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CHAPITRE 4

HISTOIRE DES FAITS ECONOMMIQUES EN COTE D’IVOIRE : La Situation de


l’économie Ivoirienne de 1960 A nos Jours
A l’instar de la plupart des pays d’Afrique francophone, la Côte d’Ivoire a acquis sa
souveraineté nationale au début des années soixante et plus précisément le 7août 1960. Au
lendemain des indépendances, les décideurs politiques avaient quatre préoccupations majeures
à savoir :
Au niveau mondial : à cette époque les théories classiques et néoclassiques avaient montré leurs
limites et ce sont les théories keynésiennes qui battaient leurs plein depuis les années trente.
Cette théorie keynésienne consistait entre autres à laisser l’Etat intervenir dans tous les secteurs
d’activités économiques des pays capitalistes. Le secteur privé était dominé par des privés
internationaux alors même que les besoins des agents économiques ivoiriens étaient sans cesse
croissants.
Les décideurs politiques devraient pour assurer la croissance et le développement de leurs pays
s’inspirer des expériences des pays développés fondées sur théories des étapes de la croissance
et de développement économique (de ROSTOV) privilégiant le secteur primaire (agriculture
élevage et pêche). Le choix du régime économique de chaque pays devant se faire suivant deux
options :
o le capitalisme libéral d’une part et,
o le socialisme ou le communisme d’autre part.
Le mérite de feu le président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY a été de pouvoir concilier ces
quatre préoccupations. En effet en optant pour le régime capitaliste libéral, qualifié de
« libéralisme à l’ivoirienne », le président Félix HOUPHOUËT BOIGNY a pris en compte ces
quatre préoccupations.
Le libéralisme à l’ivoirienne consiste à, non seulement ouvrir l’économie sur l’extérieur de sorte
avec un code d’investissement attrayant à drainer vers la Côte d’Ivoire tous les capitaux privés,
en privés en quête de besoins de financement, mais aussi à satisfaire les besoins aussi bien
économiques que sociaux des ivoiriens. Aussi l’Etat devra-t-il intervenir (sinon est –il
intervenu), d’abord dans le secteur primaire puis ensuite, secondaire et enfin tertiaire
conformément non seulement aux théories des étapes de la croissance économique, mais aussi
et surtout aux théories keynésiennes.
Cette intervention étatique s’est matérialisée :
o Dans le secteur primaire (agriculture, élevage, et pêche) par la création de sociétés
d’Etat notamment : SODERIZ, SODEPALLM, PALMINDUSTRIE, SATMACI,
SAPH, ANADER, SODEPRA, CIDT, CIDV, SITRAM ;….
o Dans le secteur secondaire (industrie) par également la création de sociétés d’Etat en
l’occurrence la SIR, GONFREVILLE, COTIVO…
o Dans le secteur tertiaire, par la création de sociétés d’Etat à savoir.
 Au titre du commerce : CCLA-CSSPPA
 Au titre du transport : Aérien (Air Afrique, Air Ivoire, ANAM, ANAC,
SODEXAM) ; Terrestre (SOTRA), Ferroviaire (RAN, SITARAIL),
Maritime (SITRAM, OIC, SISA, SIETRANS, SIVOMAR, ARTM)
 Au titre des Banques (BCEAO, BAD, BOAD, BNDA, BIDI, BHCI, CCI,
SGBCI, BIAO, SIB)
 Au titre des Assurances : CNPS
Ce libéralisme interventionniste, cet Etat producteur, investisseur, a servi à partir de
l’agriculture, de fer de lance de l’économie ivoirienne.
Ainsi, la conjugaison des quatre préoccupations , a permis de lancer sur les « rails », l’économie
ivoirienne permettant durant les vingt premières années qui ont suivi l’indépendance ,
d’enregistrer une croissance régulière soutenue et rapide comparativement aux autre pays
africains (francophones).
Nous allons subdiviser la période en sous-périodes :

I. LA PERIODE DE CROISSANCE ECONOMIQUE DE LA COTE


D’IVOIRE (1966-1980)
Comme suite à la mise en place du libéralisme interventionniste ayant pour vecteur directeur le
développement de l’ agriculture accompagné de recherche de capitaux privés nationaux et de
surtout étrangers , la Côte d’Ivoire a connu durant les vingt premières années qui ont suivi
l’indépendance, une croissance économique soutenue , rapide, relativement élevée ,tranchant
avec les résultats généralement enregistrés dans les autres pays africains .
La croissance économique de notre pays mesure par le taux de croissance de produit intérieur
brut (PIB) en terme réel, a été non seulement positive sur l’ensemble de la période 1960-1980)
(en moyenne 7,5% mais aussi nettement supérieure aux taux de croissance démographique qui
était d’environ 4% annuellement sur l’ensemble de la période. En effet, pendant cette période
(1960-1980) le taux de naissance moyen de PIB en terme réel, était de 7,5% avec des points de
15,7% en 1968, et 12% en 1976.
Cette croissance spectaculaire a permis :
.Une amélioration considérable du niveau de vie des populations (le niveau de consommation
des ménages qui représentait 62% à la fin des années 197 ; le PIS passant de 37,000 F en 1960
à 268,000 en 1980 s’est multiplié par 7,2).
.La réalisation du volume d’investissements particulièrement important représentant 30%
environ du PIB. La réalisation d’infrastructure économique et d’équipement tant en qualité
qu’en quantité faisant la fierté des ivoiriens dans la sous-région.
Cette croissance continue rapide, soutenue a été possible en raison du développement du secteur
agricole et plus particulièrement du fait du développement des cultures d’exportation telles que
le café et le cacao, la mise en place de structures et de mécanismes de ventes des produits
agricoles d’exportations notamment la Caisse Stabilisation et soutien des prix des produits
agricoles (CSSPPA) et la caisse de la péréquation. Les excédents financiers de la CSSPPA
devraient servir non seulement à stabiliser les prix des produits mais aussi et surtout à financer
les infrastructures de la Côte d’Ivoire.
Cette croissance économique fondée sur l’agriculture a largement dépassé la cadre sectoriel en
générant notamment un essor de spectaculaire des industries, contribuant à la transformation
locale de nos matières premières et répondant ainsi à la forte demande du marché intérieur,
pendant que la production des services accompagnait le déploiement des activités économiques.
Sur le sentier de croissance de décennie 1970, il convient de noter que la croissance économique
de l’année 1977 a été particulièrement importante et même déterminante pour la Côte d’Ivoire.
En effet, en 1975 la neige a gelé les cultures de café et de cacao du Brésil .Aussi, la Côte d’Ivoire
avec le Ghana ont-ils été les seuls offreurs de café et de cacao sur le marché mondial.
L’offre mondiale ayant diminué la demande était restée forte , les prix mondiaux du café et
cacao ont augmentés de façon rapide ( ils se sont multipliés par plus de 1000) par simple jeu de
l’ offre et de la demande . La CSSPPA a enregistré des excédents financiers très énormes,
accélérant par conséquent et brutalement la croissance économique ivoirienne en1977.
Cette situation économique a permis à la Côte d’Ivoire de mettre en œuvre un vaste programme
de développement économique volontariste (hors plan quinquennal), de part et d’autre part des
réalisations sociales « assistantialistes »tans dans le secteur éducatif sanitaire que culturel et
sportif.
Ce vaste programme de développement économique et social a été soutenu par des emprunts
extérieurs. De même suivant le règle d’or de la banque consistant à prêter aux agents
économiques à capacité de financement c’est-à-dire, ceux qui ont les moyens financiers, de
même la banque mondiale, la FMI et les bailleurs de fonds prêtent beaucoup plus aux pays qui
n’ont pas de difficultés économiques c’est-à-dire qui ont assez de moyens.
Aussi, durant la sous période 1976-1979 la Côte d’Ivoire a-t-elle pu bénéficier d’importants
emprunts extérieurs à elle enseigne que , certains économistes ont puis affirmer , à tort ou à
raison , en 1978 que la Côte d’ivoire aurait dépassé son seuil limite intolérable d’emprunt.
Les ressources propres (excédents financiers de la CSSPPA ) et les ressources extérieures
(emprunts FMI, BM, et autre bailleurs de fonds ) ont permis à la Côte d’Ivoire de financer son
développement économique et social spectaculaire au point qu’on a pu parler de miracle
économique ivoirien en 1977.
Suite à cette conjecture favorable, le taux de d’investissement est passé de 23,7% en 1977à
29,5%en 1978 pour tomber à 24% en 1980 comme étant le résultat de la chute des cours
mondiaux du café et du cacao.
En effet les pays développés ayant été contraints à suivre la politique de cartel de production
des pays membres de l’organisation des pays Exportateurs de pétrole (OPEP) en 1973 puis celle
de l’augmentation des prix de café et de cacao dans les pays d’Asie par des dons et des prêts à
des taux d’intérêt à des taux d’intérêt faibles voire nuls. Quatre années après la mise en œuvre
de ce plan Marshall en Asie , les pays asiatiques ont débuté la vente du café et du cacao sur le
marché mondial en 1980.
L’offre du café et du cacao sur le marché mondial s’en est trouvée accrue. La demande étant
restée stable les prix ont donc chuté suivant le jeu de l’offre et de fa demande à partir de1980.
Les recettes de fa CSSPPA ont chuté considérablement de même que les emprunts extérieurs.
Aussi les difficultés de soutenir le financement de vastes programmes d’investissement de
développement économique et social ont-elles débuté . C’est bien la fin du miracle économique
ivoirien et le début des difficultés que nous connues depuis 1980.

II:LA PERIODE DE CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE (1980-1990)


La crise financière qui s’est manifestée au début des années 1980 et qui était provoquée par la
forte croissance de la charge de la dette et de la baisse des cours à l’exportation a non seulement
fait ressortir la physionomie de la crise économique et financière de la côte d’ivoire mais aussi
e surtout , fait ressortir un certain nombre de faiblesses de l’appareil économique ivoirien .
Une absence de modernisation et de diversification de l’agriculture paysanne la croissance de
la production étant due pour l’essentiel à l’extension des terres cultivées , cette évolution
conduit à un blocage ,puisqu’elle implique la mise en valeur d’espaces de plus en plus
marginaux du point de vue agro-climatique ou économique ce qui est à l’origine d’une baisse
de la productivité et donc du revenu agricole , cette tendance accélère l’exode rural en
particulier des catégories les plus qualifiées et par voie de conséquence rend encore plus
difficile la modernisation des modes de productions.
-Un manque de compétitivité du secteur industriel, trop centré sur la production de bien de
consommation destinée à un marché intérieur surprotégé.
Les débuts de la crise ont montré la physionomie suivante.
-A une croissance réelle du produit intérieur brut de 7,5% en moyenne entre 1960-1979, a
succédé de 0,5% de 1979-1980.
-A une croissance très forte de la consommation des ménages de près de 10% par an en terme
réels entre 1975 et 1980, succède une baisse de de 1980à 1989 ce qui signifie pour la
consommation par tête qu’à une hausse de près de 6% par an succède une baisse d’environ 3%
par an en termes réels du revenu par habitant soit une baisse de 28% en 10 ans compromettant
de façon significative et régulière l’activité économique intérieure ;
-A une croissance du volume des investissements de 12%en moyenne par an entre 1975 et 1980
succède une baisse de plus de 20% par an sur la période de 1980-1989.
Face à cette situation, la Côte d’Ivoire allait profondément infléchir sa politique économique et
engager d’importantes réformes de structures.
Pour résoudre cette crise financière d’abord (car les recettes ne couvraient plus les dépenses
publiques à partir de 1980 contrairement aux vingt précédente années pendant lesquelles les
recettes étaient supérieurs aux dépenses) le Gouvernement ivoirien a opté pour une politique de
réduction des dépenses publiques qu’il faut comprimer jusqu’à hauteur des recettes ; le
Gouvernement de ce pays a procédé le 12 juin 1980 a la dissolution de 30 sociétés d’Etat et
l’alignement des salaires des établissements publics à la grille des fonctionnaires puis au
blocages des salaires des fonctionnaires depuis 1980.
Ainsi de 37 sociétés d’Etat, on est passé à 7 sociétés d’Etat et 1 ministère d’Etat (Mathieu
EKRA) créé a été chargé du suivi de cette politique de désétatisation débutée en 1980.
Cette nouvelle politique dite d’ajustement structurel, reposait sur une redéfinition du rôle de
l’Etat. En effet la contrainte financière et le constat du manque d’efficacité de certaines
structures publiques ont conduit le Gouvernement à décider de limiter ses actions directes dans
la sphère productive.
Outre les dissolutions de sociétés d’Etat et poursuivant la politique d’assainissement financière
et partant d’équilibre budgétaire, le Gouvernement Ivoirien a mis en place à partir de 1981 le
premier Programme d’Ajustement Structurel soutenu financièrement par le FMI. Les effets
conjugués de la sécheresse de la mauvaise conjoncture économique internationale , du poids
excessif de la dette contractée pendant la phase de prospérité économique internationale et de
forte chute des prix des produits de base et déréglé les mécanismes de l’économie ivoirienne
qui ont ainsi connu une baisse continue (sur la période de 1980-1984) du taux de croissance du
PIB .Les taux de croissance sur la période 1980-1984 ont été faible , voire négatifs . De 7% de
taux de croissance en 1980, on est passé à 3,5% en 1981 puis 1,25% en 1982 ; 3,9% en 1983,
2,8% en 1984.
La crise financière été tellement sévère et profonde que ces deux premières mesures du
Gouvernement Ivoirien n’ont pas pu fléchir les dépenses publiques au niveau des recettes .
Le second prêt d’ajustement structurel était inévitable. Avant la mise en vigueur du prêt
d’ajustement structurel (PAS II) intervenu en 1984 et par rapport à 1978, le pouvoir d’achat
s’était dévalué par rapport aux prix à la consommation de près de 38% et par rapport aux prix
industriels de 52%.
Cette période (1980-1984) a été également marquée par une décroissance régulière de la part
de l’investissent dans le PIS.
Celle-ci est passée de 24% en 1981 à 13% en 1984. Le volume des investissements bruts annuels
quant à lui , est passé de 274 milliards de FCFA en 1981 à 95 milliards de FCFA en1984 . Et
les effets globaux dans le secteur industriel sont passés de 94 288 en 1981 90 129ven 1984. La
crise financière constatée en 1980 s’est aggravée par une crise économique au regard des
données citées ci-avant.
Les années 1985 et 1986 ont été marquées par une légère reprise due à un relèvement du marché
mondial des cours du café Cacao . Ainsi on enregistre des taux de croissance négatifs du PIB
d’environ 4,9% en 1985 et 3,4% en 1986. Cette situation favorable n’a été qu’éphémère de très
courte durée.
Car à partir du dernier trimestre 1986 les cours des produits de base ont chuté de façon
considérable dépriment ainsi la situation économique de la côte d’Ivoire
Outre les agrégats macroéconomiques PIS produit national PNS consommation nationale ont
chuté de façon très grave ; et les taux de croissance de tous ces agrégats de toutes ces grandeurs
macroéconomiques ont connu une décroissance régulière et continu jusqu’en 1990.
Ainsi pendant cette longue période 1980-1989 on a pu enregistrer une décroissance des taux de
croissance économique permettant d’affirmer sans crainte de se tromper que la côte d’ivoire est
rentrée dans une période de récession économique.
Outre cette décroissance de l’économie ivoirienne on note :
-La faiblesse de la demande intérieure due pour l’essentiel non seulement à la baisse du pouvoir
d’achat mais aux licenciements dans les entreprises et surtout au poids excessif du
remboursement des dettes extérieurs entraînant ainsi une rareté , voire un assèchement prononcé
des liquidités du système bancaire
-une baisse très sensible des exportations , cependant fort heureusement la balance
commerciale de la Côte d’Ivoire est restée jusque-là excédentaire.
-Un vieillissement de l’outil de production c’est-à-dire des unités de production du pays . En
effet le taux de vétusté est passé de 39% en 1981 à 55% en 1988 ;
-Un important excédent des capacités de production des unités industrielles dû non seulement
à la faiblesse de la demande mais aussi à la baisse de la compétitivité ;
-Des coûts des facteurs de production très élevés ;
-Une fiscalité qui de plus en plus pénalisante pour le secteur industriel
-La fiscalité qui représentait en 1983 ;30% du chiffre d’affaire (CA-TIC) représente 35% du
CA-TIC consommant ainsi 70%du cash-flow.
-Un non-respect des engagements de l’Etat au titre de la prime à l’exportation et de la TVA
créditrice.
Les effets conjugués de l’ensemble des problèmes évoqués ont conduit à des arrêts ou
réductions de la production entraînant ainsi la non absorbation des coûts fixes une réduction
des marges résiduelles des compressions d’effectifs et plus généralement une remise en cause
de l’existence même de nombreuses sociétés aussi bien publiques que privées. Toutefois, il
convient de noter durant cette période un apport supplémentaire de la communauté financière
internationale sous la forme de rééchelonnement de la dette. Aussi apparaît-il possible de
poursuivre la politique d’ajustement structurel.
C’est poursuivant cette politique d’ajustement structurel que le Gouvernement a proposé un
programme de redressement tendant à réduire les salaires des fonctionnaires de côte d’Ivoire.
Ce programme qualifié de plan KOMOUE avait pour but de constituer un fonds (une sorte de
contribution nationale) sur la base duquel la banque commerciale fonctionne. Le plan
KOMOUE n’était ni plus ni moins de sorte de relance économique par la consommation, par la
demande, une relance économique de type Keynésien.
Cette politique de prélèvement de salaires considérée par les citoyens ivoiriens comme étant un
impôt sur les salaires venant alourdir davantage le poids de la fiscalité a conduit à une réaction
vivre des contribuables ivoiriens tout comme la révolte vivre des contribuables californiens.
Cette révolte vivre des contribuables Ivoiriens en 1989 est synonyme de crise sociale.
On pourrait donc représenter ainsi le cycle économique de la côte d’ivoire qualifiée d’une
croissante économique de1960à1976 d’une expansion de 1976à 1980 , d’une crise en 1980,
d’une dépression de 1980 à1985 d’une légère reprise (expansion) de 1985à à 1986 et d’une
décroissance économique ou encore dépression économique.

III. LA PERIODE DE CRISE ECONOMIQUE FINANCIERE SOCIALE ET


POLITIQUE (DE 1990A NOS JOURS)
Vers la fin de l’année1989, la crise financière, économique et sociale s’était aggravée par la
récupération politique. En effet suite aux réactions vivres de citoyens ivoiriens contre la
réduction des salaires les hommes politiques ont profité de la crise sociale pour exiger le
multipartisme. En 1990, le multipartisme a été décrété. C’est le début de la crise politique en
Côte d’Ivoire. La crise économique est devenue sociale et politique.
Que faire face à cette situation grave ?
Face à la crise politique, sociale économique et financière, le président de la république nomme
un premier Ministre, Alassane Dramane Ouattara (ADO), Economiste Financier, qui forme un
Gouvernement composé de technocrates pour calmer les esprits. Ce Gouvernement constate
outre les problèmes évoqués ci-avant, l’existence d’arriérés intérieurs dans l’économie
préjudiciable à la relance de la production des entreprises privés. Certaines de ces entreprises
étaient en situation de sous-utilisation des capacités de production installée d’autres en difficulté
de trésorerie d’autres encore en instance de déposer leur bilan.
Aussi la recherche de l’élimination des arriérés intérieurs devrait-elle s’ajouter aux objectifs
de réformes structurelles. La demande intérieure sévèrement comprimée depuis le début des
programmes de stabilisation et d’ajustement structurel pour être relancée depuis nécessite un
volume très important de capitaux pour la pleine utilisation des capacités de production
installées la création d’emplois et de distribution de revenus
Au regard de tous ces maux et plus particulièrement de la crise des finances publiques
ivoiriennes le Gouvernement s’est inspiré des théories des économistes de l’offre , les « Supply
Sider » pour mettre en place une politique de relance économique par l’offre de production
consistait à poursuivre la désétatisation ,te désengagement de l’Etat par les biais de la
privatisation . Aussi a-t-on pu réaliser l’équilibre des finances publiques en 1992 ; de par
également un accroissement de l’assiette fiscale avec l’impôt sur le loyer et la législation du
secteur informel.
La poursuite de cette relance économique par l’offre a permis de renouer en 1995 avec le
chemin de la croissance et du développement économique. A ce niveau, il convient de noter
qu’en plus de la poursuite de l’ajustement interne, le Gouvernement Ivoirien en 1994 a mis en
œuvre une politique d’ajustement externe :la dévaluation afin de sortir durablement de la crise
et de faire la côte d’ivoire l’éléphant d’Afrique à l’image des dragons d’Asie.
Cette politique d’ajustement interne conjuguée avec l’ajustement externe a permis à la côte
d’Ivoire sous le Gouvernement du président SEDIE, de renouer avec les taux de croissance
positifs (+6%en1996).
Ces taux de croissance ont pu être enregistrés grâce surtout au relèvement des prix sur le marché
mondial de café et de cacao. Malheureusement cette hausse de prix du café et du cacao
conjugués avec marché mondial. La nouvelle chute des cours mondiaux du café et du cacao
conjugués avec la non mobilisation des ressources extérieurs due aux problèmes des dix-huit
18 milliards de l’Union Européenne ont à nouveau plongé l’économie ivoirienne dans une crise
sans précédent. Ainsi n’ayant pu obtenir leurs pécules, les militaires sont descendus dans les
rues et ont précipité le départ du président Henri KONAN BEDIE.
Un comité National de salut public (CNSP) est né ; des élections organisées et le président
Laurent GSAGSO est élu.
En 2002, les taux de croissance sont à nouveau positifs avec le Gouvernement de Refondation
du premier Ministre AFFI N’GUESSAN.
La guerre survenue, a sapé toutes les illusions et remis la Côte d’Ivoire sur les rails des taux de
croissance négatifs.

IV. LE ROLE JOUE PAR L’AGRICULTURE DANS L’ECONOMIE IVOIRIENNE

4.1 Quinze années de «miracle ivoirien»

Des années 1960 aux années 1977-78, la Côte d'Ivoire a connu une croissance essentiellement
liée au boom des exportations de café, cacao et bois. Le PIB s'accroît alors de plus de 7% par
an en moyenne. Grâce à une politique de défrichage intensif de la forêt, soutenue par les
pouvoirs publics, les surfaces cultivées des produits d'exportation s'accroissent de manière
spectaculaire.

Une agriculture extensive du café et du cacao se met en place, où près d'un Ivoirien actif sur
deux devient planteur, avec l'appui croissant d'une main d'œuvre immigrée bon marché
(Burkinabés ou Maliens). La Caisse de stabilisation des prix (Caistab), autorité publique unique
de la filière café cacao, remplit abondamment les caisses de l'Etat grâce à la différence qu'elle
perçoit entre les prix aux producteurs et les prix à l'exportation du café et du cacao.

Mais lorsque les cours mondiaux du cacao ont triplé et ceux du café quadruplé, le boom s’est
estompé dans les années 1975-1977. La Caistab n’a répercuté cette hausse sur les prix aux
producteurs que tardivement (à partir de 1978) et partiellement (hausses inférieures à 50%) .
L'État engrange alors des plus-values considérables sur la période 1974-1980, qu'il consacre à
de très importants programmes d'investissement. Le montant des investissements publics triple
entre 1974 et 1978. Les demandes publique et privée s'en trouvent fortement stimulées,
entraînant dans leur sillage les investissements privés, qui augmentent à un rythme annuel de
200;0. Le PIB global, pendant cette période, s'accroît de 100;0 par an

4.2. La crise des années 1980

La dépendance de la Côte d'Ivoire vis à vis des cours mondiaux du cacao et l’implication de
l'État dans l'économie productive sont les deux facteurs qui vont précipiter le pays dons une
crise profonde, qui durera de 1980 à 1993 environ. Cette crise a marqué les esprits et fait prendre
conscience de la vulnérabilité du modèle de croissance ivoirien.

Entre 1978 et 1986, les cours du cacao chutent de 40%. Alors que la dynamique d'importations
continue sur sa lancée, la chute de la valeur des exportations inverse le résultat du solde
commercial, qui, de largement excédentaire, devient déficitaire à partir de 1979. Ainsi, la Côte
d'Ivoire bascule dans la catégorie des Pays à Revenu Intermédiaire (PRI), avec un PIB par
habitant qui atteint 2.237 $ en 1978.

V LE POIDS ACTUEL DE L’AGRICULTURE DANS L’ECONOMIE IVOIRIENNE

La Côte d'Ivoire est un pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) à revenu intermédiaire. Pays


non PMA (Pays les moins avancés). Sa croissance économique se maintient à un niveau
soutenu, 7,7% en 2017 et 7,4% en 2018, avec un faible taux d’inflation.
En 2017, le pays représentait 36% du PIB de l'UEMOA (Union économique et monétaire
d’Afrique de l’Ouest - zone Franc) dont elle est la première puissance économique. Deuxième
économie d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO – Communauté économique des Etats d’Afrique de
l’Ouest) après le Nigéria, elle réalise 60% des exportations agricoles de l’UEMOA et 33% de
celles de la CEDEAO.
Le secteur agricole représente, en 2018, 28% du PIB de la Côte d'Ivoire et 40% des exportations
du pays (56% en 2012), 62% hors pétrole. La population ivoirienne se partage entre 12,6
millions d’urbains et 12,3 millions de ruraux. Le secteur agricole emploie 46% des actifs et fait
vivre les deux tiers de la population.
La Côte d’Ivoire est le 1er producteur mondial de cacao et de noix de cajou, le 5e producteur
mondial d’huile de palme (2e producteur africain), le 7e producteur mondial de caoutchouc
naturel (1er producteur africain), le 4e producteur africain de coton, La Côte d'Ivoire partage,
avec le Cameroun, la première place des pays africains exportateurs de banane, et est le 13e
exportateur mondial.
Le commerce agroalimentaire de la Côte d’Ivoire est excédentaire. En 2018, ses exportations
(cacao, cajou, fruits, huiles) se sont élevées à 5,6 Md€ (clients : Pays-Bas, Vietnam, Etats-Unis),
ses importations (céréales, produits de la mer, tabac, boissons) ont représenté 2 Md€ (France
premier fournisseur, Chine, Mauritanie, Vietnam).
La balance commerciale agroalimentaire est déficitaire pour la France de 378 M€ en 2018 : les
exportations françaises à destination de la Côte d’Ivoire (céréales, tabac, boissons, produits
laitiers) représentent 326 M€, les importations françaises en provenance de Côte d’Ivoire
(cacao, fruits tropicaux essentiellement banane, produits de la pêche) s’élèvent à 704 M€
(Banque Mondiale, 2019).