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UNIVERSITE DU BURUNDI

DEPARTEMENT DES SCIENCES DE LA TERRE

COURS DE GEOLOGIE GENERALE II


BAC I GROUPE SCIENCES

Par SIMUZEYE Théodose


CHAPI : INITIATION A LA PETROGRAPHIE MAGMATIQUE-
SEDIMENTAIRE ET METAMORPHIQUE

1.1 LE MAGMATISME ET LES ROCHES MAGMATIQUES DANS


LEUR CONTEXTE GEOLOGIQUE

1.1.1 Constitution des roches magmatiques

Comme vu précédemment, les constituants principaux de la croûte


sont : O, Si, Al, K, Na, Mg, Fe2+, Fe3+, Mn, Ti, P, H. La combinaison des
trois éléments les plus abondants (O – Si - Al) conduit à la formation du
radical des silicates, groupe des minéraux quantitativement le plus
important dans les roches magmatiques et dans la croûte terrestre. Ces
« éléments majeurs » forment un mélange en proportions variables à
haute température et haute pression, une masse silicatée en fusion, un
« bain de silicates » appelé « magma ». Le magma contient, en
quantités moindres, accessoires, des « éléments mineurs », dont
certains éléments volatils (gaz, H2O, CO2, NH3, HCl, HF, H2S, SO2,....).
En général, une richesse en Si s’accompagne d’une richesse en
alcalins (K et Na) (tendance sialique) tandis qu’une diminution de la
teneur en Si s’accompagne souvent d’une augmentation en
ferromagnésiens (Fe, Mg) et Ca et une faiblesse en alcalins (tendance
simique). Une richesse en Si de la fusion silicatée primaire montre
souvent une tendance à la polymérisation des tétraèdres SiO4,
importants lors du refroidissement. A l’opposé, des teneurs moins
élevées en Si sont souvent responsables d’une polymérisation moins
accentuée, s’exprimant par des propriétés magmatiques davantage de
fluidité, la polymérisation s’accompagnant au contraire d’une tendance à
la viscosité.
1.2 Processus de cristallisation du magma
Cristallisation signifie solidification ou passage de l’état fluide ou liquide à
l’état solide, souvent suite à une baisse de la température et de la pression. Cela
sous entend l’élaboration des réseaux cristallins, arrangements tripériodiques des
atomes pour constituer des minéraux. Puisque ce sont les éléments O – Si - Al qui
sont les plus abondants dans le magma, ce sont des silicates appelés « primaires »
qui se formeront à partir de ce bain silicaté. On a l’habitude de classer les principaux
silicates des roches magmatiques en minéraux clairs et légers (densité < 2,7) ou
coupholites (quartz, feldspaths, feldspathoïdes...) que l’on oppose aux minéraux
foncés et lourds ou barylites (densité > 2,7) dont les principaux sont les olivines, les
pyroxènes, les amphiboles et les micas. Les barylites sont principalement
ferromagnésiens et calciques alors que les coupholites sont davantage riches en Si,
Al et en alcalins.
De façon générale, une roche magmatique sera constituée d’au moins un minéral
clair (le plus souvent un feldspath) auquel s’ajoute au moins un minéral foncé. A
cette composition peuvent s’ajouter d’autres minéraux primaires comme des oxydes
(Ilménite, magnétite, hématite…)

1.3 Acidité et basicité du magma

L’acidité du magma n’a rien à voir avec le pH. Elle se définit comme étant le
pourcentage du constituant SiO2 présent dans le magma. Ceci ne veut nullement
signifier le pourcentage du minéral quartz. En fonction du pourcentage de SiO 2 dans
le magma, on pourra distinguer :

- Un excès ou surplus de SiO2 permettant, outre la cristallisation du feldspath,


la formation du quartz. Il s’agit d’une sur-saturation en du magma, définissant
un « magma acide ». Ce cas s’obtient pour 66% de SiO2. Les teneurs en Mg,
Fe et Ca sont alors inférieures à 15%.
- Un déficit en SiO2 conduisant, outre la formation du feldspath, à la formation
des feldspathoïdes. Il s’agit d’une sous-saturation en du SiO2 du magma,
définissant un « magma basique ». Ce cas s’obtient pour une teneur en
SiO2 comprise entre 45 et 52%. Les teneurs en Mg, Fe et Ca sont alors
comprises entre 20 et 35%. Pour moins de 45% de SiO 2, on entre dans le
domaine des « roches ultrabasiques » ou ultramafiques.
- Ni excès, ni déficit de SiO2. La quantité de SiO2 dans le magma est juste
suffisante pour qu’elle permette la formation du feldspath, sans quartz ni
feldspathoïdes. Il s’agit d’un cas d’une saturation en SiO 2 du magma,
définissant un « magma intermédiaire ». Cette situation s’obtient pour des
teneurs en SiO2 comprise entre 52 et 66%.

1.4 Les stades de la cristallisation du magma.

Les premiers minéraux à se former lors de la cristallisation d’un magma ne


contiennent pas de groupe (OH) ou « eau de constitution » car ils se forment à
hautes températures et pressions dans les bains silicatés à faibles teneurs en
éléments volatiles et caractérisés par des silicates à polymérisation faible (olivine,
pyroxène….). La phase résiduaire s’enrichira progressivement en éléments volatils
et en éléments mineurs et en traces (H2O, CO2, S, F, B, Be, Li,…)
On distingue généralement quatre (4) phases lors de la cristallisation d’un magma :
- La phase orthomagmatique : phase du début de la cristallisation, durant
laquelle on a la coexistence des états solide et liquide. Elle se termine par
l’individualisation de plus de 90% des minéraux magmatiques primaires. Au
terme de cette phase, la température est comprise entre ± 1800 et 800°C et il
ne subsiste qu’un film fin de produits liquides résiduaires enrichis en éléments
volatils, en eau et en traces qui n’ont pu être incorporés dans les réseaux
cristallins des minéraux primaires pour des raisons « géométriques » liées
entre autres à la grandeur du rayon ionique, la coordination et la charge. Les
éléments volatils et l’eau confèrent à la phase liquide des propriétés de
grande mobilité et fluidité (faible viscosité).
- La phase pegmatitique : lors de cette phase, il y a coexistence de l’état
solide, liquide et gazeux. Les températures sont de l’ordre de 800 à 600°C.
La phase liquide à grande mobilité et fluidité se concentre dans les espaces
libres du pluton en cours de cristallisation, c’est-à-dire dans des fissures, des
parois du réservoir magmatique, des couloirs, des « filons » qu’elle remplit en
y donnant bien souvent naissance à des minéraux bien formés et de grandes
dimensions. Les pegmatites sont alors des roches filoniennes dont les
minéraux sont fréquemment automorphes et de grande taille. Parmi les
minéraux qui se forment, on peut citer certains minéraux fréquents dans les
roches magmatiques (feldspaths, quartz, muscovite, biotite) et d’autres
minéraux comme l’apatite, tourmaline, béryl, topaze, cassitérite….
- La phase peumatolytique. Lors de cette phase, aux environs de 600 –
400°C, l’état liquide silicaté a disparu. Il y a coexistence entre l’état solide et
gazeux (éléments volatils) conduisant à une attaque (altération) des roches
environnantes par cette phase gazeuse ou « pneumatolyse ». Cela conduit à
une corrosion et transformation de la composition de certains minéraux avec
individualisation de minéraux pneumatolytiques tels que la tourmaline (B), la
fluorine (F), l’apatite (P, F), la lépidolite (Li), le spodumène (Li), le béryl (Be),
l’amblygonite (Li)…..
Si une concentration de métaux s’est produite dans le magma, on pourra voir
la formation de la cassitérite, des colombotantalites, de la wolframite, de
l’or….
C’est aussi à ce stade que se forment les « greisen », roches magmatiques
grenues,, formées par pneumatolyse (apport de H+ et de Li+, départ de Na+ surtout
dans les feldspaths) en bordure des massifs granitiques. Ces roches sont formées
essentiellement de quartz et de micas souvent verdâtres ou violacés, enrichis en Li
(muscovite, lépidolite) peuvent aussi contenir de la cassitérite, wolframite,
tourmaline, topaze….
- La phase hydrothermale : A des températures inférieures à 400°C, l’eau finit
par se condenser et va attaquer les minéraux préexistants. C’est « l’altération
hydrothérmale ou hydratation ». les feldspaths sont alors transformés en
kaolinite, les biotites en chlorites, les pyroxènes en amphiboles, les olivines
en serpentines. C’est aussi à ce stade que l’on observe, le remplissage des
filons et filonnets par un peu de quartz tardif, des carbonates (calcite), des
sulfures, des arséniures,….

Les divers stades de cristallisation ci-haut mentionnés nous montrent comment,


dans un massif granitique (plutonique (c-à-d de profondeur), certains éléments,
souvent métalliques, utiles pour l’homme, présents initialement dans le magma en
très faibles teneurs, se retrouvent concentrés dans les filons par un processus
naturel. Le gisement filonien est alors appelé « primaire » qui passera à un gisement
« secondaire » élluvionaire ou alluvionaire par attaque en milieu continental incluant,
l’altération, l’érosion et le transport. Exemples : l’or, la cassitérite, la monazite,…..
1.5 Suite réactionnelle de BOWEN

Comme on l'a vu plus haut, la cristallisation fractionnée, c'est-à-dire le fait que la


cristallisation des silicates dans un magma se fasse dans un ordre bien défini, selon
la suite réactionnelle de Bowen, produit des assemblages minéralogiques différents
: ultramafiques, mafiques, intermédiaires et felsiques. Ces quatre assemblages
définissent quatre grands types de roches ignées.

Prenons comme exemple la cristallisation d'un magma qui refroidit dans une
chambre magmatique (schéma ci-dessous).

Les cristaux ne vont pas se former tous en même temps comme l'exprime la série
de Bowen. Les premiers minéraux à cristalliser seront évidemment les minéraux de
haute température, olivine d'abord, pyroxènes et amphiboles ensuite. Ces cristaux
vont se former dans le magma et vont sédimenter vers la base de la chambre
magmatique pour former une roche riche en olivine, pyroxène et amphibole, une
roche ignée mafique, un gabbro par exemple (roche ignée "A" sur le schéma). Le
liquide résiduel sera donc appauvri en ces minéraux; on aura donc un magma de
composition différente de sa composition initiale. Ce magma aura une composition
intermédiaire
. Si ce magma est introduit dans une chambre secondaire (schéma ci-dessus) et
qu'il poursuit son refroidissement, les premiers minéraux à cristalliser seront les
amphiboles, les biotites, le quartz et certains feldspaths plagioclases, ce qui produira
une roche ignée intermédiaire, une diorite par exemple (roche ignée "B" sur le
schéma). Si ce magma fait son chemin jusqu'à la surface, on aura des laves
andésitiques. Ainsi, à partir d'un magma de composition donnée, on peut obtenir
plus d'un type de roche ignée

Fig.
4.1.6 Modification de la composition initiale d’un magma
Plusieurs mécanismes contribuent à faire évoluer la composition chimique
originelle et initiale du magma en fonction du temps et conduisent ainsi à la
formation de types de roches dérivées d’un magma primaire ou « magma
parental ».

- La différenciation magmatique : il s’agit d’un processus par lequel un


magma se scinde en portions chimiquement et minéralogiquement
différentes, chacune d’entre elles pouvant évoluer indépendamment. Ces
processus conduisent à une succession de roches magmatiques différentes
les unes des autres mais ayant des traits communs, constituant des
« lignées » ou « séries magmatiques ». Ce processus résulte du fait qu’un
magma ne cristallise pas à une température spécifique mais, au contraire,
dans un intervalle de températures. Des minéraux de haute température
pourront ainsi être empêchés de s’équilibrer avec le liquide résiduaire dont ils
viennent de précipiter. Le résultat sera un liquide différencié qui donnera,
après cristallisation, une roche chimiquement différente de la composition
initiale du magma. La cristallisation fractionnée, processus le plus commun et
effectif des roches magmatiques est caractérisée par une évolution générale
dans les séries magmatiques, d’un « pôle basique », riche en Fe, Mg, Ca et
pauvre en Si, vers « un pôle acide » riche en Si et en alcalins, K et Na.
Les processus principaux empêchant la réaction entre les cristaux primaires et la
phase liquide résiduaire sont : le fractionnement par gravité, le filter pressing et le
zoning
- Le fractionnement par gravité : il s’agit d’un processus observé dans les
premiers stades de cristallisation, surtout pour un magma basique, lorsque la
phase liquide prédomine encore largement. Il est le résultat d’une séparation
par gravité des cristaux initialement formés et contenus dans la phase liquide.
Le fractionnement s’opère, soit par le fait que ces cristaux, plus légers
comme les plagioclases, flottent ou surnagent, soit, au contraire, par le fait
que les ferromagnésiens (olivines, pyroxènes) plus lourds, précipitent et se
concentrent à la base de la chambre magmatique en y formant des
« cumulats ». On obtient ainsi dans certains massifs basiques des
associations litées (magmatic layering) avec parfois des figures
sédimentaires ou alternent gabbros, leucogabbros, anorthosites, péridotites,
pyroxénites.
Ceci est en particulier le cas du Burundi pour les massifs basiques et
ultrabasiques de la « ceinture minéralisée » en Ni, Cu, Co, Fe, Ti, V, Pt
(Musongati, Mukanda-Buhoro, Waga et Rutovu,Nyabikere,Muremera) où les
sulfures ou oxydes ainsi formés auront tendance à rejoindre les cumulats plus
lourds.

- le filter pressing : ce processus est caractéristique d’un stade avancé de la


cristallisation du magma. Il consiste en une séparation physique du liquide
résiduaire contenu dans une « mousse » ou « pâte »ou encore « éponge »
essentiellement cristalline. La séparation peut être due à plusieurs causes :
forces mécaniques se manifestant au niveau de la chambre magmatique,
propre poids des cristaux qui s’accumulent……
- Le zoning ou aspect zonaire : Ce processus traduit les variations de la
composition chimique au cours de la croissance du cristal. Il est
caractéristique des minéraux formant des séries isomorphes comme les
plagioclases, les olivines, certains pyroxènes
- Assimilation ou hybridation: Ce processus résulte de la réaction entre un
magma et la roche encaissante dans laquelle le magma est injecté. En
général, il s’agit d’un phénomène, relativement limité aux pourtours externes
du pluton. Il pourra être important s’il y a contact prolongé entre l’encaissant
et le magma à haute température, donc à grande profondeur. Des traces ou
des indications de ce processus sont données par l’existence d’enclaves.
L’assimilation est donc une sorte de digestion. La « granitisation » est parfois
définie comme un processus de transformation d’une roche en granite par
échanges chimiques à l’état solide, sans fusion de celle-ci. L’assimilation de
calcaires et dolomies par un magma granitique pourrait expliquer la genèse
de certaines roches moins courantes dans la nature telles que les syénites et
les phonolites.
- La contamination : mélange en profondeur de deux magmas différents, c’est-à-dire
de composition différente. Dans certaines régions du globe, l’étude minéralogique
des roches indique la présence de cristaux formés dans des magmas à propriétés
contrastantes. Un mélange est ainsi suggéré comme mécanisme plausible pour
l’évolution magmatique. Ce phénomène peut se passer dans certaines zones
instables du globe où des profondeurs considérables conduisent à la formation d’un
magma granitique qui peut alors être contaminé (mélangé) par un magma
basaltique d’origine infra-crustale.
4.2 Les roches magmatiques
4.2.1 DEFINITION
L'origine des roches magmatiques a été un thème majeur de discussions depuis le
début de la géologie. Elle pose en effet d'innombrables problèmes, pétrologiques et
géophysiques, liés à la nature et à l'état des matériaux dans les couches internes du
globe terrestre.

Aujourd’hui, on s’accorde sur le fait que les roches magmatiques sont des roches
endogènes, c'est-à-dire ayant pris naissance à l'intérieur de la Terre. Les unes sont
issues de matières fondues, ou « magmas », qui ont fait éruption à la surface : ce
sont les roches volcaniques. Les autres se sont formées en profondeur et
n'apparaissent que par le jeu des déformations de l'écorce et de l'érosion : ce sont
les roches plutoniques ; mais on admet généralement qu'elles résultent aussi de la
cristallisation de matières fondues ou partiellement fondues. En réalité, il n'existe
pas de séparation absolument tranchée entre ces deux groupes de roches, qui
présentent par ailleurs des caractères communs, de sorte qu'on les réunit sous les
termes de roches « magmatiques » ou, plus rarement, « ignées », le premier
mettant l'accent sur une origine à partir de bains fondus, le second sur les hautes
températures ayant dû conduire à la fusion.

4.2.2 Composition

La composition chimique des roches magmatiques varie dans des limites assez
étroites, différentes de celles des roches sédimentaires qui proviennent
essentiellement de leur transformation à la surface du globe. Les données
géochimiques montrent que O et Si sont largement dominants, suivis par Al, puis
par Fe, Mg, Ca, Na, K, etc. La silice joue donc un rôle prédominant et l'on constate
dans sa distribution deux maximums de fréquence, le principal pour 52,5 p. 100 et
un autre pour 73 p. 100. Cela correspond aux deux types de roches magmatiques
ayant la plus large répartition, les basaltes et les granites, qui sont respectivement
les plus représentatifs des roches volcaniques et plutoniques.

Le premier représente 90 % des roches volcaniques et le second 95 % des roches


plutoniques
4.2.3 Le contexte géologique des roches magmatiques
4.2.3.1 Les roches plutoniques (intrusives, de profondeur),
Elles résultent d’une solidification lente en profondeur du magma. Lorsque le
processus se produit dans les profondeurs de la Terre, on parle de roches
plutoniques, encore appelées intrusives. Elles se sont formées à l’intérieur de
l’écorce terrestre par un très lent refroidissement de plusieurs centaines de
milliers d’années en général à des profondeurs de quelques kilomètres ou dizaines
de kilomètres ce qui donne naissance à des roches grenues, car relativement bien
cristallisées.
Les cristaux sont donc souvent de grande taille : ce sont les phénocristaux dont on a
parlé plus haut ; les roches sont dites grenues ou holocristallines, elles ont eu le
temps de cristalliser entièrement. Dans la plupart des cas, les cristaux ont tous à
peu près la même taille, mais parfois certains sont bien plus volumineux que
d’autres et l’on parle alors de roche porphyroïde.

Il se forme alors en profondeur, dans la croûte terrestre, des plutons ou masses de


roches magmatiques de texture généralement grenue, porphyroïde ou pegmatitique
(plusieurs cm), de dimensions et de formes variables (batholite, laccolites, sill (filon-
couche), dyke, apophyse, lopolites…….
Plus tard, ces plutons apparaitront a la surface de la Terre à la suite de mouvements
tectoniques ou par l’action de l’altération et l’érosion des couches qui les surmontait.
On voit alors apparaître en surface, un massif de roches formées en réalité en
profondeur.
Si on se réfère aux relations géométriques entre les roches plutoniques et les
roches encaissantes, on distingue généralement :
- Les plutons (massifs) discordants : ils recoupent la stratification et les
structures des roches encaissantes à l’emporte-pièce. Il s’agit de massifs
circonscrits, diapiriques, c’est-à-dire percants. Ils sont par exemple caractérisés
par leur métamorphisme thermique (de contact), leur auréole de contact, leurs
enclaves.
- les plutons (massifs) concordants qui sont disposés parallèlement à la
stratification et à la structure des roches encaissantes. Leurs bords sont
généralement diffus, c’est-à-dire qu’ils passent au domaine des roches
métamorphiques cristallophylliennes (gneiss, micaschistes) à foliation et
schistosité bien développée, à phénoblastes (minéraux indicateurs de
métamorphismes visibles à l’œil nu). La zone (diffuse) particulière de passage
des roches à propriétés magmatiques (structure grenue, équante) à celles des
roches métamorphiques (structure feuillétée, orientée) est appelée des
« migmatites ». Il s’agit d’une zone où, à l’échelle de l’affleurement, ces deux
types de roches peuvent exister.

Le granite sans aucun doute la plus connue de ces roches ; c’est la roche
principale de la croûte terrestre. Le granite est principalement composé de quartz
(cristal gris) de mica noir (c’est lui qui s’oxyde facilement) et parfois de mica
blanc, ainsi que de feldspath, sous forme de gros cristaux blancs ou parfois
colorés. Les cristaux de quartz sont souvent « informes » : acides, ils ont
cristallisé en dernier pour prendre la place restante.

Le gabbro (mot d'origine italienne) désigne une roche magmatique grenue,


basique, ayant la composition chimique d'un basalte, constituée essentiellement
de plagioclase calcique, de pyroxène et d'olivine. Les gabbros constituent la
partie inférieure de la croûte océanique. Ce sont des roches grenues, Elles
proviennent donc d'un refroidissement lent d'un magma. Les gabbros sont de
couleur généralement vert noirâtre (pyroxènes) avec des plages blanches
(plagioclases) plus ou moins étendues. Les gabbros sont pauvres en silice

La péridotite est une roche magmatique qui constitue la majeure partie du


manteau supérieur.

De nature ultrabasique et grenue, elle se compose essentiellement d'olivines et


de pyroxènes, ainsi que de spinelles (picotite, chromite), de grenats, de
plagioclases, d'amphiboles et de phlogopites. La présence de ces derniers
dépend cependant des conditions de pression, de température et d'hydratation
qui règnent dans le manteau en un point donné.

Il existe d'ailleurs plusieurs types de péridotites en fonction de leur teneur en


olivine, en orthopyroxènes et en clinopyroxènes (dunite, wehrlite, harzburgite,
lherzolite).

DIORITE
Roche magmatique grenue composée pour l'essentiel de plagioclases
(oligoclase ou andésine) et d'amphibole (hornblende), avec un peu de biotite.
1.2.2 Les roches Volcaniques (extrusives, de surface)
Elles sont aussi appelées « laves » et sont le résultat du refroidissement
brutal et rapide des magmas dégazés (solidification du magma à 1800 -800°C).
Le magma en fusion apparaît à la surface du sol dans les volcans. Il s’écoule de
leur cratère sous forme de lave en fusion ou se trouve projeté par la force
explosive du volcan sous forme « d’ejectamenta » dont l’accumulation autour du
cratère forme le cône volcanique.
Les gaz jouent un rôle important comme moteur du volcanisme : sans gaz
dans les magmas, pas de volcanisme.
La composition chimique des laves et des gaz, qui s’exprime à travers les
températures des laves (1800-800°C) est particulièrement importante. Elle est
responsable du caractère fluide de la lave (composition basique) ou visqueux
(caractère acide), ces caractères étant à la base de la morphologie des volcans.
Le volcanisme effusif sera caractérisé par une fluidité des laves donc par des
coulées et éventuellement des lacs de lave en ébullition avec fontaines de laves.
Le volcanisme explosif sera caractérisé par des laves visqueuses, conduisant à
des explosions volcaniques, accompagnées par des projections.
On distingue généralement les éruptions fissurales ou linéaires (basaltes de
plateau) des éruptions centrales ou ponctuelles caractérisées par l’édification
d’un volcan ponctuel.
Dans ce dernier cas, l’on distingue, parfois selon la viscosité des laves et
l’importance des phénomènes explosifs les types de volcans suivants pour une
acidité croissante : type Hawaïen, type Strombolien, type Vulcanien et type
Péléen.
- Le type Hawaïen (des îles Hawaï) donnant des volcans-boucliers :
accumulation des laves très fluides édifiant des cônes à faibles pentes (4 à
6°), mais de diamètre atteignant plusieurs dizaines de kilomètres, à cratère
parfois occupé par un lac de laves. Les explosions et les projections sont
minimes.
- Le type Strombolien (du Stromboli, Italie) est caractérisé par un strato -
volcan à cône régulier, où alternent des coulées de laves et des couches
pyroclastiques (projection des blocs, lapillis, cendres…).
- Le type Vulcanien (du Vulcano, îles lipari, Italie) montre des laves
visqueuses constamment fragmentées par des explosions, et le cône est
presque uniquement formé de projections.
- Le type Péléen (de la Montagne Pelée, en Martinique) ou encore katmaien (
du Katmai en Alaska), montre des laves très visqueuses formant des aiguilles
d’extrusions et pouvant s’accompagner d’explosions donnant des « nuées
ardentes »
Ces quatre types ne peuvent rendre compte de la variété des phénomènes
volcaniques et même un volcan peut être d’un type ou d’un autre selon les
phases d’activité.
C’est par exemple le cas du type Vésuvien (du Vésuve en Italie) à éruptions
tantôt stromboliennes tantôt vulcaniennes.
Actuellement, cette classification n’est plus utilisée parce qu’elle laisse de côté le
volcanisme sous-marin, très important, caractérisé par des coulées de laves en
coussins ou pillow lavas.

Le volcanisme (de composition variable) se rencontre en association avec les


zones d’instabilité de la croûte terrestre.
Ensemble avec les séismes, ils en sont l’expression. Le volcanisme caractérise
la crête médio-océaniques de l’Atlantique et de façon générale, les dorsales
océaniques, les rifts continentaux, les arcs insulaires, les failles transformantes
et enfin, les « points chauds ou hot spots » avec leurs panaches (plumes).

4.2.3 Les roches hypabyssales (intermédiaires entre les roches de surface


et de profondeur)

La plupart de ces roches sont souvent traitées ensemble avec les roches
intrusives. Leur aspect est aussi intermédiaire entre les roches de surface et de
profondeur avec une texture le plus souvent finement grenue.
Leur terminologie est la plupart du temps la même, en y ajoutant le préfixe
« micro ». Exemple : microgranite, microsyénite… Une exception importante
cependant : la Dolérite qui est l’équivalent hypabyssal des basaltes et des
gabbros.
4.2.4 Les roches pyroclastiques (cassées par le feu)
Leur mise en place est liée aux explosions volcaniques. Elles sont
constituées pour une partie plus ou moins importante de laves de l’éruption, de
laves antérieures, de roches encaissantes quelconques. Leur mise en place
« explosive » au voisinage ou en absence d’eau leur confère souvent certaines
caractéristiques de roches sédimentaires. Souvent elles posent le problème de
l’importance du remaniement des matériaux dans ces dépôts.
4.3 CLASSIFICATION DES ROCHES MAGMATIQUES

Il existe de nombreux critères de classification des roches magmatiques.


Signalons à ce propos :
- le contexte géologique (de terrain): roches plutoniques, volcaniques,
hypabyssales, pyroclastiques.
- La structure et la microstructure des roches : grenue, microlitique,
vacuolaire…
- L’acidité et la nature du feldspath en tenant compte uniquement des minéraux
clairs
- Le chimisme ; pourcentage en SiO2
- La minéralogie pour laquelle on distingue :
 le pourcentage en volume des minéraux mafiques (foncés)
0 – 10% de minéraux foncés : roches hololeucocrates
10 – 35% de minéraux foncés : roches leucocrates
35 – 65% de minéraux foncés : roches mésocrates
65 – 90% de minéraux foncés : roches mélanocrates
90 – 100% de minéraux foncés : roches holomélanocrates
* le degré de saturation : certains minéraux sont instables en présence du SiO2
dans les conditions magmatiques. Il s’agit de minéraux sous-saturés en SiO2
comme les feldspathoïdes et l’olivine, transformés respectivement en feldspaths
et en pyroxènes.
D’autres minéraux sont capables de coexister avec le quartz. Il s’agit de
minéraux saturés comme les feldspaths et les pyroxènes, amphiboles et micas.
Ces roches sont subdivisées en trois groupes :
- les roches saturées contenant du quartz primaire
- les roches saturées sans quartz, sans feldspathoïdes
- les roches sous saturées contenant des minéraux sous-saturés. Ici on
distingue deux sous-groupes :
 le sous-groupe non-feldspathoïdal sans foïdes mais avec olivine
 le sous-groupe feldspathoïdal avec foïdes et minéraux foncés ou
soussaturés.
Les roches sursaturées correspondent en gros aux roches acides, les roches
saturées aux roches intermédiaires et les roches sous-saturées aux roches
basiques et ultrabasiques.
4.4 Les roches sédimentaires
4.4.1 Introduction
Les roches sédimentaires, appelées aussi roches exogènes, sont les constituants
les plus communs et les plus observés sur la surface de la terre, elles constituent
5% du volume de la lithosphère et s’étendent sur 75% des terres émergées. On le
voit donc, si les roches ignées forment le gros du volume de la croûte terrestre, les
roches sédimentaires forment le gros de la surface de la croûte. Cela correspond
au fait qu'elles forment une pellicule plus ou moins discontinue à la surface de la
lithosphère, les épaisseurs se situant entre 0 et 10 000 m avec quelques rares
exceptions dans certaines provinces montagneuses où des superpositions leur
permettent de dépasser 20 000 m. Au-delà de telles épaisseurs, un métamorphisme
puissant leur fait généralement perdre tous leurs caractères originels et les recycle,
à la limite, sous forme de magma (anatexie). En moyenne, sur les continents,
l'épaisseur est de l'ordre de 2 000 m, puissance habituellement rencontrée sur les
plates-formes.

Le volume total des roches sédimentaires formées depuis l'origine a été estimé à
5 ± 1 × 108 km3, volume qui, réparti uniformément sur la Terre, constituerait une
couche voisine de 1 000 m. En fait, les estimations du volume total des roches
sédimentaires actuelles sont de l'ordre du tiers de la valeur précédente, ce qui
signifierait que les deux tiers des roches formées auraient été recyclées. M. Kuenen
(1941) avait proposé un chiffre beaucoup plus élevé (11 × 108 km3), mais les études
sur les fonds océaniques suppriment la plupart des arguments fournis à l'appui de
ses options.

Les roches sédimentaires forment ainsi un ensemble complexe dont chaque


élément est le témoin d'événements multiples. Elles représentent une somme
d'informations précieuse et inépuisable, puisqu'elles constituent l'enregistrement de
la plupart des faits qui ont marqué l'évolution du globe depuis plus d'un milliard
d'années.

Quatre processus conduisent à la formation des roches sédimentaires: l'altération


superficielle des matériaux qui produit des particules, le transport de ces particules
par les cours d'eau, le vent ou la glace qui amène ces particules dans le milieu de
dépôt, la sédimentation qui fait que ces particules se déposent dans un milieu donné
pour former un sédiment et, finalement, la diagenèse qui transforme le sédiment en
roche sédimentaire.

Le matériel sédimentaire peut provenir de trois sources: une source terrigène,


lorsque les particules proviennent de l'érosion du continent; une source
allochimique, lorsque les particules proviennent du bassin de sédimentation,
principalement des coquilles ou fragments de coquilles des organismes; une source
orthochimique qui correspond aux précipités chimiques dans le bassin de
sédimentation ou à l'intérieur du sédiment durant la diagenèse.

4.5. Différents modes de transport. Concepts de base du transport


sédimentaire.

Généralement, le transport sédimentaire est séparé en 3 catégories:

4.5.1 Le transport par charriage:

Le transport par charriage comporte toute la partie de sédiments transportée qui


reste plus ou moins en contact continu avec le fond marin. Ceci inclut principalement
les sédiments (sables) qui roulent glissent ou sautent le long du lit.

4.5.2 Les matières en suspension:

C'est la part de la charge sédimentaire qui se déplace sans contact continue avec le
fond, ce qui est une conséquence de l'agitation turbulente.

4.5.3 Le 'wash load':

Ceci comprend les très fines particules qui sont transportées par l'eau mais qui ne
font pas parties de la composition du lit marin. Ce terme est négligé lorsque l'on
s'intéresse à la charge totale sédimentaire
4.6 La sédimentation.

Tout le matériel transporté s'accumule dans un bassin de sédimentation, ultimement


le bassin marin, pour former un dépôt. Les sédiments se déposent en couches
successives dont la composition, la taille des particules, la couleur, etc., varient dans
le temps selon la nature des sédiments apportés. C'est ce qui fait que les dépôts
sédimentaires sont stratifiés et que les roches sédimentaires issues de ces dépôts
composent les paysages stratifiés comme ceux du Grand Canyon du Colorado par
exemple.

4.7 Du sédiment à la roche : La diagenèse.

Les sédiments sont généralement d'origines détritiques (débris d'anciennes roches)


mais ils peuvent comporter également, en plus ou moins grandes quantités, des
restes d'organismes vivants (fossiles) le plus souvent microscopiques et/ou des
minéraux apparus par transformations chimiques. On fait donc la distinction, selon le
pourcentage de chacun de ces éléments entre roches détritiques, biochimiques et
chimiques. Les sédiments, une fois déposés, sont généralement meubles et riches
en eau. La diagenèse va correspondre à leur transformation chimique, biochimique
et physique pour former des roches.

Cela se fait en plusieurs étapes, plus ou moins respectées selon la nature du


sédiment :

En surface : Action des êtres vivants : Les animaux fouisseurs favorisent le


mélange des sédiments fins. Protozoaires et bactéries interviennent dans la
dolomitisation, la formation des phosphates, de la pyrite, du pétrole, des charbons.
Leurs rôles sont donc loin d'être négligeables.

Pédogenèse : Elle intervient dans la formation de roches meubles (argile à silex,


latérites) et de roches dures (grès, meulières). Par exemple la silice dissoute sous
climat humide peut cimenter les sables en grès lors des saisons plus sèches.

Dissolution : Concerne les sédiments émergés. Les parties superficielles du


sédiment sont dissoutes par action de l'eau et entraînées en profondeur (poupées
du loess).

Déshydratation : Lorsqu'un sédiment aquatique est asséché, il y a durcissement et


modification de ses propriétés physiques.
En profondeur :

Cimentation : Les éléments dissous par l'eau peuvent, en précipitant, cimenter les
particules du sédiment entre elles. On parle aussi de lithification.

Concrétionnement : Ce sont des accumulations de minéraux particuliers ayant lieu


au cours du dépôt sédimentaire, ou ultérieurement. Selon leur forme, elles portent
plusieurs noms : les sphérolites, les nodules, les géodes, les septarias.

Epigénisation et métasomatose :

L'épigénisation correspond à la transformation d'un minéral préexistant en un autre


de même composition. Il s'agit souvent d'un changement dans la structure du
minéral. Par exemple, l'aragonite, contenue généralement par les tests calcaires
d'organismes, se transforme en calcite.

La métasomatose a lieu à plus grande échelle et correspond à la substitution d'un


minéral à un autre sans changement de volume. Par exemple le CaCO3 est parfois
remplacé par du sulfate de fer (ammonites pyriteuses).

Compaction : Sous l'effet de la pression des sédiments sus-jacents il y a départ


d'eau. Dans un premier temps l'eau en grande quantité tend à fuir sous l'effet de la
charge supportée. Dans un second temps ce sont les grains qui se réarrangent de
façon à supporter cette charge, il y a tassement.

L'obtention d'une roche sédimentaire se fait donc par la transformation d'un


sédiment en roche sous l'effet des processus de la diagenèse. La diagenèse
englobe tous les processus chimiques et mécaniques qui affectent un dépôt
sédimentaire après sa formation.

La diagenèse commence sur le fond marin, dans le cas d'un sédiment marin, et se
poursuit tout au long de son enfouissement, c'est-à-dire, à mesure que d'autres
sédiments viennent recouvrir le dépôt et l'amener progressivement sous plusieurs
dizaines, centaines ou même milliers de mètres de matériel.

Les processus de diagenèse sont variés et complexes: ils vont de la compaction du


sédiment à sa cimentation, en passant par des phases de dissolution, de
recristallisation ou de remplacement de certains minéraux.
Le processus diagénétique qui est principalement responsable du passage de
sédiment à roche est la cimentation. Il s'agit d'un processus relativement simple : si
l'eau qui circule dans un sédiment, par exemple un sable, est sursaturée par rapport
à certains minéraux, elle précipite ces minéraux dans les pores du sable, lesquels
minéraux viennent souder ensemble les particules du sable; on obtient alors une
roche sédimentaire qu'on appelle un grès.

Le degré de cimentation peut être faible, et on a alors une roche friable, ou il peut
être très poussé, et on a une roche très solide. La cimentation peut très bien se faire
sur le fond marin (diagenèse précoce), mais il est aussi possible qu'il faille attendre
que le sédiment soit enfoui sous plusieurs centaines ou même quelques milliers de
mètres de matériel (diagenèse tardive).

L'induration (cimentation) d'un sédiment peut se faire tôt dans son histoire
diagénétique, avant l'empilement de plusieurs mètres de sédiments (pré-
compaction), ou plus tardivement, lorsque la pression sur les particules est grande
due à l'empilement des sédiments.

Dans le cas de la cimentation pré-compaction (schéma du haut), les fluides


qui circulent dans le sédiment précipitent des produits chimiques qui viennent
souder ensemble les particules.

Exemple: la calcite qui précipite sur les particules d'un sable et qui finit par
souder ces dernières ensemble. La compaction d'un sédiment (schéma du bas) peut
conduire à sa cimentation. Ainsi, la pression élevée exercée aux points de contact
entre les particules de quartz d'un sable amène une dissolution locale du quartz, une
sursaturation des fluides ambiants par rapport à la silice et une précipitation de silice
sur les parois des particules cimentant ces dernières ensembles.

4.8 Classification des roches sédimentaires

Selon l'origine et la composition des roches sédimentaires on peut établir un


classement assez précis.

Roches détritiques

Rudites : Ces roches possèdent une majorité de particules dont le diamètre est
supérieur à 2 mm

• roches meubles : Les particules ne sont pas soudées. Ce sont les blocs (>20 cm),
les cailloux (>2 cm), et les graviers (> 2 mm).

• roches consolidées : Les particules sont soudées par un ciment. Ce sont les
brèches (éléments anguleux) et les poudingues (éléments arrondis)

Arénites : Grains, minéraux compris entre 50 mm et 2 mm

roches meubles : Ce sont les sables (de quartz, feldspath, muscovite, calcite,
glauconie, ... )

• roches consolidées : Ce sont les grès, c'est à dire des sables dont les grains se
sont cimentés. Cette cimentation a pu être provoquée lors de la pédogenèse sous
l'action de l'humus, ou en raison des fluctuations du niveau de la nappe phréatique
qui favorise la précipitation du quartz ou encore à cause d'apports ioniques
extérieurs.

• Les arkoses, grès grossiers (Grains anguleux, feldspath >20 %)

• Les Grauwackes, grès sombres à ciment argileux (origine marine ou orogénique)


• Les molasses, grès mixtes à calcite, quartz et tests (origine lacustre ou littorale)
• Les grès micacés, siliceux, calcaires

• les quartzites

Les intraclastes sont des grains anguleux, les pellets des grains arrondis.

Pélites ou lutites : Essentiellement siliceuses, les grains font moins de 50 mm


Les minéraux sont généralement des argiles, des micas, des quartzs, de la calcite,
des tests
Le ciment est souvent de la calcite.

On distingue :

les pélites,

les loess (argile + calcite + quartz),

les marnes.

Roches chimiques et biochimiques

Roches d'origines chimiques

Les roches carbonatées

continentales : ce sont les dépôts formés généralement par précipitation à la suite


d'une diminution de la pression de CO2, d'une augmentation de la concentration en
Carbonate de calcium ou encore quand la température s'élève. Cela aboutit à la
formation des stalactites et stalagmites ainsi que des tufs et travertins (dépôts de
sources pétrifiantes). Il ne faut pas oublier les calcaires lacustres.
marines : ce sont

- les calcaires oolithiques (petites concrétions qui se forment dans les mers agitées
et chaudes),

- les calcaires marneux et les marnes (mélanges plus ou moins important d'argile et
de calcaire. Un apport détritique peut intervenir dans leur formation). Indiquent
généralement un milieu de formation peu profond.
-les dolomies, I (MgCa)2CO3 ou II (la majorité des dolomies est secondaire à calcite,
aragonite et giobertite). La dolomitisation peut se faire pendant la diagenèse, dans
ce cas c'est la giobertite (MgCO3) qui remplit les pores du ciment. Après la
diagenèse, c'est lors de la rencontre entre eaux interstitielles différentes (lagune,
eau douce) que se produisent les remplissages, mais surtout un échange de Ca
avec Mg qui donne les dolomies II (les structures deviennent peu visibles).

Les sparites correspondent à un ciment grossier tandis que les micrites


correspondent à un ciment fin.
Les roches siliceuses : Glauconite, tripoli, silex, meulières diagénétiques

Les évaporites : roches salines provenant d'un lessivage continental ou d'une


évaporation lagunaire.

-Gypse (Température inférieure à 20°C) ou anhydrite (> à 20°C)

-Sel gemme

Roches biochimiques

Elles sont formées par accumulation de squelettes, de tests ou de constructions


d'êtres vivants :

Calcaires d'accumulation (craies à coccolithes, à foraminifères, à entroques,


coquilliers)

Calcaires construits ou récifaux : Ils sont formés par l'accumulation, quasiment sur
place, des squelettes des organismes constituants les récifs coralliens.

Roches siliceuses :

radiolarites (eaux tempérées)

spongolites (spicules d'éponges)

diatomites (eaux froides)

Roches d'origine organique

Charbons : Accumulation de débris végétaux qui sous l'action de


micro-organismes anaérobies s'enrichissent en carbone (destruction de
cellulose). Il y a dépolymérisation puis polycondensation des composés
en acides humiques et fulviques.
On distingue :
Les tourbes (C < 50%)
Les lignites (50 < C < 70%)
Les houilles (70 < C < 90%)
L'anthracite (C 90%)
Ces accumulations peuvent se faire dans des lacs (bassins limniques) de
montagne ou en bordure de mer (bassins paraliques). Les
transformations nécessitent un climat chaud et humide.

Pétroles : Après l'accumulation de débris organiques en milieu


aquatique plus ou moins confiné, il y a transformation des lipides et
protéines en hydrocarbures par des micro-organismes. C'est une
diagenèse biochimique qui a donc lieu et qui aboutit à la formation de
kérogènes (macromolécules polymérisées insolubles dans les solvants
organiques). En même temps, il y a libération de méthane en petite
quantité et de protopétrole qui évoluera en pétrole par perte d'azote et
d'oxygène sous forme de CO2.
La phase de catagenèse qui suit, à plus grande profondeur (température
de 60°), voit la transformation du kérogène en hydrocarbures. Si la
température augmente (150°) il ne restera plus que du gaz sec et du
méthane.
Le pétrole formé par catagenèse s'accumule dans les parties poreuses
de la roche mère mais tend à monter d'où la nécessité d'un toit
imperméable (une couche argileuse par exemple) pour conserver le
gisement et d'une roche poreuse pour retenir le pétrole.
Bitumes : Il s'agit d'une forme plus ou moins solide d'hydrocarbure, liée
soit à des calcaires soit à des schistes. Ces hydrocarbures peuvent, après
traitement, fournir du pétrole exploitable.

roches
Roches détritiques (70% des r. sédimentaires) Roches chimiques
biochimiques
roches carbonatées
roches terrigènes (20-25% des r. sédimentaires)
conglomérats, grès, pélites (argilites et silts) calcaires oolithiques, calcaires coralliens,
travertins, dolomies,.. lumachelles, craie
roches siliceuses
roches volcanoclastiques silex radiolarites, diatomites
(r. pyroclastiques,r. épiclastiques, r. hyaloclastiques)
produits d’accumulation du matériel éjecté par un volcan, fragments
autres roches
de laves , .. chert, évaporites roches carbonées
(halite, gypse, (charbon, pétrole,...)
anhydrite,..) Phosphates
4.9 Les noms des sédiments et roches sédimentaires.

La dénomination des sédiments et roches sédimentaires se fait en deux


temps.

D'abord selon la taille des particules (la granulométrie) chez les terrigènes et les
allochimiques. Deux tailles sont importantes à retenir : 0,062 et 2 mm. La
granulométrie n'intervient pas dans le cas des orthochimiques puisqu'il s'agit de
précipités chimiques et non de particules transportées.

Ensuite, on complète la classification par la composition minéralogique. La


composition des particules des terrigènes se résume au quartz, feldspath, fragments
de roches (morceaux d'anciennes roches qui ont été dégagés par l'érosion) et
minéraux des argiles (par exemple, les sables des plages de la Nouvelle-Angleterre
sont surtout des sables à particules de quartz avec un peu de feldspaths). Quant
aux allochimiques, ce sont principalement des calcaires, ce qui est reflété par le
suffixe CAL dans le nom. Les particules des allochimiques sont formées en grande
partie par les coquilles ou morceaux de coquilles des organismes (calcite ou
aragonite). Les sédiments des zones tropicales sont surtout formés de ces coquilles,
comme par exemple les sables blancs des plages du Sud! Chez les orthochimiques,
le nom est essentiellement déterminé selon la composition chimique.

4.10 - Les roches métamorphiques


Les roches métamorphiques sont issues de la transformation de roches
ignées ou sédimentaires sous l'effet de température et/ou de pressions élevées.
Deux grands types de métamorphisme produisent la majorité des roches
métamorphiques : le métamorphisme de contact et le métamorphisme régional. Un
troisième type est plus restreint : le métamorphisme de choc.

4.10.1 Le métamorphisme de contact.

Le métamorphisme de contact est celui qui se produit dans la roche encaissante au


contact d'intrusions. Lorsque le magma encore très chaud est introduit dans une
séquence de roches froides, il y a transfert de chaleur (les flèches) et cuisson de la
roche encaissante aux bordures.

Les minéraux de cette roche sont transformés par la chaleur et on obtient une roche
métamorphique. Ainsi, les calcaires argileux dans lesquels s'est introduit le magma,
sont transformés, tout autour de la masse intrusive, en une roche dure et cassante
qu'on nomme une « cornéenne ». On appelle cette bordure transformée, “une
auréole métamorphique”. Sa largeur sera fonction de la dimension de la masse
intrusive, de quelques millimètres à plusieurs centaines de mètres, allant même à
quelques kilomètres dans le cas de très grandes intrusions.

4.10.2 Le métamorphisme régional et la foliation métamorphique.

Le métamorphisme régional est celui qui affecte de grandes régions. Il est à la fois
contrôlé par des augmentations importantes de pression et de température. C'est le
métamorphisme des racines de chaînes de montagnes. Le métamorphisme régional
produit trois grandes transformations: une déformation souvent très poussée de la
roche, le développement de minéraux dits métamorphiques et le développement de
la foliation métamorphique. Dans ce dernier cas, les cristaux ou les particules d'une
roche ignée ou sédimentaire seront aplatis, étirés par la pression sous des
températures élevées et viendront s'aligner dans des plans de foliations; c'est la
foliation métamorphique caractéristique de ce type de métamorphisme.

4.1.3 Le métamorphisme cataclastique ou dynamométamorphisme.

La cataclase résulte du broyage d’une roche et de ses éléments, réalisé avec


une certaine ampleur. Ses éléments sont réduits en petits débris anguleux, tordus
ou étirés. Ce métamorphisme est lié à des pressions orientées, en particulier en
association avec des zones de faille. L’intensité des transformations de la roche
sera fonction de sa rigidité ou de sa plasticité.

Le métamorphisme cataclastique conduit au développement de


« mylonites » ou roches broyées plus ou moins finement (brèche tectonique). Au
sens strict, la mylonite est broyée au point que les cristaux originels ne soient plus
identifiables à l’œil nu.

Les roches peuvent être soumises à plusieurs métamorphismes. C’est le cas


du polymétamorphisme, lié par exemple à l’évolution polycyclique de la croûte
terrestre. Le second métamorphisme est soit plus fort « prograde » soit moins fort
« rétrograde » que le précédent.

Les processus métamorphiques se développent essentiellement à l’état


solide. Cela signifie que les nouveaux cristaux doivent se faire de la place aux
dépens des cristaux préexistants qu’ils remplacent dans la roche. Différents
minéraux n’ont pas tous la même habileté à croître à la place des minéraux
préexistants.

4.9.4 Nomenclature des roches métamorphiques.

Certains préfixes sont utilisés pour caractériser les roches métamorphiques

-méta (suivi du nom de la roche non métamorphique) : ce préfixe est utilisé pour
désigner la roche dont la roche métamorphique est dérivée. Exemple : métabasalte,
métaquartzite….dans un sens restreint, ce terme est utilisé lorsque les caractères
pré-métamorphiques sont encore reconnaissables.

-ortho (suivi du nom de la roche non métamorphique) : ce préfixe indique que la


roche métamorphique est dérivée d’une roche magmatique : orthogneiss,
orthoamphibolite…

-para (suivi du nom de la roche non métamorphique) : ce préfixe indique que la


roche métamorphique est dérivée d’une roche sédimentaire : paragneiss,
paraamphibolite…

4.9.5 Classification des roches métamorphiques

Le gros des roches métamorphiques (en volume) provient du métamorphisme


régional. Selon le degré de métamorphisme régional, il se développe une suite bien
spécifique de minéraux. Ces minéraux deviennent donc, pour une roche
métamorphique donnée, des indicateurs du degré de métamorphisme qu'à subit la
roche. A partir des assemblages minéralogiques, on peut établir le niveau des
pressions et des températures auxquelles a été soumise la roche, et ainsi évaluer sa
profondeur d'enfouissement dans les racines d'une chaîne de montagne. Comme
pour les roches ignées et sédimentaires, on applique un certain nombre de noms
aux roches métamorphiques.

Le tableau qui suit présente les noms les plus courants en fonction du degré de
métamorphisme.
4.10.6 Principes de Classification du métamorphisme

- Le concept de la zone métamorphique

Plusieurs « zones métamorphiques », séparées l’une de l’autre par des


isogrades, sont distinguées dans l’écorce terrestre en fonction des conditions
physico-chimiques caractérisant des profondeurs croissantes auxquelles correspond
une augmentation graduelle de la température et de la pression.

Une « zone » correspond ainsi à un volume de terrain présentant un certain


degré de métamorphisme. Sur une carte, les limites de ces zones sont des
« isogrades » ou courbes de même degré de métamorphisme, nommés en général
d’après un minéral. Ainsi, l’isograde chlorite correspond à la disparition de la
chlorite au passage dans une zone de plus fort degré. L’isograde biotite
correspond à la disparition de la biotite.
Classiquement, dans le métamorphisme général, en considérant la séquence
pélitique, on a établi la zonéographie suivante:

- l’Anchizone : transition entre la diagenèse et le métamorphisme, pour une


température de 100° à 200°C et une pression de 1kbar. Elle est difficile à déceler si
ce n’est pas l’étude aux rayons-X. Elle est marquée par l’évolution des minéraux des
argiles : disparition de la kaolinite et des interstratifiés au profit de l’illite et/ou de la
chlorite, puis recristallisation de l’illite qui passe à la muscovite. La plupart des
ardoises sont anchimétamorphiques
- l’Epizone (métamorphisme faible) : roches riches en minéraux hydroxylés (mica
blanc, talc, chlorite, épidote, actinote). C’est la zone des schistes sériciteux et
chloriteux (faciès des schistes verts). La limite supérieure est à T=500°C, définie par
l’isograde biotite
-la Mésozone (métamorphisme moyen) avec des roches à biotite et muscovite,
épidote, amphibole, staurotide, certains grenats,… C’est la zone des micaschistes et
des gneiss à deux micas (faciès à amphibolites). La limite supérieure est vers
T=650°C, définie par l’isograde « sillimanite + feldspath potassique »
-la Catazone (métamorphisme fort) avec des roches à feldspath potassique,
plagioclase, sillimanite, pyroxène, grenat, biotite encore stable). C’est la zone des
gneiss à sillimanite et biotite (faciès des granulites et des éclogites). La limite
supérieure est au-delà de 700°C avec le début de la fusion ou anatexie.
-l’Ultrazone avec des leptynites à cordiérite et/ou grenat, la biotite ayant disparu.
Domaine des Température Pression Profondeur
roches lithostatique
sédimentaires et
de la diagenèse
EPIZONE Modérée Faible 4 – 7 km
SUPERIEURE
MESOZONE INFERIEURE Moyenne Moyenne 7 – 14 km
CATAZONE Elevée Forte 14 – 20 km
ULTRAZONE

ALTERATION DES ROCHES

Les roches les plus altérables sont celles qui contiennent des minéraux altérables.
Ce peut-être des minéraux facilement solubles ou instables à la surface du globe.
En effet les minéraux les plus stables sont ceux qui se forment dans des conditions
de faibles températures et pression voisines des conditions de la surface. Ceux
formés en profondeur seront donc moins stables.

Les Phénomènes d'altérations

Le climat, la végétation et les êtres vivants vont agir physiquement et chimiquement


sur les roches superficielles. Différents processus vont les dégrader, les transporter
et former des sédiments détritiques.

La désagrégation physique

Les roches présentent des discontinuités qui permettent la formation d'accidents


sous l'effet de différents facteurs.

Les différents accidents :

Rares sont les roches formant un bloc parfaitement uni. De nombreuses


discontinuités comme les diaclases, cassures dues à des déformations profondes,
des failles, cassures accompagnées d'un déplacement, les joints, discontinuités
entre deux strates dues à des variations lors la formation d'une roche sédimentaire,
la porosité, les minéraux ou les particules font que les roches ne forment pas un
bloc homogène mais laissent des pores entre eux.

L'altération va agir principalement au niveau de ces surfaces de discontinuité.

On peut distinguer :

-Les variations de températures : elles entraînent des phénomènes de dilatation-


contraction importants des minéraux (Thermoclastie).

-Le rôle du gel à travers les fissures ou les pores (Cryoclastie) n'est pas à négliger
non plus.

La circulation d'eau dans les fissures et les pores :

l'évaporation déstabilise la structure des roches poreuses en diminuant la pression à


l'intérieur de la roche.

Après évaporation, la recristallisation de minéraux dissous, transportés par l'eau, fait


pression sur les parois des fissures (haloclastie).

Ces phénomènes vont aboutir à la fragmentation du bloc rocheux. La gravité va


entraîner de nouveaux accidents :

les éboulis : les blocs tombent un à un ou en petits nombre, et se classent selon la


taille et le poids des blocs,

- les éboulements : écroulements de pans de falaise. Il n'y a pas de vrai classement


des roches,

- les glissements : une roche profonde change de comportement et devient instable,


elle entraîne les couches sus-jacentes. C'est le cas avec l'argile, qui sèche, est
solide mais mouillée est plastique. C'est le cas aussi avec le gypse qui est dissous
par l'eau.

- les disjonctions : les blocs se fragmentent mais reste sur place. Citons le cas
particulier des prismes basaltiques (comme la chaussée des géants en Islande)
formés lors du refroidissement de la lave.
On retrouve au niveau du talus continental (zone de transition entre la croûte
continentale et océanique) la plupart de ces accidents (écroulements = Rock-fall,
glissement = sliding, glissements et déformations = slumping). D'autres, comme les
courants en masse (= mass-flow) et les turbidites, sont propres au talus.

Les facteurs intervenants

Le vent qui intervient particulièrement dans les régions dénudées provoque :

- déflation par action de balayage (qui peut aboutir à des dépressions du sol telles
que les chotts et sebkhars qui constituent des lacs en milieu désertiques),

- corrasion et abrasion par l'action des particules transportées (les ronds, mats sont
les grains de sables transportés par le vent, les dreikanters sont des cailloux à 2
faces exposés au vent, l'une servant de base).

Les ruissèlements d'eau aboutissent à des ravinements, des lapiez en régions


calcaires (sillons issus de l'usure et des actions de dissolution de l'eau), des
cheminées de fées dans les dépôts morainiques, des chaos granitiques par
entraînement de l'arène sableuse.

Les glaciers ont 2 types possibles d'actions. Sur un terrain résistant (granitique) c'est
le poids du glacier sur le fond de la vallée qui prédomine, cela aboutit aux vallées en
auge. En terrain plus friable l'action va se faire plutôt sur les parois et donner des
vallées en V.

Les vagues agissent sur la côte par mitraillage de sables (grains émoussés, luisants
et ovoïdes) et de galets, par pression contre les parois (pressions de l'eau mais
aussi de l'air piégé dans les fissures), par succion (ressac), par vibrations.

le flux et le reflux des marées créent des courants, flot et jusant, qui érodent le fond
et les berges par un intense balayage. Pour des courants moins forts on aboutit à
des sols durs ou Hard-ground.

Le recul des falaises correspond à un éboulement de la paroi (surtout dû à des


actions continentales et non marines) puis un déblaiement du matériel érodé ou
soliflué par la mer.

L'altération chimique et biochimique


L'eau en est le principal facteur, mais il en existe d'autres.

L'eau

C'est l'eau qui est le principal agent d'altération. C'est un acide faible, elle a donc
une action de dissolution sur les roches. Cette action est renforcée par le fait que
l'eau ruisselle, entretenant et amplifiant le phénomène. C'est le lessivage.

L'eau agit également par hydratation. Les minéraux hydratés augmentent de volume
par rapport à leur forme anhydre. Ils déstabilisent les roches (surtout les anhydrites
comme le gypse).

Selon la nature des éléments chimiques (rapport charge/rayon) situés dans la roche,
l'eau a une action de solubilisation différente :

-Le rapport est inférieur à 3 : cela signifie des atomes peu chargés. En présence
d'eau les cations vont entrer en solution (Na, Ca, Mg). Pour K, où le rapport est
inférieur à 1 (très peu chargé), l'hydratation est plus faible car les atomes ont moins
d'affinité pour l'eau. Ceci explique qu'ils entrent préférentiellement dans les
structures minérales.

X+ + H2O -> XnH2O

-Le rapport est compris entre 3 et 10, les cations sont plus attractifs et "cassent" le
dipôle d'eau. Ils sont hydratés mais peu ionisés, il y a alors précipitation (Fe, Al, Mn).
Ce phénomène est à l'origine de la formation de certains minerais (bauxite pour
l'aluminium par exemple).

X+ + H2O -> XOH + H+

-Le rapport est supérieur à 10, le potentiel ionique est donc élevé et cela va aboutir
à la rupture du dipôle d'eau par une forte attraction de O=". Il y a solubilisation de
l'ion car il est hydraté et ionisé. C'est le cas pour la silice et le carbonate, composés
majoritaires dans les roches.

X+ + H2O -> XO- + 2 H+

Les autres agents d'altération

L'oxygène : il agit par oxydation sur le fer et le manganèse. C'est lui qui donne la
couleur rouille aux roches riches en fer ou qui est responsable des empreintes
ramifiées de manganèse. Il transforme aussi les sulfures en sulfates. Ces
modifications peuvent affaiblir la roche.

Le CO2 : sous forme de carbonates il favorise la dissolution de certains atomes.

Les acides organiques végétaux et animaux (Oursins, mollusques, éponges)

L'activité racinaire

La température (sous un climat chaud les réactions peuvent être 100 fois plus
rapide).

Il faut distinguer l'altération des roches sédimentaires préexistantes de celle des


roches cristallines magmatiques et métamorphiques.

Exemple : Altération des roches magmatiques et métamorphiques

Ce sont des roches profondes. Arrivées en surface la stabilité des minéraux est
affaiblie en raison des faibles pressions et température. La vulnérabilité des
minéraux constitutifs de ces roches suit le même ordre que la suite de Bowen :

Les olivines et péridots sont facilement altérables en serpentine en présence d'eau,

les pyroxènes donnent une amphibole verte fibreuse, l'ouralite,

les amphiboles donnent parfois de l'asbeste (amiante),

la biotite donne des chlorites.

Pour les feldspaths cela est variable selon la composition : l'orthose est peu
altérable, les plagioclases sont plus vulnérables au pôle anorthite.

Selon les climats, l'altération des feldspaths peut être plus ou moins poussée :

Dans des climats peu pluvieux, où le lessivage est donc faible, l'orthose en présence
d'eau va perdre de la silice, du K et donner une argile, l'illite ou la montmorillonite
(ce sont des smectites). Selon l'intensité du drainage, on a formation d'une arène
(Seuls les cristaux inaltérables comme le quartz restent sur place et forment un
sable). On parle de Bisiallitisation car le rapport silice/aluminium de l'orthose
normalement également à 3 est ici égal à 2. Les argiles formées permettent la
rétention d'alcalin entre les feuillets chargés.
Sous un climat plus fort, où le lessivage est moyen, la silice est solubilisée en plus
grande quantité, l'orthose donne alors de la Kaolinite. Cette argile ne peut retenir les
bases qui sont alors entièrement éliminées (2 couches à feuillets non chargés).C'est
un cas de monosiallitisation.

Sous un climat tropical, le lessivage fort entraîne toute la silice, il ne reste qu'un
hydroxyde d'aluminium, la gibbsite (constituant de la bauxite). C'est l'allitisation ou
latéritisation en raison de la richesse en fer.

Les bauxites sont ainsi issues de couches latéritiques érodées, dont les produits ont
été piégés dans les poches karstiques des plateaux calcaires provençaux. Elles ont
la composition suivante : Gibbsite (également boehmite et diaspore), Goethite,
sidérite (Oxydes de fer) et oxyde de titane.

Le quartz lui est quasiment inaltérable, comme la muscovite.


CHAP. V ‫ ׃‬INTERPRETATION DES RELATIONS CONTINENT-OCEAN
AU NIVEAU GLOBAL
La géométrie des continents suggéra très tôt qu'ils avaient été séparés les
uns des autres au cours des temps géologiques. La position qu'ils occupent
aujourd'hui ne fut pas celle qu'ils ont eue dans le passé. Plusieurs familles
d'arguments ont conduit à une théorie dite de la dérive des continents qui ne put être
adoptée d'emblée car il manquait un moteur à ce mécanisme. Des données
géophysiques essentiellement liées au magnétisme des roches ont obligé plus tard
les géophysiciens à reprendre la théorie de la dérive. Par ailleurs, grâce à
l'avancement spectaculaire de l'océanographie, un moteur lui fut proposé‫« ׃‬les
océans s'ouvrent et séparent les continents».
Depuis les années 60 «Dérive des continents» et «expansion océanique»
représentent les deux volets d’une même théorie qui rend compte de nombreux faits
exposés dans les chapitres précédents.

5. 1. La dérive des continents

La première idée qui vint à l'esprit des géologues est celle de la stabilité des
continents et des océans, conformément à la sagesse populaire qui accorde à la
roche la fermeté éternelle.

Il appartint à Wegener, dans un livre demeuré célèbre par les idées qu'il a semées
et les controverses qu'il a soulevées (Die Entstehung der Kontinente und Ozeane,
1915), d'attirer l'attention sur la possibilité d'un déplacement des continents. Il en
donna de nombreux arguments, en particulier d'ordres morphologique,
stratigraphique, tectonique et paléontologique.

1. Arguments morphologiques. Certains continents s'emboîtent aisément l'un


dans l'autre, comme l'Amérique du Sud et l'Afrique. De plus, cet emboîtement étant
fait, on constate la continuité des terrains et des structures au travers des limites
continentales actuelles. Cela permit à Wegener de rassembler les continents à la fin
du Primaire, en une Pangée unique qu'il opposait à une Panthalassa.

La complémentarité de la forme des côtes Africaines et Sud-Américaines,


Européennes et Nord-Américaines, permet de penser que les continents
actuellement éloignés ont pu être jointifs.

1- Le parallélisme des côtes

Wegener a suggéré que toutes les masses continentales ont été jadis réunies en un
seul mégacontinent, la Pangée.
Wegener avait exécuté sa reconstitution de la Pangée en utilisant les lignes des
rivages actuels.

2. Arguments structuraux‫ ׃‬La correspondance des structures géologiques.

Cela n'est pas tout que les pièces d'un puzzle s'emboîtent bien, encore faut-il obtenir
une image cohérente. Dans le cas du puzzle des continents, non seulement y a-t-il
une concordance entre les côtes, mais il y a aussi une concordance entre les
structures géologiques à l'intérieur des continents, un argument de poids en faveur
de l'existence du mégacontinent Pangée.

La correspondance des structures géologiques entre l'Afrique et l'Amérique du Sud


appuie l'argument de Wegener. La situation géographique actuelle des deux
continents montre la distribution des anciens blocs continentaux (boucliers) ayant
plus de 2 Ga (milliards d'années).
Autour de ces boucliers, les chaînes de montagnes plus récentes ont des âges
allant de 450 à 650 Ma. Les traits indiquent le "grain" tectonique de ces chaînes. À
remarquer, dans les régions de São Luis et de Salvador au Brésil, la présence de
petits morceaux de boucliers. Le rapprochement des deux continents montre qu'en
fait les deux petits morceaux des zones de São Luis et de Salvador se rattachent
respectivement aux boucliers ouest-africain et angolais, et qu'il y a aussi une
certaine continuité dans le grain tectonique des chaînes plus récentes qui viennent
se mouler sur les boucliers. L'image du puzzle est cohérente.

La correspondance des structures géologiques entre l'Amérique du Nord et l'Europe


confirme aussi l'idée de Wegener. Les trois chaînes de montagnes, Appalaches (Est
de l'Amérique du Nord), Mauritanides (nord-est de l'Afrique) et Calédonides (Iles
Britanniques, Scandinavie), aujourd'hui séparées par l'Océan Atlantique, ne forment
qu'une seule chaîne continue si on rapproche les continents à la manière de
Wegener. Les géologues savent depuis longtemps qu'effectivement ces trois
chaînes ont des structures géologiques identiques et qu'elles se sont formées en
même temps entre 470 et 350 Ma.

3. Arguments paléontologiques : la présence des mêmes fossiles sur deux


continents différents à la même époque incite à penser que ces deux continents ne
pouvaient pas être séparés par un océan, barrière infranchissable pour ces animaux
et végétaux. On retrouve, de part et d'autre de l'Atlantique, sur les continents
actuels, des fossiles de plantes et d'animaux terrestres datant de 240 à 260 Ma.
.

4. Arguments stratigraphiques.

Certaines parties de continents aujourd'hui disjointes témoignent de séries très


semblables : C’est ainsi que pour l'Amérique du Sud, l'Afrique, Madagascar, l'Inde et
l'Australie ont des séries permo-triasiques sont étonnamment semblables ; Ainsi
naquit l'idée d'un continent du Gondwana morcelé par la suite. Dans le même ordre
d'idées, le rassemblement des dépôts glaciaires du Carbonifère, d'un côté, et des
dépôts houillers de la même époque, de l'autre, constitue un argument de plus en
faveur de la Pangée de la fin des temps primaires.
5. Arguments paléoclimatiques:

Le sud de l’Amérique, de l’Afrique, de l’inde et de l’Australie, possède des traces de


glaciers de même âge. La position de ces traces, inexplicable dans la position
actuelle des continents, devient cohérente avec un glacier polaire lorsque ces
continents étaient rassemblés.

On observe, sur certaines portions des continents actuels, des marques de


glaciation datant d'il y a 250 millions d'années, indiquant que ces portions de
continents étaient alors recouvertes par une calotte glaciaire.

.Remarque: La glace s'écoule logiquement du haut vers le bas, donc le plus souvent
du centre d'un continent vers les côtes.
6. Arguments géodésiques

La répartition bimodale des altitudes séparant les océans et les continents contredit
l’existence d’une croûte terrestre unique et permet de penser qu’il existe 2 types de
croûtes terrestres: une croûte continentale et une croûte océanique.

On constate que, lorsqu’une lave est émise, les cristaux de magnétite (Fe 3O4)
qu’elle contient ont une orientation quelconque. Lors de son refroidissement, lorsque
la lave est encore pâteuse, ils s’orientent selon le champ magnétique terrestre. La
température à laquelle les cristaux acquièrent cette sensibilité d’enregistrer le champ
magnétique est appelée « point de Curie ». La roche a alors emprisonné une
multitude de petits aimants ou boussoles qui indiquent, en première approximation,
la direction et le sens magnétique de l’époque.
De même, certaines roches sédimentaires contiennent parmi leurs
constituants, des cristaux de magnétite ou d’hématite (Fe2O3), qu’ils y soient à
l’état de grains détritiques ou qu’ils soient nés dans le milieu lors d’une
NEOFORMATION. S’il s’agit de grains détritiques, l’orientation est acquise lors
de la sédimentation. Par contre, s’il s’agit de minéraux néoformés, le champ
magnétique s’acquiert dans le cristal au fur et à mesure de sa croissance.
Ainsi, plusieurs familles de roches sont susceptibles de conserver le
magnétisme régnant lors de leur genèse, quelles que soient les transformations
qu’elles subissent ultérieurement. Si elles n’ont pas été déplacées depuis leur
formation, elles permettront, théoriquement, de localiser l’orientation des pôles
magnétiques qui existait à l’époque où elles furent émises pour les roches
volcaniques et consolidées pour les roches sédimentaires.
Ces roches peuvent ensuite être datées soit par les fossiles qu’elles contiennent,
soit par l’analyse d’éventuels constituants radioactifs et de leurs produits de
désintégration.
Il sera donc possible de comparer soit des roches de même âge provenant de
continents différents soit des roches d'âges distincts prélevées sur un même
continent.
On pourra alors définir des directions fossilisées des pôles ou magnétisme
rémanent

1. Détermination du pôle à une même époque sur plusieurs continents


On constate que les différents pôles Nord indiqués par des roches de même
âge provenant de continents différents ne coïncident pas, mais que ceux d'un même
continent sont voisins. Si l'on admet que de tout temps le champ magnétique
terrestre fut dipolaire, fixe en direction et confondu avec les pôles géographiques,
ces faits impliquent que les continents n'occupent pas aujourd'hui la même position
que lors de la formation de ces roches. Pour faire coïncider ces différents pôles en
un pôle unique, il faut déplacer les continents les uns par rapport aux autres.

2. Détermination du pôle d'un continent à différentes époques


Si on prend l'exemple de l 'Amérique du Sud, du Cambrien ﴾ 600 Ma﴿ à l
actuel, on constate que les roches des différentes périodes indiquent des positions
distinctes du pôle. Reportées sur une mappe- monde actuelle, ces positions sont
représentées par une courbe de migration des pôles ou Polar Wandering Curve.
Elles peuvent s'interpréter, soit en supposant le continent fixe et l'axe des
pôles mobile, soit en imaginant le continent mobile et un axe N-S fixe. Le choix entre
les deux possibilités s'effectue grâce à des mesures sur deux continents. On
constate que le mouvement des pôles que l'on veut reconstituer pour chacun d'eux
n'est pas le même. Or, s'il y avait eu mouvement, dans le temps, d'un axe
magnétique polaire, il serait enregistré de la même façon sur les deux continents
supposés fixes.
Par conséquent, puisque ce trajet diffère, il faut envisager des mouvements
différents pour chacun des continents par rapport à un axe magnétique supposé
fixe.
Déplacement des pôles magnétiques

E - Eocène 50 Ma
J - Jurassique 175 Ma
T - Triassique 225 Ma
P - Permien 260 Ma
Ca - Carbonifère 320 Ma
S - Silurien 420 Ma
Cb - Cambrien 530 Ma

Des roches présentant une inclinaison nulle sont situées


à l’équateur magnétique de l’époque du dernier refroidissement

3. Détermination du pôle de deux continents à différentes époques

Considérons deux continents aujourd'hui séparés comme l'Amérique du Sud


et l'Afrique. On constate que si on les assemble en fermant l’ Atlantique, leurs pôles
sont confondus pendant une très longue période, du Cambrien au Trias ﴾600 à
200Ma﴿. En revanche, à partir du Jurassique, ils sont séparés. Pour faire coïncider
les pôles actuels de chacun des deux continents, il faut ouvrir l'Atlantique et donc de
placer les continents dans la position qu'ils occupent aujourd'hui.
Toutes les mesures des analyses paléomagnétiques sont aisément
explicables en supposant que les continents ont dérivé les uns par rapport aux
autres au cours du temps. Ils se seraient dissociés en deux ensembles, Afrique et
Amérique du Sud, qui cessent, au Jurassique, d’avoir la même histoire.
A l'état actuel des connaissances, tout se passe comme si les continents
s'étaient déplacés les uns par rapport aux autres comme s'ils dérivaient. Le font-ils
encore ? L'analyse de la dynamique des océans montre que tel est le cas et fournit
un moteur à cette dérive.
5.2 L'expansion océanique et la tectonique globale
En 1962, HESS émit une hypothèse simple qui résumait les observations
faites alors et qui fut appelée ˝Hypothèse de l'expansion océanique˝. Par la suite,
de nombreuses autres hypothèses vinrent étayer l'idée initiale. De plus, les
différentes expéditions océanographiques entreprises à l'échelle internationale
renforcèrent cette théorie dénommée ˝Tectonique du Globe ou Nouvelle
Tectonique Globale ˝.

5.2.1 Hypothèse de HESS


Dans le manteau de la Terre, se forment des cellules de convection
provoquées par un réchauffement inégal du manteau, résultant à son tour de la
désintégration nucléaire des isotopes radioactifs répartis de façon inégale dans
le manteau et le noyau terrestre.
Un courant ascendant issu du manteau injecte dans l’écorce terrestre, au
niveau de la ride médiocéanique, du matériel nouveau qui s’insinue dans la
lithosphère antérieure. Celle=ci se déplace latéralement à la même vitesse que le
manteau. Les continents solidaires des océans sont aussi portés sur le dos des
courants animant l’asténosphère comme il le serait sur un tapis roulant.
L’expansion des océans, qui détermine un accroissement de la surface du
globe, est compensée par la résorption de la lithosphère au niveau des fossés des
arcs insulaires.
Cette hypothèse est fort simple. Elle avait par le passé, effleuré plusieurs fois
l’esprit des chercheurs sans que jamais, aucun d’eux ne s’y arrêtât vraiment. Elle a
permis d’interpréter les faits connus mais en outre, en suscitant des travaux
nouveaux, elle a déterminé, dans les années récentes, des progrès considérables
dans la connaissance du globe.
5.2.2 Hypothèse de VINE et MATTHEWS
L’expansion océanique a pu être mesurée en tenant compte d’une
constatation et en formulant une hypothèse nouvelle : « les inversions des pôles
magnétiques »

5.2.2.1. Les inversions des pôles magnétiques


Des laves, émises à des époques récentes et bien datées, présentent un
magnétisme dont la direction des pôles est celle des pôles actuelles ou en diffère
peu mais dont le sens n’est pas toujours identique au sens actuel.
Des constatations identiques ont été faites dans les sédiments marins. On peut
dater, en utilisant des méthodes physiques basées sur la désintégration nucléaire,
un niveau quelconque d’une carotte de sondage. Bien évidemment, on s’est
intéressé tout spécialement aux horizons où s’inversaient les sens des pôles
magnétiques. On a pu ainsi mettre en évidence une succession de périodes
pendant lesquelles le champ magnétique terrestre avait le même sens
qu’aujourd’hui et que l’on dit « périodes normales » et des périodes pendant
lesquelles le champ magnétique avait la même direction mais un sens différents
dites « périodes inverses ».
L’examen des sédiments marins et des dépôts continentaux associés à des
laves a permis de construire un calendrier valable pour l’ensemble du globe. On a
constaté que des époques où le magnétisme a été stable pendant de longues
durées ont été entrecoupées par de cours changements appelés « événements ».
Actuellement, les recherches ont permis de mettre en évidence un grand nombre
d’événements très brefs qui étaient passés inaperçus au sein des époques
géomagnétiques.
Anomalies magnétiques Fonds océaniques

Anomalies magnétiques Fonds océaniques

5.2.2.2. Hypothèse de VINE et MATTHEWS


Ces auteurs ont supposé que les anomalies magnétiques observées sur les
flancs des crêtes médiocéaniques étaient corrélables avec les inversions des pôles
magnétiques relevées dans les sédiments. Ils suggèrent que le basalte émis au droit
de la crête médiocéanique enregistre pendant son refroidissement le champ
magnétique régnant. L'émission se poursuivant pendant des temps très longs¸ elle
se fait tantôt lorsque l'époque est normale¸ tantôt lorsque l'époque est inverse. Les
inversions magnétiques décelables dans des coupes verticales de carottages faits
en mer au niveau des plaines abyssales sont corrélables avec celles situées le long
de profils horizontaux de part et d'autre des rifts médiocéaniques. On applique alors
les datations des différentes limites des bandes magnétiques des coupes de
sondage à celles observables sur les profils. Ainsi¸ pendant une Epoque ou un
événement normal¸ au magnétisme terrestre moyen actuel s'ajouterait le
magnétisme rémanent dû aux multitudes de cristaux orientés tous dans le sens du
champ actuel. Une anomalie positive est ainsi créée. En revanche¸ de nombreux
cristaux orientés tous en sens différent du champ actuel et correspondant donc a
une Epoque ou un Evénement inverse conduirait à une anomalie négative. En effet¸
au magnétisme moyen se soustrairait le rémanent inverse et ancien des cristaux.
L'expansion océanique se faisant par l'injection de basalte au niveau des
crêtes et les flancs s'écartant symétriquement¸ les bandes d'anomalies enregistrent
cette symétrie.
Ainsi¸ à l'époque actuelle les boues qui se déposent sur le fond de l'océan
ainsi que les laves émises dans la vallée médiane de l 'Atlantique fossilisent toutes
les deux le champ magnétique régnant actuellement. Lorsque celui-ci viendra à
s'inverser¸ les boues et les laves enregistreront ce phénomène. Il sera possible e le
dater dans les sédiments et on fera une assimilation entre cet âge et celui de
l'inversion dans les laves que l'on ne peut encore déterminer directement.
Connaissant dune part la surface engendrée par les émissions de basaltes le
long de la vallée médiane par simple lecture des cartes d'anomalies¸ et d'autre part
le temps pendant lequel cette distance a été couverte¸ il est aisé de déterminer la
vitesse parcourue. On parle alors de « taux d'expansion ou taux de
renouvellement de l'océan qui est de 1-2¸5 cm / an».
Les datations directes des inversions des pôles magnétiques n'ont été faites
que dans les sédiments récents ﴾5 M.a﴿. Les datations des anomalies beaucoup plus
anciennes n'ont été possibles qu'en admettant un taux d'expansion constant au
cours des temps géologiques.
L'hypothèse de l'expansion océanique¸ complétée par celle de Vine et
Matthews était ainsi vérifiable. Il s'agissait en effet de s'assurer que les sédiments
reposant sur les basaltes avaient bien l'âge calculé pour les laves sous- jacentes.
Des difficultés technologiques considérables furet vaincues par une
organisation internationale qui procéda à des forages profonds où il fallait atteindre
les flancs des crêtes océaniques et les plaies abyssales sous plusieurs kilomètres
d'eau. Le programme fût appelé J.O.I.D.E.S ou Deep Sea Drilling Project.
Dans l'ensemble¸ les âges prévues furent retrouvées. Les sédiments
reposant sur les basaltes sont d'autant plus anciens que les forages sont faits loin
de la ride. Ceux réalisés sur une même bande d'anomalie contiennent les mêmes
fossiles donc ont le même âge à la base de la carotte au contact du basalte. Dans
les sondages les plus proches du talus ayant atteint le basalte les sédiments de
base sont anciens. Ils ont été dates par des fossiles oxfordiens ﴾jurassique﴿ et en
utilisant les tables d'équivalence¸ on a pu leur affecter un âge absolu de 148 M.a.
Compte tenu de ces datations du contact sédiments- basalte il a fallu modifier
quelque peu l'hypothèse initiale du taux d'expansion constant. Tout se passe
comme si l'expansion procédait par étapes. Pour l'Atlantique Nord¸ on obtient de
bonnes corrélations avec les datations suivantes

Anomalies Age en M.a Vitesse


31 à 25 72 à 63 25 cm / an
21 à 5 53 à 9 < à 1 cm / an
5à0 9 à actuel 1 cm / an

Une étude détaillée des séismes dans le domaine de la crête médiane permit de
vérifier l'hypothèse de l'expansion. La crête est découpée par de puissantes
cassures. Si elles correspondaient a de simples failles¸ les mouvements seraient les
mêmes sur toute leur étendue. Si au contraire une expansion existe¸
les mouvements se concentreraient essentiellement entre les deux crêtes. Là
seulement les lèvres se déplacent en sens inverse. Les mouvements seront
beaucoup plus importants à l'extérieur des crêtes car là les deux lèvres se déplacent
dans le même sens.

5.2.2.3 La théorie des plaques


La théorie des plaques ou tectonique des plaques ou tectonique globale est une
hypothèse solidement étayée aujourd'hui selon laquelle la partie superficielle de la
Terre ﴾lithosphère﴿ est formée de plaques rigides et stables d'une centaine de
kilomètres d'épaisseur¸ flottant sur l'asténosphère déformable. Ces plaques sont
constituées d'une partie du manteau supérieur surmontée¸ suivant les cas¸ d'une
croûte continentale ou océanique. Dans ce dernier cas¸ elles peuvent disparaitre par
plongement ou subduction au niveau des fosses océaniques ou se renouveler
﴾accrétion﴿ par apports volcaniques au niveau des dorsales océaniques.
La différence essentielle entre la dérive des continents de Wegener et la tectonique
des plaques est que pour la première¸ les continents sialiques étaient supposés se
déplacer sur leur substratum simique comme des bateaux sur l'eau alors que dans
la seconde les continents se déplacent de concert avec les fonds océaniques
comme des morceaux de bois pris dans une banquise¸ l'ensemble flottant sur
l'asténosphère.
PLAQUE TAUX D’EXPANSION
1 PACIFIQUE 10 cm/an vers le Nord-Ouest
2 EURASIE 1 cm/an vers l'Est
3 AFRIQUE 2 cm/an vers le Nord
4 ANTARCTIQUE Tourne sur elle meme
5 INDE- AUSTRALIE 7 cm/an vers le Nord
6 AMERIQUE DU NORD 1 cm/an vers l'Ouest
7 AMERIQUE DU SUD 1 cm/an vers le Nord
8 NAZCA 7 cm/an vers l'Est
9 PHILIPPINES 8 cm/an vers l'Ouest
10 ARABIE 3 cm/an vers le Nord-Est
11 COCO 5 cm/an vers le Nord-Est
12 CARAIBES 1 cm/an vers leNord-Est

On distingue trois sortes de limites entre les plaques constituant trois domaines
d'instabilité caractérisées par des séismes et du volcanisme.

Les trois phénomènes les plus importants sont l’accrétion, la subduction et les failles
transformantes. Il est à remarquer que les zones où s’exercent ces phénomènes
constituent en même temps les limites principales entre les plaques.

1. Accrétion

Les zones d’accrétion sont marquées dans les océans par des fossés
d’effondrement étroits et allongés, dits « rifts océaniques ». Dans ces rifts se
manifeste un important volcanisme basaltique sous-marin, avec épanchement de
laves, qui contribuent au développement de la couche basaltique de la croûte
océanique.

2. Subduction

Les zones de subduction sont celles où une plaque de croûte océanique plonge
dans la partie visqueuse du manteau, où elle devient à son tour visqueuse, puis se
résorbe. Ce phénomène se produit généralement au contact d’une croûte
continentale plus légère sous laquelle s’enfonce la croûte océanique. Les
conséquences de la subduction sont les suivantes :

- creusement le long de la zone de subduction d’une dépression allongée


constituant une fosse océanique ;
- le long du plan de subduction, dit PLAN DE BENIOFF, production de séismes par
frottements ou relaxations entre les deux croûtes de nature différente. La profondeur
de ces foyers de séismes ne paraît pas dépasser 700 km ;

- formation de nappes et écailles tectoniques dans la zone où la croûte océanique,


recouverte de sédiments, heurte la croûte continentale avant de plonger sous elle ;

- volcanisme andésitique à la verticale de la plaque plongeante.

3. Les Failles transformantes

Ce sont des limites entres plaques ne comportant ni production de laves (accrétion),


ni absorption de croûte océanique (subduction). Les failles transformantes sont
parallèles aux directions de mouvement de plaques et paraissent, en quelques
sortes, les guider. Elles peuvent relier deux à deux, rifts océaniques et zones de
subduction.
Cycles de convection La divergence

La convergence océanique
La subduction

la collision
La tectonique des plaques permet donc une synthèse de nombreuses mesures
géophysiques. Elle offre aussi un modèle en grande partie quantitatif pour le
mouvement des masses continentales¸ l'évolution de la sédimentation océanique¸
l'édification des orogènes… Le mouvement des plaques a en effet pour
conséquence l'ouverture et la fermeture des domaines océaniques¸ cette dernière
s'accompagnant due collision de blocs continentaux avec formation de chaines de
montagnes.

De façon schématique la suite des événements est la suivante :

1. Stade de distension avec création de fossés (Formation d’un rift)

Au départ, il se forme dans la partie supérieure du manteau une zone anormalement


chaude qui provoque le développent d’une poche de magma, laquelle soulève et
déchire une croûte continentale.

Puis les cassures se multiplient et des compartiments s’affaissent en « marches


d’escalier ». Par ces fractures¸ une partie du magma s’épanche à la surface
(volcanisme continental). Ce stade est celui qui est atteint en Afrique dans la région
des Grands Lacs Africains
Le grand rift africain entaille l’Est du continent, au sud de la Mer Rouge. Il s’étend du
canal de Mozambique au Sud, jusqu’aux bouches de la Mer Rouge au Nord. Il se
divise en deux branches au nord du lac Malawi. On y est déjà a un stade plus
avance que le long du Rio Grande. Déjà, de vallées profondes et larges se sont
creusées, avec de grands lacs tel que le lac Tanganyika et de grands volcans
(points verts) comme le kilimandjaro. Progressivement, ces vallées s’élargiront,
s’enfonceront et seront envahies par la mer pour former une mer linéaire
2. Stade océan étroit avec création d'un fond océanique

L’écartement des deux blocs continentaux arrive au point où la croûte océanique


apparaît au fond du fossé : effectivement une mer s’installe dans la dépression ainsi
créée. C’est le stade actuel de la Mer Rouge.

3. Stade océan large ou stade de l'océan Atlantique actuel

Le volcanisme basaltique sous-marin se développe : les laves s’écartent


progressivement de l’axe du fossé (= dorsale), immédiatement remplacées par des
laves plus jeunes. Ainsi, de part et d’autre du fossé, chaque plaque océanique reçoit
en permanence un apport de matière volcanique : elle s’épaissit et s’alourdit. Il en
résulte une surcharge qui peu à peu provoque un enfoncement du fond océanique
(= subsidence). Cet enfoncement facilite la sédimentation qui a son tour accentue la
subsidence.
4. Stade de subduction

Dans certains cas, il peut arriver un moment où par suite de son alourdissement, la
plaque océanique ainsi que les sédiments qui la recouvrent, se mettent à plonger
dans les couches visqueuses du manteau, en s’enfonçant sous la croûte
continentale, au contact océan-continent. C’est ce que l’on appelle une marge
continentale active, bordée par une fosse océanique. C‘est le cas actuel de la côte
pacifique du contient américain. Le schéma peut se compliquer par l’existence
d’arcs insulaires qui délimitent entre eux et un continent des mers à caractère
océanique : c’est le cas des guirlandes d’îles de l’Océan Pacifique occidental.

Il faut noter qu’à l’inverse des marges actives, il existe des marges passives, dans
lesquelles au contact océan-continent les croûtes océanique et continentale ne sont
pas déconnectées : dans ce cas il n’y a pas de subduction ; c’est le cas des côtes
atlantiques.

5. Stade de collision

L’expansion d’un fond océanique entraîne l’éloignement des deux continents qui
encadrent l’océan... ce qui a pour effet de rapprocher au moins l’un des deux d’un
troisième continent supposé fixe. Le terme ultime de ce resserrement est la
rencontre de deux continents ou collision. Il en résulte la subduction de la croûte
continentale « mobile » sous la croûte continentale « fixe ». Ce phénomène
s’accompagne naturellement d’une phase intense de tectonique tangentielle
(nappes de charriage). C’est à un tel processus que l’on doit attribuer le plissement
alpin (des Alpes à l’Himalaya) par collision des plaques africaines et indienne contre
la plaque eurasiatique

5.3 Conclusions
Les théories présentées dans ce dernier chapitre présentent un aspect
synthétique et permettent d'interpréter et de rendre compte des principaux faits
géologiques décrits dans le cadre du présent cours tels que l'origine du volcanisme
en particulier des magmas basaltiques et andésitiques¸ la signification des
ophiolites¸ l'origine des roches métamorphiques avec leurs différents faciès¸ l'origine
des granites et des roches granitiques ou migmatitiques, la répartition des foyers
sismiques et du volcanisme, la formation des orogènes¸……..
Le moteur profond du dynamisme de la géologie est donne par l'existence de
courants de convection dans le manteau. Une lente déformation plastique aurait son
siège dans la partie supérieure du manteau au niveau de l'asténosphère¸
immédiatement sous la lithosphère. Elle serait à la fois la conséquence de
mouvements profonds et / ou d'apports thermiques provoquant un régime de «
courants de convections».
La source d'énergie serait de type nucléaire et proviendrait de la répartition inégale¸
dans le manteau et le noyau d'isotopes radioactifs naturels. On pourrait imaginer un
schéma où l'asthénosphère se déformant de façon plastique n'existerait qu'à
certaines périodes géologiques lorsque les conditions thermodynamiques de sa
déformation intense sont atteintes.
A d'autres époques¸ lorsque l'énergie a été dissipée dans l'asthénosphère¸ les
mouvements auraient tendance à cesser jusqu'au moment où le seuil dune nouvelle
phase de déformation soit atteint.
Les déformations de l'asthénosphère et par conséquent de la lithosphère¸ ne
seraient pas permanentes. Cette idée semble être confirmée par l'analyse des
chaines de montagnes qui se sont succédées dans les temps géologiques.
La théorie des plaques est surtout d'application et rend mieux compte des faits pour
la dernière partie de l'histoire de la Terre ﴾les derniers 200M.a﴿.
Il n'y a actuellement de meilleure hypothèse rendant compte de l'ensemble des faits
observés vu qu'il y a «convergence d'evidences»
Une projection de la théorie des plaques dans un avenir «géologique rapproché» au
niveau du Rift Africain et en particulier du Burundi conduit a l'idée que le Rift Actuel,
qui a amorcé sa formation il y a 20 M.a et qui est en distension, préfigure un océan
en formation. Nous traverserons donc cet océan «plus tard», lorsque nous nous
rendrons de Bujumbura a Uvira.
Compléments ‫ ׃‬LA TECTONIQUE DES PLAQUES A TRAVERS LES AGES
GEOLOGIQUES

La dérive des continents est une théorie proposée au début du siècle par le
physicien-météorologue Alfred Wegener, pour tenter d'expliquer, entre autres, la
similitude dans le tracé des côtes de part et d'autre de l'Atlantique, une observation
qui en avait intrigué d'autres avant lui.

Selon cette théorie, le globe terrestre comporte plusieurs enveloppes concentriques,


tel un oeuf avec sa coquille, le blanc et le jaune : la croûte en surface, le manteau en
dessous, et le noyau au centre.

La tectonique des plaques étudie l'évolution et la déformation des plaques


lithosphériques constituant la surface de la Terre, constituées de la croûte et de
l'enveloppe la plus externe du manteau. Epaisses d'une centaine de kilomètres, ces
plaques flottent sur l'enveloppe inférieure du manteau, qui est visqueuse. En se
déplaçant les unes par rapport aux autres, les plaques s'écartent, ou coulissent
entre elles, ou entrent en collision, suivant les cas
Leurs mouvements au fil des temps géologiques ont façonné les continents que
nous connaissons aujourd'hui.

Vers - 270 millions d'années, l'ensemble des terres émergées est rassemblé en un
supercontinent unique, la Pangée, au milieu de l'océan Panthalassa. Un océan
baptisé Thétys commence à se creuser et à séparer le Gondwana (supercontinent
qui préfigure l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, l'Australie et l'Antarctique) et la
Laurasie (supercontinent qui préfigure l'Amérique du Nord, le Groënland, l'Europe
et l'Asie).

Peu à peu, chacun de ces continents s'individualise, l'Atlantique s'ouvre, l'Inde entre
en collision avec l'Asie et crée la chaîne de l'Himalaya. L'Afrique, en remontant vers
l'Europe et l'Asie, écrase l'océan Thétys et donne naissance à la chaîne des Alpes.
La dernière carte représente la physionomie des continents dans quelques millions
d'années.

La terre Primitive

Les premiers âges de la Terre commencent il y a environ 4.5 Milliards d'années.


Cette planète nouvellement créée se différentie. Ses couches se mettent en place,
elle expulse ses gaz, tandis que les matériaux "lourds" s'enfoncent profondément
pour former le noyau de la Terre. Celle-ci ressemble à une grosse Lune qui se
gorge d'eau progressivement par condensation. Les courants atmosphériques et
marins s'installent lentement; commence alors une longue phase d'érosion qui va
former les toutes premières roches sédimentaires. Puis vient la vie, balbutiante,
sous forme de bactéries il y après de 4 milliards d'années, suivie par la
photosynthèse des premières molécules vivantes. Cette première trace de vie
primitive amorce le début d'une atmosphère oxygénée. La croûte terrestre formée
de granites, de silice et de minerais de fer achève de se former. Elle va peu à peu
ressembler à la planète qui nous est familière : la Terre.

Le continent primitif

Au précambrien , il y a environ 900 millions d'années

La formation des mécanismes des plaques s'ébauche il y a environ 2 milliards


d'années. L'ancienneté de cette période est généralement estimée à "environs" 900
Millions d'années. Le mouvement s'est mis en place avec la constitution définitive
de ces couches, dès que la croûte terrestre a pu commencer à dériver sur le
manteau

de la planète. Dans ces âges extrêmement anciens, ces terres étaient alors plus

ou moins assemblées en un unique "proto-continent" dont on ignore tout, jusqu'à

la forme. Tout ce qu'on peut imaginer, c'est que notre planète était en majeure

partie recouverte d'un océan aux eaux chaudes (60 à 90°), beaucoup trop
chaudes

pour abriter la vie telle qu'on la connaît et dans lesquelles émerge ce plateau :

le continent primitif. Celui-ci va se progressivement se diviser en deux ou trois

gros blocs continentaux qui vont commencer à se déplacer. C'est le début

de ce qu'on appelle : la dérive des continents.

L'ère primaire.

Au Cambrien, il y a 570 Millions d'années...


Jusqu'à l'ère primaire, les mouvements de ces plaques sont trop anciens pour
qu'on

imagine précisément le parcours qu'elles ont pu accomplir. Peut-être se sont-


elles assemblées et séparées plusieurs fois, aux termes de déplacements
provoqués par les phénomènes extrêmement violents qui vont accompagner la
formation de notre planète. L'atmosphère est encore peu oxygénée, les
continents déserts de toute vie, les phénomènes volcaniques et atmosphériques
d'une intensité sans commune mesure avec nos climats ou nos éruptions. La
rencontre des plateaux de l'Europe et de l'Amérique du Nord s'achèvent par
d'importants soulèvements de massifs montagneux : c'est le plissement
Huronien. Puis ces plaques se séparent, arrachent leurs reliefs et se divisent de
nouveau. Progressivement notre planète va devenir moins hostile; la vie
microscopique attend, enfouie dans les océans, de pouvoir se développer. L'air
va s'oxygéner, l'eau va se réchauffer, la vie va exploser. C'est le début de l'ère
Primaire, il y a plus de 500 millions d'années.

Les premiers âges de la Terre commencent il y a environ 4.5 Milliards d'années.


Cette

planète nouvellement créée se différentie. Ses couches se mettent en place, elle


expulse

ses gaz, tandis que les matériaux "lourds" s'enfoncent profondément pour former
le noyau de la Terre. Celle-ci ressemble à une grosse Lune qui se gorge d'eau
progressivement par condensation. Les courants atmosphériques et marins
s'installent lentement; commence alors une longue phase d'érosion qui va former
les toutes premières roches sédimentaires. Puis vient la vie, balbutiante, sous
forme de bactéries il y a près de 4 milliards d'années, suivie par la photosynthèse
des premières molécules vivantes.
Cette première trace de vie primitive amorce le début d'une atmosphère oxygénée.

La croûte terrestre formée de granites, de silice et de minerais de fer achève


de se former. Elle va peu à peu ressembler à la planète qui nous est familière
: la Terre.

L'ère primaire.

Au Dévonien, il y a 400 Millions d'années...

Les continents vont se continuer à se déplacer. En s'écartant les uns des autres,

ils créent de nouvelles mers et de nouveaux océans. Ces déplacements


causent également des collisions, qui forment des reliefs. Le Dévonien
est l'ère d'un nouveau plissement d'importance planétaire : le plissement
Calédonien qui va former une nouvelle chaîne de montagne s'étendant à
travers l'Amérique du Nord jusqu'à l'Ecosse et la Scandinavie. C'est la
naissance du grand Massif Américain des "Appalaches".

A la même époque, l'Europe subit une intense activité volcanique. Les plateaux

sont alors pour la plupart regroupés dans l'hémisphère sud. Pendant quelques
temps encore, notre planète ne connaîtra ni climats, ni saisons. On parlera juste
de "périodes". L'ensemble du globe est baigné dans une température uniforme,
qui, à force de se réchauffer devient tropicale. La vie s'est développée et les
organismes sont devenus "évolués". Les premiers poissons nagent déjà dans les
mers ; une vie exclusivement aquatique qui se développe prodigieusement vite.

L'ère primaire.

Au Carbonifère , il y a 350 Millions d'années...


Les continents se déplacent désormais massivement vers le nord. Ces
mouvements ne sont pas sans conséquence puisque de nouvelles collisions entre
les plaques vont entraîner le plissement Hercynien. Le soulèvement de cette
chaîne "Hercynienne" sera à l’origine des Ardennes, du massif central et des
vosges. Il surgit dans toute l’Europe de nouvelles îles séparées par des bras de
mer qui vont devenir des Lagunes. Ces terres prêtes à recevoir la vie sont
conquises par les algues, puis les plantes. Elles seront rapidement recouvertes par
une végétation abondante et luxuriante de fougères géantes et de conifères.

Les ancêtres des insectes, à mi-chemin entre nos crustacés et nos scorpions
s'aventurent Sur la terre ferme. Quelques "poissons" dont les nageoires permettent
des déplacements Terrestres y font escale.

L'oxygène rejeté en abondance par la végétation permet l'installation de climats,


tandis que les espèces animales apprennent à le respirer et développent de
véritables poumons qui permettent aux batraciens de sortir définitivement de l'eau.
C'est la conquête de la vie animale sur les continents.

L'ère primaire.

Au Permien, il y a 270 Millions d'annés


A la fin de cette ère primaire la vie a conquis toutes les niches écologiques de la
planète.

La chaîne Hercynienne du carbonifère se détruit déjà sous l’érosion des éléments.

Les conditions climatiques rigoureuses vont être marquées par une grande
sècheresse mondiale. Au terme de leur dérive, les continents se sont de nouveau
rassemblés et permettent la diversification des espèces à travers le globe. Cette
terre appelée "Pangée" va inspirer un géologue Allemand du début du 20 ème
siècle. Alfred Wegener sera frappé par la concordance des bordures des
continents qui semblent s'assembler comme un puzzle. Il reconstitue les contours
de ces plaques, et étoffe ses théories en démontrant la présence de Fossiles de
Mesosaurus sur deux continents qui devaient autrefois être "collées" : l'Afrique du
sud, et l'Amérique du Sud.

Cette découverte sera annoncée en 1912, et sera la base de la théorie actuelle

de la dérive des continents qui sera rebaptisée la Tectonique des plaques.

L'ère secondaire.

Au Trias, il y a 240 Millions d'années...


Le début de l'ère secondaire va être marqué par une extinction massive des
espèces sur la planète. De nombreuses hypothèses tentent d'en expliquer la
cause. On connaît néanmoins le résultat : la disparition de près de 80% des
espèces va totalement bouleverser l'ordre écologique. Le morcellement de la
Pangée va entraîner les continents vers les pôles et entraîner un net
refroidissement de la planète, tout en formant des fractures volcaniques si
gigantesques qu'on parlera de « province magmatique ». La Terre, littéralement
déchirée pour former ces nouvelles plaques, sera alors plongée dans un chaos
planétaire. Jamais la vie n'aura été si proche de s'éteindre définitivement de notre
planète. Mais elle persistera, et reprendra après cette extinction massive des
espèces. Cette nouvelle donne va profiter aux grands reptiles qui vont devenir les
maîtres de la Terre. C'est le début de l'ère des dinosaures.

L'ère secondaire.

Au Jurassique, il y a 200 Millions d'années...


L'événement majeur de l'ère secondaire sera la séparation des deux très gros
continents : La Laurasie et le Gondwana qui commençaient à se fracturer depuis
la fin de l'ère primaire. Ils vont se diviser en continents plus petits dérivant dans
des directions différentes. Les deux grands océans, Thétys et Panthalassa, qui
occupent l'Est et l'Ouest du globe vont alors "transgresser", c'est à dire qu'ils vont
s'étendre, profitant de l'ouverture de ces terres pour occuper cet espace libre. C'est
toute la plaque océanique qui se déplace pour former à cet endroit un plancher
océanique.

Ces plaques "poussent" les continents et particulièrement ceux du Nord qui vont se

plisser et former de nouveaux reliefs, en Amérique du nord : la vallée du Nevada ;

les Andes en Amérique du sud, et en Europe, les Alpes et les Pyrénées.

En s'étendant, Théthys va aussi donner naissance à de nouvelles mers : l'océan

Atlantique et la mer Méditerranée.

L'ère secondaire.

Au Crétacé, il y a 135 Millions d'années...


A la fin de l'ère secondaire, la surface de la terre va nettement se découper en
"petites" plaques. Ces océans et ces nouveaux continents vont alors abandonner
leurs noms anciens. Le Crétacé amorce l'ère nouvelle de la Terre qui va presque
se présenter telle que nous la connaissons aujourd'hui. Les climats nettement
différentiés subissent les refroidissements des pôles au Nord et au Sud, tandis
qu'au niveau de l'équateur, la Terre conserve les températures chaudes et
humides qui régnaient durant le Carbonifère. Les courants océaniques circulent
à travers le globe et brassent ces mers chaudes et froides pour distribuer les
saisons à travers le Globe. La terre connaît alors une période relativement calme
qui va permettre le dépôt lent et continu de grandes quantités de particules
calcaires au fond des mers : la craie se forme et donnera son nom à cette période
géologique : Le crétacé, l'ère de la Craie.

Les Espèces végétales, marines et terrestres n'ont jamais été aussi diversifiées et

évoluées. C'est encore l'âge d'or des dinosaures qui vivent leurs dernières
heures.

Bientôt un nouveau cataclysme planétaire va bouleverser l'équilibre écologique et


faire disparaître près de 40% des espèces vivantes.

L'ère tertiaire.

Au Paléocène, il y a 65 Millions d'années...


Après la grande extinction du secondaire, qu'on appelle aussi "la disparition des

dinosaures" (ou crise KT), la morphologie de la planète va peu à peu prendre sa


forme actuelle. A ce jeu des sept erreurs on va pouvoir observer la place de l'Inde,

de l'Australie, des Amériques, de l'Afrique... Une terre qui ressemble presque à


celle qu'on connaît, mais pas tout à fait. L'Europe aussi va se transformer et naître
des avancées et des retraits successifs de la mer qui laisse derrière-elle
d'immenses dépôts de calcaire et de gypse. Sur Terre, de nouvelles espèces
s'installent dans les niches écologiques laissées inoccupées par la disparition
des dinosaures : les mammifères, les primates et à la toute fin de l'ère tertiaire : les
hominidés.

L'ère moderne

Notre planète, la terre.


Cette courte période qui nous sépare du Tertiaire durera à peine 2 millions
d'années, une pichenette à l'échelle géologique. L'Afrique, l'Inde et l'Australie ont
convergé depuis l'ère Tertiaire vers l'Eurasie pour former des reliefs
spectaculaires. L'Himalaya va naître de cette collision et toute la région, des îles
du pacifique, de la chine, de l'Inde, et de l'Indonésie vont subir et subissent encore
les conséquences de ce choc brutal entre les plaques. A l'Ouest les deux plaques
Américaines vont se rencontrer. En se déplaçant, elles vont heurter un continent
"invisible" : la plaque océanique du Pacifique.

Cette collision entre les fonds marins et les plaques continentales des Amériques,

ou plutôt, ce glissement de ces deux plaques l'une contre l'autre vont accentuer les

reliefs de la cordillère des Andes et déchirer la côte Californienne qui va devenir


une région très sensible aux tremblements de terre.

Le futur de la terre...

La dérive des continents dans quelques millions d'années.

La terre dans 100 millions d'années


Le rapprochement de l'Afrique et de l'Eurasie va s'intensifier progressivement.

Notre petite mer Méditerranée, compressée par ces deux masses continentales
sera littéralement happée par cette collision et disparaîtra tandis que le sud de la
France et l'Afrique du Nord vont connaître de fortes activités sismiques. L'Australie
va lentement se rapprocher de l'Asie et des îles du pacifique pour s'agglomérer à
cet ensemble qui sera sans doute le siège d'intenses manifestations volcaniques.

La plaque de l'Antarctique pourrait elle aussi dériver vers le nord, modifiant


considérablement les climats

La terre dans 150 Millions d'an nées

Le "super-continent" qui commence à se former est déjà constitué d'une énorme

plaque qui rassemble l'Afrique, Eurasie, l'Australie. Il amorce une lente collision
avec l'Antarctique qui progresse vers le Nord. L'Europe, complètement écrasée
dans ce super continent est devenue une région très montagneuse. Les alpes et
les Pyrénées complètement érodés ont laissé place à de nouvelles chaînes de
montagnes, très jeunes et très hautes qui s'étendent jusqu'en Afrique. L'Australie
connaît le même sort, et "le Bush", devient une longue chaîne de montagnes.
Enfin, l'Amérique du sud se détachera de l'Amérique du Nord. Elle dérivera
lentement vers le pôle sud.
La terre dans 200 millions d'années

La nouvelle Pangée est née. Elle rassemble l'Amérique du Nord, l'Afrique,


l'ancienne Europe, l'Asie, l'Australie et l'antarctique. Une grande mer s'est
refermée pendant le regroupement des terres. Elle sera sans doute happée par ce
mouvement circulaire des plaques continentales compressées par les plaques
océaniques. L'Amérique du sud achève sa course au Sud de la planète. L'océan
a repris ses droits sur la Terre. La vie va naturellement s'y développer plus
abondement; peut être pour y faire émerger de nouvelles espèces vivantes ou en
adapter certaines à ce milieu aquatique. Les climats continentaux sont devenus
plus homogènes, mais déjà, les terres se fracturent. La longue course des
continents va se poursuivre encore et encore vers d'autres assemblages, d'autres
séparations et d'autres dérives.