichement de derrière le tressage et réglage


buissons, abattage de 2 arbres. (apport extérieur) ;
Figure 17.
mise en place d’une natte réalisation d’une chemise
▪
Techniques
végétales
proposées pour la
en jute tissée (type Sifor drainante derrière le caisson zone érodée de la
S 1,000 g/m2) de manière à pour évacuer l’eau et diminuer Sorne à
couvrir la berge et éviter le la poussée de l’ouvrage; Courtaivre
ravinement en cas de crue (matériaux calcaires anguleux
durant les deux premières 40-150 mm ou graviers-galets,
périodes végétatives (fixée par compactés légèrement par
des agrafes métalliques en U, couche);
longueur totale 60 cm) ; remplissage du caisson par
▪
▪ mise en place de boutures les déblais du dépôt latéral ;
de saule (longueur 60-80 cm,
diamètre 2-5 cm, enfouies fur età mesure du
▪ au
aux
3/4, 5 pièces/m2) ; montage du caisson, pose de
branches de saule capables de
▪ ensemencement, manuel des
rejeter incorporées dans la
surfaces travaillées (mélange structure (longueur des
type Hydrosta soleil, 30 g/m2) ; branches ≥ 2m, diamètre - 2 cm,
▪ des plantations d’essences 15 pièces/m) ;
*rivulaires ont été prévues
▪ le remblayage du talus sur
mais la saison étant déjà caisson et la mise en forme se
avancée, elles seront réalisées
durant l’automne-hiver 93-94. fait par l’apport de matériaux
terreux ;

ZONE DE GLISSEMENT (figure 18) ▪ au fur et à mesure


du
remblayage du talus par des
▪ terrassements : déblais à la matériaux terreux, un lit de
machine (pelle hydraulique)
*plançons est réalisé en
des matériaux de manière à branchés,de saule capables de
dégager une bonne assise en rejeter (longueur 50-60 cm,
bordure du cours d’eau (mise diamètre env. 2 cm ; 15 pièces/m
en dépôt latéral de
enfouies aux 3/4 et inclinées a
matériaux) ; 10°).
▪ réalisation d’un caisson en
le haut de berge est
▪
rondins (*résineux) à double
parois (longueur 11 m, complété par la mise en place
d’une natte en jute tissée,
profondeur 2 m, hauteur
1,20 m, diamètre des rondins plantée de boutures de la
même manière que pour la
20 cm) ; rondins fixés les uns
aux autres par des aciers
zone érodée ;
d’armature (diamètre 14- ▪ ensemencementmanuel des
16 mm, longueur 60 cm) ; surfaces travaillées.
Figure 18.
Techniques
végétales
proposées pour la
zone de
glissement de la
Sorne à
Courtaivre

APPRECIATION

La réalisation très récente de bon comportement de


▪ un
cet ouvrage ne permet pas de l’ouvrage lors des hautes eaux,
tirer de conclusions définitives dont la fréquence a été très
quant son comportement. soutenue pendant les mois de
Cependant, des points positifs septembre et octobre 1993.
sont à constater :

excellent développement
▪ un
Alors (qu’il n’était pas prévu au
de la végétation, notamment départ, la mise en place d’un
filet de jute s’est avérée
des lits de branches du
nécessaire sur la zone des
caisson ainsi que du lit de
boutures et de
*plançons, ceci malgré une l’ensemencement. Il est vrai
réalisation relativement
tardive en avril 1993. Ce n’est queboutures
l’effet stabilisateur des
est faible juste après
possible qu’en respectant des la réalisation. C’est donc
temps d’attente minimum essentiellement dans le but
entre le prélèvement des d’assurer la stabilité la
branches de saule et leur
utilisation, de même qu’un première année que le filet de
jute est utilisé. Son emploi
entreposage correct durant devrait être systématique dans
l’attente (endroit ombragé,
des situations identiques.
base des branches au contact
de l’eau);
Le développement des mètres, il faut profiter de
branches du caisson et du lit l’occasion que donnent ces
de *plançons forme un massif deux techniques (caisson
de saules dense et compact. *végétalisé + lit de plants et
Etant donné l’ampleur *plançons) pour varier les
relativement faible de essences utilisées, puisque des
l’ouvrage, cette "monoculture" plants à racines nues peuvent
de saules n’est pas être couchés parmi les
particulièrement choquante, branches. Dans le cas présent,
19 a-b. Mais pour des travaux la diversité a été apportée par
Figure
La Sorne à Courtaivre. identiques sur plusieurs lesplantations en sommet de
Illustrations dizaines voire centaines de berge (voir figure 19),
photographiques de
l’évolution de la berge
aménagée
(Photos : B. Lachat et
l’A. Frossard,
Silène-Biotec)

a) Etat de la berge avant les


travaux (30.3.93) :
Zone d’érorosion marquée et
zone de glissement. Les
matériaux glissés ont été
emportés par les crues. La
berge a été nettoyée en une des
travaux.

Noter le caractère semi-urbain


du site b) Développement de
l’ouvrage (22.9.93),
cinq mois après.
Figure 19c-d.
La Sarne à Courtaivre.
illustrations
photographiques de
l’évolution de la berge
aménagée
(Photos : B. Lachat,
Silène Biotec) c) Durant les travaux, détail du
caisson (23.4.33) :
Réalisation de lits de *plançons
au-dessus du caisson
*végétalisé.
Transition, entre l’ouvrage en
tressage de saule et le caisson
*végétalisé.
Protection derrière le tressage
avec une natte de jute.

d) Sis moisaprès
(4.10.93) :
Les boutures dans le
caisson et les *plançons
ont vigoureusement rejetés,
conférant une solidité
supplémentaire à l’ouvrage
et une "ambiance" de vie
caractéristique.
LE PROBLEME DE BASE

Le tronçon étudié sur la rivière an) et de bon nombre de ses


l’Ognon a une longueur de affluents, alors qu’elle atteint
1,300 m, est situé en aval de la environ 1.0OO mm par an dans
commune d’Autrey-le-Vay et la partie juste en amont du
est géré par le Syndicat secteur étudié (à 65 km de la
d’Aménagement de la Haute source). Les inondations sont
Vallée de l’Ognon. fréquentes à la fin du
La rivière, très méandreuse,
printemps, en été (orages) et
durant l’automne, alors que la
présente allure
une
période sèche se situe en hiver
*morphodynamique très et au début du printemps.
variée : peu d’endroits sont
stables. De longs tronçons La pente générale du cours
présentent de fortes érosions, d’eau est de 9 %, celle du
provoquant des dépôts de tronçon d’étude, d’environ
graviers qui se végétalisent 1,16 %. L’écoulement,
rapidement et qui augmentent rapporté à l’ensemble du
l’effet de détournement du
cours d’eau.
tronçon étudié, est fluvial.

La pluvlométrie est abondante Les données disponibles ont


dans la région de la source de permis d’établir les débits
l’*Ognon (1.500-2.000 mm par caractéristiques suivants :

Les valeurs de débits sur En ce qui concerne le secteur


3 jours renseignent sur les étudié, les berges sont soit
niveaux et durée de complètement dénudées de
submersion. leur végétation typique et
Les crues présentent une
adaptée, soit meublées avec
des essences de culture
montée rapide et un étalement
assez lent. Les débordements
inappropriées telles que
le peuplier, ce qui crée
sur le site concerné sont
une situation tendant à
fréquents avec des hauteurs renforcer l’érosion dans les
d’eau atteignant 50 à 70 cm sur deux cas.
les terrains avoisinants.

Très peu d’informations sur les L’exemple illustré par la figure


débits et hauteurs d’eau 21 montre une rive agricole
moyens étaient disponibles. complètement déboisée où les
Mais, selon les conditions derniers arbres isolés dans le
naturelles rencontrées, *lit mineur se déchaussent.
déterminer un débit de projet L’autre rive est occupée par
ne semblait pas être utile une plantation de peupliers
puisque, logiquement, il faut qui tombent régulièrement, et
considérer et maintenir la zone entravent l’écoulement en
bordant le cours d’eau comme déviant le courant sur les deux
inondable. berges.

LA SOLUTION PROPOSEE

En ce qui concerne le lit, les (enrochements) ont également


"bancs de galets ont été été implantés dans des
partiellement arasés, un grand courbes externes de manières à
seuil à effet directif à été guider 1’écoulement vers
réalisé (rampe en l’intérieur du *lit mineur et à
enrochements incurvée de ralentir la vitesse de l’eau sur
manière à conserver un niveau une certaine portion,
d’eau minimum à l’étiage et favorisant ainsi la
cintrée côté amont de manière sédimentation différenciée des
à dévier au centre granulats.
l’écoulement qui se dirigeait En ce qui concerne la berge
contre la berge). Des épis droite de l’Ognon (courbe
externe), initialement laberge en vue de la
quasiment verticale sur deux à préparation de l’ouvrage en
trois mètres de hauteur, les techniques végétales, car le
aménagements suivants ont substrat très limono-terreux
été réalisés : de toute la berge présentait de
bonnes conditions pour les
▪ *talutage de la berge avec
pente 3/2 à 3/1 ; végétaux ;
confection d’un solide pied
▪ un lit de petites branches a
▪
de berge en fascines de saule, été placé sous la fascine afin
surmonté de boutures (figure d’éviter un déchaussement de
20, variante 1) dans la majeure l’ouvrage par le dessous, ceci
partie du tronçon corrigé et en raison de la granulométrie
d’une couche de branches de très fine du substrat ;
saule vivantes (figure 20,
afin de réaliser un pied de
▪
variante 2) dans les endroits
où les forces d’arrachement berge végétal le plus
stabilisant possible, un lit de
sont les plus importantes, soit
branches capables de rejeter a
juste en amont du seuil par été placé derrière la fascine. Le
exemple; niveau d’étiage n’étant pas
ensemencement hydraulique
▪ connu très précisément, les
de la berge travaillée. branches placées ainsi,
presque verticalement, ont
Figure 20. toujours les pieds dans l’eau
Coupe type des REMARQUES :
solutions et, sauf en cas de crue, ont
réalisées pour ▪ il n’a pas été nécessaire de toujours le nez hors de l’eau
protéger la berge procéder à un apport de terre (condition de réussite de
droite de l’Ognon végétale suite au *talutage de l’ouvrage).
APPRECIATION

L’aménagement ayant été puis transportés (env. 150 km)


réalisé au début du printemps avant d’être mis en place, leur
1993, il est possible d’en tirer capacité de rejets étant ainsi
un certain nombre de leçons. réduite, il paraît alors essentiel
En effet, si initialement le de préciser à l’avenir, dans le
projet et la motivation cahier des charges pour
permettaient, de garantir l’entreprise, que les saules
toutes les conditions de doivent être prélevés un
réussite, un certain nombre maximum sur place et que le
d’éléments liés à la réalisation temps entre le prélèvement et
ont conduit à un ouvrage qui la mise en place ne devrait pas
estsatisfaisant, mais qui aurait excéder deux jours. Même si
pu être beaucoup plus pour les administrations
performant : (DDAF, syndicats
intercommunaux, etc.) cela
des difficultés
▪ demande du temps et que
administratives liées au choix négocier le prélèvement de
de l’entreprise et au saules avec les propriétaires
financement des travaux ont des terrains concernés est
provoqué un retard notable parfois gênant et difficile, il
dans le début des opérations faut le faire. La qualité de
(1ère réunion d’implantation l’ouvrage réalisé en techniques
des ouvrages et début de végétales en est directement
chantier le 13 avril 1993! ), de dépendante.
sorte que les végétaux
commençaient déjà à Finalement, l’ouvrage se
débourrer, perdant ainsi une comporte bien. Des
bonne partie de leur énergie ; compléments sont encore à
apporter par rapport au
les saules étaient abondants
▪ projet,à savoir la
sur le site, mais répartis sur de reconstitution d’une *ripisylve
longs tronçons et surtout sur en sommet de berge pour
des propriétés non touchées amener à long terme une

par les aménagements. Ceci protection complémentaire à


fait que l’essentiel des la stabilité de la berge. La
végétaux utilisés ont été figure 21 illustre l’évolution
prélevés à l’avance et ailleurs, des ouvrages.
Figure 21 a-c.
L’Ognon a Autrey-
le-Vay.
Illustrations
photographiques
de l’évolution de
la berge.
aménagée
(Photos :
B. lachat,
Silène-Biotec)
LE PROBLEME DE BASE

Le schéma directeur de nécessaires au


l’agglomération lyonnaise, dimensionnement des
approuvé en avril 1990, a mis ouvrages en techniques
en évidence la nécessité de végétales :
réaliser le bouclage routier du ▪ température annuelle
boulevard périphérique. Le
moyenne à Lyon : 11,5° C ;
siteest stratégique par le rôle ▪ total des précipitations
de son entrée nord-est de Lyon
annuelles ; 829,4 mm ;
et par les possibilités offertes
de prolonger la ville le long du ▪ superficie du *bassin

Fleuve. Le Rhône constitue une versant : 20.300 km2 dont 37 %


forte image de marque à au-dessus de 1.000 m ;
l’échelle de l’agglomération ▪ pente de la ligne d’eau sur le
lyonnaise et doit représenter tronçon étudié : 0,5. %o ;
un élément fédérateur pour les
différents grands projets sur le
▪ le Rhône en amont de Lyon
est marqué par l’influence
site. L’aménagement des
montagnarde avec des eaux
berges et du lit du Rhône ont fraîches et bien oxygénées ;
toute leur importance non
▪ la région lyonnaise se situe à
seulement pour des questions l’interface entre plusieurs
hydrauliques et d’implantation
influences climatiques, qu’il
d’ouvrages routiers, mais est difficile d’analyser ici;
également pour des questions
de revalorisation paysagère du ainsi, si: le premier trimestre
Site. de l’année (hiver) est la
période la plus sèche à Lyon
(161,3 mm de pluie), c’est
Afin de permettre la réalisation aussi la période où le Rhône
des ouvrages précités, le connaît ses plus grandes crues
Rhône sur le secteur concerné (d’octobre à janvier). Les
(tronçon pont Poincaré - pont grosses crues sur le Rhône se
Churchill) voit son lit rétrécir sont toujours produites par
par un aménagement remblayé une grande crue de l’Ain, (débit
sur le cours d’eau d’environ moyen de 200 m3 /s) ;
30 m de largeur et approfondi ▪ les vitesses varient
de 5- 6 m sous le pont.
Poincaré. Cela laisse une berge généralement de 0,13 à 2,3 m/s
et peuvent atteindre 4 m/s en
gauche du fleuve neuve, cas de grande crue ;
artificielle et entièrement nue,
dont la mission confiée était ▪ les débits caractéristiques
de la *végétatiser, de manière du Rhône sur le tronçon étudié
à se sont les suivants :
rapprocher le plus
possible du modèle d’une Qétiage = 220 m3/s ;
berge naturelle et Qsemi-permananent =
515 m3/s ;
caractéristique de la Q1 = 1.466 m3/s ;
ripisylve, sur une longueur de Q2 = 2.200 m3/s ;
plus de 600 mètres. QIO =
3.200 m3/s ;
Les différentes études Q100 =
4.400 m3/s ;
hydrauliques existantes liées Q1000 = 5.500 m3/s ;
aux grands projets sur le site ▪ la différence de niveau entre
ont permis de connaître un Qétiage et Q100 est d’environ
certain nombre de données 6 mètres.

LA SOLUTION PROPOSEE
CALCUL DE FORCE TRACTRICE
Afin de déterminer quel type
d’aménagement en techniques
végétales de protection de
berge peut être mis en oeuvre,
il a été procédé à différents
calculs de force tractrice dont
voici un extrait applicable à
deux profils en travers du
secteur étudié :
Ces calculs de force tractrice connaître les limites de mise
donnent des valeurs qui sont en mouvance des matériaux

faibles (maximum de 60 N/m2 constitutifs de la berge


pour la crue centennale et (graviers grossiers avec d75 =

calculées en fonction de la 5 cm) :


vitesse de l’eau contre la
berge), ce qui, en regard de Rappel des formules :
l’abaque de l’annexe A1, serait
supportable par des essences τ0 (N/m2) = 8 d75 (cm).
herbacées, *graminées, bien (force tractrice critique sur le
adaptées. Il est cependant fond)
nécessaire (de prendre une τ’0 (N/m2) = &khgr; - τ0
certaine distance par rapport à (force tractrice critique sur les
ces résultats et considérer un
berges).
facteur de sécurité important. avec :
En effet, la berge entièrement
neuve sera moins "compactée"
qu’une berge naturelle
(cohésion entre les matériaux
constitutifs peu importante),
d’où fragilité potentielle de la
fondation de l’ouvrage en
techniques végétales.
D’autre part, même si la pente
de la ligne d’eau sur le tronçon
considéré ainsi que les
vitesses de l’eau en cas de
crues demeurent peu élevées,
la "force intrinsèque" du cours
d’eau, de par les volumes
d’eau transportés, demeure
très importante et difficile à
évaluer.

CALCUL DE FORCE
TRACTRICE CRITIQUE

Il a également été procédé à


différents calculs de force
tractrice critique afin de
Ce calcul donne un résultat de stabilisation solide en
force tractrice critique qui est techniques végétales ;
inférieur aux forces tractrices protection de la partie de
dues aux crues, calculées berge la plus sollicitée par les
précédemment. On peut donc crues et fixée par du fil de fer à
admettre que, dès la crue de solides pieux de saule dont
annuelle, les matériaux la longueur aura au minimum
constitutifs de la berge 1,50 m ;
peuvent entrer en mouvement des boutures de saule :
▪
selon un calcul fait en fonction stabilisation de la berge dans
de la vitesse de l’eau. la partie intermédiaire ;
C’est pour cette raison qu’il a des plantations :
▪
été projeté de mettre en place stabilisation du haut de berge
un *géotextile de protection où les sollicitations sont moins
sur toute la surface de la berge importantes ;
aménagée, quel que soit ▪ un ensemencement : toute la
l’ouvrage en techniques surface de berge est
végétales imaginé. ensemencée manuellement ou

hydrauliquement afin
d’augmenter la protection du
PROFIL DE BERGE À RÊALISER sol d’une part et d’éviter un
Les différents calculs trop fort développement
d’essences végétales non
présentés ci-dessus,
l’expérience du bureau désirées d’autre part ;
d’études ainsi que les ▪ un *géotextile; pour les
différentes discussions avec raisons citées plus haut, une
les représentants du ou des natte *géotextile est mise en
maîtres d’ouvrages (SEM de la place sur toute la surface de la
Cité Internationale de Lyon, berge (filet de jute 1.000 g/m2).
Compagnie Nationale du Cette natte est putrescible au
Rhône) et du bureau de bout de deux à trois ans, c’est-
paysagiste (M. Corajoud, à-dire une fois que les
Paris) ont conduit à proposer végétaux se sont suffisamment
le profil type de la figure 22 développés. Elle est fixée
pour la végétalisation de la solidement au moyen de fil de
berge gauche du Rhône. En fer et pieux jusqu’à un niveau
partant du pied de berge et correspondant à Ql. Au-delà,
jusqu’au bas-port (promenade des fers à béton recourbés
piétonne submersible avec la d’une longueur totale de 1 m et
crue quinquennale), on des agrafes métalliques en
trouve : forme de U pour la remise on
merlon : constitue
▪ un
place du *géotextile, découpé
l’assise de la berge ; réalisation pour les travaux de
en enrochement avec un
plantations, sont utilisés. La
niveau supérieur qui ne doit découpe est nécessaire dans le
*géotextile pour les
pas dépasser la cote
correspondant au débit semi-
plantations, alors que les
boutures sont mises en place
permanent. Imposé par le directement à travers la natte.
maître d’ouvrage pour éviter
l’effet du batillage contre la Le choix d’un type de
berge ; *géotextile n’est pas simple
(cf. "géotextiles" p. 72), car il
▪ une zone d’hélophytes : doit
espace (en eau, généralement répondre à divers critères
dont deux, a priori,
calme, délimité entre le merlon
contradictoires. D’une part, les
et lepied de berge *végétalisé ; mailles doivent être les plus
fonction naturelle et
petites possible afin de retenir
esthétique mais non de les particules fines en cas de
soutien de berge ;
crue et d’autre part, les plus
▪ une couche de branches à grosses possible afin de ne pas
rejets : ouvrage de étrangler les végétaux et
permettre un développement l’ensemencement en deux
correct. C’est pourquoi le étapes, à savoir une première
choix s’est porté sur le jute fois avant la pose du
(produit naturel et *géotextile et une fois après,
dégradable) offrant néanmoins afin d’éviter que la majorité
une bonne résistance à la des graines projetées
traction et tissé (écartement hydrauliquement restent
des fibres par les végétaux et piègées à la surface de la natte
non étranglement). Cependant, de jute.
Figure 22.
le fait d’utiliser un *géotextile Profil type d’aménagement
à mailles relativement fines Les travaux ont débuté en en techniques végétales du
(3-7 mm) oblige à réaliser janvier 1994 (voir figure 23). Rhône à Lyon
Figure 23 a-b.
Le Rhône à Lyon.
Illustration des travaux
envisagés pour protéger
la berge
(Photos : B. Lachat,
Silène-Biotec)
a) Phase travaux
(24.1.94)):
Les couches de branches
sont plaquées au sol et
recouvertes de terre.

b) Phase travaux
(24.1.94) :
Protection de l’ouvrage
en saule par un

*géotextile en jute,
fixation du tout avec
des pieux de saule et
treillage en lit de fer.
La zone à *hélophytes
se trouve entre la

première lignée de
pieux et le merlan.
LE PROBLEME DE BASE

La rivière Birse est un cours Des enregistrements


d’eau du Jura suisse, affluent limnigraphiques sur une
du Rhin. période de 920 jours ont été
effectués par le Service
Le tronçon étudié se situe sur hydraulique national, avant le
la commune de Soyhières, où début des travaux, afin de
le *bassin versant compte compléter ces données :
environ 580 km2. Le but de ▪ basses eaux : 156 jours
l’étude et des travaux qui ont
(17 % de la période)
suivis, avaient pour objet le
détournement du cours d’eau ▪ Q ⩽ 4.6 m3/s : 118 jours
sur une longueur égale à 840 m (13 %)
afin d’obtenir les avantages ▪ Q ⩽ 3.0 m3/s : 38 jours
suivants : (4%)
éloignement de la route
▪
▪ Minimum 4.4.84 : 2.4 m3/s
importante Bâle-Bienne par ▪ Maximum 25.7.82 : 161 m3/s
rapport au village de 25.5.83 : 198 m3/s
Soyhtères, la circulation étant
dense, le tracé étroit et Afin de calquer au mieux le
sinueux, sans compter nouveau tracé de la rivière
l’absence de trottoir : dans son environnement, une
cartesynthétique du lit et des
▪ suppression d’un passage à
berges de l’ancien tracé a été
niveau de chemin de fer à élaborée. Y sont reportées les
l’ouest du village de Soyhières, alternances principales du lit,
fermé 6 heures par jour. la diversité des écoulements,
la configuration des berges
Les missions confiées ont été ainsi que la composition
de deux types : floristique des espèces
ligneuses et herbacées. Des
Contrôler les travaux de
▪ inventaires faunistiques ont
confection du lit de également été pratiqués.
manière à garantir un
bon fonctionnement En ce qui concerne la géologie
hydroécologique du cours du nouveau tracé, outre des
d’eau ; sondages et la pose de
*pénétromètres, les couches
▪ élaborer un projet de mises à nu lors du creusage du
végétation des berges dans nouveau lit ont été analysées
et laissaient entrevoir un
les parties où les techniques
de stabilisation pouvaient ancien méandre dans lequel
porter sur le génie biologique. des bois flottés ont été
analysés au C14. Les plus vieux
échantillons ont montré des
Les débits caractéristiques âges de 5240 ± 40 et 3360 ± 60.
suivantes ont été admis pour La Birse coulait jadis dans les
l’élaboration du projet parages du nouveau lit choisi
mais avec un tracé sans doute
Qétiage = 3 m3/s différent. La partie en amont
Q10 160 m3/s
=
du nouveau tracé est
supportée par des couches
Q50 =
230 m3/s calcaires (*Dogger) alors que
Q100 =
270 m3/s la majeure partie, en aval,
traverse des marnes
Q1000 =
350 m3/s. oxfordiennes.
LA SOLUTION PROPOSEE

La figure 24 (situation) illustre du lit ont été recouvertes de


l’ancien ainsi que le nouveau gravier et de galets avec les
lit de la Birse lié aux matériaux de l’ancien lit.
aménagements routier et
ferroviaire.
PARTIE EN AMONT

La pente rapportée au Rive gauche :


nouveau tracé est de 3 %. du premier pont,
▪ en amont
une zone d’inondation abritant
La nouvelle voie de chemin de principalement des plantes
fer a été dimensionnée *hélophytes a été crée ;
pour une vitesse de base (de ▪ le mur de soutènement des
125 km/h et la nouvelle route chemins de fer, réalisé en
lui est parallèle. Par béton, a vu l’incorpo-ration de
conséquent, le nouveau lit nichoirs à martin-pêcheur,
de la Birse, influencé par la espèce d’oiseau en forte
nécessité d’éviter les diminution dans la région ;
constructions routières et ▪ au pied du mur, des
ferroviaires, présente une blocs de pierre ont été
courbure très accentuée disposés afin de ménager des
au début de la correction caches à poissons (truites
(R = 50). Ensuite, le tracé principalement)
suit la colline sous le et, entre les blocs, des
château de Soyhières, boutures de saule ont
volontairement relativement été mises en place.
sinueux. La correction Rive droite :
peut être schématisée de la
manière suivante : te perré exigé par les
▪
ingénieurs civils ne laissait
partie en amont : 420 m
▪
qu’une maigre place aux
corrigés en technologie dure végétaux, de sorte que seules
et combinée ; de boutures de saule
longues
▪ partie en aval : 420 m ont pu être mises en place à
aménagés en technologie travers les interstices, ainsi
végétale et combinée. que des plantations d’arbres et
Les marnes oxfordiennes arbustes au-dessus,
Figure 24.
Situation
expliquant les
travaux entrepris
à Soyhières
D’une manière générale, immédiate sur la germination
l’aménagement de la des graines et leur croissance
rive droite devrait d’autre part) ;
cicatriser la forte coupure ▪ le haut de berge a été planté
pratiquée dans laforêt, en boutures éparses de
au pied de lacolline, diverses espèces de saule,
par la récréation d’une accompagnées de buissons et
zone de lisière. de quelques arbres
disséminés.
PARTIE EN AVAL

Rive droite :
Une irrégularité maximale des
berges, a été recherchée : ▪ cette berge a été considérée
en tant que rive forestière et
Rive gauche ; comptée comme surface de
▪ pente variant de 2/1 à 6/1 compensation au
permettant l’implantation de défrichement ; quelques 24
plantes *hélophytes comme espèces ligneuses ont été
les roseaux qui existaient sur réparties sur la berge divisée
.lesbordsdel’âncten-Ut; en trols zones distinctes (A, B
un bloc de pied de berge a été et C) à stratification
mis en place pour lester les différenciée (voir figure 25) ;
*géotextiles (nécessaires à la ▪ par endroit, deux blocs de
stabilisation des berges avant pied de berge ont été exigés
le développement *racinaire pour lester les *géotextiles
des végétaux d’une part, et d’une part et soutenir un
afin de créer un effet de serre chemin et les pentes instables
produisant une action de la colline d’autre part.

Buissons Arbres Saules


Comus sanguinea Acer campestre Salix purpurea
Corylus avellana Tilia grandifolia Salix triandra
Crataegus monogyna Alnus glurinosa Salix fragilis
Cratuegus axyacanthaAlnus incana Salix alba
Evonymus europaeus Carpinus betulus Salix viminalis
Ligustrum vulgare Acer pseudoplatanus Salix elaeagnos
Lornicera xylosteum Ulinus montana
Sambucus nigra fraxinus excelsior
Viburnum opulus Prunus padus

Figure 25.
Principe général
d’aménagement
de la berge
Au point de confluence avec faire le reste. L’impulston de
l’ancien lit, un bras mort a été départ a été donnée
gardé de manière à diversifier artificiellement ; au gré des
l’ensemble. compétitions *interspécifiques
et des apports de graines ou
Compte tenu des délais de boutures par les crues, les
imposés très courts (2 mois) espèces se développent
pour travailler avec les
naturellement.
végétaux et compte tenu de la
saison déjà très avancée au Bref historique des travaux
moment où il a été possible réalisés :
d’utiliser les plantes, le choix
de la technique s’est porté ▪ début 1984 : premiers
essentiellement sur l’utilisation terrassements ;
de plantes herbacées doublées ▪ du 4 au 29 septembre 1984
de *géotextiles. Ceux-ci, au
ensemencements hydrau-
nombre, de trois, dont un
liques des berges et pose
provisoire, devaient assurer des 3 *géotextile ;
les rôles (voir [21]) :
▪ 22 novembre1984 : derniers
▪ d’armature du tapis végétal
ensemencements ;
herbacé,
23 novembre 1984 :
▪
▪ derétention du sol, plantations de boutures de
▪ d’effet de serre pour la saule ;
germination et la croissance ▪ 27 novembre 1984 : la Birse
des végétaux, en crue coule pour la 1ère fois
▪ de protection de surface. dans son nouveau lit ;
Les compléments de ▪ avril 1985 : plantations
plantation pour reconstituer d"hélophyles et de ligneux ;
les séries végétales ont été ▪ fin avril 1985 : enlèvement
effectués en 1985. total du *géotextile
Depuis cette date,
plus rien
provisoire;
n’a été entrepris sur ce ▪ mai 1985 : crue supérieure à
tronçon, la Nature (devant

APPRÊCIATION

A l’heure actuelle et déjà indispensable : la*ripisylve.


quelques années après les Les fonctions biologiquessont
et
travaux on ne distingue plus écologiques des berges
l’artificialisation du retrouvées et l’aspect
déplacement notamment dans paysager est loin d’être
la partie en aval. Les végétaux monotone et stérile. Ne plus
ont joué plénement
leur rôle voir qu’il y a eu intervention
protecteur contre l’érosion et constitue un des critères de
l’implantation de la végétation réussite du génie biologique.
a contribué à redonner au La figure 26 illustre l’évolution
cours d’eau un élément de l’ouvrage.
Figure 26 a-c
Evolution de
l’aménagement
de la Birse à
Soyhières
(photos :
B. Lachal,
Silène-Biotec)
Figure 26 d-f
Evolution de
l’aménagement
de la Birse à
Soyhières
(Photos :
B. Lachat,
Silène-Biotec)
Figure 27 a- b
La Sorne à
Courtaivre.
Illustration de la
technique du
peigne
(Photos : B. Lachat,
Silène-Bitec)
figure 27 c-d
La Sorne à
Courtivre.
Illustration de la
technique du
peigne.
(Photos :B. Lachat,
Silène-Biotec)
Figure 28 a-c
La Sorne à
Coutoivre.
Illustration d’un
ouvrage ancien.
(Photos : B. Lachat,
Silène-Biotec)
Figure 28 d-e.
La Sorne à
Courtaivre.
Illustration d’un
ouvrage ancien
(Photos : B. Lachat,
Silène-Biotec)

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