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Chapitre III :

Etude de cas d’une


maison alimentée par
une installation PV à
Lyon
Introduction

Après avoir exposer les différents types d’énergies renouvelables et les méthodes nécessaires à
l’installation et la maintenance des installations PV, ce chapitre est dédié à mettre en pratique
l’approche théorique développée précédemment. Dans ce cadre, on va effectuer une étude de cas d’une
installation autonome au sein d’une maison à Lyon dans le but de mieux comprendre le principe du
dimensionnement qui va aboutir finalement au bon fonctionnement de l’installation photovoltaïque.

3.1 Détermination des besoins électriques

Comme une étape primordiale dans la mesure il faut déterminer les besoins électriques pour
obtenir un dimensionnement optimal de la puissance photovoltaïque. Cette étape dépend des
habitudes de consommation électrique des utilisateurs de l’installation. On va abordé par un
inventaire des appareils électriques où on va regrouper tous les appareils que la famille veut s’en
équiper ce qui va nous permettre de faire un bilan de puissance et d’énergie. Finalement, voici les
résultats obtenus :

 La puissance de démarrage maximale=7.3 KW


 La puissance nominale=4 KW
 La puissance nominale foisonnée =3.3 KW
 La consommation journalière =5.12KW/jour en hiver et 4.97 en été

Il est évident que la consommation énergétique journalière est variable en fonction du saison
(été/hiver), cette variation est de l’ordre de3% environ et comme cette légère variation est négligeable,
on peut donc considérer que la consommation énergétique est constante au fil des saisons, de l’ordre
de 5.05 KW/jour.

3.2 Le dimensionnement de cette installation autonome

Le processus de dimensionnement d’un système photovoltaïque autonome précis est


relativement complexe car il y’a de nombreux paramètres à prendre en considération.

3.2.1 Dimensionnement du champ photovoltaïque

3.2.1.1 Etude de l’inclinaison et orientation des panneaux

Un bon dimensionnement consiste à faire le bon choix de trois facteurs majeurs dont dépend
l’irradiation solaire sont : la localisation, l’inclinaison et l’orientation du champ photovoltaïque

Orientation du champ photovoltaïque : Pour pouvoir optimiser l’utilisation des panneaux, il est
important de les bien placer. Il faut tenir en compte qu’en France et tout l’hémisphère nord,
l’orientation privilégiée du champ est le sud. Dans notre étude de cas, on va implanter le champ sur la
partie de toiture qui est mieux exposée aux rayonnements solaires tout au long de l’année.

L’angle d’inclinaison : l’angle formé par le rayon solaire et le panneau photovoltaïque est appelé
L’angle d’inclinaison ou aussi angle d’incidence et Celle-ci influe directement sur le bon
fonctionnement de l’installation. En effet, le rendement d’un panneau photovoltaïque est donné par la
relation : R (%) =sin(α)*100.

Ensuite, en utilisant un clinomètre, on mesure l’inclinaison du plan de toiture destiné à recevoir le


champ photovoltaïque. Les mesures donnent 15°comme inclinaison tel qu’il est indiqué sur la figure
ci-dessous :

Figure 3.1 : schéma représentant l’angle d’incidence des rayons solaires sur le panneau PV

La localisation : dans notre étude de cas l’installation est localisée à Lyon. Ainsi, en s’appuyant à ces
données, on peut avoir toutes les valeurs d’irradiation solaire classées par mois.

3.2.1.2 Puissance crête

Après avoir fait les calculs de la consommation journalière et les données de l’irradiation solaire, on
peut grâce à la formule ci-dessous calculer la puissance nécessaire au bon fonctionnement de
l’installation appelée aussi puissance crête.

3.2.1.3 Intégration du champ photovoltaïque

Durant cette étape, en tenant compte des facteurs qu’on a déjà étudiés pour une bonne implantation du
champ photovoltaïque on va commencer tout d’abord par le relevé des dimensions de la toiture
mesurée directement sur le site. Ensuite, il est indispensable de faire le bon choix des modules
photovoltaïques. En effet, ce choix dépend essentiellement de deux facteurs :

 La technologie du régulateur
 La tension du parc des batteries

Ce tableau résume ce qu’on doit faire pour aboutir au bon choix des modules photovoltaïques :
Tableau 3.1 : choix des modules photovoltaïque

Régulateur avec
Tous les modules photovoltaïques peuvent être installés
MPPT

U batterie = 12 V
Choisir des modules à 36 cellules en constituant des chaînes d'un seul
module

U batterie = 24 V
Choisir des modules à 72 cellules en constituant des chaînes d'un seul
Tous les modules
module OU Choisir des modules à 36 cellules en constituant des
photovoltaïques
chaînes de 2 modules en série.

U batterie = 48 V
Choisir des modules à 72 cellules en constituant des chaînes de 2
modules en série OU Choisir des modules à 36 cellules en constituant
des chaînes de 4 modules en série.

3.2.2 Dimensionnement du parc des batteries

Afin de dimensionner le parc de la batterie, nous allons opter à cette formule pour calculer la tension
du parc :
ρ× 2× L× I
¿
U Batterie  ε× S¿
¿

Nous prendrons donc la valeur standard supérieure, à savoir : U Batterie = 48 V. A l’aide de cette tension,
nous allons déduire la section des câbles entre le parc de batteries et l’onduleur tout en exprimant la
section S en fonction des autres paramètres. Donc : S = 19.3 mm². Par conséquent, sous une tension de
48 V, et compte tenu d’une chute de tension de 1%, la section des câbles entre le parc de batteries et
l'onduleur devra être au minimum de 25 mm². Par ailleurs, sous une tension de 48 V et une puissance
nominale de 4 000 W, le courant circulant dans les câbles vaut 83 A (4 000 / 48). Il est alors
indispensable de vérifier qu'un câble de 25 mm² peut supporter un tel courant.
3.2.3 Dimensionnement du régulateur
Lors du dimensionnement du régulateur, il faut respecter les 4 critères suivants :
 La puissance maximale du champ photovoltaïque doit être inférieure à la puissance nominale
du régulateur.
 La tension à vide du champ photovoltaïque (majorée par le coefficient de sécurité) doit être
inférieure à la tension maximale admissible par l'onduleur.
 Le courant de sortie du champ photovoltaïque ne doit pas dépasser le courant maximal
 Le régulateur doit être compatible avec la tension du parc de batteries admissible par le
régulateur.

Au cours de cette étude, nous allons traiter chacune de ces 4 exigences :

Vérification de la compatibilité en puissance :


La puissance maximale du champ photovoltaïque est de 2 200 WC. En utilisant un catalogue des
régulateurs solaires, on peut identifier un régulateur MPPT présentant une puissance nominale proche
de 3 300 W. Ainsi, on trouve que le régulateur Steca Tarom MPPT 6000 peut est le plus adéquat.

Figu
re 3.2:Fiche technique du régulateur - Puissance nominale

Vérification de la compatibilité en tension  :


D'après ce qui figure sur la fiche technique du régulateur, la tension à vide du champ photovoltaïque
ne doit pas dépasser 200V.
Figure 3.3  : Fiche technique du régulateur - Tension maximale du champ photovoltaïque

Toutefois, champ photovoltaïque sera constitué de 12 modules. Chacun de ces modules présente une
tension à vide de 40 V. A la température de service minimale (-10°C), il est préférable d’appliquer un
coefficient de sécurité égale à 1.14. On prendra donc une tension à vide de 1.14×40=45.6V. Ainsi, afin
de ne pas dépasser la tension maximale de 200 V, le nombre maximal de modules en série vaut
200/45.6=4,4. 

Vérification de la compatibilité en courant :


S’appuyant sur la fiche technique du régulateur, le courant du champ photovoltaïque doit être
inférieure ou égale à 30 A.

Figure3.4 : Fiche technique du régulateur - Courant du champ photovoltaïque

Les modules photovoltaïques présentent un courant de court-circuit Icc de 5.8 A dans les conditions
STC. Il convient alors d'appliquer le coefficient de sécurité égale à 1.25. On va prendre donc un
courant de court-circuit de 1.25×5.8=7.25A. Ainsi, dans le but de ne pas dépasser le courant maximal
de 30 A, le nombre maximal de chaînes en parallèle vaut 30/7.25=4

3.4 Calcul de la section des câbles

Le choix de la section des câbles de l'installation s'effectue selon 2 critères majeurs : la chute
de la tension tolérée et le courant maximal admissible dans les câbles. Afin de faire le calcul
des sections de câbles du champ photovoltaïque il faut déterminer les paramètres, récapitulés
ci-dessous :

 Les modules utilisés présentent les propriétés électriques suivantes :

o UMPP = 33.7 V
o IMPP = 5.49 A
o ICC = 5.8 A
 Le champ photovoltaïque est constitué de de 12 modules.
 Les longueurs des câbles sont les suivantes :

Tableau 3.2 : les longueurs des câbles

Entre le champ PV et la boite de jonction Entre la boite de jonction et le régulateur

Groupe PV
L1 = 3 m / L2 = 4 m L3 = 6 m
N°1

Groupe PV
L'1 = 3 m / L'2 = 4 m L'3 = 12 m
N°2

Le calcul de la section des câbles a donné le tableau suivant :

Tableau 3.3 : calcul de la section des câbles

Section calculée (chute de


Courant Tension Longueur totale des tension ε=0.01)
Portion
IMPP (A) UMPP (V) câbles (m)

Portion A 1 × IMPP = 3 × UMPP =


entre champ PV et boite de jonction L1 + L2 = 7 m S=0.88 mm²
5.49 A 101.1 V

Portion B 2 × IMPP = 3 × UMPP =


entre boite de jonction et régulateur 2 × L3 = 24 m S=6.03 mm²
10.98 A 101.1 V

Après avoir calculer les sections des câbles, on va faire le choix de la section
commerciale supérieure et faire le calcul de la chute de tension.

Tableau 3.4 : calcul de la chute de tension

Chute de tension ε calculée


Section calculée (chute de tension Section
Portion
ε=0.01) proposée

Portion A S=0.88 mm² S1=2.5 mm² ε 1 = 0.0035 = 0.35 %

Portion B S=6.03 mm² S2=10 mm² ε2 = 0.0060 = 0.60 %


Par conséquent, la chute de tension totale côté Champ Photovoltaïque vaut: ε = ε1 + ε2 = 0.95
% qui est bien inférieure à 1%. Par ailleurs, il faut vérifier que le courant admissible IZ des
câbles est supérieur au courant d'emploi, à savoir 1. 25×ICC.Il convient donc de choisir des
câbles qui vérifient la condition suivante : IZ > 7,25 A. Quant aux câbles entre la boîte de
jonction et l’onduleur on doit respecter la condition suivante : IZ > 2 × 1.25 × ICC=14,5 A
Il est à noter que la valeur du courant admissible des câbles est indiquée dans la partie
du Courant admissible des câbles. Voici un tableau récapitulatif qui met en œuvre la
validation de la section des câbles vis-à-vis du courant admissible

Tableau 3.5 : validation de la section des câbles

Section des Courant admissible Courant d’emploi


Portion IZ ≥ IB ?
câbles (mm²) IZ dans les câbles (A) maximal (A) IB=1.25×ICC

Portion
2.5 mm² 27 A 7.25 A OUI
A

Portion
10 mm² 66 A 14.5 A OUI
B

Câbles côté parc de batteries

Ce calcul a déjà été effectué dans le cadre du calcul de la tension du parc de batteries.

Câbles côté récepteurs électriques

Pour faire le calcul de la section des câbles coté récepteurs électriques on va appliquer la
formule suivante :

ρ ₁× 2× L× I
S=
ε ×Vᴀ
Avec :

ρ1 = 0.02314 O.mm²/m ; L=1 m ; IB = 68.75 A ; ε = 0.03; VA = 48 V.

Après avoir effectué le calcul nécessaire et faire le choix de la section commerciale adéquate
on obtient S=2.5 mm².Finalement, on a remarqué que pour un câble de section 2.5 mm², la
valeur du courant admissible des câbles vaut IZ = 32 A ce qui fait que le câble ne peut pas
supporter le courant d’emploi qui vaut 78A.Par conséquent, nous allons opter pour un câble
dont la section est plus importante, par exemple 10 mm².
Conclusion

Au cours de ce chapitre, nous avons pris un cas réel d’une maison individuelle alimentée par une
installation photovoltaïque. S’appuyant sur ce modèle, nous avons étudié la méthode de
dimensionnement et comment peut-on optimiser cette méthode pour maximiser le rendement de
l’installation.

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